L’euthanasie, un progrès pour l’humanité

26/01/2011 16:17 par rgrs

  • L’euthanasie, un progrès pour l’humanité

    L’euthanasie, un progrès pour l’humanité

    26/01/2011 16:17 par rgrs

Le Parlement étudie en ce moment un texte qui pourrait rendre l’euthanasie plus facile en allant plus loin que la loi Léonetti. Malheureusement, une partie de l’UMP et François Fillon freinent des quatre fers sur un sujet où l’influence religieuse semble forte…

Un débat très vif

Le débat sur l’euthanasie ressurgit fréquemment dans l’actualité. Le cas de Chantal Sébire, une femme défigurée par la maladie, percluse de douleurs et désireuse de pouvoir mettre fin à sa vie quand elle le souhaitait avait ému beaucoup de Français. En effet, la seule chose possible légalement aujourd’hui est l’euthanasie passive, qui consiste par exemple à ne plus nourrir la personne, mais cette issue peut aboutir à une fin de vie absolument atroce et inhumaine.

Le premier projet de loi présenté au Parlement était équilibré et représentait une avancée majeure dans la mesure où il légalisait l’euthanasie active en instaurant tout de même les précautions nécessaires pour éviter le moindre abus avec notamment la création d’un collège de médecins chargés de confirmer le choix du malade souhaitant mettre fin à ses jours. Malheureusement, le Sénat vient d’introduire des amendements vidant de sa substance le texte initial.

De l’humanité et de l’état de nature

Il est bien évident qu’une légalisation de l’euthanasie ne peut être envisagée que dans un cadre équilibré et protégeant de tout abus, garantissant la volonté durable du malade de mettre fin à ses jours. Et cela me semblait être le cas du texte proposé initialement. Il est malheureusement assez clair que les croyances religieuses jouent un rôle dans l’opposition d’une partie de la droite à cette loi, comme le sous-entend à bas mot François Fillon dans une tribune au Monde.

Pourtant, la légalisation de l’euthanasie semble pourtant la solution la plus humaine pour des malades en phase terminale, souffrant de leur maladie, et préférant mettre fin à leurs jours sans en avoir la force. N’y a-t-il pas un côté inhumain à refuser qu’un homme ou une femme ne puisse pas abréger ses souffrances ? De multiples cas montrent clairement que la voie la plus humaine est de redonner à l’homme la maîtrise de sa vie, fût-ce pour y mettre fin volontairement.

La volonté d’interdire cette pratique me semble vouloir imposer la règle de la nature à l’homme, niant quelque part notre humanité qui consiste si souvent (et pas toujours pour de bonnes raisons, il est vrai) à dépasser cet état de nature pour établir de nouvelles règles. Et dans ce cas précis, cette règle me semble aller dans le sens d’une plus grande humanité dans le bon sens du terme : épargner des souffrances inutiles et reconnaître à ceux qui le souhaitent le contrôle de leur vie.

Bien sûr, des gardes fous solides doivent être mis en place pour éviter qu’une euthanasie soit décidée sur un coup de tête. Mais cela semblait bien pris en compte par le projet de loi initial. Dès lors, il est très regrettable qu’une partie de l’UMP mette tout son poids pour le remettre en cause.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Le Programme de Salut Public du Mouvement Républicain et Citoyen

26/01/2011 16:10 par rgrs

  • Le Programme de Salut Public du Mouvement Républicain et Citoyen

    Le Programme de Salut Public du Mouvement Républicain et Citoyen

    26/01/2011 16:10 par rgrs

Voici le texte intégral du Programme de Salut Public qui a été adopté par le Mouvement Républicain et Citoyen, lors de son Congrès, le 26 juin 2010. Le document est mis en forme et prêt pour impression.

Le Programme de Salut Public est disponible ci-dessous au format PDF.
 


mrc_programme_de_salut_public.pdf MRC Programme de Salut Public.pdf  (254.46 Ko)

Livret A: 30 milliards pour les banques, qui en redemandent

26/01/2011 16:04 par rgrs

  • Livret A: 30 milliards pour les banques, qui en redemandent

    Livret A: 30 milliards pour les banques, qui en redemandent

    26/01/2011 16:04 par rgrs

Depuis 2009, sous le patronage du banquier François Pérol, alors conseiller de l'Elysée, les banques peuvent distribuer les livrets A. Elles conservent 30 milliards d'euros censés financer les PME. Confrontées à de nouvelles obligations réglementaires, celles-ci lorgnent sur les milliards encore centralisés à la Caisse des dépôts et qui financent le logement social. Le décret fixant les nouvelles règles fait l'objet d'une guerre feutrée
 Fifty-fifty » ! François Pérol, le sémillant patron de la Fédération bancaire française n’a pas oublié son passage au sein du premier cercle des conseillers de Nicolas Sarkozy. Redevenu banquier par la grâce présidentielle, il veut appliquer aux 265 milliards d’euros, déposés sur les Livrets A et Livret de développement durable (LDD), la règle simple et en apparence équilibrée que, celui qu’il se targue d'imiter si bien, avait formulée pour le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.
A le suivre, ces fonds devraient pour moitié aller à la disposition des banques et pour son autre moitié financer le logement social via la Caisse des dépôts et consignations (CDC), « cette machine à transformer l’épargne des Français – dont François Bloch-Lainé disait qu’elle permettait de transformer « des liquidités en barrages » et qui permet surtout aujourd’hui de les transformer en « briques » », comme la désigne Augustin de Romanet, son directeur Général. Des briques en dur, que François Pérol a permis de transformer en cash.
C’est le dernier épisode d’une guerre à peine feutrée opposant les banquiers qui lorgnent sur ces milliards et la CDC, soutenu par Thierry Repentin; président de l’Union des sociétés d’HLM. Dans les pas de François Pérol, même si il le conteste, « je ne suis pas venu devant vous pour défendre les banques », ce fut au tour de Christian Noyer, le gouverneur de la banque de France, de venir plaider la cause des banquiers devant la commission des finances de l’Assemblée.  
Car le temps s’accélère. Le gouvernement doit impérativement trancher dans les prochains jours. Et fixer le fameux décret organisant le partage de la manne. Dans son premier canevas, rejeté par la Commission de surveillance de la CDC, mercredi dernier, le décret prévoit de fixer à 65% la part des fonds restants à disposition de la CDC. « Inacceptable », pour Michel Bouvard. Le député UMP de Savoie, par ailleurs président de la commission de surveillance rappelle que Christine Lagarde, le ministre de l’économie, « s’était engagée sur un plancher de 70 % en 2008 ». Et du sol au plafond, il n’y a qu’un pas. Car ce qui fut un minimum est en passe de devenir un maximum, sur lequel les députés comme la CDC s’apprêtent à transiger. 
Mieux, ils seraient prêts à ce que ce taux soit atteint graduellement en 2016.

Du cash, et du pas cher
Il faut dire que l’effort pour les banques est à la mesure de l’intense lobby qu’elles font peser sur Bercy. Car leur gourmandise naturelle pour ces fonds de bonne qualité et pas chers -le livret A, c’est du quasi cash bon marché - s’est soudainement accru. 
La crise financière dont elles furent à l’origine n’a pas totalement laissé de marbre l’instance internationale chargée de la régulation du secteur. Ridiculisée, dépassée par la sophistication financière qu’elle a laissé s’épanouir, cette autorité basée en Suisse est en passe de faire payer aux banques son discrédit. Les normes de solvabilité, dîtes Bâle III, telles qu’envisagées obligent les banques à placer d’avantage de fonds propres en face de leurs engagements. Selon les travaux du comité de Bâle, pour faire face aux prêts qu’ils accordent d’une main, les établissements financiers devront avoir dans l’autre main 100% des fonds qu’ils pourraient perdre dans une crise identique à celle de 2007.
Un taux de couverture de 100% : à ce jeux là, il devient plus compliquer de faire l’apprenti sorcier. Et les banques françaises qui se sont targuées de leur bonne santé sont gros-jean comme devant. Dans son édition du mardi 25 janvier, le journal Les Echos cite un banquier : « pour certaines banques (ce taux est) autour de 20% ». Ce sont donc des dizaines de milliards d’euros que les banques hexagonales vont devoir trouver et rapidement. Et de deux chose l’une : soit les actionnaires mettent la main à la poche, en augmentant les fonds propres, soit les banques trouvent des ressources nouvelles… 
Quand on sait que la première solution fait baisser le rendement des actions, on comprend vite l’appétit des banquiers pour les noisettes du livret. « La centralisation de la collecte du livret A et du LDD ne doit pas devenir une variable d’ajustement au regard des nouvelles règles de Bâle », dénonce Michel Bouvard.
« On a bien compris que les banques avaient un problème avec Bale III, explique Jean-Pierre Balligant, député PS de l’Aisne et également membre de la commission de surveillance de la CDC. C’est d’ailleurs clairement leur dernier argument en date pour demander une part accrue de la ressource des livrets. Mais je rappelle que ces fonds sont de l’argent public. La non fiscalisation de leurs intérêts est la contrepartie d’une politique publique. C’est par nature le cas pour le financement du logement social. C’est bien moins clair pour le financement des PME, au nom duquel les banques ont déjà arraché un morceau de la ressource. Aller plus loin, ce serait un hold-up. »
Imbroglio statistiques
Car les banques n’en sont pas à leur coup d’essai. En plus de la libéralisation de la distribution du Livret A (réclamée par Bruxelles), jusque là réservée à l’Ecureuil, au Crédit Mutuel et à la Poste, elles se sont déjà assurées en 2008 une part du gâteau (non réclamée par Bruxelles). Sous couvert de financer les PME, une partie des fonds des Livrets A ouverts à leurs guichets peut demeurer à leur bilan aux cotés des fonds issus des LDD dont elles avaient historiquement la charge.
A la date du 4 août, cette somme atteignait les 64 milliards d'euros. Sans compter la petite gâterie de 9,5 milliards ponctionnés sur la CDC fin 2008, au titre du plan de relance, et elle aussi destinée à financer les PME. Une sorte de 4 août à l’envers, ce jour d’été 2008 où elles obtinrent le privilège de conserver un peu de cet argent public.  
Pour rendre le tableau favorable aux banques, le rapport de l'Observatoire de l'épargne réglementée fait débuter ses observations à la fin du dernier trimestre 2008. Il fait ainsi l'impasse sur le transfert d'octobre 2008 de 9,5 milliards d'euros. L'observatoire peut ainsi conclure qu'entre le dernier trimestre 2008 et le dernier trimestre 2009, le taux de centralisation s'est certes réduit passant de 69,1 % à 66,4 %, mais les fonds encore dans les caisses de la CDC progressent eux de 163,5 milliards à 169 milliards d'euros. En faisant débuter ses observations un trimestre auparavant, le résultat aurait été tout autre: il y avait 174 milliards d'euros, pour un taux de centralisation de 73 %.
Résultat : entre août 2008, et fin 2010, pas moins de 30 milliards d’euros supplémentaires innervent désormais leurs comptes. Les établissements bancaires auront ainsi capté la totalité de l’augmentation de cette épargne sur les deux dernières années. Une petite bouffée d’argent frais qu’ils rémunèrent une bouchée de pain, et qu’ils ne prêtent ensuite aux PME qu’au compte goûte et à des taux très substantiels. Entre fin 2008 et fin 2009, leurs encours de prêts aux PME n’a progressé que de 6 milliards.
Au total, les adhérents de la FBF contrôlent donc près 93,5 milliards sur les 265 milliards déposés sur les LDD et les livrets A, ainsi que le montre une note de Bercy.  

François Pérol, grand gagnant
J’y suis, j’y reste : ces 93,5 milliards d’euros rapportés aux 265 milliards d’euros d’encours total donnent bien un taux de 65% de conservation pour la CDC. D’où la proposition du gouvernement qui permettrait aux banques de ne pas reverser d’argent à la CDC. Pour celles qui verraient émerger un taux de 70 % d’ici 2016, elle assurerait un passage sans douleur, les nouvelles collectes venant faire le joint. 
En revanche, que ce taux soit abaissé à 50% et ce sont 40 autres gros milliards qui iraient directement dans les poches des banques. 
En attendant, et dans tous les cas, le principal gagnant de ce système est… l’Ecureuil. Contrairement à la Poste qui absente du marché du crédit aux PME, a du rendre la totalité des fonds, l'autre acteur historique du livret A, les Caisses d'Epargne, a fait une belle affaire. L’établissement dont François Pérol prend la tête en février 2009, a pu constater à son bilan 13 milliards d’euros supplémentaires de fonds propres issus des Livret A.   
De quoi mettre du beurre dans les épinards du groupe Banques Populaires-Caisses d'Epargnes (BPCE) qui en avait bien besoin. Au bord du précipice, le groupe dont la fusion fut pilotée par François Pérol, alors banquier d'affaires chez Rothschild puis conseiller du Président, avait un besoin impératif de fonds propres pour colmater les pertes, notamment constatées sur les subprimes, de sa filiale Natixis.
Qu'importe donc la question de déontologie, on se souvient de l'épisode où François Pérol s'est joué de la commission éponyme, sa nomination à la tête de la BPCE a tout les atours d'un bon bon gros bonus pour bonne assistance de banque en danger. Et là pas question de partager «Fifty-fifty».
Emmanuel Lévy - Marianne

Nicolas Sarkozy décrit l’agenda de son G-Vain

26/01/2011 15:55 par rgrs

  • Nicolas Sarkozy décrit l’agenda de son G-Vain

    Nicolas Sarkozy décrit l’agenda de son G-Vain

    26/01/2011 15:55 par rgrs

Hier, Nicolas Sarkozy a tenu une conférence de presse sur les questions internationales, histoire de se présidentialiser un peu plus. Outre les sujets d’actualité récente, il a longuement développé son agenda de réforme du capitalisme. Pas de révolution en vue…

De l’ambition à la sobriété

Il y a encore peu de temps, Nicolas Sarkozy parlait de nouveau Bretton Woods et de la nécessité de refonder un capitalisme qu’il convenait de moraliser. Il n’avait pas de mots assez durs contre les spéculateurs, les banquiers ou les paradis fiscaux. Le président de la République, qui préside le G20 cette année, assurait que grâce à son action, le cas de ces trous noirs de l’argent sale avait été traité. Las, déjà sur ce sujet, il pêchait une nouvelle fois par fanfaronnade.

Comme le montre bien Hervé Nathan, Nicolas Sarkozy a de lui-même considérablement réduit les ambitions pour cette année 2011. Les trois priorités fixées par la présidence Française n’étaient pas inintéressantes (réforme monétaire, règles sociales pour la mondialisation, maîtrise des prix agricoles), mais alors qu’il se met au travail, il abandonne le lyrisme devant la petitesse de ce qu’il s’apprête à réaliser. Nous sommes bien loin des accents de 2008-2009.

La régulation ultralégère

Sur les questions monétaires, si certains problèmes sont bien analysés, pas une réponse sérieuse n’est proposée puisqu’il n’y a pas de remise en cause du dollar ou de la libre-circulation des capitaux et que la mise en place d’une taxe sur les transactions financières est exclue en solo. Comment ne pas halluciner en constater que l’agenda se limite à l’établissement de « critères du déséquilibre » ? Pas besoin de réfléchir aussi longtemps : les balances des paiements sont un bon indicateur…

De même, vouloir instaurer des règles sociales au sein du G20 est totalement illusoire. Déjà que les pays européens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le sujet, alors mettre l’Europe et la Chine d’accord est inimaginable. Enfin, sur les prix agricoles, il propose une régulation de la spéculation dont on se doute qu’elle ne sera pas bien sévère et une plus grande transparence des stocks. Bref, ce n’est pas ce G20 qui va mieux encadrer l’anarchie économique actuelle.

Par-delà le retour à la réalité soudain de Nicolas Sarkozy, il est triste de constater à quel point les leçons de la crise n’ont pas été retenues. Rien ne sera fait avant une nouvelle crise. Cela démontre également les limites des forums trop importants pour réformer quoique ce soit.

Laurent Pinsolle

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Paroles, paroles...

26/01/2011 15:49 par rgrs

  • Paroles, paroles...

    Paroles, paroles...

    26/01/2011 15:49 par rgrs

A la suite de l’odieuse disparition de la jeune Laetitia s'ouvre de nouveau le débat sur la question de la récidive.
Comme un rituel après chaque crime le Président de la République s’indigne, le Garde des Sceaux lit péniblement ses fiches pour promettre de nouvelles dispositions législatives et des parlementaires réclament des missions d’information... Mais pourtant ce sont les mêmes qui ont laissé voter - au cours des dernières années - des lois laxistes.
Je pense bien sûr notamment à la loi pénitentiaire de 2009 qui supprime l’incarcération pour les condamnés à 2 ans ou moins de prison, la remplaçant par des peines alternatives qui ne sont jamais contrôlées en pratique.
Ce sont également les mêmes qui ont refusé à plusieurs reprises ma proposition de loi supprimant les remises de peines automatiques, qui aboutissent au fait qu’en France la plupart des condamnés n’exécutent aujourd'hui que la moitié de leur peine.
Ce sont les mêmes enfin qui ont laissé vider de son sens la loi sur la récidive, pourtant votée à grand renfort de tambours et de trompettes en 2008 pour rassurer l’opinion.
Mais alors pourquoi dans la pratique, l’UMP et le gouvernement ont-ils mené une politique pénale aussi laxiste, aidés en cela par le PS qui s’indigne à la moindre volonté de législation faisant croire aux Français que la droite est répressive ?
La raison est simple : la majorité parlementaire ne se donne pas les moyens de mettre en oeuvre le programme de 20 000 places supplémentaires de prison. Quand l’Angleterre dispose d’environ 80 000 places, la France plafonne tout juste au dessus de 60 000.
Tout est donc fait en réalité pour vider les prisons afin d'éviter la surpopulation carcérale intenable.
Plus récemment encore, une proposition de loi du Sénat signée par Mr Lecerf - Sénateur UMP du Nord - vise à réduire d’un tiers les peines de prison pour certains criminels atteints de problèmes psychologiques. Mais, là aussi, sans prévoir les structures psychiatriques d’enfermement indispensables...
Le choix est donc simple : soit nous continuons ainsi, et il y aura malheureusement beaucoup d’autres crimes odieux, soit on se donne les moyens de mettre en œuvre une politique pénale cohérente. Tout le reste n’est que verbiage !
C'est pourquoi j'ai appelé le gouvernement à faire adopter en urgence ma proposition de loi pour la suppression des remises de peine automatiques, dont aucune raison ne saurait justifier le rejet, qu’elle soit d’ordre moral ou juridique, et qui s’avère aujourd’hui plus que jamais de salut public.
Nicolas Dupont Aignan

La monétisation en question

24/01/2011 18:49 par rgrs

  • La monétisation en question

    La monétisation en question

    24/01/2011 18:49 par rgrs

C’était un mot que connaissaient seulement les spécialistes du Japon il y a seulement trois ans. En quelques temps, la question de la monétisation des dettes publiques est apparue dans le débat public et promet d’agiter le landernau politique et économique dans les années à venir.

Il y a monétisation et monétisation

C’est grâce à RST que j’ai pu rencontrer l’association « Chômage et Monnaie », fondée par des Polytechniciens progressistes, et peaufiner ma compréhension des mécanismes de la monétisation. En effet, le mot recouvre des réalités complètement différentes. Il faut tout d’abord distinguer la monétisation indirecte (par le rachat de créances publiques par l’intermédiaire du marché, comme le fait la BCE aujourd’hui) de la monétisation directe (sans passer par le marché).

La deuxième variété, spécifiquement interdite par la loi de 1973 et le traité de Maastricht, en supprimant l’intermédiaire du marché, supprime également les commissions… On peut ensuite distinguer la monétisation « orthodoxe » de la monétisation « hétérodoxe ». La première n’est qu’un prêt, comme un autre, accordé par une Banque Centrale à un Etat, remboursé à la fin de l’échéance. La création de monnaie y est équilibrée par sa destruction (lors du remboursement).

C’est cette monétisation que défend André-Jacques Holbecq. Le postulat de départ est assez simple : pourquoi les banques privées peuvent-elles aujourd’hui emprunter à 1% auprès des Banques Centrales pour ensuite prêter plus cher aux Etats ? Pourquoi a-t-on privatisé la création de la monnaie ? En outre, la croissance de la dette en France est le seul résultat du paiement des intérêts depuis trente ans. En clair, si la Banque de France avait prêté à l’Etat, notre dette serait négligeable.

La monétisation est-elle inflationniste ?

En fait, la monétisation orthodoxe n’est pas plus inflationniste que le mécanisme actuel de financement des Etats. Du moment que l’Etat rembourse ses créances, la destruction de monnaie compense sa création. En effet, l’effet inflationniste est créé par le montant du déficit, qui correspond à l’augmentation de l’encours de dette et donc à la création de nouvelle monnaie. Que cette création soit faite par des acteurs privés ou publics n’en change pas le caractère inflationniste.

L’absence d’intérêt rend même la monétisation moins inflationniste (les intérêts étant une création de monnaie supplémentaire). Une monétisation de 10% PIB, si elle permet de rembourser un encours de 8% du PIB (laissant un solde de création monétaire de 2% du PIB) sera donc moins inflationniste qu’une monétisation de 5% du PIB ne remboursant qu’un encours de 1% du PIB. C’est le déficit qui est inflationniste, que la dette soit émise par des banques ou la Banque Centrale.

Le cas des Etats-Unis est très intéressant avec des déficits proches de 10% du PIB et une forte monétisation sans dérapage inflationniste. La raison est assez simple : la masse monétaire diminue au global, la réduction de l’endettement des acteurs privés étant supérieure à l’augmentation de l’encours public. En clair, tout dépend du contexte d’ensemble. Dans un contexte de forte hausse de la masse monétaire, un fort déficit financé par de la monétisation sera forcément inflationniste.

En outre, on voit aujourd’hui également que l’augmentation de la masse monétaire n’aboutit pas forcément à un dérapage des prix à la consommation. En effet, pendant les dix années qui ont précédé la grande crise de 2008, la masse monétaire a cru en Europe d’environ 8% par an, sans dérapage inflationniste sur les prix à la consommation (du fait du chômage et du libre-échange, entre autres). Cela impliquerait une réflexion sur le suivi du prix des actifs, curieusement absente du débat.

En fait, c’est la « monétisation hétérodoxe », qui alimente toutes les peurs des opposants à la monétisation. En effet, le contrôle de la monétisation permet également de créer de la monnaie ex nihilo, sans remboursement à terme, la fameuse « planche à billets ». Cette pratique est de facto inflationniste puisqu’elle revient à augmenter la masse monétaire. Son recours ne peut être envisagé que dans des cas exceptionnels de déflation conjugués à des dettes publiques élevées.

SI le tabou est en partie tombé, du fait des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, la monétisation est encore une pratique qui alimente certaines inquiétudes en partie infondées. Utilisée avec responsabilité, elle sera un outil d’autant plus utile que la privatisation de la création monétaire est totalement anormale.

Laurent Pinsolle

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Le cauchemar Etasunien

24/01/2011 12:00 par rgrs

  • Le cauchemar Etasunien

    Le cauchemar Etasunien

    24/01/2011 12:00 par rgrs

La peine de mort, des taux d’homicides comparables aux pays Africains, près de dix fois plus de personne en prison qu’en Europe, une tentative d’assassinat sur une députée, un ascenseur social bloqué, un revenu médian en baisse de 7% : les Etats-Unis sont de moins en moins un rêve…

Le rêve étasunien

Les Etats-Unis ont longtemps représenté une forme d’idéal pour certains. Et il est vrai que ce pays a libéré l’Europe du joug nazi lors de la Seconde Guerre Mondiale, puis l’a très intelligemment et fraternellement aidé à se reconstruire avec le Plan Marshall, avant de protéger une partie du Continent de la menace soviétique. Enfin, leur position à la pointe du développement technologique et économique renforcer encore une forme de rêve pour une grande partie du monde.

Bien sûr, ce rêve a toujours eu des limites. Au colonialisme de la vieille Europe a succédé un impérialisme pas plus recommandable dont on voit encore les traces en Irak et en Afghanistan. Au début des années 60, quand le président du Sénat en France était un noir, ces derniers subissaient encore une discrimination institutionnelle dans le pays de la Liberté, qui ne sera abolie que dans les années 60. Et les Etats-Unis étaient déjà en retard de plusieurs conquêtes sociales….

Mais malgré tout, les Etats-Unis étaient le pays qui faisait rêver. C’était le pays qui envoyait le premier un homme sur la Lune, dans une démonstration de savoir-faire technique et de volontarisme assez remarquable. C’était le pays où tout semblait possible, où le petit immigré pouvait espérer se construire un destin hors du commun, un pays où la vivacité entrepreneuriale se mesure encore à des noms comme Apple, Microsoft, Google ou Facebook.

Un rêve devenu un cauchemar

Même si les Etats-Unis ont sans doute conservé un certain dynamisme entrepreneurial, sur beaucoup d’aspects, le rêve n’est plus qu’un rêve justement. Contrairement à ce que suggère l’accession de Barack Obama à la présidence de la République (et qui a contribué à son élection), la société étasunienne est beaucoup plus figée que les sociétés de l’Europe continentale. L’ascenseur social fonctionne mieux en France ou en Allemagne, comme le souligne The Economist.

L’explosion du coût des études supérieures provoque une forte reproduction sociale, comme le montre Paul Krugman dans son livre « L’Amérique que nous voulons », à moins d’être surdoué. Pire, une majorité de la population s’appauvrit puisque le revenu médian a diminué de 7% sur les dix dernières années, cette baisse étant compensée par le recours à l’emprunt, qui a mené à la grande crise de 2008. Et que dire d’un système de santé cher et à la couverture non universelle.

En outre, même si les rues de New York sont plus sûres, la société étasunienne est une société extrêmement violente. Avec la libre-circulation des armes à feu, le taux d’homicide y est comparable aux pays Africains et 3 à 8 fois supérieur aux pays européens. Même sur la route, la proportion de victimes rapproche davantage les Etats-Unis des pays en voie de développement des pays d’Europe occidentale. Bref, les Etats-Unis sont une société violente.

Les Etats-Unis ont longtemps été et pour beaucoup un rêve abusivement appelé Américain. Mais quand on regarde la réalité en face aujourd’hui, cette société semble s’être transformée en cauchemar que les autres sociétés occidentales devraient bien veiller à éviter.

Laurent Pinsolle

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Le mutisme du Parlement européen sur la Tunisie

24/01/2011 11:50 par rgrs

  • Le mutisme du Parlement européen sur la Tunisie

    Le mutisme du Parlement européen sur la Tunisie

    24/01/2011 11:50 par rgrs

La scène a eu lieu à Strasbourg. Les députés européens sont réunis pour une session plénière, trois jours seulement après la chute de Ben Ali. Le président du Parlement, le conservateur polonais Jerzy Buzek, demande une minute de silence pour les victimes de la répression en Tunisie. Il propose le concours de l’Union européenne pour l’organisation d’élections libres. Mais les Verts de Daniel Cohn-Bendit et la Gauche européenne du PCF veulent un débat pour voter une résolution de soutien au peuple tunisien.

«Dans une curieuse ambiance où se mêlaient gêne et confusion», selon le communiste Patrick Le Hyaric, la majorité des députés refusent, soutenus par les deux principaux groupes représentés dans l’hémicycle, le Parti populaire européen (PPE), dont est notamment membre l’UMP, et le Parti socialiste européen (PSE), auquel appartient le Parti socialiste de Martine Aubry. Depuis, la vidéo de l’intervention de Daniel Cohn-Bendit a fait le tour de la Toile, y compris en Tunisie, où les dénonciations de la politique étrangère de la France et de l’Union européenne font fureur.

«J’aurais aimé que ce Parlement soit à la hauteur de la fierté des Tunisiens qui ont su abattre le dictateur. Le dictateur est tombé mais la dictature existe toujours. La majorité de ce Parlement a soutenu depuis des années le dictateur», a dénoncé Cohn-Bendit à Strasbourg, confondant au passage la ville de Sidi Bouzid d’où sont parties les manifestations massives et Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui s’y est immolé le 17 décembre dernier. Joint par téléphone, le député vert enfonce le clou: «Cela fait des années que c’est comme ça. On a déposé des dizaines de demandes et le PSE et le PPE ont toujours refusé. Ils considéraient que Ben Ali était un rempart contre l’islamisme.»

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le débat organisé l’an dernier au Parlement sur l’octroi du statut avancé en termes de coopération entre l’Union européenne et la Tunisie: on y voit par exemple la commissaire Neelie Kroes louer un «partenaire proche et fiable», notamment en matière de «sécurité» et «d’immigration», et la croissance économique, malgré des «lacunes» en matière de respect de la liberté d’expression.

Le député belge, et ancien commissaire européen, Louis Michel ou le Français Dominique Baudis (UMP) sont encore plus radicaux, le premier insistant notamment sur les droits des femmes et le second lâchant que «bien des pays pourraient envier de tels résultats». La Tunisie est le premier pays du sud de la Méditerranée à avoir signé un accord d’association avec l’UE en 1995, en vue d’établir une zone de libre-échange entre les deux parties.

«Nous ne sommes pas une agence de presse»

Du côté des socialistes européens, Armin Machmer, porte-parole du président allemand du groupe Martin Schulz, explique que son groupe n’était pas opposé au vote d’une résolution mais qu’il a jugé qu’une déclaration de M. Buzek «en ouverture de la session avait beaucoup plus de signification». Drôle d’argument lorsqu’on songe que les résolutions votées par le Parlement ont pour objectif de peser sur les gouvernements et sur la politique de la Commission. Surtout, avance M. Machmer, «les événements étaient mouvants» en Tunisie: «Nous ne sommes pas une agence de presse qui fait une déclaration toutes les deux heures. Nous voulons une résolution, mais avec un débat profond et fondé.»

Cette position n’a pourtant pas fait l’unanimité parmi les socialistes: la délégation française s’y est opposée et a lancé mercredi un appel pour que l’Union européenne soutienne la transition démocratique en Tunisie. «En général, on évite de prendre une position différente du groupe, mais là on a vraiment pensé qu’il y avait urgence», explique la députée Françoise Castex.

Selon elle, pour des raisons historiques et géographiques, les Allemands sont moins sensibles à la situation au Maghreb que les Français. «Quand c’est sur la révolution orange en Ukraine, on est en revanche très prompts à réagir», explique-t-elle. A l’instar de Stéphane Le Foll, proche de François Hollande et vice-président du PSE: «La droite nous fait chier avec l’Ukraine et la Biélorussie, avec parfois un anti-communisme primaire. Cette semaine, c’est le PPE italien qui a demandé une résolution sur Cesare Battisti (dont l’extradition a été refusée par le Brésil)! Il fallait une résolution sur la Tunisie, même simple!»

Dans ce contexte, il explique le refus du PSE par la «logique institutionnelle» qui préside au fonctionnement du Parlement européen, où le compromis est constamment recherché par les principaux groupes. La responsable de la diplomatie européenne Catherine Ashton a d’ailleurs pris, elle, des positions beaucoup plus claires ces derniers jours. «Le fonctionnement du Parlement est assez lourd», estime Le Foll. Un argument repris par Armin Machmer pour Martin Schulz: «Pour une résolution, il faut travailler avec toutes les fractions, avoir de nombreux débats pour trouver un compromis, et parfois il n’en sort rien… Les processus au Parlement exigent de la préparation.»

D’autres députés de gauche parlent plutôt d’une «prudence excessive», comme Françoise Castex, qui juge l’épisode révélateur «d’un manque de maturité politique du Parlement, qui passe parfois à côté de certains moments de l’Histoire». «Ils ont été pris de court, tout cela les oblige à repenser et rediscuter leurs positions passées. Il y a une fainéantise intellectuelle et un manque de courage politique. Pour la plupart, la question est d’être du côté du manche, c’est tout…», lâche l’écologiste Hélène Flautre.

Face au tollé, la conférence des présidents de groupe a finalement décidé jeudi d’organiser début février lors de la mini-session du Parlement à Bruxelles le vote d’une résolution sur la Tunisie, avant le départ sur place d’une délégation officielle de députés européens.

Par Lénaïg Bredoux

http://www.gaullisme.fr/?p=11613

L'Abécédaire des échecs diplomatiques de Nicolas Sarkozy

24/01/2011 11:33 par rgrs

  •  L'Abécédaire des échecs diplomatiques de Nicolas Sarkozy

    L'Abécédaire des échecs diplomatiques de Nicolas Sarkozy

    24/01/2011 11:33 par rgrs

Ce lundi, le candidat Sarkozy reçoit le corps diplomatique pour les voeux, puis enchaîne avec une « vraie » conférence de presse sur les enjeux des prochains G20 et G8. Une belle occasion de revenir sur les échecs diplomatiques du Monarque français avec cet abécédaire non exhaustif.

 

Afghanistan
En avril 2007, Sarkozy expliquait que « la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive.» A peine élu, il change d'avis, et envoie des renforts. La France réintègre le commandement intégré de l'OTAN. En août 2009, un scrutin présidentiel est organisé comme prévu: un coût faramineux, des attentats, une participation médiocre, et pour finir, deux candidats qui se réclament victorieux dès le premier tour. Sarkozy est le seul à applaudir. La France devient la cible de prise d'otages.

Copenhague

En 2009, après l'échec UMPiste aux élections européennes, Nicolas Sarkozy s'était décidé à utiliser la cause écologiste pour redorer son blason. En fin d'année, le sommet de Copenhague devait être le point d'orgue de ce renouveau. Comme toujours, Sarkozy promit l'impossible. Comme souvent, il se révéla incapable de convaincre Obama et Hu Jintao, malgré ses grandes déclarations. Il a joué à l'écolo pour rien. 

Crise
On l'oublie, mais Sarkozy a été complètement dépassé par la crise boursière puis financière de l'automne 2008. Fin août 2008, quelques jours avant la disparition de la banque d'affaires Lehman Brothers, il n'avait rien vu, rien prévu. Pourtant, depuis des semaines, les nouvelles du front américain étaient inquiétantes. Les premières faillites bancaires ont débuté voici des mois. La crise des subprimes envoie déjà des milliers d'Américains au tapis. Tétanisé, Sarkozy met 15 jours avant de réagir officiellement au krach boursier qui suit la disparition de la banque d'affaires. Sans idée ni leadership, il finit par suivre ses collègues Brown (qui a imposé le soutien au crédit intra-bancaire) et Merkel (qui a lancé un plan de relance plus tôt que les autres). Plus tard, il expliquera qu'il a sauvé le monde.

Droits de l'homme

Quand Barack Obama reçoit le président Hu Jintao, il impose à son hôte un exercice de questions/réponses avec la presse, il laisse les manifestants pro-Tibet, et il ne s'abstient pas de féliciter le prix N obel de la Paix Liu Xaobo. Quand Nicolas Sarkozy reçoit Hu Jintao, il fait placer des figurants chinois dans les rues de Paris et de Nice, et se couche. En août 2008, Sarkozy fut l'un des rares dirigeants occidentaux à se rendre à l'inauguration des J.O. de Pékin. En décembre 2007, Sarkozy accueille le colonel Kadhafi en grandes pompes à Paris.  Sans être naïf sur les contingences diplomatiques, on espérait plus de retenue. Plus généralement, le soutien ostensible aux pires dictatures du moment (Libye, Tunisie, Syrie), le silence prudent face aux exactions israëliennes à Gaza début 2009 ont brouillé l'image de la France. La diplomatie française est désormais raillée pour sa partialité, tantôt donneuse de leçon, tantôt complice silencieuse de ses dictatures-partenaires commerciaux.

Europe

En juillet 2007, Sarkozy « débloque » l'Europe en négociant un traité simplifié dit de Lisbonne. Ratifié en janvier, il est retoqué par un référendum irlandais en juillet, puis charcuté en décembre suivant. Entre juillet et décembre 2008, la présidence française de l’union européenne n’a pas servi la cause européenne. Le Monarque a joué les Etats contre l’Europe ; troublé le couple franco-allemand par son rapprochement avec le Royaume Uni pour l'Union de la Méditerranée, avant de tenter de le conforter. En décembre 2009, elle se dote d'un président pour deux ans. Sarkozy suit Merkel et fait élire un inconnu sans charisme qui ne dérangera personne. Financièrement fragilisée, la France n'a plus qu'à suivre l'Allemagne.

Etats-Unis
La situation est paradoxales. Avant 2007, Sarkozy aimait à se présenter comme atlantiste et pro-américain. Son soutien à une administration Bush totalement décrédibilisée et haïe de par le monde était complètement anachronique. Obama élu, Sarkozy fait le jaloux. « On a hâte qu'il se mette au travail et qu'on change le monde avec lui » est son seul commentaire officiel lors de l'intronisation du nouveau président américain. Depuis, Obama le snobe aisément tel qu'il en a l'occasion.

Françafrique

C'est en Afrique que l'échec diplomatique de Sarkozy fut le plus flagrant. Dix semaines après son élection, il prononce un incroyable discours aux accents racistes, à Dakar, sur l'homme africain insuffisamment entré dans l'histoire. Plus tard, il vire Jean-Marie Bockel de la Coopération sur instruction d'Omar Bongo. Le successeur Joyandet accumule les bourdes, félicitant les putchistes guinéens (contre l'avis américain), puis la succession truquée d'Omar par Ali Bongo au Gabon. En juillet 2010, Sarkozy promet un nouveau partenariat, plus élargi. La présence militaire française s'est réduite, mais l'influence économique également. Les Chinois ont pris le relais. La Françafrique agonise. En décembre 2010, Wikileaks nous apprend qu'un responsable de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) confiait à un diplomate de l'ambassade américaine au Cameroun que le pouvoir Bongo a financé Sarkozy. En France, le ministère de la justice fait tout ce qu'il peut pour bloquer les instructions contre les détournements de fonds de quelques présidents africains alliés.

Géorgie

Il « présidait » l'Union européenne depuis le 1er juillet précédent. Quand la Russie envahit la Géorgie voisine, dont le président atlantiste ne cessait de jouer au provocateur, Sarkozy intervient. Il tente de faire croire qu'il avait sauvé le petit Etat. Un peu avant son discours aux ambassadeurs, la Russie annonçait qu'elle reconnaissait l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, deux anciennes provinces géorgiennes. Sarkozy, désavoué par son ami Medvedev, condamne, mais n'y peut pas grand chose. En août 2010, la Russie déploie des missiles en Abkhazie, et la Sarkofrance se tait.

Gouvernance

C'est la grand dada de Sarkozy depuis la crise de 2009. A chaque fois qu'il le peut, il réclame l'arrivée de l'Inde, du Brésil et d'un pays d'Afrique au sein du Conseil de Sécurité. Sur ce coup, il a raison. L'équilibre géostratégique du monde est bouleversé. Mais pour convaincre, Sarkozy s'y prend mal. Il s'attache le soutien de quelques pays dits émergents alors qu'il faut convaincre les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Il promeut également le soutien au développement des pays pauvres. Mais ses belles paroles ne sont jamais suivies d'effet. La Sarkofrance reste mesquine quand il s'agit d'aider le tiers-monde. La France ne consacre que 0,44% de son PIB à l'aide publique au développement. Et le gouvernement Fillon s'amuse à y inclure davantage de prêts rémunérés, tout en réduisant ses dons, notamment en matière sociale afin de gonfler le chiffre.

Iran

L'Iran, c'est le Grand Satan de Nicolas Sarkozy, l'incarnation du mal absolu. Depuis son élection, il joue au taurillon, menaçant l'Iran de représailles militaires s'il s'équipe d'armement nucléaire. Quand une Française, Clothilde Reiss, prisonnière à Téhéran après un procès inique, paye l'affront français, Sarkozy continue de hurler sa détermination. En coulisses, la France négocie la rançon. Et quand la Russie équipe l'Iran, Sarkozy se félicite de la mise en service de la centrale de Boucher, alimentée par du combustible russe.

Italie

Il s'est remarié avec un Italienne qui n'aime pas Berlusconi, son grand ami. En février 2009, Sarkozy signe avec son copain transalpin un accord nucléaire. De part et d'autre des Alpes, les deux chefs d'Etat font l'objet de multiples comparaisons. Les frasques berlusconniennes avec des mineures et des prostituées ont conduit Sarkozy à s'éloigner de cet ami encombrant.

Kouchner

En mai 2007, Sarkozy débauche Kouchner des rangs de la gauche. C'est une prise de guerre à usage politique interne. Pour la diplomatie française, c'est une catastrophe. Kouchner agace les diplomates. Son incompétence énerve. L'homme est rapidement marginalisé par le Sherpa du président. Pire, Sarkozy n'a pas vu venir le scandale. Kouchner était consultant pour quelques potentats africains auxquels il réclame le paiement de quelques factures après sa nomination au ministère des Affaires Etrangères. Il place ses proches, y compris sa compagne à la tête de l'Audiovisuel Extérieur de la France. « «Je les ai suffisamment gavés ces deux là commentera Sarkozy plus tard en pensant au couple Kouchner/Ockrent.

Otages
Quand deux journalistes de France 3 sont kidnappés par des Talibans, Sarkozy s'énerve contre ... eux. Il ne fallait pas enquêter là-bas. Des mois plus tard, Michel Germaneau, un autre otage, est attrapé en Mauritanie, puis meurt en détention en juillet 2010. En octobre, 7 collaborateurs d'Areva sont faits prisonniers. Sarkozy est prudent. En janvier, deux jeunes Français sont kidnappés dans un restaurant de Niamey. Sarkozy ordonne l'intervention immédiate des Forces spéciales. Les deux Français meurent dans des conditions troubles. L'enquête démarre. On comprend juste que Sarkozy devenu candidat à sa propre réélection a changé d'approche. Comme par hasard.

Paradis fiscaux

Passées les premières secousses boursières, Sarkozy endossa un costume de régulateur, qu'il exhibe à chaque rencontre internationale. Grâce à la France, le G20 est créé. Grâce à Sarkozy, on croit pendant quelques mois que les paradis fiscaux ont disparu. En avril 2009, au G20 à Londres, puis au sommet de l'OTAN à Strasbourg, Sarkozy caricature le débat, exagère ses colères et nous faire croire que le G20 a mis un terme à l'évasion fiscale et trouvé une réponse commune à la crise économique : c'est simplement faux. Il n'y a aucun plan coordonné, aucune mesure de rétorsion concertée contre la fraude fiscale, et la liste des paradis fiscaux est ridiculement étroite. On déchante assez vite. Les paradis fiscaux ont simplement changé d'appellation.

Proche-Orient

On aurait pu croire que Sarkozy mettrait son crédit personnel auprès des autorités israéliennes au service de la paix. Que nenni ! Sarkozy fut inexistant. En janvier 2009, Israël attaque et bombarde Gaza. Sarkozy file au Proche Orient, pour stigmatiser le Hamas au moment même où les chars israéliens entraient dans la bande de Gaza. L'opération Plomb durci durera une vingtaine de jours et 1400 morts. En mai 2010, quand l'armée israélienne attaque un convoi maritime humanitaire en route pour Gaza bloqué, la Sarkofrance tarde à réagir.

Rom
En juillet 2010, il suffit d'un fait divers, dramatique certes, pour Nicolas Sarkozy déclenche au chasse aux Roms. La presse internationale s'indigne. L'ONU et le Conseil de l'Europe protestent. La commission européenne menace de sanctions si la discrimination officielle de la communauté rom est avérée. Même le pape Benoît XVI réagit. Sarkozy s'empourpre. En septembre, on découvre l'existence d'un fichier ethnique de gendarmerie, puis d'une circulaire officielle ciblant explicitement les Roms pour la destruction des camps illicites. L'image de la France est durablement affaiblie.

Russie

Quand il était candidat, Sarkozy voulait marquer sa rupture avec Chirac. Il critiquait volontiers la complaisance française avec l'autoritarisme de Vladimir Poutine. A peine élu, Sarkozy fait rapidement ami-ami avec Poutine, devenu allié stratégique. Il insiste pour lui vendre des navires de guerre, suscitant l'inquiétude des Etats-Unis et de l'Allemagne. Et pas un mot sur la dictature russe

Tunisie

L'exécutif français n'a rien venu venir, comme d'autres. Il est allé jusqu'à soutenir jusqu'au bout le régime autocratique local. Ben Ali parti, Sarkozy a attendu 24 heures pour prononcer ses premiers mots d'encouragement officiel en faveur du processus démocratique. En pleine crise, et malgré une soixantaine de morts, la ministre Alliot-Marie propose le soutien de la police française. Ce fiasco questionne la compétence diplomatique française.

Wikileaks
En décembre, le site publie, avec l'aide de 5 quotidiens de référence, quelques 250.000 notes diplomatiques américaines. La diplomatie française et Nicolas Sarkozy en prennent pour leur grade. Nicolas Sarkozy y apparaît comme un « Empereur nu », « susceptible » et « autoritaire ». La prétendue intervention syrienne pour faire libérer Clotilde Reiss était un bobard.

Pour 2011, Nicolas Sarkozy nous a promis une année diplomatique utile, avec la présidence française des G20 et G8. Il multiplie les déplacements, avec son nouvel avion. Pour l'instant, on a peine à voir ce qu'il en ressort. En Inde, son voyage fut glamour et people. Aux Etats-Unis, il n'a pas convaincu Obama. Au début, Sarkozy jouait au modeste. Il promettait simplement de discuter de la régulation des marchés (financiers et matières premières). Plus l'année avance, plus il s'emballe. Lors de ses voeux à la Culture, il sort l'idée d'un G20 des droits d'auteur. Aux agriculteurs, il s'engage sur une transparence des marchés. On sait que tout ceci n'est qu'agitation électoraliste. A Séoul,
en novembre dernier, il a même préféré sécher l'essentiel du sommet du G20 pour quelques célébrations françaises locales mineures.

On connaît la chanson.
http://www.marianne2.fr/sarkofrance/L-Abecedaire-des-echecs-diplomatiques-de-Nicolas-Sarkozy_a330.html

Devons-nous oublier Céline ?

24/01/2011 11:17 par rgrs

  • Devons-nous oublier Céline ?

    Devons-nous oublier Céline ?

    24/01/2011 11:17 par rgrs

Serge Klarsfeld a finalement obtenu du Ministre de la Culture qu'il retire Louis Ferdinand Céline des célébrations françaises 2011. Michaël Rolland et Renaud Chenu* défendent dans cette tribune le génie du docteur Destouches.


Allez, la France n'est pas avarde. Ni de sa gloire, ni de sa mémoire. Sachons la brader, comme on peut brader le reste. Il y en aura toujours qui la ramasseront. Céline. Oui, Céline ! Si l'oubli pouvait nous le prendre, ce triste machin, on lui refilerait bien, on est même prêt à le payer pour qu'il nous le prenne ! Qu'il nous foute la paix ce vieux démon avec ses oripeaux de génie. Il porte à lui tout seul tous les arrière-mondes de la collaboration. Il est mort aigri, plus antisémite que jamais. Il est mort comme il a vécu en somme, en pourriture. Et pourquoi commémorer la pourriture ? Voilà les termes du débat. Avec tout le respect que nous avons pour Serge Klarsfeld, c'est un peu court.

Un type détestable, Céline. Même les Allemands n'en ont pas voulu, ou si peu. Trop dans l'excès, qu'ils le trouvaient, les nazis. Un solitaire, un incontrôlable, alors l'occupant l'a laissé à ses lubies. Certains se sont vautrés à Weimar, ces belles plumes des Lettres françaises pressées de plaire à la botte qui écrasait leur gueule, dans un fameux voyage : « Le train de la honte », dira-ton plus tard. C'est Goebbels qui invitait. Céline n'a jamais reçu de carton. Ils ont même réussi à le vexer, en supprimant de l'exposition « Le juif et la France » ses infâmes pamphlets Bagatelle pour un massacre et L'école des cadavres. Trop plein « d'obscénités » et « hystériques » selon les commissaires. Il aurait « gâché » l'expo.

Et quand on amnistiait à grosses louches après une brève et magnanime épuration du monde intellectuel pour faire oublier qu'on n'avait pas toujours été chagrin de les voir à la maison, les Allemands, lui on le laissa croupir dans son exil. Sigmaringen dès octobre 1944, ça vous estampille collaborationniste à vie un truc comme ça… Pourtant, sans minimiser, il faisait pas partie du gratin. Médecin des petites gens c’était ça son quotidien… Pour autant pas joli joli sur le CV… Cinq ans les Danois l'ont gardé, avant de nous le rendre. Sale année que cette année 50. « Indignité nationale », voilà pour la douloureuse de la justice, sans compter cette petite année au frais en 1946. Il continua à publier dans cette période, plus prolixe que jamais, dont l'immense Guignol's band, 1 & 2. Et puis un tribunal militaire l'a amnistié, avril 51. Si on pouvait en rester là.

Il a tué qui, Céline ? Il hésitait pas sur les certificats de complaisance pour échapper au STO le docteur Destouches… Les résistants qui vivaient dans son immeuble, il savait foutrement ce qu'ils bidouillaient, ces lascars. Et quitte à avoir un voisin collabo, ces héros ont tiré le bon numéro. La vieille carne qu'ils croisaient tous les jours ne transmit jamais de message à la Gestapo. Car il s'en foutait des « messages », Céline, il a toujours refusé d'être ce genre de type, un « homme à message », un intellectuel. Il les méprisait trop. Pourtant il en a laissé un, de message, à la postérité. Tout en paradoxes. Un message bien ambivalent, qui colle aux doigts. La France a collaboré, et plus que l'ennemi l'exigeait d'ailleurs ! Comme lui. La France a été antisémite, vraiment antisémite ! Comme lui. Lui, tendance racisme biologique… odeurs nauséabondes… L’excès, encore et toujours… En 1946, il ira même jusqu'à écrire que les juifs devraient lui ériger une statue pour le mal qu'il ne leur a pas fait et qu’il pouvait leur faire… dans le texte… ah la provocation il aimait ça « le vieillard clochard dans la merde ». Pas fou, il tentera de jouer par la suite profil bas… Ce qui n’excuse rien… C'est ça qu'il faudrait oublier ? Que folie, haine et génie fassent parfois bon ménage dans la tête d'un homme ? Surtout dans les périodes où la morale qui fait les civilisations s'effondre ? Ou il faudrait oublier qu'on pouvait être profondément patriote et collabo, pacifiste et engagé volontaire, détester les juifs et avoir toujours rejeté la solution finale, être raciste et soucieux des pauvres, n'apprécier les Allemands qu'en regard des soviétiques et de son obsession de la décadence française ?

Ne différencions pas l’homme et ses écrits, ses pamphlets et ses romans. Il pose problème et continue de susciter un gros malaise chez le lecteur lambda sinon chez l’exégète ? C'est très bien, ces problèmes sont un défi pour la mémoire et l'histoire. Il est évident qu'on est plus à l'aise avec des parangons de la collaboration intellectuelle tels Pierre Drieu La Rochelle ou Robert Brasillach. A l’aune du géant des lettres françaises leurs talents littéraires semblent minimes. Ainsi l’embarras est moindre et la bien-pensance peut s’exprimer à loisir. Surtout ils ont « assumé » leurs erreurs et n’ont pas choisi la fuite. Drieu, dans un élan de fierté ostentatoire et autodestructeur, n’a-t-il pas écrit : « Soyez fidèles à l’orgueil de la Résistance comme je suis fidèle à l’orgueil de la Collaboration. Ne trichez pas plus que je ne triche. Condamnez-moi à la peine capitale. [...] Oui, je suis un traître. Oui, j’ai été d’intelligence avec l’ennemi. J’ai apporté l’intelligence française à l’ennemi. Ce n’est pas ma faute si l’ennemi n’a pas été intelligent. » ? Il se donna la mort le 16 mars 1945. Robert Brasillach est condamné à mort et exécuté le 6 février 1945 au terme d’un procès qui divisera les écrivains de la Résistance. Céline n’a pas endossé ses responsabilités. Il n’a pas « payé » pour son engagement. Pire, il a cherché à minimiser ses fautes sans jamais se repentir. Il demeure ce marginal qui souhaite provoquer, choquer et continue d’aborder les problèmes collectifs sous l’angle individuel. Il reste également ce raciste maladif qui ne se tait pas lors de l’Occupation. C'est ça, ce dont nous devons nous rappeler, en plus de redécouvrir son œuvre, pour ne pas se priver du plaisir de lire ce maestro du verbe, de la révolution syntaxique, cet auteur qui nageait le crawl quand tous les autres étaient à la brasse.

Que certains veuillent sa disparition, il restera. Car les génies traversent les siècles, et pas de bol, lui en était un. Et c'est tant pis … ou tant mieux. Il y en aura encore des millions, des ados comme nous fûmes, à être saisis de vertiges à la première lecture de Voyage. Et l’histoire sans mémoire comme la mémoire sans l’histoire, messieurs les prudes de la commémoration, ça ressemble à quoi ? A une Ministre des Affaires étrangères qui se prend pour un caporal de la Coloniale cinquante ans après la décolonisation ?

* Michaël Rolland est agrégé d'histoire et auteur d'un mémoire de recherche sur Céline et la collaboration (2003). Renaud Chenu est journaliste, auteur de Porcus Soviéticus (roman historique, 2010) et 18 mois chrono avec Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann (fiction politique, 2010). Ils ont étudié l'histoire ensemble à l'Université Nancy.
 
Michaël Rolland et Renaud Chenu