Typologie politique des départements
15/03/2011 10:08 par rgrs
J'ignore (à l'image de Monsieur Jourdain) si c'est ou non du "datajournalisme", mais voici appliqué aux présidences de conseils généraux le travail de typologie politique que j'avais déjà réalisé en 2007 pour les circonscriptions législatives.
Pour ce travail, j'ai utilisé mon fichier de l'ensemble des présidents de conseils généraux depuis 1961 (données que j'ai renoncé à mettre en ligne sur mon site france-politique.fr par ras le bol du pillage par Wikipédia). Je n'ai toutefois retenu que les élections cantonales depuis 1976, c'est-à-dire depuis la bipolarisation de la vie politique française.

(données calculées par mes soins)
Ce tableau montre que 32 conseils généraux ont un président de droite depuis 1976 contre 18 de gauche.
À noter que sur les 8 conseils généraux de gauche depuis 2008, 6 étaient à droite depuis 1976; et que sur les dix conseils généraux de gauche depuis 2004, 6 également étaient à droite depuis 1976. Ce qui signifie que la progression de la gauche s'effectue aussi dans d'anciens bastions de droite.
Rappel:

(données calculées par mes soins)
Laurent de Boissieu, journaliste politique
L’incohérence du financement de l’assistance au lieu du financement de l’activité
Nicolas Sarkozy prétend que la suppression de l’ISF évitera les délocalisations et la fuite des capitaux comme il l’avait également promis lors de l’instauration du bouclier fiscal, mais aujourd’hui la production de la plupart des secteurs de l’industrie est déjà délocalisée ! Par ailleurs, les Français ne sont plus dupes et selon le sondage IPSOS du 25/11/2010, 70 % de nos concitoyens ont compris que la crise ne faisait que commencer et 59 % d’entre eux pronostiquent une accélération des délocalisations qui s’accompagnera inévitablement d’une importante hausse du chômage.
Aujourd’hui, les investisseurs s’intéressent surtout aux pays à bas coûts et qui peut encore croire que ceux-ci reviendront un jour financer l’industrie manufacturière française ou que les banques multinationales vont subitement décider d’investir massivement dans un pays au coût de main d’œuvre élevé. Cela n’arrivera probablement jamais et nous pensons que l’état ne doit pas soumettre l’avenir de l’industrie et de millions de nos concitoyens, au bon vouloir des investisseurs. De même, Il est anormal que la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) principal pourvoyeur de fonds du capital investissement et gestionnaire de 250 milliards d’euros d’argent public, n’investisse pas dans des projets manufacturiers créateurs d’emplois en France. Si le Gouvernement veut réellement relancer la croissance et faire baisser le chômage, il doit pour cela, financer de grands projets industriels manufacturiers, seules activités potentiellement créatrices de centaines de milliers d’emplois, au lieu d’entretenir la précarité avec plus de 100 milliards d’euros de dépenses pour l’emploi par an (voir « Tableau des dépenses pour l’emploi et allégements généraux » ci-dessous).
En effet, un financement de l’état par l’intermédiaire de la CDC, permettrait de repenser notre industrie et de contribuer au financement des nouveaux outils de fabrication et de distribution de demain. Par ailleurs, le coût des dépenses par demandeur d’emploi est supérieur à 25 000 euros par an et l’économie pour la collectivité serait considérable. En outre, la CDC, pourrait rester propriétaire d’une part de ces nouvelles moyennes ou grandes entreprises jusqu’à leur rachat par l’entrepreneur ou par des tiers, comme dans la plupart des opérations de financement de création d’entreprise par capital investissement.
Selon vous, l’Etat peut-il continuer à dilapider l’argent des contribuables dans le puits sans fonds de l’assistance comme il le fait depuis de nombreuses années ou doit-il dès maintenant changer de politique et privilégier l’activité en permettant l’émergence de projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois ?
Le NAIRU (non accelerating inflation rate of unenployement) est le taux de chômage minimum indiqué pour chaque pays par l’OCDE afin d’éviter l’inflation. Le taux de chômage minimum préconisé pour la France oscillait ces dernières années entre 8.3 % et 9 %. En clair, l’OCDE et la BCE indiquent que le gouvernement doit maintenir au moins entre 8.3 % et 9 % de nos concitoyens au chômage. Plus le nombre de chômeurs, travailleurs à temps partiel et intérimaires est élevé avec pour conséquence des salaires qui stagnent ou reculent, plus les capitaux sont valorisés et à l’abri de l’inflation. Le taux de chômage français est depuis de nombreuses années très élevé et faut-il penser qu’une attitude zélée de notre gouvernement puisse être l’une des causes de ces chiffres alarmants ?
Il est légitime de s’interroger : pourquoi le gouvernement n’a t-il pas davantage lutté ces dernières années contre les délocalisations ? Pourquoi ne favorise t-il pas non plus l’émergence de projets industriels manufacturiers comme celui que nous lui soumettons depuis 2 ans et qui pourtant pourrait créer des milliers d’emplois ? Aujourd’hui notre pays est confronté à une crise de l’emploi sans précèdent avec 2 millions de personnes au RSA, 4.9 millions d’inscrits à Pole Emploi et Il serait peu compréhensible que le gouvernement continue à suivre encore des recommandations de NAIRU. Alors incompétence ou volonté de maintenir du chômage ? Si le gouvernement avait mené une politique sérieuse pour l’emploi, il est probable que le taux de chômage ne serait pas aussi éloigné du taux structurel que les économistes estiment généralement à 5% de la population active.
Lorsque l’on examine le bilan de l’action du secrétaire d’Etat à l’Emploi depuis 2007, on ne voit qu’un recyclage de vieilles recettes d’aides à l’embauche qui n’ont jamais permis de freiner le chômage. Le bilan du ministre de l’Industrie, Christian Estrosi ne semble pas meilleur et on cherche en vain des mesures qui aient permis de créer ou sauver des emplois industriels. Pourtant, celui-ci a déclaré « Je suis fier de mon bilan »
Laurent Wauquiez, qui s’est également délivré un généreux autosatisfecit pour sa politique de l’emploi, s’est surtout employé durant sa mission, à édulcorer constamment la situation dramatique du marché de l’emploi.
Cette attitude politicienne a surtout eu pour effet de sous-évaluer les besoins financiers et matériels de Pôle Emploi. L’établissement public administratif qui n’a jamais bénéficié d’une image d’efficacité auprès des demandeurs d’emploi, a donc vu de surcroît ses effectifs submergés par une charge de travail multipliée par 2 ou 3 et des chômeurs plus que jamais confrontés à une administration qui les radient arbitrairement de plus en plus souvent et ne dispose que de très peu de temps pour les recevoir.
Nous avons adressé à Laurent Wauquiez, notre projet industriel et commercial de textile-habillement, potentiellement créateur de nombreux emplois à Troyes et Romilly sur Seine, mais sans doute peu soucieux du chômage des ouvrières du secteur de l’habillement, celui-ci à expédié notre projet à un autre ministère.
Laurent Wauquiez a semble t-il préféré se consacrer à la signature d’accords dans les secteurs de la vente directe et de la sécurité, aussi incongrus qu’inutiles qui selon lui, devaient créer 100 000 emplois de vendeurs à domicile de produits « Herbalife », « Tupperware » ou abonnements divers et 100 000 emplois de vigiles.
Si l’emploi, et plus particulièrement l’emploi des jeunes et des seniors est réellement la priorité absolue du gouvernement ainsi que Nicolas Sarkozy et François Fillon l’ont encore affirmé en novembre 2010, il semble évident que l’état doit mobiliser des capitaux vers des projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois, susceptibles de former un public jeune et de réemployer des seniors expérimentés au lieu de financer par le biais de la Caisse des Dépôts et Consignations, des projets qui ne créent la plupart du temps que des emplois dans les pays à bas coûts ou l’achat inutile d’une chaîne de restauration rapide comme « Quick » pour 800 millions d’euros.
Les états généraux de l’industrie de 2010, qui nous apparaissent plutôt comme des états généraux de la désindustrialisation, ont défini des priorités qui précisément ne créent pas d’emplois industriels manufacturiers en France et condamnent à une disparition certaine, l’industrie du textile-habillement, autrefois secteur industriel offrant le plus grand nombre d’emplois, au profit du secteur du luxe et de celui de la création qui n’est pourtant qu’une composante de l’industrie de l’habillement.
Le luxe est surtout représenté par des grands groupes qui, malgré des marges déjà indécentes, ont déjà délocalisé une part très importante de leur production et accélèrent encore ce rythme. Déjà, dans un article de challenges.fr du 28/08/2007, Maxime Koromystov, professeur à l’Institut commercial de Nancy et spécialiste des délocalisations dans le luxe, dévoilait : « le champ des marques de luxe »Authentiques » se réduit comme peau de chagrin. La part de la production délocalisée reste cependant impossible à chiffrer, 30 % ? 60 % ? 70%, voire plus ? Les estimations varient énormément selon le segment d’activité concerné. ».
La délocalisation massive du textile habillement
Il semble que le gouvernement ait renoncé à sauver ce qu’il reste de nos industries manufacturières françaises qui employaient autrefois des millions de salariés. Il parait se satisfaire aujourd’hui de la vente de quelques Airbus ou centrales nucléaires à la Chine ou à l’Inde dont le transfert de technologie leur permettra à l’avenir de les fabriquer eux même. Pourtant il eut été plus avantageux pour notre économie et notre balance commerciale de garder nos usines au lieu de nous contenter aujourd’hui de quelques contrats qui ne compensent pas la délocalisation massive de notre industrie car le déficit commercial de l’Europe avec la Chine s’élève à 200 milliards d’euros.
De même, Il est parfaitement illusoire et quelque peu naïf de penser que la Chine va offrir généreusement son marché intérieur à des entreprises françaises qui importeront leurs produits chez elle. La Chine a besoin d’emplois et de croissance et demain encore davantage qu’aujourd’hui, ce seront des entreprises chinoises qui produiront ses biens de consommation. Actuellement, les entreprises françaises qui veulent s’installer sur le sol Chinois sont obligées de signer un « joint-venture » avec plus de 51 % de parts consenties à leurs associés locaux et de nombreuses entreprises françaises ont été évincées après avoir livré leur savoir-faire. Les quelques grands groupes français bien implantés, fabriquent avec de la main d’ oeuvre locale et payent leurs impôts et taxes sur place et cela ne rapporte rien à la France.
Il faut remonter quelques années en arrière pour comprendre comment l’industrie du textile-habillement a pu être réduite à néant en quelques années.
En 2002, Guillaume Sarkozy, fervent partisan des délocalisations, Président de l’UIT (Union des Industries Textiles), Vice-président du MEDEF et dont le frère, Nicolas Sarkozy occupait alors, le poste de Ministre de l’Économie, déclarait « Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants : la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution. » (L’Expansion 28/11/02).
Une telle déclaration ne pouvait qu’encourager les dernières entreprises de textile et d’habillement à délocaliser.
En avril 2004 à Shanghai, au moment où l’industrie du textile s’apprêtait à perdre encore 17 000 emplois lors de la fin des quotas textiles de janvier 2005, Jean Pierre Raffarin (UMP), alors Premier ministre estimait que la Chine était « un acteur responsable de l’économie mondiale », laissant ainsi entendre qu’elle pourrait auto limiter ses exportations textiles en pleine expansion. (Source : TF1 news 24 avril 2005). Six ans et demi plus tard, les dizaines de milliers d’ouvrières licenciées ont pu apprécier !
L’ami candide de la Chine, ne devrait cependant pas ignorer que ce concurrent économique qui a broyé notre industrie avec l’aide des industriels français et la bénédiction des derniers gouvernements, ne s’arrêtera pas en si bon chemin.
Le dévoué VRP de l’empire du milieu entend maintenant nous faire partager la conception des droits de l‘homme du pays de l’esclavage capitalo-communiste et tente de nous convaincre que seule l’Asie sera capable d’offrir un avenir aux jeunes générations et aux entreprises françaises.
Sans doute ne sommes nous pas tous prêts à voir la France devenir un pays vassal, même si les dirigeants Chinois pensent déjà que nous sommes un pays faible, prêt à lui obéir et à renier nos valeurs pour obtenir quelques contrats.
Nous travaillons depuis plus de 5 ans sur ce projet de textile-habillement dont le modèle économique pourrait permettre de redonner rapidement du travail à plusieurs milliers d’ouvrières et pourrait créer à terme encore plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France. Cela peut paraître ambitieux, mais il faut rappeler que ce secteur d’activité réalise actuellement un chiffre d’affaires annuel de 41 milliards avec des articles majoritairement importés et employait auparavant 1 million de personnes en France. Depuis 2 ans, nous avons présenté notre projet à plusieurs ministères, secrétariats d’Etat, ainsi qu’au département de capital investissement de la Caisse des Dépôts et Consignations.
Nous avons également rencontré des élus et des hauts fonctionnaires, mais malgré l’intérêt ou la curiosité que le projet a suscité, ces nombreuses démarches n’ont pas permis une avancée significative. Aussi, dans un courrier du 10 septembre 2010, nous avons demandé à Nicolas Sarkozy, de soutenir notre projet auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations, mais l’Elysée à préféré « botter en touche » en adressant notre projet à un secrétariat d’Etat. Nous doutons que le Gouvernement veuille vraiment créer de l’emploi dans l’industrie manufacturière et accepte de financer l’activité. Le manque de suivi de notre projet industriel et commercial, nous porte à croire qu’il est plus probable que le gouvernement choisisse de continuer à financer l’assistance, qui pourtant a pour effet de maintenir les gens dans la précarité et la pauvreté, sources principales de délinquance et d’insécurité. A n’en point douter, la sécurité servira encore de thème central et récurrent à la prochaine campagne présidentielle, au détriment de l’emploi, première préoccupation des français.
Francis Journot - Hexaconso
* Francis Journot est à l’origine de " Vêtements Made in France " , un projet important de fabrication française dans le domaine du textile et de la confection.
J’ai 31 ans et je suis célibataire. Pas que je ne trouve pas d’homme à qui je convienne, ou plutôt si, car les hommes n’existent plus. J’ai 31 ans et mon ex faisait un régime macrobiotique, le précédent m’expliquait que les lingettes imprégnées de Monsieur Propre étaient une aberration écologique et qu’il convenait de récurer l’évier avec une éponge et du Cif, celui d’avant encore avait décidé de troquer sa pause déjeuner contre une séance de fitness à la salle de sport.
Portrait de l'homme des années 2000
Lorsque je promène mon braque au bois de Boulogne, des pères célibataires, bébés-poussette au bout des bras, m’expliquent l’inconvénient de la couche Pampers sur les fesses irritables du petit schtroumpf de onze mois. Ils continuent sur le bilan carbone de la chose à scratch et concluent sur leur probable retour imminent à la bonne vieille version tissu lavable de la chose. « Oui, peut-être, je ne sais pas, je n’ai pas d’avis sur la question », c’est tout ce que je sais répondre.
Au restaurant, rares sont ceux qui assument l’entrée-plat-dessert mauvais pour la ligne, car quand ils ne sont pas complètement à la diète, ils se « surveillent ». L’homme de 2011 est une femme comme les autres, une femme au foyer modèle, une femme fatale parfois, une femme-objet même…L’homme des années 2000 est toutes les femmes, dans ce qu’elles ont de pire !
Tanguy et la vie dure
Les familles pullulent de « Tanguy » qui squattent chez papa-maman avant de migrer directement chez mademoiselle, qu’il transformeront en Madame sans nécessairement trouver bon d’apprendre à gagner leur vie entre-temps, après tout « ma femme a une bonne situation, et il faut bien quelqu’un pour garder les enfants ». Pourquoi personne n’est-il surpris que les « Tanguettes » n’aient pas fait leur apparition dans le langage courant au même titre que leur homologue masculin ? Parce que l’homme est aussi une femme entretenue quand la femme a gagné son indépendance en réclamant le droit au travail. La dernière fois qu’un homme m’a accosté vulgairement et sans finesse dans la rue, le garçon qui m’accompagnait n’a pas bronché, « la violence ne sert à rien » m’a-t-il dit. Mon chien, lui, a montré les crocs. J’ai failli demander mon chien en mariage !
Où sont les hommes ?
Avant, c’était dans un autre siècle, une autre civilisation, c’était avant mai 68 et la libéralisation de la femme, en ce temps reculé, les hommes protégeaient les femmes qui acceptaient, en échange, un rôle bien à elle. Est-ce revenir au machisme et au sexisme d’antan d’avouer que les hommes relativisent beaucoup plus les problèmes d’argent quand les femmes gèrent plus aisément l’intendance du quotidien ? Bien sûr, des choses devaient changer, et tant mieux qu’elles l’aient fait. Bien sûr, ces mesdemoiselles devaient s’imposer dans les milieux professionnels, politiques, sportifs. Bien sûr tout ça. Mais quand je vois que la femme gagne toujours, à poste égal, un salaire bien inférieur à monsieur qui ne prend même plus la peine de l’inviter au restaurant pour la draguer car ça serait une sorte de machisme, « nous sommes égaux, payons à deux » ; quand je vois ça, je ne suis pas certaine que nous ayons gagné au change.
Mesdames, poussons le vice jusqu’au bout : pour 2011 c’est trop tard, mais pour 2012 soyons reconnaissantes pour toutes ces femmes à barbe et instaurons la journée de l’homme !
Tristane Banon - écrivain et journaliste - atlantico.fr - 7 Mars 2011
Les révolutions et mouvements populaires qui réveillent le monde arabe appellent à un renouveau de notre politique méditerranéenne. Non pour se répandre en jugements, repentances et exhortations. Mais pour marquer que la République, héritière de 1789, exprime clairement et concrètement son soutien à ces révolutions de la liberté.
Il ne s’agit pas de jeter aux orties tout ce qui a été accompli depuis les indépendances, mais d’accompagner les peuples qui ont décidé d’ouvrir une nouvelle page. La France doit se réveiller aussi et mieux affirmer son rôle en Méditerranée. Exigence depuis quelque temps perdue de vue, absorbés que nous étions par les questions de la «mondialisation», de la crise, de la monnaie, du G8, du G20, des pays émergents d’Asie et d’Amérique latine.
Les événements nous ramènent à notre géographie – cette Méditerranée nous est commune – à notre histoire qui nous a mêlé de près au destin des peuples libanais, syrien, égyptien, tunisien, marocain, algérien. Pour le pire comme pour le meilleur. Il existe une politique communautaire, celle du processus de Barcelone – Union pour la Méditerranée ; elle se heurte à beaucoup d’obstacles. Elle ne nous dispense pas de définir ce qui est nécessaire à une politique de la France dans cette région.
Des objectifs et intérêts convergents
Notre objectif est évidemment l’affermissement des valeurs démocratiques à partager : la liberté, l’égalité, le respect d’autrui, la fraternité. Cet objectif est indispensable à la stabilité et à la sécurité de la région. Il est indissociable du développement économique. Les lenteurs de celui-ci, l’injustice, la pauvreté nourrissent la violence. Le chômage de masse, l’absence de perspectives pour la jeunesse forment le terreau du ressentiment, dans lequel peuvent puiser aussi bien des stratégies de renouveau que des courants extrémistes, à commencer par l’islamisme radical. Notre choix doit être d’encourager les vecteurs de modernité dans le monde arabo-musulman. Ils sont nombreux : milieux éduqués, professeurs, journalistes, entrepreneurs, souvent militaires…
Notre préoccupation économique visant à développer et amplifier les échanges commerciaux est mutuelle. Pour la France, la concurrence est rude, certes, mais le développement des pays riverains se traduit par un accroissement des échanges. Dans un moment où, comme les autres pays de la zone euro, nous sommes réduits à une croissance ténue, ces perspectives sont stimulantes.
Cet objectif répond enfin à notre responsabilité en tant que seul Etat méditerranéen membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous devons peser dans les dossiers clés : conflit israélo-palestinien bien sûr, mais aussi question de Chypre ou du Sahara-Occidental et réforme des Nations unies. A nous de faire appel à notre connaissance de l’histoire et des pesanteurs et des susceptibilités nationales. La France n’a aucune ambition dominatrice. Le colonialisme et l’esprit de colonie sont morts. Il nous reste la meilleure part des choses : l’attrait indéfectible que fait naître une vieille relation ; l’attirance mutuelle – comme on dit au Sud – des deux moitiés d’orange que la littérature, la peinture, la poésie, la musique ont portée très haut.
Le rapprochement économique : investir
La plupart des pays de la rive sud ont un immense besoin d’emplois et d’activité. Les récents événements ont secoué l’indifférence, mais, à la vérité, il faudrait se demander comment, dans ces pays, on avait évité jusque-là l’explosion sociale ! Même si la transition démographique est en cours, des générations très nombreuses arrivent sur le marché du travail et n’y trouvent pas de débouchés. Pour la Banque mondiale, le Maroc a besoin de créer 400 000 emplois en dix ans, l’Algérie 450 000, la Tunisie 300 000. Le rythme actuel est en dessous de la moitié des besoins. Le démantèlement de l’accord multifibres européen, au nom d’un libéralisme dogmatique, a été une catastrophe sociale pour la rive sud. Aujourd’hui seuls 2% des investissements européens se font au sud de la Méditerranée. C’est dire la nécessité d’une vigoureuse politique publique d’encouragement à des investissements qui contribueront à la création d’emplois. Un système de garanties d’investissement pourrait débloquer beaucoup de projets de nos grandes PME qui souhaitent s’installer dans les pays riverains.
Préférence méditerranéenne
Une politique de coopération doit porter évidemment sur l’énergie, entre pays producteurs et pays consommateurs, et passer d’une simple relation client-fournisseur à un partenariat plus complet. Elle peut porter sur l’agriculture : éviter le gonflement de banlieues en tâches d’huile autour des villes, sans emploi et sans horizon, suppose de fixer les populations rurales en leur assurant de pouvoir vivre de leur travail.
La rive nord et la rive sud ne sont pas en concurrences sur beaucoup de produits agricoles. Une préférence méditerranéenne pour certaines productions serait une mesure de prévoyante intelligence. Instituer entre l’Europe et la Méditerranée une zone préférentielle pour les échanges constitue un horizon accessible ! Certes il faudra contrevenir au dogme du libre-échangisme intégral, mais celui-ci doit fléchir devant l’urgence et la nécessité.
La coopération doit porter aussi sur l’eau, bien rare, dont la gestion – de la production à l’assainissement – nécessite de gros investissements. Dans le domaine de la recherche et l’université, l’insuffisance du travail en commun est criante entre pays francophones. Il y a le programme CampusFrance, mais à quand un programme Erasmus en Méditerranée permettant aux étudiants de troisième cycle d’effectuer une partie de leurs études supérieures dans un établissement français, égyptien, algérien, etc. ? Cette coopération doit être aussi culturelle : dans le domaine de l’édition, du cinéma, de la télévision, il y a beaucoup à faire, même si les pistes sont à présent connues et défrichées.
Faire de la politique
Enfin, nous avons besoin, en Méditerranée, de faire de la politique. Dans le monde globalisé, il faut pouvoir peser. Les blocs d’antan étant dissous, nos solidarités méditerranéennes doivent compter face aux intérêts américains ou chinois. L’Union pour la Méditerranée a tenté d’enjamber le conflit israélo-palestinien en réunissant autour de la même table l’Union européenne, la Turquie, Israël et les pays arabes. Mais la réalité a le dernier mot. Ce conflit est trop central pour être traité par prétérition. La France doit adopter une position de principe : si la politique de colonisation rend impossible la constitution de deux Etats vivant côte à côte, proposons un Etat binational, israélien et palestinien, où le principe de citoyenneté s’appliquera. Si les Israéliens refusent cette perspective, amenons-les alors à accepter un Etat palestinien vraiment viable et faisons en sorte, par la coopération internationale, que la réinstallation des 300 000 colons soit résolue. Deux Etats ou un Etat binational : c’est aux Israéliens de choisir.
Là s’ancrera une ferme position de principe, qui devra sans doute être accompagnée d’engagements précis sur des garanties de sécurité, impliquant la participation des grandes puissances, y compris les Etats européens et les Etats-Unis, à une force multinationale (rappelons qu’il en existe une, au Sinaï, entre Israël et l’Egypte). Le statut de double capitale pour Jérusalem est déjà admis. Un régime de garanties internationales pour l’accès aux lieux saints et leur préservation peut être mis en œuvre ; songeons aussi que la proposition de Régis Debray de fixer le siège des Nations unies à Jérusalem et d’en faire ainsi un foyer de paix est intelligente. Bien entendu, les Européens doivent aussi balayer devant leur porte : l’expérience de la conception de l’Union pour la Méditerranée a montré qu’il fallait convaincre les Allemands : avec eux, on en restera au processus de Barcelone ; sans eux, on n’avancera guère. Mais n’est-ce pas le rôle de la France que de rappeler nos responsabilités communes envers le Sud ?
Il serait sage, en conservant la «machine à projets» qu’est l’Union pour la Méditerranée, de renforcer les liens à 5 + 5, c’est-à-dire en Méditerranée occidentale. Entre les pays du sud de l’Europe et les pays du Maghreb, les liens sont puissants. Ils le sont davantage encore quand la France est fidèle aux idéaux républicains, quand l’Algérie se souvient qu’elle est algérienne, le Maroc, marocain, la Tunisie, tunisienne, c’est-à-dire quand la pluralité des apports historiques est comprise comme une force non une faiblesse, une capacité à intégrer sans complexes la dimension méditerranéenne.
L’heure d’un renouveau de la politique méditerranéenne a sonné pour la France. Il est urgent de prendre la mesure des immenses bouleversements qui commencent avec le réveil arabe. D’en être co-acteur avec les peuples qui se tournent vers ce nouvel avenir
Il y a quelques semaines, on m’a signalé un article du site « eurocitoyen » le Taurillon qui s’en prenait à nos positions sur l’euro. Assez logiquement, j’ai préparé une réponse argumentée, que vous trouverez ci-après et que j’ai soumise dans les commentaires du site, qui sont modérés.
Las, cela fait presque dix jours que j’ai essayé de publier, par deux fois, mon commentaire. Plutôt que de débattre rationnellement, les tenanciers de ce site préfèrent tout simplement ne pas publier ma réponse, pourtant courtoise. Il est tout de même amusant de choisir comme nom de site un symbole du courage viril et de ne même pas être capable de publier un avis contradictoire qui démontre peut-être un peu trop la faiblesse de leur argumentation. Voici donc cette réponse qui a été censurée :
Bonjour,
Voici une nouvelle réponse à vos critiques de nos positions :
« L’euro a rendu la vie plus chère » : de nombreuses études INSEE ont montré qu’à l’occasion du passage à l’euro, un certain nombre de produits (pain, lait, fruits et légumes, prix des grandes marques…) et services (café, restaurants…) ont vu leur prix augmenter beaucoup plus vite que l’inflation du fait de la perte de repères des consommateurs. En ce sens, l’euro a donc directement eu un impact sur le prix de la vie.
« L’euro trop cher a entraîné une baisse de la compétitivité et des exportations de notre pays » : la seule augmentation des exportations au sein de la zone euro est un chiffre beaucoup trop partiel pour mesurer la perte de compétitivité et la baisse de nos exportations. L’examen de la balance commerciale est plus significatif. A la fin des années 1990, nous avions un excédent commercial, et à peu près à l’équilibre au début des années 2000. Depuis l’arrivée de l’euro, la situation se détériore régulièrement et nous avons battu un record avec un déficit commercial de plus de 50 milliards d’euros l’an dernier. La surévaluation de l’euro est une des raisons majeures de ce déficit. Les économistes estiment qu’il devrait être proche de la parité avec le dollar, ce qui n’est plus le cas depuis de nombreuses années. L’appréciation de la monnaie unique a été concomitante à l’explosion de notre déficit. En outre, Louis Gallois, patron d’EADS a bien souligné les conséquences dramatiques de la surévaluation de l’euro pour un de nos fleurons industriels.
« Perte de souveraineté monétaire, emprunt sur les marchés financiers » : de facto, l’adoption d’une monnaie unique entraîne la perte de souveraineté monétaire. Sur la capacité d’emprunt sur les marchés financiers, bien sûr, ce n’est pas nouveau et Nicolas Dupont-Aignan sait bien, pour l’avoir dénoncé plusieurs fois, que cela date de 1973, mais cela n’enlève rien au fait que les traités européens interdisent le financement des Etats par la BCE, même si cela pourrait être modifié. Du coup, ce qu’il dit est juste.
« L’euro a aggravé la crise » : vos chiffres sont intéressants, mais ils ne démontrent en aucun cas le contraire. Un fait tout simple : le PIB a baissé de 4% dans la zone euro en 2009 puis a progressé de 1.6% en 2010, soit une contraction de l’activité de 2.4% en deux ans. Aux Etats-Unis, le PIB a baissé de 2.6% en 2009 et progressé de 2.6% en 2010 : le PIB y a été stable. Etant donné que le PIB a nettement plus reculé dans la zone euro qu’aux Etats-Unis, il est démontré que non seulement l’euro n’a pas protégé l’Europe, mais qu’au contraire, il a aggravé la crise. Pire, on voit que la Suède par exemple, qui a gardé sa monnaie, s’en tire beaucoup mieux que nous avec un fort rebond de son activité, du fait de la dépréciation de la couronne. Mieux, Paul Krugman, prix Nobel d’économie, vient d’expliquer que l’euro pénalise l’Irlande par rapport à l’Islande, contrairement à ce que l’on nous disait il y a deux ans…
Le problème fondamental de l’euro est que la zone euro n’est pas une Zone Monétaire Optimale, une zone géographique apte à partager une même monnaie, selon les définitions de Robert Mundell. Nous n’avons ni budget commun, ni mobilité des travailleurs, ni convergence macroéconomique. Au contraire, l’introduction d’une monnaie unique a mis fin à la convergence des économies européennes, et a provoqué une divergence du fait d’imposer une politique unique à des pays si disparates. La mise en place d’un budget commun ne servirait pas à grand-chose car les autres facteurs ne seraient pas vérifiés. L’euro, c’est comme imposer à tout le monde de mettre une veste taille 52 : pour certains elle est trop petite, pour d’autres, elle est trop grande.
L’exemple des régions (ou des Etats-Unis) ne sont donc pas pertinents car ils partagent un même budget commun important, il y a une mobilité des travailleurs, une même langue, une même structure économique (un Carrefour ou un Wal Mart avec les mêmes produits vendus au même prix), ce qui n’est pas du tout le cas à l’échelle de la zone euro.
C’est ce que les opposants à la monnaie unique ont toujours dit et qui se trouve confirmé par ses partisans qui reconnaissent aujourd’hui que la situation n’est pas viable en l’état. Mais comment les croire quand il nous dise qu’elle le serait si on mettait en place ce qu’ils recommandent alors qu’ils disaient il y a dix ans que l’euro fonctionnerait bien ?
Laurent Pinsolle
Alors que les candidats DLR entrent dans la dernière ligne droite avant le premier tour des élections cantonales le 20 mars, Nicolas Dupont-Aignan continue son tour de France afin de les soutenir.
Ainsi, après notamment l’Oise, le Nord et le Rhône, NDA sera dans les Hauts-de-Seine mercredi 16 mars, et en Lorraine les 17 et 18 mars prochains.
L’ensemble du bureau politique de DLR tient à envoyer à l’ensemble des candidats partant sous les couleurs de notre parti un nouveau message d’encouragement, à l’heure où les faits donnent chaque jour un peu plus raison à notre discours.
Rendez-vous le 20 mars. Nicolas Dupont-Aignan sera l’invité de la soirée électorale de France 3.
http://www.debout-la-republique.fr/Nicolas-Dupont-Aignan-soutient-les.html