La mélancolie de l’astronaute
01/02/2011 10:44 par rgrs
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La mélancolie de l’astronaute
01/02/2011 10:44 par rgrs
Il y a vingt cinq ans, la navette Challenger explosait.
Il y a vingt-cinq ans, la navette Challenger explosait. Le 28 janvier 1986 pour être précis. Assez étrangement, je me souviens de la mélancolie, bien plus que de la sidération, qui s’empara de moi à la vue des images du vaisseau blanc se désintégrant dans le ciel impitoyablement bleu à la pureté mallarméenne et de toute une nation assistant en direct à l’événement en « mordant au citron d’or de l’idéal amer ».
En matière de rêve spatial, je suis totalement dépourvu de conscience politique et je reste l’enfant amoureux des récits de Jules Verne et l’adolescent goûtant aux charmes doux-amers des Chroniques martiennes de Bradbury. Je me souviens très bien du visage de Reagan, les yeux au ciel, comprenant soudain ce qui se passait. Je me souviens aussi qu’il y avait une institutrice à bord de Challenger. Cela m’avait marqué parce que c’était ma première année d’enseignement. J’ai eu le deuil américain, ce jour-là, alors que Reagan franchement, ce n’était vraiment pas mon genre de beauté. Entre sa politique économique et son financement des contras au Nicaragua alors que j’avais des copains du CSN(1) qui partaient comme volontaires couper de la canne à sucre pour aider les sandinistes, Reagan, c’était même l’incarnation du mal. Mais là, j’avais l’impression que son malheur était le mien, et puis, par extension, celui de toute l’humanité. J’ai ressenti d’ailleurs la même chose le 11 Septembre. Ce n’est pas seulement dû à cette surprenante faculté étatsunienne qui sait rendre instantanément cinématographique le réel et donner l’impression, si juste finalement, que la catastrophe est toujours plus catastrophique que ne l’aurait imaginé le plus pervers des scénaristes.
Non, il s’agissait juste, pour Challenger comme pour le 11 Septembre, de l’impression de perdre quelque chose en route, quelque chose qui m’appartenait mais qui appartenait aussi à tous les autres. On comprend exactement, dans ces moments-là, la princesse Bibesco quand elle affirmait : « La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière. »
L’explosion de Challenger, c’est mon deuil personnel de la conquête spatiale qui fut la grande affaire de mon enfance, avec peut-être ce qui se cachait sous les jupes des filles. Je ne suis pas dupe, je sais très bien que l’espace (pas les filles), ce fut aussi une féroce concurrence géopolitique. Et c’est quand même toujours avec un certain plaisir que je me dis que si les USA ont fini par gagner le match en 1969 avec le premier pas sur la Lune, c’est tout de même l’URSS qui avait ouvert le score avec le Spoutnik en 1957. Elle menait d’ailleurs encore à la mi-temps avec Gagarine, premier homme dans l’espace en 1961 et même avec la première femme en 1963, la trop oubliée Valentina Terechkova qui n’a pas, à ma connaissance, de collèges à son nom dans les banlieues rouges contrairement à son homologue masculin.
Pourtant, au bout du compte, en la matière, la victoire de chaque camp m’enchantait et il en était de même pour mon père qui me racontait avec la même émotion le premier bip du spoutnik entendu à la radio et la descente de l’échelle par Armstrong, douze ans plus tard, qu’il avait regardée dans un bistrot de Rouen, une nuit d’été, sur un téléviseur mal réglé.
La conquête spatiale, désormais, ne fait plus partie de nos rêves. Enfant, des magasines trop optimistes me promettaient des week-ends sur la lune pour 1980 et des grandes vacances sur Mars pour l’an 2000. Les romanciers de science-fiction, même les plus foutraques comme ceux du Fleuve Noir, ou bien les cinéastes m’annonçaient la même chose. Ils se sont trompés et je leur en veux un peu, d’autant plus qu’ils avaient plutôt bien anticipé, hélas, nos années 10 en matière de problèmes écologiques aggravés par la surpopulation comme dans Soleil vert ou le totalitarisme soft panoptique et médicalisé comme dans THX 1138.
Il apparaît de plus en plus nettement, depuis Challenger, que l’espace n’est plus notre affaire, que cosmonaute (pour les Russes), astronaute (pour les Américains) ; spationaute (pour les Français) et même taïkonaute (pour les Chinois) ne sont plus des métiers qui font rêver les enfants perdus dans l’exploration cyberautiste d’un virtuel de plus en plus envahissant.
Je ne ferai donc jamais ce Voyage dans les Etats et Empires de la Lune dont rêvait mon cher Cyrano dès 1657 (tiens, quatre siècles pile avant Spoutnik.) Et je suis condamné, semble-t-il, à passer le reste de mon âge sur une planète de plus en plus déplaisante, cloué au sol comme un Prométhée au chômage.
Ou, pour dire les choses autrement :
« Ma seule étoile est morte et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la mélancolie. »
Jérôme Leroy
http://www.causeur.fr/la-melancolie-de-l%e2%80%99astronaute,8521
Bonne année républicaine
01/02/2011 10:39 par rgrs
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Bonne année républicaine
01/02/2011 10:39 par rgrs
Mercredi 26 Janvier 2011
En ce début d’année, l’usage est d’adresser des vœux à ceux qu’on connaît, parfois qu’on connaît moins, à ceux qu’on aime bien, parfois même à ceux qu’on n’aime pas du tout.
Le groupe République a évidemment adressé ses vœux républicains nationaux et internationaux.
Et c’est en quelque sorte pour les développer que cette lettre Numéro 45 est publiée.
Tous nos vœux donc à la laïcité (voir article de Charles Coutel), instrument de libération et de lutte contre une pensée officielle qui, au prétexte de liberté, asservit la pensée et méprise l’humain.
Tous nos vœux à la justice dont les garants théoriques n’ont de cesse qu’elle ne soit à terre (voir article de Étienne Tarride). Que les ministres de l’Intérieur et, même parfois, de la Justice, cessent de la bafouer et de l’utiliser à des fins électoralistes.
Tous nos vœux à la Communauté internationale (voir article de Anne-Cécile Robert), dont personne ne sait vraiment ce qu’elle est, tant ses interventions sont ambiguës, contradictoires et trop souvent marquées par le droit du fort sur le faible.
Tous nos vœux surtout à ceux qui se battent pour un niveau de vie déjà bien atteint, pour des retraites déjà bien attaquées par un pouvoir de plus en plus antisocial et de plus en plus favorable aux puissants. Les grandes manifestations et les grèves de 2010 ont semblé être un échec politique et social. Mais des millions de personnes (du moins les seules visibles, beaucoup ne pouvant manifester) ont marqué leur refus de se soumettre, ont refusé les discours officiels et les faux consensus, pourtant relayés par tant et tant de medias.
L’année 2011 ne se limitera pas à l’attente des élections de 2012. Le peuple va devoir résister à de nouveaux coups illégitimes. Il n’a pas le choix de vivre. La crise actuelle, économique autant que morale et politique, oblige à se ressaisir de la République et aux citoyens à réaffirmer individuellement et collectivement leur rôle méprisé depuis des décennies. C’est à eux que nos vœux s’adressent avant tout.
http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&number=45&articlenum=732
Une grève de la faim chez des CRS "ça interpelle forcément" (Chevènement)
01/02/2011 10:33 par rgrs
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Une grève de la faim chez des CRS "ça interpelle forcément" (Chevènement)
01/02/2011 10:33 par rgrs
Dépêche AFP, lundi 31 janvier 2011, 10h22.
L'ancien ministre socialiste de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement (MRC) a estimé lundi qu'une grève de la faim chez des CRS "ça interpelle forcément", soulignant qu'on demande à la police "beaucoup d'efforts" et "en même temps on supprime des postes".
"Je trouve qu'une grève de la faim chez les CRS, ça interpelle forcément, c'est quelque chose de jamais vu", a déclaré le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) sur Canal+, alors que des CRS marseillais en mission à Paris se sont mis samedi en grève de la faim pour protester contre la menace de fermeture de leur compagnie.
"C'est très original comme mouvement en tout cas" et "ça pose le problème des conditions dans lesquelles on fait évoluer la police", a-t-il ajouté.
"Les CRS sont une force de protection de l'ordre public, il appartient au ministère de l'Intérieur de voir comment les utiliser au mieux", a préconisé M. Chevènement, rappelant qu'il l'avait "fait autrefois en fidélisant les CRS dans certains quartiers dits sensibles sans pour autant dissoudre leurs unités".
Selon lui, "sans doute le ministère confronté à la RGPP (Révision générale des politiques publiques), c'est-à-dire à la baisse des postes, essaie de transférer les postes des CRS vers d'autres formes de police". Or, a-t-il dit, on demande à la police "beaucoup d'efforts, notamment en matière statistique, et en même temps on supprime des postes".
"Les postes qui avaient été créés par M. Sarkozy (alors ministre de l'Intérieur) dans les années 2002-2003 aujourd'hui sont supprimés", a souligné le sénateur du Territoire de Belfort.
"Nous méritions d'avoir une police professionnelle, une police républicaine" et "il ne faut pas réduire les effectifs de police en dessous du niveau où ils étaient en 2002".
Quant à la création de policiers citoyens, il a lancé : "c'est zéro, ça!" "La police c'est un métier, ça demande un professionnalisme certain, c'est un métier difficile" dans lequel "il y a chaque année des milliers de blessés et un certain nombre de tués. Par conséquent, je pense qu'il ne faut pas créer des forces supplétives et non professionnelles", a expliqué l'ancien ministre.
La défense anti-missiles balistiques de l’OTAN: une faute stratégique
01/02/2011 10:27 par rgrs
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La défense anti-missiles balistiques de l’OTAN: une faute stratégique
01/02/2011 10:27 par rgrs
Lors de son sommet de Lisbonne les 19 et 20 novembre, l’OTAN vient de décider officiellement la mise en place d’une Défense Anti-Missiles Balistiques de Territoire (DAMBT) (1) en Europe, décision que les sommets précédents de Riga et Bucarest avaient largement préparée. La France se trouve embarquée dans une stratégie militaire et diplomatique dangereuse, sans qu’aucun débat parlementaire ou médiatisé ne soit tenu sur un choix d’une telle importance. A notre Mouvement d’en mettre en évidence les enjeux.
La question de la protection contre les missiles balistiques se posa dans les années soixante au moment où les engins intercontinentaux devinrent opérationnels. L’absence de technologies adaptées et l’équilibre obtenu par la dissuasion nucléaire, la « destruction mutuelle assurée », amenèrent les USA et l’URSS à signer en 1972 le Traité ABM d’Interdiction des Armes anti-missiles, sans doute en attendant que la technique se mette à la hauteur… En 1983 Reagan rompt le consensus et provoque une révolution avec l’Initiative de Défense Stratégique (IDS) qui annonce la création d’un « bouclier anti-missile ». Contrairement à la dissuasion nucléaire qui répond à une agression majeure par une riposte massive infligeant à l’agresseur des destructions insupportables, il s’agit dorénavant de donner priorité à la destruction en vol des missiles assaillants par des missiles défensifs qui entrent en collision ou explosent à proximité. D’une protection par la menace d’une contre-agression on passe à une protection par l’invulnérabilité du territoire. Ralentie par Clinton, puis reprise avec vigueur par Bush fils, cette doctrine partage, avec la dissuasion classique, la première place des choix stratégiques des Etats-Unis et a donné lieu à la mise en place opérationnelle d’un système d’une extraordinaire complexité.
Décrivons-le brièvement. Des satellites spécifiques détectent le lancement d’un missile assaillant, localisent, identifient l’agresseur, transmettent les données, transmettent les ordres de tir aux installations au sol, ceci durant la phase de propulsion du missile. Des radars à très longue portée, des radars de calcul de la trajectoire balistique, d’autres types de missiles défensifs installés au sol ou sur navires sont mis en action durant la phase de mi-course à très haute altitude (de 500 à 2000 Km) ; enfin d’autres radars, d’autres missiles sont optimisés pour l’interception durant la phase de rentrée dans l’atmosphère. Sachant que les vitesses acquises par les missiles assaillants vont de 1,5 km/s pour une très courte portée (500km) à 6 km/s pour les longues portées (6000 km ou plus), le temps disponible pour détecter-identifier-vérifier-calculer-choisir la réponse-décider-exécuter est de 8 mn si l’agresseur est à 1000 km, 15 mn s’il est à 3000 km, 30 mn s’il est à 10000 km…
La mise en œuvre d’un tel système pose d’énormes difficultés à résoudre en quelques minutes. Le missile assaillant peut larguer des leurres et émettre des contre-mesures qui rendent aléatoires la discrimination et le repérage ; les installations basées à terre sont localisées et préventivement attaquables ; les missiles actuels sont capables de manœuvres évasives et peuvent larguer plusieurs têtes en fin de course, alors que cette rentrée en atmosphère est parcourue pendant 20 à 40 s durant laquelle une interception est reconnue illusoire. Les radars d’alerte avancée sont nécessairement situés dans des Etats étrangers, éloignés de l’Etat protégé, et qui doivent assumer les risques de cette alliance. Dans l’hypothèse d’une interception réussie à mi-course, la plus probable, les retombées du missile assaillant, éventuellement nucléaires, peuvent atteindre les Etats survolés à ce moment, ou, au gré des vents, d’autres contrées étrangères au conflit. Un missile tiré contre la France depuis le Moyen-Orient survolerait cinq Etats avant d’approcher du but ; faudrait-il conclure à l’avance cinq accords, et avec quel contenu ? Pour avoir une probabilité acceptable d’interception, les experts estiment que deux missiles défensifs contre un assaillant sont un minimum; on imagine les difficultés face à une salve de missiles. Les essais réalisés à ce jour ont abouti à des résultats mitigés. Le système est évidemment désarmé face à une agression par un missile de croisière volant à quelques centaines de mètres du sol, engin dont la prolifération est probable à mesure que les Etats acquièrent la maîtrise des systèmes de guidage.
De tels constats suffisent à discréditer la DAMBT. Et nous ne parlons pas des coûts qu’il est impossible d’évaluer.
Mais la critique essentielle se situe à un autre niveau, celui des principes d’une politique de défense, les aspects techniques étant secondaires. En 1983, Reagan avait justifié l’IDS par un argument habile : l’invulnérabilité promise allait rendre obsolète la dissuasion nucléaire, message très favorablement accueilli par une opinion universelle effrayée par la perspective de représailles qui reproduiraient la tragédie d’Hiroshima. Ce discrédit du nucléaire fait son chemin. L’article Rocard-Juppé, et surtout le discours d’Obama à Prague en faveur de l’option « zéro nucléaire », mais qui ne dit rien de la DAMBT, en montre l’influence, et cela tend à accréditer auprès du public le choix d’un dispositif exclusivement défensif.
Le nombre d’Etats en possession de missiles balistiques à moyenne et longue portée s’est sensiblement accru ces dernières années : la Corée du Nord, le Pakistan, l’Iran, l’Inde ont rejoint les cinq puissances nucléaires ; d’autres s’y joindront. La portée et la précision progressent rapidement. De tels engins font désormais partie des rapports de force internationaux. Est-il légitime de s’en protéger par un dispositif spécifique venant s’ajouter à la dissuasion nucléaire ?
Quelle menace justifie la DAMBT dans le discours des USA ? Une attaque balistique par l’Iran… Hypothèse absurde, pire que le mensonge sur les armes de destruction massive de l’Irak qui, elle, était vraisemblable. Quel esprit sensé peut envisager une agression majeure des Etats-Unis par un Etat qui serait réduit en cendres dans les heures suivantes ? Si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, c’est pour se sanctuariser, et jouer ensuite de cette puissance, plus psychologique que technique, dans sa zone d’influence ; par ailleurs aucune organisation terroriste ne pourra se donner les moyens d’acquérir de telles armes. Il est remarquable que l’inanité de l’argument ne fait pas obstacle à son utilisation répétée par le conditionnement idéologique quotidien. Il en va de même pour les autres Etats émergents qui estiment que l’accession au nucléaire militaire est la meilleure garantie de leur intégrité, et dont les offensives seraient suicidaires.
Le danger provoqué par le développement du système anti-missile américain balistique est son addition à la dissuasion nucléaire classique. Car l’obsolescence de celle-ci invoquée dans le discours de Reagan est elle-même obsolète, et si les américains soulignent, dans leur récente « Nuclear Posture Review » 2010, que l’emploi de leurs armes nucléaires est désormais limité aux cas d’agression elle-même nucléaire ou utilisant des armes de destruction massive (biologique, chimique), ils affirment en même temps qu’ils conserveront une haute capacité de frappe nucléaire tant que perdurera une menace de cette nature. Le petit pas des récents accords START 2 est significatif. Leur choix est depuis longtemps d’ajouter la Défense Anti-Misssiles Balistiques de Territoire à la dissuasion et d’y entraîner l’OTAN.
Revenons aux fondements de la dissuasion nucléaire. La paix résulte d’un état d’équilibre stable entre deux adversaires potentiels qui tous deux sont vulnérables à l’agression de l’autre, mais qui possèdent tous deux la capacité de riposter en infligeant à l’agresseur des destructions telles que, même si celles-ci n’étaient que partielles, les avantages attendus de son agression seraient disproportionnés par rapport à ses propres pertes. Ce calcul ne vaut que pour l’atteinte aux « intérêts vitaux », l’absence de leur définition renforçant la gravité du risque.
Chacun accepte sa faiblesse mais a confiance en sa force ; chacun respecte la force de l’autre tout en connaissant ses faiblesses ; un double équilibre est ainsi assumé, dans la conscience de soi et dans la vision de l’autre, fondateur de relations sur une base égalitaire dans des contextes géopolitiques qui rejettent de plus en plus les hégémonies et requièrent au contraire le multilatéralisme. L’analogie peut être faite avec les relations interpersonnelles.
Tout autre est la logique engagée par l’érection de barrières qui se veulent infranchissables, quand bien même elles ne le seraient pas. Se protéger derrière sa cuirasse et brandir le glaive suprême face à des Etats qui ne possèdent que des glaives encore bien courts est à l’évidence vouloir pérenniser une position de toute-puissance. La conjugaison de ces deux forces procure une puissance démesurée : à l’abri d’une agression, l’Etat qui en dispose a les mains libres pour employer ses armes nucléaires ou conventionnelles sans craindre la riposte ; il est protégé contre la réponse à ses propres offensives ! Les Etats-Unis veulent à la fois l’inviolabilité de leur territoire et la capacité de frappe maximale illimitée. Aucune réciprocité n’est admise dans cette affirmation d’une position unilatérale qui suppose et promeut l’inégalité dans la possession de la puissance militaire. Or seules l’acceptation de la réciprocité des risques et la limitation consciente des capacités de destruction peuvent éviter d’entraîner la planète dans une spirale de violence.
Il est possible d’interpréter cette recherche constante d’hégémonie par la primauté du technologisme dans le cadre idéologique des américains. Il est également recevable de voir dans cette intolérance à la moindre vulnérabilité la persistance du traumatisme de Pearl Harbour réactivé par le 11 septembre 2001. Quoi qu’il en soit, la dénonciation unilatérale du traité ABM par G.W.Bush en 2001, le refus de renégocier un traité interdisant les missiles anti-missiles demandé par la Chine, le déploiement d’éléments DAMBT en Alaska, en Californie, au Danemark, en Ecosse, sur les bâtiments de l’US Navy, des partenariats qui installent un système complet avec le Japon et en Israël, des investissements de l’ordre de 10 mds $ par an, autant de manifestations de la volonté d’aller jusqu’au bout de ce choix politique. B.Obama a dû renoncer à l’installation de missiles en Pologne et de radars en Tchéquie face à l’hostilité de la Russie, mais ce projet est maintenant remplacé par des radars embarqués sur des navires américains et croisant en Méditerranée.
Le dispositif anti-missiles balistiques de l’OTAN sera nécessairement couplé avec la Missile Defense propre aux USA et dont il sera une branche. Les énormes contraintes techniques et de réactivité quasi-immédiate imposent l’unicité de commandement qui est évidemment américain. Les Etats européens, qui persistent à vouloir bénéficier d’une protection militaire à moindre coût grâce à l’OTAN, n’émettent aucune objection, et l’Allemagne elle-même continue d’affirmer que l’OTAN est « le seul cadre crédible pour la protection de l’Europe », de quoi donner des inquiétudes à ceux qui croient encore en une Politique de Sécurité et de Défense crédible de l’Union européenne !
Organisation militaire justifiée par la menace soviétique en Europe, l’OTAN se donna ensuite un champ d’action géographiquement illimité pour préserver son existence, et pérenniser la dépendance des nations européennes à son égard. A un moment où cette organisation peine à se définir, où le fiasco en Afghanistan est inéluctable, et où l’Europe n’est plus au centre des enjeux internationaux, la création d’une DAMBT vient à point renforcer ce lien qui devient une véritable tutelle technique et surtout politique. La France, qui en d’autres temps aurait tenu une position remarquée, est rentrée dans le rang et se soumet à une stratégie qui ne correspond ni à son choix initial ni à ses intérêts.
L’hégémonie militaire de Etats-Unis dans les années quatre-vingt-dix va de pair avec la domination du capitalisme financier, toutes deux créations du néo-conservatisme. Aujourd’hui les USA sont en grandes difficultés économiques et budgétaires, leurs forces militaires sont en échec sur le terrain, leur situation politique interne est soumise à de nouvelles tensions, et néanmoins ils jouent une dangereuse fuite en avant avec le développement de ce gigantesque système. L’équilibre de la dissuasion est rompu, le lieu des conflits s’étendra prochainement à l’espace dont la militarisation est déjà une réalité avec les destructions de satellites par des missiles, en attendant d’être vraiment arsenalisé par le positionnement d’armes dans cet espace. La bataille hors territoire sera bientôt possible. La course aux armements est relancée pour les Etats les plus puissants qui refuseront de se laisser distancer, les autres s’efforçant de courir derrière. La contradiction entre la perte d’influence et cette volonté de puissance absolue est irrationnelle et inquiétante. Est-ce une fatalité qu’un régime en déclin réagisse en aggravant les déséquilibres dont il est responsable et lui-même victime ?
A l’occasion d’un colloque sur les antimissiles, J.S. Mongrenier, de l’Institut Français de Géopolitique, concluait en ces termes :
« Nous sommes plongés dans ce que le philosophe M.Heidegger nomme le monde de la technique, un univers dans lequel le souci des fins et les objectifs ultimes de l’Homme sont éclipsés par la seule considération des moyens ; une certitude : tout ce qui peut être techniquement réalisé sera effectivement réalisé ». La folie du XXe siècle va-t-elle se poursuivre au XXIe ? Ce n’est rien moins que ces enjeux qui sont contenus dans la décision déjà prise d’entraîner les Etats européens dans cette galère. Les politiques participant à ce sommet ont-ils conscience du processus qu’ils ont engagé ?
Une contribution de Clément Lacaille, Premier secrétaire de l’Union Régionale de Bourgogne.
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1) A ne pas confondre avec la Défense anti-missile de Théâtre qui protège une zone restreinte, par exemple un déploiement de troupes à l’extérieur, le groupe aéronaval, contre des missiles de courte portée, qui est tout à fait justifiée et dont la France possède actuellement les principaux moyens.
Le retour des héritiers
01/02/2011 10:22 par rgrs
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Le retour des héritiers
01/02/2011 10:22 par rgrs
Il y a deux manières de s'enrichir: par le travail et par l'héritage. La seconde est en train de prendre une place de plus en plus décisive en France. Favorisée par une fiscalité accommodante, une "société d'héritiers" se met en place, au détriment de l'égalité des chances et du dynamisme économique.
- Une France d'héritiers
Après une forte baisse amorcée au XXe siècle, le poids de l'héritage remonte en flèche. Un retour qui met à mal l'égalité des chances et handicape l'économie.
- Jackpot pour les grosses successions
Votée en 2007 pour défendre la valeur travail, la loi Tepa protège surtout la reproduction et la transmission du capital. Une injustice sociale et fiscale qui pourrait s'aggraver si l'ISF venait à être supprimé.
- Entreprises: les familles aux manettes
Annoncé comme moribond depuis la financiarisation de l'économie, le capitalisme familial reste très présent en France. Pour le pire ou le meilleur?
Alternatives Economiques n° 298 - janvier 2011
Affaire Rantanplan/Jacob, quand la futilité se donne en spectacle
01/02/2011 10:12 par rgrs
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Affaire Rantanplan/Jacob, quand la futilité se donne en spectacle
01/02/2011 10:12 par rgrs
Dans « l'affaire Jacob/Rantanplan », l'indécence de la politique politicienne est entièrement à l'œuvre. Pour Philippe Bilger, c'est encore une fois un incident anecdotique qui sert à occuper l'espace médiatique pour mieux occulter les véritables enjeux sociaux et politiques du moment.
Vous croyez qu'on n'a pas de temps à perdre en vaines querelles, qu'il y a eu la Tunisie puis maintenant l'Egypte, que la crise est mondiale et que la France n'est pas au mieux ? Vous vous trompez. L'essentiel est que Christian Jacob, président du groupe parlementaire UMP, a été traité de Rantanplan (jdd.fr, nouvelobs.com).
Vous croyez que la justice et son indépendance, la police et ses enquêtes, l'Etat de droit en général appellent une attention démocratique de tous les instants ? Vous faites erreur. L'important est qu'on reproche au Premier ministre d'avoir traité Christian Jacob de Rantanplan.
Vous croyez que le chômage qui ne baisse pas, l'état calamiteux de nos finances publiques devraient mobiliser prioritairement le monde politique ? Vous vous égarez. L'urgent est de vérifier si le démenti du Premier ministre sur Rantanplan est fondé ou non quand Christian Jacob, paraît-il, s'est plaint auprès de lui.
Vous croyez qu'à quelques quinze mois de l'échéance présidentielle les citoyens sont en droit d'attendre de leurs gouvernants et du parti dominant des perspectives, une vision, moins une agitation législative, une obsession de la réforme pour la réforme qu'une réflexion forte pour l'avenir, une volonté de redonner un sens, de recréer un destin collectif ? Vous êtes vraiment futiles. Le capital est d'entendre Jean-François Copé, à son tour, déplorer que le Premier ministre se soit laissé aller à Rantanplan sur Christian Jacob.
Il y a tous les drames sociaux, les misères et les tragédies au quotidien, le désespoir de beaucoup qui ont du mal à joindre « les deux bouts » et supportent de plus en plus mal leur infortune quand l'argent crève l'écran de notre République, quand ostensiblement la France qui possède et abuse oublie l'autre et que le pays se retrouve cassé en deux. Vous croyez qu'il y a là de quoi se révolter ? Vous avez du temps à perdre. Le fondamental est de déterminer qui a pu traiter Christian Jacob de Rantanplan et si le coupable de cette faute gravissime ne serait pas en réalité un collaborateur de Jean-François Copé (Paris Match).
J'admets forcer le trait mais il n'empêche que Rantanplan, depuis une quinzaine de jours, agite et occupe. Quelle énergie est dépensée pour ce ridicule incident ! Je me demande si ceux qui ont participé à cette joute se rendent bien compte du désintérêt absolu du peuple à l'égard de ces péripéties pichrocholines.
Plus sérieusement, quand le président de la République s'est emparé du crime de Pornic, il a affirmé que lutter contre la récidive était le seul moyen de faire pièce au Front national (Le Figaro). On peut en discuter. En 2007, on l'a asséché. En 2011, ne lui redonne-t-on pas vigueur en venant sur son territoire, fût-ce pour le dénoncer ? Ce qui est sûr en revanche, c'est que Rantanplan est une catastrophe sur ce plan. Les digressions dérisoires et grotesques que la République s'octroie comme pour se divertir font le lit d'une frange de plus en plus importante de la communauté nationale qui, méprisant les partis, moquant la politique et les « politiciens », est ouverte à toutes les dissidences pourvu qu'elles ne soient pas gangrénées par la légalité républicaine.
Rantanplan, c'est la distraction d'un univers qui ne sait plus où donner de la tête, un monde qui s'occupe de très peu ici parce qu'il est impuissant par ailleurs.
Lire d'autres articles de Philippe Bilger sur son blog..philippebilger.com
Tunisie, Egypte : Bachir el Assad a sa petite idée…
01/02/2011 10:01 par rgrs
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Tunisie, Egypte : Bachir el Assad a sa petite idée…
01/02/2011 10:01 par rgrs
Dans un entretien accordé par le président syrien au Wall Street Journal, Bachir el Assad livre ses réflexions sur la situation dans la région suite aux évènements en Tunisie et en Egypte. La lecture de ses propos n’est pas seulement fascinante mais aussi importante pour comprendre les courants de fond qui agitent le monde arabe -ainsi que l’Iran et la Turquie. L’échange est particulièrement révélateur
WSJ : En tant que président de la Syrie, quelle est votre vision des évènements en Tunisie, en Egypte en Algérie et en Jordanie ? Comment voyez-vous les changements dans la région et quelles en seraient les éventuelles répercussions en Syrie ?
Bachir el Assad: [..] Je ne parle pas ici au nom des Tunisiens ou des Egyptiens. Je parle au nom des Syriens [..]. Nous sommes dans des circonstances plus difficiles que la plupart des pays arabes et malgré cela la Syrie est stable. Pourquoi ? Parce qu’il faut être proche des croyances du peuple. C’est un point essentiel. Quand il y a une divergence entre la politique menée et les croyances et intérêts du peuple, un fossé se crée et cela génère des perturbations. Car les gens ne vivent pas qu’en fonction de leurs intérêts matériels, ils vivent aussi de croyances et surtout d’idéologie. Si vous ne comprenez pas la dimension idéologique de la région, vous ne pouvez pas comprendre ce qui est en train de se passer.
Quels sont donc ces “croyances” du peuple ? Quelle est cette « idéologie » régioniale qui est, selon Assad, la clé de la survie des régimes ? Quelle est la différence entre la Syrie et les pays comme la Tunisie, l’Egypte, le Yémen ou la Jordanie ? Si on avance par élimination on peut tout de suite exclure, cela va sans dire, les libertés démocratiques, mais aussi l’Islam : la Syrie est un Etat laïque et les Frères musulmans locaux ont été méthodiquement exterminés par le père de l’actuel président en 1982. Ce n’est pas non plus la situation économique : le PIB égyptien est supérieur à celui de la Syrie (5%-10% de différence) ou de la Jordanie. En fait, la seule différence entre la Syrie et ses voisins est son hostilité viscérale aux Etats-Unis et à Israël.
Cette analyse, juste et profonde, du président syrien jette une lumière nouvelle sur la situation dans la région. Peu importe si l’Egypte a fait des progrès énormes grâce à l’aide américaine, et si elle a récupéré les territoires occupés par Israël jusqu’au dernier millimètre carré : le rejet est idéologique et n’a rien à voir avec tel ou tel contentieux réel.
Voilà donc la politique qui sera adoptée par les Frères musulmans s’ils arrivaient au pouvoir au Caire : plus de relations avec Israël, plus de relations avec les Etats-Unis. Les problèmes profonds de l’Egypte sont tellement compliqués que personne, quelle que soit la longueur de sa barbe, ne pourra les résoudre rapidement. Mais le président syrien nous dit que ce n’est même pas la peine d’essayer. Il nous dit que ventre creux a une ouïe sélective et, plutôt que de le remplir, il suffit de murmurer les formules magiques qui détournent la colère.
http://www.causeur.fr/tunisie-egypte-bachir-el-assad-a-sa-petite-idee%e2%80%a6,8519
Mouvement des CRS : réactions PCF, Dupont-Aignan et d'un député UMP
01/02/2011 09:55 par rgrs
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Mouvement des CRS : réactions PCF, Dupont-Aignan et d'un député UMP
01/02/2011 09:55 par rgrs
Voici des réactions du PCF, des députés Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et Lionnel Luca (UMP) au mouvement de protestation des CRS contre la fermeture programmée de plusieurs compagnies :
- Ian Brossat, responsable des questions de sécurité au PCF : "Fidèle à l'idéologie comptable de sa RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), le gouvernement supprime des postes de policiers, et désormais de CRS.Sur la soixantaine de compagnies existantes, les syndicats prévoient la remise en cause de la moitié d'entre elles".
"Privilégiant le recours systématique à la technologie et aux sociétés privées, le gouvernement persiste et signe", et selon M. Brossat, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux doit confirmer mercredi "la fermeture de deux compagnies de CRS, à Lyon et Marseille, et le reclassement de 280 fonctionnaires" (communiqué)
- Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la République, assure les CRS de son "soutien total et déterminé".
"Le mouvement de protestation des CRS qui font face aux fermetures programmées de compagnies est d'une ampleur inédite pour la profession. Aujourd'hui, certains CRS sont même engagés dans une véritable grève de la faim qui prouve tout à la fois leur détermination et leur désarroi".
"C'est une véritable privatisation de la police nationale que dénoncent aujourd'hui les CRS (...) Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que le concept de +rentabilité" n'est pas pertinent pour une Institution dont le but n'est ni de gagner de l'argent, ni d'en économiser, mais simplement de garantir la sécurité de nos compatriotes et le maintien de l'ordre public" (message sur son blog)
- Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, a écrit lundi à Brice Hortefeux pour lui demander d'être informé d'une réorganisation chez les CRS "qui pourrait concerner les compagnies 6 et 54 de la région méditerranéenne".
"C'est avec un grand étonnement que je découvre par les médias que celle-ci est en cours avec une certaine brutalité, qui a pour conséquences des réactions inhabituelles chez ceux qui assurent l'ordre républicain".
"J'ai donc l'honneur de solliciter une information à ce sujet tout en souhaitant que le dialogue indispensable à ce genre de réorganisation puisse s'établir afin de mettre un terme à l'émoi suscité" (copie de son courrier transmise à la presse).
AFP
http://www.leparisien.fr/lyon-69000/mouvement-des-crs-reactions-pcf-dupont-aignan-et-d-un-depute-ump-31-01-2011-1293763.php
Mariage homo: de quel droit?
01/02/2011 09:47 par rgrs
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Mariage homo: de quel droit?
01/02/2011 09:47 par rgrs
A chaque lobby sa loi…
Les associations d’homosexuels ont donc feint, comme l’on pouvait s’y attendre, d’être « déçues » par la décision du Conseil constitutionnel du 28 janvier 2011 constatant que la Constitution française n’impose nullement d’ouvrir la possibilité de se marier à deux individus du même sexe. Nulle personne sensée n’avait pourtant imaginé que l’institution de la rue Montpensier, que l’on dit composée de « Sages », allait se mettre soudain à faire divaguer la Constitution, comme le fait souvent la Cour européenne des droits de l’homme en livrant de la Convention du même nom des interprétations pour le moins constructives et fantaisistes. Il se trouve d’ailleurs que la Constitution française est absolument muette sur le mariage et que son article 34 se borne à renvoyer à la loi le soin de « fixer les règles concernant l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux et les libéralités ».
Mais les avocats des deux lesbiennes requérantes et des associations qui les soutiennent y sont évidemment allées de l’éternelle rhétorique victimaire utilisée par toutes les militances catégorielles pour demander au Conseil de mettre un terme à l’odieuse discrimination dont seraient victimes les homosexuels du fait d’une législation civile attentatoire au principe constitutionnel d’égalité des citoyens devant la loi.
Seulement, la question juridique n’est, en l’occurrence, pas du tout celle-là. La loi française, en effet, ne prive pas une catégorie de personnes de l’accès à un « droit » qu’elle aurait créé. Il se trouve que le mariage n’a jamais été conçu autrement qu’entre un homme et une femme, seuls capables d’engendrer, et qu’il ne se définit donc pas en dehors d’une relation hétérosexuelle. Il est exclusivement la consécration institutionnelle de celle-ci. Ce que résumait Renaud dans une jolie chanson : « Même si j’étais pédé comme un phoque, je n’serais jamais en cloque. »
Le monopole hétérosexuel du mariage n’est donc pas le fruit d’une législation arbitraire, discriminatoire et « hétérocentriste », il est tout simplement sa définition même, de telle sorte que Jacques Chirac n’avait souffert d’aucune « absence » en parlant de « parodie de mariage ». Il ne peut s’agir que de cela, en effet, et les images du fameux « mariage de Bègles », évoquant celui de Thierry Le Luron et de Coluche, semblaient sorties de ces peintures haïtiennes représentant les mariages burlesques des carnavals antillais.
La loi française n’est donc pas discriminatoire, le traitement différent de situations différentes n’étant évidemment pas prohibé par le principe d’égalité, sauf à prétendre aussi abroger la condition d’âge nubile, autrefois fixée à la puberté et aujourd’hui à la majorité. Ce que veulent les militants homosexuels, c’est tout simplement faire changer le sens même du terme de mariage pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais pu vouloir dire.
La question fondamentale est donc celle du sens et de la fonction du droit dans une société. Sans doute le droit sait-il depuis longtemps créer des fictions dont l’adoption est l’exemple type, mais il s’efforce toujours de les rendre vraisemblables et de ne pas s’écarter de la réalité possible. Faut-il aller toujours plus loin dans l’artificialisme en satisfaisant toujours plus de revendications aberrantes au nom d’un prétendu « progrès » et de la reconnaissance de droits illimités ou refuser rationnellement l’institutionnalisation de ce qui n’est tout simplement pas vraisemblable ?
Dans un article du 3 juillet 2010 consacré aux passions de certains individus pour leurs animaux domestiques, le journal Marianne faisait part du mariage d’un individu humain de sexe masculin avec sa chatte prénommée Cécilia. L’on sait, en effet, que des juristes anglo-saxons s’interrogent sur les moyens de léguer un héritage à un animal tandis que le mouvement de l’écologie profonde réclame, derrière l’américain Peter Singer, la rédaction d’une Déclaration universelle des droits des grands singes. Le Traité de Lisbonne a amorcé un pas en ce sens en stipulant que « l’Union et les États-membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles ». Il y a fort à parier que les militants de la libération animale ne s’arrêteront pas là, d’autant que certaines légendes racontent que les singes seraient capables d’élever, à défaut d’éduquer, un enfant humain.
Nul doute qu’après la décision du Conseil constitutionnel, les associations d’homosexuels reprendront leur harcèlement en direction du législateur, tout comme le lobby mortifère du « droit de mourir dans la dignité » qui reprend sans relâche sa « lutte » après chaque refus essuyé. Dans son livre intitulé Quand les minorités font la loi (Les voies du droit, PUF, 2002), la juriste canadienne Andrée Lajoie a montré comment la tyrannie des minorités s’exerçait complémentairement dans les prétoires et les hémicycles. On s’en remet donc désormais au politique non sans avoir d’abord paradoxalement obtenu de celui-ci qu’il interdise le débat démocratique en incriminant pénalement les arguments adverses qualifiés de sexistes, homophobes, handiphobes ou autres. Le débat politique avec les « Khmers roses » (François Devoucoux de Buysson, éditions Blanche, 2003) a donc toutes les chances de se transformer en monologue agressif et sectaire.
Anne-Marie Le Pourhiet
http://www.causeur.fr/mariage-homo-de-quel-droit,8511
Chronologie de la 5ème République sous Charles de Gaulle
01/02/2011 09:43 par rgrs
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Chronologie de la 5ème République sous Charles de Gaulle
01/02/2011 09:43 par rgrs
Chronologie de la 5ème République sous Charles de Gaulle

Gaullisme.fr vous propose en plusieurs épisodes « la chronologie de la Ve république sous Charles de Gaulle ».
Les principales dates vous sont proposées accompagnées de commentaires succincts ou plus détaillées (Liens sur Gaullisme.fr).
Le premier épisode couvre la période du 1er juin au 30 septembre 1958.
Gaullisme.fr éditera 2 à 3 épisodes par mois jusqu’au décès du général de Gaulle, le 9 novembre 1970.
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1er juin : Officiellement pressenti le 29 mai par le président de la République M. René Coty, le général de Gaulle se présente à l’investiture de l’Assemblée nationale qui lui est accordée à 21 h 15 par 329 voix (dont 42 socialistes) contre 224 (dont 49 socialistes et tous les communistes) sur 553 votants.
2 juin : Le général de Gaulle qui a aussitôt formé un gouvernement comprenant des représentants de toutes les formations politiques, sauf les communistes, le présente à l’Assemblée nationale qui l’accepte en lui donnant les pleins pouvoirs pour six mois et en lui confiant mission de changer la Constitution.
3 juin : Loi constitutionnelle
3-7 juin : Voyage du général de Gaulle en Algérie : à Alger le 4 à Constantine et à Bône le 5 ; à Alger, Oran et Mostaganem le 6 pour y manifester la restauration de l’État et annoncer qu’il n’y aura plus qu’un seul collège électoral.
13 juin : Allocution radiodiffusée du général de Gaulle à l’hôtel Matignon appelant au redressement national et annonçant une nouvelle organisation des liens de la métropole avec l’Afrique et Madagascar.
14 juin : Accord franco-marocain relatif au stationnement des troupes françaises au Maroc.
16 juin : Entretien du général de Gaulle à l’hôtel Matignon avec M. Paul-Henri Spaak, secrétaire général de l’OTAN. En Hongrie, exécution d’Imre Nagy.
17 juin : Lancement d’un emprunt national : 3,5 % à nominal gagé sur le cours de la pièce de 20 francs-or et affranchi de droits de succession. Accord franco-tunisien pour l’évacuation des bases militaires françaises en Tunisie à l’exception de Bizerte.
27 juin : Allocution radiotélévisée du général de Gaulle à l’hôtel Matignon sur le rétablissement de l’équilibre économique et financier.
29-30 juin : Entretien du général de Gaulle à l’hôtel Matignon avec M. Harold Macmillan, Premier ministre britannique.
1er juillet : Message du général de Gaulle à M. Nikita Khrouchtchev, président du gouvernement soviétique, au sujet d’un projet de conférence au sommet.
1er-3 juillet : Voyage du général de Gaulle en Algérie pour inspection de l’armée Constantine le 1er ; Taka, Tizi-Ouzou et Fort National le 2 : allocution radiodiffusée à Alger le 3 pour annoncer un plan de développement économique et le vote des femmes musulmanes. Refus de recevoir le Comité de salut public, mais réception du général Massu, préfet d’Alger, et de nombreuses personnalités musulmanes.
5 juillet : Entretien du général de Gaulle à l’hôtel Matignon avec M. John Foster Dulles, secrétaire d’État des États-Unis.
8 juillet : Entretien du général de Gaulle à l’hôtel Matignon avec M. Strauss, ministre de la Défense de la république fédérale d’Allemagne.
13 juillet : À l’hôtel Matignon, allocution radiodiffusée du général de Gaulle aux pays d’outre-mer.
14 juillet : Le général de Gaulle assiste à la cérémonie à l’Arc de Triomphe, puis se rend à Toulon où il passe en revue la flotte. En Irak le roi Faïçal est assassiné et remplacé par le général Kassem de tendance « progressiste ». Des forces américaines débarquent au Liban, et anglaises en Jordanie.
25 juillet : Transfert de la présidence des Conseils de gouvernement d’A-OF, d’A-ÉF et de Madagascar, à leurs anciens vice-présidents, africains et malgache.
26 juillet : Le général de Gaulle répond défavorablement à la proposition soviétique de conférence au sommet.
27-29 juillet : Séjour privé du général de Gaulle à Calais.
29 juillet : Le Comité consultatif constitutionnel est saisi de l’avant-projet de la future Constitution.
1er août : Allocution radiotélévisée du général de Gaulle sur l’équilibre budgétaire de 1958.
2 août : Visite du général de Gaulle au centre nucléaire de Marcoule (Gard).
5 août : Entretien du général de Gaulle à l’hôtel Matignon avec Mme Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d’Israël.
7 août : Entretien du général de Gaulle à l’hôtel Matignon avec M. Fanfani, ministre des Affaires étrangères d’Italie.
8 août : Devant le Comité consultatif constitutionnel, le général de Gaulle souligne les points qu’il considère comme essentiels : option possible entre l’indépendance et l’association pour les populations d’outre-mer ; large collège électoral pour l’élection du président de la République ; moyens pour ce dernier d’exercer la légitimité nationale en cas de crise grave ; incompatibilité des fonctions ministérielles et parlementaires.
19 août : Allocution du général de Gaulle à la Préfecture de police en commémoration de l’insurrection de la police parisienne en août 1944.
20-29 août : Voyage du général de Gaulle en Afrique noire, à Madagascar et en Algérie, pour expliquer le sens de la future Constitution et le statut fédéral de la Communauté avec la France : 21 août, Fort-Lamy (Tchad) ; 22 août, Tananarive (Madagascar) ; 23-24 août, Brazzaville (Moyen-Congo) ; 24-25 août, Abidjan (Côte-d’Ivoire) ; 25 août, Conakry (Guinée) qui manifeste un désaccord massivement orchestré 26 et 27 août, Dakar (Sénégal) ; 27, 28 et 29 août, Alger.
21 août : l’ONU demande aux États-Unis et à la Grande-Bretagne de cesser leur intervention au Moyen-Orient.
4 septembre : Place de la République à Paris, discours du général de Gaulle pour demander l’approbation de la nouvelle Constitution.
14 septembre : Première rencontre du général de Gaulle avec le chancelier de la république fédérale d’Allemagne Konrad Adenauer, qui est reçu à La Boiserie, Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne).
17 septembre : Mémorandum du général de Gaulle au général Eisenhower, président des États-Unis, et à M. Harold Macmillan, Premier ministre de Grande-Bretagne, sur les modifications à apporter à l’OTAN.
19 septembre : Ferhat Abbas proclame au Caire la création d’un « gouvernement provisoire de la République algérienne » (GPRA). L’URSS décide de financer le barrage d’Assouan en Égypte.
20-21 septembre : Voyage du général de Gaulle à Rennes, à Bordeaux, à Strasbourg et à Lille.
26 septembre : Allocution radiotélévisée du général de Gaulle à l’hôtel Matignon pour demander au peuple français de répondre « oui » au référendum constitutionnel.
28 septembre : La constitution de la 5ème République et de la Communauté française est approuvée par 79,2% des suffrages exprimés en métropole, 96 % en Algérie et 93 % dans les départements ou territoires d’outre-mer. La Guinée qui a voté « non » massivement devient indépendante.
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