Une révolution de jasmin au parfum républicain

19/01/2011 18:13 par rgrs

  • Une révolution de jasmin au parfum républicain

    Une révolution de jasmin au parfum républicain

    19/01/2011 18:13 par rgrs

Nous jeunes du MRC, saluons le courage et la détermination de la jeunesse tunisienne. Cette dernière a été le fer de lance du mouvement qui depuis un mois secoue le pays tout entier.

Les jeunes tunisiens subissent de plein fouet le ralentissement de la croissance européenne ainsi que les conséquences du libre-échange mondial sur l’industrie locale.

Se révoltant contre cette situation inacceptable, ils se sont heurtés à une police au service d’un clan, qui n’hésite pas aujourd’hui à piétiner la sécurité et le droit à l’autodétermination du peuple tunisien.

Nous souhaitons que la Tunisie trouve la voie de l’Etat de droit lors des prochaines élections. Car cette révolution appartient au seul peuple tunisien. Cette implacable détermination dictée par une soif de liberté invalide de fait le droit d'ingérence.

La France et l’Europe, quant à elles, devront œuvrer en faveur d’un partenariat euro-méditerranéen solide, au service des intérêts partagés des peuples des deux rives de la Méditerranée, et afin de créer les conditions favorables à l'embauche des jeunes.

Pour l’heure, nous soutenons vigoureusement l’engagement citoyen et l’appel vibrant à la démocratie de la jeunesse tunisienne.
 

A bientôt, père Dutourd!Puisse sa France être immortelle

19/01/2011 18:10 par rgrs

  • A bientôt, père Dutourd!Puisse sa France être immortelle

    A bientôt, père Dutourd!Puisse sa France être immortelle

    19/01/2011 18:10 par rgrs

« Nous nous tenons près des gisants comme des rois déshérités… »
Ce vers d’Aragon chante en moi comme un psaume depuis mardi matin où mon père m’a téléphoné, et appris la mort de Jean Dutourd. Mon père. Signe étrange. Mon père, le vrai, l’unique, qui m’appelle pour me dire : « ton ami Dutourd… Tu as vu ? » Jean Dutourd n’était pas mon père, car j’ai un père (et Jean Dutourd a un fils, que je salue ici). Pourtant cet homme, mon maître, un jour m’écrivait : « Vous êtes bien un peu mon fils littéraire… Vous ne croyez pas ? »

Nous nous tenons près des gisants comme des rois déshérités… Il ne sera donc plus jamais là, dans ce grand appartement un peu sombre, rue Guénégaud, où j’allais quelquefois, timide, pour le voir. On causait de tout et de rien. Et avec l’air de rien, cet homme me disait tout. « La politique ? Foutez-vous de ça, Taillandier ! Votre politique, vous la faites dans vos livres. Il n’y a que ça qui doit compter. Relisez-vous, et barrez tous les mots inutiles ! » Lui, le réac provocateur, de droite comme c’est pas permis ! Il me disait : « Votre bouquin sera fini quand il aura atteint le bout de sa trajectoire, qui existe et que vous ne connaissez pas. » Il me disait : « Bah, pour écrire, faut être un peu myope… » En me raccompagnant, il me racontait la dernière blague que lui avait fait passer son copain Paucard.

Nous nous tenons près des gisants comme des rois déshérités. Je n’ai pas vraiment le cœur à analyser. Jean Dutourd m’a fait découvrir, quand j’avais vingt-cinq ans, une grande chose : qu’il ne fallait jamais croire ce que la société dit d’elle-même. Que seuls nos écrivains, nos peintres, ceux qui se sont brûlés juste pour donner au monde leur petite mélodie unique, sont les seuls à dire la vérité. Comment, me dira-t-on ? Cet écrivain bourgeois, cet académicien ? Oui. Il savait et il me l’a dit. Il m’a ouvert ça devant moi. Le père Jean.
Il savait tout de notre langue, de notre histoire, de nos poèmes. Il n’aimait que ça. Il aimait comme il faut aimer : par cœur ! Il croyait, comme son cher général de Gaulle, que la France ne cesserait jamais, à cause de Corneille, à cause de Balzac, à cause de Toulet. Il espérait qu’il y aurait toujours des écrivains français. Qu’ils soient auvergnats ou qu’ils soient nègres, qu’ils se croient lorrains comme Barrès ou qu’ils se croient parisiens comme Baudelaire.

Nous nous tenons près des gisants comme des rois déshérités… Un jour, Dutourd est venu dans la maison d’Aragon, là-bas, à Saint-Arnould, et il a parlé de lui. Il aimait Aragon. Il fut le seul homme à demander pour Aragon, publiquement, des funérailles nationales. Et un gouvernement de gauche tourna la tête pudiquement ! Salauds, va ! Moi, j’ai dédié à Dutourd un petit livre que j’ai écrit sur Aragon. Il m’a téléphoné, c’était en 1997, autant dire la préhistoire, et il m’a dit : « Avec Aragon en amont et vous en aval, je suis sauvé. » Moi, le téléphone raccroché, je me disais : il est vraiment sympa ce mec, trop, trop sympa de me dire ça. Qui n’est pas vrai. Et qui l’est peut-être. Qui sait.

Il n’est plus là, alors, le père Dutourd. Nous nous tenons près des gisants comme des rois déshérités… Et j’ai cinquante-cinq balais. La vie passe. Alors, j’ai peut-être quelque chose à faire ? Pour Matthieu ? Pour Enguerrand ? Pour Sébastien ? Pour Solange ou pour Véronique ? Pour d’autres ? Qui veulent casser le monde avec des livres ? On passe. Et puis on passe le relais… Nous nous tenons près des gisants comme des rois déshérités… Non, vraiment, j’ai trop de tristesse pour analyser… Trop de tristesse et puis le sentiment que chaque phrase à peu près balancée, que chaque mot qui me vient de Diderot ou de Racin, justifie ma vie, et qu’il n’y a que ça pour la justifier. Que je sers quelque chose de bien plus grand que moi. C’est ça que vous m’avez dit, mon bon maître, avec vos yeux qui rigolaient derrière vos lunettes. Nous nous tenons près des gisants comme des rois déshérités. À bientôt, père Dutourd. Je vous pleure, je ne vous perds pas.

http://www.causeur.fr/a-bientot-pere-dutourd,8438

La gauche coincée «impasse Marine Le Pen»?

19/01/2011 18:06 par rgrs

  • La gauche coincée «impasse Marine Le Pen»?

    La gauche coincée «impasse Marine Le Pen»?

    19/01/2011 18:06 par rgrs

Un 21 avril bis, c’est la crainte que fait courir la bonne santé sondagière de Marine Le Pen. Mais qu’est-ce que la gauche avance comme solution pour s’opposer à une telle perspective? Des appels utopistes à une candidature unique de la gauche pour les uns. Un matraquage sur le thème du vote utile pour les autres. Follement original! Idéologiquement vivifiant! Et redoutablement efficace…

Ce ne sont que des sondages. Certes. Et réalisés à plus de 450 jours du premier tour de la présidentielle de 2012. Re-certes. Mais ils inquiètent. Car malgré ces « certes » et ces « re-certes », Marine Le Pen fait… recette. Dans les enquêtes d’opinion, la « fille de » tutoie le score qui avait permis à son Jean-Marie de père de se maintenir au second tour de l’élection de 2002. Dans un sondage CSA pour Marianne, la nouvelle présidente du Front est créditée de 17% à 18%. Une étude BVA pour le numéro de L’Express de cette semaine la donne au même niveau : 17% et ce, quel que soit le chef de file socialiste.

Le spectre d’un 21 avril plane donc de nouveau. Un 21 avril « à l’envers », comme le répète Marine Le Pen depuis de long mois, ou à l’endroit. Comprendre : au détriment de la droite ou de la gauche. Alors que du côté de l’UMP, il a été décidé de réagir vite (un peu trop vite même, puisque le groupe de travail chargé de cette question ne se donne que deux semaines pour formuler une réplique !), la gauche, elle, semble dans l’embarras le plus total. L’inquiétude est là, mais aucune ligne directrice ne se dégage pour contrer « la peste blonde » comme la nomme le mensuel Causeur.  Pourquoi y réfléchir d’ailleurs puisque « DSK notre sauveur » riche de ses intentions de vote sur-vitaminées éliminerait de facto un pareil scénario ! Mais s’il n’allait pas au combat présidentiel ? Ou s'il redescendait tout simplement à des niveaux plus raisonnables dans les sondages dès ses premières prises de parole ? Aubry, elle, est par exemple créditée régulièrement de 22% à 23% d'intentions de vote au premier tour, 5 à 6 points seulement au-dessus de Marine Le Pen... Une réalité qu'au PS, on semble ne pas vouloir voir trop occupés que sont ses dirigeants à parier sur une envie d'alternance à Sarkozy qui leur serait forcément favorable.
Le coup de la «triangulaire à la jugulaire»

Mais certaines personnalités commencent tout de même à évoquer ce qu’ils estiment être une solution ou plutôt LA solution magique pour repousser Marine Le Pen : la candidature unique à gauche ! Aux oubliettes le multipartisme, presque fini aussi le bipartisme à l’anglo-saxonne, bienvenue à ce que l’on pourrait appeler le tripartisme triomphant du péril frontiste. En catch, cette prise dont rêvent de nombreux responsables socialistes pourrait s’appeler le coup de la « triangulaire à la jugulaire». Plus efficace que celui du marteau-pilon ou bien le saut de la troisième corde : une gauche regroupée en rangs serrés et bien disciplinés derrière le candidat PS (évidemment) face à une UMP affaiblie par le FN. Une tactique très mitterrandienne en somme. Follement originale ! Et idéologiquement vivifiante…

Mais le premier à avoir imaginé un tel scénario pour 2012 n’est pas socialiste. Il s’agit de Daniel Cohn-Bendit. Chez lui, c’est une idée ancienne, il faut bien l’avouer. Et qu'il partage avec son frère Gabriel. La montée du phénomène Marine Le Pen lui permet simplement de la ressortir de ses cartons. Même s'il continue à soutenir Eva Joly, l’eurodéputé revient donc en douzième semaine avec cette envie de ne présenter aucun candidat écologiste à la présidentielle en l’échange de quelques circonscriptions octroyées par le PS aux législatives qui suivront. Une manière, selon lui, d’offrir aux écologistes un groupe à l’Assemblée. Mais cette solution n’a jamais séduit les cadres d’Europe écologie – Les Verts. L’avion Joly a beau faire du rase-motte (1), l’hélicoptère Hulot, lui, a beau avoir du mal à s’élever (2), cette idée ne passe pas plus aujourd’hui auprès des dirigeants d’EELV qu’hier : ils ne voient tout simplement pas comment leur formation pourrait se passer de la visibilité qu’offre une élection présidentielle. Et Cohn-Bendit a considérablement perdu de son influence sur le rassemblement qu’il a pourtant créé…

Le vote utile ou la « machine à abrutir » le peuple de gauche ?

François Hollande, l’outsider socialiste du moment, a repris à son compte cette idée. Pourquoi se priver ? Dany, lui-même, a osé ! Pour faire court : il y aurait donc selon l’ancien Premier secrétaire PS déjà trop de candidats, alors à quoi bon présenter une candidature écologiste. En définitive, Hollande joue la carte du vote très très utile avant même que ne débute la campagne.

Comme le député strauss-kahnien de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, le faisait il y a encore quelques jours dans les colonnes de Libération, regrettant pêle-mêle les candidatures Joly et Mélenchon. Lui n’évoque même pas le danger Marine Le Pen. La floraison des candidats de gauche et leurs discours souvent offensifs à l’égard du PS risquent, explique-t-il, de reconduire Nicolas Sarkozy à l’Elysée pour cinq années supplémentaires. De quoi exaspérer le patron du Parti de gauche qui se plaint que le « vote utile » soit devenu un « horizon indépassable » pour ses anciens petits camarades et « une machine à abrutir » le peuple de gauche dans son ensemble.

Vers la chevènementisation des candidatures hors PS

Avec le péril Le Pen qui pointe son nez, il faut donc comprendre que tous les candidats de gauche pour la présidentielle de 2012 hors PS seront traités par les socialistes comme Chevènement en 2002, des agents diviseurs de voix en puissance. Sans jamais s’interroger sur la faiblesse de leur propre discours. Sans jamais reconnaître ou si peu (3) que si Marine Le Pen a choisi de faire son beurre sur la République et la laïcité (une posture ?), c’est en partie parce que ces thématiques-là ont été délaissées. Sans jamais, également, proposer un cadre programmatique à un rassemblement de toute la gauche derrière un seul et même candidat. Après tout, la République, la laïcité, c’est ringard. Comme les idées. Ça ne sert à rien. Si une élection se gagnait avec des idées, ça se saurait...

Mais il faut le reconnaître : les autres organisations politiques de gauche ne font pas beaucoup plus ce travail-là. Tout juste commence-t-on à entendre que le débat idées contre idées avec la présidente du FN ne serait peut-être pas une mauvaise... idée justement. Mélenchon, qui s'est toujours dit favorable à une interdiction du Front, dit par exemple vouloir désormais imaginer une nouvelle « forme de confrontation ».  Le patron du PG considère en effet que « le discours moralisant » et « sociétal » qui a été opposé au FN jusqu'à aujourd'hui par ses adversaires a été « sans effet » et « n'a fait qu'empirer les choses ».

Il était une fois la «maison commune» d’Aubry

Du côté du PS, il en est quand même aussi quelques-uns pour croire encore en la force des idées pour rassembler. Depuis de longs mois maintenant, les anciens ministres Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès proposent aux différentes formations de discuter d’une « plateforme commune ». Ils espéraient que la direction du PS leur fasse un bilan de « l’action entreprise et des contacts réalisés » avec les organisations « amis » du PS. A la mi-janvier, ils attendent toujours. Mais Paul Quilès se veut confiant et explique « ne pas exclure qu’une discussion ait lieu avant la fin du mois » avec Martine Aubry sur ce sujet. C’est pourtant la même Martine Aubry qui souhaitait en 2009, au lendemain du cuisant échec du PS aux européennes, construire avec ses « alliés » une « maison commune ». Il est loin ce temps-là. Et il est sans doute aujourd’hui beaucoup trop tard pour parvenir à renouer le fil.

Reste donc aujourd’hui une gauche qui apparaît coincée impasse Marine Le Pen. La « maison commune » n’est pas sortie de terre et les socialistes n’ont plus qu’à regretter que les autres organisations politiques de gauche ait décidé de construire leur propre maisonnette. En attendant, le FN, lui, coule tranquillement le béton de ses fondations sans que l’on sache quelle hauteur finale atteindra le bâtiment. Rassurant…


(1) 4% d’intentions de vote selon notre enquête CSA,  5% à 6% d’après BVA.
(2) 6% d’intentions de vote
selon l’Ifop pour Sud-Ouest malgré une côte de popularité florissante.
(3) Lire notamment l’article « C'est pas moi, c'est l'autre » dans
le numéro 717 de Marianne paru ce samedi : « Ils n'ont cessé de faire le jeu du FN... Accusés, levez-vous ! » 
Gérald Andrieu, (dessin: Louison)
 

Voeux à une mourante: l'école républicaine

19/01/2011 17:55 par rgrs

  • Voeux à une mourante: l'école républicaine

    Voeux à une mourante: l'école républicaine

    19/01/2011 17:55 par rgrs

La période des vœux se termine, mais les stakhanovistes prononceurs de bénédictions annuelles ont oublié dans leurs lyriques évocations une vieille dame bien mal en point, et dont ils jugent sans doute l’état trop désespéré pour relever des belles sentences de début d’année. Qu’on nous permette donc de présenter nos vœux à cette école républicaine qui n’intéresse plus grand monde. Et certes, il y eut bien les vœux de ministre de l’Education nationale, mais qu’ont-ils à voir avec le devenir de la vieille dame centenaire ? Elle ressemble à ces ancêtres remisés au fond d’un mouroir, et que la famille va voir de temps en temps pour soigner sa culpabilité.
Pourtant, on vous le serinera à l’envi, prétendre défendre l’école républicaine n’a pas de sens, puisque, bien évidemment, nous la défendons tous, et que plus largement, « nous sommes tous républicains. » Ceux qui énoncent cela sont en général partisans du suffrage universel quand le peuple vote ce qu’on attend qu’il vote, partisans de la souveraineté nationale quand la nation choisit souverainement de se soumettre à l’ordre international dominant. Ils ne parlent que rarement de la république, lui préférant une démocratie synonyme pour eux d’extension infinie des droits individuels, et qualifient souvent ceux qui se réfèrent à ladite république de « nationaux-républicains », « laïcistes » et autres noms d’oiseau. Car tout ce qui ressemble de près ou de loin à des valeurs partagées qui puissent fixer un horizon commun leur semble une atteinte insupportable à cette « diversité » qu’ils ne conçoivent qu’opposée à l’unité, et venant la détruire.
Il y a une infinité de nuances dans la façon de concevoir la République. Et le monopole n’en est pas aux Jacobins, tant il est vrai que le 14 juillet 1790, avant que les Girondins ne perdent la bataille des idées – et accessoirement leur tête – fut la Fête des Fédérations. Mais il n’est pas de républicain qui ne croie à la res publica, à la chose commune, comme appartenant à tous les citoyens ; ce qui induit l’idée que chacun agit et choisit en fonction du bien commun. Il n’est pas de républicain qui ne croie à la nécessité des vertus républicaines pour mener l’action politique et partager l’espace social, vertus qui ne se résument pas à la jouissance de droits mais correspondent à un idéal de vie selon des valeurs rigoureuses. Car en tout républicain sommeille un Caton, autant qu’un Périclès : la sobriété des vertus romaines le dispute au strict respect de la séparation entre espace public et espace privé comme garantie de la liberté individuelle et de l’égalité des citoyens entre eux.
Toutes choses que détestent les habituels contempteurs d’un « universel abstrait » dont ils imaginent qu’il écrase les identités, quand il entend les rendre conciliables entre elles. Toutes chose, également, que les « décomplexés » de tous ordre se gardent de perpétuer dans leur pratique du pouvoir ou l’organisation économique et sociale qu’ils laissent fleurir au nom des impératifs de la mondialisation.
Et l’on conviendra, bien sûr, que certains républicains ont un peu tendance à oublier qu’être né quelque part, ce n’est pas seulement être né dans cette République une et indivisible, mais c’est être né dans tel lieu, bercé de telle lumière, et parfois de telle langue qui n’est pas le Français. On conviendra que la « France des petites patries » faisait aimer la France plus sûrement que l’impératif obsessionnel d’uniformisation, qui tient plus de Colbert que de la République. Et que l’amour que le peuple français portait à sa République s’est toujours accommodé du sentiment d’identités imbriquées et multiples, et de modes de vie spécifiques liés à des territoires et des histoires, loin du fantasme d’une France éternelle.
Mais cette définition de la République comme exigence et comme partage de valeurs – qu’on les appelle respect des lois, civisme, sens du devoir ou de la dignité – prouve combien nous ne sommes pas tous républicains, et que ce mot a bien encore un sens, à défaut d’avoir une réalité dans les pratiques contemporaines. Et si la République peut encore être définie, l’école républicaine le peut aussi, elle qui constitue le pilier sur lequel se fonde le fragile édifice, elle qui en est la condition même.
Car l’école ne sert pas seulement à développer les capacités individuelles de chacun, pour qu’il s’intègre au monde professionnel et mène une vie sociale épanouie. Elle ne sert pas seulement à maintenir un pays dans la compétition internationale. Et c’est pourtant ce à quoi la réduit tout le discours dominant à droite, pour qui l’école française doit s’adapter à des critères internationaux faits de développement des compétences, dans le plus pur langage managerial, et d’abandon total de contenus jugés inutiles en considération du bouleversement perpétuel des technologies.
Et le plus surprenant est sans doute que ce ralliement unanime à la vulgate internationale – bien peu soucieuse d’une quelconque spécificité nationale en matière scolaire – se soit opéré si rapidement après la supposée victoire de ceux qu’on appelle traditionnellement, dans la querelle scolaire, les « républicains », à qui les discours d’Henri Guaino et les premières décisions du ministère Darcos semblaient donner des ailes. Passons sur les innombrables querelles internes et excommunications diverses qui occupent davantage certains d’entre eux que la défense et illustration de l’école républicaine. Mais il s’est opéré en l’espace de trois ans un renversement majeur des rapports de force, pour le plus grand plaisir de tous ceux que l’idée même de savoir et de transmission horripile, et qui ont repris, sous l’air libéral et utilistariste qui souffle aujourd’hui sur l’école, une vigueur toute juvénile.
Ces grands maîtres ès pédagogie, que les Français avaient voulu congédier, voient désormais leurs idées triompher. N’était l’attaque contre les postes et le statut des fonctionnaires, ils seraient aux anges. Car les « projets pédagogiques » et autres actions « transdisciplinaires » s’accommodent parfaitement du modernisme managerial fait de « soutien personnalisé » et d’« orientation active ». Tant qu’on ne risque pas d’y entendre parler de grammaire ou d’histoire littéraire…
Or l’école – entendons l’école républicaine, telle que la conçoit la tradition française, à laquelle la populaiton de ce pays semble pourtant fort attachée – ne ressemble pas non plus à l’idée que s’en font les contempteurs de l’affreux « élitisme » français. Car l’école ne sert pas seulement à effacer les ingalités sociales. Voire même, quand elle s’assigne ce but, elle s’en éloigne justement à une vitesse vertigineuse, comme le prouve l’évolution du système français.
Et si l’école républicaine est évidemment publique et gratuite, elle n’est pas que cela. Elle est aussi laïque. Ce qui ne se résume pas à une règle vidée de sens s’imposant pour d’hypothétiques raisons un peu archaïques aux seuls personnels et élèves (et même, cela leur semble abusif) en ce qui concerne le vêtement. Le principe de laïcité est au fondement de la République, et donc de l’école, en ce qu’il est la condition de la participation de tous à la chose publique, et au destin commun de la nation. Il se distingue de la simple tolérance religieuse, qui organise la coexistence des religions dans l’espace public, conception anglo-saxonne de la vie sociale, en ce qu’il crée un espace neutre où nous sommes des individus, non pas abstraits et sans attache, mais libre de jouer avec ces attache et de n’être pas conforme à ce que nous sommes censés être. Cet espace neutre, dans la classe, est la condition sine qua non de la transmission des savoirs, qui caractérise l’école républicaine.
Car l’école, en France, s’est construite comme le lieu où se prépare la vie démocratique, à travers l’émancipation des individus, c’est-à-dire le développement de leur libre arbitre par la confrontation à un haut degré de connaissances et de pensée. D’où l’erreur de tous ceux, à droite comme à gauche, modernistes dans l’air du temps ou pédagogues du camp du Bien, qui croient que les structures, l’autonomie des établissements ou le travail en équipe, suffiront à sauver l’école française du désastre. La mue de cette école pour la fondre dans les standards internationaux ne fera qu’accentuer la différence entre nos sociétés hédonistes et festives et l’appétit de performance des sociétés émergentes, Asie en tête.
Dans cette concurrence exacerbée, la différence française était de porter une certaine idée du savoir et de la liberté. Elle était de croire qu’il est utile à tout individu, quel que soit sont devenir professionnel, de savoir qui furent Clovis ou Charles VII. Et ce n’est pas parce que cet enseignement fut souvent fait avec toute la rigidité dont peuvent faire preuve certains professeurs imprégnés d’un roman national mal compris, et oubliant que Clovis ou Charlemagne n’étaient pas français, ou que l’écrasement de la civilisation occitane ou la chasse aux Huguenots furent deux tragédies qui démontrent la complexité de l’histoire de ce coin du monde qui devint peu à peu la France, ce n’est pas pour cela qu’il faut considérer comme nécessaire le remplacement de ces connaissances par de vagues notions d’histoire mondiale et de géographie du développement durable.
L’école française, en cette année 2011, est en voie de normalisation. Elle n’est plus ce creuset d’une société soudée par des valeurs communes. Elle n’est plus que le cadavre d’un système rendu inopérant, mais dont la mue vers une unité de production de travailleurs efficaces n’est qu’à peine engagée, et a peu de chances de réussir au milieu des tensions sociales et des inégalités de condition, d’investissement familial, ou d’horizon qui participent à l’éclatement de la communauté nationale. Les pays qui s’en sortent, que leur conception de l’école soit purement utilitaire ou non, sont ceux dont l’ensemble des citoyens adhère au projet de cette école.
En France, ceux qui veulent sauver leur conception de l’école républicaine se replient dans des réserves, ou quittent le navire de l’école publique. Mais les tenants du chèque éducation, quand ils croient pouvoir développer ainsi des écoles où prévaudra leur conception de la transmission des savoirs, des valeurs et de la mémoire, oublient qu’un éclatement du système validerait également toutes les autres conceptions, et casserait définitivement la capacité des citoyens à cohabiter, en leur offrant, dès l’enfance, des valeurs inconciliables et des visions du monde radicalement éloignées, en plus d'inégalités gigantesques dans l'accès au savoir.
Pour autant, nul ne saurait se contenter du système tel qu’il est, car il est cauchemardesque. Et ne peuvent que s’amplifier la violence, la frustration, la démobilisation et les anathèmes des uns contre les autres, des parents contre les professeurs, des professeurs contre l’administration, des pédagogues contre les républicains, des républicains contre les autres républicains… Mais une refondation passe sans doute par la revivification du débat qui avait tenté de surgir en 2007, et par une mobilisation de l’ensemble des citoyens contre un modèle d’enseignement dont ils ne veulent visiblement pas. Qu’ils aient été déçus, ou que ces préoccupations aient été supplantées par d’autres, plus immédiates, ne doit pas faire oublier que la question scolaire est une question démocratique, et que le modèle d’école que prônent les candidats à l’élection présidentielle révèlent largement leur conception de la République ou de sa disparition), de la dignité humaine, et de la liberté.

Natacha Polony

http://blog.lefigaro.fr/education/

 

 

 

Marine Le Pen, sous le vernis, toujours du brun

19/01/2011 17:46 par rgrs

  • Marine Le Pen, sous le vernis, toujours du brun

    Marine Le Pen, sous le vernis, toujours du brun

    19/01/2011 17:46 par rgrs

Dimanche, Marine Le Pen a été intronisée à la tête du Front National, succédant à son père, resté à sa tête près de quarante ans. Que signifie la percée de cette femme que certains sondages annoncent déjà à 18% pour les présidentielles ? Le FN peut-il devenir plus respectable ?

Un virage apparemment réussi

Conviction ou posture tactique ? On ne le saura sans doute jamais, mais Marine Le Pen n’hésite pas à modifier assez profondément le discours du parti fondé par son père. Oubliant carrément l’immigration et évoquant à peine l’islamisation, évoquant l’esprit de 1789 et les fondements laïcs de notre République, elle a choisi de se battre principalement contre la mondialisation. Elle ose même parler du besoin d’un Etat fort. Comme le rapporte Marianne, le virage n’est pas neutre pour le FN.

Mais cet article illustre une première victoire intellectuelle de Marine Le Pen. En effet, en faisant la liste des différences d’avec son père, en pointant le rejet d’un tel discours, voir même le départ, des éléments les plus extrêmes du Front, c’est l’histoire qu’elle veut construire qui se diffuse, celle d’une mutation de ce parti d’extrême-droite en ce qui serait un parti de droite populaire. Depuis des mois, sa petite musique est bien passée : Marine Le Pen est plus modéré, voire même plus républicaine.

Du vernis en politique

Il faut convenir qu’à la lecture de son discours de dimanche, le changement est considérable par rapport à son père. Au risque de choquer, à quelques éléments près, je dois constater que je ne suis pas en désaccord (et encore, je me sens obligé d’utiliser une double négation, tellement ce constat me gène). Du coup, certains s’interrogent et se demandent aujourd’hui si finalement le Front National ne serait pas devenu acceptable. Mais n’est-ce pas aller un peu vite en besogne ?

En effet, peut-on décemment juger un politique uniquement sur ses derniers discours ? Ne doit-on pas un minimum tenir compte de son parcours, de son parti et de ses dirigeants (son père est devenu président d’honneur et tient encore les finances),? Comme nous l’a bien montré Nicolas Sarkozy (et les deux précédents présidents), il peut y avoir un gouffre entre le discours et les actes. Non, on ne peut pas juger le Front National de Marine Le Pen uniquement sur son discours.

Un problème de détails ?

Le Front National, c’est aussi son président d’honneur, pour qui les « chambres à gaz sont un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale », qui fait des blagues sur les fours crématoires des camps de concentration, un homme qui a évoqué pas plus tard que dimanche le « nez des juifs », dans la tradition la plus répugnante de l’extrême-droite. Le Front National, c’est aussi son comité central, composé de nombreux partisans de Bruno Gollnisch, au discours moins policé.

Et puis, que pense véritablement Marine Le Pen ? Elle avait théorisé il y a neuf mois sur Europe 1 le côté contre-productif des « saillies » de son père, même si elles lui donnaient « du charme ». Elle n’a pas hésité à recourir à une comparaison absurde et révélatrice avec l’Occupation nazie au  sujet des prières de rue. Bref, outre le fait que l’on peut suspecter que son vernis républicain est justement du vernis, il reste encore d’immenses zones d’ombre avant de décerner un brevet républicain à Marine Le Pen.

Et puis, en prenant un peu de recul, la séquence de dimanche dernier comporte beaucoup d’éléments choquants. Entre la succession familiale (plutôt l’apanage d’organisations autoritaires), la remarque nauséabonde sur le « nez » des juifs, le journaliste (juif) de France 24 molesté par le service d’ordre, l’interdiction de présence de l’équipe du Petit Journal au Congrès, comment ne pas voir que le Front National n’est pas un parti républicain, mais encore un parti d’extrême-droite ?

En se positionnant comme plus modérée que Bruno Gollnisch, Marine Le Pen a gagné une bataille politique. Mais, sous le vernis plus respectable de son discours, c’est bien du brun qui ressort, comme le montrent son dérapage sur l’Occupation et beaucoup de détails, qui, eux aussi, n’en sont pas.

Sur ce sujet, lire le très bon papier de Yann.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

De la durée légale du travailEntre “travailler plus pour gagner autant” et “travailler autant pour gagner moins”, existe-t-il un troisième choix?

19/01/2011 17:39 par rgrs

  • De la durée légale du travailEntre “travailler plus pour gagner autant” et “travailler autant pour gagner moins”, existe-t-il un troisième choix?

    De la durée légale du travailEntre “travailler plus pour gagner autant” et “travailler autant pour gagner moins”, existe-t-il un troisième choix?

    19/01/2011 17:39 par rgrs

Ce début d’année 2011 a été marqué par la pierre lancée par Manuel Valls à propos des 35h. En effet, un socialiste (qui ne l’est que de nom), candidat aux primaires a osé proposer de remettre en cause les 35h et de faire travailler plus les Français. A gauche, ces propos sont jugés scandaleux, alors qu’à droite, le nouveau chef de l’UMP remercie l’auteur des propos. De plus, toute la classe politique a réagi à cela, entraînant un débat que N.Sarkozy s’est empressé de recadrer dans sa majorité.
Or, il semble que beaucoup de personnalités de politiques ont découvert que les 35h sont détricotées depuis 2002 et qu’à l’heure actuelle, il n’en reste plus grand chose. Mais le plus surprenant est que l’ensemble de la classe politique souhaite garder un statut quo intenable en proposant le retour aux 39h pour certains et de rester aux 35h pour d’autres, le tout grâce à des accords de branche librement négociés entre partenaires sociaux. (le PS, le gouvernement, le FN, les verts et les pseudos – centristes).
Seuls deux tonalités diffèrent et proposent un choix net :
- l’extrême gauche qui demande de travailler encore moins (proposition du NPA de travailler 31h par semaine (depuis 2007)
- à droite; JF Copé et son successeur à la tête du groupe UMP à l’Assemblée Nationale proposent d’une manière à peine dissimulée de supprimer purement et simplement les 35h.
Le mérite de ces deux propositions est de ne pas vouloir d’un système bancal, remodelé régulièrement pour être de moins en moins lisible et inégal.
Le défaut de ces deux propositions est d’être des propositions inutiles, au même titre que le statut-quo réclamé par le reste de la classe politique. Travailler 31h ne favorisera pas la productivité française, et revenir simplement à 39h est injuste car priverait les Français d’un acquis social sans contrepartie (cela n’est pas sans rappeler la réforme des retraites…2003 – 2010).
La solution à la question de la durée légale hebdomadaire du travail doit être de simplifier son régime juridique ainsi que réussir le triptyque “emploi – pouvoir d’achats – productivité”.
Pour arriver à cela il est primordial d’effectuer un choix clair et cohérent.
Les 35h ont des points positifs (progrès social, quelques emplois créés…) et des points négatifs (coûtent 20 milliards d’euros par an à l’Etat, effet sur l’emploi moins important que prévu, progressivité du pouvoir d’achat ralentie….) qu’il faut essayer de corriger.
Une proposition peut-être avancée :
- durée légale du travail : 39h ;*
- création d’une sixième semaine de congés payés ;*
- abrogation de l’ordonnance Chirac de 1986 supprimant la charte des prix et des salaires ; et effectuer une revalorisation générale des salaires égale au taux de revalorisation du SMIC décidé proportionnellement à l’évolution de l’inflation (indépendamment de toutes primes et promotions décidées au niveau de l’entreprise) ;
- pas de recours aux heures supplémentaires, sauf circonstances exceptionnelles (pouvoir d’achat garantit par la mesure précédente) ;
A cela, doit être jointe une véritable politique de l’emploi, conditionnée par la sortie de l’euro et le recouvrement de notre souveraineté monétaire.
Cette idée n’est peut être pas l’unique solution, mais aura le mérité de sortir de la confusion actuelle et d’aider les Français(es) à sortir de ce marasme économique, social et national.
* ou alors rester au 35h, clairement et aux RTT.
 

Nicolas Dupont-Aignan dénonce la censure qui couvre l’audition de Michèle Alliot-Marie

19/01/2011 17:36 par rgrs

  • Nicolas Dupont-Aignan dénonce la censure qui couvre l’audition de Michèle Alliot-Marie

    Nicolas Dupont-Aignan dénonce la censure qui couvre l’audition de Michèle Alliot-Marie

    19/01/2011 17:36 par rgrs

Communiqué de Nicolas Dupont-Aignan dénonçant la censure qui couvre l’audition du ministre Alliot-Marie

Nicolas Dupont-Aignan dénonce la censure qui couvre l’audition du Ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie ce mardi à l’Assemblée Nationale.
En effet, une seule question de deux minutes a été autorisée par groupe politique pour cette audition fondamentale, en violation de tous les usages et des principes démocratiques élémentaires.
En outre, les députés non-inscrits n’ont quant à eux l’autorisation de ne poser aucune question au ministre, ce qui s’apparente ni plus ni moins à la censure brutale de toute opinion non alignée.
Alors que le ministre Alliot-Marie avait proposé face à la représentation nationale son aide au régime de Ben Ali pour assurer la répression et mater la révolte populaire tunisienne - et alors que ce même régime avait tué des dizaines de civils - Nicolas Dupont-Aignan voulait interroger sur le ministre sur cette sortie lamentable.
Nicolas Dupont-Aignan

Député de l’Essonne et président de Debout la République

http://www.debout-la-republique.fr/Nicolas-Dupont-Aignan-denonce-la.html

L'étrange séance

19/01/2011 17:32 par rgrs

  • L'étrange séance

    L'étrange séance

    19/01/2011 17:32 par rgrs

Ce matin Michèle Alliot-Marie était entendue par la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale.
Pour la première fois et en violation de tous les usages parlementaires, le Président de la Commission Axel Poniatowski a décidé de limiter les échanges à quatre questions, une par groupe politique. Sur une heure d’audition, la Ministre a parlé 52 minutes et les Députés 8 minutes.
Les Députés non-inscrits étaient par avance interdits de parole. Les autres parlementaires étaient aussi scandalisés d’être bâillonnés. Mais j’ai été le seul, une nouvelle fois, à protester.
Sur le fond, Michèle Alliot-Marie n’a fait que justifier l’injustifiable, oubliant au passage qu’elle avait refusé de condamner la violence policière du régime BEN ALI lors de son intervention aux questions d’actualité à l’Assemblée Nationale, mardi dernier.
Le Général de Gaulle affirmait qu’il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. Force est de reconnaître que le gouvernement a été, dans cette affaire, d’une petitesse à faire honte.
En effet, si on peut comprendre la difficulté à critiquer un régime en place au nom d’un principe de non ingérence, on ne peut pas accepter le silence total et, pire, la proposition d’une aide policière française, même pour éviter le sang lorsqu’un régime tire sur la foule faisant des dizaines de victimes.
Au-delà des fautes du gouvernement, force est de reconnaître le réveil bien tardif de la classe politique dans son ensemble. Je crois d’ailleurs avoir été l’un des seuls à évoquer le départ de BEN ALI, ce qui est stupéfiant.
En vérité, il s’agit bien là d’une faillite morale, d’un manque de sens de l’Histoire, d’une forme de mépris pour les peuples.
Comment s’en étonner dans un pays qui, en 2007, a osé approuver par le Parlement, le traité de Lisbonne qui était la copie conforme du Traité Constitutionnel rejeté par référendum en 2005.
Violation de la démocratie préméditée et théâtralisée par la majorité de l’UMP et du PS.
A force de s’asseoir sur les valeurs de la République, l’oligarchie politique et économique, qui gouverne la France a perdu toute humanité. Ce faisant par son insensibilité, elle commet des fautes lourdes qui vont à l’encontre des intérêts de la France.
Notre pays a toujours eu des hauts et des bas, des forces et des faiblesses. Aujourd’hui la situation est d’autant plus grave que le bateau n’a plus de gouvernail. La vertu au sens ancien, la différence entre le bien et le mal n’imprègne plus les cerveaux. Alors, tout est possible.
Cela me rappelle le magnifique livre de Marc Bloch : « l’étrange défaite ».
Pour autant ne cédons pas au pessimisme car l'exemple tunisien prouve bien que les peuples encaissent jusqu'au moment où ils se réveillent.
Nicolas Dupont Aignan
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/L-%C3%A9trange-s%C3%A9ance
 

J’ai deux Zemmour Loin de la Cour, près du cœur…

18/01/2011 10:45 par rgrs

  • J’ai deux Zemmour Loin de la Cour, près du cœur…

    J’ai deux Zemmour Loin de la Cour, près du cœur…

    18/01/2011 10:45 par rgrs

Le moyen le plus simple pour perdre des amis, ou faire le tri, est assez simple. Il suffit de dire ce que l’on pense vraiment sur certains sujets comme, au hasard, l’islam, le vin naturel, la délinquance, le conflit israélo-palestinien, le retour de la mode des gros sacs chez les filles ou le procès fait à Eric Zemmour. J’ai donc décidé d’en avoir beaucoup moins, d’amis, en disant que je trouve absolument scandaleux qu’Eric Zemmour soit poursuivi devant les tribunaux. Je sais très bien ce qui va se passer mais c’est plus fort que moi.

À gauche, on va me soupçonner (on est souvent suspicieux à gauche). On va dire qu’au fond, j’ai toujours été de droite et qu’il n’y a qu’à faire un tour dans ma bibliothèque pour le savoir. Ça passe son temps à lire Bloy et Bernanos, Drieu et Nimier et ça vient se prétendre communiste.
À droite, on va ricaner (on est souvent ricaneur à droite). On va dire que je veux faire mon malin, mon anticonformiste mais au fond, que je suis toujours pour l’appropriation collective des moyens de production et que si ça se trouve, je pense que le bilan des pays de l’Est est globalement positif. Sans compter que l’on m’a vu soutenir Julien Coupat et que je passe son temps à dire du bien des étudiants anglais et des anarchistes grecs.
En fait, j’ai envie de défendre Eric Zemmour malgré Eric Zemmour.

Je m’explique. Eric Zemmour est poursuivi parce qu’il a fait du Eric Zemmour. Ça nous guette tous. Quand l’homme politique, le polémiste, le poète, l’écrivain, le journaliste sont trop sollicités, ils s’auto-pastichent, se caricaturent et finissent toujours par se ridiculiser ou par dire une bêtise. Paul Verlaine, qui avait compris ce danger, avait décidé de le prévenir et avait lui-même écrit un poème intitulé « Dans le genre de Paul Verlaine », histoire de montrer qu’il était conscient de ses tics.
Eric Zemmour aurait dû faire du Eric Zemmour en privé et pas chez Ardisson dont on sait qu’il a une vieille pratique de l’interview conçue comme une chasse à l’homme sauf chez ceux qui font l’unanimité médiatique du moment. Eric Zemmour a fait du Eric Zemmour à cause de nous tous, aussi, nous ses auditeurs, ses lecteurs, ses spectateurs qui le détestons, l’aimons et parfois les deux à la fois.

Par exemple, Zemmour a fait du Zemmour pour être encore plus aimé par une droite populaire et dure. Résultat, on finit par être aimé par le député tourquennois Christian Vanneste pour qui Marine Le Pen est une gauchiste, les homosexuels des sous-hommes et la France une nation chrétienne, forcément chrétienne, une nation qui fait n’importe quoi depuis, mettons, 1789. Quand j’ai appris que Christian Vanneste soutenait Eric Zemmour, je me suis dit que même si je n’étais pas toujours d’accord avec lui, il ne méritait pas ça, Zemmour. Et j’ai tout de suite pensé, allez savoir pourquoi, au titre du film qui a raconté le procès contre Charlie Hebdo au moment des caricatures de Mahomet.
Mais Zemmour a aussi fait du Zemmour pour être encore plus détesté. Etre détesté est un grand plaisir narcissique, ce que ne savent pas les gens qui vous détestent car s’ils le savaient, ils cesseraient de vous détester pour ne pas vous faire plaisir. Le champion de la détestation zemmourienne, je crois, c’est Claude Askolovitch. Pour Claude Askolovitch, quand on dit le mot France, on est déjà fasciste. Et quand on dit le mot France et qu’on est de gauche, on finit par devenir fasciste un jour ou l’autre. Le syllogisme de la mort.

La preuve, nous dit Askolovitch, Chevènement soutient Zemmour. Tiens, encore une bonne raison de soutenir Zemmour, ça, pour moi. Chevènement a beau avoir un peu oublié le volet antilibéral de son souverainisme, c’est tout de même en participant à sa campagne de 2002 qu’il m’est arrivé deux choses bénéfiques : ma rencontre avec Elisabeth Levy et la possibilité de penser enfin à peu près clairement l’articulation entre nation et progrès social, quand règne partout la mondialisation.
Tenez, je pense que Zemmour, au bout du compte, n’est pas attaqué pour ce que l’on dit dans les gazettes mais parce qu’il critique la mondialisation et l’Union Européenne de façon tout aussi virulente qu’un altermondialiste dans un séminaire sur le commerce équitable à Porto Alegre. Et que l’on n’est pas habitué à ce que ce genre d’attaque vienne de ce côté là. Ou alors qu’on lui en veut, dans une société de l’indifférenciation sexuelle programmée, pour avoir rappelé, un peu brutalement, que le transgenre n’était pas forcément l’horizon indépassable des rapports homme/femme.

On sait très bien, depuis l’Antiquité, que les porteurs de mauvaises nouvelles paient pour la mauvaise nouvelle. On fait semblant, quand on les traduit devant les tribunaux, de leur en vouloir pour une chose, par exemple l’immoralité pour Flaubert ou l’antisémitisme pour Céline. Alors que c’est en fait pour l’angle de vue inédit (on appelle parfois aussi cela le style) apportés sur nos manques et nos lâchetés qu’ils sont cloués aux gémonies et voués au pilori, à moins que ce ne soit le contraire.
Pourquoi est-il poursuivi, d’ailleurs, Zemmour ? Parce qu’il a dit que la plupart des trafiquants en prison étaient noirs et arabes. Et alors, pour avoir fait quelques ateliers d’écriture en milieu carcéral, comme on dit, même pour moi, c’est évident. Il aurait même pu ajouter qu’on trouve aussi des Gitans, souvent spécialisés dans le braquage.
J’ai mon idée, de gauche, sur le pourquoi de cette surreprésentation. Ce n’est pas celle de Zemmour. Enfin, je ne crois pas.
Mais a-t-il dit pour autant, un seul instant, qu’ils étaient là en raison de prédispositions génétiques ou pour des raisons de formule sanguine ? Il ne me semble pas. S’il l’avait dit, cela aurait été, effectivement, raciste. Là, il a juste oublié de terminer sa phrase, ce qu’il fait si bien quand il écrit Petit frère, qui n’est pas aussi bon sur le même sujet que Ils sont votre épouvante de Thierry Jonquet, mais qui n’est pas mal tout de même. Il pense que c’est dû à la mondialisation qui a fait perdre le sentiment d’appartenance à une même nation qu’il définit à la Renan comme un plébiscite renouvelé chaque jour. Jusque-là, je serais plutôt du même avis.
Pour le reste, savoir pourquoi il y a des gens dans les quartiers qui ne participent plus au plébiscite (mais est-ce que les patrons délocaliseurs et les exilés fiscaux y participent encore, eux ?), on a le droit d’apporter la réponse que l’on veut.

Zemmour estime que l’islam y est pour beaucoup. D’autres pensent que c’est un facteur parmi d’autres, et plutôt marginal. J’en fais partie.
Le principal est de pouvoir en discuter. Jusqu’au bout.
Quitte à s’engueuler gravement. Mais loin des prétoires. Très loin. Sinon, la France va finir par ressembler à une série judiciaire américaine. Et elle a beau être esquintée, fébrile, angoissée, elle mérite mieux que ça, je trouve, la France.

http://www.causeur.fr/j%e2%80%99ai-deux-zemmour,8429

Inflation : la crise est aussi une crise écologique

18/01/2011 10:39 par rgrs

  • Inflation : la crise est aussi une crise écologique

    Inflation : la crise est aussi une crise écologique

    18/01/2011 10:39 par rgrs

Dans sa chronique pour Radio Nova, Guillaume Duval revient sur les ressorts écologiques de la hausse du prix des matières premières.

 

L'inflation a atteint un niveau record en décembre dernier depuis 2008. Est-ce inquiétant ?

Oui, ce n'est pas rassurant. Les prix ont augmenté de 1,8 % en rythme annuel. Principalement du fait de la hausse des prix de l'énergie - +12,5 % sur un an - et des produits frais - + 9,4 % par rapport à décembre 2009. Par contre les autres prix, ce qu'on appelle l'inflation sous jacente, continuent d'évoluer très lentement.

1,8 % ce n'est quand même pas encore une inflation très élevée…

En effet. Ce niveau reste même encore sensiblement inférieur au seuil de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Mais, en 2009, au cœur de la crise, l'inflation avait été négative durant plusieurs mois. Et comme les salaires de ceux qui avaient conservé un emploi - la grande majorité malgré tout - ont continué d'augmenter du fait des hausses négociées en 2008, les ménages ont paradoxalement enregistré durant cette période des gains de pouvoir d'achat relativement importants. Ce qui avait beaucoup contribué à amortir le choc de la crise.

Mais maintenant c'en est fini des gains de pouvoir d'achat…

Oui. Car la - légère - remontée de l'inflation à laquelle on assiste se combine avec une nette décélération des hausses de salaire : alors qu'au premier trimestre 2009, ils augmentaient encore en moyenne de 3,5 % par an, à l'automne dernier ils n'ont plus progressé que de 1,8 %. Autrement dit au niveau actuel de l'inflation. Du coup on risque de se retrouver en ce début d'année, dans la situation où on était déjà au début de 2008 : on l'a oublié tant il s'est passé de choses depuis, mais l'économie française avait été en récession à ce moment là du fait de la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires, avant même que la banque Lehman Brothers ne fasse faillite… A l'époque, ces hausses avaient aussi déclenché des émeutes de la faim dans les pays du Sud. Avec les évènements de Tunisie et d'Algérie on constate aujourd'hui des effets analogues.

Est-ce seulement un mauvais moment à passer ?

Cela parait peu probable. En 2008 comme aujourd'hui, ces hausses des prix de l'énergie et des matières premières sont liées en particulier au dynamisme des économies des pays émergents, Chine en tête. La crise que nous traversons n'est pas seulement une crise financière mais aussi en partie déjà une crise écologique, liée à la rareté croissante des énergies fossiles et des matières premières non renouvelables. Ainsi qu'à une concurrence accrue sur les surfaces agricoles pour des usages non alimentaires et aux effets négatifs du changement climatique sur les productions agricoles.

Que faudrait-il faire pour combattre cette tendance ?

Ce qui caractérise la France et l'Europe c'est l'extrême faiblesse des ressources en énergies fossiles et autres matières premières non renouvelables disponibles sur leur sol. Pour baisser les dépenses publiques, on est en train de restreindre l'effort de conversion écologique de nos économies engagé avant la crise. Il faudrait l'accélérer au contraire pour avoir une chance de limiter l'impact futur de la hausse inévitable des prix des matières premières. Il y aurait urgence aussi à accélérer la transformation de notre modèle agricole et de nos habitudes alimentaires. Mais cela supposerait d'avoir réellement pour priorité de préparer l'avenir…

Guillaume Duval | Article Web - 17 janvier 2011