Comment stabiliser les marchés agricoles ?
08/02/2011 10:18 par rgrs
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Comment stabiliser les marchés agricoles ?
08/02/2011 10:18 par rgrs
Les méfaits de la déréglementation
Bien sûr, il y aura toujours des ultralibéraux pour soutenir que la libéralisation des marchés est une chance, qu’elle permet d’optimiser la production, selon la théorie des avantages compétitifs de Ricardo, que nous lui devons la baisse global du prix de l’alimentation depuis des décennies… Comme le rapporte Marianne 2, Alain Madelin tente même de défendre la spéculation sur les matières premières en soulignant que cela permet de se couvrir sur leur prix, élément stabilisateur pour les marchés.
Déjà, le raisonnement d’Alain Madelin a une immense faille. Il justifie la financiarisation des marchés agricoles par la volatilité des prix qu’il a lui-même soutenue. En clair, les partisans de la déréglementation ont mis fin au système de soutien (et donc de contrôle) des prix, puis argumentant que désormais les prix sont trop volatiles, ils soutiennent le développement d’outils financiers permettant de s’assurer contre cette même volatilité des prix qu’ils ont crée…
En outre, le mécanisme d’offre et de demande pose un gros problème. Si les marchés anticipent une hausse des prix, ils vont donc acheter davantage de matières premières, augmentant donc la demande et les prix, dans un nouveau phénomène auto-réalisateur, sans se soucier des conséquences dramatiques de leurs actes. En clair, la marchandisation de la production agricole augmente encore une volatilité des prix assez unique (les prix des biens et des services étant beaucoup plus stables).
Relocalisation et réglementation
Pire encore, la libéralisation, en poussant à la concentration de la production dans un nombre moins important de zones géographiques, accentue la volatilité des récoltes et donc des prix. En effet, plus la concentration est grande, plus les aléas climatiques dans une zone conduisent à des effets importants. Si la production était moins concentrée, un aléa climatique en Russie ou en Australie ne provoquerait pas tant de mouvements sur les marchés agricoles.
En outre, il est bien évident que d’un point de vue écologique, il serait mieux de favoriser la relocalisation de l’agriculture. Si aujourd’hui il peut être rentable de faire parcourir des milliers de kilomètres à certaines productions qui pourraient pourtant être produites dans le pays importateur, c’est uniquement parce que le coût environnemental du transport n’est pas pris en compte (puisque le fuel, notamment pour les bateaux, mais aussi les camions, n’est peu ou pas taxé).
Plus globalement, parce qu’une carence de produits agricoles n’est pas comme une carence de téléviseurs, et qu’elle peut provoquer désolation et famine, il est essentiel de soustraire en partie cette activité des seuls mains du marché, dont les conséquences des excès sont trop dramatiques. L’autosuffisance alimentaire doit pouvoir être considérée comme un objectif pour les pays qui le souhaitent, même si cela consiste à avoir des prix plus élevés et à introduire des restrictions fortes pour les importations.
Enfin, il est essentiel de permettre aux agriculteurs de gagner leur vie par leur travail (et pas par des subventions). C’est pour cela qu’il est malheureux que l’Europe ait mis fin aux prix de soutiens qui garantissaient un revenu décent et minimum. Il est inadmissible que leur dur travail ne leur permette pas de gagner normalement leur vie et qu’ils soient les variables d’ajustement de marchés libéralisés dont profitent à plein les spéculateurs et le monde de la finance.
Laurent Pinsolle
Sous l’affaire MAM, l’affaire Woerth? Deux cas qui ne seront pas classés sans fuites…
08/02/2011 10:10 par rgrs
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Sous l’affaire MAM, l’affaire Woerth? Deux cas qui ne seront pas classés sans fuites…
08/02/2011 10:10 par rgrs
Bien sûr, il y a les grands principes, ceux qui stipulent qu’un ministre, fut-il en vacances, doit surveiller ses fréquentations et se méfier des cadeaux, même lorsqu’ils ne sont pas offerts par des Grecs. On peut penser que c’est pour y avoir dérogé que MAM est dans la tourmente, et qu’elle a dû jurer mais un peu (trop) tard qu’on ne l’y reprendrait plus, et qu’elle ne le reprendrait plus (là, on parle de jet privé).
L’esprit chagrin pourra aussi penser que d’autres raisons, moins limpides, lui valent ce mauvais quart d’heure. Et que ses pires ennemis ne sont pas à chercher à gauche ou dans la presse, mais chez ses bons amis du gouvernement. Ainsi, on dit que nombre d’anciens du cabinet d’Eric Woerth, recasés depuis dans d’autres ministères et non des moindres, ont conséquemment contribué aux fuites qui alimentent le feuilleton quotidien des vacances du couple Alliot-Marie/Ollier, ajoutant chaque jour un petit détail supplémentaire, lequel invalide si possible la déclaration de la veille de la ministre clouée au pilori.
Auquel cas ce ne serait jamais qu’un prêté pour un rendu : lors du déclenchement des Affaires Bettencourt/Woerth/Hippodrome de Compiègne, MAM était Garde des Sceaux, et elle a obstinément regardé de l’autre côté quand Eric Woerth aurait pu espérer qu’elle userait de son pouvoir pour ralentir le cours de la justice (En termes publics , ça donne des déclarations du genre « J’ai confiance dans la justice de mon pays », martelées à l’envi jusqu’au remaniement par l’ex-ministre des Affaires sociales). Or, non seulement MAM n’a pas levé le petit doigt pour tirer son collègue du pétrin (ce qui, soit dit en passant, est tout à fait honorable de la part d’un Garde des Sceaux), mais un membre de son propre cabinet, David Sénat a été pris en flagrant délit de faxage à Gérard Davet du Monde d’un PV d’enquête stratégique de l’affaire Bettencourt (la fameuse audition de Patrice de Maistre, durant laquelle le gestionnaire de fortune de Liliane a placé le couple Woerth au cœur de l’affaire, transformant le scandale Bettencourt en affaire Woerth).
Le clan Woerth (qui était aussi à l’époque le clan Fillon) avait considéré que MAM était forcément au courant de la manœuvre, et ça se comprend : difficile d’imaginer qu’à ce niveau de responsabilité, un collaborateur agisse sans au moins l’accord tacite de son ministre.
Depuis , David Sénat a été lâché par sa patronne, puis a goûté, – côté client – aux joies de la garde à vue, avant d’être chargé en septembre dernier d’une « mission de préfiguration de la cour d’Appel de Cayenne», ses amis de la DCRI nourrissant sans doute l’espoir secret qu’on le muterait prochainement encore plus loin, à savoir en orbite géostationnaire dès le prochain lancement de la fusée Ariane.
Dire que MAM se croyait à l’abri de tout risque de vendetta avec l’éviction de Woerth du gouvernement et la dispersion façon puzzle de son équipe aux quatre coins du VIIème arrondissement… Faut croire qu’en période pré-présidentielle, on n’est à l’abri ni jamais ni nulle part, y compris en pleine trêve des confiseurs au fin fond du Sahara…
De Marine Le Pen à Olivier Besancenot, la règle du «Je»
08/02/2011 10:03 par rgrs
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De Marine Le Pen à Olivier Besancenot, la règle du «Je»
08/02/2011 10:03 par rgrs
L’Internaute Magazine vient de publier une étude réalisée sur les mots les plus fréquemment utilisés par 35 personnalités politiques françaises au cours des 10 dernières années. On y apprend sans grande surprise que Christine Lagarde parle beaucoup d’« entreprise », que Martine Aubry nous rebat régulièrement les oreilles de « social » et que Marine Le Pen tend à se focaliser sur les questions d’« immigration ». On pourra, en revanche, s’étonner du fait que notre spécialiste national des « élections » n’est autre qu’Olivier Besancenot ou que Philippe de Villiers soit à la fois champion de la « France » et de l’« Europe ».
Mais il me semble qu’on passerait alors à coté du fait le plus saillant de cette étude : ce qui est vraiment remarquable dans ces résultats c’est que le mot le plus utilisé par ce panel représentatif de politiques pendant la dernière décennie c’est « Je ».
George Kaplan
http://www.causeur.fr/de-marine-le-pen-a-olivier-besancenot-la-regle-du-%c2%abje%c2%bb,8608
Fronde judiciaire : attention à ne pas faire le jeu de Sarkozy
08/02/2011 09:56 par rgrs
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Fronde judiciaire : attention à ne pas faire le jeu de Sarkozy
08/02/2011 09:56 par rgrs
Pour Philippe Bilger, le pouvoir politique cherche à alimenter la défiance de l'opinion publique envers la communauté judiciaire. Du coup, la grève des audiences risque selon lui de discréditer davantage la profession, qui doit regagner le respect à l'égard de l'opinion et du pouvoir politique.
Les récents propos du président de la République, la forte contestation judiciaire qui les a suivis, Jean-François Copé et quelques autres à l'UMP s'attachant à les défendre, enfin la réaction du garde des Sceaux cherchant à les expliquer et à les noyer dans un océan de rondeurs et de compréhension générale méritent qu'on tente d'aller plus loin que la controverse immédiate et virulente. Il me semble en effet que ces polémiques ne ressemblent pas aux précédentes, qu'elles sont révélatrices d'un climat démocratique préoccupant où les institutions ne se respectent plus, où la suspicion des uns s'affronte au mépris des autres et où, en définitive, la paix de la République est quotidiennement troublée (Le Monde, nouvelobs.com, Marianne 2, Le Figaro).
Quand Michel Mercier souligne que le président de la République n'a fait qu'exprimer « ce que ressentent les Français », je ne crois pas que ce soit totalement vrai. On espère leur faire ressentir, à la suite de ce terrible drame qui nous affecte et nous traumatise tous comme Yves Charpenel l'a très bien rappelé (Le Parisien), un sentiment d'hostilité à l'égard de la communauté judiciaire en aggravant un discrédit dont elle pâtit déjà à cause de certaines de ses pratiques. Il se trouve qu'en l'occurrence les magistrats mis en cause par le président, pour ne parler que d'eux, n'ont pas à être incriminés mais qu'ils ont été les victimes d'un pouvoir politique inefficace, voire impuissant. Cela ne rend pas moins insupportables les carences nantaises mais oblige, par honnêteté, à « cibler » qui les approuvent - là où ils sont, ont-ils un autre choix qu'une liberté domestiquée ? - croient jouer sur du velours en se livrant à cette offensive dont je suis persuadé qu'au fond de lui, l'élan agressif d'Orléans étant derrière lui, le chef de l'Etat la perçoit injuste. Il est clair que sur le plan de la tactique, pour un gain apparent, cette inéquité du discours présidentiel entraînera une triple conséquence négative. Elle ne fera pas gagner un pouce sur le Front National, ne rameutera pas les sarkozystes déçus et accentuera le ressentiment citoyen fondé sur le fait que les politiques ont et se donnent tous les droits, l'exemple désastreux de MAM étant éclatant sur ce point. Je suis sûr que Nicolas Sarkozy, en revanche, retrouverait une adhésion forte s'il se rappelait qu'il est le garant de l'indépendance de la magistrature et donc de sa sérénité et s'il veillait par ailleurs, dans l'exercice du pouvoir, à ne jamais laisser soupçonner l'injustice d'un « deux poids deux mesures ». Jeter du gros sel sur les plaies vives ne fait qu'exacerber alors qu'on attend du président - ce qui n'est pas du tout contradictoire avec le désir d'action - qu'il apaise et unifie.
Pour ma part, aussi critique que je puisse être avec cette dernière démarche présidentielle, j'estime aussi que la magistrature et ses syndicats s'honoreraient en ne mettant pas en œuvre dans l'ensemble de la France judiciaire une grève des audiences (sauf les urgentes) jusqu'au 10 février, journée qualifiée d'action nationale. Nous avons eu la suspension de quelques heures décidée dans l'urgence à Nantes et elle était justifiée. Aller au-delà serait maladroit et dangereux.
D'une part, cela ferait clairement le jeu du président de la République qui pour le coup bénéficierait de la désapprobation publique pour ce type de mesures extrêmes. Autrement dit, ce qu'à Orléans il n'a pas réussi à impulser se verrait réalisé du fait même des magistrats.
D'autre part, il me semble non seulement possible mais souhaitable de favoriser des répliques singulières et/ou collectives au président et au garde des Sceaux - elles abondent et sont utiles - mais il serait absurde de se laisser aller à un mélange des genres. Nicolas Sarkozy a saisi l'ampleur de la fronde judiciaire, il en tirera les conclusions qu'il veut. En tout cas, le mouvement prévu jusqu'au 10 février est superfétatoire s'il vise seulement à alourdir la riposte aux propos présidentiels et à lui adresser un message encore plus déterminé. De sa part et de la nôtre, les positions sont connues et les convictions arrêtées. En revanche, au bout de cet antagonisme, c'est le citoyen auquel dans ce débat on ne doit pas porter préjudice qui va devenir la victime de ce blocage des audiences, les magistrats confortant ainsi une idée fausse mais ancrée que leur profession est ordinaire, qu'elle autorise des coupures de cette importance et que pour tout dire, devant les défis de la justice au quotidien, ils vont se dérober avec bonne conscience. Il y a mille manières de se battre, de protester, de libérer une parole de vérité, aussi éloignée du corporatisme qui nous est souvent reproché à juste titre que d'une complaisance suspecte à l'égard du pouvoir, quoi qu'il ait accompli ou non. Il est tactiquement et profondément contre-productif de donner des verges pour nous faire battre quand ceux qui n'estiment pas notre corps et notre beau métier n'en avaient pas trouvé par eux-mêmes. Ce qui a changé dans le climat d'aujourd'hui, et depuis quelques mois, c'est que la gestion calamiteuse et, à la fois, partisane de certains dossiers politico-médiatiques et, plus globalement, l'évolution de l'image politique auprès des citoyens ont favorisé l'effacement de ce sentiment capital en démocratie et qui est le respect. Le respect du pouvoir pour l'institution judiciaire, ce qui n'exclut pas les critiques légitimes. Le respect de la Justice pour les gouvernants et, au-delà, le monde politique. La magistrature, à tort ou à raison, n'est plus prête à se soumettre avec révérence ou à se laisser flageller avec un masochisme peureux. Non pas tant parce que les procès qui lui sont faits seraient toujours injustes ou de mauvaise foi mais parce qu'elle dénie toute exemplarité à ceux qui prétendent les lui intenter. Cette transformation est radicale qui a ajouté à la méfiance politique pour les juges - en dépit de la considération affichée - la désillusion judiciaire à l'égard des politiques. Pas seulement dans le champ de la Justice mais globalement. S'il a existé une période où le pouvoir, les ministres, les députés et les sénateurs ont été parés d'une sorte d'aura de principe, elle est bien révolue. Le respect, de tous côtés, s'est évaporé. Plus personne, ici ou là, ne peut compter sur un capital qui dispenserait d'avoir à offrir la preuve de son excellence.
La démocratie, pour tous, est devenue moins un acquis, une conquête qu'un but, une exigence.
Lire d'autres articles de Philippe Bilger sur son blog.
Philippe Bilger - Blogueur associé
(capture d'écran Dailymotion - BFMTV - cc)
http://www.marianne2.fr/Fronde-judiciaire-attention-a-ne-pas-faire-le-jeu-de-Sarkozy_a202616.html
Le nègre du Président
08/02/2011 09:51 par rgrs
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Le nègre du Président
08/02/2011 09:51 par rgrs
Le nègre du Président ou les effluves du sarkozysme de palais Dans son dernier opus, Daniel Carton se met dans la peau d'un conseiller du Président, qui finit par fuir en Amérique Latine. Devinette : dans la vie réelle, qui est le nègre du président ?
C'est tout l'art du journalisme « fictionné » : mélanger du vrai et de l'inventé ou bien, mieux, mélanger deux vrais pour construire un portrait qui, du coup devient faux alors qu'il n'est que plus vrai que nature.... A la page 75 du livre de Daniel Carton, un journaliste qui a roulé sa bosse au Monde et au Nouvel Obs, on croit découvrir l'identité du « nègre du président » auquel il prête sa plume : avec le chat dans la gorge et le tic ravageur, voilà notre Guaino national démasqué. Mais ce Guaino-là n'est pas, comme le vrai, le fils d'une femme de ménage, il est né dans une famille neuillyenne. Et nous voilà à la recherche de l'autre conseiller avec lequel Guaino a été « shaké » pour forger le héros du livre...
A quoi bon au fond. Il faut lire cet ouvrage comme il vient et d'ailleurs l'on devrait toujours lire les livres ainsi, sans chercher à faire le malin... Nous voilà donc au Palais, tel que le raconte le conseiller spécial du Président dans l'avion qui l'amène à l'autre bout du monde après qu'il ait décidé de lâcher l'affaire. Notre homme a succombé au syndrome qui, au fond, guette tout conseiller : se persuader qu'il est le vrai marionnettiste de l'homme qu'il conseille. Journaliste politique d'expérience, Daniel Carton a sûrement vu tant de fois les « écriveurs » de discours mimer, en plein meeting, le discours qu'ils viennent de glisser dans la serviette de leur maître. Tel est le péché du conseilleur. Péché de vanité, croire que c'est dans son cerveau fécond et sous sa plume habile que se forge l'homme qui va conquérir le pouvoir.
Et puis, il arrive que ça marche. Le simple « écriveur » devient conseiller spécial. Mais là, coup de théâtre : la marionnette se rebelle contre le marionnettiste et le manipulateur devient l'objet du manipulé. Il le domine de la tête au pieds... et même jusqu'au sexe puisque, dans l'histoire racontée par Carton, le conseiller qui a pris une maîtresse italienne peut-être par mimétisme, finit par se la faire souffler par son boss... Mais là on a quitté les eaux troubles du sarkozysme pour celles, plus fangeuses du berlusconisme.
Peu importe au fond si on n'est pas sûr, en refermant le livre d'avoir lu une description juste du sarkozysme de palais au quotidien. On en hume toutefois quelques odeurs. L'importance du fric et des couilles. La servilité de la Cour. Le cynisme absolu qui gangrène les élites comme les organes d'un cancéreux en phase terminale. On espère que Carton exagère pour emmener son lecteur. Ce qu'il réussit parfaitement en tout cas. Carton n'est peut-être plus journaliste et il ne doit pas être lu comme tel. Mais comme plume de la plume, il s'y entend, et on s'y croirait....
Le nègre du Président par Daniel Carton, Hugo et Compagnie, 15€.
Philippe Cohen- Marianne
http://www.marianne2.fr/Le-negre-du-President-ou-les-effluves-du-sarkozysme-de-palais_a202448.html
Rony Brauman: le «droitdelhommisme» est un discours de combat
08/02/2011 09:43 par rgrs
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Rony Brauman: le «droitdelhommisme» est un discours de combat
08/02/2011 09:43 par rgrs
Ancien président de Médecins Sans Frontières, Rony Brauman n'a cessé de s'interroger sur l'instrumentalisation des droits de l'homme en croisade morale. A l'occasion des événements de Tunisie et d'Egypte, il revient sur le droit d'ingérence et la mission civilisatrice que s'arrogent encore les puissances occidentales, les ONG, les intellectuels et certains médias, à chaque révolte populaire.
Marianne2: A l’occasion des mouvements de révolte en Tunisie et en Egypte, est-ce que vous observez le regain d’un discours droit delhommiste dans les médias, chez les intellectuels, les ONG et les politiques ?
Rony Brauman: Le discours n’a jamais vraiment disparu. Cependant, nous assistpns effectivement à une reprise et une reconfiguration de ce discours, y compris chez les nouveaux philosophes, mais qui peut tout à fait se retourner contre la révolte populaire à laquelle nous assistons. Le problème est de lire ces événements à travers une grille idéologique « droitdelhommiste », c’est à dire une vision très normative d’événements qui sont inscrits dans une réalité politique locale, régionale, internationale. Si on analyse un événement seulement à travers la grille des droits de l’homme, on arrive à une vision « aplanissante » du monde. D’un point de vue politique, on a des appréciations beaucoup plus subtiles, nuancées et on peut choisir un camp par rapport à un autre.
Marianne - Concrètement, quelles sont les principales critiques que vous formulez à l'égard du discours « droitdelhommiste » ?
Rony Brauman - Tout dépend où on pose le regard. J’ai beaucoup de réserves et de critiques à formuler au discours sur les droits de l’homme lorsqu’il vient des ONG, de la presse et des intellectuels, mais on ne peut pas le tenir pour une pure hypocrisie. En revanche, quand il est tenu par le pouvoir, c’est un discours de combat, une façon de se poser dans une compétition, et de se donner des avantages par rapport aux autres. Si on se place du point de vue de l’Elysée, par exemple, Sarkozy nous expliquait au moment de la campagne que tout persécuté dans le monde avait une deuxième patrie qui était la France. Kouchner a été nommé au Quai d’Orsay pour mettre en avant les principes de l’ingérence humanitaire, la défense universelle des droits de l’homme. On a vu ce qu’il en était. De ce point de vue, le discours s’est considérablement abaissé mais ce n’était que par rapport à une posture déclamatoire, électoraliste qui annonçait des ruptures là où il n’y avait que de la continuité. Bref, c’est un discours de circonstances.
Est-ce que ces discours s’appuient sur la même base idéologique que le « droitdelhommisme » qui connut son heure de gloire dans les années 80 ?
Il n’est pas totalement différent, c’est une vision juridico-morale qui sous tend ces mouvements, également l’idée naïve d’extension de nos modèles européens et américains au reste de l’humanité.
Au moment de la guerre froide, la question des droits de l’homme était beaucoup plus politique : l’anti-totalitarisme pour faire vite. Nous sommes passés du fascisme rouge au fascisme vert. Désormais s’y rajoute une sorte d’armature juridique, l’idée qu’il n’y a pas de paix sans justice, dont le Tribunal pénal international est la démonstration. Ce qui me frappe c’est l’absence totale de vision historico-politique que j’oppose au juridico-morale.
En quoi ces discours qui prônent le « droit d’ingérence » peuvent avoir des conséquences négatives sur les processus révolutionnaires en cours en Tunisie et en Egypte ?
Ces mouvements ont leur dynamique propre et donc ils font leur chemin indépendamment de ce que l’on peut en attendre. Mais, toute ingérence qui deviendrait pesante, au delà d’un discours de soutien à la démocratie, pourrait être très négative sinon contre-productive. Quand Obama laisse entendre, dans son discours du 5 février, que Moubarak doit quitter le pouvoir, il commet une grossière erreur parce que tout départ de Moubarak est dès lors perçu comme un acquiescement à la puissance américaine ce qui trahirait l’essence même du mouvement. Il faut évidemment regarder ces mouvements avec sympathie et émotion mais en sachant que nos moyens de pression sont très limités. Et heureusement.
Au-delà, est-ce que vous estimez que le repoussoir islamiste a joué le rôle d’assurance-vie pour ces régimes ?
On a toujours brandi l’épouvantail islamiste, à travers l’exemple iranien, mais sans jamais rappeler que la révolution islamiste a pris place dans un environnement où toute opposition laïque avait été impitoyablement réprimée et que les mosquées étaient les seuls lieux d’expression de la contestation et qu’il y avait de « bonnes » raisons pour que cette révolution soit islamiste. Sans défendre la révolution iranienne, loin de là, on oublie d’expliquer que cette dérive fascisante de la révolution islamique est, au moins, en partie, le fruit de l’agression dont l’Iran a été l’objet par l’Irak. Le tout soutenu par l’Europe, les Etats-Unis etc.
En Egypte, il n’y a rien de comparable, il y a une opposition démocratique et laïque, les frères musulmans ont leur place dans l’opposition même s’ils ne sont pas, à proprement parler un mouvement démocratique et laïque. Mais ils sont eux-mêmes divisés. Il faut donc en finir avec cette espèce de bloc terrifiant de barbus fanatiques. Voyons la réalité politique dans sa complexité et ses différences qui sont gommées, encore une fois, par une vision purement droitdelhommiste de l’affaire.
Est-ce que vous pensez qu'une chute de Moubarak comporte le risque d'enterrer les traités de Paix signés entre l'Egypte et Israël ?
La politique égyptienne a pour une part été un pôle de stabilité dans la région mais, on oublie que le calme revenu sur le flanc sud d’Israel n’a pas été mis à profit pour enclencher une dynamique de paix mais pour partir à l’attaque sur les flancs est et nord avec un démarrage de la colonisation cisjordanienne. Là aussi, il y a une façon anhistorique de considérer le traité de Camp David de 1978. En ce sens, on surévalue l’effet stabilisateur du traité de paix israélo-égyptien. D’ailleurs, on le voit, en ce moment, les Israéliens disent que tant que les régimes arabes seront dictatoriaux, aucune paix ne sera possible, mais quand ils voient poindre un mouvement démocratique, ils expriment vivement leurs inquiétudes quant à un éventuel changement. L’entrée dans un processus de négociations devient impossible dans tous les cas.
Propos recueillis par Régis Soubrouillard
Photo : Rony Brauman (cc Wikimédia Commons)
Le MRC crée un comité de campagne 2012 pour soutenir Chevènement, au cas où
08/02/2011 09:32 par rgrs
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Le MRC crée un comité de campagne 2012 pour soutenir Chevènement, au cas où
08/02/2011 09:32 par rgrs
Dépêche AFP, dimanche 6 février 2011, 16h53.
Le conseil national du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a annoncé dimanche avoir mis sur pied "un comité de campagne 2012" afin de soutenir la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle, "si celui-ci en prend la décision".
Dans un communiqué, le conseil national du MRC, parti créé par l'ancien ministre, précise qu'il va lancer "une campagne auprès des maires et des élus afin de réunir des promesses de parrainages" ainsi qu'"une campagne nationale de soutien".
Il justifie sa démarche par le fait que "la gauche aujourd'hui n'offre pas de propositions convaincantes pour répondre aux défis que le pays doit relever".
Le conseil national estime que ces défis sont "la réindustrialisation, le redressement de l'Europe qui doit se faire avec une France ayant retrouvé confiance en elle-même (...), le refus des politiques d'austérité telles qu'impulsées par Mme (Angela) Merkel, politiques qui entraînent l'Europe toute entière vers une stagnation de longue durée".
"La gauche a besoin d'être réveillée. Le peuple français mérite un autre avenir que la fuite en avant dans un fédéralisme européen irréaliste et mortifère", conclut le conseil national.
Début janvier, Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, avait affirmé envisager "sérieusement" d'être candidat à la présidentielle car, avait-il dit, il n'y a "personne aujourd'hui entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn" pour incarner "l'alternative".
Il avait ajouté qu'il prendrait sa décision "avant l'automne".
Comment faire face à l'explosion de la dette publique?
08/02/2011 09:25 par rgrs
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Comment faire face à l'explosion de la dette publique?
08/02/2011 09:25 par rgrs
Date
le Lundi 14 Mars 2011
18:00 - 21:00
Lieu
28, rue Saint Dominique
75007 Paris
La reconstruction de l’école de la République
07/02/2011 10:36 par rgrs
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La reconstruction de l’école de la République
07/02/2011 10:36 par rgrs
Samedi se tenait la Convention Nationale sur l’école républicaine de Debout la République, qui réunissait Luc Ferry, Natacha Polony, Marc Le Bris, Claire Mazeron, Mickaël Devaux et Olivier Arsac. Des intervenants de grande qualité qui ont dessiné ce à quoi pourrait ressembler notre école.
Un constat sévère
« Les pessimistes sont des optimistes bien informés » : c’est par cette citation que Natacha Polony a débuté son intervention. Et il faut dire que tous les participants partageaient une grande noirceur dans leur portrait de l’éducation nationale Française aujourd’hui. Luc Ferry voit quatre problèmes majeurs : l’illettrisme, qui touche de manière stricte 10% des enfants (30% étant en difficulté au sens large), la violence, le fait que 20% des élèves sortent sans rien et la crise des vocations scientifiques.
Claire Mazeron a parlé de « massification sans démocratisation » en soulignant qu’alors que les enfants de cadres représentent 11% de la population mais 47% des élèves de Grandes Ecoles (contre 25 et 3% pour les enfants d’ouvriers). Tous ont souligné la baisse générale du niveau pour atteindre 82% de réussite au bac (et 98% sur deux ans !). Elle a également souligné la baisse du nombre de candidats au CAPES et la baisse de niveau des futurs professeurs, comme Marc Le Bris.
Les raisons d’une telle déroute
Les intervenants se sont très largement accordés sur ce sujet. La suppression du redoublement a notamment été évoquée par Claire Mazeron qui souligne qu’en 1995, 11% des élèves de 5ème redoublaient, chiffre tombé à 3.6% aujourd’hui. Les intervenants ont critiqué le fait de faire passer des élèves qui n’ont pas le niveau et qui ne rattrapent jamais le temps perdu (80% des enfants qui ne savent pas lire à la fin du CP ne rattraperont jamais ce retard).
Ils ont tous fortement attaqué les méthodes pédagogistes et l’idéologie de l’enfant roi que l’école devrait seulement permettre de s’épanouir. Olivier Arsac nous a montré des documents ubuesques d’apprentissage à la lecture basés sur la forme globale des mots. Dans un brillant exposé, Natacha Polony a souligné le rôle de l’école pour faire des élèves des citoyens appartenant à une collectivité. Pour elle, l’épanouissement n’est pas le but, mais la conséquence.
Comment refonder l’école de la République ?
Là encore, les intervenants, malgré des cursus très différents, s’accordaient sur les solutions. Ils ont tous insisté sur la nécessité de revenir aux méthodes traditionnelles et réduire les enseignements exotiques qui diminuent les horaires des matières nobles jusqu’à l’absurde (4 heures de mathématiques en 1ère S à la prochaine rentrée contre 7 heures il y a dix ans, comme l’a dit Olivier Arsac). Tous ont également souligné le rôle du politique pour soutenir la réforme face à certains médias.
Luc Ferry a insisté sur le CP, parlant de son projet de dédoubler les classes pour les écoles en difficulté. Mickaël Devaux a proposé trois grands axes : l’autorité (en éloignant les élèves perturbateurs), le jugement, en soulignant le rôle structurant des notes qui permettent de s’évaluer par rapport aux autres et l’humilité en affirmant que « les sciences de l’éducation ne sont pas des sciences, mais de l’art ». Nicolas Dupont-Aignan a clôturé la convention par un discours très proche de celui des intervenants.
Ce résumé ne donne qu’un petit aperçu de la richesse des interventions toutes plus passionnantes les unes que les autres. La réforme de l’éducation nationale mérite définitivement d’être un débat majeur en 2012.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Merkel, Sarkozy : les casseurs de l’Europe
07/02/2011 10:27 par rgrs
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Merkel, Sarkozy : les casseurs de l’Europe
07/02/2011 10:27 par rgrs
Pour obtenir de l’Allemagne un accord sur l’augmentation du fonds européen de stabilité financière, les chefs d’Etat sont prêts à abandonner le peu de liberté économique et sociale nationale qui leur restait. Cette véritable mise sous tutelle allemande pose un problème démocratique majeur et ne sera même pas efficace.
La visite d’Angela Merkel hier en Espagne, avec l’attitude stupéfiante de Zapatero rendant compte de sa politique sacrificielle comme un élève présente sa copie au maître d’école, est porteuse d’immenses dangers politiques. La réaction du peuple espagnol comme celle des peuples grec, portugais, italien et, à terme français, sera fatalement vive.
On ne gouverne pas durablement contre les aspirations légitimes du peuple et encore moins sous une tutelle extérieure.
L’effet boomerang sera terrible car lorsque les Espagnols, comme les autres, s’apercevront que ces plans ne peuvent pas marcher et sont synonymes de toujours plus de souffrances, ils renverront leur rancœur vers leur démocratie, vers l’Allemagne et vers l’Europe. Les nations d’Europe ne sont pas l’Allemagne et n’ont ni la vocation ni la faculté de devenir de petites Allemagne. Quand le comprendra-t-on ?
La réaction du peuple allemand sera terrible elle aussi, quand il commencera à comprendre que la machine à éponger la dette des autres est sans fin.
Car le vrai problème est économique. Le nouveau pacte de stabilité, cette espèce de « super-Maastricht », ne produira aucun résultat. Il va plonger les économies dans un cercle vicieux récessif, sans leur donner, en l’absence de dévaluation, la capacité de rebond. On va tout simplement transformer de l’endettement en surendettement !
Les touristes ne se presseront pas en plus grand nombre en Espagne ou en Grèce. Le retard de compétitivité industrielle va s’accroître, faute d’une dynamique d’investissement des entreprises. Les déficits commerciaux vont se creuser. L’écart avec l’Allemagne va s’accroître, et ces pays ne pourront pas rembourser la dette.
La France et l’Italie, quant à elles, sans être encore placées dans cette extrémité, vont s’épuiser dans une sous-croissance, une croissance molle, aboutissant à une dégradation continue de leurs finances publiques et une augmentation sans fin de leurs souffrances économiques et sociales.
Cette situation économique va bien sûr aboutir à une réaction sociale et à des troubles politiques majeurs, sauf à considérer que les peuples peuvent accepter de voir l’Allemagne se renforcer éternellement à leur détriment, de voir les activités industrielles se concentrer au nord de l’Europe et de transformer tout le reste en un parc d’attractions de funeste mémoire.
Il va de soi que ce fameux « pacte de compétitivité » subira le sort du précédent pacte de stabilité, qui n’a jamais été respecté et a même été violé par ses deux principaux concepteurs, l’Allemagne et la France !
La méthode Coué est parfois nécessaire en politique, elle ne n’est jamais durablement efficace en économie.
Les dirigeants européens ne veulent pas admettre qu’une monnaie unique ne peut pas fonctionner avec des économies dissemblables et des démocraties nationales. Les Allemands veulent gagner sur les deux tableaux, profiter de l’euro en évitant les dévaluations de leurs concurrents, mais ne pas assurer de transferts financiers en soumettant ces derniers à un régime de fer. Au lieu de les guérir, on va les maintenir indéfiniment en respiration artificielle !
Ce faisant, ils ne laissent comme choix aux autres pays que de mourir à petit feu ou sortir de l’euro à grand fracas. A force de vouloir maintenir coûte que coûte l’euro dans sa forme actuelle, sous le faux prétexte de sauver l’Europe, Madame Merkel et son collaborateur si déférent, Nicolas Sarkozy, prennent le risque immense de fracasser l’Europe.
C’est une faute historique car justement, la construction européenne n’a pu être engagée que sur la base d’une réconciliation des Nations et, concernant deux des principales d’entre elles, la France et l’Allemagne, sur le principe de leur parité. Ainsi, aligner toute l’Europe sur un seul de ses pays n’est pas construire la « Maison commune » qu’espèrent depuis un demi-siècle les Européens. C’est au contraire revenir aux pires travers de l’histoire européenne.
La France et l’Allemagne ont réussi jusqu’à l’euro à marcher main dans la main car l’une avait pardonné tandis que l’autre acceptait de ne plus dominer. A partir de Maastricht, la France a cessé de faire valoir ses intérêts auprès de sa voisine, croyant s’attirer ses bonnes grâces mais ne parvenant qu’à sacrifier son rang et à déstabiliser tout le continent. Comme l’avait prophétiquement averti Philippe Séguin dans son Discours pour la France, ce n’est rendre service ni à notre pays, ni à l’Europe, ni à l’Allemagne elle-même, que de laisser cette dernière prendre un ascendant excessif sur le continent. Ce nouveau réflexe de puissance et cette nouvelle soumission française, qui en rappelle hélas d’autres durant notre histoire, ne peuvent qu’alimenter une terrible réaction en chaîne.
Les apprentis sorciers qui se vantent de n’avoir aucune culture historique, qui ne respectent pas les peuples, qui sont myopes, porteront une très lourde responsabilité devant l’Histoire.
Plus que jamais, 2012 sera le combat de la liberté de la France et de la concorde en Europe !
Nicolas Dupont Aignan