Ecologie et développement humain
24/02/2011 09:20 par rgrs
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Ecologie et développement humain
24/02/2011 09:20 par rgrs
La plupart des médias, pour attirer les lecteurs, les auditeurs ou les téléspectateurs délivre des informations anxiogènes principalement dans le domaine écologique pouvant remettre en cause le développement humain, alors il est extrêmement difficile aux citoyens de se faire un point de vue objectif de la situation.
Nos sociétés sont de plus en plus complexes et nous sommes de ce fait confrontés à de multiples questions. En voici une liste non exhaustive :
• Fallait-il vacciner tout le monde contre la grippe porcine ?
• Les téléphones portables et les antennes pour la téléphonie mobile sont-ils dangereux ?
• Quels sont les dangers et les avantages des OGM ?
• Quelle est la toxicité de la dioxine rejetée par l’incinération des ordures ménagères ?
• L’utilisation des nano particules présente-elle un danger ?
• Faut-il autoriser la création de nouvelles lignées de cellules souches embryonnaires ?
• Les déchets des centrales nucléaires font-ils courir un risque déraisonnable ?
• Y a t-il un réchauffement climatique et l’homme en est-il responsable ?
• Les accélérateurs de particules peuvent-ils provoquer un « avalement » de toute la terre par un trou noir créé par une collision de haute énergie ?
Des mouvements économiques, médiatiques ou politiques peuvent parfois donner des réponses en fonction de leurs propres intérêts. Pour cela il suffit de se souvenir de quelques faits : l’industrie du tabac a financé de nombreuses « pseudos études » niant ses effets toxiques, la mémoire de l’eau, un chercheur prétendait observer des réactions même lorsque la solution étudiée ne contenait plus que de l’eau. Cette thèse qui remettait en cause toutes les sciences physiques, chimiques, biologiques… avait reçu le soutien financier de « laboratoires » homéopathiques.
Il ne faut pas attendre des informations fiables sur les effets du round-up ou la vérité sur de possibles économies de pesticides que l’on peut attendre, ni même sur les OGM de la part de Monsanto. Par ailleurs l’entreprise sert de prétexte de la part des opposants systématiques, pour éluder toute interrogation sur les OGM. Cette firme est un moyen très commode pour justifier le fait d’arracher les champs expérimentaux de l’INRA pourtant destinés précisément à examiner s’il y a ou s’il n’y a pas de problèmes.
Oubliant le siècle des lumières, le pays de Pasteur est souvent celui qui est l’un des plus enclins à se méfier des résultats scientifiques. Est-il possible que la cause soit le fait que nous sommes le seul pays au monde à avoir inscrit le principe de précaution dans notre constitution ?
Tout le monde s’accorde pour dire que les insecticides et les pesticides sont dangereux pour la santé. Mais c’est la dose qui fait le poison. Utilisés en faible dose ils éliminent les insectes et les maladies des végétaux leur permettant une meilleure croissance sans pour autant présenter de danger pour l’Homme.
Le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) était le premier insecticide moderne, développé au début de la Seconde Guerre mondiale. Il fut utilisé avec beaucoup de succès dans la lutte contre les moustiques transmettant le paludisme, le typhus, ainsi que d'autres insectes vecteurs de maladies et également comme insecticide agricole. En 1948, le chimiste suisse Paul Hermann Müller, reçut le prix Nobel de médecine pour sa découverte de la grande efficacité du DDT en tant que poison contre divers arthropodes. Le DDT fut fréquemment utilisé jusqu’en 1960 où l’on découvre à Long Island que celui-ci (utilisé pour se protéger de la malaria) fragiliserait les coquilles des œufs de faucons sauvages. Il y a un procès au USA et le DDT est interdit au Etats-Unis d’abord, puis sur l’ensemble de la planète. La malaria refait sa réapparition et 700 millions de personnes sont actuellement atteintes, faisant de l’ordre de 1 à 3 millions de morts par an dans les pays du sud (comparables à celles due au SIDA). Depuis l’an 2000, l’utilisation du DDT est à nouveau possible sous certaines conditions (application le long des murs) : six mois plus tard, le nombre d’infections avait chuté de moitié. Cet exemple montre que le choix a été fait pendant plusieurs années de sauver le faucon sauvage de Long Island contre la mort de plusieurs millions d’habitants des pays du Sud.
Enfin traditionnellement les partis de « gauche » étaient plus portés vers la science que les partis de « droite » plus conservateurs, jusqu’à ce que les mouvements écologistes soient venus faire l’union avec la « gauche ». Cela a entrainé une grande partie la « gauche » vers une attitude antiscience. Le mouvement écologiste qui souhaite une meilleure gestion de la planète devrait s’appuyer sur les sciences pour améliorer cette gestion.
Les progrès technologiques ont été très souvent plus protecteurs de l’écosystème que destructeurs de celui-ci. Deux exemples :
• Le passage de paléolithique au néolithique a permis à l’humanité de s’affranchir de contraintes environnementales en diminuant les périodes de disette et a conduit l’humanité à une véritable explosion démographique. Le passage du cueilleur chasseur à celui du cultivateur éleveur a favorisé la sédentarisation. Elle a également permis le développement des rapports humains et l’accumulation et la transmission des connaissances acquises, développant ainsi les premières civilisations.
• Plus récemment, le développement des nanotechnologies dans l’électronique a permis à la plupart d’entre nous de posséder dans sa poche un ordinateur qui, de plus, lui permet de téléphoner. Cet ordinateur est environ un million de fois plus puissant que son ancêtre des années 1970, un million de fois moins consommateur d’énergie et possède un nombre d’applications beaucoup plus grand. Faire la même chose voire plus avec moins de matériaux est une avancée écologique bénéfique à l’humain.
Toutefois des problèmes demeurent :
Avec 9 milliards d’habitants prévus vers 2050, la diminution des ressources énergétiques fossiles, le réchauffement climatique et la raréfaction annoncée de matériaux indispensables aux technologies modernes, le questionnement sur la biodiversité, les questions écologiques sont au cœur des politiques publiques actuelles.
L’humanité va devoir faire face au changement climatique : en limiter l’impact humain nécessite un plan d'action développé sans démagogie et sans catastrophisme. Il faut développer des systèmes de productions d’énergies décarbonées et cela sans exclusive en prenant toutefois en compte les éléments économiques. La France devrait développer un pôle énergétique public ou au moins très majoritairement contrôlé par le public.
Le 21ème siècle verra la raréfaction des ressources gazières et pétrolières. Il faut anticiper la pénurie à venir, développer les économies d’énergie et les énergies alternatives aux énergies fossiles. Il faut donc réorienter la consommation énergétique vers l’électricité en particulier quand elle est, comme en France, produite à 90 % sans gaz à effet de serre. L’isolation et le chauffage des habitations par pompe à chaleur, la voiture électrique doivent être développés. Pour le nucléaire, la France doit poursuivre son effort et en particulier contribuer au développement du nucléaire de 4ème génération afin de s’affranchir des ressources d’uranium et bénéficier de réserves énergétiques pour plusieurs milliers d’années. La question des déchets nucléaires qui inquiète très justement les Français doit également être prise au sérieux. La 4ème génération de réacteurs nucléaires produisant environ 10 fois moins de déchets et brulant une grande partie de ceux produits par la génération précédente sera un moyen efficace pour une meilleure gestion de ces déchets.
L’année de la biodiversité qui vient de se terminer fait craindre une disparition plus importante des espèces que lors les périodes précédentes. Cette diminution de la biodiversité présente de grands risques pour l’humanité, car la grande majorité des molécules contenues dans nos médicaments sont obtenues par synthèse de molécules d’origine biologique. Elles représentent un stock d’une importance primordiale pour l’Homme. Nous devons tout faire pour maintenir ce stock.
Les océans sont également un milieu important pour les écosystèmes. La pêche industrielle met certaines espèces de poissons en danger. Les norvégiens Axel Boeck et Ossian Sars ont, dès 1850, calculé à partir des prises de morues des pêcheries arctiques des îles Lofoten que les stocks étaient modulés par une variation naturelle cyclique, mais aussi par une surpêche conduisant périodiquement à l’effondrement de la pêcherie et à l'épuisement de la ressource au-delà d'un seuil ne permettant plus à l'espèce de se reproduire. Le biologiste anglais Michael Graham a noté que certains stocks de poissons (plies en l'occurrence) se sont reconstitués après qu'on eut diminué la pression de pêche durant la Première Guerre mondiale. Ceci a laissé penser qu'en diminuant la pression de pêche, le stock se reconstituerait rapidement, mais, plus tard, il a été montré que l'écosystème pouvait être durablement affecté par la régression massive d'une espèce et que, parfois, cesser la pêche d'une espèce ne suffisait pas à lui permettre de reconstituer sa population antérieure. En mer du Nord, le stock de morue serait en train de lentement se reconstituer depuis que sa pêche est fortement limitée. Toutefois une étude du centre de recherche de Kiel, publiée en 2010, a néanmoins montré qu'avec les plafonds actuels fixés par la politique commune de la pêche, l'objectif européen de reconstitution des ressources halieutiques ne pourra être atteint avant 2030, et que pour 12 espèces, dont la morue, le carrelet et le flétan, le niveau des stocks est tellement faible que même l'arrêt total et immédiat de la pêche pour ces poissons ne permettra pas leur reconstitution d'ici 2015. Dans ce domaine comme dans de nombreux autres le libéralisme sans contrainte produit des dégâts qui peuvent devenir irréversibles.
La méthode, utilisée sous l’impulsion du député Christian Bataille, peut être considérée comme exemplaire et devrait servir de modèle. En décembre 1991, les députés ont voté une loi sur les déchets nucléaires. Différentes solutions sont envisagées : le stockage en surface, qui consiste à attendre après avoir correctement conditionné les déchets , l’enfouissement profond, à condition que le confinement des déchets soit assuré, ou la transmutation des déchets par réaction nucléaire. Les députés ont voté une loi qui exige des organismes publics (CEA, CNRS, ANDRA) de travailler sur ces trois axes de recherche et rendez-vous leur est donné 15 années plus tard. Voici l’exemple qu’il faut suivre du bon rapport entre élus et scientifiques. Les élus qui doivent prendre des décisions difficiles interrogent alors les scientifiques, leur demandent de travailler sur des domaines qui paraissent encore trop mal connus. Cet exemple d’interaction entre le monde scientifique et le monde politique aurait pu être suivi dans de nombreux cas.
Après la crise de l’euro, la crise de la BCE
23/02/2011 15:54 par rgrs
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Après la crise de l’euro, la crise de la BCE
23/02/2011 15:54 par rgrs
Les raisons d’un renoncement
La décision du patron de la Bundesbank est très importante car il était en pôle-position par rapport à ses concurrents du fait du soutien d’Angela Merkel, malgré de fortes oppositions. Que le patron de la Bundesbank renonce dans la dernière ligne droite, embarrassant son gouvernement et imposant à l’Union Européenne un processus de choix qui sera forcément long et difficile n’est pas un point de détail dans l’histoire de l’euro. C’est un événement majeur.
Il n’est pas très difficile de comprendre pourquoi Axel Weber a renoncé, même s’il n’y a pas d’explication officielle. Il avait publiquement critiqué le rachat de dettes souveraines par la BCE (qui est contraire aux traités européens), se désolidarisant ainsi de Jean-Claude Trichet. Jean Quatremer évoque la menace d’un veto Français à sa nomination mais cela n’est pas forcément suffisant quand on constate à quel point Nicolas Sarkozy cède à Angela Merkel.
Plus sûrement, il refuse tout simplement de mener une politique avec laquelle il est en désaccord et donc de donner sa caution à la politique actuelle de monétisation, ce qui est tout de même compréhensible. L’Allemagne ayant indiqué qu’elle ne réclamait pas forcément la présidence, on peut se demander si Berlin ne se désengage pas quelque peu d’une zone euro à laquelle elle ne croit plus, même si elle refuse de prendre l’initiative qui conduira directement à sa fin.
La BCE, juge et partie
Car il est tout de même choquant de voir les autorités européennes, toujours promptes à taper sur les doigts des pays qui ne respectent les traités, les fouler aux pieds pour se sauver. Car dans l’affaire, la BCE est juge et partie. En monétisant, la BCE sauve l’euro et surtout se sauve elle-même. Sans monétisation, l’euro explose, et la BCE aussi. Bref, il y a un conflit d’intérêt majeur dans cette décision qui engage pourtant l’argent des contribuables européens.
La BCE engage donc les Etats européens pour se sauver elle-même, démontrant à nouveau l’inconséquence et l’irresponsabilité des technocrates européens. Le salut pourrait venir de Karlsruhe (qui avait déjà spécifié que la Constitution Allemande était supérieure aux traités européens) car un groupe de juristes a déposé un recours contre la participation Allemande au Fonds Européen. Et sans l’Allemagne, autant dire que le fonds perdrait grandement en crédibilité…
La crise de l’euro démontre à nouveau ce qu’il y a de pire dans cette construction européenne : une caste de technocrates prenant des engagements financiers considérables au nom des peuples pour se sauver eux-mêmes, tout en imposant une austérité sauvage. Merci à l’Allemagne de protester.
Laurent Pinsolle
Sondages de l'Elysée: Buisson débouté, en attendant le recours d'Anticor
23/02/2011 15:48 par rgrs
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Sondages de l'Elysée: Buisson débouté, en attendant le recours d'Anticor
23/02/2011 15:48 par rgrs
Avant MAM et la Tunisie, avant même l’affaire Woerth-Bettencourt, il y avait eu l’affaire des sondages de l’Elysée. Un des personnages clef de cette affaire, Patrick Buisson, le conseiller ès enquêtes d'opinion du chef de l’Etat, avait vu ses pratiques mises en cause par le professeur de sciences politiques Alain Garrigou. Buisson avait alors décidé de l’attaquer en diffamation. Il a été débouté… Et pour couronner le tout, une information judiciaire le visant vient d'être ouverte!
La décision de justice est passée à la trappe médiatique. Et pourtant, la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris a débouté Patrick Buisson, le docteur ès sondages de Nicolas Sarkozy, qui avait engagé une action en diffamation contre l’universitaire, Alain Garrigou.
Petit rappel des faits : à l’été 2009, un rapport de la Cour des comptes avait dévoilé l’existence d’un mystérieux cabinet servant d’intermédiaire entre les sondeurs et l’Elysée. Ce cabinet, Publifact (comme le révéla Marianne), dirigé par Buisson, avait ainsi perçu 1,5 million d’euros de la Présidence et ce, sans qu’il ne soit jamais fait usage de la procédure pourtant obligatoire d’appel d’offre. Plus intriguant encore, les magistrats de la Cour des comptes notaient que « sur les 35 études diverses facturées en 2008 [par Publifact], au moins 15 d’entre elles avaient également fait l’objet de publications dans la presse. »
Dans une interview à Libération fin 2009, Alain Garrigou, professeur de sciences politiques et membre de l’Observatoire des sondages, s’était interrogé : « Soit [Buisson] est un escroc, soit c’est un petit soldat qui constitue un trésor de guerre pour payer des sondages durant la prochaine campagne électorale sans que ce soit visible dans les comptes de campagne du futur candidat Sarkozy. »
Si les juges ont relevé le caractère diffamatoire de ces propos, ils ont néanmoins estimé qu’Alain Garrigou était de « bonne foi » et qu’il était même « légitime » de lui donner la parole étant donné l’« importante polémique, tant sur la gestion des deniers publics que sur l’utilisation des sondages comme arme politique » qui « était née (…) à la suite de la publication le 15 juillet 2009 du rapport de la Cour des comptes. »
Alain Garrigou dit voir aujourd’hui dans cette décision de justice « une victoire d’étape » dans son combat contre « l’addiction » aux sondages dont sont atteints responsables politiques et journalistes. Une « addiction » qui devrait malheureusement prendre une tournure plus pathologique encore, la présidentielle approchant…
Mais les choses avancent : on apprenait hier qu’une information judiciaire venait d’être ouverte suite à la plainte avec constitution de partie civile déposée par l’association Anticor pour « favoritisme ». Une action qui vise évidemment le cabinet Publifact d'un certain Patrick Buisson. Si du côté de l'association anti-corruption on se réjouit de cette nouvelle, on craint malgré tout que le Parquet ne s'oppose à l'ouverture d'une enquête et ne saisisse la chambre de l'instruction de la Cour d'appel.
Et pour cause : le Parquet avait déjà classé sans suite une première plainte d'Anticor estimant de façon ubuesque que l'immunité du chef de l'Etat pouvait « s'étendre aux actes effectués au nom de la présidence de la République par ses collaborateurs ». En somme, puisque la convention liant l'Elysée au cabinet Publifact avait été signée par l'ex-directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, la justice n'aurait pas lieu de s'y intéresser ! Un raisonnement qui avait « étonné » — le mot est faible — l'avocat-blogueur Maître Eolas : « Puisqu'ils bénéficient de l'immunité quand ils violent le code des marchés publics, je ne vois pas pourquoi ils ne bénéficieraient pas de la même immunité s'ils violaient le code pénal, expliquait-il alors à Marianne, Evidemment, je n'ai aucun soupçon sur Nicolas Sarkozy, mais s'il décidait de faire abattre Martine Aubry, le tueur serait aussi un collaborateur du Président puisqu'il exécuterait directement ses instructions. Il devrait donc, en toute logique, bénéficier de la même immunité. »
L'affaire pourrait donc se poursuivre devant la Cour de cassation, le lieu idéal finalement pour se pencher sur le principe d'immunité du chef de l'Etat étendu à ses collaborateurs...
Gérald Andrieu - Marianne
Retour à la réalité
23/02/2011 10:01 par rgrs
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Retour à la réalité
23/02/2011 10:01 par rgrs
Je rentre de quelques jours de vacances et déjà l'actualité me frappe par sa violence. C'est lorsque l'on a la chance de pouvoir s'éloigner un peu que l'on réalise à quel point le quotidien n'est pas facile. Mes premières pensées sont pour mes administrés, qui pour beaucoup ne peuvent plus partir même pour une courte période loin de chez eux, englués dans les tracas du quotidien, et dans des soucis que l'on ne peut pas toujours les aider à régler.
Néanmoins comme toujours, je trouve matière à espoir et je reste confiant dans l'avenir. Je vais prendre trois exemples.
C'est d'abord la Libye, et la tyrannie inouïe de celui que l'on a autorisé à planter sa tente à l'Elysée pour de sombres raisons d'Etat : en effet la Libye de Kadhafi a été ramenée parmi le concert des nations avec l'aide de Sarkozy, comme toujours au nom de la lutte contre le terrorisme, mais surtout en échange de ventes d'armes - qui servent aujourd'hui contre les manifestants - et de livraisons de gaz et de pétrole.
Je ne peux m'empêcher de citer Patrick Ollier, compagnon de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, qui déclarait en 2007 "Kadhafi n'est plus le même qu'il y a vingt ans et a soif de respectabilité. Il lit d'ailleurs Montesquieu." Comment trouver un adjectif suffisamment dur pour qualifier cette déclaration surréaliste du ministre ?!
La violence avec laquelle Kadhafi réprime les justes aspirations de son peuple le ramènent à ce qu'il n'a jamais cessé d'être : un criminel. Il est même désormais un criminel contre l'humanité, et encore une fois, je ne peux que déplorer la passivité de la France.
Notre pays portait pourtant un message universel de liberté et sa voix avait un sens pour les pays arabes : le Général de Gaulle a su y porter notre message mieux que quiconque. Après les fiascos tunisiens et égyptiens, la parole de la France est affaiblie, parfois même ridiculisée. Aujourd'hui, l'Elysée en est réduit à supprimer de son site officiel toutes photos de Sarkozy avec Kadhafi lors de la visite officielle de ce dernier en France : pa-thé-ti-que présidence de la République.
Alors néanmoins, on ne peut que se réjouir de la révolte de ces peuples opprimés, pour leur liberté et pour la démocratie. Cette volonté farouche de se débarrasser des oligarchies qui leur ont confisqué le pouvoir pendant trop d'années ne peut qu'attirer notre sympathie. C’est l’espoir que je trouve dans ces événements dramatiques.
L'actualité, c'est aussi la politique et la mode "DSK". Celui qui semble faire campagne par l'intermédiaire du blog de son épouse Anne Sinclair est en effet de tous les sondages, on parle de lui dans tous les médias. Il est présenté comme le "sauveur". Le sauveur du PS ? Je n'en suis pas sûr tant sa politique antisociale, mondialiste et violente avec les plus démunis à la tête du FMI lui portera préjudice dans les urnes de gauche. Mais très certainement en tout cas est-il le sauveur d'un système qui a compris que Sarkozy était grillé, et qu'il ne pourrait plus en 2012 accomplir le travail de casse sociale et d'affaiblissement de la nation pour lequel il semble avoir été programmé.
Quel espoir alors ? Celui que face à une ficelle politico-médiatique aussi grosse, le peuple ne se laisse pas avoir une seconde fois et sanctionne durement dans les urnes les tenants d'un système en échec total. C'est bien entendu l'objet de ma candidature, et je dévoile dans mon livre à paraître aux éditions du Rocher l'arnaque que ces élites hors-sol ont essayé de nous imposer avec la monnaie unique.
Enfin, l'actualité c'est aussi la finance et les profits record du CAC 40 ! A l'heure où Jean-Claude Trichet nous explique que la hausse des salaires serait "la dernière bêtise à faire", ai-je vraiment besoin de développer en quoi ces résultats financiers sont choquants ? Rappelons simplement que l’Etat vient au secours des multinationales quand elles sont en situation difficile, n’hésitant pas à leur donner ou leur prêter de l’argent - s’endettant même à l’occasion en empruntant sur les marchés privés (je sais, il faut se pincer pour y croire). Pire, comme nous l'explique Laurent Pinsolle, "ce sont les mêmes banques qui ont été aidées par les Etats qui leur prêtent de l’argent aujourd’hui et font des profits énormes sur ces opérations, en créant à leur profit de la monnaie, avec l’aide de la BCE". Sans commentaire.
Quel espoir face à une telle arnaque ? D'abord l'espoir que le scandale que je révèle dans mon livre fasse réfléchir et trouve un écho dans le pays. Surtout, la profonde conviction que les français ont compris. Qu'ils ont tout compris, et qu’ils ne se laisseront pas voler les prochaines élections.
Dans cette attente, je vais continuer mon tour de France, expliquer à chacun la nécessité de s'inscrire sur les listes électorales et ne pas tomber dans le piège de l'abstention.
En résumé, beaucoup de travail et de courage grâce à vous tous, sans cesse plus nombreux à lire ce blog, à nous rejoindre pour notre combat pour la liberté.
Nicolas Dupont Aignan
CAC, c’est reparti comme en 40
23/02/2011 09:57 par rgrs
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CAC, c’est reparti comme en 40
23/02/2011 09:57 par rgrs
D’ici quelques jours, on devrait connaître le montant des profits réalisés par les entreprises du CAC 40 pour l’année 2010. Après la progression de 86% réalisée au premier semestre, nul doute que ces résultats illustreront encore le décalage croissant entre les citoyens et les grandes multinationales.
Des profits abracadabrantesques
C’est la saison des résultats financiers et le moins que l’on puisse dire est que le cru 2010 devrait être bon pour le CAC 40. Total avait ouvert le feu en annonçant plus de 10 milliards d’euros de bénéfices nets pour l’année et la distribution de 5 milliards d’euros de dividendes. Certes, le record de 2008 n’est pas atteint (13,9 milliards), mais la hausse du prix du baril permet d’espérer approcher ou battre ce record pour l’ensemble de l’année 2011.
BNP Paribas a annoncé cette semaine avoir réalisé un bénéfice net de 7,8 milliards (nouveau record pour le groupe, battant le résultat de 2007 grâce à l’absorption de Fortis). Le résultat opérationnel ressort à 13 milliards d’euros pour un Produit Net Bancaire de 43,8 milliards, soit une marge opérationnelle proche de 30%. Même si en pourcentage de marge, la BNP n’est pas encore au niveau de 2007, cela montre que les grandes banques se sont vite remises de la crise.
Plus globalement, les entreprises du CAC 40 avaient augmenté leurs profits de 86% au premier semestre, à près de 42 milliards d’euros et le chiffre attendu sur l’ensemble de l’année 2010 devrait dépasser les 80 milliards, contre un record de 101 milliards en 2007. Mais il faut noter qu’en 2004, ces mêmes profits avaient atteint seulement 57 milliards. En clair, dès la première année de sortie de crise, le CAC 40 va réaliser les 3èmes profits les plus élevés de son histoire derrière 2007 et 2006.
Une inégalité très problématique
Le décalage entre les multinationales et la population est extrêmement choquant. En effet, le chômage a continué de progresser pendant l’année 2010. Les hausses de prix laminent le pouvoir d’achat des ménages. Bref, les effets de la crise se font lourdement sentir par la grande majorité de la population. De l’autre côté, si les profits des multinationales ont beaucoup baissé, il faut noter qu’elles ont continué à en générer et que le rebond est spectaculaire.
Tout porte à croire que le record de 2007 sera battu dès 2011, voire 2012. Et cela pose plusieurs problèmes. En effet, l’Etat vient au secours des multinationales quand elles vont mal, n’hésitant pas à leur donner ou leur prêter de l’argent, s’endettant même à l’occasion. Pire, ce sont les mêmes banques qui ont été aidées par les Etats qui leur prêtent de l’argent aujourd’hui et font des profits énormes sur ces opérations, en créant à leur profit de la monnaie, avec l’aide de la BCE.
Plus globalement, comme je l’avais évoqué il y a un an, dans certains secteurs, on peut se demander s’il n’y a pas des profits totalement excessifs. Des marges opérationnelles de 30 ou 40% sont-elles normales dans des secteurs comme la banque ou la pharmacie ? Ne s’agit-il pas d’une rente ? En outre, c’est cette logique qui a poussé Renault à diviser par deux sa production en France (20% de sa production seulement et plus qu’un tiers des véhicules vendus en France).
Le montant des profits réalisés par les grandes multinationales démontre un disfonctionnement majeur de notre organisation économique, d’autant plus que le pouvoir d’achat de la grande majorité baisse ou stagne. Bref, c’est à une réorganisation complète de notre économie que nous devons nous atteler.
Fin de Kadhafi, fin de la Libye ?
23/02/2011 09:48 par rgrs
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Fin de Kadhafi, fin de la Libye ?
23/02/2011 09:48 par rgrs
La véritable explosion est encore à venir
Dans un discours très médiatisé, Seïf al-Islam, le deuxième fils de Mouammar Kadhafi, a livré une analyse assez effrayante de la société libyenne. Penché sur sa chaise dans un décor de plateau télé qui semble emprunté à une parodie de film sur un dictateur nord-africain, entre menaces et promesses de réformes politiques, celui qui dirige « la Fondation Kadhafi pour le développement » a tout simplement affirmé qu’il n’existe pas de nation libyenne. Sa proposition de considérer avec bienveillance la possibilité de changer d’hymne (« Allahu Akbar») et de drapeau, n’en est qu’un indice.
Le plus grave, c’est sa prédiction selon laquelle la chute du régime entraînerait le démantèlement du pays. À l’inverse de l’Égypte et de la Tunisie, explique-t-il, la Libye est composée de tribus et de clans et son unité n’est qu’un tissu d’alliances, une façade aussi solide qu’une toile d’araignée – pour emprunter la métaphore utilisée par le secrétaire général du Hezbollah à propos de la société israélienne. Autrement dit, Kadhafi Jr. pense que la Libye ressemble à l’Irak, un autre pays qui, une fois le dictateur tombé, s’est révélé être une réalité géographique et non plus politique. Ce ne sont quand même pas les drapeaux et les ambassadeurs auprès de l’ONU qui fondent une nation.
A l’évidence, ce que dit le fils du « frère guide » était vrai en 1969 quand son père, le capitaine Kadhafi, a pris le pouvoir. Il n’est pas certain que ce soit encore le cas quarante ans après. Mais est-ce toujours une analyse pertinente de la société libyenne aujourd’hui ?
L’exemple irakien
Comme on le sait, la colonisation a eu quelques effets positifs qu’on appelle parfois « bienfaits » et l’éducation de ceux qui y ont mis fin n’en est pas le moindre. Les dictatures créées par les élites indigènes qui ont chassé les puissances coloniales ont, elles aussi, des effets positifs, dont l’éducation des masses qui sont aujourd’hui en train de renverser les régimes issus de la décolonisation. Il s’agit, si vous préférez, de la préparation sociologique à la démocratie libérale. Or, l’une des conditions pour l’avènement d’une telle démocratie est une nation, une communauté politique où l’intérêt général prime sur toute autre appartenance. Quand cet élément manque – comme au Liban, en Belgique ou en Irak – l’Etat est faible et la démocratie fragile.
Quant à la Libye, il est difficile de dire aujourd’hui si on peut compter la cristallisation nationale du pays au nombre des bienfaits de la dictature kadhafienne, à côté de l’amélioration du niveau de vie (PIB de 14 000 dollars, deux fois plus que l’Egypte, la Tunisie ou l’Algérie) et les progrès dans le domaine de l’éducation. L’urbaniste qu’est Kadhafi fils s’est-il posé la question de l’influence de l’urbanisation de son pays sur l’effacement des liens plus archaïques ou celle du rôle joué par les communications (autoroutes, moyens de transports, télécommunications, télévision, radio) et la modernisation sociale du pays (corps de fonctionnaires, carrières dans le public et le privé, réseaux d’intérêts et d’amitiés) dans la création d’une communauté nationale dépassant les appartenances claniques et tribales ?
En revanche, pour aller dans le sens de Seïf al-Islam, il faut se souvenir que les forces armées sont toujours structurées sur des bases tribales et que la fidélité des officiers est donc au moins double. Il ne faut pas oublier non plus que lors du coup d’Etat manqué de 1993, les Qadhadfa, la tribu de Mouammar Kadhafi, se sont retrouvés confrontés à une alliance des Magariha, Warfalla et Al Zintan, une configuration bien plus problématique d’une « simple » guerre civile au sein d’une nation. Les familles des officiers exécutés à l’époque ainsi que leurs clans et tribus n’ont pas oublié. Vont-elles pour autant pardonner ? Seraient-elles prêtes à servir un avenir commun et donc national ? Voilà le genre des questions dont dépend l’avenir immédiat de la Libye, son intégrité territoriale, son gouvernement, voire son existence.
Gil Mihaely
http://www.causeur.fr/fin-de-kadhafi-fin-de-la-libye,8769
Attention, Trichet n'est pas jouer: € = 14 millions d'emplois ou 2,5 millions de chômeurs?
23/02/2011 09:44 par rgrs
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Attention, Trichet n'est pas jouer: € = 14 millions d'emplois ou 2,5 millions de chômeurs?
23/02/2011 09:44 par rgrs
Pour faire la pub de l'euro, Jean-Claude Trichet prétend que, depuis la création de la monnaie unique, la zone euro, dans sa configuration originelle (11 pays) a créé 14 millions d'emplois. Sauf que sur la même période, la population active s'est accrue de 16,5 millions. Conclusion: grâce à l'euro, il y a donc 2,5 millions de chômeurs supplémentaires ?
"Depuis la création de l’euro, en zone euro, 14 millions d’emplois ont été créés (...) sur la même période, seuls 7,8 millions d'emplois ont été créés aux Etats-unis », expliquait Jean-Claude Trichet, encore dimanche 20 février sur Europe1.
L’argument choc du gouverneur de la Banque centrale européenne vise à paralyser ceux qui mettent en cause les vertus de la monnaie unique, dont il est le fidèle gardien. Bref : l’Euro, ca crée des emplois, donc c’est bon. Outre que la création de l’emploi ne figure –malheureusement- pas dans les missions de la BCE, et qu’à ce titre, l’institut d’émission ne considère l’évolution de l’emploi que comme un produit et pas un objectif de sa politique monétaire, l’argument est-il recevable ? La réponse est: non.
Jean-Claude Trichet compare le niveau d’emploi de la Zone à celui des Etats-Unis, une économie de taille équivalente. Ces deux chiffres sont vrais, cette appréciation pour autant qu’elle ait un sens, n’est cependant pas la bonne. Car chaque zone a sa propre dynamique.
Alors, à quelle aune apprécier les 14 millions d’emplois créés dans la zone euro (l’historique, celle à 11 pays), sinon à celle de l’évolution de sa population active. Voilà qui donne un tout autre tableau. Entre 1999 et 2010, la population active de l’UEM à 11 pays a progressé de…16,5 millions de personnes. Autrement dit, parodiant Jean-Claude Trichet, il serait tout aussi juste de dire, que l’euro a produit 2,5 millions de chômeurs de plus depuis sa création.
Durant les 11 ans d’existence de l’euros, quels ont été ces fameux emplois créés ? Notre deuxième graphique donne une première indication. En 1999 un employé sur 6,5 était à temps partiel, dix ans plus tard cette part passe à 1 sur 5, soit 8,5 millions de salariés supplémentaires. Résultat : sur les 14 millions de nouveaux jobs, 60 % d’entre eux étaient à temps partiel…
Sans doute, une bonne manière d’éviter d’augmenter les salaires « la dernière bêtise à faire », selon le gouverneur de la Banque centrale européenne.
Emmanuel Lévy - Marianne
http://www.marianne2.fr/Attention-Trichet-n-est-pas-jouer-14-millions-d-emplois-ou-25-millions-de-chomeurs_a203108.html
Jean-Luc Greau : au G20, l'Europe n'a pas de stratégie
23/02/2011 09:38 par rgrs
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Jean-Luc Greau : au G20, l'Europe n'a pas de stratégie
23/02/2011 09:38 par rgrs
Pour l'économiste (1), alors que les États-unis tentent de s'allier avec le Brésil contre la Chine, l'Union européenne reste divisée et impuissante.
Le gouvernement, et notamment Christine Lagarde, a présenté le résultat du G20 comme une victoire de Nicolas Sarkozy. Qu’en pensez-vous ?
Jean-Luc Gréau : Le Président Sarkozy a posé deux questions pertinentes sur les déséquilibres à l’échelle internationale d’une part, et sur la volatilité des prix des produits agricoles et industriels et d’autre part. L’idée de mettre en place des indicateurs de déséquilibre n’est pas mauvaise dans son principe. Mais si dans six mois on se rend compte que les indicateurs sont alarmants qu’est ce qui se passe ? Rien n’est prévu en terme de décision, aucune mesure coercitive n’est envisagée. Je voudrais rappeler que, juste avant de disparaitre, Keynes avait plaidé pour qu’il y ait une double pression de régulation au niveau international : d’une part sur les pays déficitaires mais aussi sur les pays excédentaires. Aujourd’hui, la pression n’est effectuée que dans un seul sens, contre les pays déficitaires ce qui conduit à la déflation.
On a l’impression, une fois de plus, que la Chine impose sa loi…
La Chine n’obtempère pas aux exigences de réévaluer la monnaie chinoise. Il faut noter que, contrairement aux Américains et aux Brésiliens, les Européens n’ont fait aucune demande officielle en direction des Chinois en faveur d’une réévaluation de leur monnaie alors qu’il est évident que son taux de change joue un rôle considérable dans le déséquilibre des échanges. Obama a changé de stratégie. Il tente aujourd’hui de nouer une alliance Etats-unis-Brésil contre la Chine, alors que les Européens n’ont aucune vision ni stratégie commune.
Quelle serait la solution pour les Européens ?
Ce serait d’amarrer l’euro et le dollar autour d’une parité raisonnable, de l’ordre de 1,15 ou 1, 20 dollar pour un euro. En découlerait une plus grande solidarité économique entre les deux continents de part et d’autre de l’Atlantique, qui pourrait se manifester, entre autres, par une action commune en vue d’une réévaluation du yuan, d’autant plus forte que ces deux continents sont les premières destinations des exportations chinoises. Mais nous nous heurtons à deux obstacles majeurs : premièrement, l’Europe n’a pas plus de stratégie de change qu’elle n’a de stratégie commerciale ; deuxièmement, le président américain considère l’Europe comme quantité négligeable. Washington s’efforce en revanche de nouer une alliance avec le Brésil, dont la monnaie s’est, à la différence de la monnaie chinoise, fortement réévaluée sur le marché des changes ».
(1) La Trahison des économistes, par Jean Luc Gréau, Coll. Le Débat, Ed. Gallimard, 2008, 250p, 15.50 Euros
http://www.marianne2.fr/Jean-Luc-Greau-au-G20-l-Europe-n-a-pas-de-strategie_a203105.html
Tunisie, Egypte, Libye, où est passée la voix de la France?
23/02/2011 09:32 par rgrs
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Tunisie, Egypte, Libye, où est passée la voix de la France?
23/02/2011 09:32 par rgrs
La diplomatie française... en pleine crise. Il est loin le temps où Jacques Chirac refusait de participer à la guerre en Irak. Jack Dion évoque la « rupture » chère à Nicolas Sarkozy, cite les vacances de MAM en Tunisie qui ont suscité la polémique, les débuts délicats du nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon. Des exemples... qui montrent que l'Élysée a perdu tout crédit en Afrique du Nord...
Il fut un temps où la voix de la France dans le monde était respectée et écoutée. C’était l’héritage de la révolution de 1789, du message universaliste des droits de l’homme, de la Résistance et de la volonté gaullienne d’échapper à la main mise américaine.
Tout le monde a encore en mémoire le refus de Jacques Chirac d’avaliser la guère d’Irak et le discours de Dominique de Villepin à l’ONU, démontant pièce à pièce la rhétorique américaine justifiant l’invasion américaine. A l’époque, un certain Nicolas Sarkozy critiquait de telles initiatives, où il voyait le risque d’une France isolée et affaiblie. Il préparait déjà ce qu’il appellera la « rupture ».
En fait de « rupture », on a eu droit au retour de la France dans le giron de l’Otan et la mise en œuvre d’une realpolitik qui a conduit à oublier tous les principes naguère prônés, notamment en matière de défense des droits de l’homme. C’est comme çà que la France a raté le train de la révolution arabe, au point de se retrouver à courir derrière le wagon de queue afin de ne pas être définitivement largué par l’Histoire.
On ne rappellera pas ici l’affaire MAM qui vaut à la ministre des Affaires étrangères un voyage au Brésil au moment même où la France effectue son premier voyage officiel dans la Tunisie post-Ben Ali. C’est Christine Lagarde qui a pris le relais d’une ministre politiquement et diplomatiquement dévaluée, désormais invitée à aller se faire voir ailleurs dès qu’il est question du Maghreb. Pourtant, l’un des actes premiers de la Sarkozie fut de lancer l’Union Pour la Méditerranée, projet depuis longtemps enterré, et qui avait été parrainé par des personnages aussi respectables que Ben Ali et Moubarak.
On n’évoquera que pour la petite histoire le nom de Patrick Ollier, monsieur MAM dans la vie civile, ministre des relations avec le parlement à ses heures perdues. Lui aussi est mouillé jusqu’au cou dans le business tunisien de la famille Alliot-Marie. Par ailleurs, comme ex président du groupe d’amitié France-Libye, Patrick Ollier s’est largement compromis en multipliant les éloges de Kadhafi, ce démocrate bien connu.
L’actuel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, celui qui pose en slip de bain et fait la leçon aux journalistes osant le questionner, est aussi un ancien fan de Kadhafi. En novembre dernier, il déclarait sur Canal + : « Kadhafi a été un terroriste, il ne l’est plus, il a fait son autocritique. Il ne faut pas laisser cours aux clichés. Dans la vie, on fait tous des erreurs et on a droit au rachat. »
Néoconservateur d’opérette, Boris Boillon, lui, a toujours été un chaud partisan de la guerre d’Irak, et il n’a jamais fait son autocritique. Cela ne l’a pas empêché de se retrouver en poste à Tunis, où il donne une image de la France qui marquera les livres d’histoire dans la rubrique scandale.
Sarko boy et fier de l’être, Boris Boillon est à l’image de son maître qui a reçu Kadhafi à Paris en lui déroulant le tapis rouge toute honte bue, sous prétexte de faire des affaires. Certes, il n’est jamais facile de marier la diplomatie et les grands principes. Mais au moins peut-on essayer de ne pas échanger la liberté et la démocratie contre un plat de lentilles.
C’est ce qu’a fait Sarkozy, et c’est ce qui vaut à l’Élysée d’avoir perdu une grande partie de son crédit en Afrique du Nord. Certains argueront que ce n’est pas vrai seulement dans cette région du monde, et que le président du G20 est devenu sa propre caricature. C’est vrai mais ce n’est rassurant pour personne, sauf pour les amateurs de spectacle.
Jack Dion - Marianne
La lettre de Marchais que devrait lire Chevènement s’il veut tout casser en 2012
23/02/2011 09:25 par rgrs
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La lettre de Marchais que devrait lire Chevènement s’il veut tout casser en 2012
23/02/2011 09:25 par rgrs
De tous les candidats potentiels en 2012, Chevènement est assurément celui qui a le plus d’envergure. La défaite de Bruno Gollnisch vient clairement créer un vide à droite. Le manque de crédibilité de Marine Le Pen, comme l’échec de Sarkozy, ouvrent un espace à celui qui saura s’en saisir. Idem à gauche. Le PS ne constitue pas une alternative, et le trublion Mélenchon n’est là que pour amuser la galerie. Le seul qui ait une envergure d’homme d’Etat, et qui incarne une véritable alternative politique, c’est J.P Chevènement, dont le dernier et excellent ouvrage, « La France est-elle finie » cartonne en librairie. Mais s’il veut occuper l’espace que le système a dédié aux deux amuseurs précités, il lui faudra éviter les pièges de 2002. Ne pas reproduire les mêmes erreurs, pour celui qui a enregistré jusqu’à 15 % des intentions de vote, c’est attaquer de front le grand tabou de la société française, celui de l’immigration. Immigration à la jonction des enjeux fondamentaux de la prochaine présidentielle : paupérisation, chômage, récession, , identité, insécurité.
Pour l’y aider, on ne saurait trop lui conseiller la lecture de ce courrier de Marchais au recteur de la mosquée de Paris en 81 :
Le 6 janvier 1981, L’Humanité publiait la lettre qu’adressait Georges Marchais au recteur de la mosquée de Paris à propos de l’immigration : « J’approuve le refus de Paul Mercieca de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, d’immigrés ; en raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membre de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d’alerte est atteinte […] C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficile leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante […] la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles immigrées, plongées dans la misère, deviennent insupportables pour les budgets des communes. »
medialibre.eu - 14 février 2011
http://blogrepublicain.hautetfort.com/