Cantonales : comment Guéant pourra gonfler les scores de l'UMP
03/03/2011 09:27 par rgrs
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Cantonales : comment Guéant pourra gonfler les scores de l'UMP
03/03/2011 09:27 par rgrs
Plusieurs candidats encartés UMP refusent de s'afficher sous cette étiquette de peur d'être assimilés à un pouvoir impopulaire. Pourtant, ils seront probablement comptés dans les scores nationaux de l'UMP au plan national. Tout dépendra de l'humeur de Claude Guéant. Grosse magouille en vue?
Claude Guéant n'est pas que ministre de la Police. En tant que ministre de l'Intérieur, il aura également en charge l'organisation des élections, cantonales d'abord, présidentielle ensuite. Dans ce cadre, il sera chargé d'annoncer les scores officiels au plan national. Ces chiffres auront une importance plus que capitale : ce sera le dernier scrutin au suffrage universel direct avant 2012 (il y aura également des sénatoriales à l'automne). Chaque parti devra donc montrer ses muscles avant l'élection suprême.
Sauf que les cantonales sont un scrutin local et à l'UMP, certains tiennent bien à le signaler. Pour preuve, comme lors des élections régionales, plusieurs candidats membres du Mouvement populaire, surtout des sortants, ont tout simplement fait disparaître le logo du parti de leur matériel de campagne. On peut dire que c'est leur droit et que cette initiative est même louable si des électeurs ont envie de voter pour l'entretien des routes ou l'équipement informatique des collèges et pas pour le bouclier fiscal ou la déchéance de nationalité.
Il y aura donc des candidats « Ensemble pour la Sarthe » ou « Union pour la Loire ». L'UMP rétorque que les socialistes feraient de même avec des intitulés à vocation locale. De son côté, LeFigaro.fr a noté que les candidats de gauche dans la Loire ou la Savoie avaient aussi pris une bannière de ce genre avec Loire ou Savoie « pour tous ». Les exemples choisis par nos confrères sont toutefois mal choisis, les Savoyards affichent quand même le logo du PS sur leur site. De même, les candidats de la Loire se revendiquent de la « gauche démocrate et socialiste » et annoncent même la venue de Martine Aubry à Saint-Etienne le 9 mars.
Dilemme
De plus, au moment de se déclarer en préfecture, nombre de candidats UMP sortants se sont déclarés tout simplement « majorité départementale » à la préfecture, par exemple dans la Sarthe ou dans l'Aveyron. Dans le Tarn (département à gauche), Olivier Brault, pourtant secrétaire départemental de l'UMP, s'est déclaré « autres ». En Ariège (département également à gauche), Gérald Sgobbo, pourtant soutenu par l'UMP, se revendique lui « sans étiquette ».
Au delà de la querelle sémantique, ce non-affichage va poser un problème politique. Des candidats membres de l'UMP, soutenus ne serait-ce que politiquement par l'UMP, mais ne se revendiquant pas de ce parti vont pourtant lui offrir leurs voix en plan national. En effet, le ministère de l'Intérieur effectue pour toutes le France un décompte des voix des candidats issus de tel ou tel parti quelque soit le nombre de cantons où le parti se présente. Il effectue pour cela un classement avec ses propres nuances à partir des étiquettes revendiquées par les candidats. D'où l'enjeu : une organisation politique pour pouvoir montrer ses muscles le dimanche soir aura donc besoin d'avoir beaucoup de candidats sous sa bannière pour gonfler ses scores. C'est ainsi que le Front national, comme l'a raconté Marianne2.fr, a remué ciel et terre pour atteindre le chiffre de 1 500 candidats.
Le ministère de l'Intérieur a trois catégories pour les mouvances de la droite et du centre : UMP, « Majorité présidentielle » et « divers droite ». Les dissidents ont donc l'embarras du choix. D'autant plus qu'en 2008, lors des précédentes cantonales, l'Intérieur avait retenu la nuance « Majorité-Nouveau Centre », un peu plus restrictive que « Majorité présidentielle ».
Ce qui pose donc un dilemme. Est-il normal que les candidats locaux puissent cacher que leur score pourra être récupéré par l'UMP au niveau national ? D'un autre côté, le ministère de l'Intérieur doit-il prendre en compte l'appartenance partisane de départ des candidats et les compter dans les voix UMP qu'ils s'en revendiquent ou non ou alors, pousser la démarche jusqu'au bout et compter à part, ceux qui souhaitent être à part ? Un beau casse-tête politique pour Claude Guéant.
Tefy Andriamanana - Marianne
Vive la Nation ! Lettre de Mars,
03/03/2011 09:22 par rgrs
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Vive la Nation ! Lettre de Mars,
03/03/2011 09:22 par rgrs
Chers compagnons, chers camarades,
Je ne néglige pas l’actualité internationale, avec ces populations à juste titre révoltées. Nous assistons sans doute à de grands moments de l’Histoire des Hommes. Et nous devons suivre, avec humanisme et le recul nécessaire, l’évolution de la situation dans les pays tels la Tunisie ou encore aujourd’hui la Libye. Mais je souhaitais cette fois consacrer cette présente à la politique nationale.
Je mesure avec tristesse – et ce n’est pas nouveau – le peu de considération de l’intérêt national par bien de nos politiques : ceux qui représentent ou sont censés nous représenter. Les idées délirantes, la démagogie, l’arrogance et le mépris d’un Jean-Luc Mélenchon face à une Marine Le Pen sur BFM TV, elle qui quelques jours plus tard ne trouve rien d’autre à faire que de rebondir sur la photo de l’ambassadeur Boris Boillon en slip sur un site internet de retrouvailles amicales, Dominique De Villepin qui attend que l’on crie « hourra ! » parce qu’il annonce que, cette année, il ne renouvellera pas son adhésion à l’UMP, le lynchage médiatique de Michelle Alliot-Marie qui contourne les vraies inquiétudes des Français… alors qu’à l’époque de Tonton Mitterrand ce genre d’affaires existaient déjà ! Tout cela renforce l’écart paradoxal entre les politiques et la politique.
Pourtant, je sais que, parmi nos concitoyens, il existe des jeunes gens qui détiennent le réel souci de la nation, qui sauraent mieux que bien des bureaucrates servir l’intérêt politique majeur : celui de cette nation et, de là, celui de la condition humaine.
Ces gens-là sont méconnus. Ils viennent de la gauche ou de la droite, et qu’importe ! Car aujourd’hui, gauche et droite ne signifient plus grand-chose.
Il faut œuvrer pour la convergence des esprits… ces esprits de France, c’est-à-dire ceux qui se battent pour la sauvegarde et la prospérité de la France !
Dans le combat contre toute sorte d’extrémisme ou de fatalité, sauvons les principes de la République qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, redéfinissons un intérêt commun, préparons le renversement de nos élites cupides, égocentriques et séparatistes car mondialisées !
Je confectionne ce grand souhait, celui d’une prise de conscience suffisamment élevée pour que ceux qui font la France, par la culture, le travail, le plaisir d’un savoir vivre ensemble, prennent le pouvoir. Enfin, comme à l’ère révolutionnaire, je veux crier : « Vive la Nation ! »
Anthony Michel
http://blogrepublicain.hautetfort.com/
L’Europe passoire
03/03/2011 09:19 par rgrs
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L’Europe passoire
03/03/2011 09:19 par rgrs
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat sur le projet de loi : « Contrôle des importations et des exportations des matériels de guerre et marchés de défense et de sécurité », mardi 1er mars 2011.
Monsieur le Ministre,
Le Pentagone vient de souffler à EADS le contrat géant – 35 milliards de dollars – des 179 avions ravitailleurs de l’armée de l’air américaine, au bénéfice de Boeing. Le résultat était si peu attendu que le représentant démocrate de l’Etat de Washington où se trouvent, précisément à Seattle, les usines de Boeing, M. Jay Inslee, avait déjà dénoncé – par erreur – une décision néfaste et appelé à la remettre en cause !
Faut-il s’en étonner ? Pour un marché de défense de cette importance, le réflexe protectionniste a joué au plus haut niveau. Comme l’a fait justement remarquer le Président de notre Commission, M. Josselin de Rohan, le jeu n’est pas égal entre les deux rives de l’Atlantique : « Il n’y a pas d’équivalent en Europe du « Buy american Act ». La disproportion des moyens consacrés à la recherche constitue un handicap majeur … Les règles américaines sont telles qu’il faut, pour vendre un avion aux Etats-Unis, non seulement déployer sa production sur place mais disposer aussi sur le sol américain de filiales totalement contrôlées par des ressortissants américains – c’est la règle des ‘proxy boards’ ».
Et c’est le moment que choisit le gouvernement pour présenter au Parlement un projet de loi visant à transposer deux directives européennes d’esprit fondamentalement libéral ! Le second surtout visant les marchés de défense tend à restreindre l’utilisation de l’article 346 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ex article 296 du TCE) : or, c’est cet article qui permet à chaque Etat d’éviter de recourir à la concurrence chaque fois que ses intérêts essentiels en matière de sécurité sont en jeu. On croit rêver ! D’autant que la directive MPDS (marchés publics de défense et de sécurité) ne fait nullement mention d’une préférence communautaire.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Tout commence par une communication de la Commission européenne dont l’inspiration libre-échangiste n’est plus à démontrer, communication faite le 5 décembre 2007, avant donc la crise financière. La Présidence française de l’Union européenne, au second semestre 2008, a cru bon d’aller dans le même sens sous le prétexte qu’un marché unique de l’armement permettrait de renforcer « la base industrielle et technologique de défense européenne ».
Là-dessus, la Commission a publié deux directives : l’une sur les transferts intracommunautaires du 6 mai 2009, qui ne pose pas de problèmes majeurs car elle vise essentiellement à la simplification des procédures ; l’autre du 13 juillet 2009, communément appelée MPDS (marchés publics de défense et de sécurité). C’est cette deuxième directive dont la transposition soulève des interrogations majeures.
1. Tout d’abord, l’enfer est pavé de bonnes intentions : c’est sous prétexte d’ouvrir aux industries de défense françaises les marchés européens qui ne représentent que 20 % de nos exportations de matériel militaire, que la France a voulu restreindre l’utilisation de l’article 346, censé couvrir des pratiques protectionnistes chez certains Etats européens.
Mais force est de constater que les directives dites du « paquet défense », finalisées fin 2008 sous la Présidence française, n’imposent pas une clause de préférence communautaire pas plus qu’un principe de réciprocité dans les échanges avec des pays tiers. Tout se passe comme si dans un contexte de contrainte budgétaire, avait prévalu le choix de la « best value for money », concept britannique dont la base industrielle de défense de la Grande-Bretagne a fait les frais. Et cela à contretemps : au lendemain du krach du capitalisme financier mondialisé !
Je crains fort que les avantages escomptés ne se révèlent illusoires et que la directive MPDS, bien loin d’ouvrir les marchés européens à nos industries, ne renforce la pénétration étrangère sur notre propre marché.
2. Ensuite, nous prenons la tête de la transposition de la directive. Mais qui nous dit que les autres Etats européens joueront le jeu de manière aussi loyale et transparente que nous ? Nous sommes dans le wagon de tête. Mais sommes-nous suivis ? M. Gilles Briatta, secrétaire général aux Affaires européennes, reconnaît lui-même que « nous avons peu de visibilité sur l’état de la transposition chez nos partenaires européens ». Tout juste note-t-il qu’« en Grande Bretagne, le droit de recours des entreprises des pays tiers hors UE écartées d’un marché, semble moins large qu’en droit français. » Il est vrai que les Britanniques ont su préserver une large part de leur « droit coutumier » …
3. M. Juppé nous a assuré, lors de l’examen du rapport de notre Président, M. de Rohan, que : « Chacun des Etats membres continuera de pouvoir recourir à l’article 346 du TFUE, lorsque les dispositions issues de la directive ne seront pas suffisantes pour assurer la protection de nos intérêts essentiels de sécurité ».
Je ne partage pas cet optimisme. Quelles qu’aient été les précautions prises dans la négociation d’une directive marquée au sceau du compromis, nous ne pourrons maintenir l’article 346 que si la jurisprudence de la CJUE nous le permet. On peut faire confiance à la Commission pour interpréter les textes dans le sens du plus grand libre-échangisme. Et la Cour de Justice n’interprétera que les critères introduits dans la directive, pas ceux figurant dans la loi française. Or, le sens même de la nouvelle directive est de limiter l’usage de l’article 346 du traité en favorisant l’ouverture des marchés. Mais comme l’a reconnu devant la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées du Sénat, le Délégué général à l’Armement : « C’est bien la jurisprudence de la CJUE qui déterminera à l’avenir le champ de cette exception qu’est devenu l’article 346 ».
4. Les autres pays européens n’ont pas voulu de la mention expresse d’une préférence communautaire, soit parce qu’ils sont dépourvus d’une base industrielle de défense, soit par choix idéologique (c’est le cas de la Grande-Bretagne et de la Suède). Certes, le considérant 18 de l’exposé des motifs de la directive va dans le sens d’une préférence communautaire mais il n’a pas de valeur normative.
Le DGA a indiqué qu’il entendait profiter de la transposition pour inscrire dans le texte de loi des dispositions qui vont plus loin que le texte stricto sensu de la directive. Le fameux « considérant 18 » dit qu’il appartient aux pays tiers de laisser leurs pouvoirs adjudicateurs libres d’aller chercher des fournisseurs en dehors de l’Union européenne. Cette formulation positive est en elle-même inquiétante : certes, cela peut vouloir dire que les Etats peuvent autoriser cette pratique mais aussi l’interdire. Mais cela ne constitue pas une protection à l’échelle communautaire ! S’agissant de la France, elle réalisait ses achats pour l’essentiel dans le cadre du « décret défense » : dès qu’il y avait un « secret de défense », il était possible de limiter les acquisitions aux fournisseurs nationaux. Avec la transposition de la directive, le « décret défense » tombe. Il faut donc un texte pour empêcher l’application de l’article 1er du Code des marchés publics ouvrant tous les marchés à la compétition mondiale. D’où l’article 37-2 rédigé d’ailleurs de manière assez ambiguë parce qu’il se veut une transposition du considérant 18 ! Nous sommes victimes de ce qu’il n’y a pas un code spécifique des marchés de la défense.
Qui nous dit que la CJUE retiendra l’interprétation que nous faisons de l’article 37-2 ? La Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées en est si peu convaincue qu’elle a jugé utile de renforcer ces fragiles « protections », si je puis dire. Mais j’observe que les amendements de notre Commission créant des articles 37-3, 37-4, 37-5 pour définir des critères que j’approuve par ailleurs peuvent ne pas être retenus par la CJUE au motif que ces critères - intérêts de la défense, sécurité d’approvisionnement, souci de la base industrielle et technologique de défense, etc. - vont au-delà de la directive. Comment sortir de là ?
Je ne vois pas par ailleurs comment on évitera les « faux nez européens » c’est-à-dire des entreprises non-européennes établissant le siège d’une filiale en Europe et recouvrant à des sous-traitances. Il faudra s’appuyer sur une directive européenne qui autorise les achats sur étagère, et dont au surplus, l’interprétation ne nous appartiendra pas. Peut-on amener nos partenaires européens à privilégier la constitution d’une base industrielle et technologique de défense européenne et à renoncer à se fournir aux Etats-Unis ? L’exemple du JSF35 montre qu’il n’y a pas de volonté politique en ce sens. La directive MPDS n’y changera rien. Cette directive proscrit théoriquement les compensations industrielles (« offsets ») en interdisant la sous-traitance nationale qui serait imposée pour le pouvoir adjudicateur à l’intérieur de l’Union européenne. Mais les pays ne disposant pas de base industrielle de défense l’entendront-ils de cette oreille ? Nos industries soutiennent non sans logique que l’interdiction des « offsets » au sein de l’Union européenne favorisera plutôt les industriels américains. C’est aux industriels français qu’il reviendra de faire valoir « leur bon droit » auprès de la CJUE, sans doute par l’intermédiaire de leurs organisations professionnelles car on voit mal une entreprise soumissionnaire attaquer en justice un Etat adjudicateur.
Comme l’a indiqué le Secrétaire Général aux Affaires Européennes, « la transposition est un exercice forcément contraint puisqu’il faut rester dans le cadre de la directive, sauf à introduire un important élément d’insécurité juridique. Il est indispensable d’utiliser les critères de la directive que tout juge national ou européen fera primer, en cas de discordance, sur les dispositions du projet de loi. » Fin de citation.
On ne saurait mieux illustrer la vanité de l’exercice de la transposition, qu’elle soit législative ou réglementaire. Nous savons que vous avez encore un grand nombre de décrets à nous soumettre.
La vérité est que le traité de marché commun préservait la souveraineté nationale. En croyant - pour des raisons mercantiles - favoriser nos industriels, le gouvernement français a, en fait, accepté à travers cette directive de la Commission, de soumettre les marchés de défense au droit communautaire. C’est un recul grave de la souveraineté nationale sur un point essentiel : nos approvisionnements en matériels de défense et notre politique extérieure en la matière. C’est la marque d’une politique à courte vue. La méconnaissance de nos intérêts nationaux et de l’intérêt bien compris de l’Europe qui eût conduit à l’affirmation explicite d’une préférence communautaire laisse aux juges européens le champ libre. M. Juppé a bien pu bien affirmer devant le CAEDFA son « volontarisme » pour doter l’Europe d’une base industrielle et technologique de défense indépendante. Nous quittons le terrain solide de l’article 346 qui préservait la souveraineté nationale pour entrer sans véritable précaution dans les sables mouvants de la jurisprudence européenne.
La pression des intérêts mercantiles et des lobbies très puissants à Bruxelles, la naïveté de ceux qui confondent l’Europe avec l’européisme, c’est-à-dire la dévolution d’immenses pouvoirs à une Commission européenne qui ne peut définir un intérêt général européen, l’enfermement de beaucoup de nos juristes dans leur spécialisation, le conformisme de la classe politique et de la plupart de nos hauts fonctionnaires, qu’ils soient ou non dans les cabinets ministériels, nous engagent sur une pente glissante.
Comme l’a fort bien dit M. Reiner, notre collègue : « Faute d’une clause de préférence communautaire, nous aurons bel et bien une dissymétrie de protection entre le marché nord américain et le marché européen. Ce n’est pas « la forteresse Europe », c’est la « passoire Europe » ».
Vous comprendre, Monsieur le Ministre, que je ne vote pas ce projet de loi même si j’en approuve le chapitre I. Plusieurs autres sénateurs du groupe RDSE me rejoindront dans cette abstention fortement motivée.
Ce qu'il faut savoir sur le revenu citoyen de Dominique de Villepin
03/03/2011 09:15 par rgrs
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Ce qu'il faut savoir sur le revenu citoyen de Dominique de Villepin
03/03/2011 09:15 par rgrs
L'ex-Premier ministre propose de verser 850 euros par mois aux plus démunis pour leur offrir une "vie digne et libre". Combien de personnes sont concernées? Pour quel coût? Qui va payer? Les réponses de L'Expansion.
850 euros garantis à tous les Français: telle est la proposition - de campagne ? - faite par Dominique de Villepin. Dans le jargon de l'ex-Premier ministre, ce revenu minimum s'appellerait "revenu citoyen". Car la contrepartie serait de mener en parallèle une activité dans la vie de la cité, au sens latin du terme. Explications.
Que propose exactement Dominique de Villepin?
Dans un entretien au Monde daté du 27 février, puis dans une tribune à Libération publiée le 1er mars, le président du mouvement politique République Solidaire prône la création d'un "revenu citoyen". "Il s'agirait d'un revenu garanti à tous, de l'ordre de 850 euros", détaille l'ancien Premier ministre. "Ce revenu serait dégressif jusqu'à un niveau de vie médian, autour de 1500 euros", poursuit Dominique de Villepin. En clair: seuls en bénéficieraient les Français dont le revenu est inférieur à 1500 euros par mois; ceux qui n'ont aucun revenu toucheraient 850 euros, ceux qui gagnent le smic (soit 1365 euros bruts pour 35 heures hebdomadaires) percevraient un complément de 150 euros.
Quelles en seraient les contreparties?
S'engager moralement à avoir une activité, définie par le travail bien sûr mais aussi le bénévolat associatif, l'engagement politique ou syndical voire même la création artistique. C'est là où Dominique de Villepin s'inscrit réellement en rupture avec la politique de Nicolas Sarkozy, puisqu'il ne s'agit pas de rémunérer exclusivement l'utilité économique (favoriser le retour à l'emploi avec la RSA) mais aussi l'utilité sociale et sociétale des individus.
Combien de personnes seraient concernées?
La moitié des Français avaient un niveau de revenu inférieur à 1580 euros par moi en 2008 (niveau de vie médian), selon l'Insee. Soit environ 32 millions d'habitants. Ce chiffre prend en compte les enfants, or le revenu citoyen de Dominique de Villepin ne s'adresse qu'aux majeurs. Les jeunes de moins de 18 ans sont environ 15 millions aujourd'hui. Combien font partie de la population vivant avec moins de 1580 euros par mois? Il n'existe pas de statistiques précises. Ce qui est certain, c'est que 8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 950 euros par mois. Ceux-là sont les premiers concernés par le revenu citoyen. Entre 8 et 32 millions, la cible de ce dispositif est donc très large. Ce qui rend périlleux son financement.
Comment le financer?
Dominique de Villepin ne chiffre pas le coût de sa proposition et reste évasif sur les moyens de la financer. Selon nos calculs, en fonction du nombre de bénéficiaires, le revenu citoyen pourrait coûter entre 80 et 300 milliards d'euros par an. Il sera financé, selon l'ex-Premier ministre, par "un redéploiement d'aides existantes, par des économies de frais d'administration d'aides existantes et par des hausses ciblées d'impôts, TVA et tranches supérieures de l'impôt sur le revenu." Suffisant? En 2009, le montant des prestations sociales reçues par les ménages a atteint près de 600 milliards d'euros. Plus des deux tiers de cette somme sont concentrés dans les branches maladie et vieillesse de la protection sociale. On image mal Dominique de Villepin prôner la fin du remboursement des consultations chez le médecin ou une baisse des retraites pour financer son revenu citoyen. Il semble également délicat de toucher aux prestations maternité-famille (54 milliards d'euros) ou à celles du logement (16 milliards). Restent les prestations liées à l'emploi (36 milliards d'euros) et à la pauvreté et l'exclusion (11 milliards), mais cela impliquerait de revoir tout le système de l'assurance chômage. Quant à la TVA, augmenter son taux (actuellement à 19,6%) d'un à deux points rapporterait entre 6,5 et 12 milliards d'euros de recettes supplémentaires par an. Le compte n'y est donc pas.
Villepin a-t-il viré à gauche?
A priori, l'idée d'un revenu garanti à tous pour éliminer la pauvreté semble plutôt de gauche: il s'agit en effet de créer une énième allocation dans un pays qui redistribue déjà un tiers de son PIB en prestations sociales. L'idée est d'ailleurs défendue par les mouvements altermondialistes. Les Verts en avaient fait un thème de campagne pour la présidentielle de 2007. Mais il est aussi défendu par une partie de la droite. Il y a quelques années, Christine Boutin avait iansi mis au coeur du débat l'idée d'un "dividende universel". En fait, le concept d'allocation universelle (rebaptisée "revenu citoyen" par Dominique de Villepin) est défendu par des économistes de tous bords, des libéraux aux altermondialistes. Pour le philosophe libéral américain John Rawls, cette allocation est la bonne articulation entre liberté individuelle et la solidarité sociale. Le principal atout du concept d'allocation universelle est en effet de supprimer d'une part les effets de trappe à inactivité souvent critiqués dans les mécanismes d'indemnisation chômage, et d'autre part de ne pas restreindre la liberté de ne pas avoir de travail rémunéré, tout en ne stigmatisant pas les bénéficiaires de l'allocation. Bref, selon Hugues Serraf, journaliste pour le nouveau site d'informations Atlantico.fr, plutôt classé à droite, Dominique de Villepin est un "libéral de gauche".
Source: L'Expansion
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/03/03/1815-ce-qu-il-faut-savoir-sur-le-revenu-citoyen-de-dominique-de-villepin
Le retour de l’Histoire !
02/03/2011 09:43 par rgrs
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Le retour de l’Histoire !
02/03/2011 09:43 par rgrs
L’Histoire est impitoyable envers ceux qui mentent ou se mentent à eux-mêmes. Soudain, comme un boomerang, elle revient à la face de ceux qui ont cru pouvoir l’ignorer.
Les révolutions arabes, à l’image de la chute du mur de Berlin, ont pris par surprise tous ceux qui croyaient que l’on pouvait indéfiniment étouffer les peuples.
L’Union européenne, bureaucratique et inefficace, sera la prochaine construction artificielle à s’effondrer. Les avertissements des référendums successifs n’ayant pas été entendus – et ayant même été volontairement bafoués -, ce système hors-sol craque de partout.
L’euro qui a vidé le porte monnaie des Français et qui asphyxie nos entreprises est en sursis. Les signes de sa fin prochaine sont là, devant nous, mais la plupart des décideurs ne veulent pas voir, pas entendre.
Ainsi, les Grecs n’en peuvent plus de la purge absurde qui leur est imposée. En l’absence de dévaluation de leur monnaie qui leur permettrait de rebondir, leur économie s’enfonce dans le cercle vicieux d’une récession cumulative sans fin.
Le Portugal emprunte aujourd’hui à plus de 7%, ce qui veut concrètement dire que lorsqu’il emprunte 10 milliards sur 20 ans, il doit rembourser 10 milliards de capital, mais 14 milliards d’intérêts. Là aussi, comme pour un ménage surendetté victime d’un usurier, on le condamne à la mort lente ou à la révolution.
Le nouveau Gouvernement irlandais est bien décidé, lui, à ne plus accepter ce diktat de Bruxelles et du FMI et entend obtenir un adoucissement réel de ses conditions d’emprunt.
De leur côté, les Allemands commencent à comprendre qu’ils ne pourront pas porter à bout de bras les autres pays comme ils l’ont fait pour l’Allemagne de l’Est. Le Ministre des Affaires étrangères vient de déclarer que la sortie de la Grèce de l’euro n’était pas un tabou et plus de 185 experts ont publié une tribune demandant à Mme Merkel de ne pas s’engager dans une politique de soutien excessive à l’euro.
Il n’y a qu’en France, malheureusement, où le débat reste imperturbablement tabou. Notre économie végète, les délocalisations se poursuivent, les déficits sont abyssaux mais l’euro, comme l’Union européenne, y demeurent hélas des dogmes.
La classe politique refuse de voir la réalité de l’échec de cette Union européenne. En écartant toute autre façon de travailler avec nos partenaires, elle ne se rend pas compte qu’elle abime l’idée même de l’Europe.
Les Français n’en peuvent plus du chômage de masse, du pouvoir d’achat en baisse, de l’immigration incontrôlée, de l’insécurité qui progresse, des services publics détricotés.
Nos compatriotes ont bien compris le caractère dérisoire de ce jeu politique, destiné à masquer l’impuissance publique.
Car oui, pour maîtriser l’immigration, il faut pouvoir contrôler les frontières. Car oui, pour relancer l’économie, il faut retrouver la liberté monétaire. Car oui, pour investir dans les chantiers d’avenir, il ne faut plus laisser la Commission de Bruxelles décider à notre place ce qui est bien ou mal.
La liste est longue des domaines où, tout simplement, il faut reprendre en main les leviers du pouvoir. Ce n’est qu’à cette condition que l’on pourra fixer un cap et se donner les moyens de l’atteindre. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons redonner confiance aux Français.
Nicolas Dupont-Aignan
Plutôt l’activisme que la mollesse
02/03/2011 09:37 par rgrs
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Plutôt l’activisme que la mollesse
02/03/2011 09:37 par rgrs
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat sur le projet de loi « Lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs », mardi 1er mars 2011.
Monsieur le ministre,
L’adoption du présent projet de loi mettra enfin la France en conformité avec les obligations qui découlent de la résolution 1540 adoptée le 28 aout 2004 par le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU).
On peut se demander pourquoi il aura fallu près de sept ans à la France pour réaliser cette mise en conformité, alors que dès la chute du régime taliban, en 2001, les services de renseignement américains faisaient savoir l’intérêt d’Al Quaida pour recueillir les éléments nécessaires à la confection d’une arme nucléaire.
C’est en 2003, après l’arraisonnement dans les eaux italiennes du cargo allemand BBC China transportant des centrifugeuses, que la Libye avait révélé les activités du réseau semi-privé du docteur Abdal-Quader-Khan pour approvisionner ses commanditaires à travers de multiples ramifications, en matière nucléaires, équipements, modes d’emploi permettant la réalisation, in fine, d’une arme nucléaire.
Dès mai 2003, le Président Bush avait lancé une initiative de sécurité contre la prolifération dite PSI, coalition fonctionnelle regroupant 90 Etats autour d’un noyau dur de 20 pays.
Cette initiative visait à la mise en commun des moyens de contrôle et de surveillance des trafics de composants d’AMD et de leurs vecteurs.
La résolution 1540 du CSNU, sans mentionner cette initiative, est venue la codifier, au moins partiellement. Cette résolution prescrit aux Etats de se doter d’une législation réprimant les activités d’acteurs non étatiques en matière de prolifération d’AMD et de leurs vecteurs, de mettre en place des dispositifs intérieurs de contrôle –comptabilisation-, protection physique, contrôle aux frontières et d’agir avec l’aval de leurs activités judiciaires et dans le respect du droit international.
L’Union européenne avait adopté, en 2003, une stratégie européenne de non prolifération, complétée en 2008, sous présidence française, d’un plan d’action contre la prolifération des armes nucléaires, radiologiques et chimiques. Enfin on ne compte plus les nombreuses initiatives internationales dont les principales sont :
- Le partenariat mondial du G8 de juin 2002 au sommet de Kananaskis
- La « global Threat Reduction Initiative » GTRI, lancée en 2004 par les Etats-Unis en liaison avec l’AIEA dont le fonds de sécurité nucléaire est alimenté par les contributions volontaires des Etats
- La « global Initiative to combat the nuclear terrorism » (GICNT) a été prise en 2006 par les Présidents Bush et Poutine.
- Dans son discours de Prague, le 5 avril 2009, le Président Obama a qualifié la menace de terrorisme nucléaire comme étant « la plus immédiate et la plus extrême pour la sécurité du monde ».
- En avril 2010 un sommet mondial sur la sécurité nucléaire s’est tenu à Washington. Il a permis de ratifier la convention sur la protection physique des matières nucléaires et son amendement de 2005, de mettre l’accent sur le recensement des matières sensibles et d’encourager la minimisation des usages civils de l’uranium hautement enrichi.
On peut donc s’étonner du retard avec lequel ce projet de loi vient devant le Parlement.
Ce n’est qu’en novembre 2006 que le Premier Ministre a confié au Secrétaire général de la défense nationale le soin d’effectuer un diagnostic interministériel sur le l’ensemble de notre arsenal juridique en matière de lutte contre la prolifération des AMD et de leurs vecteurs.
Enfin mieux vaut tard que jamais ! Notre législation actuelle résulte de l’empilement de strates successives de 1972 à 2010.
Il est bon d’harmoniser les dispositions régissant les trois domaines nucléaire, biologique et chimique, en aggravant notamment les peines frappant les activités menées en bande organisée, afin de lutter contre le développement des réseaux, ainsi que le financement des actes contribuant à la prolifération. Il était également nécessaire de renforcer et d’élargir le dispositif répressif lié à la prolifération.
On ne peut que se réjouir enfin de la centralisation des poursuites et des jugements au TGI de Paris sur le modèle éprouvé de la législation antiterroriste.
L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le 25 novembre 2010 le projet de loi et votre commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées vous propose d’en faire autant.
Je me bornerai donc à faire quelques observations :
1- Ce projet de loi sera utile, notamment en ce qu’il définira un modèle pour d’autres pays dans un domaine dont on ne saurait sous-estimer l’importance stratégique.
2- On ne doit cependant pas se dissimuler que la plupart des trafics se déroulent hors du territoire national. L’adoption de la loi doit donc être relayée par une intense activité de coopération internationale en matière de renseignements et en tous domaines, policier, douanier, fiscal, maritime, aérien…
3- On peut s’étonner de deux omissions :
a- le texte du projet de loi ne vise pas la confection de bombes radiologiques dites encore bombes sales, dont le risque paraît plus élevé que celui de la fabrication ou du vol d’une arme nucléaire proprement dite, dont la mise en œuvre par un vecteur approprié ne va pas de soi.
Notre rapporteur, M. André Dulait, nous indique que le gouvernement préparerait un projet de loi sur la protection des sources radioactives. Je souhaite que vous nous le confirmiez et que vous nous indiquiez le délai nécessaire au dépôt de ce projet de loi sur le bureau des Assemblées.
b- De même aucune disposition n’est prévue pour faire face aux attaques éventuelles dans le cyberespace. Ne serait-il pas temps là aussi de demander au SGDN de faire des propositions ?
4- Enfin l’intérêt apporté à la lutte contre la prolifération émanant d’acteurs non étatiques ne doit pas nous détourner de la lutte contre la prolifération d’origine étatique, tant il est vrai que les trafics illicites se nourrissent des comportements proliférants d’Etats n’ayant pas souscrit au TNP ou à d’autres instruments juridiques internationaux ou ne se conformant pas à leurs obligations.
a- Ainsi trente trois Etats n’ont toujours pas ratifié la convention d’interdiction des armes biologiques et sept ne sont pas parties à la convention d’interdiction des armes chimiques. Dans les deux cas, il y a la Syrie, l’Egypte et Israël. La Convention d’interdiction des armes biologiques souffre de l’absence d’un mécanisme d’inspection et de vérification. Quelles initiatives comptez-vous prendre pour y remédier ?
b- Enfin la prolifération balistique ne peut être enrayée à travers le régime de contrôle de technologie des missiles MTCR créé en 1987 ni par le Code de conduite de La Haye de novembre 2002 qui n’est pas contraignant.
c- Notons enfin que le projet de traité dit « cut off » interdisant la production de matières fissiles à usage militaire est en panne du fait du veto pakistanais à la Conférence du Désarmement et du refus par la Chine de tout moratoire sur la production de ces matières. Quelles initiatives le gouvernement français compte-t-il prendre dans ce domaine qui fonde la crédibilité de la lutte contre cette prolifération ?
d- Notons enfin que l’Administration américaine ne semble pas en mesure de faire ratifier le traité d’interdiction des essais nucléaires par le Sénat américain, faute de la majorité des deux tiers nécessaire à cet effet.
La lutte contre la prolifération est un tout. On aimerait que le gouvernement nous donne une vue d’ensemble de la manière dont il voit l’application des résolutions de la Conférence d’examen du TNP de mai 2010. Dans ces domaines complexes la vigilance ne doit jamais se relâcher. Il vaudrait mieux que le gouvernement soit critiqué pour son activisme que pour sa mollesse.
Sous ces réserves, le groupe RDSE votera le projet de loi.
http://www.chevenement.fr/Plutot-l-activisme-que-la-mollesse_a1089.html
Immigration: Marine Le Pen, la rechute ?
02/03/2011 09:32 par rgrs
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Immigration: Marine Le Pen, la rechute ?
02/03/2011 09:32 par rgrs
Invitée mardi 1er mars de Jean-Michel Aphatie, Marine Le Pen a réitéré son souhait de repousser dans les eaux internationales les migrants venus des pays arabes. Intronisée mi-janvier, la présidente frontiste aura donc mis moins de 2 mois avant de renouer avec un discours anti-immigration digne du FN des années 80.
(Marine Le Pen - capture d'écran - Dailymotion - rtl-fr)
Depuis que Le Pen fille a repris le Front national des mains de Le Pen père, elle s’échine à recouvrir le parti d’extrême-droite d’un voile de blancheur prétendument républicaine. En inaugurant son mandat le 16 janvier à Tours par une ode à l’Etat « composante essentielle de l'âme de la France », Marine Le Pen espère sans doute se draper dans des atours un peu plus décents pour la présidente d’un parti crédité par les derniers sondages de 19 à 20% d’intentions de votes.
La capacité de Marine Le Pen à se démarquer de son paternel vient pourtant de connaître un coup d’arrêt lors de sa visite au salon de l’agriculture le vendredi 25 février. Interrogée sur les flux migratoires liés aux révoltes dans le monde arabe, la candidate FN a déclaré : « L’union européenne est totalement impuissante à nous protéger, il faut passer un accord bilatéral avec l’Espagne et l'Italie pour permettre à nos marines de préserver nos eaux territoriales et repousser dans les eaux internationales les migrants qui voudraient entrer en Europe. » Marine Le Pen amorce-t-elle un virage républicain ? La question était sur toutes les lèvres au lendemain du congrès de Tours. Avec cette sortie, la voilà qui opère une incontestable régression en renouant avec les vieilles lunes du Front des années Jean-Marie. Attendue sur l’immigration, thème de prédilection et fonds de commerce du FN, la présidente a plongé tête la première dans le débat, sans même se donner la peine de distinguer l’immigration traditionnelle des flux migratoires exceptionnels dus à des crises politiques majeures.
Invitée ce mardi 1er mars de RTL, la nouvelle présidente du Front enfonce le clou : « On peut parfaitement repousser des bateaux dans les eaux internationales humainement ». Malgré les protestations de Jean-Michel Aphatie, elle ajoute : « Je crois qu’on va dire que je suis la seule à avoir le courage de prendre les décisions nécessaires pour sauvegarder l’intérêt de la France et des Français. Il n’y a rien de plus facile que de faire du compassionnel mais y a toujours quelqu’un qui paye le prix et ce sont les Français qui le payent. »
En l'écoutant ce matin sur RTL, Bruno Gollnisch a dû sourire devant sa glace : si Marine Le Pen retombe dans une rhétorique anti-immigrés façon années 1980, c'est peut-être que son positionnement demeure incompris dans les tréfonds du Front national, et qu'elle entend rectifier le tir.
Laureline Dupont - Marianne
Les vacances de Monsieur Guaino
02/03/2011 09:28 par rgrs
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Les vacances de Monsieur Guaino
02/03/2011 09:28 par rgrs
Les Inrocks, Canard Enchaîné du pauvre
On pourrait appeler ça du journalisme d’inquisition. Mais heureusement, c’est une inquisition au petit pied dont le ridicule limite la capacité de nuisance. Il y a quelques années, pour être un grand journaliste, il fallait sortir des « affaires ». C’était souvent pénible et dégoûtant, mais il arrivait que les malheureux cloués au pilori médiatique eussent réellement commis des indélicatesses et confondu pour de bon les caisses de l’Etat avec celles de leur parti, voire avec leurs propres poches. Rivalisant pour épingler les plus puissants à leur tableau de chasse, les investigateurs prenaient des mines de conspirateurs pour aller déjeuner avec des juges ou des flics, mais au détour de leurs croisades pour le Bien, ils ont aussi révélé de vraies affaires d’Etat devenues impossible à camoufler sous le manteau de la raison du même nom.
Le nouveau feuilleton que nous offre le journalisme satirique, subversif et résistant donne la mesure de la décadence du métier. Désormais, pour faire trembler les tyrans qui nous oppriment, plus besoin de se casser la tête à remonter le cours de sombres transactions financières, ni même d’avoir la chance de se trouver à proximité quand ils lâchent une blague de fin de banquet. Non, il suffit de leur poser la question qui tue : « tu vas nous le dire, où t’as passé tes vacances ! ».
D’accord, ne mélangeons pas tout : l’escapade tunisienne de Madame Alliot-Marie était bel et bien une faute politique. Fillon en Egypte, c’était déjà beaucoup de bruit pour rien. Mais avec les vacances de monsieur Guaino, les Inrocks sombrent dans le grotesque, avec, en prime, une pointe de vraie dégueulasserie.
Je précise, pour ceux qui l’ignorent, qu’Henri Guaino est un ami. Enfin, un peu moins depuis que j’ai découvert qu’il a refilé ce scoop à la concurrence. Imaginez : la plume du président a passé ses vacances de Noël à Tripoli où il était reçu par son ami François Gouyette, ambassadeur de France en Lybie ! Il faudra d’ailleurs songer à dresser la liste des diplomates qui ont séjourné dans des pays non-démocratiques. Ennemis des peuples !
Donc, un journaliste frétillant appelle Guaino et, tel un flic qui braquerait sa lampe sur le visage d’un dur à cuire, le somme d’avouer. Au passage, il enregistre la conversation en loucedé : sans doute pense-t-il que ça lui donne le chic-espion. En tout cas, chapeau la déontologie ! Les propos de Guaino sont reproduits in extenso sur le site. Pour ceux qui n’auraient pas compris que les Inrocks jouent dans la cour des grands, le papier est annoncé à grands coups de trompette sous le titre affriolant « Le réveillon lybien d’Henri Guaino ». Du vrai SAS. « Et de trois ! », claironne le chapeau. Après MAM et Fillon, j’en tiens un autre chef ! Guaino chez Gouyette, ça, c’est du lourd !
Connaissant son caractère placide, je trouve surprenant et même un peu désolant que le « Conseiller spécial », tout en ironisant, ait répondu au journaliste au lieu de l’envoyer au diable. Peut-être s’est-il dit, dans un accès de sagesse, qu’il avait mieux à faire que nourrir une polémique idiote. Admettons qu’il a bien fait, même si j’attends avec impatience le jour où un politique osera remettre à sa place un de ces flics habillés en journaliste.
Si j’avais du temps à perdre, j’écrirais un livre sur les vacances des journalistes. Dites-donc, vous, vous n’étiez pas à Cuba, l’été dernier ? Ou au Vietnam ? Et votre week-end à Saint Petersbourg, vous n’avez pas honte, avec toutes les turpitudes de Poutine ? Pas bien propre tout ça. Sinon, pour ramener mes confrères à la raison, j’ai une petite idée : les obliger, chaque fois qu’un ministre ou un élu revient de vacances, à se farcir le récit détaillé avec séance de diapos.
Reste, tout de même, une petite raison de croire dans le journalisme de mon pays : la mayonnaise n’a pas vraiment pris. Certes, cette information de haute importance a donné lieu à deux dépêches avant d’être ânonnée par quelques confrères en mal de sensations. Mais je crois qu’il n’y aura pas d’affaire Guaino. Dommage pour les Inrocks qui voulaient se la jouer « Wahington Post façon Watergate » et n’ont réussi qu’à être le Canard Enchaîné du pauvre.
Elisabeth Lévy
http://www.causeur.fr/les-vacances-de-monsieur-guaino,8829
Juppé super-star: les médias ont la mémoire qui flanche
02/03/2011 09:24 par rgrs
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Juppé super-star: les médias ont la mémoire qui flanche
02/03/2011 09:24 par rgrs
Les médias ont réussi le tour de force de faire passer Alain Juppé, habitué des hautes sphères du pouvoir, pour une quasi révélation politique. Jack Dion rappelle que le consensus réuni autour d'Alain Juppé - qui fut honni du temps où il était Premier ministre - n'est peut-être qu'un signe de plus de la décrépitude du pouvoir sarkozyste.
A en croire ce qui s’écrit dans les gazettes, la révélation politique de l’année s’appelle… Alain Juppé. Le Figaro l’a même catalogué du titre d’ « homme providentiel ».
Un peu partout, on entend des hommages dithyrambiques et des commentaires flatteurs, comme si le nouveau ministre des Affaires étrangères avait, tout au long de sa (déjà longue) carrière, effectué un sans faute, ou qu’il incarnait une relève en forme de rupture fantasmatique. Certains vont même déjà jusqu’à le présenter comme une alternative éventuelle à un Sarkozy incapable de trouver un quelconque second souffle.
Cette vision digne d’un conte pour enfants confirme simplement que les commentateurs n’ont pas de mémoire, à moins qu’ils ne réécrivent le passé afin d’occulter leurs propres turpitudes.
Nul ne doute que le maire de Bordeaux ait une stature qui fera oublier les frasques de ses prédécesseurs, qu’il s’agisse de Bernard Kouchner et de ses compromissions, ou de Michèle Alliot-Marie et de ses amitiés particulières en Tunisie. Juppé est déjà passé par la case Quai d’Orsay, et il y a fait montre d’un professionnalisme certain, à une époque où la France n’avait pas encore rejoint le camp atlantiste et faisait entendre une petite musique originale sur la scène internationale. Il y revient alors que Paris a réintégré la direction de l’Otan et brille par ses ratés diplomatiques, avec pour mission de rattraper une partie du temps et du terrain perdu. Vaste défi.
En attendant de juger le successeur de MAM aux actes, on peut au moins rappeler qu’il n’est pas vraiment un nouveau venu. Le maire de Bordeaux (et qui entend le rester, au nom du droit au cumul qui est l’une des tares de la caste politicienne) a même un passé qui devrait inciter ses laudateurs à un peu plus de circonspection.
Passons sur l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, en 1995, empêtré dans une histoire de logement assez obscure, et qui disait : « Je suis droit dans mes bottes ». Oublions celui qui proposait, en 1996, de céder Thomson pour 1 franc symbolique au sud-coréen Daewo, en lançant à la télévision, geste à l’appui : « Thomson, ça ne vaut rien ! ». Laissons de côté l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, où il a payé pour d’autres, curieusement oubliés par la justice. Retenons seulement le Juppé qui dut affronter un mouvement social massif en novembre/décembre 1995, et qui en est sortie par la porte de la déroute. Du 24 novembre au 15 décembre, Alain Juppé symbolisa une intransigeance totale, avant de retirer le plan qui portait son nom sur les retraites et la sécurité sociale, à la suite d’un mouvement massif.
A l’époque, Juppé personnifia des comportements que l’on retrouvera dans d’autres circonstances, notamment à l’occasion du référendum sur le projet de constitution européenne : l’arrogance des dominants, sûrs d’eux et dominateurs ; le mépris du peuple ; le refus de prendre en compte tout avis contraire et l’expression systématique d’une bien pensance considérée comme la Bible des temps modernes.
Durant ce mouvement, il était de rigueur de dire au vulgum pecus qu’il n’y avait pas d’alternative – antienne reprise par tous les penseurs alors bien en cour, et qui le sont encore aujourd’hui (le monde des éditorialistes se renouvelle très peu). Face aux grévistes, aux syndicalistes et aux manifestants, de doctes esprits dénonçaient le « corporatisme » des opposants, incapables de comprendre qu’il n’y avait pas d’autres choix politiques possibles, et que le plan Juppé était forcément la bonne réponse puisque c’était la seule envisageable.
On peut d’ailleurs penser que si le ministre des Affaires étrangères garde aujourd’hui une certaine notoriété médiatique, c’est parce qu’il disait tout haut ce que l’élite pensait tout bas.
En vérité, un autre phénomène explique le retour en gloire de Juppé : la décrépitude avancée du sarkozysme. Du coup, des hommes que l’on croyait enterrés à jamais retrouvent des vertus insoupçonnées. C’est une ruse de l’histoire qui peut réserver d’autres surprises.
Jack Dion - Marianne
http://www.marianne2.fr/Juppe-super-star-les-medias-ont-la-memoire-qui-flanche_a203376.html
Réponse à Malakine: la situation est aujourd’hui beaucoup moins désespérée qu’elle ne le paraissait le 18 juin 1940
02/03/2011 09:19 par rgrs
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Réponse à Malakine: la situation est aujourd’hui beaucoup moins désespérée qu’elle ne le paraissait le 18 juin 1940
02/03/2011 09:19 par rgrs
Malakine, sur son blog, m’invite à aller plus loin que mon livre : « La France est-elle finie ? » pour répondre à ses interrogations, ce que je vais essayer de faire. Elles sont pertinentes, tellement même qu’il m’arrive de me les formuler à moi-même.
Je souhaite auparavant dissiper quelques malentendus. J’ai beaucoup d’admiration pour les intuitions et les analyses souvent pénétrantes et toujours stimulantes d’Emmanuel Todd. Il me semble cependant que l’exigence républicaine telle que je l’ai définie permet de dépasser l’opposition entre la « culture individualiste » et la « culture souche ». Je ne méconnais pas le temps long de l’Histoire qui ferait rouler chaque peuple indéfiniment dans son ornière. J’ai constaté depuis longtemps qu’il fallait un projet pour rassembler les Français. Je n’ironise pas, comme le croit Malakine, sur l’universalisme. Je crois avoir écrit que la République était universelle, à condition d’être pensée dans au moins trois dimensions : « l’intérêt national à long terme ne peut s’opposer à l’intérêt européen et celui-ci ne peut se définir dans l’oubli des intérêts généraux de l’Humanité » (p. 295). Je réserve donc ma douce ironie à l’illusion répandue chez les Français que leur culture est celle de l’Univers, ce qui les rend insensibles à l’existence d’autres cultures. Je ne crois donc pas professer « une conception holiste de la nation ». Les « valeurs de transmission » sont, pour l’essentiel, des valeurs d’éducation : les vrais républicains révèrent l’Ecole. La République est d’abord « enseignante ». S’identifiant à la fois à un projet et à la France, la République « modèle Valmy », est plus forte que tous les « holismes ». Voilà, je l’espère, dissipés quelques malentendus.
Peut-être (et même sûrement) n’ai-je pas bien compris l’anthropologie « toddienne ». Il faut que je m’y remette ! Mais pas plus que moi, Emmanuel Todd ne me semble croire à une « refondation à zéro » de l’Humanité et encore moins en la possibilité d’une rupture totale en l’Histoire (p. 244).
Pour ma part, je crois en la « volonté de raison » et à la supériorité de la conscience sur l’inconscience de la simple Tradition. C’est ma définition de la République comme recherche d’un intérêt général donc collectif, au-dessus des intérêts individuels ou catégoriels. On peut trouver cette démarche idéaliste. Mais elle ne m’a jamais empêché de voir que la France a préexisté à la Révolution et à la République, et que même la France les a rendues possibles. La République est le nom moderne de la France. Elle intègre la devise républicaine à son patrimoine « toddien », si je puis dire. Il me semble que les « grands républicains » ont très bien compris cette filiation, de Gambetta à De Gaulle, en passant par Ferry, Clemenceau, et Jaurès qu’il ne faut pas oublier.
La question de l’Ancien Régime et de la Révolution est aujourd’hui dépassée. Ce qu’il faut comprendre c’est l’affaissement de la République depuis l’entre-deux guerres jusqu’à aujourd’hui. Il faut relire autrement notre XXe siècle pour pouvoir entrer dans le XXIe.
Mon livre est donc fondamentalement optimiste, car il vise à restaurer chez les Français l’estime de soi et par conséquent la confiance et l’élan qui leur manquent aujourd’hui pour construire leur avenir. J’ai essayé de montrer que dans le grand choc des idéologies nées de la « barbarisation » (Hobsbawm) de la Première Guerre mondiale (le communisme et le fascisme), la France avait quand même des excuses pour s’être « évanouie » (au propre comme au figuré) en mai-juin 1940. René Girard a sans doute eu raison d’écrire qu’on ne peut pas « faire deux fois Verdun », surtout pour un peuple aussi démographiquement épuisé que l’était le peuple français dans les années trente.
De Gaulle a symbolisé le 18 juin, « l’intérêt général » au sens le plus élevé (celui de la France mais aussi celui de la liberté dans le monde, comme il l’affirme explicitement dans son discours du 22 juin), intérêt général tellement héroïque qu’il a fallu quelque temps à la majorité des Français pour s’en rapprocher. Mais n’oublions pas que le discours de Pétain sur le « vent mauvais » qu’il sent se lever sur la France (c’est-à-dire l’esprit de résistance) date de mai 1941, un mois avant l’invasion de l’Union Soviétique par les nazis. Le peuple français, certes prostré après la défaite, n’a jamais été collaborationniste, n’en déplaise à ses contempteurs qui veulent en faire les complices du génocide (voir le honteux procès fait à la SNCF).
Il faut aujourd’hui relever la République, c’est-à-dire la France. La crise de l’européisme (c’est-à-dire la confusion de l’Europe à la fois avec la « méthode communautaire » inventée par Jean Monnet et avec le néolibéralisme aujourd’hui en crise), en offre l’occasion. La France est certes un pays individualiste mais elle n’est pas le seul au monde : les Etats-Unis aussi sont un pays individualiste. Mais il n’est pas fatal que l’individualisme submerge le sens du collectif, c’est-à-dire le patriotisme, au bon sens du terme. J’observe que les socialistes eux-mêmes, tout en continuant à m’ostraciser, moi et mes amis, sous prétexte que nos idées seraient « réactionnaires » (ce qui leur évite d’avoir à les discuter), ont réappris à invoquer « l’intérêt général », certes du bout des lèvres, et sans toujours en bien comprendre la signification. Mais la prière, selon Pacal, ne finit-elle pas par engendrer la foi ?
Je ne méconnais nullement, comme semble le croire Malakine, l’état calamiteux de l’esprit public actuel. S’il fallait en rester aux catégories de « droite » et de « gauche », passablement usées par l’usage qui en a été fait, on pourrait spéculer sur les capacités respectives de la gauche à se réapproprier la République et la France (c’est-à-dire le patriotisme), et de la droite à mettre de son côté le civisme et le sens de l’Etat. Ne rêvons pas : seuls de grands évènements pourraient ouvrir l’ère de ces grandes redécouvertes. Mais ces évènements ne sont-ils pas devant nous ?
Contrairement à vous, cher Malakine, je ne crois pas que l’Allemagne puisse persévérer dans son « cavalier seul » pour les quatre raisons que j’ai énoncées dans mon livre (p. 229). L’idée du « schisme européen » (à l’Allemagne le Nord de l’Europe, à la France le Sud), me paraît contraire à la vocation même de notre pays dont le nom est germanique, même si la langue est latine.
Ce que vous dites sur « ces élites qui se vivent comme appartenant à une oligarchie mondiale » me fait penser à un livre écrit en 1994 par Christopher Lasch, intitulé La révolte des élites. C’était et c’est une vérité d’observation : aux Etats-Unis comme en France. Obama en prônant la réindustrialisation des Etats-Unis a à peine commencé à remettre les pendules à l’heure …
Revenons à la France : celle-ci ne sera finie que si les Français y consentent. Tel ne me paraît pas être fondamentalement leur état d’esprit (voir la victoire du « non » au référendum du 29 mai 2005). Souvenons-nous de Kant qui dit que la République est une idée si forte que même temporairement vaincue, il est impossible qu’elle ne puisse réapparaître un jour à la faveur de circonstances favorables.
Dans une génération d’ici, la France sera aussi peuplée que l’Allemagne. Le moment viendra où nous pourrons concevoir l’avenir à égalité. Il était sans doute trop tôt pour définir plus précisément dans mon livre, les contours exacts de ce « projet républicain » de redressement de l’Europe. Mais pensez-vous, cher Malakine, que la situation aujourd’hui soit beaucoup plus désespérée qu’elle ne le paraissait le 18 juin 1940 ?
Jean Pierre Chevènement