Villepin: encore un soutien qui va se faire la malle

30/06/2011 08:07 par rgrs

  • Villepin: encore un soutien qui va se faire la malle

    Villepin: encore un soutien qui va se faire la malle

    30/06/2011 08:07 par rgrs

Les troupes villepinistes risquent de perdre d'ici peu un de leurs derniers fantassins. Soutien de Dominique de Villepin, le député Jacques Le Guen, a profité d'un discours prononcé samedi 25 juin, pour annoncer sa décision de voter Nicolas Sarkozy à la présidentielle. En exclusivité pour Marianne2, il accepte de s'expliquer.

 

(Jacques Le Guen, Brigitte Girardin, Dominique de Villepin - wikimedia commons - Maya-Anaïs Yataghène)
 
Marianne : Le Télégramme annonce votre soutien à Nicolas Sarkozy pour 2012, cela signifie que vous quittez République solidaire ?

Jacques Le Guen : Je ne quitte pas République solidaire. Il y a, selon moi, un vrai danger au deuxième tour de l’élection présidentielle où pourraient se retrouver la candidate du Parti socialiste et la candidate du Front national. Un certain nombre de divisions pourraient être responsable de l’éclatement des voix de la majorité avec un risque de deuxième tour sans candidat UMP.

Quelles sont vos relations avec Dominique de Villepin ?

Il y a des points de désaccords depuis plusieurs mois entre Dominique de Villepin et moi-même. Le revenu citoyen, l’histoire de la dépénalisation du cannabis, le mariage des homosexuels, tout cela m’a vraiment dérangé. Mais, je lui conserve toute mon amitié.

Comment envisagez-vous votre avenir au sein de République solidaire ?

Je vais continuer à défendre mes idées et ce qui me paraît juste, nous verrons en fonction de l’évolution. Je considère que la situation du parti n’est pas brillante. Je crois que nous avions bien démarré, mais, aujourd’hui, il existe une fracture dont je n’ai pas l’explication. On a eu un renouvellement des adhésions beaucoup plus faible parce que les adhérents se sentent désorientés. Il est nécessaire de reprendre les choses en main. 

Comment expliquez vous cet effritement du nombre d’adhésions ?

Les gens ne trouvent pas leurs marques. Premièrement, d’ici le 14 septembre, nous sommes encore sous le risque d’une condamnation dans le cadre de l’affaire Clearstream même si, à mon sens, Dominique de Villepin sera innocenté. Deuxièmement, il a fait des propositions surprenantes. Je reviens au revenu citoyen, je n’ai vraiment pas compris ce qui se passait dans le système.

Pensez-vous qu’il ira jusqu’au bout dans la course à l’Elysée ?

C’est un homme libre.

Mais pensez-vous qu’il a les forces nécessaires pour concourir ?

Actuellement, c’est un peu compliqué. Nous regardons les sondages, Dominique de Villepin plafonne à 3%. Certains de mes collègues imputent ce faible score à sa non-candidature. De mon côté, je ne suis pas certain que sa déclaration de candidature change grand chose. J’avoue que je traverse une période de doute. 

Laureline Dupont - Marianne
 

Lagarde-Aubry : attention, une femme peut en cacher une autre

30/06/2011 08:02 par rgrs

  • Lagarde-Aubry : attention, une femme peut en cacher une autre

    Lagarde-Aubry : attention, une femme peut en cacher une autre

    30/06/2011 08:02 par rgrs

Voilà des semaines que le staff de Martine Aubry préparait sa déclaration de candidature. Le chef du PS a été pris en sandwich médiatique entre la conférence de presse du président, la nomination de Christine Lagarde au FMI et la libération des otages.

En politique, plus le temps passe, plus l'agenda devient essentiel et sa maîtrise la priorité des acteurs. Ainsi de cette semaine qui devait être celle de Martine Aubry et qui est devenue, sur la scène médiatique, celle de Christine Lagarde. On savait depuis deux mois que Martine Aubry allait être candidate aux primaires du PS. On a vu, ces dernières semaines, se multiplier les ralliements qui nous préparaient à l'événement : Jean-Christophe Cambadélis, Laurent Fabius, BHL, Michel Destot, etc.
Sauf que, sauf que l'événement de cette déclaration de candidature était tellement prévisible qu'il laissait tout loisir à l'Élysée et à ses communicants d'organiser un contre-agenda pour limiter au maximum la durée d'exposition médiatique de la candidature Aubry.
Ce fut, lundi, la fonction de l'intervention du Président sur un sujet – le Grand Emprunt –
important mais dont rien ne justifiait l'urgence. Cela a été le lendemain, peut-être par chance (on ose espérer que l'agenda du FMI n'est pas concocté à l'Elysée), la fonction de la nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI. Ainsi la gauche a-t-elle été punie deux fois par le FMI. Une première fois lorsque DSK a été exfiltré de son avion en partance de New York pour la France. Et une deuxième fois lorsque, ayant conquis la présidence du FMI, Christine Lagarde a « zappé » Martine Aubry dans tous les médias dès mardi 28 juin : annoncée pour minuit, la nomination de Christine Lagarde a été rendue publique à 19h30 ; elle a fait l'ouverture du 20h de TF1. Avant de provoquer la une unique de Libération. Du Lagarde plein pot dans le quotidien de gauche.  Et hop, voilà Martine Aubry reléguée dans les pages intérieures du journal de gauche, merci Nicolas Demorand !


 

Lagarde-Aubry : attention, une femme peut en cacher une autre
L'après-midi même Christine Lagarde était applaudie à l'Assemblée nationale. Et le Sarkoboard pouvait fournir les éléments de langage utiles à ses snipers : voilà un président qui a su dénicher un talent féminin et le propulser au plus haut niveau de la gouvernance mondiale. Qu'importe si les nominations au FMI obéissent à de tout autres considérations (la crise grecque et européenne est en arrière fond de la nomination). Qu'importe si pour imposer la candidature Lagarde, l'Elysée a dû minimiser les risques juridiques liés à l'affaire Tapie et au scandaleux arbitrage de l'ex-ministre de l'Economie. Le président a dû, d'ailleurs, jubiler en prenant connaissance des messages de soutien à Lagarde de François Hollande et de Martine Aubry, après que le député PS Didier Migaud a, des mois durant, bataillé pour qu'une enquête soit menée sur le scandaleux arbitrage en faveur de Tapie.

Le staff de Martine Aubry n' a-t-il pas vu venir la contre programmation – ou la baraka – sarkozyste ? Ou bien, sûre de son fait et confiante en son destin de présidentiable, Martine Aubry a-t-elle écarté d'un geste ample le souci de ces basses manoeuvres ? Nous en percevrons bientôt les résultats.
Mais au final, le rasoir sarkozyste a fonctionné cette fois-ci comme un Gillette trois-lames : lundi, le discours présidentiel sur le Grand Emprunt pour occuper le terrain; mardi, la nomination de Lagarde; et mercredi, le buzz sur son remplacement (Baroin ou Le Maire ?), plus la libération des otages. Martine Aubry a eu son moment médiatique : une demi-douzaine d'heures tout au plus... Nul ne sait la trace que tout cela laissera dans ce qu'on appelle l'opinion. Mais au petit jeu de l'oie médiatique, le président  a laissé sur place son adversaire.
 
Philippe Cohen - Marianne
 

"Je n’ai qu’un maître : le peuple français"

29/06/2011 21:13 par rgrs

  • "Je n’ai qu’un maître : le peuple français"

    29/06/2011 21:13 par rgrs

Dans les habits du président de la République, Nicolas Dupont-Aignan a fait pour l’émission "Bonsoir Monsieur le président" un remarquable exposé du bien-fondé de notre ambitieux projet pour la France et a démontré le sérieux de nos propositions.

Dans ce court extrait, il nous explique pourquoi il a tenu à effectuer toute l’émission devant le seul drapeau français.

"Je n’ai qu’un maître : le peuple français"... par dlrtv

http://www.debout-la-republique.fr/Je-n-ai-qu-un-maitre-le-peuple.html

Marine Le Pen, la pire avocate du protectionnisme et du retour aux monnaies nationales

29/06/2011 21:02 par rgrs

  • Marine Le Pen, la pire avocate du protectionnisme et du retour aux monnaies nationales

    Marine Le Pen, la pire avocate du protectionnisme et du retour aux monnaies nationales

    29/06/2011 21:02 par rgrs

Avec son changement de discours sur l’économie et l’arrivée de Marine Le Pen, le FN a pu apparaître pour certains comme le meilleur moyen de combattre la mondialisation néolibérale. Par delà le côté encore obscur de ce parti, il pourrait bien être le meilleur allié de l’ordre économique actuel.

Le débat impossible

Depuis l’automne dernier et plus encore ce printemps, c’est une constante : toute personne qui parle de protectionnisme, de frontière ou de fin de l’euro se voit invariablement renvoyé à la position du Front National. Quand une conférence de presse est organisée au sujet d’un sondage sur le protectionnisme réunissant des économistes de renom, de gauche comme de droite, il y a toujours une journaliste pour leur signaler que c’est la position du Front National.

Il y a quelque chose d’assez stupéfiant à ce que des personnes qui ont défendu depuis des années des positions se voient interroger sur leur proximité avec Marine Le Pen du fait qu’elle ait sensiblement modifiée la position de son parti. Si quelqu’un devait être interrogé, ce devrait plutôt être elle. C’est un peu comme si on demandait à un mathématicien de justifier que 2 plus 2 font bien 4 parce que le FN aurait écrit cela dans son programme. Bref, le débat s’en trouve totalement perturbé.

Une bien mauvaise avocate

En général, Marine Le Pen est plutôt une bonne oratrice et une débatteuse assez douée. Elle garde son calme tout en étant ferme. Elle a beaucoup d’aplomb, même si cela la conduit parfois à ne pas répondre aux questions posées (mais c’est un défaut commun chez les politiques). En revanche, sa prestation dans l’émission de France 2 la semaine dernière, qui confirme celle de son débat avec Jean-Luc Mélenchon sur RMC, confirme une vraie carence en économie.

Bien sûr, on ne saurait demander aux hommes politiques d’être experts en tout ou même d’être économiste. Mais tout de même, une telle émission suppose une préparation assez standard qui consiste à imaginer les questions qui vont lui être posées, une séance d’entraînement et un calibrage des réponses à ces questions. Si Marine Le Pen a su présenter sa philosophie générale, elle s’est montrée incapable de répondre à la plupart des questions du journaliste en économie.

Elle n’a pas su répondre aux chiffres de croissance avancés par le journaliste alors qu’il s’agit d’un basique et qu’il y a de multiples contre-exemples (Suède entre autres). Elle a beaucoup tardé à répondre sur la dette en lâchant que son plan revenait à une augmentation de quelques centaines de milliards d’euros (ce qui est faux puisque le nouveau franc resterait à parité avec l’euro avec la sortie concomitante de l’Italie ou de l’Espagne). Mais surtout, elle a fui le débat sur l’économie.

Un minimum exigible absent

Et cela n’est pas possible pour une candidate qui propose des solutions aussi radicales. En effet, l’écueil pour les alternatifs est l’incertitude que représentent ces changements majeurs que sont le protectionnisme, la dé financiarisation ou la sortie de l’euro. Une majorité de Français ne pourra être réunie sur un tel programme que si les citoyens ont le sentiment que cette aventure n’est pas trop risquée, qu’elle apportera plus de bénéfices que d’inconvénients et qu’elle sera bien gérée.

Or Marine Le Pen ne donne pas le change sur ces questions et elle a été mise en difficulté par un journaliste pourtant pas très féroce ni très difficile à contredire. Or le moindre doute va bénéficier au système en place : on sait ce que l’on perd mais pas ce que l’on gagne. C’est d’autant plus incroyable que Marine Le Pen a placé ces questions au cœur de son programme (c’est la première chose qu’elle a changé sur le site du FN et elle fait de nombreuses conférences de presse sur le sujet).

Malheureusement, les tenants de la globalisation néolibérale ont trouvé leur meilleure alliée : en faisant de Marine Le Pen la porte-parole de la démondialisation et de la sortie de l’euro, ils pourront la coincer sur les plateaux pour « démontrer » le manque de sérieux de ces propositions…

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

NDA face à la caméra

29/06/2011 20:58 par rgrs

  • NDA face à la caméra

    NDA face à la caméra

    29/06/2011 20:58 par rgrs

 Je continue un peu mon petit tour des candidats politiques alternatifs. Après Marine Le Pen et son procès qui, comme nous l'avons vue dans un autre texte, ne fût probablement pas une bonne stratégie pour les tenants du système. Tant elle est apparue comme victime dans cette émission sur France2. Nous avons vu ensuite les brillantes propositions de Chevènement qui reste tout de même l'homme politique français le plus précis, rationnel et cohérent dans ses propositions. Nous voyons aujourd'hui l'autre outsider de la campagne à savoir Nicolas Dupont Aignan avec qui je partage une bonne part des analyses et des propositions. Il a eu la chance de passer dans une émission moins caricaturale que celle à laquelle a participé Marine Le Pen. Même s'il est évident que les journalistes et le choix des différents économistes invités visaient essentiellement à discréditer ses propos notamment sur l'euro, la dette, ou encore sur les nationalisations. Quoi qu'il en soit, il a eu un temps relativement long pour s'exprimer, ce ne sera malheureusement pas toujours le cas. Sur la forme de l'émission si le temps imparti est déjà plus intéressant on constate toujours cette vilaine habitude des médias qui dans leur course à l'originalité et à l'audimat s'astreignent à produire des émissions à la forme douteuse. Ici il s'agit de mettre le candidat dans son costume de président. C'est grotesque à plus d'un titre. Tout d'abord, cela pousse à ignorer les changements de contexte dans le cas d'une telle élection. Ensuite, cela déforme nécessairement les propos et le discours tenu pour s'adapter au contexte futurologique de l'émission. En bref, cette forme nuit en partie au fond, mais il ne fallait pas s'attendre à ce que les journalistes"vedettes" se taisent et laissent le candidat seul proposer son programme. Ce serait trop demandé à des gens qui pensent plus à leur notoriété qu'au débat public.

Quelques remarques sur l'émission  

Je remarque tout d'abord que les deux économistes invités à parler l'un sur le plateau, l'autre de façon enregistré, constituent une certaine idéologie économique. Encore une fois, l'on fait croire sous le vocable "économistes" que ces derniers formeraient un bloc homogène et que les évidences de ces deux personnes invitées représenteraient l'avis de l'ensemble des économistes. En fait, on suppute ici que les économistes se comportent comme les physiciens ou les mathématiciens et qu'ils ont un ensemble de savoir totalement accepté comme étant reconnu par tous. En réalité, les économistes sont très loin d'avoir cette homogénéité. Et les évidences des deux économistes invités ne sont des évidences que pour eux-mêmes et leur courant de pensée.  Mais il y a quelque chose de plus grave. NDA en parle, mais pas avec assez de force et de convictions. Il ne cite pas de chiffre par exemple. En effet, le premier économiste ment outrageusement. Il ment à plusieurs reprises et si ce n'est pas intentionnel c'est que c'est un incompétent. Tout d'abord, affirmer comme il l'a fait que la croissance allemande a été plus forte que la nôtre alors que ce pays est aussi dans l'euro. C'est une escroquerie comptable. Sur les dix dernières années, l'Allemagne a eu une croissance nettement plus faible que la nôtre. Ce n'est que récemment que la croissance allemande a été plus forte. Elle a profité des plans de relances des autres pays de la zone euro pour tirer son excédent vers le haut en pompant la croissance de ses voisins. Autre mensonge. Dire que l'euro nous protège est une insulte à l'intelligence humaine. La zone euro est lanterne rouge de la croissance mondiale depuis une décennie. Les pays de l'UE qui ne sont pas dans la zone euro ont eu une croissance plus forte que ceux qui sont dans la zone euro. Et cerise sur le gâteau, non seulement ces dix dernières années ont fait de la zone euro la zone mondiale à la croissance la plus faible, mais en plus notre zone monétaire est avec le Japon la zone du monde qui a senti le plus durement la crise mondiale. Le PIB de la zone euro a reculé bien plus que celui des USA d'où la crise des subprimes était pourtant partie.

Je regrette que sur ces sujets Dupont Aignan n'ait pas été à la hauteur. Comme il ne l'a pas été non plus sur la question de la dette où il a été trop flou, même s'il n'est pas dans l'amateurisme de Marine Le Pen. L'inflation qui obsède ce journaliste, visiblement parti à la défense des rentiers qui le font surement vivre à travers des investissements en portefeuille financiers, n'est pas la catastrophe qu'il défend. Il faut vraiment rappeler la base de l'économie puisque ces clowns semblent répéter inlassablement les mêmes bêtises pour plaire à leurs maitres. Ce qui compte ce n'est pas l'inflation dans l'absolue, c'est le pouvoir d'achat. Si les prix augmentent de 5 %, mais que votre salaire augmente de 6% votre pouvoir d'achat, augmente de 1%. À l'inverse si les prix n'augmentent que de 2% mais votre salaire de 1% vous perdez 1% de pouvoir d'achat. La peur de l'inflation est donc une peur imbécile, une peur qui en réalité a été instillée dans la population pour l'intérêt de la rente sous toutes ses formes. Car la rente elle craint évidemment l'inflation qui dévalue la valeur de son capital.

Autre problème que malheureusement NDA n'a pas souligné et qui montre qu'il devrait encore étudier la question. C’est sur la question de la dette publique une fois revenue à l'euro. Il aurait dû demander à son interlocuteur économiste si la dette libellée en franc en 1999 l'est restée après le passage à l'euro. Nos économistes défenseurs de la rente montrent ici toute leur inféodation puisque lors du passage du franc à l'euro les dettes publiques ont été converties. Pourtant nous aurions beaucoup gagné à les avoir gardés sous forme de francs puisqu'avec l'appréciation de l'euro la valeur des anciennes dettes se serait fortement allégée en euro. À l'époque personne ne s'est comme par hasard soucié de savoir si les dettes françaises anciennement acquises resteraient exprimées dans la valeur du franc de l'époque du passage. Mais étrangement lorsque l'on passe de l'euro au franc voilà que la question se pose. C'est étrange non? L'explication est simple en fait. Dans le premier cas, les rentiers, détenteurs de titres de dettes françaises, savaient que l'euro serait plus fort que le franc. Ils n'avaient donc pas d'inquiétude quant à leur valeur sur le marché international de leurs titres. Au contraire même. Ils savaient que ce passage ferait que leurs titres de dette française vaudraient plus de dollars ou de Yen une fois exprimé en euro. Cette fois c'est la situation inverse, ils savent pertinemment eux et leurs représentants bancaires, que le franc sera probablement plus bas que l'euro actuel. Ils insistent donc pour que la dette française accumulée jusqu'ici reste exprimée en euro CQFD. Mais c'est une aberration, on ne voit pas pourquoi la France ne convertirait pas sa dette dans sa propre monnaie. On laisse une période de trois mois aux détenteurs de dette pour faire leurs changements à la banque de France pour convertir leur titre. Pendant ce temps, un euro reste égal à un franc. Une fois ce délai passé, on laisse filer le franc et le tour est joué. Sur le plan intérieur, la valeur des titres n'aura pas changé, par contre effectivement la dette exprimée en euro vaudra moins et ces titres de dette auront perdu de la valeur à l'échelle internationale. Mais franchement on s'en fout un peu.

Enfin dernier point sur ce petit débat. NDA n'a pas été bien clair sur la question des moyens et de la monétisation. Il aurait dû à mon sens prendre plus appui sur la période de la reconstruction d'après-guerre, époque durant laquelle on émettait du crédit productif. Il faut vraiment expliquer aux gens que la monnaie cela se crée. Et que la valeur de cette monnaie va dépendre ensuite de son usage. Un capital cela se fabrique. Et il n'y a aucune raison pour que la monnaie de base soit produite par le système bancaire privé sous forme de prêt à intérêt plutôt que par l'émission monétaire de la banque de France et de l'état. Pour ceux qui s'inquiètent de la dégradation de la note des titres des dettes françaises, rappelons que l'emprunt à l'étranger n'a de sens que pour combler le déficit commercial. Si vous n'avez pas de déficit commercial, vous n'avez pas besoin d'accumuler les emprunts à l'étranger. Lorsque par exemple l'état construit une route en France, avec des salariés français, des entreprises françaises, etc. Pourquoi devrait-il emprunter l'argent sur les marchés extérieurs? Si ce système a été instauré ainsi depuis 1973 c'est pour donner un argument comptable à ceux qui veulent la mort de la sphère publique française. Car les intérêts de la dette servent à déséquilibrer le budget de l'état et in fine à justifier la destruction et la privatisation de tous les services publics. Pour conclure sur cette question, je mets cette vidéo sur l'économiste iconoclaste Louis Even qui expliquait déjà cela dans les années 60.

 

YANN

http://lebondosage.over-blog.fr/article-nicolas-dupont-aignan-face-a-la-camera-78067860.html

Le retour du Che

29/06/2011 20:53 par rgrs

  • Le retour du Che

    Le retour du Che

    29/06/2011 20:53 par rgrs

Il est invincible, il a survécu à l'isolement, au coma, aux années Mitterrand et au tournant de la rigueur de 83. Jean Pierre Chevènement semble donc vouloir à nouveau se lancer dans une candidature et il a pour cela produit un texte d'une grande qualité sur le site de rue89. Son texte fait d'ailleurs un peu tache sur un site dont la qualité globale est à mon sens très discutable, mais on se fiche un peu de cela pour l'instant. Ce qui frappe surtout dans l'analyse de Chevènement c'est sa proximité avec les textes et les analyses les plus fortes que l'on peut trouver chez les alternatifs de gauche ou de droite. On retrouve chez lui les stratégies de sortie sur l'euro d'un Sapir et les thèses protectionnistes d'un Todd. On peut ne pas être d'accord sur nombre de points ou sur l'agencement des politiques qu'il cherche à promouvoir, mais force est de reconnaître la grande rigueur et la grande cohérence de ses propositions. On pourrait cependant se poser quelques questions sur l'opportunité d'engager une course à la présidentielle à son âge. Et surtout de le faire seul dans son coin, en aggravant ainsi l'extraordinaire division actuelle des républicains souverainistes. Un homme de sa trempe, de son âge et de son expérience devrait au contraire essayer de rassembler tous ceux qui sont assez proches de ses convictions sur les sujets essentiels. Je parle ici bien sûr de Nicolas Dupont Aignan, mais aussi des gens du M'PEP, voir du PG si ce parti se décide enfin à trancher sur les questions européennes. Il pourrait même convaincre Montebourg de larguer un PS condamné à la dérive toujours plus libérale et ainsi montrer une ouverture réelle.  Après tout l'exemple de Chevènement qui a essayé sans succès depuis 1983 de faire changer le PS d'avis sur le libéralisme, devrait pousser Montebourg à abandonner cette idée. 

 

Quelques divergences avec les propositions de Chevènement

  Sur le constat de la crise actuelle, je ne crois pas qu'il y est de divergence quelconque. On retrouve à peu près les mêmes analyses chez Todd, Lordon, Sapir, chez le M'PEP, à DLR , chez Montebourg, etc. Bref, on ne discutera pas sur la question de l'analyse de la situation si ce n'est que Chevènement arrive en très peu de mots à bien définir les problèmes. Chevènement explique aussi en quoi la gauche n'a toujours rien compris à ces problèmes. Je parle bien évidemment de la gauche dite de gouvernement, et Montebourg et les quelques protectionnistes du PS ont beaucoup de mal à exister au sein de cette structure naturellement libérale. On voit déjà poindre là les attaques classiques contre la personne de Chevènement qui en cas de débandade du PS en 2012 sera probablement accusé d'avoir divisé la gauche. En vérité, c'est bien plutôt l'hypocrisie et la schizophrénie des dirigeants du PS qui poussent la gauche à la division et à la perte de son vivier électoral naturel. Au point que les think tanks du PS à l'image de Terra nova vont jusqu'à prôner l'abandon des couches populaires. On se demande vraiment qui divise la gauche à ce compte. Quoi qu'il en soit Chevènement ne doit pas avoir peur à mon sens de faire acte de division et de proposer un rassemblement le plus large possible.  

Sur le plan purement économique, je constate que Chevènement reste tout de même en priorité dans une stratégie d'échelonnement sur l'euro et le protectionnisme. Il propose ainsi en premier lieu de tenter la stratégie toddienne consistant à tordre le bras de l'Allemagne. C'était en effet l'un des plans de bataille de Todd, jusqu'à il y a peu. Il se trouve que malheureusement l'Allemagne ne montre aucun signe apparent d'une quelconque volonté de changer de stratégie économique globale. Il est vrai aussi que le comportement des dirigeants français actuels, extrêmement suiveurs ne risque pas de les y pousser. On peut donc penser ici que le plan A de Chevènement est, soit une proposition purement stratégique visant à convaincre un électorat encore indécis sur le sort de l'Europe actuelle, soit le résultat d'un retard dans l'analyse géoéconomique du moment.

Le plan B de Chevènement est déjà beaucoup plus réaliste et à mon avis il a sa faveur, car en pratique on voit mal comment redresser la situation en l'état actuel de l'euro. Ce plan B consiste à faire de l'euro une monnaie commune, c'est une stratégie qu'il a en commun avec DLR et une bonne part des alternatifs. C'est la solution optimale dans le sens où l'on empêche les dévaluations compétitives en cascade tout en permettant aux pays les plus en difficultés de revenir à des niveaux de parité plus raisonnables pour leur économie. On regrettera qu'il n’y ait pas de plan C concernant l'euro parce que malheureusement il y a de grandes chances pour que même cette solution ne soit pas praticable ou en tous cas avec tous les pays membres de la zone euro actuelle. De ce fait et toujours dans la même optique. Le plan C pourrait consister à créer une nouvelle zone monétaire du type SME(système monétaire européen), mais avec un nombre plus restreint d'états. Je suis persuadé que les pays latins et la Grèce seraient assez faciles à convaincre, on pourrait en profiter pour lancer comme le propose d'ailleurs Chevènement dans son plan B un élargissement de ce nouvel euro à d'autres zones. En particulier celle du sud de la méditerranée qui pourrait ainsi bénéficier ainsi d'une monnaie de réserve et d'investissement qui les protègerait des attaques spéculatives. Je cite Chevèenment:


« Elle permettrait surtout l'extension de la zone euro à la Grande-Bretagne, aux pays scandinaves, aux PECO's qui s'en tiennent, à juste titre, éloignés, mais aussi à la Russie, à l'Ukraine, aux pays de l'Euroméditerranée, etc. Ce serait un système réaliste pour tout le monde, où des ajustements de parité négociés permettraient de corriger les déséquilibres commerciaux excessifs. »

 

Je rappelle au passage qu'une monnaie commune est très différente d'une monnaie unique. Dans un tel système, chaque pays a sa propre monnaie, mais pour pouvoir dévaluer il doit y avoir des règles construites pour éviter les dévaluations agressives. La règle d'or étant l'équilibre des balances des paiements de chaque état membre. En quelque sorte, un tel euro pourrait mettre en place les bases d'un nouveau Bretton Woods. Un système dans lequel les déséquilibres sont évités et qui favorise les relances intérieures plutôt que la recherche d'excédents commerciaux. L'euro aurait dû servir à cela, mais sa construction sous forme de monnaie unique visant à produire un état fédéral fantasmagorique a produit l'effet inverse. Un contrôle des entrées et des sorties de capitaux complèterait parfaitement un tel système et éviterait les problèmes qu'a pu connaître l'ancien SME.

Autre point de divergence ce sont les questions du nucléaire et de l'énergie qui sont tout de même des points très importants. Si je suis moi même partisan d'un débat serein sur les questions énergétiques. On ne peut pas réduire l'accident de Fukushima à un simple accident qui résulterait de la folie japonaise ayant consisté à confier à des acteurs privés la charge du parc nucléaire nippon. Si cela a probablement joué, c'est oublier un peu vite que l'URSS, qui ne respectait pas vraiment les mécanismes du capitalisme, a elle-même connu une catastrophe majeure en ce domaine. Le fait est que le nucléaire actuel n'est pas une bonne chose et que les calculs de risque sur ces questions sont particulièrement mal venus. Car en cas d'accident le prix à payer est beaucoup trop grand. L'autre point est que l'uranium s'épuise et qu'il ne peut en aucun cas constituer une garantie d'indépendance énergétique. J'aurai aimé que Chevènement ouvre ici d'autres pistes comme le thorium dont nous avions ici parlé. Ou encore les nombreuses énergies alternatives qui sont loin de s'arrêter aux panneaux solaires et aux éoliennes. C'est d'autant plus dommage que sa position pronucléaire sera utilisée à son encontre pour le qualifier de passéiste. Un qualificatif qui sera utilisé également pour son programme économique.  

Pour un grand rassemblement d'esprits souverains  

       On le voit s'il y a des divisions sur certains sujets, on peut très bien passer outre. Et proposer un programme minimal concernant essentiellement le retour à la souveraineté nationale sur tous les plans. Les sujets causant des conflits pouvant être réglés par l'usage du suffrage universel si besoin est.  Chevènement est l'homme le plus à même de faire ce rassemblement et de se mettre au-dessus des divisions secondaires. Si sa tentative de 2002 a échoué, il faut bien voir que les conditions ont profondément changé et changerons d'ailleurs encore d'ici l'élection présidentielle. En effet, il se pourrait bien que l'euro éclate avant même l'élection ce qui ne serait pas sans provoquer quelques effets sur celle-ci. Un tel rassemblement est d'ailleurs tout à fait capable de vider le FN de ses électeurs, et entre cet électorat et tous les abstentionnistes déçus par trop de lutte d'égo chez les politiques, il y a du monde à rassembler. D'autant qu'une ligne protectionniste propre, c'est à dire non entaché par le passé du FN, pourrait convaincre les électeurs que l'on sait nombreux à être favorable à de telles mesures. Je me demande d'ailleurs si le sondage récent sur le protectionnisme n'a pas décidé Chevènement à se lancer finalement en campagne. Les propositions de Chevènement visant à faire un plan A, ou un plan B, suivant telle ou telle condition, est assez proche de la méthodologie de Jacques Sapir, et des idées que défendent le M'PEP ou DLR. Il serait donc dommage de ne pas tenter de faire une convergence vers un programme commun. L'idée d'une confédération européenne peut ainsi très bien se mélanger à l'Europe à géométrie variable d'un Nicolas Dupont Aignan. Moyennant quelques précisions et réflexions sur ce que serait une confédération européenne. Mais la certitude et la volonté d'améliorer la situation de l'économie européenne et française par la régulation commerciale, le retour à un système monétaire raisonnable et des politiques de grands projets industriels sont des points de convergence suffisamment puissante pour réunir les souverainistes des deux rives. Il faut espérer que Chevènement se décidera enfin à prendre le risque de réaliser son destin national. Quitte à se fâcher définitivement avec des esprits trop étroits pour comprendre ce que signifie l'intérêt supérieur de la nation et du peuple de France. Après tout que doit donc Chevènement au PS à part des quolibets, des caricatures absurdes et des trahisons?

 

YANN

http://lebondosage.over-blog.fr/article-le-retour-du-che-77938190.html

La force de l'Europe a toujours été dans sa division

29/06/2011 20:48 par rgrs

  • La force de l'Europe a toujours été dans sa division

    La force de l'Europe a toujours été dans sa division

    29/06/2011 20:48 par rgrs

En lisant les différents commentaires sur la crise grecque, on remarque toujours un certain type de réaction, celle de la déception. La déception de voir l'Europe échouer à devenir unique, et échouer à devenir un état fédéral. Je suis toujours abasourdi par ce type de propos, et ce pour plusieurs raisons que ceux qui lisent depuis longtemps ce blog connaissent, mais qu'il me semble devoir rappeler. Il devient ainsi de plus en plus évident, chaque jour qui passe, que l'euro s'approche de sa fin, tout du moins sous sa forme et avec ses participants actuels. Contrairement à ce que pensent certains, je crois que la fin de l'euro entrainera automatiquement la fin de l'Union européenne. Car même s'il est vrai que beaucoup de pays sont à la fois membre de l'UE et non membre de l'euro, le fait est que pour la première fois dans l'histoire de cette construction hasardeuse il y aura un recule sur les ambitions et le nombre de membres. En France, nous savions depuis 2005 que l'Europe était un zombi dans la tête des citoyens de l'Europe, mais la fin de l'euro montrera cette évidence aux classes dirigeantes. La fin de la monnaie unique entrainera donc à mon sens un effet boule de neige. Pourquoi en effet se plier aux règles de l'UE alors même que l'on a rompu aux règles si strictes de l'euro. Je comprends donc dans un sens l'émoi que ressentent certains à l'idée de ce retour des monnaies nationales, car il ne fera que provoquer la fin de l'actuelle construction européenne. Et cela provoquera le retour de la vielle Europe dans son organisation prè-américaniste. Après tout, les nations d'Europe n'ont pas été libres de leurs orientations politiques depuis 1945 et la mise sous tutelle du continent par des puissances extérieures. L'UE c'était un peu le cocon de la politique en Europe, elle permettait de chasser les peurs inhérentes à la responsabilité de l'indépendance sous la tutelle de l'empire américain dont elle n'est qu'une excroissance. Les fédéralistes européens se sont d'ailleurs autopersuadés que l'Europe c'est la paix, et que les nations c'est la guerre. On comprend ainsi bien la peur qu'ils ont de ce retournement apparent de l'histoire.

  Cependant à titre personnel je vois au contraire dans l'orientation actuelle de l'Europe le meilleur fermant de la guerre. Pour maintenir une construction qui manifestement ne fonctionne pas, l'on pratique des politiques économiques violentes qui heurtent la sensibilité propre de chaque peuple européen. L'esprit jacobin qui est insufflé au cœur de la construction européenne a des effets catastrophiques d'uniformisation des structures législatives et économiques pour des peuples dont les divergences sont très importantes. L'euro à lui tout seul a fait diverger les économies du continent comme jamais depuis la fin de la guerre. Il suffit de regarder l'évolution des balances commerciales au sein de la zone euro pour voir que l'euro a détruit l'idée même d'une possible convergence des nations. Dans ce cadre, et avec les nouvelles mesures toujours plus violentes de coercition économique mis en place pour sauver les banques françaises et allemandes en Grèce, l'on peut affirmer, sans avoir trop peur du ridicule, que l'Europe désormais c'est la guerre. À n'en pas douter dans nos livres d'histoire ce seront ces drapeaux européens associés au symbole nazi qui resteront dans les mémoires comme le plus grand symbole de l'échec de l'uniformisation continentale. Je parle d'uniformisation parce que je crois possible justement une unification. Mais la seule unification que les bureaucrates européistes, formés malheureusement à l'école française du jacobinisme, est celle qui passe par l'uniformisation. L'Europe si elle avait dû se faire aurait dû prendre une tout autre forme. Elle aurait dû s'appuyer sur les nations existantes, et non vouloir en devenir une concurrente. L'Europe fonctionnelle aurait dû être une alliance, une organisation défendant les souverainetés de ses membres et non une broyeuse de celles-ci. Car en niant les diversités nationales du continent, l'UE a non seulement entrainé sa propre chute, mais elle a aussi considérablement appauvri la créativité d'un contient jadis prolifique.

 

La dynamique historique européenne et la division continentale

  Le continent européen n'a jamais été unifié depuis Rome et c'est probablement sa plus grande originalité historique quand on le compare à d'autres espaces culturels. Car c'est cette particularité qui explique que l'Europe a continué à créer à avancer pendant que d'autres régions du monde une fois unifié tombaient en somnolence ou pire en décadence. L'Europe réunit sur un territoire assez exigu une grande variété de peuples de cultures et de religions différentes. Le continent n'a jamais été unifié sous un seul pouvoir politique, même si le continent a connu des puissances dominantes, ces dernières avaient souvent des concurrents sous forme d'alliance d'autres nations plus petites. De fait, et comme l'affirme l'historien Jared Diamond, l'Europe a été un lieu de concurrence entre nations sur une très longue durée historique. LE continent a été le lieu d'un processus évolutionnaire adapté à l'échelle des cultures et des modes de gouvernement. Un processus évolutionnaire qui a abouti au monde moderne. Une concurrence qui, il est vrai, pouvait parfois produire des guerres, mais une concurrence qui a permis aussi une véritable stimulation et une grande liberté intellectuelle, artistique et scientifique. Un penseur vilipendé dans son pays de naissance, pouvait aller chercher secours dans un pays concurrent. Les protestants qui ont fui la France avec l'abrogation de l'édit de Nantes ne furent pas étrangers à la révolution industrielle britannique et bon nombre de huguenots ont nourri la Hollande et les colonies extraeuropéennes. Sur le continent européen, chaque culture et nation vivait prospère puis décliner sans que tout s'écroule ou soit perdu. Une société tombée dans une impasse ne voyait pas se perdre tout ce qu'elle avait créé d'autres peuples proches pouvant en bénéficier. Les nations en déclins étaient remplacées par d'autres permettant une certaine continuité et une amélioration pour tous sur une très longue période. En fait, on voit ici un principe simple, la complexité, la diversité, permet une adaptation plus forte face au changement. C'est vrai en biologie, mais c'est vrai aussi pour les cultures humaines. L'uniformisation rend extrêmement fragile aux chocs et aux variations violentes des conditions de fonctionnement de la société. Plus votre biotope culturel est varié, plus il y a de façons de vivre diverses et de nations, et plus vous avez de chances de survivre à une grande catastrophe. Avec l'uniformisation planétaire des modes de vie, l'on voit ce que risque à court terme l'humanité. C’est d'ailleurs la grande crainte de Jared Diamond.

 

La séparation des pouvoirs politiques en Europe a donc permis au continent de ne jamais s'écrouler complètement. Cette division a permis au continent de continuer toujours à avancer avec des acteurs dominants qui changeaient suivant les époques.  Jamais l'Europe ne s'était retrouvée globalement dans une impasse. C'est d'ailleurs toujours un peu le cas puisque certains états européens à l'heure actuelle restés indépendants de cette chose bureaucratique qu'est l'UE font preuve d'un plus grand dynamisme et d'une plus grande créativité que le géant paralyser qu'est devenu le continent. Des pays comme l'Islande ou la Suisse nous montrent des voies originales et indépendantes que pourraient prendre les nations européennes si elles abandonnaient leur fantasme d'uniformisation européenne. On le voit, s’il est vrai que la division continentale a pu amener parfois quelques malheurs, quoique bien souvent ce fut le fruit de quelques ambitieux voulant justement mettre fin à cette division, elle a aussi permis au contient sa prospérité et son avancée historique. En mettant un seul pouvoir au centre du continent nous avons rompu avec cette vieille division et condamné le contient à finalement perdre son identité propre. Il a perdu sa capacité à se réinventer et à réinventer ses politiques et son organisation économiques.

L'Europe de la coopération interétatique

L'avenir de l'Europe se fera nécessairement par un retour aux nations qui la compose. Mais ce retour aux nations ne signifie pas du tout un repliement sur soi bien au contraire. On cite souvent Airbus comme réussite européenne en oubliant que ce sont les états nation qui ont collaboré à sa création, il n'y avait nulle centralisation à cette création. Certains états comme la France ayant entrainé les autres avec leurs propositions. L'histoire récente de l'Europe nous montre que les vrais progrès et les vraies actions de collaboration intereuropéenne s'obtiennent essentiellement de cette manière. Il en ira de même à l'avenir. Le pouvoir centralisé à l'échelle européenne paralyse et élimine les initiatives étatiques par sa lourdeur et sa lenteur. Laissez aux nations le choix des politiques industrielles ou des volontés d'innovation permettraient à quelques nations plus dynamiques que d'autres de lancer des initiatives auxquelles d'autres pourront si elles le souhaitent se joindre. Dans l'esprit universel qu'est celui de l'Europe il n'est d'ailleurs pas interdit que des nations extraeuropéennes se joignent ainsi à ces projets. Une possibilité inexistante dans la volonté de créer une Europe fédérale et quasi nationaliste puisqu’exclusivement tournée vers elle même.

On le voit, l'Europe des nations ne signifie aucunement la fin de l'Europe, ou le retour aux conflits. C'est juste une autre manière d'organiser les relations entre nations européennes. À mon avis l'UE est le dernier reste de l'esprit du 19e siècle en Europe, l'idée d'une course à la nécessaire puissance et à l'uniformité. Vouloir faire de l'Europe une autre Amérique est stupide au moment où l'on sent bien que le modèle de civilisation américain est en crise. Il eut été en réalité bien plus intéressant que l'Amérique se mette à ressembler à l'Europe. Que le monde aurait été plus beau et plus original s'il y avait eu une Amérique allemande, une Amérique hollandaise ou italienne en plus de l'Amérique anglaise. Si au lieu de se fondre en une seule bouillie culturelle vaguement anglaise les enfants du continent européen avaient chacun créé leur Amérique. On croit que le sens de l'histoire va vers l'uniformisation et l'unification du genre humain, je crois en réalité exactement l'inverse. Chiche, il faut militer pour une européanisation de l'Amérique.

YANN

http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-force-de-l-europe-a-toujours-ete-dans-sa-division-77583122.html

On tape dans les stocks

29/06/2011 20:41 par rgrs

  • On tape dans les stocks

    On tape dans les stocks

    29/06/2011 20:41 par rgrs

On tape dans les stocks stratégiques. 60 millions de barils ont été prélevés sur un total de 4100. C'est peu et beaucoup, mais c'est le commencement de la fin.

L'Arabie saoudite, au début de la guerre de Lybie, avait augmenté sa production, de 2 millions de barils, à peu près la seule réserve possible de production au monde, mais elle ne trouve pas preneur.

Explications : le brut saoudien est de plus en plus lourd et souffré et ne peut remplacer le brut Lybien, léger.

Cela indique aussi les différences entre les gisements. Les gisements lybiens sont encore jeunes, les gisements saoudiens s'épuisent.

La "tempête parfaite", s'avance donc vers nous, sans que personne ou presque n'y comprenne rien, ou pire, ne veuille comprendre..."Notre mode de vie n'est pas négociable".

Mais la géologie non plus.


Cette tempête est constituée par des besoins en forte augmentation et des disponibilités bridées.

Investir dans les raffineries ne servirait à rien. Les pétroliers ont parfaitement intégré que les ressources étaient rares, et que de toute façon, ce ne serait jamais rentabilisé.

 

Les solutions seront nationales, parce qu'elles ne peuvent qu'être locales, et l'exploitation de certaines sources de renouvelable permettra de sauver une fraction du monde d'avant.

On dit que la forêt des landes ferait rouler 3 millions de véhicules. Sans doute, peut on multiplier ce chiffre par deux ou trois pour le territoire national, mais pas plus.

En attendant, les machoires du resserrement des disponibilités en fossiles, se resserrent sur nous.

 

Donc, certains nous disent que la fin du pétrole, c'est la guerre. Comme si le monde était ENCORE  en paix. En réalité, le monde est DEJA très agité, et le désordre, comme le cas d'école lybien le prouve, ne prête pas à la production. 

 

La lybie retrouverait elle le calme demain et pourrait elle recommencer la production que cela ne donnerait qu'un répit très provisoire.

 

N'en déplaise aux néo-libéraux amateurs de voyages, la démondialisation est un fait et n'est pas négociable. On ne sait pas comment négocier avec la géologie, et penser que la flambée des prix créera de nouvelles ressources est particuliérement idiot.

La montée des prix de l'énergie fera aussi bondir les coûts de production... 

 

La seule alternative est celle ouverte par le Japon. Acculé par l'accident nucléaire de Fukushima, c'est le seul pays qui ait décidé d'appuyer sur le frein énergétique, et un bon quart de réduction de la consommation est envisageable.

On peut aussi citer le cas californien de l'électricité. La Californie, acculée elle aussi, a décidé, par l'intermédiaire de ses compagnies électriques, d'appuyer fortement sur le frein. Un californien, à l'heure actuelle consomme la moitié de ce que consomme un étasunien, se rapprochant des standards européens. C'est simple, les commerciaux vendent des primes et achètent des réductions de consommations...

Poussez le cri du billet de 100 balles, et le besoin "incompressible", deviendra subitement moins urgent et beaucoup plus relatif. "On n'attrape pas les mouches avec le vinaigre" -Henri IV. 

Le gros du confort avait été acquis avant 1973, après, on nous a instrumenté, manipulé et gadgétisé à mort, pour nous faire croire que nous avions des besoins "incompressibles".

Le besoin incompressible est surtout un bizness dans l'optique de faire du bien aux energéticiens.  

En même temps, dans une économie globale d'une nation, il est difficile de réduire les consommations de 2 %, plus facile de faire - 20 %, et sans doute encore plus aisé de faire du - 40 %. (ce sont des chiffres constatées dans l'industrie). Pourquoi ? Parce que dans le premier cas, on se contente de faire la morale, dans le deuxième, on remet tout à plat, dans le troisième, on remet tout à plat et on s 'adapte.  

Le cas tokyoïte était le plus caricatural. L'uniforme de rigueur dans les bureaux (complet + cravate), rendait obligatoire la clim l'été.

Dans un cas, on a légèrement remonté les températures, dans le deuxième, on a abandonné le complet, dans le troisième, on adapte les horaires. Personne n'en est mort...  

Là aussi, comme en politique, c'est l'enfermement mental qui est à mettre en cause...

Par Patrick REYMOND

Salaires des dirigeants : Poker menteur entre gouvernement et patronat ?

29/06/2011 20:26 par rgrs

  • Salaires des dirigeants : Poker menteur entre gouvernement et patronat ?

    Salaires des dirigeants : Poker menteur entre gouvernement et patronat ?

    29/06/2011 20:26 par rgrs

Xavier Bertrand affirme vouloir mettre fin aux rémunérations « extravagantes » de certains patrons. Bras de fer ou simple opération de communication en vue de 2012 ?

Quoi qu'il fasse, le gouvernement n'arrive pas à gommer l'image de président des riches de Nicolas Sarkozy ! Et, dans la mesure où il est assez improbable, pour la présidentielle de 2012 de réutiliser le slogan du « Président du pouvoir d'achat», il faut au moins faire croire que l'on peut être menaçant à l'égard ... des plus hautes rémunérations !

Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand sont semble t-il choqués par certaines rémunération extravagantes de patrons français. Au point que ce dernier : « (...) s'est prononcé mardi en faveur de la non-déductibilité des fortes rémunérations de l'assiette de l'impôt sur les sociétés, devant un parterre de patrons du CAC 40 réunis à Paris (...) » et d'indiquer : « (...) qu'un dispositif serait mis en place à l'automne pour dissuader ces rémunérations qu'il avait jugées extravagantes (...) »

Et qu'en dit l'Association française des entreprises privées (
Afep), connue du grand public, essentiellement au travers de son « code de gouvernement d'entreprise » dans lequel se trouve un section consacrée à la rémunération des dirigeants

D'après Les Echos : « (...) Il n'est pas sain d'attaquer de manière générale les rémunérations des dirigeants. Cela conduit à stigmatiser », a critiqué, hier à l'occasion d'un point presse, son président, Maurice Lévy, à l'adresse de Xavier Bertrand (...) » Ajoutant que : « (...) les rémunérations des dirigeants sont « raisonnables » par rapport aux pratiques internationales (...) s'il concède qu'il y a « sans doute ici ou là des situations qui peuvent surprendre, choquer », il estime qu'il n'y a « aucune raison qu'un texte légifère pour décider dans l'abstraction totale ce que doit être la rémunération des dirigeants (...) l'assemblée générale désigne des administrateurs qui ont une responsabilité d'exécutif sur les décisions à prendre (...) »

Le gouvernement a t-il vraiment les moyens de limiter ces rémunérations extravagantes ?

Sans passer par la loi non. En effet, comme
l'expliquait Rue89 dans un article consacré au : plafonnement du salaire des dirigeants d'entreprises dont l'Etat est actionnaire : « (...) Selon le code du commerce, c'est au conseil d'administration de fixer la rémunération du big boss, et à lui seul. Que faire, alors, lorsque l'Etat est minoritaire au capital ? Difficile d'imaginer que les autres administrateurs accepteront de bon cœur d'imposer au PDG ce salaire plafonné. Il faudra donc passer par la loi pour priver les conseils d'administration de cette prérogative et pour définir le montant maximum des salaires (...) » alors, que dire des entreprises dans lesquelles l'état ne détient aucune participation ?

Véritable bras de fer ou embarras ?

Il est bon de rappeler au lecteur que : « (...) Le gouvernement avait menacé le Medef de légiférer si les entreprises n'adhéraient pas avant la fin 2008 à ce code, qui n'a toutefois aucun caractère contraignant. Adopté par la quasi-totalité des grandes entreprises françaises cotées, ce code recommande notamment de n'autoriser l'indemnisation d'un dirigeant qu'en cas de départ contraint et lié à un changement de contrôle ou de stratégie, avec une indemnité ne pouvant excéder deux ans de rémunération (...) » ne prévoyait aucun plafonnement de rémunération, ce que le gouvernement savait pertinemment !

Un simple chantage médiatique qui ressemble à une mystification !

C'est ce qu'on peut se dire, lorsqu'on sait que la démarche de Xavier Bertrand, avalisée par Nicolas Sarkozy, n'a pas pour but de plafonner ou limiter les rémunérations extravagantes. En effet : Xavier Bertrand
indique deux pistes destinées à : « (...) dissuader les très hautes rémunérations versées par certaines entreprises (...) » Il s'agit de : « (...) la taxation ou non-déductibilité (...) précisant qu'il : (...) penche pour cette dernière possibilité (...) »

Et pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que : « (...) Cela éloignerait aussi la perspective, défendue par une partie de la majorité et repoussée par le gouvernement, de la création d'une nouvelle tranche marginale d'impôt sur le revenu (...) » applicable à tous les hauts revenus. Ce qui électoralement serait un suicide !

Ce que sait aussi Maurice Levy, président de l'Afep qui, de son côté : « ne voit pas d'objection à ce que les salaires plus élevés contribuent davantage dans une période difficile », par le biais d'une contribution spécifique ou d'une tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, il est en revanche opposé à une taxation de l'entreprise (...) »

Un point partout : la balle au centre !

Mais, alors, dans le cas ou le désaccord entre le ministre et l'Afep perdurait, irait-on droit vers un projet de loi du gouvernement présenté devant les assemblées ?

Visiblement non, puisque nous
expliquent Les Echos : (...) Alors qu'un groupe de travail doit se constituer d'ici à fin juillet sur la question, Nicolas Sarkozy a appelé lundi le patronat à faire sa propre police. « Un peu de sens commun éviterait au gouvernement d'être obligé de réagir par un texte (...) »

En clair, faire profil bas et surtout, ne pas exciter : (...) La France qui s'entasse dans le métro à 18 heures, la France qui se lève tôt pour rejoindre l'usine ou le bureau, la France des fonctionnaires qui aiment leur métier, la France des parents qui se serrent la ceinture pour leurs enfants, la France des campagnes qui ne veut pas renoncer à son avenir, la France des cités qui rêve de réussite sociale, la France qui a du mal à finir les fins de mois (...) du moins, jusqu'à la présidentielle de 2012 !

Après tout, qu'est ce que représentent quelques mois de sacrifices à côté de cinq nouvelles années de tranquillité et ... d'auto régulation !

Slovar


Crédit et copyright photo :
Républicain Lorrain
http://slovar.blogspot.com/

DDV pour un service public ...

29/06/2011 20:15 par rgrs

  • DDV pour un service public ...

    DDV pour un service public ...

    29/06/2011 20:15 par rgrs

Dominique de Villepin pour un service public bancaire

La crise de 2008 a montré que la loi du marché ne suffisait pas pour limiter la dérive spéculative que risquent les banques.

Les banques purement publiques ont failli. Les banques purement privées ont presque fait faillite.

Il est temps d’inventer une nouvelle forme de coopération.

La banque accomplit des missions de service public – tant pour le destin des individus et leur vie sociale que pour le financement de l’économie nationale.

Elle a une responsabilité qui doit être reconnue et encadrée par un cahier des charges précis. Il faut des aiguillons pour pousser les banques à s’engager là où elles se refusent à aller naturellement.

C’est ce que sait faire le tissu économique allemand et que nous ne faisons pas naturellement.

  • Parce qu’aujourd’hui, personne ne peut mener une vie normale en France sans avoir accès à des services bancaires simples.
  • Parce que l'éclatement des politiques publiques concernant le secteur bancaire les rend illisibles.

En quoi consistera-t-il?

Il s’agit de fédérer, renforcer et compléter un ensemble de régulations et d’initiatives des pouvoirs publics qui existent déjà.

Premier axe : une Agence de supervision bancaire

Cela suppose la création d'une Agence spécifique avec pour mission la surveillance des banques, la contractualisation des engagements de service public des établissements bancaires et son contrôle, une information transparente sur les services bancaires au profit des usagers.

Deuxième axe : une loi cadre de régulation bancaire

Il s’agit également de créer de nouveaux cadres d’obligation. Cela passe par une démarche contractuelle entre les établissements bancaires et les pouvoirs publics pour remplir ces missions.

Trois de ces missions sont à mettre en avant. Elles pourront être enrichies dans les mois à venir dans le cadre du débat qui a lieu au sein de République Solidaire en vue d'enrichir les grandes orientations du projet. Le 19 juin 2011 sera l'occasion d'évoquer plus en détail un certain nombre d'aspects.

  • L'accès de tous les Français à un service bancaire universel donnant des garanties en termes d'accès aux comptes. Cet effort avait déjà été engagé lors du quinquennat de Jacques Chirac.
  • L'encadrement strict des crédits à la consommation pour éviter les drames personnels liés au surendettement.
  • L'orientation d'une part des flux d'assurance vie vers le financement des PME. Dans le cas du financement des PME, en deux lieux, les banques ne prennent pas les mêmes décisions. Ici elles aideraient une entreprise que là elles rejetteraient. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas la connaissance du tissu économique local, parce qu’elles ne comprennent pas toujours d’emblée les enjeux spécifiques.

Réponses aux objections

Qu'est-ce que cela changera concrètement pour moi?

En cas de difficulté face à ma banque, j'aurai une Agence unique à laquelle m'adresser pour obtenir une décision, par exemple lors d'un refus d'ouverture de compte. Face au maquis des tarifs et des pratiques des banques, je disposerai d'une information comparative transparente et publique. Si je suis entrepreneur, je disposerai du soutien d'une Agence publique pour obtenir un financement dans la durée, grâce à l'unification des dispositifs de soutien et notamment de l'action du Médiateur du Crédit.

Un nouveau service public, ça va coûter cher!

Le service public bancaire ne coûtera rien, car il consiste en une régulation et une harmonisation des régulations existantes.

Ce n'est pas à l'Etat de se mêler des choix des banques!

C'est à l'Etat de veiller à ce que chaque Français puisse bénéficier d'un service bancaire qui lui est nécessaire pour vivre.

Dominique de Villepin pour un service public du logement

Le logement fait partie des préoccupations quotidiennes de la plupart des Français. Il manque un million de logements sociaux pour satisfaire la demande de logements sociaux, au même moment où l'Etat dépense des fortunes pour loger en urgence les familles les plus défavorisées dans des hôtels.

Il existe des zones en tension permanente connaissant une flambée des prix immobiliers et une forte augmentation des loyers, chassant des centres-villes les ménages des classes moyennes, et notamment les jeunes ménages avec enfant qui sont pourtant source de dynamisme économique pour les villes.

Le thème de la France des propriétaires développé lors de l'élection présidentielle de 2007 a montré ses limites au cours du quinquennat.

Ce n'est pas le statut du logement qui importe, c'est la sécurité du logement qui doit être au coeur des politiques publiques du logement.

Le Préambule de la Constitution garantit un droit au logement pour chacun. Cela implique une triple sécurité:

  • Sécurité face aux risques, en garantissant des normes de salubrité et de protection des personnes (incendies, ascenseurs...)
  • Sécurité dans la durée, en permettant à chacun de pouvoir se maintenir dans un logement dans un contexte de hausse des prix
  • Sécurité dans les relations entre bailleurs et locataires, en offrant aux deux parties des garanties concrètes.

Le logement est un enjeu d'intérêt général qui détermine la cohésion sociale, le dynamisme économique et la sécurité du patrimoine de nombreux Français. C'est pourquoi il est nécessaire face aux dysfonctionnements actuels de créer un Service Public du Logement.

Ce service public du logement sera assuré par la régulation, le contrôle et la contractualisation au moyen d'une agence publique sous l'autorité du Ministère des Affaires Sociales.

Il pourra assumer diverses fonctions :

La contractualisation d'engagements de service public

Ce service public du logement créera un secteur locatif privé à vocation sociale, grâce à des garanties apportées aux bailleurs concernant les impayés et la remise en état des logements. L'incitation se fera par la réorientation d'une partie de l'avantage Scellier. Les bailleurs propriétaires de nombreux logements (plus de 10) seront tenus de consacrer un cinquième de leurs logements au secteur social privé.

Il créera également un secteur locatif privé à destination des classes moyennes créant un bail longue durée spécifique, un dispositif labellisé fixant un cadre de loyers en fonction des revenus des familles de classes moyennes et du nombre d'enfants. D'autre part, les hausses de loyers seront limitées dans le cadre de ce dispositif au moment du renouvellement du bail. Le choix par les bailleurs de ce dispositif sera volontaire et favorisé par incitation fiscale.

La sanction contre les abus

Il s’agit de lutter contre des abus inacceptables en veillant à l’exécution stricte des lois : logements insalubres ou inadaptés, "marchands de sommeil".

La régulation pour un meilleur accès au logement

Cette agence aura vocation à être le premier recours du droit au logement opposable. Elle pourra également recourir à des dispositions contraignantes pour remédier à des situations particulières, notamment des réquisitions, dans le cadre de la règlementation actuelle. Elle veillera à l'application des lois existantes : loi SRU fixant un taux de logements sociaux par commune et loi sur le Droit Opposable au Logement, mise en place par mon gouvernement.

La médiation des relations entre bailleurs et locataires

En cas de désaccord majeur, le service public du logement pourra être appelé par l’une ou l’autre partie pour faciliter une solution, notamment concernant les garanties au moment du bail, les impayés ou les renouvellements du bail.

L'information sur l'offre et la demande de logement

Un observatoire national du logement doit être en mesure d’indiquer, de manière accessible à tous, les prix moyens dans le secteur privé par bassin de vie, le stock et la disponibilité de logement social. Les demandeurs de logement social auront un numéro unique national pour éviter les demandes multiples qui engorgent les services municipaux, notamment dans les plus grandes villes.

Réponses aux objections

Qu'est-ce que cela changera pour moi?

Si j’habite dans une zone sous tension, je pourrai savoir si le logement que je choisis à la location entre dans un dispositif d’encadrement adapté à mes revenus. Dans ce cas, le loyer ne pourra varier que dans une marge limitée.

Si je ne peux pas apporter les garanties nécessaires à la location d’un logement, par exemple à Paris, je pourrai m’adresser à la médiation du service public du logement, capable de se porter quand c’est nécessaire, caution.

Cela va créer une nouvelle administration et alourdir l’Etat.

Il s’agit essentiellement de fédérer les initiatives existantes et de créer une instance de pilotage commune. Au contraire, certains doublonnements de missions pourront être simplifiés.

Dominique de Villepin pour un service public des parcours professionnels

Nous ne pouvons nous satisfaire du chômage de masse et de la précarité.

Entre 2005 et 2007, Dominique de Villepin a mené la bataille pour l’emploi avec de vrais résultats, atteignant en 2007 le taux de chômage le plus bas depuis trente ans. Il a mis en place des outils innovants comme le Contrat de Transition Professionnelle pour amorcer une logique de sécurisation des parcours professionnels.

Aujourd’hui, le chômage n’est traité que trop tard, au moment où la personne a déjà perdu son emploi. Il faut une transformation des mentalités : s’occuper du travail, pour éviter le chômage et non plus s’occuper seulement du chômage.

Nous ne pouvons nous satisfaire du chômage de masse et de la précarité.

Entre 2005 et 2007, Dominique de Villepin a mené la bataille pour l’emploi avec de vrais résultats, atteignant en 2007 le taux de chômage le plus bas depuis trente ans. Il a mis en place des outils innovants comme le Contrat de Transition Professionnelle pour amorcer une logique de sécurisation des parcours professionnels.

Aujourd’hui, le chômage n’est traité que trop tard, au moment où la personne a déjà perdu son emploi. Il faut une transformation des mentalités : s’occuper du travail, pour éviter le chômage et non plus s’occuper seulement du chômage.

Qu’est-ce qui ne va pas ?

  • Nous ne parvenons pas à sortir notre pays du chômage de masse. Il est aujourd’hui de 9,2% avec plus d’un chômeur sur trois qui l’est depuis plus d’un an.
  • On n’anticipe jamais les reconversions. Quand tous les ouvriers d’un secteur arrivent au chômage d’un coup, il est souvent trop tard, alors qu’en amont, des formations ciblées auraient permis moins de gâchis.
  • On s’accommode d’une précarité de plus en plus grande, un parcours du combattant de l’emploi entre stages, intérim et CDD (plus du tiers des contrats de travail)
  • La formation professionnelle est une source de retards majeurs de notre pays par rapport à des voisins, faute de pilotage cohérent. Les salariés les mieux insérés et les mieux formés sont aussi ceux qui bénéficient le plus de formations, aggravant les inégalités au lieu de les réduire.

Pourquoi faut-il un service public ?

  • Parce que le droit au travail est inscrit dans notre Constitution.
  • Parce que c’est l’intérêt général de notre pays d’améliorer sans cesse la formation des personnes et d’éviter les spirales d’exclusion qu’engendre le chômage.
  • Parce que les intérêts privés ne sont pas en mesure seuls d’appréhender l’ensemble des besoins de l’économie française dans la durée, pas plus que les pouvoirs publics ne sont capables de comprendre seuls les besoins de terrain des entreprises.

Qui va s’en occuper ?

La création de Pôle Emploi a été une première étape qui a permis l’unification des réponses au chômage.

Pôle Emploi a également vocation à être l’agence de pilotage de l’ensemble du service public des parcours professionnels, conjointement avec les organismes chargés de la formation professionnelle.

Quelles seront les missions du S3P ?

  • Le suivi: assurer le suivi de toute personne qui travaille en France (salariés et indépendants). Cela signifie d’une part une information sur l’évolution des activités et de la carrière et un rendez-vous régulier, une fois tous les trois ou quatre ans par exemple, pour faire le point sur les aspirations et les problèmes rencontrés par la personne dans sa vie professionnelle.
  • La valorisation: il faut piloter la formation continue et professionnelle en unifiant l’ensemble des financements aujourd’hui très mal employés et en améliorant l’information des salariés sur les possibilités offertes et sur les perspectives professionnelles.
  • La sécurisation: il s’agit de réguler le recours des employeurs à la précarité, grâce à la modulation de l’Impôt sur les Sociétés en fonction du taux d’employés précaires (Intérim, CDD). C’est un système de bonus-malus qui récompense les entreprises qui font des efforts et sanctionne ceux qui abusent de la main d’œuvre précaire. Le S3P aura vocation à contractualiser des engagements des employeurs en matière d’emploi non précaire et en matière de mobilité professionnelle interne à l’entreprise. C’est en fonction de ces engagements que pourra avoir lieu la modulation.
  • La prévention: face aux dangers courus par certains secteurs, dont on sait plusieurs années à l’avance qu’ils vont rencontrer des difficultés croissantes, il faut en avant préparer des possibilités de reconversion par des formations et des stages, dans une logique de Contrat de Transition Professionnelle préventif.

Réponse aux objections

Il va falloir embaucher à tour de bras à Pôle emploi !

Non, car les ressources humaines et financières existent déjà, aussi bien à Pôle emploi que dans le domaine de la formation continue et professionnelle. La réforme peut être réalisée à budget d’intervention global constant.

L'Etat n’a pas à diriger la vie professionnelle de chacun.

Le service public des parcours professionnels fera des propositions aux salariés et indépendants, sans que celles-ci puissent être contraignantes. En revanche, il semblerait logique de prendre en compte cette participation dans l’indemnisation en cas de chômage, suivant un principe de responsabilité.

Source: République Solidaire

http://2villepin.free.fr/