Michèle Alliot-Marie se souviendra de Gaza…
21/01/2011 17:16 par rgrs
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Michèle Alliot-Marie se souviendra de Gaza…
21/01/2011 17:16 par rgrs
Si elle pensait qu’elle pourrait respirer un peu loin de Paris et de la polémique tunisienne qui l’asphyxie, Michèle Alliot-Marie doit être très déçue. On apprend que la ministre des Affaires étrangères a été vivement prise à partie par une foule de Palestiniens en colère, vendredi, lors d’une visite dans la bande de Gaza.
Plusieurs dizaines de Palestiniens ont bloqué le véhicule dans lequel elle circulait et tapé du poing sur le capot en criant « Hors de Gaza! » La colère de Palestiniens, accompagnée de jet de projectiles divers mais non létaux n’a pas été provoquée par la malheureuse bourde policière d’Alliot-Marie. D’ailleurs, en Cisjordanie, il est interdit de manifester sa solidarité avec le peuple tunisien et à Gaza, on peut difficilement parler d’enthousiasme vis-à-vis de la Révolution tunisienne, jugée probablement trop laïque.
Non, la faute de MAM aux yeux du Hamas serait d’avoir qualifié la détention du soldat Guilad Shalit de « crime de guerre », alors que semble-t-il, elle n’aurait rien jamais dit de tel. Et son appel concomitant au gouvernement israélien à mettre un terme au blocus de Gaza ne lui a pas servi de circonstance atténuante. La Ministre rejoint ainsi un petit club en expansion : en février 2000 Lionel Jospin, Premier ministre à l’époque, a été caillassé pendant une visite à l’université palestinienne de Bir Zeit après avoir qualifié le Hezbollah de mouvement terroriste.
Si seule la vérité rend libre, comme disait un habitant du coin, il y a déjà 2000 ans (voir Jean 8.32), alors oui, tous les Palestiniens sont prisonniers de fait…
http://www.causeur.fr/michele-alliot-marie-se-souviendra-de-gaza%e2%80%a6,8452
L’Europe : les nouveaux Etats-Unis de la Chine
21/01/2011 17:12 par rgrs
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L’Europe : les nouveaux Etats-Unis de la Chine
21/01/2011 17:12 par rgrs
Cela a été un des rebondissements de la crise des dettes souveraines du début d’année. La Chine jette son poids financier considérable dans le soutien de l’euro en rachetant les dettes souveraines des pays en difficulté. Une décision aux multiples implications.
L’euro sert l’intérêt de la Chine
Ce qui est très intéressant dans le choix de la Chine de prendre le risque d’acheter des dettes souveraines qui présentent un risque de restructuration non négligeable, c’est que cela montre que l’Empire du Milieu y a un intérêt. Et si la Chine a un intérêt dans le maintien de la monnaie unique (que les Etats-Unis défendent également), on peut quand même s’interroger légitimement sur les intérêts que défend cet euro auquel tiennent tant les non européens.
En effet, en soutenant l’euro (comme elle le fait avec le dollar), la Chine maintient la surévaluation de la monnaie européenne et ses exportations. Selon les statistiques de l’INSEE, en 2009, la Chine a exporté 214 milliards d’euros vers l’UE et a importé seulement 81 milliards, soit plus de 2,5 euros d’exportation pour 1 euro d’importation. Bien sûr, les écarts de salaire jouent un grand rôle, mais des études montrent aussi que le wuan est sous-évalué de plus de 50% par rapport à l’euro.
Un mécanisme délétère
En clair, avec des parités plus raisonnables, le déficit commercial avec la Chine (qui représente plus de 100% du déficit de l’Union Européenne), serait nettement inférieur. La Chine est en train de faire avec l’Europe ce qu’elle fait avec les Etats-Unis : elle finance les déficits pour s’assurer que les consommateurs locaux continuent à acheter les produits chinois, doublement favorisés par les conditions salariales et sociales locales et le taux de change très sous-évalué du wuan.
Certains disent que la Chine préfère prendre le risque d’un défaut partiel pour financer le développement de son économie. Et il faut dire qu’avec 2 600 milliards de dollars de réserves, la Chine est devenu le prêteur de dernier recours du monde entier. Malheureusement, si la Chine cumule les excédents, c’est aussi parce qu’elle ne veut pas avoir besoin un jour du FMI, comme certains pays asiatiques dans les années 90. Cette crise a profondément nourri les déséquilibres commerciaux actuels.
Cet épisode montre deux choses : l’absurdité d’un monde où un pays en voie de développement finance la consommation des pays dits développés. Ensuite, en mettant tout son poids dans la balance, Pékin pourrait bien prolonger la vie de l’euro de quelques mois, voir quelques années.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Pour Chevènement, il faut fermer la parenthèse libérale !
21/01/2011 16:13 par rgrs
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Pour Chevènement, il faut fermer la parenthèse libérale !
21/01/2011 16:13 par rgrs
Pour Chevènement, il faut fermer la "parenthèse libérale"", entretien de Jean-Pierre Chevènement à L'Humanité
Dimanche, jeudi 20 janvier 2011.
Avec "La France est-elle finie?", Jean-Pierre Chevènement analyse les circonstances et les raisons politiques et idéologiques qui ont conduit le PS à se rallier au libéralisme dans les années 1980, au nom de la construction de l'Europe. L'ancien ministre socialiste explique sur quoi, selon lui, il faudra s'appuyer pour fermer cette "parenthèse" ouverte avec le soutien de Mitterrand.
Humanité Dimanche : Pourquoi avez-vous décidé de sortir ce livre maintenant ?
Jean-Pierre Chevènement : C’est que la crise de 2008/2009 éclaire d’une lumière crue les erreurs commises dans les années 80 et 90. Il faut les connaître pour trouver les moyens du redressement. Prenons la monnaie unique : les règles de la monnaie unique sont fixées en 1989 par le groupe Delors composé des gouverneurs de banques centrales et notamment de celui de la banque centrale allemande. Et c’est lui qui tient la plume et impose l’indépendance de la BCE, la lutte contre l’inflation identifiée comme la seule mission de la BCE. Règles copiées sur celle de la Bundesbank et acceptées par la France au Conseil européen de Madrid (juin 1989). La libération des capitaux à l’égard de tous les pays du marché commun mais aussi à l’égard des pays tiers, y compris les paradis fiscaux, apparaît dans l’acte unique négocié en 1985. Cette clause est imposée en fait par Margaret Thatcher. Ce texte est ratifié en 1987 par les socialistes mais aussi par la droite, alors majoritaire. La libération des capitaux intervient, le 1er janvier 1990, sans harmonisation préalable de la fiscalité sur l’épargne, sous l’impulsion du Chancelier Kohl et sans objection de la France. Elle introduit une inégalité fondamentale entre le capital et le travail et va ouvrir la voie aux délocalisations industrielles.
HD : C’est donc au milieu des années 80 que les socialistes Français commencent à dériver vers le social-libéralisme ?
JPC : Lorsque je démissionne en mars 1983, le choix vient d’être fait par François Mitterrand de ce que Lionel Jospin - alors Premier secrétaire du PS - appelle la « parenthèse libérale ». Une parenthèse qui reste ouverte… avec les conséquences que l’on connait. En effet, après la période 1981-1983, le PS met en œuvre sur le continent avec Helmut Kohl, les politiques de dérégulation que Thatcher, Reagan avaient initiées dans le monde anglo-saxon. François Mitterrand substitue la perspective de l’union politique de l’Europe au projet national de transformation de la société française qui était celui de 1981. C’est ce que j’appelle son « pari pascalien » sur l’Europe en référence à ce que Pascal écrit à propos de Dieu : « si vous pariez sur Dieu vous gagnez tout et vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter ». Mitterrand, lui, fait le pari sur un au-delà des nations appelé « Europe ». Comparé à la misère des nations telle que l’ont révélée les deux guerres mondiales, l’Europe est un au-delà merveilleux qui nous protègera et nous garantira la prospérité et la paix. On sait ce qu’il en est advenu : l’Europe a été le masque du ralliement au libéralisme.
HD : Comment faire, pour que la gauche « remette les yeux en face des trous », pour reprendre une de vos expressions ?
JPC : Après leurs séjours prolongés dans le bain acide du néo-libéralisme, il faut dépasser la droite et la gauche telles qu’elles sont devenues, l’une ayant tourné le dos à la nation, l’autre aux couches populaires par une stratégie de rassemblement républicaine sur un projet de gauche profondément renouvelé. Il faut une gauche rassembleuse sur un projet de redressement de la France dans l’Europe et de l’Europe elle-même. Une Europe fondée sur les nations qui sont les cadres essentiels de formation de la volonté démocratique. C’est en s’appuyant sur la volonté démocratique des peuples qu’on redonnera l’élan à l’Europe et à ses nations.
Avoir « les yeux en face des trous » c’est comprendre que la crise est devant nous et s’armer pour y faire face, c’est savoir qu’en dernier ressort on ne pourra s’appuyer que sur la souveraineté nationale pour redresser l’Europe. La France doit peser pour amener le gouvernement allemand à revoir ses priorités budgétaires et monétaires dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même, qui n’a pas intérêt à une récession européenne généralisée. C’est aborder la crise de l’euro de préférence en en changeant les règles du jeu pour préserver l’euro et sinon en préparant un plan B en changeant de jeu- monnaie commune-SME bis- pour enrayer la désindustrialisation qui fragilise notre modèle social.
C’est également assumer les valeurs qu’avait su assumer la Troisième République et soi dit en passant le Parti communiste à la Libération dans des domaines comme l’école, la science, les valeurs de la connaissance, l’effort, le souci de la sécurité, et enfin le civisme qui ne va pas lui-même sans le patriotisme… Nous ne devons pas laisser ces valeurs à la droite. Bref, nous devons rompre aussi avec l’héritage libéral-libertaire.
HD : Quel regard portez vous sur ce qui se passe à la gauche du PS ?
JPC : Ce qui se passe à la gauche du PS m’intéresse. Jean-Luc Mélenchon n’a pas toujours eu les même choix que les miens. Il était pour le traité de Maastricht, mais à tous pécheurs miséricorde ! Je lui trouve un certain mérite. Il a eut la volonté de rompre avec le PS. Mais est-ce qu’il suffit de créer un pôle de radicalité ou un pôle de gauche à coté du PS ? Est-ce qu’il ne faut pas avoir une ambition plus large ? C’est là que se trouve la pertinence de l’idée républicaine, pour rassembler plus largement, pour imprimer un autre cours à la politique Française. Le Front de gauche, à mon sens, porte certaines ambigüités sur la nation, la souveraineté nationale et le bon usage que l’on peut en faire pour rassembler, redresser la construction européenne et peser sur le cours de la politique allemande actuelle pour pouvoir l’amener l’Europe et l’Allemagne, encore une fois dans son intérêt même, à revenir sur un certains nombre de choix budgétaires et monétaires qui risquent de plonger l’Europe dans une profonde régression.
HD : Serez-vous candidat à l’élection présidentielle de 2012 ?
JPC : Je constate une chose, dans le système politique actuel, la seule véritable occasion de peser c’est la présidentielle. En 2012, il faut un candidat républicain avancé et capable de rassembler largement. Je n’en écarte pas l’hypothèse, y compris pour moi-même.
Propos recueillis par Stéphane Sahuc
Coût du travail Allemagne/France: le MEDEF baratine
21/01/2011 16:00 par rgrs
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Coût du travail Allemagne/France: le MEDEF baratine
21/01/2011 16:00 par rgrs
Après la fiscalité, c'est le coût du travail en Allemagne, que le MEDEF et l'UMP portent aux nues. Problème : Les affirmations sont approximatives et le dernier rapport produit sur le sujet est d'une totale partialité !
C'est au nom de l'amour immodéré des performances économiques de notre voisin que notre "réforme" fiscale devrait voir le jour en Février prochain. Et c'est au nom de cet "amour" et d'un rapport "providentiel", expliquant que : "
La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé " qu'on propose de supprimer l'horaire légal de travail et de baisser les charges patronales !
Laurence Parisot,
encouragée par l'UMP, a été la première à dégainer : " (...)
ne pas voir que la durée du travail a un effet sur notre compétitivité, c'est refuser de voir la réalité en face (...) " sans oublier bien entendu, de demander un : " (...)
débat sur la baisse des charges dans les entreprises" -
20Minutes
Ces propos ont été bien reçus par Eric Besson qui s'est fait un devoir de communiquer les informations contenues dans un rapport, rédigé par l'institut économique
COE-Rexecode qui a : " (...)
analysé le décrochage de l'industrie française face à l'industrie allemande (...) "
Notez au passage que, comme nous le dit 20Minutes, que ce : "
groupe de recherche" est "
proche du Medef " Ce qui simple à vérifier, lorsqu'on regarde
la liste des ses adhérents au nombre desquels, on compte : le MEDEF !
Que dit ce rapport : " (...)
La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé (...) " Conclusion : " (...)
il faut réduire d'urgence les charges que paient les entreprises, et compenser cette baisse des impôts par une réduction des dépenses publiques. Il propose aussi d'ouvrir de nouvelles négociations entre les salariés et les patrons sur les salaires et la durée du travail ( ...) "
Le rêve de tous ceux qui ont un jour dirigé le CNPF et le MEDEF !
Néanmoins, ce rapport, produit par un "satellite" du MEDEF, est empreint d'une totale partialité. Des preuves ?
Eric Verhaeghe, qui vient de défrayer la chronique en claquant la porte de l'APEC et en rendant la totalité de ses mandats au titre du MEDEF, et selon qui : le MEDEF est accroché à des analyses passéistes, comme il nous l'a affirmé dans un échange de question réponses avec Slovar :
" (...)
à l'issue de la crise de 2008 le MEDEF n'a pas mené la rénovation intellectuelle nécessaire pour apporter les bonnes réponses à la crise économique. Ses analyses sont dépassées. Aujourd'hui, il nous faut une vision neuve de la dette, du travail et de son coût, de la répartition de l'effort fiscal (...) " donne son point de vue dans un billet publié sur son blog
Il écrit, au sujet de l'obsession de l'organisation patronale sur le coût du travail.
" (...)
La litanie est bien construite: les Allemands ont pratiqué une rigueur salariale qui leur a permis de baisser le coût du travail et de retrouver leur compétitivité. Grâce à cette politique, leurs salariés coûteraient moins cher que les salariés français, ce qui leur permettrait de vendre mieux, etc ( ...) la commission des comptes de la sécurité sociale de juin 2010 fait un point très intéressant sur cette question. Extrait :
1 – la mesure du coût du travail est très difficile et contestable, car elle passe par des données agrégées qui mélangent des données très différentes (...) s’agit-il du coût horaire moyen ? du coût salarial global ? des rémunérations brutes annuelles et des cotisations patronales ? (...)
2 – (...) le financement de la sécurité sociale en Allemagne repose de plus en plus sur l’impôt. La part des cotisations sociales a donc diminué dans les recettes de la sécurité sociale. L’invention de la TVA sociale en 2007 a joué un grand rôle dans ce rééquilibrage (...) En revanche soyons bien clairs sur la signification de cette tendance: les citoyens se substituent aux employeurs pour financer la protection sociale.(...)
même s’il y a une convergence progressive du coût du travail entre les deux pays, le travail allemand coûte 24,6€ de l’heure en moyenne, et le travail français seulement 23,6€ " -
Intégralité de l'article sur le blog d'Eric Verhaeghe
Même analyse, de la part du directeur de recherche au CNRS, l’économiste Philippe Askénazy. Celui-ci
explique à 20minutes.fr pourquoi la question est, selon lui, mal posée.
" (...)
dans les faits, un salarié allemand coûte aujourd’hui plus cher qu’un salarié français (...) Quand un Allemand a marqué «40 heures» sur sa fiche de paie, il travaille effectivement 40 heures environ. Un cadre français au forfait, officiellement à 35 heures, va dans les faits travailler 45 heures (...) Les salaires ont été gelés et la TVA sociale créée (...) Si l’on se base sur les comptes nationaux, qui agrègent un maximum de critères, notamment la productivité, le coût du travail est plus élevé en Allemagne qu’en France. Et la raison est simple: les salariés allemands sont mieux payés (...) Une économie avec un coût du travail élevé mais des entreprises innovantes sera toujours plus compétitive que l’inverse.
(...)
Pour combler ce différentiel, la France a donc deux solutions. Elle peut soit continuer à se développer dans des secteurs peu productifs et baisser son coût du travail, soit rendre ses entreprises plus innovantes et donc plus productives. C’est un choix politique "
Malheureusement, une fois de plus, il semble que le choix politique s'oriente vers une seule variable d'ajustement : Les salariés. Ceux-ci n'auront qu'à "travailler plus" pour gagner ... la même chose, au nom de la compétitivité avec leurs homologues allemands. Afin d'augmenter sensiblement la part versée ... aux actionnaires !
Crédit photo
Rédigé par J-C Slovar
Sarkozy se désintéresse-t-il de la culture et de la connaissance ?
20/01/2011 15:12 par rgrs
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Sarkozy se désintéresse-t-il de la culture et de la connaissance ?
20/01/2011 15:12 par rgrs
Le contraste était saisissant, mercredi 19 janvier en fin de matinée, entre les voeux que le candidat livra au « monde de la connaissance et de la culture » et ceux qu'il avait réservé, la veille, au monde agricole. La cause sarkozyenne est-elle à ce point perdue ? Aux agriculteurs, Sarkozy fut attentionné, son discours était préparé. Pour les enseignants, les artistes et les journalistes, il fallait tous les mélanger et les parquer dans une grande salle prestigieuse pour éviter de s'adresser à chacun.
Tous parqués !
Mercredi, Sarkozy expédia sa prestation en à peine 30 minutes, alors qu'il avait pris soin d'inviter très largement des enseignants, des chefs d'établissements, des chefs d'établissement, des journalistes, des patrons d'institutions culturelles ou d'entreprises de spectacles voire même des organisateurs de festival. Un immense fourre-tout qui permettait d'évacuer les problèmes. L'immense salle du Grand Palais, juste de l'autre côté des Champs Elysées, en face du « Château » avait été réservée. L'assistance se tenait debout, incommodée par l'attente de plus d'une heure, surprise par le froid, parquée par d'immenses cordons. Aucun siège n'avait été prévu. Sarkozy avait commencé par une visite de la galerie Sud du Grand Palais, puis une rencontre à huis-clos « avec des personnalités du monde scientifique, des responsables de musées et d'autres institutions emblématiques de la transmission de la culture et du savoir.» En bas de l'estrade, on trouvait l'habituelle brochette de ministres concernés (Luc Chatel, Frédéric Mitterrand, Valérie Pécresse, Jeannette Bougrab), mais aussi son épouse Carla, le conseiller « spécial » Henri Guaino, son pro de la com' Franck Louvrier, la « cinéaste » Josée Dayan (hier pro-Ségolène Royal, aujourd'hui applaudissant les voeux d'un monarque usé), des recasés comme Xavier Darcos (ex-ministre de l'Education et chargé de mission pour l'action culturelle extérieure de la France en juin dernier), ou Jean-Paul Cluzel (président du Grand Palais, éjecté de Radio France en 2009). Sarkozy avait le traits toujours tirés, le visage exagérément souriant. A peine installé, il préféra abandonner son discours, alors que lors de tous ses voeux précédents, il s'était appliqué à lire son texte.
Voulait-il paraître plus chaleureux ?
Que des problèmes...
Le contexte n'était pas favorable, mais les sujets ne manquaient pas. Les principaux syndicats de l’éducation nationale (FSU, Unsa, Sgen-CFDT, Snuipp, SI.EN-UNSA, SNESUP) boycottaient l’invitation : « Sans précédent, la pulvérisation de l’Enseignement Supérieur creuse les inégalités entre collègues, équipes, établissements et territoires. Elle risque de laisser de côté de larges pans de la connaissance, en particulier les Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sociales, et fragiliser des pans entiers de formations dans toutes les composantes (UFR, IUT, IUFM…) » ont-ils écrit lundi. La loi Hadopi est entrée en vigueur en septembre dernier, et la loi Loppsi II débute son examen au Sénat, mardi 18 janvier. Les sénateurs ont d'ores et déjà validé l'usurpation d'identité (punie de deux ans de prison et de 20.000€ d'amendes), et le filtrage administratif des sites Web (i.e. par le ministère de l'intérieur, sans décision de justice). Le relèvement de la TVA sur les offres « triple play » a mécontenté les fournisseurs d'accès à internet. Le conseil de la création artistique, placée sous sa directe autorité, fondé voici deux ans, a disparu. Sarkozy parle, mais Henri Guaino n'écoute pas.
Sarko l'esquive
Sarkozy fit d'abord l'éloge de la transmission de la connaissance et de l'émotion, rappela « la crise la plus grave depuis un siècle ». On en oublierait presque les deux guerres mondiales et leurs trente millions de morts... « La réponse de la France à la crise sera de continuer à investir dans la culture, la recherche et l’éducation. Nous allons multiplier les initiatives », a-t-il promis. Il s'enthousiasma pour le nouveau musée Beaubourg de Metz, puis et celui, à venir, d’un Louvre à Lens en 2012. Il félicita Frédéric Mitterrand pour le dispositif cinélycée, commettant un joli lapsus de négligence (« cinecinema »). Il en souhaita l'extension aux spectacles vivants.
Il enchaîna ensuite rapidement sur l'enjeu éducatif, la qualité plutôt que le nombre. Une façon de répondre aux critiques contre la réduction des effectifs enseignants depuis 2007. Il rappela prudemment que leurs effectifs avaient cru de 45.000 quand le nombre d'élèves baissait de 500.000 dans les 10 dernières années. Il se félicita d'avoir augmenté d'un milliard d'euros depuis 2007 la rémunération des personnels de l'Education. Le candidat parla de la « mastérisation » des enseignants. Pour lui, cette réformette a permis de relever le niveau de recrutement de tous les enseignants au niveau master 2 (bac+5). Mais la formation pratique a disparu. « Il y a notamment toute la question de la formation pratique, je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'améliorer en permanence notre système. » Sans blague... L'homme qui fait la déclaration suivante est celui qui surcharge les classes : « Mon souci, c'est de mettre devant nos enfants des professeurs mieux formés, connaissant mieux leur matière et mieux formés à l'enseignement d'une classe d'âge tellement diverse et parfois si difficile, avec la question centrale du niveau de rémunération.»
Internet, connait pas
Sur la « régulation » d'internet, Sarkozy esquiva carrément la polémique. Pas un mot, notamment, sur la loi Loppsi II, en cours d'examen depuis la veille au Sénat, ni sur Hadopi. Tout juste se permit-il de louer « l'Internet civilisé, et non l'Internet régulé », un propos confus et sans grand intérêt. « Il y a eu beaucoup de malentendus ». Lesquels ? En bas de l'estrade, sur sa droite, Carla bruni-Sarkozy pointe déjà du nez, se cache sous ses cheveux, et regarde longuement ses pieds. Le candidat ne promet pas de nouveau débat, ni de bilan. Il assène quelques généralités connues. « Internet met à disposition de chacun la connaissance de tous. C’est un progrès qui ne doit pas se faire au détriment des droits d’auteur. » Ou encore : « Le jour où l’on ne rémunère plus la création, on tue la création.» Il lance l'idée d'un G20 des droits d'auteur sur internet : « Je souhaite qu'avant le G20 à Cannes (3 et 4 novembre), il y ait un sommet des pays du G20 sur la question des droits d'auteurs, pour que nous essayions d'avancer ensemble, pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres.» Mais la proposition a peu d'intérêt : la lutte contre le piratage des oeuvres sur le Net concerne moins les pays membres du G20 que les sites « offshore ». Il assure que le budget de la Culture et de la Communication ne sera pas gelé. Le monde de la connaissance (i.e. l'éducation) sera ravi de l'apprendre.
Sarko l'esquive (2)
Au « monde de la connaissance de la culture », Sarkozy n'a pas évoqué le classement sans suite par le parquet de Paris, c'est-à-dire le ministère de la Justice, de la plainte du quotidien le Monde contre l'espionnage de l'un de ses journalistes, Gérard Davet, dans le cadre de l'affaire Woerth/Bettencourt. Cet espionnage était doublement illégal, violant la nouvelle loi sur la protection des sources et la procédure d'autorisation de ses écoutes. Le Monde explique qu'il a saisi, le 10 janvier, le doyen des juges d'instruction pour que la plainte soit confiée à un magistrat indépendant.
Au « monde de la connaissance de la culture », Sarkozy n'a pas non plus évoqué le curieux projet de son ministre-vassal Eric Besson, de fusionner les autorités de régulation de l'audiovisuel et des télécoms, ARCEP et CSA. Le fameux Conseil de la création numérique évoqué voici quelques semaines quand Sarkozy déjeuna avec 8 personnalités du Web ne fut même pas évoqué. Sarkozy s'en souvient-il ? Le Monarque paraissait ce mercredi incroyablement dilettante.
Sarkozy et les erreurs
Regardant Luc Chatel puis Valérie Pécresse, il se félicite de l'autonomie des universités et suggère celle des lycées. On croit rêver. La proposition passera inaperçue dans les commentaires médiatiques ultérieurs. Approchant de la fin d'une courte intervention qui n'avait que trop duré, il refait l'éloge de la réforme et de l'audace : « donner de la France l’image d’un pays qui s’ouvre, y compris avec la polémique, pas celle d’un pays replié. L’important, c’est d’avoir de l’initiative. Et si on s’est trompé, et bien on change et ont fait autre chose! » Avez-vous déjà entendu Nicolas Sarkozy reconnaître une seule de ses erreurs, nombreuses ?
Avant de conclure son intervention, Nicolas Sarkozy s'attarda sur deux polémiques récentes. On attendait quelques remarques sur la durée du travail, la précarisation de la société, les difficultés de l'enseignement, les classes surchargées. Sarkozy préféra évoquer .... la création contestée du musée de l'Histoire, et la vente annoncée de l'Hôtel de la Marine. Quels sujets ! « Faut-il qu'on aime l'histoire dans notre pays pour avoir assisté à ce foisonnement de tribunes passionnées et souvent passionnantes. Faut-il une Maison de l'Histoire, y a-t-il un risque d'histoire officielle, y a-t-il un risque de récupération de l'histoire pour les uns ou pour les autres ? »
Il pu aussi abondamment plaisanter sur la présence « indispensable » de l’Etat-Major de la Marine place de la Concorde , un « bord de plage bien connu », d'où on ne voit que quelques péniches et bateaux de tourisme, pour s’étonner ensuite du « nombre de coups de téléphones et de lettres enflammées » qu’il a reçu depuis l'annonce. Pour clore la polémique, Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir mettre en place une « commission composée de gens indépendants pour voir quelle est la meilleure utilisation de l’Hôtel de la Marine ». Ces deux allusions clôturaient parfaitement ses voeux bâclés : deux histoires anecdotiques pour occuper le terrain
Quelques heures plus tôt, Nicolas Sarkozy s'était contraint à un commentaire sur la situation tunisienne, après le faramineux fiasco de la diplomatie française : « Notre souhait le plus cher est que cette évolution se fasse sans drame supplémentaire et que les Tunisiens, après avoir mis fin avec courage et dignité à un régime qu'ils rejetaient, trouvent le chemin d'une transition pacifique et exemplaire afin qu'une démocratie solide et durable s'instaure en Tunisie. »
Marine Le Pen? L’UMP de Marne dit: même pas peur!
20/01/2011 15:03 par rgrs
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Marine Le Pen? L’UMP de Marne dit: même pas peur!
20/01/2011 15:03 par rgrs
A peine remise de la déroute des régionales, comment l’UMP se prépare-t-elle à affronter la bataille des cantonales ? Deux mois avant le scrutin, Marianne a passé une journée dans la fédération départementale de la Marne, à Châlons-en-Champagne. Reportage.
Malet j’écoute ! (…) Oui (…) Mais pourquoi nous ? » Secrétaire départemental de la fédération UMP de la Marne depuis 2005, René Malet dirige sa section comme si l’UMP dirigeait la région. Avec aplomb, fermeté et conviction. Pourquoi Châlons et pas Meudon ? Parce qu’aux dernières élections régionales, la majorité présidentielle -qui a perdu la Champagne-Ardenne quand la vague rose a déferlé sur la France en 2004- a échoué dans sa tentative de reconquête aux termes d’une triangulaire avec le FN. « Ce n’est pas une percée du Front, c’est un retour », précise aussitôt le cadre local. Un retour qui pourrait coûter cher à l’UMP lors des cantonales à venir ? « Avec le nouveau mode de scrutin (1), le risque d’un FN présent au second tour est limité », affirme Benoist Apparu, conseiller régional de Champagne-Ardenne et adjoint au maire de Châlons. Mais sur le terrain qu’en pensent les militants et sympathisants de l’UMP locale ?
Les trottoirs avant Marine
En ce lundi de début janvier, la fédé de la rue Pasteur ressemble plus à un local associatif où se croisent quelques adhérents désoeuvrés qu’à un siège de parti politique en campagne électorale. Les cantonales ont lieu dans à peine deux mois, mais à Châlons rien ne presse. « On n’a pas encore commencé à tracter, observe tranquillement René Malet. On va s’y mettre dans les semaines à venir. » Pour l’instant, pas la moindre trace d’une affiche ou d’un quelconque bout de papier.
Alors quand on leur parle de l’éventuelle présence de candidats frontistes au second tour, la menace lui paraît bien loin. Très abstraite. Voire, peu probable. « Il y a un engouement des médias pour Marine Le Pen, mais pour l’instant je ne vois pas de percée dans l’électorat », proteste Geoffroy Ludot, ancien responsable des jeunes UMP de la Marne fraîchement promu secrétaire départemental adjoint de la section départementale. « Elle est en boucle dans toutes les émissions politiques, renchérit Arnaud Fournaise, candidat aux cantonales. J’ai lu un article de Libé sur les adhérents et électeurs UMP de Reims qui rejoignaient le FN en masse mais ce n’est pas tellement une réalité. Je connais effectivement ceux que le journaliste a interviewé mais à part ces trois, quatre là, je n’en connais pas d’autres. » Marine Le Pen, serait-elle une bulle médiatique ?
A Châlons-en-Champagne, les adhérents de la majorité présidentielle semblent en tout cas avoir d’autres préoccupations. « On parle très peu du FN entre nous, on se demande plutôt comment on va refaire les trottoirs », conclut, pragmatique, une sympathisante UMP.
« Le FN, c’est un logo »
La cinglante défaite de Jean-Luc Warsmann, candidat UMP aux dernières régionales, reste encore en travers de la gorge des militants. « Le débat local était totalement paralysé par le national, regrette Arnaud Fournaise. Du coup, on s’attendait à ce que le FN soit présent au second tour. » Pour Benoist Apparu, les thématiques sur lesquelles surfe le Front ne correspondent en rien à la réalité de la région : « Ici, il n’y a pas de problème d’insécurité, ni de pression migratoire. »
La nationalisation de la campagne électorale aurait donc conduit à un vote frontiste fondé sur des fantasmes très éloignés de la réalité locale. Le FN manque de maillage territorial et donc de candidats et militants prêts à œuvrer au quotidien sur le terrain. Le succès de Bruno Subtil, candidat FN aux régionales, s’explique davantage par son étiquette que par sa capacité à apporter des réponses aux problématiques locales. « Le FN, c’est un logo, remarque Geoffroy Ludot. Ce sont des candidats qui n’existent pas dans le paysage et dans le débat local. » Du coup, pas question pour les militants de Châlons de laisser une fois de plus le national étouffer le scrutin cantonal. Leur cri de ralliement ? « Pédagogie. » « Il y a une vraie méconnaissance des institutions », déplore une sympathisante UMP. Et pour y remédier, tous les prétextes sont bons : porte-à-porte, marché, réunions publiques… « Il faut expliquer aux électeurs ce que peut faire un conseiller général concrètement en matière de sécurité, d’emploi et tout se passera bien. »
Même pas mal mais un peu peur ?
Si tous refusent d’avouer leur dépit suite à l’échec du scrutin régional, une pointe d’inquiétude surgit quand vient le moment d’évoquer l’élection présidentielle. L’usure du pouvoir sarkozyste, l’abandon de certaines valeurs ou thématiques au profit du Front sont perçus par les militants comme autant d’éléments susceptibles de faire fuir une partie de l’électorat UMP. Pour l’instant, René Malet se rassure en comptant sur ses doigts : « Nous avons fini l’année 2010 avec 1753 adhérents, soit 29 de moins qu’en 2009. » Alors que la discussion dévie sur 2012, un militant qui jurait quelques heures plus tôt que le phénomène Marine Le Pen était médiatique et non électoral, lâche en soupirant : « Je crains qu’avec elle, ça devienne moins terrible de voter FN. » La nouvelle présidente du Front leur ferait-elle peur finalement ? « Ça ne nous fait pas peur, ça nous concerne », corrige Arnaud Fournaise. Tout est question de nuance.
(1) Pour se qualifier pour le second tour des prochaines cantonales, un candidat devra désormais recueillir 12,5% du nombre des électeurs inscrits, et non plus 10%. Voir l’article de lexpress.fr à ce sujet.
Mélenchon contre la pensée Plantu
20/01/2011 14:52 par rgrs
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Mélenchon contre la pensée Plantu
20/01/2011 14:52 par rgrs
Jean-Luc Mélenchon s'insurge contre le dessin de Plantu, publié cette semaine par L'Express. Le président du Parti de gauche le trouve « vulgaire ». Et trompeur : il jure ne pas avoir dit « tous pourris », comme le laisse entendre le dessinateur.
La pensée « marabout/bout de ficelle », dont le dessinateur Plantu use et abuse, vient de frapper dans l'Express. Suivons son raisonnement :
1) Jean-Marie Le Pen duplique Adolf Hitler.
2) Marine est la digne fille de son père.
3) Jean-Luc Mélenchon prétend rendre le pouvoir au peuple.
4) Et voilà le président du Parti de gauche portant, à son tour, un brassard nazifiant.
CQFD.
«
Je suis blessé, encaisse l’ancien socialiste en découvrant sa caricature. Plantu, dont j’achète les livres, efface la différence entre la gauche et la droite. C’est vulgaire, c’est grossier. J’espère qu’il admettra qu’il s’est trompé ».
Après quelques instants de flottement, la bête politique raisonne : « C’est une attitude de classe, une manière de dire : n’approchez pas ! ». Tout en proclamant « Qu’ils s’en aillent tous », le candidat à l’Élysée n’a pas renoncé à capter les suffrages des classes moyennes et des intellectuels. L’assimilation aux populistes d’hier et d’aujourd’hui est donc, à ses yeux, « meurtrière ». « Je n'ai jamais dit "Tous pourris", moi ! », souligne l'orateur qui, à la différence des gauchistes, n'a pas renoncé à gouverner.
En outre, Mélenchon goûte d’autant moins l’humour de Plantu qu’il refuse désormais cette « nazification stupide de l'extrême-droite qui ne sert qu’à fabriquer du vote utile en faveur des dominants ». Après avoir pétitionné en solitaire, jusqu’en 2002, pour l’interdiction du Front national, il prétend réduire son influence « avec les armes de la raison ». De manière préventive, il dénonce donc à toutes fins utiles : « Dès lors que Marine Le Pen vient sur notre terrain, celui de la République, je ne veux pas que certaines belles personnes y trouvent prétexte pour charger d’opprobre l’égalité ou la laïcité ». Il est vrai que Plantu n'a pas le monopole du raisonnement transitif…
La rédaction de M2 apprend qu'un débat entre Mélenchon et Marine Le Pen est organisé par une chaîne de TV. Le jour de la Saint Valentin. Ce qui prouve que Plantu a du flair...
Article actualisé à 23h31.
Quand Cameron snobe Fillon Plus d’Europe pour sauver l’Euro? No thanks!
20/01/2011 14:48 par rgrs
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Quand Cameron snobe Fillon Plus d’Europe pour sauver l’Euro? No thanks!
20/01/2011 14:48 par rgrs
En bon ancien eurosceptique pragmatique, François Fillon est un inlassable pèlerin de la cause européenne. Et le plus anglophile de tous les Premiers ministres que la France ait connus. Il a épousé une Galloise, son idole de toujours s’appelle Winston Churchill, il aime les pubs et les baked beans.
Jeudi 13 janvier, il était à Londres pour défendre l’intégration européenne et par là-même consolider sa monnaie légèrement mal en point. Le Royaume Uni n’est pas membre de l’Union monétaire me direz-vous… Certes, mais son sort est lié, que cela lui plaise ou non, à celui de la monnaie européenne. Sauver l’euro est vital pour les intérêts britanniques.
Fort de cette constatation, le Premier ministre en a profité pour jouer cartes sur table et présenter aux Anglais l’approche française relookée qui désormais fait figure de credo européen à Paris. « Il faudra progressivement harmoniser nos politiques économiques, budgétaires et sociales… voire mettre en place un système de gouvernance économique pour la zone euro », a-t-il lâché. Ce n’est pas tout à fait nouveau, mais mine de rien, c’est un véritable pavé dans la mare.
François Fillon se serait-il rallié sur le tard aux thèses de Margaret Thatcher ? La Dame de fer avait en son temps à maintes reprises averti Jacques Delors des dangers d’une union monétaire sans unification politique… Même si on peut raisonnablement penser que la fourbe désirait surtout gagner du temps et enterrer dignement l’Europe, les faits semblent lui avoir depuis donné raison. Les meilleures idées du monde, et, à mon humble avis, l’unification de notre continent en est une, exigent une mise en œuvre soignée. En mettant la charrue avant les bœufs, en ignorant délibérément les disparités économiques et sociales, en bâclant la genèse de l’euro, c’est tout l’équilibre délicat de l’Union que les Etats-membres ont pris le risque de mettre en péril. Les crises que connaissent les « maillons faibles » viennent de les rappeler opportunément à l’ordre. La France qui ne propose rien de moins que de limiter le pouvoir des gouvernements nationaux, est donc désormais dans une pure logique intégrationniste pour sauver la monnaie unique.
On imagine sans peine la fin de non-recevoir cameronesque. Courtoise mais définitive.
Primo, le Prime minister répondit au Premier ministre qu’il n’envisageait pas de participer à un nouveau plan de sauvetage, notamment à l’égard du Portugal.
Secundo, soutenir l’euro, aider à sa stabilisation, oui… Centraliser le pouvoir en matière de fiscalité et de dépenses en diluant massivement la souveraineté pour changer politiquement la nature profonde de l’Europe, never ever. À moins de lui passer sur le corps et sur celui de soixante millions de Britanniques plus insulaires que jamais. En clair, un super-Etat fédéral et une Europe à deux vitesses, ça va pas ta tête, répliqua David à François, fidèle à ses convictions personnelles et à sa majorité très eurosceptique, allergique à tout ce qui vient de Bruxelles.
Conviction sans doute mais aussi opportunisme. Et si l’habile Cameron, plus encore qu’une opposition de principe, voyait dans cette fermeté réaffirmée une occasion conjoncturelle unique de re-cimenter sa relation avec… l’Allemagne ? Benoîtement, il a rappelé à François Fillon que la France n’était pas destinée à façonner l’Europe. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, nul n’ignore que son général en chef est à Berlin, et Angela Merkel n’a que peu d’affinités avec nos ambitions supranationales. Les Allemands ont fait savoir qu’ils ne souhaitent pas payer pour les Etats endettés qui n’ont pas su, contrairement à eux, endurer des années d’austérité pour maintenir une discipline économique.
Pourtant, en octobre dernier, lors d’une escapade à Deauville, Nicolas Sarkozy et la chancelière ont l’un et l’autre reconnu le besoin impératif d’une nouvelle structure. Un changement fondamental et révolutionnaire des institutions européennes qui bouleverserait profondément le traité de Lisbonne et abandonnerait les principes de Maastricht où chaque Etat est responsable de ses propres dettes.
La porte est étroite pour Cameron. Qui emportera le morceau, qui finira par convaincre Angela ? Celui-là enterrera l’euro et l’Europe ou ouvrira un nouveau chapitre assez exaltant de notre histoire continentale. Ni plus, ni moins.
La fin de l’euro pourrait tarder…
20/01/2011 14:38 par rgrs
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La fin de l’euro pourrait tarder…
20/01/2011 14:38 par rgrs
Il y a quelques jours, Jacques Sapir et Emmanuel Todd annonçaient la fin probable de la monnaie d’ici à un an, diagnostic confirmé par Jean-Luc Gréau. Le GEAB, toujours aussi sombre, annonce lui aussi un cataclysme pour cette année. Et si cela prenait plus de temps ?
Les raisons pour une crise rapide
A dire vrai, les raisons qui pourraient provoquer une crise rapide sont nombreuses. Après tout, il suffirait que les marchés s’emballent sur les taux des dettes souveraines espagnoles et italiennes pour mettre à bat l’ensemble de l’édifice de défense de l’euro mis en place au printemps 2010. Parallèlement, il suffirait qu’un peuple se rebelle contre les plans d’austérité et décide de porter au pouvoir des alternatifs pour fragiliser le château de cartes monétaire qu’est l’euro.
Quand on constate la grande divergence entre l’Islande (qui a choisi de ne pas sauver ses banques et les créanciers étrangers) et l’Irlande, on se dit que ce dernier pays pourrait bien choisir une voie audacieuse lors des élections qui sont à venir. On ne peut pas négliger la possibilité d’une sortie de l’Irlande de l’euro pour sortir de la tutelle humiliante du FMI et de Bruxelles. Concernant le GEAB, si leurs arguments sont réels, ils prédisent un peu trop souvent une apocalypse imminente.
Enfin, comment ne pas constater à quel point la situation de la Grèce est intenable. The Economist rappelle cette semaine que, du fait de la baisse de 4% du PIB en 2010, le poids de la dette a atteint 140% du PIB en Grèce, ce qui signifie que les intérêts de la dette représentent, la somme extravagante de 7% du PIB ! En 2015, malgré un ajustement budgétaire brutal de 10 points du PIB, elle atteindra 165% du PIB, un montant ingérable que l’hebdomadaire appelle dès aujourd’hui à restructurer.
Et si l’agonie durait plus longtemps ?
Malheureusement, la messe n’est pas dite. Les fédéralistes veulent sauver l’euro coûte que coûte, quel qu’en soit le prix à payer par les peuples. Ils savent bien qu’une fin de l’euro hypothèquerait pour plusieurs décennies le modèle d’une Europe supranationale qu’ils construisent depuis 25 ans. Et les pays de la périphérie de l’Europe sont sans doute retenus par le fait que l’Europe leur a apporté beaucoup de subsides et qu’ils ne veulent pas paraître ingrats aujourd’hui.
Mais cela serait insuffisant sans l’intervention de la BCE. En effet, depuis quelques mois, la Banque Centrale Européenne recourt de plus en plus à une monétisation des dettes des pays en difficulté pour éviter d’activer une nouvelle fois le fonds européen. Comme le raconte la Chronique Agora, ce ne serait pas moins de 90% des émissions de bons du trésor Portugais, Espagnol et Italien des derniers jours qui auraient été achetées par la BCE et réduire la pression sur les marchés.
Bref, les autorités européennes sont prêtes à tout pour sauver l’euro, y compris à contredire la lettre des traités. Du coup, entre les 500 milliards encore disponibles dans le Fonds, la capacité gigantesque de monétisation de la BCE, l’aide de la Chine et la possibilité de restructurations, il est possible que les contradictions de l’euro soient protégées des marchés pour quelques années. Il faudrait alors qu’un pays décide volontairement de partir pour faire exploser la monnaie unique.
Bien sûr, la crise va se poursuivre. Mais comme pour les banques, les autorités européennes semblent prêtes à tout pour sauver l’euro, quelques soient ses carences. C’est pour cela qu’il faudra sans doute attendre un peu plus longtemps pour revenir au franc…
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Mediator : un scandale d’Etat
20/01/2011 10:08 par rgrs
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Mediator : un scandale d’Etat
20/01/2011 10:08 par rgrs
Mediator : un scandale d’Etat
Chaque citoyen devrait lire le rapport que vient de remettre l’IGAS au sujet de l’affaire du Mediator. Le délai de rédaction de ce rapport impitoyable, remis en quelques semaines, montre que tous les éléments en étaient déjà réunis et qu’il aura suffit de ces quelques semaines pour en établir la synthèse. Le tableau dressé est proprement effrayant. Il montre des autorité sanitaires, jusqu’au plus haut niveau, incapables de résister aux pressions commerciales, voire purement et simplement corruptrices, qu’une certaine industrie pharmaceutique est capable d’exercer. Les conflits d’intérêts semblent omniprésents, avec des experts émargeant aussi bien chez le juge ( la puissance publique) que chez les parties ( les fabricants de médicaments). Une “bureaucratie sanitaire” dénoncée comme telle par le rapport s’avère aussi lente qu’inefficace, et le principe de précaution, porté de nos jours à toutes les sauces, n’a jamais bénéficié dans ce scandale qu’au profit d’un médicament porté par un laboratoire qui a remplacé toute preuve scientifique par une stratégie de communication habile et complaisamment admise par des commissions au mieux abusées , au pire complices.
Tout ce scandale exige de revoir entièrement le système des AMM (autorisations de mise sur le marché), de réformer l’attribution du remboursement avec des comparateurs concurrentiels et non contre placebo, de revoir l’information médicale avec des grilles activité/prix des médicaments par classe thérapeutique, et de plus dissocier l’AMM de la reconnaissance d’un vrai service rendu par comparaison aux médicaments antérieurs.
Il exige de s’interroger au delà sur la dérive du corps médical français, qu’on a laissé s’installer dans le système des honoraires libres , générateur non seulement d’inégalités inacceptables en matière de soins et de santé, mais où les praticiens deviennent les otages non plus de patients , mais de clients exigeants de médicaments à la mode. En prônant de fait la “libéralisation”, dans les faits la privatisation rampante de la santé comme remède aux déficits, les gouvernements successifs depuis vingt ans ont découragé les médecins à participer à la santé publique, au lieu de les rémunérer correctement en échange d’un effort général de prescription rationnelle, de prévention et de dépistage.
L’affaire du Médiator est enfin emblématique d’un Etat à la dérive qui renonce à ses responsabilités face à la tyrannie des marchés et de la fusion d’une oligarchie publique et privée aux dépends de l’avenir et de la santé de la population dont il a la charge.
François MORVAN
Vice-président de Debout la République
Délégué national à la Santé
http://www.debout-la-republique.fr/Mediator-un-scandale-d-Etat.html