Comment on bidonne les déficits publics

04/04/2011 16:47 par rgrs

  • Comment on bidonne les déficits publics

    Comment on bidonne les déficits publics

    04/04/2011 16:47 par rgrs

Nicolas Sarkozy, François Baroin, Christine Lagarde se sont réjouis des « bons chiffres » du déficit public 2010, qui est officiellement de 7%, en baisse de 0,7 point par rapport à la prévision. Hélas, ce déficit a une forte odeur de manipulation.  

Quand on aime, on ne conte pas. Ou plutôt on ne compte pas… bien. C’est certainement par amour de la France que l’Insee, le gouvernement et l’Elysée ont affiché un « bon » chiffre » du déficit public en 2010. Officiellement, il ne s’élève « qu’à » 7% du PIB. C’est quand même une sorte de record, juste après l’année 2009 , avec -7,5%. Mais, comme disent les enfants, c’est « moins pire » que la prévision initiale, qui était de 7,7% du produit intérieur brut. Evidemment, les communiqués divers (de Bercy, de l’Elysée) ont voulu y voir la preuve de l’efficacité de la politique économique actuelle.

« Ces résultats de finances publiques confortent la stratégie d’assainissement de nos comptes publics engagée par le Gouvernement après la crise de 2008-2009, fondée sur la combinaison de réformes porteuses de croissance et d’une maîtrise stricte et durable des dépenses publiques. La poursuite de cette stratégie sera naturellement au cœur du prochain programme de stabilité, qui sera présenté au Parlement à la mi-avril 2011 avant sa transmission officielle aux institutions européennes », analysent ainsi Christine Lagarde et François Baroin dans un communiqué commun.

Félicitons nous donc, de la bonne mauvaise nouvelle. Sauf qu’à regarder de près le communiqué de l’Insee, intitulé « Informations rapides numéro 81, comptes nationaux des administrations publiques année 2010, premiers résultats », qu’on trouve sur le site Insee.fr, quelques doutes nous gagnent. Notamment à la lecture de la page 2, deuxième colonne, lorsque l’Insee nous révèle un « détail » : « Fin 2010, la dette nette des administrations publiques s’élève à 1478,6 milliards d’euros (…) Cette plus forte hausse s’explique par une diminution de la trésorerie de l’Etat » de 22,5 milliards d’euros, soit 1,1% du PIB. Selon un très bon connaisseur des finances publiques, cela signifierait que l’Etat a pompé sa trésorerie jusqu’au dernier centime pour réduire le déficit de l’année 2010. Mais il a dû emprunter, pour compenser son manque de cash, et donc le joli gain sur l’affichage du déficit se retrouve en augmentation de la dette publique. Un calcul à courte vue car le coût de la dette augmente, comme le reconnaît l’Insee. Après avoir baissé de 14,5% en 2009, à cause de la baisse généralisée des taux d’intérêts pendant la crise, il progresse de 5,2%. La rétribution des créanciers de la France coûte 50 milliards d’euros chaque année, et bien davantage dans le futur.

Au fait pourquoi une telle manip’ ? Sans doute parce que Bercy est obsédé par l’affichage du différentiel franco-allemand. Berlin a annoncé un déficit de 3,3% du PIB, lui aussi en amélioration par rapport à la prévision initiale (-3,5%). Or beaucoup de responsables français considèrent que les marchés ont jusqu’ici toujours considéré la « qualité » de la dette française comme équivalente à celle de l’Allemagne, et redoutent que l’affichage d’un différentiel considérable (du simple au double) ne conduisent vers la rupture de ce consensus qui permet à la France d’emprunter au même prix ou presque que l’Allemagne. Conclusion : il arrive qu’on mente pour la bonne cause. Mais faut-il pour autant se payer de mots ?

Le parti socialiste : une fausse alternative

04/04/2011 16:43 par rgrs

  • Le parti socialiste : une fausse alternative

    Le parti socialiste : une fausse alternative

    04/04/2011 16:43 par rgrs

On nous explique que l’alternance, c’est la démocratie ; que voter socialiste, c’est s’opposer à la politique de Sarkozy. Faut-il en rire ou en pleurer ?

En rire : lorsque DSK est présenté comme une véritable alternative à Sarkozy, on peut légitimement s’esclaffer d’une telle bouffonnerie. Au moins autant mondialiste, atlantiste et libéral que notre actuel président, DSK est l’archétype même de ces « élites mondialisées » (Chevènement) tant éloignées des préoccupations populaires.

En pleurer : les cabris détricotent notre souveraineté, pourtant bâtie avec tant de patience contre vents et marées par nos rois, nos grands chefs d’État et nos grands hommes. Les funestes assauts des cabris attentent à notre État, notre démocratie, et notre patrie. Cela n’a rien de réjouissant.

Le PS a beau se parer de ses plus beaux atours (droits de l’Homme, fraternité ségolénisante et autres tartufferies), il n’en est rien : ce n’est que de la « boue dans un bas de soie ». Car en effet, c’est ce même parti qui a voté le Traité de Maastricht et qui dénonce les effets de l’ultra-libéralisme ; ce même parti qui s’attriste du sort des ouvriers français et qui stimule la concurrence mondiale entre les travailleurs par le biais de l’immigration, toujours justifiée par les droits de l’Homme ; ce même parti qui prétend défendre le peuple et qui voit du fascisme là où il y a un appel à la protection des démunis face à la mondialisation dévastatrice. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet.

A ce titre, la question européenne est particulièrement éloquente, car le Parti socialiste et l’UMP, sans compter le Modem, les Verts et consorts, appartiennent sans exceptions à la même espèce animale : celle des cabris. Comme le Général de Gaulle disait, ils n’ont qu’un seul mot à la bouche : « L’Europe, l’Europe, l’Europe ! ».

En outre, au-delà de la connivence politique sur la question européenne qui est déjà fortement déterminante, le parti d’Aubry a d’autres inepties à son arc. Alors qu’il dénonce la prétendue « politique sécuritaire » de Sarkozy, il feint d’ignorer que c’est sous la présidence du même Sarkozy que fut votée la fin de la double peine, que des réductions drastiques des effectifs de police furent décidées, que la loi pénitentiaire fut modifiée afin de dispenser d’incarcération la petite criminalité.

La liste pourrait ainsi s’éterniser. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’entre collusions idéologiques déterminantes (Union Européenne), contradictions (acceptation des causes tout en rejetant les effets) et stupidités (dénonciation de la politique sécuritaire), le PS n’a aucune crédibilité, aucune identité. Fervent critique de la politique de Sarkozy, il en accepte pourtant les fondements. Il n’y a là aucune véritable alternance. Ce n’est que théâtre, communication et tartufferies.

Sylvain Granados.

DLJ 92.

http://debout-les-jeunes.fr/blog/04/2011/2076/le-parti-socialiste-une-fausse-alternative/

Quatre leçons et quelques illusions sur la chute de Gbagbo

04/04/2011 13:44 par rgrs

  • Quatre leçons et quelques illusions sur la chute de Gbagbo

    Quatre leçons et quelques illusions sur la chute de Gbagbo

    04/04/2011 13:44 par rgrs

L'issue ne fait plus guère de doute : Gbagbo va devoir abandonner le pouvoir. Alain Léauthier nous explique pourquoi son départ ne signifie pas automatiquement une grande victoire de la démocratie. l ne faut pas certes pas vendre la peau du Gbagbo avant qu’il ne soit tué, mais la fin du président sortant de la Côte d’Ivoire ne fait désormais plus de doute. Celui qui aimait son surnom de boulanger d’Abidjan, eu égard à sa légendaire habileté à rouler ses adversaires dans la farine, ne sortira vraisemblablement pas indemne du pétrin dans lequel il s’est fourré. Qu’il soit  exécuté, exfiltré ou simplement arrêté, Gbagbo, en tout cas, aura perdu le combat engagé tout à la fois contre son rival Alassane Ouattara, contre la France, les Etats-Unis et les institutions internationales. Comme l’on dit dans les gazettes où l’on prétend façonner le monde à partir des trottoirs de Saint Germain des Prés, l’événement est considérable. Et pas forcément si limpide quand la vérité du monde revêt tant de visages différents à Kaboul, à Tripoli, à Damas ou au Caire.

1) Première évidente leçon : la stratégie du  « seul contre tous les impérialismes »  a échoué.
Seuls les obligés du régime ou la masse hétéroclite des jeunes patriotes, mélange de voyous, d’étudiants précarisés et d’idéologues en mal de grand soir, ont répondu présent. Après avoir soutenu le « camarade Gbagbo », par ailleurs converti comme eux aux dures réalités du marché, deux géants du continent, l’Angola et l’Afrique du Sud l’ont finalement laissé tomber pour préserver leurs propres intérêts de puissances émergentes mais encore fragiles.

2) Un certain droit d’ingérence fonctionne.
C’est incontestablement le boycott  économique du pays qui a précipité la chute  de Gbagbo : la double paralysie du système bancaire et de la filière cacaotière a peu à peu étouffé le régime et explique  la désaffection  de pans entiers de l’armée et de la police. Quand la solde ne suit  pas ou menace d’être supprimée… Il semble d’ailleurs que le « timing » de l’offensive des Forces républicaines (FR) soutenant Alassane Ouattara soit directement lié à la question cacaotière: Gbagbo  espérait trouver un second souffle grâce aux  revenus de la petite récolte à venir qu’une compagnie chinoise se déclarait prête à acheter. D’autre part, certains producteurs ayant soutenu Ouattara pressaient ce dernier de hâter la conclusion car la précédente récolte, la plus importante dans l’année, menaçait de pourrir dans leurs hangars où elle était stockée en attendant la levée du boycott. À l’exception des Chinois qui n’ont pas réussi à sauver le régime, les multinationales ont donc respecté l’appel de Ouattara. Version optimiste : elles se sont pliées de bonne grâce à la légitimité démocratique qu’il représentait une fois le label «bon  élu » accordé par l’ONU et validé dans la foulée par les principales puissances du Conseil de sécurité. En réalité, la focalisation de l’attention sur le pays, relayée par les grands médias internationaux, rendait difficile une attitude de franc tireur désinvolte. Le problème n’est pas de faire du business sur des cadavres mais que cela se sache. La « communauté internationale » somnolente  lors de tant d’élections truquées, au Gabon, au Congo, au Burkina Faso et bien d’autres pays, s’est soudainement énervée sur le cas ivoirien. Les marchands sans frontière se sont donc adaptés. Adieu Laurent, bonjour Alassane, d’autant que ce dernier, ex-directeur adjoint du FMI et grand adepte des traitements de choc libéraux quand il officiait comme Premier ministre d’Houphouët-Boigny, fait pour ainsi dire partie de la famille. Selon un observateur privilégié du microcosme abidjanais, les nombreux groupes français présents dans le pays ont attendu les toutes dernières semaines avant de lâcher Laurent Gbagbo. « Quand ils ont compris qu’il ne pourrait pas s’en sortir. Ces derniers jours,  bien au contraire, ils espéraient un dénouement rapide de peur que l’économie ne soit durablement abîmée. »

3) Est ce le triomphe du droit sur l’injustice ?
Oui, incontestablement si l’on considère qu’un scrutin électoral constitue l’alpha et l’oméga d’un régime démocratique élémentaire, quel que soit le continent. De bons et honnêtes spécialistes de la Côte d’Ivoire estiment pourtant que les conditions du vote dans le Nord du pays auraient dû invalider l’élection d’Alassane Ouattara. Moins à cause d’une fraude ouverte qu’en raison du climat de domination violente que les ex-rebelles des Forces Nouvelles (les FN rebaptisés un peu artificiellement Forces Républicaines)  ont fait régner depuis 2002,  quand ils en ont pris le contrôle sans partage et surtout sans contre-pouvoir.  Ce n’est pas forcément inexact mais la situation dans les régions restées sous domination du camp Gbagbo ne témoignait pas d’un grand pluralisme quoi qu’en disent  Jacques Verges, Roland Dumas ou quelques socialistes français égarés. Le fait est que les deux parties avaient finalement accepté de se rendre aux urnes en toute connaissance de cause, même si effectivement le contrat ne présentait pas toutes les garanties de loyauté et de parfaite transparence. Mais Gbagbo a joué. Et il a  perdu. L’éthique,  dont se gargarisent quelques spécialistes patentés qui ne connaissent l’Afrique qu’à partir de leur chambre climatisée, n’y retrouvera peut-être pas tous ses petits. Et la participation massive des Ivoiriens au scrutin, au premier comme au second tour, constitue incontestablement un signe d’espoir pour le continent noir. Mais il faut probablement tourner la page : c’est le souhait  d’une majorité d’Ivoiriens qui ne se payent pas de grands mots et veulent avant tout (s’) en sortir

4) Alassane Ouattara sera-t-il l’homme de  la situation?
C’est évidemment aujourd’hui la seule question qui vaille. Sa victoire  ne suscite en réalité aucun enthousiasme même si la rue montre ou montrera le contraire. À tort, ou à raison, des millions d’Ivoiriens ne l’aiment pas. Ils le soupçonnent d’être depuis toujours l’ordonnateur de la rébellion qui a abouti à la partition de fait du pays à partir de 2002. C’est pour eux, « une bouche qui ment », un adepte du double langage, policé et feutré avec ses amis de la jet set internationale, brutal quand il s’agit d’organiser la prise du pouvoir. Ainsi, au cours des dernières années,  Alassane Ouattara a-t-il toléré, voir même ordonné les horreurs commises par tel ou tel « commandant de zone » des ex-FN dans le Nord ? Tel ou tel trafic ? Les accusations, gravissimes, n’émanent pas des seuls propagandistes du camp Gbagbo, qui oublient toujours leurs propres turpitudes, mais d’organisations comme Human Right Watch. Ou aujourd’hui même l’ONU qui s’inquiète publiquement des « atteintes aux droits de l’homme » dont les troupes de Ouattara se seraient rendues responsables au cours de leur offensive dans l’ouest et le centre. Alassane Ouattara devra très vite lever ces ambiguïtés et prouver qu’il n’est ni le chef, ni l’otage d’un groupe aux intérêts et aux pratiques quelquefois plus que douteux. Surtout, il lui faudra incarner toute la Côte d’Ivoire dans sa diversité ethnique et culturelle et pas seulement l’envie pressante de revanche, sociale et politique, des dioulas du Nord. Faute de quoi le printemps de la démocratie à Abidjan ne durera que le temps d’une amère illusion.
Alain Léauthier - Marianne

 

Dessin : Louison

L’arnaque du siècle, c’est bien l’euro

04/04/2011 13:36 par rgrs

  • L’arnaque du siècle, c’est bien l’euro

    L’arnaque du siècle, c’est bien l’euro

    04/04/2011 13:36 par rgrs

Jeudi soir, en regardant le Petit Journal, quelle ne fût pas ma surprise quand l’équipe de Yann Barthès est revenue une nouvelle fois sur le livre de NDA, « L’euro, les banques et la mondialisation : l’arnaque du siècle » en me décernant le titre de « ghost writer ». Petite mise au point.
Histoire d’un livre
Au printemps dernier, en réaction à la crise de l’euro et aux plans absurdes destinés à sauver le veau d’or européen, Nicolas Dupont-Aignan a décidé, le premier dans la classe politique Française, de prendre la tête d’une croisade pour mettre fin à cette expérience hasardeuse qu’est l’euro. N’ayant jamais été convaincu par la monnaie unique moi-aussi, je l’ai suivi, et la grande régression sociale que cela provoque en Grèce, en Irlande ou au Portugal montre qu’il avait raison.
Fin 2010, NDA a décidé d’écrire un livre sur l’euro pour dénoncer les méfaits de la monnaie unique et expliquer comment nous pourrions passer à une monnaie commune couplée à un retour à des monnaies nationales. Etant passionné par les questions économiques et collaborant depuis 2007 avec lui, je lui ai envoyé des notes, dont une bonne partie issue de mon blog (dont certaines sont reprises par Marianne 2), qui pouvaient servir d’arguments pour la rédaction de ce livre.
Que deux petits paragraphes soient repris ne me pose strictement aucun problème. En fait, c’est plutôt flatteur et c’est pour cela que j’écris. En outre, il faut remettre la polémique à sa place : deux paragraphes repris, ce n’est rien à l’échelle de la rédaction d’un livre (dont je précise que je ne suis pas l’auteur). En outre, comme il le dit dans 20 minutes, comme nous échangeons beaucoup sur ces sujets, à un moment, il est difficile de se souvenir de qui vient quoi.
Le vrai débat
Mais l’essentiel est ailleurs et est justement souligné par les deux extraits incriminés, à savoir que l’euro cher, aujourd’hui surévalué de 40% par rapport au dollar, accélère les délocalisations provoquées par la libre-circulation des biens et des capitaux. Car les faits sont là, la production automobile de PSA et Renault en France a bien baissé d’environ 50% de 2004 à 2009 et Louis Gallois a annoncé l’augmentation de la part des composants fabriqués en zone dollar pour Airbus du fait de l’euro.
La cherté de l’euro joue un rôle majeur dans la perte de centaines de milliers d’emplois de notre industrie. En cela, cette monnaie est bien une arnaque. On nous promettait croissance et emplois, nous avons eu chômage et austérité. Et ce n’est malheureusement qu’un des nombreux aspects de l’arnaque que représente l’euro pour une grande majorité de la population, comme le montre avec verve et analyse Nicolas Dupont-Aignan dans ce livre, que je vous incite vivement à lire.
En fait, à la relecture, c’est moi qui aurait du signaler que ces deux paragraphes n’étaient peut-être pas originaux. En effet, j’étais le seul à pouvoir le signaler. En ce sens, c’est moi qui suis responsable de ce petit incident qui ne devrait pas nuire à la carrière de ce livre, qui est déjà en réimpression ! 
Laurent Pinsolle

Compte-rendu du Conseil National DLR du 2 avril 2011

04/04/2011 13:32 par rgrs

  • Compte-rendu du Conseil National DLR du 2 avril 2011

    Compte-rendu du Conseil National DLR du 2 avril 2011

    04/04/2011 13:32 par rgrs

Motion adoptée le 2 avril 2011 par le Conseil National de Debout la République

Alors que le pays sombre à la fois dans la désespérance économique et le rejet de son personnel politique - caractérisé par une abstention massive - Debout la République se félicite des bons scores réalisés par ses candidats à l’occasion de ces élections cantonales sur l’ensemble du territoire.

Après les européennes puis les régionales, cette élection - troisième gifle électorale pour le président Sarkozy en autant d’occasions - révèlent une fois de plus la colère légitime de nos concitoyens.

L’appel au "front républicain" de l’entre-deux tours a même été le comble de la farce politique, puisqu’il était censé coaliser contre le FN des partis qui sont fondamentalement devenus des ennemis de la République, puisqu’ils ont tous approuvé le traité de Lisbonne en contradiction totale avec la volonté populaire exprimée lors du référendum de 2005.

Les Français n’en peuvent tout simplement plus de l’impuissance publique, fruit des abandons successifs de souveraineté populaire à des organismes supranationaux non élus et illégitimes. Ils en perçoivent désormais dans leur vie quotidienne les conséquences très concrètes : chômage, détricotage des services publics, insécurité, immigration non contrôlée, etc.

Certains députés UMP ont d’ailleurs bien compris que la colère des Français est parfaitement légitime, et c’est ce qui va causer à très court terme l’explosion d’une UMP dont le seul ciment n’a jamais été l’intérêt des Français, mais seulement la conquête puis la conservation du pouvoir. Comme je l’avais expliqué dès 2002, la création de l’UMP - en niant l’histoire politique de notre pays et en fondant en un seul mouvement les centristes, les libéraux et les gaullistes - restera comme une erreur politique historique.

L’UMP est donc aujourd’hui comme un bateau sans quille, qui oscille brutalement entre des orientations politiques tout aussi contradictoires que radicalement différentes. Faute de cette quille, c’est-à-dire d’un projet politique cohérent pour la France et dans l’intérêt des Français, il ne peut que faire naufrage.

Voilà pourquoi j’ai invité les gaullistes sincères qui sont restés piégés dans le parti majoritaire à enfin prendre leurs responsabilités et nous rejoindre afin d’expliquer à nos concitoyens pourquoi la France doit impérativement retrouver sa liberté monétaire pour mieux défendre son modèle de société, pourquoi le rétablissement de nos frontières nationales est la condition sine qua non du mieux-vivre ensemble et de la réconciliation nationale, et plus largement pourquoi la France a encore un rôle à jouer dans le monde pour défendre le principe de dignité humaine face aux ravages d’une mondialisation économique et financière qui met en esclavage des peuples entiers.

Car nous l’avons désormais tous compris - et nous avons été les premiers à l’expliquer - nos compatriotes attendent une politique nationale tout simplement car la démocratie ne s’exerce que dans le cadre de la nation. Car la nation est le seul bien des pauvres, et qu’elle est le seul modèle à opposer à un ultra-libéralisme aveugle qui détruit nos emplois et sape nos consciences.

Nos compatriotes attendent ainsi - vous le savez - une politique républicaine : c’est-à-dire le retour d’un État fort qui assure l’ordre public, qui protège les plus faibles et qui garantit l’unité du territoire par les services publics.

Les Français attendent une politique économique et sociale qui renoue avec la croissance en mettant fin au règne des privilèges, de l’argent roi et de la misère.

Dans cette optique, Debout la République prend acte du revirement récent du Front National sur les questions économiques, qui a rejoint mot pour mot les positions que je défends depuis 1992 avec Philippe Séguin, et qui semble avoir délaissé le catastrophique programme libéral qui était sa marque de fabrique jusqu’alors. Simple revirement tactique ou conviction profonde de sa nouvelle présidente ? Seul l’avenir nous le dira.

Car Marine Le Pen et le FN doivent réaliser qu’ils restent aujourd’hui malgré leurs très bons scores les meilleurs alliés du "système" qu’ils prétendent vouloir changer. En effet, Marine Le Pen ne peut l’emporter au second tour d’une présidentielle ni face au candidat de l’UMP ni face à celui du PS. Marine Le Pen ne peut donc que décevoir l’immense besoin de France et de valeurs dont les citoyens expriment le besoin au quotidien, et c’est tout l’objet de ma candidature en 2012 portée par Debout la République et nos alliés.

Je suis en effet aujourd’hui le seul patriote sincère capable de rassembler l’ensemble de la droite et la gauche républicaine au deuxième tour d’une élection présidentielle. Et c’est d’ailleurs pourquoi nous représentons pour nos adversaires un danger potentiellement bien plus important que Marine Le Pen, qui se voit invitée sur les mêmes plateaux médiatiques qui nous restent encore bloqués aujourd’hui.

Mais pour accéder au second tour et que le bon sens patriotique et social l’emportent dès 2012, encore faut-il créer les conditions d’un rassemblement républicain le plus large possible !

Or, ce rassemblement de tous les français implique notamment de ne tolérer aucun amalgame entre les immigrés et les Français "récents". Car s’il faut fermement stopper l’entrée des premiers sur le territoire national, il faut dans le même temps favoriser l’assimilation des seconds au sein de notre République.

C’est pour l’ensemble de ces raisons, au moment où la France sombre dans le désordre et l’injustice, qu’il y a plus que jamais besoin dans notre pays - dans la perspective de l’élection présidentielle décisive qui s’annonce - d’un projet patriotique, républicain et social.

Nous sommes aujourd’hui les seuls à l’incarner, et c’est un honneur pour moi de répondre au devoir qui pèse aujourd’hui sur nos épaules en gardant plus que jamais ma détermination intacte à être candidat pour présenter aux Français l’offre politique qu’ils réclament en vain depuis 10 ans, rassembler les patriotes de tous horizons qui ont compris que nous sommes aujourd’hui à un tournant de l’Histoire de France.

Le Conseil National de Debout la République

Dans la presse :

le JDD

Nouvelles de France

Street Press

 

http://www.debout-la-republique.fr/Compte-rendu-du-Conseil-National.html

USA une sortie de crise en trompe l'oeil

04/04/2011 13:28 par rgrs

  • USA une sortie de crise en trompe l'oeil

    USA une sortie de crise en trompe l'oeil

    04/04/2011 13:28 par rgrs

 Il a suffi d'une petite reprise de l'emploi aux USA pour qu'à nouveau les esprits ultraoptimiste qui guident les marchés s'échauffent. Enfin, la crise est finie, du moins aux USA, va-t-on claironner un peu partout. Voyez donc la croissance, elle repart et le taux de chômage baisse enfin. Bien évidemment et contrairement à ce que certains esprits étriqués pourraient croire, je ne souhaite que cela à l'Amérique comme à tous les pays du monde. Mais mon scepticisme mâtiné d'un esprit raisonnablement pessimiste me conseille pourtant la prudence, car après tout qu'est-ce-qui a changé aux USA pour que la croissance reparte? Est-ce que d'un seul coup la productivité a fait un bond en avant? Est-ce que la production et les exportations américaines ont permis un retour à l'équilibre de la balance des paiements? Est-ce que cette hausse de la demande intérieure américaine s'est réalisée grâce  à une hausse subite des salaires? Ou bien finalement n'est qu'un énième soubresaut de l'économie mourante des USA? Et les chiffres de la dette publique?
 
    Les marchés et les penseurs modernes ont cette fâcheuse habitude de réduire la réalité à un ou deux graphiques simples, le chômage, la croissance, l'inflation. A croire qu'ils ne comprennent pas que la réalité ne peut être relativement comprise que si l'on cumule justement de nombreuses données disparates, et encore se limiter aux données économiques ne mène pas vers une grande compréhension de la chose. Si l'on avait eu que le chiffre du PIB pour nous indiquer le développement futur des USA alors rien ne pouvait nous permettre de prévoir la crise de 2007-2010. Et d'ailleurs rares sont les économistes ou les politiques à l'avoir prévue. Même chose pour nos amis argentins, ni la croissance du PIB ni même l'inflation ou la dette publique ne pouvaient permettre de prévoir la crise de 2001. Le monde est ainsi fait qu'il ne se met pas en équation facilement.  Et des données essentielles peuvent être oubliées cachant ainsi la triste réalité d'un reprise fondée en réalité sur du vent.

 

Le déficit commercial est reparti à la hausse
 
  Premier point important le commerce extérieur US recommence à flancher alors que la contraction de l'économie avait réduit de moitié l'énorme déficit de la balance commerciale américaine, celle-ci recommence à se dégrader depuis mai 2009. Petit à petit, la machine à importation creuse à nouveau le déficit. Or ce déficit est au coeur du problème économique des USA, et ce n'est pas quelque chose de secondaire ou de négligeable, c'est au contraire le point névralgique qui produit régulièrement des crises dans l'économie américaine et mondiale. Bien évidemment, les USA ont la planche à billet universelle qui leur permet d'émettre de la monnaie indéfiniment sans voir leur taux de change immédiatement s'effondrer. Jusqu'à présent, le dollar persiste à se maintenir grâce aux "bonnes âmes" asiatiques qui en réalité n'ont pas le choix à court terme. Mais la conjoncture est quand même particulière car entre l'effondrement du Japon avec la catastrophe du tsunami qui l'oblige à rapatrier des capitaux chez lui, et l'abandon des bonds du trésor américains par la Chine, nous pourrions bien plus vite qu'on ne croit assister à un effondrement monétaire.  Car sans acheteur des titres de dette le dollars ne pourra que perdre sa valeur à l'infinie faute d'exportations suffisantes pour couvrir leurs déficits.
 
  Normalement, un pays qui connaît un déficit commercial doit à un moment donné retrouver un excédent pour rembourser ses emprunts qu'il a contracté pour acheter des denrées étrangères. Les USA sont exonérés de cette contrainte parce qu'il ont une planche à billets universelle, il faut bien comprendre qu'il s'agit là d'un avantage tout à fait considérable. Les anomalies de l'économie mondiale trouvent pour la plupart leur origine dans ce trou noir impossible à remplir qu'est devenue la balance commerciale US. Certains trouvent que la situation s'arrange, à titre personnel je trouve incroyable qu'un pays ayant traversé une crise aussi féroce arrive encore à produire un déficit commercial. C'est en réalité la preuve irréfutable que quelque chose est cassé dans le système manufacturier américain. Le creusement d'un nouveau déficit commercial prépare donc la prochaine crise économique puisque manifestement il ne faut pas trop compter sur un retour à l'équilibre aux USA

 

Balance-commerciale.png

 

  Si l'on regarde maintenant sur le plan de la production industrielle on s'aperçoit que le rebond n'est pas spectaculaire malgré, nous le verrons ensuite, un effort monétaire énorme pour relancer la machine. La concurrence asiatique pompe la demande industrielle américaine et l'augmentation de la  demande intérieure se traduit surtout par l'augmentation des importations, ce qui produit le fameux déficit commercial. L'indice de production n'est toujours pas revenu à son niveau d'avant crise.

 

Prod2000-2011.png

 

  Mais je crois que ce qui montre le mieux le caractère illusoire d'un retour durable de la croissance aux USA, dans les conditions commerciales actuelles, c'est l'évolution à très long terme de la production industrielle dans ce pays. En effet, si l'on regarde sur une très longue période comme sur le graphique ci-dessous, on s'aperçoit rapidement qu'il y une rupture en 2000. Une rupture historique puisque c'est la première fois que les USA perdent une décennie en terme de production industrielle, le niveau de l'indice étant aujourd'hui à son niveau de l'an 2000. D'autre pays connaissent un tel phénomène notamment en Europe et au Japon, mais ces pays sont traversés d'une rupture démographique grave. En effet leur population stagne ou parfois baisse ce qui peut expliquer en partie la stagnation de la production même en tenant compte des effets désastreux du libre-échange.

 

Indiceproduction1919-2011.png

 

    Mais les USA eux n'ont pas ce problème, leur natalité n'est jamais tombée au niveau allemand ou japonais, et ils sont inondés d'immigrés ce qui stimule la croissance démographique et donc la demande locale (même si cela pose d'autres problèmes). Au final la population américaine continue de croître à un rythme régulier comme vous pouvez le voir ci-dessous:

 

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    Durant la décennie perdue sur le plan industriel, la population américaine est passée de 282 millions d'habitants à 310, soit une augmentation de 28 millions d'habitants, en pourcentage cela donne 1% d'augmentation par an sur la décennie.  Or durant cette période la production a fait du surplace ce qui augmente considérablement l'ampleur de la maladie industrielle américaine. Et cela explique aussi le fort creusement du déficit commercial américain sur la période. La demande augmente, mais la production non, seul le rôle du dollar permet à une telle économie de continuer à fonctionner, n'importe où ailleurs le pays serait en faillite et devrait contracter sa demande pour équilibrer ses comptes extérieurs.

 

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  Cependant effectivement si l'on prend uniquement les chiffres du chômage la situation s'améliore légèrement, le gouvernement, grâce à ses astuces statistiques, peut afficher un taux à 8.8% de la population active. Des économistes alternatifs montrent quand même que le chômage réel est nettement plus élevé comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus. Avec ces statistiques alternatives, on est plus proche des 22% que des 9%. Mais même dans ces statistiques alternatives il y a une légère amélioration, seulement elle est clairement insuffisante pour revenir au niveau d'avant crise. C'est d'autant plus inquiétant lorsque l'on voit par ailleurs les moyens employés par le gouvernement pour relancer la croissance et l'emploi.
 
Le déficit public et la planche à billets les deux moteurs de la croissance
 
      Au final les résultats des politiques américaines de sortie de crise ne sont pas terribles, les USA restant à un niveau élevé de chômage et ont un déficit commercial qui se creuse de mois en mois. A ce rythme il reviendra vite à son niveau d'avant crise avant de franchir de nouvelles frontières abyssales. Les USA continuant à pratiquer le libre-échange ce résultat des politique de relance n'est en fait fait guère étonnant, heureusement que l'Amérique peut exporter son inflation grâce à sa monnaie internationale...  Tant que les USA peuvent émettre de la monnaie sans se soucier de leur taux de change, le déficit américain n'est pas un problème. Et ce, même s'il vient de battre un record puisque le déficit public américain est maintenant estimé à  10.9% du PIB pour 2011! Et dire qu'en Europe on s'inquiète pour la Grèce ou l'Espagne. 
 

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  Si l'on regarde maintenant l'évolution de la masse monétaire, on s'aperçoit qu'il y a eu une substitution monétaire aux USA entre 2008 et 2011. On a en quelque sorte troqué de la monnaie-dette contre de la vraie monnaie par l'impression massive de billets. La forte hausse de M1 est à comparer à la contraction globale de M3, il s'agit là d'une politique de planche à billets.  Mais celle-ci n'était pas dénuée de sens contrairement à ce que certains peuvent croire, elle n'a fait que maintenir à flot le navire en évitant une contraction trop forte de la masse monétaire. Et d'ailleurs si l'on regarde bien la contraction a quand même eu lieu, malgré les efforts réalisés. Le gouvernement aurait peut-être même dû maintenir le niveau de l'accroissement de M1 au rythme de 2009 encore quelque temps. Les USA ont ainsi évité la déflation, pour l'instant du moins. Mais en échange on se dirige peut-être vers un scénario d'effondrement du dollars à plus ou moins long terme.
 
  Si on fait le bilan global de la situation américaine à l'heure actuelle il y a du bon et du moins bon, voire du très inquiétant. Malgré une forte hausse de la masse monétaire par le déficit public et l'émission monétaire la croissance n'atteint pas de haut niveau, elle est estimée à 2.5 % pour cette année en moyenne annuelle. Le taux de chômage ne recule pas assez vite pour revenir rapidement à des niveaux d'avant crise, les USA semblent sur ce plan ressembler de plus en plus à la misérable Europe, les délires monétaristes en moins.  Le gouvernement américain a eu raison de pratiquer la planche à billet, c'était nécessaire à court terme pour effacer la fameuse monnaie-dette qui résulte de l'aberration de notre système monétaire actuel. Le gouvernement US a même était trop timoré dans ses mesures, il aurait dû maintenir un niveau plus élevé de hausse de la masse monétaire. Cependant le coeur du problème américain n'a toujours pas été résolu, comme je l'avais écrit dans un texte il y a quelques mois, les USA viennent de faire leur année 1983 à eux.
 
  En effet les autorités américaines se retrouvent dans la même situation que leurs consoeurs françaises de 1983, elles sont devant un dilemme car les politiques de relancent ne sont plus assez efficaces pour dynamiser la croissance à un niveau suffisant. En fait, comme je l'ai expliqué à de multiples reprises sur ce blog, les politiques de relance keynésiennes ne sont valables que tant que l'accroissement de la dette produit par la relance est moindre que l'effet sur le PIB. Si au terme de la relance, la croissance de la dette est plus rapide que celle du PIB, alors petit à petit les relances keynésiennes deviennent inefficaces et alourdissent le budget de l'état au lieu de l'améliorer. Cela fait longtemps que les effets des relances aux USA se dégradent, mais cette crise a fait atteindre les limites au système. Les USA se retrouvent donc devant le même choix que celui auquel ont dû faire face les socialites français en 1983. Soit abandonner l'idée du  plein emploi et de la croissance, mais maintenir les comptes à court terme ainsi que la valeur de la monnaie tout en restant en régime de libre-échange. Soit revenir au plein emploi et pour cela rendre aux politiques keynésiennes leurs forces, grâce au protectionnisme et à la dévaluation pour réduire l'impact des importations sur la production locale. Les USA doivent aujourd'hui choisir entre le plein emploi et le libre-échange, il ne pourront plus avoir les deux à la fois, malgré leur avantage monétaire indéniable.  Il est malheureusement à craindre qu'ils ne suivent la voie médiocre de leurs cousins d'Europe.
Yann 

*Les graphiques proviennent du site gecodia et du site shadowStats.com

http://lebondosage.over-blog.fr/article-usa-une-sortie-de-crise-en-trompe-l-oeil-70905778.html

 

L'Ignorance c'est la force

04/04/2011 13:20 par rgrs

  • L'Ignorance c'est la force

    L'Ignorance c'est la force

    04/04/2011 13:20 par rgrs

Guy Béart chantait jadis "le premier qui dit la vérité il doit être exécuté". Mais dans le monde merveilleux de l'Education nationale, c'est le premier qui est réellement compétent qui se fait dézinguer. Comme chez Orwell : "l'Ignorance, c'est la force", et tous ceux — toutes celles — qui s'acharnent à leur apprendre à lire, écrire et compter sont des déviants qu'il faut mettre au pas.

Une amie chère, qui intervient régulièrement sur ce blog depuis sa création, vient de se faire virer manu militari — ou presque — par le principal forum d'instits. La police d e la pensée a frappé : n'avait-elle pas eu le culot de promouvoir les méthodes qui ont fait d'elle, dans son petit village drômois, la star des Grandes Sections et CPO réunis ? Ne se targue-t-elle pas de réussir à faire lire et écrire tous les enfants de cinq et six ans — nouilles comprises ? 

Comme Catmano — c'est elle ! — a un style inimitable, je lui laisse la parole pour raconter ce qui pourrait n'être qu'une mésaventure, mais qui est un révélateur de l'ordre parfait qui règne dans le Primaire — et ailleurs, là où le Principe de Peter bien appliqué permet de tout donner aux moins compétents, et de sacquer les plus performants.

Jean-Paul Brighelli

 

Feignants, les instits ? Pas tous, cela est sûr. La preuve ? Dès qu’ils ont pu communiquer entre eux par le biais de l’informatique, ils se sont empressés de créer des sites, des blogs, des forums consacrés presque exclusivement à leur métier, leurs préparations de classe, leurs méthodes, leurs manuels et l’aide qu’ils pourraient apporter à leurs élèves.

Parmi  les dizaines de sites répertoriés sur la Toile, il en est un dont l’importance est reconnue. Fort de plus d’une centaine de milliers de membres et de 3 638 351 messages au moment où j’écris ces lignes, il trône parmi les premiers lorsqu’on demande à un moteur de recherche de nous aider à trouver un site qui intéresserait un jeune professeur des écoles débutant cherchant des interlocuteurs, de l’aide ou du soutien.

Mais, car il y a un mais, il est bon qu’il sache avant de s’y inscrire qu’il a intérêt à méditer longuement la maxime suivante : « Sur la Toile comme ailleurs, le chef a toujours raison. Et, même quand le chef a tort, il vaut mieux faire comme s’il avait raison. »

Jetée… Virée… Lourdée… N’importe quel mot m’aurait mieux convenu que celui qui nous a été attribué, à nous, les désobéisseurs d’un nouveau style !

Eux, ils ont dit « bannie » ! Bannie… Mise au ban… Condamnée à rôder derrière les barrières, comme ce type qui aurait démoli sa femme et ses enfants à coups de barre à mine, comme celui qui aurait revendu des substances illicites aux gamins de l’école primaire ou comme cet autre qui avait oublié d’informer les autorités que sa famille était morte de la peste… Ce n’est pas glorieux, hein ?

 Ou alors, comme cette institutrice de 1905, mise au ban par les intolérants de tout poil, ceux qui lui reprochaient de travailler pour l’École sans Dieu et ceux qui ne supportaient pas que tout en y travaillant, elle éprouve le besoin d’aller à la messe tous les dimanches…

 Ou encore comme cet instituteur des années 30, viré de son école de village et condamné à en créer une en dehors de l’Institution pour refus de se plier à la norme des bourgeois de son département… Comment s’appelait-il déjà, ce désobéisseur, cet insoumis qui visait la réussite de tous, même des plus pauvres, des plus réprouvés, des moins « dans la norme » et qui choquait le bourgeois par ses méthodes innovantes ? Je l’ai sur le bout de la langue…

 Ouf ! Il a existé dans l’histoire de l’École Publique des bannis reluisants ! Et puis, il y a bannisseur et bannisseur… Ne vous inquiétez pas trop pour moi, mon bannissement à moi ne me fera aucun tort en fin de mois, ni au moment de faire valoir mes droits à pension civile. De ce côté-là, tout va bien.

J’ai même été contrainte de recevoir récemment le début de ma panoplie pour l’été prochain… J’attends toujours le masque et le tuba, mais, dorénavant, mes pieds, recouverts de leurs palmes violettes, me valent les félicitations de toute la hiérarchie républicaine ! Il n’y a que mon député  qui m’ait oubliée…

 Alors ? D’où avez-vous été bannie, chère amie, me direz-vous. Et quels sont ces désobéisseurs qui auraient comme vous subi cet opprobre ?

Hélas, braves gens, à la vitesse où vont les événements, vous allez sans doute être obligés de me croire sur parole.

 Ceux qui me connaissent un peu savent sans doute que j’intervenais de façon assez régulière (environ une heure par jour les jours de classe, et entre deux et sept heures par jour, les mercredis, samedis, dimanches, jours fériés et vacances scolaires), sous le pseudonyme d’Akwabon, sur un forum d’enseignants de l’École Primaire et ce depuis trois ou quatre ans (excusez-moi mais, n’ayant plus accès à mon « profil », je ne peux vous donner la date exacte de mon inscription à ce forum associatif).

 Malgré quelques alertes, essentiellement dans les sujets consacrés à la maternelle et à l’apprentissage de l’écriture-lecture, j’avais petit à petit réussi à « faire mon trou », rencontrant des collègues qui, pour certains, étaient devenus des amis, fournissant du matériel qui était très abondamment téléchargé (environ trente à cent téléchargements en trois à quatre jours à chaque nouvel envoi), échangeant des pratiques et des nouvelles qui ne me semblaient absolument pas contraires à la Charte que j’avais promis de respecter en m’inscrivant sur ce forum.

Il me semblait en effet que mes amis et moi-même avions toujours respecté la Charte que nous avions acceptée au jour de notre inscription (même pour ceci, vous êtes obligés de me croire sur parole, puisque, depuis quelques jours, la Charte évolue au gré des événements et qu’elle ne correspond donc plus à celle que nous avions les uns et les autres signée).

 J’y avais attiré des collègues du GRIP (1) et nous y évoluions tous au milieu des autres comme des « instits normaux », appréciés par certains, parfois seulement pour certaines de nos interventions, rejetés par d’autres, mais apparemment acceptés dans notre différence.

Je me félicitais intérieurement d’avoir trouvé un lieu d’accueil aussi ouvert et tolérant que celui-là ! J’en allais même jusqu’à rêver que cela finirait aussi par atteindre la partie du forum consacrée à la maternelle où des amies non-SLECC et moi-même  avions hélas vu souvent nos messages ou même les fils de discussion que nous avions créés disparaître, comme touchés par le doigt d’un Dieu vengeur et omnipotent.

Après tout, un fil aussi politiquement incorrect que « L’apprentissage de la lecture au jour le jour par des méthodes graphémiques » avait bien fini par être accepté (ne le cherchez pas, il a été supprimé corps et bien, même pas verrouillé, purement et simplement supprimé) !

 Et il était fréquenté par toutes sortes de collègues ! Des « instructionnistes », des « pédagogistes », des « constructivistes », des « rien-du-toutistes-qui-privilégient-avant-tout-l’efficacité », de tout, je vous dis. Bien sûr, il avait fallu ruser un petit peu et repartir de rien à une ou deux reprises parce que le problème avec les « rien-du-toutistes », c’est qu’ils privilégient avant tout l’efficacité justement et sont assez déconcertants pour les intégristes purs et durs qui voudraient que tout le monde respecte le Dogme avec autant d’étroitesse d’esprit qu’eux.

Et c’est de là que le problème est venu. On nous avait laissé du bout des lèvres ouvrir des sujets évoquant des méthodes déviationnistes, d’accord. Seulement, ces sujets, alimentés par ces fameux rien-du-toutistes, avaient l’énorme désavantage d’être un peu foisonnants.

Ça bouillonnait là-bas dedans. Les idées se succédaient les unes après les autres, à la vitesse de la lumière certains jours ! Un vrai laboratoire d’idées où chacun construit ses propres savoirs et s’enrichit des savoirs des autres ! Une université populaire consacrée à l’apprentissage de l’écriture-lecture ! Un vrai bonheur !

 Mais un bonheur empoisonné, car, c’est bien connu, « les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux » !

Les interventions de certains habitués de ce fil, fréquenté sans doute par des esprits trop libres, des gens capables de choisir comme « signature » (vous savez, ces deux ou trois lignes qu’un forumeur choisit d’apposer en bas de chacun des messages qu’il mettra sur le site) la phrase de Voltaire disant « Je ne suis pas forcément d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire », se sont mises tout à coup à gêner.

 Deux membres furent « modérés », c’est-à-dire empêchés d’intervenir spontanément dans une conversation puisque leurs messages, contrairement à ceux des autres membres devaient passer sous les fourches caudines des modérateurs avant d’être publiés.

De ce fait, ils ne pouvaient même pas annoncer sur le forum qu’ils étaient modérés et que leurs non-interventions n’étaient pas de leur propre fait mais de celui de l’éternel doigt de Dieu !

 Comment vouliez-vous alors qu’une « personne bien née » telle que moi n’aille pas, sabre au clair et panache blanc au vent, défendre la veuve et l’orphelin ?

Je ne fus pas seule, d’ailleurs. Les deux « modérés » avaient su s’attirer les sympathies de collègues de tous les horizons, dont un certain nombre de Don Quichotte persuadés comme moi que le bon sens finirait bien par primer.

Les uns comme les autres, nous nous chargeâmes alors du rôle de « facteurs », écrivant sur chacun des sujets où les modérés intervenaient naguère qu’ils n’étaient plus en mesure, provisoirement nous l’espérions, de répondre aux conversations engagées.

 Cela n’eut pas l’heur de plaire au Webmestre qui nous demanda fermement d’arrêter de polluer le site par nos conversations oiseuses et hors-sujet. Nous nous défendîmes et d’autres vinrent en renfort prendre le parti de la liberté d’expression.

Il nous fut répondu que l’administrateur était maître chez lui, que ces personnes avaient mal fait, que leurs interventions contrevenaient gravement à la Charte et que nous devions cesser au plus vite nos agissements. Il y eut même quelques secondes où, sur le forum public, en contravention totale avec la loi « informatique et liberté », on pouvait lire des messages issus des messageries privées des deux membres modérés !

 L’affaire prenait une telle proportion que, en bloc,  nous avons décidé de « changer de crémerie », demandant l’accueil sur un autre forum, jusqu’alors plutôt fréquenté par des professeurs du Secondaire ou de l’Université. Nous y fûmes accueillis de manière charmante et nous y commençâmes une nouvelle vie.

 Et là, nous n’avons plus rien compris. Certains d’entre nous avaient déjà été modérés à la suite de nos revendications de réintégration des deux premiers désobéisseurs. Les autres continuaient à faire le relais, informant d’une part les membres de l’ancien forum que dorénavant nous interviendrions ailleurs et d’autre part les premiers « bannis » (puisque la modération s’était peu à peu transformée en bannissement) de l’évolution de la situation sur notre ancien « lieu de vie ».

 Que se passa-t-il alors ? Je suis bien en peine de vous le dire : mon mail privé est resté sans réponse et  mon deuxième et dernier contact de la part de l’administrateur est toujours enfermé dans ma messagerie personnelle à laquelle je n’ai plus accès puisque, lorsqu’on consulte la liste des membres, Akwabon apparaît comme un « ancien membre », donc comme quelqu’un n’existant plus et n’ayant plus, de ce fait, de messagerie privée ! Dieu s’est métamorphosé en Ubu !

Un Ubu mâtiné de Big Brother puisque, régulièrement, à chaque allusion d’un innocent qui s’interroge sur un sujet ou un autre de la disparition d’un message, d’un membre, d’un profil ou d’une messagerie, les archives sont alors immédiatement recomposées, réécrites, rapetassées…

 Cela donne d’ailleurs des fils de discussion complètement surréalistes où Ipomée discute longuement avec elle-même, les messages de ses interlocuteurs ayant été gommés, où Barbichette, Renoir, Désirdamour et Grosraton s’énervent tout seuls contre un interlocuteur qui n’existe plus, où un désobéisseur ouvre un sujet qui tient quelques minutes, montre en main, avant de disparaître (le désobéisseur disparaît alors lui aussi sans sommation ni avertissement de quelque nature que ce soit) !

 Notre matériel a disparu, nos collègues, nos amis parfois, ont été traînés dans la boue par d’autres collègues qui prônent sans doute bien fort la tolérance dans leurs classes.

Je me permets d’ailleurs de m’interroger sur la façon dont sont accueillis les enfants « différents » par des gens aussi peu capables d’ouverture et de tolérance, et je plains franchement le petit élève qui arrive dans leurs classes et ose proposer une idée qui n’est pas inscrite en lettres d’or dans la « Charte du Consensus Mou Universel » lors de l’atelier-philo qui remplace sans doute l’heure d’écriture-lecture dans leurs emplois du temps.

Puisqu’il nous a été interdit de nous défendre sur le forum incriminé, puisqu’il y circule, là et sur le blog de son administrateur (selon son message du 2 avril 2011 à 4 h 50), des informations sur nous que nous estimons erronées, puisqu’enfin, notre adhésion passée à ce forum pourrait faire croire à des lecteurs éventuels que nous partageons des « valeurs » et des méthodes qui nous font horreur, j’ai demandé à Jean-Paul, qui a accepté, de me servir de son blog pour exercer notre droit de réponse. Qu’il en soit remercié, de ma part et de la part de tous mes co-bannis !



Catherine Huby, dite Catmano, dite Akwabon.

 

(1) Le  GRIP élabore de nouveaux programmes d'instruction appliqués autant qu'il est possible dans les classes SLECC, le retour d'expérience permettant d'infléchir ou de corriger ces programmes. Plus de renseignements sur http://www.slecc.fr/. On y trouvera aussi bien le projet pédagogique que les publications du GRIP, en particulier des manuels et divers documents pédagogiques de grand intérêt, pour tous ceux qui se demandent comment amener réellement les enfants à la maîtrise des vrais fondamentaux sans s'embarrasser d'un quelconque discours égalitariste dont la caractéristique principale est de respecter… les inégalités. (JPB)
http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2011/04/03/l-ordre-regne-sur-les-forums-d-instituteurs.html#more

La réindustrialisation : Un serpent mer sarkosyste de plus !

04/04/2011 13:13 par rgrs

  • La réindustrialisation : Un serpent mer sarkosyste de plus !

    La réindustrialisation : Un serpent mer sarkosyste de plus !

    04/04/2011 13:13 par rgrs

Il sera difficile à Nicolas Sarkozy de refaire le tour des usines françaises en 2012, tout en promettant comme dans la vidéo ci-dessous, de :

Ne pas donner les mêmes allègements de charges aux entreprises
(10'58) à celles qui augmentent les salaires et à celles qui ne les augmentent pas,

Réindustrialiser des bassins d'emplois
(10'14)

Mettre en place : un impôt sur les bénéfices (11'57) modulé plus cher pour ceux qui suppriment de l'emploi, moins élevé pour ceux gardent de l'emploi,

Comme lors d'un échange avec un invité chômeur du plateau de l'émission « A vous de juger »


A vous de juger Nicolas Sarkozy par Azety93

Si les français ont pu constater, qu'il était impossible pour le Président et son gouvernement, d'imposer quoi que ce soit, aux entreprises privées. On aurait pu, naïvement, penser qu'il ne serait pas de même avec les entreprises dans lesquelles l'état détenait une partie du capital : Renault, par exemple.

Ces dernières semaines, lorsqu'on évoquait le nom de l'ex régie, on parlait essentiellement de la rocambolesque
affaire d'espionnage, dans laquelle la direction de l'entreprise était embourbée. Mais dans la mesure où, Eric Besson, ministre de l'Industrie, au nom de l'Etat, premier actionnaire de Renault, avait déclaré qu'il : ne fallait pas déstabiliser davantage Renault, et que son PDG jouait un rôle clé dans la réussite de la stratégie d'entreprise ...

C'est probablement au nom de cette réussite dans la stratégie d'entreprise que : « (...) Le groupe a décidé de confier la production de deux nouveaux moteurs à ses sites en Roumanie et en Espagne, a-t-il déclaré vendredi. Le H4 (3 cylindres) et le H5 (4 cylindres) seront respectivement fabriqués à partir de 2013 sur le site Dacia de Pitesti, spécialiste du low-cost, et à Valladolid (dès 2012). L'annonce avait déjà été faite dans ces deux pays, mais Renault s'était gardé de le claironner en France (...) » -
Le Figaro

Alors, même si : « (...) le groupe a rappelé qu'il s'était engagé à ne procéder à aucun plan de licenciements ou de départs volontaires dans le cadre de son nouveau plan stratégique (...) » force est de constater qu'en matière d' d'amortissement de la désindustrialisation, on a fait mieux !

En fin de compte, cette décision ne vient que confirmer la stratégie de l'entreprise puisque : « (...) En fait, la production des véhicules Renault se fait de plus en plus en dehors des frontières françaises, si bien que d'un point de vue global, seulement 20% d'autos construites par Renault aujourd'hui sortent d'usines françaises (...) Le pourcentage national est un peu plus élevé pour les groupes motopropulseurs avec 28% d'entre eux fabriqués sur le territoire national (...) » -
Caradisiac

D'autant que, précise Le Figaro : « (...) Alors que les nouvelles normes européennes, vont rendre les moteurs Diesel plus coûteux, les moteurs à essence de nouvelle génération ont un bel avenir devant eux (...) et devraient : (...) représenter 85 % des volumes de moteurs à essence de Renault en 2015 »

En bref des informations qui ne devraient pas laisser insensibles les neuf commissaires à la réindustrialisation dont : « (...) Nicolas Sarkozy avait largement médiatisé leur feuille de route au lancement en mai 2009, leur donnant « la responsabilité de prouver que l'Etat se bat pour surmonter la crise (...) »
Rue89 Et que Christian Estrosi, éphémère ministre de l'industrie qualifiait de « commandos de la réindustrialisation »

Alors, doit-on s'attendre une fois de plus à un grand show médiatique, comme en janvier 2010, où, comme vous
l'expliquait Slovar les Nouvelles : « La nouvelle Clio IV devait fabriqué en Turquie, sur le site de Bursa (...) au détriment du site de Flins dans les Yvelines qui, au premier semestre 2009, avait fabriqué 64.700 Clio III (...) » et qui avait valu à Carlos Ghosn d'être convoqué à l'Élysée ?

Probablement pas, puisque cette fois-ci, pris entre un G20 atone, son rôle de chef de guerre et son débat sur la place des religions dans la société française, notre Président ne trouvera pas le temps de s'apitoyer sur une promesse, à mettre au rang des nombreux ... serpents de mer de 2007 !

Slovar

Crédit photo :  20Minutes

En route vers l'âge du thorium?

04/04/2011 13:05 par rgrs

  • En route vers l'âge du thorium?

    En route vers l'âge du thorium?

    04/04/2011 13:05 par rgrs

J'avais fortement critiqué, il y a peu, le choix de la fission nucléaire usant de l'uranium. C'était bien évidement au moment où la catastrophe japonaise est arrivée dans l'actualité. L'un des arguments de masse pour l'abandon de la fission de l'uranium n'était pas tant le risque inhérent à cette technologie, que le fait que l'uranium ne pourrait en aucun cas subvenir aux besoins actuels de l'humanité en électricité, et pour cause l'uranium a déjà dépassé son pic de production. Celle-ci ne fait que décroitre avec le temps et même si l'on améliore les centrales actuelles on arrivera pas à durer plus de 50ans d'autant que les besoins mondiaux vont croitre avec l'épuisement des énergies fossiles. L'arrêt du nucléaire fissil parait donc évident lorsque l'on cumul les multiples problèmes qu'il provoque du retraitement des déchets, aux risques d'accidents loin d'être négligeables, en passant par l'épuisement des ressources. Certains pouvaient objecter qu'il y avait une solution à l'épuisement de l'uranium grâce à la surgénération, mais celle-ci a été abandonné  en France avec Superphénix pour des raisons semble-t-il politiciennes. On ne sait pas ce que cette direction aurait donné en l'état actuel des choses.  C'est du moins le point de vue de Georges Charpak sur cette question: " Après quelques problèmes techniques inévitables pour un prototype, et malgré de très nombreux problèmes administratifs puis politiques, Superphénix a remarquablement fonctionné pendant un an. Sa fermeture en 1998 résulta d’une exigence des Verts de Dominique Voynet, pour participer au gouvernement Jospin."

          A partir de là, le nucléaire civil semble condamné à terme, sauf dans le domaine de la fusion nucléaire, mais il s'agit là d'un projet à si long terme qu'il est probable que la plupart des lecteurs de ce blog seront morts lorsque l'on y arrivera, si l'on y arrive. Il reste toute fois une autre voie dont je n'avais pas conscience au moment où j'ai écrit mon texte sur le nucléaire fissile, il s'agit d'utiliser du thorium en lieu et place de l'uranium.  On trouve plusieurs articles sur la question. La page Wikipedia sur le thorium en parle d'ailleurs et donne un lien vers un article qui avait été signé par notre prix nobel de physique Georges Charpak. Un article dans lequel il critique fortement le projet Iter qu'il juge être du gaspillage, il ne croit pas à cette forme de fusion contrôlée, et il plaidait alors pour l'investissement massif dans la recherche sur la fission à base de thorium. Sa critique était surtout sur le fait que ce projet pompe trop de ressources économiques en regard du reste des recherches sur d'autres sources d'énergies potentielles. On pourrait ici dire que le problème de fond c'est plutôt le manque d'ambition internationale et particulièrement française en matière d'investissement scientifique en général. Et dans ce cadre-là effectivement 20 milliards d'euros c'est beaucoup et mieux vaut ne pas les gaspiller dans une voie sans issue une moins à court terme alors que les problèmes énergétiques sont urgents. Il est bien loin le temps où nos pays investissaient 5% ou 6% du PIB en recherche, seule la guerre et la concurrence avec le bloc de l'est semblaient pouvoir justifier, aux yeux des comptables qui nous servent de politiques, de tels efforts. Et pourtant si nous avions maintenu un tel investissement nous pourrions à la fois financer la recherche sur la fusion tout cherchant aussi d'autres voies. Après tout 20 milliards d'euros cela semble énorme aux yeux de n'importe qui, mais après nos expériences récentes de dettes explosives privées et de financement des banques à des niveaux de plusieurs milliers de milliards d'euros aux USA et en Europe, 20 milliards ce n'est finalement pas grand chose. Plutôt que de renflouer les financiers nous aurions mieux fait de gaspiller nos millards dans la recherche scientifique, là au moins il peut éventuellement en sortir quelque chose d'utile.

 

Le potentiel du thorium

    Le premier avantage du thorium c'est qu'on en trouve plus que de l'uranium sur terre et qu'en plus on en trouve en Bretagne ce qui devrait ravir les souverainistes que nous sommes. Comme le dit la fiche de Wikipedia: " Il en existe de grands gisements en Bretagne, en Australie, en Inde et en Turquie. On trouve de la monazite à forte teneur en thorium en Afrique, en Antarctique, en Australie, en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud". Les ressources en thorium sont donc relativement bien réparties c'est un avantage non négligeable. Dans les solutions envisagées pour utiliser le thorium la plus prometteuse est celle des réacteurs à sel fondu (RSF), ils permettent un fonctionnement avec dix fois moins de matière fissile que les réacteurs actuels ce qui augmente notablement la durée de vie de ce mode production énergétique. La fission à l'aide de thorium a aussi l'immense avantage de produire bien moins de déchets que la fission actuelle. De plus ces réacteurs peuvent fonctionner en réutilisant les déchets des réacteurs actuels comme le précise cet article du CNRS. Pour les chercheurs le nucléaire du futur combinerait plusieurs types de réacteurs chaque mode de production pouvant compléter le précédent.

 

L'article en question pose ainsi son hypothèse pour le nucléaire fissile de l'avenir:"la solution serait donc de se diriger - pour 25 % des besoins mondiaux - vers un parc hétérogène de réacteurs nucléaires complémentaires. « Ce scénario nous plaît bien, conclut Jean-Marie Loiseaux. On n'utilise que 10 à 20 % des réserves naturelles d'uranium et on recycle les déchets en les incinérant dans des réacteurs appropriés. De plus, cette filière est beaucoup plus facile à gérer. »". Le problème dans ce scénario par contre c'est qu'il réduit l'intérêt sécuritaire de la filière thorium. En effet l'un des autres avantages du thorium c'est qu'un éventuel accident ne peut pas se transformer en fusion du réacteur comme cela fut le cas en Ukraine et malheureusement au Japon. En ce sens le thorium est un nucléaire fissile infiniment moins dangereux. Mais si on l'utilise pour recycler le combustible d'autres types de réacteurs comme ceux actuellement en service le risque de catastrophe est toujours là. A moins d'imaginer un scénario d'extinction progressive des réacteurs classiques fonctionnant à l'uranium. Dans tous les cas il faudra de toute façon vivre avec l'épée de Damoclès nucléaire sur notre tête encore quelques décennies. Théoriquement le thorium pourrait fournir à l'humanité de l'énergie pour plusieurs milliers d'années! C'est donc une voie à regarder avec intérêt même s'il ne faut pas pour autant oublier les autres possibilités énergétiques dont nous avons déjà parlé sur ce blog. Ainsi la durée d'utilisation potentielle du thorium d'après Wikipedia:" une utilisation optimale du thorium comme matériau fertile abondant, permettant de faire de la surgénération - compte tenu des réserves connues, les ressources énergétiques disponibles seraient au moins 500 fois supérieures à celles que peuvent procurer les réacteurs actuels de deuxième génération (PWR, filière canadienne CANDU à uranium naturel, RBMK russes, ...). Au rythme actuel de production d'énergie nucléaire, les réserves potentielles se chiffrent en dizaines de milliers d'années. " 

 

Ci-dessous la carte de la répartition des réserves de thorium en France:

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Le désavantage médiatique du nucléaire

        Le grand problème auquel ce nouveau nucléaire va cependant faire face c'est à la piètre image du nucléaire dans l'imaginaire collectif. La population confond d'ailleurs déjà la fusion avec la fission, certains écologistes surfant allègrement sur les confusions pour tout rejeter en bloc, alors expliquer la différence entre la fission à l'uranium et la fission au thorium sera encore plus difficile. D'autant plus qu'après l'affaire japaonnaise les milieux scientifiques du nucléaire sont discrédités, des doutes subsisteront quant à la véracité ou non des avantages de la fission au thorium. Si l'on en croit Georges Charpak Superphénix donnait des résultats tout à fait intéressant mais le dogmatisme des verts à eu raison de cette technologie de surgénération. Il est donc à craindre que le même destin touchera la fission au thorium. En ce sens pour promouvoir cette nouvelle technologie en France, il faut ouvrir le débat et mettre fin à la politique du secret qui est quand même une caractéristique très répandue dans le milieu du nucléaire. Montrer patte blanche et créer des instituts totalement indépendants de tout lobby pour créer un climat de confiance seul à même de donner à la population la certitude qu'on ne lui ment plus. Et d'ailleurs ce qui est vrai pour le nucléaire l'est aussi pour des domaines scientifiques comme les OGM ou les nanotechnologies. Il faut d'ailleurs bien stipuler que laisser des firmes privées s'amuser avec ces technologies pour faire des profits n'est probablement pas  le meilleur moyen pour en donner une bonne image.  Quoi qu'il en soit, il serait dommage de se priver d'une telle source d'énergie simplement parce que les premières façons d'utiliser l'atome n'étaient pas bien inspirées. On apprend souvent de ses erreurs faisons en sorte que ces leçons données par celle du nucléaire fissile balbutiant ne nous poussent pas non plus à retourner vivre sous des tentes. 

 

Yann

http://lebondosage.over-blog.fr/article-en-route-vers-l-age-du-thorium-70757479.html

LIBYE 2011 : Pourquoi cela n'a pas marché (au 3 avril)

04/04/2011 12:57 par rgrs

  • LIBYE 2011 : Pourquoi cela n'a pas marché (au 3 avril)

    LIBYE 2011 : Pourquoi cela n'a pas marché (au 3 avril)

    04/04/2011 12:57 par rgrs

Quel que soit l'objectif que l'on fixe au opérations aériennes en Libye commencées le 19 mars 2011, force est de constater qu'elles sont pour l'instant un échec complet.

Kaddhafi est toujours au pouvoir, aucun cessez-le-feu n'a été conclu et les civils ne sont pas protégés (notamment des les villes insurgées de Tripolitaine, telles que Misrata).

Pire, si la situation paraît temporairement stabilisée en Cyrénaïque, Benghazie n'étant plus menacée par les forces loyales à Kaddhafi, le front s'est stabilisé pour l'instant au goulet d'étranglement le plus à l'Est entre les deux provinces côtières libyennes : Brega (comme je l'avais d'ailleurs écrit ici). 
 
Pour faire suite aux précédents débats, je tiens à préciser ici deux points importants avant d'anayser plus avant les causes de la situation actuelle :
- cet échec ne s'apprécie qu'à l'aune des résultats obtenus au 3 avril 2011, et ne présume pas d'un succès final obteu ) à la suite d'un changement de stratégie, notamment en modifiant les stratégies d'emploi et l'effort (passant du court terme vers le long terme)
- cet échec, je ne m'en félicite pas et surtout j'espère qu'il restera temporaire (ce qui est le plus vraisemblable).
 
Ces deux précisions essentielles données, allons plus loin dans l'analyse des causes de l'échec de la campagne aérienne rapide engagée le 19 mars, elles sont nombreuses et portent pour partie sur des points qui intérèssent la démarche globale de ce blog. Je renvoie également à l'interview du Général Desportes qui rejoint parfaitement mon analyse de cette guerre (sur mediapart ici, avec des extraits sur divers blogs comme ici)
 
Les causes de l'échec au 3 avril
 
Cette opération a été lancée sans objectif clairement défini et lisible :
 
Même en tenant compte de la confidentialité inhérente aux opérations militaires en cours (et qui doit normalement porter sur les moyens engagés et non sur les buts à atteindre), on ne sait toujours pas exactement pourquoi nos Rafales sont partis bombarder les blindés usés des forces libyennes...
 
Est-ce pour sauver les insurgés ? Alors il faudrait arrêter car c'est atteint...
 
Est-ce pour protéger les civils ? Outre qu'une frappe aérienne ne protège pas des civils (c'est une force d'interposition au sol qui le fera), c'est pour l'instant un échec en Tripolitaine.
 
Est-ce pour faire tomber Kaddhafi ? C'est un des objectifs avoués parfois, évident dans les faits et qui a complètement raté. Comment en aurait-il été autrement (cela avait déjà raté en 2003 avec Saddam Hussein, et même au Kosovo, Milosevic a du reculer mais n'est pas tombé du fait de la campagne aérienne de l'OTAN - d'ailleurs une approche exclusivement "indirecte" n'aboutit jamais à la reddition de l'ennemi, comme l'écrit un de nos meilleurs penseurs militaires actuels, le Colonel GOYA : "on ne se rend pas à un missile de croisière").
 
Bref, une opération commencée sans objectif se résouds en une série d'engagements tactiques sans cohérence, ni véritable chance de succès.
 
Cette opération a fait l'objet de mauvais choix :
 
- le choix du multilatéralisme : inutile du strict point de vue militaire (seuls les USA, la France et le Royaume-Uni assument le poid des opérations), les tergiversations qui ont amené les coalisés à attendre l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ont eu des conséquences dramatiques sur l'absence de succès actuel de l'opération :
 
- le mauvais timing : une offensive trop tardive : Kaddhafi a eu le temps de pallier aux défections de son armée, et de ressaisir le contrôle de la Tripolitaine, et des services de l'Etat, puis de rassembler des mercenaires (grâce aux pétro-dollars, donc grâce à notre argent) pour contre-attaquer.
 
- le choix d'une action exclusivement aérienne : C'est la plus décisive des erreurs stratégiques, car en affichant dès le début leurs limites, les coalisés ont donné les clés de la résistance aux loyalistes libyens qui savent qu'ils ne risquent rien sur le terrain avant longtemps. L'offensive aérienne lancée avec l'assurace qu'elle ne sera suivie d'aucune offensive terrestre sérieuse (je laisse de coté les insurgés qui vont mettre du temps avant de constituer une force suffisante pour menacer la Tripolitaine), place la coalition dans la position du bluffeur qui a dévoilé tous ses atout avant le début des enchères.
 
Mettons-nous dans le camps d'en face le 19 mars 2011 quelques secondes :
Ils ont réussi à reconquérir toute la Tripolitaine (à part Misrata) et notamment la région de Tripoli, ils sont maîtres du terrain et disposent d'une force importante en train d'avancer sur Benghazi. Les pertes seront sensibles mais l'histoire montre qu'à part au Kosovo (et l'Irak en 1941), aucune opération aérienne n'a été décisive à elle seule. Par conséquent, rien ne menace le pouvoir en place qui doit donc tenir dans la durée.
Et de fait, ils font même mieux puisqu'après un moment de flottement, ils ont privé les insurgés des revenus pétroliers en contrôlant Ras Lanouf.
 
Ce qu'il aurait fallu faire
 
Agir beaucoup plus vite (dès le début de la répression) afin de mettre les insurgés en position de menacer Tripoli (depuis l'Ouest - Zaouya, et l'Est, avec la région de Misrata), pour couper Kaddhafi de son sanctuaire de Sirte, et rendre sa position intenable, ce qui aurait accéléré les déféctions et empêcher la reconstitution de forces loyalistes par l'apport de mercenaires (venant notamment du Sud).
 
Une campagne aérienne assortie d'une action à terre ciblée aurait pu suffire.
 
Malheureusement, une fois que le contrôle de la Tripolitaine est acquis à Kaddhafi, les choses deviennent bien plus difficiles, surtout lorsqu'on s'interdit même la simple menace d'un débarquement !
 
Ce qui peut se passer maintenant
 
L'évolution la plus probable va être une partition de fait de la Libye, dans le cadre d'un scénario à l'Ivoirienne. La résolution de cette partition ne pourra intervenir que bien plus tard, et dans tous les cas, l'offensive aérienne (qui coûte chaque semaine à la France plusieurs millions d'euros) va se poursuivre. C'est d'ailleurs ce qui semble sur le terrain se dessiner avec le minage par les loyalistes des positions à l'Ouest de Brega.
 
Un accident décisif (défection majeure, mort soudaine...) amenant un renversement de Kaddhafi reste possible en théorie. Dans ce cas, qui serait la meilleure des hypothèses, il n'y aura pas de quoi pavoiser, le succès ayant une origine extérieure à nos actions militaires.
 
Enfin, l'inefficacité de ta ltechnologie occidentale face à des dictateurs incrustés sur le terrain va à plus long terme fragiliser l'Occident. Engagée pour de mauvaises raisons (sondages), au mauvais moment (trop tard en Libye et alors que notre endettement est exponentiel) et avec des moyens inadéquats, cette affaire peut prendre une très mauvaise tournure.
 
Le sens profond de ce premier échec (temoraire espérons-le)
 
La raison profonde, qui donne tout son sens à cet échec est avant tout en lien avec le refus d'une action unilatérale et le choix contre-productif d'un multilatéralisme de façade.
 
En se contraignant à solliciter l'autorisation de pays opposés à cette intervention, alors que rien ne l'exigeait, la France et ses alliés s'est mise dans la situation de ne pas pouvoir gagner en n'intervenant ni au bon moment (trop tard) ni avec les bons moyens (interdiction de troupes au sol).
 
Or, ce multilatéralisme transformé en nécessité vitale est le fruit de la conjonction d'une auto-intoxication (souvenez-vous, la France n'est plus capable de rien toute seule) et d'une politique de défense déplorable, rognant depuis des années des moyens qui nous manquent aujourd'hui, et qui nous feront de plus en plus défaut dans les années à venir.
 
En d'autres termes, soit la France adapte sa politique étrangère à ses moyens militaires et politiques (et notamment son courage d'assumer ses actions unilatérales), et nous regarderons les prochaines révolutions écrasées dans le sang à la télé,
soit la France veut continuer à avoir un rôle dans le Monde (et dans l'Histoire), et il faut d'une part un nouvel effort pour développer la force numérique de notre défense (et oui, en Libye ce qui fait défaut, c'est le nombre pas la qualité), et d'autre part, une autre idée de nos capacités, notamment unilatérales.
 
Car la France n'est pas un petit pays, ni par son aura, ni par ses capacités.
 
Cessons de penser "petit" et nous pourrons alors aspirer à autre chose qu'à des guerres sondagières.
 
Le formidable élan des peuples musulmans vers la démocratie mérite mieux que ces opérations de marketing politique à la petite semaine.... 
 
Verdun