Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Midi Libre

11/02/2011 10:28 par rgrs

  • Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Midi Libre

    Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Midi Libre

    11/02/2011 10:28 par rgrs

Midi Libre : Il y est beaucoup question d’Histoire, mais ce livre parle surtout d’avenir… Vous allez vous présenter en 2012 ?

  
Jean-Pierre Chevènement: Il est encore tôt. Je prendrai une décision à l’automne. Ce qui compte, c’est d’avoir un vrai projet. Rien ne serait pire que de décevoir.
Vous ne craignez pas une dispersion des voix de gauche ?

En 1981, les candidatures de gauche n’ont pas empêché François Mitterrand d’être élu. Et en 2002, c’est l’absence de projet qui a fait problème, pas le nombre de candidatures.

Dans votre livre, vous parlez beaucoup de l’Europe. Vous regrettez le social-libéralisme qui l’anime ?

J’évoque le processus qui a vu le néo-libéralisme se déguiser aux couleurs de l’Europe. Mais plutôt que de se demander comment nous en sommes arrivés là, il faut surtout savoir comment nous pouvons nous en sortir. Et comment la France peut y contribuer.

Pensez-vous que le « moteur » franco-allemand peut encore fonctionner ?

Quand je vois la faiblesse des réactions contre le pacte de compétitivité présenté par Monsieur Sarkozy et Madame Merkel, je me demande : est-ce vraiment ce que nous voulons ? L’Europe a besoin d’une bonne entente franco-allemande. Mais il faut que la France s’affirme face à la conception ’boutiquière’ de l’Allemagne d’Angela Merkel et sa culture de la stabilité. Il faut un grand projet, de la Méditerranée à la Russie, face aux hyper-puissances que sont les Etats-Unis et la Chine.

La France a-t-elle un rôle particulier à jouer dans l’avenir des pays tels que la Tunisie ou l’Egypte ?

Nous avons beaucoup de liens avec les pays du pourtour méditerranéen. Nous devons rappeler qu’il n’y a pas de démocratie sans citoyenneté, sans esprit de responsabilité. Je suis contre le ‘devoir d’ingérence’, l’avenir de ces pays appartient aux peuples mais nous pouvons les aider. Si l’Europe donne des marchés à ces pays, ce sera une aide pour qu’ils aillent vers la démocratie en luttant contre la misère et le chômage. 

 

 
Propos recueillis par Philippe Mouret – Source : Midi Libre

Dupont-Aignan prône « l’exemplarité »

11/02/2011 10:21 par rgrs

  • Dupont-Aignan prône « l’exemplarité »

    Dupont-Aignan prône « l’exemplarité »

    11/02/2011 10:21 par rgrs

Interrogé sur la polémique entourant la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, a critiqué lundi sur Europe 1 une « République des intouchables ». Le député de l’Essonne a appelé l’ensemble du gouvernement à l’ »exemplarité » et à la « vertu ». Du temps du général De Gaulle ou de Jacques Chirac, a-t-il rappelé, la ministre aurait été limogée « dès le lendemain » des faits qui lui sont reprochés, à savoir des vacances en Tunisie, alors que le pays était plongé dans la révolte.

En outre, selon Nicolas Dupont-Aignan, « il faut que la politique étrangère de la France s’adresse au monde ». L’élu gaulliste a ainsi pointé une politique étrangère de la France trop complaisante et guidée par des alliances personnelles, et non idéologiques.

http://www.gaullisme.fr/?p=12063

Image : http://www.20minutes.fr/article/366654/Politique-Nicolas-Dupont-Aignan-Le-PS-les-Verts-et-l-UMP-sont-coresponsables-de-la-situation-en-Ile-de-France.php

Bioéthique: la morale est-elle "rétrograde"?

11/02/2011 10:16 par rgrs

  • Bioéthique: la morale est-elle

    Bioéthique: la morale est-elle "rétrograde"?

    11/02/2011 10:16 par rgrs

« Rétrogrades » Le verdict est tombé, sorti des bouches d’or des éditorialistes, ravis de trouver chez de prestigieux scientifiques la caution qui leur manquait pour fustiger la France et sa morale ringarde. Les lois de bioéthiques, que les députés discutent en ce moment seraient donc frappées du pire mal contemporain : la non adéquation avec l’air du temps, et plus encore, avec la vulgate internationale. Entendons-nous bien : il ne s’agit nullement de soutenir les lobbys religieux qui tentent actuellement de circonvenir nos députés au nom d’un supposé respect dû à la Vie avec un immense « V ». L’auteur de ces lignes étant largement attachée à la séparation des Eglises et de l’Etat, pour n’avoir pas un jour à vivre dans un pays ressemblant à ces paradis que sont la Pologne ou l’Iran, l’auteur de ces lignes, donc, a tendance à penser que la vie est une notion éminemment complexe dont la définition révèle des choix spirituels d’ordre privé, et qu’il serait préférable, dans l’espace public, de s’en tenir à ce que nous pouvons tous partager : le respect dû à l’être humain.
Cette distinction est essentielle, car l’ensemble de notre dispositif juridique est jusqu’à présent fondé sur cette idée, héritée de la morale laïque telle que la théorise Emmanuel Kant à la fin du XVIIIème siècle, et que l’on peut résumer par une des formes de l’impératif catégorique : « Agis de telle sorte que tu uses de l’humanité, en toi même et en autrui, toujours comme d’une fin et jamais comme d’un moyen. » Ce respect inconditionnel de l’humanité en autrui et en soi-même est indirectement à l’origine de l’ensemble des conceptions qui régissent les rapports sociaux dans notre République, puisque celle-ci n’a rien d’une entité neutre qui se contenterait de laisser coexister toutes les options spirituelles et tous les choix de vie. Au nom de cette conception, l’état républicain se permet de limiter les libertés individuelles, dans la mesure où celles-ci peuvent se heurter au bien commun.
Oublier cette dimension fondamentale de notre pacte social (et que traduisaient les vieux cours de morale de la IIIème République, fondés sur des proverbes – « qui vole un œuf vole un bœuf », « bien mal acquis ne profite jamais »… – qui en sont la traduction populaire), c’est s’interdire de comprendre le débat actuel sur les lois de bioéthique et la spécificité française en la matière. De sorte que l’on se retrouve trop souvent prisonnier de cette triste opposition binaire entre les religieux rigoristes et les adorateurs béats de la modernité triomphante. Or l’un et l’autre semblent ignorer que les progrès de la science et de la médecine développent des possibilités telles qu’il ne saurait y avoir de position globale, puisque chaque avancée pose des problèmes différents. Pour le dire simplement, on peut être pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires et contre l’euthanasie active, pour les « bébés-médicaments » et contre les mères-porteuses. L’unique impératif est de confronter chaque question posée à cette haute idée de l’Homme et de sa responsabilité.
« Rétrogrades », donc, nous disent les « progressistes », c’est-à-dire ceux pour qui toute nouveauté est un progrès. Le Monde daté du 8 février fustigeait ainsi la législation française et son absence d’évolution dans un éditorial qui se voulait une profession de foi progressiste. « Considéré comme pionnier il y a quinze ans, écrivait le quotidien, le cadre bioéthique à la française, à la traîne de nos voisins européens, est en passe de devenir un carcan. » Une telle affirmation mérite d’être discutée. Car en la matière, on peut distinguer deux ordres, le scientifique et le sociétal. Et cette critique d’un éventuel « carcan » ne s’applique pas aux deux de la même façon.
La France fut en effet pionnière en matière de bioéthique, se dotant dès 1983 d’un Comité consultatif national d’éthique. Il s’agissait d’anticiper les problèmes posés par les nouvelles techniques intervenant sur l’humain, au début comme à la fin de cette vie qui devenait si complexe à définir. Elle fut pionnière en 1994, décidant d’encadrer par la loi des pratiques qui, soumises à la seule logique de la science, ou à l’évolution des demandes sociales, risquaient de franchir une limite considérée comme cruciale : celle de l’instrumentalisation et de la réification de l’humain. La question éthique fondamentale, celle de savoir comment faire en sorte que l’on traite l’humanité comme une fin et non comme un moyen, est bien de l’ordre du politique, en ce qu’elle touche au fondement de notre pacte social, et des valeurs qui nous rassemblent. Il est donc légitime qu’elle relève de la loi, c’est-à-dire de la représentation nationale, puisque la décision doit émaner des citoyens eux-mêmes. Et ceux-là ne sont pas forcément les horribles conservateurs que l’on veut bien dire ; il suffit pour s’en persuader de se pencher sur les sondages concernant la vision que les Français ont de l’homosexualité, et qui a heureusement largement évolué.
La question éthique doit relever de la loi, et de la représentation nationale, pour autant que les représentants sont suffisamment informés et protégés des pressions de tel ou tel électorat spécifique. Et cela est particulièrement vrai pour l’ensemble des décisions qui ont trait à la recherche scientifique, et qui déterminent la capacité de la France à se maintenir à un haut niveau dans un domaine essentiel pour son avenir. En d’autres termes, la part des décisions qui concernent la recherche mérite en effet que le législateur laisse aux scientifiques la liberté qui leur est nécessaire. Et quand le professeur Axel Kahn dénonce comme absurde le maintient de l’interdiction de toute recherche sur les cellules souches embryonnaires, il ne plaide nullement pour une absence totale de contrôle, mais réclame simplement une liberté encadrée. Quand les médecins spécialistes de la procréation médicalement assistée dénoncent la paupérisation de leurs services, ils ne font que rappeler que l’on fait perdre chaque jour à des femmes des chances d’avoir un enfant, et d’ainsi réparer une maladie ou une carence de la nature. Leur refuser cette chance au nom de la Vie ou de la Nature, implique un raisonnement pareil à celui qui consisterait à refuser de soigner un cancer ou une infection sous prétexte qu’ils sont des maux naturels. Et vouloir, comme l’envisageaient certains députés, limiter la décongélation des embryons avant implantation à trois, c’est ignorer volontairement qu’une part de ces embryons est abîmée par la décongélation, et que les médecins français, éminemment responsables contrairement à certains de leurs homologues américains, ne jouent pas aux apprentis sorciers en produisant des triplés (fort rares chez nous) à la chaîne.
Ce point étant posé, l’affirmation de l’éditorial du Monde laisse tout de même une impression étrange. Et de fait, il y apparaît clairement que les auteurs jugent intolérable que l’ensemble des discussions ouvertes, cette fois sur des sujets dits « sociétaux », n’aient pas abouti à une reconnaissance généralisée de ces « droits-créances » qui sont aujourd’hui considérés comme le stade ultime de l’émancipation. C’est bien simple, puisqu’on acceptait de discuter de la levée de l’anonymat pour les dons de gamètes, des mères porteuses ou de l’accès à la procréation médicalement assistée pour les femmes célibataires ou homosexuelles, il fallait automatiquement déboucher sur une acceptation totale. Cela s’appelle le débat...
Il semble pourtant que ces problèmes complexes méritent mieux que des arguments aberrants se résumant pour la plupart à « nos voisins le font ». Le mathématicien Henri Poincaré disait : « Un million d’indicatifs ne fera jamais un impératif. » Le fait ne dicte pas la morale, et si la France était pionnière, il y a quinze ans, dans l’encadrement des éventuelles dérives qui pourraient conduire à considérer l’humain comme un objet ou l’enfant comme un bien de consommation ou tout au moins un moyen, on ne voit pas bien comment, en quinze ans, la donne aurait à ce point changé. L’adaptation à l’air du temps n’est pas un bien en soi, encore moins un progrès, et peut-être faut-il, plus que jamais, maintenir des bornes à l’appétit insatiable des individus sur le réel, des limites à ce qui ne saurait être forcément considéré comme des droits.
Ce qui précède ne signifie nullement que l’auteur de ces lignes ait une quelconque certitude quant à chacun des problèmes évoqués plus haut. D’abord parce qu’y intervient une telle masse de souffrance que les jugements péremptoires sont intolérables, et que nul n’a le droit de juger, qui n’a pas été confronté, par exemple, à cette douleur de devoir un jour renoncer à un enfant. Nul n’a le droit de juger, mais il peut tenter de se constituer une série de règles éthiques, tant il est vrai que l’individu, même souffrant, n’a pas toujours raison face aux principes. Encore faut-il que ces principes soient universellement partageables, et donc fondés sur le respect de l’humanité plutôt que sur des croyances spécifiques.
L’exemple de ce genre de complexité intervient avec ce que les médias ont affreusement baptisé « enfant-médicament ». Un tel terme réifie totalement cet enfant, le transforme en instrument de la guérison d’autrui. Et qui peut prétendre qu’il est anodin pour un enfant de comprendre un jour qu’il n’est pas né pour lui-même, et que pesait sur lui dès son premier souffle cette responsabilité immense de sauver son frère ? Ceux qui clament que cette nouveauté est forcément à applaudir oublient volontairement le malaise que l’on peut ressentir face à cette annonce. Et pourtant, puisque cette naissance sauve une autre vie, et que cet enfant, ce qu’efface le terme « médicament », sera aimé pour lui-même, il est sans aucun doute légitime que la loi française ait autorisé cette procédure ; et l’on ne peut que souhaiter que ces cas très rares permettent à une famille de s’agrandir dans la joie. Tout est affaire de nuances…
Un cas comme celui des mères porteuses peut laisser plus de doutes. Comment, alors que l’on découvre chaque jour les interactions complexes entre la femme enceinte et l’enfant qu’elle porte, peut-on sans état d’âme décider qu’une location d’utérus est une transaction acceptable ? Voilà bien un pas de plus dans cet étrange processus de réification du corps qu’a entrepris l’Occident. Et de telles réticences n’interdisent pas de comprendre parfaitement l’atroce sentiment d’injustice que peuvent ressentir les femmes privées d’utérus. Mais sans doute faciliter les adoptions serait un début de réponse à cette souffrance, alors même qu’on les rend plus difficiles partout dans le monde.
La science va nous confronter, dans les décennies à venir, à des dilemmes cruciaux, dont l’enjeu sera la préservation de notre humanité elle-même. Mais quiconque sera amené à s’interroger sur la légitimité de l’utérus artificiel (et de la production d’êtres humains en batterie, pour le formuler un peu brutalement) ou sur l’amélioration des performances humaines par des manipulations génétiques ou biotechnologiques (que certains appellent de leurs vœux sous le nom de « trans-humain ») devra se souvenir que toute possibilité offerte à l’humanité de compenser les carences de la nature ne doit pas forcément se transformer en un droit à s’affranchir de la nature. Non pas que la nature doive être révérée pour elle-même. Mais l’homme, être de culture, est aussi un être de nature, en ce qu’il est incarné. Et quiconque rêve de se « libérer » de ce qu’il vit comme une contrainte court toujours le risque de traiter sa propre humanité et celle d’autrui, notamment des générations à venir, comme une contrainte dont il faudrait s’affranchir et un objet qu’il faudrait maîtriser.

Natacha Polony

http://blog.lefigaro.fr/education/

Image : http://www.ledauphine.com/isere-sud/2010/10/20/les-bebes-eprouvette-pourront-connaitre-leur-pere

Pourquoi Ségolène Royal ne sera pas élue en 2012

11/02/2011 10:08 par rgrs

  • Pourquoi Ségolène Royal ne sera pas élue en 2012

    Pourquoi Ségolène Royal ne sera pas élue en 2012

    11/02/2011 10:08 par rgrs

Jean-Louis Bianco ne sera pas candidat à la candidature socialiste et il ne soutiendra pas automatiquement Ségolène Royal, comme il avait pu le faire en 2007. Selon Élie Arié, la représentante du PS au dernier scrutin présidentiel n'a plus aucune chance pour 2012.

Ségolène Royal - capture d'écran - Dailymotion - franceinter
 
Jean-Louis Bianco, qui tentait depuis trois ans un retour en politique au niveau national en jouant la carte Ségolène Royal, a fini, lui aussi, par jeter l’éponge, constatant qu’elle n’avait plus aucune chance d’être élue en 2012, ni même, sans doute, d’être la candidate du PS à la présidentielle - voir son interview sur le site de Libération .

 

Il rejoint ainsi la longue liste de ceux qui ont sincèrement tenté de la soutenir et qui, découragés, ont jeté l’éponge, qu’ils soient politiques (Chevènement, Lang, Sapin, Montebourg, Assouline, Mignard, Valls, Filipetti, Guérini, Peillon, Collomb, Frêche) ou non (Piketty, Besnehard, Bergé).

 

Quand on sait qu’en France, on ne peut être élu(e) à la présidence que si on a la capacité de rassembler non seulement son camp mais au-delà, il faut s’interroger sur les raisons de cette constance politiquement suicidaire de Ségolène Royal à faire le vide autour d’elle ; et, ceci, en allant au-delà de son caractère qui la pousse à faire davantage confiance à ses « intuitions » (ah, ces excuses à Zapatero...) qu’aux avis de ses conseillers et de ses experts.

 

Certes, Ségolène Royal a été obligée d’être candidate en forçant la main de l’appareil d’un parti dans lequel elle n’a jamais réussi à s’imposer ; mais elle n’a pas été capable, ensuite, d’en prendre le contrôle et de s’y constituer un réseau de soutiens.

 

Alors, pourquoi ces désertions en cascade de tous ses fidèles, sans exception ?

 

Je crois que cela tient à un seul facteur : entraînée à jouer la carte de la seule opinion publique et du sentimentalisme dépolitisé, elle n’a jamais compris que cela ne suffisait pas ; que la « ficelle» qui, déjà, avait été insuffisante pour lui assurer la victoire à l’ élection imperdable pour un(e) socialiste en 2007 (où on l’a vue, en quatre mois de campagne, s‘effondrer dans les sondages et être dépassée par Sarkozy pour ne plus jamais le rattraper), serait encore plus usée et insuffisante à elle seule pour s’imposer en 2012.

 

Aujourd’hui, il ne reste plus, autour d’elle, qu’un mince réseau d’adhérents naïfs de Désirs d’Avenir, les seuls qui s’obstinent à voir dans son passé politique constamment  néolibéral  (soutien à l’ Acte unique européen, aux traités de Maastricht de Nice et d’Amsterdam, au OUI au referendum pour le TCE, à la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, à une Europe fédérale) quelqu’un qui serait plus « à gauche » que DSK.

 

Cette obligation d’entretenir le flou et l’illusion sur sa ligne politique l’amène à éviter systématiquement toute confrontation d’idées et toute interpellation sur un sujet précis ; tout récemment encore, on se souvient qu’à un émission de « Mots Croisés » sur France 2, elle avait préféré intervenir d’un studio de la chaîne, situé à quelques mètres du plateau où débattaient les autres invités, pour ne pas avoir à leur faire face ; ou encore, aux dernières régionales, de son refus d’un deuxième débat proposé par son adversaire, Dominique Bussereau.

 

C’est ce refus constant de tenir un discours politique, afin de dissimuler son « social-libéralisme » que rien ne distingue de celui de DSK, qui a fait comprendre à tous ceux qui avaient tenté sincèrement de jouer sa carte qu’elle ne pourrait  jamais dépasser le niveau d’une présidente de région ; non pas par incapacité personnelle, mais parce qu’on ne peut accéder à la présidence de la République sans aborder clairement les grandes lignes de ses propositions (quitte à les trahir une fois élue) en matière de politique étrangère, monétaire, diplomatique, fiscale et sociale, qui constituent l’essentiel de la fonction, sur lesquels tous les autres candidats mèneront campagne, sur lesquelles tout candidat à la Présidence a été élu dans le passé, et dont l’inventaire à la Prévert de gadgets et de mesures ponctuelles que constituait son « pacte » de 2007 ne peut tenir lieu.

 

« On peut tromper tout le monde un certain temps ; on peut tromper certaines personnes tout le temps ; mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps » (Abraham Lincoln).
Elie Arié - Tribune

http://www.marianne2.fr/Pourquoi-Segolene-Royal-ne-sera-pas-elue-en-2012_a202657.html

Image : http://blogs.mediapart.fr/mot-cle/segolene-royal-premiere-secretaire-du-parti-socialiste-ps-candidature-sego-rival-rivale

Pour la vraie démocratie. Lettre de Février, par Anthony Michel

11/02/2011 09:56 par rgrs

  • Pour la vraie démocratie. Lettre de Février, par Anthony Michel

    Pour la vraie démocratie. Lettre de Février, par Anthony Michel

    11/02/2011 09:56 par rgrs

Les révoltes profondes en Tunisie et en Egypte sont honorables dans le sens où les gouvernements de ces deux nations ne servaient/servent pas l’intérêt de celles-ci.
Nous parlons aujourd’hui d’un futur soit démocratique soit islamiste de ces Etats. Je souhaite alors en profiter pour dire que non, la démocratie ce n’est pas le démocratisme libéral !
Ce que j’appelle le démocratisme libéral est la vision mondialiste et donc détournée de la démocratie. L’Occident souffre de ce démocatisme libéral qui est l’amoralisation de la société ou la mise en avant d’un seule morale : celle de l’individualisme sociétal assurant l’existence d’une logique économique capitaliste inhumaine.*
Quant à la démocratie, comme disait Charles De Gaulle, c’est le gouvernement du peuple exerçant sa souveraineté sans entrave. Ce n’est ni plus ni moins cela. La France est un Etat républicain qui compte la démocratie parmi ses principes, confondue avec la souveraineté nationale et populaire.
On peut ensuite détailler des critères démocratiques propres à l’exercice de la citoyenneté ainsi que, par exemple, dans le monde du travail. L’association intégrale du capital et du travail que je préconise est une forme de démocratie dans l’entreprise. Mais revenons, pour le coup, à la démocratie comme essence, en premier lieu, de la souveraineté nationale et populaire !
La démocratie donc la souveraineté nationale permet au gouvernement de ne pas, par exemple, s’aligner systématiquement sur la politique étrangère des Etats-Unis.
La démocratie, ce n’est pas particulièrement l’imposition d’une conception libérale de l’économie ni de la société.
En bref, la démocratie, ce n’est pas le démocratisme libéral.
A titre philosophique, on peut cependant constater que la démocratie – encore moins le démocratisme libéral très inégalitaire – n’assure pas forcément prospérité et progrès social.
Si la démocratie est le choix par le peuple de ses représentants (souveraineté populaire) et l’assurance d’une certaine liberté d’action pour ceux-là (souveraineté nationale) la dictature est vue comme son opposé : les représentants sont non-élus ou élus une seule fois puis gardent le pouvoir sur une durée indéfinie. Certes, mais il peut exister des démocrates niais comme des despotes éclairés… Dans tous les cas, les hommes les mieux sont les démocrates réalistes.
Par conséquent, les peuples égyptiens, tunisiens, s’ils doivent avoir des représentants dignes d’eux, doivent parvenir à dire non aux islamistes dont on sait par avance que leur idéologie est néfaste pour l’Homme. Mais aussi ils doivent parvenir à ne pas confondre démocratie et démocratisme libéral. C’est l’Empire américain, qui répand l’idéologie mondialiste, qui saura jouer notamment sur la peur et favorise la confusion entre démocratie et démocratisme libéral, dans l’espoir que ce soit ce dernier qui l’emporte encore dans ces pays.
Nous français et républicains, nous considérons la démocratie à travers la République. C’est, comme l’a dit Jean-Pierre Chevènement dans l’émission Tous Aaziumts il y a quelques temps, par la défense du modèle républicain français que le message démocratique peut de façon satisfaisante intégrer davantage la culture des peuples égyptiens et tunisiens. Encore au XXIème siècle, l’universalisme républicain devra faire face à l’universalisme individualiste dont les atlantistes feront la promotion, espérant l’existence un jour de leur gouvernement mondial. Malheureusement, les représentants de la France sont aujourd’hui de ceux-là…
Donc à notre manière et avec nos moyens, propageons cette vision française, humaniste et défendant une vraie liberté, celle des peuples de disposer d’eux !
Si notre message risque d’être peu entendu chez nos amis tunisiens et égyptiens, il faudra qu’au moins il le soit tôt ou tard chez nous, avant que le vent de la révolte se fasse sentir également ici. Mieux vaut prévenir que de devoir un jour courir… dans le sang.
* Je parle d’individualisme sociétal pour le dissocier de l’individualisme social, notion que j’attribue au socialiste français du XIXème siècle Pierre Leroux qui inscrit la remarque et le respect d’unicité de l’individu – par son identité et ses aspirations – dans une société qui sait toutefois définir un bien commun.
Anthony Michel

Bébé médicament : progrès ou monstruosité ?

10/02/2011 10:47 par rgrs

  • Bébé médicament : progrès ou monstruosité ?

    Bébé médicament : progrès ou monstruosité ?

    10/02/2011 10:47 par rgrs

Hier matin, tous les médias parlaient de la naissance du premier « bébé médicament » Français, un bébé médicalement conçu pour permettre de soigner ses aînés. Une pratique autorisée par la loi de bioéthique de 2004 qui  soulève de nombreuses interrogations.

Donner la vie pour en sauver une

Comme le souligne cet article du Figaro, au premier abord, une telle expérimentation est la version modernisée de ce qui se faisait dans le passé, quand les parents d’un enfant malade faisaient un autre enfant en espérant qu’il soit compatible et qu’il puisse alors aider son aîné. Bref, cette pratique n’est pas nouvelle. Elle gagne en perfectionnement puisqu’ici, les médecins ont eu recours à la fécondation in vitro pour choisir un embryon sain et compatible.

Dans le détail, les deux aînés sont atteints d’une maladie génétique rare du sang qui peut être soignée en utilisant les cellules souches du cordon ombilical et en les greffant sur les enfants malades. Le professeur Frydman, qui a réalisé cette première souligne que les parents souhaitaient avant tout agrandir leur famille et que tant qu’à avoir un enfant, il n’était pas illégitime d’essayer d’en avoir un qui pourrait contribuer à sauver ses aînés, d’autant plus que les parents ont fait implanté un embryon non compatible.

Les prémices de Frankenstein ?

Mais ce scénario rappelle un peu le film « The Island », sorti en 2005, dans un futur où les humains conserveraient des clones qu’ils pourraient utiliser pour des raisons de santé, en prélevant à loisir tout organe dont ils auraient besoin. Bien sûr, nous n’en sommes pas là, heureusement. On ne prélève que des cellules souches du cordon ombilical et l’intégrité physique de l’embryon et du bébé n’est pas remise en cause par cette expérimentation.

Cependant, comment ne pas s’inquiéter des dérives possibles à partir d’un tel raisonnement ? Où tracer la ligne dans la mise au point d’un embryon dont les caractéristiques permettront d’aider un parent ? L’intégrité physique est à coup sûr une ligne jaune à ne pas franchir. Mais ce « bébé médicament » ne franchit-il pas déjà la ligne jaune ? A minima, il la frôle, de très près. A titre personnel, je comprends certains reproches venant de personnes avec lesquelles je suis aussi en opposition.

Les progrès de la science représentent une immense opportunité. Ils nous permettent d’améliorer notre santé, vivre mieux, guérir les malades, nourrir la planète, ou même la préserver. Mais l’avancée de la science nous imposera un constant débat sur les limites à lui donner, que ce soit sur l’eugénisme ou la sélection des embryons. Comme pour les OGM, où les intérêts financiers jouent un trop grand rôle, les hommes politiques devront agir prudemment pour éviter toute dérive.

Ce « bébé médicament » est-il un bébé Frankenstein ? Même si mon instinct me pousse à répondre positivement, la préservation de son intégrité plaide pour l’inverse. En tout cas, cela montre que nous aurons besoin d’hommes d’Etat au pouvoir pour gérer des questions aussi délicates. Les aurons-nous ?

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Sinclair se dit hostile à un second mandat de DSK au FMI

10/02/2011 10:40 par rgrs

  • Sinclair se dit hostile à un second mandat de DSK au FMI

    Sinclair se dit hostile à un second mandat de DSK au FMI

    10/02/2011 10:40 par rgrs

«Pour ce qui me concerne, je ne souhaite pas qu’il fasse un second mandat» à la tête du FMI, a confié Anne Sinclair.

Les propos de la femme du directeur général de l’institution financière pourraient indiquer qu’il compte se présenter à la primaire désignant le candidat du PS à la prochaine présidentielle.
Pressé par nombre de ses camarades, Dominique Strauss-Kahn n’a toujours pas dit s’il entendait être candidat à la primaire du Parti socialiste en vue de 2012. Son épouse dit en revanche son souhait de ne pas le voir briguer un second mandat à la tête du Fonds monétaire international. Une possibilité qui s’offre pourtant à lui dès novembre 2012 – fin de son mandat actuel – et qui, selon plusieurs membres de l’institution, serait une formalité.
«J’ai lu dans plusieurs journaux français que la réélection de Dominique serait assurée à la tête du FMI, déclare Anne Sinclair, citée dans un article du Point à paraître jeudi. Pour ce qui me concerne, je ne souhaite pas qu’il fasse un second mandat».
Une phrase qui pourrait être interprétée comme un début de candidature de DSK à la primaire du PS qui aura lieu en octobre. Les candidats aux primaires sont tenus de se déclarer entre le 28 juin et le 13 juillet, les partisans de Dominique Strauss-Kahn ayant échoué à repousser l’échéance à l’automne. Mais DSK devrait quitter prématurément le FMI s’il souhaitait se présenter. La fonction de patron de l’institution financière lui interdit en effet toute expression politique sous peine d’être obligé de démissionner.
L’ancien ministre de Lionel Jospin est donné gagnant par plusieurs enquêtes d’opinion face à Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote pour la présidentielle. Il est le candidat socialiste le mieux placé dans les sondages.
«Un petit caillou blanc»
Cité par Le Parisien-Aujourd’hui en France, le principal lieutenant de DSK, Jean-Christophe Cambadélis, estime que cette déclaration peut être interprétée comme un «petit caillou blanc» de plus sur la route du socialiste. Pierre Moscovici, qui milite pour une candidature aux primaires du directeur général du FMI, a qualifié sur RMC-BFM TV la phrase d’Anne Sinclair de «signal très fort» vers une candidature. «Personne ne peut penser que cette phrase n’a pas été travaillée, pensée», ajoute-t-il. Il estime cependant qu’il n’y a «pas d’urgence» à ce que DSK annonce sa candidature.
Dans Le Point, un très proche de DSK, le député-maire PS de Sarcelles François Pupponi, dit son souhait que Strauss-Kahn «fasse pour la France ce qu’il a fait pour Sarcelles». «C’est un homme qui trouve des solutions», ajoute-t-il.
Interrogé sur la possibilité que DSK et son épouse se soient consultés avant cette prise de position, Jean-Marc Ayrault a déclaré mercredi matin sur RTL : «On peut l’imaginer». Avant d’ajouter : «J’attends qu’il le dise lui-même, ça serait quand même la moindre des choses (…) Si on en est rendu à faire l’exégèse des déclarations des épouses !». En tout cas, le patron des députés PS a dit son souhait de voir tous ceux qui ont l’intention de se présenter à la primaire du PS le faire vite. Une remarque qui, a-t-il dit, vaut aussi pour Martine Aubry.
«Je souhaite que Dominique Strauss-Kahn soit candidat et qu’il participe au débat des primaires et au débat sur l’avenir de la France», a réagi Manuel Valls sur Europe 1. Lui même candidat, le député-maire d’Evry estime qu’il faut une «candidature solide, qui doit être celle de DSK».

Face aux français :« Sarkozy ne trompe plus personne »

10/02/2011 10:12 par rgrs

  • Face aux français :« Sarkozy ne trompe plus personne »

    Face aux français :« Sarkozy ne trompe plus personne »

    10/02/2011 10:12 par rgrs

Délégué CGT de la SBFM, une société de fonderie bretonne, Pierre Le Ménahès, confronté il y a un an au président de la République décrochait sur Facebook le titre de « Meilleur Interviewer politique de TF1 » en interpellant énergiquement Nicolas Sarkozy sur le plateau de « Face aux Français ». Alors qu’aucun syndicaliste n’a été invité ce jeudi 10 février pour la deuxième édition de l’émission, il livre en exclusivité, à Marianne, quelques conseils à ses successeurs pour que le débat ne ronronne pas.

Vous aviez surpris l’an passé en qualifiant de « simplistes » certaines réponses du président, en le relançant comme un pro pour qu’il promette à l’antenne que la nouvelle Clio de Renault soit majoritairement construite à Flins et non en Turquie. Quels conseils professez-vous aux Français qui l’accueilleront jeudi soir sur TF1 ?
 
Avant toute chose, je trouve curieux que le président de la République mette en scène, sur un plateau de télévision, sa rencontre avec des Français. Alors qu’il n’a pas dédaigné les écouter lorsque ces derniers se sont mobilisés massivement ces mois durant, contre sa réforme injuste des retraites. Avec ce recul, ma conviction s’est renforcée. Nicolas Sarkozy n’est qu’un acteur. Dans un premier temps, il cherche à manipuler son interlocuteur en exprimant de la compassion. Puis, il passe vite à la provocation ou même à l’insulte, lorsque ce dernier lui résiste. Les conflits qui l’opposent aujourd’hui aux juges et aux dockers témoignent largement de son penchant à sombrer dans la caricature. Face à ce président de la République, il faut donc rester impérativement concentré, refuser d’entrer dans son jeu. Et exposer les vraies difficultés auxquelles vous êtes confrontés du fait de sa politique. C’est le seul moyen de ne pas anesthésier le débat. Si j’étais face à lui, je lui redemanderais ce que l’État entend faire pour freiner les nouvelles délocalisations de Renault.

Quel regard portez-vous sur le bilan 2010 du président de la République?

À l’entendre lorsque nous avons débattu à TF1,  2010 devait être une année de redémarrage de l’emploi. On voit ce qu’il en est. Si j’avais un prix à lui décerner, ce serait donc celui de la Comédie Française, catégorie tragique. Non seulement le nombre de chômeurs dans l’Hexagone continue d’augmenter. Mais encore, les délocalisations d’emplois industriels se poursuivent. Nicolas Sarkozy a voulu un temps jouer les « Pères Noël » en annonçant des plans d’urgence. En 2011, il ne trompe plus personne. Du moins, je l’espère…

Grâce à la mobilisation de ses salariés mais aussi celles des pouvoirs publics votre entreprise a évité la faillite en 2009. Où en est la SBFM aujourd’hui ?

La SBFM compte encore 444 salariés. Mais nous ne sommes pas sortis de la précarité. Loin s’en faut. Jusqu’en août 2011, Renault reste exploitant locataire de notre société pour une somme dérisoire de 24 000 euros par an. Mais nous devons de toute urgence trouver un repreneur car nos installations vétustes nécessitent 70 millions d’euros d’investissement. Pour nous, la lutte continue !
 
 
 

Le portrait de Pierre Le Ménahès publié par Marianne l'an dernier

« Visiblement le président n'a pas l'habitude de débattre avec la France qui se lève tôt. Je voulais lui prouver que celle-ci ne se couchera pas devant la politique antisociale des actionnaires qu'il cautionne. » De retour à Lorient, Pierre Le Ménahès, sacré « Meilleur intervieweur politique » de TF1 par ses fans sur la Toile, répète inlassablement les formules avec lesquelles il a mordu les basques de Nicolas Sarkozy lundi dernier, en prime-time, devant plus de 8 millions de téléspectateurs. Depuis qu'il a crevé l'écran, le syndicaliste CGT de la fonderie morbihannaise SBFM croule sous les SMS et les mails de soutien. La France des anti-sarkozystes en a fait sa nouvelle icône, le porte-parole de ces questions qu'elle aimerait bien poser, elle aussi, au président, et que les journalistes trop sages, trop installés, trop lointains, n'osent même plus esquisser.

Le rocker au look de Bernard Lavilliers, dont il est fan, est retourné, lui se « ressourcer » auprès des camarades qui l'avaient mandaté pour bousculer le chef de l'État et porter, au-delà de la SBFM, la parole des salariés qui souffrent de la crise. Musicien et parolier d'un groupe baptisé Hasta Siempre (en hommage à la chanson contant l'épopée de Che Guevarra), Pierre Le Ménahès ne se lasse de reprendre son même numéro à succès, confirmant avoir conseillé à Nicolas Sarkozy, une fois l'émission terminée, de « s'acheter lunettes et sonotone pour mieux écouter les salariés de son pays ».

La saillie fait marrer Yvan le Bolloc'h, acteur engagé à la gauche de la gauche, venu soutenir l'année dernière les salariés de la SBFM : « Pierre ne se laisse pas endormir. Il pose très vite les enjeux, les rapports de classe. Il est tout le temps sur la défensive et désamorce les techniques de com' », salue, en expert, le duettiste de Caméra café.

Lundi dernier, sur TF1, Pierre Le Ménahès n'a pas seulement déstabilisé Nicolas Sarkozy. Par sa radicalité et son parler cash, lui qui a déchiré sa carte du PCF il y a quinze ans, a aussi renvoyé la gauche en général, et les socialistes en particulier, à leur frilosité. Et à leurs difficultés à être entendus du monde ouvrier.

LA CÔTE CÔTÉ NPA

Raison pour laquelle Le Ménahès horripile le placide président PS de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian (« Ce flashou, il me pompe l'air ! ») et ne sied à Bernard Thibault auquel il estime n'avoir pas de compte à rendre. Commentant la prestation de son adhérent, le secrétaire général de la CGT s'est autorisé un commentaire cinglant : « Il a fait au mieux. TF1 préfèrera toujours un syndicaliste en plateau qu'une section CGT à domicile. » D'autant plus vachard que Pierre Le Ménahès n'a accepté l'invitation qu'après en avoir discuté avec ses « copains » de la SBFM qui lui avaient demandé de passer, si possible avec le tee-shirt de la boîte, une exigence qu'a refusée TF1. Peu en cour au sein de la gauche réformiste, le syndicaliste a davantage la cote du côté du NPA. Avant l'émission, il avait d'ailleurs passé un coup de fil à Olivier Besancenot pour recueillir ses conseils. Le leader trotskiste est venu quatre fois au chevet des ouvriers de la SBFM, et les deux hommes sont devenus amis. « Mais Pierre était un peu inquiet d'une éventuelle récupération », glisse Besancenot, qui prend soin de ne pas donner l'impression que son poulain soit sous tutelle du NPA...

AU SERVICE DES « CAMARADES »

S'il n'est pas encarté dans les rangs de la formation trotskiste, Le Ménahès n'est pas pour autant un militant débutant. Tout au long de l'émission, sa rhétorique huilée et son sens de la formule l'ont prouvé. Fils d'une coiffeuse et d'un chauffeur routier, le « Che de la SBFM » s'est taillé une conscience civique au contact (rugueux) de son service militaire effectué chez les paras. Un uniforme « colonial » et des « ordres débiles » lui ont décillé les yeux. Et lorsqu'il entre en 1979, à 20 ans, à la SBFM, il n'attend pas une semaine pour adhérer à la CGT. « L'atmosphère Temps modernes de la fonderie, la pénibilité des postes, le charisme du leader syndical de l'époque Roger Prago m'ont convaincu de m'engager », raconte ce quinquagénaire, père divorcé de deux grandes filles. Très implanté dans ce qu'on appelait « la ceinture rouge de Lorient », la CGT comptait à son apogée 1 200 adhérents sur les 1 600 salariés de la fonderie ! Des effectifs divisés par trois aujourd'hui... Ce fief cégétiste n'en reste pas moins un vrai foyer actif de rébellion. « On se s'est jamais laissé marcher sur les pieds par nos dirigeants, clame Tahar Béjaoui, secrétaire de la section CGT retraités, véritable réservoir de 120 manifestants mobilisables à tout moment. Très tôt, Le Ménahès a été admiré pour son honnêteté et sa capacité à intervenir sur tout. » Lorsqu'on lui demande où il puise cette assurance, il nous dit : « Je préfère rougir deux minutes plutôt que d'avoir mal au cœur de rien dire », renchérit un collègue. Et la section CGT de la SBFM s'est longtemps montrée efficace, obtenant le retrait de plans de licenciement ou l'implantation d'une activité d'usinage à forte valeur ajoutée. « Nous avons toujours été une famille », confie Le Ménahès. Les anciens protègent les jeunes, et lorsqu'on fait la fête, on ne rentre pas avant l'aube. Tous se sont estimés trahis lorsque Renault a confié les rênes de son sous-traitant à Fiat. Rapidement, les investissements se sont taris. A l'automne 2008, lorsque le couperet est tombé sur le site caudanais, deux ans après que Fiat eut passé la main à un groupe familial (mal) baptisé Zen group, Le Ménahès, secrétaire général de la section, a fait claquer l'une de ces formules qui ont fait sa notoriété : « La SBFM ne sera pas le Metaleurop du Morbihan ! Renault doit nous réintégrer dans son groupe et augmenter ses commandes. »

Rares sont ceux qui misaient un euro sur le succès de cette mobilisation. Huit mois durant, de séquestrations de dirigeants en manifestations, les employés de SBFM, soutenus inconditionnellement par les médias et la population, ont obtenu gain de cause : le 26 janvier, Renault s'est engagé à reprendre le site et à y réinvestir 35 millions d'euros d'ici 2014. « Même les grosses brutes de l'usine pleuraient... », se souvient Le Ménahès. Et le nouveau héros de l'anti-sarkozysme n'a pas fini de continuer à griller compulsivement ses cigarettes, soucieux qu'il est de mettre sa toute fraîche notoriété acquise aux frais de TF1 au service des « camarades ». Au bout de deux heures de direct, Nicolas Sarkozy a peut-être cru un peu vite s'être débarrassé de ce nouvel opposant...
 


2012: embouteillage de candidats pour un poste sans marge de manoeuvre

10/02/2011 10:02 par rgrs

  • 2012: embouteillage de candidats pour un poste sans marge de manoeuvre

    2012: embouteillage de candidats pour un poste sans marge de manoeuvre

    10/02/2011 10:02 par rgrs

L'introduction du « semestre européen », dispositif offrant à l'Union la responsabilité de cadrer la politique budgétaire des Etats membres, et donc qui retire des marges de manoeuvres aux états, se fait ironiquement alors que les prétendants commencent à entrer sur la scène des présidentielles françaises, souligne le Nouveau BRN. Et parmi eux, les « néo-souverainistes » inquiètent les commentateurs européistes.


2012, c’est demain », lançait Jean-François Copé, nouveau chef de l’UMP. « Tous en campagne », renchérit France Info, qui distille chaque matin une rubrique quotidienne ainsi nommée, annoncée par une voix orwellienne qui susurre sur quatre tons « 2012, 2012, 2012, 2012… ». France Culture avait consacré sa première « Rumeur du monde » de l’année à soupeser les chances des prétendants putatifs à la course présidentielle. Cette dernière n’est pourtant prévue que dans seize mois. Or chaque jour apporte un nouvel exemple de cette surréaliste fébrilité politico-médiatique.

Selon l’humeur, on jugera celle-ci affligeante ou risible, tant elle tranche avec ce que vit la grande masse des Français. Et l’on fera mine, demain, de s’interroger sur le fossé qui s’élargit entre le peuple et les « élites ». Cette frénésie électorale s’explique d’abord par les ambitions personnelles qui fleurissent dans les diverses écuries présidentielles.

Mais surtout, pendant que le petit théâtre des prétendants et le chœur des commentateurs tiennent sans désemparer le devant de la scène, les véritables enjeux peuvent aisément rester dans les coulisses. Stupéfiante schizophrénie : au moment où les « présidentiables » dissimulent de moins en moins leur irrépressible envie d’accéder à l’Elysée (ou d’y rester), se met en place le mécanisme dit du « semestre européen », dont le propos est précisément de retirer aux responsables nationaux toute liberté de manœuvre. Ce dispositif – lancé au prétexte de la crise – confère à l’Union européenne la responsabilité de fixer le cadre dans lequel la politique économique et sociale des Etats-membres devra étroitement s’inscrire. Au point que le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a qualifié de « révolutionnaire » cette nouvelle procédure. Un terme qu’il convient de ne pas prendre à la légère, même si « contre-révolutionnaire » eût probablement mieux convenu dès lors qu’il s’agit de voler aux peuples leur liberté de choix, « communauté de destin » oblige.

Certes, le pacte de stabilité, indissociable de la monnaie unique, ne date pas d’aujourd’hui. Mais le carcan se veut désormais bien plus opérationnel. Lors de sa présentation des exigences pour 2011, M. Barroso, a ainsi explicitement cité le renforcement des politiques de restrictions budgétaires, la poursuite du recul des âges de la retraite, de même que les réformes des marchés du travail. Encouragé par les suggestions franco-allemandes d’étendre la convergence aux domaines fiscaux et sociaux, il a également fixé l’exigence d’un « effort soutenu pour une stricte modération salariale ». Faut-il traduire ?

Dans l’émission de France Culture ci-dessus évoquée, les éminents politologues ont exprimé leur crainte de voir monter en puissance les « néo-souverainistes ». Brice Teinturier en particulier, de l’IPSOS, insistait sur cette étrange engeance qui, prise globalement, lui inspirait manifestement toutes les craintes, et dans laquelle il rangeait pêle-mêle Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et quelques autres.
 

« Néo-souverainiste » ? Le concept est pour le moins flou, et l’analyse approximative : les uns et les autres ne semblent pas (encore ?) avoir fait leur la reconquête de la souveraineté nationale, et a fortiori en avoir tiré les conséquences. Mais le propos, paradoxalement, touche juste : il pointe la réalité d’un sentiment populaire que nos experts jugent – à juste titre de leur point de vue – menaçant. L’un d’entre eux s’est en particulier effrayé de l’envie qu’aurait un nombre croissant de citoyens de « renverser la table », autrement dit de sortir du « cercle de la raison » européenne jadis évoqué par Jacques Delors. Dans ces conditions, on imagine que les acteurs de la « compétition officielle » (comme on dit à Cannes) s’efforceront de maintenir l’Europe hors du débat public.

L’actualité des prochains mois pourrait bien ne pas leur en laisser le loisir.

Lire d'autres articles du Nouveau BRN sur
son blog.
 

Sarkozy devrait faire son autocritique... les magistrats aussi!

10/02/2011 09:44 par rgrs

  • Sarkozy devrait faire son autocritique... les magistrats aussi!

    Sarkozy devrait faire son autocritique... les magistrats aussi!

    10/02/2011 09:44 par rgrs

Pour le blogueur associé David Desgouilles, le président de la République comme les magistrats ont des choses à se reprocher. L'un foule aux pieds les principes de la justice dont il est censé être le garant de l'indépendance, quand les autres pèchent par corporatisme et le refus de l'autocritique.

Président de la République et magistrats ont donc décidé de nous prendre à témoin. Et malgré le dégoût profond que peut inspirer cette macabre invitation, nous n’allons pas nous dérober.

A ma droite, Nicolas Sarkozy. Il n’a pas dérogé à cette désormais ancienne règle, surfer sur chaque affaire criminelle faisant la une des journaux pour la transformer en opération politicienne de bas-étage. Qu’on ne se méprenne point : n’importe quel chef d’Etat est dans son rôle en s’assurant du bon fonctionnement de la Justice ; c’est même son rôle constitutionnel. Cependant, Nicolas Sarkozy, qui oublie souvent très volontairement ses cours de droit - rappelons qu’il est avocat de formation - n’est assurément pas le mieux placé pour donner des leçons aux juges. Il suffit de rappeler qu’il fut à l’initiative de six lois en la matière pour se rendre compte que son activisme ne fut guère couronné de succès. Pis, le décalage existant entre les mâles déclarations et l’empilement législatif d’une part, les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés d’autre part, constitue une preuve accablante selon laquelle le Président de la République se trouve au premier rang des responsables qu’il a désignés à l’opinion. Vingt-mille places de prisons manquent ? Les construit-on ? Nenni, on préfère ne pas exécuter les peines d’emprisonnement inférieures à deux ans. Greffiers, juges d’applications des peines manquent dans de nombreux tribunaux pour mener à bien l’exécution des sanctions prononcées ? Embauche t-on pour autant ces personnels ? Pas davantage. Sainte RGPP, priez pour nous ! Quant à la présomption d’innocence, elle est régulièrement foulée aux pieds par le premier magistrat de France, que l’on parle, dans le désordre, de Villepin, de Meilhon ou de Colonna. Difficile, en effet, de se voir donner des leçons de responsabilité par Nicolas Sarkozy, fut-il président de la République.

A ma gauche, les magistrats. Ils sont choqués, indignés - c’est à la mode - par les propos présidentiels. Et se mettent en grève. Le lecteur ayant lu le paragraphe précédent s’attendra à ce que je prenne leur défense. Ce serait en effet logique. Et pourtant, j’ai du mal. D’abord, parce que si j’ai entendu beaucoup d’entre eux demander des moyens supplémentaires, ce n’était pas souvent pour qu’ils soient notamment affectés à la construction de nouveaux centres de détention. Ensuite, et surtout, parce qu’ils se sont souvent signalés par un corporatisme qui me semble aussi éloigné de l’intérêt général que les opérations politiciennes du Président de la République. Les responsables du fiasco judiciaire d’Outreau ont-ils été sanctionnés par leurs pairs du CSM ? Ils ont été promus. A t-on assisté à une véritable introspection de l’institution judiciaire à la suite de cette triste affaire ? Pas davantage. Nous n’y avons vu trop souvent, comme réponse, que de l’arrogance. Qu’on se souvienne que le directeur de l’Ecole Nationale de la Magistrature a dû peser de tout son poids pour qu’une promotion d’étudiants ne crée un scandale en se baptisant « Fabrice Burgaud », du nom du juge du tribunal de Boulogne-sur-Mer. Que ces étudiants-là sévissent aujourd’hui dans des tribunaux et que, par le plus grand des hasards, on puisse se trouver à être jugé par l’un d’entre eux demain, ne provoque t-il pas, dans le dos de chacun d’entre nous, un léger refroidissement ?

Entre celui qui détricote la justice, qui la fragilise cyniquement au moment où elle en a le moins besoin et ceux qui sont incapables de se remettre en question et qui ne sont pas non plus avares de pression envers la chancellerie pour punir des éditorialistes trop critiques à leur goût, je ne choisis pas.

En revanche, je m’inquiète.

Lire d'autres article de David Desgouilles sur son blog.

http://www.marianne2.fr/Sarkozy-devrait-faire-son-autocritique-les-magistrats-aussi_a202648.html