Les médias aux ordres du grand capital?

05/04/2011 08:05 par rgrs

  • Les médias aux ordres du grand capital?

    Les médias aux ordres du grand capital?

    05/04/2011 08:05 par rgrs

Mon titre est un poncif classique de l'analyse marxiste et de ses multiples dérivés que l'on retrouve  partout sur le net, entre des discours sur  des complots ourdis par tel ou tel groupe d'intérêt, ou quelque analyse limitant l'action des médias à un but de manipulation des esprits. Cette image d'épinal qui colle aux médias va jusqu'à alimenter l'imaginaire de certains sur les prétendus  complots juifs. Des groupuscules s'en sont même fait une spécialité en transformant le terme juif en sioniste, ils surfent sur l'antisémitisme nouvelle version qui grimpe chez nos minorités musulmanes pour recycler le viel antisémitisme français qui n'avait plus la côte. Mais si il est évident pour n'importe qui, que le fait que les médias appartiennent à de grands groupes financier agit nécessairement sur le comportement de ces derniers. Est-ce que pour autant le comportement des médias peut-être expliqué par cette unique raison? La réponse est clairement non, et l'on pourrait même ajouter qu'en réalité le fait que les médias soient aux ordres du capital n'explique en fait pas grand-chose de leur comportement en général.

 

   Si je parle de ça, c'est qu'en regardant la page Facebook de l'UPR je suis tombé sur une drôle de vidéo de l'émission de Frédéric Taddeï où la question des médias était abordée. Ce qui est étrange c'est qu'en partant de la téléréalité et de sa nocivité les invités, en l'occurrence le sympathique, mais souvent excessif Francis Lalanne, en arrivent à une espèce de vision d'un complot visant à abrutir la jeunesse. Le début de ses propos étaient pourtant intéressants et pas du tout dénué d'intérêt, que l'on apprécie ou pas le personnage d'ailleurs. Ces propos qui visent à trouver une raison de manipulation dans l'étrange effondrement moral auquel fait face la télévision française sont un discours récurent à gauche comme à droite d'ailleurs. L'on retrouvera ici bizarrement les réactionnaires en accord avec les penseurs d'extrêmesgauche.  C'est assez symptomatique d'un mouvement qui vise à vouloir chercher un mal raisonné dans l'origine des problèmes  de nos sociétés, c'est-à-dire ici, à chercher une motivation au grand délabrement que connaissent les médias français. La plupart des théories du complot fonctionnent comme cela, elles font une construction à postériori en amalgamant des choix fait avec leurs résultats. En cherchant une motivation dans les conséquences négatives, on construit un raisonnement explicatif qui est  quelque part rassurant parce que relativement simple. Il y a quelqu'un qui bénéficie de ces choix, c'est donc qu'il est coupable, tel est le raisonnement d'un complotiste moyen. N'importe qui peut tomber dans ce piège, moi y compris d'ailleurs. Mais la réalité n'est pas ainsi faite que les mauvaises politiques ou actions sont forcement intentionnées, ou proviennent d'un calcul volontaire. La dégradation de la télévision française n'est pas plus le résultat d'un complot rationnel que la crise économique n'est le fait d'un complot visant à assurer un nouvel ordre mondial comme le prétendent certains hurluberlus d'extrême droite. Dans les deux cas il s'agit plutôt d'un mouvement provenant de choix souvent irrationnels à court terme, mais n'ayant aucune stratégie de long terme.  Et ces ces choix sont le plus souvent guidsé par des croyances approximatives sur le fonctionnement du réel. C'est la célèbre phrase de Jésus "Père, pardonne-leur car Ils ne savent pas ce qu'ils font". Je sais que c'est dur à croire dans notre société en apparence rationelle, mais objectivement la plupart des catastrophes politiques, économiques, ou autres, sont le résultat de ce type de comportement, plus que de complots. 

   
    Pour ce qui est du sujet des médias et de la téléréalité en particulier, il y a une explication beaucoup plus rationnelle  et simple que la recherche d'un complot ou d'une volonté d'abrutissement des masses. En réalité le seul moteur de la télévision c'est l'audimat, et surtout l'image qu'ont les dirigeants des chaines de télévision de ce qui fait monter cet audimat. J'insiste sur ce point. Car il y a en réalité une grande différence entre ce qui fait objectivement monter l'audimat et le processus de choix des dirigeants des grandes chaines de télévision. La preuve c'est que les échecs commerciaux sont monnaie courante dans le domaine, y compris sur TF1 grande reine de la télévision française. Si l'on veut une comparaison simple, les grandes chaines de télévision ont une image de leurs téléspectateurs qui est équivalente à l'image que se fait Nicolas Sarkozy de ses propres électeurs.  Ils sont tous cons et ils regarderont n'importe quoi pour peu qu'on y mette du sexe et de la violence. Et je caricature à peine si vous voulez  mon humble avis.     
 
      Ce faisant, il n'y a pas dans la tête des directeurs de chaine le but d'abrutir la population, en réalité ils pensent que celle-ci est déjà complètement stupide. Ils donnent simplement à la population ce qu'ils pensent être attractif pour le spectateur moyen. En vérité la télévision ne nous donne pas une image de la population française, elle n'est pas non plus là pour abrutir la population à travers un complot diabolique visant la maitrise des consciences. Non, en réalité la télévision nous donne l'image qu'ont les élites de la population française en général.  Parce que les directeurs de chaine font partie de l'intelligentsia française, qu'ils côtoient tous les jours des politiques, des grands patrons, et des journalistes, ils sont donc représentatifs de leur milieu sociologique et des idées qui traversent ce microcosme. Si l'on regarde la dégradation qualitative  de la télévision sous cette perspective, on peut donc dire sans peine que la qualité de la télévision est  proportionnelle à l'image que se font les élites de la population. Dans notre société de moins en moins démocratique, où les élites s'enferment dans une tour de cristal, il n'est pas surprenant de voir une telle bassesse télévisuelle. A l'époque de l'ORTF lorsque la France était en relative symbiose avec ses élites, la télévision n'avait pas la même tête ni les mêmes objectifs. La qualité de la télévision d'alors traduisait le sentiment démocratique d'égalité qui parcourait la société et qui était présent dans la tête des élites.  
 
Il fallait alors faire monter le peuple au niveau des élites, la bonne image  dont bénéficier la population chez les dirigeants se traduisait par une élévation qualitative de la télévision et des programmes publics, y compris à l'éducation nationale. Aujourd'hui la prolophobie, comme Patrick Buisson  a très justement nommé le phénomène de rejet de la population française par ses élites, fait que l'on diminue la qualité des programmes à la télévision, comme on diminue les exigences vis à vis de l'école publique. A quoi bon faire un effort puisque ce sont tous des abrutis racistes qui ne méritent rien d'autre que Loftstory ou une école au rabais. Telle est en réalité l'origine de la dégradation de la télévision française, elle ne fait finalement que nous donner une image de notre démocratie et le moins que l'on puisse dire est que c'est une catastrophe. Il n'y a donc pas de complot derrière la médiocrité télévisuelle, mais plutôt le résultat d'un divorce entre un peuple et ses dirigeants.     

  Yann

http://lebondosage.over-blog.fr/article-les-medias-aux-ordres-du-grand-capital-70985320.html

« En avant, calme et droit »

05/04/2011 07:56 par rgrs

Debout_La_Republique Bien sûr, nous serions heureux de voir Nicolas Dupont-Aignan sur les grandes chaines de télévision le soir à 20 heures !
Bien sûr, nous serions heureux de sortir de cet état de semi-confidentialité dans lequel nous nous débattons comme des diables depuis des années !
Bien sûr, nous serions tous heureux de voir nos candidats avec un résultat à deux chiffres au soir d’une élection !
Mais si notre combat est celui qui doit redonner à la France sa liberté, son honneur et sa dignité, il nous interdit de prendre des chemins qui nous écartent définitivement de nos valeurs gaullistes.
Car enfin, s’il est un parti qui n’a jamais eu la moindre affinité avec le gaullisme, c’est bien le Front National ! Depuis sa création par des anciens collaborateurs voire d’anciens de la milice quand ce n’est pas de la Division SS Charlemagne ou des rescapés de l’OAS, en passant par les déclarations provocatrices de Jean-Marie Le Pen dont les relents antisémites et racistes n’ont jamais été absents, sans oublier ses propos sur les malades du sida entre autres, le Front National transpire l’extrême droite.
Voué aux gémonies au-delà de l’entendement ces dernières années, voilà que soudain l’apparition de Marine Le Pen douée d’un charisme indéniable, fine mouche sachant jouer de son sourire, de son charme et de son à-propos semble suffisante à certains pour balayer l’idéologie d’exclusion, de rejet, d’intolérance et de division intrinsèque à ce mouvement.
Très honnêtement pensez-vous que lorsque le Général de Gaulle imaginait la France, « telle la madone aux fresques des murs », c’était avec le visage de Marine Le Pen ?
Oh, certes, elle veut que la France sorte de l’Euro et de l’OTAN, que la France retrouve son indépendance, qu’on rétablisse les frontières … Voilà un programme qui ressemble étrangement au nôtre !
Mais sommes-nous sûrs que les intitulés programmatiques recouvrent les mêmes réalités ?
Après tout, en 1940, beaucoup de résistants auraient pu se reconnaître dans la devise « Travail, Famille, Patrie » sauf qu’ils ne considéraient pas que le travail c’était le STO et que la Patrie devait être à la botte des Allemands !
Quelle France nous préparerait Marine Le Pen si, par aventure improbable, elles et ses amis prenaient le pouvoir ? Peut-on envisager un seul instant une nation rassemblée prête à se mobiliser pour relever les défis qui sont les nôtres ? Croyez-vous que pour Marine Le Pen « c’est beau, c’est grand, c’est généreux la France » ? La pensez-vous capable de porter le message universaliste de la France à travers le monde ? La croyez-vous tout simplement capable de gouverner ?
D’ailleurs, si elle est réellement en rupture avec son père, peut-on m’expliquer pourquoi on retrouve un ancien OAS et fils de collaborateur comme nouveau premier vice-président du FN ?
Pour une place sur une tribune, vous sentiriez vous fidèles à vos idées à côtoyer ces gens là ?
Debout La République s’est bâti sur les idées gaullistes et en référence à l’action du Général de Gaulle. « Confondre l’intérêt permanent de la France avec un grand idéal humain, voilà qui serait beau et en même temps profitable » ! Le fondement du gaullisme était déjà dans l’esprit du Général quand il écrivait « vers l’Armée de métier » : La France comme primat et la condition de l’homme pour finalité ! Ce n’est pas à tort que certains ont défini le gaullisme comme un nouvel humanisme.
Dès lors, ce que nous représentons, ce que nous défendons n’est ni assimilable ni soluble dans un terreau d’extrême droite. Notre différence n’est pas une différence d’appréciation de la situation et des mesures à prendre, c’est une différence de nature. Nous ne venons pas de la même planète.
Nous sommes un Mouvement national, républicain et social. Les Français qui se réfugient dans un vote FN aujourd’hui, représentent la base populaire du Gaullisme qui veut à la fois la grandeur de la France, le respect de ses valeurs et la justice et c’est naturellement vers nous que ces Français doivent se tourner s’ils veulent que leurs idées deviennent réalité.
Nicolas Dupont-Aignan doit porter l’entièreté de ce message à la présidentielle, sans se laisser enfermer dans l’unique discours de la sortie de l’euro, certes nécessaire mais insuffisant.
Et puis, il faut s’adresser à la raison mais il faut aussi parler au cœur des Français. L’attachement à notre Patrie, c’est d’abord une histoire d’amour.
« Les raisonnables ont duré. Les passionnés ont vécu.» disait Chamfort.
Que notre raison nous garde fermes et droits dans nos convictions, et que notre passion nous porte dans les combats qui nous attendent.
Dominique LAPORTE
Secrétaire Départemental
Debout La République Alpes Maritimes

Goldstone II : accablant, mais surtout pour le Hamas

05/04/2011 07:53 par rgrs

  • Goldstone II : accablant, mais surtout pour le Hamas

    Goldstone II : accablant, mais surtout pour le Hamas

    05/04/2011 07:53 par rgrs

Le plomb durci n’est plus ce qu’il était

On se souvient du tapage médiatique qui, en France, avait suivi la publication, en septembre 2009 du rapport de la commission présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone, mandatée par la Commission des Droits de l’homme de l’ONU pour enquêter sur l’opération « Plomb durci» à Gaza. « Accablant», tel était l’adjectif systématiquement brandi par les journalistes et commentateurs ravis de tenir les preuves irréfutables de l’ignominie d’Israël, de son armée et de ses dirigeants.

N’y était-il pas écrit noir sur blanc, en conclusion, qu’Israël et la Hamas s’étaient rendus coupables « d’actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité » ? L’opprobre, bien entendu, était jeté tout entier sur Israël, au nom de l’énorme disproportion entre le nombre des victimes, 13 Israéliens tués par des tirs de roquettes, environ 1400 morts côté palestinien.

« Lisez le rapport Goldstone ! ». C’était l’argument ultime pour réduire au silence ceux qui, même sans approuver inconditionnellement cette opération de représailles, émettaient quelques doutes sur les affirmations du Hamas et de ses soutiens extérieurs. L’armée israélienne avait, expliquaient-ils, ciblé volontairement les populations civiles : crimes de guerre, donc, et même contre l’humanité, passibles de la justice pénale internationale.

« Rapport Goldstone ! », rétorque Stéphane Hessel au dernier Salon du livre de Paris à deux jeunes étudiants juifs qui lui demandent de s’indigner de l’assassinat, dans une implantation juive de Cisjordanie d’une famille entière, dont un bébé de trois mois…

Désormais, il ne sera plus aussi commode à ces belles âmes compassionnelles et vociférantes de prononcer ce mot magique, ce shibboleth censé séparer le bon grain palestinophile de l’ivraie sioniste.
C’est Richard Goldstone lui-même qui a formulé, dans une tribune du Washington Post publiée le 1er Avril, mais qui n’a rien d’un
canular, la phrase qui devrait désormais interdire d’utiliser son nom et son œuvre pour clouer Israël au pilori de l’Histoire : « Si j’avais su ce que je sais maintenant, le rapport Goldstone aurait été différent. »

On a enquêté en Israël, pas à Gaza

Cela demande quelques explications, que l’on ne trouvera naturellement pas dans nos grands médias nationaux, ni sur les sites web qui avaient, en 2009, donné un large écho à ce rapport (ils se reconnaîtront) et se contentent aujourd’hui de répercuter sèchement les dépêches faisant état du revirement de Richard Goldstone. Ce qui a conduit ce dernier à réviser son jugement, c’est la lecture du rapport du « comité d’experts indépendants des Nations-Unies » présidé par Mary McGowan Davis, une ancienne magistrate de New York. Cette commission, formée sur la recommandation du rapport Goldstone, était chargée d’évaluer les réponses apportées par les parties mises en cause sur les cas évoqués dans ce rapport. Le comité d’expert a estimé « qu’Israël avait consacré d’importants moyens à enquêter sur plus de 400 allégations de crimes de guerre attribués à son armée, alors que les autorités de facto de Gaza (i.e. le Hamas) n’ont procédé à aucune enquête sur les tirs de roquettes et de mortier sur les populations civiles israéliennes ».

Ce rapport sur le rapport n’est pas destiné, pour l’instant, à être rendu public, mais Richard Goldstone a pu en avoir connaissance. Il a pu prendre la mesure, à la lecture des réfutations documentées et étayées de chacune de ces allégations par la police militaire israélienne, de la campagne d’intoxication dont la commission a été victime lors de ses investigations à Gaza. On lui a menti en long, en large et en travers. Les commissaires ont été abreuvés jusqu’à plus soif de récits d’atrocités commises de sang froid par les soldats de l’Etat juif. Tous faux, ou pour le moins largement romancés.

« Balivernes ! », rétorqueront les vociférants cités plus haut. « Quelle confiance accorder à une armée qui enquête sur ses soldats à l’abri de tout regard extérieur ? ». Tout d’abord, signalons qu’aucune armée d’une grande démocratie n’a accepté, à ce jour, que des relèveest de la responsabilité des nations qui font parler la poudre, sauf s’il est établi qu’elles ont contrevenu aux lois de la guerre auxquelles elles ont souscrit.

Les victimes de guerre ne prouvent pas les crimes de guerre

De plus, s’ils avaient été un peu curieux, ces sceptiques auraient pu constater que tous les responsables d’unités de Tsahal mis en cause dans le rapport Goldstone ont été soumis à des interrogatoires serrés de la police militaire israélienne. Gardés à vue pendant des heures, ces officiers ont été cuisinés sans ménagements sur le contenu des rapports fournis à leur hiérarchie à propos des opérations dont ils avaient eu la responsabilité. Ceux dont ont a pu prouver qu’ils avaient, par négligence ou incompétence, causé la mort de civils, font l’objet de procédures disciplinaires dont Richard Goldstone se dit persuadé qu’elles aboutiront à des sanctions adaptées. Mais dans aucun des prétendus crimes de guerre évoqués dans son rapport, il n’a pu être établi qu’il existait une volonté manifeste de tuer des non-combattants.

Goldstone ne fait pas de morale, il dit le droit, ce qui est son métier. Ce qui est constitutif du crime de guerre n’est pas le nombre des victimes civiles mais le fait d’en faire des cibles d’une action militaire. Le cas est sans appel en ce qui concerne le Hamas : les tirs à l’aveugle sur les localités israéliennes proches de Gaza relèvent de cette jurisprudence. Les récits doloristes recueillis par la commission Goldstone lors de son enquête à Gaza omettent systématiquement de signaler que les populations civiles ont été sciemment utilisées comme boucliers humains par les lanceurs de roquettes. La responsabilité des pertes civiles est donc, pour le moins, partagée entre l’armée israélienne et les milices du Hamas.

La ligne de défense des inconditionnels de la diabolisation d’Israël est désormais accrochée à deux bastions. Le premier consiste à affirmer que Goldstone a craqué sous la pression d’Israël et des institutions juives, qui l’ont harcelé jusqu’à le déclarer persona non grata à la bar-mitzvah de son petit-fils à Johannesburg1. On leur objectera que s’il avait souhaité éviter de nouveaux ennuis, bien plus pénibles, il aurait évité de se distancier d’un rapport dont il avait été le principal responsable : personne n’exigeait cela de lui.

L’autre argument consiste à balayer du revers de la main les doutes de Goldstone en martelant que les Israéliens ont tué 1400 combattants et civils palestiniens à Gaza en décembre 2008 et janvier 2009 et que cela seul suffit à les condamner au regard de l’Histoire.

À cela on ne peut que répondre qu’il est pour le moins inconséquent d’évoquer sans cesse les infractions au droit international commises par Israël et de le condamner encore lorsqu’il est établi que ce droit de la guerre – jus in bello – a été respecté par l’Etat juif.

Richard Goldstone est un homme honnête, ce qui ne lui rend pas la vie facile.

Luc Rosenzweig

(1) Ce qui est, bien entendu, stupide et contre-productif

photo : Galerie de photos de United Nations Information Service - Geneva

Pour qui brûle le Coran ?

05/04/2011 07:48 par rgrs

  • Pour qui brûle le Coran ?

    Pour qui brûle le Coran ?

    05/04/2011 07:48 par rgrs

Fou intégral, fourreur intégriste

Terry Jones est un insignifiant pasteur américain à la tête d’une congrégation dérisoire de quelques dizaines de croyants en Floride. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est parce que pour devenir signifiant, il a déclaré à la rentrée dernière son intention de brûler un exemplaire du Coran devant son église pour marquer le neuvième anniversaire du 11-Septembre. Suite à une vague d’indignation et des pressions de personnalités religieuses, il n’est finalement pas passé à l’acte et a même donné sa parole de ne pas recommencer. Mais le problème est que sa provocation a tellement bien marché – pendant quelques jours, cette histoire a retenu l’attention de tous les médias de la planète – que le retour à l’insignifiance lui était insupportable.

Ainsi, six mois plus tard, malgré ses promesses, Terry Jones décide de récidiver. Fou mais pas idiot, il sait qu’il faut augmenter la dose. Non seulement on ne peut pas servir un plat réchauffé, mais avec des révolutions en série dans le monde arabe, une guerre en Libye et un grave accident nucléaire au Japon, la planète journalistique est très sollicitée et il faut taper fort pour attirer l’attention. Au mois de janvier, il entame donc le procès public du Coran et le 20 mars, le décrétant coupable d’incitation à la haine, Terry Jones met le feu au livre sacré des musulmans, autodafé diffusé par Internet avec sous-titres en arabe.
Pendant une grosse semaine, l’acte bizarre de ce pasteur a eu le succès qu’il méritait : les médias l’ont plus ou moins ignoré. Malheureusement, une dizaine de jours plus tard, la mayonnaise finit par prendre en Afghanistan et au Pakistan. Manifestations violentes, lynchages, émeutes… Le bilan provisoire s’élève aujourd’hui à 19 morts.

Aux Etats-Unis, comme au mois de septembre dernier, le débat tourne autour de la question de la liberté d’expression et de ses limites tandis que certains – notamment le sénateur Lindsey Graham – pensent que le simple fait que le pays soit en guerre justifie, comme pendant la Deuxième guerre mondiale, la restriction de ce droit constitutionnel fondamental. Dans ce débat – légitime au demeurant –, on oublie un fait majeur : pour créer le scandale, il faut être au moins deux, celui qui provoque et celui qui est provoqué. Or, dans ce cas comme dans le cas des violences qui ont suivi la publication des caricatures du prophète Mahomet en 2005, la réaction pavlovienne de certains musulmans était largement prévisible.

Pour dire les choses clairement, le seuil de tolérance à la provocation de certains musulmans est tout simplement trop bas. Qu’un geste d’un homme de si peu d’importance puisse avoir de telles conséquences en dit plus long sur eux que sur le pasteur provocateur. Après tout, même si c’est son effigie qu’on brûle aujourd’hui à Jalalabad, ce n’est pas Barack Obama qui a mis le feu au Coran. Ce n’est pas non plus le général Petraeus, le très embarrassé chef des forces coalisées en Afghanistan, qui a applaudi cette connerie monumentale de Terry le taré.

Est-ce si difficile à comprendre qu’il s’agit d’une vulgaire et grossière opération de com’ ? Et même si, comme on le prétend, des agents provocateurs taliban infiltrés dans la foule sont derrière les dérapages sanglants des manifestations, la question reste la même : pourquoi donner une telle importance à une provocation si dérisoire ? L’une des valeurs de l’Occident – et pas la moindre – est justement d’accepter la folie des autres.
Terry Jones est un agité du bocal qui ne représente personne. Si des millions de musulmans se sentent concernés par ses agissements insensés, c’est leur problème et surtout leur responsabilité. Le sang de 19 personnes a été versé par des musulmans, voilà le seul fait important à retenir.

Gil Mihaely

 

photo : John Raoux AP

Et si les Français étaient fatigués du marché ?

05/04/2011 07:41 par rgrs

  • Et si les Français étaient fatigués du marché ?

    Et si les Français étaient fatigués du marché ?

    05/04/2011 07:41 par rgrs

Journaliste politique expérimenté, Eric Dupin a choisi de prendre son sac et de rencontrer, deux ans durant, des centaines d'habitants aux quatre coins du pays. Il en ressort un livre superbe, qui nous apprend cent fois plus sur l'état d'esprit de la France que les centaines de sondages dont nous sommes abreuvés du 1° janvier au 31 décembre.

Jean-Michel Aphatie. Alain Duhamel. Olivier Duhamel. Jean-Pierre Elkabbach. Thierry Guerrier. William Leymergie. Dominique Seux. Eric Zemmour. Et quelques autres. Chaque matin, ils sont quelques uns à traduire l'humeur de la France, sur nos écrans et nos postes de radio. Ils sont censés être les médiateurs, le pouls du pays. Et ils ne se privent pas de le rappeler, en donnant du « Les Français pensent que », « pour les Français, il est clair que », « Les Français broient du noir », « Ils ont le blues », « personne ne France ne croit plus que », etc, etc.

Mais tous ces médiateurs sont-ils certains d'avoir du pays une vision actualisée ? Ils ne discernent souvent dans les sondages que ce qui vient conforter leurs propres croyances. Quant au peuple en chair et en os, il ne le perçoivent, dans la plupart des cas, qu'à travers des discussions de taxi ou de bistrot. On ne croise pas le populo en se rendant du Flore au studio de RTL ou d'Europe 1 plus un week-end à Deauville ou La Baule.

Quoique moins consacré par les médias, Eric Dupin n'était pas, au fond mieux équipé que tous ces hommes de médias pour sentir la France. Il connaissait le monde politique par les plis et les replis des restaurants parisiens. L'univers du sondage n'avait aucun secret pour lui, mais les labyrinthes de chiffres éloignent souvent de certaines trivialités.

Pourtant, un beau matin, hasard de l'existence ou fruit d'une sagesse patiemment accumulée ou  brusquement éprouvée, ce journaliste s'est convaincu lui-même que ce pays n'était plus lisible ou qu'en tout cas il lui échappait; que les commentaires sur ce même pays sonnaient faux, et lui étaient de plus en plus étrangers; que ses propres grilles de lecture, qui brillaient par leur originalité (pince sans rire, Eric Dupin, freelance de la politique, n'hésitait pas à se vendre comme un « Alain Duhamel du pauvre »), ne fonctionnaient plus.

Bref, comme il l'explique lui-même dans l'introduction de son ouvrage, Eric Dupin est parti à la rencontre des habitants de France. Nez au vent, sans arrière-pensée, ce qui, pour qui connait son cartésianisme obtus, n'a pas dû lui être facile... « Je n'avais rien à prouver », écrit-il d'une plume nonchalante. « C'est sans doute ce qui m'a permis d'atteindre mon objectif. »

 

DIx-sept voyages dans la France profonde ou pas

Tout est dit. Mais tout reste à lire. Car la France que nous fait découvrir Dupin au hasard de dix-sept pérégrinations et de centaines de rencontres, n'a pas grand chose à voir avec le pays dont nous parlent les médias tous les jours.

On chercherait vainement un échantillon représentatif dans ces 380 pages aussi édifiantes qu'agréables à lire. Il n'est guère pourtant de milieu social ou de profession que n'ait croisé l'auteur. Qui, quoique aimant visiblement l'immaculée blancheur des nappes de restaurant de nos régions, ne craint pas, pour varier les plaisirs et les rencontres, de dîner dans un routier après avoir déjeuné chez un abonné du Gault et Millau. Devenu observateur par fonction (que faire d'autre quand on se promène ?), Eric Dupin en retire une leçon lumineuse : « Plus le standing d'un restaurant est élevé, et plus sa clientèle est âgée. » On ne dira jamais assez à quel point l'état - et  l'humeur - de notre pays transparaît là où se nourrit son peuple.

La politique vu par ceux qui la subissent

La force du récit ? Son humanité, et au-delà, la façon dont l'auteur parvient à nous faire toucher du doigt ce qu'est la politique de la France dans chaque secteur - l'agriculture, la métallurgie, la pêche, le service public, la grande distribution - à travers ce qu'en vivent vraiment ses habitants. Ici se juge l'Union européenne, la priorité à la sécurité proclamée par Sarkozy, la désindustrialisation du pays, la déréliction de son école ou au contraire, le dynamisme de ses élus qui ne baissent pas les bras, la niaque de ses éducateurs qui veulent sauver ce qui peut l'être encore.

L'auteur en a tiré une conclusion évocatrice : les Français seraient, ose-t-il, fatigués de modernité. Bien vu. Quiconque a traîné ses guêtres un vendredi après-midi à l'hypermarché de Pontault-Combault, en est vite persuadé. A la lecture des récits et des histoires de vie recueillies, j'en aurais plutôt déduit, pour ma part, qu'ils étaient plutôt épuisés par le marché, du moins tel qu'il s'impose aujourd'hui, partout et tout le temps. Il est vrai que le marché et la modernité constituent depuis longtemps un couple illégitime.

Du patron de PME désespéré d'avoir à lutter contre une concurrence polonaise stimulée par les subventions de l'union au postier anxieux d'être moins compétitif que son camarade allemand au moment de l'ouverture du marché européen dans la poste grand public, tous nos concitoyens se persuadent, jour après jour, que la soi-disant liberté du marché restreint chaque jour un peu plus leur liberté personnelle, celle d'aimer le travail bien fait ou le service rendu.
 

Les décroissants au pinacle ?

La preuve ? Les seuls Français qu'Eric Dupin a trouvés vraiment rayonnants de bonheur sont ceux qui, justement, ont pu, vertu de l'âge ou du territoire, organiser leur activité en marge du marché tout puissant, quitte à se contenter de 1000 euros pour vivre. L'auteur parcourt ainsi moulte villages revivifiés par des urbains venus y poser leur sac une fois leurs illusions perdues.

Eric Dupin est au journalisme ce que Jean-Paul Delevoye est à la politique : un révélateur qui, du coup, doit être marginalisé pour que le système continue à ignorer les vérités qu'ils dénichent. Le refrain de Guy Béart redevient terriblement à la page : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ». L'ex-Médiateur pourra méditer au Conseil économique et social, maison de retraite de la vie politique. Le second devra pointer, au pire, à Pôle emploi : bien souvent, dans la France de 2011, on ne réinvente pas le journalisme dans les journaux mais au contraire en les quittant.
 


Saint-Dizier, dans la Haute-Marne
Saint-Dizier, dans la Haute-Marne
Retrouvez en cliquant sur ce lien le site autour du livre d'Eric Dupin, Voyages en France, qui rassemble plusieurs centaines de prises de vue du journaliste lors de ses voyages. On y découvre quelques gueules mais surtout la variété des paysages français, sujet de fierté nationale, mais aussi du dernier roman de Houellebecq.
Philippe Cohen - Marianne
 
 



Exclusif: le programme du PS in extenso

05/04/2011 07:34 par rgrs

  • Exclusif: le programme du PS in extenso

    Exclusif: le programme du PS in extenso

    05/04/2011 07:34 par rgrs

Marianne2.fr s'est procuré le texte intégral du projet socialiste avant sa diffusion auprès des journalistes et du grand public et avant qu'il ne soit amendé par le Conseil politique et le Bureau national du PS.


Autrefois les partis proposaient des programmes et des militants pour les diffuser. Aujourd'hui, le PS se contente d'un « socle commun ». Quel est le sens du projet que s'apprête à diffuser la direction du PS ? Ce ne sera pas le programme du candidat socialiste. Il est censé lui donner un vivier de mesures dans lesquelles il pourra puiser. Certains diront que le futur candidat socialiste, qui qu'il soit, prendra soin de ne pas paraître recopier ce catalogue de 110 pages dont la hiérarchie n'est pas évidente.

Dans l'esprit de Martine Aubry, ce « presque-programme » a déjà une fonction interne : montrer aux militants qu'on peut faire exister une synthèse dans laquelle se retrouveront aussi bien les « Fabiusiens », les « Ségolénistes » que les « Hollandais » ou les « Montebouriens ». Les esprits chagrins noteront eux, que ce programme a soigneusement survolé ce qui pouvait diviser le PS ou l'électorat de gauche : la relation à l'Union européenne, la sécurité ou l'immigration. Pour un document qui prétend relever d'un récit national susceptible de faire renouer la gauche avec le succès, c'est fâcheux.

Mais ne soyons pas trop schtroumpfs boudeurs. Ce projet a le mérite d'exister. Il mérite un examen sérieux et approfondi. De la part de nos lecteurs d'abord. Pour le consulter dans sa version non encore amendée par les pontes du Parti socialiste (il s'agit d'une version « de travail » datée du 30 mars), cliquez ici ou téléchargez-le ci-dessous.

programmeps_marianne2.pdf ProgrammePS_Marianne2.pdf  (1.03 Mo)

http://www.marianne2.fr/Exclusif-le-programme-du-PS-in-extenso_a204719.html


Denain : Dominique de Villepin venu tester ses idées auprès des vraies gens

05/04/2011 07:29 par rgrs

Denain : Dominique de Villepin venu tester ses idées auprès des vraies gens

lundi 04.04.2011, 15:43
Denain : Dominique de Villepin venu tester ses idées auprès des vraies gens Dominique de Villepin, l'ancien premier ministre de Jacques Chirac a visité lundi matin la Fonderie et acierie de Denain - PHOTO JOHAN BEN AZZOUZ
L'ancien premier ministre de Jacques Chirac a visité lundi matin la Fonderie et acierie de Denain (FAD), avant de rencontrer des chefs d'entreprise des environs.
Il a défendu ses projets d'entrée des salariés dans les conseils d'administration des entreprises et de revenu citoyen.
Même si les salariés ont davantage parlé de pénibilité au travail et les entrepreneurs, de fiscalité, le peut-être candidat à la prochaine présidentielle a posé énormément de questions et défendu la place de l'industrie en France.
La Voix du Nord
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A Denain dans le Nord, Dominique de Villepin à la rencontre le monde ouvrier
Dominique de Villepin a visité lundi matin la Fonderie et acierie de Denain (FAD), avant de rencontrer des chefs d'entreprise des environs.
Il a défendu ses projets d'entrée des salariés dans les conseils d'administration des entreprises et de revenu citoyen. Même si les salariés ont davantage parlé de pénibilité au travail et les entrepreneurs, de fiscalité, Dominique de Villepin a posé énormément de questions et défendu la place de l'industrie en France.
En visite à Denain dans le Nord ce lundi, Dominique de Villepin a proposé lundi d'engager une "révolution de la dignité", avec notamment la création d'un revenu minimum garanti de 850 euros par mois pour chaque Français et la cogestion dans les entreprises.
Interrogé sur le projet du PS lors d'un déplacement dans une fonderie à Denain (Nord), l'ancien Premier ministre a estimé qu'il n'y avait pas "beaucoup d'idées nouvelles, innovantes".
"Ce qui me frappe, c'est que tant du côté de l'UMP que du Parti socialiste, dans le fond, on semble se contenter d'ajustements politiques qui à mon sens ne sont pas à la hauteur des véritables enjeux si l'on veut vraiment refonder notre politique française", a-t-il déclaré.
"Je propose (...) d'engager une véritable révolution qui est celle de la dignité: conférer à chaque citoyen français la reconnaissance de sa dignité, (...) par un revenu garanti (...) de 850 euros qui permettra à chacun d'avoir à la fois la sécurité et la liberté d'entreprendre", a-t-il déclaré lundi, évoquant comme contrepartie "une obligation de projet pour chacun, qui serait personnalisé et suivi".
M. de Villepin a plaidé pour l'avènement d'un "nouvel esprit de dialogue social" pour défendre l'industrie, proposant "une cogestion à la française" qui consisterait à réserver aux salariés "un tiers des places dans les conseils d'administration et les conseils de surveillance".
"Cela change la répartition des pouvoirs, pour la discussion en matière salariale, pour les discussions en matière d'emploi, pour l'avenir des entreprises. Nous avons besoin de changer ce rapport de force", a-t-il poursuivi.
Interrogé sur l'antenne de France 3 Nord/Pas-de-Calais sur l'éventualité de sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, M. de Villepin a répondu que "nous ne sommes pas dans le temps de l'élection présidentielle". "Ce qui devra être annoncé le sera d'ici la fin de l'année, à un moment où nous serons alors dans le combat politique des présidentielles", a-t-il dit.
Source: Agence France Presse
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Dominique de Villepin en campagne

L'ancien Premier ministre visitait lundi une fonderie-aciérie à Denain dans le Nord. L'occasion pour lui de roder son futur programme.

Casque de chantier vissé sur le brushing, veste jaune fluo et lunettes de protection sur le nez au sortir de la fonderie-aciérie de Denain (Nord) : la visite de Dominique de Villepin, lundi, dans la ville du député-maire socialiste Patrick Roy, ressemble à s'y méprendre à un déplacement de campagne. Pourtant, on a tendance à oublier que l'ancien Premier ministre n'est toujours pas officiellement candidat à la présidentielle. D'autant qu'il s'applique à distiller les éléments marquants du programme de son parti, qu'il dévoilera plus en détail le 14 avril prochain.

Et c'est une véritable "refondation", une "révolution" même, que prétend mettre en place Dominique de Villepin : celle de "la dignité". Il faut "conférer, rendre sa dignité à chaque citoyen", martèle-t-il dans le TGV qui file vers Lille. "C'est une absolue nécessité." Au lendemain de la présentation par le Parti socialiste de ses 20 propositions pour 2012, Villepin entend bien se distinguer. Premier argument : le "revenu citoyen garanti" : un salaire pour tous, fixé à 850 euros, qui pourra être cumulé de façon dégressive jusqu'à 1 500 euros de salaire, en échange d'un engagement citoyen (bénévolat, associatif) ainsi que d'un service civique.

"La France est un pays riche !"

Rien à voir, selon lui, avec ce qu'il considère comme des "ajustements à la marge", des mesures "du passé", proposés par le PS et l'UMP. "Et qu'on ne vienne pas (lui) parler de financement", "la France est un pays riche !" s'exclame-t-il. Le budget de cette mesure représente 30 milliards d'euros, selon ses calculs, soit "l'équivalent des cadeaux fiscaux faits depuis 2007". Refusant la sinistrose ambiante, Dominique de Villepin veut se poser en porteur d'espoir.

Il anticipe les critiques et se défend de proposer une politique utopique, ou même d'assistanat : "Ce n'est pas de l'assistance, les gens donneront ce qu'ils ont à donner." Une proposition pour le moins originale qui prend le contre-pied de la politique de Nicolas Sarkozy, en redéfinissant la "valeur travail" sur laquelle le chef de l'État avait fondé sa campagne en 2007. Selon Dominique de Villepin, le slogan sarkozyste s'est heurté "au rocher de la mondialisation". "On est loin du travailler plus pour gagner plus", croit utile de préciser Dominique de Villepin. L'ancien Premier ministre veut sortir le travail d'une logique "conditionnelle" et refuse de stigmatiser les Français comme des tire-au-flanc.

Redonner confiance dans la politique

Il s'est d'ailleurs fixé un défi majeur pour 2012 : redonner confiance dans la politique. "Qui y croit encore ?" s'interroge-t-il. Dénonçant au passage les "querelles de personnes" dans la majorité, qui, selon lui, "n'arrivent pas par hasard", il estime que la France manque d'une manière générale d'"outils politiques". "Mon expérience m'a amené à penser que l'important, ce sont les outils", explique-t-il. D'où ses autres propositions majeures : la simplification des instances gouvernementales en réduisant le gouvernement à dix grands ministères. Actuellement, "les ministères ne répondent plus, ils sont fragmentés".

Autre élément essentiel de son programme : la création de huit régions puissantes, capables de rivaliser avec les "Länder" allemands. Enfin, Dominique de Villepin était venu parler de dialogue social aux salariés de la fonderie. Le fondateur de République solidaire propose notamment que les conseils d'administration des entreprises comportent un tiers de salariés.

"Les Français doivent pouvoir sortir d'eux-mêmes de leur souffrance, sortir de leur paralysie, c'est une main tendue à chacun", résume enfin l'ancien Premier ministre. Et lorsqu'un journaliste se hasarde à lui demander à quoi son programme est censé servir "concrètement" : "Est-ce que ce sera un programme de campagne ou doit-il servir d'inspiration aux futurs candidats, comme l'avait fait Nicolas Hulot et son pacte écologique en 2007 ?" - Dominique de Villepin répond, dans un sourire entendu : "J'ai beaucoup d'admiration pour Hulot, mais ça fait trente ans que je suis en politique..." sourit-il. Villepin n'est apparemment pas là que pour souffler des idées...

Source: Pauline de Saint Rémy, Le Point

http://www.lavoixeco.com/actualite/Region/2011/04/04/article_denain-dominique-de-villepin-venu-tester.shtml

http://2villepin.free.fr/index.php/2011/04/05/1857-a-denain-dans-le-nord-dominique-de-villepin-a-la-rencontre-du-monde-ouvrier

Compter les « musulmans », à quoi ça sert ?

04/04/2011 17:04 par rgrs

  • Compter les « musulmans », à quoi ça sert ?

    Compter les « musulmans », à quoi ça sert ?

    04/04/2011 17:04 par rgrs

On annonçait régulièrement qu’il y aurait jusqu’à 6 millions de musulmans en France. Pourtant, une étude récente de l’Ined en compte 2,1 millions. Elle a été peu relayée dans les médias. A l’heure où l’UMP clot son débat sur l’Islam, la question prend pourtant toute son importance.


Mettons les choses à plat. Le débat sur l’Islam (ou sur la laïcité) de l’UMP a déchaîné les passions autour de la communauté musulmane. Au cœur du conflit se trouve notamment le nombre réel de musulmans. En France, quelque soient ses opinions, chacun a intérêt à gonfler les chiffres, que ce soit pour entretenir le fantasme d’un choc des civilisations naissant sur le boulevard Barbès, flatter une potentielle clientèle électorale ou montrer ses muscles afin de défendre les intérêts de sa communauté.

Officiellement, l’Islam serait la deuxième religion de France. Claude Guéant met la barre très haut en estimant qu'il y a « entre 5 et 10 millions »
de musulmans. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, annonçait en juin 2010 un effectif de « 4 à 5 millions » dont 1,5 millions dans toute l’Île-de-France et 500 000 à Paris. A la même époque, le ministère de l’Intérieur donnait le chiffre de 5 à 6 millions. En décembre, lorsque Marine Le Pen avait lancé la polémique sur les prières de rues, ces chiffres avaient été brandis pour démontrer qu’il n’y avait pas assez de mosquées par rapport aux musulmans présents en France.

Reste à savoir ce qu’on met derrière ces chiffres. Une
récente étude de l’Ined dévoilait des données remettant en cause tous les préjugés sur ce qu'est la « communauté musulmane ». Selon l’institut, il y aurait… 2,1 millions de musulmans « déclarés » en France âgés de 18 à 50 ans. Mais « même en ajoutant les personnes âgées de moins de 18 ans, et celles de plus de 50 ans, ça ne ferait pas 5 millions », a expliqué à l’AFP Patrick Simon, co-auteur de l’étude.
 

Essentialisation

D’où vient ce gigantesque écart ? Tout simplement d’un biais sur la définition de ce qu’est être musulman. Le chiffre de 5 millions vient en fait d’une confusion entre appartenance religieuse et origine nationale. Dans une interview à Saphir News, Patrick Simon note que « la plupart des estimations sont fondées sur l’origine des personnes et non sur leur déclaration en matière de religion ». Bref, il suffit d’être originaire du Maghreb par exemple pour être compté comme musulman indépendamment de son attachement à cette confession. A l’inverse, l’Ined compte toutes les personnes se déclarant musulmanes : « Sont considérés comme ‘musulmans’ toutes les personnes ayant fait référence à l’islam dans leur réponse, quelles que soient leurs origines ou leurs pratiques », détaille Patrick Simon.

Ce biais a déjà été dénoncé par la démographe Michèle Tribalat. Et même si on sa basait sur la seule généalogie, ce chiffre serait au dessus de la réalité. En 2003, Michèle Tribalat
donnait le chiffre de 3,7 millions de « personnes susceptibles d'être musulmanes par filiation ». Mais comme être blanc et français ne fait pas forcément de vous un catholique, avoir des parents marocains ne fait pas forcément de vous un musulman. Ici, on confond une histoire familiale qui appartient au passé avec l’attachement revendiqué à une religion qui relève du présent. Faire ce classement, c’est assigner aux gens une identité qu’ils n’ont pas choisi en raison de la génétique, une essentialisation qui ne peut que fragmenter encore plus une société française qui n’en avait pas besoin.

Le chiffre de l’Ined souffre cependant d’un deuxième biais. Il confond croyants, pratiquants et revendications identitaires. Le ministère de l’Intérieur disait que 43% des musulmans comptés par ses services n’étaient pas pratiquants. De même, l’Ined rassemble tous les musulmans revendiqués quelque soit le niveau de leur pratique. Or, cette distinction a son importance. Si l'on cherche à connaître le nombre de musulmans pour évaluer la construction de mosquées, c’est le nombre de pratiquants réguliers qui compte. Et plus encore, c’est la concentration des musulmans dans certaines zones qui est la donnée la plus importante. Savoir qu’il y a 2 ou 5 millions de musulmans partout en France a peu d’importance, si on veut savoir s’il y a assez de mosquées, ce qui importe c’est de savoir combien il y a de pratiquants réguliers dans telle ville voire telle quartier.

Comptage ethnique déguisé ?

Mais, il reste qu’il y a des personnes qui se disent musulmanes même si elles ne seront jamais amenées à utiliser des équipements voués à la pratique de l’Islam. Se dire musulman n’est pas seulement le signe d’une pratique plus ou moins régulière, c’est aussi un blason, une façon de revendiquer une identité pour des personnes naviguant entre deux cultures. C’est une façon de savoir, de dire qui on est, indépendamment de ce que l’on fait.

De là, une question à poser. Compter les musulmans pratiquants pour savoir combien s’il y a assez de mosquées relève du bon sens urbanistique, au même titre de savoir combien il y a de personnes âgées pour construire des maisons de retraites. Mais à quoi sert de compter les musulmans revendiqués, pratiquants ou non ? Est-ce une façon de compter le poids d’une « communauté » ? Si la méthode de l'INED (le musulman est celui se revendique comme tel) est différente du comptage par la généalogie, les deux techniques posent la même question, celle de l'intérêt du comptage en dehors des objectifs pratiques (les mosquées).  Ne serait-ce pas une façon déguisée de faire du comptage ethnique ?

Il est vrai que, comme il est toujours interdit de compter qui, en France, est arabe ou noir, on se contente de compter les « musulmans ». Dans l’imaginaire collectif, le nombre de « musulmans » affichés renvoie autant un groupe religieux qu’à un groupe ethnique. On nage alors dans l’hypocrisie totale. Au lieu de se demander au bout de combien de générations on peut être compté comme musulman, ne conviendrait-il pas mieux de (ré)ouvrir le débat sur les statistiques ethniques ?

Tefy Andriamanana - Marianne
 


La laïcité mérite-t-elle un débat?

04/04/2011 16:59 par rgrs

  • La laïcité mérite-t-elle un débat?

    La laïcité mérite-t-elle un débat?

    04/04/2011 16:59 par rgrs

En décembre 2005, on pouvait compter sur les doigts de la main les colloques et conférences organisés autour du centenaire de la loi de 1905, de séparation des Eglises et de l’Etat. Tout cela semblait tellement ringard. Tellement loin des préoccupations médiatiques du moment. Dans ces colloques, pourtant, quelques uns évoquaient le fait que la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école ne réglait qu’une partie du problème. Encore cette loi avait-elle été votée après d’interminables palabres, et les protestations des tenants d’une « laïcité ouverte », c’est-à-dire ouverte à tout ce qui n’est pas la laïcité. Parmi ceux-là, les représentants des différentes religions, certains intellectuels ou journalistes ravis de dénoncer une fois de plus une détestable « exception française », ou certains hommes politiques, comme le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy.
On inventa même pour l’occasion des qualificatifs peu amènes pour les quelques irréductibles anti-modernes qui s’obstinaient à croire que la laïcité est une chance pour la France et pour tous les Français. « Laïcards », « laïcistes » (dont le suffixe suggère subtilement qu’il ne s’agirait que d’une idéologie, quand les contempteurs de la laïcité ne seraient que de sympathiques pragmatiques philanthropes) et même, le mieux de tous, « intégristes républicains », puisqu’il est bien connu que ces gens-là font autant de mal que les autres intégristes, ceux qui veulent imposer la loi de Dieu, soumettre les femmes et massacrer les infidèles.
Il fallut donc attendre que Marine Le Pen évoque les prières de rue pour que la France médiatique et politique se souvienne que la laïcité n’est pas une idéologie mais un principe inscrit dans la loi, une loi qui a permis un siècle de vie en commun dans un pays où chacun trouvait à peu près sa place. Au point de voir l’UMP lancer un « débat sur l’Islam », rapidement mué en « débat sur la laïcité », pour finir en une convention du parti rassemblant ceux qui n’auront pu s’y soustraire.
On s’abstiendra ici du réflexe qui consiste à penser que tout sujet évoqué par la présidente du Front National est immédiatement invalidé, frappé du sceau de l’infamie, et toute personne prononçant désormais le mot banni, responsable de la « lepénisation des esprits » si chère aux éditorialistes en vue. Nous avons pris la peine de rappeler en préambule que certains s’inquiétaient des atteintes répétées à la laïcité avant que le Front National n’opérât son OPA sur la République, après avoir réussi celle sur la Nation. Mais il valait mieux maintenir dans l’ombre ces mauvais coucheurs qui présentaient l’inconvénient de ne pouvoir être diabolisés et rejetés hors de « l’arc républicain ». Après avoir été réduits au silence, ils sont maintenant accusés d’avoir « préparé le terrain » ou « fait sauter les digues », nouvelle expression à la mode chez les analystes politiques. Il n’y a pas que les religieux qui ont besoin de croire au diable. Et l'on s'amuse en ce moment de la crainte de certains de perdre leur Enfer...
Peu importe, donc, qui pose la question, si elle vaut la peine d’être posée. Mais vaut-elle la peine de l’être ? Ou plutôt, quelle question est réellement posée ? Autant le dire d’emblée, s’il s’agit de savoir comment adapter la laïcité à l’arrivée en France d’une religion qui n’était présente pas en 1905, cela revient purement et simplement à remettre en cause la laïcité telle que l’a pensée la France. Et c’est ce que nous proposent depuis des années déjà ceux qui entendent faire plier la République devant des demandes particulières, au nom d’un « multiculturalisme » fondé sur une remise en cause des valeurs républicaines héritées des Lumières.
Qu’on se souvienne simplement qu’en 1989, lors de la première affaire de voile qui éclata en France, il aurait suffit au ministre de l’Education Nationale de l’époque, en l’occurrence Lionel Jospin, de rappeler que la circulaire Jean Zay de 1936 interdisait les signes religieux et politiques dans les écoles. Avoir demandé l’avis d’un Conseil d’Etat gagné par la mode du « droit à la différence » est une responsabilité dont nous commençons seulement à mesurer l’ampleur. Mais de la part d’un ministre qui, dans l’article 10 de sa loi d’orientation sur l’école, avait consacré la « liberté d’expression » des élèves, il n’y avait là rien de fortuit.
La laïcité n’est pas une simple règle de neutralité qui s’imposerait aux agents de l’Etat, comme tentent de le faire croire certains commentateurs. C’est le cadre dans lequel peut s’épanouir sereinement une société. Le constat d’échec du multiculturalisme dressé par James Cameron et Angela Merkel nous le prouve encore, il ne suffit pas de faire vivre des communautés côte à côte, dans une tolérance proclamée, pour fonder une société. Il ne s’agit pas seulement d’organiser la bonne cohabitation des croyances. La laïcité est un principe qui postule un espace public neutre, où ne sont reconnus que des individus égaux (ce qui ne signifie pas semblables, mais ne pouvant revendiquer de droits spécifiques en fonction de leurs différences). Les croyances, l’histoire et les origines personnelles, tout ce qui fait que tel ou tel sort de la moyenne, de la norme, sont des richesses, mais qui n’ont pas à être prises en compte par la puissance publique. En revanche, celle-ci organise l’égalité de droits en corrigeant au besoin les injustices naturelles par la solidarité nationale. Un système équilibré, qui satisfaisait jusqu’à présent la majorité des Français.
Il n’y a donc pas à débattre de la laïcité, parce qu’on ne débat pas d’un principe fondateur, à moins de choisir de vivre dans une tout autre société ; mais cela nécessiterait plus qu’un débat, une constituante… La laïcité ne se débat pas, elle s’applique. Ou devrait s’appliquer, dans tous les endroits où des individus ou des communautés réclament des aménagements en fonction de leurs spécificités. Car on peut craindre que les atermoiements de la puissance publique depuis vingt ans n’aient fait qu’amplifier une tendance ritualiste de certaines religions, que ce soient les interdits alimentaires, les pratiques de jeûne, ou toute autre manifestation visible dont le seul but est d’afficher une identité et non de se rapprocher réellement de Dieu. Il fut un temps où l’on pouvait se sentir juif ou musulman, en France, sans pour autant manger casher ou hallal, et exiger des cantines scolaires des menus spécifiques. Il fut un temps où les religions ne revendiquaient pas (ne revendiquaient plus), car la spiritualité se vivait de l’intérieur, et au sein de la communauté des croyants, mais ne constituait pas un enjeu politique d’occupation de l’espace public et d’affichage de nombre. Ce sont les reculs et les contritions de la puissance publique qui ont rompu cet équilibre.
Mais le drame, pour la société française, est dans l’hypocrisie que génère cette polémique. Les représentants des « six grandes religions » qui se sont exprimés dans la Croix ont parfaitement le droit de refuser le débat proposé par l’UMP. Et l’on peut se réjouir de les voir défendre la laïcité. Ou du moins on s’en réjouirait si les mêmes ne s’étaient pas farouchement opposés à la loi de 2004 sur les signes religieux, prouvant que leur adhésion à la loi de 1905, et surtout à son esprit, est plus qu’aléatoire.
De même, ceux qui hurlent à la « stigmatisation » d’une communauté devraient se souvenir qu’ils sont les premiers à renvoyer les musulmans à leur identité supposée en ne voulant pas leur appliquer la loi commune. La plus grande marque de respect dont on puisse faire preuve à l’égard des citoyens français de confession musulmane est de les traiter rigoureusement comme n’importe quel citoyen français, en tant qu’individu et non en tant que membre à vie d’une communauté. S’ils ne méritent pas un débat, ce n’est pas par peur d’une « stigmatisation », c’est parce qu’en tant que Français, ils vivent dans ce cadre commun qu’est la laïcité, et qu’il suffit d’appliquer la loi, partout, et dans sa totalité, pour faire respecter leurs droits et ceux des autres.

Post scriptum: Amis internautes, vous voudrez bien excuser les quelques silences de votre hôtesse. Durant quelques semaines, l'activité de ce blog s'est un peu ralentie, car j'étais appelée à d'autres tâches. Vous devriez en voir le résultat dans un petit livre qui paraîtra en septembre. D'ici là, je nourrirai davantage vos réflexions. Il y a tant à dire sur l'état de la France...

Natacha Polony

http://blog.lefigaro.fr/education/

Zadig et Voltaire plombent Frédéric et Lefebvre

04/04/2011 16:54 par rgrs

  • Zadig et Voltaire plombent Frédéric et Lefebvre

    Zadig et Voltaire plombent Frédéric et Lefebvre

    04/04/2011 16:54 par rgrs

Pauvre Frédo (Lefebvre). Le secrétaire d’Etat aux PME est, une nouvelle fois, la risée du web. Depuis samedi, une vidéo réalisée par le Figaro.fr tourne partout, dans laquelle Frédéric Lefebvre explique que son livre de chevet est « Zadig et Voltaire », du nom de la célèbre marque de T-shirt troués et chers.
Pauvre Frédo, parce que sa bourde a permis de faire oublier les pitoyables prestations des autres personnalités politiques interrogées en marge de la journée du livre politique de l’Assemblée. Mis à part Chevènement qui parle avec conviction de Stendhal et Jacques Myard qui cite Yourcenar et Céline, il faut voir Hervé Mariton (député de la Drôme) sécher quand on lui demande quel est son livre favori. Il bafouille un truc sur Un cœur simple, de Flaubert « court mais dense » et Belle du Seigneur, « un livre épais .» Quant à savoir ce qu’il lit aujourd’hui…
Plus fort encore Jean-Pierre Soisson, député de l’Yonne : « vous voulez dire un livre qui ne soit pas le mien ? » Avant de reprendre la vieille technique politique : quand on ne sait pas comment répondre à une question, il convient d’abord de la répéter pour gagner du temps. Espérant qu’une réponse émerge par miracle du fin fond du cerveau reptilien. Soisson lit donc les classiques, sans arrêt, « Stendhal, les classiques tout ça. »
Je crois surtout que tous ces députés interrogés devraient acheter le dernier livre de Frédéric Lefebvre, en remerciement de leur avoir permis d’échapper au ridicule littéraire grâce à sa bourde plus grosse que leur propre inculture crasse.
Muriel Gremillet