Paso Doble n°191 : Dominicains, Franciscains et martinet…
07/07/2011 09:16 par rgrs
Les primaires du Parti Socialiste débutent et déjà, deux scuds sont braqués vers les principaux candidats.
Le premier, dont on parle abondamment ces jours-ci, c'est l'encombrant M. Strauss-Kahn. A peine semi-blanchi outre-atlantique, Dominique redevient suspect avec l'affaire Banon. Outre le fait que cette affaire affaiblit la posture morale du PS sur la conduite personnelle du Président actuel, les affaires DSK sont une mauvaise affaire pour François Hollande : l'avocat de Banon a prévenu, il obligera l'ex-Premier secrétaire du PS à reconnaître ses responsabilités.
Hollande est accusé d'avoir été mis au courant de la supposée agression et d'avoir conseillé de porter plainte contre DSK.
En niant, François Hollande affaiblit lentement sa crédibilité : il montre qu'il redoute de passer pour celui qui a "couvert" les affaires précédentes. C'est d'autant plus curieux qu'à mon sens, je comprendrai qu'il assume avoir conseillé à Mle Banon de porter plainte… Sauf s'il estime qu'il vaut mieux mentir à la rue pour ne pas s'aliéner les dominicains.
Martine pourrait se réjouir : n'est-ce pas là une excellente nouvelle ? François Hollande va braquer les derniers strauss-kahniens, ce qui lui laissera le champ libre.
Et non ! Car le second missile s'appelle "l'Affaire Guerini". L'étau judiciaire se resserre autour du Président de la Fédération PS des Bouches-du-Rhône. S'il était mis en examen dans les mois qui viennent, ce sera pour Arnaud Montebourg, lui-aussi candidat aux primaires, un formidable argument-massue contre les éléphants complices. La première victime en sera Martine Aubry, qui a été élue grâce à Guerini lors de la guerre des Roses, et qui jusqu'ici a tout fait pour enterrer l'affaire. Si Guerini tombe, lui succèdera probablement Patrick Menucci, dit Segolin, car il a autrefois soutenu Royal, s'est récemment déclaré pour François Hollande.
Autant dire que ces deux boules puantes seront maniées avec soin par les états-major. Aubry va tenter de tenir le plus possible dans l'affaire Guerini, la chute de celui-ci étant extrêmement préjudiciable à sa sélection. A l'inverse, Hollande, empêtré dans l'affaire DSK, a tout intérêt à pousser ses feux du coté de Marseille. Montebourg sera son allié objectif, et Menucci pourrait être l'artisan d'un TSM (Tout Sauf Martine), réunissant son ex-Egérie et son nouveau patron. Ce sera la fin de "l'autre" guerre des Rose.
Contrairement à ce qui était espéré, ces primaires risquent donc de déraper. Sexe, mensonge, vidéo. Sarkozy va peut-être gagner par défaut, comme Chirac en 2002, car le PS va perdre la bataille de la crédibilité et de la responsabilité.
Toréador
Le 28 juillet 2011, pour la deuxième fois, la France renie ses propres règles sur les concessions autoroutières payantes censées se limiter exclusivement au fait de doubler un itinéraire existant.
Puisque ce n'est plus une exception, on peut donc maintenant affirmer qu'en France on peut rendre payante une nationale prééxistante. Quelles seront les limites de cette nouvelle donne ?
Il y a eu un préalables avec la nationale 20 transformée en autoroute A20, mais ouvrage d'art mis à part, le tracé est resté gratuit parce qu'il ne doublait pas un tracé existant et pour la mission d'ordre publique de désenclaver le Massif central.
Mais la donne est nouvelle maintenant, après une portion de la nationale 10 devenue A63, c'est une portion de la route dite "Centre Europe atlantique," plus communément RCEA qui est appelée à être non pas doublée, mais transformée en autoroupe payante, plus précisément 160km d'un tracé dont la mise en 2x2 voie.
Ironie singulière de cette histoire, cette proposition de mise en concession a fait l'objet d'un débat public (du 4 novembre 2010 au 4 février 2011) dont les conclusions sont tout sauf clairement pour la mise en concession. Un chapitre entier du compte rendu explore la question de l'intérêt particulier de l'Etat et de la maîtrise d'ouvrage (4.2 Le recours à la concession, nécessité ou solution de facilité ?) et la conclusion en toute lettre est la suivante :
La commission émet le souhait que les propositions alternatives de montage financier, les propositions d’aménagement de sécurité et les principaux amendements soient examinés de façon contradictoire, au besoin chiffres contre chiffres, afin que les ministres disposent de tous les éléments d’appréciation avant leur prise de décision, mais également afin que les auteurs de ces propositions aient le sentiment d’avoir été respectés, conformément aux principes du débat public.
Compte rendu de débat consultable en ligne ici
Le Conseil général de Saône et Loire a déclaré remettre une proposition de mise en 2x2 voies pour deux fois moins cher qu'en passant ces portions au statut autoroutier. Ceci avait comme date butoir le 4 juillet.
Résultat ? L'Etat a tranché pour "son" projet de mise en concession même pas une semaine avant cette date butoire, avant surtout que tout examen contradictoire puisse être effectué comme le préconisait ses propres mandataires sur la bases du débat publique commandité.
Quelle que soit la couleur politique, on peut assez bien comprendre que, je cite " Pour Arnaud Montebourg, président de la Saône-et-Loire, ce choix est « un déni de démocratie » qui ne prend pas en compte les six mois de débat public et la proposition du Département visant à financer les aménagements avec le produit de l’écotaxe poids lourds. "
Article du Conseil général de Saone et Loire http://www.cg71.fr/jahia/Jahia/
Une nationale coute moins cher si elle sort de la responsabilité direct de l'Etat, moins cher relativement aux caisses budgétaires nationales, ça va de soi.
Suffira-t-il désormais à l'Etat de laisser tomber ses propres projets et déclaration d'utilité publique (comme ce fut le cas ici) pour, sous couvert de manque de moyens, transformer des nationales en autoroutes payantes ?
Si ce glissement devient récurrent comme ça semble se mettre en place, jusqu'où peut-il conduire ?
par
Selon des données de la Dares, 1180 plans sociaux ont été déclarés par les entreprises, pour l'année 2010. Pour l'année en cours, les chiffres officiels ne sont pas encore tombés... Mais Eugène, du blog économique et social, en a déjà répertorié, avec ses propres moyens, forcément modestes, 79 pour le premier semestre, soit environ 13 500 licenciements. Edifiant.
Nous sommes mi-2011 l’actualité sociale est tristement abondante, si bien que l’on se croirait en 2008 ! Dommage que ce bilan soit si mauvais pour le gouvernement. Il faudra s’en rappeler en 2012…
Pourtant cette fois-ci la majorité des plans n’ont qu’une seule origine : apporter plus de rentabilité a l’entreprise. C’est comme si la crise de 2008 avait donné le départ pour le lancement décomplexé de toute sorte de plans sociaux que les dirigeants n’osaient pas lancer avant. Avant il y avait un status-quo : on licenciait peu ou le plus légèrement possible et à l’abri des regards. La rareté des plans risquait d’amener les projecteurs sur l’opération. Depuis la crise, tout le monde délocalise et licencie à tout va, ça devient banal. Qu’on se le dise, si l’employé ne valait rien, considéré comme un simple outil de production, avant la crise, les dirigeants, par pudeur, faisaient semblant du contraire. Maintenant que la crise nous a habituées aux annonces de plans sociaux, c’est officiel nous serons tous pressés comme des citrons, car c’est ce que nous sommes : une source de bénéfices qu’il faut éliminer si elle est trop faible. Je ne parle même pas du cas ou cette source n’est pas rentable du tout… De plus, l’état, l’administration et les entreprises publiques ne se gênent plus : en 2010 La Poste aurait supprimé 11 694 emplois…
Cette compression du personnel va de pair avec le stress de ceux qui restent. Entre peur d’y passer, stress du survivant et travail interminable pour compenser celui de ceux qui sont partis : les suicides et le malêtre explosent ! Pour le plus grand bien du portemonnaie des actionnaires…
Dans ce cadre, je vous encourage a suivre le cas de Sodimédical : la justice a jugé qu’une société parfaitement rentable et en croissance ne pouvait faire de plan social. Il était temps que la justice (qui est censée servir l’Homme) considère l’Homme comme un Homme et non plus comme un simple outil de travail suffisamment rentable ou non.
Blog économique et social - Blogueur associé
La commission d'enquête du PS sur la Fédération des Bouches-du-Rhône vient de rendre son rapport. Ses conclusions sont plutôt clémentes pour Jean-Noël Guérini (qui échappe à la mise sous tutelle de sa fédération), mais extrêmement dures avec Arnaud Montebourg à l'origine de la Commission d'enquête. Au PS, c'est malheur à l'homme par qui le scandale arrive!
Montebourg avait fait grand bruit en mars dernier en adressant à Aubry un « rapport de constatation sur les pratiques de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône ». En ligne de mire : Jean-Noël Guérini, le puissant Président du Conseil général local. La commission d’enquête nommée dans la foulée vient de rendre son propre rapport. Un document qui décide de la mise en place de plusieurs mesures bienvenues pour améliorer le fonctionnement de la « Fédé », mais qui se montre cruel à l’encontre… d’Arnaud Montebourg !
Le rapport du député de Saône-et-Loire aurait mérité d’être « [qualifié] de note de constatations », est-il par exemple écrit moqueusement. Le reste est à l’avenant : « accusations péremptoires », « affirmations (…) soit factuellement inexactes (…) soit déformées » ! Montebourg a évidemment voté contre lors du dernier Bureau national. Il était bien seul. « C’était Embrassons-nous folleville », explique l'une des participantes à la réunion ajoutant que voter « pour » était « ce qu’il y avait de plus raisonnable à faire dans le contexte actuel ». Comprendre : vu l’affaire DSK. Bien entendu, seuls les esprits tordus verront dans le vote du Bureau national, approuvant le rapport clément envers Guérini (qui échappe à la mise sous tutelle de sa fédération), une conséquence du futur ralliement du patron des Bouches-du-Rhône à Aubry. Une façon aussi de faire payer au député de Saône-et-Loire et candidat à la primaire le tumulte qu'il avait créé en pleine campagne des cantonales.
Gérald Andrieu - Marianne
Pour consulter le rapport Montebourg, cliquez ici.
Pour consulter le rapport de la Commission d'enquête, cliquez ici.
Un an après avoir reporté l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, le gouvernement récidive avec cette fois l’allongement de la durée légale de cotisation, portée à 41 années et demie.
« Récidive », le terme n’est pas trop fort, tant il prend les Français pour des gogos. Sa promesse faite en juin 2010 de ne pas procéder à une telle mesure avant 2020 ? Oubliée ! L’injustice faite aux Français – et, en particulier, aux Françaises – de leur infliger un allongement de la durée d’activité avec la forte probabilité qu’ils ne pourront pas s’en acquitter, à cause du chômage des seniors et d’une entrée initiale de plus en plus tardive dans la vie active ? Le gouvernement s’assied dessus, avec un parfait mépris.
Cette politique de « double peine » pour réformer les retraites (travailler plus longtemps pour obtenir des pensions diminuées) sévit de surcroît à l’heure où des millions de nos concitoyens sont partis en vacances. On leur gâche ainsi leurs congés annuels bien mérités par cette annonce en catimini.
L’argumentation de Xavier Bertrand n’est pas plus reluisante que le contenu de sa nouvelle « réforme » : il a ainsi déclaré « préférer tout simplement être en France et conduire les réformes nous-mêmes plutôt qu'un jour être comme la Grèce et se faire imposer les réformes par l'extérieur ». Autrement dit, il faudrait poursuivre cette politique sacrificielle (pour les plus fragiles s’entend), sinon elle nous sera imposée de l’extérieur ! C’est donc avec enthousiasme qu’il faut faire le sale boulot soi-même… Se rend-il seulement compte que sa logique ressemble fort à celle qui eut cours en France entre juin 40 et août 1944 ?
Voilà où mène l’acceptation de l’injustice et du renoncement : à l’esprit de Vichy, à la justification du malheur par des fautes et des fatalités imaginaires !
Si le ministre s’attelait plutôt à des réformes musclant la compétitivité du pays, à développer son économie et particulièrement son industrie qui en a tant besoin, j’applaudirais sans retenue. Mais non, une fois de plus, il s’agit de détricoter le système de protection sociale, de réduire la voilure, sans vouloir voir que cette logique de moins-disant économique et social nous entraîne tout droit dans un cercle vicieux mortel de paupérisation sans fin…
Le ministre fait ainsi penser à un automobiliste qui, n’entretenant pas le moteur de sa voiture et le voyant fatiguer, se refuse à aller chez le garagiste et préfère désosser progressivement son véhicule pour l’alléger : une fois la portière, la fois suivante le capot, puis les rétroviseurs, puis encore les pare-chocs, etc. jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de voiture du tout.
Le gouvernement procède de la sorte car c’est la seule façon qui s’offre à lui dans le contexte de contrainte extérieure, européenne et mondiale, où il s’est lui-même piégé. Le vrai problème du pays, les Français sont de plus en plus nombreux à le sentir, c’est moins l’excès de dépense que l’insuffisance de croissance et d’activité, pour cause d’euro cher et de libre échange débridé. A force d’enfermer la France dans le malthusianisme économique et social, sans réelle nécessité mais par pure adhésion à une idéologie qui leur permet - au moins en apparence - de s’exonérer de leurs responsabilités, les classes dirigeantes ont enfermé la France dans la spirale d’une sorte de déclin volontariste.
La prise de conscience de nos concitoyens n’est plus très loin : ils comprennent que l’implacable logique dénoncée par les Indignés finira par les broyer à leur tour. Ils sont près de 80% à vouloir rééquilibrer le libre échange déloyal qui tue à petit feu, ou dans de grands incendies, l’activité économique et détruit le tissu productif. Ils sont encore, mais de moins en moins, prisonniers du mythe de « l’euro protecteur », cette fable que les élites leur serinent du matin au soir, contre tout bon sens, pour sauver la mise à une monnaie unique zombie, condamnée dès le départ par son irréalisme.
L’heure de vérité approche, où les décisions fracassantes pourront et devront être prises. Il faudra alors au pays des décideurs capables de les assumer, des décideurs neufs, non compromis avec des lustres et des lustres de petits arrangements et autres renoncements entre faux adversaires et vrais amis.
C’est pour proposer aux Français d’être l’un de ceux-là que je défendrai nos couleurs gaullistes et républicaines en 2012.
Nicolas Dupont Aignan
En surfant sur le blog du CGB, je suis tombé sur ce reportage incroyable concernant l'entreprise Samsung:
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=OO39mCdWNvM
Un reportage incroyable à plus d'un titre. D'une part, il montre que le fonctionnement des économies asiatiques est très différent de celui des puissances occidentales. Ensuite, il montre également le caractère suicidaire qu'il y a à commercer avec des gens dont les mœurs et la façon de vivre sont aux antipodes des nôtres. Car quel que soit votre mode d'organisation, vous ne pourrez pas concurrencer des gens qui orientent toute leur vie vers le travail. C'est d'ailleurs d'autant plus vrai que nous, français, avons quand même quelques restes de la société d'autrefois. Nous savons instinctivement qu'il faut travailler pour vivre, et non l'inverse. De ce fait, entrer en libre concurrence avec de telles organisations humaines conduit inéluctablement à devoir aligner notre propre mode de vie sur le leur. Et je parle ici en ignorant toutes les considérations monétaires ou salariales qui par ailleurs peuvent aggraver encore les écarts de compétitivité. En ce sens, le libre-échange promeut ici une société antilibérale et profondément collectiviste dans laquelle nos amis libéraux suffoqueraient instantanément. La société libérale est en fait trop fragile pour rester en libre concurrence avec des sociétés collectivistes d'un niveau technique élevé.
La Corée du Sud naturellement protectionniste
Ce qui frappe le plus c'est l'absence de concurrence face à Samsung sur son propre territoire. Comme au Japon ou en Chine des conglomérats se forment et produisent des monopoles locaux qui ensuite partent à la conquête du reste du monde. Le reste du monde qui lui fait justement jouer la concurrence. On peut se demander à quoi ressemblera l'économie mondiale lorsque quelques entreprises asiatiques domineront la totalité de la production planétaire. Il n'est pas certain qu'alors le progrès technique continuerait au rythme actuel. Comme je l'avais expliqué, la concurrence n'est pas mauvaise en soi, mais c'est un processus dynamique qui ne doit pas avoir de fin. Et pour qu'il n'ait pas de fin, il faut un acteur extérieur au marché qui empêche justement la création de monopoles. Pour l'instant, la dynamique des entreprises asiatiques tient à l'existence de concurrent extérieur à leur propre pays, si ces derniers venaient à disparaître l'on se retrouverait avec des organisations qui s'endormiraient, et qui finiraient par tirer profit de leurs monopoles. La taille d'un marché n'a finalement pas d'importance dans la notion de concurrence. Ce qui compte le plus c'est qu'il y est un état actif relativement imperméable à la corruption économique pour mettre un frein à cette tendance à la concentration. On voit ici aussi les effets des problèmes qu'engendre la mondialisation. En effet, si Samsung est devenue si puissante face à l'état coréen, un peu comme Nokia en Finlande, c'est avant tout parce qu'elle peut écouler sa marchandise sur la planète entière. Si telle n'avait pas été le cas, Samsung serait resté aux dimensions de la Corée et ne ferait pas concurrence à la puissance publique avec tous les dangers que cela représente pour une démocratie encore fragile et récente.
Un effort considérable en recherche et développement
La seule chose que je retiendrai de positif dans le comportement de Samsung c'est son effort de recherche. On apprend ainsi que Samsung possède trois fois plus de chercheurs que le CNRS français... Cela en dit long sur leur effort et sur la faiblesse des nôtres dans ce domaine. Cependant à mon avis l'organisation très hiérarchique, voire très sectaire, de l'entreprise ne doit pas favoriser vraiment la créativité. La pression féroce sur les salariés doit avoir pour effet de produire un esprit moutonnier qui ne favorise pas l'esprit d'initiative ce qui bloque l'énorme potentiel humain de l'entreprise. Comme dit dans le reportage, les Coréens ont copié Apple, pourtant je ne suis pas certain que cette entreprise ait une telle puissance de feu en matière de recherche scientifique. Encore une fois, tout est affaire d'équilibre, si je ne suis pas vraiment un libéral sur certaines questions j'abhorre le côté totalement collectiviste du système coréen. Il faut un certain équilibre. Une société concurrentielle, mais protéger de l'extérieur. Avec un état qui règlemente, me semble beaucoup plus souhaitable et viable à long terme qu'une société entièrement collectiviste et où l'être humain n'est plus rien.
Un mode de vie délirant
Les sud coréens ne sont finalement pas si différents de leurs voisins du nord, ils ont juste fait du communisme version privatisé. On a connu nous aussi en France ce type d'organisation comme Michelin à Clermont-Ferrand. Les méthodes fordistes n'étaient parfois pas très éloignées de ce paternalisme d'un nouveau genre. Mais la nature assez libérale et individualiste de l'esprit français ou américain nous a protégé, heureusement, de ce types d'excès. Ainsi les droits des travailleurs et le temps de repos ou de vie familiale sont-ils protégés par notre sens de la mesure qui malheureusement s'étiole sous les effets du libre-échange généralisé avec ces pays de fous. On voit d'ailleurs ici une application grandeur nature des théories de Todd sur les structures familiales. Une telle organisation est inimaginable dans un pays comme la France ou la Grande-Bretagne, il y a bien un lien entre structure familiale et organisation économique. Et ces différences rendent extrêmement dangereux le libre-échange. En effet, les Coréens font de la préférence coréenne instinctivement, ils ne cherchent pas le plus bas prix ou la meilleure qualité si c'est pour acheter non coréen. On retrouve la même chose en Chine ou au Japon. Ce n'est pas le cas en France ou aux USA. Dès lors, la libre circulation des marchandises avantage ces pays naturellement protectionnistes et condamne les pays qui jouent la règle de la libre concurrence. Là encore, les frontières permettent la coexistence entre des structures sociales et anthropologiques divergentes, les supprimer revient à produire du conflit et des inégalités.
On ne peut pas tout sacrifier à l'efficacité économique, c'est oublier le sens et le but même de la vie. Quelque part, ce mode de vie confine à la folie collective. Et d'ailleurs, le prix à payer en Corée est exorbitant. Du taux de suicide excessif, en passant par l'effondrement de la natalité, l'excès coréen pourrait avoir un prix colossal pour le pays à plus ou moins long terme. La situation japonaise actuelle ne semble pourtant pas avoir fait réfléchir le pays du matin calme sur ces questions. Produire des tonnes de gadgets pour ensuite les consommer puis les jeter et enfin en produire à nouveau n'est-ce pas la forme moderne du mythe de Sisyphe? La Corée du Sud pourrait produire un peu moins en travaillant beaucoup moins et en vivant beaucoup mieux. Mais il est vrai que pour choisir ce type de société encore faut-il avoir le temps d'y réfléchir un peu.
YANN
http://lebondosage.over-blog.fr/article-samsung-et-la-coree-du-sud-78650079.html
Depuis des mois, les sondeurs nous annonçaient que N.Hulot était ultra-favori dans la primaire écolo, qu’il allait passer au premier tour, qu’Eva Joly était au fond du trou, qu’elle devait se retirer…Et patatra, la mère fouettarde à lunettes rouges est passée à 65 voix de la désignation au premier tour. Sacré claque pour l’animateur reconverti à la dure réalité de la politique. Et tous les sondeurs de nous expliquer la logique de l’erreur, de nous expliquer pourquoi ils se sont trompés hier…
Outre la question de l’échantillon testé, le plus drôle est quand même le raisonnement du fameux J.Fourest de l’IFOP pour justifier l’erreur : la popularité de N.Hulot devait permettre aux Verts de faire un gros score à la présidentielle et que cela valait bien quelques entorses à leurs convictions, N.Hulot était donc logiquement en tête dans les enquêtes sur la primaire écolo. Mais que lorsqu’il a commencé à être testé, les Verts se sont aperçus qu’il ne ferait pas mieux qu’E.Joly et donc les militants se sont reportés sur celle qui était plus proche de leur conviction. Ainsi ce sont donc les sondages qui ont fait que les sondages n’étaient pas bon…Dans ce cas, faut-il vraiment sonder les sondés sur des sondages dont les sondeurs savent que les sondés seront influencés par les futurs sondages ? Vous avez bien compris la manœuvre, vendre du sondage…
Il est intéressant de relever aussi les incohérences des sondages comme par exemple dans le dernier sondage d’IPSOS, les votes pour NDA sont dans l’hypothèse d’Aubry 3,8 pour artisans, commerçants et chefs d’entreprise et cela tombe à 0 quand c’est Ségolène Royal. Ou encore, NDA est à 1.3 chez les 35-44 ans quand c’est Aubry et 0 quand c’est Hollande. A moins que les sondés artisans, commerçants et chefs d’entreprise détestent Aubry au point de voter NDA mais lui préfèrent Royal, je ne vois pas comment cela est possible. De même que les 35-44 ans doivent en vouloir à Aubry mais adorer Hollande. On pourrait multiplier les exemples avec les différents instituts et les croiser entre-eux : là où CSA donne un bon score chez les +65ans, Harris Interactive donne 0 mais 2% chez les -25ans… Et comme par hasard, au final le score de NDA finit dans tous les cas à…0.5% pour IPSOS, à 1% pour Harris Interactive et les autres sondeurs osciellent entre 0.5% et 2%. Si cela n’est pas joli les statistiques…A se demander si cela n’est pas fait exprès et prévu à l’avance.
Ou encore, on peut regarder de plus près l’étude Harris Interactive qui avait tant de bruit en plaçant pour la première fois Marine Le Pen devant Sarkozy. D’ailleurs, vous avez vu comment les sondages sur la présidentielle tombaient tous les 2 jours avant les élections cantonales alors que désormais qu’on se rapproche de la présidentielle, il n’y en a plus qu’un par semaine au maximum. Mais revenons à notre étude Harris Interactive. Donc une 1ère étude faite du 28 février au 3 mars sur un échantillon de 1618 personnes donne 23% à Marine Le Pen (soit 372 personnes). Devant le tollé, Harris Interactive décide de tester DSK et Hollande du 5 au 6 mars sur 1347 personnes et cela porte Marine Le Pen a 24% dans les 2 cas (soit 323 personnes). Et peu de temps après, une étude sort sur les motivations du vote Le Pen faite du 28 février au 6 mars, ce qui laisse penser sans trop se tromper qu’il s’agit d’une sous-étude des 2 précédentes et non pas d’une étude différente. Et là miracle, l’échantillon est de 427 personnes…soit celles qui ont répondu qu’elles voteraient Marine Le Pen au deux précédentes. Mais bien loin des 696 (372+323) auxquels on pourra s’attendre. Si on recalcule le résultat global de Marine Le Pen, on obtient 14.4% (427/(1618+1347)). 23% à la place de 14.4%, jolie correction des sondeurs en faveur de la représentante du FN. Ne posons même pas la question qui fâche : au détriment de qui s’est faite la correction ?
Tout cela pourrait être drôle si cela n’était pas grave. Car dans notre démocratie malade, les sondeurs biaisent totalement le jeu électoral en influençant les électeurs et les médias (qui basent les temps de parole des personnalités politiques sur le poids supposé par les sondages). Ce sont par exemple, ces sondages totalement biaisés qui permettent à Apathie ou Elkabach de dire que NDA est un « n’importe qui » ou encore qu’il ne représente rien et ainsi ne donnent pas à notre président un temps de parole suffisant dans les grands médias pour faire connaitre nos opinions…Il est grand temps que les sondages soient contrôlés strictement avec une obligation de publication des données brutes. Il est grand temps aussi que les médias arrêtent de regarder ces sondages pour en déduire un état de l’opinion…Attendons patiemment l’ouverture de la campagne de la campagne présidentielle où les temps de parole seront mieux équilibrés et nous récolterons les fruits de nos idées, de notre lucidité et de notre engagement, comme lors des européennes ou encore des régionales avec à chaque fois des scores 4 fois supérieurs à ce qu’annonçaient les sondages…
Nicolas Calbrix
DLJ Val d’oise
http://debout-les-jeunes.fr/blog/07/2011/2219/et-maintenant-vous-y-croyez-toujours-aux-sondages/
Mis sous pression par un lobby de syndicats de professionnels de santé, les sénateurs ont récemment supprimé un article, adopté par l'Assemblée Nationale, qui aurait permis aux mutuelles de mieux rembourser leurs adhérents !
« (...) Suivant l'avis de la commission des Affaires sociales, les sénateurs n'ont pas accordé aux mutuelles la possibilité de contracter directement avec des professionnels de santé pratiquant des tarifs raisonnables, ou se conformant à des critères de qualité. Des accords considérés comme gagnants-gagnants par la Mutualité Française car en échange d'engagements, ils profitent de la clientèle des mutuelles (...) » Ecrit la Mutualité Française
Le texte voté en première lecture par l'Assemblée Nationale : « (...) devait remettre les mutuelles sur un pied d’égalité avec les sociétés d’assurances et les institutions de prévoyance, en leur permettant de moduler les remboursements selon le professionnel de santé choisi par les adhérents (...) »
Si cette décision du Sénat a provoqué la colère de la Mutualité Française qui a fait part de son : « vif mécontentement » et du réseau Santéclair (Allianz, Maaf, MMA, MGP et Ipeca) qui affirme que celle-ci : « compromet l’avenir des réseaux de soins et nuit gravement à l’intérêt des complémentaires »
Du côté des syndicats professionnels d'opticiens, on crie victoire !
Extraits de l'article publié sur acuite.fr : « Portail des décideurs de l'optique »
« Réseaux : la plupart de vos syndicats saluent une victoire au Sénat et continuent la bataille (...) Christian Roméas, président du SynOpe (Syndicat des opticiens sous enseigne) salue « une victoire », tout comme Dr. Jean-Bernard Rottier, son homologue du Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France). Alain Gerbel, président de la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France), se félicite aussi de l'impact de la mobilisation majeure contre cette mesure : la pétition demandant sa suppression a réuni plus de 6 000 signatures et de nombreux élus ont été alertés sur ce dossier. Le Casopi (Syndicat des centrales d'achat au service des opticiens indépendants), qui a largement relayé cette action, sese réjouit également de cette première bataille gagnée (...) »
« de nombreux élus ont été alertés sur ce dossier » et de quelle façon ?
Et bien, la Fnof avait rédigé un argumentaire : « à utiliser pour expliquer/appuyer sa démarche auprès d'un député/sénateur » cet argumentaire est toujours disponible dans un des forums daté du 21 Mai 2011 du site acuite.fr
« POUR LA SUPPRESSION DE L’ARTICLE 22 DE LA PROPOSITION DE LOI FOURCADE. Contenu : Cet article modifie le Code de la mutualité. Il autorise les mutuelles à mieux rembourser les adhérents qui se font soigner par un professionnel, un établissement ou un service qui fasse partie d’un réseau de soins avec lequel ces mutuelles ont passé un accord.Origine : Voté par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen de la proposition de loi Fourcade. Initiative du député Yves Bur (député UMP du Bas-Rhin) (...) » et la Fnof de préciser en fin de texte le : « Mode opératoire » à destination des élus
1. Appeler le sénateur ou député (Monsieur le Député/Madame le Député ou Monsieur le Sénateur/Madame le Sénateur) – contacter sa permanence parlementaire. Eventuellement le rappeler s’il n’est pas joignable ou disponible. Insister pour prendre un rendez-vous téléphonique.
2. Lui exposer les raisons de votre appel en allant à l’essentiel : Il faut supprimer l’article 22 de la proposition de loi Fourcade qui lèse les professionnels, les patients en menaçant l’accès aux soins de proximité et en créant un marché captif
3. Puis revenir sur les 3 arguments principaux qui sont ceux qu’il pourra reprendre.
4. Si possible, lui faire parvenir une note qui en fasse le résumé (cf. exemple ci-joint)
5. Remplir le fichier Excel joint pour permettre un suivi de l’opération globalement (...) »
A noter quelques idées et suggestions faites par des participants au forum dont celle-ci : « il me semble qu'il faut mettre aussi comme conséquence , une perte d'emplois - c'est un point + qu'important - et il faudrait le chiffrer (...) que la profession licencie 30% des opticiens , et qu'elle n' offre plus d'emplois aux diplômés sortant tous les ans des écoles ? ça, c'est leur problème et ça les concerne »
Menaces et pressions qui ont été efficaces puisque, les sénateurs ont supprimé l'article en question.
Et même si, nous dit L'Argus de l'assurance : « (...) le texte doit encore être examiné en deuxième lecture à l’Assemblée du 6 au 8 juillet (...) » on ne pourra que constater que les sénateurs sont d'une grande « sensibilité » électorale ces derniers temps.
« Sensibilité » dont ils ont fait preuve à l'égard d'autres professions de santé (clientèle traditionnelle de l'UMP) comme nous l'apprend la Mutualité Française. On été supprimées : « (...) toutes les mesures contraignantes pour les médecins : déclaration des congés, remplacements dans les zones sous-dotées sous peine de sanctions financières, obligation pour les dentistes d'afficher le prix d'achat des prothèses (...) Concernant la taxe de 50 centimes d'euro sur les feuilles de soins papier, les sénateurs ont renvoyé le sujet aux négociations conventionnelles, qui doivent s'achever le 30 septembre (...) »
Navrant, en cette période d'austérité budgétaire qui impose à beaucoup de patients des restrictions de soins. Sensation confirmée par Valérie Segond, journaliste à La Tribune qui constate que : « (...) Décidément, cette grande proximité entre l'élu et le médecin coûte très cher au pays (...) » ... le prix d'un mandat électoral ?
SLOVAR