FN : vote d'adhésion ? Non, vote de crise !

21/03/2011 07:12 par rgrs

  • FN : vote d'adhésion ? Non, vote de crise !

    FN : vote d'adhésion ? Non, vote de crise !

    21/03/2011 07:12 par rgrs

Le Front national est en tête dans une quarantaine de cantons. Pour Marine Le Pen, les résultats flatteurs obtenus par son parti témoigneraient d'un vote d'adhésion. Une affirmation précipitée ?

« Les résultats du FN sur l’ensemble du territoire français se lissent, ce qui confirme, je le crois, que le vote FN n’est plus exclusivement, comme on entend le dire trop souvent, un vote de protestation, mais bel et bien un vote d’adhésion, que ce vote d’adhésion confirme l’adhésion qui a été enregistrée par les derniers sondages. » Suite à l’annonce des résultats du Front national au premier tour des élections cantonales, Marine Le Pen jubile. Si avec 15,23 % des suffrages (selon les chiffres donnés par le ministère de l'Intérieur à 23h) sur l’ensemble de la France, la poussée du parti frontiste est, certes, difficilement contestable (NDLR : en 2004, le FN avait obtenu 12,13% des suffrages en moyenne France et 12,79% là où il était présent), l’analyse de sa présidente paraît, elle, un peu hâtive. 
Premièrement, le lissage des résultats reste encore à vérifier sur la foi d'une analyse plus précise. Selon Jérome Fourquet (IFOP), le Front national progresse partout et il n'y a pas réellement de phénomène de rééquilibrage. Simplement là où le FN faisait 5% dans l'Ouest, il se situe aujourd'hui entre 10 et 15%. Mais d'un autre côté, le parti de Marine Le Pen passe de 20-25% à 30 ou même 35% dans ses bastions comme Noyon ou Perpignan. 
Deuxièmement, le lissage des résultats ne suffit pas à prouver l’existence d’un vote d’adhésion. Un chômeur de longue durée, un patron de PME en faillite, un petit commerçant en difficulté ou un ouvrier en voie de licenciement pour cause de mondialisation, croit souvent que le vote FN est la seule façon d'exprimer sa révolte. Tout ça ne ressemble guère à une adhésion à un programme de gestion locale puisqu'il s'agit bien de cela lors d'une élection cantonale : pour qu’il y ait adhésion, encore faudrait-il qu’il y ait programme ou candidats sortants. Or le FN n’a ni conseiller général, ni programme mis à jour. Sur le site du Front demeurent les restes du projet de Jean-Marie Le Pen. Mais en coulisses, la nouvelle patronne chuchote ses envies de changement. En attendant une refonte du programme frontiste, à quelles idées les électeurs pourraient-ils adhérer ? Ils voient certes, d'un côté « une femme moderne et sympathique », mais en même temps une dame Le Pen qui va à Lampedusa exiger le retour dans leurs pays des candidats arabes à l'émigration. D'un côté, des signes de changement (mais peu de propositions réellement visibles pour le grand public), de l'autre un discours qui rappelle quand même beaucoup celui de son père. 
Les bons résultats du FN seraient-ils dus à la personnalité et à l’ancrage local de ses candidats ? Peu probable. Malgré les sondages favorables à sa présidente, le Front manque encore de cadres locaux, condition sine qua non d’un solide maillage territorial. Preuve en est l’appel à candidatures envoyé par mail aux adhérents par Steeve Briois, nouveau secrétaire général du parti, à seulement 15 jours du dépôt des candidatures. 
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si sur les affiches de campagne ne figurent pas les photos des candidats frontistes mais celle de Marine Le Pen. 
Finalement, si vote d'adhésion il y a, il porte sans doute davantage sur la personne de Marine Le Pen que sur le programme de son parti encore dans les limbes. Mais pas question, pour la présidente du FN de le reconnaître : le score flatteur du Front national doit cacher la très grande fragilité de l'appareil politique sur lequel doit s'appuyer Marine Le Pen.
Laureline Dupont - Marianne
 


En Libye, Kadhafi continue à faire le zouave

21/03/2011 07:09 par rgrs

  • En Libye, Kadhafi continue à faire le zouave

    En Libye, Kadhafi continue à faire le zouave

    21/03/2011 07:09 par rgrs

En partance pour la frontière tuniso-libyenne, notre reporter Guy Sitbon nous envoie un premier reportage d'ambiance. Pour le moment, l'armada occidentale plane à des milliers de km tandis que les troupes de Kadhafi sont au ras du sable.

Quand on aime, on ne compte pas et les ados libyens adorent Sarkozy. Ils lui prêtent les exploits d’un Superman des déserts. D’une seule main, Sarko bombarde le Quartier Général de Kadhafi, met en déroute les colonnes loyalistes, dégage Benghazi assiégé et pulvérise l’aviation ennemie. L’hymne des sarkolatres est devenu un tube martelé sans trêve : « One, two, three/ thank you Sarkozy. » Les trois couleurs flottent comme jadis le drapeau rouge de l’Internationale Communiste, la France est portée aux nues.

Hélas, ces hauts faits d’arme n’ont été observés que dans l’imaginaire des jeunes gens. Nos Mirage ont cepednant réellement mis le feu à une concentration de chars et de véhicules kadhafiens aux environs de Benghazi et les locaux, les doigts en V, ont fait de cette bataille un Austerlitz à leur actif.

Jusque là, on se battait au lance-pierre, ou presque. Les soldats improvisés de la liberté trainaient leurs kalachnikovs comme des fusils de bois. L’armée gouvernementale faisait à peine mieux avec ses armements hors d’âge, ses effectifs en perdition, ses officiers ventrus infichus de disperser une rébellion anémique. Les kadhafistes massacraient en masse mais avaient du mal à concrétiser leur suprématie.

Soudain, samedi dernier, les Occidentaux s’amènent. Destroyers impressionnants, sous-marins dernière génération, débauche de numérique, porte-avions, Mirage, missiles de croisière tomahawks. En un clin d’œil, on passe de la guerre du feu à la guerre des étoiles. Les généraux américains se donnent des allures de Mac Arthur dans la bataille du Pacifique. On va voir ce qu’on va voir.

On n’a pas vu grand-chose. Beaucoup de bruit, images de sinistre mémoire, conférences de presse au Pentagone du genre « je sais tout mais je ne dirai rien ». Et le lendemain, Kadhafi était toujours vivant. Il continue à faire le zouave et à amuser la galerie. Pour ne pas perdre la main acquise avec les infirmières bulgares, il enlève par-ci, par-là des journalistes.

Quand aux Libyens, ils ne savent plus comment ils s’appellent. Ils s’attendaient à des opérations de commandos discrètes. Des livraisons d’armes. Quelques vieux routards de tous les champs de bataille. Des coups de balai propres à mettre en déroute une armée déjà à moitié écroulée. Et ils ont vu arriver une armada aérienne hallucinante, une marine ultrasophistiquée et personne pour mettre un pied sur terre. Comme il se trouve que Kadhafi et les siens résident au ras du sable, la rencontre devient problématique. On en est là. Mais les choses vont vite changer.
 
Guy Sitbon - Marianne
 

Le score du FN fait ressurgir la question du front républicain

21/03/2011 07:06 par rgrs

  • Le score du FN fait ressurgir la question du front républicain

    Le score du FN fait ressurgir la question du front républicain

    21/03/2011 07:06 par rgrs

Marquées par un fort taux d'abstention (56%), les élections cantonales enregistrent un fort recul de l'UMP (22,54% en comptant les listes majorité présidentielle) en partie masquée par le score des divers droite (9,52%), une poussée de la gauche (48%) provoqué par les bons scores de l'écologie (8,5%) et du Front De Gauche (9%). Enfin la percée du FN (15%) qui sera présent dans 400 cantons au second tour, repose la question du Front républicain dans des conditions nouvelles par rapport au passé.

Peut-on encore parler de « cordon sanitaire » ? Il est loin le temps où gauche et droite pouvaient s’allier contre le FN. Paradoxalement, c’est au moment où le FN marque une nette progression que les partis de gouvernement rechignent à s'unir pour le contrer. Pour l’heure, le FN serait en position de se maintenir au second tour dans de nombreux cantons, soit contre l'UMP, soit contre le PS. Les candidats UMP ou PS déchus seraient alors mis au pied du mur : appeler à voter pour leur rival ou passer pour un « allié objectif » du FN.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé,
a laissé, au soir du premier tour, les électeurs UMP « libres de leur choix » en cas de duel « gauche/extrême droite » refusant à la fois le vote FN et le « front républicain ». Bref, la consigne officielle de l’UMP est d’aller à la pêche.  Eric Raoult a sorti lui une formule bien choisie : « Ni les fachos, ni les cocos ».

A l’inverse, certains UMP acceptent de s’unir avec la gauche en cas de duel PS/FN. Christian Jacob, patron des députés UMP, pourtant proche de Copé, a, lui, appelé à « faire barrage au FN ». Nathalie Kosiciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie,
avait été encore plus claire  en début de semaine: « S'il y a un 2e tour Front national/Parti socialiste dans un canton, on ne considère pas que la politique est un continum et que tout se vaut. Moi, dans ce cas-là je dis clairement: on vote PS ». Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, a elle menacé d’exclusion tout élu « qui s’allierait avec le FN ». 

Pour Aubry, UMP et FN, c'est (presque) pareil

Même division au PS. Martine Aubry avait déjà rejeté tout appel à voter UMP. « L'UMP et l'extrême droite tiennent dans certains domaines quasiment le même discours », avait-elle déclaré. Au soir de ce premier tour, son message n'est pas plus clair : pas d'appel à voter UMP, mais une volonté de faire barrage au FN. Dans l'entourage de Jean-Luc Mélenchon, on refuse également tout appel à voter UMP face au FN : « Ce n'est pas avec des pyromanes qu'on combat un incendie ». Au PS, Elisabeth Guigou a été, de son côté, plus ambigüe : « Je n’aime pas le mot ‘Front républicain’ mais je comprends le combat ».

François Hollande a
lui été beaucoup plus direct  : « Si les socialistes sont éliminés, il faut faire barrage au FN et donc voter pour le candidat UMP pour qu'il n'y ait aucun risque d'élection du FN ». Même son de cloche pour Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie : « C'est sans hésitation aucune que nous appelons tous les électeurs à faire barrage au FN avec leurs bulletins de vote partout où il sera présenté ».

Le premier tour des élections cantonales semble donc rendre moins automatique l'idée même de front républicain. Y penser peut-être, l'avouer jamais. Pourquoi ? Pourquoi ce qui apparaissait hier comme une évidence de la politique démocratique - unité contre le Front national - ne s'impose plus aujourd'hui à tous les hommes et femmes politiques ?

La première raison tient à la nature de l'élection : ce n'est pas la même chose de voter pour le Président de la République et de voter pour un conseiller général qui sera, de toute façon minoritaire dans l'assemblée élue. En effet, une chose est sûre : le Front national n'aura le pouvoir dans aucun des 2026 cantons.

La deuxième raison concerne l'avenir, et plus précisément la campagne de 2012. Les responsables politiques de droite comme de gauche sont sans doute en train de comprendre qu'une politique dite de Front républicain pourrait offrir un boulevard encore plus large au Front national et à sa présidente qui dénonce « l'UMPS » chaque fois qu'elle ouvre la bouche. Ce qui ne présage de toute façon en rien ce qui se passerait réellement en cas d'accession de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle : il sera toujours temps, à ce moment-là de se mobiliser contre elle. Mais fonctionner dès aujourd'hui comme si nous étions déjà au lendemain du premier tour de 2012 serait sans doute dangereux pour les partis de gouvernement. Pour tâcler le Front national, la peur ne pourra sans doute plus constituer un argument électoral.
Enfin, un front républicain n'est pas facile « à vendre » aux électeurs. Il est moins concevable que jamais pour de nombreux électeurs de droite chauffés par les discours radicalisés des Sarko-Guéant-Jacob. A gauche, la situation est moins claire, mais le souvenir du 21 avril 2002 et du vote Chirac fonctionne comme un repoussoir.
Tefy Andriamanana - Marianne
 
Dessin : Louison

Un boulevard pour la gauche? Non, une vaguelette!

21/03/2011 07:03 par rgrs

  • Un boulevard pour la gauche? Non, une vaguelette!

    Un boulevard pour la gauche? Non, une vaguelette!

    21/03/2011 07:03 par rgrs

Au soir du premier tour des cantonales, la gauche est en tête (avec près de 48% des voix). Mais on est tout de même loin du raz-de-marée attendu face à une droite si discréditée. Le PS stagne, les écologistes et le Front de Gauche, eux, progressent.

Comme lors des dernières régionales, l’argument du « bouclier social » au niveau local contre un gouvernement adepte du « bouclier fiscal » à l’échelle nationale a fonctionné pour le PS. La formation emmenée par Martine Aubry vire en effet en tête de ce premier tour des cantonales en recueillant 25% des suffrages (chiffres du ministère de l’Intérieur), près de 31% si l’on y ajoute les voix recueillies par les Radicaux de gauche et les candidats dits « divers gauche ». Mais si la performance est bonne (dopée par un très grand nombre de candidats : environ 1 500 candidats pour le PS contre près de 1 100 seulement pour l'UMP), elle n’a finalement rien d’extraordinaire. Ce n’est pas le raz-de-marée que certains pouvaient attendre face à une droite si discréditée. En 2004, le Parti socialiste avait d’ailleurs fait un tout petit peu mieux en attirant à lui 26,25% des voix lors du premier tour, un peu plus de 33% voix avec les « divers » et Radicaux de gauche.


Même constat du côté d’Europe écologie – Les Verts. Il y a quelques jours encore, dans les rangs de l’état-major écologiste, certains se demandaient — à voix très basse, évidemment — si leur formation pouvait bénéficier d’un « effet Fukushima », tout en surfant — à voix très haute — sur la catastrophe nucléaire japonaise. Au final, Europe écologie affiche un score de 8,23% (selon le ministère de l’Intérieur). Ramené aux 1 200 cantons dans lesquels EELV présentait des candidats, cela donne un résultat aux environs de 14% des suffrages. 14%, c’est un score supérieur à celui qu’appelait de ses vœux Jean-Marc Brûlé, le « Monsieur élections » d’Europe éco il y a quelques jours. Supérieur de 4 points. Là encore : point de tsunami donc, mais une belle petite vaguelette tout de même qui devrait conforter les écologistes dans leur idée de présenter un candidat à la présidentielle.

Reste le Front de gauche. Là encore, les chiffres du ministère de l’Intérieur ne permettent pas d’y voir très clair. Si l’on additionne les scores attribués séparément (et stupidement) au Parti communiste et au Parti de gauche, on s’approche des 9% au niveau national. Mais dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, même si l’on se refuse à se montrer précis, on préfère parler de « score à deux chiffres ». Si l'on ne s'intéresse qu'aux 1 700 cantons dans lesquels il présentait des candidats, le Front de gauche semble en effet se situer au-dessus de 10%, voire aux alentours des 11%.

La gauche progresse donc dans son ensemble. Mais pas le PS. Et pour elle, tout commence finalement ce soir. Car il va lui falloir en effet trouver des accords dans un grand nombre de circonscriptions pour faire, soit barrage à l’UMP, soit au FN. Martine Aubry, Cécile Duflot et Pierre Laurent se sont retrouvés dès ce soir pour en discuter. Une réunion sur une péniche boudée par Jean-Luc Mélenchon. L’union est un combat dit-on…
Gérald Andrieu - Marianne
 
Dessin : Louison

Voter, un effort insurmontable pour 56% des électeurs

21/03/2011 07:00 par rgrs

  • Voter, un effort insurmontable pour 56% des électeurs

    Voter, un effort insurmontable pour 56% des électeurs

    21/03/2011 07:00 par rgrs

Ce qui devait arriver est arrivé, l'abstention a atteint les niveaux records attendus. Sur les 21 millions d'électeurs qui étaient appelés à se déplacer, seuls un peu plus de 7,6 millions ont fait l'effort. Difficile de se perdre en conjectures politiques, même si un tiers de l'électorat aura toujours plus de sens qu'un échantillon représentatif.

Les cantonales, à quoi ça sert ? A beaucoup de choses, à en juger par les compétences des conseils généraux mais pas à mobiliser les intermittents du vote. Le dernier scrutin au suffrage universel avant la présidentielle pouvait valoir « répétition générale » avec pourquoi pas  une valeur « prédictive ».

L’abstention record réduit cette espérance à pas grand chose. En 2009, les élections européennes avaient vu l’abstention friser les 60% (59,35% précisément).

Certes, les cantonales n’ont pas atteint ces sommets.
Mais alors qu’un électeur sur deux était appelé à se déplacer pour renouveler la moitié des conseillers généraux. Seuls 36,38% des électeurs ont fait l’effort. Un recul de 20 points par rapport au scrutin de 2004.
Difficile, partant de là de tirer des leçons pour 2012, à partir d’un scrutin qui aura vu se déplacer environ…18% du corps électoral total.

Le galop d’essai politique qui devait ouvrir la grande séquence politique des présidentielles relève plus du petit trot. Sur ce plan là, comme le veut la formule « tout le monde a perdu ». La démocratie, les partis de gouvernement et d’opposition, incapables de mobiliser.

Certes l’actualité (Japon, Libye etc.) n’était pas à la mobilisation. Et une fois n’est pas coutume, les cantonales sont découplées de toute autre élection.
Il n’empêche, élections locales par excellence, elles n’ont absolument pas mobilisées quand experts et politologues répètent en boucle que l’électeur français n’envisage la politique que par le prisme de la vie locale. Après le scrutin des régionales, où l'abstention avait été supérieure à 53%, tous les espoirs sont désormais placés dans les nouvelles élections territoriales de 2014 pour clarifier le sens politique de ces scrutins locaux tellement peu politiques.

Pas à la fête, la droite a tôt fait de minimiser toute interprétation expéditive des résultats:  « L'abstention est telle que c'est impossible de tirer d'enseignement national du scrutin » a déjà souligné Jean-François Copé. Voilà un scrutin -trop- rapidement balayé. Ne rien dire, c'est déjà exprimer beaucoup de choses.
  
Le Front est à la fête. Preuve qu'il y a un électorat qui se mobilise. Elections locales ou pas. Actualité propice ou non... Dans leurs fiefs, les « vedettes » nationales n’ont guère mobilisé. Dans les deux-Sèvres, chez Ségolène Royal, la participation est en recul de 24 points d'une élection sur l'autre ! 38,54% des électeurs se sont rendus aux urnes à 17 heures, contre 62,60% à la même heure en 2004.

En Corrèze, terre de lutte entre Bernadette Chirac et François Hollande. L’abstention atteint 47%.

Dans les Bouches du rhône, le taux de participation a chuté de 15 points (35,6%) contre 50,84%.
La Seine et Marne est le département qui a le plus voté en ile de France avec 36% de participation !

Espérant un score à deux chiffres,
Mélenchon estimait le 7 mars  que les cantonales seraient « le seul sondage qui puisse avoir une valeur politique sérieuse ».  Alors certes, un suffrage aux résultats à relativiser compte tenu du peu d’engouement des électeurs.
Il n’en demeure pas moins que 7,5 millions d’électeurs auront toujours plus de sens qu’un petit millier de personnes représentatives…

Régis Soubrouillard - Marianne

 

Dessin : Louison

Par l'abstention ou le vote, les Français manifestent leur ras-le-bol

21/03/2011 06:56 par rgrs

  • Par l'abstention ou le vote, les Français manifestent leur ras-le-bol

    Par l'abstention ou le vote, les Français manifestent leur ras-le-bol

    21/03/2011 06:56 par rgrs

Une abstention énorme, en progression de vingt points, un léger recul de l'UMP et des divers droite, une bonne tenue de la gauche, notamment grâce aux écologistes et au Front de Gauche, et une grosse poussée FN, les électeurs français ont manifesté leur ras-le-bol.


Ils ont voté et puis après ! », chantait Léo Ferré dans les années 1970. Le problème de ces élections cantonales est que justement, ils n'ont pas voté tant que ça. Cette faible participation risquait de jouer contre le Front National en mettant très haut - à 28% des votants la barre de qualification au second tour, ce qui risquait de réduire le nombre de triangulaires.
Que nous apprennent les premiers résultats, tels que nous les annoncent les sondages réalisés par Harris Interactive dans la journée ?

1) Un recul de la droite. 
Certes le score brut de l'UMP (15,76%) semble marquer une déroute du parti présidentiel. Mais avec 33,42% des voix au premier tour avec les divers droite, la droite ne recule que de 4 points par rapport à son score de 2004 où l'UMP ne totalisait que 20,95% toute seule et 37% avec l'UDF et les divers droite. En fait les calculs sont rendus compliqués par le fait que 800 listes de droite locale qui ont préféré se passer de l'étiquette UMP. Manifestement, les fuites semblent de situer du côté du Front National, le Modem, qui n'était présent que dans 237 cantons, ne paraissant plus en capacité de récupérer les électeurs umpistes.

2) Une gauche en tête sans profiter de l'ani-sarkozysme.
Avec 24,93% tout seul et  32,77% des voix avec les divers gauche, le Parti socialiste recule légèrement (33,5% en 2004) et continue de s'appuyer sur une gestion locale raisonnable et dans laquelle il dispose sans doute aujourd'hui de très bonnes compétences. Mais il ne bénéficie pas spécialement d'un bonus dû à son statut d'opposant à la majorité. En 2004, en additionnant les voix socialistes, PRG et divers gauche, on parvenait à 33,5% des suffrages. 
Europe Ecologie-Les Verts a un peu bénéficié de l'effet Japon avec 7% des voix, soit trois points de mieux que leur score de 2004. Enfin, le Front de Gauche sauve un Parti communiste mal en point : il faisait 7,79% en 2004, allié à Mélenchon il repasse la barre des 8% ce qui, selon Jean-Luc Mélenchon lui donne un score à deux chiffres là où il présentait des candidats.

3) Le Front national confirme sa poussée dans les urnes.
Avec 14,2% estimation Ministère de l'Intérieur) alors qu'il ne disposait de candidats que dans 1426 des 2026 cantons en lice (contre 1850 sur 2035 cantons en 2004), le Front national semble bien capter une bonne partie du mécontentement populaire. Cette performance ne doit pas grand chose à une implantation locale devenue assez faible depuis la scission mégrétiste et le recul du Fn en 2007. Elle confirme cependant que la poussée frontiste n'a rien d'une bulle médiatique : le score moyen du FN dans les 1426 cantons dans lesquels il se présentait est de plus de 20%, alors que ce type d'élection n'est pas son point fort et qu'il n'était qu'à 12% en 2004, deux ans à peine après que Jean-Marie Le Pen se soit qualifié pour le second tour. 

Il faudra, et c'est sur ce point que nous allons nous concentrer à présent, mesurer de façon plus concrète la façon dont ces grandes tendances se sont traduites au plan local. Mais une chose est sûre : la forte montée des abstentions comme les votes exprimés en faveur de la gauche et du Front national, manifestent un ralbol évident de la population. Le problème est que le Président a déjà tiré la carte du remaniement, et que l'action en Libye n'est pas un joker suffisant pour redresser le bilan plus que calamiteux de son magistère.

Philippe Cohen - Marianne

Estimation Ministère de l'Intérieur à 20h35

Extrême gauche 25.746 0,51%
Communiste 393.820 7,87%
Parti de Gauche 47.905 0,96%
Socialiste 1.245.290 24,87%
Radical de Gauche 90.524 1,81%
Divers gauche 304.904 6,09%
Europe Ecologie/Les Verts 348.716 6,96%
Ecologiste 12.827 0,26%
Régionaliste 22.781 0,45%
Autres 69.892 1,40%
MODEM 54.393 1,09%
Majorité présidentielle 298.199 5,96%
Union pour un Mouvement Populaire 788.959 15,76%
Divers droite 585.904 11,70%
Front National 712.387 14,23%
Extrême droite 4.849 0,10%
 
Dessin : Louison

La France n'est grande que lorsqu'elle est indépendante

21/03/2011 06:52 par rgrs

  • La France n'est grande que lorsqu'elle est indépendante

    La France n'est grande que lorsqu'elle est indépendante

    21/03/2011 06:52 par rgrs

Une fois n’est pas coutume, j’apporte mon entier soutien au gouvernement dans sa décision d’intervenir pour éviter le massacre des insurgés Libyens.
Cette course contre la montre n’est d’ailleurs pas encore gagnée. Mais elle peut, à tout le moins, montrer au Colonel Kadhafi qu’on ne peut pas impunément s’acharner sur son peuple.
Comment d’ailleurs aurais-je pu reprocher à Nicolas Sarkozy sa myopie sur la révolution tunisienne et ne pas approuver l’énergie de la France et de son Ministre des Affaires Étrangères, Alain Juppé, pour défendre à l’ONU le principe d’une zone d’exclusion aérienne.
Il ne s’agit pas, contrairement à ce qu’écrivent certains, d’un droit d’ingérence permanent. Cela n’a rien à voir bien évidemment avec l’invasion de l’Irak qui était le fruit d’une manipulation politique sans précédent du Président Bush.
On peut bien sûr reprocher au Président de la République de s’être réveillé très tard - et le soupçonner d’arrière-pensées électorales - mais qu’importe lorsque l’essentiel est fait. Car ce qui compte en politique, c’est prendre de la hauteur.
Imaginons à l’inverse une France aux abonnés absents et les insurgés Libyens dans une mare de sang !
A cet égard, ces événements prouvent bien qu’il ne peut y avoir de politique étrangère Européenne, car il n’y a pas d’unité sur ces questions ; quand il faut agir, ce sont les Nations qui - seules - peuvent se lever.
Raison de plus pour ne pas se laisser brider par le pacte de l’euro car - on le voit dans cette affaire - c’est la France avec l’Angleterre qui interviennent, qui supportent le coût d’une politique de défense et c’est au contraire l’Allemagne qui pointe du doigt nos déficits. Mais nous en reparlerons.
Cette intervention montre aussi que nous devons nous dégager au plus vite du bourbier Afghan pour récupérer l’usage de nos troupes, et retrouver ainsi notre mobilité de défense.
En définitive, on le voit ici une fois de plus, la France n’est grande que lorsqu’elle est indépendante.
Nicolas Dupont Aignan
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/La-France-n-est-grande-que-lorsqu-elle-est-ind%C3%A9pendante

Libye : la France à la tête du combat pour la liberté

21/03/2011 06:46 par rgrs

  • Libye : la France à la tête du combat pour la liberté

    Libye : la France à la tête du combat pour la liberté

    21/03/2011 06:46 par rgrs

Hier, Nicolas Sarkozy a réuni à l’Elysée un sommet pour mettre au point l’intervention militaire en Libye. Après le coup de bluff du cessez-le-feu de Kadhafi, l’aviation Française est intervenue la première pour bombarder des positions des troupes à proximité de Benghazi.

Merci à nouveau à Nicolas Sarkozy

Oui, merci à Nicolas Sarkozy pour avoir pris la direction effective des opérations, que personne ne semblait capable de prendre. Si l’opération aboutit et que la Libye se libère du joug du colonel Kadhafi, nous serons liés d’une bien belle manière au peuple libyen et cela sera grâce à l’action résolue du chef de l’Etat. En outre, notre diplomatie a su avancer de manière intelligente en obtenant l’accord des Nations Unies et de la Ligue Arabe et en refusant d’impliquer l’OTAN.

La réunion d’hier était un modèle du genre car nous avons impliqué les pays arabes, point essentiel pour ne pas donner une couleur colonialiste à l’intervention. Bref, non seulement la France dicte le tempo mais en outre, elle arrive à le faire en impliquant la communauté internationale au sens large. En outre, nous n’avons pas hésité à envoyer nos troupes en premier. Bref, même si nous ne pouvons pas être sûrs des résultats, l’intervention en Libye est remarquablement gérée.

La Libye n’est pas l’Irak

Certains s’inquiètent à juste titre de la possibilité d’enlisement. Mais tout d’abord, le fait qu’Hubert Védrine Alain Juppé et Nicolas Dupont-Aignan soient des partisans de l’intervention est a priori très rassurant. Ensuite, cette intervention n’a rien à voir avec celles d’Irak ou d’Afghanistan. Tout d’abord, il n’y a pas d’envoi de troupes terrestres, mais seulement des interventions aériennes. Ensuite, elle se fait avec l’agrément des Nations Unies et même de la ligue arabe, en impliquant ses membres.

Mais surtout, il ne s’agit pas d’envahir un pays pour faire tomber un dictateur et ensuite imposer notre modèle sans tenir réellement en compte la volonté du pays. Ici, il s’agit d’aider un peuple qui s’est soulevé contre son tyran et qui, après avoir failli le renverser, finit par ployer sous la répression armée de son autocrate. Ici, nous venons à l’aide des rebelles, à leur demande, en concertation avec la communauté internationale et sans arrière-pensées pétrolières.

Malgré tout, je comprends les limites d’une telle intervention, comme je l’ai souligné ces derniers jours. J’avais dénoncé la répression au Bahrein et je ne vois malheureusement pas ce qui pourrait être fait, à part des protestations verbales. Ce cas montre bien que si nous intervenons, c’est parce que le pouvoir Libyen n’est pas très fort. Cela souligne bien à quel point l’ingérence présente de grandes limites. Mais je persiste à croire qu’elle vaut le coup d’être risquées. L’alternative était-elle acceptable ?

Un merci qui n’absout pas tout

Bien évidemment, certains soupçonnent Nicolas Sarkozy d’arrière-pensées. Mais aurait-il été possible d’avancer aussi vite et fort uniquement avec cela ? Je ne veux pas croire que ce ne soit pas le souci humaniste de protéger le peuple libyen de son despote sanguinaire qui ait pu provoquer une telle réaction et convaincre la communauté internationale. S’il n’y avait pas eu cela, je ne peux pas croire que les dirigeants de tant de pays se seraient mis d’accord.

Et Nicolas Sarkozy est le chef incontestable de cette coalition. C’est pour cela que je l’ai remercié dans un papier il y a deux jours, qui a provoqué un gros débat sur le blog comme sur Marianne 2.  Bien naturellement, un satisfecit sur le dossier Libyen ne remet nullement en cause un jugement global extrêmement négatif sur l’ensemble de cette présidence, sans direction, faite de postures et dont les résultats demeurent très mauvais dans bien des domaines.

Néanmoins, je crois que ce n’est pas parce que l’on est un opposant résolu à un gouvernement qu’il faut sombrer à la facilité de critiquer tous ces faits et gestes. Parfois, j’ai eu l’impression que ses critiques du jour l’auraient également critiqué s’il avait laisser-faire. Si ce comportement peut plaire à des activistes, je crois qu’il oublie les Français moins engagés et qui ont moins de préjugés. En outre, les critiques perdent de leur valeur quand elles sont systématiques.

Bien sûr, la situation est loin d’être résolue. Kadhafi est encore là. Les rebelles affrontent le feu de ses troupes à Benghazi. Malgré tout, l’essentiel me semble être qu’à date, nous avons sauvé Benghazi.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Libye : merci Nicolas Sarkozy !

21/03/2011 06:42 par rgrs

  • Libye : merci Nicolas Sarkozy !

    Libye : merci Nicolas Sarkozy !

    21/03/2011 06:42 par rgrs

On pouvait ne plus y croire, mais la note d’Alain Juppé sur son blog pouvait laisser présager une issue plus positive : le ministre des affaires étrangères pouvait-il s’exprimer de la sorte s’il ne croyait plus à une intervention ? L’essentiel est là, une coalition internationale va intervenir en Libye.

L’espoir renaît à Benghazi

Comment ne pas se sentir fier et heureux de la décision prise par le Conseil de Sécurité? En effet, comme le souligne Hubert Védrine, nous étions sans doute à quelques jours d’un massacre à grande échelle, d’une véritable épuration des rebelles par le régime Libyen, ce qui a sans doute fait basculer la décision. Ce choix d’hier soir, aussi tardif soit-il, est historique : la communauté internationale a décidé d’intervenir dans une guerre civile contre un dictateur en place.

Il était très important d’envoyer un tel message car si nous avions laissé faire, alors tous les dictateurs de la planète auraient ainsi reçu une carte blanche pour réprimer comme bon leur semble tout soulèvement de leur population. Aujourd’hui, la communauté internationale a pris position contre l’oppression et pour la liberté. En outre, cette intervention a obtenu l’assentiment des Nations Unies (10 voix pour, 5 abstentions), de la Ligue Arabe et du CNT Libyen.

Et là, il faut remercier Nicolas Sarkozy dont il est clair aujourd’hui qu’il est le premier responsable de cette intervention. La France a été en première ligne pour secouer la communauté internationale, avec la Grande-Bretagne. Sans l’action de notre pays, il est clair que rien n’aurait été fait. Alain Juppé semble également avoir joué un rôle majeur, ne serait-ce qu’hier au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Les rebelles de Benghazi semblent l’avoir bien compris.

De la France et de l’Union Européenne

Cet épisode démontre également que, contrairement à ce que les déclinologues avancent, la France fait partie des quelques pays qui peuvent encore changer le destin de l’humanité. Comme en 2003, quand notre pays s’était fait le premier opposant à l’intervention en Irak, c’est notre pays qui a décidé la communauté internationale à faire quelque chose en Libye, malgré le scepticisme des Etats-Unis et le peu d’enthousiasme de la Chine et de la Russie.

Et alors que beaucoup de commentateurs vantaient l’action diplomatique d’Angela Merkel, qui critique publiquement les régimes dictatoriaux, ici, on voit que c’est une chose de parler et que c’en est une autre d’agir. L’épisode Libyen montre également que les seules réalités qui comptent sont les grandes nations. C’est l’action de deux grandes nations qui a tout changé. Parallèlement, l’Union Européenne n’aura été qu’un robinet d’eau tiède totalement inutile.

La critique n’a de sens que si on est capable de reconnaître également les réussites des personnes que l’on critique habituellement. Ici, Nicolas Sarkozy a joué un rôle véritablement historique. Merci pour la France et surtout merci pour les révoltés Libyens qui vont peut-être échapper à un destin funeste.

Laurent Pinsolle

http://www.gaullisme.fr/2011/03/19/libye-merci-nicolas-sarkozy/

Objectif Tripoli

21/03/2011 06:40 par rgrs

  • Objectif Tripoli

    Objectif Tripoli

    21/03/2011 06:40 par rgrs

La guerre, du ciel à la terre : c’est inévitable

Au moment où la bataille pour le contrôle du ciel de la Libye est pratiquement gagnée, la question du contrôle du terrain reste plus que jamais ouverte. Comme l’ont démontré les deux guerres d’Irak et la guerre au Liban en 2006, la force aérienne, essentielle, ne peut pas à elle seule gagner une guerre. À moins d’un assassinat ciblé de Kadhafi, on ne voit pas comment les seules frappes pourraient mettre le régime libyen échec et mat. Or, pour le moment, les rebelles ne semblent pas être capables de mettre en place une force terrestre capable – même sous le parapluie aérien de la Coalition – d’occuper le terrain et de balayer physiquement les éléments armés qui soutiennent le pouvoir. Or, malheureusement, transformer une bande de civils jouant les Rambo en une force armée entraînée et efficace est un travail de longue haleine qui demandera bien plus de quelques semaines ou mois. En revanche, après plusieurs semaines de mobilisation, Kadhafi est arrivé à déployer des unités militaires de plus en plus efficaces.  

Le calcul des planificateurs de l’opération libyenne repose sur la psychologie : ils espèrent que l’usage massif de la force aérienne fissurera le pouvoir et poussera certains militaires à déserter ou mieux, à passer avec armes et bagages chez les rebelles. Mais les stratèges occidentaux ne se contentent pas d’espérer. Si on écoute attentivement les déclarations et commentaires des anciens chefs des armées américaines et britanniques – notamment le général US Wesley Clark et le général britannique Sir Mike Jackson –, on entend déjà la petite musique de la suite. Tous deux ont jugé utile de préciser le sens du terme « occupation » – strictement interdite par la décision du Conseil de sécurité. Selon les deux généraux, cela n’empêche pas le déploiement de forces sur le sol mais uniquement une occupation à long terme du territoire libyen. À bon entendeur… 

Pour être clair, si Kadhafi et son clan ne craquent pas rapidement, on peut s’attendre à des opérations de moins en moins aériennes. L’évolution vers une intervention terrestre est dans la logique des choses. Quoique nous racontent les communicateurs en uniforme, « défendre les civils » n’est pas un objectif militaire. Un militaire ne sait pas quoi faire d’un tel cahier des charges. Il comprend très bien, en revanche, si on lui ordonne de « détruire les capacités de combat des forces fidèles à Kadhafi ». Mais même clairement définie, cette mission est plus difficile à mener à bien qu’elle n’en a l’air. Détruire l’armée libyenne, d’accord – encore que le coup de la promenade de santé marche rarement – mais ensuite que faut-il faire des milices pro-Kadhafi montées sur des 4×4 Toyota ? Quelles différences y a-t-il entre celles-ci et les rebelles ? En quoi sont-elles « moins civiles » ? Dès qu’on en arrive à ce type de questions, on comprend qu’il ne s’agit pas seulement de mener une opération humanitaire armée mais de prendre parti dans une guerre civile et de faire tomber un régime.   

Ne tournons pas autour du pot. Ni un Rafale, ni un F-18 ni un drone ne feront pas l’affaire. Cette guerre sera longue et il faudra bien que quelqu’un prenne Tripoli pour aller extirper d’un certain bunker cet homme bizarre qui, depuis quarante ans, n’est pas seulement un dictateur local mais, et le mot est faible, un emmerdeur international.

Gill Mihaely

http://www.causeur.fr/objectif-tripoli,9243