Cantonales: la valse des étiquettes
22/03/2011 06:48 par rgrs
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Cantonales: la valse des étiquettes
22/03/2011 06:48 par rgrs
Un jour, la France sera une grande démocratie: ses citoyens iront voter ...et son ministère de l'Intérieur fournira de véritables statistiques électorales!
Pour le Cevipof comme pour mon site Europe-politique.eu, j'ai été fréquemment amené à travailler des résultats électoraux dans d'autres État européens. Autant j'ai toujours eu des interlocuteurs efficaces et rapides au bureau des élections Place Beauvau, autant les étiquettes politiques retenues pour les statistiques officielles ne sont pas dignes d'une grande démocratie...
L'enjeu n'est, il est vrai, pas que technique: les gouvernements se sont souvent servis des "divers" comme variable d'ajustement des résultats électoraux...
En ce qui concerne les élections cantonales sous la Ve République, l'étiquette "Action locale" a d'abord brouillé les pistes entre majorité et opposition en 1961, 1964 et 1967.
Puis, pour le second tour des cantonales de 1970 (et en 1973), le ministère de l'Intérieur a subitement distingué les "divers gauche", les "divers modérés favorables à l'opposition" et les "divers modérés favorables à la majorité". Un vrai progrès pour l'intelligibilité des statistiques électorales.
"Artifice de présentation destiné à compenser la faiblesse des partisans organisés de la Majorité?, décryptait à l'époque Alain Lancelot. En partie sans doute, mais qui ne fait guère violence à la réalité; car les modérés sans étiquette sont certainement plus proches aujourd'hui de la vaste coalition de Centre droit qui soutient M. Pompidou que du petit noyau centriste d'appellation contrôlée que l'idéologie, l'humeur ou la fidélité rejettent dans l'opposition [NDLR: toute ressemblance avec des personnes ou des situations existante ne saurait bien entendu être que fortuite]. Quoi qu'il en soit, cette présentation est très significative des relations nouvelles qui tendent à s'établir entre la vie politique nationale et la vie politique locale puisque le ministère de l'Intérieur d'un gouvernement qui s'est pourtant attaché à dépolitiser au maximum la consultation cantonale considère qu'aucun candidat à un siège de conseiller général ne peut échapper à la summa divisio qui s'établit à l'occasion des élections législatives et présidentielles [NDLR bis: toute ressemblance avec des personnes ou des situations existante ne saurait bien entendu être que fortuite].
Aux élections cantonales de 1976, la majorité giscardienne invente un sigle nouveau et éphémère: "centre gauche majoritaire", qu'il convient en réalité de classer à droite. Concrètement, il s'agissait en effet de fournir un refuge aux ex-socialistes (Emile Muller, Max Lejeune, Éric Hinterman) et aux ex-radicaux de gauche (Henri Caillavet) ralliés à la majorité de droite - ce sont en quelques sortes les ancêtres de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel. Pour ces mêmes élections, la nuance est toutefois subtile entre les "divers modérés favorables à la majorité" (catégorie qui, de fait, disparaîtra en 1982 après l'alternance) et les "divers droite".
Si les catégories "divers gauche" et "divers droite" (puis divers écologistes et divers extrême droite) se sont imposées, elles n'en posent pas moins un double problème:
1) Elles ne permettent pas de savoir combien de suffrages ont obtenu les partis politiques ainsi agrégés. Deux exemples.
C'est en 1988 que le FN est extrait de la catégorie "extrême droite", ce qui signifie que l'on ne sait pas combien de voix le parti lepéniste avait précédemment obtenu aux élections cantonales de 1982 (première émergence) et 1985. Pis, dans l'attente de me pencher sérieusement sur cette question, j'offre un verre à celui ou celle qui m'identifie l'unique élu d'extrême droite en 1982 (il n'est pas FN, j'ai toutefois une piste) et le second en 1985 (en sus du premier conseiller général FN, là je n'ai aucune piste).
Pour les cantonales de 2011, le ministère de l'Intérieur a rejeté la demande du Front de gauche de prendre en compte cette étiquette dans le classement des candidats par nuance politique: "Cette grille des nuances est régulièrement mise à jour pour tenir compte de la création de nouvelles formations politiques, explique la Place Beauvau. Elle a notamment pris en compte la création du Parti de Gauche. Elle ne peut en revanche s'adapter pour prendre en compte les alliances électorales entre partis politiques au risque de ne plus permettre d'analyser les scrutins sur le long terme. Ainsi, la création d'une nuance Front de Gauche aurait conduit à faire disparaitre la nuance Communiste présente dans les grilles d'analyse du ministère de l'Intérieur depuis plusieurs décennies." Un argument fallacieux, puisqu'il suffisait de détailler au sein du Front de gauche les candidats PCF, PG, etc. Or, avec les statistiques du ministère de l'Intérieur, nous pouvons bien additionner ces deux catégories mais pas ajouter les candidats "divers gauche" du Front de gauche".
C'est pourquoi, j'essaye de prendre le temps à chaque scrutin (cf. les élections européennes de 2009 et les élections régionales de 2010) de retravailler les statistiques du ministère de l'Intérieur en affinant les étiquettes. J'espère trouver le temps de m'y atteler pour ces cantonales (combien de suffrages exprimés et d'élus éventuels pour le NPA, DLR, Cap21, l'AEI, etc.?) mais ce n'est pas gagné...
2) La bipolarisation de la vie politique française depuis le milieu des années soixante-dix avait au moins simplifié les analyses en ce qui concerne les grands équilibres politiques. Or, la renaissance, autour de François Bayrou, d'un centre véritable (c'est-à-dire au centre et pas à droite) est revenu compliquer les classements pour ces cantonales. Pour l'UDF, c'était simple: elle était à droite. Pour le MoDem, en revanche, nouveau centre d'opposition, les choses se compliquent...
C'est ainsi que, sans donner leurs noms mais seulement leurs départements, le MoDem revendique sur son site huit élus au premier tour (en fait neuf en croisant avec un autre communiqué du parti centriste, dans un département non cité). Or, le ministère de l'intérieur n'en comptabilise que deux: Philippe Rochoux (48) et Michel Dennemont (974). Les autres élus revendiqués par le MoDem (d'après mes recoupements) sont ainsi catalogués "divers droite" (cinq), "M" (un "Autres candidats majorité présidentielle") et "M-NC" (un "Majorité présidentielle-Nouveau Centre"). Ce dernier (Jean-François Leclet, Ardennes) était étiqueté UMP en 2004, et il me semble donc effectivement être proche du positionnement du Nouveau Centre. Mais, pour les cinq "divers droite" ou "divers majorité présidentielle", la classification et plus problématique: il s'agit certes d'élus se revendiquant d'une majorité départementale de droite, mais ce sont des membres (ou apparentés: groupe Forces 64! des Pyrénées Atlantiques; groupe Centriste, Écologiste, Démocrate, Régionaliste et Européen - CEDRE - du Bas-Rhin) du MoDem qui mériteraient donc davantage d'être classés "divers centre" que "divers droite"...
Laurent De Boissieu
Libye-Côte d’Ivoire: l’ingérence à géométrie variable
22/03/2011 06:39 par rgrs
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Libye-Côte d’Ivoire: l’ingérence à géométrie variable
22/03/2011 06:39 par rgrs
Trois jours à peine après le début des attaques sur la Libye, une partie de la presse africaine et le camp Ouattara dénoncent l'abandon de la Côte d'Ivoire par la communauté internationale. Un deux poids-deux mesures dans l'engagement des puissances occidentales qui démontre que, du fait de leur complexité, les opérations de paix médiatico-démocratiques ont vécu.
En côte d’ivoire, on a pas beaucoup de pétrole, mais on a du cacao. Les esprits taquins souligneront que le pays se cherche également son BHL susceptible de focaliser l’attention de quelques grands de ce monde à coups d’éditos et d’interventions en direct-live.
Passons. La côte d’ivoire n’est pas la Libye. Loin de la géopolitique Libyenne, le pays ne fait pas le poids.
A peine la résolution permettant la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne votée au conseil de sécurité de l’ONU, les premiers éditos polémiques affluaient dans la presse africaine : « La communauté internationale a-t-elle abandonné la Côte d’Ivoire ? C’est la question que bon nombre d’Ivoiriens se posent actuellement. Les ivoiriens ont l’impression qu’ils ont été oubliés par l’ONU, l’Union Européenne, les Etats-Unis d’Amérique, la France, etc. au détriment des révolutions arabes. Ils s’expliquent difficilement la promptitude avec laquelle la communauté internationale avec la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis en tête, a réagi dès l’éclatement de la crise libyenne » écrit Le Patriote. Consacré par l’ONU, on le voit, le droit d’ingérence est à géométrie variable. Certes Kadhafi utilisait des avions et des chars contre son peuple, mais cela fait désormais 4 mois que la crise couve en Côte d’Ivoire. Massacres, charniers, guerre civile, connectionivoirienne.net parle de 500 morts, des milliers de blessés et des millions de déplacés. Bombarder Tripoli pour mieux ignorer Abidjan, cibler Kadhafi et épargner Gbagbo, telle est la « logique » d’engagement des puissances occidentales.
Une attention plus grande aux crises lucratives
« Tous les critères légitimant une plus forte intervention de la communauté internationale sont réunis mais celle-ci, au-delà de sa première salve de sanctions, est tétanisée alors que la guerre dont on parle au futur est déjà au présent » estime Christian Brazzin, spécialiste des organisations internationales qui dénonce le fait que « les grandes puissances démocratiques, France, USA, Grande-Bretagne sont déjà passées à une crise plus « lucrative », laissant en Côte d’Ivoire un sillon de mots et de déclarations vides. C’est normal, la Côte d’Ivoire n’est pas « à deux heures de Paris » au cœur de l’Europe, elle ne borde pas la méditerranée, elle n’est pas le pays d’en face avec 3% de la production mondial de pétrole haut de gamme ».
Constatant ce « deux poids, deux mesures », le camp d’Alassane Ouattara réclame ouvertement que, sur le terrain, l’Onuci joue plus efficacement son rôle de protection des populations civiles. Et là aussi, pour le camp Ouattara, l’exemple Libyen est un argument massue : « On ne peut pas comprendre que la communauté internationale se soit mobilisée pour la Libye et qu'elle ne puisse pas prendre des décisions fermes sur la Côte d'Ivoire. Il faut le faire immédiatement, c'est une question de vie ou de mort », a insisté Anne Ouloto, porte parole de Ouattara.
La fin des opérations de démocratisation faciles
Imparable à première vue: si l’on est favorable au droit d’ingérence, il ne doit souffrir aucune exception. La Libye certes, mais pourquoi pas la Tchétchénie, la Côte d’Ivoire, le Yémen, Bahreïn, l’Arabie Saoudite, la Corée du Nord. Tous les pays arabes et tous les Etats africains -qui se font très discrets dans leur pseudo-soutien à ce qui ressemble de plus en plus à une opération occidentale- encore sous le joug d’une dictature. Et la Chine, si le cœur vous en dit…
Le conseiller pour la sécurité de Barack Obama y est allé de ses explications estimant que les situations en Libye et à Bahreïn « n’étaient pas comparables. Manama (NDLR : la capitale de Bahreïn) est un allié de longue date des Etats-Unis. La magnitude de la violence en Libye, où il y avait un dirigeant qui était en train de mener une campagne militaire de facto contre son propre peuple, excédait celle des situations dans d'autres pays du Moyen-Orient » a expliqué Ben Rhodes.
Théâtre de graves violences la semaine dernière entre le pouvoir et des manifestants conduits par les chiites, un chef de l'opposition a affirmé que 100 personnes étaient toujours portées disparues depuis le début de la contestation le 14 février, au cours de laquelle 16 personnes, 12 protestataires et 4 policiers, ont été tuées et des centaines blessées. Pour taper sur sa population et mater ses révolutions, mieux vaut donc quand même être un allié des USA avec quelques barils de pétrole à refourguer à la première puissance mondiale.
Démonstration par l’absurde que les « expéditions démocratico-médiatiques destinées à faire avancer la démocratie au son du canon » selon l’expression du philosophe Marcel Gauchet, relèvent plus de l’arbitraire que d'un quelconque « droit » qui s'imposerait à tous. Tout engagement de la communauté internationale dans une action démocratique est le résultat d’un savant dosage aux ingrédients le plus souvent mystérieux. Depuis le Kosovo, la guerre d’Irak et encore plus l’Afghanistan, tout ce qui pouvait être « démocratisé » facilement l’a été. Toute intervention de la communauté internationale est aujourd’hui la promesse contraignante d’un engagement coûteux humainement et économiquement, sur une longue période. Un coût de moins en moins accepté par les opinions occidentales. D'où des opérations loin d’être toujours populaires quand elles se prolongent et d’autant plus délicates à négocier politiquement et diplomatiquement. Le tout sans garantie véritable de résultats. L'ingérence démocratique, très en vogue sous Reagan et Bush reprend du poil de la bête. Si elle se justifie dans les cas extrêmes de guerre civile ou de génocide, les bombardements de modèles politiques démocratiques prêts à l'emploi n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité.
Régis Soubrouillard - Marianne
Marine Le Pen surfe sur la démission de la République
22/03/2011 06:35 par rgrs
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Marine Le Pen surfe sur la démission de la République
22/03/2011 06:35 par rgrs
La montée du FN est l'expression d'une perte de repères, une « jacquerie » des laissés pour compte de la mondialisation. Elie Arié en appelle à restaurer l'élitisme républicain, conception originelle du projet des Lumières, en passe d'être broyé par le capitalisme financier.
Donc : Marine Le Pen en tête du premier tour des présidentielles de 2012, après Jean-Marie Le Pen en deuxième place à celles de 2002.
Le monde qui se construit : l'Europe, la globalisation, la transformation des modes de production, le développement des forces productives se feront avec nous ou sans nous. Personne n'attend personne pour la construction du monde. On est dans le coup, ou hors du coup.
Le vote Le Pen est caractéristique de cette révolte populaire, une quasi jacquerie, contre le pouvoir des puissants. Ils attendent la Révolution qui n'a jamais existé pour eux, y compris celle des avantages acquis dont ont été exclus tous ceux pour qui l'idéal de la Révolution passe toujours sous le nez, à un moment ou à un autre, dans le mouvement du monde. Ils ne sont pas l'élite républicaine, ils ne sont pas pris en charge dans le mouvement du monde, ils ne participent pas à ceux qui ont le pouvoir corporatiste, comme les « régimes spéciaux », de détourner l'intérêt général pour la préservation de leurs avantages acquis. La France des laissés pour compte de la mondialisation en cours, de plus en plus nombreux, vote Le Pen.
L'élitisme républicain a-t-il été à ce point affadi, lui qui savait à chaque génération repérer et élever ses enfants les meilleurs pour en faire des modèles et des guides pour l'avenir, ou bien cela n'a-t-il pas de sens dans le monde complexe où nous vivons ?
Car le rêve conséquent des Lumières est le pouvoir pour ceux qui peuvent agir au nom de la Raison, comme citoyens : et l’élitisme républicain se nourrit de cette conception.
Les commissaires de la République, le centralisme, ne sont pas des avatars des siècles anciens. Ils sont à la source de cette conception qui fonde l'État moderne.
En cela, les Révolutionnaires français ont une conception différente des Révolutionnaires américains qui ont fondé dix ans avant eux la démocratie américaine, et proclamé les premiers les droits de l'Homme. Ils ne veulent pas pour la France, du modèle américain qui ne leur parait pas adapté à un pays nombreux, avec 80 % de paysans illettrés ou presque. Seuls ceux qui savent lire et écrire, qui peuvent payer l'impôt (pas les pauvres), qui sont libres de leurs opinions (pas les femmes, pas les domestiques) sont dignes d'être des citoyens de la République.
Le peuple pour la bourgeoisie, n’est pas différent du peuple suivant l’aristocratie : ils ont connu ensemble tout au cours de l’époque classique, la peur du peuple, et la connaîtront ensuite de nouveau : en 1848, lorsque la bourgeoisie a maté le peuple qui a voulu se mêler de la IIème République (80 000 fusillés sans jugement : on en parle très peu, dans nos manuels d'Histoire), ou lors de la répression de la Commune par Adolphe Thiers, prélude à l'instauration de la IIIème République dont il fut le premier Président.
Ceci explique que la Révolution française ait commencé par interdire toutes les formes de solidarité professionnelles ou territoriales, avec la loi Le Chapelier et le découpage départemental du territoire, tout en laissant l'espace paroissial pour l'expression de la démocratie locale pour définir le territoire qu'est la Commune, institution de base de nos civilisations occidentales.
Ceci explique que les Grandes Écoles aient été fondées dans les premières années de la Révolution pour que se dégagent des élites républicaines qui agiraient au nom du Peuple et de la Raison pour détruire l'ordre ancien et gouverner la France.
Ceci explique qu'il fallait constituer une éducation nationale qui permettrait à chaque citoyen de savoir lire et écrire pour comprendre individuellement sa situation et repérer les élites futures parmi les meilleurs éléments.
Or, la mondialisation fait aujourd'hui exploser cet État-Nation, et Internet participe largement de la vision du « village global » et de « la fin de l'Histoire » de Fukuyama, c'est-à-dire au capitalisme financier néolibéral qui fait table rase de tout le passé culturel propre des sociétés aux passés différents, pour les réduire à un mode d'expression d'individus isolés, tous égaux, tous également « experts » (finies, les formations, les expériences et les compétences longuement acquises, désormais sans aucun intérêt !), tous également et identiquement cultivés (finies, les « cultures », terme péjoratif synonyme de prétention et d'archaïsmes artificiels !), ramenés à leur fonction de consommateurs individuels et de producteurs de lieux communs, du plus petit dénominateur commun, garantie d'une humanité enfin docile.
Face à ce bouleversement et à la perte de nos repères dont le vote Le Pen est la traduction, ce n'est pas de davantage de pseudo-démocratie (« cause toujours ») que nous avons besoin, mais de davantage de République.
Elie Arié - Tribune
Réactions de Jacques Le Guen aux résultats du premier tour des cantonales
22/03/2011 06:30 par rgrs
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Réactions de Jacques Le Guen aux résultats du premier tour des cantonales
22/03/2011 06:30 par rgrs
A l'issue du premier tour des élections cantonales, Jacques Le Guen, député villepiniste du Finistère, déclare prendre "acte des résultats décevants de la majorité présidentielle" qui, selon lui, "va droit dans le mur".
Communiqué de Jacques Le Guen, député villepiniste du Finistère
"Au terme de ce premier tour des élections cantonales, je prends acte des résultats décevants de la majorité présidentielle.
Il n’est pas indispensable d’attendre le second tour de ces élections cantonales pour analyser le message d’inquiétude et d’impatience que les Français viennent de nous adresser.
Le taux record d'abstention qui est nettement supérieur à celui des élections régionales de 2010 témoigne d’une crise profonde dans laquelle est plongé notre pays. De plus, une très forte majorité des électeurs qui se sont déplacés l’ont fait pour mettre dans l’urne un bulletin de vote contre le gouvernement. La majorité présidentielle va droit dans le mur.
Face à ce vote de défiance des Français pour la majorité, le vote de ce soir doit renforcer la détermination de la majorité à améliorer la vie des Français et préparer l’avenir de notre pays.
Les Français en ont assez des déclarations incantatoires et de la multiplication des dérapages verbaux, ils attendent des résultats concrets. La forte poussée du Front National est un avertissement extrêmement préoccupant.
(...)
A travers notre pays, le second tour doit être celui du rassemblement et du désistement en faveur du candidat républicain le mieux placé pour battre la gauche."
Source: Blog de Jacques Le Guen
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/03/21/1839-reactions-de-brigitte-girardin-et-de-jacques-le-guen-aux-resultats-du-premier-tour-des-cantonales
Réactions de Brigitte Girardin aux résultats du premier tour des cantonales
22/03/2011 06:26 par rgrs
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Réactions de Brigitte Girardin aux résultats du premier tour des cantonales
22/03/2011 06:26 par rgrs
A l'issue du premier tour des élections cantonales, Brigitte Girardin, secrétaire générale de République Solidaire, a rappelé l'attachement du parti de Dominique de Villepin aux "principes républicains": "à partir du moment où dans un deuxième tour, vous avez un candidat du FN et un candidat d'un parti républicain, quel qu'il soit, notre choix ira toujours vers le candidat républicain".
Réaction de Brigitte Girardin, secrétaire générale de République Solidaire
Brigitte Girardin, secrétaire générale de République solidaire, a expliqué lundi que le parti de Dominique de Villepin choisira toujours de soutenir un candidat républicain, quel qu'il soit, s'il est opposé au second tour d'une élection à un candidat FN.
"Aux cantonales, on n'a investi ni soutenu aucun candidat. Donc, on ne va pas prendre position entre les deux tours sur cette élections en particulier", a expliqué Mme Girardin à propos de la question d'un front républicain face au FN.
"Mais il est clair que République solidaire défend les principes républicains. Et, pour nous, il n'y a pas photo. A partir du moment où dans un deuxième tour, vous avez un candidat du FN et un candidat d'un parti républicain, quel qu'il soit, notre choix ira toujours vers le candidat républicain", a-t-elle expliqué.
"C'est pour nous une question de principe", a-t-elle ajouté.
Interrogée sur la position exprimé dimanche par le secrétaire générale de l'UMP Jean-François Copé "ni vote FN, ni front républicain", Mme Girardin a estimé qu'elle se démarquait de celle exprimée par l'ancien président Jacques Chirac.
"C'est un changement de position", a-t-elle insisté en regrettant que "toute la politique menée depuis quatre ans par Nicolas Sarkozy" ait conduit à un Front national aussi haut.
Source: Agence France Presse
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/03/21/1839-reactions-de-brigitte-girardin-et-de-jacques-le-guen-aux-resultats-du-premier-tour-des-cantonales
Le Médiateur de la République tire à boulets rouges sur le gouvernement !
21/03/2011 16:11 par rgrs
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Le Médiateur de la République tire à boulets rouges sur le gouvernement !
21/03/2011 16:11 par rgrs
Le médiateur de la République vient de publier son dernier rapport. Il y évoque une augmentation du sentiment d'injustice chez les Français et parle de manque de réponse politique face au « burn out» de la société !
Jean-Paul Delevoye, le Médiateur de la République, remettra aujourd'hui à Nicolas Sarkozy, son rapport . Celui-ci est d'autant plus important, que c'est le dernier, avant que sa fonction ne soit supprimée, au profit de celui de Défenseur des droits : « (...) institution qui va également intégrer le Défenseur des enfants, la Commission nationale de déontologie de la sécurité et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) » Les NouvellesCe rapport, dont quelques média ont pu obtenir un exemplaire, est des plus critiques sur les rapports entre les citoyens et la fonction publique, et remet en cause, à la façon d'un Philippe Séguin en 2009, l'incapacité de l'état : « (...) d'analyser les besoins et de programmer ses effectifs en conséquence (...) » En clair, la condamnation du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux que Philippe Séguin qualifiait de « démarche purement quantitative (...) principalement par des considérations budgétaires de court terme (...) » - L'Expansion Cette politique qui a aboutit à supprimer de 2007 à 2010, 100.000 postes de fonctionnaires !
Au delà de l'analyse du journal Le Monde qui écrit : « (...) C'est un sévère bilan de l'administration que dresse le Médiateur de la République dans son dernier bilan annuel, lundi 21 mars (...) »
Le texte de présentation rédigé par le Médiateur de la République est sans appel
« Un an après son analyse sur l’usure psychique des Français, à l’approche des élections présidentielles, Jean-Paul Delevoye présente le 21 mars 2011 son dernier rapport annuel en tant que Médiateur de la République.
80 000 réclamations traitées par les services du Médiateur en 2010, 11 880 appels au centre d’appel du Pôle Santé et Sécurité des Soins, 33 000 demandes d’informations et d’orientation – autant d’indicateurs sur les relations entre les Français et l’administration … et sur l’état de la citoyenneté dans notre pays.
Au delà d’un simple bilan d’activité, le rapport annuel remis au Président de la République le 21 mars souligne la complexité du rapport entre intérêts individuels et collectifs, questionne l’avenir de la régulation publique et propose une réflexion aboutie sur les enjeux sociétaux et politiques (...) »
Commentant son rapport, il dresse un tableau sans concession de l'action politique du gouvernement face aux citoyens et fustige : « (...) le manque de "réponse politique face au «burn out » de la société(...) En outre, il prévient que : « (...) le Défenseur des droits qui lui succèdera ne sera pas un Zorro capable de régler tous les problèmes (...) » et ajoute que : « (...) le service public ne porte plus son nom : Contacter les administrations est devenu compliqué (...) L'administration a perdu sa capacité à faire du sur-mesure pour les personnes en difficulté » Enfin, il regrette : « (...) les restrictions budgétaires, le manque de moyens et de personnel qui se traduisent par un service dégradé, plus complexe et moins accessible ».
Pour finir par une phrase lourde de conséquences : « (...) Les débats sont minés par les discours de posture et les causes à défendre noyées parmi les calculs électoraux (...) les ressorts citoyens sont usés par les comportements politiciens (...) » - AFP/Google Ces deux dernières phrases auraient pu être également utilisées pour commenter le résultat du premier tour des élections cantonales qui, ont vu quantité de français qui , lassés d'être relégués dans : le chômage, la précarité ou sacrifiés au nom d'une mondialisation de plus en plus sauvage, ont voté pour les sirènes du ... Front National !
Mais les déclarations de Jean-François Copé qui affirme : « (...) Nous ne voterons jamais pour le Front national (...) De la même manière, pas question de préconiser un vote pour un front républicain car c'est un vote pour le PS (...) » prouvent malheureusement que l'UMP ignore toujours que : les ressorts citoyens sont usés par les comportements politiciens ...
Slovar
http://slovar.blogspot.com/
Tunisie: pas encore la démocratie, mais déjà un premier sondage!
21/03/2011 16:05 par rgrs
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Tunisie: pas encore la démocratie, mais déjà un premier sondage!
21/03/2011 16:05 par rgrs
Quelques semaines après la révolution qui a fait tomber Ben Ali, la Tunisie découvre les joies de la démocratie et ses outils politiques. Parmi lesquels les sondages, gadgets survendus dans nos vieilles démocraties qui en abusent, ils apparaissent comme des outils de connaissance et d'expression politiques dans des pays récemment sortis de longues périodes d'absolutisme. Marianne2 dévoile les résultats de l'un des premiers sondages réalisé en Tunisie.
Après le temps des révolutions, la Tunisie découvre les joies fragiles d'une démocratie balbutiante. Parmi les nouveautés qui s'installent peu à peu dans le paysage politique tunisien : les sondages. Gadgets suspects, polluants des côtes démocratiques dans nos contrées qui en consomment plus que de raison, tout en relativisant leurs résultats, ils apparaissent comme un espace d'expression politique et de connaissance des aspirations des populations dans des pays à peine sortis de l'absolutisme. En Tunisie les bureaux d’études multiplient les enquêtes pour prendre le pouls de l'opinion.
Du temps de Ben Ali, ces enquêtes politiques n’étaient que très rarement réalisées, compte tenu du fait que le pouvoir n’acceptait aucune critique.
Selon l’un des premiers sondages politiques réalisé par l'Institut ID Claire, 64,3% de la population affiche un certain optimisme concernant l’avenir de la Tunisie contre 15,4% qui se montre plus sceptique.
Les domaines à améliorer en priorité concernent la justice (34,1%), l’éducation (13,3%), l’administration publique (13%), la santé et l’emploi (7,9%).
Les principales attentes et aspirations des personnes sondées sont en premier lieu l’amélioration du niveau de vie (27,3%), plus de justice sociale (18,1%) et une baisse du chômage (16,7%). La lutte contre la corruption, les réformes économiques et la réforme de la constitution font également partie des priorités.
Les Tunisiens défavorables à un régime présidentiel
Interrogés sur les changements à apporter à la Constitution Tunisienne, il apparait que la principale préoccupation est le nombre de mandats présidentiels qu’ils ont demandé de préciser et de limiter. Les répondants souhaiteraient également, à travers la constitution, garantir la démocratie, la liberté d'expression et la liberté de la presse. D’autres éléments ont été évoqués tels que l'immunité du président (qui doit pouvoir être levée), la liberté et la transparence des élections, la réduction des pouvoirs du président, l’indépendance de la justice, la séparation entre les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judicaire) et le changement de régime. Le parfait anti-portrait du régime Ben Ali...
Concernant le type de régime souhaité, la majorité des interrogés (66,2%) choisit le régime parlementaire. Cette préférence est principalement motivée par la volonté du tunisien de participer, de donner son avis et surtout de prendre part aux décisions.
Seuls 18,1% veulent maintenir un régime présidentiel car depuis l’indépendance c’est le seul qu’ont connu les Tunisiens.
C’est le comportement des Tunisiens lors des différentes élections (municipales, législatives et présidentielles) qui se révèle particulièrement intéressant. Le sondage montre que la participation aux votes a toujours été très limitée. Il s’est avéré ainsi que seulement 18,1% ont déjà voté dans des élections municipales, 15,5% dans des élections législatives et 30,6% dans des élections présidentielles quand Ben Ali annonçait des scores fleuves de 85% voire 95% et des taux de participation jamais inférieurs à 80% !
Aucune figure politique ne sort du lot
A l’évidence, il est beaucoup trop tôt pour que les Tunsiens voient clair dans la nouvelle donne politique :
« Concernant les représentants des partis, il apparait nettement un manque de connaissance étant donné que la scène politique de l’avant 14 Janvier était dominée par le RCD. Nous avons demandé aux répondants de nous donner spontanément leurs visions de l’orientation politique des partis. Faute de bien connaître le programme politique de chaque parti, les sondés ont donné des réponses subjectives » fait remarquer l’Institut.
Le sondage montre que les Tunisiens n’ont toujours pas de figure politique qui se distingue des autres vu que 83,3% des répondants n’ont pas donné de nom ! Néanmoins, Ahmed Nejib Chebbi, le leader du Parti Démocratique Progressiste prend timidement la tête du classement avec seulement 6,6%, suivi par Rached Ghanouchi (5,1%), le leader du mouvement islamiste tunisien, largement réprimé sous Ben Ali et qui a obtenu sa légalisation récemment après 30 ans d’interdiction.
Un air de démocratie souffle bien sur la Tunisie, mais le chemin sera long et difficile : le journal tunisien WMC rapportait récemment que lors d'un débat télévisé sur une chaîne privée tunisienne, on a demandé à un jeune ce que signifiait la démocratie pour lui, il a répondu: «Je ne sais pas. Vous me demandez quelque chose que je n’ai jamais connu et que je n’ai jamais pratiqué. Je répondrais à votre question lorsque je l’aurais pratiqué!». Tout est dit.
Régis Soubrouillard - Marianne
Dessin : Louison
Cantonales : Sarkozy doit changer. Mais le veut-il ?
21/03/2011 16:02 par rgrs
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Cantonales : Sarkozy doit changer. Mais le veut-il ?
21/03/2011 16:02 par rgrs
Au lendemain du premier tour des élections cantonales, Maurice Szafran tire les enseignement du vote des Français, et notamment du divorce de la droite avec Nicolas Sarkozy, dont il analyse les causes.
La droite anti-sarkozyste
C'est sans doute la première et principale leçon qu'il faille tirer du premier tour des élections cantonales : une partie importante de la droite a divorcé (durablement ?) de Nicolas Sarkozy et donc, de l'UMP. Les très faibles scores du parti présidentiel - même si l'on tient compte d'une phénoménale abstention - en fournissent cette fois une preuve indubitable.
A dire vrai, ce rejet de ce président (de droite) par des pans entiers de l'électorat (de droite) ne constitue plus une surprise que pour les sarkolâtres - et il en existe encore une poignée. Il suffit en effet de tendre l'oreille, d'écouter les Français de droite, de tenir compte de la rage anti-Sarkozy qu'ils expriment, pour ne pas s'étonner un instant du résultat de ces élections en principe locales, mais permettant d'esquisser une carte politique résolument nationale, elle.
Ce matin, la priorité de Nicolas Sarkozy est donc plus évidente que jamais : reconquérir la droite, son cœur de cible, plus précisément encore les différentes composante du spectre droitier. Et c'est bien tout le problème car, en bon dialecticien qu'il est, le chef de l'État sait que, parfois, les contradictions peuvent se révéler insurmontables. Quelques exemples.
1. L'intervention contre Kadhafi. L'électorat centre droit-centre gauche (qui avait joué un rôle non négligeable dans la victoire de Sarkozy en 2007) approuve sans aucun doute l'initiative militaro-politico-humanitaire initiée par l'Elysee. Cela faisait longtemps, fort longtemps, qu'une telle concordance ne s'était plus produite. Mais l'électorat populaire d'une droite « plus droitière » tenté à nouveau par le Front National ? Rien n'est moins certain. Or, pour vaincre l'année prochaine, le président sortant a un besoin impérieux de « tenir » les deux bouts. Comment procéder? Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy n'a toujours pas trouve une esquisse de réponse. La preuve par le premier tour des élections cantonales.
2. Le débat sur la laïcité et l'islam. De nouveau le grand écart, celui qui finit par écarteler Nicolas Sarkozy. Car la droite modérée supporte mal,en effet, à la fois les termes de l'affaire - en fait, une stigmatisation de l'islam et des musulmans - et la stratégie a peine dissimulée : braconner en surenchérissant sur la thématique Le Pen. L'électorat de droite modérée est furieux de ce comportement; l'électorat ultra droitier, s'il partage le constat Sarkozy-Guéant, s'est laissé attirer par Marine Le Pen. Sarkozy le sait; Copé le sait ; Fillon le sait. Et ils savent tous les trois que la stratégie de radicalisation à droite imposée par Sarkozy depuis le discours de Grenoble en août 2010 se révèle un échec cuisant. Changer, mais comment ? Et le président le veut-il seulement ?
3. Contrer le Front National. En adoptant ses thèses, ses thèmes, ses mots et discours ? En autorisant en sous-main les électeurs UMP à voter en faveur du FN quand, au second tour, le parti d'extrême droite se retrouve seul face à la gauche?
Comment le dire sans maniérisme : quand, de la sorte, il fait de la politique, Nicolas Sarkozy perd une grande part de sa dignité.
Maurice Szafran - Marianne
Lenteurs de la Justice : la faute aux magistrats ?
21/03/2011 15:56 par rgrs
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Lenteurs de la Justice : la faute aux magistrats ?
21/03/2011 15:56 par rgrs
La loi fixe des délais précis dans les actes d’une procédure pénale. Pourtant, faute de moyens, les magistrats ne les respectent pas toujours, quitte à faire traîner des dossiers sensibles.
Les magistrats peuvent-ils désobéir à la loi ? C’est pourtant le cas dans une affaire de pédophilie détaillée par Mediapart. Dans ce dossier mettant en cause le projet «L'Ecole en Bateau» pour des faits de «viols et agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans par personne ayant autorité» commis entre 1979 et 1999, on compte quatorze victimes et cinq mis en examen. La première plainte dans cette affaire a été déposée en 1999. Mais le premier juge d’instruction Albert Cantinol, basé à Fort-de-France, est dessaisi en 2006 par la Chambre criminelle de la Cour de Cassation suite à une requête en suspicion légitime déposée par Me Eric Morain, avocat des parties civiles. Le dossier déménage alors à Paris est instruit par les juges Nathalie Dutartre puis Mylène Huguet.
C’est là que se pose le problème principal. Le 30 mars 2010, la juge Huguet termine son enquête et envoie le dossier au parquet de Paris afin qu’il rende ses réquisitions dans les trois mois. Ce délai est fixé par l’article 175 du Code de procédure pénale, il est réduit à un mois si un mis en examen est en détention préventive, ce qui n’est le cas ici. Le parquet pouvait alors proposer au juge d’envoyer tout le monde au tribunal ou d’aboutir à un non-lieu. Mais, après quatre mois de délai, même si le parquet n'a pas bougé, le juge peut annonçer la clôture définitive de l’enquête, avant de décider s'il y a lieu ou pas à un procès. Le but de ces délais est de permettre que les mis en examen puissent être jugés dans un « délai raisonnable », principe reconnu par le droit français.
Mais, malgré la loi, le parquet de Paris n’a toujours pas rendu ses réquisitions et le dossier est au point mort. Joint par Médiapart, le parquet de Paris s’est justifié : « La section des mineurs a beaucoup de travail, et elle doit régler en priorité les dossiers urgents ». En clair, les dossiers avec des personnes emprisonnées sont mis en haut de la pile, tant pis pour les autres même s’il s’agit de dossiers graves. Mais, contacté par Marianne2, le parquet de Paris a revenu sur ses déclarations à Médiapart : « C’est un dossier complexe, lourd, qui pose des problèmes de droit ». Dans ce cas se pose en effet un problème de prescription des faits. Dans ce cas, la prescription est longue : les atteintes sexuelles sur mineurs peuvent être poursuivies 20 ans après la majorité de la victime. Le parquet de Paris affirme aussi que cette affaire « va être rapidement réglée », sans donner de délai précis.
Inertie du système
Chez le procureur général de Paris, supérieur hiérarchique du procureur tout court, on a la même explication. « On est conscient que c’est long pour les parties civiles », explique-t-on à Marianne2 parlant encore d’un « dossier complexe, long où se posent des questions de prescriptions car les faits sont anciens ». Si le parquet général explique qu’il n’y a « pas de volonté de retarder quoi que ce soit », il confirme que les moyens du parquet ne lui permettent pas toujours de respecter les dates-butoir fixées par la loi : « Objectivement, ce délai ne peut pas être respecté à chaque fois ». Toutefois, le parquet général s'est dit « sensibilisé » au retard pris dans cette affaire et dit en avoir « parlé » avec le parquet de Paris.
Pourtant, ce n’est pas la première fois que le problème de l’inertie des parquets se pose. Une autre affaire retentissante avait également été bloquée de la même façon. Dans l’affaire de Zyed et Bouna (les deux jeunes tués dans un transformateur EDF à Clichy-sous-bois en 2005), il s’était écoulé 14 mois (entre juillet 2009 et septembre 2010) entre la fin de l’instruction et les réquisitions (en faveur d’un non-lieu pour les policiers) du parquet de Bobigny. Là également, le délai requis pour les réquisitions était de trois mois. Cette lenteur avait dénoncée à l’époque par Me Jean-Pierre Mignard, avocat des familles de victimes.
Mais, d'une manière générale, la France n’a pas ou peu été sanctionnée pour la lenteur de sa justice par la la Cour européenne des droits de l’Homme qui évoque aussi cette question du « délai raisonnable ». Dans son article 6-1, la Convention européenne dit en effet que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial (...) ». A ce titre, la France n'a été condamnée qu'une fois en 2010 et que deux fois en 2009, contre 14 et 29 fois pour l’Allemagne, selon le rapport annuel de la Cour. Il est vrai que la jurisprudence de le CEDH a une définition stricte de ce qu’est un « délai raisonnable » prenant notamment en compte « la complexité de l'affaire » pour savoir si le traitement d’un dossier a effectivement pris trop de temps entre le début de l'accusation d'un suspect et la fin de son procès. Cela dit, les délais fixés par le droit français dans les cas cités restent quand même allégrement dépassés.
Parquets surchargés
Et au delà du comportement des magistrats, cette lenteur pose la question des moyens des parquets. En Europe, la France possède les parquets les moins bien dotés mais aussi les plus chargés en dossiers. Selon un rapport du Conseil de l'Europe, en 2008, la France possédait 3 magistrats du Parquet pour 100 000 habitants contre 4,8 en Espagne ou 7,8 en Belgique.
La même année, en moyenne, 2659 dossiers sont arrivés sur le bureau d’un magistrat du Parquet, contre 2048 en Espagne ou 1899 en Autriche. Bien sûr, sont comptées dans ce lot une large part d'affaires simples pouvant être traitées en peu de temps. Il y a aussi des dossiers plus complexes où un juge d'instruction sera amené à intervenir. Mais la réforme envisagée de la procédure pénale confiant aux parquets l’ensemble des enquêtes judiciaires et supprimant les juges d’instruction risque d’aggraver la surcharge du ministère public.
Dans sa jurisprudence, la CEDH a pourtant rappelé l'obligation de moyens des Etats arguant que « l’article 6-1 de la Convention oblige les Etats contractants à organiser leur système judiciaire de telle sorte que les cours et tribunaux puissent remplir chacune de ses exigences, y compris l’obligation de trancher les causes dans des délais raisonnables ». De même, la 3eme chambre du civile du Tribunal de Paris à récemment condamné l'Etat à payer 12 000 euros à une victime de braquage pour préjudice moral estimant que la justice a mis trop de temps à juger ses agresseurs notamment à cause d'un engorgement de la Cour d'assises. « Il revient à l’Etat de fournir à ses agents les moyens humains et matériels pour leur permettre de servir dans des conditions normales, sans pouvoir invoquer sa propre omission pour tenter de s’exonérer de sa responsabilité » a noté le tribunal dans son jugement.
Cette question du tri dans les dossiers judiciaires face aux manque de moyens avait déjà été mis à jour dans l’affaire de Pornic mais concernant les services pénitentiaires d’insertion et de probation. Suite à cet affaire, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Rennes a été débarqué, les syndicats ont alors protesté arguant que le raté du suivi de Tony Meilhon était dû à un problème budgétaire et non à aux fautes d'une seule personne. Faute individuelle ou responsabilité collective, le débat ne concerne pas que les délinquants.
Tefy Andriamanana - Marianne
Dessin : Louison
La guerre de l’euro continue
21/03/2011 15:49 par rgrs
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La guerre de l’euro continue
21/03/2011 15:49 par rgrs
La monnaie unique européenne promet de provoquer encore des discussions bien enflammées dans les mois et années à venir. Alors que l’on note un raidissement dans le discours des partisans de l’euro, Nicolas Dupont-Aignan s’apprête à lancer un livre qui va faire du bruit.
Les saignées à Athènes, Dublin et Lisbonne
L’actualité n’a malheureusement pas permis de s’y attarder beaucoup, mais cela bouge dans les pays de la périphérie de la zone euro. Le nouveau gouvernement Irlandais a annoncé un nouveau plan d’austérité cette semaine : au menu, suppression de vingt-cinq mille postes de fonctionnaires (8% du total), réduction de 10% des salaires à l’embauche (après une baisse de 14% des traitements), baisse de 15% des allocations sociales, hausse de la TVA et de l’impôt sur le revenu.
Mais comme Dublin a refusé de remonter son impôt sur les sociétés, les pays de la zone euro ont refusé de revoir les conditions du plan de sauvetage de l’automne dernier, contrairement à la Grèce qui a obtenu une baisse d’un point des taux d’intérêt (désormais alignés sur ceux du FMI : auparavant ils étaient donc plus élevés…) et un allongement de leur maturité. Au Portugal, il y a une semaine, une manifestation monstre de trois cent mille personnes a montré la révolte du peuple.
Crispation des partisans de l’euro
La défense de l’euro impose des plans d’une brutalité inouïe (l’ajustement budgétaire Irlandais atteindra au cumul 20% du PIB dans 3 ans !) alors que des dévaluations auraient permis des ajustements moins violents, comme en Islande ou en Argentine. Est-ce la raison pour laquelle ils se crispent ? Sur le site Taurillon, j’ai commencé par débattre avec de véritables moines soldats qui montent sur leurs grands chevaux dès que l’on critique leur veau d’or, avant de rentrer dans un vrai débat plus constructif.
Le fait que le Front National ait rejoint DLR six mois après pour demander une sortie de l’euro n’arrange pas les choses. Le Monde vient de consacrer un papier dédaigneux et catastrophiste mais aussi court en arguments. Pourtant de nombreux économistes (Jacques Sapir, Gérard Lafay, Jean-Luc Gréau, Alain Cotta, Christian Saint-Etienne, Paul Krugman, Joseph Stiglitz et Maurice Allais) recommandent carrément la sortie de l’euro ou en soulignent les limites inextricables.
L’Arnaque du siècle
De manière amusante, même les tribunes de soutien contiennent aujourd’hui une grande part critique, comme le montre la tribune de Martin Wolff dans le Monde « La zone euro survivra ». Mieux, Philippe Askenazy, toujours dans le quotidien vespéral, souligne les limites d’une construction monétaire unique pour deux pays aussi différents que la France et l’Allemagne. Dans une génération, il y a aura deux fois plus de naissances chez nous, pour une population équivalente.
Dans ce contexte, je vous invite à retenir la sortie prochaine du prochain livre de Nicolas Dupont-Aignan : « L’euro, les banquiers, la mondialisation : l’arnaque du siècle » qui sortira le 31 mars. Ce livre court mais complet démonte les mécanismes qui font que l’euro asphyxie les économies européennes, les multiples conflits d’intérêt au cœur de la monnaie unique et explique comment nous pourrions en sortir, imaginant même la conférence de presse du ministre de l’économie d’après la sortie !
De puissantes forces cherchent à sauver l’euro, aussi sa fin n’est pas forcément proche, même s’il génère d’énormes déséquilibres. A nous de nous armer de pédagogie pour expliquer ces disfonctionnements et l’alternative d’un retour aux monnaies nationales
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/