Chiffres du chômage de février : Un trompe l'oeil pervers !
25/03/2011 10:43 par rgrs
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Chiffres du chômage de février : Un trompe l'oeil pervers !
25/03/2011 10:43 par rgrs
Si Xavier Bertrand avance timidement que les chiffres du chômage sont encourageants, la réalité est plus sombre. En effet, le nombre de chômeurs seniors et de longue durée augmentent et la durée des offres d'emploi diminue !
Selon le Ministère du travail : « Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A a baissé de 0,1% pour s'établir à 2.701.100 fin février en France métropolitaine, soit 2.100 demandeurs d'emploi de moins qu'à fin janvier (...) »
Ce qui a permis à Xavier Bertrand de déclarer : « Après les bons résultats enregistrés en janvier, ce deuxième mois consécutif de baisse globale du nombre de demandeurs d'emploi est encourageant (...) »
Que constate t-on ? : pour la catégorie A, "B et C" la baisse est de 0,1%. Néanmoins, sur 1 an la hausse pour ces catégories sont respectivement de 1,3% et 4,1%
Ces chiffres ne doivent pas occulter une réalité : Le Chômage change de nature ! Si on licencie moins, on embauche moins. Bilan : les demandeurs d'emploi restent plus longtemps privés d'emploi !
C'est surtout visible pour les plus de 50 ans. Ceux qui devaient, selon le gouvernement et le Medef, trouver plus facilement un emploi avec le recul de l'âge légal de départ à la retraite !
N'est ce pas monsieur Pillard ? ( Président de la commission Protection sociale du Medef ) : « l'allongement de la durée d'activité est un facteur important de croissance et d'emploi. Les entreprises sont prêtes à se mobiliser pour franchir une nouvelle étape dans la gestion des carrières des seniors » - Medef Résultat de cette « mobilisation » des employeurs ?
« Les chiffres de Pôle Emploi publiés jeudi soir montrent une explosion du chômage chez les seniors (...) » écrit le JDD Cette situation est d'autant plus grave que précise le journal ceux-ci « pointent de plus en plus longtemps » à Pôle Emploi !
Dans le détail : « (...) Leur proportion augmente parmi les inscrits à Pôle Emploi. Ils représentent environ 20% des chômeurs, contre 17% (...) En moyenne, ils restent 377 jours inscrits à Pôle Emploi (...) Ils alimentent ainsi les bataillons de chômeurs de longue durée, qui continuent de croître (...) »
Et ce n'est pas la prime de 2000 €, proposée aux entreprises qui embauchent un plus de ... 45 ans, qui risque d'améliorer les choses !
Tous âges confondus : Des offres d'emplois de plus en plus courtes !
Les offres d'emploi : « Le nombre d'offres pour des emplois de moins d'un mois a bondi de 16,8%. Pour les emplois d'un à six mois la hausse est de 0,4% et pour les emplois de plus de six mois elle est de 2,7% » - Yahoo/Reuters Ce à quoi il faut ajouter le scepticisme de Jean-Louis Walter le médiateur de Pôle Emploi. En effet, nous dit Europe1. Celui-ci : a publié son rapport annuel, jeudi. S'il fustige certaines méthodes de Pôle Emploi, il met en doute celle du gouvernement en ce qui concerne le chômage de longue durée ! : « (...) Commentant la demande de Nicolas Sarkozy d'organiser des entretiens pour les demandeurs d'emploi de longue durée dans les trois mois, le médiateur s'est montré sceptique sur l'efficacité d'une telle démarche (...) » - 20 Minutes Des résultats vraiment encourageants, comme ... les heures supplémentaires !
En effet, en 2010 : « (..) 749 millions d'euros ont été déclarés par les entreprises au titre des heures supplémentaires exonérées par la loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, dite loi TEPA, au 4e trimestre 2010. Sur un an, le nombre connaît une augmentation de 2,4 % (...) » - Le Particulier Ou celles de janvier 2011 : (...) En janvier, le nombre d'heures supplémentaires des entreprises de plus de 9 salariés sont reparties à la hausse (+6,5%) » - Boursorama Cherchez l'erreur !
Slovar
http://slovar.blogspot.com/
Libye 2012 : la première guerre sondagière
25/03/2011 10:39 par rgrs
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Libye 2012 : la première guerre sondagière
25/03/2011 10:39 par rgrs
Un billet très court pour revenir sur la guerre déclenchée par le Président Sarkozy en Libye, et qui est toujours actuellement en cours. Si la légitimité de cette intervention n'est pas contestable, la manière dont Mr Sarkozy a monté cette opération démontre de manière définitivement qu'il n'est pas l'homme de la situation.
A contre-temps et à contre-courant :
L'enchaînement des évènements et des décisions qui a amené le Président de la République française à déclencher seul les opérations en Libye est éloquent sur sa capacité à transformer en plomb tout ce qu'il touche déjà évoquée.
Si personne de sensé ne peut contester la nécessité d'aider le peuple libyen à se libérer de l'emprise du clan Kadhafi et de sa répression sanguinaire, la manière dont cela se fait soulève un nombre important de questions malheureusement sans réponses positives.
D'une part la France a dans cette affaire le plus mauvais rôle : celui du va-t-en guerre aux ordres des américains (si Sarkozy a poussé à une intervention, celle-ci ne s'est faite qu'après "l'autorisation" de Barak Obama, extorquée d'ailleurs par Hillary Clinton sur la base de la fausse assertion d'un soutien arabe).
La France n'est que le fidèle "servant" des USA dans cette opération, en concurrence avec le Royaume-Uni.
Ensuite, et nonobstant les mouvements de menton et les déclarations martiales à l'emporte-pièce, la réalité est simple : la France n'a pas les moyens d'assumer seule cette guerre (pourtant contre un pays faible militairement et proche de nos positions).
Cette opération intervient ainsi alors que l'armée française est en pleine débacle matérielle et morale, laminée par la politique de désarmement malheureuse de Sarkozy, associée à une attitude maladroite vis à vis de l'institution militaire, maltraitée comme l'éducation nationale ou la Justice (que l'on se souvienne de l'incident de Carcassonne).
Après avoir fermé des bases (par exemple Nîmes, Nice, Aix les Milles), et les escadrons de chasse et de bombardement, on se retrouve incapables d'assurer une présence aérienne permanente,sans l'aide d'autres pays. Ce qui est un comble pour une grande puissance présente sur tout le globe !
Enfin, l'intervention vient trop tard. Le terrain libyen est assez simple et ses impératifs sont connus depuis la seconde guerre mondiale : le verrou de la Cyrénaïque est Mers el Brega (appelé souvent Brega). Une fois ce verrou tombé, Benghazi est indéfendable sur terre et c'est toute la Cyrénaïque qui est menacée. La position d'Ajdabyia (ancienne Agedabia) n'est pas une position sérieuse, c'est juste un carrefour de routes qui commande toute la région, mais uqi peut être aisément contourné.
Entendons-nous bien, la question n'est pas de savoir s'il fallait intervenir, mais plutôt de savoir pourquoi on a tant attendu (uns outien arabe ? nous ne l'avons pas plus aujourd'hui qu'en début de mois - un soutien russe ou chinois ? idem).
Cette intervention est beaucoup trop tardive et laisse les insurgés (pourtant aidés en secret depuis le début du mois - voir les livraisons de canons antiaériens françaises à Benghazi) en position affaiblie : la Cyrénaïque est menacée, et ils ne peuvent plus soutenir les villes soulevées à l'Est (Tripolitaine) : Misrata est abandonnée à sons ort, comme Zaouyia et autres...
Une guerre sans chef et sans plan :
Perdu dans sa activisme et son agitation chronique, et incapable d'avoir la moindre réflexion, Sarkozy se retrouve aujourd'hui à la tête d'une "coalition" sans chef et sans plan, faite de bric et de broc et qui a vocation malheureusement à se déliter avec le temps (voir les atermoiements italiens par exemple).
lancer une campagne aérienne n'a de sens que dans deux hypothèses :
- soit la structure politique du pays présente une faiblesse à l'action aérienne : cette hypothèse est rare mais explique le succès remporté contre la Serbie à l'issue d'une longue campagne uniquement aérienne qui a mis le clan Milosevic à genoux et l'a forcé à négocier la paix et accepter une occupation terrestre du Kosovo. Cette campagne est d'ailleurs la seule où la décision a été exclusivement remportée par les bombardements aériens ciblés et efficaces, révolutionnant la stratégie aérienne (voir par exemple cet ouvrage qui expose les tenants et les aboutissants de cette "révolution").
La Libye est-elle dans cette configuration ? D'après les éléments en notre possession, on peut en douter, aucune des emprises de la tribu Kadhafi n'étant réellement vulnérable par les airs.
- soit préparer une intervention au sol en "attendrissant" les défenses ennemies, réduisant son potentiel matériel et démoralisant les hommes : c'est le cas classique de la préparation aérienne, version moderne des préparations d'artillerie, précédant le soffensives terrestres.
Or la Coalition n'a ni l'intention, ni les moyens d'intervenir au sol dans un cadre offensif (même si les USA paraissent rassembler des forces de Marines en Méditerranée).
Il reste un scénario de type "afghan", l'offensive terrestres reposant sur des forces locales. Si l'on peut douter des capacités des insurgés à réaliser ce type d'offensive, le résultat de ce type de scénario, aboutissant comme en afghanistan à remplacer une domination tribale par une autre ne peut satisfaire sérieusement aucun stratège.
Bref, la guerre aérienne actuelle a été lancée sans Stratégie sérieuse d'exploitation, misant (pariant serait plus exact) sur un effondrement de Kadhafi qui ne s'est pas réalisé.
Car de fait, et c'est la situation actuelle : une fois la "no flying zone" établie, on fait quoi ?
Un nouveau concept : la guerre sondagière :
Car en fait, l'opération déclenchée par Sarkozy n'a pas pour but de résoudre la situation libyenne, mais est avant tout liée à des considérations de politique intérieure.
Comme je l'avais entrevu, le pouvoir UMP est aux abois et prêt à tout pour se sortir de la nasse d'impopularité dans laquelle il se trouve, même en déclenchant une guerre (voir notamment mon billet "donc il faudra une guerre" et celui sur Sarkozy "l'homme qui transforme tout ce qu'il touche en plomb").
C'est donc à un nouveau concept de l'histoire militaire que nos courageux militaires (pensons notamment à nos pilotes qui risquent leur vie pour cela) que Sarkozy nous confronte : la guerre sondagière, comme aux plus belles heures du colonialisme.
La fuite en avant est flagrante et il ne recule devant rien pour faire oublier son bilan catastrpohique et les perspectives sombres à laquelle il destine les français.
Ce calcul va-t-il être le bon ? nul ne peut le savoir même si le "son du canon" a tendance à doper à court terme la popularité des dirigeants en place.
Certains pourront argumenter contre notre analyse, qui est pourtant la seule qui nous paraisse expliquer pourquopi si nous intervenons aussi violemment en Libye, nous ne bougerons pas pour la Syrie, le Yemen, le Bahrein....
Par Verdun
Entretien à L'Opinion :
25/03/2011 10:31 par rgrs
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Entretien à L'Opinion :
25/03/2011 10:31 par rgrs
Entretien de Jean-Pierre Chevènement à L'Opinion, propos recueillis par Christian Authier, 25 mars 2011
Dans un essai riche et peìneìtrant, La France est-elle finie ?, Jean-Pierre CheveÌnement scrute le passeì, le preìsent et l’avenir de notre pays tout en s’interrogeant sur les forces aÌ l’œuvre dans la construction europeìenne et dans la mondialisation. Entretien.
L'Opinion : De Gaulle disait que la France n’existe que si elle est grande, François Mitterrand pensait qu’elle ne pouvait plus que «passer entre les gouttes». De quelle vision vous sentez-vous le plus proche ?
Jean-Pierre Chevènement: La premieÌre. Je pense que le geìneìral de Gaulle avait raison, mais la France reìelle a toujours su naviguer entre ces deux conceptions.
Vous eìvoquez dans La France est-elle finie ? un climat de repentance et de mauvaise conscience qui consideÌre l’Histoire de France comme une seìrie de fautes ou de crimes. Comment rompre avec ce climat sans verser dans un nationalisme eìtroit ?
Ce fut le geìnie du geìneìral de Gaulle de reìtablir la France dans ses preìrogatives de grande puissance au lendemain de la deuxieÌme guerre mondiale en suscitant la Reìsistance et en associant l’armeìe française, autant qu’on le pouvait, au combat victorieux de 1944-45. C’est aÌ mon sens en renouant le fil de notre Histoire aÌ l’ideìal de progreÌs que nous aiderons la France aÌ ne pas être deìfigureìe – ce qui ne manquerait pas d’arriver si le Front national entrait un jour dans un gouvernement. Par ailleurs, il faut redonner une signification de progreÌs aÌ la construction europeìenne. Le soi-disant pacte “de compeìtitiviteì“ imposeì par Madame Merkel conduirait au contraire aÌ une reìcession europeìenne et aÌ une profonde reìgression sociale : recul automatique de l’âge de la retraite, constitutionnalisation de l’interdiction des deìficits, reìduction de la part des salaires dans le revenu national...
Vous prônez un «accord de peuple aÌ peuple entre la France et l’Allemagne».
Le peuple allemand lui aussi aspire aÌ voir se desserrer le carcan de la rigueur salariale. Les syndicats allemands, le SPD qui a signeì avec Martine Aubry un texte que je qualifierais de «potable», le parti La Gauche (Die Linke) offrent le visage d’un pays qui ne semble pas condamneì pour l’eìterniteì aÌ une politique conservatrice libeìrale.
Vous relatez preìciseìment dans votre livre le ralliement de la gauche française, en particulier socialiste, au neìo-libeìralisme. On a pourtant le sentiment que cette conversion demeure dans les discours ou les programmes eìlectoraux du PS du domaine du refouleì.
En effet, le Parti socialiste n’a pas voulu assumer des choix qui le mettaient en porte-aÌ-faux avec les couches populaires. Donc, il navigue dans un double discours et le probleÌme pour lui est de deìnouer les bandelettes dans lesquelles il s’est laisseì emprisonner par la confusion du ralliement au neìo-libeìralisme avec l’ideìe de la construction europeìenne. Il est grave que le logiciel neìo-libeìral ait eìteì la base sur laquelle l’Europe s’est eìdifieìe depuis les traiteìs du Luxembourg (dit Acte Unique 1985) et de Maastricht (1992).
Il faudrait selon vous «soit changer les reÌgles du jeu de la monnaie unique, soit mettre un terme aÌ cette expeìrimentation hasardeuse». En quoi l’euro vous semble un carcan ?
Il empêche tout ajustement moneìtaire entre les diffeìrents pays. Quand la compeìtitiviteì d’un pays diverge trop fortement d’avec celle des autres, on a une crise comme celle qui a frappeì la GreÌce, l’Irlande, le Portugal... On sait que le pouvoir d’achat en Allemagne a eìteì plafonneì depuis dix ans tandis qu’il a augmenteì dans la zone euro de quinze points, en France de dix points, en GreÌce de trente points... Il est eìvident qu’aÌ deìfaut d’une relance concerteìe aÌ l’eìchelle europeìenne, cela implique une correction par la baisse des salaires, ce qui est treÌs peìnalisant et treÌs mal accepteì. Il y a une autre meìthode : la relance et la croissance qui peuvent permettre de desserrer l’eìtau de la dette et faciliter le reìtablissement de la situation des pays en difficulteì
La gauche a eu le tort de tourner le dos aux couches populaires, la droite d’abandonner la nation, eìcrivez-vous. Le vrai clivage aujourd’hui n’est-il pas entre ce que vous appeliez les «eìlites mondialiseìes» et les peuples attacheìs au cadre national ?
L’expression «eìlites mondialiseìes» est de Zygmunt Bauman, un sociologue polonais. Je constate qu’il faut que la deìmocratie se remette en marche dans chaque pays. Elle est en principe la loi du nombre et il y a une majoriteì potentielle pour construire une gauche recomposeìe. C’est ce aÌ quoi je m’efforce avec le MRC.
En tant que ministre de l’Inteìrieur, vous avez eìteì l’objet de nombreuses poleìmiques et attaques, mais elles avaient la particulariteì de venir de gens se deìclarant de gauche. On peut penser aux campagnes du Monde et de Libeìration ou aux critiques violentes de BHL. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
Ce n’est nullement un paradoxe car je suis en deìsaccord fondamental avec cet individu. Je n’ai jamais pris Bernard-Henri Leìvy pour un homme de gauche. Il repreìsente une droite camoufleìe, une sorte de neìo-libeìralisme qui se pare des atours d’une gauche fantasmeìe. Quand on ose eìcrire comme lui que l’antiameìricanisme est la meìtaphore de l’antiseìmitisme, il n’y a plus qu’aÌ tirer l’eìchelle. Il n’y a pas de deìbat possible avec un tel personnage. C’est un maître en manipulation ideìologique. Il excelle aÌ forger des grilles de lecture qui deìforment la reìaliteì.
En 2002, vous avez reçu le soutien d’eìminents intellectuels ou eìcrivains : Michel Houellebecq, Jean Dutourd, Patrick Besson, Philippe Muray, Reìgis Debray, Max Gallo... Pour autant, vous n’avez pas reìussi aÌ rassembler, aÌ «faire bouger les lignes». Comment analysez-vous cet eìchec ?
Je pense que ma tentative eìtait juste quant au fond, mais preìmatureìe. La situation en 2002 n’eìtait pas encore mûre. Depuis, la crise de 2008-2009 est venue changer la donne. Je n’aurais rien aÌ retirer aÌ mon analyse de l’Europe ou aÌ la critique de la deìsindustrialisation de la France, bien au contraire, ni aÌ ma penseìe sur l’Eìcole ou la seìcuriteì.
En 2007, Nicolas Sarkozy a eìteì eìlu avec une theìmatique et des discours ouÌ l’empreinte d’Henri Guaino et de Max Gallo, qui fut l’un de vos proches, eìtait forte. Qu’avez-vous ressenti en voyant votre discours gagner ?
On ne peut jamais empêcher un leader politique de faire de la reìcupeìration. La seule façon de l’empêcher vraiment serait de faire la politique qu’ils feignent de vouloir reprendre aÌ leur compte. Mais ce hold-up n’est rendu possible que parce que la gauche a laisseì tomber le drapeau de la nation et de la Reìpublique. Par ailleurs, entre le discours spontaneìment libeìral, atlantiste et occidentaliste de Monsieur Sarkozy et le discours d’investiture que lui a suggeìreì Monsieur Guaino, il y a plus qu’un abîme. Je crois que les Français ont aujourd’hui parfaitement mesureì qu’il y a treÌs loin des promesses aux actes et de la coupe aux leÌvres.
Vous citez le philosophe Gilles Châtelet faisant le diagnostic d’«une socieìteì mortifeÌre, drogueìe aÌ la consommation, au consensus et aÌ la communication». Peut-on en sortir ?
Oui, il faut parier sur l’homme, sur sa conscience. Par exemple, ce qui se passe sur le web est treÌs inteìressant, pas seulement en France mais dans le monde entier. On s’aperçoit que des gens reconquieÌrent un outil d’autonomie.
Votre jugement sur l’intervention militaire française en Libye ?
Cette intervention se fait dans le cadre d’une reìsolution du Conseil de seìcuriteì des Nations Unies fondeìe sur la “responsabiliteì de proteìger“, reìsolution que les Nations Unies ont faite leur en 2005. Ce n’est pas l’exercice d’un droit d’ingeìrence et encore moins d’un devoir d’ingeìrence, mais de la responsabiliteì de protection des civils. Il faut se deìlimiter au but de la reìsolution. Tous les moyens ne sont pas permis puisqu’il est exclu d’opeìrer une occupation au sol sous quelque forme que ce soit. Je pense que cette intervention se leìgitimait par le souci de proteìger les populations libyennes au moment ouÌ se fait jour dans les peuples arabes une aspiration aÌ la deìmocratie. Pour autant, rien n’est gagneì car il est plus facile de commencer une guerre que d’en sortir. Creìons les meilleures conditions pour permettre au peuple libyen de s’autodeìterminer. C’est aÌ lui de conqueìrir la deìmocratie. Pas aÌ nous de la lui imposer.
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le site Internet de l'Opinion : www.lopinion.com
Comment la financiarisation a tué l'économie
25/03/2011 10:27 par rgrs
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Comment la financiarisation a tué l'économie
25/03/2011 10:27 par rgrs
Si autrefois le capitalisme servait, malgré les conflits sociaux, au progrès technique et à l'amélioration des conditions de vie, cette utilité a, selon Elie Arié, totalement disparu avec de la financiarisation de l'économie. Dès lors, les salariés se sent dévalorisés, les dirigeants des grandes entreprises négocient des parachutes dorés et plus personne ne sait vraiment quel est le sens de la vie.
La financiarisation de l’économie mondiale a une conséquence, à mon avis essentielle, de nature ontologique, mais dont on mesure encore mal l’importance.
Le capitalisme (« le meilleur des systèmes que l’humanité ait connu jusqu’à présent », Karl Marx) a longtemps fonctionné en mettant le profit financier au service du progrès technique (sinon social, ou, du moins, pas directement) de l’humanité: les banques finançaient l’industrie, l’industrie créait des chemins de fer, des avions, des automobiles, des médicaments, de l’électricité, des logements de plus en plus confortables, de l’eau potable, etc. ; chacun retirait de son travail une impression d’utilité et de participer, à son niveau même modeste, au progrès de l’humanité, ce qui contribuait à donner un sens à sa vie.
En découlaient également, en dépit des conflits sociaux et de la lutte des classes, des sentiments tels que l’esprit d’entreprise, et la fierté (parfois un peu touchante par sa naïveté) d’appartenir à « une grande famille » ; je me souviens (authentique) de celle d’un patient, salarié des services administratifs de l’ Aérospatiale, qui m’avait dit, à la sortie du Concorde : « Voilà ce que nous sommes capables de faire ! » ; et d’un manœuvre de Renault, fier d’avoir serré un jour la main de son Président Pierre Dreyfus –ce qui ne l’empêchait pas d’être le premier à faire grève à l’occasion.
La financiarisation de l’économie, en imposant aux entreprises comme condition de leur survie la rentabilité maximale à court terme de l’actionnariat, a transformé le profit en fin en soi, et la masse salariale en variable d’ajustement ; en 20 ans, il a rendu ce monde, que j’ai pourtant connu, aussi lointain, incompréhensible et étrange que le Haut Moyen Âge.
Les dirigeants des entreprises, en négociant à leur embauche des « parachutes dorés » indépendants de leurs résultats et qui leur assurent de quoi être riches pour cinq générations même s’ils les mènent à la faillite, ont perdu tout prestige aux yeux des salariés et ont retiré à leur fortune toute justification idéologique; les banques réalisent d’énormes bénéfices (ou d’énormes pertes) avec des produits tellement sophistiqués qu’elles n’en comprennent pas toujours elles-mêmes leur nature exacte, mais dorment sur les deux oreilles en sachant que les contribuables viendront les renflouer si les choses tournent mal ; la production recherche non pas « le produit qui fait progresser l’humanité », mais « le produit qui se vendra grâce au marketing » : l’industrie pharmaceutique cherche un Viagra® pour femmes ou des hypocholestérolémiants qui feront baisser le cholestérol au-dessous de ce qui est nécessaire, l’important étant de convaincre ensuite des centaines de millions de gens de les prendre tous les jours toute leur vie ; l’industrie alimentaire nous persuade d’ acheter des produits « bio », des compléments alimentaires ou des eaux minérales cent fois plus chères que celle du robinet, sans le moindre avantage pour notre santé ; l’informatique nous oblige à acheter de nouveaux ordinateurs, logiciels, smartphones, appareils de photo, dont la plupart d’entre nous n’ont réellement besoin que de 10% des fonctions qu’ils contiennent –mais les modèles qui nous suffiraient disparaissent du marché ; etc.
La nature du rapport du salarié avec son entreprise a changé : c’est devenu du « chacun pour soi » ; le salarié intelligent entre dans l’entreprise avec l’intention d’en changer au bout de deux à cinq ans, ayant simplement amélioré son CV pour pouvoir prétendre ailleurs à un meilleur salaire ; l’entreprise effectue des licenciements boursiers, des délocalisations et des restructurations qui étaient imprévisibles la veille ; la règle du jeu est claire pour tout le monde, et il serait puéril d’y introduire, de part ou d’autre, des considérations morales : le système ne laisse le choix à personne.
Nous vivrons de plus en plus vieux – mais la société sait de moins en moins que faire de ses vieux, et, par conséquent, les vieux que faire de leur vie.
Reste qu’à la longue –et c’est cela qui est nouveau- lorsque le profit et l’argent, qui sont des abstractions au-delà du minimum vital, deviennent la seule fin en soi de toute activité, chacun, à quelque niveau qu’il se situe, sera amené de plus en plus souvent à se poser un jour ou l’autre la question « à quoi sert ma vie ? à quoi sert la vie ? » - ce qui n’était pas le cas autrefois.
Les plus simples d’esprit chercheront à donner un sens à leur vie par la satisfaction tirée de l’ étalage de leur richesse, ou en se repliant vers des valeurs communautaristes passéistes, ethniques ou religieuses ; les plus faibles, en se marginalisant et en recherchant le bonheur dans les drogues ou l’alcool ; les plus sensuels consacreront leur vie à l’érotisme ; mais tous les autres?
Voici venu le temps impitoyable de la lucidité.
Elie Arié - Tribune
Contre Marine Le Pen, la République, la vraie !
25/03/2011 10:19 par rgrs
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Contre Marine Le Pen, la République, la vraie !
25/03/2011 10:19 par rgrs
Cette semaine, Marianne laisse carte blanche à Jean-Pierre Chevènement*, pour qui seul un candidat capable d’occuper l’espace allant de Mélenchon à Villepin offirait à notre pays une perspective crédible de refondation. Il faut être pervers pour imputer à la gauche républicaine la responsabilité du hold-up dont elle est la victime.
a France n’a jamais, dans son histoire, donné de majorité à l’extrême droite. Les républicains ont triomphé des antidreyfusards au début du siècle dernier. De même le régime de Vichy, à la fois produit de la capitulation de juin 1940 et ombre portée du nazisme sur la France, a été balayé quatre ans plus tard par de Gaulle et la Résistance. Cette « loi historique » pourrait-elle être mise en défaut par un Front national « relooké » par Marine Le Pen ?
Le Front national s’est installé dans le paysage politique depuis 1983-1984, au lendemain de l’ouverture à gauche de la fameuse « parenthèse libérale » et au fur et à mesure que s’installait, à la faveur de ce retournement politique et sur la base de l’acte unique, un modèle de développement économique – dérégulation, monnaie forte, financiarisation, désindustrialisation de l’économie, chômage de masse – générateur d’une « fracture sociale » toujours plus profonde. L’extrême droite discréditée depuis la Seconde Guerre mondiale a pu ainsi ethniciser de concert avec la gauche « différentialiste » la question sociale. Elle n’a cependant jamais constitué jusqu’ici une véritable menace. La voie ouverte par Le Pen le 21 avril 2002, avec près de 17 % des suffrages exprimés, est apparue quinze jours plus tard pour ce
qu’elle était : une totale impasse politique (18 % des voix).
Peut-il en aller autrement à l’avenir ? Les tenants de la « pensée unique » s’avisent avec un mélange de terreur feinte et de délectation secrète de ce que Marine Le Pen chercherait, depuis son discours d’investiture le 16 janvier 2011, à réaliser une sorte de « hold-up idéologique » sur le discours de la gauche républicaine, en reprenant à son compte le thème de l’Etat protecteur. Certes, Philippe Cohen et Laureline Dupont ont donné sans doute par inadvertance quelques verges pour se faire battre dans un reportage publié par Marianne sur un prétendu « cabinet secret » de Marine Le Pen. Mais il est ridicule de dénoncer, comme le fait Ariane Chemin dans le Nouvel Observateur, « les intellos du souverainisme décontaminant la pensée FN », et même odieux d’annoncer le prochain ralliement de Philippe Cohen, dont tout le parcours dit l’inverse, au Front national, en attaquant à travers un mauvais jeu de mots, « Marianne-Le Pen », ou encore de décrire un « cabinet secret » de Mme Le Pen « truffé de personnages qui, pratiquement tous, ont accompagné, à un moment ou à un autre, Jean-Pierre Chevènement dans son parcours politique » (Jean-Michel Aphatie). Pour ma part, je n’en connais aucun, et s’il s’en trouvait un seul, je le désavouerais aussitôt. A bien relire le discours de Marine Le Pen, on retrouverait à ce compte les intonations et même des expressions de François Mitterrand au congrès d’Epinay de juin 1971 (dénonciation de l’« argent roi »). Tout cela fait partie d’un très banal travail de récupération politicien. Si le PS et la droite ont laissé tomber le drapeau de l’indépendance nationale et même d’une conception exigeante de la République, à qui la faute ? Et si le Front national cherche à récupérer cet héritage en déshérence, il faut être idiot pour applaudir et pervers pour renverser les rôles en imputant à la gauche républicaine la responsabilité du hold-up dont elle est victime ! C’est le degré zéro de la réflexion politique.
Il est vrai qu’une nouvelle étape de développement de l’extrême droite se dessine : la fille ne vise pas seulement à faire oublier les outrances du père. Le moment est venu pour elle d’occuper systématiquement, non pas seulement au nom de la nation mais au nom de la République elle-même, le terrain laissé libre à la fois par un PS qui a troqué depuis longtemps le discours social qu’il tenait vis-à-vis des couches populaires contre un discours « sociétal » et par une droite atlantiste et « occidentaliste » qui a abandonné l’héritage universaliste de la nation française.
Le Front national cherche aujourd’hui à exploiter à son profit une situation de crise et de rupture sociale. Il met le doigt là où ça fait mal, au point qu’on finirait par oublier comment il s’est construit à travers la dénonciation, depuis quarante ans, de l’« immigrationnisme » comme étant la source de tous les maux. On chercherait en vain dans le discours de Marine Le Pen l’ombre d’une analyse économique et sociale construite, ou la plus petite esquisse d’une politique visant à surmonter, dans l’intérêt du pays, la crise de l’euro.
Marine Le Pen est certainement une fille très maligne (au double sens du terme), mais elle est incapable de mettre en œuvre une politique de réindustrialisation et d’intégration des immigrés parce que l’idée même du citoyen lui reste étrangère. Quoi qu’il fasse, le Front national restera le parti de l’ethnicité et ne deviendra jamais celui de la citoyenneté. Il suffit de voir Marine Le Pen brandir la menace d’un « nouveau califat » sur le pays : elle nous ramène aux croisades, alors qu’il s’agit seulement de faire appliquer la loi républicaine, la même pour tous.
Marine Le Pen peut sans doute améliorer le score de son père. Si elle est en mesure de faire battre le candidat de la droite au premier tour de 2012, elle n’a pas par elle-même la crédibilité qui lui permettrait de l’emporter. Comme en 2002, un « front républicain » la renverra dans les cordes au second tour.
A vrai dire, ce n’est pas 2012 qui m’inquiète, c’est la suite.
Le Front national n’a évidemment pas changé. Le véritable carburant de l’extrême droite, c’est la crise économique, sociale et politique qui est devant nous. Le « pacte de compétitivité » Merkel-Sarkozy porte en lui la menace d’une terrible régression sociale. Si le PS ne rompt pas avec la politique de supplétif qui a été la sienne quand il a voté le traité de Lisbonne, son candidat pourra bien l’emporter en 2012, mais il offrira un boulevard à la conjonction dès aujourd’hui probable du Front national et d’une droite rejetée dans l’opposition, et cela dès les élections municipales, régionales et départementales de 2014. En s’emparant des leviers de l’action locale, l’extrême droite s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée !
Pour déjouer ce piège infernal, est-il envisageable de faire surgir d’ici à 2012 un candidat qui offre une alternative politique réelle à l’accrochage suicidaire de la France au pacte de Mme Merkel ? Et à défaut qu’aucun candidat socialiste à ce jour n’ait laissé paraître qu’il était capable d’opérer ce virage stratégique, un autre candidat pourra-t-il occuper l’espace allant de Mélenchon à Villepin afin d’offrir à notre pays une perspective crédible de refondation républicaine ? Bref, d’opposer à Marine Le Pen la République, la vraie ?
* Président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen.
http://www.marianne2.fr/Contre-Marine-Le-Pen-la-Republique-la-vraie-_a204213.html
Etrangers: comment Sarkozy et Guéant ont rendu les expulsions impossibles
25/03/2011 10:16 par rgrs
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Etrangers: comment Sarkozy et Guéant ont rendu les expulsions impossibles
25/03/2011 10:16 par rgrs
Par manque de moyens ou de volonté, le gouvernement avait déjà du mal à remplir ses quotas d’expulsions. Et tous ses manœuvres pour faire accélérer les choses ont été retoquées. La fermeté affichée du chef de l'Etat risque de n'être que du vent.
Un accroc de plus dans la politique migratoire du gouvernement. Basé sur des quotas quasi-impossibles à respecter, sans vision d’ensemble, ni connaissance des flux, elle est en plus faillible juridiquement. Et dans ce domaine, l’enjeu n’est plus seulement national mais européen. En effet, une directive européenne dite « directive retour », adoptée en 2008, impose aux Etats-membres de fixer un délai de retour volontaire de 7 à 30 jours avant de pouvoir expulser de force un clandestin. Depuis le 24 décembre dernier, les Etats-membres n’ont plus aucune excuse pour ne pas avoir transposé cette disposition dans leur droit national, faute de quoi un sans-papier peut invoquer le texte européen devant la justice administrative pour faire annuler son expulsion. En effet, lorsqu’une directive européenne contient des dispositions très claires et précises, ce qui est le cas ici, elles s'appliquent directement dans les Etats membres.
C’est le cas en France, la directive retour n’étant pas encore transposée. Une projet de loi à ce sujet est actuellement en discussion au Parlement. Pour l’heure, les arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière (APRF) ne sont assortis d’aucun délai pour un retour volontaire, sans coercition ni passage en rétention. De ce fait, ces arrêts sont contestables devant la justice administrative au nom de la directive retour. Serge Slama, juriste au Gisti, estime, dans Libération, qu’il existe déjà des « centaines » de cas d’expulsions qui ont été ainsi retoquées. Et partout en France, des tribunaux ont ainsi annulé des décisions préfectorales concernant notamment des Tunisiens venus de Lampedusa. Tant pis pour les discours offensifs du chef de l'Etat à ce sujet.
C’est le Conseil d’Etat qui a donné le coup de grâce à Guéant et Sarkozy. Le 21 mars, saisi par le Tribunal administratif de Montreuil, il a confirmé que les APRF, tels que délivrés par les autorités, étaient bien contraires à la directive retour. « Il résulte clairement de l’article 7 de la directive du 16 décembre 2008 qu’une décision de retour doit indiquer le délai, approprié à chaque situation, dont dispose le ressortissant d’un pays tiers pour quitter volontairement le territoire national », explique l’avis.Toutefois, le Conseil d'Etat précise bien qu'un sans-papier coupable de fraude ou de trouble à l’ordre public ne pourra pas bénéficier de ce délai. Mais ces personnes ne seront pas pour autant de retour dans leur pays au lendemain de leur arrestation, il faut toujours un délai pour préparer le retour de l’intéressé. En fait, l’avis du Conseil va plutôt influer sur les personnes qui seront immédiatement susceptibles d'être placés ou non en rétention en vue d’une expulsion forcée.
Failles juridiques
Sur ce plan, une belle faille juridique vient de s’ouvrir, une faille qui met à bas les discours dits «sécuritaires» de Guéant et Sarkozy. En effet, sur un point particulier, la directive retour laisse une marge de manœuvre aux Etats membres pour expulser de force sans délai (et donc pouvoir placer en rétention) un sans-papier en cas de « risque de fuite ». Mais la définition de ce qu’est ce « risque de fuite » n’était pas précisé par le texte européen qui renvoie cette responsabilité aux Etats membres.
Le problème est qu’en France, il n’existe pas encore de définition précise de ce « risque de fuite », la loi sur l’immigration étant toujours en discussion. Un vide juridique s'est donc créé au détriment des envolées du chef de l'Etat. En effet, sans définition précise, le « risque de fuite » ne peut être invoqué pour expulser de force un sans-papier. Ce dernier pourra toujours de ce fait bénéficier d'un délai pour le retour volontaire et donc échapper à la rétention. Cette faille ne pourra être comblée que lorsque le texte sur l'immigration s’appliquera (peut-être en juin). Par son inertie, le gouvernement a donc lui-même mis en place les freins à sa politique migratoire.
On imagine facilement l’impact au quotidien. En 2009, 40 116 APRF avaient été délivrés. Si chacun se met à contester son arrêté, les tribunaux administratifs, qui n’ont pas besoin de ça, risquent d’être surchargés. La faille a bien sûr été exploitée par Marine Le Pen qui a dénoncé, dans un communiqué, l'« amateurisme déconcertant » du pouvoir. Face à cela, le Ministère de l’Intérieur a promis de faire passer des « instructions précises » aux préfets pour que les APRF mentionnent bien un délai de retour volontaire, probablement d’un mois comme le prévoit la future loi sur l’immigration. Par chance, l’avis du Conseil d’Etat n’affecte pas les Obligations de quitter le territoire français (OQTF), une autre procédure (40 191 en 2009) qui prévoit déjà un délai d’un mois pour que le sans-papier quitte la France de lui-même. Lorsque la loi sur l’immigration entrera en vigueur, tout devrait rentrer dans l’ordre. Enfin théoriquement.
Juges surchargés
En effet, cette loi prévoit, entre autres, que le délai maximal de rétention passe de 32 à 45 jours pour donner plus de marge aux autorités pour expulser les sans-papiers. La fin de la durée maximale de rétention est souvent un obstacle au renvoi au pays, la procédure pouvant être longue et compliquée. Pour exemple, 70% des décisions d’expulsions n’ont pas été exécutées en 2009. C'est notamment l'obtention d'un laissez-passer consulaire de la part du pays d’origine, document qui permet à l''intéressé de passer la frontière, qui peut poser problème. Selon un rapport de la députée UMP Béatrice Pavy, 34% de ces non-exécutions étaient dues à la non-délivrance durant le délai de rétention de ce document suite à l'absence de représentation consulaire, à un retard ou même à un refus pour et simple du pays concerné.
Car derrière, ces mesures, il y a un défi politique. Le gouvernement ayant eu du mal l’année dernière à remplir ses quotas d’expulsions, tous les artifices législatifs sont bons à prendre, même les plus tordus. D’un autre côté, mener une politique du chiffre, tout en baissant les effectifs de police et en pondant des textes de loi bourrées de failles est une chose peu aisée. Le problème est que maintenir plus longtemps les sans-papiers en rétention jouera naturellement sur leur population au risque de les surcharger. Le nombre de places en CRA devrait atteindre 2063 cette année, leur taux d’occupation était en moyenne de 69% en 2009.
Autre mesure pour remplir les promesses démesurées du chef l’Etat : retarder l’intervention du juge des libertés et de la détention (JLD). Ce dernier libère souvent des sans-papiers en centre de rétention administrative (CRA), empêchant ainsi toute expulsion par la force (le JLD n’annulant le principe du retour vers le pays d’origine). Ce sont 27% des décisions d’expulsions non exécutées en 2009 qui étaient dues à l’intervention du JLD. La loi sur l’immigration a donc prévu une mesure pour le contrer. Désormais, le JLD interviendra au bout de cinq jours et non plus de deux, et c’est donc le juge administratif qui interviendra en premier dans le contentieux. A la base, le juge administratif est censé seulement la décision d’expulsion en elle-même, mais vu qu'il intervient désormais en premier, il pourra aussi juger le maintien en rétention via un référé-liberté.
Usine à gaz
La mesure est une usine à gaz. Les juges administratifs arguent qu’ils seront surchargés par les procédures, sachant qu’ils devront se prononcer 72 heures après avoir été saisis. Auparavant, c’était plutôt sur le JLD que pesait le contentieux en la matière. Selon l’Union syndicale des magistrats administratifs, les JLD s’occupent en moyenne de 40 000 dossiers d’immigration par an contre 10 000 pour les juges administratifs. Inverser leur ordre d’intervention risque naturellement d’inverser cette tendance. Autre problème : la loi sera sûrement examinée par le Conseil Constitutionnel qui pourrait considérer que le report de l’intervention du JLD nuit aux droits de la défense. Bref, encore une mesure d’affichage vouée à faire du chiffre et risquant de n’avoir aucun effet concret.
Même exemple avec la Loppsi. Toujours dans l’optique d’accélérer les expulsions, le texte initial prévoyait que le JLD puisse statuer au sein même des centres de rétention. C'était autant de temps de transport gagné. En 2006, le gouvernement avait déjà aménagé des salles d’audience à l’intérieur de plusieurs CRA, mais, en 2008, la Cour de Cassation avait déclaré ces installations illégales au motif que la loi en vigueur n’autorisait que les salles d'audience « à proximité immédiate » des CRA et non en leur sein. La Loppsi était censée réparer cette petite subtilité juridique. Mais le 10 mars, le gouvernement a été retoqué par le Conseil Constitutionnel. Ce dernier a censuré cette mesure estimant qu’elle méconnaît « les règles du procès équitable et les exigences de publicité des débats ». Plus que l’indécence, c’est donc l’incompétence qui caractérise la politique de Guéant et Sarkozy.
Tefy Andriamanana - Marianne
Dessin : Louison
Faut-il bombarder La Hongrie ?
25/03/2011 10:08 par rgrs
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Faut-il bombarder La Hongrie ?
25/03/2011 10:08 par rgrs
Révolution blanche à Budapest
Imaginons un instant que le prochain président de la République française, disposant d’une majorité de 3/5ème du Congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis) décide de faire adopter une nouvelle Constitution à son goût qui commencerait par ce préambule : « Nous, membres de la Nation française à l’orée de ce nouveau millénaire et au nom de tous les Français déclarons solennellement :
Nous sommes fiers que Clovis ait posé, voici mille cinq cents ans les fondements de l’Etat français en faisant entrer notre nation dans l’Europe chrétienne.
Nous reconnaissons, pour notre nation la vertu unificatrice de la chrétienté. Nous respectons les diverses traditions religieuses pratiquées dans notre pays.
Nous affirmons que les cadres essentiels de notre vivre-ensemble sont la famille et la nation et que nos valeurs fondamentales sont la fidélité, la foi et l’amour… »
Il suffit de remplacer « France » par « Hongrie », Français » par « Hongrois » et « Clovis » par « le roi Saint-Étienne » et on obtient le préambule du projet de nouvelle Constitution proposée au Parlement de Budapest par le Premier ministre Viktor Orban, chef de la coalition nationale-conservatrice arrivée au pouvoir le 25 avril 2010.
Orban peut tout, et il ose tout
Cette nouvelle Constitution qui doit remplacer la précédente, établie par le régime communiste en 1949 et « nettoyée » de ses scories marxistes en 1990, devrait être adoptée par le Parlement le 25 avril prochain, à l’occasion du premier anniversaire de la victoire électorale du Fidesz, le parti de Viktor Orban. Or, pour lui, son retour au pouvoir – il avait déjà exercé les fonctions de Premier ministre de 1998 à 2002 – n’est pas une simple alternance démocratique, mais une « révolution par les urnes ».
Fort d’une majorité des deux tiers au Parlement monocaméral, Orban peut tout, et il ose tout.
Le seul obstacle potentiel à la mise en œuvre de son programme, qui conjugue nationalisme exacerbé, cléricalisme revendiqué et populisme sans complexe, réside dans la vigilance – tout aussi potentielle – de l’Union européenne. Celle-ci était d’autant plus nécessaire que la Hongrie assure la présidence tournante de l’UE pour six mois, depuis le 1er Janvier 2011. Viktor Orban a certes subi quelques interpellations musclées au Parlement européen où Daniel Cohn-Bendit l’a comparé à Hugo Chavez, mais rien de bien grave, car le soutien du principal parti de l’Assemblée de Strasbourg, le PPE (démocrates-chrétiens et conservateurs), dont le Fidesz est membre, lui est acquis.
La Commission, en revanche est parvenue à le faire reculer partiellement à propos de la nouvelle loi sur la presse, qui enjoignait les médias de procéder à un « traitement équilibré » de l’actualité politique, sous peine d’amendes énormes infligées par un « Conseil supérieur des médias » entièrement composé de fidèles de Viktor Orban. L’exigence du « traitement équilibré » a été mise entre parenthèses jusqu’à la fin de la présidence hongroise de l’UE, mais les opposants craignent qu’elle revienne par la fenêtre dès le mois de juillet prochain.
Criminalisation des opposants
L’autre héritage « révolutionnaire » cher à Viktor Orban est la criminalisation des opposants. Et les procès n’ont pas seulement lieu devant le tribunal médiatique. Le raz-de-marée électoral en faveur du Fidesz et la déroute des socialistes sont la conséquence de la gestion calamiteuse de l’économie par ces derniers qui a mis le pays au bord de la faillite, le contraignant à appeler l’UE et le FMI à l’aide. Mais ces milliards perdus n’ont pas fini dans leur poche… Une commission d’investigation a pourtant été mise en place pour établir un dossier permettant de traduire en justice les anciens dirigeants, au premier rang desquels figure l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany. Ce dernier avait eu le malheur de déclarer, en petit comité, au lendemain de victoire électorale d’avril 2006 : « Nous avons merdé (…). Personne en Europe n’a fait de pareilles conneries, sauf nous (…). Il est évident que nous avons menti tout au long des derniers dix-huit mois ». Cette confession, subrepticement enregistrée et diffusée à la radio, a provoqué de très violentes manifestations et la montée en puissance d’un nouveau parti d’extrême droite le Jobbik, ultranationaliste et ouvertement antisémite.
Le complot des universitaires
Mais les politiques ne sont pas seuls dans le collimateur judiciaire de Viktor Orban. Une campagne de presse, alimentée par l’entourage du Premier ministre, s’en est pris à une demi-douzaine d’universitaires hongrois, dont des philosophes de réputation internationale, comme Agnès Heller. Ces derniers sont accusés d’avoir détourné l’équivalent de 1,8 millions d’euros des fonds de la recherche scientifique. Cette crapoteuse affaire ne repose que sur la dénonciation calomnieuse et à forte connotation antisémite d’un membre de l’Institut de philosophie, promu depuis directeur-adjoint du département.
La communauté internationale des archivistes et des historiens s’émeut également du projet du gouvernement hongrois de retirer des archives nationales les documents produits par les « organes » du régime communiste sur les individus. La loi prévoit que les personnes concernées par ces archives auront la possibilité d’en demander la destruction, ce qui obère le travail des futurs historiens de cette période. Accessoirement, cela peut permettre à quelques amis d’Orban quelque peu mouillés dans l’ancien régime de se refaire une virginité éternelle…
Conception ethnique de la nation
Le projet de nouvelle Constitution repose sur une conception ethnique de la nation, excluant implicitement les non-magyars de la communauté nationale et y incluant tout aussi implicitement, mais sans équivoque les quelques deux millions de Hongrois citoyens des pays voisins (Roumanie, Slovaquie, Serbie). Elle ouvre la porte au « révisionnisme » des frontières établies en 1920 par le traité de Trianon, pour le cas où le dogme de l’intangibilité des frontières au sein de l’UE se voit remis en question, par exemple par la scission de la Belgique… L’évocation rituelle de ce traité de Trianon, il est vrai fort injuste pour les Magyars, sert de piqure de rappel nationaliste lorsque les dirigeants politiques veulent détourner l’attention des citoyens de leur mauvaise gestion. Pour l’instant, Viktor Orban se contente de proposer l’attribution de la nationalité à tout Magyar « hors frontières » qui en ferait la demande et évoque la possibilité de leur accorder le droit de vote aux législatives…
L’autre bouc émissaire de la colère des Hongrois est la communauté Rom (ou Tziganes), qui constitue 7% de la population du pays et vit dans sa très grande majorité dans un état de misère et de déréliction totales. Des « milices citoyennes », noyautées par le Jobbik ont récemment opéré des descentes dans les quartiers roms de villes moyennes, pour intimider cette population accusée de vivre de rapines.
La présidence de l’UE a été l’occasion pour la Hongrie de se livrer à une sorte de chantage vis-à-vis de ses partenaires européens : aidez- nous à financer les programmes d’éducation, de santé, de formation professionnelle pour nos Roms sédentarisés, sinon ils vont se mettre en mouvement vers des pays plus riches et plus généreux en matière de prestations sociales…
Viktor Orban n’a pourtant pas trop mauvaise presse chez nous, car il a trouvé le filon pour se faire bien voir : refuser tout entretien avec des journalistes qui connaissent un peu la question, et privilégier la presse « people ». C’est ainsi que Paris-Match s’est récemment offert un de nos meilleurs esprits pour faire l’éloge du jeune Premier ministre et de sa petite famille sur quatre pages avec plein de jolies photos.
Luc Rozensweig
Marine Le Pen, 90% Le Pen, 10% Marine
25/03/2011 10:02 par rgrs
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Marine Le Pen, 90% Le Pen, 10% Marine
25/03/2011 10:02 par rgrs
La nouvelle présidente du Front National est habile. Presque tous les médias ont véhiculé sans la questionner la thèse selon laquelle elle est moins extrême que son père, plus fréquentable et républicaine. Et si le recentrage du FN était surtout cosmétique ?
Une communication habile
En avril dernier Marine Le Pen expliquait sur Europe 1 que les « saillies » de son père, si elles faisaient son charme, étaient contre-productives. Déjà, en se plaçant sur l’angle de la communication, elle sous-entendait qu’elle ne remettait pas en cause ce qu’est son parti, mais seulement sa communication. Cela limite la rénovation apparente du Front National à une opération de communication destinée essentiellement à augmenter son potentiel électoral.
En cela, la scénarisation de son accession à la présidence du parti de son père était idéale : la confrontation avec plus à droite qu’elle l’a fait passer pour une modérée. Absolument tous les médias ont rapporté sans broncher cette version des faits, qui correspond pourtant exactement à ce que la nouvelle présidente souhaitait que l’on raconte. Son discours, en rupture avec ceux de son père, accréditait parfaitement cette thèse. Bref, l’opération de communication est un succès total.
Mieux, les médias modérés, après avoir relayé l’histoire qu’elle souhaitait raconter, continuent à la traiter comme une pestiférée et à lui donner des leçons de morale dignes d’un procès de Moscou, comme mardi soir au Grand Journal de Canal Plus. Ils ne se rendent pas compte qu’il y a une grande incohérence à valider la thèse d’un recentrage du FN tout en le traitant aussi mal. Du coup, cette émission est sans doute une des meilleures promotions possibles pour Marine Le Pen
Sociologie et programme économique
Pour être honnête, certains aspects de son programme ont évolué avec l’arrivée de la nouvelle présidente. Sa partie économique, volontiers anti-étatiste, antifiscal et d’inspiration franchement libérale est en passe d’être rénovée dans une direction plus proche d’un dirigisme colbertiste et social. D’ailleurs, le FN version Marine Le Pen n’hésite pas à reprendre les analyses de Jacques Sapir sur son site, et même les miennes (mises en ligne dans leur dossier sur l’euro).
En fait, cette évolution est totalement logique et correspond davantage à une base populaire, qui souffre de la mondialisation et en attente d’un Etat plus protecteur. Sociologiquement, avec sa domination des classes ouvrières, que le Parti Socialiste lui a abandonnées, le Front National est « passé à gauche », prenant la place du Parti Communiste. Là aussi, on peut voir dans l’évolution du parti une mise en cohérence avec un objectif électoral plus ambitieux, un souci de communication.
Car le vote Front National est un vote essentiellement social, un vote des exclus du système. C’est un vote qui n’est pas très compliqué à comprendre. Face à des grands partis qui promettent beaucoup et réalisent peu, qui défendent la globalisation néolibérale qui fait mal à ces classes populaires, et qui semblent davantage préoccupés par leur nombril que par le sort des Français, le vote FN a une vraie logique. Mais c’est un vote de protestation et non d’adhésion.
Un programme qui a moins évolué qu’on ne le dit
Mais sur les autres aspects de son programme, le nouveau Front National n’est pas si différent de l’ancien. Marine Le Pen n’a eu besoin de supprimer que deux des vingt-cinq chapitres de son programme, ce qui tempère largement l’évolution affichée du parti. Sur de nombreuses questions, le FN version Marine ressemble comme deux gouttes d’eau au FN version Jean-Marie. Sur l’immigration, elle continue à véhiculer les mêmes mensonges et à surfer sur la peur de l’autre.
Sur les questions de société, le Front National reste dans les marges extrêmes de notre vie politique. Il est toujours favorable à la peine de mort. Et Marine Le Pen s’est également prononcé récemment contre le remboursement de l’IVG, un retour en arrière assez incroyable pour la condition féminine et une pratique profondément inégalitaire dont les conséquences seraient sans doute dramatiques. Enfin, je ne parle pas des mesures discriminatoires entre Français…
On retrouver toujours dans le Front National de Marine Le Pen la même dialectique frontiste du bouc-émissaire étranger, qu’elle n’a que légèrement renouvelée en ciblant davantage les musulmans. On peut être souverainiste ou lutter contre la globalisation ou l’Europe sans tomber dans la haine de l’autre, Là-dessus encore, le Front National bleu Marine reste dans la droite ligne du parti paternel. Marine Le Pen n’a fait que quelques inflexions dans le discours, certes bien ciblées.
Un problème de personnes
En outre, un parti politique, ce n’est pas qu’un discours. Certes, le discours de son accession à la présidence du FN marquait une forte inflexion. Mais depuis, dans le détail, la différence n’est pas si grande. Et puis surtout, le FN, ce sont aussi des dirigeants, qui accèderaient au pouvoir si Marine Le Pen était élue à la présidence de la République. A tous ceux qui sont tentés de voter FN, je demande de réfléchir aux personnes auxquelles ils donneraient les manettes du pouvoir…
Une analyse rapide de la composition du Bureau National du FN permet de constater qu’une bonne partie de ses membres n’a pas changé, avec des personnes liées à l’OAS… Ce parti conserve aussi comme logo la flamme tricolore des fascistes Italiens nostalgiques de Mussolini. En outre, on ne peut pas dire que les expériences des gestions municipales frontistes aient révélé de grandes compétences parmi les divers maires que le Front National a fait élire.
Par ses dirigeants, par sa culture, par son histoire, bref, par ce qu’il est encore aujourd’hui, et qui n’est pas si différent de ce qu’il était hier, le Front National reste un parti d’extrême-droite, un parti qui refuse de laisser les journalistes pénétrer son Congrès, un parti dont le président d’honneur parle du « nez » des juifs, dans la pire tradition extrémiste du début du siècle dernier, un parti qui élit la fille de son père pour lui succéder (ce qu’aucun autre parti républicain n’a jamais fait).
Bref, si Marine Le Pen a parfaitement réussi son opération de communication, il faut se souvenir d’une chose : c’est essentiellement une opération de communication. La nature profonde du parti a un peu changé, mais seulement un peu, et peut-être plus par calcul que par réelle conviction républicaine.
Laurent Pinsolle
Sur le front républicain, je vous invite à lire l’excellent papier de Romain Pigenel
Demain, lettre ouverte à quelques compagnons tentés par le vote FN
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Front National : Quels programmes sur l'emploi et l'économie ?
25/03/2011 06:59 par rgrs
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Front National : Quels programmes sur l'emploi et l'économie ?
25/03/2011 06:59 par rgrs
Le discours de Marine Le Pen séduit une partie des victimes de la mondialisation et de son lot de précarité ou de chômage. Mais que propose t-elle comme solutions en termes d'économie et d'emploi. Nous sommes allés lire le programme du FN sur son site Web
En décembre 2010, Louis Aliot, compagnon et boîte à idées de Marine Le Pen, déclarait : « (...) Il faut faire comprendre au plus grand nombre que nous avons un programme économique et social alternatif à la gauche et à la droite. Et nous devons montrer que nous ne sommes pas seulement une force de contestation, mais aussi une force de propositions (...) » - MSN C'est un peu en évoquant ce « programme économique et social alternatif » et beaucoup la question ... de l'immigration, que le Front National a fait campagne, pour les cantonales, avec le résultat qu'on connaît.
Bien qu'il reste plusieurs mois à Marine Le Pen et son équipe pour peaufiner son programme présidentiel, on peut déjà en découvrir l'essentiel, disponible, sur le site du mouvement. Nous nous sommes tout particulièrement intéressés aux rubriques : « Acteurs économiques et emploi » ainsi que « Economie et budget »
Et qu'y trouve t-on ?
Les réponses, dans l'immédiat se résument au même message laconique : « Cette partie du programme du Front National est en cours de réactualisation. Merci de revenir dans quelques jours »
Certes, on peut trouver sur le site du Front National un document sur un projet économique. Seulement il s'agit d'une critique ... de celui de l'UMP !
Qu'y lit-on ?
Extrait : « (...) Les experts du Front National ont donc évalué les conséquences prévisibles du projet économique et social de l’UMP, en se fondant sur des hypothèses réalistes, et en tirant le bilan du passé ; leurs conclusions sont sans appel : les conséquences du projet économique et social de l’UMP constituent dans tous les domaines une aggravation importante des difficultés déjà rencontrées par les Français. L’objectif de ce document n’est pas de comparer les projets de l’UMP et du FN, mais d’expertiser objectivement le projet de ceux qui ne cessent de se présenter comme les « professionnels » de la politique, les « experts » économiques, sans avoir l’humilité de regarder leur bilan. Le FN continue par ailleurs de développer son propre projet économique et social, n’en déplaise aux bonimenteurs de l’UMP, comme le prouvent nos fréquentes publications et interventions médiatiques (...) »
Pour avoir, toutefois, quelques éléments, il faut donc se tourner vers le magazine Challenge qui nous donnait quelques pistes, le 23 mars : Ce serait Jean-Richard Sulzer, professeur de finance à Dauphine qui plancherait sur le programme économique et social.
Selon lui : « (...) Alors que son père était ultralibéral, par réaction au communisme, Marine Le Pen est dirigiste, dans le sens colbertiste du terme. C'est-à-dire qu'elle n'est pas contre un Etat fort (...) Le Front présentera ce mois-ci (mars 2011) une dizaine de grandes options économiques consécutives à ce réajustement idéologique. Elles auront pour base la liberté du commerce et de l'industrie à l'intérieur du pays, garantie par un Etat gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l'extérieur (...) »
Pour en savoir plus, il faudra attendre que le Front National veuille bien effectuer : La réactualisation des programmes : «Acteurs économiques et emploi » ainsi que « Economie et budget ». Ce qui ne devrait, selon toute vraisemblance, pas être fait avant ... dimanche, deuxième tour des élections cantonales.
Slovar
Pour un vrai front républicain
25/03/2011 06:54 par rgrs
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Pour un vrai front républicain
25/03/2011 06:54 par rgrs
Mais qu'elle bonne idée que celle de faire un front républicain, voilà bien un moyen d'essayer enfin de redresser la situation politique et économique française, qui convenons-en, en a bien besoin. On va enfin avoir une union des démocrates et des républicains au nom de la survie de notre pays et de ses principes. Enfin une union de tout les partis de France pour rendre à notre pays son indépendance et sa souveraineté. Mais quel front républicain ce serait, alliant souverainiste de droite comme de gauche et n'ayant pour seul objectif que le retour à la souveraineté du peuple et de la nation française...heu... mais... Autant pour moi, je me suis trompé en fait, il faut dire que le titre est un peu trompeur en fait. Malheureusement il parait que le front républicain c'est seulement pour faire barrage au FN. J'avoue être un petit peu déçu là, avec toutes ces mauvaises nouvelles qui s'accumulent, je pensais en avoir de bonnes, enfin en plus de la déculotté de l'UMP au premier tour des cantonales.
Le vrai front républicain n'est pas celui qu'on croit
La vérité dans cette affaire c'est qu'il est presque comique d'entendre des partis, qui n'ont eu de cesse depuis trente ans de bafouer toute les lois et les principes de la république, s'en faire soudain les défenseurs. Et cela uniquement quand ça les arrangent et que cela correspond à leurs petits intérêts électoralistes. Où étaient donc les défenseurs de la république du PS et de l'UMP lorsque le président et les députés, y compris de gauche, ont fait voter un texte qui avait été rejeté par référendum en 2005? Où sont donc nos défenseurs de la démocratie lorsque l'on impose au peuple de France des politiques pour lesquelles il n'adhère pas? Lorsqu'on lui impose de renflouer le système bancaire avec des deniers public pour ensuite justifier la destruction des services publics, et cela au nom de la réduction de la dette provoquée par ces mêmes sauvetages. Où sont donc nos républicains lorsque les entreprises française s'en vont à l'étranger parce qu'elles ne peuvent résister à la concurrence étrangère, à cause d'une monnaie unique idiote et d'une concurrence suicidaire avec des pays à salariés massivement sous-payés. Où sont donc ces républicains lorsqu'il faut résoudre les problèmes concrets des français, du logement au chômage, en passant par la délinquance, la baisse du niveau de vie et l'effondrement de nos services publics. La république ce n'est pas que des textes poussiéreux qu'il faut vénérer comme nos des primitifs le font avec des totems ou des idoles. La république c'est avant tout des principes en action, et le moins que l'on puisse dire c'est que s'il y a bien des partis anti-républicains en France, ils sont malheureusement déjà au pouvoir.
Le FN est un épouvantail, rien d'autre, il permet au PS et à l'UMP de continuer à faire croire qu'ils défendent l'intérêt français alors même qu'ils ont été au pouvoir ces trente dernières années et que la situation actuelle du pays est bien le fruit de leurs politiques conjointes. C'est décidément bien facile d'accuser autrui d'irresponsabilité ou de démagogie quand, soit même, l'on provoque de façon répété des catastrophes politiques et économiques. Le vrai front républicain n'est pas celui qui arrêtera le FN et les fantasmes qu'il entraîne chez certain, le vrai front républicain se sera celui mettra, une bonne fois pour toute, fin à la parenthèse néolibérale dont notre peuple ne cesse de payer les conséquences depuis 1983. Le vrai front républicain sera celui qui mettra fin au libre-échange et à la concurrence libre et donc complètement faussée. Ce sera un front qui ne considérera plus la hausse des salaires comme une catastrophe et les stock option comme une invention géniale. Le vrai front républicain sera celui qui osera remettre de la politique dans l'économie et qui rompra avec l'idée que le féodalisme économique est un modèle de civilisation progressiste. Donc en réalité le vrai front républicain sera celui qui se dressera contre les politiques néolibérales de l'UMP et du PS, et contre les contraintes européennes. Il y a bien une bête immonde à abattre mais elle triche sur son identité.
Yann
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