Si François Hollande était Président...

04/03/2011 09:18 par rgrs

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    Si François Hollande était Président...

    04/03/2011 09:18 par rgrs

François Hollande Président de la République, avec Eva Joly en sévère Garde des Sceaux, c'est le rêve (pour lui, un cauchemar) de David Desgouilles. Il nous raconte un hypothétique gouvernement de 2016, dans lequel le chef de l'Etat serait coincé entre scandales et conflits d'intérêt. En 2016, vous en êtes bien sûrs ?

mars 2016, Paris...

Le Président François Hollande [1] se demande si, finalement, tout cela n’est pas allé trop loin…
Il s’est peut-être laissé emporté par les évènements, le chef d’Etat. Et il s’en veut. D’avoir nommé, sous la pression, Eva Joly au ministère de la Justice. De lui avoir laissé les mains libres, à l’ancienne juge, sous la dictée du chef de l’opposition, Jean-François Copé, devenu en quelques mois le meilleur allié de la dame qui, selon la jolie formule de Fabrice Luchini -traduit en justice pour ce bon mot- « en plus de venir du froid, ne nous faisait pas chaud dans le dos ».

Tant que les affaires, qui avaient autant pollué le début du mandat de François Hollande que les deux dernières années de celui de Nicolas Sarkozy, ne concernaient que des histoires de vacances où de propos de fin de banquet, le Président prenait les évènements avec philosophie. Certes, la démission forcée de son secrétaire d’Etat au Tourisme, Manuel Valls, qui avait eu le mauvais goût de passer ses sports d’hiver en Suisse, avait bien mal inauguré son quinquennat. Le sourire de Jean-François Copé au journal de TF1, se félicitant du départ de ce membre du gouvernement, dont il avait eu la peau, à force de harcèlement aux séances du mercredi à l’Assemblée, et avec l’aide de Mediapart, ne l’avait pas rempli d’aise. Valls était loin d’être son copain, certes, mais son lâchage était bien ressenti par l’opinion comme une défaite d’un président fraîchement élu. Bien sûr, les histoires de conflits d’intérêt s’étaient multipliées. Le ministre de la jeunesse et des sports, ainsi, avait eu l’outrecuidance de dîner au su et au vu de tout le monde avec Serge Dassault. Cécile Duflot avait protesté vivement chez Aphatie contre cette proximité honteuse avec un marchand d’armes et s’était ainsi désolidarisée de son collègue du gouvernement, suscitant des mouvements divers dans la majorité. Mais le Président avait dû trancher et, désormais, les autorisations de dîners seraient visées à Matignon.

Le Président, mi-2015, avait tenté de reprendre la main. Alors que tout le monde donnait le Premier Ministre Ayrault sur le départ, il avait finalement décidé de le maintenir, mais d’innover en nommant, donc, Eva Joly Place Vendôme. Ainsi, pensait-il, l’opinion serait convaincue de sa volonté d’instaurer la probité à tous les étages et de bouter toute suspicion hors de son gouvernement. Bien mal lui en avait pris. La gardienne des sceaux [2] ne laissa de répit ni à lui, ni à personne, d’ailleurs.Lorsque le premier « scandale sexuel » survint, François Hollande pensa qu’il ferait « Psschit », comme aurait dit son maître corrézien. Mais c’était sans compter l’alliance d’une opposition revancharde avec une ministre de la Justice, soucieuse de son indépendance et fidèle à sa réputation d’incorruptible. La cousine du Président de groupe socialiste au Sénat [3] participait à l’émission de Laurent Ruquier [4] et confia en fin d’émission qu’il lui était arrivé, il y a bien longtemps, de jouer à touche-pipi avec son cousin dans la grange de ses grands-parents. Peu importe qu’elle avait 15 ans et qu’il en avait 12, que l’initiative venait davantage de la jeune fille en l’occurrence, l’opposition avait interpellé Eva Joly le mardi d’après. Jean-François Copé, grave, n’avait eu aucune pitié pour son collègue du Sénat. La ministre, sous les regards défaits de ses collègues du gouvernement, hagards des députés de la majorité et plutôt surpris de ceux de l’UMP, donnait raison à Copé. Devant sa télé, le Président, eut ce mot : « C’est une dingue ; j’ai nommé une dingue. » Mais impossible de la virer. Plus blanc que blanc, il fallait laver. Eva Joly, du Grand Journal de Canal à la matinale de France Inter, sous les regards énamourés de Jean-Michel Aphatie et de Pascale Clark, allait porter la bonne parole.

La parole, justement, il était devenu de plus en plus difficile d’en user. Toute blague gauloise pouvait faire l’objet d’une poursuite ; les procureurs avaient été bien briefés. Les journalistes, qui étaient pour la plupart bien en phase avec la ministre, à de très rares exceptions, commencèrent à déchanter lorsque Jean-François Copé, reçu en audience Place Vendôme [5] suggéra que conflit d’intérêt et scandale sexuel pouvaient faire bons ménages, en particulier dans le milieu journalistique. Autrement dit,  la chasse aux parties de jambes en l’air mêlant membres de la presse et de la politique pouvait commencer. Eva Joly ne recula devant rien, pour les débusquer. Edwy Plenel, qui avait cru à cette ministre incorruptible, commença lui même à déchanter et, la mort dans l’âme, publia une enquête de ses ouailles où il apparaissait clairement que la gardienne des sceaux avait utilisé des écoutes téléphoniques illégales pour confondre la ministre des affaires européennes et un journaliste du Figaro, lesquels -circonstance aggravante- avaient pratiqué du sexe oral, interdit depuis deux ans pour raison cancérigène ayant trait au déficit de la sécurité sociale. Plenel, qui gênait maintenant la ministre, mobilisa à partir de ce jour toute l’attention de la Chancellerie et tomba très rapidement pour une affaire de drague un peu insistante auprès d’une serveuse de restaurant, sous les yeux des flics qui le suivaient. Sans pitié, Eva Joly donna des instructions pour qu’il partage la cellule d’Eric Zemmour en QHS.

En ce 2 mars 2016, alors qu’il venait de consulter les sondages qui le plaçaient en quatrième position, derrière Marine Le Pen, Jean-François Copé et Eva Joly, François Hollande réfléchissait à cette situation abracadabrantesque, comme aurait dit son maître corrézien. Il ne restait plus qu’une solution pour en sortir. Le lendemain, il parlerait aux Français.

C’est lorsque Hollande prononça cette phrase déjà entendue quelque part -« J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale »- que la radio s’alluma, m’arrachant à ce mauvais rêve. Nous étions bien le 2 mars 2011. François Hollande n’était pas président et Eva Joly ne sévissait pas Place Vendôme. Il ne s’agissait que d’un cauchemar. Je ferais bien de consulter. Connaître de tels songes dans un pays aussi étranger à de telles pratiques, ce n’est pas normal.

Vraiment pas normal.

David Desgouilles - Blogueur associé 


   [1] Afin de rendre mon texte crédible aux yeux du Tout-Paris journalistique parisien, c’est à dire de complaire à la fois à Franz-Olivier Giesbert et à Michel Denisot, j’ai décidé de leur donner comme chef d’Etat, celui qui, aujourd’hui en 2011, a les faveurs de leurs boules de cristal.
   [2] Gardienne avait remplacé garde, répondant à deux objectifs : une féminisation et démilitarisation du terme.
   [3] Lequel avait remplacé Jean-Pierre Bel devenu président du Sénat en 2014.
   [4] A laquelle ne participait plus Eric Zemmour en quartier de haute sécurité- ils avaient été rétablis pour l’occasion- depuis son premier dérapage de l’ère Joly et en attente de son procès.
   [5] La ministre considérait comme moderne de s’entretenir régulièrement avec le chef de l’opposition. En toute indépendance.


Plus d'articles de David Desgouilles sur son blog.

http://www.marianne2.fr/Si-Francois-Hollande-etait-President_a203394.html

 



Le "pari pascalien" de Jean-Pierre Chevènement

03/03/2011 18:29 par rgrs

  • Le

    Le "pari pascalien" de Jean-Pierre Chevènement

    03/03/2011 18:29 par rgrs

Dans “La France est-elle finie ?”, Jean-Pierre Chevènement nous livre une somme de sa réflexion, forgée dans l’action depuis plus de cinquante ans, et qui emporte la conviction par sa vue synthétique de l’histoire du pays dans sa relation au monde et à l’Europe.
Au moment où la France, depuis trente ans, voit ses élites renoncer à elle, c’est partout que l’aspiration à une citoyenneté égalitaire fondée sur la Nation se répand et s’approfondit : si le danger totalitaire islamiste demeure, c’est d’abord ce que nous voyons à l’œuvre dans la révolution qui traverse le monde arabe.
La France, qui en fut la pionnière en 1789, devrait être celle qui comprend le mieux et en profondeur l’aspiration de chacun des peuples a être lui-même dans l’indépendance et la démocratie. Elle devrait être la première à faire de ce drapeau la pierre angulaire d’un modèle alternatif aux folies des visions impériales américaines et aux chimères technocratiques de Bruxelles qui veulent gérer le continent européen depuis un conseil d’administration anonyme qui penserait le bien sans les peuples. Dans sa vision de grande ampleur du défi du XXI° siècle, Jean-Pierre Chevènement montre que c’est la compréhension de cette dynamique dans chacun des pays du monde, où l’aspiration nationale ne doit pas être confondue avec sa perversion nationaliste, qui peut conduire à un nouvel équilibre multipolaire. Il nous montre le chemin à suivre pour que l’Europe existe enfin par elle-même, en particulier par l’existence d’une défense commune et indépendante, et où les rapports d’alliance durable entre la France et l’Allemagne restent une pièce essentielle.
Mais la France est depuis le départ de Charles De Gaulle aux abonnés absents. Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ont été les présidents successifs du renoncement. En disséquant le parcours emblématique de François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement, dans une “tentative quasi spéléologique d’élucidation de notre histoire” fait remonter comme d’autres l’atonie française à la saignée monstrueuse de la première guerre mondiale, qui place la France en position de vainqueur épuisé, qui ne veut plus parce qu’il ne peut plus, conduisant à l’effondrement prévisible de Juin 1940. C’est dans la continuité de ce désastre que se réinstalle au sein des élites françaises, mais aussi dans une partie du pays le plus profond, ce sentiment que l’avenir est dans un au-delà de la nation française, réduite à ses échecs, et avec laquelle il ne faudrait plus compter. Les yeux de Chimène pour l’étranger, hier Berlin ou Moscou, aujourd’hui Bruxelles et Washington, sont ainsi venus renouer durablement avec l’envie des élites fortunées, jamais refermée depuis 1789, de laisser à son sort un peuple qui avait osé décapiter la royauté et ses privilèges. Jamais la République, et peut-être est ce là son défaut et sa grandeur, ne peut rien considérer comme acquis. A chaque fois qu’elle baisse la garde, c’est le réflexe oligarchique de l’ancien régime qui recommence son travail de sape, puissamment encouragé à notre époque par le caractère profondément corrupteur de la financiarisation mondiale de l’économie.
Ainsi s’explique pour Jean-Pierre Chevènement la conversion rapide de François Mitterrand à l’Europe comme substitut au destin français, qui le fait passer du programme commun de la gauche de 1981, hérité du programme de 1945, à la “lettre aux Français” de 1988, vague catalogue de bons sentiments, mais où le seul horizon est l’Europe à tout prix. Dans cet abandon de ses racines, la France s’est alors laissée dictée par l’histoire la forme de l’Europe d’aujourd’hui : une économie régie par la projection dans l’Euro du Mark allemand issu de la réunification et le protectorat américain pour la stratégie et la défense. Coller quel qu’en soit le prix à une Allemagne dont la force retrouvée semblait devoir nous condamner à renoncer à tout partenariat équilibré, respectueux des intérêts et des trajectoires de chacun : tel fut le “pari pascalien” de François Mitterrand. Mais à la différence de celui de Pascal, pour qui croire en Dieu, qu’il existe où non, n’apportait que des bénéfices, celui de François Mitterrand s’est avéré perdant, parce que l’Allemagne, elle, a retrouvé confiance en elle-même et en ses propres intérêts.
Jean-Pierre Chevènement trace ainsi ce qu’il reste à faire pour inverser le courant faute de voir la France, et avec elle l’Europe, s’effacer d’un monde dont le centre de gravité bascule de l’Atlantique au Pacifique. A l’intérieur redresser l’Etat, la puissance publique, et avant tout l’Ecole et la recherche. En Europe, redonner à l’Euro un statut de monnaie commune et non plus unique, capable de respecter les différences de rythme d’économies aussi disparates que celles de la Grèce, de l’Italie, de la Péninsule Ibérique , du Nord de l’Europe, de la France et de l’Allemagne, à condition toutefois, ce à quoi Jean-Pierre Chevènement n’est pas encore résolu, à utiliser sans hésitation l’option de la sortie pure et simple du système comme une arme dans cette direction et non comme une issue de secours . Une Europe redressée, basée sur ses nations, fonctionnant à géométrie variable, dotée d’une politique indépendante de défense, retrouverait alors toute sa force pour être un puissant facteur d’équilibre entre les USA, la Russie, la Chine et l’Inde. Il reste cependant à Jean-Pierre Chevènement sa part de contradiction qui constitue son propre pari pascalien : faire d’une gauche refondée l’axe de ce redressement.
D’un côté, il affirme que la France doit “inventer la République du XXI° siècle par delà une gauche et une droite également dissoutes dans le bain acide du néo-libéralisme.” Force lui est de constater que “seul un homme qui ne venait pas de la gauche [ François Mitterrand ] pouvait faire l’union de la gauche”. Et lorsqu’il s’exclame que “si le programme du CNR en 1944, n’était pas un programme de gauche, je ne sais pas ce que c’est ! “, on peut ajouter que là aussi, ce ne fut possible que par l’action de Charles De Gaulle qui ne sortait pas de ses rangs.
Mais bien qu’affirmant que “la gauche républicaine, aujourd’hui, doit se dépasser pour trouver des alliés”, il ne l’envisage en pratique qu’avec un Parti Socialiste qui refermerait enfin la “parenthèse libérale” ouverte en 1982-1983. Comment croire à cette perspective alors que se profile la candidature à la présidentielle de Dominique Strauss-Kahn ?
Le bilan de la gauche que tire Jean-Pierre Chevènement et de ses “trous noirs” (la Nation, la transmission des valeurs) pèche par manque d’exhaustivité. L’idée que le Parti Socialiste pourrait en revenir à un avant-Maastricht pour rebondir se heurte à tout son passé, comme à celui de la gauche dans son entier.
L’affirmation selon laquelle les socialistes, qui n’ont combattu qu’en “paroles” la perspective de la première guerre mondiale, n’y ont “au moins pas contribué” est aussitôt démentie par Jean-Pierre Chevènement lui-même lorsqu’il rappelle le vote sinon unanime, en tout cas largement majoritaire des socialistes en faveur des crédits de guerre de part et d’autre du Rhin.
Faut-il rappeler que la non-intervention en Espagne voulue par le gouvernement Léon Blum, à renforcé le sentiment d’impunité du fascisme ? Faut-il repréciser que les pleins pouvoirs à Philippe Pétain furent votés par une chambre Front Populaire ? Si le parti communiste a en effet joué un rôle national courageux en ne montant pas aux extrêmes à la Libération et en contribuant au gouvernement d’union nationale, faut-il pour autant en oublier son rôle désastreux à l’époque du pacte germano-soviétique ? Et faut-il rappeler sa part dans l’avènement d’Hitler en Allemagne lorsque les socialistes étaient partout en Europe son ennemi principal ? N’est ce pas la gauche, François Mitterrand y compris, et si l’on en excepte la haute figure de Pierre Mendès-France, qui a empêtré la France dans la tragédie des guerres coloniales avant que De Gaulle, précisément convaincu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ne vienne l’en extraire ?
L’histoire de la gauche, aussi bien française qu’internationale, est bien celle de renoncements à répétition, qui rend son tournant ultralibéral des années quatre-vingt interprétable autrement que comme un accident de parcours.
Il est frappant de voir que Jean-Pierre Chevènement, qui analyse si remarquablement l’effet accélérateur de la chute du Mur de Berlin sur la dynamique européenne au profit de l’Allemagne d’Helmut Kohl, ne semble pas en voir la portée dissolvante sur la gauche elle-même. Si la gauche d’avant-guerre a survécu au-delà, ce n’est que par l’effet congélateur de la guerre froide, qui, paradoxalement, servait à maintenir le mythe du socialisme, même dévoyé, et permettait au Parti Socialiste d’exister comme alternative démocratique au Parti Communiste. Dans le même temps, la guerre froide, dans laquelle l’Europe de l’Ouest était en ligne de premier front, imposait pour les Etats-Unis d’Amérique qu’elle restât un modèle de démocratie face au totalitarisme. Sur ce plan, la survivance du débat "droit-gauche" des années trente faisait partie de la vitrine. L’URSS disparue, le capitalisme mondial n’avait plus besoin de sauvegarder les apparences et a donc entrepris de remettre la politique de l’Europe occidentale à l’heure américaine, acquise au système dans toutes ses composantes.
Le fond du problème est énoncé par Jean-Pierre Chevènement lui-même : “il n’y a rien d’autre à retenir de Karl Marx que la méthode d’analyse”. Si le socialisme auquel il fait pourtant encore référence, se résume alors à cette méthode d’analyse et n’est plus alors qu’une aspiration à l’égalité sociale, il se fond en effet dans la perspective républicaine, mais en perdant toute sa spécificité qui était l’idéal utopique d’une société non marchande, où les moyens de production étaient collectivisés, et dont l’échec planétaire n’a pas peu contribué au triomphe en retour du néo-libéralisme comme idéologie de la concurrence darwinienne.
Et si le clivage gauche/droite est aujourd’hui entretenu, on ne voit bien qu’il n’est plus qu’un théâtre d’ombres portées destiné à faire croire aux citoyens qu’ils ont un autre choix que celui entre le pareil et le même. Au XX° siècle, lorsque la France est sortie de l’ornière, ce fut sous la conduite d’un homme qui avait su transcender ce clivage et de ce fait rassembler autour de lui les uns et les autres, au gouvernement en 1944, dans les urnes en 1958 et en 1962.
On entend souvent dire qu’une telle alchimie n’est possible qu’en des circonstances exceptionnelles et sous la conduite de personnages hors du commun. Faudrait-il alors attendre les catastrophes et des deus ex-machina pour que la France se survive ? Il semble tout au contraire qu’il faille admettre jusqu’au bout les leçons de l’histoire et prendre toute la mesure du fait qu’elle ne se répète qu’en farce. Le peuple français est suffisamment mature et éduqué sans qu’il soit besoin d’attendre les catastrophes pour lui proposer une alternative véritable : un rassemblement gaulliste et républicain, capable de réunir ce que la droite et la gauche ont eu de meilleur, pour que la France poursuive son histoire. Tout le système politique et médiatique s’y oppose ? C’est l’hommage du vice à la vertu.
Si ce n’est son “pari pascalien”, le livre de Jean-Pierre Chevènement, comme Jean-Pierre Chevènement lui-même, nous encouragent à poursuivre dans cette voie.
Par François MORVAN
Vice-président de Debout la République

Patrick Rambaud et Nicolas Ier

03/03/2011 18:25 par rgrs

  • Patrick Rambaud et Nicolas Ier

    Patrick Rambaud et Nicolas Ier

    03/03/2011 18:25 par rgrs

J’aime beaucoup les pastiches et Patrick Rambaud. Et c’est un quasi-pléonasme, tant Rambaud (que le grand public connaît surtout depuis que la Bataille, en 1997, roman projeté par Balzac et rédigé par Rambaud, a accumulé les distinctions) a commis, depuis trente ans, de parodies inventives des écrivains les plus divers.
Je n’ai pas tout lu. Mais j’avais dévoré le Roland Barthes sans peine, hilarant duplicata du Barthes par lui-même, et la Farce des choses, réalisés l'un et l'autre avec Michel-Antoine Burnier (1). Qui n’a pas goûté, dans un même volume, les œuvres inédites d’Aragon chantant la CGT et le PC de 1968, Bovary revue par Vian, Mallet-Joris, et Sollers successivement, ou deux chapitres arrachés à deux romans essentiels de Gérard de Villiers, la Tigresse de Pékin suivie de la Panthère de Téhéran, n’a rien vu, n’a rien lu. Plus tard, j’ai dégusté ligne à ligne la réfection de Duras qu’offrit Rambaud (sous le pseudonyme de Marguerite Duraille, Virginie Q. puis Mururoa mon amour), si supérieure à l’original dont on nous rebattait les oreilles. Ou les Carnets secrets d’Elena Ceaucescu, œuvre rare parce que Gallimard en fit opérer la saisie, sous prétexte que la couverture parodiait la Pléiade (« Tout corps plongé dans un liquide finit par avouer »).
Les pastiches sont une source infinie de plaisir — à condition de connaître à fond le modèle. sans culture, pas de parodie. Sans remonter aux grands ancêtres du genre, Reboux et Müller et leurs À la manière de, les pastiches de Proust supposent une connaissance intime de Flaubert, des Goncourt, de Sainte-Beuve et quelques autres éminences du XIXème siècle… Jean-Louis Curtis (la France m’épuise, la Chine m’inquiète, ou Un rien m’agite) est incompréhensible sans une fréquentation intime de Bloy, Giraudoux ou Chateaubriand. Umberto Eco (Pastiches et postiches, 1988) sans une bibliothèque dans la tête, c’est impensable. Plus près de nous, si j’ai moyennement goûté le Degré suprême de la tendresse, d’Héléna Marienské (déjà que je supporte mal Houellebecq, une parodie de Plateforme ne m’apparaît pas nécessaire, ni une imitation de Christine Angot — mais chacun appréciera sur pièces), j’ai adoré Kafka’s Soup, de Mark Crick (12005), recueil de recettes rédigées par les grands noms de la littérature anglo-saxonne (mais aussi européenne, puisque l’auteur propose une "Quick Miso Soup" à la manière de Kafka, et un "Tiramisu" façon Proust — ou des "Boned Stuffed Poussins" à la Marquis de Sade).
D’ailleurs, à temps perdu, en voyage notamment, il m’arrive de rédiger quelques lignes qui imitent tel ou tel. Ça défoule. Et je donne régulièrement l’exercice à mes élèves — à charge à eux de nous procurer une lettre inédite des Liaisons ou un sonnet nouveau des Amours de Marie. C’est ainsi, et pas autrement, que je concevrais un « sujet d’invention », comme on dit au Bac, ce qui supposerait une grande maîtrise de Laclos ou de Ronsard. Evidemment, pour cela, encore faudrait-il que les élèves, de la Sixième à la Terminale, aient assez d’heures de Français (on n’a pas cessé de les rabioter depuis les années 1980) et un enseignement tourné vers la littérature, et non vers l’Expression-Communication et le copier-coller.
 
Rambaud, donc, depuis trois ans, raconte dans un style essentiellement emprunté à Saint-Simon la chronique et les frasques de Nicolas Ier — le quatrième tome est sorti en janvier, chez Grasset (2). C’est drôle, assassin, très bien documenté. Et culturel en diable, ce qui dispense Rambaud du souci d’être lu à l’Elysée.
L’acharnement présidentiel sur la Princesse de Clèves (3) était déjà significatif de ce qu’est devenue la culture, sous le règne de Nicolas Ier et plus généralement en système libéral. En fait, je crois qu’il révèle le cœur de cible de l’UMP version 2007-2012 : tous ceux qui ont souffert à l’école, tous ceux qui sont obligés d’embaucher Guaino pour dire deux phrases syntaxiquement correctes, et tous ceux qui pensent que les profs ne travaillent pas assez — bas de la caisse et du plafond réunis. D'où mon effarement de voir quelques ministres, gens de culture et de savoir, s'abaisser pour complaire à l'ilote de l'Elysée.
C’est un faux calcul. Les Français ne sont pas plus cultivés que d’autres, surtout depuis que le système scolaire s’occupe à les niveler par le bas, mais ils gardent un émerveillement pour les livres. Nous sommes un pays où il est tout de même plus chic d’être édité que d’exhiber sa Patek Philippe dans un dîner jusque-là convenable. Je n’en veux pour preuve que le nombre toujours grandissant d’hommes politiques (y compris dans l’entourage très proche de Nicolas S***) qui quémandent et commandent leur autobiographie à un quelconque nègre. Moi, ou mon ami Guy Benhamou — ou Rambaud, qui fut une sommité dans cette honorable profession de l’ombre.
 
Je n’ai qu’un conseil de lecture à donner à Nicolas Ier, qui paraît-il a été récemment mis au régime livres par sa chère et tendre — on sent tout de suite, à l’entendre chanter, que Baudelaire ou Eluard n’ont qu’à bien se tenir.
Dans les 1001 nuits, le calife Haroun al-Rachid (qui contrôla effectivement Machreb et Maghreb à l’époque où Charlemagne régnait) sort régulièrement de son palais, la nuit, déguisé en marchand, escorté le plus souvent de son poète favori, et descend dans la ville pour demander, au hasard des rencontres, ce que l’on pense de son administration. Nicolas Ier devrait oser le bistro, de temps en temps — ou la salle des profs. Sans service d’ordre pour établir un glacis de 200 mètres. Sans que l’on ait remplacé les honnêtes buveurs de goutte et de café matinaux par des militants de l’UMP de petite taille. Juste pour voir — et pour entendre. Et sans que Claude Guéant lui donne la main.
Et demander ce que l’on pense de son administration. Calculer, de là, ses chances de survie en 2012. Se résigner peut-être, alors, à être un jeune retraité, au mépris de la loi qu’il a fait voter — mais nous ferons une exception pour lui. C’est en tout cas le conseil que voudraient lui donner la plupart des députés de son propre parti, qui tiennent à leur poste et ne souhaitent pas être entraînés dans sa chute. Mais ils n’osent pas. Ils n’osent même pas (à l’exception d’Estrosi, qui cause depuis qu’il est en disgrâce) lui dire tout le bien qu’ils pensent de sa récente initiative sur l’Islam. Napoléon laissait parler Chateaubriand, qui disait pourtant des choses désagréables : il avait assez de surface en lui-même pour ne pas s'offusquer de celle des autres. Mais Napoléon III déportait outremer ses opposants : régime farcesque, à en croire Marx, mais sanglant tout de même. Napoléon IV, farce de la farce, cherche à imposer sa censure préalable, dans les médias comme dans les consciences. Sans espoir. Sans succès.
 Oui, essayez le Principe d’Haroun. Sinon, on s’apercevra que vous expérimentez celui de Peter.
 L’élection de 2007 s’est jouée sur la capacité du candidat à bien dire les mots d’un autre — qui est paraît-il en défaveur ces temps-ci, la reconnaissance est une vertu un peu lourde à porter. La campagne de 2012 se jouera sur des duels autrement aigus que celui qui opposa un acteur bien rodé à la dinde du Poitou.
Ce n’est jamais bon, pour un régime, de se couper de la culture, en croyant que la réussite sociale et financière suffit en soi, et qu’avoir, c’est être. Déplorable confusion grammaticale et politique. Chirac, interpellé par un escogriffe qui le traitait de tous les noms, lui lança, en vrai lecteur de Cyrano (4) : « Enchanté, moi, c’est Jacques Chirac » — et non pas : « Casse-toi, pauv’ con ! » Cette présidence-ci a pour la culture un mépris abyssal — et en récolte la monnaie. La Princesse de Clèves se venge, et Rambaud est son héros.

Jean-Paul Brighelli

(1) Auteur, avec Frédéric Bon, en 1986, d’un essai sur la finalité dernière des politiques (Que le meilleur perde, Balland, 1986) qu’il faudrait rééditer d’urgence, tant les errements analysés dans ce livre hilarant, pour qui se souvient des contradictions de la Gauche au pouvoir en ce début des années 1980, rappelle la course à l’échec de la Droite en ce début des années 2010.

(2) Ô avaricieux et autres mal lotis, les trois premiers volumes existent déjà en Poche. Je vous laisse juges de la décision qui s’impose.

(3)Patrick Assouline s’est fait chroniqueur des attaques de Nicolas S*** contre le roman de Mme de Lafayette. Dans l’ordre : http://passouline.blog.lemonde.fr/2006/12/10/qui-veut-tue..., puis http://pire-racaille.blogspot.com/2007/08/sarko-et-la-pri..., et enfin http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/04/16/le-president....

(4) « Maraud ! faquin ! Butor de pied-plat ridicule ! » — Ah ? Et moi Hercule-Savinien de Cyrano de Bergerac. » C’est à l’acte I.

http://bonnetdane.midiblogs.com/

Assurances : quand l’europe abolit la réalité

03/03/2011 18:20 par rgrs

  • Assurances : quand l’europe abolit la réalité

    Assurances : quand l’europe abolit la réalité

    03/03/2011 18:20 par rgrs

J’ai d’abord cru à un poisson d’avril un peu en avance. Puis, j’ai vu la sinistre Viviane Reding expliquer sérieusement à la télévision qu’une décision de la « cour de justice » européenne va abolir toute discrimination entre les hommes et les femmes dans les contrats d’assurance.

Ubu règne dans le machin européen

La lutte contre les discriminations n’est pas injuste par principe. Mais, là, il faut dire que les juges européens n’ont vraiment pas peur du ridicule. Les compagnies d’assurance différenciaient en effet les primes d’assurance automobiles en fonction du sexe des assurés du fait que les hommes ont nettement plus d’accidents que les femmes. La décision de la « cour de justice » européenne va donc aboutir à un relèvement important des primes pour les femmes.

Parallèlement, les primes de santé et de retraites seront également affectées. En effet, il y avait une différenciation assez logique du fait que les hommes vivent sensiblement moins longtemps que les femmes, ce qui impliquait des coûts non égaux. Mais, non, de même que cette europe a décidé que la Turquie est en Europe, au mépris de la géographie, dans sa folie bureaucratique et normative, elle a décidé d’abolir une partie de la réalité pour les assureurs.

Délires eurocrates

Tant qu’à lutter contre la discrimination entre les hommes et les femmes, cette europe pourrait également imposer l’égalité dans le port des chaussures à talon : après tout, pourquoi les femmes seraient-elles les seules à se voir imposer ce supplice ? Les mardi, jeudi et samedi seraient réservés aux chaussures à talon, pour tous, les lundi, mercredi et vendredi aux chaussures plates, pour tous. Dans leur grande bonté, les eurocrates pourraient laisser les citoyens libres le dimanche.

De même, Viviane Reding pourrait également demander une directive imposant la suppression des pissotières, qui ne peuvent être utilisées que par les hommes, nouvelle discrimination scandaleuse contre les femmes. Enfin, il est inacceptable que la nature ait fait que les femmes soient plus petites que les hommes. Il convient donc de donner des hormones de croissances aux petites filles pour permettre aux femmes de ne plus être prises de haut par les hommes.

Le machin européen encore à côté de la plaque

Le continent vient tout juste de traverser sa pire crise économique depuis quatre-vingt ans. Le chômage est au plus haut. Des pays sont littéralement saignés pour honorer des créanciers dont la plupart ont pourtant été sauvés par les Etats qu’ils rançonnent aujourd’hui. Et cette europe qui n’a absolument rien fait pour éviter une nouvelle crise financière ou aider les peuples (mais qui n’oublie pas les banques) vient demander aux assureurs de fermer les yeux sur la réalité !

Il y a vraiment quelque chose de monstrueux avec cette europe. Dogmatiquement néolibérale pour certaines questions (liberté de mouvement pour les capitaux, les biens ou les personnes, de manière à désarmer les Etats-nations), elle semble parfois s’inspirer de l’URSS par certains penchants bureaucrates et uniformisateurs comme ici. En outre, de quoi se mêle cette « cour de justice » pour aller interdire aux assureurs de prendre en compte la réalité pour calculer leurs primes !

Merci donc à cette europe, jour après jour, de montrer son vrai visage par l’absurdité de ces décisions. Tous les jours nous nous rapprochons du moment où les peuples finiront par refuser les délires de ces commissaires et de ces juges. 

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Juppé bis superstar

03/03/2011 18:12 par rgrs

  • Juppé bis superstar

    Juppé bis superstar

    03/03/2011 18:12 par rgrs

Tout le monde l’adore. Jusqu’à quand ?

Hosannah ! Alain Juppé est de retour. Intronisé numéro 2 du gouvernement, l’ex-proscrit chiraquien est entré au Quai d’Orsay sous les vivats de la presse, des sondeurs, de la droite mais aussi d’une bonne partie de la gauche. Pas la peine d’attendre Pâques, on entend partout – même à Causeur – un seul son de cloche : enfin la droite qu’on aime ! Celle qui a des valeurs, des principes, de la droiture et ne part pas en vacances n’importe où… À l’Assemblée on l’acclame, dans les éditos, on encense déjà son bilan futur. Il ira au Caire dans les jours à venir, renouer d’un claquement de doigts avec les nations arabes qui se libèrent. Il va forcément « redonner le moral aux diplomates », même si, prévient-il du haut de sa formidable néo-modestie, il n’a « pas de baguette magique ». Des promesses, mais seulement celles qu’on peut tenir. On explique même que les militaires, qui pourtant ne l’ont fréquenté que 100 jours, le regrettent déjà. Sans oublier les Bordelais qui, eux aussi sont tristes de voir l’agenda de leur bon maire – qui pour autant ne les abandonnera pas – grevé par des voyages officiels dans des contrées lointaines, où heureusement Alain va faire briller haut l’image de la France et du Saint-Emilion. On l’a compris, c’est une nouvelle ère politique qui s’ouvre avec le nouveau ministre à lunettes. J’ai même entendu des consœurs dire qu’elles le trouvaient sexy…
On n’est jamais vraiment mort en politique, aurait coutume de dire Juppé, qui a déjà été enterré vivant. Curieuse résurrection quand même : passons sur le côté pâté d’alouette du chiraquien noyé au milieu des sarkozystes pur sucre. Ne parlons même pas de François Fillon, intronisé hyper-Premier ministre depuis le remaniement de l’automne et qui entend bien le rester. Mais peut-on pour autant oublier, comme tous les confrères, le Juppé droit dans ses bottes, premier de la classe, énarque et meilleur d’entre nous ? Juste retour des choses, après avoir morflé pour cause de jurisprudence Balladur, il bénéficie maintenant de la Loi d’airain du « c’était mieux avant», celle qui vaut à Jacques Chirac d’occuper le fauteuil laissé vacant par l’Abbé Pierre dans les classements de popularité.
D’autant que Juppé semble prendre presque du plaisir à son nouveau statut d’homme providentiel. Il faut le voir répondre à l’Assemblée aux questions des députés avec sérieux, sobriété et presque, pincez-moi, humilité ! Sur TF1, il roucoule de bonheur à l’énoncé d’un sondage sur notre politique étrangère qui le crédite de 55% d’opinions favorables. Et faut le voir démentir avec des accents de sincérité presque très convaincants quand on le qualifie de vice-Premier ministre. À se demander s’il n’a pas passé, lui, ses vacances de Noël en stage intensif d’art dramatique au Cours Florent.
La Roche tarpéienne est proche du Quai d’Orsay
Cela dit, à sa place, je savourerais ma victoire en n’oubliant pas toutefois d’aiguiser mon cran d’arrêt, en prévision des traquenards à venir. On a vu d’autres étoiles de cette mouvance, gaullienne donc fréquentable, se fracasser lamentablement. Vous voulez un exemple ? Et bien, au hasard, disons MAM. Il faut se souvenir des papiers enthousiastes sur l’ex-patronne du Quai, avant qu’elle soit à quai. Tellement droite, tellement héritière du Général par lignage direct, tellement au dessus du lot des Woerth et compagnie, forcément cupides et affairistes. MAM elle, parlait et agissait pour la France, rien d’autre. Et on la voyait bien remplacer à l’automne François Fillon pour donner un nouveau souffle au gouvernement, voire redonner confiance aux Français.
Au bout du compte, elle ne fut ni Premier ministre, ni rien d’autre que groupie des dictateurs et abonnée aux jet privés. Aujourd’hui c’est au tour de MAM de se répéter en boucle qu’on n’est jamais vraiment mort en politique1.
Oui, Juppé devrait se méfier de cet afflux de nouveaux amis, même s’il en pleut plus qu’à Gravelotte ou sur Facebook. Nicolas Canteloup, qui a plus de mémoire que toute la presse politique, est allé chercher dans un passé pas si lointain de quoi sera fait son avenir proche. Avant d’être le Monsieur Propre de l’UMP, Juppé c’était le stalino-chiraquien, le régisseur en chef de l’Etat-RPR, le coupable direct du raz-de marée social de 95, puis de la rusée dissolution de 97. Juppé-la-poisse, pour reprendre Canteloup, c’est encore l’homme qui fut ministre de l’Environnement pendant trois semaines TTC après la présidentielle de 2007, avant de se faire bananer aux législatives pour avoir annoncé en direct live à la télé que le gouvernement souhaitait la mise en place de la TVA sociale – et avait failli entraîner la majorité toute fraiche de Sarkozy dans sa dégringolade. Comme dit une mauvaise langue à l’Assemblée, « il a 13 mois pour faire une grosse connerie ». Il ne faut jamais désespérer des meilleurs élèves, ils font toujours ce qu’on attend d’eux.
On ne fera pas l’injure à Alain Juppé de lui suggérer de réviser ses classiques – qu’il connaît infiniment mieux que tous ses collègues du gouvernement et que moi aussi – et de méditer la métaphore de la Roche tarpéienne. Plus modestement, je lui suggérerai de relire posément sa propre bio. Et même si je ne suis pas certaine que la musique rasta soit sa tasse de thé, il pourra le faire en écoutant Jimmy Cliff et en méditant les sages paroles de la chanson qui a fait connaître le reggae dans le monde entier : « The Harder They Come, The Harder They Fall ». Sans quoi la droite comme il faut va encore devoir se trouver un nouveau champion.
Muriel Gremillet
 
  1. On pourra aussi citer Eric Woerth lui-même qui, il y a encore un an, était une étoile montante au sérieux loué par tous, et souvent pronostiqué comme remplaçant putatif de François Fillon

http://www.causeur.fr/juppe-bis-superstar,8851

Sondages: pour JD Levy (Harris Interactive), le commanditaire doit être transparent

03/03/2011 18:05 par rgrs

  • Sondages: pour JD Levy (Harris Interactive), le commanditaire doit être transparent

    Sondages: pour JD Levy (Harris Interactive), le commanditaire doit être transparent

    03/03/2011 18:05 par rgrs

Les patrons d'instituts de sondages s'affolent du projet de loi visant à encadrer plus sévèrement le travail d'une profession qui a profité du discrédit des politiques et des journalistes pour conquérir l'espace du débat public. Alors que monte en puissance un lobbying intense contre une réforme jugée «liberticide», notamment animé par le coprésident d'Ipsos Jean-Marc Lech auprès du gouvernement, Jean-Daniel Lévy (Harris Interactive) défend sa profession.

Marianne: Vous criez au scandale parce qu'une proposition de loi — présentés la sénateurs Jean-Pierre Sueur (PS) et Hugues Portelli (UMP) et votée à l'unanimité— s'avise de remettre sondages et sondeurs à leur place, celle d'indicateurs neutres de l'état de l'opinion. Quelle légitimité avez-vous pour revendiquer de continuer à façonner l'opinion ?
Jean-Daniel Lévy (JDL): Harris Interactive ne crie pas au scandale. Et nous ne croyons pas que les sondages «façonnent» l’opinion.  Un certain nombre de buts poursuivis par la loi sont appréciables : ceux appelant à une garantie de fiabilité et d’indépendance des sondages et des instituts et ce avec une commission des sondages aux pouvoirs étendus. En revanche, à Harris Interactive, nous ne sommes pas favorables à la publication des données brutes, des marges d’erreur et de l’instauration d’un délai de 24h00 entre la fin d’une enquête et sa publication. Si l'on considère que le travail des instituts, notre travail, est contrôlé par des experts connaissant les spécificités de notre métier dans ce cas, ne créons pas de confusions supplémentaires en publiant non seulement les données brutes mais également des marges d'erreur. Chaque sondage doit nécessairement s'accompagner d'une prise de parole de l'institut « accompagnant » les chiffres en fournissant du sens. Instaurer, par ailleurs, un délai de 24 heures entre la fin d'une étude et sa publication rendrait caduc toute enquête « à chaud ». Ce qui serait dommage.
 
La pratique des « redressements » a été dévoyée, dans le passé, au profit d'un ou plusieurs candidats, mais elle est nécessaire. Pourquoi l'exposition de cette technique professionnelle vous gêne-t-elle ?
JDL: En parlant de dévoiement on sous-entend manipulation. Nous ne sommes pas opposés à un contrôle, au contraire. La commission des sondages composée de membres du conseil d'État, de la cour de cassation, de la cour des comptes et de personnalités qualifiées en matière de sondages a déjà actuellement en sa possession une notice concernant l’ensemble des données relatives aux enquêtes d’intentions de vote. Celle-ci dresse non seulement un état précis des conditions d’établissement des intentions de vote mais rappelle les conditions méthodologiques de recueil de l’information. Et cette commission peut, de la sorte, contrôler le travail des instituts. Le contrôle du travail des instituts est nécessaire, mais si la loi devait être votée, nous risquerions de créer un débat permanent et stérile, non plus sur les résultats mais sur les méthodes.
 
Si la loi est votée en l'état, les journaux ne pourront plus évoquer un sondage sans stipuler l'identité du commanditaire et de l'acheteur. Pourquoi défendez-vous le droit à la manipulation ?
 JDL: Je ne crois pas que le moindre institut s’oppose à cette disposition. Il est évident que le nom du client mentionné sur la fiche technique doit être celui du commanditaire – et du payeur - de l’enquête.

Une personne « gratifiée » pour répondre à un sondage politique est-elle dans le même état d'esprit qu'un citoyen ?

JDL: L’idéal de démocratie devrait amener les citoyens à participer sans le moindre stimulus. Aujourd’hui, on remarque que certaines catégories de population répondent plus facilement si elles entrevoient une forme de gratification potentielle ou envisageable. L’enjeu est évidemment de faire en sorte que le stimulus ne soit pas l’unique motivation à répondre à une enquête. A Harris Interactive nous avons, après avoir effectué des recherches, opté pour la participation à une sorte de loterie. Il s'agit là de la stimulation ayant le moindre impact social. La probabilité de "gain", reste extrêmement faible. Tant qu’à la fin des questionnaires un nombre conséquent d’interviewés nous remercierons de leur avoir « donné la parole », nous pourrons considérer que « l’appât du gain » n’a pas porté atteinte à la sincérité des réponses.
Marianne2

Réfugiés de Libye: l'UPM ça eut payé

03/03/2011 17:59 par rgrs

  • Réfugiés de Libye: l'UPM ça eut payé

    Réfugiés de Libye: l'UPM ça eut payé

    03/03/2011 17:59 par rgrs

Alors que les réfugiés continuent à affluer par milliers à la frontière tunisienne, l'afflux de migrants en Europe est considéré comme un vrai risque par l'Italie et la France qui tentent tant bien que mal de mobiliser une Union européenne désemparée face à l'ampleur du problème. Aucune décision n'a encore été prise. Paris a tout juste obtenu l'organisation d'un sommet extraordinaire de l'UE le 11 mars.


Théâtre d’un mouvement de contestations et de manifestations sans précédent à l’encontre du régime, alors que l’opposition se rapproche de Tripoli, la Libye n’a jamais été aussi proche du chaos. La ligue libyenne des droits de l'homme avance le chiffre de 6.000 morts dont 3.000 à Tripoli.
Outre la situation diplomatique et politique, la situation économique, la question migratoire apparaît désormais prioritaire.
La situation à la frontière entre la Libye et la Tunisie a atteint un niveau critique après le passage de 70.000 à 75.000 personnes ayant fui les répressions depuis le 20 février.
Une foule venant de Libye s'étendant « sur des kilomètres et des kilomètres à perte de vue » se presse à la frontière tunisienne, a déclaré mercredi une porte-parole du HCR, qui a lancé un nouvel appel pour que des « centaines d'avions soient affrétés » afin d'évacuer les gens.
Environ 40.000 personnes, notamment des Egyptiens, attendent aujourd'hui à la frontière côté libyen, selon le HCR. Des centaines de milliers de personnes devraient suivre. 
Un flux qui ne semble pas près de se tarir. « Un camp de réfugiés est en cours de construction à la frontière entre la Tunisie et la Libye, afin de faire face aux déplacements de population», indique Triangle GH, une ONG lyonnaise arrivée sur place le 2 mars. 
Exemple de la tension qui règne : des gardes-frontières tunisiens ont tiré en l'air mardi pour tenter de contrôler une foule de personnes souhaitant traverser la frontière et ainsi échapper à la violence.

200.000 à 300.000 réfufiés selon Laurent Wauquiez
Outre la « bombe humanitaire » que recouvre cet afflux de réfugiés, Rashad Abdu, économiste égyptien à l’Université du Caire n’a pas manqué de souligner les millions de dollars en transferts de fonds que supposerait  le retour chez eux de milliers de travailleurs égyptiens en Libye. Sans compter que « les émigrés rentrés au pays risquent de se retrouver au chômage ».
Selon le ministère du Travail égyptien, 1,5 million d’Égyptiens travaillent et vivent en Libye. Ils envoient environ 1,5 milliards de livres égyptiennes (254 millions de dollars) par an au pays. 
Et l’Europe n’est pas épargnée, loin s’en faut. Outre les milliers de migrants tunisiens qui voguent dans les eaux internationales puis échouent en Italie en espérant atteindre la France, le Ministre des affaires européennes Laurent Wauquiez a estimé aujourd'hui que l'afflux de migrants en provenance de Libye était « un vrai risque pour l'Europe qui ne doit pas être sous-estimé », assurant que la France était sur la même position que l'Italie. « La Libye, c'est l'entonnoir de l'Afrique. Des pays comme le Liberia, la Somalie, l'Erythrée ont des flux d'immigration illégale qui passent par la Libye. C'est un vrai risque pour l'Europe qui ne doit pas être sous-estimé. Il faut défendre de façon européenne nos frontières et on ne peut pas accueillir des flux d'immigration illégaux que l'Europe n'est pas capable d'intégrer. Ce dont on parle, ce n'est pas quelques dizaines de milliers d'immigrants illégaux qui pourraient arriver en Europe, c'est potentiellement 200 à 300.000 personnes qui sur l'année pourraient chercher à franchir la Méditerranée en direction de l'Europe », a averti le ministre sur France Info.

Malgré des estimations très divergentes, on estime que la Libye abriterait entre 1,5 et 2 millions de candidats au départ. Véritable risque que le Guide libyen n’a cessé d’alimenter quémandant 5 milliards d’euros à l’UE lors d’une visite en Italie au cours de l’été 2010 pour « stopper » l’immigration clandestine aux frontières de son pays et éviter que l’Europe « ne devienne noire ».
 

Frontex: un dispositif européen embryonnaire

Réfugiés de Libye: l'UPM ça eut payé!
Face à ces nouveaux et soudains flux migratoires, l’UE paraît bien désemparée.
Paris a demandé l'organisation d'un sommet européen pour décider d'une « stratégie commune » face à la crise libyenne et aux menaces qu'elle fait peser en matière d'immigration. Un sommet extraordinaire de l'UE sur la Libye et l'Afrique du Nord aura donc lieu le 11 mars. 

En première ligne, l’Italie demande à ses partenaires européens de l'aider à partager le fardeau de l'accueil des réfugiés. Mais la France et l’Italie ne sont pas l’Europe. Plusieurs des membres de l’UE, notamment l'Allemagne, la Suède et l'Autriche, ont opposé une fin de non-recevoir, estimant qu'il était trop tôt pour évoquer un tel scénario.

Incapables de s’unir et de parler d’une seule voix, comme à chaque crise d’envergure, l’Union européenne montre encore une fois toutes ses limites : chacun ses frontières et pas question de payer pour les autres. Rien que de très normal après tout, les Etats membres sont maîtres de la surveillance de leurs frontières et libres d'accepter ou non des demandeurs d'asile.

L’UE avait bien créée, en 2004, l’agence de gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, répondant au doux nom de Frontex. Outre son patronyme aux sonorités spongieuses, l’arrivée de 5000 boat people tunisiens sur l’ile italienne de Lampedusa a suffi à mettre au jour la fragilité du dispositif européen.  Malgré son renforcement, l’agence Frontex, dotée d’un budget de 80 millions d’euros, reste embryonnaire, ne dispose d’aucun moyen propre et doit s’en remettre aux Etats membres pour la logistique.
De l'union européenne, à l'union pour la Méditerranée, une succession de machins inefficaces
Incapables de percevoir les signaux d’une révolution, d’échafauder des scénarios anticipatoires, divisée sur les risques d’immigration, mal préparée, l’UE pare donc au plus pressé et ses dirigeants semblent bien en peine. A ce jour, outre des déclarations formelles, dans l’incertitude aucune véritable décision n’a été prise. 

La France a ainsi beau jeu d’affirmer que l’Union pour la Méditerranée, co-présidée par Sarkozy et…Moubarak , était un projet prémonitoire et se justifie pleinement pour aider les nouvelles démocraties arabes, faire face aux vagues d’immigration prévisibles et empêcher une éventuelle recrudescence d’attentats terroristes. Là aussi beaucoup de bonne volonté mais rien à voir avec son projet initial… 

Appuyé par la plupart des autocrates aujourd’hui déboulonnés, l’UPM a fait l’objet de blocages importants au sein de l’Union Européenne.
Si sa relance fait désormais l’unanimité, reste à savoir quoi faire de ce nouveau « machin ».
Régis Soubrouillard - Marianne

 

http://www.marianne2.fr/Refugies-de-Libye-l-UPM-ca-eut-paye_a203392.html

L'Arabie Saoudite ne bouge pas... pour l'instant

03/03/2011 09:44 par rgrs

  • L'Arabie Saoudite ne bouge pas... pour l'instant

    L'Arabie Saoudite ne bouge pas... pour l'instant

    03/03/2011 09:44 par rgrs

Première nation exportatrice de pétrole au monde, considérée comme l'un des pays les plus rétrogrades du monde, la pétromonarchie saoudienne contient tant bien que mal les prémices de la révolte qui gronde, à coups de milliards de pétro-dollars distribués pour apaiser les tensions sociales alors que le marché de l'or noir est de plus en plus tendu.

En visite en Arabie Saoudite le 12 février dernier, alors que Moubarak s’apprêtait à quitter son trône d'Egypte, François Fillon évoquait « l’accélération de l’histoire » avec ses interlocuteurs saoudiens assez réticents au processus démocratique en cours.

Outre que d’héberger dans de somptueuses villas nombre de dictateurs déchus -ainsi de Ben Ali qui aurait quitté récemment son somptueux Palais pour une destination inconnue- tel un club med des despotes, la pétromonarchie tente encore de jouer son rôle de pôle de « stabilité » régional. Le 1er mars, l’Arabie Saoudite envoyait 30 chars à Bahreïn, théâtre de manifestations antigouvernementales depuis plusieurs jours, selon le journal égyptien Al-Masry Al-Youm. Des milliers de Bahreïnis ont défilé dimanche à Manama réclamant la chute du régime de la dynastie sunnite des Al-Khalifa, au lendemain de l'annonce d'un remaniement ministériel que l'opposition a jugé insuffisante. De son côté, le président Barack Obama a manifesté dimanche l'appui des Etats-Unis au « dialogue national » proposé par le roi de Bahreïn à l'opposition, en précisant que celui-ci devrait être « sans exclusion, non partisan et répondre aux aspirations » du peuple. 

Au Yémen aussi, l’un des pays les plus pauvres de la région où la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, les sit-in et les manifestations se sont poursuivies malgré les morts et les promesses, en particulier celles du président Saleh d’abandonner ses projets de présidence à vie ou de succession dynastique avec son fils. Après des morts à Aden la semaine dernière, mardi soir, la capitale Sanaa a enregistré ses premiers morts lors d’une attaque de contre-manifestants. Le pouvoir a visiblement recruté des hommes de main dans le milieu tribal où le port d’armes est autant une tradition qu’un moyen de subsistance. Ici aussi, depuis l’arrivée au pouvoir en 1978 du président Saleh, le Yémen (du Nord avant la réunification) a toujours pu compter sur le soutien musclé de l’Arabie Saoudite. Il bénéficie aussi de l’appui militaire américain dans le cadre de la lutte affichée par le régime Saleh contre les terroristes issus d’al-Qaïda qu’il a toutefois fort bien su ménager aussi pour garantir son pouvoir. Au Bahreïn où la Ve Flotte américaine a son quartier général, les relations avec les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne fixent sans doute des limites à la répression.

Reste que si l’Arabie Saoudite soutient militairement ses voisins pour mieux contenir les mouvements de subversion, la pétromonarchie est-elle même gagnée par la contestation
.

 

La mobilisation des intellectuels
 
Une centaine d'intellectuels ont signé une lettre dans laquelle ils lancent un appel à des réformes politiques et sociales dans le royaume dirigé par la famille Al-Saoud. Dans le document publié sur Internet, les signataires réclament l'instauration d'une « monarchie constitutionnelle », la « séparation des pouvoirs » et l'adoption d'une Constitution .

Les intellectuels réclament également « l'élection au suffrage universel » du Majlis al-Choura [le Conseil consultatif], dont les membres sont désignés. Ils réclament également le droit de vote et d'éligibilité pour les femmes.

Sur le plan social, l'appel demande en outre « d'accorder aux femmes le droit au travail, à l'éducation, à la propriété et à la participation à la vie publique ».

Avant l'appel des intellectuels, un site Internet intitulé « mon État » a été lancé dans lequel des demandes de réformes ont été adressées au roi Abdallah. De nombreuses personnalités connues au pays participent au site.

Une misère sociale masquée à coups de milliards de pétro dollars

Considéré comme l’un des pays les plus rétrogrades de la région, l’Arabie Saoudite n’est pas la Tunisie. Premier exportateur de pétrole au monde, le roi Abdallah a les moyens de calmer, à coup de milliards, les tempêtes sociales qui couvent :  36 milliards de dollars d'aides décidées la semaine dernière. L’arbre des abondantes réserves d’or noir cache pourtant une forêt de misère sociale. Près de 40% des 20-24 ans sont au chômage. Le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté a augmenté dans l'un des États les plus riches du monde arabe. Le népotisme est de moins en moins toléré, la corruption sur les multiples contrats d’armement dénoncée.

Reste une inconnue, à l’heure où la Libye pourrait cesser d’exporter du pétrole pour des raisons de sécurité, comme l’a annoncé le numéro 2 de l’ambassade de Libye à l’ONU, alors qu’en l'Irak, un attentat a gravement endommagé l'une des unités de la plus grande raffinerie pétrolière du pays, ajoutés aux troubles dans la plupart des pays du Golfe fournisseurs de pétrole, l’Arabie Saoudite apparaît comme un recours et se mobilise pour dissiper les craintes d'un nouveau choc pétrolier. Le pays a annoncé vendredi dernier avoir augmenté sa production de pétrole de plus de 700 000 barils par jour, pour atteindre neuf millions de barils par jour. Autant d’arguments qui pourraient inciter Washington  à se montrer beaucoup plus prudent avec l’Arabie Saoudite, privilégiant la garantie des approvisionnements en matières premières à la démocratie.

Régis Soubrouillard - Marianne |

http://www.marianne2.fr/L-Arabie-Saoudite-ne-bouge-pas-pour-l-instant_a203375.html

Pour Minc, Sarkozy, meilleur rempart contre Marine Le Pen?

03/03/2011 09:39 par rgrs

  • Pour Minc, Sarkozy, meilleur rempart contre Marine Le Pen?

    Pour Minc, Sarkozy, meilleur rempart contre Marine Le Pen?

    03/03/2011 09:39 par rgrs

Invité de France Inter, Alain Minc a défendu son poulain Nicolas Sarkozy. Non le débat sur l'islam n'a rien d'électoraliste mais seul le chef de l'Etat pourrait empêcher la montée du FN. Et tant pis si c'est contradictoire.

Marine Le Pen n’est pas Jean-Marie, voilà en substance la pensée d’Alain Minc. L’essayiste, qui hésitait encore à distinguer la fille du père dans une interview à Radio J fin janvier – « Marine Le Pen plus dangereuse que son père ? Nous n’aurons la réponse que dans une dizaine d’années » - a fini par trancher ce mercredi 2 mars sur France Inter : « J’ai du mal, même si ce propos est sacrilège, à juger de la même manière un père qui dit que la Shoah est un détail de l’histoire et une fille qui dit que la Shoah est le pire crime de l’histoire. » En déclarant à l’hebdomadaire Le Point que « les camps ont été le summum de la barbarie », la nouvelle présidente du Front national a donc réussi son coup médiatique. Lorsqu'elle se débarrasse des oripeaux embarrassants du FN version Jean-Marie Le Pen, la patronne frontiste inquiète de plus en plus la droite parlementaire. Mais pas Alain Minc. Car pour empêcher l'évolution en profondeur du Front qui pourrait aboutir à une entrée de sa présidente dans un gouvernement de droite plurielle, Minc croit avoir trouvé le meilleur des antidotes.

Pour le conseiller du soir de Nicolas Sarkozy, « l’extrême-droite française mutera après une alternance de gauche […] ça ne peut se passer qu’après l’arrivée de la gauche au pouvoir que l’extrême-droite se transformera en droite extrême ». Habile. En affirmant que la gauche au pouvoir offrirait un boulevard ay Front nation, Alain Minc suggère, au fond implicitement, que son candidat favori - Sarkozy - serait le rempart le plus efficace contre la montée du Fn. 
En outre, Sarkozy, surfant sur les thématiques du FN, obligerait ce dernier à se radicaliser davantage afin de se démarquer de la droite parlementaire. Une sorte de triangulation. Ainsi la mue du FN en parti de « droite extrême », selon l’expression de Minc, ne pourrait avoir lieu. 
Mais surtout : chut ! Pas question pour le conseiller de Sarkozy de reconnaître la moindre préoccupation électoraliste dans les prises de décision élyséenne de ces derniers mois. Le débat sur l'islam prépare-t-il 2012 ? « Je ne pense pas que l'élection présidentielle se gagnera à droite », tranche Minc. Au centre gauche alors ? En somme, une séquence ouverture après une séquence droitisation, comme en 2007 ? On ne change pas une stratégie gagnante.
Laureline Dupont - Marianne
 
 

Israël tourne le dos aux lumières

03/03/2011 09:34 par rgrs

  • Israël tourne le dos aux lumières

    Israël tourne le dos aux lumières

    03/03/2011 09:34 par rgrs

C’est une petite musique bien désagréable qu’on entend dans certains milieux occidentaux et en Israël, le regret d’Hosni Moubarak : « certes, c’était un dictateur, mais aussi un allié fidèle ». Une nouvelle illustration de la mauvaise direction prise par Israël.

Révolution arabe et Israël

A dire vrai, on peut quand même comprendre en partie cette position. Depuis des décennies, le pays était protégé en son Sud par l’alliance avec une Egypte sous influence étasunienne, un bol d’air pur dans une région où certains partis et certains régimes professent leur volonté de rayer Israël de la carte. La perte d’un allié fidèle qui pourrait être remplacé par un nouveau régime hostile à l’Etat hébreu est donc légitimement un souci pour le gouvernement et les médias Israéliens.

Mais le problème est qu’afficher une telle opinion ne peut que renforcer la très mauvaise image d’Israël dans les opinions publiques arabes. Alors que les peuples se libèrent d’autocrates qui exploitaient les richesses de leur pays à leur profit, il est tout de même désolant de ne pas voir Israël se réjouir un minimum de ces révolutions non islamistes qui semblent en marche chez ses voisins. Israël semble préférer une dictature alliée à une démocratie moins favorable.

Le côté obscur de la force

Israël persiste dans une attitude totalement suicidaire. Après avoir déclenché une guerre contre Gaza, arraisonner un bateau d’aides, continuer à construire des colonies en plein territoire Palestinien, le gouvernement de Benjamin Netanyahou multiplie les gestes de défiance vis-à-vis des Palestiniens et de la communauté internationale. Du coup, quelques gouvernements commencent à reconnaître l’autorité Palestinienne et le vent tourne dans le monde, y compris aux Etats-Unis.

Bien sûr, aujourd’hui encore, Israël est le plus fort dans la région et le régime le plus démocratique. Mais le second argument pourrait bien tomber très rapidement quand on constate que même Kadhafi devrait bientôt être de l’histoire ancienne. Ensuite, Israël serait bien mal inspiré de compter sur sa force pour se protéger. Car à force de montrer qu’ils peuvent l’utiliser sans mesure, il a montré un bien mauvais exemple à qui parviendrait à égaler sa force

Le rôle de la France

Que faire alors ? La priorité me semble être de défendre l’intégrité des territoires Palestiniens et exiger non seulement la fin des colonies mais aussi le retrait de celles qui sont les plus isolées et qui fracturent le plus durement le territoire Palestinien. Rien, absolument rien, ne justifie ce mitage humiliant des Territoires Occupés. En agissant de la sorte, Israël compromet durablement toute solution au conflit. C’est pourquoi nous devons passer de la parole aux actes.

Nous pouvons cesser toute relation diplomatique avec Israël tant que la colonisation n’est pas arrêtée. Mais nous devons aller plus loin et même envisager un véritable boycott des produits Israéliens (comme cela avait été fait pour l’Afrique du Sud). En ne faisant rien, la communauté internationale se fait complice des agissements délétères d’Israël. Nous devons montrer qu’un tel comportement est inadmissible et véritablement peser pour qu’il change.

Parce qu’Israël a été attaqué et son existence même menacée, à force d’effort, il est devenu plus fort que tous ses agresseurs potentiels. Le problème est qu’il exerce cette force sans mesure ni raison. A nous de bien lui faire comprendre que ce n’est pas son intérêt, par la force s’il le faut.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/