Sur le marché des otages, le Français est à la hausse

01/07/2011 09:08 par rgrs

  • Sur le marché des otages, le Français est à la hausse

    Sur le marché des otages, le Français est à la hausse

    01/07/2011 09:08 par rgrs

« La France ne verse pas de rançon » a affirmé fermement Alain Juppé lors de l'annonce de la libération des deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. Une affirmation démentie par le journaliste Michel Peyrard, envoyé spécial de Paris Match en Afghanistan qui décrit le déroulement des négociations et démontre la monnaie d'échange particulière que constituent les journalistes otages. Un kidnapping lucratif.

Instrument de puissance, médiateur involontaire, monnaie d’échange l’otage est avant tout un objet de négociation notamment depuis la médiatisation à outrance de ces enlèvements. « Face à cette « technique » la communauté internationale manifeste diverses formes d’indignation stupéfaite. Chaque enlèvement est ressenti comme une surprise douloureuse et imprévisible que l’on traite au cas par cas comme s’il s’agissait d’une aberration isolée. Les gouvernements mettent ensuite longtemps à en identifier les motivations et les auteurs avant de négocier avec eux par des canaux clandestins rarement désintéressés et de se rendre à leurs exigences sinon politiques, au moins financières – même si cela est nié avec véhémence –, ce volet n’étant jamais absent des affaires d’otages, quand il n’en est pas au centre » analysait ancien chef du service de renseignement sécurité de la DGSE dans un texte intitulé Privatisation des conflits et prises d'otages.

Contrairement à la plupart des pays occidentaux et aux affirmations d’Alain Juppé -« la France ne verse pas de rançon »-, la doctrine française en matière de négociations est relativement souple. La France a la réputation de verser assez facilement des rançons aux ravisseurs contrairement aux états anglo-saxons que l'on dit « beaucoup plus durs en affaires ». Le gouvernement américain dit même ne pas prendre part aux négociations quand il s'agit de journalistes.  

De façon inhabituelle, voire maladroite, en avril 2009, Hervé Morin alors Ministre de la défense déclarait que la France avait « proposé une rançon » aux pirates somaliens qui retenaient le voilier Tanit, rompant là avec une attitude traditionnelle d'extrême discrétion des gouvernements sur le sujet.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait assuré en novembre 2008 qu'il n'y avait pas de doctrine française en matière de paiement de rançon. « S'il y en avait une, je ne vous la donnerais pas, mais il n'y en a pas », avait-il dit sur Canal+, interrogé sur l'enlèvement en Afghanistan d'un humanitaire français, Dany Egreteau, libéré en décembre 2008. Pas plus tard qu’hier, toujours sur Canal +, le même Bernard Kouchner s’est montré beaucoup moins prudent évoquant précisément la possibilité d’une rançon dans le cadre de la libération d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier.


Revendications financières, diplomatiques, politiques etc.

Il existe plusieurs types d’otages comme l'explique l'ancien ambassadeur Jean-Christophe Rufin : « Pour les otages d'Areva, officiellement, on ne négocie pas, car on est dans la doctrine nouvelle de Paris. Mais en même temps, comme ces otages ont été pris chez Areva, rien n'interdit à l'entreprise d'avoir ses propres canaux. Les contacts privés existent donc, mais discrets, d'où la chape de plomb autour de ces négociations ».

Selon Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement sécurité de la DGSE : « il y a une composante islamiste, banditisme, trafic, mercenaire, le tout habilement mélangé dans un shaker ». D’où des prises d’otages assez longues, des revendications financières mais aussi diplomatiques, politiques, en termes de libération de détenus etc.

Les journalistes-otages constituent une monnaie d’échange particulière pour les ravisseurs. Au Liban, dans les années 80, l'enlèvement de journalistes était devenue une industrie. Tel Juppé, à la libération des otages d'Antenne2  en 1988, Charles Pasqua déclarera: «Nous n'avons cédé à aucune revendication, pas un franc, pas un dollar, pas un mark». Outre la fin du soutien de la France à l'Irak, le Jihad islamique, pour déminer le terrain, la France épurera une dette de 200 millions à la Syrie et l'Iran sera indemnisé à hauteur de 330 millions de dollars.

Dans un reportage exclusif diffusé mercredi sur le site de Paris Match, l'envoyé spécial du journal en Afghanistan, Michel Peyrard, raconte le déroulement des négociations engagées pour la libération de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, du côté des ravisseurs.

Le journaliste a pu rencontrer le « commandant Z », l'émissaire de Qari Baryal, le commandant taliban qui retenait les deux reporters de France Télévisions. Qari Baryal « figure en bonne position au sein de la liste des commandants les plus traqués par la coalition internationale », selon Michel Peyrard.

« Qari Baryal a fait récemment savoir à Quetta (NDLR, la ville où siège l’organe suprême des talibans ) qu’il fallait accélérer les négociations ou qu’il traiterait lui-même directement avec les Français »  explique le commandant Z: « Vendredi 24 juin. Nouveau contact avec le commandant Z. Les évènements s’accélèrent. Le message de Baryal a été entendu par l’organe suprême des insurgés. Selon notre interlocuteur, les talibans ont revu à la baisse leurs exigences financières — pratiquement de moitié — et ne demande plus que l’élargissement de deux des leurs, contre quatre précédemment, en échange de la libération des otages: le maulavi Ihsanullah, capturé blessé en janvier dernier dans le district de Tagab, en Kapisa, et Mohamad Yunus, un important taleb ».

Les fonds spéciaux de la DGSE

Outre l'élargissement des prisonniers, c'est la rançon qui constitue le « dur » de la négociation. Les rançons sont devenues un véritable pactole pour les groupes terroristes, le kidnapping une activité lucrative. L'euromillion du terrorisme ! Selon certains spécialistes, AQMI tirerait 90% de ses ressources des rançons obtenues contre libération.
Et la mort de deux français au Niger, le 7 janvier 2011, tués lors d'une opération de libération menée par les services français dit bien la difficulté de définir une doctrine ferme sur la question. Selon le quotidien londonien Times, la France, l'Allemagne et l'Italie auraient versé 45 millions de dollars pour la libération de leurs ressortissants en Irak.

Pour la France: 10 millions pour la journaliste Florence Aubenas, du quotidien Libération, libérée en juin 2005 après 157 jours de détention; 15 millions pour les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, libérés en décembre 2004 après 124 jours de détention.

La DGSE dispose de fonds spéciaux votés par le parlement français (53,9 millions d'euros en 2011).
Plus qu'une rançon, les agents de la DGSE préfèrent expliquer qu'on achète une information, un silence,  un soutien, on rémunère des intermédiaires.

Fin août 2010, après l'exécution de Michel Germaneau, deux otages espagnols, Albert Vilalta et Roque Pascual, étaient libérés par AQMI. Cette libération aurait donné lieu au paiement d'une rançon et à la libération d'un membre de l'organisation. La France dénonce alors l'attitude espagnole dans le règlement de cette affaire
craignant une surenchère. AQMI parle quant à elle d'une « leçon pour la France et ses services secrets qui devront en tenir compte à l'avenir ». Si les autorités françaises ont toujours nié la possibilité d'un dialogue avec ses ravisseurs, dans le cas des journalistes de France 3, les liens avec les intermédiaires étaient réguliers.
Régis Soubrouillard - Marianne
 

Outreau : quand les journalistes jouaient les procureurs

01/07/2011 09:03 par rgrs

  • Outreau : quand les journalistes jouaient les procureurs

    Outreau : quand les journalistes jouaient les procureurs

    01/07/2011 09:03 par rgrs

L’affaire d’Outreau n’est pas qu’un fiasco judiciaire, c’est aussi un fiasco journalistique. Pourtant, le film « Présumé coupable », inspiré du parcours de l’huissier Marécaux, se concentre uniquement sur le volet strictement judiciaire.


Accusés, levez-vous ! Une réplique qui aurait dû être adressée aux journalistes lors de l’affaire d’Outreau. Ce scandale judiciaire qui s’est terminé par 13 acquittements dont Me Alain Marécaux, l’huissier de justice, qui a subi 23 mois de détention provisoire. Ce dernier a vu son livre Chronique de mon erreur judiciaire adapté au cinéma par le film « Présumé coupable » de Vincent Garenq. 
Se voulant parfaitement réaliste (l’avocat d’Alain Marécaux, Me Hubert Delarue, a travaillé sur le scénario), il met en scène des acteurs ressemblant physiquement aux protagonistes de l’affaire. Philippe Torretton incarne Me Marécaux, Raphaël Ferret, le juge Burgaud et Farida Ouchani, Myriam Badaoui. En attendant sa sortie en salles le 7 septembre, plusieurs projections privées ont été organisées y compris pour les parlementaires et Me Marécaux en en a fait une large promotion dans les médias.

Et l’huissier n’est pas rancunier. Le film qui lui est consacré est tout aussi clément envers les journalistes. S’il constitue une violente critique contre le juge Burgaud, dépeint comme un magistrat froid voire psychorigide, obsédé par sa théorie du réseau pédophile, les médias sont en revanche épargnés. Ils ont pourtant été une pièce maîtresse dans le fiasco d’Outreau. 
 

Médias épargnés

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Bande Annonce Présumé Coupable par sortiescinema
Seules deux séquences du film sont consacrées aux médias. En prison, Alain Marécaux regarde deux JT de France3 présentés par Elise Lucet. Dans le premier apparaît la thèse du « réseau pédophile », dans le deuxième, il apprend que des recherches ont été effectuées pour retrouver le cadavre d’une petite fille. Venant lui rendre visite, son avocat semble ne pas être au courant de ces fouilles, se plaignant même de ne pas avoir accès à tout le dossier. Sans que ce soit dit explicitement, là sont mises en lumière les mystérieuses fuites dans l’affaire qui ne font que desservir les accusés et présumés innocents.
Là est la limite du film, « Présumé coupable » souffre de la difficulté à se lancer dans la critique médiatique. Pourtant, peu de journalistes ont assumé leur traitement de l’affaire. Pour son film, Vincent Garenq a demandé à plusieurs journalistes de réenregistrer leurs voix afin de reprendre leurs sujets selon le Nouvel Observateur. Tous ont refusé et ont demandé à ce que l’on change leurs noms « tant ils avait rétrospectivement honte de leurs reportages », selon le réalisateur. Seule Elise Lucet a assumé son travail et réenregistré ses JT.
Mais hormis ces deux séquences télévisées, les journalistes n’apparaissent jamais dans le film. Ils sont souvent filmés comme une masse attendant Me Marécaux à l’entrée du palais de Justice ou cherchant une réaction du juge Burgaud avant son témoignage devant la Cour d’assises de Saint-Omer ou face aux acquittés lors du procès en appel à Paris. On ne voit jamais aucune Une de quotidien, on n’entend pas de flash à la radio et les journalistes ont tous des rôles de figurants. On ne sait rien non plus de l’impact des médias sur les familles des accusés ou sur les co-détenus (les pédophiles présumés ou condamnés étant stigmatisés et mêmes violentés en prison) alors que le nom des accusés ont été diffusé dans les médias. Bref, l’affaire d’Outreau est vue dans le film comme une stricte affaire de justice
 

Traitement à charge

Pourtant, il y aurait eu à dire sur le traitement à charge des médias. Les fuites « malencontreuses », les sujets à charge, la thèse du réseau pédophiles, sont tout autant d’éléments qui ont pesé sur la réputation des accusés. C’est le symbole d’un journalisme qui se contente de relayer des « sources proches du dossier » (des policiers voire le juge lui-même) ou des PV qui apparaissent comme par magie et de chercher le sensationnel au lieu d’enquêter et de recouper.
Dans le rapport de la commission d’enquête sur l’affaire d’Outreau, une petite partie est consacrée au traitement médiatique. Plusieurs journalistes ayant traité l’affaire ont  d’ailleurs été auditionnés. Le rapport critique « un manque de prudence et de rigueur pendant l'instruction et par l'exercice d'une forte influence sur la procédure ». Il ajoute : « De fait, à quelques rares exceptions près, le traitement médiatique de l'affaire d'Outreau pendant l'instruction du dossier a donné lieu à des approximations, des contrevérités, des révélations ‘affriolantes’ jetant l'opprobre sur des personnes présumées innocentes ». Bref, des journalistes qui ont plus faits dans le réquisitoire à charge que dans l’information, au mépris de toute déontologie professionnelle.
D’autres fictions abordant des scandales judiciaires avait tenté d’aborder la question des médias, avec des journalistes réels ou fictifs dans les premiers rôles.. En 2006, « France 3 » avait diffusé « L’affaire Villemin » sur l’affaire du Petit Grégory, certains personnages ont gardé leurs vrais noms (le couple Villemin, la journaliste Laurence Lacour…), mais les autres ont changé de patronyme à l’écran comme le juge Lambert qui est devenu le juge Bertrand. Mais dans ce téléfilm, plusieurs archives télévisées sont utilisées et les vrais noms des médias employés. Pour ce téléfilm, France3 a été condamnée pour diffamation suite à une plainte de la famille de Bernard Laroche.
Renversement avec « Notable donc coupable », inspiré de l’affaire Baudis-Allègre et du livre des journalistes Marie-France Etchegoin et Matthieu Aron (par ailleurs co-scénaristes du film). Le téléfilm, diffusé sur France2 en 2006 tente d’apparaître comme une totale fiction :  Dominique Baudis est devenu Fabien Borda, France2  s’appelle Vision 2, Le Monde est rebaptisé L’Univers….  Une chance, aucun média, malgré les critiques contre l’exploitation de l'affaire, n’en prend nommément pour son grade. Pourtant sur le fond, la fiction s’inspire de la réalité : un président d’une autorité de régulation audiovisuelle accusé de crimes sexuels, le même qui se défend en nage sur le plateau du 20 heures ; un trublion (inspiré de Karl Zéro) qui sent le scandale télégénique… Une belle hypocrisie. A croire que le maljournalisme bénéficie d’une totale immunité.
 
Tefy Andriamanana - Marianne
 

Mélenchon : plus besoin de le calmer !

01/07/2011 08:57 par rgrs

  • Mélenchon : plus besoin de le calmer !

    Mélenchon : plus besoin de le calmer !

    01/07/2011 08:57 par rgrs

Hier soir, le lancement de la campagne du Front de Gauche était placé sous le signe de «l'union». Plus posé, Jean-Luc Mélenchon a quitté la « fureur » du tribun pour endosser la stature d'un présidentiable.



Ce qui fait la richesse du socialisme, c'est qu'il ne sera pas le régime de la minorité. Nous avons fait le choix de la justice et du nombre », lance Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire, devant les 4000 personnes réunies à Stalingrad, hier soir.  C'était le «leitmotiv» des militants, il fallait que la place « soit trop petite!» Plusieurs fois dans la soirée, il en sera question, le chiffre « incroyable » de « 6500 » participants est même annoncé avant l’entrée en scène de Jean-Luc Mélenchon. Plus tôt, Clémentine Autin, fondatrice de la Fédération pour une alternative sociale et économique (FASE),  appelait déjà « les déçus du NPA qui hésitent » à venir grossir les troupes du Front de gauche.


Le choix du lieux est symbolique. Il rappelle les places prises par le « peuple » dans les pays arabes mais aussi par les « indignados » en Espagne. Les drapeaux du Parti de gauche flottent au vent en compagnie de ceux du PCF, de la Gauche unitaire, de la FASE et de deux ou trois drapeaux français. Et ce n’est pas un hasard si nulle part on ne peut trouver de bannière « Mélenchon 2012 » ou « Mélenchon Président ». L’heure est à « l’union » et à l’effacement du « je » pour le « nous ».
 
C'est la condition à laquelle le Parti communiste a accepté, pour la première fois depuis 1974, d’être représenté à la présidentielle par un candidat qui ne fait pas partie des siens. Du coup, quand Christian Picquet parle d’en finir avec la « présidentialisation» et la «personnalisation» de la Ve République, les réactions ne se font pas attendre. «Ecoute ça Mélenchon! Faut le calmer!», s’emporte une militante. Signe que le choix du « bruit et de la fureur » n’a pas fait l’unanimité au sein du PC.
 
Pourtant, si l’ex ministre de Lionel Jospin a été plébiscité le 19 juin dernier à 59,12%, c'est justement parce qu’il était le candidat le plus médiatique face à un André Chassaigne moins à l'aise avec l'exigence de personnalisation qu'impose la présidentielle.
 

« Mélenchon Président ! »

(marianne2)
(marianne2)
Ton posé, plus solennel - presque « mitterrandien », osent certains militants du PG -  Jean Luc Mélenchon a vraisemblablement endossé la stature d'un présidentiable. Contrairement à Pierre Laurent (PCF), en chemise décontractée, qui l'a précédé sur l'estrade, le co-président du Parti de gauche porte le costume sombre et la cravate rouge foncé des grands soirs.


Mais Jean-Luc Mélenchon se garde bien de rentrer dans les détails du programme commun. Rien sur l’euro en particulier, ni sur le protectionnisme. Il déroule tranquillement ses thèmes de campagnes : « partage des richesses » (salaire maximum), « planification écologique », «VIe république», « une autre paix »(sortie de l’Otan, fin des interventions en Libye).
 
La rhétorique est bien rodée. Il oppose le « peuple qui sait mieux ce qu’il y a de mieux pour lui » à « l’oligarchie », au « capitalisme fou »  et aux « bons docteurs du FMI ». « A bas le mot d'assistanat ! » envoit-il à l'intention du gouvernement. « Il y en a qui se sont déjà beaucoup sacrifiés, c'est au tour des autres. Ca tombe bien, ils en ont les moyens », ironise-t-il plus loin, suscitant les acclamations des militants.
 
Soucieux de rapprocher la démarche du Front de gauche de celles des autres mouvements européens, Mélenchon ne manque pas l'occasion de dédier son discours « à nos frères et soeurs grecs » à qui les banques « demanderaient de vendre jusqu'à l'air qu'ils respirent ».
 
Sa seconde « dédicace » est destinée au juge qui a relaxé Xavier Mathieu, le  « Conti » qui avait refusé de se soumettre à un prélèvement d'ADN, « créant une jurisprudence ». « L'action syndicale pour protéger son gagne-pain n'est pas un crime, c'est un droit! », s’exclame-t-il alors que son auditoire scande la « résistance ».
 
Lorsque à la fin de son discours, il loue la France « la belle, la rebelle » et que  l'« Internationale » puis « La Marseillaise » sont entonnées, il ne fait plus aucun doute que les militants sont conquis. Enfin, les mots sont lâchés : « Mélenchon Président ! Mélenchon Président !»
 
Chloé Demoulin - Marianne

Mediator: les sénateurs cognent à leur tour

01/07/2011 08:52 par rgrs

  • Mediator: les sénateurs cognent à leur tour

    Mediator: les sénateurs cognent à leur tour

    01/07/2011 08:52 par rgrs

Les membres de la mission d’information, présidée par le sénateur François Autain, entendent mettre fin aux dysfonctionnements dans la chaine du médicament.


La "démédicamentation" de notre société est une urgence ». Le néologisme est signé François Autain, sénateur CRC de Loire-Atlantique et président de la mission d’information sur le Mediator. Après les inspecteurs de l’IGAS, les députés, les professeurs Debré et Even, les sénateurs ont remis leur rapport sur le système de contrôle du médicament français. Un rapport qui fait écho à celui paru il y a 5 ans, à la suite d’un autre scandale sanitaire, celui de l’anti-inflammatoire Vioxx. Les propositions des sénateurs pour restaurer la confiance à l’égard du médicament étaient alors restées dans l’ombre. 
« Si les conclusions avaient été prises en compte à l’époque, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui », glisse la sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange, rapporteure à la fois des rapports de 2006 et de 2011. « Nous sommes allés beaucoup plus loin cette fois », tranche François Autain, le président de la mission d’information sénatoriale. Adopté à l’unanimité – « le médicament n’est pas une affaire de droite ou de gauche », dixit François Autain – le rapport prescrit un bon gros coup de balai dans la pharmacopée française. 

Plus de 12.000 médicaments sont aujourd’hui commercialisés en France. Une bonne partie d’entre eux ne servent pourtant pas à grand chose. Les sénateurs proposent ainsi de ne mettre sur le marché que les médicaments qui ont fait la preuve de leur réelle efficacité, par des essais comparatifs avec d’autres traitements. D’après François Autain, seuls 10% des nouvelles pilules et autres gélules lancées chaque année sur le marché ont un véritable intérêt thérapeutique. Les médicaments qui auront obtenu leur autorisation de mise sur le marché (AMM) devront en outre repasser une évaluation tous les cinq ans.
 
Concernant l’expertise, les sénateurs se prononcent pour la création d’un corps d’Etat d’experts de santé publique indépendants et exempts de liens d’intérêts avec les labos, qui ont fait défaut dans l’affaire du Mediator. « Notre objectif est d’extraire l’industrie pharmaceutique de l’Afssaps », explique François Autain. Les labos n’ont pas beaucoup plus le droit de cité dans les cabinets médicaux. La mission sénatoriale envisage ainsi de mettre un terme à la profession de visiteur médical et de faire financer le développement professionnel continu des médecins par la puissance publique et non plus par l’industrie pharmaceutique.
 
Au total, les sénateurs font 65 propositions et gardent l’espoir, « peut-être illusoire », d’être mieux entendus qu’en 2006. Ce que n’a pas vraiment fait le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui a présenté ses propres conclusions avant même que le Sénat présente les siennes…
Clotilde Cadu - Marianne
Dessin Louison
http://www.marianne2.fr/Mediator-les-senateurs-cognent-a-leur-tour_a207959.html

Grèce : y a-t-il un plan B à la sortie de l’euro ?

30/06/2011 09:11 par rgrs

  • Grèce : y a-t-il un plan B à la sortie de l’euro ?

    Grèce : y a-t-il un plan B à la sortie de l’euro ?

    30/06/2011 09:11 par rgrs

Alors qu’un nouveau prix Nobel vient de critiquer la monnaie unique, qui n’aurait jamais du être mise en place selon lui, la Grèce est sur le point d’accepter un nouveau plan d’austérité sauvage qui devrait débloquer la dernière tranche d’aide et déclencher un nouveau plan.

Austérité et plan de financement

C’est pour l’instant la voie choisie par la troïka technocratique BCE / Commission / FMI. La Grèce doit réduire drastiquement son déficit (pour viser l’équilibre en 2015) et réduire son rythme d’endettement. En échange, la communauté internationale finance l’intégralité de son besoin de trésorerie (premier plan de 110 milliards d’euros). L’idée est que la meilleure gestion du pays pourrait permettre à Athènes de pouvoir à terme faire face à ses obligations.

Mais cette voie apparaît comme totalement illusoire pour la plupart des économistes. En effet, la Grèce est insolvable et sera incapable de rembourser une dette qui pourrait bien atteindre 180 ou 200% du PIB dans trois ans. En effet, la radicalité des plans d’austérité a plongé l’économie dans une violente récession, qui, en réduisant la richesse nationale, alourdit encore le poids de la dette. Pire, les Etats, le FMI et la BCE se substituent aux investisseurs privés, assurant le risque de défaut.

Austérité et restructuration

C’est pour cela que de nombreux économistes appellent à une restructuration de la dette grecque qui semble aujourd’hui inévitable. Le très sérieux The Economist recommande cette semaine une réduction de 50%, qui correspond à l’évaluation actuelle des marchés. Les banques européennes pourraient absorber une telle somme. Il faudrait en revanche recapitaliser les banques grecques, dont l’exposition est trop forte pour une telle restructuration.

Cela laisserait la Grèce avec une dette d’un peu moins de 80% du PIB, une réduction automatique de son déficit de 3,5 à 4 points de PIB (économie d’intérêt) et diminuerait nettement son besoin de financement pour les années à venir (le déficit 2011 étant divisé par deux par exemple). Un tel scénario permettrait de grandement limiter le coût du plan à venir. On peut estimer que le besoin serait au minimum divisé par deux (moins de 50 milliards au lieu de 100).

La question de la compétitivité

Il est bien évident qu’une telle solution permettrait de grandement réduire la pression sur le gouvernement grec et donnerait sans doute une bouffée d’air dans cette crise sans fin de l’euro en réduisant fortement la pression sur Athènes. Cependant, tout ne serait pas réglé. Le pays ne serait pas pour autant tiré d’affaire car il présente un énorme déficit de sa balance commerciale et de ses paiements : il manque tous les ans 5 à 10% du PIB pour équilibrer ses comptes extérieurs.

Paradoxalement, la restructuration de la dette freinerait le rééquilibrage de la balance des comptes courants car la Grèce se retrouverait dans trois ans avec un budget à l’équilibre mais des comptes courants dans le rouge, nécessitant toujours une l’injection d’argent de l’étranger… En effet, le pays souffre cruellement d’un manque de compétitivité qui plombe ses exportations. Bref, la situation resterait instable à moyen terme, à moins d’un transfert permanent de 5 à 10% du PIB…

Du coup, la seule solution, évoquée par Patrick Artus dans une de ses notes, serait une dévaluation interne, une baisse des salaires pour retrouver de la compétitivité. Cela a déjà été entamé, mais l’économiste en chef de Natixis évoquait le chiffre de 35% ! Une telle évolution serait un cataclysme économique qui provoquerait des années de récession économique qui remettraient en cause le remboursement de la dette, même après un ajustement de 50%.

A moins d’accepter des transferts colossaux pour combler le déficit de la balance des paiements, les deux options qui se présentent pour la Grèce, en complément d’une restructuration de la dette, sont une baisse d’un tiers des salaires ou une sortie de l’euro. La deuxième n’est-elle pas plus humaine ?

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Petit conseil à la presse de mon pays

30/06/2011 09:06 par rgrs

  • Petit conseil à la presse de mon pays

    Petit conseil à la presse de mon pays

    30/06/2011 09:06 par rgrs

Ne vous laissez plus escroquer par les instituts de sondages pour les élections primaires.

Mesdames et Messieurs les directeurs de rédaction des journaux, radios et télévisions,

Depuis quelques mois, vous commandez des sondages sur les primaires écologistes ou socialistes. Les instituts, que vous payez sans doute fort cher pour qu’ils vous livrent ce que je n’ose appeler des études, ne connaissent pas encore le corps électoral qui se déplacera lors de tels scrutins, sans aucun précédent dans notre pays ; ils ne bénéficient d’aucun recul pour effectuer leurs fameux redressements des données brutes. Cet automne, lors de son émission Petit Stream, David Abiker avait relayé une de mes questions via twitter, à l’un de ces responsables sondagiers : comment les instituts de sondages peuvent-ils donner des chiffres sérieux dans ces conditions ? « C’est le défi », avait-il répondu, si ma mémoire ne me fait pas défaut. Et, mon cul, c’est du poulet ?

Mesdames et Messieurs les directeurs de rédaction, maintenant que le premier tour de la primaire écologiste est rendue publique et qu’elle annonce Eva Joly largement en tête au premier tour, n’avez-vous pas l’air légèrement cons alors que vous annonciez la victoire dans un fauteuil de Nicolas Hulot ? N’avez vous pas l’impression d’être légèrement abusés ? Vous auriez tort. Normalement, le fait que vous occupiez cette fonction devrait garantir à vos lecteurs et actionnaires que votre cerveau est capable de ne pas prendre au sérieux ces études pifométriques.

Vous me trouvez sévère ? Allez ! Je vous donne une chance de vous rattraper. Arrêtez de commander et publier des sondages sur la primaire socialiste. Et dites à vos lecteurs, auditeurs et téléspectateurs que François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg peuvent tous accéder à la finale de cette compétition, attendu que vous ne savez pas qui se déplacera pour voter. Vous gagnerez des sous et vous aurez l’air plus intelligents. Peut-être ressentirez-vous une légère frustration mais cela vous évitera un ridicule moins discret que pour les écolos. Errare humanum est, persevare diabolicum.

David Desgouilles

http://blog.causeur.fr/antidote/petit-conseil-a-la-presse-de-mon-pays,002113

Banderille n°369 : 12 heures que nos confrères téléspectateurs sont retenus prisonniers…

30/06/2011 08:47 par rgrs

  • Banderille n°369 : 12 heures que nos confrères téléspectateurs sont retenus prisonniers…

    Banderille n°369 : 12 heures que nos confrères téléspectateurs sont retenus prisonniers…

    30/06/2011 08:47 par rgrs

Heureux les journalistes, car la télévision est à eux !

Cela faisait déjà 500 jours que la petite élite médiatique du monde germano-pratin avaient élevé la cause d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier en grande cause nationale. Sans qu'on s'interroge ex ante sur le degré d'intérêt du téléspectateur pour le long film de leur prise d'otages, on nous avait asséné, jour après jour, le décompte implacable des jours de captivité. Avec la libération des deux hommes, la chaîne publique France 2 n'a pas hésité à consacrer 50% de son Jité à ce grand évènement national : interviews de Juppé, et de la famille des deux journalistes ; réactions émotives des collaborateurs et amis ; grandes analyses creuses sur les circonstances de l'Evènement. 

L'information pure tient en deux lignes : deux journalistes, retenus depuis 18 mois en Afghanistan, ont finalement été libérés sains et sauf, moyennant probablement rançon. 

Sancto Subito !

Tout le reste n'est que pure émotion, livrée sans pudeur à l'écran. Le téléspectateur, un peu gêné, assiste à ces effusions entre soi. Il assiste impuissant au détournement de son poste par une petite centaine des personnes qui choisissent ce jour là de devenir les héros de leur outil de travail. Pour les otages non-journalistes ou non-boboisants, aurait-on fait autant de buzz ? Hervé et Stéphane viennent grossir les rangs des martyrs journaleux, entre Sainte Florence et Sainte Ingrid. 

On a assisté au cours du procès en béatification à une enfilade de perles – la meilleure étant celle du père de l'un des deux otages qui considère que c'est "la mobilisation populaire" qui a joué. Mieux vaudrait remercier la DGSE et l'Etat qui a dû raquer… Le pompon a été gagné haut-a-main par le maire de la petite commune d'où est issu l'un des deux otages, et qui en a profité pour raconter "comment la mairie avait été tous les jours aux cotés de la vieille mère de l'otage, en lui faisant même du jardinage et ses courses…". A quoi ça tient, une réélection !

Toute à leur joie, la petite bande du paf, ignorant superbement les évènements plus mineurs – la victoire de Tsonga ? le remaniement ministériel ? – ont simplement oublié qu'ils n'étaient que les concessionnaires d'un service public et que, même si leur joie est compréhensible, la télévision ne leur appartient pas…

Toreador

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Anatomo-pathologie de la Dette

30/06/2011 08:40 par rgrs

  • Anatomo-pathologie de la Dette

    Anatomo-pathologie de la Dette

    30/06/2011 08:40 par rgrs

Le service de la dette en France : 125 millions d’€uros par jour ! Des chiffres qui donnent le vertige et la mesure de la criminelle incurie de notre classe dirigeante. Mais la France est si riche que les équarrisseurs peinent à dépecer la bête agonisante. 

Selon les calculs d’A-J Holbecq[1] « les soldes primaires (sans intérêts) des budgets des Administrations publiques sont, en euros constants à la valeur de 2010, sensiblement en équilibre moyen sur la période 1980-2008. Or les déficits actuels des budgets des Administrations publiques sont dus aux intérêts qu’il a fallu payer et qui représentent maintenant en France le second poste budgétaire après l’enseignement. Fin 1979, la dette, déjà injustifiable, atteignait 243 Md€ (21% du Pib) ; décembre 2010, la dette s’établit à 1591 Md€ soit 82% du Pib ! Entre 1980 et 2010 la dette a donc augmenté de 1348 Md€. Et nous avons sur cette période payé 1 408 Md€ pour les seuls intérêts : 125 millions par jour en moyenne, 5 millions par heure ! Ces intérêts - que nous avons dû évidemment emprunter - ont, par effet boule de neige, démesurément grossi la dette. Or, si nous n’avions pas eu à payer ces intérêts la dette publique ne serait que de 194 Md€, à savoir 10% du Pib, autrement dit aussi faible en 2011 qu’en 1979 ! ». 

Autres chiffres illustratifs de l’état de déshérence de la France et de sa dépendance à l’égard des charognards du pillage agissant en bandes légalement organisées : le « service de la dette » inclut le remboursement du capital emprunté et représente pour l’État – il ne s’agit ici que d’un ordre de grandeur – un montant identique à la totalité de ses recettes fiscales directes, ou encore de ses rentrées liées la TVA, sachant que celles-ci se montaient en 2009 à 169,3 mds d'€ sur un total de recettes fiscales de 325,9 mds d'€ !

Ajoutons que la dette publique désigne l’ensemble des dettes contractées par l’Administration française auprès de prêteurs privés français ou non, mais qu’en réalité cette dette avouée masque les engagements hors bilan. De cette façon, l'application des normes comptables utilisées par les entreprises privées indique un surcroît de dette publique n’apparaissant pas à première vue d’environ 790 à 1 000 milliards d'€uros, soit une créance globale frisant les 3000 mds d’€… Précisons qu’en décembre 2008 la dette par habitant était déjà estimée à 20 600 € et d 47 400 par actif, le service de la dette publique étant à cette date de 850 € par tête de pip et 1950 par actif ! Chiffres à la fois éloquents et très équivalents à ceux qui justifient à présent de tirer à boulets rouges sur la Grèce en l’accablant de tous les mépris en raison de l’impéritie et du laxisme de ses gouvernements… Mais c’est ignorer délibérément la partie immergée de M. Iceberg.

Une dette irremboursable.

Nous sommes, il est vrai, passés d’une économie de l’épargne à une économie de l’endettement, autrement dit au règne sans partage des créanciers qui au prétexte de Crédit ont légalisé, banalisé et systématisé la pratique ignoble d’une usure qui ne dit pas son nom et qui pourtant a fait objet d’un bannissement millénaire de la part des trois grandes civilisations que sont l’Hindouisme (Lois de Manou), la Chrétienté et l’Islam.

Nous savons tous que les généreux crédits à la consommation se mutent trop souvent d’un coup de baguette magique en usure rapace exigeant chaque mois son dû de chair fraîche à la vilaine façon du Marchand de Venise de Shakespeare… L’attachement à la glèbe des anciens serfs n’étaient peut-être finalement pas plus odieux que le fil à la patte d’une dette perpétuelle (à croissance exponentielle et transmissible à ses héritiers) dont seule la mort ou la misère noire sont parfois susceptibles de vous délivrer… Songeons à ces pauvres gens qui, dans la libre Amérique, se sont laissés berner par des propositions mensongères et qui, ayant abandonné leur demeure continuent pourtant à en payer les mensualités !

Qui en effet parmi nous n’a fait, à titre personnel, l’expérience poisseuse de ces « crédits revolving » que des employés de banques, abusant d’une prétendue relation de confiance, avaient à charge de fourguer à leurs clients en mal de trésorerie ? Des prêts miraculeux qui s’avéraient très rapidement irremboursables aux maigres revenus. C’est le fascinant paradoxe purement arithmétique du grain de riz déposé initialement sur la premier carreau d’un échiquier et que l’on double chaque case suivante jusqu’à la 64e et dernière [1]… ainsi va la dette gonflant exponentiellement jusqu’à ce qu’elle - comme toute « bulle » - implose avec fracas. Or c’est d’abord cet effondrement que les dirigeants européens veulent éviter, ce n’est donc pas les économies en faillite qu’ils veulent prioritairement sauver, mais les banquiers et financiers qui n’ont pas su modérer leurs voraces appétits… Qu’on se le dise !

Or ce qui arrive aux individus advient également aux États : l’empilement des grains de riz de la dette en creusant des déficits abyssaux, édifie par contrecoup d’invraisemblables Himalaya de créances obligeant les pays à se vendre en pièces détachées dans le futile espoir d’un illusoire remboursement… Illusoire parce que les dettes de certains États sont à ce point colossales qu’elles sont à jamais irremboursables, et cela dans l’impunité absolue pour les trafiquants de l’ombre qui manipulent la Dette à leur gré et savent s’en servir pour faire plier dans le bon sens les hommes de paille placés aux postes de commande.

La chasse aux banksters et à ceux qui les servent est ouverte !

Les chiffres qui ont été donnés en préambule nous aident à mieux comprendre qu’ainsi, aucun des trois États en faillite officieuse (Grèce, Irlande, Portugal) et structurellement « économiquement faibles  » ne pourront jamais sans sortir seuls du marasme où ils se trouvent plongés. Et cela quelques soient les plans d’austérité et les sacrifices consentis qui aujourd’hui mettent en outre en péril le branlant édifice de l’€uro. [2]

Car à partir de là les Européens sidérés, lorsqu’ils en seront réduits à la mendicité, et il deviendra aisé de leur présenter le Fonds monétaire international ou la Banque centrale européenne, toutes deux « filiales » de la Banque des règlements internationaux (cette tête de la pieuvre aux mille bras dont le repaire est à Bâle, (berceau des apocryphes Protocoles !) comme les sauveurs ultimes, quand bien même ils sont les institutions et représentants visibles de leurs créanciers [3]. Au bout de mécomptes, le levier de la dette servira à faire accepter et même désirer pour l’Europe une totale intégration fédérale, et au-delà, chemin conduisant à grands pas vers l’instauration d’une redoutable gouvernance mondiale.

Enfin, rappelons que si la création monétaire était entre les mains de l’état, si l’émission du crédit était administrée pour le bien collectif, l’inflation monétaire serait contrôlée et l’insupportable charge des intérêts n’existerait pas. L’homme de la rue ajoutera avec bon sens, que cette Dette qui gangrène la vie des Nations, est par essence une « dette détestable », laquelle n’a par conséquent pas vocation à être remboursée.

Par deux fois, les É-U ont refusé de payer une dette déclarée « détestable », à Cuba et en Irak. Les Islandais mis sur la paille par des gouvernants incapables, entendent faire de même. Le petit Équateur a pour sa part déclaré un moratoire unilatéral sur sa dette, la ramenant de trois mds de $ à 800 millions. À nous donc de refuser que des minorités financières s’enrichissent insolemment aux dépens des Nations, des individus et des peuples. Et plus encore, il s’agirait non seulement d’envoyer balader les Shylock qui prospèrent sur le terreau putride de l’idéologie ultralibérale (s’écroulera-t-elle comme le fit sa sœur jumelle marxiste-léniniste ?), mais en outre, il s’agirait de réclamer aux établissements bancaires le remboursement des intérêts indûment perçus. Et qu’ils crèvent, peu nous chaut, le monde ne s’arrêtera pas pour autant de tourner.

Camus

1 - A.J. Holbecq - http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque 

2 - L’€uro, la BCE ne possédant pas la capacité de création monétaire, est en réalité une monnaie dérivée du Dollar dans la mesure où la FED est le prêteur de dernier ressort pour les banques européennes. Donc quand on parle d'injections de liquidités par la BCE, il faut entendre que la FED a accordé des prêts aux banques européennes via la BCE, cela pour s’efforcer de sauver l'€uro !

3 - Les marchés ont cependant acté la restructuration de facto de la dette grecque acceptant volens nolens une dévaluation de leurs portefeuilles obligataires en raison de l’allongement des délais de remboursement.

[1] 264 – 1 = 18.446.744.073.709.551.615 grains, soit 4 millions de millions de T de riz, ou encore 80 années en utilisant la totalité des surfaces arables existant sur la planète.

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/anatomo-pathologie-de-la-dette-96720

Le FMI, la BCE et nous

30/06/2011 08:32 par rgrs

  • Le FMI, la BCE et nous

    Le FMI, la BCE et nous

    30/06/2011 08:32 par rgrs

L’intervention de la Banque Centrale Européenne et du FMI


Jean-Pierre Gérard est Président du club des N°1 mondiaux français à l'exportation, Ancien membre du Conseil de la Politique Monétaire, Président d’IMI. Il nous livre ici un implacale et juste réquisitoire contre les 2 institutions.


Je me souviendrai toujours de la crise asiatique dont nous avons eu à connaitre lors de mon passage au Conseil de la Politique Monétaire. Le plan de soutien du FMI, était comme il est normal subordonné à un certain nombre de conditions. Ce n’est pas le principe d’une aide subordonnée à une remise en ordre de son économie que je remets en cause. Si effectivement l’on veut mener une politique de son choix, il convient d’assurer son indépendance.


Ce n’est pas donc le principe que je critique, mais la nature même de la remise en ordre. La Malaisie en 1997 a eu la sagesse de ne pas écouter les conseils du FMI, et s’en est bien tirée. Mais l’Argentine, la Thaïlande, et tous les autres pays qui ont eu affaire au FMI sur cette période, n’ont pas eu la capacité de résistance, ni la volonté de s’opposer aux diktats de la « Firme ».


Je reproche fondamentalement aux experts du FMI et de la Banque Centrale Européenne de ne pas s’intéresser à la vitalité de l’économie et de ne s’appuyer que sur un ensemble de recettes plus ou moins éprouvées mais en tout cas éprouvantes, si ce n’est mortelles  pour le corps social des pays considérés. Ils appliquent systématiquement  la même doctrine que l’on soit à Bagdad, Katmandou, ou Questembert. Cette doctrine se définit comme suit :


-          Règle 1 le libéralisme est supérieur à tout et est le seul à pouvoir assurer le bien être des populations.
-          Règle 2 On réduit les dépenses publiques à tout va
-          Règle 3 On privatise tout ce qui peut l’être.


Je dois dire que chaque fois que je vois l’un de ces plans j’ai un haut le cœur. Comment des prix Nobel d’économie peuvent ils à ce point méconnaitre les fondements de l’action humaine. Comment ces supers diplômés parlant couramment plusieurs langues sont ils à ce point incapables de comprendre ce qui fait la richesse des nations.


J’ai souvent rencontré cette même attitude, chez des Chefs d’entreprise  dont l’entreprise avait quelques difficultés. Leur première réaction était de « chercher de l’argent frais » et de dire il me suffit de 2 ou 3 millions d’€ et tout sera résolu. A prendre le problème de cette manière rien n’était résolu et 5 ou 6 mois plus tard il fallait recommencer. Avant de mettre de l’argent, il faut savoir ce que l’on veut et ce que l’on peut faire, alors seulement si cette politique est digne de crédibilité peut on, si l’on est investisseur, accorder le financement attendu, et comme chef d’entreprise aller solliciter les créanciers  en leur montrant que le programme est digne de confiance.


Il n’y aucune raison de procéder différemment avec les pays et si l’on veut que la Grèce renoue avec une situation vertueuse il est indispensable d’analyser plus en détail la situation.


Dès lors le chemin à suivre peut se définir de manière simple, même si l’exécution peut en être difficile :


1-      Réduire les dépenses qui sont des gaspillages, et par là même cela élimine la mesure macroéconomique globale de gel du salaire des fonctionnaires, ainsi que  la suppression sans discernement du nombre de fonctionnaires. Au contraire il convient de préciser quelles sont les actions de l’État à préserver et à organiser plus efficacement.


2-      Augmenter les recettes en libérant les énergies productives (j’y reviendrai),  et ne pas hésiter à promouvoir l’amnistie fiscale totale et sans arrières pensées.


3-      A prendre ses pertes par la privatisation  des foyers de pertes récurrentes en laissant aux entreprises privées le soin de re-rentabiliser un capital dont l’obsolescence  ne peut se traduire que par une diminution de valeur.


4-      Développer et investir dans des infrastructures de nouvelle génération.


Mais libérer les énergies est sans doute l’acte politique majeur par lequel on devrait commencer. Cela commence sans doute par supprimer ce qui est le plus stérilisateur de l’activité humaine, à savoir l’assistanat généralisé que nos pays européens ont systématiquement mis en place et tout particulièrement en Grèce.
Un des moyens à mettre en œuvre pourrait être de demander à un Commissariat du Plan de réunir toutes les forces sociales de la nation et de leur donner la mission de sélectionner les actions à promouvoir, en même temps que des États Généraux politiques (opposition et majorité) définiraient ensemble le plan à 5 ans qu’il est indispensable de mettre en place pour retrouver la maitrise de son destin sur la base des propositions à mettre en œuvre préconisées par le commissariat.
Comment voulez vous en 3 ans récupérer tout ce qui a été perdu au cours d’une lente dégradation de la situation économique, si ce n’est par un programme collectif sérieux et accepté ?


Enfin pour que cette politique ait quelque chances, permettre l’établissement temporaire d’un certain protectionnisme pour favoriser l’émergence de nouvelles activités et d’assurer le renouvellement du tissu des entreprises pendant une période de 3 à 5 ans, et retour de nouveau par palier sur une période de 5 ans,  au libre échange avec les autres pays d’Europe.
Je n’ai jamais compris pourquoi  les prêteurs n’exigeaient pas avant tout la mise en place d’un programme économique, avec l’engagement de la totalité de la nation.


Au fond plutôt que de dire à la Grèce ce qu’il faut faire, demandons-lui de s’engager sur ce qu’elle compte faire et qu’elle veut réellement faire. Cela m’étonnerait beaucoup que la fierté nationale ne donnerait pas à nos amis grecs la volonté et le courage de faire.


Alors là peut être n’investirons nous pas dans une cause perdue d’avance.


Au  lieu de miser des milliards que nous n’avons pas, sur une économie qui doit se réformer en profondeur, misons sur les hommes et leur capacité à vouloir leur avenir, et n’investissons qu’après nous avoir démontré que leur politique a des chances raisonnables.
                                                                                           Jean-Pierre Gérard

http://voltaire.republique.over-blog.com/article-le-fmi-la-bce-et-nous-78098387.html

Lagarde met la Grèce sous curatelle renforcée

30/06/2011 08:15 par rgrs

  • Lagarde met la Grèce sous curatelle renforcée

    Lagarde met la Grèce sous curatelle renforcée

    30/06/2011 08:15 par rgrs

Tout juste nommée à la tête du FMI, Christine Lagarde appelait les députés grecs à une entente nationale pour adopter le plan d'austérité proposé par le gouvernement sous la pression bienveillante du FMI et de l'Union Européenne. Sitôt adopté par le parlement, à Athènes des heurts violents ont opposé manifestants et forces de l'ordre. Si les places financières respirent, l'ancien responsable des pays émergents au FMI prévient Lagarde qu'en marchant dans les pas de DSK elle court à la catastrophe. La Grèce avec...



Opposition entre forces de l'ordre et manifestants devant le Parlement (capture RTE)
Opposition entre forces de l'ordre et manifestants devant le Parlement (capture RTE)
A l’heure de la canonisation médiatique de Christine Lagarde, à peine intronisée meilleure économiste du monde, après « l’empêché » DSK, l’ancienne Ministre de l’économie et des finances a déjà dévoilé une partie de son programme : mettre la Grèce sous tutelle.

La nouvelle directrice du FMI a ainsi dès hier appelé majorité et opposition à « l’entente nationale » politique en Grèce pour voter les mesures d’austérité proposées par le gouvernement sous la pression du FMI et de l’Union européenne. « Si j’ai un message à faire passer ce soir concernant la Grèce, c’est un appel à l’opposition politique grecque pour qu’elle rejoigne dans une entente nationale le parti qui est actuellement au pouvoir. Il y va vraiment du destin d’un pays »,
a déclaré Christine Lagarde, dans sa première déclaration sur le dossier grec.

Le chef de l’opposition est resté complètement insensible à ces appels du pied qui relèvent de la mise en garde, menaçant d’exclure les députés qui voteraient en faveur du plan d’austérité, jouant plutôt la carte de « celui qui a dit NON » au FMI.

Depuis un an, le mouvement de contestation ne faiblit pas et tisse sa toile sur les réseaux sociaux. Il n’est qu’à voir la profusion de
blogs, pages facebook, sites militants et d’informations consacrés au mouvement. Egalement le film debtocracy qui montre comment, en 2007, l’équateur a résisté au FMI. Sous titré en 6 langues, le documentaire à charge notamment contre DSK a été vu par plus de 500.000 personnes.
 

Le système politique contre le peuple

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Debtocracy International Version par BitsnBytes
Dans les rues d’Athènes, la tension est particulièrement vive ces derniers jours. Les manifestants sont arrivés par milliers place Syntagma et les syndicats menacent de prolonger la grève générale de 24h. En début d’après-midi, une dizaine de milliers de manifestants étaient rassemblés faisant face aux forces de police.

Aussitôt adopté, les marchés ont salué cette décision, pendant que la police noyait les manifestants sous une pluie de bombes lacrymogènes. La démocratie athénienne qu’ils disaient…
« C'est le système politique contre le peuple. Il y a une rupture de légitimité profonde » analyse Stathis Kouvelakis, professeur de philosophie politique au King's College à Londres.

Derrière le plan de sauvetage, c’est une mise sous curatelle renforcée qui attend les grecs. Le gouvernement grec mettra en place un plan de mesures drastiques pas du tout au goût d'une grande partie des citoyens. Alors que 28,4 milliards d'euros d'économie et des privatisations massives devant apporter 50 milliards d'euros aux caisses de l'Etat sont prévues d'ici 2015. L’accélération du plan de privatisations va de pair avec l’obtention de cette tranche. Athènes va donc vendre une part du capital de OTE Telekom, leader du secteur. Le programme de privatisation touchera également Hellena Postbank la poste publique, OSE, la compagnie ferroviaire, les ports du Pirée (à la Chine…) et de Thessalonique, ainsi que la compagnie des eaux de Thessalonique. Avec Lagarde, les grecs auront au moins la compensation de se faire étrangler avec le sourire.

« Le FMI et l'Union européenne ont conçu un carcan de mesures brutales d’austérité fiscale qui produisent une profonde récession dans ces pays, et sapent ses bases fiscales. Le programme actuel n'a aucun sens. Bien qu'il soit manifeste que la médecine d'austérité ne fonctionne pas en Grèce, le FMI et l'UE sont sur le point de doubler la dose avec leur dernier pack de sauvetage grec. Le fonds a déjà appliqué ses recettes en Irlande et au Portugal. Deux échecs. ».
Cet éparpillement façon puzzle des mesures du FMI
est l’œuvre de l’économiste Desmond Lachman.
 

Lehman's Brothers, le retour

Chercheur à l’American Enterprise Institute, ce dangereux boutefeu fut dans une autre vie directeur adjoint à la politique du Fonds monétaire international spécialisé notamment dans la formulation des politiques du FMI à l’égard des marchés émergents. Se refusant à conseiller Christine Lagarde, il lui recommande tout de même d’adopter une autre ligne que celle de son prédécesseur et de ses opérations de renflouement pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Manque de pot, Lagarde s’est empressée de rassurer les marchés en indiquant qu’elle s’inscrivait dans la stricte ligne de son prédécesseur : « les intérêts de Lagarde et ceux de l'économie mondiale seraient mieux servis si elle posait un nouveau regard sur l’échec de la politique du FMI sur la crise de dette souveraine dans la zone euro » écrit-il.

Il y a un an, dans le Financial Times, un brûlot néo-marxiste, partant de son expérience Lachman décrivait le processus qui attendait la Grèce, prédisant déjà que l’adhésion de la Grèce à l’euro se finirait en Big Bang. Première étape de l'écroulement: quand un pays importe la discipline économique d’un pays étranger qui ne lui est pas adaptée. Seconde étape sur le chemin de la ruine : lorsque le pays poursuit des politiques incompatibles avec les critères imposés par son nouveau cadre monétaire.

« Un déficit budgétaire conjugué à des taux d’intéreêt anormalement élevés entrainent une érosion de la compétitivité internationale. Dans ce secteur, la Grèce a surpassé l’Argentine de 2001 en perdant plus de 30% de sa compétitivité. Dans le cas de l’Argentine, l’appui conditionné du FMI avait permis d’éviter l’inévitable pendant quelques années avant les mesures d’ajustement qui ont conduit à des émeutes. Il est difficile d’imaginer que la crise grecque se terminera de manière plus joyeuse. Toute tentative pour ramener le déficit budgétaire à l’objectif de Maastricht ne ferait qu’approfondir la récession » prédisait l'auteur. Nous y sommes.   

Pour éviter du sang et des larmes à la Grèce, Dennis Lachman préconise des mesures qui seraient marquées ici du sceau du charlatanisme : une sortie ordonnée du pays de la zone euro : « une stratégie risquée mais qui permettrait au moins d’échapper à une seconde crise Lehman’s Brothers ».

En plein cœur de l’Europe cette fois-ci…
Régis Soubrouillard - Marianne