Exclusif : qui vote, qui ne vote pas et pourquoi ?
18/03/2011 06:49 par rgrs
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Exclusif : qui vote, qui ne vote pas et pourquoi ?
18/03/2011 06:49 par rgrs
A la veille des élections cantonales, Marianne publie en partenariat avec Europe 1 le premier sondage, réalisé par l'IFOP, auprès de ces millions de Français qui ne votent pas ou peu. Les résultats sont terribles : qu'ils votent ou non, une majorité de nos concitoyens expriment un grand doute sur le clivage entre droite et gauche et les capacités d'action de nos hommes et femmes politiques.
La vie d’un journal est parfois pleine de surprises. En commandant à l’institut IFOP un sondage sur l’abstention, nous avions une idée en tête : comparer l’état d’esprit des Français qui ne votent pas avec celui de ceux qui le font. Cerner les raisons d’un incivisme croissant afin de mettre les hommes politiques devant leurs responsabilités : leur donner quelques pistes sur ce qu’il convient de faire pour ramener les brebis abstentionnistes sur le chemin des urnes.
Échec. Échec total. Pour une raison simple : il n’y a pas vraiment de différence notable de point de vue entre la France qui s’abstient et celle qui vote. Juste une différence de génération : les Français sont en réalité tous des abstentionnistes de cœur dont certains seulement – en gros les moins de 34 ans - passent à l’acte. En revanche, l’étude nous donne une vision terrible sur l’état du pays. Abstentionnistes ou pas, les Français pensent pareillement sur beaucoup de points et il y a de quoi s’inquiéter face à l’écart abyssal entre la France d’en bas et celle d’en haut pour reprendre une formule plus que jamais actuelle.
1) Les Français pensent que le gouvernement ne les protège plus.
Tableau 1 : Êtes-vous plutôt d’accord ou plutôt pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes ?
Nicolas Sarkozy veut depuis longtemps faire de la protection l’alpha et l’omega de sa politique. Sur le fond il a sans doute raison : c’est ce que les Français réclament. Mais son action les a juste convaincus du contraire : 89% d’entre eux croient que les marchés financiers sont plus puissants que les États et 74% de nos concitoyens pensent que l’Europe et ses traités corsètent l’action du gouvernement (voir Tableau 1). Bref, les Français semblent considérer que le vrai pouvoir est désormais exercé dans le pays par les banquiers et les financiers (96%), les patrons du CAC 40, (88%) les médias (80%) et l’Union européenne (85%).
Tableau 2 : Pour chacun des acteurs suivants, diriez-vous qu’aujourd’hui il détient dans le monde beaucoup, assez, peu ou pas du tout de pouvoir ?
Ce doute sur le suffrage universel est tel que 68% des personnes interrogées estiment que la prochaine élection présidentielle ne changera rien pour eux (voir Tableau 4, plus bas). Par ailleurs, une écrasante majorité des Français pense qu’au niveau international, les États-Unis (94%) la Chine (90%) et le FMI (80%) sont les trois acteurs qui comptent le plus (voir Tableau 2).
2) L’insécurité et l’immigration restent des préoccupations majeures pour 65% des Français.
Tableau 3 : Êtes-vous plutôt d’accord ou plutôt pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes... ?
Voilà les chiffres qui ont le plus marqué Jérôme Fourquet directeur d’études à l’IFOP. « En deux ans, la situation s’est énormément dégradée. Et surtout, le refus de l’immigration touche désormais 40% des bac + 5. C’est du jamais vu ! » L’inquiétude sur l’insécurité est très majoritaire à gauche : 59% des électeurs de Royal, 61% de ceux de Besancenot. Cela ne signifie pas que 65% des Français sont devenus racistes ou prêts à s’acheter un fusil pour se défendre. Ces chiffres peuvent être analysés comme une protestation devant l’inégalité face à l’insécurité et aux problèmes posés par les retombées d’une immigration sauvage qui n’affectent pas de la même façon selon les quartiers que l’on habite ou les écoles que l’on fréquente.
3) Près de 70% des Français croient que la droite et la gauche, une fois au pouvoir, mènent la même politique.
Tableau 4 : Quand vous pensez aux dernières années, diriez-vous plutôt que... ?
Si l’opposition ne devait retenir qu’un chiffre de cette enquête, ce serait celui-là : 68% des Français pensent qu’une majorité de droite ou de gauche mène la même politique (voir Tableau 4). A 14 mois de la présidentielle, ce score sidérant témoigne de la très faible crédibilité de la gauche. Rien d’étonnant quand on voit la faiblesse de son discours sur la crise ou les surprofits du CAC 40 et des banques, et sur les difficultés croissantes que rencontre des millions de Français pour joindre les deux bouts avec des salaires faibles et des prix qui ne cessent de monter.
4) Mais 83% estiment quand même que le Président de la république peut faire quelque chose.
Tableau 5 : Pour chacun des acteurs suivants, diriez-vous qu’aujourd’hui il détient en France beaucoup, assez, peu ou pas du tout de pouvoir... ?
C’est le grand paradoxe de cette enquête : les Français sont profondément désenchantés par la politique, et en même temps sont encore prêts à y croire. Après avoir été passionnés par le débat présidentiel de 2007, après avoir espéré, et même cru, que le nouveau président, quel qu’il soit, pourrait vraiment changer les choses, ils ont été immensément déçus tout en se déclarant prêts à y croire à nouveau. La preuve ? Ils sont 39% à penser que le Président dispose de beaucoup de pouvoir dans le pays et 44% assez de pouvoir.
Tableau 6 : Avez-vous l’intention de voter lors de la prochaine élection présidentielle ?
C’est à cette contradiction que se raccroche encore Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy : « Au bout du bout, à un moment donné, ils devront mettre un bulletin dans l’urne, et ils le savent. Je ne crois pas à une abstention massive à l’élection présidentielle. » Pour cette fois, il semble voir juste : 88% des personnes interrogées ont l’intention de voter en 2012 (voir Tableau 6). Finalement, une autre réponse résume bien le sentiment majoritaire : 67% des personnes interrogées estiment que les gouvernements de pays comme la France peuvent « exercer leur pouvoir et reprendre le contrôle mais n’osent pas le faire. »
5) 27% des abstentionnistes prêts à voter Marine Le Pen si le vote était obligatoire.
Tableau 7 : Si malgré tout, vous étiez obligé de voter, lequel de ces candidats correspondrait le mieux à ce que vous aimeriez exprimer ?
L’état de l’opinion mesuré par notre sondage révèle une importante réserve de voix pour Marine Le Pen (voir Tableau 7) : en dehors d’elle ils seraient 13% seulement à voter Besancenot, 10% à se prononcer pour Aubry et 12% pour Nicolas Sarkozy. Et les chiffres de l’IFOP sont limpides : trois des thématiques prioritaires du Front national (Europe, sécurité, immigration) mobilisent une très large majorité de personnes. De là à voter Front national il y a heureusement encore une grande marge. Sa préservation dépendra des propositions que l’opposition sera capable de faire dans ces domaines.
6) Les électeurs de gauche sont plus mobilisés que les électeurs de droite.
Tableau 8 : Pour votre situation personnelle, estimez-vous que la prochaine élection présidentielle aura ...?
Cette donnée apparaît aussi bien pour les élections cantonales que pour l’élection présidentielle : alors que 85% des anciens électeurs de Ségolène Royal considèrent que la prochaine élection présidentielle peut changer leur situation personnelle, ils ne sont que 62% parmi les anciens électeurs sarkozystes (voir le détail du rapport). Pour les élections cantonales, le différentiel est du même ordre, soit 20%.
Retrouvez l'intégralité du rapport IFOP en cliquant ici.
Lisez le dossier spécial abstentions dans le numéro 726 de Marianne en vente dans les kiosques samedi et dès 18h sur Marianne2.fr en version numérique. Ce numéros comprend un grand articles d'analyse sur l'état d'esprit des Français, des reportages sur les abstentionnistes, des enquêtes sur Clichy sous Bois et les artistes et la politique.
Méthodologie
Philippe Cohen - Marianne
Dominique de Villepin à Nice Matin: "On sous-estime la souffrance des Français"
18/03/2011 06:39 par rgrs
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Dominique de Villepin à Nice Matin: "On sous-estime la souffrance des Français"
18/03/2011 06:39 par rgrs
Si le mouvement « République Solidaire » ne compte qu’un peu plus de 25 000 adhérents, son président-fondateur, Dominique de Villepin, pourrait espérer bien plus d’électeurs s’il était candidat à la présidentielle en 2012. Un récent sondage le crédite en effet de 7 % d’intentions de vote mais voit en lui – et Bayrou – le diviseur de la droite capable de provoquer la chute de Nicolas Sarkozy qui serait balayé dès le premier tour par Dominique Strauss-Kahn et Marine Le Pen.
Incroyable promesse de retour de bâton politique pour celui qui voulait voir Dominique de Villepin pendu à un « croc de boucher ». L’ancien Premier ministre se définit aujourd’hui en citoyen indépendant que les ténors de l’UMP courtisent assidûment depuis qu’il leur a tourné le dos en ne renouvelant pas son adhésion au parti présidentiel. Tout est donc possible...
Nice Matin: Comment réagissez-vous aux sondages qui annonceraient l’élimination de Nicolas Sarkozy si vous-même et François Bayrou étiez candidats ?
Dominique de Villepin: Les sondages d’aujourd’hui sont le reflet d’une inquiétude, voire d’une exaspération d’un certain nombre de Français. L’erreur serait de vouloir réduire le jeu politique au simple affrontement entre le Parti socialiste et l’UMP, sous prétexte qu’il y aurait des risques d’un 21 avril à l’envers. Où est la vraie menace aujourd’hui ? Dans l’absence de propositions, de perspectives, d’alternatives à la politique qui est menée.
Politiquement, votre position risque d’être assez compliquée ?
Depuis 2007, je n’ai cessé d’alerter le gouvernement et la majorité sur les risques que comportait une politique coupée des aspirations des Français et méconnaissant leur besoin de justice sociale. Aujourd’hui, j’entends me consacrer de façon tout à fait prioritaire aux propositions qui peuvent apporter des réponses à des problèmes concrets. Le besoin d’une refondation de la politique, une refondation économique et sociale pour permettre à notre pays de retrouver toutes ses chances dans l’Europe et dans la mondialisation. J’ai une vraie inquiétude pour mon pays, et un sentiment de gâchis face à une image abîmée.
Nicolas Sarkozy pourrait-il ne pas être le candidat de la droite en 2012 ?
Je crois que rien n’est écrit. Sur un fond de désenchantement et de rejet de la classe politique, l’évolution du chômage, de l’insécurité, du pouvoir d’achat feront pencher la balance dans un sens ou dans un autre. L’essentiel c’est d’aller de l’avant et de proposer une autre voie que celle qui a été empruntée.
Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher d’être candidat ? Le procès en appel de l’affaire Clearstream ?
Non ! J’ai toujours bien marqué à quel point les choses étaient pour moi séparées. Et la relaxe en première instance m’a blanchi de tout soupçon et a bien montré que j’étais toujours resté fidèle au service de l’Etat. Nous sommes dans des circonstances exceptionnelles où les Français ont besoin de responsables politiques mobilisés autour de l’intérêt général.
Est-il possible que vous saisissiez un jour la main tendue par Bayrou ?
Je suis pour un dialogue républicain respectueux des différences. L’essentiel, c’est la dynamique des projets, la capacité à proposer des alternatives qui soient susceptibles de répondre aux besoins. Nous ne sommes pas dans un temps où l’on peut se contenter d’ajustements ou de réformes à la marge. Nous sommes dans un temps où il faut refonder. Pour cela toutes les énergies seront nécessaires dans un esprit de large rassemblement national. Que le vaste espace politique entre le PS et l’UMP ait un rôle à y jouer me semble naturel.
Comment tout ça doit-il se traduire en terme de candidature ?
C’est une autre affaire.
Comment envisagez-vous cette refondation ?
Elle doit être institutionnelle pour mettre fin à l’impuissance des pouvoirs publics. Fidèle à l’héritage gaulliste et à mon parcours, je crois à l’autorité de l’Etat. Je propose de réduire à dix le nombre de ministères et de les stabiliser dans la durée, un changement profond dans la capacité stratégique des ministres à agir. Je propose de réduire le nombre de régions métropolitaines à huit, pour permettre à des territoires solidement ancrés de défendre leurs intérêts dans l’Europe et dans le Monde. Des présidents de région élus au suffrage universel pourraient se rassembler sous l’égide du président de la République dans un conseil territorial, permettant de traiter réellement les sujets de cohésion nationale. Ce qui me frappe, c’est que nous ne disposons toujours pas des outils pour agir efficacement face à des pays émergents, face à des nouveaux pôles de puissance qui eux s’organisent. Donnons-nous les moyens, créons ces outils.
Qu’est-ce que la révolution de la dignité dont vous avez parlé ?
Il faut redonner à chaque citoyen confiance en lui, pour lui permettre de choisir son destin. C’est pour cela que j’ai proposé un vrai choix de société : un revenu citoyen de 850 euros pour permettre à chacun d’accéder à la dignité et de trouver sa place dans la société avec une contrepartie morale qui serait de consacrer une partie de son temps à l’intérêt général. Pour que ce revenu citoyen trouve tout son sens, il faut l’adosser à un service citoyen obligatoire pour les jeunes mais ouvert à l’ensemble de nos compatriotes qui pourraient ainsi accompagner les jeunes.
Après la catastrophe nucléaire au Japon, vous pointiez du doigt les sous-traitants en France. Pourquoi ?
Parce qu’il faut des garanties pour la sécurité de nos concitoyens. Il faut faire en sorte qu’à travers les nominations de l’autorité de sûreté nucléaire, il n’y ait aucune confusion possible sur l’indépendance de ses membres. Il faut également un contrôle extrêmement strict des sous-traitants. Pour éviter le moins-disant en termes d’exigence de sécurité. Enfin, il faut une garantie du financement à hauteur de l’enjeu et pérenne de la part d’EDF pour ce qui concerne l’entretien des centrales et pour la prévention des risques sismiques. Or aujourd’hui, il y a un décalage entre les investissements et les besoins. Mais il faut se poser la question de notre politique énergétique à plus long terme, même si cela bouscule des tabous.
Face au conflit en Libye, fallait-il proposer des frappes ciblées comme l’a fait Nicolas Sarkozy et reconnaître officiellement le Conseil national de transition libyen ? J’ai rencontré deux fois le président de la République sur l’enjeu libyen et les mouvements dans le monde arabe. Nous avons évoqué l’ensemble des options. J’ai insisté sur la nécessité d’une France en initiative et demandé au Président de marquer sa détermination mais d’essayer de privilégier les voies praticables dans la concertation. La multiplicité des initiatives a pu nuire en créant une certaine confusion et en particulier la reconnaissance précipitée du Conseil national de transition libyen. Aujourd’hui la donne est changée par la contre-offensive du colonel Kadhafi. Nous devons concentrer nos efforts sur Benghazi pour empêcher un bain de sang ; que ce soit par un brouillage immédiat des communications, une zone d’exclusion aérienne ou la définition de zones humanitaires. J’ai une conviction, nous ne pouvons laisser faire.
Source: Nice Matin (propos recueillis par André Fournon)
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/03/18/1835-dominique-de-villepin-a-nice-matin-on-sous-estime-la-souffrance-des-francais
Problèmes techniques
18/03/2011 06:34 par rgrs
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Problèmes techniques
18/03/2011 06:34 par rgrs
Les compagnons qui gèrent ce blog républicain ont eu des soucis techniques avec celui ci dans la journée du 17 mars. Ce blog était en effet en maintenance. Ils vous prie de les en excuser. Ce jour, tout est arrangé et vous allez à nouveau pouvoir consulter votre blog préféré. Bonne lecture à tous !
Salut et fraternité !
Il faut sauver l’homme en noir Taddéi
16/03/2011 18:53 par rgrs
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Il faut sauver l’homme en noir Taddéi
16/03/2011 18:53 par rgrs
Alors que France Télévisions songeait à supprimer l'émission de Frédéric Taddéi, le magazine Causeur avait publié début février un vibrant plaidoyer pour le maintient de "Ce soir ou jamais" sur France 3. Pierre Sled, conseiller aux programmes de France 3, a depuis tranché : l'émission de Frédéric Taddéi sera désormais hebdomadaire à partir de la rentrée prochaine.
Publié par David Desgouilles dans Causeur Magazine
Depuis plus de trente ans que je regarde des matches de football au stade ou sur le petit écran, j’ai souvent sacrifié à la tradition consistant à critiquer l’arbitre et, parfois même, à lâcher à son intention quelques mots d’oiseaux de toutes les couleurs. Il m’arrive de plus en plus, cependant, d’observer avec davantage de distance les débats… et la production de l’« homme en noir ».
Des arbitres1, il y en a au moins deux catégories. Il y a ceux dont le regard hautain trahit le mépris pour les joueurs − lesquels, d’ailleurs, ne sont pas en reste. Mais il y a ceux qui font oeuvre de psychologie, qui savent s’effacer devant le jeu et que, finalement, on ne remarque presque pas dans le match. Les arbitres de cette catégorie ne font pas moins d’erreurs − inhérentes au football comme à tout sport −, mais le spectateur et même le joueur leur pardonnent ou, mieux encore, ne les perçoivent même plus tant il est évident que le jeu est roi et que tout le reste en devient accessoire.
Soral/Autain, ça vaut OM/PSG d’il y a vingt ans
Lorsqu’on regarde « Ce soir (ou jamais) », on a exactement la même impression.
Un débat, c’est comme un match de football. Enfin, dans cette émission-là, pas dans celles où les protagonistes feignent d’avoir des désaccords alors qu’ils pensent essentiellement la même chose sur tous les sujets. Frédéric Taddéi ne choisit pas la facilité en invitant des personnalités fortes. Inviter Alain Soral et Clémentine Autain sur le même plateau, cela vaut bien un PSG-OM d’il y a vingt ans. Sur le papier, il y a tout pour que cela castagne. En fait, pas du tout.
L’arbitre arrive à maîtriser les débats avec un mélange de bienveillance, d’attention, de fermeté et de justice ; et laisse les protagonistes s’exprimer sans les interrompre par des coups de sifflets incessants. Il y a quelques mois, j’ai même vu Jean-Luc Mélenchon s’y comporter de manière fort courtoise. Même les joueurs les plus caractériels donnent le meilleur d’eux-mêmes lorsqu’ils sont totalement convaincus de la probité de l’arbitrage.
Une émission quotidienne de débat fort bien animée, avec des avis divergents, sur le service public de télévision, il y en a une. Et depuis quelques jours, la rumeur enfle : il est question de la rendre hebdomadaire, ou carrément de la supprimer2.
Pour la remplacer par qui et par quoi ? Marc-Olivier Fogiel : le retour du concert de coups de sifflet. Il ne faut pas que le débat s’endorme et les téléspectateurs avec, n’est-ce pas ?
Parce que Messieurs Pfimlin et Sled ont regardé les courbes d’audience. Et ne les trouvent pas à la hauteur. Bizarre ! Comme tous les Français, j’ai entendu le président de la République annoncer, lorsqu’il a décidé de la disparition de la publicité après 20 heures, que le service public de télé serait ainsi délivré de la dictature de l’audimat. Pfimlin, nommé en conseil des ministres, et Sled, que l’on dit très proche du « Château », auraient-ils oublié cette lettre de mission ? La faible audience − discutable, puisqu’elle ne comptabilise pas les nombreux visionnages sur Internet, conséquence de la tardive diffusion de l’émission − est-elle la véritable raison de la mise sur la sellette de « Ce soir (ou jamais) » ?
Ne serait-ce pas plutôt le fait qu’elle échappe au débat droite-gauche plan-plan et qu’elle aborde le plus souvent les problématiques réelles mettant à jour les clivages décisifs ?3
J’en appelle donc à Messieurs Pfimlin, Sled et même au président de la République. « Ce soir (ou jamais) » doit continuer. Et j’encourage chaque téléspectateur fidèle de cette émission à écrire à ces trois décideurs. Il faut sauver la meilleure émission de débat de France. Il faut sauver le soldat Taddéi !
Publié par David Desgouilles dans Causeur Magazine
1. A propos d’arbitres, c’est l’occasion pour moi de recommander la lecture d’un ouvrage collectif auquel participe le camarade Jérôme Leroy. Les Hommes en noir (Les contrebandiers Editeurs) est un recueil de 17 nouvelles rédigées par 17 auteurs différents, consacrés à l’arbitre de football
2. Frédéric Taddéi affirme cependant : « Je n’ai rien contre le fait de réfléchir à une hebdo. »
3. Étrange coïncidence : à la rentrée de janvier, le « 18-20 » d’Europe 1 a subi − sous prétexte, là aussi, d’audience médiocre − un lifting semblable. Le premier débat entre Olivier Duhamel, Claude Askolovitch, Natacha Polony et David Abiker a été supprimé par le nouveau directeur Olivennes. Seul subsiste aujourd’hui le bon vieux face-à-face libéral vs social-démocrate entre Olivier Duhamel et Catherine Nay ou Philippe Manière.
http://www.debout-la-republique.fr/Il-faut-sauver-l-homme-en-noir.html
Boboland et "sainte église écolo" de l'anti nucléaire ou la mort de l'idéal des Lumières !
16/03/2011 18:49 par rgrs
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Boboland et "sainte église écolo" de l'anti nucléaire ou la mort de l'idéal des Lumières !
16/03/2011 18:49 par rgrs
En France, la "Gauche radicale" et notamment le PG qui n'avait que le mot "révolution citoyenne" à la bouche n'en parle plus ! Elle ne parle plus du peuple libyen en "révolution"massacré par le tyran Kadhafi !
Elle ne parle pas (elle n'en a jamais parlé) du peuple ivoirien flingué par le tyran Gbagbo (l'ami du PS et du PG) !
Elle est trop occupée à faire son cirque émotif à but électoral sur les dramatiques évènements au Japon (séismes à répétition, tsunami, graves incidents nucléaires, destruction d'infrastructures). Elle fait de la politique politicienne la plus débectante en surfant sur les peurs et les émotions des gens. Alors que le peuple japonnais terriblement frappé reste digne, serein, solidaire et attentif et bien nous avons des politiciens français,soit disant, républicains et de gauche qui utilisent ces catastrophes pour servir leur soupe (mauvaise soap) électorale, cantonale d'abord, présidentielle ensuite !
Manifestant ici en tout petit nombre au Trocadéro, se jouant des coudes entre eux pour être le premier devant les caméras et les micros, les chefs de file du boboland écolo "sainte église" de antinucléaire, exigent un référendum sur le nucléaire !
Plus question de lutte contre les méchants banquiers ou le grand capital. La commission oligarchique de Bruxelles oubliée ! Les "révolutions dans les pays arabo-musulmans ne les intéressent plus ! Leur nouvelle mascotte, leur nouveau passe-temps en boboland c'est l'anti nucléaire et avec en plus le bon degré de pleurnicheries victimistes necessaire à leur "sainte" cause !
Du vert au vert de gris en passant par le vert bleu telle est l'évolution des écolos qu'ils se situent à EE-LV ou au PG. ils ont fait de l'écologie (au départ une science) une idéologie ! Maintenant, ils en font une religion dogmatique excommuniant déviants et hérétiques ! Quand, je vois que le PG et Jean-Luc Mélenchon s'attellent à cette nouvelle sainte église et bien je dis, qu'après avoir rompu avec l'idéal républicain et jacobin et bien Jean-Luc Mélenchon rompt avec l'idéal des Lumières !
Pour continuer le débat, ici ou ailleurs, je ne résiste pas à vous faire partager quatre liens qui vont dans le sens de mon propos et qui vous éclaireront sur cette nouvelle idéologie bien pensante dominante chez les écologistes et dans la Gauche radicale. Ils mettent en lumière les dérives de cette nouvelle "sainte église". Les événements dramatiques que subit le Japon et la question du refus du nucléaire nous les montrent amplement.
Bonne lecture.
Salut et Fraternité.
Par Darthé-Payan
Quatre liens pour continuer le débat :
Fukushima, et maintenant... ?
16/03/2011 18:42 par rgrs
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Fukushima, et maintenant... ?
16/03/2011 18:42 par rgrs
Cela fait 5 jours que le drame s’est abattu sur le Japon, et malgré l’ampleur du désastre, les japonais hébétés, mais zens, s’interrogent sur leur avenir.
C’est une date noire qui, comme celle de Tchernobyl, restera dans l’histoire :
Le 11 mars 2011 à 14h46 heure locale : un séisme de force 9 a frappé le Japon, entraînant la mort d’au moins 10 000 personnes, et mettant à mal le parc nucléaire Japonais.
Le 15 mars, le commissaire européen à l’énergie Gunther Oettinger à utilisé pour définir ce drame le mot « apocalypse ».
« Pratiquement tout est hors contrôle, je n’exclue pas le pire dans les heures et les jours à venir » a-t-il déclaré. On sait maintenant qu’un expert japonais, Ishibashi Katsuhiko, faisant partie d’une commission, avait mis en garde dès 2007 sur le risque couru par ces centrales, et n’ayant été écouté, il a claqué la porte de cette commission.
Pour Xavier Rabilloud, porte parole du réseau « sortir du nucléaire », alors que l’accident a été classé au niveau de gravité 6, et que la situation de la centrale semble désormais totalement hors contrôle, il s’agit d’une catastrophe équivalent à « plusieurs Tchernobyl ». Fukushima Daiichi a perdu définitivement 4 réacteurs, et seule bonne nouvelle, l’exploitant Tepco affirme avoir pu mettre à l’arrêt les 4 tranches de Fukushima Daini, ayant pu en rétablir l’électricité.
Sur ce lien les différents évènements de la journée du 15 mars.
Lors de celle-ci, le taux de radioactivité à Tokyo a été mesuré (vidéo) en constante augmentation de 10 fois supérieur à la normale et il est inenvisageable d’évacuer les 35 millions d’habitants que compte cette ville avec sa banlieue. On le sait, un nouveau séisme, de force 7, a secoué à nouveau l’ile Japonaise, maintenant l’inquiétude des japonais, dont 5,6 millions d’entre eux, toujours privés d’électricité dans la ville de Tokyo, se sont calfeutré dans le froid de leurs appartements ou de leurs bureaux, sur les conseils de leur premier ministre, Naoto Kan.
« Restez à l’intérieur, fermez les fenêtres, n’allumez pas les ventilateurs, et ne sortez pas votre linge » a demandé Yukio Edano, porte parole du gouvernement, aux habitants les plus exposés.
Lors du premier séisme, un cameraman amateur a pu filmer une scène effarante montrant la danse des buildings.
Côté nucléaire, deux brèches de 8 mètres de large sont apparues dans l’enceinte de confinement du réacteur n° 4 et l’enceinte de confinement du réacteur n° 2 n’est plus étanche, laissant s’évacuer la radioactivité.
Sur ce lien, on peut constater l’étendue des dégâts sur le bâtiment du réacteur.
On peut suivre en direct l’actualité au Japon sur la télévision publique NHK.
Il y a maintenant, et pour l’instant, 7 réacteurs qui posent problème.
Au Canada, on commence à s’inquiéter, à la lumière des mesures de radioactivité indépendantes, qui prouvent que le nuage radioactif est sur le point d’atteindre les côtes du Pacifique.
En effet, le Jet Stream emporte la radioactivité en direction de Vancouver et de toute l’Amérique du Nord.
Sur cet autre lien, on peut découvrir le déplacement de la pollution depuis le Japon.
Quant à l’eau radioactive déversée par millions de litres sur les réacteurs pour en faire baisser la température, elle est maintenant dans la mer, ce qui n’encouragera pas les amateurs de sushis.
Alors que la Chancelière Merckel décide avec sagesse d’arrêter immédiatement 7 réacteurs, de stopper les projets nucléaires, annonçant un moratoire sur l’allongement de la durée de vie des réacteurs de son pays, faisant une louable marche arrière, notre petit président, droit dans ses bottes, déclare qu’il n’est pas question de se remettre en question une seule seconde.
Tout au plus, comme à l’accoutumée, devant le danger et les risques que nous font encourir sa décision unilatérale, il veut bien accepter un contrôle de nos 58 réacteurs afin, on l’aura compris, de faire tomber la pression populaire, sachant d’avance que les contrôles révèleront que « tout va bien, dormez en paix, braves gens » et que « la France, championne en la matière, possède la technologie la plus en pointe dans le monde en matière de nucléaire ».
Ce qui reste à prouver…
Et puis Sarközy est mal renseigné quand il affirme que les réacteurs français ont une « double coque » : ce qui n’est vrai que pour 24 réacteurs, pas pour les 34 autres.
Et quand il affirme que l’EPR résisterait à la chute d’un avion de ligne, il se trompe une fois de plus.
La liste des accidents nucléaires survenus en France et dans le Monde est sur ce lien.
Ceux qui se sont produits en France sont sur celui-ci : lien
Avons-nous oublié de quelle manière outrancière, Sarközy a défendu l’énergie nucléaire ? vidéo
« Je serais celui qui développera l’énergie nucléaire »
En effet, à la lumière de l’EPR finlandais, qui devait être opérationnel en 2009, le sera peut-être en 2013, et qui devant couter 3 milliards d’euros a passé la barre des 7 milliards, on est en droit de s’interroger sur la fiabilité des centrales nucléaires françaises. D’autant que, comme un contrat a été signé entre la France et la Finlande sur la base de 3 milliards, le dépassement est pour nos poches.
à la lumière des exercices d’alerte dans les centrales qui dépassent tous allègrement le minimum de temps exigé, à savoir le ¼ d’heure, voisinant plutôt avec l’heure, et à la lumière des nombreux accidents, minorés comme à l’accoutumée en incidents, on peut légitimement contester les affirmations présidentielles.
A Bugey par exemple, lors d’un exercice d’alerte, il n’a pas été possible d’accéder au circuit d’eau pour éteindre un incendie fictif.
Sur ce lien, un florilège sur ces exercices ou les couacs se multiplient, qui laisse planer un doute réel sur nos capacités d’intervention en cas d’accident.
Et puis ce serait oublier que nombreuses de nos centrales sont sur des zones sismiques, ont été maintes fois rafistolées, et ne présentent pas toutes les garanties en matière de sécurité.
La centrale de Fessenheim, par exemple, mainte fois réparée, et dont le gouvernement veut prolonger la vie, est sur une zone sismique qui peut atteindre des séismes de force 7, le fossé tectonique étant toujours actif.
Outre Fessenheim, évoquons aussi le site du Tricastin, celui de Cruas-Meysse, et en Rhône Alpes, ce ne sont pas moins de 4 centrales qui se trouvent dans des zones à risques sismiques.
Mais le pompon, c’est ITER à Cadarache qui l’a décroché en organisant un gaspillage prévisible d’au moins 10 milliards d’euros pour une installation expérimentale en pleine zone sismique. Au sujet de Cadarache, une drôle de « farce juridique » est en train de se jouer.
C’est là que l’on produisait le MOX (à ciel ouvert), celui-là même présent dans les réacteurs japonais, et le Conseil d’état, saisi par des organisations anti-nucléaires, devrait rendre sa décision sous peu sur une demande de suspension de démantèlement d’un atelier de plutonium. Entre les EPR, ITER, et les ratages, comme celui de Crey Malville, toujours en cours de démantèlement, ce ne sont pas moins de 34 milliards qui auront été gaspillés en pure perte, et qui auraient pu être investis dans les énergies renouvelables.
Pourtant les solutions énergétiques propres ne manquent pas, comme à Lille, où une centaine de bus tournent grâce au méthane produit par les déchets ménagers de la métropole lilloise. On sait aujourd’hui qu’avec le méthane découlant de l’activité humaine et animale, on pourrait faire tourner tous les véhicules, poids lourds y compris, du pays. Les solutions alternatives propres ne manquent pas, entre la géothermie profonde, l’hydraulique, l’éolien, le solaire, le bio-méthane, etc.
Mais revenons au Japon.
Que faire pour se protéger ?
A part la prise indispensable de pastilles d’iode, à prendre au moins 6 heures avant que la radioactivité nous atteigne, on peut trouver quelques conseils indispensables sur ce blog.
Que nous réserve cet avenir ?
Un changement radical de mentalité, ou une continuation dans cette course folle ?
A 10h, le 17 mars 2011, il nous est proposé d’observer une minute de silence pour le Japon.
Comme disait mon vieil ami africain :
« Celui qui est sur le dos de l’éléphant ne doit pas craindre la rosée ».
L’image illustrant l’article provient de « whyfiles.org »
Un grand merci à tous les internautes qui m’ont aidé à rédiger celui-ci.
par olivier cabanel (son site)
http://www.agoravox.fr/
Carnet de Jean-Pierre Chevènement
16/03/2011 18:28 par rgrs
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Carnet de Jean-Pierre Chevènement
16/03/2011 18:28 par rgrs
Certains commentateurs feraient bien de s’aviser que c’est toujours l’incapacité de la gauche et de la droite à offrir une alternative véritable à la poursuite de la « seule politique possible », qui prend aujourd’hui la forme du « pacte de compétitivité » imposé par Mme Merkel à l’Europe, qui nourrit la vague lepéniste. Ce qu’il faut faire comprendre aux électeurs c’est qu’en votant Le Pen ils votent pour une impasse.
Que faire donc ? Faire surgir une alternative, pendant qu’il en est encore temps.
Comment ? c’est ce que nous allons essayer de faire dans les prochains mois.
Au Japon, ce qui paraissait totalement improbable est devenu réalité. Les constructeurs de centrales nucléaires avaient pris en compte la sismicité de l’archipel : les centrales se sont automatiquement arrêtées au moment du tremblement de terre. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est la vague du tsunami – jusqu’à dix-sept mètres de hauteur – qui a noyé les installations dédiées au refroidissement et les groupes électrogènes de secours.
Avant d’ouvrir un débat dont très peu maîtrisent aujourd’hui les données sur la « sortie du nucléaire » et de céder à l’idéologie technophobe, saluons l’héroïsme des employés de Tepco qui dans les salles de contrôle prennent tous les risques pour le Japon afin de reprendre la maîtrise des réacteurs de Fukushima. Il y a une grandeur émouvante dans la façon dont le peuple japonais fait face.
Révolutions arabes : "Aller à l’idéal mais comprendre le réel"
L’évolution de la situation en Libye met en valeur l’improvisation "bernard henri-léviesque" à laquelle le Président de la République s’est laissé aller en reconnaissant non pas un Etat mais un gouvernement, chose radicalement nouvelle dans la tradition diplomatique française. Il eût été prudent de s’assurer que le « transfert de légitimité » ainsi opéré correspondait bien à une inversion du rapport de forces sur le terrain que seule pouvait garantir une intervention extérieure potentielle (zone d’exclusion aérienne) dont les conditions n’ont jamais été réunies.
Le Président de la République repoussait, à juste titre, l’idée d’une intervention de l’OTAN mais c’était au bénéfice d’une intervention franco-britannique : il était sans doute bien jeune au moment du « coup de Suez », mais il semble avoir oublié que celui-ci n’a pas laissé que de bons souvenirs dans la région…
La communauté internationale ne peut agir qu’avec le soutien des pays arabes et notamment de l’Egypte pour contenir la violence exercée par le régime du Colonel Khadafi à l’égard de son peuple. On peut regretter l’irrésolution de la communauté internationale mais c’est toujours une erreur de mettre les orientations de notre diplomatie sous l’Empire de la Communication.
Que M. Bernard Henri-Lévy lance, dans la tradition de Malraux, des brigades internationales pour Benghazi, c’est son affaire ! Mais que la France s’isole au plan international en brandissant un sabre de bois est un faux-pas infiniment plus grave. On ne semble pas s’être avisé, en haut lieu, que, dans ce qu’il est convenu d’appeler « les révolutions arabes », le comportement de l’armée est décisif. En Tunisie comme en Egypte, elle a refusé de tirer sur les manifestants. Ce n’est pas le cas partout ailleurs. Chaque pays a une situation spécifique dont il serait opportun de s’aviser avant d’appeler inconsidérément des citoyens justement épris de démocratie à verser leur sang.
« Aller à l’idéal, mais comprendre le réel » disait Jaurès.
Exclusif (et scandaleux): Total ne paiera pas d'impôts en France
16/03/2011 18:21 par rgrs
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Exclusif (et scandaleux): Total ne paiera pas d'impôts en France
16/03/2011 18:21 par rgrs
Des milliards de bénéfices distribués aux actionnaires, mais pas un sou de profits réalisés en France, et probablement pas un euro d’impôt. En 2009, malgré 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Total a perdu 207 millions d’euros dans l’Hexagone. Rebelote en 2010. Selon nos informations, la plus grosse entreprise tricolore est encore dans le rouge.
Un euro cinquante. Quand ce n’est pas 1,80 euros qu’il faut sortir aux caisses des stations services pour s’offrir un litre d’essence. Le prix du précieux liquide renoue avec son niveau record de 2008 pour le plus grand malheur des automobilistes français. Mais pas celui de Total. A l’unisson des autres multinationales du CAC 40, le pétrolier a annoncé d’excellents résultats : 10,6 milliards d’euros sur 82 milliards réalisés par les 40 stars.
Mais le malheur des Français pourrait bien se transformer en exaspération quand ils mettront en balance ces fabuleux résultats (distribués à plus de 50% aux actionnaires) avec le montant du chèque effectué par Total au Trésor. Enfin pas tant le montant, un des secrets les mieux gardés de la République, que le signe + ou - qui le précède. Car celui-ci est vraisemblablement négatif. Autrement dit, par la magie d'une optimisation fiscale totalement asservie aux desideratas des grands groupes, Total ne devrait pas d'argent à l’Etat au titre de l'impôt sur les sociétés (IS). Situation que le groupe n'a jamais démentie.
La plaquette « Total en France. Contribution économique et sociale », dans sa version 2009, mentionne une perte de 207 millions d’euros dans l’Hexagone pour un chiffre d’affaires de 32 milliards d’euros… quand les résultats du groupe atteignaient cette année-là 7,6 milliards d’euros. Rebelote cette année, puisque selon nos informations, Total serait encore en perte dans l’Hexagone. Ce que confirme, à Marianne, un porte-parole « Nous avons fini l'année 2010 sur un léger mieux par rapport à 2009 pour nos activités en France. Notre résultat y sera proche de zéro, légèrement négatif ». Conséquence mécanique: pour la seconde année consécutive, le groupe pétrolier ne devrait donc pas un sou au fisc.
Si on comprend aisément que Christophe de Margerie, le patron de Total, peine à partager ce malaise, il est cependant plus étonnant qu’il ne le comprenne pas, ou pire, qu’il s’en moque : « Le pétrole, certes, augmente mais pas plus qu'en Allemagne, en Grande-Bretagne ou ailleurs, je ne pense pas que dans ces pays-là, on parle tous les matins de ça, il doit y avoir quelque chose de particulier chez nous. »
Sans doute, les Français digèrent-ils mal la faible participation de leur champion national à « l’entretien de la force publique », comme le définit la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen. Ladite force publique protège les stations service, aménage le sol sur lequel roulent les poids lourds Total, entre autres services rendus par la collectivité à la prospérité de ce grand groupe.
Lors de la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes aux députés, certains parlementaires s’étaient émus de ce que cinq entreprises françaises, dont Total, profitent du « bénéfice mondial consolidé », une niche de luxe. Réponse de François Baroin : les en priver, les conduiraient à se délocaliser. La parade du ministre du Budget n’aura convaincu personne. Pas même Michel Bouvard, député UMP de Savoie : « 302 millions d’euros (NDLR: montant de la niche), ce qui, à raison de cinq entreprises multinationales, fait à peu près 60 millions pour chacune. J’ai peine à croire, compte tenu du bénéfice dégagé par ces entreprises et de l’impôt qu’elles acquittent, qu’elles trouvent intérêt à déménager leur siège social à l’étranger pour 60 millions. »
Chiche ?
Emmanuel Lévy - Marianne
Philippe Cohen donne une leçon d’histoire à Laurent Joffrin
16/03/2011 18:15 par rgrs
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Philippe Cohen donne une leçon d’histoire à Laurent Joffrin
16/03/2011 18:15 par rgrs
Dans son dernier numéro, le Nouvel Observateur, par les signatures de Laurent Joffrin et Ariane Chemin, mettent gravement en cause Marianne2 et Philippe Cohen, les accusant notamment de « décontaminer » les idées du Front national. Philippe Cohen leur répond dans un article brillant que nous avons le plaisir de reproduire sur le site de DLR.
Quand j’étais petit, j’étais trotskiste. J’ai passé de longues après-midi ensoleillées – je vivais en Provence - à étudier, sous la dictée de brillants intellectuels, comment les staliniens, dans les années 1930, faisaient le lit du fascisme grâce à la fameuse théorie du social-fascisme. En Allemagne, en Italie ou en France, des bureaucrates déguisés en savants marxistes mettaient dans la tête des ouvriers que l’ennemi prioritaire n’était pas constituée par les hordes de chemises brunes qui défilaient dans les rues la main levée, mais par les braves sociaux-démocrates qui détournaient les masses de l’esprit révolutionnaire. Et tandis que la droite proclamait plutôt Hitler que le Front Populaire, les partis communistes beuglaient qu’Hitler était moins dangereux que les chefs des partis socialistes.
C’est à cette leçon d’histoire, grand classique des écoles de formation trotskistes et à cette fameuse théorie du social-fascisme que me fait songer la dernière livraison du Nouvel Observateur de ce matin (voir ci-dessous).
Revenu pour la troisième fois au Nouvel observateur, il tient à cœur à Laurent Joffrin de réorienter le journal à gauche. Il a donc voulu frapper un grand coup. L’actualité s’y prête quand les pauvres bobos urbains que nous sommes pensent, en s’asseyant sur la banquette du métro, que l’un des quatre voyageurs pourrait voter Marine Le Pen. Donc logiquement, dans un numéro consacré à la montée de la Présidente du FN, le Nouvel observateur se devait de réfléchir sur les responsabilités de chacun. Le journal pourrait, par exemple, déplorer que ni le PS ni le Parti de Gauche ni Europe Ecologie n’aient lancé de grande campagne d’indignation contre les 83 milliards de profits des entreprises du CAC 40 en 2010 (le double de 2009). Il pourrait inciter ces mêmes partis à dénoncer le fait que, dans la France de 2011, 25% de salariés gagnent moins de 750 euros. Il pourrait remettre en cause la façon dont toute une gauche, qui ne fut pas sous-représentée au Nouvel Observateur, a diffusé l’idée que l’industrie était ringarde et que notre avenir résidait dans les nouvelles technologies et les services.
Or, l’Obs fait tout l’inverse : si Marine Le Pen prospère d’après l’Observateur et Joffrin, ce serait d’abord grâce au travail de « préparation idéologique » menée par des individus louches... dans mon genre. Une grande partie de l’éditorial de Laurent Joffrin et un article d’Ariane Chemin désignent les anciens de la Fondation Marc Bloch qu’avec quelques amis, j’ai créé en 1998, comme les premiers responsables de la « lepénisation des esprits ». Ceux-là, donc, « décontamineraient la pensée FN ». Passons sur le fait que ladite Fondation n’a jamais été réputée pour accueillir des médecins et des notaires mais plutôt des profs et des journalistes et qu’elle n’existe plus depuis huit ans. Passons sur le fait qu’une enquête élémentaire sur le destin de ses adhérents démontrerait qu’on retrouve beaucoup d’entre eux dans toutes les écuries de la gauche et de la droite, de Mélenchon à Sarkozy en passant par Montebourg, Bayrou,etc.
Contrairement à ce qu’écrivent Laurent Joffrin et Ariane Chemin, je ne me suis jamais revendiqué du souvernainisme ni du national-républicanisme, étiquette qui se voulait infamante inventée par Edwy Plenel en 1998 pour stigmatiser la Fondation Marc Bloch (1) que, déjà à l’époque, les bien-pensants désignaient comme un dangereux rassemblement « rouge-brun ». Et puisqu’elle m’accuse d’être un « passeur » de l’idéologie lepéniste, j’attends d’Ariane Chemin qu’elle communique aux lecteurs du Nouvel Observateur ou du Nouvelobs.com les nombreux articles que j’ai écrit sur l’identité nationale ou l’islam. Qu’elle le sâche, il y en a fort peu. Je m’intéresse davantage à la mondialisation et à la crise, souvent, en effet, pour critiquer les faiblesses de la gauche sur ce terrain.
Plus embêtant encore : Laurent Joffrin évoque un « républicain national de Marianne »derrière lequel les lecteurs de l’Obs n’auront aucun mal à me désigner puisque ma photo figure en gros pour illustrer l’article d’Ariane Chemin. Nous voilà donc ramenés au social-fascisme à la mode Joffrin : je serais donc l’un des « passeurs » de l’idéologie frontiste. Pourquoi ? Quel crime ai-je commis ? Ai-je sauté sur les genoux de Jean-Marie Le Pen ? Suis-je parti en vacances sur son bateau en Méditerranée ? Non, j’ai, dans un article publié le 17 janvier, évoqué la « sophistication » du programme mariniste et repéré une influence « chevènementiste ». J’invite donc Laurent Joffrin à lire l’enquête que Marianne publie dans son prochain numéro. Il y lira qu’en effet d’anciens chevènementistes influencent aujourd’hui la présidente du Front et font partie de son cabinet.
Voilà plus d’un an en effet que je m’efforce, dans mes articles sur « le relais influent » que constitue selon Ariane Chemin, Marianne2, d’alerter les électeurs de gauche et les républicains en général sur la menace que constitue Marine Le Pen aujourd’hui : un véritable hold-up sur la doctrine et les valeurs républicaines. De la même façon que Le Pen père avait préempté le drapeau tricolore abandonné par la gauche dans les années 80, Le Pen fille tente de récupérer la laïcité et l’égalité abandonnées par une grande partie de la gauche au profit de ce qu’elle appelle la diversité, le nouveau concept utilisé pour remplacer la « différence » exaltée dans les années 1980. Qui rend donc un fier service au Front national ? Ceux qui veulent nous rejouer à la virgule près la « quinzaine anti-Le Pen » de 2002 et se contenter de dénoncer la lepénisation des esprits ? Cet anti-fascisme d’opérette a largement fait la preuve de son inefficacité. Le numéro d’anti-fascime signé Joffrin est d’autant plus désolant je partage son analyse sur la responsabilité de la gauche dans la percée mariniste (1) : son refus d’accepter que certains quartiers populaires sont moins sûrs que les environs du Flore, son oubli de la nation au profit d’une Europe aujourd’hui en panne, son adhésion totale au libre-échangisme le plus débridé, sa passivité face à la finance, tout cela a éloigné le peuple de la gauche. Celle-ci est donc, tout autant que la droite responsable de la percée lepéniste. Et Laurent Joffrin devrait comme moi dénoncer ces Jean Moulin de pacotille qui, par leur ignorance de la vraie situation du peuple, offrent un boulevard à quatre voix au Front national.
(1) Notre ami Régis Debray lui avait fort bien répondu dans un petit livre - Le Code et le glaive, Albin Michel - dont le temps, me semble-t-il, a bonifié la valeur.
(1) J’ai publié quelques livres (Le Bluff républicain en 1997 et Protéger ou disparaître en 1998) et des dizaines d’articles sur ces thèmes.
Par Philippe Cohen
Rédacteur en chef de Marianne2
http://www.debout-la-republique.fr/Philippe-Cohen-donne-une-leccon-d.html
Les dictateurs contre-attaquent, les démocraties laissent faire
16/03/2011 12:57 par rgrs
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Les dictateurs contre-attaquent, les démocraties laissent faire
16/03/2011 12:57 par rgrs
Finalement, Paris et Londres n’auront pas obtenu raison. Les pesanteurs, les intérêts divergents, mais aussi les limites d’une telle intervention ont eu raison des velléités interventionnistes en Libye. Kadhafi devrait malheureusement reprendre le contrôle de son pays.
La communauté internationale paralysée sur la question libyenne
On pouvait être enclin à une intervention en Libye sous la forme de bombardements des troupes de Kadhafi car sur la base des informations que nous avons, de tels raids semblent pouvoir être le coup de pouce qui permettrait une libération du pays du joug sanglant de son dictateur. En cela il est difficile de résister au cri du cœur du Monde ou de Guy Sitbon sur Marianne 2, d’autant plus que les quelques raids nécessaires n’ont rien à voir avec les interventions en Irak ou en Afghanistan.
Même si les pays de la ligue arabe ont fini par accepter la zone d’exclusion, non seulement il y a des difficultés de mise en place, mais surtout, tout le monde comprend aujourd’hui que ce n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Soit nous bombardons maintenant les armées de Kadhafi avant qu’elles ne prennent la capitale des rebelles, soit nous laissons faire. Tous ceux qui évoquent un entre-deux, de nouvelles discussions ou des brouillages de radar, ne font que noyer le poisson.
Plus généralement, le cas de la Libye démontre toutes les limites des « machins » supranationaux que sont les Nations Unies et l’Union Européenne. Bien sûr, il ne s’agit pas de revenir à la loi de la jungle, où chaque nation ferait ce que bon lui chante, mais au final, n’est-ce pas ce qui se passe déjà, ou s’est passé à Kaboul et Bagdad ? La seule solution serait que quelques pays oublient ces cénacles où il est couru d’avance qu’aucune décision ne sera prise…
Et pendant ce temps à Bahrein…
J’ai eu la chance de tomber sur ce papier du Figaro assez hallucinant. Lundi, des forces armées saoudiennes (pays à majorité sunnite) ont pénétré les frontières du Bahrein pour soutenir le roi (sunnite) qui fait face à une révolte de la majorité (chiite) de la population. Certes, cette intervention se fait à la demande des autorités du pays, et en vertu d’accords de défense militaire qui prévoient l’intervention des troupes d’autres pays dans d’autres territoires.
Mais il est tout de même choquant de voir une rébellion populaire matée par les troupes d’un autocrate voisin qui aide un autre dictateur à se maintenir au pouvoir contre la volonté de son peuple. Et dans le cas de l’Arabie-Saoudite, il faut être clair, personne ne dira rien étant donné que ce pays dispose des premières réserves mondiales de pétrole. Les autorités saoudiennes peuvent pratiquement faire ce qu’elles veulent car elles nous tiennent par les hydrocarbures.
En fait, les partisans de la globalisation ne l’ont jamais admis, mais la globalisation, le développement des échanges, s’ils ont des aspects positifs, créent aussi une interdépendance et même parfois, seulement une dépendance, y compris vis-à-vis de régimes dictatoriaux parfois sanguinaires et infréquentables. C’est pourquoi, même s’il ne s’agit pas de sombrer dans l’autarcie, l’indépendance nationale chère au général de Gaulle reprend tout son sens aujourd’hui.
Ces épisodes nous enseignent deux choses. La première, un peu triste mais logique, est que sur cette planète règne la loi du plus fort (que ce soit militairement, ou économique). La deuxième est que l’indépendance est le seul moyen de garder son libre arbitre.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/