Belleville : « Chinois » vs « Africains », saison 2 !
23/06/2011 14:24 par rgrs
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Belleville : « Chinois » vs « Africains », saison 2 !
23/06/2011 14:24 par rgrs
Un an après une manifestation s’étant terminée par des violences, la communauté chinoise de Belleville (XXe arrondissement de Paris) a défilé dimanche contre l’insécurité dans le quartier sur fond de tensions communautaires.
Cette fois-ci, pas d’incidents majeurs. Dimanche, des milliers de Chinois ont manifesté à Paris contre l’insécurité à Belleville. Fin mai, un homme a été gravement blessé en voulant prendre en photo les auteurs d’une agression, il est actuellement dans le coma. On a encore compté pas moins de six agressions dans le quartier en moins de 24h après le défilé. Le 20 juin 2010, une autre manifestation de la communauté chinoise avait eu lieu, des émeutes avaient clos le défilé.
Mais un an après la première manifestation de Belleville, les mêmes récriminations se font entendre à l’égard de la montée de la violence. Il règne donc un sentiment de délaissement de la part des autorités. « La justice traîne, on s’inquiète pas et il y a un manque de résultats », commente un fin connaisseur de la communauté chinoise. Une Brigade spéciale de terrain a été mise en place dans le quartier, un dispositif insuffisant pour les manifestants et pour la Maire PS du XXe arrondissement de Paris. Une autre façon de montrer que la sécurité est une préoccupation qui touche les quartiers populaires en premier lieu.
A croire que les habitants ont du mal à se faire entendre. Les Chinois de Belleville ne parlent pas d’une seule voix, on compte des dizaines d’associations dite représentatives. Une des porte-paroles les plus médiatiques du défilé de dimanche était Anh Dao Traxel, « fille de cœur » de Jacques Chirac et d’origine vietnamienne. On a aussi entendu parler de l'association Chinois de France-Français de Chine, de l’Association chinoise pour le progrès des citoyens, de Association des jeunes Chinois en Europe ou du Collectif des associations asiatiques de France et leurs amis français.
Tensions communutaires
Une question réside cependant. La communauté chinoise est-elle particulièrement ciblée par les délinquants ? Notre source répond positivement : « Il y a d’abord des raisons économiques. En Chine, on n’a pas l’habitude des cartes de crédit donc les gens utilisent beaucoup de liquide. D’autre part, les Chinois hésitent à porte plainte, beaucoup ne parlent pas la langue », explique-t-il. Sans compter les personnes en situation irrégulière qui n'oseront pas aller voir la police. Il y a aussi des raisons traditionnelles, de fortes sommes d’argent liquide étant offertes aux mariés, les noces sont souvent des cibles de choix pour les voyous.
Et pourquoi ces incidents arrivent-ils dans le XXe arrondissement et non dans le XIIIe où réside aussi une forte communauté chinoise ? Pour certains, c’est parce que des personnes d’origine africaine et maghrébine résident aussi dans ce quartier, les agresseurs étant issus de ces communautés. Dans les articles relatant des manifestations de 2010 , on lisait déjà des témoignages sur les hostilités entre les communautés. Un reportage de Marianne2 faisait lui aussi étant de ces différents entre « Chinois » et « Africains ». La même année, Libération parlait même de violences « entre une cinquantaine de jeunes manifestants et des jeunes extérieurs au cortège, d'origines maghrébine et africaine » à l’issue de la manifestation. « Belleville s'est embrasé. Des Maghrébins ont été pris à partie », commentait le quotidien citant une habitante du quartier qui parlait d’ « émeute raciale » à l’issue de la manifestation.
Idem cette année. Libération parle « des manifestants (qui) cèdent à la tentation d’opposer les bons immigrés et les autres » ou de « certains manifestants (qui) pestent contre ‘les arabes’ et ‘les noirs’ ». L’AFP évoque, sans doute par hasard, l’histoire migratoire de Belleville : « Ce quartier, qui a accueilli après la Première Guerre mondiale de nombreux migrants juifs d'Europe de l'Est, a vu depuis les années 60 s'installer une importante communauté maghrébine. Il s'est métamorphosé ces dix dernières années du fait d'un afflux d'immigrés asiatiques qui ont repris de nombreux petits commerces ». C’est une habitude journalistique, quand un sujet est trop sensible politiquement, on l’évoque dans le corps du texte, sans en faire l’angle principal de l’article.
Une affaire de Chinois ?
Dans un tel climat, l’image d’immigrés chinois agressés aura-t-elle avoir des impacts dans leur pays d’origine ? « Les gens ne croient pas vraiment à cette violence. Mais cela peut nuire à l’image de la France, si ça continue, cela peut être très négatif », rapporte notre source. Autant d’évènements qui touchent une communauté qui cherche à s’imposer en France, des représentants avaient d’ailleurs été reçus par Nicolas Sarkozy en février dernier à l'occasion du Nouvel An Chinois. Le chef de l’Etat avait également souligné en 2010 « l’intégration réussie » des Chinois de France.
Alors pourquoi une communauté tant choyée n’est-elle pas soutenue quand elle se plaint de violences ? Aucune personnalité politique n’était présente au défilé de dimanche hormis quelques élus locaux parisiens. Le risque : faire passer cette affaire comme un dossier ne concernant que les Chinois attisant encore plus les replis communautaires et les préjugés sur les origines des agresseurs. Des tensions qui ne pourront qu’engendrer d’autres violences.
Tefy Andriamanana - Marianne
Députés de l'étranger: l'UMP s'offre des parlementaires à prix d'or
23/06/2011 14:18 par rgrs
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Députés de l'étranger: l'UMP s'offre des parlementaires à prix d'or
23/06/2011 14:18 par rgrs
Au cours d'une audition par la commission des finances de l'assemblée nationale, Stéphane Romatet, le directeur général de la modernisation du quai d'Orsay a révélé que l'élection des 11 nouveaux députés français de l'étranger coûterait près de 15 millions d'euros ! Dix fois plus cher qu'un député métropolitain. Pas de quoi angoisser la majorité qui s'offre la garantie d'une dizaine de sièges à l'assemblée à un coût prohibitif.
Un député de l’étranger, ça se mérite ! Pour la première fois, en effet, en juin 2012, 11 députés représentant les Français établis hors de France seront élus aux prochaines législatives. C’était l’une des promesses du candidat Sarkozy à l’Elysée : « Permettre aux Français vivant à l'étranger d'élire des députés, pour une représentation de ces Français dans nos institutions égale à celle des Français vivant en France ». Sarko fait les choses en grand. Des législatives planétaires !
C’est Alain Marleix, secrétaire d’état aux collectivités territoriales et surtout expert ès découpage électoral de l’UMP qui s’est chargé de l’opération.
Trente trois circonscriptions ont été supprimées en métropole, remplacées par 33 autres dont onze pour représenter les Français de l’étranger : cinq élus pour l'Europe occidentale (dont un spécifiquement pour la Suisse), deux pour l'Amérique et l'Afrique et un pour l'Europe de l'Est et le Proche-Orient. Chaque zone regroupe entre 100.000 et 120.000 électeurs inscrits, ce qui correspond au nombre moyen d’électeurs pour un député métropolitain.
15 millions d'euros pour 11 députés
Tout cela a un coût évidemment, car le monde n’est pas la France. En 2007, le coût des élections législatives s'élevait à 77,6 millions d’euros. Auditionné récemment, par la commission des finances de l’assemblée nationale, répondant à une question du député socialiste Alain Rodet, Stéphane Romatet directeur général de l’Administration et de la modernisation du ministère des Affaires étrangères et européennes chargé d’organiser l’ensemble des scrutins qui se dérouleront à l’étranger en 2012 n’a pas caché la lourde charge que représentait l’organisation de ces scrutins : « Nous avons mobilisé l'ensemble de notre dispositif pour relever ce véritable pari, le Parlement ayant décidé, afin de garantir la meilleure participation possible, d'ouvrir tous les modes de scrutin possible – par Internet, par correspondance, par procuration, etc. Qui plus est, il faudra organiser deux tours de scrutin dans des circonscriptions extrêmement étendues, ce qui sera très lourd d'un point de vue logistique. À ce stade, le coût est estimé à une quinzaine de millions d'euros dont la majeure partie, c'est-à-dire les dépenses liées à l'organisation générale des élections, sera prise en charge par le ministère de l'Intérieur, le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes assumant les dépenses spécifiques, en particulier celles qui tiendront à la communication, à l'établissement des listes électorales et aux tournées consulaires ».
Quinze millions d’euros pour 11 députés de l’étranger (soit 1,36 million par député) contre 77,6 millions pour 577 députés (soit 0,13 million par député). Aussi absurde que soit la comparaison, force est de constater qu’un député de l’étranger coûte tout de même plus de dix fois plus cher qu’un député « hexagonal ».
Des circonscriptions quasiment acquises à l'UMP
Si le quai d’Orsay a fait connaître son inquiétude quant à l’organisation de ces scrutins, notamment compte tenu des contraintes d’effectifs auquel est soumis le Ministère des Affaires Etrangères dans ses consulats, la majorité n'entend pas renoncer à presser le contribuable.
C’est que pour la droite, l’expatrié relève presque du vote captif selon le PS. Aux dernières élections présidentielles, ces Français ont voté à 54% pour Nicolas Sarkozy. A peine 1% de plus que dans l’hexagone mais le « charcutage » électoral est contesté à gauche : « sur onze circonscriptions créées, neuf auraient un député UMP », a déclaré le député PS Jean-Jacques Urvoas qui évoque une « manipulation ».
La liste des candidats UMP investis ne fait d’ailleurs guère de doute sur leur statut de « planqués » dans des circonscriptions plutôt favorables à la droite. Un eldorado électoral toujours bon à prendre compte tenu de la popularité très incertaine de la majorité présidentielle.
Avant de déclarer sa flamme au FMI, Christine Lagarde avait obtenu l’investiture dans la première circonscription d’Amérique du Nord. Son élection ne devait être qu’une formalité.
Eric Besson, élu de la Drôme depuis 15 ans a choisi de ne pas tenter le diable, préférant aller tâter le terrain du côté de Monaco, Andorre, l’Espagne et le Portugal.
Plus énigmatique est le cas de Thierry Mariani, le secrétaire d'Etat aux transports, fondateur de la droite populaire affirmait en septembre 2009 ne pas vouloir être « député des Français de l’étranger » avant de changer d'avis. Il sera finalement le candidat de la zone Asie-Océanie, un territoire qui commence à l'Est en Ukraine et qui va jusqu'en Nouvelle-Zélande.
Régis Soubrouillard - Marianne
http://www.marianne2.fr/Deputes-de-l-etranger-l-UMP-s-offre-des-parlementaires-a-prix-d-or_a207633.html
Régulation des banques: Grande Bretagne 1 - France 0
23/06/2011 14:01 par rgrs
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Régulation des banques: Grande Bretagne 1 - France 0
23/06/2011 14:01 par rgrs
Le gouvernement conservateur britannique, le premier, est sur le point de remettre au goût du jour le « glass steaglle act ». Même allégé, celui-ci, prévoit de contraindre les banques à séparer leurs activités risqués de marché de leur activité de banque commerciale. Malgré les annonces, en France, rien n'est pour l'heure prévu.
« Pour mettre un terme à une situation qui fait qu’aujourd’hui des millions de gens –qui ne sont pas ici - portent maintenant les couts de la crise (…) nous avons trouvé une solution pour résoudre le problème des établissements ”too big to fail” (NDLR : trop gros pour tomber)». Lors du traditionnel diner réunissant la City et les représentants de la couronne, entre petits fours et brandy, les banquiers anglais s’étouffent en écoutant Mervin King. Le gouverneur de la banque d’Angleterre annonce les choix du gouvernement conservateur. Les banques commerciales, qui recueillent les dépôts du public, devront se défaire de leur activité de banque d’affaires, plus risquée mais ô combien plus rémunératrice.
Enfin presque. Issu des propositions de l’économiste John Vickers mandaté par le gouvernement pour « qu’on ne voit plus jamais ça », ce Glass Steaglle act à l’anglaise est une version allégée de la législation américaine née au sortir de la crise de 29. Remisée sous Clinton, avec les résultats que l’on connaît, cette loi séparait strictement activités de marché et banque commerciale, chargée de récolter l’épargne des ménages et d’émettre des crédits. Dans sa version britannique, les établissements pourront à l’avenir conserver leur banque d’affaires, à condition de l’isoler dans une filiale, à bonne distance des dépôts.
Pourtant Glass-steaglle act, nécessaire à un meilleur contrôle, est loin d’être suffisant. Qui plus est quand il est allégé.
Fin 2007, la déroute de Northern Rock, est le premier signe de la contagion de la crise financière américaine. L’absence d’activités de marché, n’a pas empêché ses dirigeants de jouer et de perdre l’argent des déposants britanniques. Ni la modeste taille de l’établissement, au regard de l’épaisseur de son bilan, de nécessiter sa nationalisation par crainte de voir sa faillite contaminer tout le royaume.
Reste que, comme le note l’économiste Frédéric Lordon, « il est paradoxal que les pas les plus importants faits en direction d’une plus grande régulation bancaire sont le fait des pays considérés comme historiquement les plus favorables au laisser faire, comme les Etats-Unis et la Grande Bretagne ». Pas de ça chez nous. La Fédération Bancaire Française l’assure dans son fascicule « Parlons clair » : « Les banques françaises sont solides : elles ont mieux résisté à la crise mondiale que les autres ». Au contraire de son homologue britannique, la Banque de France, leur gendarme, fait l’apologie du modèle français de banque universelle, alliant banque d’affaires et de dépôts. Est-ce le signe d’une plus grande capacité du monde de la finance à imposer au politique leur point du vue, comme le souligne les travaux de Romain Rancière, professeur à l’école d’Economie de Paris, qui désigne cela comme « la capture du régulateur » ?
Bref tout va bien dans un monde parfait. Comme si la France, à l’instar des autres états, n’avait pas eu à doublement intervenir. En financant par de la dette de dispendieux plans de relance pour éteindre la crise générée par la planète finance. Comme en mettant son crédit sur la table de casino pour éviter qu’elle ne se renverse et ruine tous les établissements joueurs. Elle n’a pas versé…cette fois. Et pourtant rien n’a changé ou si peu : les banques renouent avec les bénéfices d’avant la crise et le risque de crise demeure.
Emmanuel Lévy - Marianne
Dessin: Louison
Drôle de pays
22/06/2011 15:36 par rgrs
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Drôle de pays
22/06/2011 15:36 par rgrs
Ce matin, je suis allé à la rencontre des Maires de Seine-et-Marne. Pour m’y rendre, j’ai emprunté la N4 et j’ai été surpris, comme à chaque fois que j’emprunte cet axe, de voir en plusieurs endroits, sur le bas-côté, des regroupements de poids lourds à l’arrêt en file indienne.
Je me suis arrêté pour comprendre pourquoi ils stationnaient ici, toujours au même endroit, avec le danger que cela représente. Un chauffeur m’a expliqué la situation : « il y a une aire de repos à quelques kilomètres, mais nous n’y allons plus car nous nous faisons dévaliser les cargaisons de nos camions et agresser ». Pour pouvoir se reposer, les chauffeurs routiers sont donc obligés de s’arrêter au bord de la route et de monter la garde à tour de rôle pendant que certains dorment.
Voilà un témoignage de plus de l’état général de l’insécurité qui mine notre pays, un témoignage de plus de l’accoutumance à l’inacceptable.
Je pense aussi à l’anecdote d’un buraliste de ma ville qui me racontait il y a quelques semaines, qu’il allait chercher ses stocks de cigarettes au dépôt la peur au ventre car il était suivi en permanence par des voyous qui tentaient de le dépouiller au carrefour.
Je peux aussi citer l’exemple des bijoutiers qui veulent arrêter leur activité car ils subissent des attaques répétées, la dernière s’étant d’ailleurs soldée par un mort à Paris dans le 17ème arrondissement.
Ce dérèglement général n’épargne personne. Tous les Maires que je rencontre, même en zones rurales, me racontent que des bandes très organisées écument les campagnes à la recherche ici des plaques d’égouts, là de fils de cuivre.
Comment s’en étonner quand on sait l’impunité qui règne pour les délinquants dans notre pays ? Comment accepter que les gendarmeries et les commissariats de police se vident de leurs effectifs ? Que les tribunaux et les établissements pénitentiaires demeurent totalement saturés, ce qui oblige tout simplement les autorités – sous couvert d’une politique de réduction des peines soi-disant moderniste – à laisser les voyous à l’air libre ? « Ah, non, revenez demain, il n’y a plus de place dans cette prison » est le message subliminal envoyé en permanence à la petite délinquance, celle qui pourrit le quotidien de millions de Français mais aussi à la grande délinquance notamment financière qui rackette les Etats !
Et, pendant ce temps là, le folklore politicien continue. La majorité avec le rapport Ciotti veut faire croire qu’elle va agir et une bonne partie du PS propose la dépénalisation du cannabis.
Nos forces de gendarmerie et de police, ainsi que beaucoup de magistrats, sont totalement découragés. Le désordre s’installe dans notre pays et pourtant on sait très bien qu’il y a des solutions. Construction de 20 000 places de prison en utilisant notamment les casernes désaffectées, suppression des remises de peine, réelle peine-plancher pour les récidivistes, renforcement des moyens des tribunaux et des forces de police et de gendarmerie, véritable lutte contre le recyclage de l’argent sale de la drogue, contrôle des frontières et renvoi dans leur pays les étrangers qui commettent des délits graves.
Seulement voilà, la volonté manque de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de remédier aux racines du mal, une mondialisation qui appauvrit et affaiblit la collectivité au seul bénéfice de quelques uns, qu’ils soient dans les palais nationaux, les conseils d’administration du CAC 40 ou à la tête de l’économie parallèle dans les banlieues déshéritées.
Drôle de pays en vérité que le nôtre, où on lutte contre les effets sans s’occuper des causes, sous le regard complaisant des prescripteurs d’opinion. Rendre le pouvoir aux Français, c’est leur proposer le choix de se sortir de cette impasse.
Ce sera tout le sens de ma candidature à l’élection présidentielle.
Nicolas Dupont Aignan
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Dr%C3%B4le-de-pays
Joffrin, réveille toi ! Ségo et Gérin sont devenus fous !
22/06/2011 15:24 par rgrs
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Joffrin, réveille toi ! Ségo et Gérin sont devenus fous !
22/06/2011 15:24 par rgrs
Pour la présidente de Poitou-Charentes et le député-maire de Vénissieux, l’immigration va à l’encontre des intérêts des classes populaires.
Au moment où Terra Nova, think thank proche du PS, explique que la gauche française ne doit plus compter sur les classes populaires, aux tendances forcément xénophobes et réactionnaires, au moment où le PCF reprend dans son projet un texte de Rockhaya Diallo intitulé « le communautarisme, c’est mal ? », on remarque d’autant plus facilement les voix iconoclastes.
C’est ainsi qu’André Gérin, qui avait déjà lancé l’idée d’interdiction de la burqa à un moment où le Président de la République y était opposé, a tenu conférence de presse le 20 juin. Il y a expliqué que le PCF ne pouvait soutenir Jean-Luc Mélenchon : « L’essentiel pour ce fidèle de Mitterrand et de l’OCI sera de négocier un ministère avec Martine Aubry et le Parti socialiste ». Mais ce n’est pas tout. Il y a dénoncé également l’aveuglement du Parti face à l’immigration dans des termes qui ne sont pas sans rappeler un certain Georges Marchais : « Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, pour exploiter, pour généraliser l’insécurité sociale, exclure, ghettoïser des millions de familles et de jeunes français de la vie sociale et politique. »
Le 20 juin, c’est aussi la date choisie par Ségolène Royal pour expliquer ses différences avec Martine Aubry. Evidemment, la présidente de la région Poitou-Charentes n’a pas choisi le Grand Journal de Canal + pour y tenir de tels propos mais le cadre bien plus adapté de « Bourdin 2012» sur RMC et BFM-TV. Je laisse le lecteur visionner cette vidéo où il constatera que la candidate malheureuse à l’élection présidentielle 2007 tient des propos que ne renierait pas son plus célèbre contempteur, Eric Zemmour.
On attend avec impatience le prochain édito de Laurent Joffrin. Comment le Nouvel Obs pourrait-il passer à côté de la recrudescence d’un gaucho-lepénisme aux relents nauséabonds ?
David Desgouilles
http://blog.causeur.fr/antidote/joffrin-reveille-toi-sego-et-gerin-sont-devenus-fous,002107
Féminisme : les maux et les images
22/06/2011 15:18 par rgrs
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Féminisme : les maux et les images
22/06/2011 15:18 par rgrs
Mesdames, c’est merveilleux : le féminisme est de retour !
Ces retrouvailles avec notre grand combat, c’est à Dominique Strauss-Kahn que nous les devons. Vous pensiez que l’action dont il est accusé signait le retour d’une bestialité présumée mais néanmoins glaçante ? Pas du tout. C’est la douceur maternante de la féminité qui triomphe sous vos yeux humides d’émotion sororale.
Mais il faut également rendre hommage à Georges Tron, dont le placement en garde à vue quelques heures à peine avant le coup d’envoi de « l’action coup de poing » en faveur du clitoris lancée par « Osez le féminisme » montre une fois de plus que la force n’est pas toujours du côté de celui qui brandit la verge.
Grâce à ces promoteurs inopinés de la cause des femmes, nous voyons désormais fleurir tout un tas de porte-parole de nos peines, de nos misères et de nos désirs.
Le 20 juin en effet, l’association de Caroline de Haas lançait officiellement sa grande campagne « osez le clito », en dévoilant cette affiche :
Réalisée sous la supervision d’un gynécologue et inspirée du célèbre tableau « l’origine d’immonde » de Gustave Courbet, cette image est un véritable remède contre la crise des vocations au sein de l’Eglise catholique. Car si ce clitoris-là est « instigateur de plaisirs » au féminin, aucun doute qu’il vaccine chaque homme normalement constitué contre toute pulsion érotique quelle qu’elle soit, et pour longtemps.
Outre les associations, on notera également l’œuvre salvatrice du think tank Terra Nova. Jamais en retard d’un rapport de 80 pages inutiles, celui-ci a publié il y a une semaine son étude sur « l'implication des hommes dans la lutte pour l'égalité des sexes ».
Le think tank propose pas moins d'une quarantaine de mesures phares telles que celle-ci : « sur toute apparence corporelle retouchée à des fins publicitaires (…) imposer une signalétique « photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle ». Exemple :
Autre proposition majeure, « lutter contre la présentation sexiste des jouets ». Pour notre part, nous proposerons ce jouet, très neutre et parfaitement asexué, qui a l’avantage d’exister également en version sombre, certifié 100% « issu de la diversité » :
Saluons enfin l’audace de Terra Nova qui, trouvant insuffisant d’ériger la moitié de l’humanité en conglomérat victimaire, a judicieusement proposé de victimiser aussi les hommes. Ainsi, ceux-ci se voient-ils invités à refuser d’être « dominés par leur propre domination ».
Les "progressistes", ça ose tout. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît….
Coralie Delaume
Le protectionnisme plébiscité par les Français: une analyse du sondage par Jacques Sapir
22/06/2011 15:13 par rgrs
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Le protectionnisme plébiscité par les Français: une analyse du sondage par Jacques Sapir
22/06/2011 15:13 par rgrs
Dans un billet précédent, je vous ai parlé de cet incroyable sondage qui fait que je me sens moins seule dans la vie : le protectionnisme, je ne suis décidément pas la seule à penser qu'il faudrait plus qu'y songer, mais en somme nous serions des millions à penser de même....
Bon. Jacques Sapir parle mieux de ce sondage que moi... et justement il a fait un papier dessus que je vous mets in extenso ci-dessous, mais que vous pouvez lire aussi sur le site du Manifeste pour un débat sur le libre-échanhe à l'initiative de ce sondage.
Le protectionnisme plébiscité par les Français: une analyse du sondage par Jacques Sapir
"L’identification des méfaits du libre-échange sur l’économie française apparaît à une grande majorité de français, à tel point que l’on peut parler d’une prise de conscience massive, dépassant les cadres des partis politiques, et exprimées par quasiment la totalité des couches de la société. L’ancienne opposition entre diplômes et non-diplômés qui avait été mise en avant lors du référendum de 2005 n’existe plus.
Le peuple français oscille entre révolte et résignation, tel est le premier enseignement de ce sondage.
• Ainsi 48% des réponses indiquent que les personnes interrogées sont « révoltées » par la situation économique de la France tandis que 30% d’entre elles sont « résignées ». On ne trouve que 14% de confiants et d’enthousiastes.
• Les catégories sociales où le sentiment de révolte prédomine sont les ouvriers (64%), suivis des artisans et petits commerçants (55%) et des employés (52%). Le sentiment de révolte est le plus faible pour les professions libérales et cadres supérieurs, mais il atteint néanmoins 36%.
I. Un regard critique et argumenté sur la mondialisation et le libre-échange.
La question principale porte sur l’appréciation de l’ouverture des frontières aux marchandises de pays comme la Chine et l’Inde et globalement aux pays émergents. Les résultats témoignent d’un rejet massif de la mondialisation.
Un jugement négatif est partagé par 73% des réponses en ce qui concerne les déficits publics, 78% en ce qui concerne le niveau des salaires et 84% en ce qui concerne l’emploi.
Notons aussi que le pourcentage de réponses indiquant que ces conséquences ont pu être positives voire très positives n’est que de 7%, soit 12 fois moins que le pourcentage estimant que les conséquences sont négatives voire très négatives.
Ce jugement est sans appel. Sur les trois grandes questions qui concernent l’économie, l’emploi, les salaires et les déficits, il se trouve une écrasante majorité de français pour considérer que l’ouverture de l’économie a eu des conséquences néfastes. Très clairement, la « mondialisation heureuse » n’existe que dans certains journaux ou sous certaines plumes.
Cette ouverture est aussi considérée comme une mauvaise chose pour les pays développés en général (52%) et pour la France en particulier (57%). C’est aussi une mauvaise chose pour la sécurité des produits distribués en France (71%), pour les salariés (72%) et pour l’environnement (73%). La conscience des résultats négatifs de l’ouverture ne se limite donc pas à la question sociale. Elle touche aussi massivement la question de la sécurité des produits de consommation (et la sécurité alimentaire) ainsi que l’environnement. La prise de conscience qu’il y a une contradiction radicale entre le libre-échange et la préservation de l’environnement apparaît particulièrement massive.
Quand on demande aux personnes interrogées de se projeter dans le futur, elles sont 75% à répondre que l’ouverture aura des conséquences négatives sur l’emploi dans les dix années à venir. Elles sont donc opposées logiquement à hauteur de 70% à l’absence ou la faiblesse des droits de douane sur les produits provenant des pays émergents, et partisans à 65% d’une hausse de ces droits. Les conséquences d’une politiques protectionnistes sont perçues comme favorables à la protection du savoir faire français (59%), des activités de l’industrie (57%), de l’emploi (55%) et de la croissance (50%).
Massivement, les personnes interrogées pensent que c’est à l’Europe qu’il revient de mettre en œuvre cette politique protectionniste (80%). Mais, au cas où l’on se heurterait à un refus de nos partenaires européens à appliquer une telle politique, 57% des personnes interrogées répondent qu’il faut que la France fasse cavalier seul. On ne saurait mieux exprimer la formule « avec l’Europe si on le peut, avec la France s’il faut, contre l’Europe si on le doit » !
II. Un phénomène qui transcende les partis et les positions sociales.
Cette dernière question est très symptomatique car elle concentre à la fois le problème du protectionnisme et celui d’une possible action unilatérale de la France,
De manière significative, on ne retrouve cet équilibre que chez les électeurs des Verts. Les électeurs de l’UMP et du PS soutiennent quant à eux de manière importante le principe d’une politique unilatérale (58% et 56%) en dépit des positions proEuropéennes de ces deux partis. Comme on peut s’y attendre, ces positions sont plébiscitées par les personnes qui sont proches du Front de Gauche et du Front National (73% dans les deux cas). Mais, ces résultats s’inscrivent dans une tendance générale. Les chiffres du Front de Gauche et du Front National indiquent qu’ils sont plus dans une position d’influence sur la gauche et la droite modérée que dans une position d’opposition. Les résultats par catégories socioprofessionnelles confirment ce jugement. Si on retrouve 60% d’ouvriers pour considérer que la France devrait appliquer des droits de douane à ses frontières en cas de refus ou d’échec d’une solution concertée européenne, les pourcentages des artisans et petits commerçants (63%), celui des employés (57%), mais aussi – O surprise – ceux des cadres supérieurs et professions libérales (56%) ne sont guère différents.
Il y a donc une contradiction évidente entre l’électorat et les principaux partis (PS et UMP) sur la question européenne. Par contre, le Front de Gauche et le Front National apparaissent comme bien plus en cohérence avec leurs électeurs. N’en doutons pas : si un référendum devait être organisé demain sur une telle question, il aboutirait au même désaveu de la classe politique, et des grands médias, que celui de 2005. D’ailleurs, 61% des personnes interrogées se prononcent en faveur d’une pétition pour l’organisation d’un débat à l’échelle européenne contre 21% de réponses opposées.
Ce jugement extrêmement négatif se vérifie si on le ventile par affiliation politique (le pourcentage maximum étant celui des personnes proches du PS avec 90% et le pourcentage minimum celui des personnes proches du MODEM avec 82%). Il en va de même quand on le ventile en fonction du vote pour les candidats de l’élection présidentielle de 2007 (90% des personnes ayant voté pour Ségolène Royal partagent ce jugement négatif contre 86% pour François Bayrou).
On observe un résultat analogue quant aux conséquences du libre-échange sur le niveau des salaires.Un jugement très négatif est partagé à égalité par les anciens électeurs de Ségolène Royal et de Jean-Marie Le Pen (89%) et ne tombe qu’à 72% avec les électeurs de Nicolas Sarkozy. Les sympathisants du MODEM sont certes les moins convaincus (encore que le pourcentage soit de 72%), mais il est de plus de 80% pour tous les partis de gauche et les Verts et de 86% pour le Front National.
Enfin, l’impact sur les salariés français de l’ouverture est lui aussi jugé négativement à une très large majorité par les sympathisants de tous les partis et pas les personnes ayant voté pour les cinq candidats pour lesquels les résultats ont été comptabilisés.
Jamais la divergence entre le discours des états-majors ou des futurs candidats des partis centraux de l’échiquier politique français (PS et UMP) et leurs électeurs n’aura été aussi grande que sur la question des conséquences de la mondialisation.
Ce protectionnisme les sondés espèrent massivement qu’il pourra se mettre en place à l’échelle européenne. Mais, en même temps, ils ne sont pas dupes. Ils savent pertinemment que la construction européenne est devenue une énorme machine qui produit du règlement mais pas de politique. Alors, face à cette réalité incontournable, ils expriment aussi une forte volonté que ce soit dans le cadre national que soient formulées les solutions.
Le choix d’une solution unilatérale provoquerait une crise majeure dans l’UE, ce qui est dit et répété là encore par une large partie de la classe politique et des médias. Pourtant, une telle solution semble être acceptée par une large majorité des personnes sondées. Non seulement l’écart entre les partisans et les opposants à une telle solution est considérable (57% contre 31%), mais on ne trouve que 10% du total des personnes interrogées pour dire qu’elles sont tout à fait opposées à une solution unilatérale, autrement dit qu’elles placent l’UE au-dessus des intérêts de la France. Le grand rêve européen, entamé par l’acte unique, s’achève et les Français se réveillent profondément attachés à leur Nation.
III. Les conséquences politiques.
La maturité des Français, telle qu’elle se dégage de ce sondage, est assez étonnante. Qu’il s’agisse des causes de la situation économique ou des solutions à y apporter, on trouve dans les réponses la trace d’un argumentaire étoffé.
Le principal problème vient de la divergence entre les positions politiques affirmées du PS et de l’UMP et le positionnement de leurs électeurs. La contradiction, on l’a déjà dit, est patente et massive. Elle se renforce du fait que 64% des personnes interrogées pensent que la question du protectionnisme devrait être un sujet important lors de la prochaine élection présidentielle. Ils ne sont à l’inverse que 23% à penser que cette question n’est pas vraiment importante et seulement 5% à considérer que l’ouverture économique ne constitue pas un sujet.
Or, sur ce point, les positions des deux grands partis français sont pour le moins sujettes à caution. Si, à l’UMP, Nicolas Sarkozy avait fait durant sa campagne électorale quelques déclarations laissant à penser qu’il était en faveur d’un certain protectionnisme, elles n’ont pas été suivies d’effets. Au PS on balance entre une référence à des « écluses », voire des droits de douanes (mais uniquement contre des pays ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire et environnementale) et les déclarations récentes de l’un des candidats potentiels, François Hollande, qui a exclu tout recours au protectionnisme. On constate donc qu’aujourd’hui, tant la pratique des uns que le discours des autres sont à l’opposé de ce que réclament les Français.
Une telle divergence est suicidaire. Elle l’est pour chacun de ces partis qui prend le risque de passer à côté d’un thème majeur de la future campagne électorale, et ainsi de favoriser les partis qui, eux, sont beaucoup plus en phase avec l’opinion des Français, et en particulier le Front de Gauche et le Front National. Mais, cette divergence est aussi, et même avant tout, suicidaire pour la classe politique et pour la démocratie. Elle contribue à asseoir dans l’opinion l’idée que la classe politique, du moins pour ce qui concerne les « grands partis » a des intérêts et des préoccupations radicalement différents de ceux de la population. La vague populiste qui monte dans notre pays comme dans de nombreux pays d’Europe y trouvera certainement un aliment important, et peut-être même décisif dans les mois qui viennent
Le bon sens voudrait donc que les « grands partis » se saisissent sérieusement d’une question qui, comme l’indique ce sondage, transcende les partis et les positions sociales. Des réponses fortes et positives doivent y être apportées d’urgence, et l’on ne pourra plus s’abriter derrière l’argument d’une inaction européenne pour justifier sa propre inaction.
À défaut, il faut s’attendre à une montée en puissance des partis qui, eux, auront compris l’importance de la question du libre-échange et de la mondialisation. Il sera trop tard, au soir d’une élection, de venir le regretter.
Jacques Sapir
Lien : http://manifestepourundebatsurlelibreechange.eu/?p=162
Médecine du travail : Les députés UMP au secours du Medef ?
22/06/2011 15:04 par rgrs
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Médecine du travail : Les députés UMP au secours du Medef ?
22/06/2011 15:04 par rgrs
Le Medef veut profiter du passage du texte de la réforme de la Santé au Travail à l'Assemblée Nationale pour bloquer, entre autre : « le principe d’une présidence alternée de la médecine du travail » avec les syndicats de salariés, voulue par le Sénat !
La réforme de la médecine du travail devrait être présentée, fin juin devant les députés, affirme le très bien informé WEKA : « Bruno Dupuis, conseiller de Xavier Bertrand, a annoncé le 27 mai aux Journées nationales de santé au travail dans le bâtiment et travaux publics (BTP) qu’il existait une fenêtre de tir le 27 juin 2011 pour que le texte réformant la santé au travail soit présenté à l’Assemblée nationale. Après que les articles « santé au travail », inclus dans la loi réformant les retraites, aient été retoqués par le Conseil constitutionnel, le texte est retourné vers les parlementaires (...) »
Or, entre temps : « Le Sénat a adopté le 27 janvier 2011, en première lecture, la proposition de loi relative à l’organisation de la médecine du travail avec un retour à une gouvernance paritaire avec présidence alternée des services de santé au travail »
C'est ce texte du Sénat qui met hors de lui, Eric Le Jaouen, le président du Medef Loire. Il l'expliquait au Progrès, le 17 juin dernier : « (...) Tout le monde est d’accord sur le besoin impérieux d’une réforme (...) Le problème à ses yeux, c’est que cette réforme ne correspond pas aux aspirations du patronat. « Le Sénat vient de faire passer le principe d’une présidence alternée entre les employeurs et les représentants des salariés. Nous ne pouvons pas accepter cela puisque ce sont les employeurs qui assument, en la matière de santé au travail, la totalité des responsabilités (...) » Et le Président du Medef Loire, de brandir un recours, devant le Conseil Constitutionnel.
Conseil qui avait, au passage, annulé le « cavalier législatif » introduit par quelques parlementaires UMP, avec la bienveillance d'Eric Woerth, sous forme d'amendement et destiné à ... changer la nature de la médecine du travail.
Mais, pourquoi cette crainte du Medef, au sujet de la « présidence alternée des services de santé au travail » ?
Peut être faut-il se replonger dans l'enquête de 2007 réalisée par Rue89 et France Inter qui expliquait : « Comment l'argent de la santé des salariés finance les comités locaux du patronat »
Extrait : « (...) Un véritable pactole, car la cotisation est obligatoire. En moyenne, comptez 75 euros par salarié et par an. Soit au total, d'après le Cisme (Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise), une manne d'un milliard d'euros ! Aujourd'hui, 95% des 6500 médecins du travail sont employés par des associations. Celles-ci sont toutes contrôlées par des représentants du Medef ou de la CGPME. Depuis 2004, la loi impose la parité dans leur conseil d'administration : 2/3 de patrons, 1/3 de salariés. Dans les faits, seuls les employeurs ont les moyens de contrôler ces activités (...) »
Si à l'époque, Laurence Parisot avait maladroitement essayée de nier les faits, déclarant toutefois : « S'il y a des pratiques qu'il faut abandonner, on va les abandonner » La même équipe de journalistes montrait, dans un reportage : « Un an plus tard, où en est-on ? » que de nombreux cas subsistaient, et que Xavier Bertrand, déja en charge du dossier médecine du travail, restait très évasif sur le fond, préférant évoquer la responsabilité des partenaires sociaux.
Evidemment, comme vous l'avez noté plus haut, le texte du Sénat devrait, si les députés le confirmaient, donner un plus large contrôle des représentants des salariés sur la gestion des fonds de la médecine du travail. Et ça, comme le dit le Medef : « Nous ne pouvons pas accepter »
Hasard de l'histoire, c'est le même Xavier Bertrand qui doit présenter le texte à l'Assemblée Nationale, probablement le 27 juin. Néanmoins, nous dit Weka, jusqu'à présent, les députés ont joué la montre afin de retarder l'examen du texte : « Depuis, la proposition de loi est retournée au placard parlementaire, le parlement ayant manifestement d’autres priorités (...) »
S'achemine t-on vers une confirmation ou un rejet du texte des sénateurs ?
Le problème, c'est qu'un rejet par les députés UMP pourrait être regardé négativement par les salariés/électeurs et son adoption comme une provocation par les employeurs/électeurs !
Car, au delà de la présidence alternée, le texte évoque : des garanties sur l'indépendance des médecins du travail, la responsabilité des missions de prévention et le droit d'alerte du médecin
C'est pourquoi WEKA écrivait, le 6 juin dernier : « (...) Il se disait sous le manteau que la réforme de la santé au travail pourrait être reportée après les élections de 2012. Bruno Dupuis a redonné une visibilité au texte. Il convient néanmoins d’être prudent car le créneau indiqué est étroit et si d’aventure un autre texte devenait prioritaire … »
Bibliographie :
Non à la mort de l'authentique médecine du travail Medecine du travail : l'autre caisse noire du Medef Crédit photo : AIST Béziers http://slovar.blogspot.com/
La mondialisation, ou l’autre nom de l’oppression économique
22/06/2011 14:59 par rgrs
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La mondialisation, ou l’autre nom de l’oppression économique
22/06/2011 14:59 par rgrs
Nulle part autant qu’en Europe, les élites n’ont imaginé s’en remettre au libre-jeu du marché et au « doux commerce » plutôt qu’à la politique. Depuis les années 1980, elles y ont théorisé et mis en pratique l’effacement des souverainetés nationales au profit d’une construction strictement économique, l’« Europe ». Pour faire bonne mesure, elles affublent celle-ci de l’adjectif « social » avant chaque élection au Parlement européen.
Dans cet espace, la monnaie a été déconnectée du politique avec l’indépendance des banques centrales, puis coupée des nations avec une monnaie unique, l’euro. Celle-ci apparaît, dans ses règles actuelles, comme la monnaie de la rente. Le marché unique, auparavant protégé par un tarif extérieur, a été entièrement dérégulé et laissé ouvert à des économies émergentes que les élites ont gravement sous-estimé, sans doute par inconscient colonial.
Les élargissements à l’Est ont vidé de sa substance l’idée d’un marché régional homogène. Ils ont au contraire organisé, à l’intérieur de l’Europe, une concurrence acharnée entre les travailleurs, dont les délocalisations de l’industrie automobile française fournissent l’exemple éclatant. Au cœur même de l’Europe, l’Allemagne quant à elle mène délibérement une politique de compression salariale qui détruit l’industrie des économies voisines.
Partout sur le continent, les classes moyennes et populaires ont désormais le même horizon : emplois précaires, baisse des salaires, renchérissement des dépenses de base, en particulier le logement. Lucides et inquiètes, les classes populaires voient la modialisation pour ce qu’elle est – l’autre nom de l’oppression économique que subissent les gens ordinaires et notamment les jeunes actifs, dominés sur les marchés du travail et de l’immobilier.
Dès lors, comment s’étonner que les populations les plus immergées dans la mondialisation réelle manifestent leur volonté de reprendre en main le cours des choses ? La défense jusqu’au-boutiste de la mondialisation ne convainc plus guère que les professionnels de la société du spectacle, éternels « citoyens du monde » (version « de gauche »), et de la finance (version « de droite », moins hypocrite).
Le sentiment d’un système économique fou, détruisant les savoir-faire et les industries, gaspillant les ressources, domine désormais les esprits. La politique renaît sous un jour inattendu : l’exigence de décence ordinaire, qui a traditionnellement servi de code moral aux classes populaires.
Mais la destruction de l’appareil industriel ouest-européen (Allemagne exceptée) est à ce point catastrophique que la possibilité même d’un sursaut pose question.
Celui-ci est-il envisageable sans défaire ou profondément remodeler les mécanismes qui ont produit les effets pervers de la mondialisation ? Croit-on vraiment possible de conserver un système de protection sociale sans un appareil productif robuste distribuant de bons salaires et des avantages sociaux ? Et peut-on affirmer sérieusement conserver ce qu’il reste de celui-ci en laissant librement entrer sur nos marchés des marchandises produites par des travailleurs sous-payés, au mépris des normes sociales et environnementales élémentaires ?
Plus fondamentalement, c’est la possibilité de « reprendre l’Histoire » qui sera l’enjeu politique des prochaines années. La théorie lénifiante de la « fin de l’Histoire » convenait parfaitement à la psyché européenne de l’après Guerre Froide. Aux chimères de la dépossession douce de la souveraineté pourrait se substituer le retour du politique, c’est-à-dire une responsabilité retrouvée, et en définitive l’exercice de la liberté. Les jeunes élites disposent-elles en leur sein d’assez d’estime des peuples et de sens de l’histoire pour aller à rebours de leurs aînés ? Telle est la question brutale que l’avenir proche pourrait révéler.
Tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, parue dans l'Humanité
http://www.mrc-france.org/La-mondialisation-ou-l-autre-nom-de-l-oppression-economique_a256.html
Chevènement en Algérie pour une "conscience" française du passé
22/06/2011 14:55 par rgrs
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Chevènement en Algérie pour une "conscience" française du passé
22/06/2011 14:55 par rgrs
Dépêche AFP, mardi 21 juin 2011, 18h25.
Le nouveau président de l'Association France-Algérie (Afa) Jean-Pierre Chevènement, s'est prononcé mardi à Alger pour une "conscience" française plutôt qu'une "repentance" pour son passé colonial, lors d'une conférence de presse.
"La repentance est une suggestion imprégnée d'esprit chrétien. Du point de vue de la République française qui est une république laïque je préfère le travail de la conscience", a déclaré le sénateur du Territoire de Belfort.
"Je pense que la France doit être consciente de ce qui s'est passé entre nous", mais a-t-il aussi estimé, "nous avons tous à faire un travail de conscience". Ancien ministre socialiste de l'Industrie, de l'Intérieur et de la Défense, Jean-Pierre Chevènement est président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).
Nombre d'officiels algériens veulent une repentance ou des excuses de la part de la France, ce que Paris a jusqu'à présent refusé.
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait déclaré le 16 juin lors de sa visite en Algérie que les Français "n'étaient pas encore prêts" à la repentance et appelé à ne "pas ressasser indéfiniment" le passé colonial.
L'Algérie a vécu 132 ans sous le joug colonial de la France avant qu'elle ne gagne son indépendance par les armes en 1962.
"Ce 50e anniversaire je veux que nous le célébrions en regardant vers l'avenir sur ce que la France et l'Algérie peuvent faire ensemble au 21e siècle", a déclaré M. Chevènement, élu président de l'AFA fin janvier, en référence aux célébrations de 2012.
"Le problème pour la France c'est qu'elle n'ait pas pensé à acheminer l'Algérie vers l'indépendance, ce qui aurait été le terme tout à fait normal, et c'est vraiment dommage", a-t-il regretté.
"Je pense que sur le passé il faut certainement en parler mais en ayant toujours à l'esprit qu'il ne faut pas obscurcir l'avenir", a-t-il cependant déclaré.
Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) effectue depuis dimanche une visite de cinq jours dans ce pays qui lui a permis de rencontrer nombre de personnalités dont des ministres et il devrait être reçu jeudi par le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia.
Personnalité très populaire en Algérie, où il était présent en tant que militaire juste avant l'indépendance, il avait été longuement reçu par le président Abdelaziz Bouteflika le 22 septembre dernier lorsqu'il était venu faire deux conférences pour le Centre culturel français.