L’inacceptable ingérence américaine
28/07/2011 14:41 par rgrs
Extrait du Langage de vérité de Malika Sorel:
« Wikileaks a publié un câble diplomatique intitulé “Minority Engagement Strategy” qui émane de Charles Hammerman Rivkin, l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique en France, nommé par le président Barack Obama le 1er juin 2009 rendant compte de ses activités :
“[…] l’ambassade de Paris a créé une stratégie d’engagement pour les minorités qui englobe, entre autres groupes, les populations musulmanes françaises et répond aux objectifs du REFTEL A […] Nous focaliserons notre discours sur le problème des discriminations. Lorsque nous nous exprimerons en public sur la communauté des démocraties, nous mettrons en avant, parmi les qualités de la démocratie, le droit d’être différent, la protection des droits des minorités, la valeur de l’égalité des chances, et l’importance d’une représentation politique fidèle […]
De plus, nous continuerons et renforcerons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer le programme d’histoire enseigné dans les écoles françaises, pour qu’ils prennent en compte le rôle et les perspectives des minorités dans l’histoire de France […]
Lorsque nous enverrons des dirigeants français aux États-Unis, nous inclurons, aussi souvent que possible, une partie de leur voyage qui se focalisera sur l’égalité des chances. […]
Lancer une campagne de sensibilisation agressive vers les jeunes : nous continuerons nos efforts de sensibilisation des jeunes pour communiquer sur nos valeurs partagées avec les jeunes Français de tous milieux socio-culturels. […]
En pesant fortement sur les médias, nous voulons gagner la confiance et améliorer notre compréhension des jeunes de différentes origines. […]
Pour atteindre ces objectifs, nous nous baserons sur les programmes extensifs de diplomatie publique déjà en place, et développerons des moyens supplémentaires pour influencer la jeunesse française, utilisant de nouveaux médias, des partenariats d’entreprises, compétitions nationales, évènements ciblés de sensibilisation, et spécialement avec des invités américains […]
En s’appuyant sur notre travail avec les deux sites Web de premier plan axés vers les jeunes musulmans de langue française – oumma.fr et saphirnews.com –, nous soutiendrons, formerons et nous investirons dans des médias et des militants politiques qui partagent nos valeurs […]
De plus, nous suivrons attentivement les mesures abstraites de succès : un sens d’intégration, par exemple, parmi les jeunes minorités françaises, et un espoir grandissant qu’eux aussi peuvent représenter leur pays chez eux et à l’étranger, et même un jour arriver au sommet de la vie publique française en tant que président de la République […]” »
Voici ce que le Figaro publie aujourd’hui (21 juillet 2011) : « Chassez la statistique ethnique, elle revient au galop. Dix élus de banlieue d’origine maghrébine viennent de rentrer des États-Unis convaincus qu’il faut relancer le débat sur ce mode de recensement des populations encore proscrit en France. Ils annoncent qu’ils s’y emploieront dès septembre, alors que toutes les tentatives, plus ou moins soutenues par les autorités, se sont heurtées jusqu’à présent à un obstacle légal, constitutionnel et culturel […] Conviés huit jours à Washington par l’ambassade des États-Unis à Paris, tous sont revenus conquis par le système américain […] »
Les statistiques ethniques sont dangereuses pour notre pays. J’avais développé ce point lors de mon audition par la commission Veil sur le Préambule de la Constitution. Nous ne possédons pas la même histoire que le peuple américain. Barack Obama lui-même avait rendu responsable de bien des maux la fracture raciale inscrite dans le marbre du fait de cette catégorisation de la population.
Le peuple américain tolèrerait-il une telle ingérence dans sa politique intérieure ? Non, et c’est bien normal, compréhensible et respectable. Pourquoi acceptons-nous cette ingérence ? Notez le caractère incroyablement insolent de l’entreprise : on agit de manière décomplexée, au vu et au su de tous. Jamais le Général de Gaulle ne l’aurait toléré ! Quand notre gouvernement ou notre Président de la République signifieront-ils aux Américains qu’ils doivent cesser leur ingérence dans la politique intérieure française ? Quand nos parlementaires prendront-ils position et agiront-ils pour que notre pays cesse de constituer une zone d’intervention pour une puissance étrangère, fût-elle “amie” ?
http://www.gaullisme.fr/2011/07/24/ingerence-americaine/
par Nicolas Dupont-Aignan – Député de l’Essonne – Président de Debout la République
Bien que la crise de l’euro s’aggrave, force reste au dogme qui paralyse les esprits depuis 20 ans. Hélas, car l’adoration de la monnaie unique charrie deux mensonges qu’il faudrait pourtant surmonter pour qu’enfin émerge une solution crédible à la crise.
Le premier mensonge est de faire croire que l’euro n’a aucune responsabilité dans la crise de la dette des pays du Sud et de la France.
La crise de la dette proviendrait d’un excès de dépenses lié à la légèreté des dirigeants et des peuples. Il suffirait donc d’imposer l’austérité pour en sortir. C’est loin d’être aussi simple ! Si les gouvernants grecs ont manqué de sérieux, n’oublions pas que les Espagnols et les Irlandais étaient cités en exemple par la Commission de Bruxelles pour leur budget en équilibre.
En vérité, c’est l’application d’un taux d’intérêt unique à des économies au taux d’inflation différent qui a suscité des bulles gigantesques d’endettement en Espagne ou en Grèce. Les bons docteurs de l’euro ne l’avouent pas, mais jamais de tels niveaux d’endettement auraient pu voir je jour du temps des anciennes monnaies nationales. Tout simplement parce que les prêteurs internationaux n’auraient pas accordé un niveau pareil de crédit – de surcroît au tarif bon-marché pratiqué à la solide Allemagne – à des pays aussi fragiles. A cet égard, l’euro a été aux dettes souveraines européennes ce que la vente libre d’armes à feu est au nombre considérable d’homicides aux Etats-Unis : un pousse-au-crime !
La crise de la dette provient aussi des déficits extérieurs des pays du Sud et de la France qui n’ont pas supporté la force de l’euro cher. Les exportations diminuent, les importations augmentent, les déficits extérieurs explosent, les entreprises délocalisent et l’investissement productif diminue. Il suffit de regarder les chiffres. La France a ainsi un déficit commercial en 1 mois de 7 milliards d’euros (mai 2011) égal à celui d’une année en 2004 !
C’est encore pire ailleurs. Au même moment, l’excédent commercial allemand augmente toujours plus. A ceux qui s’étonnent, c’est exactement ce qui arrive quand on impose une monnaie unique à des économies différentes. Les plus compétitives concentrent encore plus les richesses, les moins compétitives s’appauvrissent.
Auparavant cet écart de compétitivité était régulièrement effacé par les ajustements monétaires : le mark était réévalué, la lire était dévaluée, les importations étaient freinées, les exportations dopées, les balances commerciales se rééquilibraient, le pays retrouvait ses emplois. Pire des systèmes me rétorquera-t-on ! Oui, de même que la démocratie, qui est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres…
En interdisant cet ajustement salutaire, l’euro accroit les déséquilibres. Le chômage et la dette servent de variable d’ajustement au déficit de croissance.
Le second mensonge répandu dans les médias survient alors. Il suffirait de mener une politique unique pour mettre fin à ces déséquilibres. Imposons un gouvernement économique européen et tout s’arrangera !
Malheureusement aucun gouvernement aussi puissant soit-il ne pourra corriger les déficits de compétitivité des uns et freiner l’avance des autres. Comment un Ministre des Finances européen ferait-il en sorte que la Grèce baisse ses prix de 40%, pourrait-il uniformiser des pays aux structures sociales, politiques, culturelles aussi différentes que la Grèce et l’Autriche et égaliser les démographies française et allemande ?
La seule solution serait alors de prendre acte de la concentration des emplois dans l’Europe du Nord et d’effectuer des transferts financiers gigantesques vers le Sud. En un mot, doubler les impôts des Allemands pour financer des allocations dans le reste de l’Europe.
Quel gouvernement du Sud pourrait-il accepter de voir ses concitoyens devenir des assistés, soumis à la loi du payeur ? Quel gouvernement du Nord pourrait-il accepter de voir ses habitants taxés sans garantie d’aucune efficacité ? L’exemple de l’Allemagne de l’Est montre bien 20 ans après que l’exercice est difficile même pour un pays à la langue et à l’histoire commune, artificiellement divisé en deux par les vicissitudes de la géopolitique.
Et puis, comment procéder à ce « bond fédéral » ? Par référendum ? Après les « non » français et néerlandais de 2005, bafoués en catimini quelques années plus tard par des votes parlementaires, il est impossible aux gouvernants européen de se frotter de nouveau à la démocratie directe, pourtant seule capable de conférer à l’opération la légitimité populaire nécessaire. Les voilà rattrapés par l’addition de leur mauvais tour de passe-passe, qu’ils s’imaginaient avoir pu perpétré à bon compte !
On le voit donc bien, l’idée d’un gouvernement européen est un mythe qui ne vise qu’à perpétuer une logique d’endettement sans s’attaquer aux causes de la dette : l’économie réelle des pays.
Cette fuite en avant dans le mensonge n’a qu’un but : sauver l’euro, une construction dogmatique contraire aux lois de l’économie les plus élémentaires. Mais en voulant sauver l’euro, les dirigeants aveugles sont en train de détruire l’Europe. Car, l’Europe n’a de sens que si elle permet à chaque peuple de prospérer davantage avec les autres que seul isolément. L’Europe n’a de sens que si elle s’appuie sur des nations épanouies qui coopèrent entre elles. Or là, c’est tout l’inverse, des peuples sont appauvris et humiliés.
Les européens sincères et lucides devraient donc avoir le courage de préférer l’Europe à l’euro.
La question n’est donc plus de savoir si la zone euro explosera, mais quand et comment.
Le plus tôt serait le mieux. Car il n’y a aucun intérêt à surendetter ceux qui s’en sortent aujourd’hui pour remplir une baignoire dont la bonde est ouverte. Comment ?
Il est possible de garder le seul avantage de l’euro (une monnaie de réserve à terme) tout en enlevant ses inconvénients en transformant la monnaie unique en monnaie commune.
En réalité le plan B existe : il faut permettre aux pays dont l’économie n’est pas adaptée à l’euro conçu et géré pour l’Allemagne, de quitter la monnaie unique de manière ordonnée. La France aussi serait concernée par ce départ, à la suite duquel une monnaie commune européenne et non plus unique serait fondée à partir de l’euro et des autres monnaies nationales restaurées. Ce nouveau système permettrait de changer une fois l’an les parités entre les différentes monnaies européennes, afin d’assurer à chaque pays une compétitivité monétaire raisonnable à l’intérieur de l’UE et ce, tout en continuant à avoir face aux autres grandes devises mondiales une devise européenne unifiée.
Afin de ne pas augmenter leur dette libellée en euro les pays devant sortir de la monnaie unique, l’annonce officielle de sa disparition prochaine devrait permettre de faire sensiblement baisser l’euro face au dollar, et rendre ainsi soutenable les dettes souveraines des candidats au retour de la monnaie nationale.
Une fois disparu le verrou de l’euro, chaque pays pourrait retrouver les moyens de rétablir sa compétitivité, restructurer sa dette souveraine si elle est trop importante, relancer ses exportations vers les pays de l’euro-mark, etc.
Bien entendu, les Etats apporteraient alors leur garantie à leurs épargnants pour empêcher qu’ils fassent les frais des pertes essuyées par leur banque. Ce serait d’ailleurs l’occasion de reprendre en main le système financier en séparant banque de détail et banque d’investissement. Enfin, une grande politique de relance industrielle à l’échelle européenne, couplée avec des mesures protectionnistes contre les produits déloyaux des pays émergents, pourrait permettre à l’Europe de prendre un nouveau départ, à tout le moins d’espérer à nouveau en des lendemains plus cléments.
Cette sortie par le haut de la crise des dettes souveraines constituerait un désaveu profond pour l’Europe intégrée bâtie depuis 20 ans et les dirigeants qui ont construit leur carrière sur elle. Mais ne serait-ce pas peu cher payé, en comparaison de ce qui nous attend si nous laissons ces mêmes dirigeants nous conduire à la catastrophe pour sauver leur chimère ?
http://www.gaullisme.fr/2011/07/24/sauver-l%e2%80%99europe-plutot-que-l%e2%80%99euro/
Les mois passent et Jean-Louis Borloo devance de plus en plus régulièrement François Bayrou dans les sondages. Jusqu'à présent discret, voire invisible, le patron du Modem semble enfin décidé à faire entendre sa voix. Ou plutôt sa verve anti-Borloo.
Pas question de se laisser dépasser sans réagir ! Depuis que Jean-Louis Borloo lui grille la priorité dans les sondages et autres cotes de popularité, François Bayrou voit rouge. Crédité de 6,5% d’intentions de vote dans la dernière étude Ifop pour France-Soir contre 7,5% pour le patron des Radicaux en cas de candidature Hollande – seule la candidature Royal semble favorable à Bayrou- , le président du Modem ne compte pas observer, les bras ballants, son rival valoisien lui siphonner son magot électoral. Alors, avant de partir en vacances, il s’offre une petite tournée médiatique. Pour présenter son projet ? Non, pour tomber à bras raccourcis sur Borloo.
Pour être sûr que le message passe bien, Bayrou enfonce le clou sur RMC. Interrogé sur sa cote de popularité inférieure à celle de Borloo (42 % contre 48 %), il martèle : « Ils ont été les principaux soutiens de tout ce qui s’est fait depuis des années […] quand c’était le bouclier fiscal je votais contre et eux votaient pour. » Au cas où certains auraient oublié l’épisode du remaniement de novembre dernier, le président du Modem ajoute : « Ils voulaient même devenir Premier ministre tellement ils aimaient Nicolas Sarkozy. » Borloo=Sarko, l'équation paraît un peu simpliste. Et surtout, ça ne fait pas un programme.
Laureline Dupont - Marianne
http://www.marianne2.fr/Bayrou-cogne-Borloo-le-vrai-centre-c-est-pas-lui-c-est-moi-_a208853.html
Effrayé par la publicité accordée au fait que la France s’est engagée à hauteur de 15 milliards d’euros supplémentaires pour le nouveau plan grec, le gouvernement tente de monter une ligne de défense assez habile mais malhonnête qui consiste à minorer l’engagement budgétaire de notre pays.
Une énième aide aux institutions financières
Pour présenter le nouveau plan d’aide aux créanciers de la Grèce aux Français, le gouvernement s’appuie sur un axe de communication assez habile. Le premier consiste à parler d’un plan d’aide à la Grèce. En effet, cela est plus positif que de parler de la réalité, à savoir un plan d’aide aux créanciers de la Grèce, à nouveau les institutions financières. Car sans plan d’aide, la Grèce ferait défaut et ce sont donc les créanciers qui se retrouveraient en difficulté…
En fait, il y a deux moyens de sortir la Grèce de son impasse. D’une part, le mécanisme actuel qui consiste à donner de l’argent à Athènes pour qu’elle honore ses créances. Dans ce cas, les institutions financières sont à peu près épargnées (pas totalement, grâce à l’action de l’Allemagne) et c’est la Grèce qui subit l’austérité et la mise sous tutelle. L’option du défaut aboutirait à l’inverse puisque ce sont les banques qui auraient alors besoin d’aide. Il est intéressant de constater que la solution choisie favorise outrageusement le système financier par rapport aux Etats et aux peuples…
Quand les Etats font du hors bilan
Le mécanisme européen d’aide est particulièrement intéressant également car il repose sur les mêmes mécanismes qui nous ont amené à la crise financière de 2008. En effet, pour éviter d’avoir à emprunter 440 milliards pour prêter aux pays en difficulté, les Etats européens ont mis en place un Fonds Européen de Stabilisation Financière. Ce fonds ne disposera que de 80 milliards d’euros en capital mais des garanties étatiques lui permettront d’en prêter 5,5 fois plus.
En clair, les Etats européens font comme les banques, à savoir qu’ils utilisent l’effet de levier en transformant 80 milliards en 440 et, mieux, arrivent à sortir cela de leur budget, un peu comme quand les banques font du hors-bilan, en déplaçant des éléments comptables en dehors de leur bilan. François Baroin est d’une malhonnêteté crasse quand il dit que ce n’est pas la France qui prête mais le FESF. Car le fonds européen n’est pas un tiers indépendant, ce fonds, c’est aussi nous.
Bref, alors que nous affrontons une crise des dettes souveraines, nous ajoutons un nouvel étage de dette ! Il est étonnant que si peu de monde s’en soit ému. Mieux, comme l’admet le ministre, ces engagements auront bien une conséquence comptable pour notre pays puisque la part de la France sera bien intégrée à notre dette publique. En outre, la France devra bien avancer sa quote-part du capital (les 80 milliards), soit un peu plus de 16 milliards (que nous devrons emprunter).
Le montant de la facture
Mais il y a une autre subtilité que j’ai découverte en étudiant les documents européens officiels. Pour prêter 440 milliards, le FESF demandait non seulement 80 milliards de capital, mais également une garantie (caution) des Etats à hauteur de 120% des prêts accordés (au cas où il y ait des défauts). En clair, si le FESF donne 440 milliards de prêts, la France est engagée non pas à hauteur de 89 milliards (sa quote-part théorique), mais à hauteur de 107 milliards.
Pire, au printemps 2011, lors de la finalisation de la mise en place du FESF, les marchés financiers ont obtenu que la garantie soit montée à 165% ! En effet, si la Grèce venait à faire défaut mais qu’un des pays qui s’étaient portés garants du FESF venait lui aussi à faire défaut (l’Italie par exemple), alors il serait possible de se retourner sur les autres pays à hauteur de 165% de leur quote-part. En clair, d’un seul coup, notre engagement est passé de 107 à 147 milliards !
Bref, comme la France couvre chaque prêt à hauteur de 165%, on peut dire aujourd’hui que le nouveau plan grec nous engage à hauteur de 25 milliards (15 milliards x 165%) ! En fait, même si mon papier de la fin de la semaine dernière était inexact sur les mécanismes, malheureusement, le montant des engagements de notre pays était sous-estimé puisqu’à date, la France va devoir verser 16 milliards et s’est déjà portée garante à hauteur d’environ 90 milliards en plus.
Et le gouvernement peut bien avancer que nous serrons rembourser, comme le faisaient les banques qui émettaient les prêts subprimes, la majorité des économistes estiment que la Grèce ne remboursera jamais la totalité des prêts (le marché anticipe déjà un défaut de près de 50%). Autant dire que ces garanties ont malheureusement toutes les chances d’être activées et que nous devrons assumer une forte perte (qu’une comptabilité rigoureuse devrait déjà prendre en compte).
Bref, loin de la fable communiquée par le gouvernement, la France s’est lourdement engagée dans les plans d’aide aux créanciers. Certes, la majorité des sommes n’est pas exigible de suite, mais une partie l’est et nous allons sans doute perdre une grande partie de l’autre, qui nous sera alors réclamée…
Laurent Pinsole
Il est des sujets où l’aveuglement médiatique (comme politique) est de mise, par soumission à des intérêts ou à des dogmes dominants. Loin de cette capitulation en rase campagne Debout la République fait souvent preuve de clairvoyance. Retour cet été sur une série d’articles par lesquels DLR avait vu juste avant les autres.
Deux cent mille bêtes atteintes de tremblements à en être malades. Une maladie qui a fini par se transmettre à l’homme causant plus de 200 victimes. C’était la crise de la vache folle, il y a 15 ans.
Depuis une décennie, les pouvoirs publics avaient tout mis en œuvre pour circonscrire le risque de propagation de cette maladie. Les méthodes employées au début des années 1980 par des agriculteurs mis sous une pression productiviste consistant à nourrir leurs cheptels avec des farines animales, résidus de carcasse de bovidés, avaient amené ce désastre pour les élevages européens.
L’application stricte du principe de précaution a valu une tranquillité relative aux éleveurs et consommateurs, sans pour autant parvenir à éradiquer cette maladie. En 2009, 67 cas de vaches folles ont encore été déclarés dans l’Union européenne.
Pourtant, comme nous l’indiquait déjà Laurent Pinsolle en aout 2010, porte-parole de DLR, la Commission de Bruxelles s’apprête à de nouveau autoriser le recours aux farines animales dans les élevages.
Pour ménager les opinions publiques, comme le rapportait dernièrement le Figaro cela ne concernerait pas les élevages bovins, mais les porcs et les poissons.
La Commission préférant probablement prendre le risque, pour sa communication, de poissons fous plutôt que de vaches folles.
Ces farines animales sont connues pour accélérer la croissance des animaux qui en consomment, et donc permettre de mieux rentabiliser les élevages. La Commission est prête à faire prendre des risques aux consommateurs pour développer la production des élevages, et accroitre les bénéfices de quelques industriels. Elle privilégie, comme toujours, les intérêts privés de quelques uns au détriment du bien commun.
Debout la République avait évoqué les projets de la Commission européenne dès l’été dernier, ils se sont malheureusement révélés exacts cet été.
Charles Baldini, DLR Paris
http://www.debout-la-republique.fr/Il-y-a-un-an-DLR-annoncait-le.html
Dans une lettre rendue publique, Nicolas Sarkozy invite les parlementaires à approuver la modification constitutionnelle visant à plus de rigueur dans les finances publiques. Après avoir approuvé l'objectif de ramener le déficit budgétaire à 3% en 2013, les socialistes auront du mal à expliquer leur refus de voter la réforme constitutionnelle.
Une déclaration de guerre ? Une invasion d’extraterrestres ? Une épidémie de choléra ? Rien de tout cela. L’appel à l’Union nationale que Nicolas Sarkozy adresse aujourd’hui concerne la dette. Pour la première fois de Ve République, le chef de l'Etat s’est fendu d’une lettre aux parlementaires dans laquelle il les exhorte à se « rassembler sur ces questions essentielles » que sont pour la France la « remise en ordre de ses comptes publics et de son économie (…) l'assainissement de ses finances publiques (et) le renforcement de sa compétitivité ». Si la missive ne l’évoque pas littéralement, sénateurs et députés ont tous compris que le Président les invite à adopter la « régle d’or », lors d’une éventuelle convocation du Congrès chargé de le ratifier « dans les mois qui viennent ». Ce faisant, le piège tendu par Nicolas Sarkozy aux oppositions vient de se refermer.
Cela fait maintenant quelques mois que l’Elysée murit son plan. Le timing est parfait. Les rendez-vous internationaux, comme celui du G8 de Deauville ont fourni à Nicolas Sarkozy le cadre naturel de sa présidentialisation, lui permettant de gagner 6 points d’opinions favorables dans le baromètre Ifop-JDD. Surtout l’adoption du second plan de sauvetage de la Grèce durant lequel Nicolas Sarkozy campe le Président-qui-lutte-contre-la-crise a fini d’armer le piège. Le week-end précédent le sommet de Bruxelles du 22 juillet, poussés par leurs conseillers économiques munis d’une note alarmiste de Terra nova et sans doute par des coups de téléphone d’amis bien intentionnés, François Hollande et Martine Aubry ont fait leur la rigueur budgétaire. Autrement dit, les deux poids lourds de la primaire du PS ont repris à leur compte l’objectif gouvernemental de ramener à 3% le déficit en 2013, quant le programme du PS évoquait pour ce niveau l’horizon 2014.
Objectif encapsulé dans plusieurs textes et contre lesquels les parlementaires socialistes, dont le député François Hollande ont voté contre.
Première victime du piège - à moins qu'elle ne soit consentante ? - François Bayrou, qui, lui, s’était abstenu sur l'ensemble du projet de loi constitutionnelle relatif à l'équilibre des finances publiques le 10 mai dernier et avait voté contre le projet de programmation des finances publiques pour les années 2011 à 2014 en octobre dernier. Dans le Figaro, le chef du Modem a réitéré son accord de principe. L’ex candidat à la présidentielle de 2007, et probable candidat à celle de 2012 dira « oui » à la « Règle d’or » si le Congrès en est saisi. Quand à Jean-Louis Borloo, l’autre probable candidat centriste, il a carrément appelé à la convocation du Congrès....
Coté socialiste on tente tant bien que mal, et plus mal que bien de sortir du piège Sarkozyste. François Hollande a expliqué mardi 25 juillet que « Nicolas Sarkozy n'a aucune leçon à donner, il a même plutôt une repentance à avouer : c'est sous son mandat que les comptes publics se sont dégradés avec la plus grande rapidité et, hélas, la plus grande intensité. »
Oui mais il y a un souci, comme disent les jeunes. Comment dénoncer le doublement de la dette sous Nicolas Sarkozy et son mépris des rares règles d'encadrement des finances publiques existantes,comment affirmer que les deux tiers du déficit sont liés à la politique du gouvernement et pour un tiers seulement à la crise et finalement voter sa fichue règle d'or ? Du coup, les engagements de François Hollande et Martine Aubry à rester en deça des 3% en 2013 risquent d'apparaitre purement formels, ce qui n'était pas le but recherché.
Voilà donc les socialistes bien refaits. Nicolas Sarkozy a sûrement fêté ça au Cap d’Agde.
Emmanuel Lévy - Marianne
Figer dans le marbre de la Constitution une orientation budgétaire donnée, qui devrait relever du seul choix des urnes, est par définition antidémocratique.
Qu'en est-il de la "règle d'or" que veut constitutionnaliser Nicolas Sarkozy?
Il existe en réalité pas une mais deux "règles d'or" possibles.
La première consiste à autoriser le recours à l'emprunt pour les dépenses d'investissement et à l'interdire pour les dépenses de fonctionnement (sur le modèle de ce qui existe déjà en France pour les collectivités locales). C'est celle qui existait en Allemagne entre 1969 et 2009. C'est celle qui figurait en 2007 dans le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy et dans le programme législatif de l'UMP.
La seconde "règle d'or" consiste à interdire tout déséquilibre budgétaire. Ce qui revient de fait à interdire toute politique keynésienne de relance par l'investissement public (de toute façon déjà rendue structurellement quasi-impossible par les engagements européens de la France: un déficit public inférieur à 3% du PIB; mais le niveau actuel de notre déficit public ne le permet conjoncturellement pas non plus). C'est la "règle d'or" adoptée en Allemagne en 2009 (déficit public inférieur à 0,35% du PIB à partir de 2016). C'est, à travers un mécanisme complexe, ce que propose aujourd'hui Nicolas Sarkozy par période de trois ans.
Si cette "règle d'or" contraignante était inscrite dans la Constitution, les marges de manœuvre des majorités politiques, c'est-à-dire la démocratie, se trouverait encore un peu plus réduite en France.
Laurent De Boissieu
Après « La crise » et « L’implosion », avec « Le capitalisme à l’agonie », Paul Jorion s’attaque à une tâche plus large, l’analyse des rouages du capitalisme à travers l’économie mais aussi l’histoire et la philosophie.
La dérive néolibérale
Comme beaucoup d’auteurs, Paul Jorion attribue en partie les dérives actuelles à la chute du mur de Berlin, qui incitait le capitalisme à une certaine « décence ». Dans un écho à l’analyse de Galbraith de la crise de 1929, il pointe le doigt sur l’effet de levier, qui « démultiplie le profit potentiel et démultiplie bien entendu la perte potentielle exactement dans la même proportion ». Il dénonce l’impasse actuelle : « réduire la dette publique des Etats tout en assurant la croissance ».
Il soutient que « le secteur bancaire s’est écroulé, l’Etat s’est porté à son secours et est tombé à sa suite. La banque a alors grimpé sur les épaules de l’Etat, ce qui lui a permis de sortir du trou. L’Etat, lui, y est resté ». Pire, ce sont les citoyens qui doivent régler la note. Il dénonce la loi Franck-Dodd, qui a non seulement préservée l’activité spéculative, mais l’a même « optimisée ».
Paul Jorion revient longuement sur l’audition de Goldman Sachs par les autorités étasuniennes. Il y décrit comment, après avoir acquis des créances subprimes, « les banques refilèrent à leurs clients les pertes qui s’y annonçaient », pariant même « sur la chute de ce qui apparaissait soudain comme un secteur du crédit condamné globalement ». L’auteur dénonce « une industrie financière précipitant sa propre perte en pariant sur celle-ci et démarchant fébrilement des contreparties éventuelles ».
Retour vers le passé
L’auteur rappelle l’opposition de Keynes à l’étalon or et, comme Jacques Sapir, il souligne son opposition aux déséquilibres commerciaux et évoque son souhait de création d’un « système de récompenses et de pénalités faisant en sorte que les nations (…) soient encouragés à maintenir un équilibre entre leurs importations et leurs exportations », la charte de la Havane. Il souligne le rôle de la monnaie pour y arriver, via les dévaluations et les réévaluations.
Il rappelle que le plein emploi était pour lui un « impératif moral », l’objectif premier de toute politique. Pour Keynes, il était aussi important de distinguer les capitaux spéculatifs des authentiques investissements, qui apportent de la valeur à long terme : « aucun pays ne pourra désormais autoriser sans risque la fuite des capitaux pour des raisons politiques, pour échapper à l’impôt ou dans l’anticipation d’une évasion fiscale » dans ses « Propositions pour une Union Monétaire International ».
Paul Jorion développe également une thèse audacieuse mais qui semble faire sens sur le rôle du dollar dans le monde. Il soutient que « pour que le dollar puisse assumer son rôle de monnaie de référence, il faut que la balance commerciale des Etats-Unis soit en permanence déficitaire » car cela contribue à la dollarisation de la planète financière. En outre, cela maintient un dollar faible sans risquer l’hyperinflation et cela impose de facto les pays excédentaires à financer la dette.
Les « ventes fictives »
L’auteur revient de manière passionnante sur les évolutions du droit des produits dérivés au 19ème siècle. Jusqu’en 1885, les paris sur les fluctuations de prix étaient interdits en France, les ventes à découvert (quand le vendeur ne possède pas ce qu’il vend) étant appelées « ventes fictives ». En effet, jusqu’à cette date, la législation française les assimilait à un jeu et une ordonnance de 1629, déclare « toute dette de jeu nulle (…) et déchargée de toutes obligations civiles et naturelles ».
En clair, « le perdant (pouvait) invoquer l’exception de jeu pour tenter d’échapper à ses obligations », freinant le développement de ces « ventes fictives ». Malgré tout, se développe au milieu du 19ème siècle « la Coulisse », une Bourse illégale qui va attirer plus de la moitié des transactions du fait de ses coûts inférieurs. Mais le krach de 1882 poussa le législateur à accepter les ventes à découvert pour les faire rentrer dans la légalité, et suivre la libéralisation mise en place dans les autres pays…
Quelle meilleure conclusion que cette citation de Hegel rapportée par l’auteur dans son introduction : « l’expérience et l’histoire nous enseignent que les peuples et gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, qu’ils n’ont jamais agi suivant les maximes qu’on aurait pu en tirer ».
Source : Paul Jorion, « Le capitalisme à l’agonie », Fayard, Suite demain
Laurent Pinsolle
Pour la première fois depuis des décennies, les commissaires de police rompent avec le Ministre de l'Intérieur. La secrétaire général du SCPN, vient d'applaudir au rapport de la Cour des Comptes qui tirait un bilan plus que négatif de la politique de sécurité depuis dix ans.
La rupture entre le syndicat des commissaires (le SCPN) et la Place Beauvau est consommée. Majoritaire chez les « patrons » de la police, l’organisation vient de dire tout le bien qu’elle pensait du dernier rapport la Cour des Comptes, un bilan très critique de la politique menée depuis dix ans en matière de sécurité. Les commissaires, par la voix de leur secrétaire générale, Sylvie Feucher, applaudissent des deux mains une enquête largement fustigée par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui n’a eu de cesse de dénoncer la partialité des magistrats de la Cour des comptes et leurs approximations. Pour ceux qui ont la mémoire de l’institution, il s’agit d’une rupture sans précédent : voilà des décennies que les commissaires sont les alliés fidèles des gouvernements les plus conservateurs.
Le syndicat des commissaires approuve la plupart des observations des magistrats de la Cour des Comptes. Il partage leur analyse quant aux dérives de la politique du résultat instaurée à marche forcée par Nicolas Sarkozy à partir de 2002. Principale « dérive » pointée, « la multiplication des objectifs et leur extrême centralisation ». « Ceci peut démotiver en brisant l’initiative et en rendant les tâches administratives omniprésentes, le plus souvent d’ailleurs sans retour d’information, écrit Sylvie Feucher. Quel sens donner à 48 actions prioritaires imposées ? »
La baisse des moyens humains ? Les commissaires « partagent » là encore l’analyse de ces magistrats tant décriés au sommet de l’Etat (le premier président de la Cour des Comptes, Didier Migaud, nommé par Nicolas Sarkozy, est socialiste). Des effectifs ont bel et bien été affectés à la seine Saint-Denis, département test du sakozysme policier, mais ils bénéficient aux unités départementales et très peu aux commissariats. Les moyens budgétaires ? « Il est exact qu’ils ont subi une raréfaction », écrivent les commissaires, disant tout haut ce que seuls affirmaient jusque-là les organisations syndicales représentant la « base » policière, à commencer par Unité Sgp Police. Et de déplorer « l’absence d’étude d’impact de la diminution des crédits de fonctionnement et d’équipement sur l’activité opérationnelle des services », soulignée par la Cour. Une spirale qui se traduit par une paupérisation générale dont les commissaires sont les témoins impuissants et attristés. Comme ils sont inquiets, eux aussi, devant le « rôle grandissant » des polices municipales, pointant plusieurs dangers : une sécurité à plusieurs vitesses selon que les communes sont riches ou pauvres, une rupture du contact de la police nationale avec la population…
Une attaque aussi virulente qu’argumentée qui a dû en désarçonner plus d’un Place Beauvau. La totale, comme on dit, pour un ministre de l’Intérieur en train de rôder son discours en vue des prochaines échéances électorales ! Les commissaires allant jusqu’à compatir avec les magistrats de la Cour des Comptes qui ont du rencontrer bien des difficultés pour mener leurs enquêtes sur le terrain… On n’ose imaginer les prochaines réunions paritaires, quand le ministre, de retour d’une délicate intervention chirurgicale, retrouvera les « patrons » face à lui…
Frédéric Ploquin - Marianne
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