Souvenez-vous de la très difficile réforme des retraites menée par « l’irréprochable » ministre Eric Woerth : on nous a expliqué longuement qu’il faudrait travailler plus, on nous a expliqué savamment
29/06/2011 20:05 par rgrs
Souvenez-vous de la très difficile réforme des retraites menée par « l’irréprochable » ministre Eric Woerth : on nous a expliqué longuement qu’il faudrait travailler plus, on nous a expliqué savamment qu’il faudrait souffrir plus, mais « que c’était pour le bien collectif », que c’était dans « l’intérêt général des Français ».
De nombreuses femmes vont devoir travailler plus longtemps ? Avoir eu 3 enfants devient un handicap ? Les plus fragiles, ceux qui ont été malades, vont devoir travailler jusqu’à 67 ans ? Et d’ailleurs, quelle espérance de vie pour un ouvrier de 67 ans ?
Tout cela, on nous l’a expliqué : il fallait l’accepter car nous n’avions pas le choix, car il n’y avait plus d’argent dans les caisses et qu’il fallait bien payer les retraites – qu’il fallait même « sauver la retraite par répartition ».
Foutaises ! Mensonge ! Trahison ! En une nuit, le Parlement (PS et UMP main dans la main) ont voté à main levée 17 milliards d’aide à l’Etat grec pour rembourser ses créanciers, sans d’ailleurs aider un seul grec. Or, savez-vous combien nous fera économiser ladite réforme des retraites ? 20 milliards sur 10 ans tout au plus… Soit à peine plus que ce que le gouvernement a débloqué en une nuit sans aucun problème, sachant très bien d’ailleurs qu’il ne retrouverait jamais cet argent. Tous les efforts du peuple français pendant les dix prochaines années dilapidés en une nuit au profit des banques qui avaient imprudemment prêté à la Grèce.
Et l’on prévoit aujourd’hui un nouveau don de plusieurs milliards à l’Etat grec en faillite, certainement pour finir de décharger les créances des banques sur les contribuables français et européens.
A l’heure où l’insécurité s’aggrave et où la chaîne pénale est en panne, je veux simplement rappeler que le budget de la Justice dans notre pays est de 7 milliards d’euros…. Imaginez qu’on aurait pu largement multiplier par deux le budget de la Justice plutôt que d’aider les banques en Grèce ! C’est insoutenable. Imaginez le nombre de juges et de greffiers supplémentaires pour accélérer la vitesse et l’efficacité des tribunaux. Tout cela dilapidé en une nuit.
Au total, la France s’est engagée pour 42 milliards dans les différents plans d’aide à la Grèce, le Portugal et l’Irlande ! C’est tout simplement un montant supérieur au budget de la sécurité, de l’emploi et de la justice réunis. Insoutenable !
La réalité, c’est que le politique a totalement abdiqué face à ces nouveaux « fermiers généraux » qui n’hésitent pas à saigner – mais sans noblesse – les citoyens européens dès lors qu’il faut réparer leurs erreurs. Sans même parler des bonus astronomiques versés à leurs dirigeants (2 milliards d’euros en 2010 pour les banques français, des dizaines pour les banques anglo-saxonnes).
Tout cet argent gaspillé, sans pour autant aider une seule seconde les Grecs.
Ce peuple est en effet aujourd’hui le premier à payer durement le prix de l’abandon par sa classe politique de toute souveraineté au profit d’un monstre supranational – et pour le plus grand bénéfice des marchés financiarisés.
Aujourd’hui, c’est le même bon sens qui pousse les indignés espagnol à rejeter en masse le nouveau « pacte pour l’euro ». Car tous ces citoyens européens ont bien compris que sous couvert de « solidarité » et de « fraternité », c’est bien pour sauver une oligarchie politique et financière qu’ils sont en train de se faire saigner, qu’ils subissent réduction de salaire, chômage et hausse des impôts. Et pour rien d’autre !
Les technocrates de Bruxelles avaient déjà sacrifié la belle idée européenne sur l’autel de leur cupidité. Ils s’apprêtent désormais à sacrifier les peuples dans leur dignité.
Résister à cette logique dévastatrice, anti-démocratique et anti-économique, c’est tout le sens de mon combat pour 2012.
Nous devrons remettre le pouvoir au service des Français, rendre son indépendance à la France et ainsi faire renaître la démocratie dans notre pays.
Nicolas Dupont-Aignan
Président de “Debout la République”
http://www.gaullisme.fr/2011/06/24/ps-et-ump-main-dans-la-main/
On est ravi à Bruxelles. Mais ailleurs ?
Si l’on a pu voir une nuée de drapeaux tricolores au fort sympathique meeting démondialisateur d’Arnaud Montebourg au théâtre Dejazet, Martine Aubry, elle, a tenu a présenter sa candidature sous le double parrainage du drapeau de la République et du logo publicitaire de la CEE (je sais que ça ne s’appelle plus comme ça, et qu’on est censé dire « l’Union », mais c’est moi qui signe).

Je ne peux pas dire que j’aime beaucoup ce machin bleu et jaune. J’ai recouvert celui qu’on m’a imposé sur ma plaque minéralogique par un autocollant GRD de la Présipauté de Groland, et même quand il fait 35 à l’ombre comme ce lundi, je me réjouis qu’il n’y ait pas un soupçon de vent sur Saint-Germain-des-Prés pour qu’on ne voie pas flotter cette daube étoilée au dessus du théâtre de l’Odéon, que seuls les fans de la page Facebook de Jean Lecanuet doivent appeler par son nom désormais officiel de « Théâtre de l’Europe ».
Tout ça pour dire que je m’étonne que Martine Aubry se soit cru obligée de déférer à ce rituel bruxellois pour sa première danse de prétendante. C’est d’autant plus désagréable pour moi que le cas échéant je voterai pour elle sans l’ombre d’un état d’âme au second tour de 2017, et peut-être même dès le premier. Mais cela risque aussi d’ébouriffer un certain nombre de ses électeurs putatifs, dont la majorité a, contrairement à elle, voté « non » en 2005. Si une seule image vaut mieux qu’un long discours, à quoi bon faire un vrai discours populaire de gauche (ce qu’elle a fait), si c’est pour signifier par visuellement qu’une fois élue, elle fera doublement allégeance: au peuple français, certes, mais aussi à la Commission que présida autrefois son papa ?
Certes, en posant devant le même duo de drapeaux que le chef de l’Etat sur sa photo officielle, elle a pensé se donner une stature de présidentiable. Sauf que cet accouplement héraldique n’a rien de profondément républicain, il est spécifiquement sarkozyste !
Voici la photo officielle du Général (Pas de drapeau du tout, mais il faut croire que ça allait sans dire)

Celle de l’excellent Georges Pompidou (même topo)

Celle de son successeur VGE, pourtant europhile précoce

Celle de François Mitterrand, qui revient au classicisme prégiscardien :

Celle de Jacques Chirac, où le drapeau tricolore fait de la figuration en arrière-plan, mais est dans le film quand même

Et, last but least, la photo officielle de Nicolas Sarkozy, où pour sa première apparition à l’écran, le drapeau européen partage d’emblée la vedette avec le tricolore.

En voulant avoir l’air sérieux, responsable, présidentiable et eurocompatible, Martine Aubry aura donc surtout eu l’air sarkozyste. Ça promet…
Marc Cohen
http://www.causeur.fr/martine-ne-met-pas-son-drapeau-europeen-dans-sa-poche,10444
Dans une tribune publiée dans le Figaro, l'économiste Gérard Lafay affirme que la Grèce ne s'en sortira pas sans dévaluation, tout comme le Portugal et l'Espagne. D'où sa proposition : une sortie de l'euro en douceur, permettant de gérer les différences de situation économique des différents pays.
Ils sont députés, sénateurs, maires ou anciens ministres, ils disposent de confortables revenus... et d'un logement social à Paris. Une situation " éthiquement intenable" juge Jean-Yves Mano, élu socialiste, adjoint au maire de Paris chargé du logement, alors que la ville reçoit, chaque année 120 000 demandes pour un appartement à loyer modéré du parc de la capitale, dont seulement 10 % obtiennent une réponse favorable.
Un récent rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) juge que "le taux de rotation structurellement faible à Paris" est en parti dû à des occupants "'aisés" que "le coût des logements sur le marché privé" incite "à ne pas quitter leur logement social", laissant des demandeurs plus modestes chercher un logement dans le privé. Et parmi ces "aisés", on trouve nombre d'élus.
OPÉRATION "TRANSPARENCE"
En 2008, la mairie de Paris a lancé une opération "transparence" à la suite de la révélation de l'"affaire Bolufer" du nom du directeur de cabinet de la ministre du logement de l'époque, Christine Boutin, qui occupait, boulevard du Port-Royal, un logement de 190 m2 pour un loyer très "social". L'initiative de l'hôtel de ville visait à encourager "députés, sénateurs ou membres du gouvernement" à évacuer le parc social de la ville pour aller se loger dans le privé. Mais tous n'ont pas suivi ce conseil.
Parmi les hommes et femme politiques cramponnés à un logement de la ville de Paris, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) signale Jean-Pierre Chevènement. L'ancien ministre de l'intérieur et sénateur socialiste dispose d'un appartement de 120 m² dans le 5e arrondissement de Paris pour 1 271 € par mois, et ce malgré les 7 000 euros de revenus pour son seul mandat de parlementaire. Le tarif pour un appartement similaire dans cet arrondissement prisé tourne, dans le parc privé, autour de 3 000 € par mois.
Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et proche de Ségolène Royal , bénéficie également d'un logement du parc de la RIVP : 108 m² dans le 19e arrondissement, qu'elle paye 1 524 euros par mois, un loyer là encore majoré, à sa demande selon elle, mais qui reste 20 % au-dessous des prix du marché. Son collègue de l'UMP, Alain Cousin, député de la Manche, occupe pour sa part un logement de l'Office public de l'habitat de la capitale, Paris-Habitat.
"Depuis que nous sommes aux affaires, nous avons voulu faire le ménage" assure Pierre Aïdenbaum, président de la RIVP depuis 2008. "Mais il a, encore, à Paris, des personnalités politiques qui n'ont rien à faire dans du logement social" témoigne-t-il. "Nous n'avons pas de levier juridique qui nous permet de retirer un appartement à une personne qui a légalement obtenu un logement conventionné sous prétexte qu'il est élu ou que ses revenus ont grimpé" explique Jean-Yves Mano. "Ils paient un surloyer" poursuit Pierre Aïdenbaum; mais même dans ce cas , la location dans le parc social demeure avantageuse.
L'AFFAIRE BOLUFER
Encouragés par la Mairie de Paris, plusieurs dizaines de parlementaires ont libéré des appartements, d'autres ont choisis de rester. Benoist Apparu, secrétaire d'Etat chargé du logement, occupait un logement social alors qu'il était député de la Marne. Il en a discrètement rendu les clefs lorsque l'affaire Bolufer a éclaté. Ce n'est pas le cas de son ex-collègue Fadela Amara ; l'ancienne secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville a conservé un logement social lors de son passage au gouvernement. Un petit appartement du 13e arrondissement (50 m², pour 525 euros par mois) qu'elle cumulait avec un logement de fonction de 120m2 dans le 7e arrondissement. Elle est aujourd'hui nommée Inspectrice générale des affaires sociales (Igas) mais conserve le logement de la RIVP.
Brigitte Kuster, élue UMP du 17e arrondissement, occupait également un logement de la ville de Paris jusqu'en 2008. Elle a rendu cet appartement pour occuper un logement privé lorsqu'elle a été élue maire d'arrondissement. Un mandat qui lui assure 4 808 euros de revenus ainsi que 1 208 euros de frais de représentation. Un choix que n'a pas partagé Michèle Bluemental, retraitée de l'éducation nationale et maire socialiste du 12e arrondissement depuis 2001, qui occupe toujours, avec son seul mari, un appartement familial de 70 m2, situé à un jet de pierre de sa mairie.
MINISTRES, PARLEMENTAIRES EN LOGEMENT SOCIAL
Le premier adjoint de Michèle Bluemental, Alexis Corbière, élu front de gauche, est également locataire d'un appartement de la RIVP. Il explique occuper un logement de la ville du fait de la précarité de son statut d'élu et du prix de l'immobilier parisien. "Aujourd'hui je reçois de la ville 4 000 euros par mois, mais mon mandat sera-t-il renouvelé en 2014 ? Ma famille et moi aurons alors toujours besoin d'un toit."
Une explication proche de celle fournie par l'UMP Jean-Jacques Gianesinni, élu au conseil de Paris du 19e et locataire d'un appartement de la ville dans le quartier de la Porte de Pantin : "Je n'ai pas le choix, les prix exorbitants des logements parisiens m'empêchent de faire autrement. J'ai obtenu cet appartement dans les années 1990 alors que j'étais chômeur (il est aujourd'hui collaborateur de Chantal Jouanno au ministère des sports) ; je n'ai pas l'impression de voler quoi que ce soit", déclare-t-il.
Les plafonds de revenus, pour être éligible à un logement social à Paris, se situent, pour un couple, entre 19 614 euros et 42 962 euros selon la catégorie de logement . Néanmoins, du côté de la mairie de Paris, on estime qu'il est nécessaire de ne pas faire d'amalgame entre ancien-ministres, ministres, parlementaires, d'un côté, et élus locaux dont les revenus sont jusqu'à cinq fois inférieurs.
D'autant plus que la chasse aux parlementaires ne serait maintenant que la partie immergée du scandale. "Plusieurs personnalités, au plus haut-niveau de l'Etat, ont obtenu et conservent un logement conventionné", souligne Jean-Yves Mano.
Eric Nunès - lemonde.fr - 25 Juin 2011
Ce matin, Martine Aubry, maire de Lille, a déclaré sa candidature à la Présidentielle via le processus de la primaire du PS. Outre le fait que l’exercice se limite à choisir une tête d’affiche qui servira de ventriloque pour réciter un programme déjà ficelé et ratifié par une minorité de militants, l’exercice n’avait rien de tonitruant.
A chaud, comparé aux déclarations de candidature de Ségolène Royal ou de François Hollande, j’ai trouvé que c’était mou et que son discours manquait vraiment d’élan et de talent. Ca n’avait pas de rythme et enfilait les lieux communs. Tout à jeter, rien à garder. Si ses supporters veulent qu’elle soit désignée par les militants et des sympathisants PS naïvement attirés par la nouveauté, il lui faut d’urgence une plume qui sache écrire car elle donne vraiment l’impression d’y aller à reculons et nous a servi quelque chose de saoulant, de dépassé et d’un ennui abyssal qui ferait passer Lionel Jospin et François Fillon pour des comiques troupiers.
La langue de bois et les mots creux ne cadrent pas avec l’espoir d’un souffle nouveau. A cet état de fait, certains opposent des éléments de langage voulant faire de Martine Aubry une Angela Merkel à la Française, c’est-à-dire un style d’élocution monotone, une apparence modeste et de la discrétion. Il ne faut donc pas attendre d’elle lyrisme ou flamboyance mais de l’ennui et du spleen … On peut aussi préciser qu’Angela Merkel est de droite et n’a pas été élue Chancelière directement par les Allemands …
Au chapitre du graphisme, le logo d’Arnaud Montebourg est largement plus réussi que celui de Martine Aubry qui a tout d’un assemblage improbable.
Sur twitter, le mot « Aubry » a enregistré environ 2 200 mentions entre 11h et 13h et le « direct » aurait été suivi par 12 000 personnes …
Il ne faut pas oublier dans quelles conditions Martine Aubry a conquis le poste de première secrétaire du PS ; et dès lors, on peut nourrir les plus fortes inquiétudes sur la régularité de la procédure de consultation des militants et sympathisants PS. Les autres candidats devront ouvrir l’oeil.
Le griffon
Etonnante journée où l'on a assisté à l'envol de deux femmes vers leur nouveau destin : Christine Lagarde au FMI, Martine Aubry vers l'Elysée. Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que cette "journée de la femme", on la doit à un homme qui a justement trébuché sur une réputation de séducteur empressé, Dominique Strauss-Kahn. Ni Christine Lagarde, ni Martine Aubry ne seraient là où elles sont si subitement l'homme n'avait pas libéré d'un même coup un poste très convoité à Washington et une position de favori dans les sondages.
Là est le sens du titre de ce billet : DSK hésitait entre l'Elysée et Washington, il aura perdu l'un et l'autre. Quand on se prend pour Apollo, on finit comme Challenger…
Sur un plan politique, Nicolas Sarkozy réalise une double affaire : premièrement, il réussit le tour de force, après un scandale retentissant, de mettre une Française à la place de DSK, et ceci malgré l'affaire Tapie. Deuxièmement, il perd certes un faux-challenger mais gagne à la place une primaire sanglante qui pourrait se transformer en machine à perdre pour Hollande et Aubry.
Cette affaire de primaires est en effet un huis-clos générationnel pour 2 femmes et 1 homme qui savent que 2012 est probablement leur dernière chance avant la retraite s'ils veulent gravir la dernière marche du pouvoir. Ils ne se feront pas de cadeau.
Un homme, deux femmes, mais cette fois-ci un seul poste. L'inconnu, c'est l'attitude de Ségolène Royal : si elle est donnée 3ème, penchera-t-elle pour l'ex-mari qu'elle exècre ou pour l'ex-dame de fer qui lui a ravi frauduleusement le parti et qu'elle déteste ? Que Ségolène se souvienne du spectre de DSK et de la phrase de Churchill – Vous aviez le choix entre l'humiliation ou la guerre, vous avez choisi l'humiliation et vous aurez la guerre…
Toréador |
La conspiration des « élites » mondialisées contre la démocratie n’est pas vraiment un secret. Mais alors, peut-on encore parler de conspiration ? Si des malfaiteurs agissent au grand jour, en quoi méritent-ils le nom de comploteurs ? Tel est le problème que cet article, suite d’un texte paru récemment sur AgoraVox, vise à résoudre.
Une stratégie plus discrète que secrète
Dans un précédent article – dont ce texte constitue un complément – j’ai distingué deux types de complots : les « petits », ceux qui visent à une action ponctuelle (coup d’État ou attentats, par exemple), et le grand complot ourdi par l’oligarchie mondiale depuis trente ou quarante ans. Le premier type de complot peut rester parfaitement secret – au moins tant qu’il n’a pas atteint son but. Avant qu’un coup d’État n’ait lieu, la plupart du temps, les comploteurs gardent leurs projets soigneusement cachés. La moindre fuite pourrait leur être fatale. Mais qu’en est-il d’un complot qui concerne le monde entier et dont la réalisation s’étale sur plusieurs décennies ? Il est évident qu’un tel complot ne peut rester entièrement caché. Tôt ou tard, une partie au moins du projet doit s’étaler au grand jour, puisqu'il commence à se réaliser. De plus, un objectif d’une telle ampleur – détruire la démocratie ou ce qu’il en reste – ne saurait être mené par une petite poignée de malfaiteurs. Pour être réalisé, il nécessite la collaboration de nombreux complices. Par exemple, la destruction systématique des services publics – en France comme ailleurs – ne peut être mise en œuvre par les seuls membres d’un gouvernement : elle doit être accomplie, au jour le jour, par des fonctionnaires zélés. De plus, une telle destruction finit tôt ou tard par être connue du grand public, puisqu’elle concerne précisément les services publics.
Le rôle de la propagande
Le rasoir d’Occam
Pour terminer cet article, j’aimerais répondre à une objection qu’on pourrait faire à ma « théorie du complot » : ne serait-il pas plus simple de recourir à d’autres explications ? Pourquoi imaginer des conspirations alors qu’on peut mettre en avant des causes bien visibles et bien réelles ? Bref, ne faudrait-il pas appliquer ici le « rasoir d’Occam » ? Le « rasoir d’Occam » - du nom d’un célèbre théologien anglais du 14ème siècle – est un principe scientifique et philosophique selon lequel une théorie ne doit pas multiplier les entités sans nécessité. Entre deux théories qui expliquent les mêmes phénomènes, il vaut mieux choisir la plus simple, celle qui fait intervenir le plus petit nombre de facteurs. Or, il semble bien que l’idée d’un complot de l’oligarchie contre la démocratie conduise à des complications inutiles. Si on admet que l’oligarchie se disperse dans plusieurs organisations politiques (FMI, OMC, Banque mondiale, Union européenne, OCDE….) ou clubs de réflexion (Le Siècle, la Commission Trilatérale, le groupe Bilderberg), alors il n’y a pas un grand complot mondial, mais – dans le pire des cas – une multitude de petits complots. Et si on considère que tous ces petits complots sont coordonnés par une entité malfaisante (au hasard : les juifs, les francs-maçons, les « judéo-maçons »….), on se heurte à de nouvelles complications.[3]
[1] Ce petit détail permet un peu mieux de comprendre, a posteriori, l’intense campagne médiatique en faveur de Dominique Strauss-Kahn, considéré naguère comme le seul homme politique capable de sauver la gauche, voire de sauver la France…
[2] À titre d’illustration, voici un extrait d’un article de Libération du 14 septembre 1999, à l’époque où une entreprise florissante, Michelin, licenciait joyeusement ses salariés pour complaire à ses actionnaires :
« À la question des licenciements, Lionel Jospin préfère apporter une réponse plus générale, qui met en avant son bilan. « Ce qui se passe chez Michelin ne doit pas nous faire oublier la tendance », notamment la baisse régulière des licenciements économiques depuis deux ans, a-t-il souligné. Pour les huit premiers mois de l'année 1999, le recul atteint 13%. Dès lors, pas question, pour le Premier ministre, de respecter l'une des promesses faites en mai 1997 répétée dans son discours de politique générale : le réexamen de la législation en matière de licenciement économique, que les communistes ont réclamé ce week-end encore lors de la fête de l'Humanité. Réponse très blairiste de Jospin : « Je ne crois pas qu'on puisse administrer désormais l'économie. Ce n'est pas par la loi, les textes, qu'on régule l'économie. » Un peu plus loin, il a ajouté cette profession de foi : « Tout
le monde admet le marché. » » Quand on lit ou relit ces belles paroles, on ne s’étonne guère que l’ancien trotskyste Lionel Jospin fasse partie du club Le Siècle.
[3] Supposons, par exemple, qu’il y ait un complot juif pour dominer le monde. Cette théorie, apparemment simple, entraîne des complications inextricables (ce qui est souvent le cas de théories simplistes). Tout d’abord, elle ne permet pas de comprendre le fait que les juifs soient si divisés entre eux. Sur le plan des idées politiques, rien n’est plus différent d’un juif qu’un autre juif. On en trouve dans tous les partis et dans tous les grands journaux, de l’extrême gauche à l’extrême droite. On pourrait évidemment dire – et certains antisémites ne s’en sont pas privés – que ces juifs jouent un double jeu, et qu’ils font semblant de s’opposer pour mieux cacher leur entente. Mais cette « explication » oublie une chose : c’est que l’excès de subtilité s’apparente à de la bêtise. Certains juifs dénoncent la politique d’Israël et les lobbies juifs qui soutiennent cette politique. Font-ils aussi partie du complot ? S’attaquent-ils aux ultra-sionistes (voire aux sionistes tout court) pour mieux défendre Israël ? Si c’est le cas, ils sont vraiment stupides ! Du coup, le « complot juif » – en admettant qu’il existe – paraît voué à l’échec… Autant admettre qu’il n’est qu’une fiction antisémite – ce qui ne veut pas dire, bien entendu, qu’il n’existe pas de lobbys juifs, dont les objectifs peuvent d’ailleurs diverger.
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-grand-complot-se-trame-sous-nos-96665
Les partis umpsetc. n'ont rien à dire sur le fond quand bien même un certain se targue d'avoir un programme. Alors ils amusent le peuple sur la forme.
Voici qu'ils se déchirent sur les modalités des primaires voulues par le parti socialiste. Et de s'envoyer des anathèmes de bas étages, indignes d'un ministre de l'Intérieur qui serait mieux à sa place au ministère de la marine et des répondants du PS lesquels doivent bien se rendre compte que l'observation sorties des urnes existe lors de toutes les élections. Il semblait à l'auteur de ces lignes que les élections présidentielles étaient, pour paraphraser le père de la 5è République, la rencontre entre un homme (une femme), avec le peuple. Cette rencontre est aujourd'hui parasitée par des sélections dans les haras des factieux lesquels, nous redonnerons la liste le moment venu, ont voté majoritairement la forfaiture du traité de Lisbonne.
Voici qu'ils se déchirent aussi, par l'entremise d'exocets bien placés. Cela vient d'être le cas à l'Assemblée nationale, où le mariage gay a fait l'objet d'une proposition de loi.
C'est le cas de la légalisation du cannabis proposée par un ex ministre de l'intérieur, Daniel Vaillant. Cet esthète de la fumette se distinguât, quand il exerçait place Beauvau, par la négation absolue des problèmes liés à l'insécurité! L'histoire infligeât aux siens la plus cuisante des réponses le 21 avril 2002.
Et Jean-François Copé de suer sang et eau sur un tract dont nous attendons les délices de la prose!
Les partis soit disant hors système umpsécoloetc. sont-ils pour autant crédibles?
La réponse est dans la question lorsque l'on voit une madame Le Pen, plus poissarde que jamais, s'étouffer dans sa nullité économique et sociale lors du débat télévisé sur France2 cette semaine. On regrettera cependant, la toute aussi nullité d'un Laurent Joffrin toujours aussi libéral-libertaire-Libération et de madame Fourrest, anti-islamiste autoproclamée qui n'a du son salut qu'aux ahanements de celle qui a repris le bâton de maréchal du FN.
Aujourd'hui dimanche 26 juin, sur les ondes d'Europe1, pour Jean-Luc Mélenchon, candidat désigné à la présidence de la République, au titre du Front de gauche, par le politburo de la place du colonel Fabien, la sortie de l'euro, c'est "maréchaliste".
Les "maréchalistes" que nous sommes apprécions la portée de la bêtise de celui qui aspire aux suffrages des citoyens de ce pays. Citoyens issus des Lumières, le candidat tout neuf devrait s'en souvenir et nous nous en souviendrons. Nous osons espérer que les vrais communistes républicains, avec lesquels nous-nous sommes tant de fois retrouvés sur le plan des luttes sociales mais également sur le plan des idées, sauront en tirer les conséquences.
Pendant ce temps, la Grèce crève. Pendant ce temps les peuples crèvent. Mais il n'y a rien à l'horizon. Terra nova pourra toujours proposer le peuple de substitution au PS, le président de l'arépublique faire le beau auprès de l'Empereur et pérorer du haut des marches d'escalier de Bruxelles en tapant dans le dos de la chancelière.
Rendormez-vous peuple de France! Circulez! Il n'y a rien à voir.
Voltaire République
http://voltaire.republique.over-blog.com/article-melenchon-le-marechalisme-et-nous-77831285.html
Depuis ces derniers mois, et alors que Nicolas Sarkozy tente de stopper le processus de désagrégation, de sa majorité et de l'UMP, les centres se réorganisent, l'objectif étant de se regrouper - Modem, Nouveau Centre, Parti radical valoisien -, pour faire renaître l'ex-UDF. L'UDF était originellement, le titre d'un ouvrage de VGE, quand il était à l'Elysée, dans les années 1970. C'était toute l'ambition d'un Centre regroupé, qui devait rassembler deux Français sur trois, toute une classe moyenne issue du développement économique des Trente Glorieuses, et de réduction partielle des inégalités sociales. C'était l'intuition géniale de Giscard, de cibler cet électorat et d'en faire un parti, sous étiquette centriste, libéral, européen et décentralisateur. Giscard menait une politique droitière en économie et conservatrice, mais de gauche et libérale sur les moeurs, soit l'opposé du gaullisme étatiste, colbertiste. Sur fond de crise de 1977 et 79, mais aussi à cause de sa politique sociétale trop marquée à gauche, Giscard a perdu face à Mitterrand en 81…
Mais Jacques Chirac, ancien premier ministre, démissionnaire de Giscard, a fondé le RPR et s'est lancé à l'assaut de la mairie de Paris, en 1979. Après la victoire socialiste aux présidentielles, le RPR devient progressivement le principal parti d'opposition, marginalisant l'UDF, dont il adopte le libéralisme et l'européisme s'attirant son électorat, jusqu'à la cohabitation de 1986, avec Chirac comme premier ministre. Ce fut une victoire totale, dont l'UDF est morte. En 2002, à la naissance du grand parti majoritaire de la droite, François Bayrou a déclaré : “Quand on pense tous la même chose, c'est que l'on ne pense plus rien”. Mais il condamnait ainsi sa propre famille politique, qu'il a torpillé lui-même, les années qui suivirent. Mais voilà maintenant, que Borloo, Arthuis souhaitent réinventer le centre, face à un UMP et un Sarkozy, qui se droitiserait. Mais c'est seulement un mirage, une illusion d'optique. Sarkozy et Copé ne se droitisent pas vraiment.
Comme dans les années 80, quand le programme du RPR était le frère jumeau de celui du Front national, en matière de politique intérieure, avec Pasqua à la place Bauveau. Au mieux, Borloo peut gêner Bayrou et Hollande, rendant d'ailleurs service à Sarkozy électoralement. Ce ne sont que petits réajustements d'apparence et calculs d'apothicaire. Les trente piteuses ont succédé aux trente glorieuses, d'où des leçons sociologiques. La classe moyenne est affaiblie, “morcelée aux deux bouts”. Une partie importante de la classe moyenne est hantée par la terreur du déclassement social, une frange vote UMP, annihilée aux classes dirigeantes, et une portion est en voie de prolétarisation. Les électeurs de l'ex-UDF sont disséminés entre le PS, verts, UMP, centre-droit… A savoir un électorat urbain, diplômé et versatile, qui peut passer rapidement sur simple prestation, d'un candidat à un autre.
D'ailleurs, la problématique est profonde, car ce déclassement de la classe moyenne est la cause d'une crise d'angoisse eixstentielle, à l'échelle nationale. Cet électorat est ainsi dissémina, affaibli, versatile, au mieux une petite force d'appoint pour Borloo.
J. D.
"L'idéal socialiste" existe-t-il encore en France et si oui en quoi consiste-t-il ? C'est probablement en répondant à cette question de fond que la Présidente de Région peut espérer engager un rebond bien aléatoire désormais.
Le mot socialiste a disparu de la quasi-totalité des démocraties comparables à la France. Il a été supplanté par le mot "social démocrate".
Pourquoi la France reste-t-elle attachée à ce symbole et que recouvre-t-il précisément ?
Au moment où Hollande et Aubry fond la course largement en tête, c'est probablement la question de fond que se posent les électeurs à la primaire du PS.
En cas d'échec, il est d'ailleurs pas évident que le PS résisterait.
Par conséquent, il serait judicieux de définir ce que le mot peut signifier en cas de victoire.
Désormais distancée, donc contrainte à tous les risques pour rebondir, il serait intéressant d'entendre Ségolène Royal sur ce sujet majeur.
http://exprimeo.fr/article/6971/segolene-royal-et-l-ideal-socialiste.htm