Sur La Chaîne Parlementaire, Brigitte Girardin rappelle la détermination de Dominique de Villepin
22/06/2011 14:47 par rgrs
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Sur La Chaîne Parlementaire, Brigitte Girardin rappelle la détermination de Dominique de Villepin
22/06/2011 14:47 par rgrs
Au lendemain de la Convention de République Solidaire, Brigitte Girardin était l'invitée du journal de La Chaîne Parlementaire, ce lundi.
Le verbatim de son intervention.
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Sur la candidature présidentielle de Dominique de Villepin
Vous savez, nous sommes vraiment tous mobilisés avec cet objectif. Je suis quand même étonné de votre commentaire sur l'assistance réduite: c'était la Convention de notre parti. Nous avons 4 cadres par département. Nos fédérations étaient toutes là. Même meme nos fédérations d'Outre-Mer ont fait le déplacement et une convention de parti, ce n'est pas un meeting comme on l'avait fait il y a un an à la Halle Freyssinet.
Donc je crois qu'il ne faut pas non plus mélanger les exercices: nous réunissions nos cadres, c'est-à-dire nos militants les plus engagés parce qu'effectivement, nous avons aujourd'hui un projet. Il fallait donner à nos militants des outils pour défendre ce projet, pour l'expliquer puisque nous aurons un programme détaillé à l'automne et ce projet a fait l'objet d'une brochure qui s'intitule "Pour une France citoyenne, juste, indépendante".
Et donc, nous avions réuni nos cadres pour justement mobiliser sur ce projet avant l'été: ça va être tout le travail de l'été de bien expliquer ce projet et je vous rappelle que nous sommes les seuls aujourd'hui à avoir un vrai projet qui ne soit pas quelques mesures d'ajustement comme le proposent certains partis.
Sur le nombre de parlementaires soutenant Dominique de Villepin
Ce n'est pas parce que vous n'en avez vu trois hier qu'il n'y en a que trois qui nous soutiennent. D'autre part, je voudrais vous rappeler que le projet que Dominique de Villepin a présenté, il est fait pour les Français avant tout et pour rassembler les Français. Les parlementaires, nous verrons plus tard. (...)
Rassembler les Français, je peux vous assurer qu'on rassemble beaucoup de Français quand on propose la fin du cumul des mandats et des fonctions, quand on propose la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, quand on propose de réduire le nombre de régions à 8 ou 10: effectivement, ça bouscule un peu les lignes et je peux vous dire que la réaction des Français est très positive et c'est ce qui nous importe.
Sur l'article du Parisien dénonçant un "verrouillage" du parti par Brigitte Girardin
Je ne gère pas au sein de République Solidaire les parlementaires: on a justement des parlementaires qui s'en occupent. Et puis alors, j'aimerais bien avoir quelque chose à verrouiller, mais vous savez, je ne travaille qu'avec des bénévoles. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Vous voyez, ça fait typiquement partie des coups bas que j'évoquais hier et je disais à tous nos cadres: "quand les coups bas vont tomber (et ils vont tomber), les obstacles seront là et la meilleure réponse à apporter, c'est le sourire". Donc voilà, j'en souris aujourd'hui.
Sur les alliances
Nous sommes, par définition, ouverts à tous. (...) République Solidaire est composé d'adhérents qui viennent de la droite, de la gauche et du centre. Nous avons un projet qui a pour objectif de rassembler tous les Français, quelles que soient leurs affinités politiques et leur origine politique.
Donc franchement, tous ceux qui voudront défendre ce projet, se retrouver et même nous proposer des amendements, des ajustements (puisqu'encore une fois, ce n'est pas encore un programme), tout le monde est bienvenu et nous avons toujours été ouverts à tous et nous le restons.
Sur la réaction de Dominique de Villepin au soutien apporté par Jacques Chirac à François Hollande
Dominique de Villepin est dans un état d'esprit très combatif et très déterminé. Et très franchement, nous avons, Dominique de Villepin et moi, un point commun: c'est une très très grande affection pour Jacques Chirac que nous avons servi de longues années. Et puis, je vais vous dire: nous avons trop d'affection pour lui pour commenter, instrumentaliser ses propos. Encore une fois, laissons-le faire de l'humour, dire librement ce qu'il pense. Vraiment, encore une fois, laissons-le vivre sa vie. Il a souhaité être en dehors du débat politique: ne trahissons pas ce qu'il souhaite.
Sur l'éventualité d'une candidature autre que celle de Dominique de Villepin dans l'hypothèse d'une condamnation judiciaire
Ecoutez, on n'est pas du tout dans ce scénario. Je vous rappelle que Dominique de Villepin a été complètement blanchi en première instance. Il n'y a pas eu d'éléments vraiment franchement nouveaux. Donc nous attendons sereinement ce jugement. Voilà, donc vous me permettrez de ne pas envisager ce type d'hypothèses.
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http://2villepin.free.fr/index.php/2011/06/22/1945-sur-la-chaine-parlementaire-brigitte-girardin-rappelle-la-determination-de-dominique-de-villepin
La vidéo du journal de la Chaîne Parlementaire
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L’euro, la Grèce, et les comiques troupiers !
22/06/2011 14:43 par rgrs
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L’euro, la Grèce, et les comiques troupiers !
22/06/2011 14:43 par rgrs
La crise grecque, qui est le résultat direct de l’inadaptation d’une monnaie unique plaquée sur des économies divergentes, suscite de multiples commentaires de la part des thuriféraires de la monnaie unique, qui laissent littéralement pantois !
A les entendre, la situation de la Grèce serait due à l’absence d’intégration économique, budgétaire, et politique de l’Union. Bref, il faudrait aller toujours plus loin dans l’abandon des souverainetés des Etats et dans l’intégration !
Il s’agit là d’une fuite en avant. C’est le fondement même d’une monnaie unique dans une zone économique non optimale, avec des économies faibles telles que la Grèce, le Portugal, et l’Espagne d’une part, et des économies fortes telles que l’Allemagne ou dans une moindre mesure la France d’autre part, qui a conduit à un renchérissement de l’euro et à une perte de compétitivité des économies faibles qui ne peuvent être compensés que par un transfert financier permanent des riches vers les pauvres.
Une intégration plus poussée, avec des règles plus rigides, qui s’imposerait à tous, ne changerait rien à la force des uns et à la faiblesse des autres, ces donneurs de leçons de l’intégrisme monétaire sont de véritables comiques troupiers !
En tout état de cause, intégration budgétaire ou non, il faut que l’Allemagne et la France transfèrent à la Grèce, l’Espagne, le Portugal, et l’Irlande une part très importante de leur PIB pour que ces Etats puissent demeurer dans la zone euro. Certains calculs ont démontré que le transfert devrait être de l’ordre de 3 à 4% du PIB allemand et français chaque année, une paille !
Or il est évident qu’un tel transfert est politiquement inacceptable car il conduirait à une baisse du pouvoir d’achat en France et en Allemagne, et qu’il n’y a donc pas de solution en dehors d’une dévaluation de la monnaie de ces pays, une fois sortis de l’euro, avec une aide massive du FMI et des Etats européens pour leur permettre de retrouver leur compétitivité.
C’est là la seule chance pour sauver ces Etats d’une faillite certaine.
Tous les exemples historiques, le cas de l’Argentine, de la Slovaquie, devraient ouvrir les yeux aux partisans de la monnaie unique. Il est temps qu’ils reconnaissent qu’ils se sont trompés, noyés dans l’ivresse de leur utopie.
Jacques MYARD
Député UMP
Président du Cercle Nation et République
http://www.gaullisme.fr/2011/06/20/l%e2%80%99euro-grece/
D'un retournement l'autre : Comédie sérieuse sur la crise financière en trois actes et en alexandrins
22/06/2011 14:37 par rgrs
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D'un retournement l'autre : Comédie sérieuse sur la crise financière en trois actes et en alexandrins
22/06/2011 14:37 par rgrs
Présentation de l'éditeur
Economiste, Frédéric Lordon est connu pour ses essais critiques sur la mondialisation financière,
qui ont rencontré un grand succès public. Il a ici choisi une forme singulière, celle du théâtre, pour
mettre en scène la crise de la finance mondiale. Le rideau s’ouvre : Messieurs les Banquiers, son Altesse le président de la République française, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Gouverneur de la Banque centrale et le petit peuple des conseillers de la Cour. La pièce peut commencer : complètement lessivés par la crise des désormais célèbres « subpraïmes » (sic), les Banquiers vont bientôt sonner à la porte de l’Etat pour lui demander de mettre la main au porte-monnaie…Frédéric Lordon se révèle un versificateur virtuose, qui a fait le choix de l’alexandrin pour raconter la déconfiture d’un système qui a tous les traits de l’Ancien Régime. Mais si la forme évoque la tragédie classique, D'un retournement l'autre est aussi une farce sinistre qui dresse un portrait dévastateur de notre élite (le lecteur reconnaîtra sans peine ses plus célèbres représentants). On rit jaune, à écouter cet aréopage de beaux parleurs affolés par l’interminable maelstrom qu’ils ont provoqué, mais qui jamais n’abjureront leur foi dans les vertus du marché. Crise de la finance, sauvetage public, Explosion de la dette et rigueur hystérique. Et comme d’habitude, à qui va l’addition ?Q ui donc de la farce pour être le dindon ? On l’aura compris : le « retournement » à venir n’aura rien à voir avec celui d’un cours de bourse…
Biographie de l'auteur
Économiste, Frédéric Lordon est notamment l'auteur de Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières (Raisons d'agir, 2008), La Crise de trop (Fayard, 2009) et Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique, 2010).
Broché: 134 pages
Editeur : Seuil (5 mai 2011)
Collection : H.C. ESSAIS
Langue : Français
ISBN-10: 2021045773
ISBN-13: 978-2021045772
Groucho tendance marxiste
22/06/2011 14:30 par rgrs
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Groucho tendance marxiste
22/06/2011 14:30 par rgrs
Lordon ne fait pas l’économie de l’humour
On ne dira jamais assez de bien de l’humour en économie. Veblen nous avait déjà diverti avec sa théorie de la consommation ostentatoire (plus c’est cher, plus on en veut) il faudra désormais compter avec le marxisme inspiré de Frédéric Lordon. De quoi est-il question ? De l’ingénierie financière – matière aride et déplaisante que notre auteur a eu la chic idée de retourner contre les experts prétentieux de la dérégulation libérale. Il faut dire que ce marxiste possède un goût très sûr pour les blagues potaches, chose qui n’a pas dû arranger son cas auprès des Maestrichtiens libéraux-raisonnables (le mot n’est pas facile à prononcer, mais comme la chose est assez indigeste, on se dit qu’il y a peut-être un rapport). Je me souviens qu’Alain-Gérard Slama, sur France Culture, n’a pas eu de mots assez distants pour confiner notre chercheur dans la sphère des petits plaisantins. Lordon… attendez-voir… n’est-ce pas le gaucho du CNRS qui vient d’écrire une comédie Grand Siècle sur la crise des subprimes ? Eh bien si. C’est bien lui. La pièce s’appelle D’un retournement l’autre et elle est écrite en alexandrins. Vous ne l’avez pas lu ? Non ? C’est dommage.
Pendant que la France se réveillait à la dure réalité des déficits publics, notre homme a donc écrit la comédie que des hommes aussi sérieux que Nicolas Baverez ou Jean-Marc Sylvestre méritaient. Il faut dire que les gauchistes ont de qui tenir. Marx avait déjà frappé fort avec Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, sans doute l’un des chefs-d’œuvre de l’humour économique noir. Nous savons grâce à Marx que toute doctrine bidon frappe toujours deux fois : la première comme promesse de liberté universelle, la seconde comme tarte à la crème. Lordon a donc choisi de se payer la fiole des repasseurs de plats. Le choix de l’hémistiche paraît d’autant plus justifié que ces économistes ont toujours été bien en Cour. On se croyait à l’Elysée, on était à Versailles. D’où l’envie d’arpenter les couloirs du Grand Siècle pour entartrer les Trissotins de la mondialisation heureuse, cette effarante pièce montée pleine de choux à la crème pâtissière.
Mais la joie de cet homme ne serait pas complète si elle ne s’accompagnait d’un immense travail de sape philosophique. Qu’est-ce que l’envie ? Qu’est-ce que le patronat ? Comment un désir s’y prend-t-il pour impliquer des puissances tierces dans son entreprise ? Un grand économiste est un philosophe qui s’assume. Lordon a décidé de ne pas raser les murs théoriques. Il polit ses lentilles à Ville d’Avray et ne demande rien à personne.
Bien sûr, et comme il se doit en philosophie, il est toujours possible de chipoter. On peut juger cette greffe de Spinoza sur notre époque mal fichue. On peut juger cette conception immanente du désir ontologiquement contestable. Un Lacanien, normalement, devrait trouver à y redire. Mais l’important est ailleurs, l’important est dans la joie qui s’en dégage. La joie est le seul affect métaphysique qui ne trompe pas.
Il faut lire le chapitre intitulé « les Passions séditieuses » dans « Capitalisme, désir et servitude » : Lordon y dézingue le libre arbitre avec une radicalité qui fait plaisir à voir. On finirait pas croire que les années de plomb Ferry-Renaut sont derrière nous, que la philosophie va redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une entreprise sauvage. Que cette entreprise salutaire de philosophie première se sente en liberté dans la pitrerie littéraire est une preuve supplémentaire de sa cohérence. J’imagine que ce passage incessant entre la plaisanterie potache et l’ontologie spinoziste a de quoi inquiéter les professeurs. Voyez comme c’est drôle : elle ne nous inquiète pas. Elle nous enchante. Elle nous rassure.
David Di Nota
http://www.causeur.fr/groucho-tendance-marxiste,10343
Le PCF ou l'indignation de lui même
22/06/2011 14:21 par rgrs
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Le PCF ou l'indignation de lui même
22/06/2011 14:21 par rgrs
Dépêche du Parisien hier. Déclaration du député communiste André Gérin : « Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France ! ». Oui, André Gérin est bien député du Parti Communiste, et ne fait ni parti des troupes de Marine Le Pen, et n’est ni un ami de Claude Guéant.
Alors le Parti Communiste officiel a quand même réagit. Il a jugé les propos de son député « indignes ». Indigne, le mot à la mode... Et, dans la bonne tradition de l’indigné bien à gauche qui va vomir à toutes ses fins de billets, a estimé que les propos de son député « soulevaient le cœur ». Les pauvres (ils ont l'estomac vraiment fragile les poussins)…
Antidote reprend phrase complète d’André Gérin. « Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, pour exploiter, pour généraliser l’insécurité sociale, exclure, ghettoïser des millions de familles et de jeunes français de la vie sociale et politique ».
Dans le même ordre d’idée, Antidote remet la vidéo où Ségolène Royal (qui se fait maltraiter même par ses propres amis (la pauvre)), « tiendrait des propos que ne renierait pas son plus célèbre contempteur, Eric Zemmour. » dixit l’ami Antidote. A chacun de juger...
Et pour clore ce petit tour d’horizon de la gauche morale pleine d’ouverture et de tolérance envers autrui (surtout s’il pense et vote comme elle), retour sur une déclaration du camarade Georges Marchais, débusquée par l’ami Corto. En 1981, le grand guide du Parti Communiste Français s’inquiétait de la côte d’alerte atteinte par l’immigration en France :
« En raison de la présence de 4 millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur famille, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes.
La côte d’alerte est atteinte. Il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut arrêter l’immigration officielle et clandestine.
Se trouvent entassés dans des ghettos des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre bien différentes. Cela rend difficile leurs relations avec les français ».
De quoi faire bondir toutes les associations qui prônent le vivre ensemble, voient du racisme à tous les coins de rue, et nient certains problèmes...
C’était Georges Marchais. Pas Brice Hortefeux ou un ersats du Lepenisme… C’était la voix officielle du PCF… Alors question : Georges Marchais était-il raciste ? André Gérin est il raciste ? Le Parti Communiste français est-il un parti raciste ?
A mon avis évidemment que non. Pas plus que l’UMP, que le DTN de la fédération française de football, et que bien des gens…
L’objectif de mon billet n’est pas de défendre ces positions ou ces propos. Mais de faire remarquer qu'ils existent : et pas uniquement dans le camp des affreux de la droite, forcément raciste, méchante, et tout ce qu'on veut de pas beau.
Et une nouvelle fois, de sourire devant l’indignation sélective de bien des gens. Qui concluront leur billet d’indignés du mercredi en « nous laissant et en allant vomir » suite à la petite phrase prononcé par Hortefeux, Guéant, Morano, Zemour, ou toute personne de droite… Mais en oubliant qu’une grande partie de la gauche pensent que l’immigration n’apporte pas que du tout positif de partout, et qu’il y a une réflexion à avoir qui dépasse peut être le cadre de la simple bonne intention.
Attendons la suite…
(sinon, en trois jours : photo d'Hervé Morin, Robert Hue, maintenant André Gérin... Je me félicite moi même...)
FALCONHILL
http://falconhill.blogspot.com/
Le parfait échec sécuritaire du trio Sarkozy, Hortefeux et Guéant
22/06/2011 14:12 par rgrs
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Le parfait échec sécuritaire du trio Sarkozy, Hortefeux et Guéant
22/06/2011 14:12 par rgrs
Peut-être avez vous remarqué qu'une information capitale, car la presse en a longtemps, longuement et volumineusement crédité Sarkozy de sa réussite, n'est qu'à peine apparue dans les media quand elle n'a pas tout simplement été ignorée. Le Figaro quant à lui l'a seulement mis en brève quelques heures pour la faire disparaître ensuite, ce qui est normal de la part de l'organe officiel du pouvoir, la voix de son maître. En revanche c'est très curieux de la part des autres canaux d'informations, dont le Nouvel Obs et Libération
L'information est celle-ci tirée du titre de la Pravda : Violences contre les personnes en hausse
Ce qu'il faut noter c'est que cette étude porte sur un an et que dans cette période Hortefeux était aux commandes cinq mois, Guéant sept et Sarkozy depuis 10 ans.
Voici un premier point :
Le nombre des violences contre les personnes a continué d'augmenter entre juin 2010 et mai 2011, par rapport à la période correspondante 2009-2010, avec une hausse de 3%, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).
Selon un bilan mensuel de l'observatoire publié aujourd'hui, "ce sont les faits de violences crapuleuses, soit les vols violents (...) qui expliquent" pour une large part "cet accroissement" des violences contre les personnes, point noir de la délinquance depuis plusieurs années en France."Le nombre de faits constatés" de violences aux personnes, dit encore l'ONDRP dans ce bulletin mensuel, "a dépassé le seuil des 472.000 (...) au cours des douze derniers mois". Le précédent bilan mensuel faisant état d'une augmentation de 2,43% de ces violences (physiques, sexuelles ou menaces)
Nous passons donc d'une augmentation de 2,43 % à 3 % avec Guéant, celui qui ne sait pas compter et mélange relatif et absolu, qui est encore plus sécuritaire qu'Hortefeux avec un discours encore plus dur et stigmatisant.
Ce qui est nettement plus inquiétant c'est que "moins de 10%" pour menaces, tentatives de vol personnel ou violences sexuelles hors et intra-ménage et de 50% à moins de 60%" pour vols ou tentative de vol de deux roues à moteur ainsi que "vols personnels avec violences ou menaces".
Il faut entrer dans les détails grâce au blog de Sarkofrance :
Sur le seul mois de mai, « les atteintes volontaires à l’intégrité physique sont encore à la hausse de 8,0 % »
Les escroqueries et infractions économiques et financières sont reparties à la hausse : 377.339 contre 355.655. Une hausse que l'ONDPR attribue à un changement de mode de saisie..
L'augmentation des violences physiques s'est accélérée depuis novembre, date de la nomination de Claude Guéant à l'Intérieur : leur rythme de progression annuelle est passé de +1,6% en novembre à +3% en mai.
Les violences physiques crapuleuses (vols violents et infractions connexes) expliquent à plus de 55 % cet accroissement. Les menaces et chantages ont également cru de 3,6 % (soit + 2 896 faits constatés).
Les taux d’élucidation se sont dégradés en mai 2011 (-0,45 point pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique ; - 0,2 point d’affaires résolues pour les violences physiques crapuleuses ; -0,3 point pour les vols par effraction de locaux industriels et commerciaux ; - 1,4 point pour les vols par effraction de résidences principales et secondaires), sauf pour la criminalité organisée (+5,8 points) et les atteintes aux biens (+ 0,8 point).
Plus de violence moins d'élucidations. Voilà le bilan de Sarkozy qui dirige la lutte contre la délinquance et est le pouvoir sécuritaire à lui tout seul depuis bientôt dix ans. Dire qu'il aime employer la courte phrase : j'assume. va-t-il donc assumer cet échec ? la presse va t-elle le lui rappeler ? J'en doute.
Les deux seuls points positifs sont les attaques au biens avec - 1,8 % mais avec un taux d'élucidation de 15 % et une augmentation de 12,5 % des personnes mises en cause, mais comme globalement le taux d'élucidation baisse ce taux n'est pas suffisant. Il faut aussi noter avec force que nombre de plaintes ne sont pas déposées dont le chiffre ahurissant de 90 % pour agression sexuelle et seulement de 40 à 50 % pour vol avec violence ce qui rend encore plus sombre ce tableau.
Comme Nicolas Sarkozy s'est fait élire, entre autres, sur sa capacité à rétablir la sécurité, bien qu'il soit allé d'échec en échec, alors que la presse a fait de ce pouvoir inefficace une légende d'activité performante, il serait juste que cet échec ait l'effet inverse : son échec à lui, un échec électoral comme le mérite la justice des faits et le bien être de la France. La presse joue un sale tour à la démocratie en ne diffusant pas largement ce rapport qui éclairerait les Français sur la réelle capacité de gouverner de ce pouvoir et sur sa réelle capacité. C'est pourtant une nécessité et une urgence démocratique que de le savoir.
La vérité est simple : échec sécuritaire absolu de la politique initiée, poursuivie et appliquée par Nicolas Sarkozy.
Il nous reste un peu plus de dix mois pour nous débarrasser de ce pouvoir. Faisons notre Révolution du jasmin.
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Si vous êtes intéressés par les textes ci-dessous, vous pouvez les retrouver en cliquant sur les liens et ce totalement gratuitement car il est hors de question que je touche un Kopek sur le dos de la Sarkozye qui, étant le règne du bling bling et de l’argent roi et corrupteur, sera combattue par son contraire : la gratuité (ou en compensation faire un don à Agoravox ou vous abonnez à Médiapart). Pour simple information, si vous êtes sur iPhone ou iPad, sans flash, en haut de la page dans le bandeau vous pouvez télécharger les textes en pdf, et pour tous les diffuser le plus possible autour de vous. Pour le télécharger il y a un onglet sous le texte. Il faut vous inscrire à Issuu ce qui permet aussi de télécharger tous les textes nombreux et intéressants de ce site. Sinon vous pouvez toujours vous désinscrire ensuite. Si tout cela vous gêne je pourrais vous les envoyer par e-mail (imhotep.forumlogos@free.fr). Le texte sur Woerth est régulièrement mis à jour (aujourd’hui 13é version du 24 avril 2011) :
- l’affaire Karachi
- l’affaire GDF
- l’affaire Tapie
- l’affaire Clearstream
- l’affaire Bettencourt
- les affaires Wildenstein
- l'affaire César
- l'affaire Pleyel
- l’affaire de Compiègne
- l’affaire Peugeot
- les micros partis de Copé, Wauquiez, Woerth, Sarkozy etc.
- l'affaire du Fetia Api
- les discours de Dakar, Riyad, Latran et du Puy en Velay, la lettre de Guy Môquet, le parrainage d'un enfant de la Shoa, sur la mort de Ben Laden
- l'invitation des dictateurs pour le 14 juillet, celle de Kadhafi avec les ors, le tapis rouge, les petits plats dans les grands, le copinage avec Santos, les silences sur le Tibet, le Darfour, le prix Nobel de la paix, la présence l'ouverture des JO de Pékin et le fils Louis dans les bras de Poutine
- les fils Pierre et Jean invités dans les voyages officiels à l'étranger (Mexique, Maroc) alors qu'ils ne représentent aucun intérêt pour le bien de la nation.
- la gestion catastrophique de la crise Géorgienne (le Russes y sont encore et ont implanté des bases de missiles), celle de la crise financière, celle de l'Europe, celle des révolutions tunisienne et égyptienne, le fiasco libyen
- l’affaire de la Jatte, du Fouquet's payé par Desmarais, du Paloma payé par Bolloré, de la villa mexicaine, de Wolfeboro payé par les dirigeants de Prada et Tiffany, des repas au Bristol 2 fois par semaine, du voyage en Egypte …
- l’affaire Pérol
- l’affaire de l’Epad (et du scooter)
- Gandrange
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Grèce : Sarkozy et la BCE ne veulent pas faire payer les banques
22/06/2011 14:02 par rgrs
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Grèce : Sarkozy et la BCE ne veulent pas faire payer les banques
22/06/2011 14:02 par rgrs
Réunis au chevet de la Grèce, les grands argentiers de l'Eurozone ont conditionné le déblocage de la deuxième tranche d'aide (110 milliards d'euros de prêts sur trois ans) à des privatisations supplémentaires et de nouvelles mesures d’austérité. Contrairement à l’Allemagne qui voulait mettre les créanciers (banques et assureurs) à contribution, Nicolas Sarkozy et la Banque Centrale Européenne ont imposé une solution qui exonère les financiers privés de tout sacrifice.
Comme le faisait remarquer Arnaud Montebourg au Grand Jury RTL-Le Figaro, la question qui se pose, c'est de savoir "qui doit payer la facture" : les Grecs, les contribuables européens ou les banques par un effacement partiel de la dette ?
La morale voudrait que l'effort soit réparti équitablement entre ces trois catégories. Le député de Saône-et-Loire fait remarquer que "les programmes d'aide ont été une très bonne affaire pour ceux qui ont prêté" et s'interroge sur l'impunité des banques : "est-ce que ce sont les banques qui vont continuer à faire danser les Etats et les contribuables ?"
La question n'est pas neutre d'autant que la menace d'un effet domino à d'autres pays de la zone euro ne peut être écartée.
Fatiguée de jouer les pompiers, l'opinion publique Allemande, par la voix de sa Chancelière, demandait une mise à contribution du secteur financier privé.
Au final l'effort arraché aux banquiers et assureurs est insignifiant à savoir, remplacer les prêts arrivant à maturité par d'autres de même montant. Ce lissage a été assuré sous la double pression de Nicolas Sarkozy et de Jean-Claude Trichet. Non seulement, l'engagement des investisseurs se fera sur la base du volontariat mais il ne s'agit que d'un rééchelonnement, en aucun cas d'un effacement partiel de la dette. A l'aune des nouveaux efforts draconiens demandés au peuple grec, le décalage est saisissant.
On est donc très loin de la contribution "substantielle" que demandait au départ Angela Merkel. Passés les effets de tribune devant les délégués de son parti à Berlin, la Chancelière a tout lâché pour se ranger derrière la solution défendue par la France et la BCE sur le modèle de "l'initiative de Vienne".
La pilule est difficile à avaler Outre-Rhin où l'on a à l'esprit que les Banques et assureurs ont massivement investi dans la dette grecque et engrangent, grâce à des taux d'intérêt d'usurier, des sommes colossales sans vouloir assumer un risque qu'ils facturent pourtant au prix fort.
Le quotidien Les Echos donne les clés de compréhension du recul d’Angela Merkel : "A Luxembourg, les ministres se sont aussi faits sermonnés par le directeur général adjoint du FMI, John Lipsky, qui leur a demandé d'arrêter leurs enfantillages « improductifs » sur le « reprofilage » de la dette. Il leur a rappelé qu'une mauvaise gestion de la crise de la dette souveraine des pays périphériques pourrait affecter la solidité des banques européennes et déclencher ainsi une nouvelle crise systémique. Enfin, il leur a répété que le FMI ne déboursera rien tant qu'il n'aura pas de visibilité sur le financement à plus long terme du pays".
Nicolas Sarkozy a défendu lui avec succès les banques françaises très impliquées dans la dette grecque (publique et privée) puisqu'elles en détiennent 41% ce qui équivaut à environ 60 milliards d'euros. Il réalise au passage un nouveau grand écart entre les déclarations incantatoires de moralisation du système financier et les travaux pratiques.
La crise grecque devrait être l'occasion de faire un peu le ménage dans les institutions européennes notamment la BCE qui a prêté massivement des liquidités aux banques à des taux très bas allégrement reprêtées avec une marge confortable aux États afin de combler leur déficit.
Plutôt que de continuer à mettre du beurre dans les épinards des banquiers et de leurs actionnaires une solution aurait pu résider dans l'émission d'Euro-obligations (Eurobonds) pour financer les dettes des Etats.
Au-delà de l'urgence financière, on peut reprocher aux dirigeants européens leur incapacité à esquisser des perspectives et à poursuivre l'approfondissement de l'Union à partir des crises qu'elle traverse. C'est d'ailleurs, selon Les Echos, ce qu'a, une nouvelle fois, vainement réclamé Jean-Claude Juncker.
Ce changement de braquet est appelé de ses vœux par Nicolas Demorand dans Libération et il a raison. Avec la crise grecque, l'Europe se retrouve à la croisée des chemins : progresser ou régresser. Une alternative que le patron du quotidien de gauche résume dans la formule "la faillite ou le fédéralisme".
Faute de s'inventer un avenir notre continent risque d'être rattrapé par ses vieux démons du passé. A ce titre, l'évocation de plus en plus fréquente en Grèce de la question des réparations allemandes (jamais versées) au titre de la seconde guerre mondiale constitue un signal d'alerte et une porte ouverte au délitement de 60 ans de construction européenne.
par Henry Moreigne
http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/grece-sarkozy-et-la-bce-ne-veulent-96343
Le grand copinage européiste !
22/06/2011 13:39 par rgrs
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Le grand copinage européiste !
22/06/2011 13:39 par rgrs
La Confédération Européenne des Syndicats (CES) a remis le "prix de l'Europe sociale"(sic) à Jacques Delors !
Et oui le grand copinage des adeptes de l'Europe fédéraste, de la concurrence libre et non faussée vient d'éclater au grand jour !
Jacques Delors, qui fût Ministre de l'Economie et des Finances dans les gouvernements Mauroy de 1981 à 1984 et le père de la rigueur salariale et du monétarisme et aussi le chantre en 1983, du maintient du Franc dans le Système monétaire européen (et donc du maintient de la France dans l'Europe fédérale !) ! Jacques Delors qui a été de 1985 à 1994, le Président de la Commission a toujours mis en avant son projet d'effacement des Etats-Nations et d'un système Supranational permettant une liberté totale pour les marchés, les capitaux, les marchandises, les hommes ! Tour à tour, sous sa présidence, fut signé, l'acte unique, la liberté totale des capitaux, le marché unique, les plans de stabilité, les directives européennes de démantèlement des services publics par une ouverture des différents secteurs à la concurrence puis le fameux traité de Maastricht avec son organisation et sa monnaie l'euro.
L'Europe sociale de Delors c'est celle du chômage, de l'austérité, de la privatisation des services pubics, de la fin des acquis sociaux et de l'état providence, de la mise sous tutelle des Etats-Membres bref, la fin de la souveraineté des Etats-Nations et du peuple citoyen.
L'UE et l'euro ne sont-elle pas les nouvelles prisons des peuples et les fossoyeurs de la souveraineté des Etats-Nations !
Citoyens, Chers lecteurs, pour ne rien vous cacher, je ne fus point surpris de ce copinage entre politiques et syndicats de salariés mais également le copinage syndical et politique avec tout le gratin du monde de la finance et des multinationales s'abreuvant aux mêmes sources qu'est le capitalisme transnational et apatride, le libre échange, l'effacement des Etats-Nations et le démantèlement de la République.
A l'heure où le peuple Grec est touché par un énième plan d'austérité qui sent le rationnement et l'économie de guerre et bien de voir la CES remettre au Sieur Jacques Delord, un prix pour l'Europe sociale montre ce grand copinage qui relie: politiques européistes de droite et de gauche (surtout de gauche !), syndicats de salariés, pontes de la finance, grands capitalistes sans patrie, oligarques de la Commission.
Tout cela montre la domestication des syndicats de salariés par l'Union Européenne et l'idéologie européiste anti-nation et contre républicaine !
Désormais, l'heure est au grand copinage et donc à la domestication !
C'est vrai que la classe ouvrière est une fois de plus la cocue dans l'histoire ! Cette classe ouvrière abandonnée, trahie et méprisée par la gauche politique et en passe d'être trahie et abandonnée par la "gauche" syndicale ! En Euroland comme en Boboland, l'heure est aux classes moyennes et à la petite bourgeoisie urbaine et péri-urbaine aussi bien en France qu'en Europe ! La gauche politique quelqu'elle soit a fait sa mue, maintenant c'est au tour des syndicats de la faire ! Ce prix à Delors montre la première étape : la domestication ; ensuite viendront les suivantes : l'abandon des ouvriers au profit de la défense des employés aisés, des cadres, de la bourgeoisie urbaine. Bref, remplacerle social et le républicain par le sociétal et l'urbain ! La boucle sera bouclée et le petit peuple ouvrier n'aura plus que ces yeux pour pleurer !
Salut et Fraternité.
D.P.
http://darthe-payan-lejacobin.over-blog.com/article-le-grand-copinage-europeiste-77399309.html
L’Igas s’attaque à la réforme du médicament. Ça saigne.
22/06/2011 13:30 par rgrs
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L’Igas s’attaque à la réforme du médicament. Ça saigne.
22/06/2011 13:30 par rgrs
Quelques mois après le scandale du Médiator, l'Inspection générale de l’action sanitaire (Igas) rend un rapport explosif. Jean-Claude Jaillette en détaille les principaux points, qui visent à donner à la France « une politique du médicament tournée vers la santé publique » et qui « profite au malade ».
Voilà un rapport qui fera date. Sa sortie était attendue avec impatience, sa lecture ne déçoit pas. Un chambardement s’annonce. Un séisme même. Quelques mois à peine après l’enquête sans concession sur les causes du scandale du Mediator, l’Igas (Inspection générale de l’action sanitaire) avance des solutions pour réformer la politique du médicament en France.
Tirant les leçons de l’échec flagrant du système de surveillance des effets secondaires du médicament, les gendarmes de la santé ne s’embarrassent pas de formules diplomatiques. L’heure est grave, les institutions ont failli, le principe des agences indépendantes chargées des autorisations de mise sur le marché et de la surveillance « dotées de fortes compétences et que l’on concevait comme incorruptibles, afin de créer des lieux de résistance aux firmes plus forts que l’Etat » a échoué. Le message est clair : que tous ceux qui s’imaginaient que la résolution de la crise se limiterait à faire de Servier un bouc émissaire et que les structures de l’Etat chargées de la santé publique seraient épargnés, ceux-là se trompent.
« De graves défaillances globales des politiques et autorités publiques du médicament au général et du système français de pharmacovigilance » se sont révélées. Il faut donc réformer et donner à la sécurité sanitaire tout son sens, « une prérogative régalienne de l’Etat », mise à mal par le système européen qui permet à un laboratoire de choisir le pays dans lequel il préfère demander une autorisation de mise sur le marché et qui vaudra ensuite pour toute l’Europe.
« Il n’existe pas dans ce pays de politique du médicament ». L’Igas porte le fer là où ça fait mal. Sans détours : « Une politique publique suppose l’existence : de principes débattus collectivement, compris et partagés ; de travaux de prospective et de comparaison internationale ; d’objectifs clairs, crédibles, tournées vers les citoyens ; de règles suffisantes et équilibrées entre les parties en présence ; de ressources humaines, matérielles et financières ; d’institutions efficaces, cohérentes dans leurs attributions respectives et articulées entre elles dans leur fonctionnement ; d’un centre de décision, compétent, identifié, responsable. »
La mission de l’Igas l’a constaté, avec « désolation »: rien de tout cela ne fonctionne, ce qui devait inéluctablement conduire à une catastrophe de santé publique comme le Mediator, pour peu qu’un laboratoire particulièrement habile dans l’art de jouer des faiblesses de l’Etat s’en mêle.
Alors comment s’en sortir ? Il faut mettre fin à la multiplication sans fin des médicaments, présentée par l’industrie comme seule garantie « du progrès médical global ». Au contraire, elle produit « un encombrement thérapeutique préjudiciable à la santé publique ». Il faut, selon les rapporteurs, agir sur deux leviers : d’une part, l’autorisation de mise sur le marché doit être plus stricte, et d’autre part la pharmacovigilance une fois le médicament prescrit doit être repensée. Le principe est de « rééquilibrer les relations entre l’Afssaps et les laboratoires », en étant intransigeant sur les données fournies par les laboratoires, notamment quand des études complémentaires en cas de doute sont demandées, en étant inflexible en cas de conflit d’intérêts, quitte à annuler les décisions favorables en cas de manquement aux règles déontologiques.
Au passage les rapporteurs propose deux révolutions : 1. Supprimer la visite médicale « impossible à réformer » ; 2. Rebaptiser l’ « Amm, autorisation de mise sur le marché » qui traduit « l’emprise des considérations industrielles et commerciales dans le processus de décision », et de la nommée « Appréciation thérapeutique ».
Qu’entend l’Igas par « changer la culture et la méthode de la pharmacovigilance » ? Utiliser à plein les bases de données de l’Assurance maladie, unique en Europe par la quantité d’informations dont elles disposent, élargir le nombre de lanceurs d’alertes en s’appuyant sur les réseaux professionnels comme sur les associations de patients, et faire en sorte que la logique d’évaluation « profite au malade et non au médicament ». En clair, que le doute profite aux patients et non plus aux laboratoires. « Il est temps de doter notre pays d’une politique du médicament tournée vers la santé publique. » écrivent les rapporteurs. L’exact inverse de ce qui s’est passé tout au long des dix années durant lesquelles le Mediator aurait dû être interdit. Une révolution en quelque sorte.
Jean-Claude Jaillette - Marianne
(dessin Louison)
Délinquance des mineurs : l’échec majeur de Nicolas Sarkozy
22/06/2011 13:26 par rgrs
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Délinquance des mineurs : l’échec majeur de Nicolas Sarkozy
22/06/2011 13:26 par rgrs
Le gouvernement se prépare à une énième réforme de la justice des mineurs. Un nouvel empilement de mesures dans un système à bout de souffle.
Ce n’est plus une politique pénale, c’est un inventaire à la Prévert. Depuis 2002, l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs a été modifiée 11 fois soit près d’un tiers de toutes les modifications depuis 1945. Et depuis mardi, l’Assemblée nationale débat d’un énième projet de loi sur la question. Il prévoit notamment un tribunal correctionnel spécial pour les mineurs de plus de 16 ans récidivistes, le placement sous bracelets électronique des plus de 13 ans ou le passage en comparution immédiate sans entretien préalable avec le juge pour enfants. Selon le Figaro, une proposition de loi du député UMP Eric Ciotti devrait voir le jour créant un « service civique obligatoire » pour les jeunes délinquants avec un possible encadrement militaire.
Hasard du calendrier, lundi, on apprenait que dans l’Hérault, une collégienne de 13 ans est morte suite aux coups particulièrement violents d’un adolescent de 14 ans. Tout ça pour une rivalité amoureuse.
Invité de RTL, mardi matin, Michel Mercier, ministre de la Justice, est revenu sur son projet de loi. Une nouvelle fois, il a répété le credo de ses prédécesseurs mais aussi de Nicolas Sarkozy : « adapter la justice des mineurs (…) au monde d'aujourd'hui » tout en « respectant les principes constitutionnels qui la fondent ». Est-ce une manière d'avouer que depuis 9 ans, la droite était aveugle aux évolutions de la société ?
Inventaire à la Prévert
Et pourtant les réformes à ce sujet sont nombreuses : détention provisoire dès l’âge de 13 ans, abaissement de la responsabilité pénale à 10 ans, création des centres éducatifs fermés puis des établissements pénitentiaires pour mineurs, couvre-feu, suppression de l’excuse de minorité pour les plus de 16 ans multirécidivistes coupables de crimes et délits graves contre les personnes.
Certaines mesures sont parfois retoquées. En 2009, Rachida Dati avait avancé, sans succès, l’idée d’incarcérer les mineurs dès l’âge de 12 ans. Le Conseil constitutionnel avait censuré en mars la possibilité de punir d’une peine-plancher les mineurs primo-délinquants
Et tout ça, pour quel bilan ? Entre 2004 et 2009, selon l’ONDRP, la part des mineurs parmi l’ensemble des mis en cause pour crimes et délits est restée stable autour de 18%. Dans son rapport 2009, l’Observatoire note également que si le nombre de majeurs mis en cause pour des violences ou menaces contre les personnes a augmenté de 33% entre 2003 et 2008, celui des mineurs est monté de 58%. Le nombre de mineurs mis en cause pour violences contre dépositaires de l’autorité publique a augmenté de 90% dans le même créneau. Autre exemple du fiasco, les EPM sont surtout connus pour les suicides et les actes de violences s’y déroulant. Un rapport de novembre 2010 pointait déjà les dysfonctionnements au sein de ces établissements. Rien ou peu en est concrètement ressorti.
Dilemmes à gauche
Tout cela n’empêche pas la droite de continuer ses gesticulations. Reste à savoir ce que va proposer la gauche. Le gouvernement Jospin avait déjà créé les centres éducatifs renforcés, alimentant les polémiques sur le retour des maisons de correction. Jean-Pierre Chevènement avait également choqué en parlant des « sauvageons » suite au meurtre d’une épicière par un adolescent de 14 ans. Preuve que la gauche est partagée entre son attachement à une justice spécifique pour les mineurs et une nécessaire attention aux craintes de l’opinion publique sur une jeunesse de plus en plus violente.
Des dilemmes qui n’ont été résolus à l’aube de la campagne présidentielle. En 2006, Ségolène Royal avait fait scandale en proposant un encadrement militaire des jeunes délinquants. Elle a récemment repris cette idée, mettent au défi Eric Ciotti de la réaliser. Si le sénateur François Rebsamen, soutien de François Hollande, a approuvé la proposition de l’ex-candidate, Jean-Jacques Urvoas, chargé des questions de sécurité l’a en revanche écarté. Combattre la délinquance des mineurs n’est décidément pas un jeu d’enfant.
Tefy Andriamanana - Marianne