Lauvergeon: cherchez l’erreur

23/06/2011 19:23 par rgrs

  • Lauvergeon: cherchez l’erreur

    Lauvergeon: cherchez l’erreur

    23/06/2011 19:23 par rgrs

C’est la meilleure qui est partie en premier.

Je me demande ce que fabriquent les Chiennes de garde. Je ne les ai pas encore vues montrer les crocs pour dénoncer l’éviction brutale d’Anne Lauvergeon de la tête d’Areva. Or, Lauvergeon était (il faut parler à l’imparfait) une exception dans le paysage français. Pour le port systématique d’une frange avec un carré coupé aux épaules très 1983, mais aussi parce qu’elle était la seule femme à la tête d’une grande entreprise industrielle du Cac 40, avec capitaux publics.

Qu’on se rassure, je crois que personne ne poussera le ridicule à expliquer que si Lauvergeon a sauté, c’est parce qu’elle est une femme. Mais on a bien entendu des commentateurs de presse expliquer que son socialisme la rendait peu sarko-compatible. On le sait, la brillante patronne du géant nucléaire a commencé sa carrière à l’Elysée, comme sherpa de François Mitterrand. Mais je défie quiconque de savoir pour qui elle ira voter à la primaire socialiste.

S’il faut défendre Atomic-Anne (quel surnom grotesque) c’est sans doute pour d’autres raisons que son sexe, sa frange ou son socialisme apocryphe. La présidence de la République, pour justifier l’éviction de Lauvergeon, a expliqué qu’elle avait fait son temps (10 ans en poste) et qu’après Fukushima il était de bon ton de bouger les meubles, pour faire croire que le nucléaire ne sera plus ce qu’il était.

Lauvergeon était trop nucléocrate old school, n’a pas voulu s’entendre avec EDF et a bataillé pour garder son poste coûte que coûte. Au point de réussir la prouesse d’unir une palanquée de députés PS et UMP qui souhaitaient qu’elle enquille un troisième mandat, au nom de la continuité et de son talent certain. Alors, elle n’a certes pas vendu autant d’EPR et de centrales que ce qui était sans doute attendu, mais sauf erreur de ma part, elle n’a pas fait d’énorme connerie et elle a tout de même réussi à créer Areva en fusionnant CEA Industrie, Cogema et Framatome. Et c’est bien là le problème.

En France, pour faire un patron heureux et à la longévité imbattable, le plus sûr est de faire n’importe quoi. Et sans remonter jusqu’aux temps glorieux du Crédit Lyonnais, tentons juste une petite comparaison. Carlos Ghosn, le patron de Renault (15% du capital appartient à l’Etat qui a encore son mot à dire sur la gestion de cette entreprise) n’a pas brillé, nous dit-on. Sans parler de la piteuse affaire d’espionnage industriel monté de toutes pièces à l’endroit de cadres écoutés, traqués et virés du jour au lendemain, puis réintégrés, sur fond de fantamasgorie à propos d’un complot international sino-genevois visant à piquer les plans de la future voiture électrique. On a vu Ghosn affirmer au 20 heures de TF1 qu’il avait des certitudes sur la culpabilité des uns et des autres, puis se rétracter, au risque de faire vaciller toute la maison. C’est le numéro deux qui a servi de fusible et Ghosn a accepté comme acte de contrition de renoncer à une petite partie de ses stocks-options. Depuis, oubliée l’affaire d’espionnage qui nous a tenus en haleine pendant des semaines. Et l’Etat, c’est-à-dire nous, a regardé ailleurs.

Que dire du patron de la SNCF, Guillaume Pepy qui a appris à faire le gros dos quand tout un hiver, les TGV déconnent, laissant en carafe des milliers de voyageurs, ou que les tarifs s’envolent de façon indécente ? Et ne parlons pas des banques à qui l’Etat a sauvé la mise après la crise de 2008-2009 (en étant remboursé, faut pas déconner non plus) mais sans pour autant demander que l’on fasse un peu de ménage dans le management ni réclamer des part dans le capital de ces entreprises, comme les très libéraux anglais eux, n’ont pas hésité à le faire.

Somme toute, la jurisprudence en matière de nomination des grands patrons est assez confuse. À moins qu’elle ne soit trop claire : l’important, c’est d’être un ami politique ; les résultats on s’en fout. Car le grand patron d’entreprise proto-publiquese doit de respecter une certaine éthique : d’abord faire des choix désastreux, ne pas les assumer, et quand il devient manifeste qu’il faut partir, s’accrocher à son siège jusqu’à ce que le golden-parachute se déploie dans toute sa splendeur. On raconte encore des sanglots dans la voix à Bercy, cette petite histoire. Un honorable Monsieur gérait l’agence des participations de l’Etat, grosso-modo le fric public et les actions de la puissance publique dans un certain nombre d’entreprises. Il avait la fâcheuse habitude de prendre des décisions désastreuses, à tel point qu’on avait l’habitude d’utiliser son nom comme unité de valeur de millions perdus. Il a fini par partir en retraite, avec tous les honneurs.

Revenons à Lauvergeon, virée alors que l’Elysée affirme qu’elle n’a pas démérité, même si en off, on explique que c’est une sanction. Notamment parce qu’elle aurait refusé de devenir ministre de l’Economie en 2007, argument cocasse surtout quand dans la même phrase on murmure avec un air entendu que Sarkozy ne peut pas l’encadrer… Elle a surtout le défaut de déplaire à deux grands amis du président, Henri Proglio, le patron d’EDF et Patrick Kron, celui d’Alsthom. Et l’éthique du grandpatronfrançais suppose l’amitié voire plus avec le chef de l’Etat.

Pour aggraver son cas, Lauvergeon avait, disait-on, refusé l’indemnité de départ de deux ans de salaire royalement offerte par Nicolas Sarkozy. Une information démentie ensuite par Areva. Ouf ! On était à deux doigts de faire de l’ancienne patronne du géant nucléaire un Stéphane Hessel du Cac 40. Elle devrait partir avec l’indemnité fixée par son contrat, quelques millions d’euros si ça se trouve. C’est la fausse note de l’affaire, Lauvergeon, celle qui dit non, ça aurait eu de la gueule. Mais un contrat de travail est un contrat. Pour elle, comme Raymond Domenech, qui avait demandé des indemnités après son débarquement de la fédé de foot.

Pourtant, je propose à la vaillante avant-garde d’Osons le féminisme d’oublier la réhabilitation du clitoris et de défendre Lauvergeon, licenciée parce que femme. Allez, osons la frange !

Muriel Gremillet

http://www.causeur.fr/lauvergeon-cherchez-l%e2%80%99erreur,10377

 

Nicolas Sarkozy et la présidentielle inattendue

23/06/2011 19:07 par rgrs

  • Nicolas Sarkozy et la présidentielle inattendue

    Nicolas Sarkozy et la présidentielle inattendue

    23/06/2011 19:07 par rgrs

A quelques jours du dernier été avant la campagne active, force est de constater que la présidentielle 2012 va s'engager sur des bases totalement différentes de celles prévisibles il y a 2 mois seulement.

Deux accélérations fondamentales sont intervenues :

1) la disparition de DSK dans la course qui laisse le PS en mal de présidentiable de crise avec le besoin de compétences qui en résulte,

2) l'arrivée probable d'une seconde crise financière d'ampleur. Sommes-nous entrés dans la dernière séquence avant une crise financière comparable à celle de septembre 2008 ?

La question se pose très sérieusement.

Il importe d'abord de regarder les faits :
- hier le bureau du budget du Congrès Américain a tiré l'alarme sur la dette : la dette brute de l'Etat fédéral a atteint son plafond autorisé le 15 mai 2011. Une date sursis a été alors donnée jusqu'au 2 août pour adopter des mesures de diminution. Rien n'est bouclé à ce jour,
- la Grèce semble incapable de respecter dans la durée une restructuration sérieuse de sa dette sans des abandons massifs,
- les autres pays fragilisés (Irlande, Portugal, Espagne) décalent les plans d'austérité misant sur un préalable de la Grèce pour évoluer vers des abandons de créances purs et simples à leur tour,
- L'Italie entre dans la zone critique puisque la dette est désormais plus élevée que la taille de son économie,
- la Belgique est sans Gouvernement depuis 12 mois,
- la BCE a acheté dans la seule dernière année pour près de 80 milliards d'obligations de ses pays membres en difficulté,
- aucune relance économique (source de rentrées plus fortes) n'est prévisible de façon sérieuse.

Tous ces faits face à des endettements qui ont désormais atteint des niveaux intenables imposent d'augmenter les recettes de façon urgente et forte mais aussi en même temps de diminuer les dépenses publiques de façon radicale.

Comme aucun pays "sensible" ne le fait, des économistes de plus en plus nombreux considèrent que la seconde crise financière d'ampleur est maintenant engagée.

Il ne reste plus qu'à attendre la date de "révélation" par un emballement soudain comme en septembre 2008.

Ces deux facteurs avantagent objectivement Nicolas Sarkozy qui peut désormais compter sur un environnement totalement inattendu pour changer la donne.

http://exprimeo.fr/article/6947/nicolas-sarkozy-et-la-presidentielle-inattendue.htm

Xavier Bertrand face à une fronde sociale d'ampleur

23/06/2011 19:02 par rgrs

  • Xavier Bertrand face à une fronde sociale d'ampleur

    Xavier Bertrand face à une fronde sociale d'ampleur

    23/06/2011 19:02 par rgrs

18 000 visiteurs médicaux s'estiment stigmatisés à tort par un rapport de l'IGAS sur la pharmaco-vigilance. Xavier Bertrand doit les apaiser rapidement pour éviter un conflit social d'ampleur.

Les visiteurs médicaux sont-ils à l'origine d'une consommation de médicaments excessive et "sans éthique" ?

Pourquoi s'en tenir aux seuls visiteurs médicaux si la réponse est positive à la première question ? Quel est alors le rôle des médecins ?

N'est-ce pas une fois de plus la "responsabilité du lampiste" suite à un scandale (Médiator) qui attend un coupable clair ?

Ce qui est sûr, c'est que le rapport de l'IGAS vient de mettre "le feu aux poudres" et que Xavier Bertrand doit désormais prendre position rapidement pour clarifier les perspectives.

http://exprimeo.fr/article/6945/xavier-bertrand-face-a-une-fronde-sociale-d-ampleur.htm

Fraude patronale = 7 milliards. Fraude salariée = 2 milliards

23/06/2011 18:57 par rgrs

  • Fraude patronale = 7 milliards. Fraude salariée = 2 milliards

    Fraude patronale = 7 milliards. Fraude salariée = 2 milliards

    23/06/2011 18:57 par rgrs

Le rapport sur les fraudes aux cotisations et prestations sociales étonne autant qu'il semble choquer. Remédier aux tricheries stigmatisées par l'étude, notamment concernant le travail au noir, pourrait permettre d'équilibrer les comptes de l'Etat.

Voilà un rapport qui permet de recadrer le débat politique sur la fraude aux prestations et aux cotisations sociales. Selon une étude parlementaire non encore publique, les patrons indélicats qui ne déclarent pas leurs salariés seraient à l’origine de 79%  des 10 à 20 milliards d’euros annuels d’arnaque à la sécurité sociale ! Plus édifiant encore : sans cette tricherie massive, quasi banalisée, les comptes sociaux de la Nation pourraient approcher l’équilibre. En effet près de 12%  des employeurs notamment dans le BTP et le textile seraient en infraction et  5% de leurs troupes œuvreraient au noir.
Au regard de cette gigantesque tricherie, les fraudes estimées aux prestations (allocations familiales, chômage et RSA) seraient cinq fois moindres. Comprises tout de même entre 2 et 3 milliards d’euros…

«  En France les pouvoirs publics ne se sont jamais sérieusement attaqués au travail au noir parce que l’on y décelait qu’une petite triche permettant à de petites gens de se débrouiller, estime le député UMP Dominique Tian, rapporteur de cette mission. En réalité c’est le champ d’action de bandes organisées qui fausse toute la concurrence. »  Ainsi en 2010  les redressements pour travail illégal ne représentaient qu’entre 1,5% et 2,9% de la fraude présumée. Soit à peine 185 millions !

Proche du Medef, la droite osera-t-elle lutter efficacement contre les patrons voyous ? Elle devra pour cela d’abord se défaire de sa frilosité. Car dès 2006, Dominique Tian préconisait la création d’un fichier de dirigeants condamnés pour abus de biens sociaux ou fraude aux prélèvements. Sans être suivi. A la même époque, son collègue Pierre Morange, imposait par la loi l’interconnection de divers fichiers sociaux. Las le décret d’application de ce texte qui a suscité de vives résistances de tous bords, n’a été publié qu’en 2010 !

Cette fois, pour frapper plus fort, le président de la mission d’évaluation des comptes de la sécurité sociale ( Mecss) prêche donc pour l’instauration d’une procédure de flagrance sociale qui permettrait enfin aux limiers de l’Ursaaf de dresser des procès verbaux dès qu’ils détectent une infraction de travail au noir. Une urgence tant «  nous avons l’impression de donner des coups d’épée dans l’eau . » a déploré devant les députés le directeur des Ursaaf de Paris en incriminant une procédure longue qui laisse tout loisir aux entreprises de disparaître. «  Jusqu’à une date récente, la lutte contre les fraudes n’a pas fait l’objet d’investissement de temps et de moyens à la hauteur de l’enjeu. » a  également reconnu courageusement le tout nouveau directeur de la CNAV ( assurance vieillesse) Pierre Mayeur. Or, au niveau de l’Etat, la délégation nationale de lutte contre la fraude ne comprend que 14 personnes ! «  Je ne vois pas comment on peut conjuguer la lutte contre la fraude et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. » doute pour sa part , le parlementaire PS Jean Mallot.

Laurence Dequay - Marianne

http://www.marianne2.fr/Fraude-patronale-7-milliards-Fraude-salariee-2-milliards_a207644.html

Un «21 avril à l'envers» ? La solution est facile...

23/06/2011 18:55 par rgrs

  • Un «21 avril à l'envers» ? La solution est facile...

    Un «21 avril à l'envers» ? La solution est facile...

    23/06/2011 18:55 par rgrs

Villepin, Borloo, Boutin, Dupont-Aignan. La multiplication des candidatures de droite fait planer le spectre d'un 21 avril inversé à la prochaine élection présidentielle. Pour l'éviter, suggère le blogueur SuperNo, il suffirait que Nicolas Sarkozy renonce à se présenter.

Jean François Copé a tiré aujourd’hui la sonnette d’alarme : le spectre du 21 avril n’a jamais été aussi présent.

La candidature de Christine Boutin est la goutte d’eau bénite qui fait déborder le calice. Son intelligence hors du commun, sa compétence reconnue, et son image de mémère pieuse sont capables de rafler des voix dans les maisons de retraite et les confessionnaux (endroits qui sont au passage forts convoités tant par Marine Le Pen que par Sarkozy !) et de prendre un demi, voire trois quarts de points.

D’autant qu’il y a la candidature probable de Jean-Louis Borloo, qui pourrait même si les premiers sondages étaient favorables, voir venir à lui les premiers rats quittant le navire sarkozyste. Avec l’aide de la “populaire” Rama Yade, qui arrive même à faire oublier qu’elle est de droite et qu’il lui reste à faire les preuves d’une hypothétique compétence, il pourrait faire un très bon score.

D’autres candidats sont également envisageables, comme le grand (par la taille, essentiellement) Dominique de Villepin, ou encore l’éternel Bayrou (l’éternel car ça fait une éternité qu’il croit qu’il va être Président de la République et qu’il est même le dernier à le penser encore), sans oublier le souverainiste Dupont-Aignan, dont j’ai déjà souligné ici qu’il pouvait avoir de bonnes analyses. Même Hervé Morin, qui a lui aussi de bonnes analyses (de cholestérol), y songe aussi, c’est vous dire le bordel à droite…

Enfin, parmi ceux qui peuvent également diviser les voix de droite, il ne faudrait pas oublier Nicolas Hulot, qui avec son image consensuelle est capable de faire la synthèse entre ceux qui aiment les fleurs, ceux qui aiment les petits oiseaux, ceux qui n’aiment pas qu’on coupe les arbres, ceux qui achètent des après-shampooing sans paraben, et ceux qui se lavent les dents sans laisser couler l’eau; ce qui lui confère avouons-le, même à droite, une capacité de rassemblement hors du commun.

Bref, Jean-François Copé a raison de s’inquiéter de cette multiplication de candidatures. La situation est grave, et pourrait devenir critique. Vous voulez vraiment que ce soit Marine Le Pen qui affronte Martine Aubry ? (Oui, je sais, c’est François Hollande qui est le mieux placé dans les sondages, mais c’est Martine Aubry qui s’occupe des primaires…).

Alors, électeurs de droite, vous le voulez, votre 21 avril à l’envers ? Vous voulez que la menace fasciste déferle à nouveau sur l’hexagone ? Vous voulez aller manifester contre le FHaine entre les deux tours ? Vous voulez aller voter au deuxième tour avec des gants de vaisselle et une pince à linge sur le pif ? Bref, vous voulez subir ce que nous avons subi en 2002 ?

Non, assurément vous ne le voulez pas. Et ça tombe bien, je connais le moyen infaillible pour que cela ne se produise pas.

Il suffit que Nicolas Sarkozy, au lieu de s’occuper de saboter la candidature de ceux qui osent le défier à droite, fasse le double constat de son impopularité totale et du naufrage absolu qu’a été son quinquennat, notamment sur ses priorités qui étaient l’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité et la morale publique, et renonce à cette folie de se représenter quand même.

C’est pourtant simple, la politique, non ?

SuperNo - Blogueur associé

http://www.marianne2.fr/Un-21-avril-a-l-envers-La-solution-est-facile_a207643.html

Afghanistan : Sarkozy vote Obama, comme le PS

23/06/2011 18:47 par rgrs

  • Afghanistan : Sarkozy vote Obama, comme le PS

    Afghanistan : Sarkozy vote Obama, comme le PS

    23/06/2011 18:47 par rgrs

C'était une annonce qu'on n'attendait pas : après qu'Obama ait annoncé un retrait des troupes US qui semble motivé par l'échéance présidentielle américaine, le Président se met dans ces pas. Décryptage de jean-Dominique Merchet.


Washington annonce et Paris suit... Deux heures après les déclarations du président Obama sur le retrait des troupes d'Afghanistan, l'Elysée a publié un communiqué expliquant que le France "engagera un retrait progressif de renforts envoyés en Afghanistan, de manière proportionnelle et dans un calendrier comparable au retrait des renforts américains." 

Le calendrier français sera donc le même que celui des Etats-Unis, que le président Obama a détaillé lors d'un entretien téléphonique avec le président Sarkozy
: "Retirer d'ici la fin de l'été 2012 les hommes en renfort. (...) Le processus de transition des responsabilités de sécurité au profit des autorités afghanes se poursuivra jusqu'en 2014".

Le calendrier américain est essentiellement basé sur des considérations de politique intérieure liée à l'élection présidentielle de novembre 2012. Le président Obama veut se présenter aux électeurs - peu convaincus de l'opportunité de poursuivre cette guerre - en leur délivrant le message que les "boys" rentrent au pays. La réalité du terrain afghan - où les discussions avec les Talibans vont bon train - sert essentiellement d'habillage à cette préoccupation politique. Pur hasard du calendrier électoral, 2012 sera également une année présidentielle en France : le président Nicolas Sarkozy pourra se présenter en annonçant lui aussi le retrait d'Afghanistan. Et l'opposition socialiste aura du mal à le critiquer sur ce point puisque le PS s'est prononcé, en novembre 2010, pour un
"retrait coordonné avec le désengagement américain".

Pour la France, il faut donc s'attendre au retour de plusieurs centaines d'hommes - sur un contingent total de 4000.  Si les choses se font de manière "proportionnelle" au retrait américain, c'est au total un tiers des troupes françaises (1300) qui devrait rentré d'ici la fin de l'été 2012, dont environ 400 avant la fin 2011. [Sur les 100.000 Américains en Afghanistan, 10.000 rentreront avant fin 2011 et 23.000 supplémentaires en 2012].

Pour les Français, la question est celle du transfert des "responsabilités de sécurité" aux Afghans dans la région de Surobi, la Kapisa restant un terrain beaucoup plus difficile. Logiquement, ce transfert aurait du avoir lieu maintenant (été 2011), mais les Américains y ont mis leur veto sans prendre trop de gants. Officiellement, la décision revient au gouvernement de Kaboul, mais officiellement seulement. Il a suffi que l'armée américaine rajoute un critère - la présence d'un axe routier important (highway) - dans le secteur pour estimer que la situation n'était pas mûre pour un retrait des Français...

L'immigration et la gauche

23/06/2011 18:40 par rgrs

  • L'immigration et la gauche

    L'immigration et la gauche

    23/06/2011 18:40 par rgrs

 gerin-venissieux.JPGUn nouveau sujet polémique vient de faire son entrée à gauche, après les attaques sur la démondialisation d'Arnaud Montebourg qui pour la "gauche" officielle défend ainsi les thèses du Fn, voici le communiste André Gerin lepénisé à cause de ses propos récents qu'il a tenus sur l'immigration. Malheur à lui pour avoir osé mettre en doute l'intérêt de l'immigration de masse pour la société française. Comme pour la question du protectionnisme le procès en lepénisme aggravé frappe quiconque réfléchit à ces questions autrement qu'avec le bréviaire du petit livre rose illustré qui sert de prêt à penser à gauche. Le fait est que discuter de l'immigration c'est déjà être un lepéniste. Tant pis si le Medef tient étrangement le même discours favorable à l'immigration de masse sous des prétextes de soi-disant générosité. Lui qui n'hésite pourtant pas à jeter des millions de nos concitoyens au chômage sans que cela le gêne outre mesure. Il semble bien qu'André Gerin soit effectivement turlupiné par le fait que le grand patronat français, défenseur bien connu des travailleurs français, peut à ce point défendre l'immigration de masse sans avoir quelques arrières pensés.  Voici donc André Gerin excommunié par l'église officielle de l'immigration infiniment enrichissante. Cet état d'esprit est en tout point similaire à l'état d'esprit avec lequel on aborde la question du protectionnisme et du libre-échange, car dans les deux cas on tombe sous la loi du tabou. Un tabou que nul n'est censé ignorer et bafoué, malgré les accumulations de problèmes que l'idéologie officielle produit dans le pays. L'amalgame entre racisme et opposition à l'immigration est ainsi devenu un réflexe pavlovien, une idée commune. Il s'avère pourtant que si effectivement le racisme peut motiver l'opposition à l'immigration il y a bel et bien des raisons tout à fait rationnelles à cette opposition. Le fait que le FN se soit bâti sur cette opposition à l'immigration ne doit pas automatiquement faire que cette question amène aux idées du FN. Tout comme il ne viendrait à l'esprit de personne de s'opposer à la l'idée qu'il existe une gravité universelle sous prétexte que Marine Le Pen y croirait également. Sur ces questions comme sur beaucoup d'autres nous devons sortir de l'esprit télévisuel de la pseudopensée émotionnelle pour revenir à la tradition cartésienne de la démonstration rationnelle. Les invectives et les psaumes ne changent pas le réel, seuls la réflexion et l'esprit scientifique le peuvent.  

L'immigration de masse est un phénomène récent  

Il faut rappeler que l'immigration massive est un phénomène relativement récent en France quoiqu'en dise l'idéologie officielle. Jamais dans l'histoire humaine il n'y eut des mouvements de population aussi importants que ceux qui se sont produits depuis le 19e siècle. Les grandes invasions historiques si elles ont parfois changé les régimes politiques concernaient souvent une bien maigre population quantitativement parlant. La France gallo-romaine était ainsi largement plus gauloise que romaine dans sa démographie. De la même manière, les invasions des francs n'ont concerné qu'une petite population face à une France qui comptait déjà des millions d'âmes. Si les mouvements de population étaient relativement faibles en quantité c'est que les voyages étaient difficiles et souvent périlleux à qui s'y risquait. Il faut arrêter de voir le monde tel qu'il nous apparaît à nous moderne si l'on veut essayer de comprendre l'action des hommes du passé. Pour la majorité des hommes de ces époques lointaines, 100 km était déjà une distance énorme. De plus la grande majorité des humains étaient analphabètes et ne connaissaient que vaguement l'apparence du monde, même celles des connaissances limitées que les gens de ces époques avaient. L'immigré d'alors était souvent un proche culturellement parlant et était surtout l'étranger de l'autre bout de la colline que l'on voyait dans le lointain. La preuve de ce peu de mouvement des populations historiquement est dans l'existence même d'une multiplicité de langues et de patois locaux qui n'auraient jamais existé si les hommes s'étaient autant mélangés que ce que prétendent les théoriciens de l'homme flux. L'homme flux étant un homme qui a toujours immigré et dont notre présent ne serait qu'une énième répétition historique. En effet, les hommes communiquent et en général lorsqu'ils habitent un même lieu ils ont tendance à essayer de parler la même langue. Les divergences progressives naissent avec la distance et le non-mélange justement.  

Il faut admettre que l'immigration de masse ne commence réellement qu'avec la possibilité de voyage à grande distance à un coût et à un niveau de danger raisonnable. On peut donc dater le début des mouvements de population de masse des grandes invasions de l'Amérique par les Européens. Pour que l'immigration de masse puisse se produire, il faut un vecteur qui puisse la porter. Le bateau à voile puis à vapeur et aujourd'hui l'avion constituent ces vecteurs de plus en plus rapides qui ont permis à cette immigration massive d'exister. Avant cela il n'y avait que des micromouvements locaux. Nous vivons donc quoiqu'on en dise une rupture historique puisque pour la première fois des populations vont pouvoir s'installer dans des lieux très éloignés de leur point d'origine. Un éloignement qui est autant géographique que culturel, j'espère pouvoir au moins tomber d'accord avec les pro-immigration sur ce point. Mais pour produire une immigration de masse, il ne suffit pas d'avoir des vecteurs de mouvement. Il faut aussi des raisons à ces mouvements. La première raison est tout simplement démographique, les déséquilibres démographiques du 20e sicle constituent la principale raison de ces mouvements de population. Le tiers-monde s'installe en occident un peu pour la même raison que l'occident s'est installé en Amérique du Nord. Une expansion démographique trop rapide ayant entrainé des déséquilibres poussant certains à tenter leur chance ailleurs. Le deuxième point crucial est dans l'inégalité du développement qui crée un idéal dans la tête des futurs émigrés un idéal bien souvent fruit de l'influence néfaste de la culture occidentale. Néfaste parce qu'elle déforme bien souvent la réalité de nos pays, ce fut le cas également avec l'american dream, dont certains historiens comme Howard Zinn ont montré le caractère faussaire. C'est le vieux rêve de l'herbe est plus verte ailleurs. Avec les médias modernes, la vision de l'inégalité s'est généralisée tout comme la frustration de ne pas avoir ce que les gens semblent avoir à la télévision. Une partie de l'immigration est le fruit des masses médias. Enfin, il existe aussi des catastrophes ou des guerres pouvant contraindre les populations à fuir.  

L'opposition à l'immigration peut avoir plusieurs origines  

Maintenant que nous avons fait le point sur l'immigration de masse et son origine, parlons des différentes hypothèses valables pour en critiquer l'existence. Les partisans de l'immigration de masse ont comme principal argument à la bouche la question de l'affaiblissement démographique de la France et de l'Europe. L'immigré étant vu comme une espèce de bouche-trou démographique. Il y a deux présupposés à cela. D'une part, il faut considérer que tous les hommes sont interchangeables c'est-à-dire que l'être humain est fondamentalement universel, et donc, que la culture, la langue et l'histoire personnelle n'ont aucune importance dans la construction de l'individu. Des hypothèses qui, je l'affirme, sont des absurdités intellectuelles. Ensuite, cela suppose que les populations qui émigrent seront toujours là en nombre suffisant pour boucher nos trous. Sur le premier point, on voit bien l'influence toute libérale de l'individu qui se construit tout seul en dehors de toute considération sociale. Faire usage d'un tel présupposé montre ici en fait le caractère libéral de la gauche actuelle. En réalité, l'être humain est en grande partie façonné par son milieu social et familial. Il est absurde de penser que l'homme se crée tout seul dans son coin. Il est donc absurde de penser que n'importe quel homme puisse vivre tranquillement dans n'importe quelle société moyennant quelques adaptations linguistiques.  

On pourrait s'appuyer sur les travaux d'Emmanuel Todd sur les structures familiales pour montrer à quel point ces relations interfèrent avec vos relations futures à la société qui vous environne. Si les jeunes maghrébins sont plus violents et moins bien intégrés, ce n'est pas parce qu'ils sont musulmans ou parce qu'ils porteraient une tare génétique liée à la race arabe comme pourraient le penser sans le dire beaucoup de membres du FN. Car auquel cas le Maroc ou la Tunisie seraient des pays ingérables. Non, c'est parce qu'ils vivent dans une société qui a créé des codes des lois et des organisations qui étaient faits pour des populations ayant des structures familiales qui se sont développées sur le territoire français. On peut donc ici montrer la première forme d'argument contre l'immigration est l'impossibilité pratique pour les immigrés pour des raisons familiales culturelle ou anthropologique de s'intégrer dans la forme d'organisation que notre pays a développée et adaptées aux populations historiques qui ont fait ce pays. On notera au passage que le cas des Maghrébins est assez curieux puisque comme l'a noté Malika Sorel, les filles maghrébines s'intègrent largement mieux que leurs frères. Cela dénote que la question de l'éducation familiale est au cœur de la problématique de l'intégration très au-dessus des questions purement économiques, ou sociales.  

  Un autre argument tout à fait recevable sur la question de l'immigration est l'argumentation économique justement. On présente souvent l'immigration comme un cadeau économique. C'est oublier les investissements nécessaires à l'intégration de ces populations à leurs effets sur la demande en logement, en service public ou sur le niveau des salaires comme le dit Gerin. C'est d'autant plus vrai que l'immigration est essentiellement faite par le regroupement familial celle qui nécessite donc le plus d'investissement public. On n’oubliera pas de noter non plus l'énorme masse de capitaux qui part dans les pays d'origine et qui constitue un manque dans la masse monétaire en circulation de plus en plus importante, surtout en cette période de crise économique. J'avais déjà construit une argumentation sur cette question économique de l'immigration dans ce texte. Pour résumer, disons que l'immigration n'aurait un sens que si le pays manquait réellement de main-d'oeuvre, nous en sommes très loin à l'heure actuelle. Quant à l'argument suivant lequel les Français seraient trop fainéants pour accepter certains travaux que les gens qui tiennent ce genre de propos se demandent comment les médias réagiraient si l'on tenait le même discours à propos des noirs et des Arabes ? Il y a là un profond mépris raciste vis-à-vis des autochtones les présentant comme de gros exploiteurs sans morale qui n'a pas sa place dans un discours rationnel. Les Français ne refusent pas les emplois dans l'absolu, ils refusent des emplois sous des conditions économiques qu'ils jugent à juste titre inacceptables, c'est très différent. Et c'est justement pour éviter de changer ces conditions économiques que nos généreux patrons du Medef sont si prompts à réclamer une main d'œuvre plus obéissante. En cela défendre l'immigration est équivalent à la défense de l'esclavage. On rappellera d'ailleurs au passage que si l'on faisait venir des esclaves dans nos confettis d'empire, c'était parce que les paysans français de l'époque jugeaient également inacceptables les conditions économiques que les patrons de l'époque donnaient.  

Enfin, nous passons au dernier point et pour en revenir à la question démographique. Je disais tout à l'heure que l'immigration avait pour conditions que l'importation de main d'œuvre peut répondre à nos besoins quantitatifs. Or comme je l'ai souvent souligné, cet argument ne tiendra pas longtemps la route. D'une part parce que les pays en voie de développement connaissent les mêmes évolutions démographiques que nous et qu'à long terme vers 2040 pratiquement toute l'humanité aura fait sa transition démographique, dans ces conditions d'un monde vieillissant on voit bien que les mouvements de population que nous avons connus jusqu'ici vont s'arrêter. Ensuite d'autres régions du monde se développent et il n'est pas interdit de penser et d'espérer que même l'Afrique se sorte de la misère. Auquel cas on ne voit pas pourquoi les Africains partiraient de leur terre si elle arrive enfin à les nourrir. Il y a chez ceux qui défendent l'immigration massive un esprit de supériorité qui semble les convaincre que les cartes économiques actuelles ne bougeront plus. Pourtant les émigrés chinois se raréfient à cause de l'évolution démographique de la Chine et de son développement. De la même manière, l'Italie, hier fort pays d'émigration, ne voit plus ses jeunes partir, car elle s'est développée. Vouloir faire de l'Afrique une donneuse d'humain pour l'humanité, c'est quelque part continuer à appliquer les préjugés raciaux que la gauche prétend pourtant abhorrer. Ensuite, c'est aussi croire que la natalité en France et ailleurs en occident restera pour toujours trop faible. L'évolution récente en France montre pourtant que la natalité peut, de façon des fois difficilement explicable, se redresser. Plutôt que de croire sauver nos retraites par l'immigration de masse, nous ferions mieux d'aider les jeunes couples à avoir plus d'enfants. C'est d'autant plus important que les pays en voie de développement se retrouveront eux même dans nos situations de déclin démographique et qu'ils regarderont vers nous les pays expérimentés en la matière pour résoudre leurs problèmes.

YANN

http://lebondosage.over-blog.fr/article-l-immigration-et-la-gauche-77473217.html

 

La course suicidaire aux excédents commerciaux

23/06/2011 18:34 par rgrs

  • La course suicidaire aux excédents commerciaux

    La course suicidaire aux excédents commerciaux

    23/06/2011 18:34 par rgrs

Encore une fois, Keynes avait raison, comme le souligne Jacques Sapir dans « La démondialisation », son livre qui créé la polémique. La recherche des excédents commerciaux est un puissant facteur de déséquilibres à l’échelle de la planète, qu’il faut absolument corriger.

Pourquoi les pays recherchent les excédents

Bien sûr, l’Allemagne et le Japon se sont construits économiquement en vendant dans le monde entier. Mais il faut noter que cette pratique s’est très largement accentuée à la fin des années 1990, sous une double conjonction. La libéralisation des échanges et des mouvements de capitaux a renforcé la concurrence et démultiplié les possibilités de gain (comme de pertes) du commerce avec les autres pays. Certains en ont vu une opportunité sur laquelle baser leur croissance.

Mais les crises des pays émergents ont également joué un rôle majeur, souligné par Krugman, Stiglitz et Sapir. En effet, les pays qui avaient peu de réserves de change ont été contraints, lors des brusques retraits des capitaux spéculatifs étrangers, de faire appel au FMI et à ses potions amères pour se financer, notamment en Asie à la fin des années 1990. Du coup, cela a poussé les pays émergents à accumuler des réserves pour ne jamais plus avoir besoin de Washington.

Des conséquences problématiques

Beaucoup de pays cherchent donc à croître par les exportations, quitte, pour certains, à passer d’une agriculture vivrière à une agriculture tournée vers l’exportation, ce qui pose de nombreux problèmes en cas d’envolée du prix des aliments à importer… Et contrairement au mythe de la mondialisation heureuse, tout le monde n’est pas gagnant dans le libre-échange. Quand il y a des excédents commerciaux, il y a forcément des déficits… qui posent un problème de financement.

Tout d’abord, le creusement du déficit d’un pays pèse sur son PIB, traduisant concrètement l’affaiblissement de sa structure productive. Ensuite, alors qu’un équilibre relatif de tous les pays fait que l’argent des exportations est utilisé pour importer, l’augmentation des déséquilibres commerciaux accroit la financiarisation de l’économie. En effet, les excédents commerciaux sont une forme d’épargne qui va être injectée dans le système financier.

Mais cela pose deux problèmes. Pour le pays en excédent, cette forme d’épargne peut être vue comme un manque de consommation ou de dépense dans l’économie réelle, et qui, en augmentant la demande de placements financiers, peut alimenter une bulle. Et pour les pays en déficit, outre l’appauvrissement productif que cela représente, cela suppose un besoin de capitaux et un endettement dont on mesure aujourd’hui toutes les conséquences dans la zone euro.

Revenir à la charte de la Havane

Bref, Keynes avait bien raison de soutenir que l’équilibre des balances des paiement était un objectif majeur de la régulation économique, et que, par conséquent, il convenait non seulement de pénaliser les pays présentant un déficit, mais aussi ceux qui sont en excédent. En effet, il serait illusoire de ne vouloir pénaliser que les pays en déficit, qui sont déjà en difficulté. Il faut bien évidemment imaginer un système qui agira également sur les pays en excédent.

Tout d’abord, il faut revoir les plans du FMI, qui sont une puissante incitation à accumuler des excédents confortables pour ne jamais avoir affaire à lui... Ensuite, il est totalement délirant d’avoir laissé en Europe des balances de paiement négatives de plus de 10% du PIB. En cela, les marchés ont très mal faits leur travail, ne sanctionnant pas les Etats concernés (Grèce, Portugal), et en les gratifiant, au contraire, de taux comparables à l’Allemagne…

Voilà encore une discussion qu’il aurait été utile d’avoir au G20. Mais, sous la pression de la Chine notamment, la France n’a même pas réussi à faire admettre que les déséquilibres commerciaux peuvent poser problème.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Grèce, Espagne : l’impasse de l’euro

23/06/2011 18:31 par rgrs

  • Grèce, Espagne : l’impasse de l’euro

    Grèce, Espagne : l’impasse de l’euro

    23/06/2011 18:31 par rgrs

Plus le temps passe, plus nous comprenons que les politiques qui sont menées dans les pays « aidés » par l’Europe n’aident en réalité que les créanciers et surtout pas des peuples qui sont littéralement saignés et expérimentent une régression sociale inédite depuis la guerre.

Athènes étranglé, dépecé et sous tutelle

La situation de la Grèce est la plus dramatique. Malgré tout, le pays a montré son volontarisme en divisant par deux son déficit en deux ans (qui était encore de 15% du PIB en 2009), malgré une récession sauvage (PIB qui aura baissé de 10% à la fin de l’année). Les plans d’austérité sont impitoyables : baisse du nombre de fonctionnaires, baisse des prestations sociales, coupe à la hache dans les salaires (certains fonctionnaires ont vu leur traitement réduit de 20%).

Mardi soir, le Parlement a voté la confiance au gouvernement, ouvrant la voie au déblocage du plan européen. Mais cela nécessitera des privatisations massives, littéralement une vente du pays à l’étranger qui choque de plus en plus la population. Se pose un triple problème : les créanciers sont pour l’instant totalement épargnés, il n’y aucune perspective de redressement solide et enfin, le pays est totalement sous la tutelle de la troïka FMI / BCE / Commission.

Menace sur Madrid

L’Espagne est aujourd’hui le pays que tout le monde surveille car un emballement des marchés sur la dette espagnole pourrait tester durement les capacités financières du fonds européen en nécessitant une aide de plusieurs centaines de milliards d’euros. Pour l’instant, la situation est relativement stable dans la mesure où les taux longs oscillent entre 5 et 5.5% depuis six mois, marquant la relative confiance des marchés à l’égard des mesures du gouvernement.

Mais le FMI vient de publier un rapport alarmant sur l’économie espagnole, reprochant à la fois le manque de croissance et une certaine lenteur dans l’avancement des « réformes », nom commode pour qualifier le démantèlement du modèle social national (même s’il comportait sans doute des défauts). Bref, d’une part le FMI demande des mesures qui pénalisent la croissance, de l’autre il critique le manque de croissance qui résulte des mesures qu’il recommande.

Des plans inhumains et imbéciles

En fait, ces plans sont totalement imbéciles. Dans le cas de la Grèce, tout le monde sait que dans deux ans, la dette aura explosée puisque les plans d’austérité provoquent une contraction sauvage du PIB. Bref, c’est un pays affaibli économiquement et socialement qui devra assumer une dette encore plus importante qu’aujourd’hui, et de facto impossible à rembourser. Seuls les créanciers privés auront profité de l’intervalle pour se désengager, remplacés par les Etats et le FMI…

En fait, ces pays ont autant un problème de dette que de croissance. Calmer la progression de la dette n’aura aucun intérêt si le PIB baisse… Et pour retrouver de la croissance, il faut améliorer la compétitivité. Comme l’avaient souligné Nouriel Roubini ou Jacques Sapir, la voie d’une baisse des salaire serait trop dure socialement et il n’y a donc qu’une seule solution : la sortie de l’euro assortie d’une dévaluation. C’est ce dont j’ai pu débattre mardi soir sur France 24.

Loin de régler les problèmes, les plans actuels ne font que les différer en les faisant grossir. La troïka montre à nouveau son irresponsabilité en engageant beaucoup d’argent pour rien. Mais les lignes bougent : un économiste grec vient de réclamer une sortie de la zone euro.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Christine Boutin et l'éclatement ponctuel

23/06/2011 14:27 par rgrs

  • Christine Boutin et l'éclatement ponctuel

    Christine Boutin et l'éclatement ponctuel

    23/06/2011 14:27 par rgrs

Christine Boutin annonce sa candidature à la présidentielle 2012 pour échapper à l'oubli mais sans chance sérieuse de jouer un rôle de premier plan. En revanche, son choix de calendrier s'avère judicieux.

L'automne 2011 est déjà trop encombré :
- procès Chirac,
+ décision Clearstream,
+ feuilleton DSK,
+ fin des primaires PS
...

Prendre cette initiative avant les vacances permet de bénéficier d'une ultime fenêtre de tir.

Mais le capital de Boutin a été doublement érodé :
- participation gouvernementale sans apport perçu par l'opinion,
- sortie dans des conditions controversées.

En période de droitisation de l'opinion, Boutin a troublé son image à l'exemple de ses déclarations très conciliantes avec "l'affaire DSK".

Difficile d'imaginer que cette déclaration puisse aller au bout de la présidentielle a fortiori avec Marine le Pen à près de 25 % et donc la chasse aux candidatures de dispersion dans la droite présidentielle.

http://exprimeo.fr/article/6944/christine-boutin-et-l-eclatement-ponctuel.htm