Comment l’ambassade de France n’a cessé de soutenir Ben Ali
01/02/2011 09:37 par rgrs
Par Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix
A Tunis, l’ambassadeur de France n’a rien vu venir. Ni la colère du peuple, ni la chute de Ben Ali, encore moins son propre limogeage express, mardi 25 janvier. La veille, recevant quelques journalistes tunisiens, Pierre Ménat tentait encore de justifier l’aveuglement de la diplomatie française. «Nous avons été surpris…» L’aveu est terrible, mais pas si étonnant.
Le président de la République, qui affirmait en 2008 que «l’espace des libertés progresse» en Tunisie, a lui-même soutenu jusqu’aux dernières heures du régime son homologue tunisien. La ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, pourtant en vacances dans la station balnéaire de Tabarka pour le nouvel an, n’a pas davantage senti le vent tourner, alors que les manifestations s’intensifiaient. Le 11 janvier, trois jours avant la fuite du dictateur, elle proposait même l’assistance de la police française.
Sauf à de rares exceptions depuis 23 ans, la France n’a jamais cessé de soutenir le régime de Ben Ali. L’argumentation officielle, autour de quelques points clés comme une politique économique jugée exemplaire, la stabilité, les droits des femmes, la lutte contre l’islamisme ou le contrôle des flux migratoires, collait parfaitement à la propagande diffusée à Carthage.
«Les autorités françaises dans leur majorité ont totalement adhéré à ce discours, voire ont promu cette argumentation qui a servi d’alibi pour le régime», explique un militant des droits de l’homme et figure de l’opposition tunisienne. Et ce, particulièrement à partir du second mandat de Jacques Chirac.
Tunis, une place au soleil
Mais, au-delà du discours assumé de la realpolitik française, l’ambassade de France à Tunis s’est distinguée parmi ses homologues européennes et américaine par sa totale inertie face au régime. «Pour les ambassadeurs de France, Tunis a toujours été un poste de récompense. Ils ont une résidence magnifique à La Marsa (banlieue chic de Tunis, ndlr), ils boivent du champagne et du bon vin», s’amuse-t-on dans les milieux économiques de la capitale.
Un avis confirmé par le journaliste Ridha Kefi, fondateur du site internet Kapitalis, bien informé des mœurs de l’ancien régime: «On avait le sentiment que la France ne nous envoyait pas ce qu’elle avait de meilleur dans sa diplomatie, ce sont souvent des gens en fin de carrière, qui viennent pour le soleil, le sable, et pour préparer leur retraite.» Depuis 1995, trois des cinq ambassadeurs en poste à Tunis y ont terminé leur carrière diplomatique.
Le dernier en date, Pierre Ménat (2009-2011), était notamment célèbre pour les soirées karaoké qu’il aimait à organiser dans la somptueuse résidence de l’ambassadeur de France de La Marsa, lors desquelles tout Tunis était invité et où Son Excellence n’hésitait à parodier Johnny Hallyday ou Edith Piaf. «Un DJ animait la soirée, puis les invités passaient les uns derrière les autres au micro, mais c’était l’ambassadeur qui y revenait le plus souvent. Il adorait ça…», rapporte un témoin.
La «black list» des opposants
Aucune chance en revanche d’y trouver les figures de l’opposition ou les plus célèbres des défenseurs des droits de l’homme en Tunisie. Tous affirment en effet qu’ils n’étaient pas les bienvenus à l’ambassade. «Avec Ménat, il y a eu une “black list” portant sur une dizaine de personnes. C’était un ordre de l’Elysée et de Matignon, qui venait en direct du palais de Carthage», explique l’un des militants visés.
«Avec Ménat, tout à coup, c’était le black-out. On a pensé que l’ambassadeur était comme le ministre de Ben Ali. Parfois, des ministres de Ben Ali étaient même plus ouverts que lui», estime Khadija Chérif, secrétaire générale de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Sa seule rencontre avec lui fut un hasard, lors d’une réception organisée par une autre ambassade, et très tendue.
«La France en réalité ne s’est jamais intéressée à la société tunisienne, à ses résistances, aux excès des absences de liberté, du système qui a quadrillé le pays et nourri la révolte», s’insurge la militante. Elle ne fait que deux exceptions à ce sombre tableau : Yves Aubin de la Messuzière, ambassadeur de 2002 à 2005, et certains personnels diplomatiques, comme l’actuel premier secrétaire de l’ambassade, Etienne Chapon.
L’affaire Bouebdelli
La diplomatie française s’est aussi illustrée dans la médiatique affaire Bouebdelli, du nom de la fondation créée par un couple franco-tunisien, qui gère plusieurs écoles françaises privées dans la capitale tunisienne. Pour avoir refusé de scolariser une des filles du couple avant l’âge réglementaire, Mohamed et Madeleine Bouebdelli sont tombés en disgrâce auprès de l’ancienne famille régnante.
En 2007, les autorités tunisiennes ont ainsi ordonné la fermeture du lycée Louis-Pasteur, géré par le couple et homologué par les autorités françaises. Dans la foulée, la femme de l’ancien dictateur Leila Trabelsi a ouvert sa propre institution, l’Ecole internationale de Carthage, dirigée par sa nièce, arrêtée le 14 janvier dernier, alors qu’elle tentait de fuir le pays.
C’est aussi là qu’était scolarisé son plus jeune fils. «Il y avait des vigiles, des caméras partout. Le fils du président était toujours accompagné d’une nurse et d’un garde du corps. Mais depuis le 14 janvier, ils ont tous disparu. Trois assistants d’éducation ne sont pas revenus, on a appris qu’ils appartenaient au service rapproché de Ben Ali», racontent trois des enseignants français de l’Ecole, rencontrés à Tunis.
Or cette institution avait reçu l’homologation des autorités françaises en 2009, avec le soutien de l’ambassadeur d’alors Serge Degallaix. «C’est une homologation politique. Aucun critère n’était rempli», dénonce Thierry, prof français en Tunisie et délégué syndical.
Parallèlement, les Bouebdelli affirment que «la France ne (les) a pas aidés». «On s’est même demandé si on était pas des citoyens français de seconde zone. Est-ce parce que je m’appelle Mohamed?», s’interroge le directeur de la fondation. Sa femme Madeleine se souvient aussi qu’en 2009, après la parution d’un livre très critique sur le régime écrit par Mohamed Bouebdelli, elle s’est rendue à l’ambassade, inquiète : «Pierre Ménat m’a dit qu’il ferait mieux de rester en France. Et que s’il allait en prison, il pourrait juste vérifier qu’il soit bien traité.»
La proximité avec Carthage: le cas Degallaix
Bien qu’il s’en défende aujourd’hui, Serge Degallaix, en poste entre 2005 et 2009, sous les présidents Chirac et Sarkozy, est l’ambassadeur qui incarne le plus l’aveuglement de la France. En 2007, lors d’une conversation avec son homologue américain rapportée dans un câble révélé par Wikileaks, le diplomate estimait ainsi que «la Tunisie n’est pas une dictature et ses leaders sont vraiment à l’écoute du peuple». Il est aussi présenté par une source anonyme (en fait, il s’agit de Mohamed Bouebdelli) comme l’«ambassadeur de Ben Ali auprès de Sarkozy, et non l’inverse». Au Quai d’Orsay, certains le présentent comme «un proche du régime», particulièrement «zélé».
Joint par Mediapart, l’ambassadeur admet que la Tunisie était «une démocratie de fiction», mais ajoute qu’à la différence d’autres pays comme l’Irak, la Tunisie de Ben Ali «n’élimine pas physiquement ses opposants, ne les tue pas». C’est faire vite fi de tous ces opposants emprisonnés, torturés ou mystérieusement disparus…
Le diplomate admet certes avoir été un témoin direct de l’«emballement du népotisme» de Ben Ali. Mais quand il était en poste, il ne s’en est pas ému. «Si vous voulez dialoguer avec quelqu’un, vous ne pouvez pas lui dire que ce n’est pas un interlocuteur recommandable.»
Dans l’establishment de Tunis, le diplomate est décrit comme un très proche du clan au pouvoir. «Degallaix, c’était quasiment un membre du RCD», estime l’entourage d’un ministre tunisien récemment nommé. Le journaliste Ridha Kefi, qui multipliait les articles éreintant la politique au Maghreb de Nicolas Sarkozy, raconte que l’ambassadeur s’était plaint de ses articles auprès du ministère tunisien de l’information…
Car même s’il affirme n’avoir jamais rencontré Ben Ali «en tête à tête», l’ambassadeur était proche de certains caciques du régime (photo). Et son épouse, Fatemeh, était une amie personnelle de Leila Trabelsi, la très influente épouse de l’ex-président. Elle était même membre du club Elyssa, un cercle privé de Sidi Bou-Saïd, tout près de la résidence de France, dirigé par sa sœur Samira. Ici, dans cette coquette bâtisse à l’intérieur luxueux, les dames riches, femmes de ministres ou de hauts fonctionnaires, toutes choisies par Leila Trabelsi, jouaient aux cartes, prenaient des cours de danse. Aujourd’hui, le club est fermé. La patronne a été arrêtée. Les employés désœuvrés ne savent pas qui va les payer…
La proximité était telle que les rumeurs les plus folles circulent autour du couple Degallaix. Dans un câble révélé par Wikileaks, l’ancien ambassadeur de France est soupçonné de s’être fait «donner» par le président tunisien une «villa enregistrée au nom de sa fille, rue Sidi Dhrif, près de la résidence privée de Ben Ali». «De la pure calomnie», s’emporte Degallaix, qui affirme n’avoir ni maison ni terrain en Tunisie. Et pas davantage de fille. A l’adresse indiquée, on ne trouve aucune trace de l’ex-ambassadeur…
Quand il revient en Tunisie, «deux fois par an», M. Degallaix n’a d’ailleurs pas besoin de maison, puisqu’il a ses habitudes à la Résidence, le splendide hôtel de luxe (entre 300 et 900 euros la nuit) où Nicolas Sarkozy a résidé lors de son voyage présidentiel, et où de nombreux politiques ont leurs habitudes.
En Tunisie, l’ex-diplomate, ancien conseiller diplomatique de Jean-Pierre Raffarin à Matignon entre 2002 et 2005, fait prospérer ses réseaux. Chaque année, il accompagne l’ancien premier ministre lors d’un forum économique à Port El Kantaoui, en sa qualité de «chargé des opérations» (rémunéré) du club politique de Jean-Pierre Raffarin, Prospective & Innovation. Il est également, «conseiller» (payé) du président de la chambre de commerce franco-arabe, l’ancien ministre des affaires étrangères Hervé de Charette…
La collusion avec le monde des affaires et l’amiral Lanxade
Mais Serge Degallaix n’est pas le seul à avoir conservé ses réseaux tunisiens. Son prédécesseur Daniel Contenay, ambassadeur entre 1999 et 2002, s’est reconverti dans l’armement et émarge lui aussi à la Chambre de commerce franco-arabe, en tant que vice-président.
Quant à l’amiral Jacques Lanxade, ambassadeur à Tunis entre 1995 et 1999, qui tente actuellement de se démarquer du régime, il est devenu administrateur d’une société franco-tunisienne (voir cet extrait du Journal officiel tunisien, ci-contre), la Compagnie générale des salines de Tunisie (Cotusal), filiale des Salins du midi (qui vendent notamment les sels Baleine).
Or l’entreprise compte également comme actionnaire la Banque de Tunisie, dirigée jusqu’à la révolution par la femme d’Abdelwaheb Abdallah, un très proche conseiller de Ben Ali. Elle a pour directeur général Norbert de Guillebon, président de la section Tunisie des conseillers du commerce extérieur français (le réseau économique de l’ambassade), et pour directeur général adjoint Foued Lakhoua, par ailleurs président de la Chambre tuniso-française du commerce et de l’industrie.
Le très médiatique Christian de Boissieu, président du Conseil d’analyse économique (CAE), l’organisme gouvernemental français de prospective économique, émarge lui aussi au conseil d’administration de la Cotusal. Il a d’ailleurs été décoré par le régime de Ben Ali au titre de Commandeur de l’Ordre de la République tunisienne, et préside le cercle d’amitié France Tunisie.
C’est donc tout un réseau qui affleure, entre diplomatie et intérêts personnels, ce qui n’étonne personne à Tunis. «Depuis le président Chirac, le régime a été soutenu aveuglement. Quoi que nous fassions, c’était beau ! La France se plaisait à jouer ce rôle tout simplement parce que c’était payant pour les entreprises françaises et franco-tunisiennes», explique notamment Mohamed Ben Sedrine, le nouveau président de l’Utica, le Medef tunisien.
Dimanche, le nouvel ambassadeur de France en Tunisie, jusque-là en poste à Bagdad et ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Boris Boillon, a promis une «ère nouvelle» dans les relations entre les deux pays. «On a besoin d’hommes nouveaux», dit-il. Il aura fort à faire.
De Sophie Coignard
Résumé
Enquête sur les dysfonctionnements du ministère de l'Education nationale, ses relations avec l'Inspection générale de l'Education nationale, l'application effective des réformes, l'évolution du niveau scolaire en France, l'impact du niveau socio-économique des familles sur la qualité de l'éducation reçue par les élèves, etc.
Avis
Ceci n’est pas un livre sur l’éducation. En tout cas pas seulement. C’est d’abord un document féroce et un récit effarant sur l’hypocrisie et la lâcheté du pouvoir.
L’équation que les banquiers centraux doivent résoudre vient de singulièrement se compliquer. En effet, l’inflation vient d’atteindre 2.2% dans la zone euro et même 3.7% en Grande-Bretagne, provoquant des interrogations dans la gestion des taux d’intérêt.
Bonne ou mauvaise nouvelle ?
Dans l’absolu, ce rebond de l’inflation est une mauvaise nouvelle car il est fort probable que, comme en 2008, cette hausse des prix se traduise directement par une baisse du pouvoir d’achat, n’ayant aucun impact sur le niveau des salaires. The Economist rapporte ainsi que les salaires progressent de 2.2% et que tout semble indiquer que le niveau du chômage empêchera tout ajustement. Pire, la hausse de la TVA de 17.5 à 20% devrait faire passer l’inflation au-delà de 4 ou 5%.
En fait, comme en 2008, cette inflation est la conséquence de l’envolée du prix des matières première. Si on les exclut, aux Etats-Unis, l’inflation est restée au niveau anémique de 0.8% alors qu’elle a bondi de 1.3 à 1.7% au global. Et comme il est probable que la hausse du cours des matières premières ne pourra pas se poursuivre à ce rythme, cette vague d’inflation est probablement temporaire. Le risque d’une course prix-salaires est quasi-nul avec un tel chômage.
Malheureusement, la dogmatique BCE pourrait en tirer une mauvaise conclusion, comme elle l’avait fait mi-2008. Alors que la Fed avait déjà baissé ses taux d’intérêts de trois points en un peu plus de six mois, la BCE avait remonté ses taux de 0.25 point, à contre temps du cycle économique, propulsant l’euro à des niveaux historiques et achevant d’étouffer une économie européenne qui a donc subi une crise plus dure qu’aux Etats-Unis (PIB en baisse de 4% contre 2.5%).
Quel objectif d’inflation ?
En revanche, étant donné le niveau élevé des dettes souveraines, on peut se demander aujourd’hui si un niveau d’inflation légèrement supérieur ne serait pas un moyen commode et beaucoup moins douloureux de réduire le poids de la dette. Un simple calcul montre qu’au bout de 10 ans, 1% d’inflation (et 1.5% de croissance) réduise mécaniquement le poids de la dette par rapport au PIB de 22%. Avec 3% (chiffre raisonnable), le poids de la dette par rapport au PIB baisse de 36%…
Mais par-delà l’effet mécanique de réduction de la dette, on peut aujourd’hui se poser la question de la pertinence d’un objectif d’inflation de 2%. Ne s’agit-il pas d’un chiffre trop faible ? Une inflation trop faible ne finit-elle pas par peser sur la croissance ? Une inflation de 3% ne serait-elle pas plus propice à une croissance plus forte ? L’histoire économique récente du continent européen semble indiquer un lien entre le niveau de croissance et d’inflation.
En outre, une inflation trop faible pourrait avoir tendance à réduire excessivement le coût de l’argent. Avec un point d’inflation en plus dans les années 2000, il est probable que les taux d’intérêt auraient été au moins un point plus élevé, ce qui aurait lourdement pesé sur les emprunts immobiliers et probablement limité la bulle immobilière. De même, cela aurait peut-être dégonflé un peu la bulle financière. Une inflation trop faible provoque également un crédit trop bon marché.
A un moment où l’envolée du prix des matières premières fait remonter l’inflation, un débat devrait s’ouvrir pour questionner les 2% choisis en Europe comme niveau optimal sans qu’il n’y ait la moindre preuve pour soutenir ce choix. Même le FMI s’est posé la question récemment.
Laurent Pinsolle
Communiqué de Nicolas Dupont-Aignan sur les événements en Egypte
Crédité d'1% d'intentions de vote dans le dernier sondage CSA pour Marianne, Nicolas Dupont-Aignan peine à faire entendre sa voix dans un paysage médiatico-politique essentiellement concentré sur les partis traditionnels. Loin d'avoir dit son dernier mot, le député-maire de Yerres développe ses propres méthodes pour exister.
L’ancien premier ministre fait un pas de plus vers 2012.
Selon RMC Info, il dévoilera son "programme pour la France" fin avril, juste avant le procès en appel de l'affaire Clearstream.
Auparavant, il sera reçu par Nicolas Sarkozy le 20 février.
Fabien Crombé: 5h48 sur RMC. C'est l'heure du réveil politique de Véronique Jacquier. Bonjour Véronique !
Véronique Jacquier: Bonjour Fabien, bonjour à tous !
Dominique de Villepin fait un pas de plus vers une possible candidature à la présidentielle. Info RMC, avec le détail de son calendrier, Véronique, ce matin !
Premier pas (...) vers 2012: dans Libération, Dominique de Villepin donne les grandes lignes de son pré-programme et ça décoiffe ! L'ancien Premier Ministre veut couper le cordon entre l'exécutif et le judiciaire pour que les procureurs soient indépendants. Il veut réduire d'un tiers le nombre de sièges à l'Assemblée et au Sénat (il va pas se faire des copains avec les parlementaires, mais c'est déjà fait !). Et puis, de 22 régions, on passe à 10: un peu comme en Allemagne ! Détail de ce pré-programme (...) à Grenoble lors d'un débat avec Ségolène Royal. Ensuite, l'ancien Premier Ministre a prévu de distiller sa bonne parole en fonction de son procès en appel dans l'affaire Clearstream, procès qui commence le 2 mai.
Alors qu'a-t-il prévu?
Alors, il ne va pas annoncer qu'il est candidat pour 2012 avant son procès ! C'est là la nuance: il veut se présenter devant les juges comme un simple citoyen, et plutôt que de se déclarer pour la présidentielle, il va se présenter comme l'homme qui a un programme pour la France. C'est ce que me confie Jean-Pierre Grand, l'un de ses proches députés. Et ça, quand est-ce qu'il va le faire? Eh bien, fin avril ! Donc, le 2 mai pour son procès, il aura finalement déjà dit qu'il était candidat sans être candidat.
Alors, est-ce qu'il va vraiment y aller?
C'est la question, Fabien ! Confidence de François Bayrou: "s'il veut y aller, qu'il commence par aller emprunter 6 millions d'euros à la banque et après, on verra". Villepin pense faire une campagne grâce à l'Internet, avec un minimum de déplacements, avec 1 million deux cent mille euros en poche. (...) Nicolas Sarkozy a confié à un proche: "même à 3%, il m'emmerde !" Villepin est crédité de 5 à 7% d'intentions de votes dans les sondages. Et il est persuadé que le jour où il se déclare candidat, il passe la barre des 10. Bon, c'est peut-être de l'intox. Mais selon des proches de l'Elysée, le Chef de l'Etat a pris prétexte du G20 pour demander l'avis d'anciens Premiers Ministres, mais dans le but de n'en recevoir qu'un seul: Villepin. Ce dernier n'a pas encore reçu de carton d'invitation de la part de l'Elysée, mais, ça c'est une info RMC, c'est vers le 20 février que Nicolas Sarkozy devrait le recevoir.
Merci beaucoup, Véronique Jacquier. A demain pour un nouveau réveil politique !
Source: RMC Info (Le réveil politique - jeudi 27 janvier 2010)
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/01/31/1778-2012-villepin-prepare-son-entree-en-scene
C’est entendu, « le monde bouge », et l’on nous somme de toutes parts de nous intégrer joyeusement au mouvement. A gauche par haine des vieilles traditions forcément réactionnaires et obscurantistes, à droite par nécessité de ne pas se laisser déborder par la concurrence, de quelque nature qu’elle soit et d’où qu’elle vienne. La révolution a gagné. Elle est l’indépassable mot d’ordre d’un Occident qui s’est trouvé là le souffle que ne lui donne plus sa force créatrice. La révolution, dans la nouvelle mythologie occidentale, se décline dans tous les avatars de notre vie sociale comme un refus absolu d’envisager notre inscription dans une généalogie, c’est-à-dire autant notre condition d’héritiers que notre responsabilité envers les enfants à venir.
Aussi, à tous ceux que François Bégaudeau consterne, à tous ceux que Joy Sorman afflige, à tous ceux qui jugent Daniel Cohn-Bendit parfaitement ringard, à tous ceux qui ne supportent plus les leçons de ces vieux jeunes étalant devant leur public leurs tristes tentatives pour demeurer adolescents, à tous ceux qui ne croient pas que faire du passé table rase nous prépare un avenir radieux, mais à tous ceux, également, qui ne croient pas que plonger tête baissée dans toute nouvelle lubie proclamée « moderne » soit un progrès pour l’humanité, il est un petit livre qui apparaîtra comme un havre salutaire.
Oser l’éloge du conservatisme, quand on a achevé sa troisième décennie et ouvert la quatrième en ce début de XXIème siècle, vous a quelque chose d’un Cyrano moderne. Mais Nathanaël Dupré-Latour, qui signe cet essai aux antipodes des postures convenues, n’aveugle pas le lecteur par un panache de pacotille et des ronds d’épée dans l’eau. L’Instinct de conservation (éd du Félin) est simplement un très grand petit essai ; un livre empreint, non seulement d’intelligence, mais de cette profonde humanité que seuls portent ceux qui parlent pour l’avenir.
Car l’auteur ne se laisse pas porter par une quelconque vague de contestation du « politiquement correct » en se gargarisant de sa propre liberté de pensée, il ne cherche pas à s’inscrire dans un courant ou à profiter d’une supposée mode. Il récuse d’ailleurs le terme de « réactionnaire », posture qui, selon lui, trouve sa « raison d’être dans l’adversité qu’il rencontre », et lui préfère l’humilité du conservateur qui « se situe en deçà – ou au-delà – de cette adversité, en deçà – ou au-delà – de la lutte elle-même », qui « ne s’oppose pas, tout au contraire » et « propose à peine », mais qui « cherche simplement à continuer ». Il trace un sillon. Celui qui consiste à assumer la responsabilité du monde pour les générations à venir. A travers l’évocation de cette Europe sans racines que nous édifions, de cette dette abyssale que nous creusons, et de ces ressources naturelles que nous épuisons, il dresse un portrait de l’Occident oublieux de son histoire et de ses mythes, et qui, même dans son école, a voulu effacer sa propre mémoire.
« L’écologisme, écrit-il à rebours des grande théories de l’écologie politique actuelle et de ses brillants porte-parole que sont Cécile Duflot ou Noël Mamère, est par nature un conservatisme, jusqu’à souhaiter parfois (la deep ecology) un monde musée dans lequel le spectateur humain n’aurait plus aucune place. Entendons-nous bien : pour un humanisme conséquent, le problème n’est pas tant que des insectes meurent, la diversité n’étant pas forcément souhaitable en tant que telle (quid de la préservation, voire de la production d’espèces dangereuses pour l’homme ?) ; mais que la disparition des insectes et les perturbations de notre écosystème entraînent des bouleversements d’une nature telle qu’ils puissent nous faire retourner à la barbarie. »
Le ton est donné. Nathanaël Dupré-Latour a ce courage de plume de celui que n’aveuglent pas les modernes totems. Il ose écrire le mot « morale », le mot « ordre », et parce qu’il les définit avec intelligence, ces mots retrouvent leur noblesse et se dépouillent des scories dont veulent les affubler les contempteurs professionnels des « heures les plus sombres de notre histoire ». Car la morale est une exigence envers soi-même, comme l’ont oublié ces libertaires qui ont préparé avec zèle l’avènement d’un libéralisme qui n’a plus rien du libéralisme politique de Tocqueville, mais tout d’une moderne « caserne » où « tout serait à vendre, c’est-à-dire où tout potentiellement devrait être vendu ».
Récusant Claude Lévi-Strauss, et sa phrase, « le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie », sorte de talisman des angélistes, il observe que « l’une des distinctions fondamentales que la modernité comme « passion du neutre » tend à effacer est celle qui sépare la barbarie de la civilisation. » Or, cette distinction est au cœur du déploiement de la pensée occidentale, depuis la démocratie grecque jusqu’à ces Lumières qui purent théoriser les Droits de l’Homme. « Le civilisé, écrit-il, c’est d’abord celui qui croit à la barbarie comme une possibilité d’être en tout homme, à commencer par soi-même. C’est celui qui a vaincu en lui la barbarie, ou qui s’efforce d’y parvenir. »
Car l’Instinct de conservation se paye également le luxe de reprendre les Droits de l’Homme à ceux qui les ont kidnappés pour mieux les confondre avec les droits de l’individu. Et l’on trouve là comme un écho du personnalisme d’Emmanuel Mounier, c’est-à-dire cette recherche d’une voie originale, qui ne soit ni l’écrasement de l’Homme par l’Etat totalitaire (l’auteur est un spécialiste de la dissidence tchèque), ni la plongée dans un capitalisme consumériste vidé de sens. « Rien ne limite l’errance politique comme la conscience, héritée de la considération du passé, que tout n’est pas possible. » L’avenir ne s’érige pas sur une table rase, mais sur la connaissance intime de ces récits et de ces mythes qui nous constituent. Et ce livre les visite et les relit.
Surtout, il réhabilite cette si belle notion de « vergogne », déclinaison moderne de l’aïdos grec, à la fois honneur et pudeur, qui pose en chacun de nous les limites à ne pas franchir. « Immodeste et sans vergogne, l’Occident gagnerait à retrouver cette retenue, cette réserve qui correspond à l’art de maintenir l’ordre privé séparé de l’ordre public. » Et lorsqu’il évoque, au moment de clore son livre, ces voyageurs russes qui, avant de partir pour un périple, s’asseyent au seuil de leur isba pour une « méditation sur le foyer, l’ordre des choses et l’aventure humaine », c’est pour nous rappeler que l’on ne peut bâtir « avec le souffle de l’audace » les cathédrales à venir, ces « temples de ferveur » dont rêvait Saint-Exupéry, sans un ancrage profond et des fondations qui nous disent à chaque instant ce que nous sommes.
Natacha Polony
Nathanaël Dupré-Latour: L'Instinct de conservation; éd. du Félin; 138 pages; 10,90 euros
http://blog.lefigaro.fr/education/
Jeudi, le Conseil Constitutionnel a refusé de statuer sur le mariage homosexuel. Parallèlement, un sondage indique que 58% des Français y sont favorables et 35% opposés, signe d’une évolution assez rapide des mentalités sur la question.
Une décision prévisible
Même si je suis favorable à la légalisation du mariage homosexuel, je crois que le Conseil Constitutionnel a pris la bonne décision. Sur la base des textes existants, il ne me semble pas que les Sages avaient autorité pour autoriser ce que le législateur n’avait pas fait. Comme l’indique l’article du Monde, le code civil indique clairement que le mariage, en France, est une union entre un homme et une femme. Accepter que le Conseil Constitutionnel puisse défaire cela porterait un grand risque.
En effet, je crois que la justice doit exécuter les lois votées par les Assemblées et ne doit pas céder à la tentation législative qui existe aux Etats-Unis où la Cour Suprême, outrepassant le rôle qui devrait être le sien, émet des jugements de nature législative et non judiciaire. Nous devons éviter le gouvernement des juges et des experts de toutes sortes, qui affaiblit la démocratie et le rôle des gouvernements. Et du fait de nos textes, cette question doit être tranchée par le Parlement.
Une légalisation qui viendra
De toutes les façons, l’évolution rapide de l’opinion, aujourd’hui largement favorable à la légalisation, devrait permettre une évolution de nos lois. Et ce n’est pas l’opposition du Front National ou celle de Jacques Myard, qui dépasse Marine Le Pen par sa droite (en considérant que les notions de droite et de gauche aient un sens sur cette question) qui freinera un mouvement qui semble bien engagé. La France avait pris de l’avance avec le PACS. Elle est aujourd’hui en retard sur cette question.
Car je reste partisan de la légalisation du mariage homosexuel pour plusieurs raisons. Je crois qu’il n’est pas normal que la République traite les couples homosexuels comme des couples de seconde catégorie par rapport aux couples hétérosexuels. Quel message envoie la société en faisant deux poids deux mesures ? Implicitement, cela sous-entend qu’il y a une sexualité plus légitime qu’une autre et que les homosexuels sont des citoyens de seconde catégorie.
La République ne doit pas distinguer ses enfants selon leur sexualité. La distinction faite par la société entretient l’idée que tous les citoyens ne se valent pas, ce qui est inacceptable. Bien sûr, certains évoqueront les enfants pour faire la distinction. Mais que faire alors des couples stériles ? Leur interdire le mariage ? En outre, ceux qui évoquent cela sont souvent opposés à l’adoption par des couples homosexuels, dans un raisonnement circulaire.
Bien sûr, la décision du Conseil Constitutionnel en décevra certains, mais, malgré tout, il ne revenait pas aux sages, qui doivent veiller à l’application des textes et pas à les créer, de prendre une telle décision. Il reviendra au Parlement de réaliser cette avancée nécessaire.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/