François Bayrou déclare la guerre à Jean-Louis Borloo

16/06/2011 15:58 par rgrs

  • François Bayrou déclare la guerre à Jean-Louis Borloo

    François Bayrou déclare la guerre à Jean-Louis Borloo

    16/06/2011 15:58 par rgrs

J'ai souvent parlé sur ce blog de la guerre des marques entre le centre et le centre droit.

cf. Le centre droit cherche ses marques

cf. Le retour de l'UDF

cf. Hervé de Charette au secours du Nouveau centre

cf. Hervé Morin veut reprendre à François Bayrou le sigle UDF

 

Un nouveau front vient de s'ouvrir, puisque le MoDem de François Bayrou a déposé le 19 avril la marque "ALLIANCE REPUBLICAINE ECOLOGISTE ET SOCIALE" (info exclusive iPolitique.fr), nom de la future confédération de centre droit de Jean-Louis Borloo et Hervé Morin!

 

Récapitulatifs des dépôts de marques (recherches personnelles):

marque dépôt Déposant/Mandataire
ALLIANCE REPUBLICAINE ECOLOGIQUE ET SOCIALE (ARES) 08/04/2011 Paul Aurelli et Nourdine Cherkaoui
Alliance Républicaine 08/04/2011 Laurent Hénart
Alliance Républicaine, Ecologiste et Sociale 08/04/2011 Laurent Hénart
ALLIANCE REPUBLICAINE ECOLOGISTE ET SOCIALE  19/04/2011 MoDem
Alliance Républicaine, Ecologique et sociale  28/04/2011 Laurent Hénart

 

Laurent de Boissieu

http://www.ipolitique.fr/

 

 

 

L’Europe réhabilite la théorie de la « souveraineté limitée » de Brejnev

16/06/2011 15:41 par rgrs

  • L’Europe réhabilite la théorie de la « souveraineté limitée » de Brejnev

    L’Europe réhabilite la théorie de la « souveraineté limitée » de Brejnev

    16/06/2011 15:41 par rgrs

Entre le plan de privatisation massif imposé à la Grèce, et Jean-Claude Trichet qui vient de proposer la création d'un « ministère des Finances de l'Union », l'Europe tenterait-elle de réinstaurer le principe de souveraineté limitée inspiré par Brejnev?

un des derniers chefs de l’Union Soviétique moribonde, Leonid Brejnev, avait théorisé la notion de « souveraineté limitée ». Selon cette conception, les alliés de l’URSS devaient accepter sa tout puissance et donc passer sous sa coupe quand Moscou le jugeait nécessaire. A l’époque, les défenseurs des droits de l’homme avaient dénoncé cette conception pour le moins étrange des rapports entre pays, quand bien même serait-ils alliés.
 
L’URSS est morte, mais les partisans de la « souveraineté limitée » sont toujours à l’action, sauf qu’ils officient dans la partie ouest de l’Europe, sans émouvoir outre mesure les habituels défenseurs de la liberté.
 
Il suffit, pour s’en convaincre, de méditer la leçon grecque. Comme prévu, la médication imposée à Athènes (l’austérité à marche forcée), loin de régler le problème du déficit, n’a fait que l’aggraver en tuant la consommation dans l’œuf. Mais la « troïka » diabolique, qui rassemble le FMI, l’UE et la BCE, qui pense plus au sort des banques qu’à celui des Grecs, ne veut pas entendre parler de restructuration de la dette grecque.
 
La troïka a donc exigé de la Grèce un plan de privatisation massif livrant tous les domaines à la curée générale. Elle a même exigé la création d’une commission « indépendante » formée de représentants du FMI et de l’UE qui aura pour mission de vérifier sur place l’application concrète du plan décidé, au nez et à la barbe du  gouvernement Papandréou, réduit au rôle de factotum.

La Grèce va ainsi se retrouver dans une situation rappelant celle du Kosovo du temps où ce dernier était placé sous tutelle de l’ONU, avec Bernard Kouchner comme gouverneur. En Grèce, le haut gouverneur de fait sinon de droit sera Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale, secondé par Jean-Claude Juncker, président du forum des ministres des Finances de la zone euro.

Cela tombe bien puisque ce même Trichet a profité de la remise du prix Charlemagne, qui lui a été décerné voici quelques jours, pour expliquer qu’il fallait instaurer au plus vite un « ministère des finances de l’Union » qui aurait tous les pouvoirs sur les pays membres de ladite Union. On voudrait alimenter la colère des « indignés » que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
 
L’exemple du Portugal atteste de la même dérive. Quelques heures avant les récentes élections qui ont conduit à la déroute du parti socialiste,  l’AFP publiait une dépêche titrée : « Les Portugais votent avec le plan d’aide UE-FMI pour programme ». C’était une manière assez brutale de dire que si les citoyens de ce pays pouvaient voter pour qui ils voulaient, le résultat, à l’arrivée, serait le même. Le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, devrait appliquer une médication conçue ailleurs.  D’ailleurs Le Monde faisait le même constat, sans s’en offusquer : « Le Portugal s’apprête à choisir ceux qui lui feront boire la potion amère de l’austérité  ».
 
Les électeurs portugais n’ont pas tout à fait oublié qu’ils avaient le choix entre la peste et le choléra, puisque 40% d’entre eux sont restés chez eux, ce qui est un record historique. Ceux qui se sont déplacés ont viré les sortants, comme il est de coutume en ce genre de circonstance. Ils ont troqué les socialistes pour la droite tout en laissant l’extrême gauche à son isolement doctrinaire et son absence de crédibilité.
Maintenant commencent les choses sérieuses : la mise en musique du programme d’austérité décidée par la « troïka ». En fait, les élections n’auront pas servi à décider d’un choix de société, ni même à savoir comment sortir le pays du marasme où il s’enfonce, mais à savoir qui était le mieux placé pour expédier les affaires courantes, sachant que l’essentiel se décide ailleurs qu’à Lisbonne.
 
Il fut un temps où existait le suffrage censitaire, réservé aux privilégiés. Voilà le temps du suffrage subsidiaire, réservé au choix d’une équipe n’ayant aucune marge de manœuvre. A ce rythme, on pourrait tout aussi bien supprimer les élections et se contenter de faire tourner les deux partis dominants, qui se repasseraient les rênes comme on change de pilote dans un avion dès lors que la destination finale est connue d’avance et la route déterminée avant le départ. Pour fabriquer des anti-Européens fanatiques, la méthode est imparable.
  
Ce n’est qu’un signe de plus vers une fuite en avant dans une Europe des marchés où les citoyens sont mis devant le fait accompli par des organismes bureaucratiques n’ayant jamais à affronter le suffrage universel. A défaut de pouvoir convaincre les peuples de la justesse des politiques appliquées (et pour cause) l’élite de la finance opte pour une voie qui vide la démocratie représentative de son contenu – quitte à hurler au « populisme » à la moindre occasion. Cela peut réserver des réveils brutaux. 

Jack Dion - Marianne


Nouriel Roubini et Jean-Jacques Rosa enterrent la zone euro

15/06/2011 20:09 par rgrs

  • Nouriel Roubini et Jean-Jacques Rosa enterrent la zone euro

    Nouriel Roubini et Jean-Jacques Rosa enterrent la zone euro

    15/06/2011 20:09 par rgrs

Y a-t-il encore des économistes sérieux pour soutenir la monnaie unique ? C’est la question que l’on peut se poser. Après Emmanuel Todd, Jacques Sapir et Frédéric Lordon samedi dans un colloque (résumé à venir), Nouriel Roubini dans le Financial Times et Jean-Jacques Rosa ont poursuivi la charge.

Le débat de moins en moins interdit

Bien sûr, beaucoup continuent de balayer d’un revers de main l’hypothèse d’une fin de l’euro. Mais plusieurs indices démontrent leur inconfort. Ils ne parlent presque plus de ses bénéfices, bien théoriques, de même que de l’hypothétique protection qu’elle nous apporterait. Leur dernière ligne Maginot est la catastrophe que provoquerait la fin de la monnaie unique. Mais comment accorder du crédit à ses partisans de l’euro qui nous promettaient croissance et emplois il y a quelques années ?

En outre, il est de moins en moins crédible de rejeter cette hypothèse tant le nombre d’économistes critiques à l’égard de la monnaie unique croît avec le temps. Du côté anglo-saxon, on compte Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Martin Wolff et maintenant Nouriel Roubini. En France, nous avons Maurice Allais, Jacques Sapir, Alain Cotta, Jean-Jacques Rosa, Jean-Luc Gréau, Gérard Lafay, Florin Aftalion, Emmanuel Todd, Frédéric Lordon, Patrick Artus, Pierre-Noël Giraud.

Bref, pas moins de 15 économistes importants (libéraux, keynésiens, de droite, de gauche) dont trois « prix Nobel » ont exprimé de très gros doutes sur cette construction artificielle et bancale qu’est la monnaie unique européenne. Le débat est plus que légitime, contrairement à ce que beaucoup, à l’UMP ou au PS essaient de faire croire, affirmant bien imprudemment que ce n’est pas sérieux. Mais dans la réalité, ce sont eux qui ne sont pas sérieux et bien légers.

L’euro, un zombie qui s’ignore

Nouriel Roubini a signé hier une tribune qui démontre que la Grèce n’a pas d’autre solution que de quitter la zone euro pour dévaluer et restructurer sa dette et que cela devrait se faire d’ici cinq ans. Jean-Jacques Rosa, opposant de toujours, affirme que « l’euro est un contresens économique » car il ne s’agit pas d’une Zone Monétaire Optimale et elle ne le sera jamais. Tous deux dédramatisent les dévaluations, pratique courante qui permet à un pays de sortir de la crise.

Fondamentalement, la monnaie unique ne peut pas fonctionner car la zone euro est beaucoup trop hétérogène. Et paradoxalement, une monnaie unique a tendance à faire diverger les économies qui la compose au lieu de les faire converger. Il serait beaucoup plus facile de rapprocher ces économies avec des monnaies nationales. En effet, une politique monétaire unique a tendance à favoriser la croissance des pays qui vont le mieux et ralentir celle des pays qui vont moins bien.

C’est ce que nous avons vu dans les années 2000, où les taux, trop bas pour l’Espagne, ont alimenté la bulle immobilière qui a mené à la crise, alors qu’ils étaient en même temps trop forts pour l’Allemagne ou l’Italie, où ils ralentissaient une croissance déjà atone. En outre, le cours de l’euro est aujourd’hui beaucoup trop élevé pour les pays qui ont un fort déficit des comptes courants, et qui auraient besoin qu’il baisse, alors qu’il pourrait monter pour l’Allemagne.

Merci donc à tous ces économistes pour démontrer toutes les carences de cette construction bancale et merci à Nicolas Dupont-Aignan, aujourd’hui en Grèce pour dénoncer les plans européens, de montrer qu’un homme d’Etat doit lui aussi avoir le courage de braver les interdits.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Pôle Emploi : Une fusion pour le meilleur qui aboutit ... au pire ?

15/06/2011 20:00 par rgrs

  • Pôle Emploi : Une fusion pour le meilleur qui aboutit ... au pire ?

    Pôle Emploi : Une fusion pour le meilleur qui aboutit ... au pire ?

    15/06/2011 20:00 par rgrs

Le Comité Economique, Social et Environnemental vient de rendre public son rapport sur la réforme du service public de l'emploi. Le constat est sévère, tant sur la fusion hâtive que sur les moyens alloués à Pôle Emploi !

Pour ceux qui sont au chômage depuis de longs mois, la lecture du rapport du Comité Economique Social et Environnemental, traitant de : la réforme du service public de l'emploi, n'est en aucun cas une surprise. En effet, ils y retrouveront le condensé de leurs rapports avec Pôle Emploi, et de leur sensation d'impuissance de ce service public, à leur trouver une solution, pour reprendre leur place, dans le monde du travail.

Déception, Colère, fatigue, amertume, renoncement sont devenus le lot de tous ceux à qui on avait expliqué en 2007 qu'on allait mettre : « notre service public de l'emploi au niveau des meilleurs standards européens » C'est du moins ce que déclarait Nicolas Sarkozy : « (...) Il y a trop d'énergie perdue, trop de temps perdu (...) avec la fusion, on va passer à la vitesse supérieure (...) »

D'ailleurs Christine Lagarde, à l'époque était formelle : 2 Octobre 2007 -
Interview aux Echos « (...) Chaque agent aura pour mission de suivre 30 demandeurs d'emploi en moyenne, au lieu de 60 actuellement (...) Cette fusion doit nous permettre de ramener le taux de chômage à 5 % avant la fin du quinquennat, et nous rapprocher d'un taux d'emploi de 70 %. L'objectif est d'améliorer le service rendu aux demandeurs d'emploi et aux employeurs. Avec la fusion de l'ANPE et de l'Unedic, chaque chômeur disposera d'un interlocuteur unique, qui assurera à la fois son accueil, son inscription, son indemnisation et son accompagnement dans la recherche d'un nouvel emploi (...) Notre objectif est avant tout d'être plus efficace et plus réactif dans le service offert aux demandeurs d'emploi, et non pas de réaliser des économies (...) »

Résultat ? En 2010, on
pouvait lire : « (...) Les conseillers suivent un nombre record de demandeurs d’emploi, supérieur à 90 en moyenne, loin de l’objectif de 60. Les ratés de la réforme, sources de « désorganisation » voire de « déshumanisation », ont été dénoncés par les syndicats et les associations de chômeurs (...) Surcharge de travail avec plusieurs centaines de milliers de nouveaux inscrits, effectifs insuffisants, formations trop courtes, problèmes matériels (bureaux, informatique) figuraient dans les motifs de mécontentement exprimés lors de plusieurs grèves des salariés en 2009, dont trois nationales (...) »

Certes, la crise financière qui a débouché sur une crise économique n'a pas arrangé les choses mais, comme
l'explique Michel Abhervé (1) sur son blog : « (...) si la crise et l’augmentation corrélative du nombre de demandeurs d’emploi ont accru la difficulté, elles n’en sont pas la cause, même si elles les ont rendues plus visibles, et dans certains cas plus criantes (...) »

Constat : « La réorganisation s'est faite au pire des moments, le déclenchement de la crise économique ayant entraîné une explosion du nombre de demandeurs d'emploi (+587.000 sur la seule année 2009). Mais la réforme n'a pas été suffisamment préparée (...) aucune étude d'impacts, évaluant ses conséquences sur le plan organisationnel et budgétaire, n'a été réalisée »
Ecrit Capital. En effet, on peut lire en page 26 du rapport : « Ce n'est qu'au premier trimestre 2010 que Pôle Emploi a initié une réflexion globale sur l'optimisation et la rationalisation des fonctions support, leur définition et leur poids, notamment en région (...) »

Quid du guichet unique, de l'unification des métiers des agents de Pôle emploi, des moyens financiers promis par l'état ?

« (...) La fusion des réseaux de l’ANPE et des Assédic lors de la création de Pôle emploi a conduit à une diminution du nombre des implantations (...) Un schéma cible d’implantation a été adopté, de manière tardive, par le conseil d’administration le 24 septembre 2010. Il prévoit une amélioration de la proximité, de sorte que 80 % des demandeurs d’emploi soient à moins de 30 minutes (par des moyens de transport usuels) d’une agence locale. Ce schéma propose une légère réduction du nombre des agences. En mai 2010, seuls 138 sites sur les 907 mixtes déployés (sur une cible comprise entre 1 000 et 1 200) semblent pouvoir être considérés comme pérennes et s’inscrire dans ces schémas (...) » page 21

l'Unification illusoire des métiers

« (...) L’un des principes accompagnant la fusion était l’unicité, à la fois de lieu mais aussi de personne pour l’accueil, l’accompagnement et l’indemnisation du demandeur d’emploi (...) Il s’est rapidement avéré que les deux métiers ne pouvaient en définitive être regroupés de cette façon compte tenu de leur grande complexité respective (...) Pôle emploi a, dès lors, retenu l’idée d’un socle commun de compétences permettant aux agents de répondre à toutes les questions de premier niveau et de conserver un second niveau d'expertise professionnelle avec un volant de 20 à 25 % de personnes totalement polyvalentes, nécessaire au moment des pointes d'activité saisonnière. Ce changement d’orientation témoigne d’une réflexion insuffisamment aboutie en amont sur la polyvalence des agents et la fusion des métiers et posant la question du rôle précis du conseiller personnel (...) » page 29

Un désengagement de l’État mettant à mal l’autonomie budgétaire

« (...) Pour pouvoir mener à bien ses missions, Pôle emploi doit être doté des moyens budgétaires suffisants (...) Or, dans la période récente, trois mesures ont renforcé la contrainte budgétaire de Pôle emploi :

- en 2009, la subvention de l’État au titre du programme « accès et retour à l’emploi » prévue par la loi de finances a été réduite de 187 millions d'euros ;
- le transfert des salariés de l'AFPA chargés d’orientation n'est pas compensé (coût de 52 millions d'euros en 2010 et 72 millions d’euros en 2011) ;
- la diminution du financement de l’État à hauteur de 82 millions d’euros des frais de gestion de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS), corrélativement à l’annonce de la suppression de 1 800 emplois à Pôle emploi (...) »

Fort de ces analyses, le Comité Economique, Social et Environnemental indique un ensemble de recommandations à Pôle Emploi et aux pouvoirs publics. Page 4

« Recommandations à Pôle emploi

1. Assurer un développement harmonieux des différents canaux d’accès
2. Garantir une réelle personnalisation du service rendu
3. Renforcer la différenciation des parcours d’accompagnement
4. Développer l’activité de prospection et de suivi des offres d’emploi
5. Amplifier l’aide au recrutement notamment en direction des PME/TPE
6. Améliorer la procédure et le service d’indemnisation
7. Mieux répondre aux préoccupations des usagers
8. Développer l’offre de service en matière de formation
9. Faciliter la mobilisation des droits individuels
10. Mobiliser davantage le recours aux contrats aidés et en alternance
11. Poursuivre la structuration du réseau sur la base du schéma-cible
12. Renforcer la coopération avec les autres acteurs du SPE
13. Mieux prendre en compte les risques psychosociaux des agents
14. Engager une réflexion sur l’évolution des métiers

Recommandations aux pouvoirs publics

1. Intensifier l’effort de formation
2. Sanctuariser les crédits d’intervention en faveur des demandeurs d’emploi
3. Construire un portail d’information sur l’offre de formation disponible
4. Mieux articuler activités réduites, chômage partiel et formation
5. Accroître les moyens de Pôle emploi
6. Rénover la gouvernance de Pôle emploi
7. Repenser la gouvernance régionale
8. Revoir les indicateurs de performance de la convention tripartit »

Seront-elles suivies par le gouvernement ? Mais dans l'immédiat, comme nous l'explique Michel Abhervé (1) : « (...) Ce rapport va maintenant être soumis au vote : on suivra avec intérêt celui d’une des nouvelles personnalités qualifiées membres du CESE, Raymond Soubie, qui fut un des architectes de cette réforme quand il était le Conseiller social de Nicolas Sarkozy et dont nous verrons s’il vote un avis fort critique par rapport à une réforme qu’il a pour une très large part conduite au plus haut niveau de responsabilité (...) »

Et dans la mesure où, reconnaître l'ampleur d'un tel échec, à quelques mois de la présidentielle pourrait être dommageable, on peut imager que les conclusions et préconisations du rapport pourraient terminer ... au fond d'un tiroir ou sur une étagère ... bien haute !


Rapport du Comité Economique, Social et Environnemental sur la réforme du service public de l'emploi
SLOVAR

(1) Professeur associé à l'université de Paris Est Marne la Vallée, il y enseigne l'économie sociale et les politiques publiques dans une licence professionnelle « Management des organisations de l'économie sociale »
 

Dominique de Villepin défend sa vision du rôle du Président de la République

15/06/2011 19:54 par rgrs

  • Dominique de Villepin défend sa vision du rôle du Président de la République

    Dominique de Villepin défend sa vision du rôle du Président de la République

    15/06/2011 19:54 par rgrs

"Le Président de la République, il est là pour permettre aux Français, aux Français comme peuple, aux Français comme nation, de passer un cap très difficile, dans un temps où il y a une crise de la politique, dans un temps où la politique est dominée par les polémiques et les affaires...
Il est là pour apporter de la sérénité, du temps long, une capacité à regarder vers l'avenir, une capacité à être soudés et rassemblés face à des épreuves du quotidien qui nous minent, quand on sait qu'une grande partie de nos compatriotes souffre, quand on sait qu'une grande partie de nos compatriotes doute.
Et c'est cette parole qui est susceptible de nous élever, de donner un peu de hauteur au débat politique, alors qu'on a tendance à regarder dans l'assiette du voisin en permanence, à se jalouser les uns les autres.
La vérité, la question aujourd'hui: est-ce que nous nous aimons assez pour pouvoir nous rassembler?
La vraie réponse pour moi, c'est que nous aimons assez la France, mais que nous avons du mal à nous aimer les uns les autres (...) parce que justement, nous manquons de projets communs, nous manquons d'avenir commun.
(...)
Quand un Chef de l'Etat propose 30 milliards de cadeaux aux plus riches en dépenses fiscales, qu'est-ce qu'il fait? Il se crédibilise? Vous savez, le choix de la dépense, c'est un choix politique. Et les milliards d'euros, on les voit tous les jours: ils se dépensent.
Le choix, c'est est-ce qu'on les dépense pour des choses utiles qui contribuent à la nation ou est-ce qu'on les dépense à vau-l'eau, en fonction de besoins qui sont parfois discutables.
Aujourd'hui, il y a un problème de dignité dans notre pays. Il y a une partie des Français qui ne vivent pas dignement. Et il y a des Français qui vivent de mieux en mieux, des Français qui sont de plus en plus aisés, qui sont parfaitement à l'aise dans la mondialisation, qui maîtrisent tous les outils de la modernité.
Cette coupure, ce fossé, ces inégalités croissantes, c'est le vrai danger pour la République et pour la France.
Alors, après, on peut s'inquiéter de la montée du Front National, on peut s'inquiéter des tensions qui existent au sein de notre pays...
Premier élément, menons de politiques qui rassemblent, évitons ce qui a été trop fait au fil des dernières années (débat sur l'identité nationale, question des Roms, ...), tout ce qui pointe le doigt sur l'autre en le stigmatisant: ça, on le met de côté ! Nous devons entrer dans une phase où on privilégie ce qui rassemble.
Deuxième élément: donnons à chacun le bagage, le moyen, le revenu qui permet la dignité. Nous avons une capacité sans égale à distribuer toute une série d'allocations. Eh bien, plus d'allocations, un revenu! Non pas de l'assistance, un vrai revenu qui va s'appuyer sur une contrepartie, une contrepartie qui sera des projets d'utilité publique, des grands projets d'utilité publique. Et c'est pour cela que je propose avec le revenu citoyen un service citoyen qui ne sera pas simplement obligatoire pour les plus jeunes de 18 à 25 ans, mais qui sera ouvert à tous ceux qui, bénéficiaires du revenu citoyen, pourront ainsi apporter leur contribution.
Et ceux qui ne veulent pas apporter cette contribution, ceux qui ne veulent pas donner cette contrepartie de solidarité nationale, eh bien, ils continueront à toucher ce qu'ils touchaient auparavant. (...)
Le revenu citoyen, c'est 850 euros pour ceux qui ne touchent rien, et c'est la possibilité jusqu'à 1500 euros de toucher un revenu dégressif. Celui qui gagne le SMIC par exemple touchera 130 euros supplémentaires. Une agricultrice qui a travaillé toute sa vie, qui est à la retraite, qui touche le minimum vieillesse, elle touchera un peu plus d'une centaine d'euros supplémentaires. Une personne handicapée touchera un peu plus de 100 euros. (...)
30 milliards d'euros, Monsieur Bourdin. Il faut prendre en compte le fait que les cadeaux fiscaux qui ont été faits depuis 2007, c'est justement 30 milliards d'euros. (....) Fiscalement, il faut faire en sorte que ceux qui sont les plus aisés, ceux qui ont le mieux réussi au sein de la société française, les 3 et quelques % des plus riches dans notre pays (...) Je suis, en ce qui concerne l'impôt sur le revenu, pour une tranche de 60% pour ceux qui touchent plus d'un million d'euros par an.
Vous savez, la justice, c'est un élément essentiel du ciment républicain et c'est une condition pour que la dignité de chacun soit partagée.
Moi, j'ai beaucoup de mal à me lever le matin dans un pays où je sais que les inégalités sont aussi flagrantes. Le fait de payer un peu plus, non pas pour rien, non pas pour le tonneau des Danaïdes, mais en sachant que la dignité est au rendez-vous et qu'à partir de là, la citoyenneté qui constitue une exigence indispensable redevient un élément de la démocratie française.
Aujourd'hui, nous avons une nation de consommateurs, de consommateurs de politiques, pas de citoyens, pas de citoyens actifs, pas de citoyens dignes qui sont susceptibles, chacun, d'être sollicités par la nation.
Si la nation veut demander à chacun quelque chose (voter: je suis pour le vote obligatoire), si l'on veut véritablement demander une contrepartie en terme d'utilité publique, eh bien donnons à chacun la dignité."

Source: Dominique de Villepin au micro de Jean-Jacques Bourdin (RMC Info - BFM TV), le 14 juin 2011

http://2villepin.free.fr/index.php/2011/06/15/1936-dominique-de-villepin-defend-sa-vision-du-role-du-president-de-la-republique

Retour à la nation

15/06/2011 19:50 par rgrs

  • Retour à la nation

    Retour à la nation

    15/06/2011 19:50 par rgrs

L’Europe doit alors être limitée à ce que les Européens arrivent encore à comprendre et à sanctionner lors des élections. L’Europe ne doit pas être la machine à lobbies et à compromis qu’est devenue Bruxelles et dont sont issues 80% de nos lois. L’Europe doit seulement être une Europe des démocraties.


par Dirk Schümer, pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, 8 juin 2011

L’Union européenne est ce qui pouvait arriver de mieux au continent depuis la chute de l’Empire romain. Mais il a fallu d’abord en passer par la catastrophe totale, afin que les Etats conquérants de l’Occident cessent de se jeter les uns sur les autres. Ce n’est qu’à partir de 1945 que les gens sensés n’ont plus cherché leur salut dans le nationalisme. L’idée européenne était simple : en intégrant progressivement les économies nationales, on supprimerait tout mobile, voire toute possibilité logistique de violence interétatique. Qui, en effet, ouvrirait le feu sur lui-même ? Le rêve est aujourd’hui réalité. Sur le plan administratif et juridique, le continent est l’espace économique le plus solide de la planète. Sans conflits internes, sans pauvreté de masse, sans dictature. Et maintenant ? Maintenant, l’Europe est au bout du rouleau.


Le rebut monétaire d'une petite bande de banquiers
La devise commune s’effondre, transformée en rebut monétaire par une petite bande de banquiers et d’économistes aux abois à coups de renflouements d’urgence. L’UE ne conçoit l’immigration que par des hordes désespérées qui jouent à la roulette russe dans des barcasses de fortune sillonnant la Méditerranée. Face à la libération du Proche-Orient, chaque pays se lance dans sa propre guerre coloniale. Ou détourne pudiquement le regard.

Aujourd’hui, les producteurs de légumes italiens apprennent à leurs dépens ce qu’est un marché commun : quand, à cause d’une bactérie mortelle à Hambourg, ils ne peuvent plus exporter leurs produits en Russie. La France défend l’énergie nucléaire à la frontière allemande, tandis que les Allemands, eux, préfèrent fabriquer des éoliennes. Dans l’espace Schengen, les Danois construisent des préfabriqués pour abriter de tout nouveaux douaniers, parce que désormais, c’est de l’étranger que vient tout le mal. Et qui va expliquer à un ouvrier slovaque que sa retraite est aujourd’hui fichue parce que ces fraudeurs de Grecs veulent continuer à se la couler douce dès l'âge de 53 ans?

Faut-il vraiment s’étonner si les discours sans pitié contre l’UE récoltent en ce moment près de 20% des voix ? Ce qui est énigmatique, en revanche, c’est que la proportion de ceux qui souhaiteraient en finir tout de suite reste si faible. Et si l’Europe suscite encore l’approbation, c’est uniquement à cause du passé.


Le citoyen complètement oublié
L’UE, avec ses ordonnances toujours plus nombreuses, qui ont imperceptiblement lié tous les Etats membres, est passée par la porte de derrière. Au début, il n’était question que d’acier et de la ferraille issue de la guerre. Puis, d’un accord sur la production de charbon. Ensuite, sur la production d’électricité. Après, il a été question d’agriculture. De douanes. De justice. De contrôles aux frontières. Et de monnaie. Et maintenant, de tout. Sans qu’un seul citoyen ait jamais été consulté.

Ce n’est pas par hasard qu’
Hans Magnus Enzensberger a fait de l’Europe – le "doux monstre de Bruxelles" – sa nouvelle tête de Turc. Loin de déplorer les conquêtes civilisatrices de l’Union européenne, Enzensberger voit dans Bruxelles – son centre bureaucratique – un malfaiteur menaçant par sa folie centralisatrice et réglementatrice de transformer le continent en véritable "maison de correction".

Représentant de la première génération européenne à vivre en paix, il brise avec délectation un certain tabou en s’en prenant ainsi directement à l’Union européenne. Cela en fait-il un allié des Geert Wilders, Kaczynski, Le Pen et tutti quanti ? Evidemment non. Le "cancer" du "populisme de droite" dont parlent tous les médias n’est en réalité rien d’autre qu’une idéologie confuse et xénophobe ne reposant que sur un seul véritable ressort : celui du nationalisme.

Instinctivement, des masses d’électeurs européens se tournent aujourd’hui vers l’ordre ancien parce que le nouveau ne fonctionne pas.

Voilà le véritable problème. L’Europe est, selon la formule d’Enzensberger, un phénomène "post-démocratique". Dans la plupart des pays membres, le projet européen était la seule solution possible, si bien que ni la création de la CEE, ni les accords de Schengen ou l’introduction de l’euro n’ont été soumis à un vote. La richesse était comme automatiquement créée par le biais de l’ouverture des marchés et des aides structurelles, si bien que même des nations aussi fières que la Hongrie et la Pologne ont accepté sans rechigner de céder leur souveraineté fraîchement acquise à l’autorité de Bruxelles.


Il faut stopper la machine trop complexe de Bruxelles
Même avec la meilleure volonté de la classe politique, tout cela n’aurait jamais pu fonctionner car il manque à l’Europe quelque chose de fondamental : une opinion publique commune. L’Union européenne nous apporte la preuve que la démocratie ne peut exister sans un discours commun.
Les membres du Parlement européen, qui n’a de toute manière pas grand-chose à dire, sont élus dans le cadre de campagnes nationales. Les informations, les personnes, les traditions et les manières de s’affronter sont restées purement nationales. C’est pourquoi les majorités de droite comme de gauche se trouvent régulièrement en butte aux partis établis dès lors qu’il s’agit de l’Europe. La majorité des élites internationales, polyglottes et liées entre elles, ne suit tout simplement pas.

L’Europe doit alors être limitée à ce que les Européens arrivent encore à comprendre et à sanctionner lors des élections. L’Europe ne doit pas être la machine à lobbies et à compromis qu’est devenue Bruxelles et dont sont issues 80% de nos lois. L’Europe doit seulement être une Europe des démocraties.
Aujourd’hui, nous ne pouvons aider l’Europe qu’en stoppant la machine trop complexe [de Bruxelles]. Tous les mécanismes de prise de décision doivent redevenir démocratiques, puis nationaux, régionaux ou locaux. Tout élargissement doit être arrêté et l’euro va de toute façon disparaître.
D’ailleurs, il existe un pays qui a déjà achevé sa phase nationale et s’en remet entièrement à l’Union européenne. Il s’agit, et ce n’est pas un hasard, du plus européen de tous les pays : la Belgique. La démocratie s’y est noyée dans un marchandage d’intérêts régionaux. On y tient des élections mais il n’y plus de gouvernement. Les fonctionnaires s’occupent des affaires courantes sous la bride de l’Europe, sans grand bouleversement. La souveraineté du peuple et la politique ne veulent à proprement parler plus rien dire. Si nous voulons éviter ce sort, l’Europe n’a pas d’autre choix que de retourner à la nation et à la démocratie.


D.S


Article original publié dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung

François Bayrou et l'échec du Centre

15/06/2011 19:30 par rgrs

  • François Bayrou et l'échec du Centre

    François Bayrou et l'échec du Centre

    15/06/2011 19:30 par rgrs

La stratégie de François Bayrou permettant les accords locaux avec le PS peut s'avérer redoutable pour lui dans le cadre de la présidentielle 2012.

Après avoir "dédiabolisé" la gauche par des accords locaux, le Modem résisterait-il à une candidature PS modérée ?

Pas sûr.

C'était le cas avec DSK. C'est maintenant un enjeu de ce type qui se profile avec François Hollande.

Près d'un tiers de l'électorat de Bayrou en 2007 se déclare prêt à voter pour François Hollande dès le premier tour.

Si cette perspective se vérifie, cela change considérablement l'esapce du centre qui ne peut plus que jouer les supplétifs sans espoir de franchir le seuil qualificatif.

http://exprimeo.fr/article/6919/francois-bayrou-et-l-echec-du-centre.htm

François Hollande et le tournant du soutien de Chirac

15/06/2011 19:27 par rgrs

  • François Hollande et le tournant du soutien de Chirac

    François Hollande et le tournant du soutien de Chirac

    15/06/2011 19:27 par rgrs

François Hollande complète manifestement son profil avec l'étape du soutien de Jacques Chirac.

Au sein de la primaire PS, deux profils se détachent et sont manifestement différents.

François Hollande ratisse plus large que Martine Aubry. Il a notamment des résultats déjà intéressants chez les seniors, les cadres et les cadres supérieurs.

Mais surtout, il recueille 28 % de l'électorat 2007 de Bayrou. Si le PS présente un candidat qui n'est pas trop ancré à gauche, de tels chiffres montrent que désormais la stratégie de Bayrou dédiabolisant la gauche pourrait vouer le "centre" à un espace considérablement plus réduit.

http://exprimeo.fr/article/6918/francois-hollande-et-le-tournant-du-soutien-de-chirac.htm

Dominique de Villepin et le début de campagne

15/06/2011 19:24 par rgrs

  • Dominique de Villepin et le début de campagne

    Dominique de Villepin et le début de campagne

    15/06/2011 19:24 par rgrs

Pour 2012, Dominique de Villepin a tout du candidat. Il parle comme un candidat. Il visite comme un candidat. Il organise son parti comme celui d'un candidat. Mais il n'a pas encore officialisé sa candidature par la formulation des "mots magiques" : je suis candidat ! Dimanche 19 juin, sur ce chemin, c'est la journée du programme : place aux échanges et au dialogue.

Le "format" de la convention de dimanche 19 juin 2011 est adapté à l'objectif de la réunion : donner des couleurs aux propositions.

Par conséquent, l'objectif de l'équipe qui entoure Dominique de Villepin est d'aller vers une participation des personnes qui ont contribué au projet et qui désormais vont l'enrichir et le défendre.

Ce "format" ad hoc suppose une participation de l'ordre de 500 personnes pour que le temps du dialogue puisse réellement exister.

Un temps du dialogue qui doit compter avec une évolution du contexte général. La crise se rapproche avec les détériorations probables des notations de grandes banques françaises. Le conflit en Libye s'enlise manifestement. La gauche est largement majoritaire en souhait de victoire dans l'opinion et, d'ordinaire, le souhait précède très logiquement le résultat des ... votes. Le FN est à un niveau très élevé. Il est de plus en plus question d'un seuil de 27 % avant les redressements dits "techniques" posant par la-même la question desdits "redressements" ...

C'est le début de campagne et le 19 juin 2011 est manifestement le jour où la logique de campagne va commencer à donner son visage.

http://exprimeo.fr/article/6917/dominique-de-villepin-et-le-debut-de-campagne.htm

Borloo convoque - la presse - sans convaincre

15/06/2011 19:21 par rgrs

  • Borloo convoque - la presse - sans convaincre

    Borloo convoque - la presse - sans convaincre

    15/06/2011 19:21 par rgrs

Après les rétropédalages de Jean-Louis Borloo, candidat déclaré un jour, candidat putatif toujours, le centre droit a décidé de donner un énième coup d’épée dans l’eau en conviant les médias à la « première conférence de presse de l’Alliance »… Avant de prier ces derniers de repartir après seulement trois phrases prononcées par un Borloo visiblement mal à l’aise. Heureusement pour lui, le bug n'a pas été rapporté dans les gazettes.


Et maintenant, devant vos yeux éblouis… L’Alliance ! Après cinq mois d’attente insoutenable, les journalistes ont pu découvrir, hier, mardi 14 juin, la direction nationale de l’ARES (Alliance républicaine écologique et sociale) composée d’Hervé Morin, Jean-Louis Borloo, Hervé de Charette, et Jean-Marie Bockel. Priés de se présenter à 17h30 pétantes au deuxième bureau de l’Assemblée nationale, les médias n’ont pas été déçus du voyage. 

17h30 : porte close. Dans le couloir étroit, une quarantaine de journalistes se pressent, impatients de pénétrer dans le saint des saints du centre droit. 

17h40 : porte (toujours) close. Les journaleux sont tous en sueurs (34° dans le couloir, ça chauffe au centre)
17h50 : porte (décidément) close. 

17h52 : la poignée bouge. Jean-Marie Cavada sort du deuxième bureau, se faufile entre les micros et parvient tant bien que mal à échapper aux journalistes. Après tout, l’homme n’est que porte-parole du Nouveau centre, aucune raison qu’un porte-parole ne se fende d’une quelconque déclaration à la presse. Yves Jégo, vice-président du Parti radical (PR), lui emboîte le pas.

Les médias pénètrent finalement dans une salle minuscule. Autour de la table, les présidents des quatre « partis  »constituant l’Alliance (le Nouveau centre, le Parti radical, la Convention démocrate, la Gauche moderne) sont accompagnés de quelques membres de la direction collégiale et fraîchement composée du nouveau mouvement. Parmi eux, André Rossinot, président d’honneur du PR, Laurent Hénart, numéro deux du PR, Rama Yade, ou encore Valérie Létard. 
Après quelques minutes de séance photo, le président du Parti radical prend la parole pour annoncer la création officielle du mouvement. Ceux qui ne sont pas devant n'ont aucune chance de l'apercevoir. Se lever pour être vu ? Trop classique. « Cette alliance a vocation, je vous le rappelle, à élargir considérablement la majorité sur son aile sociale, républicaine, européenne et écologiste », murmure Borloo.
Puis, l’ex-ministre de l’Ecologie enchaîne trois annonces de taille : la validation des candidats de l’Alliance pour les sénatoriales d’ici quinze jours, l’invitation à un « déjeuner républicain » le 26 juin, et l’organisation d’une université d’été le 10 septembre. Conclusion (au bout de quatre minutes d’allocution) : « La majorité a maintenant deux pieds. » Sur ces bonnes paroles, le patron valoisien se lève, enjambe les journalistes entassés, sourit à ceux qui le somment de rester pour répondre aux questions et disparaît. Au centre-droit, on sait recevoir.
« C’est du foutage de gueule ! », s’écrie un caméraman. Rien à faire, le candidat hypothétique s’est envolé, laissant à ses petits camarades le soin d’amuser une galerie médiatique passablement agacée. Décidément, la « détermination » de l’ex-ministre de l’Ecologie transparaît à chacune de ses sorties. 
Quant à sa technique de communication, rien à redire, elle fonctionne à merveille : faute de merle Borloo, la presse se rue sur la grive Morin qui se prête bien volontiers au jeu et apparaît d'emblée beaucoup plus décidé à se lancer même sans s’être déclaré. 
Borloo peut se féliciter, il vient de réussir un tour de force : ameuter la presse pour la convaincre qu’il n’est pas convaincu. Joli coup. 
 
Laureline Dupont - Marianne