Marine Le Pen détaille son protectionnisme national
10/06/2011 13:11 par rgrs
Marine Le Pen poursuit par petites touches la présentation détaillée du projet du FN à travers des conférences de presse thématiques. Au menu hier: le "réarmement face à la mondialisation", à travers "un État stratège fer de lance de la réindustrialisation, la conquête de la souveraineté monétaire et la création de protections intelligentes aux frontières". L'objectif affiché "est la création nette de 500 000 emplois dans l'industrie lors du prochain quinquennat, soit 100 000 par an".
Si la défense de la souveraineté nationale et la dénonciation de la mondialisation ou du libre-échangisme sont habituels, la référence à l'"État stratège" marque en revanche, sur le fond, une rupture avec les précédents programmes du FN, qui pourfendaient "l'étatisme". Le concept d'"État-stratège", dont la "planification à la française" mise en place à la Libération est l'expression la plus précise, a été élaborée en 1990 dans une thèse de Pierre Bauby sur "les marxistes et l'État dans la France contemporaine: contribution à une théorie de l'État-stratège".
En ce qui concerne les "protections aux frontière", c'est sur la forme, la plus détaillée et crédible possible, que le nouveau projet du parti d'extrême droite se veut en rupture avec les précédents. Avec un souci de pédagogie, le cœur de l'allocution de la présidente du FN fut ainsi consacré au mécanisme protectionniste d'"écluses douanières". Le but de ce mécanisme est de "rétablir des conditions normales de concurrence quand celle-ci est déloyale, du point de vue social, sanitaire ou environnemental", afin de passer du "libre-échange" au "juste-échange". Il vise donc en particulier les pays émergents, comme la Chine ou l'Inde. Il ne s'appliquerait en revanche pas "vis-à-vis des pays les plus pauvres du monde, africains notamment, parce que ces pays malheureusement n'ont pas les moyens de payer correctement leurs travailleurs et de leur offrir une vraie protection sociale".
Le FN ne détient toutefois pas le monopole de la promotion du protectionnisme et d'un autre commerce mondial, fondé non plus sur l'Organisation mondiale du commerce mais sur la Charte de La Havane, signée en 1948 mais jamais ratifiée par les États-Unis. C'est notamment le cas du Mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP), créé par les anciens dirigeants d'ATTAC Jacques Nikonoff et Michèle Dessenne, ou d'Arnaud Montebourg, candidat à la primaire du PS, qui s'inspire comme Marine Le Pen des travaux de l'économiste Jacques Sapir sur la "démondialisation". Sans oublier le projet socialiste 2012, qui parle lui-même d'"écluses" et de "droits de douane au niveau européen sur les produits ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale".
Derrière cette apparente convergence se dissimule toutefois de réelles divergences. D'une part, la gauche précise que le produit de ces droits de douane "irait abonder un fonds dont les pays en développement seraient les premiers bénéficiaires", sur le modèle de ce que l'on appelle la "taxe Lauré" (Maurice Lauré, par ailleurs inventeur de la TVA). Tandis que pour l'extrême droite cet argent irait "pour moitié à la réduction des déficits, et pour moitié au financement d'un système de protection sociale et de retraite que nous souhaitons le plus juste et le plus efficace possible".
D'autre part, le FN n'envisage le protectionnisme qu'aux frontières nationales alors que le PS souhaite, comme le sociologue Emmanuel Todd, un protectionnisme aux frontières de l'Union européenne. Une "hypocrisie" aux yeux de Marine Le Pen, puisque cela consiste à vouloir "des droits de douane européens tout en refusant de remettre en cause le traité de Lisbonne, qui interdit formellement ces droits de douane". De toute façon, poursuit-t-elle, "nombre de délocalisations se font à destination des pays d'Europe de l'Est qui sont dans l'Union européenne". Une façon implicite d'avancer que la sortie de l'Union constitue le préalable à toute politique de réindustrialisation.
Laurent de Boissieu
http://www.ipolitique.fr/
Réponse de Marine Le Pen à une de mes questions lors de sa conférence de presse sur le protectionnisme:
"Si je participais de la famille socialiste, je glisserais un bulletin pour Arnaud Montebourg"
Laurent de Boissieu
Laureline Dupont - Marianne
Face à l'inertie des Français devant la succession de réformes qui ont détruit le programme du Conseil National de la Résistance depuis une vingtaine d'année, Elie Arié s'interroge. Et si nous ne nous remettions pas assez en cause ?
Et si la France était atteinte d’une étonnante dissociation entre, d’une part, le discours que tiennent les Français, y inclus de droite (et pas seulement les journalistes et ceux qui commentent leurs articles), et, d’autre part, leur vision du monde et de l’avenir que seule l’inertie des réflexes conditionnés et du « politiquement correct » les empêche de formuler ?
Et si l’ « attachement au modèle-social-français-que–le-monde-entier-nous-envie » (on se demande d’ailleurs alors pourquoi, au lieu de l’imiter, il s’obstine à s’en éloigner de plus en plus : tous idiots, sauf nous ?) n’était qu’un hommage à un passé panthéonisé dont il serait malséant de dresser l’acte de décès, tout en n’en pensant pas moins ?
Car enfin, faisons l’effort de regarder les choses (c’est-à-dire nous-mêmes) en face.
Le mouvement des « Indignados », qui touche à sa fin en Espagne, n’a jamais pu être relayé en France ; l’opuscule de Stéphane Hessel dont il tire son nom, « Indignons-nous » a fait un (relatif) tabac, mais son auteur, ancien rocardien, soutenait DSK avant de se rabattre, faute de mieux, sur Aubry ou Hollande, dont on sait qu’ils ne changeront rien à nos sujets d’indignation ; celle-ci s’apparente davantage à une indignation de type métaphysique, comme celle que nous éprouvons face à des phénomènes contre lesquels nous nous savons impuissants, comme la vieillesse ou la mort, qu’à une indignation politique susceptible de déboucher sur autre chose que...la victoire électorale de la droite la plus libérale (Espagne, Portugal, Grande-Bretagne, et sans doute, demain, Grèce et peut-être France).
Ceux qui proposent concrètement « une autre politique » ont, malgré quelques différences entre eux, un point commun : ils n’attirent pas plus de 5 % du corps électoral (Chevènement, Mélenchon, le PC, et sans doute Montebourg aux primaires du PS) : or, qui vote, sinon « les indignés » que nous prétendons être ?
En fait, le seul parti qui arrive à capitaliser électoralement cette indignation est le Front national, qui présente une particularité : même ceux qui votent pour lui savent qu’il ne viendra jamais au pouvoir, c’est d’ailleurs la raison essentielle de son succès –autre « non-dit » de notre vie politique. On y opposera l’incapacité de Ségolène Royal (présidentiable possible, elle) à remonter dans les sondages, malgré ses outrances démagogiques de blocages des prix, auxquelles personne ne peut croire.
L’hommage rituel au « programme-du-Conseil-National-de-la-Résistance-qu’il-faudrait-remettre- en-œuvre » s’accompagne d’une extraordinaire capacité à accepter tout ce qui achève son démantèlement, et, contrairement à une légende qui a la vie dure, la France est sans doute un des pays les plus facilement réformables qui soient ; deux exemples, et non des moindres, de cette mise à mort acceptée du programme du CNR :
1 -La réforme des retraites a été rondement menée (17 ans, c’est peu pour un tel bouleversement) en quatre étapes :
-1993 : réforme Balladur allongeant la durée des cotisations et le mode de calcul (25 meilleures années, désindexation sur les salaires),
-2003 : réforme Fillon alignant la durée de cotisation du régime fonctionnaire sur celle du régime général,
-2007-2010 : réformes Sarkozy sur les régimes spéciaux, sur l’âge légal de départ et sur la durée des cotisations.
Ces réformes se caractérisent à la fois par la faiblesse des manifestations et grèves auxquelles elles ont donné lieu, et par le fait que l’opposition ne les remet pas vraiment en cause.
2- La généralisation progressive des dépassements d’honoraires des médecins, qui change la nature même du système de santé, s’opère dans une indifférence qui ne cesse de me surprendre mais que je suis bien forcé de constater.
Alors, peut-être faut-il tirer les conséquences de tous ces non-dits :
-et si la victoire de Sarkozy, en 2007, était fondamentalement due à son engagement à nous adapter à un monde dont les Français ne veulent pas, mais auquel ils se sont résignés ?
-et si les mêmes causes produisaient le même effet en 2012, encore renforcées par les promesses du PS de pression fiscale accrue sur les classes moyennes (sur qui d’autre ?) , qui la rejettent parce que, comme la majorité des Français, elles ont basculé, elles aussi, dans le « chacun pour soi » ?
Voilà : le « non-dit » vient d’être dit. C’est bien aussi le rôle des médias, non ?
Elie Arié - Tribune
Photo : (Manifestation contre la réforme des retraites - Wikimedia - Zil)
La droite repart en campagne sur des sujets de société pensant prendre au piège une gauche encore trop timide. Mais le PS veut prouver qu’il a rompu avec le tout angélisme.
On sent que 2012 approche. A l’UMP, on a déjà préparé ses thèmes de campagne. Après celle menée par Guéant et Sarkozy, le parti organisera une convention sur l’immigration en juillet. Trois mois après la convention sur l’Islam. Nicolas Sarkozy avait déjà donné le ton cet été et lors de son discours en février, la droite fera campagne sur les thèmes de l’identité, de la sécurité et de l’immigration. Plus que le président sortant, c’est le ministre de l’Intérieur qui fera campagne en 2012. Une façon de galvaniser (ou de récupérer) un électorat conservateur tenté par le FN. Et dans le numéro du Point qui vient de paraitre, Patrick Buisson annonce la couleur : le Président lui a confié les clefs de sa campagne de 2012. « S'il perd, dit-il, ce sera de ma faute! »
L’UMP s’est aussi trouvé de nouvelles marottes comme la binationalité. Claude Goasguen avait fait scandale en souhaitant « limiter » la binationalité. Ne souhaitant pas se faire couper l’herbe sous le pied, Marine Le Pen a ensuite rappelé une vieille idée du FN en demandant la suppression pure et simple de la binationalité. La Droite populaire, qui en avait fait sa marotte, hurle au vol de programme. De son côté, Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a préféré botter en touche et a renvoyé à la convention sur l’immigration. Sur le même thème, Europe1 a pu bénéficier, par une heureuse coïncidence, d’une fuite sur un refus du ministère de l’Intérieur de naturaliser un Algérien au nom de sa « conception dégradante de la femme ».
La droite tient aussi à s’occuper des prisons. Eric Ciotti, toujours présent sur les thèmes liés à la sécurité, vient de remettre au chef de l’Etat un rapport sur l’exécution des peines. Trois mois après une convention UMP sur le sujet qui avait déjà développé ces idées. Ce rapport est plus celui d’un cadre UMP pour le candidat de son parti que d’un député de la Nation au président de la République.

Ceux qui croient que je vais parler de l'herbe à fumer qui fait voir des éléphants (roses ou normaux) peuvent sortir.
Non, j'avais consacré, un article il y a quelques années à Miscanthus, et on peut noter, là aussi, une évolution braudelienne.
La vraie mondialisation, est d'abord une mondialisation des plantes, des semences, des espèces, des techniques, et non une jet-set idiote, encore moins une activité mondialisée des banquiers.
Comme l'a dit un lecteur, cette espèce est très prometteuse, et très productive. Assez pour se chauffer sans gaspiller, avec des surfaces réduites de plantations.
Comme l'a rappelé un lecteur des landes, cette forêt est désormais sans objet. Elle fournissait un bois pauvre, dont l'unique débouché était de faire les boiseries des mines.
Comme il n'y a plus de mine, la forêt a perdu grandement son utilité, j'avais déjà constaté le phénomène avec les bois autour de Saint Bonnet le Château.
Les mines ont utilisés l'acier, le béton puis ont cessé d'exister, l'usage a disparu, à part pour une petite consommation locale de bois de chauffage, et encore, comme c'est du pin, ce n'est pas très demandé.
La valeur commerciale est très basse, voire inexistante, les frais d'abattages sont souvent plus importants que la valeur commerciale des parcelles, et les tempêtes, que ce soit en 1982 ou en 1999 se régalent, sans qu'il y ait vraiment de solutions de rechange que de laisser repousser à l'identique...
La différence essentielle étant, qu'il n'y a pas de termites à Saint Bonnet le château, vu l'altitude.
En réalité, Miscanthus est encore inadapté à nos sociétés. Il est fait pour une consommation locale, avec de la main d'oeuvre locale. Il concerne donc une société rurale stable, productive et tendant cers l'autosuffisance. En gros, elle n'est pas encore à l'heure.
J'ai lu certains articles. Qu'est ce qui rapproche Botton de Jancovici ? Tous deux sont victimes d'un certain syndrome d'incrédulité.
L'un s'estimait humilié de n'avoir pas sa douche quotidienne. J'ai été en stage pendant un an, il y a 25 ans, il n'y avait presque plus de budget chauffage, et dans la partie habitation, il n'y avait pas plus de 10° à certains moments. Avec trois couvertures on s'en sort très bien, mais ce qui m'a étonné, ce qu'à chaque arrivée de nouveaux stagiaires, il y avait un bredin jusqu'au trognon quelqu'un qui tentait de prendre une douche -froide- avec une pareille température. Mais tout rentrait dans l'ordre très vite. J'ai vu quelques types en tomber malade et finir à l'hôpital, mais je n'ai jamais vu quelqu'un en prendre une deuxième...
Jancovici, c'est différend, lui, dit "on ne peut pas s'en passer, on n'est pas habitué". En réalité, la donne n'est pas ainsi. La donne c'est : on va avoir de moins en moins de pétrole, d'uranium et de gaz à court terme, et de charbon à moyen terme.
ET IL VA FALLOIR FAIRE AVEC, QU'ON LE VEUILLE OU NON...
Il est donc temps :
- d'arrêter de gaspiller,
- de penser à la relève.
Retomber à un niveau de 1970, ou même 1960, ce n'est pas retomber à l'âge des cavernes. Une montre mécanique qui durait 25 ans, voire une vie, ne traumatisait personne. Le progrès est inexistant par rapport à une montre à quartz qui dure au maximum 5 ans, et qui coûte les yeux de la tête en piles et en frais d'achats.
On nous a conditionné pour que nous gaspillons. Si l'on nous dit que le chauffage électrique ne fait que 15 % de la consommation, c'est faux. C'est le chauffage électrique qui fait les pointes de consommations.
En réalité nous vivons dans un monde qui nous a conditionné.
Tout le monde en Europe rigole de l'américain et de sa bagnole qui bouffe 12 litres au cent. Mais il ne voit pas qu'il souffre de la même affection, quand on en arrive au stade de l'électricité.
En plus Jancovici dit une ânerie. Il dit que la consommation d'électricité n'a jamais baissé. Il n'a pas prix la bonne base. Il a pris 1945. S'il avait pris 1920, il aurait vu des baisses.
Frédéric Lordon est un économiste atypique. S’il sait proposer des analyses solides et des propositions souvent originales, il y ajoute une verve et une ironie qui donne à ses textes une saveur incomparable. Nouvel exemple avec les quatre derniers papiers de son blog.
Les petits cochons anglo-saxons
Cette série (en deux parties) remonte à fin avril, quand Standard & Poors avait mis sous surveillance négative la note des Etats-Unis (voir ma note). L’économiste souligne à quel point les Etats-Unis et la Grande-Bretagne présentent des similitudes avec les « trois petits – les cochons. Grèce, Portugal, Espagne. Et comme il fallait un « I » (pour bien faire PIGS), on eut d’abord l’idée de l’Italie – puisque les crottés sont nécessairement les Méditerranéens. Sauf que ce fut l’Irlande ».
Il souligne la situation extrêmement détériorée des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, dont la dette et les déficits sont aujourd’hui largement supérieurs à ceux de l’Espagne, qui est pourtant aujourd’hui dans le collimateur des marchés, avec une poussé de ses taux longs au-delà de 5%, un seuil qui s’approche de celui où le pays aura besoin de « l’aide » européenne.
En effet, il rappelle que le marché immobilier résidentiel va toujours très mal, que le marché immobilier commercial présente des faiblesses importantes (avec des pertes potentielles de 300 milliards de dollars), que le bilan de la Fed est truffé de titres pourris, que les Etats ne parviennent pas à s’en sortir et que les engagements en matière de retraites ne sont pas véritablement couverts…
Il dénonce aussi la schizophrénie des marchés : « résumons-nous : les politiques économiques ne veulent plus que ce que les marchés veulent, mais les marchés veulent trop de choses et finalement ne savent plus quoi à force de vouloir une chose et son contraire. C’est pourquoi ils peuvent ordonner ceci un jour et puis le lendemain cela qui en est l’exact opposé. Moody’s en 2010 n’a-t-elle pas exhorté le Portugal à l’austérité… puis menacé le Portugal pour cause de croissance insuffisante ? ».
La régulation de la finance au point mort
A l’occasion du dernier sommet du G8, il est revenu sur l’échec de la réforme de la finance, quelques jours après mon papier « La France, bonnet d’âne de la réforme de la finance ». Il souligne la vacuité des propos des dirigeants de ce monde, et de Nicolas Sarkozy en particulier : « de ce point de vue, l’inertie européenne est tout à fait impressionnante – et l’inertie française plus encore si on la met en rapport avec les propos martiaux qui annonçaient l’arraisonnement définitif de la finance depuis Toulon ».
Il souligne tout d’abord que la valse de l’agenda du G20 démontre le peu de sérieux de ses participants et dénonce également l’utilisation de bouc émissaires qui permettent de détourner le sujet : « en 2009, l’« idée théorique » veut que bonus et paradis fiscaux soient coupables de tout. On annonce de terribles représailles. Que la réalité accompagne le fantasme n’a jamais été le souci dominant de M. Sarkozy : il suffit que les choses soient dites ».
Pour lui, « le paradoxe veut que les intentions les plus consistantes de re-régulation financière viennent finalement des Etats-Unis » et qu’ « aux yeux de la finance étasunienne, la vraie terre de liberté c’est donc l’Europe – et les populations européennes seront certainement ravies de se savoir à l’avant-garde… ». Bref, tous les mécanismes qui nous ont mené à la crise financière de l’automne 2008 restent globalement en marche, ce qui promet pour l’avenir.
Je vous invite à lire ces textes, même s’ils sont un peu longs car il est peu courant qu’un économiste allie ainsi l’intérêt du fond et la virtuosité de la forme. Il vient de sortir « D’un retournement l’autre. Comédie sérieuse sur la crise financière. En quatre actes, et en alexandrins » au Seuil.
Laurent Pinsolle
Le SMIC trop élévé : l’ineptie économique de la Commission européenne
La déclaration de la Commission européenne estimant que le SMIC est trop élevé en France et qu’il faudrait donc le diminuer afin d’améliorer la compétitivité des entreprises française est un attentat politique et une véritable insulte au visage des travailleurs français.
Outre l’ineptie économique d’un tel raisonnement, il prouve une nouvelle fois la soumission totale de Bruxelles à une idéologie ultra-libérale du XIXème siècle complètement dépassée, et donc l’échec flagrant est constatable sur l’ensemble de la planète.
Le libre échange déloyal, c’est perdant-perdant : les esclaves au sud et les chômeurs au nord. Les seuls à profiter de cette politique permanent du moins disant social généralisé sont une toute petite minorité dont la commission de Bruxelles est le défenseur le plus acharné.
L’Union Européenne semble définitivement avoir choisi de sacrifier la belle idée européenne au profit d’intérêts purement oligarchique et financier.
Comme député d’une nation qui tient à sa liberté, je me battrai afin de mettre en échec cette logique dévastatrice. C’est la raison pour laquelle je me rendrai le 15 juin en Grèce afin de soutenir la grève générale de protestation contre la politique de spoliation de L’Union Européenne sur le peuple et le patrimoine grecs.
Nicolas Dupont-Aignan
Député de l’Essonne et président de Debout la République
http://www.debout-la-republique.fr/Nicolas-Dupont-Aignan-en-Grece-le.html
La France va mal, c'est un fait et différentes études montrent que les Français n'ont plus guère de doute sur l'avenir du pays en l'état actuel des choses. Tout va mal oui, mais les Français savent-ils au moins pourquoi? C'est la véritable question que l'on devrait se poser, car de la réponse à cette question dépend la réponse à l'étrange énigme que représente la placidité actuelle de la population française. On s'énerve, on critique, on voit le déclin et le puits sans fond, mais étrangement on vote toujours pour les mêmes partis. Et les deux seules réactions de rébellion consistent à voter stérilement vers le FN ou à ne pas voter du tout. Pourtant nous savons qu'il existe des alternatives y compris au sein des grands partis politiques, mais force est de constater qu'ils ne pèsent pas grand-chose face à l'abstention ou aux partis classiques. Alors la question est de savoir pourquoi les gens ont un vote si conservateur alors que c'est justement ce conservatisme qui les a mis dans la situation actuelle. La réponse à cette question est multifactorielle. On pourrait parler du rôle des médias ces derniers ne jouant visiblement pas leur rôle vis-à-vis des citoyens. Mais les médias modernes permettent aujourd'hui de se renseigner sur d'autres visions économiques ou politiques que celles qui sont en vogue. L'image des médias de masse écrasant la pauvre victime citoyenne est en réalité aujourd'hui un peu surannée. C'était encore vrai il y a une dizaine d'années, ça l'est beaucoup moins aujourd'hui. L'explication vient donc probablement d'ailleurs même si les médias masses ont participé en leur temps à la dépolitisation de la vie sociale et y participe encore.
Je passerai à côté de l'idée d'un complot visant à l'abrutissement des masses, comme la plupart des théories du complot, elle ne tient pas la route à cause de la nécessité d'une politique rationnelle et constante visant à cet objectif. Il faudrait coordonner tant de monde que c'est humainement impossible. Et je ne crois pas non plus à la méchanceté gratuite d'une partie de nos élites qui voudraient tous nous transformer en zombis pour contrôler nos vies. Il y a probablement une incompétence fréquente, un suivisme social certain, mais une méchanceté de type machiavélique ce n'est pas si courant même chez nos dirigeants le plus mauvais pour notre collectivité. Cependant on ne peut pas négliger par contre les thèses qui pensent que l'abrutissement serait le fruit du progrès technique lui même. Thèses qui s'articulent souvent avec l'idée d'une fabrique à crétin planifiée. La facilité nous rendrait ainsi plus idiots et moins alertes en quelques sortes. Pourquoi pas? À l'image des calculatrices scientifiques qui vous dispense même de faire vos calculs différentiels ou de mémoriser vos cours pour les élèves tricheurs
. On pourrait aussi parler des jeux vidéos, des divertissements comme les BD, les films, les mangas, les Iphones et j'en passe, pour en conclure à une décadence intellectuelle de la jeunesse et de toute la population. Là on est sur le terrain classique des réactionnaires de Zemmour à Finkielkraut. Il y a peut-être du vrai là-dedans, mais aussi beaucoup d'idées préconçues. Ainsi les jeux vidéos sont par exemple un progrès par rapport à la télévision , en effet face à un jeu vidéo vous êtes actif, même si cette activité est rarement intellectuelle ou productive. Mais quand vous regardez la télé, vous ne faites strictement rien d'autre. Donc en un sens ce média est finalement meilleur que la télévision, surtout avec la télévision actuelle. Mais le vrai problème c'est que cette réflexion qualitative qu'aiment tant les réactionnaires rate probablement l'essentiel. En fait, ce n'est pas vraiment la qualité de ces médias qui rend nos concitoyens si somnolents, y compris pour des choses aussi essentielles pour eux que la politique. C'est la quantité qui est le problème, le dosage pour reprendre l'entête de mon blog.
Du temps et des hommes
Car notre crise est en réalité une crise de l'usage du temps. C'est en tout cas l'hypothèse la plus vraisemblable que l'on puisse avoir sur cette question. La décadence apparente que nous connaissons et qui prend la forme d'une apathie politique, d'une apathie plus générale pour les choses de l'esprit, et même d'une apathie vis-à-vis de la vie familiale. Les hommes modernes y compris leurs enfants en bas âge sont littéralement épuisés. Car ils consacrent tout leur temps au travail et à la consommation de bien ou de service. Bernard Stiegler parle lui d'épuisement libidinal, l'énergie motrice des individus étant entièrement captée par le système économique du travail à la consommation. Il ne reste rien pour les activités qui n'ont pas de valeur marchande, mais qui sont pourtant nécessaires à la vie de la société. Cela va de la vie de famille à la vie culturelle en passant par les questions politiques ou scientifiques. Tout se passe comme si la sphère marchande en aspirant toutes les forces humaines finissait par détruire le corps qui lui permet pourtant de fonctionner. Car tout ce qui n'a pas de valorisation marchande disparaît même si pourtant l'existence de ces activités était essentielle, ce qui est le cas de la politique en l'occurrence ou de l'éducation parentale. Les activités humaines se résument de plus en plus à l'échange marchand et la société dépérit peu à peu.
Cependant à titre personnel plutôt que de parler d'énergie libidinale terme provenant du bréviaire freudien, je préfère parler d'un mauvais usage du temps. En pratique cela revient en fait à la même chose que les thèses de Stiegler, mais étant un affreux matérialiste cartésien je préfère m'appuyer sur une notion de physique plutôt que sur une notion de psychologie. Disons que ce mauvais usage de notre temps est le fruit d'une captation excessive par la sphère marchande de cette énergie libidinale. Les élèves passent par exemple trop de temps à se distraire et pas assez à étudier. Les parents passent trop de temps à travailler ou à avoir des activités récréatives pas assez pour éduquer leurs enfants ou simplement leur parler. Et bien évidemment il y a encore moins de temps à consacrer à la chose publique, pourtant notre démocratie est fondée et n'a de sens que si les citoyens s'en emparent. S'ils ne parlent pas politique s'ils ne creusent pas les sujets importants qui les touchent du libre-échange à la question des retraites, de l'énergie, ou d'autre chose alors le système politique s'étiole et s'appuie sur un nombre toujours décroissant d'individus. La plus grande marque de ce déclin étant le nombre ridicule de militants politiques à l'heure actuelle, même chez les partis les plus gros comme l'UMP ou le PS. Autrefois il y avait des millions de membres dans les partis. Combien sont-ils aujourd'hui? Deux cents milles en comptant large pour le plus gros groupe. On m'objectera ici que c'est la faute à la représentation politique, à leurs propositions qui sont éloignées des préoccupations de citoyens. Mais c'est faux, il y a des petits partis politiques qui représentent tout le spectre possible de l'échiquier politique, des protectionnistes aux européistes forcenés. Ce n'est pas l'appauvrissement de l'offre politique qui a réduit la démocratie, c'est malheureusement l'éloignement des citoyens de la chose publique qui a fini par laisser cette chose essentielle des affaires humaines à quelques opportunistes.
Il faut d'abord comprendre la crise pour faire des conclusions politiques
Le peu de temps que les citoyens consacrent à la politique ne leur permet pas de bien mesurer tous les tenants et les aboutissants de la crise actuelle. C'est d'autant plus vrai que les médias s'amusent à tout mélanger avec leur habitude de zapper d'une information à l'autre sans prendre le temps d'analyser. Et malheureusement l'utilisation majoritaire des nouveaux médias se fait de la même manière. Il faut aller le plus vite possible sans prendre le temps, parce qu'on a autre chose à faire et jamais le temps de bien faire. Le résultat c'est que les débats s'expédient rapidement et que le partage se fait à coup d'idées reçues puisque pour communiquer vite, il faut expliquer peu. Alors tout ceci peut sembler désespérant et çà l'est en quelque sorte. Cependant avec la crise il y a peut-être une chance de voir un réveil se produire, de toute façon les Français n'auront guère le choix. Ils auront d'ailleurs beaucoup de temps et bien peu de moyens pour l'occuper une fois la crise bien avancée. Si nous voulons que nos concitoyens renversent le système, il faut d'abord faire comprendre le sens de la crise à nos concitoyens. Ensuite seulement, ils voteront, ou mieux ils s'engageront, pour des partis ou des orientations de partis politiques allant dans le bon sens.
À l'heure actuelle et contrairement à ce qu'affirme souvent Emmanuel Todd, quelquefois aveuglé par son optimisme, je ne suis pas sûr que le protectionnisme soit déjà accepté par la majorité de la population. Il en va de même pour la question de l'euro, malgré la crise actuelle et le massacre des Grecques on trouvera encore une majorité importante de nos concitoyens pour défendre la monnaie unique. Parce que ce serait pire sans elles croient-ils ? Il y a une bonne part des idées disséminées effectivement par les médias dominants qui tiennent lieu de croyance impossible à contredire, du moins dans le temps imparti par nos concitoyens suractifs. Ainsi l'annonce du record de déficit commercial ce mois-ci pour la France a-t-elle produit sur le site du figaro un festival d'idées reçues en guise de commentaires. Des idées reçues pourtant faciles à infirmer comme je l'ai fait régulièrement sur le blog. Tout y passe du « regardez l'Allemagne, elle a des excédents parce que les Allemands travaillent plus », au mythe sur l'investissement dans la recherche qui expliquerait ce succès germanique. Il y a aussi des gens pour parler de l'euro, mais pas forcément de façon correcte. Alors c'est le figaro évidemment, mais cela prouve la confusion d'une grande partie de nos concitoyens. Or tant qu'il y aura de la confusion, ce n'est pas la peine d'essayer de faire un vaste mouvement politique ou une révolution, car pour cela il faut des objectifs clairs et rassembleurs. Le prélude à un changement radical est donc essentiellement dans l'information des foules. Mais celle-ci ne pourra se produire que lorsque nos concitoyens prendront enfin du temps pour cela. On ne choisit pas un parti politique ou un candidat en lisant uniquement l'affiche électorale, ou les slogans un jour avant l'élection. Si la démocratie est malade, ce n'est pas uniquement à cause des hommes politiques français. Car ils ne sont finalement que le symptôme d'un plus large relâchement civique.
YANN
http://lebondosage.over-blog.fr/article-l-etrange-placidite-politique-fran-aise-76091111.html
D'abord, comme les bonnes idées sont souvent pillées, l'internaute qui avait proposé que ce soit des vieux qui aillent faire les liquidateurs a gagné :
- ma considération,
- le regret de n'avoir pas déposé un copyright.
Cette idée a été retrouvée au Japon, et 290 personnes sont volontaires. Elle n'est pas idiote. En effet, mécaniquement, les vieux ont moins d'espérance de vie, moins de possibilité de développer un cancer, et la réplication de leurs cellules est plus lente.
Tepco, au bord de la faillite, a du mal à recruter, et les durées de travail ne peuvent être longues.
Mais, contrairement à ce que dit Tepco, il n'y a aucune inquiétude à avoir pour les cuves des réacteurs, en effet, celles-ci ont cessé d'exister il y a quelques mois, et le corium est en train de manger les 8 métres de béton de l'enceinte fissurée de confinement.
L'inquiétude, c'est bon quand il y a un risque. Là, il n'y a aucun risque, que des certitudes.
Un petit lapin né sans oreilles fait le buzz : c'est la faute à Fukushima. En réalité, les lapins sont souvent mal formés, même sans fukushima.
Vu leur prolificité, et les lois statistiques, ça n'étonne que les citadins, les parisiens et leurs enfants (faciles à reconnaître, en campagne, ils sont capables de regarder passer les vaches..).
La réalité, c'est qu'il n'y a pas véritablement de solution à fukushima, et sur les sites nucléaires en général.
La seule solution, la plus économe et la plus logique, c'est d'attendre que la nature reprenne ses droits et attendre, naturellement, la décroissance radioactive. Au bout de 1000 ans, ça devrait être tout à fait acceptable. D'abord parce que déconstruire une centrale, même normale, sera plus facile quand la radioactivité courte (90 %) aura cessé.
Ensuite, que propose finalement le stockage en site profond ? D'attendre. Pour une centrale arrêté, le plus judicieux est de couler du béton jusqu'à plus soif.
Le démantèlement de la centrale de la montagne d'Arrée, montre le caractère ardu, sinon impossible de la chose.
En réalité, on ne sait faire qu'une seule chose : démolir les bâtiments non contaminés :
"La stratégie d’E.D.F. dans la fin du XXème siècle était de démanteler partiellement les centrales mises en arrêt définitif. Ceci consistait à démonter les installations non nucléaires puis attendre trente ou quarante ans pour que les produits d’activation aient perdu la plus grande partie de leur radioactivité par décroissance radioactive. A l’issue de ce laps de temps, les matériaux sont peu radioactifs et peuvent être facilement déconstruits. "
Le nucléaire est finalement mort de sa belle mort, même en France, même si un gouvernement complétement obtus au niveau idéologique le refuse.
Le nucléaire français, à son échelle, n'a pu être justifié que par l'existence du chauffage électrique, lequel consomme en période de pointe des tonnages invraisemblables de combustible fossile.
Il vaut mieux brûler directement du charbon ou du gaz pour avoir de la chaleur - et éventuellement de l'électricité dans le cadre de la cogénération-, que de brûler ceux-ci, pour produire avec un rendement de 30 % de l'électricité, à 25 % avec les pertes.
Les 1000 heures pendant lesquelles sont appelées à fonctionner les centrales thermiques, peuvent être multiplier, par ce coefficient, par 4.
Il n'y a donc aucun supplément de consommation de combustible fossile à attendre de la fin du nucléaire pour le chauffage.
Le gaspillage à tous les niveaux, de l'électricité en particulier et de l'énergie en générale, est loin d'être la marque d'une compétitivité ou d'un avantage.
C'est surtout l'indice d'un gabegie, et on peut voir l'autre indice d'une gabegie dans la construction de stades géants, toujours plus beaux, toujours plus chers, alors que la fréquentation baisse sensiblement...
Et puis, d'une manière générale, les circenses ne sont pas la marque d'une bonne gestion. ce n'est pas un investissement, c'est un gaspillage.
De plus, il faut noter que pour arriver à avoir 30 % des ménages se chauffant à l'électrique en France, il faut notablement minorer leur tarif, et majorer le tarif de l'ensemble de la population.
Ce qui n'empêche pas, le chauffage électrique à effet joule, d'être un gouffre financier.
Cette destructuration des prix fait penser à l'Union Soviétique, plus qu'à une économie rationnelle...
Que ce soit désormais pour l'industrie électrique, pour le transport aérien, et bien d'autres choses, le constat est le même. On continue par habitude, non par rationalité.
Une crise est souvent aussi, le retour de la rationalité d'une manière explosive. Toute les activités des branleurs diverses, passent en mode "reset" en même temps...