Fin d'une aventure
09/08/2011 09:50 par rgrs
Voilà, c'est fini pour paraphraser ce groupe célèbre qui raccrocha à l'aune des années '90. Notre association se dissout et ce blog prend fin. Cette dissolution vient d'abord d'un manque cruel de combattant. L'effectif de notre association, réduit à la portion congrüe, ne pouvait permettre les objectifs que nous nous étions fixés. De plus, moi même, le gestionnaire du blog présent, je quitte la région pour des raisons professionnelles et je ne pourrai poursuivre, ici du moins, cette aventure Gaullienne. Mais je ne suis pas triste pour Hénin car je sais que le gaullisme est encore bien présent avec DLR et son sémillant délégué, Michel Vast qui s'est entouré de prosélytes ardents à défricher la circonscription. Bon courage à lui et surtout bonne chance à Hénin Beaumont, certes qui n'est pas ma ville natale, mais qui fut dans les années '80 et '90 ma ville de coeur. Il ne tient à ces habitants de lui redonner son lustre d'antan ! J'espere que le Gaullisme aura toute sa place dans cette reconstruction. Adieu Hénin Beaumont et que les vents te soient à l'avenir plus favorables !
J. P. L.
« 12 clés pour sortir de la crise » est le coup de cœur de mes dernières lectures. Ce livre a l’immense intérêt de montrer qu’il existe un libéralisme humaniste et progressiste, à mille lieues du néolibéralisme.
Quand un économiste de droite est plus progressiste que le PS
Gérard Lafay n’est clairement pas un homme de gauche. On sent chez lui une vraie opposition à cette partie du spectre politique. Mais ce n’est pas pour autant un néolibéral. Il s’inscrit plutôt dans la continuité de Maurice Allais, qui se disait aussi libéral que socialiste. Il appartient à courant libéral modéré, volontiers paternaliste, sans doute influencé par le catholicisme social. Et au final, il apparaît bien plus progressiste que l’immense majorité des membres du parti « socialiste ».
C’est ainsi qu’il écrit au début de son introduction : « La mondialisation modifie désormais les rapport de force. La plupart des travailleurs européens voient leur position se dégrader lentement, devant choisir entre le chômage et la baisse des salaires, à un moment où les plus riches voient au contraire leurs revenus s’accroître démesurément, en particulier dans la sphère financière ». Il dénonce ce retour au « capitalisme pur et dur du 19ème siècle », qu’il qualifie de « néocapitalisme ».
En ce sens, il condamne la casse des monopoles naturels que sont les services publics de l’électricité, du gaz et des chemins de fer, pourtant soutenue par les partis « socialistes ». Il dénonce « la mise en situation déficitaire de la protection sociale, afin de pouvoir la démanteler par morceaux successifs ». Il critique également l’affaiblissement des conventions collectives qui sont un moyen de protéger les salariés individuels d’un rapport de force trop défavorable avec leur employeur.
Il dénonce l’explosion des inégalités salariales, citant l’étude de Frydman et Saks aux Etats-Unis qui montre qu’un PDG gagnait 40 fois plus qu’un salarié moyen dans les années 1970 et 360 fois plus au début des années 2000. Pour lui « l’origine première de l’actuelle crise mondiale se trouve dans l’accroissement des inégalités de revenus aux Etats-Unis », qui a provoqué une poussé de l’endettement.
Un constat sévère
Gérard Lafay utilise une image amusante pour définir « l’économie sociale de marché, quintessence d’un libéralisme pondéré » : une mayonnaise entre la dynamique de marché et la cohésion des forces sociales : « à la fin des Trente Glorieuses, la mayonnaise libérale se rigidifiait, l’économie perdant sa dynamique de marché par la dérive social-démocrate. Depuis la fin des années 1980, elle se liquéfie, l’économie perdant maintenant sa cohésion sociale par le tournant néocapitaliste ».
Ainsi, il dénonce l’excès de bureaucratie et de prélèvements fiscaux et sociaux (avec des taux marginaux d’imposition qui atteignaient 90% au Royaume Uni à la fin des années 1970). Mais il dénonce également la poursuite aveugle du modèle anglo-saxon promu par Reagan et Thatcher, systématiquement opposé au rôle économique de l’Etat, aux services publics, à la solidarité nationale, au contraire de l’économie mixte des modèles asiatiques.
Il dénonce également la chienlit financière et monétaire : l’inflation inconsidérée du prix des actifs, le flottement des monnaies, les instruments de protection qui se sont transformés en nouveaux véhicules de la spéculation, la titrisation, ainsi que le mode de création de la monnaie, abandonné aux banques privées. Pour lui « le néocapitalisme tend à ne produire que de la finance parasitaire », au détriment de l’industrie.
S’il n’est pas opposé à l’ouverture des frontières, il constate que « la réalité est très éloignée d’une vision idyllique » où les prix s’égaliseraient à Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) et où les niveaux de salaires reflèteraient la productivité moyenne du travail. En fait, il dénonce un triple dumping, social, environnemental et monétaire. Il critique « l’intégrisme libre-échangiste » et, citant Robert Reich, souligne que les travailleurs perdent beaucoup plus que ne gagnent les consommateurs.
Je conseille très vivement la lecture de ce livre riche et dense, mais aussi court et accessible. Il permet d’accéder à une excellente synthèse des problématiques économiques actuelles.
Source : Gérard Lafay, « 12 clés pour sortir de la crise », L’Harmattan, suite demain
Laurent Pinsolle
Dans son édition datée du dimanche 31 juillet – lundi 1er août, le Monde a titré « Oslo : Jean-Marie Le Pen embarrasse sa fille et le FN ». Ce faisant, le quotidien vespéral se fait le parfait porte-parole de la nouvelle présidente du Front National, véhiculant très exactement ce qu’elle veut dire.
Le Monde attaché de presse du nouveau FN ?
Le titre du quotidien de référence pose un double problème. Tout d’abord en séparant Jean-Marie le Pen de sa fille et du Front National, il fait comme s’il s’agissait de deux entités différentes, ce qui est tout de même fort de café. En effet, Jean-Marie le Pen est toujours président d’honneur du Front National, il a gardé la main sur les finances du parti, et il est quand même illusoire de séparer le parti de son fondateur, président pendant 39 ans et père de sa nouvelle présidente…
Il est surprenant que le Monde transcrive sans la moindre nuance l’histoire que les communicants de Marine Le Pen cherchent à véhiculer, à savoir que la fille est plus modérée que son père. Et il est surprenant que ce journal (et bien d’autres) ne se pose pas la question de l’authenticité de cette histoire. N’y aurait-il pas tout simplement une opération communication bien huilée entre le père (jouant le méchant) et la fille (jouant la gentille) ? Et le sondage d’hier n’aurait pas déplu aux dirigeants du FN.
En effet, les propos de Jean-Marie Le Pen semblent tout de même très calibrés, suffisamment choquants pour déclencher la polémique, tout en parlant aux identitaires. Il a affirmé que la Norvège « n’a pas pris la mesure du danger mondial que représentent d’abord l’immigration massive, qui est la cause principale, semble-t-il, dans l’esprit de ce fou meurtrier ». Laurent Ozon, un cadre dirigeant du FN, a écrit sur Twitter « expliquer le drame d’Oslo : explosion de l’immigration ».
Le Front National est toujours aussi infréquentable
Il est révoltant que les dirigeants du FN cherchent à utiliser le massacre commis par un extrémiste de droite pour dénoncer l’excès d’immigration en Norvège ! Ce faisant, ils semblent vouloir justifier cet horrible crime et déplacer le problème du comportement des identitaires fanatiques à l’immigration ! Rien ne peut justifier ni même tempérer un tel geste et c’est pourquoi le relativisme de certains frontistes rappelle bien opportunément que le FN n’a pas changé.
Bien sûr, Marine Le Pen a pris ses distances avec ces excès mais elle a refusé de condamner les propos de son père. Surtout, il est difficile de ne pas voir dans ces déclarations un pas de deux servant la communication de la présidente du Front National. En effet, les dérapages de son père réalisent la double performance de rassurer la frange la plus extrémiste du parti, tout en faisant apparaître sa fille comme plus modérée, lui permettant d’attirer de nouveaux électeurs.
Mais il s’agit d’une vue de l’esprit. Marine Le Pen elle-même avait expliqué qu’il s’agit essentiellement de communication. Et que dire du logo hérité des nostalgiques du fascisme italien, du candidat nazillon, de l’hommage au terroriste qui avait cherché à tuer le Général, des mensonges patents sur l’immigration, du dérapage sur le « nez » d’un journaliste juif, ou de la comparaison abusive des prières de rue à l’Occupation nazie. Il n’y a rien qui ressemble plus à l’ancien FN que le nouveau. En outre, son incompétence en économie la cantonnera à un rôle purement protestataire.
Le Monde devrait veiller à ne pas véhiculer sans la moindre nuance le message que souhaite faire passer Marine Le Pen dans les médias car ce faisant, ils font le jeu de l’extrême droite bien plus insidieusement que ceux qu’ils accusent de faire le jeu du FN…
Laurent Pinsolle
Sur le "site officiel de soutien à Jean-Louis Borloo pour l’élection présidentielle de 2012", qui dépend de l'association O comme Oxygène, figure un portrait de l'intéressé, dont le parcours partisan est décrit de la façon suivante:
Jean-Louis Borloo cofonde Génération Ecologie en 1990, notamment aux côtés de Brice Lalonde, Haroun Tazieff et Noël Mamère. Au fil des ans, il se rapproche de l’UDF: déjà participant indépendant à la liste de Simone Veil pour les élections européennes de 1989, député apparenté à la formation en 1997, il décide d’adhérer en 1998 à la Nouvelle UDF et en devient porte-parole en 2001. Dans le contexte du 21-Avril, il soutient Jacques Chirac au second tour de l’élection présidentielle. Appelé à entrer au gouvernement au ministère de la Ville, probablement du fait de son bilan sur le terrain à Valenciennes, il décide de quitter l’UDF pour l’UMP. Dès 2005, il choisit d’affirmer davantage sa sensibilité centriste au sein de la majorité en quittant l’UMP pour le Parti Radical, parti associé à l’UMP dont il devient co-président, puis président en 2007.
Or, le début de la dernière phrase est une contre-vérité: "...Dès 2005, il choisit d’affirmer davantage sa sensibilité centriste au sein de la majorité en quittant l’UMP pour le Parti Radical...".
En vérité, ce n'est pas en 2005 mais cette année, précisément le 7 avril 2011, que Jean-Louis Borloo a quitté l'UMP, dont il fut d'ailleurs vice-président du conseil national jusqu'en novembre 2010... (le fait d'adhérer en 2005 au Parti Radical n'ayant eu aucune incidence sur son appartenance à l'UMP vu que, s'agissant d'un parti associé, la double appartenance était autorisée).
Une petite "erreur" stratégique de six ans certainement destinée à minimiser, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012, son appartenance passée à l'UMP, pendant neuf ans (et non trois ans!), de 2002 à 2011.
Laurent De Boissieu
Juste une petite question qui nous taraude depuis que l'on ai vu cette affiche. Pourquoi est - ce l'Etat qui rénove des routes qu'il a concédé à la SANEF, une des nombreuses sociétés d'autoroutes qui s'enrichissent grassement sur une infrastructure payée par l'argent du contribuable ? N'est ce pas à ce concessionnaire de rénover ce parc routier ?
Nous attendons des réponses sur ce blog !
En augmentant de plus de 50% le montant des amendes pour stationnement irrégulier à compter de ce lundi premier août, le gouvernement officialise le racket des automobilistes dont sont victimes des millions de concitoyens.
Radars automatiques situés dans les endroits les plus rentables plutôt que sur des lieux accidentogènes, culpabilisation écologique interdisant tout investissement routier et condamnant les Français à des heures d’embouteillages, couloirs de bus vides qui parviennent à créer des bouchons la nuit ( !), etc.
Tout est fait pour matraquer ceux qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer, c’est-à-dire les travailleurs, les banlieusards et les ruraux.
Le passage de 11 à 17 € est donc une provocation supplémentaire à la France qui travaille, alors que l’on ne trouve presque plus de places gratuites pour se garer dans nos villes, et que tout est fait pour diriger les automobilistes vers des parkings privés aux tarifs prohibitifs.
C’est également une attaque en règle contre le commerce de proximité, puisque les parkings des grandes surfaces resteront bel et bien gratuits...
« Travaillez plus pour payer plus cher vos amendes », voilà un nouvel exemple du deux poids deux mesures permanent dont les Français ne veulent plus.
Nicolas Dupont-Aignan, Député de l’Essonne et président de Debout la République.
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xg6mk1_a-voir-que-du-bon-sens-nicol
Le dernier livre de Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), « Les Intellectuels faussaires », s'est déjà vendu à plus de 50 000 exemplaires. Il se place en numéro deux des ventes à la Fnac et dans le top 10 de L'Express. Pas rien pour un essai qui a essuyé quatorze refus d'éditeurs. Mais qu'y a-t-il dans cet essai à tendance pamphlétaire qui gêne autant le Tout-Paris ?
En presse écrite, les critiques se comptent sur les doigts d'une main. On dénombre péniblement trois articles, l'un dans Télérama, l'autre dans le Canard enchaîné et enfin un papier dans la rubrique Le livre du jour du Monde.

Aucun article dans les hebdos, idem pour Libération et Le Figaro. Les rares critiques ne sont pas dithyrambiques. L'expression « veine pamphlétaire » dans l'article du Monde considérant que cet exercice de style en « constitue la principale limite ».
Rappelons ce qu'est un pamphlet : un texte court et virulent qui remet en cause l'ordre établi. C'est précisément l'idée ouvertement affichée par cet essai. L'essence du discours pamphlétaire tient d'ailleurs du fait que son auteur a l'impression de détenir à lui seul la vérité.
Ici, Pascal Boniface s'érige effectivement au rang d'intellectuel honnête, seul sur sa barque, naviguant au gré du bon vouloir des médias.
L'idée n'est pas nouvelle : le pamphlet s'attaque traditionnellement au pouvoir en place. C'est la fameuse maxime : « Les politiques, tous des pourris. » Il suffit de remplacer le terme « politiques » par « intellectuels » et l'on obtient le principe de base de ce livre.
Selon le politologue, les intellectuels les plus en vogue dans les médias sont aussi les plus corrompus et les plus démagos. Ils enfument leur public avec habileté, portés par une connivence journalistique qui leur permet de continuer librement leur tour de passe-passe sans se faire prendre.
Boniface classe les plus grands intellectuels faussaires du XXIe siècle, qu'il appelle aussi « beaux parleurs ». Par ordre d'importance :
Ils sont tous, écrit-il, des exemples criants de cette manipulation de l'élite intellectuelle française qui a « pignon sur écran ». Leurs dérives déontologiques ne semblent pas les inquiéter outre mesure, car ils portent un message commun qui en arrange plus d'un : celui des chevaliers de la laïcité (et par conséquent de la condamnation de l'islam en France) et de la défense du plus faible (Israël).

Serge Halimi, écrivain et journaliste, avait déjà écrit dans « Les Nouveaux Chiens de garde » les liens douteux entre journalistes et hommes politiques. Et de révéler à la lumière du jour l'existence « d'un petit groupe de journalistes omniprésents » et « d'intervenant permanents » qui dictent l'opinion.
Tout comme Halimi, dont le livre fut largement déligitimé par la presse, Pascal Boniface est attaqué par ceux qu'il qualifie de « faussaires ».
On pourra rétorquer que ceci participe de la liberté d'expression. Personne n'est forcé de croire leurs bonnes paroles et chacun se doit de porter un regard critique sur le monde qui nous entoure.
Soit, mais laisse-t-on un espace médiatique pour une parole qui s'écarterait de la « mainstream » ? D'ailleurs, quel est ce « mainstream » que le directeur de l'Iris s'emploie à dénoncer ?
Le mérite de cet essai est de soulever une question majeure tirée d'une observation méticuleuse des intellectuels français : est-il possible d'être à la fois intellectuel et de jouer le jeu des médias ?
En d'autres termes, les médias auraient le même effet que le pouvoir sur les politiques : une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer, et on est prêt à tout pour en avoir encore un peu plus, quitte à manipuler la vérité afin de rentrer dans un consensus politico-moral.

Comme le souligne Boniface qui note l'apparition intempestive de ces néoclercs dans les médias, « le temps réservé à se montrer n'empiète-t-il pas sur celui passé à réfléchir ? ».
Connaissant très bien le monde du petit écran pour en faire partie, souvent invité aux émissions politiques qui traitent du conflit israélo-palestinien, ou de la politique américaine au Moyen-Orient, il propose de décrire les mécanismes de cet exercice périlleux de l'intérieur.
Selon lui, au vu et au su des téléspectateurs, lecteurs, auditeurs et internautes, ces intellectuels qui se veulent irréprochables déforment la réalité avec doigté pour servir leurs intérêts propres. En définitive, ils se comportent comme les Etats-nations qui cherchent dans toute interaction avec un autre Etat leurs avantages premiers.

Boniface dénonce l'apparition médiatique d'un terme aux associations qu'il juge frauduleuses et qui est largement pratiquée par ces intellectuels, BHL en tête : l'amalgame entre islam et fascisme.
Il existerait donc dans le paysage intellectuel français un « ennemi commun ». C'est l'islam radical, par opposition à un islam « modéré ».
Ainsi BHL écrit dans « La Pureté dangereuse » que « l'islamisme n'est que la troisième modalité d'un dispositif dont le communisme et le nazisme avaient été les précédentes versions ».

Encore une fois explique Boniface, il s'agit de servir ses intérêts personnels qui, depuis le 11 Septembre, sont la justification de la guerre préventive, rebaptisée « guerre juste » par nos chers intellectuels, afin d'annuler le principe de non-ingérence, comme ce fut le cas lors de la guerre en Irak de 2003, ou plus récemment l'intervention de l'ONU en Libye.
Comment ne pas adhérer à ce genre de messages moraux qui prônent l'aide à la libération des peuples sous le joug de dictateurs sanguinaires ? Toute personne allant à l'encontre de tels principes humanistes seraient aussitôt brulée sur la place publique.
En d'autres termes, souligne Pascal Boniface :
« Au lieu de permettre au citoyen de réfléchir à des phénomènes complexes, on simplifie à l'extrême, on fournit à l'opinion publique des produits intellectuellement frelatés et toxiques et on fabrique des leurres idéologiques. »
Illustration et photos : la couverture de « Les Intellectuels faussaires » de Pascal Boniface ; Philippe Val à Paris le 7 février 2007 (Benoît Tessier/Reuters) ; Caroline Fourest à Paris en février 2007 (Benoît Tessier/Reuters). ; Bernard-Henri Lévy, mobilisé pour la libération de Sakineh en Iran (Mal Langsdon/Reuters) ; Alexandre Adler en juin 2009 (Ji-Elle/Wikimedia Commons/CC).
Par Hela Khamarou | Journaliste
http://www.rue89.com/2011/07/31/bhl-fourest-adler-val-intellos-faussaires-de-boniface-215102
Après l'accident mortel du TGV chinois survenu à Wenzhou qui suscite toujours une vive émotion populaire, des heurts violents ont opposé émeutiers et forces de police à Anshun dans le Sud de la Chine, après le passage à tabac mortel d'un vendeur de fruits de 52 ans par la Garde urbaine. Deux événements qui jettent une lumière crue sur la question sociale chinoise.

Selon les calculs de l'institut Molinari, les salariés français commencent à travailler pour eux le 26 juillet.
Le think tank libéral a marqué des points en plaçant la France sur la troisième marche du podium des "mauvais éléves". Sa présentation anti fiscaliste a été reprises par de nombreux media. Elle fait cependant une présentation partielle et partiale de la situation
A partir d’aujourd’hui, 27 juillet, le fruit de votre labeur sera pour vous et pas pour l’Etat. » . Le lancement du sujet consacré à une étude publiée par Molinari, le think-tank « indépendant et clairement libéral », a de quoi faire sursauter à l’écoute du journal de 8h de France Inter. Message – très peu – subliminal à destination de l’auditeur : « on se fait bouloter par les impôts.»
Les animateurs de cet institut ne pouvaient rêver meilleure présentation pour leur étude qui ne cache rien de son ambition « Fardeau fiscal de l’employé lambda au sein de l’Union européenne.»Cécile Philippe, l’animatrice de Molinari, ne cache pas l’objectif de la note : « Au lieu de baisser le dépenses de l’Etat, on nous propose encore une fois d’augmenter les recettes, donc les impôts.»
Entre les charges patronales et salariales, l’impôt sur le revenu et la TVA, le salariés moyen Français est ponctionné de 56 % de son salaire, selon, les chiffres gracieusement rassemblés par le cabinet d’audit Ernst and Young. Et 56 % de l’année, cela tombe sur le 27 juillet, CQFD. A ce petit jeu, seuls les salariés hongrois et belges sont libérés plus tard dans l’année. Sauf que, nous ne sommes plus au temps des seigneuries. Le système socio-fiscal ponctionne certes mais il redistribue. Soit sous forme de cash, comme pour les allocation familiales, soit de remboursement comme pour les soins, ou encore de mise à disposition de services et de biens aux citoyens via par exemple l’éducation.
En faire abstraction, c’est faire une analyse absurde revenant à comparer des tickets de caisses au sortir du supermarché sans regarder ce que l’on a mis dans le panier ! Dans la grille d’analyse de Molinari, le salarié portugais est libéré le 29 mai. Enfin presque. Qu’il le souhaite ou non, il lui faudra quand même assumer avec son argent les dépenses de santé que son système socio fiscal laisse à sa charge. Les salariés portugais seront donc « libres » de travailler une semaine supplémentaire pour que collectivement, ils puissent financer le point de PIB supplémentaire que l’Etat -enfin la Secu-, n’assume pas. Idem, si la nation Portugaise décidait du même effort que la France en matière de Défense nationale, c’est encore une semaine et demi de travail, etc… Dès lors, la seule question qui se pose est : en a-t-on pour notre argent. Autrement dit, l’argent public est-il bien utilisé ? Question dont se désintéresse l'étude.
Le seul intérêt de ces « travaux » est de permettre d'expliquer les tonnerres d’applaudissement que le candidat Sarkozy de 2006 déclenchait dans ses meetings avec son bouclier fiscal à 50 %. Depuis, on sait à qui profite ce type de démarche anti fiscaliste. En 2010, 19 000 foyers parmi les plus riches ont réduit de 679 millions d’€ leur contribution à la production de biens et de services pour leurs 65 millions de concitoyens. Ainsi du chèque de 30 millions annuel de madame Bettencourt. Cette logique qui neutralisait l’effort demandé au plus riche était devenue intenable. Nicolas Sarkozy se doit en effet de faire marche arrière et de réhabiliter l’impôt pour faire passer sa prochaine hausse de 20 milliards d’€ d’ici à 2012.
L’impôt est à nouveau moderne. Et n’en déplaise aux anti fiscalistes, la vraie libération des Français fut le 4 aout. Durant cette nuit de 1789, l’abolition des privilèges soumet des nobles à l’impôt…
Emmanuel Lévy - Marianne
http://www.marianne2.fr/La-liberation-fiscale-le-nouveau-concept-des-anti-fiscalistes_a208873.html