Nous vivons dans la société de l'hypocrisie

01/04/2011 07:49 par rgrs

  • Nous vivons dans la société de l'hypocrisie

    Nous vivons dans la société de l'hypocrisie

    01/04/2011 07:49 par rgrs

L'Hérétique dénonce la perversité de la société du XXIème siècle, où le discours ambiant est en constant décalage avec la réalité, bien cruelle. Et où les bons sentiments peinent de plus en plus à dissimuler la dégradation de notre cadre de vie.

Dans ma prime jeunesse, je me suis piqué de psychologie, et me suis montré lecteur assidu des Mucchielli père et fils (Alex et Roger). J'ai notamment parcouru avec attention Les réactions de défense dans les relations inter-personnelles. Je me souviens notamment de la classification qu'il en faisait selon les caractères des individus. Il distinguait l'impunitif (les malheurs ne sont la faute de personne mais de l'enchaînement des circonstances), l'intro-punitif (c'est ma faute si la centrale nucléaire de Fukushima a volé en éclats) et l'extra-punitif (salauds de profs qui ne savent pas gérer les situations de conflits avec les gentils apprenants ).

Manager, gérer, se former, c'est la grande mode par les temps qui courent. La violence s'accentue à l'école ? Il faut former les profs, ils ne savent pas la gérer. On lance des pavés sur les CRS dans les cités ? Situation de conflit classique avec de gentils jeunes gens qui cherchent simplement à attirer l'attention de la société. Licencié et au chômage suite à délocalisation ? On va vous former pour apprendre à chercher un emploi.

On a dit du XIXème siècle qu'il était hystérique et du XXème qu'il était névrotique. On pourra dire du XXIème siècle qu'il aura été pervers. On y cultive le bon sentiment, et on y fait de la compassion (surtout quand elle ne coûte rien) l'alpha et l'oméga de toutes choses alors même que notre société devient impitoyable pour les perdants, sur lesquels nous jetons un voile pudique.

Les associations vertes fleurissent, on évoque la protection des animaux dans le temps même où l'on a industrialisé à grande échelle leur massacre et où espèce sur espèce s'éteignent.

De grandes marches pour protester contre la violence et les incendies de commissariats, de logements sociaux, d'écoles maternelles, de crèches, même ? Les briquets qui sont brandis dans les défilés sont ceux-là mêmes qui ont enflammé mèches et bidons d'essence, comme l'observait avec acuité Xavier Darcos il y a une dizaine d'années.

On porte sur les fonds baptismaux l'enfance ? On conspue (à juste titre) les pédophiles ? Mais pendant ce temps, on organise les défilés de beauté pour enfants, et la mode prévoit pour de toutes jeunes filles des vêtements que des femmes honorables évitent de porter. Côté garçons, c'est la racaille et la mode racaille qui sont portées aux nuées ; le blouson noir autrefois, le rappeur aujourd'hui, le fumeur de joint, le présentateur qui s'en met plein les poches et cetera...

Les coachs, les invitations à cueillir le jour, les idéologies de développement personnel fleurissent, et dans le même temps, les conditions de travail se sont dégradées au point que nous sommes beaucoup plus proches de la misère de la condition ouvrière du XIXème siècle que nous le pensons. Pour les précaires, c'est « marche ou crève » et il n'y a pas d'autre issue.

Le grand marché de Noël nourrit les consciences et les charity-business de toutes sortes au moment même où les enfants chinois et nord-coréens se crèvent la carcasse à l'alimenter pour nous.

On cultive, enfin, le culte du gratuit, le souci de n'avoir aucun effort à faire, et pour la jeunesse, le slogan « citoyen » remplace l'initiative et l'esprit d'entreprise qui sont muselés par tous les moyens.

L'honneur, le courage, la générosité, la courtoisie sont des valeurs révolues sauf s'ils servent à mener de grands shows télévisés à grand renfort de tapage médiatique.

Bref, nous baignons dans une société dont l'hypocrisie atteint des sommets.

Ils sont bien peu aujourd'hui à se tourner vers un modèle de développement humain dont l'individu est le cœur. C'est le chemin emprunté manifestement par Thierry Crouzet dans sa Tune dans le caniveau , qui en dépit des reliquats idéologiques qui marquent sa narration, n'en considère pas moins que ce n'est qu'en se changeant que l'on peut changer le monde. C'est aussi une idée qui est relativement présente dans toutes les associations qui promeuvent le développement durable, comme les Amis de la Terre, par exemple, ou encore dans le programme politique du MoDem dont le préambule annonce la volonté de libérer l'individu et son esprit d'initiative.

Toutefois, des trois (rares) contre-exemples cités, Thierry Crouzet est le seul à engager autant la responsabilité des individus qu'il n'invite à leur libération.

Elles sont loin les sagesses pratiques des écoles de l'Antiquité, épicurisme, stoïcisme, pythagorisme, qui faisait de l'être humain et sa capacité à se modifier (ou au contraire à demeurer égal) la pierre angulaire du chemin vers le bonheur.
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Exclusif: affaire Tapie. Des fonctionnaires soupçonnés de falsification!

01/04/2011 07:44 par rgrs

  • Exclusif: affaire Tapie. Des fonctionnaires soupçonnés de falsification!

    Exclusif: affaire Tapie. Des fonctionnaires soupçonnés de falsification!

    01/04/2011 07:44 par rgrs

Le rapport de la cour des comptes sur l'affaire Tapie que Marianne a pu consulter est accablant. La Commission des Finances de l'Assemblée s'appréte à le rendre public. Pour toucher ses millions Tapie aurait profité d'un faux en écriture de la part de hauts fonctionnaires. Une falsification qui pourrait être télécommandée depuis Bercy.

Nouveaux rebondissements dans l’affaire Adidas qui oppose Bernard Tapie au Crédit Lyonnais. Suite à la décision rocambolesque d’un tribunal d’arbitrage l’homme d’affaire est reparti avec un chèque de 260 millions d’euros. Marianne a pu consulter un rapport explosif de la première chambre de la Cour des comptes. Nos confrères du Nouvel Obs en ont déjà fait mention. Ils ont révélé, dans leur édition du 24 mars, que deux hauts fonctionnaires Jean-François Rocchi, le président du CDR, l’établissement public en charge des dettes du Crédit Lyonnais, et  Bernard Scemama, le président de l'EPFR, qui chapote le CDR, étaient renvoyés devant la cour de discipline budgétaire. L’affaire devait donc être grave. Elle l’est bien puisque Marianne peut aujourd’hui donner le motif de l’accusation: falsification.

Si le mot n’est pas inscrit en toute lettre dans le document, les magistrats ne disent rien d’autres avec leurs pincettes légendaires. « Le compromis est signé le 16 novembre 2007. Sa version diffère de celle approuvée par le Conseil d’administration (NDLR : du CDR) du 2 octobre sur un point important tenant à la qualification de la demande d’indemnisation des époux Tapie. »

Kesako ? L’explication vient plus loin. Le compromis est la base sur laquelle le CDR, était prêt à passer un deal avec les époux Tapie. Ce texte a été voté lors d’un conseil d’administration du 2 octobre. Dans sa version initiale, note la cour, il est ainsi rédigé :

«Les parties b (NDLR : CDR et EPFR)  limitent le montant de l’ensemble leurs  (NDLR : des époux Tapie) demandes d’indemnisation à 50 millions d’euros. »

Mais, comme « la rédaction (…) a été remplacée » ce qui donne dans sa version modifiée :  

« Les parties b limitent le montant de l’ensemble leurs demandes d’indemnisation, d’un préjudice moral, à 50 millions d’euros. »

Autrement dit, quelqu’un aurait ajouté les mots « d’un préjudice moral ». Ce qui n’est plus du tout la même chose….puisque l’on passe d’un plafond sur le montant global engageant l’Etat, à une limite sur le seul préjudice moral, une des nombreuses demandes des époux Tapie…. La Cour des comptes rappelle la volonté de limiter les traces. En effet, après avoir distribué aux cinq autres administrateurs du CDR un projet de compromis, François Rocchi, le président du CDR, a ramassé les copies, comme le note malicieusement les magistrats : « un projet de délibération est remis aux administrateurs, il est restitué  en fin de réunion » 

C’est le principal des multiples « cafouillages » que note la cour, et qui constitue, sans doute, le chapitre le plus important du rapport qui en compte 5. Il s’intitule d’ailleurs : « De nombreux dysfonctionnements affectent les processus décisionnels impliquant le CDR et l’EPFR. » Pudique, les autres chapitres évoquent des points déjà abordés par Marianne de l’affaire   : « III./Le compromis d’arbitrage présente des risques », « IV./ La validité juridique du recours a l’arbitrage est incertaine », « V./ Un recours en annulation de la sentence arbitrale n’était pas à exclure. » 

Marianne avait déjà évoqué les doutes de la cours des comptes sur la procédure choisie par le CDR. En lieu et place de la justice ordinaire, l’organe en charge des dettes du Crédit Lyonnais avait préféré se placer dans les mains d’un tribunal arbitral. Mais après enquête des magistrats de la rue Cambon, le scandale est bien plus important. Non seulement, les administrateurs de cet établissement public n’avaient pas le droit d’aller à l’arbitrage sans un vote de l’Assemblée nationale, mais ceux-ci semblent avoir de plus avoir été manipulés. 

Décidemment, Bernard Tapie, pour obtenir ses 260 millions d’euros, aura bénéficié d’un incroyable enchainement de maladresses, de cafouillages, et autres dysfonctionnements, dont chacun pris individuellement étonne mais qui pris ensemble font finalement système. 


La balle est à présent dans le camp de Jean-François Bénard. C’est à lui, le procureur général qui excerce le ministère public près de la cour des comptes, qu’on été déféré les deux fonctionnaires. Ils sont lestés d’un épais dossier, mais ont pour eux les ordres de missions de Christine Lagarde, la ministre de l’économie. Bonne nouvelle : Jean-François Bénard est totalement indépendant. Mauvaise nouvelle, il ne rend de compte à personne et peut très bien classer l’affaire, sans pour cela avoir à se justifier auprès de qui que se soit.   

Emmanuel Lévy - Marianne 

 

http://www.marianne2.fr/Exclusif-affaire-Tapie-Des-fonctionnaires-soupconnes-de-falsification_a204490.html 

Dupont-Aignan décline l'offre d'un souverainiste

01/04/2011 07:37 par rgrs

  • Dupont-Aignan décline l'offre d'un souverainiste

    Dupont-Aignan décline l'offre d'un souverainiste

    01/04/2011 07:37 par rgrs

Le député ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan a refusé catégoriquement jeudi l'appel que lui a lancé le souverainiste Paul-Marie Coûteaux à constituer une alliance pour les législatives de 2012 avec le Front national de Marine Le Pen. "Cet appel n'a pas de sens", a jugé le président de Debout la République.

Son mouvement, DLR, et le RIF (Rassemblement pour l'indépendance de la France) de Paul-Marie Coûteaux avaient fait alliance aux régionales de 2010 et les deux responsables s'affichaient régulièrement sur les mêmes tribunes ces derniers mois. "Je suis candidat à l'élection présidentielle (de 2012) justement pour offrir un choix aux millions de Français qui ne supportent pas l'UMPS, et qui ne veulent pas pour autant voter Front national", a expliqué Nicolas Dupont-Aignan, qui fait campagne sur des thèmes très souverainistes comme la sortie de l'euro.

L'ancien député européen (1999-2009) souverainiste Paul-Marie Coûteaux, ex-proche de Charles Pasqua et Philippe de Villiers, a appelé à la constitution d'une alliance pour les législatives de 2012, notamment avec le FN, Debout la République, et le Mouvement pour la France de M. de Villiers.

 

Par Europe1.fr avec AFP

http://www.europe1.fr/Politique/Dupont-Aignan-decline-l-offre-d-un-souverainiste-479925/

On ne peut pas faire l’économie de la politique

01/04/2011 07:32 par rgrs

  • On ne peut pas faire l’économie de la politique

    On ne peut pas faire l’économie de la politique

    01/04/2011 07:32 par rgrs

Protectionnisme : réponse à Georges Kaplan

Il y a quelques siècles, la discipline naissante consacrée à la création et la distribution de richesses s’est-elle même nommée « Economie politique ». Débarrassée de cet adjectif gênant, l’Economie, devenue science, a oublié son rôle originel : analyser et quantifier certains phénomènes et comportements humains pour comprendre le fonctionnement des sociétés mais aussi pour permettre aux acteurs de prendre des décisions raisonnables. Pour aller vite, calculer le coût de quelque chose permet de comparer des pommes et des poires et de hiérarchiser les besoins et les choix. Rien de moins.

À l’évidence, l’Economie telle qu’on la conçoit aujourd’hui n’est pas capable de répondre aux questions les plus importantes que pose toute société humaine : comment souhaite-elle organiser la vie et les relations entre ses membres ? Quel niveau d’inégalités est-elle prête à supporter pour équilibrer libertés et paix sociale ? Comment équilibrer et concilier intérêt général et intérêts privés ? Les réponses à toutes ces questions-là sont négociées dans le cadre de ce qu’on appelle la Politique.
L’Economie éclaire – ou devrait éclairer – la Politique sur trois plans : elle colle des étiquettes de prix sur les choix, propose la manière la plus efficace d’atteindre des objectifs définis notamment par les préférences exprimées par les électeurs et elle améliore l’adéquation des moyens et des fins en évaluant l’impact des mesures prises.

Ce rappel peut sembler scolaire. À la lecture des récentes contributions de Georges Kaplan, en particulier de son texte sur la politique industrielle de la France, il me semble particulièrement nécessaire. De même que l’officier de renseignement conseille le chef de guerre sans se substituer à lui, l’économiste doit éclairer ou même critiquer les décisions du politique, pas les prendre à sa place. Il a le droit voire le devoir d’évaluer les conséquences économiques des différentes options pour obliger les décideurs à dévoiler le prix à payer – c’est-à-dire à quoi il faut renoncer – pour chacune d’elles. Mais il ne saurait récuser une politique même armé d’une avalanche de statistiques.

En réalité, Georges Kaplan prétend démontrer la supériorité « rationnelle » des solutions libérales. Je ne discuterai pas ici la validité de ses démonstrations, souvent très convaincantes car l’ami connaît son sujet. Il me semble important de rappeler que l’Economie n’a pas à déterminer les finalités et que la rationalité comptable ne saurait être le seul critère de choix de nos gouvernants. C’est encore plus vrai dans un pays où la puissance publique n’est pas seulement un arbitre mais un acteur du jeu économique. Or, ce rôle spécifique de l’Etat correspond à ce que veulent la plupart des citoyens. Si Georges Kaplan pense que la solution de tous nos problèmes se trouve dans le laissez-faire, il lui faut d’abord en convaincre ses concitoyens.

En clair, même si le peuple a économiquement tort, il a politiquement raison. Peut-être a-t-il par exemple excellentes raisons de vouloir conserver les usines en France quand bien même il serait prouvé que cela n’a aucun intérêt économique. D’ailleurs, si ces raisons étaient mauvaises ou jugées telles par Georges Kaplan, cela ne changerait rien au raisonnement. En conséquence, même s’il existait une vérité économique irréfutable, ce dont on peut douter, elle ne saurait être l’unique boussole des gouvernants : ou alors, confions la gestion du pays à un ordinateur bien programmé. L’action politique ne peut pas être menée par un logiciel de gestion.

Le point de vue de Kaplan sur la politique industrielle illustre bien cette confusion entre fins et moyens. On ne voit pas pourquoi, en effet, une nation ne pourrait pas choisir entre l’intégration dans un ensemble plus large, comme c’est le cas de la France avec l’Union européenne, et le maintien de son indépendance – en l’occurrence, il s’agit plutôt de définir l’équilibre entre ce qui est mutualisé et ce qui reste géré au niveau national. Ainsi, fabriquer des avions de chasse et des lanceurs de satellites au lieu de les acheter moins cher ailleurs est, à mon avis, une excellente décision, même si elle a un effet négatif sur la comptabilité nationale. Si on suivait le dogme libéral, la France abandonnerait les industries de la défense aux Etats-Unis et consacrerait les moyens ainsi libérés aux secteurs où elle jouit d’un avantage comparatif. Fermer Dassault et Thales pour développer Hermès et des Chanel ? Non merci !

Par ailleurs, aucune politique économique démocratique ne peut ignorer ses conséquences sociales. On peut me fournir tous les tableaux Excel du monde prouvant que la France gagnerait à ne conserver que les secteurs les plus innovants à forte valeur ajoutée – ce qui supposerait d’ailleurs que les Brésiliens et les autres acceptent aimablement de fabriquer des T-shirts. Je ne vois pas pourquoi nous accepterions de rejeter hors du marché du travail tous ceux à qui nous n’avons pas su donner une formation de haut niveau. Peut-être que dans le monde merveilleux du marché, il serait moins coûteux de les payer à ne rien faire. Seulement, voilà, je n’ai pas envie de vivre dans cette société-là. Permettre aux gens non-qualifiés de trouver du boulot est une preuve de civilisation. Nous ne sommes pas tous X-Mines ou Normale-ENA ! Que fera-t-on des gamins qui quittent l’école à 15 ou 16 ans quand les emplois peu qualifiés auront tous été délocalisés en Asie du Sud ou en Afrique du Nord ? Est-il aussi insensé que cela de soutenir des secteurs qu’un laisser-faire général condamnerait à la disparition ?

Quid de ceux qui ne peuvent pas passer d’un secteur agonisant à un autre en forte croissance ? Derrière les chiffres, se profile une mort sociale pour toute une partie de la population, à cause de leur âge, de leurs compétences ou de leur lieu de vie. Et en admettant que Kaplan ait raison et qu’on ne fasse que retarder de 10 ans une évolution inéluctable, dix ans de vie digne pour des centaines de milliers de nos concitoyens seraient-ils si négligeables ? Permettre à une génération de quinquas de partir à la retraite dignement, sauver les commerces et les PME d’une petite ville et le tissu social d’une région sont des objectifs aussi louables et légitimes que d’améliorer la productivité et la compétitivité de la France.

L’intervention de l’Etat – exécuteur des choix politiques décidés par la société – a sans doute des effets pervers, mais un libéralisme sans bornes en aurait peut-être de plus déplaisants encore. La concurrence est-elle toujours une bénédiction ? La gestion privée est-elle toujours heureuse ? Les réponses me semblent évidentes. Au lieu de brandir des dogmes, posons-nous de manière pragmatique la seule question qui vaille : il ne s’agit pas de savoir si l’Etat doit intervenir ou pas mais comment il doit le faire. La transformation de millions d’égoïsmes individuels en intérêt général est un exercice trop compliqué pour le laisser à la seule « main invisible ».

Gil Mihaely

http://www.causeur.fr/on-ne-peut-pas-faire-l%e2%80%99economie-de-la-politique,9377

Quand la "Marine" mène le bal !

31/03/2011 14:20 par rgrs

  • Quand la

    Quand la "Marine" mène le bal !

    31/03/2011 14:20 par rgrs

A propos de l'émission "Mots croisés" de Lundi soir sur France 2 et ceux qui ont trouvé Jean-Luc Mélenchon, le Président du Parti de Gauche un peu effacé, je répondrai que le problème ce n'est pas de savoir si Jean-Luc Mélenchon était en petite forme, parce que fatigué (c'est possible. Les campagnes électorales usent tout à chacun !) mais de savoir pourquoi, Jean-Luc Mélenchon, au "même titre" que les autres intervenants (Morano, Duflot, Désir,...) s'est laissé empaqueté, baladé par la responsable du FN tout en facilitant le travail à cette dernière ?   
 
Je pense tenir le début d'une réponse, malheureusement, en ce moment et pas seulement lors de l'émission de "Mots Croisés" mais de manière générale, C'est Marine LePen qui mène le jeu, la bataille idéologique et gagne sur ce dernier point. Elle est tantôt sur le terrain de la droite mais de plus en plus sur le terrain de la gauche. Ces cibles sont définies : les classes populaires (ouvriers) mais aussi les agents de la fonction publique, les syndicalistes.  
 
Si en 2006-2007, Sarkozy a gagné la bataille idéologique et culturelle lui permettant de gagner la bataille politque et électorale. En 2011, il est clair, que Marine LePen, engage ce combat idéologique et culturel (souvent à fronts renversés !). Est-ce comme il y a 4 ou 5 ans la Gauche, y compris la Gauche "radicale" va se laisser démonter, piller idéologiquement et culturellement ? Est-ce que comme il y a 5 ou 6 ans, elle va laisser le terrain (bassins ouvriers, campagnes, république, nation, laïcité, pouvoir d'achat à l'extrême droite ?) à l'extrême droite comme elle avait laissé à la Droite le terrain des idées durant la campagne présidentielle de 2007 ?  
 
Qu'envisage de faire la gauche en général et la gauche "radicale" en particulier sur la question européenne (retrait de l'UE, sortie de la France de l'UE et de l'euro ?) ? sur la question républicain et laïque ? sur la question de la sûreté des personnes et des biens ? sur la question sociale du pouvoir d'achat et de la vie chère ? Sur la question de l'avenir industriel et agricole de notre pays ?  
 
La gauche va-t-elle préférer le monde citadin et son bien être aseptisé et écologisé à l'emploi industriel et agricole, à la production de richesses et la réalisation d'infrastructures développant le pays ? 
 
Toutes ces questions, il y a urgence à y répondre ! Sursaut républicain, laïque et jacobin !
 
 En attendant, c'est la "Marine" qui mène le bal !
 
Salut et Fraternité.
 
Sonia Bastille.

La droite sociale : Simple bras armé de X Bertrand contre J-F Copé ?

31/03/2011 14:13 par rgrs

  • La droite sociale : Simple bras armé de X Bertrand contre J-F Copé ?

    La droite sociale : Simple bras armé de X Bertrand contre J-F Copé ?

    31/03/2011 14:13 par rgrs

Effet cantonales et sondages obligent : L'UMP se redécouvre une fibre sociale oubliée depuis 2007. Ce nouveau discours peine pourtant à masquer un simple règlement de comptes entre Xavier Bertrand et Jean-François Copé.

Ainsi, il y avait une « droite sociale » et on la cachait au français ! Mais alors que n'est-elle intervenue pour atténuer les difficultés d'emploi, de précarité et de pouvoir d'achat ? Et bien, il faut dire que jusqu'à présent le Front National n'avait pas encore atteint les scores obtenus aux dernières cantonales !

D'ailleurs les membres de cette droite sociale l'expriment dans une tribune parue dans Le Monde : « (...) les électeurs ont clairement marqué une insatisfaction. La majorité ne peut faire comme si de rien n'était. (...) ces inquiétudes se sont exprimées par le FN (..) »

Le chef de file de cette droite sociale se nomme Laurent Wauquiez, ancien Secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, devenu Ministre chargé des affaires européennes. Celui même qui avait démontré sa fibre sociale, comme
le racontait le JDD, il y a quelques mois en dinant avec : « (...) des banquiers et des gérants français de fonds spéculatifs susceptibles de financer son micro parti : Nouvel Oxygène (...) »

Ce qui faisait
écrire au Nouvel Obs, repris par le site de la Commission nationale des Comptes de Campagne (CNCCFP) : « (...) Comment être sûr que les dons des argentiers de la City à Nouvel oxygène n'influencent pas les décisions de Laurent Wauquiez secrétaire d'Etat à l'Emploi ? (...) »

Ce qui n'a posé aucun problème d'éthique à notre ambitieux secrétaire d'état qui se voyait propulsé avec Nathalie Kosciusko-Morizet dans le rôle boîtes à idées pour la présidentielle de 2012 par Xavier Bertrand, alors secrétaire général de l'UMP.
 
Bureau politique : lancement du projet 2012 - Publiée le 30/08/10
Or, ces beaux rêves de gloire ont été annihilés par le travail de sape de Jean-François Copé qui a réussit a prendre le parti à son vieil adversaire Bertrand. La différence : En lieu et place de Wauquiez et de Kosciusko-Morizet, on découvre Novelli et Daubresse, les : Plic et Ploc, chers à Yann Barthès du Petit Journal de Canal+

Jean-François Copé - Secrétaire général de l'UMP - 17 novembre 2010

Depuis, les escarmouches sont permanentes : Les 35H00 et les heures supplémentaires , la polémique sur le coût des « créateurs du possible», le réseau social de l'UMP (voulut par Xavier Bertrand), le nombre fantaisiste de militants et même l'état des finances du parti

Dernières en dates : Laurent Wauquiez
clamant haut et fort, qu'il ne voulait de débat « ni sur l'islam ni sur la laïcité » et surtout Roselyne Bachelot, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet, tous proches de Xavier Bertrand, refusant le " ni ni " de Copé pour le deuxième tour des cantonales !

Pour en arriver à
la tribune publiée dans Le Monde et signé par les membres du groupe Droite Sociale, qui regroupe selon Laurent Wauquiez : « (...) une cinquantaine de parlementaires (députés, députés européens, sénateurs), issus de toutes les sensibilités de la majorité, gaullistes, centristes, libéraux et radicaux (...) » - Nouvel Obs

Au delà du fait que, la liste des signataires ne compte que 13 noms (page Facebook de la droite sociale) et 5 sur Le Monde, c'est la réaction de Jean-François Copé qui est à observer de près. Il a en effet déclaré : « (...) D'abord je ne suis certain du nombre de signataires (...) invoquant sa très bonne connaissance du groupe des députés UMP (...) C'est des techniques que l'on connaît bien (...) Je ne suis dupe de rien, et je ne suis pas non plus dupe de son auteur (...) » - AFP/Google

Permettez-nous d'apporter, ce qui n'est pas courant chez Slovar, de l'eau au moulin de Jean-François Copé. En effet, dans la tribune publiée dans Le Monde, on peut lire : « (...) Elaborer un programme bien sûr, en associant les élus de terrain et les militants, et pas seulement les think-tanks parisiens ; mais les débats sans fin avec une surenchère de déclarations et un sentiment de confusion à l’arrivée, ne peuvent convenir à une majorité (...) »

Qu'on pourra aisément rapprocher des propos de Xavier Bertrand, le 10/12/2010, par lesquels, il mettait en garde : « (...) contre la mise en avant systématique des think tanks et des clubs, qui place le parti en position de simple récepteur d’un projet politique qu’il serait, par lui-même, incapable de concevoir (...) » -
Libération

Conséquence de ce duel fratricide, il faudra attendre pour savoir qui, du chômage, dont Laurent Wauquiez avait la charge, et qui culmine à plus de 4 millions ou de la laïcité, dont le débat devrait durer .. 2 heures, sera le thème fort de l'UMP pour la campagne de 2012. Et connaître ... le vainqueur de l'affrontement !

Dormez braves gens, il paraît que vous êtes gouvernés !
 
Slovar

Crédit photo : Les dessous social

Pour aller plus loin dans l’effort de péréquation des ressources des collectivités territoriales

31/03/2011 14:00 par rgrs

  • Pour aller plus loin dans l’effort de péréquation des ressources des collectivités territoriales

    Pour aller plus loin dans l’effort de péréquation des ressources des collectivités territoriales

    31/03/2011 14:00 par rgrs

Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat lord du débat PPL Action publique locale, mercredi 30 mars 2011.

Pour aller plus loin dans l’effort de péréquation des ressources des collectivités territoriales
 
La proposition de loi déposée par les sénateurs communistes et du parti de gauche nous donne l’occasion de revenir sur l’évolution de la fiscalité locale, suite à la suppression de la taxe professionnelle par la loi de finances pour 2010, et plus généralement sur l’insuffisance des mécanismes de péréquation entre les collectivités locales, compte tenu de l’écart de potentiel fiscal par habitant : celui-ci varie du simple au double pour les régions, du simple au quadruple pour les départements, et de un à mille entre les communes !

La péréquation devrait permettre de corriger les inégalités les plus choquantes. Or, l’insuffisance des recettes fiscales des collectivités locales après la suppression de la taxe professionnelle ne le permet guère. C’est le principal mérite de la proposition de loi qui nous est soumise d’abonder très significativement – 18 Milliards d’euros – le montant des ressources fiscales perçues par les collectivités locales. Sans doute le rapporteur de la Commission des Finances, M. Charles Guené, puis vous-même, Monsieur le Ministre, avez fait observer que cet alourdissement de la fiscalité des entreprises va à l’encontre de l’objectif recherché par la suppression de la taxe professionnelle. Certes, mais le montant de la taxe fixé à 0,3 % peut être ramené à 0,2 voire 0,1 % : cela représenterait encore 6 Milliards d’euros, beaucoup plus que les sommes que la loi de finances prévoit de consacrer à la péréquation.

Surtout ce n’est pas la même assiette qui est visée.

La proposition de loi présentée par Madame Marie-France Beaufils ouvre une piste intéressante en prévoyant l’imposition des actifs financiers et non pas des seuls actifs industriels immobiliers ou mobiliers. Elle répond à la volonté de lutter contre la financiarisation de l’économie. J’approuve cette volonté dans la mesure où elle pourrait favoriser l’investissement industriel et décourager les placements spéculatifs. Il me semble cependant que la proposition de loi suppose largement le problème résolu, en l’absence d’un rétablissement des contrôles sur les mouvements de capitaux permettant d’enrayer la fuite des capitaux et les délocalisations industrielles. Le fonds de l’affaire c’est le privilège exorbitant donné aux capitaux qui se déplacent à la vitesse de la lumière de pouvoir s’investir là où ils le souhaitent et en particulier là où le très bas coût de la main d’œuvre et l’absence de protection sociale et de réglementation environnementale, autorisent des profits incomparablement supérieurs à ceux que permettent les investissements productifs dans nos pays anciennement industrialisés.

Vous avez évoqué les investissements étrangers en France. Mais vous n’avez rien dit des investissements français à l’étranger !

Le stock de notre épargne à l’étranger est passé de 80 Milliards d’euros en 1982 à plus de 1500 Milliards d’euros aujourd’hui grâce à la libération des mouvements de capitaux (1/01/1990) et à la mondialisation financière qui s’en est suivie. A l’exode de notre épargne, l’un des principaux atouts de la France – 17 % du revenu national – répond le rétrécissement de la base industrielle du pays : 30 % de la valeur ajoutée en 1982 et 13 % seulement aujourd’hui. Or, l’industrie tire tout le reste, l’exportation, la recherche et même l’emploi dans les services aux entreprises notamment. Il me semble que l’instauration d’une « flat tax » sur les exportations de capitaux est une bonne idée un peu différente de celle de Mme Beaufils mais répondant à la même préoccupation.

À défaut d’accroître le montant des ressources fiscales consacrées à la péréquation, je crains que celle-ci reste très insuffisante.

La loi de finances pour 2011 fixe des objectifs très modestes puisque l’objectif de ressources, s’agissant du fonds de péréquation des recettes fiscales intercommunales et communales est fixé à 2 % seulement des recettes fiscales à l’horizon 2015, soit seulement 1 Milliard d’euros avec une montée en charge progressive à hauteur de 215 Millions d’euros en 2012. Ces montants sont très faibles eu égard aux ressources fiscales perçues en 2010 par les communes – environ 30 Milliards et par les EPCI environ 15 Milliards. Par ailleurs, la dotation au profit des Fonds départementaux « structures défavorisées » correspond à une dotation de 445 Millions d’euros. Le débat parlementaire a conduit à considérer que les 2 % s’entendaient « hors FDPTP », ce que je demande au gouvernement de bien vouloir confirmer.

La péréquation horizontale organisée entre collectivités d’un même territoire ne doit pas – soit dit en passant – se substituer à la péréquation nationale définie par l’Etat et organisée de manière verticale. La péréquation horizontale ne doit avoir pour but que d’affiner la péréquation nationale et en particulier de mieux prendre en compte les charges particulières d’un territoire.

Cette disposition est favorable à l’intercommunalité. Encore faudra-t-il redéfinir les notions de potentiel fiscal et de potentiel financier. Quoi qu’on fasse cependant, les efforts de péréquation resteront insuffisants tant qu’on n’agira pas sur le volume des montants financiers concernés. Nul ne doit l’ignorer !

S’agissant de la péréquation départementale et régionale portant sur le produit de la CVAE créée par la loi de finances 2010, le rapport Durieux-Subremon avait pointé la faiblesse des effets péréquateurs entre les régions : 0,6 %, et même entre les départements : 2,5 %. La loi de finances 2011 a prévu la création de deux fonds de péréquation, l’un régional, l’autre départemental, simplifiant ainsi le dispositif des « quatre fonds » retenu en 2010 mais les garanties de compensation – à l’euro près – des ressources fiscales des collectivités territoriales viendront encore rogner la part consacrée à la péréquation.

L’absence d’objectif chiffré résultant de la volonté d’affiner les simulations ne traduit-elle pas tout simplement l’absence d’ambition ? Le thème de la péréquation ne doit pas servir de feuille de vigne pour dissimuler la grande misère de beaucoup de collectivités.

Il faut, comme l’avait dit notre Président du groupe RDSE, M. Yvon Collin, aller plus loin dans la politique de péréquation pour répondre à une volonté républicaine d’affirmer une plus grande solidarité au niveau des territoires. Je rappelle les propositions faites à cette tribune le 27 septembre 2010 par Jacques Mezard de prendre en compte deux critères qui pourraient remplacer celui de potentiel fiscal et rendre ainsi la péréquation plus efficace :

- d’abord le revenu global des habitants sur le modèle allemand ;
- d’autre part celle plus importante de la population, tant il est vrai que l’efficacité péréquatrice s’en trouverait renforcée.

La Commission des finances a désigné un groupe de travail sur la péréquation. Je rejoins certaines des préconisations de l’Association des maires de France :

- gommer les effets de seuil ;
- définir un périmètre de ressources aussi large que possible ;
- éviter une « double peine » pour les territoires accueillant des activités industrielles ;
- intégrer la notion de revenu par habitant.

Si poussée et méritoire que puisse être la réflexion du groupe de travail désigné par la Commission des Finances, je crains malheureusement que l’objectif de péréquation qui résulte du pacte républicain, lequel ne va pas sans la solidarité des territoires, ne puisse être atteint en l’absence d’une ressource fiscale additionnelle. C’est le grand mérite de la proposition de Madame Marie-France Beaufils que d’avoir lancé le débat sur cette question. Elle permet de voir tout l’intérêt à la fois pour les collectivités et pour le pays de la création d’une taxe décourageant la fuite de l’épargne nationale et favorisant à l’inverse le réinvestissement en France de cette épargne et la contribution à la relocalisation industrielle de beaucoup de nos grands groupes qui ont largement bénéficié du soutien de la collectivité nationale. Ces grands groupes – dix-huit français parmi les deux cents premiers mondiaux – plus que l’Allemagne, autant que la Grande-Bretagne – sont un atout mais à une condition : ils devraient se préoccuper davantage de « renvoyer l’ascenseur », bref de maintenir et de développer en France une part plus substantielle de leur activité et d’y favoriser le développement d’entreprises sous-traitantes. Ils nourriraient ainsi l’emploi, les cotisations sociales, les plus-values fiscales, y compris au bénéfice des collectivités locales.

C’est évidemment une autre idée que celle de la proposition de loi qui nous est soumise qui ouvre un débat utile. C’est pourquoi le groupe RDSE, dans sa majorité, émettra une abstention positive sur le vote de la proposition de loi.

Quand Guéant réinvente en douce la police de proximité

31/03/2011 13:56 par rgrs

  • Quand Guéant réinvente en douce la police de proximité

    Quand Guéant réinvente en douce la police de proximité

    31/03/2011 13:56 par rgrs

Depuis qu'il est au ministère de l'Intérieur, l'ancien homme fort de l'Elysée Claude Guéant s'est surtout illustré par des phrases choc qui ont déclenché plusieurs polémiques. Frédéric Ploquin rapporte quant à lui des propos du ministre qui ne font pas la une des journaux, et qui sonnent comme un étonnant aveu d'échec.

 A force de déclencher des tollés sur toutes sortes de sujets, Claude Guéant n’est plus audible sur celui qui lui incombe : l’insécurité. Comment se faire entendre sur la police entre deux phrases chocs sur l’immigration ou l’islam ? On gagnerait pourtant à tendre l’oreille, parce que ce que le nouveau ministre de l’Intérieur glisse à l’oreille de ses troupes relève d’un changement de cap extraordinaire. Ne le dîtes à personne, mais la stratégie poursuivie par Nicolas Sarkozy depuis 2002 a échoué.

La preuve, Guéant voudrait tourner le dos à tout ce qui s’est fait jusque là. Témoins ces quelques phrases prononcées devant les directeurs de la sécurité publique et les responsables de la gendarmerie, entre les deux tours des cantonales : « Notre action doit être portée par une exigence constante à tous les niveaux pour la recherche de la qualité des relations à instaurer avec la population. Le lien fort et la confiance qui en découlent sont une composante déterminante de notre crédibilité auprès de la population ». Une manière assez nette de tourner le dos à une vision hyper centralisée de l’action policière... « Si ce lien est trop ténu, ajoutait ce jour-là Claude Guéant, les résultats de la délinquance, même bons, n’auront pas d’effet sur la population ». Après avoir tenté de couper l’herbe sous les pieds de l’extrême droite, aurait-il décidé de piquer dans les idées de la gauche ? On dirait bien.
 
Un virage confirmé dans la foule sur i-Télé, où l’on a vu Claude Guéant annoncer un « redéploiement des policiers dans la rue ». Parce qu’ils n’y étaient pas, depuis 2002 ? Parce que les efforts successifs de Sarkozy, de MAM et de Brice Hortefeux n’auraient eu aucun effet sur les troupes ? « Il y aura plusieurs milliers d’agents de plus sur la voie publique », a insisté le ministre. Par quel tour de magie ? A priori, les écoles ne sont pas pleines à craquer de nouvelles recrues. La seule piste concrète, évoquée par Sylvie Fleucher, secrétaire du syndicat des commissaires, consisterait à faire sortir les policiers des voitures et à les mettre sur le trottoir, par deux. Serait-ce le grand retour de la police de proximité tant vilipendée ? « Je voudrais qu’on se souvienne que j’ai pu créer un climat de sécurité », a encore dit Guéant. Terrible aveu qui le place dans la course au meilleur « climatologue » de la Place Beauvau.

Frédéric Ploquin

2012: Sarkozy aura du mal à rassembler ses troupes

31/03/2011 13:52 par rgrs

  • 2012: Sarkozy aura du mal à rassembler ses troupes

    2012: Sarkozy aura du mal à rassembler ses troupes

    31/03/2011 13:52 par rgrs

2012 approche, et la défaite de la droite aux cantonales montre que la « meute sarkozyste » de 2007 est loin d'être sagement rangée derrière son chef. Le blogueur SuperNo ironise sur ces « caniches » que Sarkozy essaie de reconquérir par l'intervention spectaculaire en Libye.


Je vais commencer ce billet par une petite séance d'autocongratulation. En juillet 2009, avant même les sondeurs, j'écrivais que le seul « socialiste » à avoir une chance était DSK.

En août 2010, avant les sondeurs, j'émettais l'idée que Sarkozy pourrait ne pas être au second tour. Voire même pas au premier puisque lorsqu'il aura la certitude de la branlée, il renoncera de lui-même. Si vous lisez le billet, vous verrez tout de même, (un peu de modestie, que diable..) que j'ai largement surestimé le phénomène Eva Joly (qui n'a pas tenu la distance), et sous-estimé Marine Le Pen, à laquelle je ne trouve pourtant pas de talent et encore moins d'idée cohérente. Mais peu importe, c'est sur elle que se sont cristallisés tous les mécontentements (ça aurait pu être Mélenchon, mais non, hélas…), et il est désormais probable qu'elle sera autour de 20%. Si DSK est autour de 30 (les derniers sondages lui en donnent plus), il est inutile d'aller chercher plus loin le deuxième tour de 2012. Et le nom du cocu.

La poussive et piteuse élection cantonale étant passée, nous sommes donc entrés dans la dernière ligne droite (alors que le probable futur vainqueur est encore à l'écurie). Dans le clan Sarkozy, c'est carrément la Berezina. Avant même le deuxième tour, Fillon attaquait le bas de pantalon de Sarkozy au sujet des consignes de vote. J'ai entendu hier midi Dominique Paillé qui appelait, avec son hypocrisie habituelle, à une candidature de Borloo. Hier soir, c'est Michel Heinrich, député-maire UMP d'Epinal, qui s'essuyait carrément les pieds sur Sarkozy, sans la moindre retenue. Il appelait à la candidature de…  Fillon ! Hier soir encore, Copé se payait ouvertement Fillon. Puis c'est Wauquiez qui défendait Fillon et attaquait Copé, Baroin faisait de même… Sans oublier que Villepin s'y voit déjà, Borloo ne se sent plus pisser, Juppé y pense toujours en se rasant (et en rasant les autres), Bayrou n'a toujours pas compris que son heure était passée, Morin… Heu, non, je déconne…

Qu'auraient-ils de plus à proposer ? Rien justement ! La poursuite d'une politique libérale, avec la réduction de la dette (qu'ils ont eux-mêmes creusée) comme prétexte à sabrer toujours plus dans les dépenses publiques. Et surtout pas la remise en cause de quelque manière que ce soit du dogme de la « croissance », ou de notre mode de vie con-sumériste, destructeur et intenable.

Comme je l'ai dit précédemment, une fois la certitude de la branlée acquise, la belle unanimité des sous-fifres tremblants, rangés derrière le chef, le doigt sur la couture du pantalon, va voler en éclat. Les caniches bien dressés vont se métamorphoser en hyènes. Oui oui, les mêmes qui se battaient naguère pour lécher le fondement de leur maître, et qui remuaient la queue en cadence lorsqu'il daignait leur accorder un peu de sa précieuse attention, ou, plaisir suprême, un susucre.

Un caniche politicard n'est souvent pas très malin, mais à défaut d'idées, il a au moins un instinct : celui de vouloir suivre le maître qui lui rapportera le plus de susucres. Car 2012, c'est d'abord la présidentielle, mais tout de suite après, les législatives ! 577 susucres à distribuer ! Du coup, les caniches de la droite sont très inquiets, car ils avaient choisi de lécher le bon maître en 2007, et cela leur avait permis de se gaver de susucres ! Mais là, ça craint vraiment, leur maître a perdu la niaque, il foire tout ce qu'il tente, et l'heure semble venue de laisser tomber ce minable et de trouver un nouveau fondement à léchouiller.

C'est drôle, car les caniches de droite se trouvent à peu près dans la situation des caniches « socialistes » en 1993. Ça fait donc 18 ans qu'ils cherchent un nouveau maître. 18 ans, c'est long, d'autant que les susucres sont rares. Le genre d'expérience qui fait trembler le caniche de droite, qui du coup perd son sang froid.

Les semaines qui viennent vont être marrantes à suivre. Encore quelques sondages qui donneraient Sarkozy éliminé au deuxième tour (et comme on l'a vu, c'est l'hypothèse la plus probable), et les nouveaux candidats maîtres vont se déclarer, guettant l'approbation des caniches, et surtout celle des instituts de sondage.

Par exemple, il suffirait qu'un premier institut, pour faire le malin comme l'avait fait Harris Interactive avec Marine Le Pen, décrète par exemple que Borloo serait devant Sarkozy au premier tour. Reprise en boucle dans tous les médias, la prophétie deviendrait autoréalisatrice, les autres sondages suivraient le mouvement, et les caniches viendrait petit à petit se ranger derrière Borloo, avec force bruits de langue.

Je parle de Borloo au hasard, j'aurais pu prendre n'importe lequel des autres, Il est nul, mais il a l'air sympa, ce qui fait qu'on oublie qu'il fut l'avocat d'affaires de Tapie. Du coup il aurait ses chances… Au moins de ne pas être à plus de 5 points de Marine Le Pen.

Cette meute au cul est certainement ce qui a poussé Sarkozy à bombarder Kadhafi. Les médias anglo-saxons ne se gênent plus pour l'écrire, que Kadhafi est pour Sarkozy un peu ce que Saddam a été pour Bush, une manœuvre dilatoire pour tenter de faire oublier sa gestion catastrophique de la révolution en Tunisie puis en Égypte, et surtout une ultime manœuvre pour enrayer sa chute infinie dans les sondages, une dernière chance de redresser la barre avant l'explosion annoncée de 2012.

Le New York Times écrit : « M. Sarkozy, motivé par l'échec de la France à répondre rapidement aux révolutions en Tunisie et en Égypte, et poussé par un nouveau ministre des Affaires étrangères et par d'influentes personnalités publiques comme l'écrivain BHL, s'est associé avec la Grande Bretagne pour entraîner l'Europe et les États-Unis dans une intervention militaire dans le monde arabe que ses alliés les plus importants comme Washington et Berlin n'avaient pas souhaitée ».

Mais le plus drôle est
slate.com, dans un article intitulé, in French in the text « Wag le chien », et qui ose la comparaison entre la guerre de Sarkozy et celle mitonnée par Robert De Niro dans le film « Des hommes d'influence » (Wag the dog)

Lisez ça : « We Americans have a long tradition of declaring war in the run-up to election campaigns: Hollywood once mocked the idea in Wag the Dog, a movie starring Robert De Niro as a political consultant who covers up a presidential sex scandal and wins an election by launching a fake war in Albania. In this real-life Francophone sequel, there is no sex scandal. The French president, Nicolas Sarkozy, is unpopular because of government corruption, because the French economy is weaker than it was supposed to be, because he and his now ex-foreign minister chose the wrong side in Tunisia, and because he's erratic and unpredictable. »

« Nous, les Américains, avons une longue tradition de déclarations de guerre en plein milieu des campagnes électorales. Hollywood s'était une fois moqué de cette idée dans "Des hommes d'honneur", un film avec Robert de Niro en consultant politique qui couvre un scandale sexuel et gagne une élection en lançant une fausse guerre en Albanie. Dans cette suite française de la vie réelle, il n'y a pas de scandale sexuel (ndt : ça, c'est à partir de l'année prochaine !). Le président français, Nicolas Sarkozy, est impopulaire à cause de la corruption du gouvernement, parce que l'économie française est plus faible qu'elle ne devrait, parce que son ancienne ministre des Affaires étrangères a choisi le mauvais camp en Tunisie, et parce que qu'il est erratique et imprévisible. »

Plus loin : « The man who introduced Sarkozy to the Benghazi rebels is none other than Bernard-Henri Lévy, a pop philosopher so French that I can't think of an American equivalent. We just don't have philosophers who wear their shirts unbuttoned, marry blond actresses, and take sides, enthusiastically, in wars in Bangladesh, Angola, Rwanda, Bosnia, and beyond. By siding with Lévy's emotional plea for humanitarian intervention - a decision that surprised even his own foreign minister - Sarkozy apparently thinks he might share some of the philosopher's glamour. »

« L'homme qui a présenté Sarkozy aux rebelles de Benghazi n'est autre que BHL, un philosophe populaire si français que je ne peux pas lui trouver d'équivalent américain. Simplement, nous n'avons pas de philosophes qui porteraient des chemises débraillées, qui épouseraient des actrices blondes et prendraient parti, enthousiastes, dans des guerres au Bangladesh, en Angola, au Rwanda, en Bosnie ou ailleurs. En se rangeant à la plaidoirie émotionnelle de BHL pour une intervention humanitaire - une décision qui a même surpris son propre ministre des Affaires étrangères - Sarkozy pense apparemment qu'il pourrait bénéficier d'un peu du glamour du philosophe ».

Ils ont tout compris, ces ricains ! En attendant, la branlée des cantonales a démontré que le « glamour » de BHL laisse les électeurs de marbre, et que le fondement de Sarkozy a du souci à se faire…

SuperNo - Blogueur associé


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Sur RTL, le député de l’Essonne a incité ses camarades à aborder des sujets jusque là sensibles, comme l’immigration et la « ghettoïsation ethnique », et à apporter leurs propres réponses.

31/03/2011 13:46 par rgrs

  • Sur RTL, le député de l’Essonne a incité ses camarades à aborder des sujets jusque là sensibles, comme l’immigration et la « ghettoïsation ethnique », et à apporter leurs propres réponses.

    Sur RTL, le député de l’Essonne a incité ses camarades à aborder des sujets jusque là sensibles, comme l’immigration et la « ghettoïsation ethnique », et à apporter leurs propres réponses.

    31/03/2011 13:46 par rgrs

Sur RTL, le député de l’Essonne a incité ses camarades à aborder des sujets jusque là sensibles, comme l’immigration et la « ghettoïsation ethnique », et à apporter leurs propres réponses.

Qui a dit : « Je pense que la question de la maîtrise des flux migratoires est une question qui reste importante, qui taraude la société française et que le sentiment qu'il y ait une sorte d'invasion rampante ». Marine Le Pen ? Claude Guéant ? Non, Julien Dray, député PS et co-fondateur de SOS Racisme. Invité sur RTL, mardi matin, il a minoré les scores de son parti aux cantonales parlant d’une simple « vaguelette rose ». Pour lui, le PS n’a pas pu faire un gros score parce qu’il « n'aborde pas les vraies questions » arguant que les socialistes doivent montrer qu’ils sont capables « de maîtriser, de réguler, d'organiser ces flux migratoires ».

Mais le député est allé plus loin en dénonçant « la ghettoïsation ethnique de la société française ». Manuel Valls, maire PS d’Evry, avait déjà entraîné
une polémique en juin 2009 en souhaitant qu’il y ait plus « de whites, de blancos » dans sa ville. Il est vrai que suggérer que l'on croise de moins en moins de blancs dans certains quartiers peut prêter à caution. Pour autant, refuser d'évoquer le déclin de la mixité et les dérives communautaristes qui peuvent en découler serait suicidaire pour tout républicain.

Frilosité

Car lorsqu’on parle des quartiers populaires, on parle surtout de ghettoïsation sociale et non ethnique en oubliant qu’on croise aussi (et surtout) des pauvres dans les mondes rural et péri-urbain, espaces qui connaissent une plus grande pénurie en service public. Ce petit arrangement avec la vérité témoigne d’une certaine frilosité dans la classe politique. Pour Julien Dray, cette attitude risque d’être contre-productive : « Moi je pense qu'une société qui cache, qui refuse les débats, c'est une société qui me donne le sentiment qu'elle a peur. Et donc à partir de là, ceux qui exploitent ces peurs sont en situation favorable ».

Pourtant, pour Jean-Michel Aphatie, les propos de Julien Dray qui évoque le « sentiment d’invasion rampante » en France pourraient être assimilés
à ceux de Claude Guéant qui disait que « les Français à force d'immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux ». « Je les emploie à juste titre parce que c'est comme ça que c'est ressenti. Cela ne veut pas dire que je partage ces opinions-là », se justifie le député. Sur la laïcité, il fait preuve du même réalisme : « Le problème, ce n'est pas d'aller discuter d'une religion et donc de donner le sentiment qu'on la stigmatise. Le problème c'est de redéfinir des règles communes, y compris sur les pratiques religieuses qui interpellent aujourd'hui dans notre pays ».

Réponses différentes

 

Car si le député de l’Essonne ne s’interdit pas de poser la question de l’immigration ou de la religion, ses réponses sont différentes de celle du ministre de l’Intérieur (et de celle de la direction PS au passage). « Soit on dit : ça n'existe pas tout ça ; et à ce moment-là, on se rassure et on pense que l'antisarkozysme va nous faire gagner les élections présidentielles. Soit on dit : ça existe mais à partir de là, on apporte nos réponses », explique Julien Dray. Il appelle en cela à une certaine unité républicaine : « Le problème qu'il y a c'est que nous ne sommes capables de dépasser ce métissage pour redéfinir la France nouvelle, pour donner le sentiment qu'il y a un projet commun ».

Toutefois, le naturel revient au galop et le député dénonce le fait qu’« il n'y ait pas assez de conseillers généraux issus de l'immigration qui ont été élus ce week-end ». Mais s’il souhaite, à très juste titre, éviter la ghettoïsation ethnique, promouvoir des noirs et des maghrébins parce qu’ils sont noirs et maghrébins paraît contradictoire.

Malgré cela, l’objectif reste le même. Et le député socialiste place son débat dans la perspective des primaires : « Celui qui va répondre à ces questions-là, qui va les aborder de front, et bien c'est celui qui gagnera ».  Mais
ce n’est pas la première fois que Dray tient ce discours et il prêche toujours dans le désert.


Tefy Andriamanana - Marianne