Chevènement: "entre Ségolène (Royal) et moi, le courant passe!"

09/06/2011 17:44 par rgrs

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    Chevènement: "entre Ségolène (Royal) et moi, le courant passe!"

    09/06/2011 17:44 par rgrs

Dépêche AFP, mercredi 8 juin 2011, 21h18.


Chevènement: "entre Ségolène (Royal) et moi, le courant passe!"
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), invité de Ségolène Royal pour une université participative, a affirmé mercredi soir à Paris: "Entre Ségolène et moi, le courant passe".

Invité à parler de "la France et la République" pour cette université populaire participative de son association Désirs d'avenir à la mairie du IVè arrondissement, M. Chevènement a assuré: "Entre Ségolène et moi, le courant passe".

"Je partage avec elle une autre conviction, c'est que nous ne devons pas laisser la France, le patriotisme à la droite qui s'en sert, qui l'instrumentalise à ses fins et qui s'est souvent révélée si peu fidèle à la patrie", a-t-il déclaré vivement applaudi, s'exprimant devant un panneau tricolore.

Mme Royal a été accueilie par des "Ségolène présidente!" fusant des quelque 400 personnes de l'assistance.

"L'objet de cette réunion était un débat sur le projet, ce qui peut rassembler le peuple français", a dit après la réunion M. Chevènement, candidat possible à la présidentielle. Sa présence, un soutien à Mme Royal? "Chaque chose en son temps. On va regarder comment tout cela évolue. Je tiens essentiellement à faire passer des idées. C'est ce que j'ai fait modestement ce soir".

"Comme vous avez vu, le courant passe même si sur le bilan énergétique nous ne sommes pas en phase", a-t-il précisé.

M. Chevènement avait assuré le 4 mai qu'il serait candidat à la présidentielle et officialiserait cette décision à l'automne.

Ex-candidate à l'Elysée, Mme Royal a affirmé qu'elle accueillait "un ami fidèle, un ami engagé qui a donné énormément de son temps, de son intelligence lors de la campagne présidentielle de 2007. Si tout le monde avait été comme Jean-Pierre, sans doute que le résultat aurait été autre!", s'est-elle exclamée, chaleureusement applaudie.

La présidente de Poitou-Charentes a salué "un combattant pour la France, un combattant pour la République qui n'a jamais désarmé, jamais hésité (...), jamais louvoyé".

Elle a qualifie de "livre décapant" l'ouvrage que l'ancien ministre a publié récemment "La France est-elle finie?" et estimé que Jean-Pïerre Chevènement "livre une méditation sur le destin de notre pays, rend lisible dans toute sa cohérence l'histoire de notre XXè siècle".

"Oui, ce soir, nous accueillons un homme d'Etat", a-t-elle lancé, applaudie.
 
http://www.chevenement.fr/Chevenement-entre-Segolene-Royal-et-moi-le-courant-passe_a1153.html

Le PS plombé par le mâle blanc

09/06/2011 17:39 par rgrs

  • Le PS plombé par le mâle blanc

    Le PS plombé par le mâle blanc

    09/06/2011 17:39 par rgrs

Les socialistes ont-ils perdu «la bataille de la morale»?

L’affaire DSK n’en finit plus de secouer le PS. Certes, l’élimination du favori ouvre des perspectives inattendues aux autres candidats, mais tous subissent la dégradation de l’image de leur parti. Le scandale est devenu une métaphore des clivages ethniques et sociaux qui pourrait bien coûter une quatrième défaite présidentielle consécutive au PS. Celui-ci apparaît désormais comme le parti de l’homme blanc, riche, d’âge mûr, face accusé de crimes sexuels à l’encontre d’une mère célibataire, africaine d’immigration récente et musulmane de surcroît. La totale.

Haro sur la gauche caviar-Marrakech-Berluti

Dans un célèbre épisode du roman de Charles Dickens Le conte de deux cités, le carrosse du marquis de Saint-Evremond – caricature de l’aristocrate d’Ancien régime qui ne mérite de meilleur sort que la lanterne – écrase un fils d’un paysan – incarnation du « bon peuple ». Sans même s’excuser, le noble jette une pièce de monnaie au père endeuillé. Alors que la tradition dont ils font un usage rhétorique immodéré fait des socialistes les défenseurs naturels du paysan Gaspard, les voilà affublés des habits du marquis.

Si la réalité ressemblait au conte de fées raconté par « Terra Nova » – think-tank ex-strauss-kahnien – la gauche aurait pu faire oublier qu’elle avait enterré la lutte des classes sous les causes sociétales et mobiliser toutes ses réserves d’indignation et de bons sentiments droits-de-l’hommistes en soutenant Nafissatou Diallo.

Il aurait suffit que le coupable présumé fût Brice Hortefeux, Jean-Marie Le Pen ou Vincent Bolloré. On entend d’ici les accents de colère mal contenue qu’auraient eu les hiérarques socialistes si le grand méchant blanc de la suite 2805/2806 du Sofitel Manhattan avait été l’un de ceux-là. Ils auraient chanté l’air de « on vous l’avait bien dit », établissant un lien direct allant de la fortune à la prédation sexuelle en passant par le racisme d’Etat ordinaire, la politique sécuritaire et le mépris pour la victime. Mais rien n’avait préparé les chantres de la vertu anti-sarkozyste à cette situation dans laquelle le « méchant » présumé est l’un des leurs.

Quelques heures à peine après l’annonce de l’arrestation de DSK, Nicolas Sarkozy, président médiocre mais animal politique inimitable, confiait à ses proches que le PS venait de perdre la bataille de la morale. Au début, les socialistes ont pu se rassurer avec des sondages indiquant que leurs sympathisants n’avaient pas changé d’intentions de vote. Mais depuis, le débat s’est mué en empoignade morale sur laquelle planent l’ombre de la gauche caviar-Marrakech et le souvenir de chaussures Berluti à 11.000 balles.

Le candidat devra être une femme ou « divers »

C’est que le scandale pose des questions embarrassantes à un parti qui, de Paris à Toulouse en passant par Lyon, a réussi à conquérir les villes les plus bourgeoises de France sans qu’on remette en cause sa légitimité à représenter les faibles contre les forts. Comment peut-on être riche et socialiste ? L’appartenance à la gauche suppose-t-elle une éthique personnelle supérieure ? Ces questions vont surplomber une campagne présidentielle qui risque de se jouer « affaires contre affaires », sauf que les mœurs auront, sinon remplacé, au moins surpassé l’argent au palmarès des turpitudes.

Le cas du maire-sénateur PS de Neuilly-sur-Marne complique encore les choses. Il aura fallu deux ans après la confirmation par la Cour d’Appel de sa condamnation pour agressions sexuelles d’une employée municipale pour que le PS déclenche une procédure disciplinaire interne. Ce geste tardif risque de se révéler franchement insuffisant. De plus, il va falloir compter avec le nouvel avocat de Nafissatou Diallo, maître Kenneth Thompson, qui entend bien faire du procès une production à grand spectacle sur la lutte de classes, des races et des sexes. Pour déminer ce terrain mouvant, le PS doit apparaître non pas comme le porte-parole de la Victime mais comme sa seule personnification.

Dans ces conditions, le candidat idéal est une candidate ou un représentant de la « diversité » – la vraie, ce qui exclut les Juifs et, dans une moindre mesure, les Asiatiques – ou encore mieux, les deux à la fois. John Lennon ne disait-il pas que « la femme est le nègre du monde » ? Au PS, les « vieux-mâles-blancs » ont mangé leur pain de la même couleur.

Gil Mihaely

 

photo : zak mc (Flickr)

http://www.causeur.fr/le-ps-plombe-par-le-male-blanc,10172

Notre laïcité, par Marceau Pivert

09/06/2011 17:34 par rgrs

  • Notre laïcité, par Marceau Pivert

    Notre laïcité, par Marceau Pivert

    09/06/2011 17:34 par rgrs

"...La laïcité dans l'éducation consistera donc à former les enfants, non plus en fonction d'un ordre social déterminé, mais pour eux-mêmes, Elle se connaîtra au souci constant exprimé par l'éducateur de se libérer de tous les dogmes nés de besoins sociaux non permanents. Par exemple, le respect des engagements contractés de plein gré, la sincérité, la droiture, la probité sous toutes ses formes sont naturellement des exigences permanentes de la vie en société. Quelles que soient les perturbations sociales passées ou à venir, on n'imagine pas des relations entre les hommes qui ne seraient pas basées sur ce minimum de sécurité. Mais les prétendus devoirs envers une prétendue divinité ont des origines trop transparentes dans la lutte des classes pour qu'un éducateur laïque consente à les enseigner. Sans doute, les croyants habitués à faire le bien sous la menace d'une punition ou en vue d'une récompense ne peuvent imaginer que la morale laïque se suffise à elle-même. Du moment que leur Dieu législateur et rémunérateur disparaît de l'horizon, la morale s'écroule avec lui, la vie animale reprend ses droits. Faut-il invoquer pour leur répondre le martyrologe des innombrables victimes de l'intolérance religieuse, inventeurs, savants, ou simples travailleurs aux prises avec la matière et affranchis par le jeu de leur propre expérience, des fantasmagories intéressées? Faut-il rappeler que leur désir de savoir, leur besoin de comprendre, leur courage, leur moralité en un mot, ont su porter jusqu'au sacrifice de leur vie la lutte héroïque pour la défense de leurs idées ? La conscience de participer à un immense effort collectif, pour libérer l'humanité de ses servitudes, pour maîtriser peu à peu les forces de la nature ne suffit-elle pas à des milliers et des milliers de militants pour marcher allègrement à travers un monde hostile ? La preuve est faite qu'un homme sans croyances religieuses peut vivre honnêtement de même que la preuve est faite que des fripons authentiques, pillards des deniers publics, faussaires et criminels de tous calibres s'abritent volontiers derrière le paravent de la religion, Il n'y a pas nécessairement relation entre la morale d'un individu, c'est-à-dire sa conduite dans la vie de tous les jours et ses affirmations métaphysiques ou théologiques. Cette simple observation nous suffit pour justifier notre conception de la laïcité dans l'éducation. Celle-ci consistera avant tout à faire des hommes, c'est-à-dire des êtres pensant par eux-mêmes, armés des principaux enseignements qui résultent de l'expérience humaine : langage, raisonnement, science, histoire, connaissance du milieu et du temps, mais armés aussi contre les déterminismes déformants de la vie en société. Des hommes à l'esprit mobile, et non des vieillards fossilisés, pensant par ordre ou incapables de sortir du cycle de leurs idées routinières. Des hommes d'action, ayant l'amour de l'action, et décidés à pétrir, dans la mesure de leurs forces, la société et le monde où ils sont jetés. Et pour commencer, des hommes habitués à regarder en face toute la réalité sociale : non pas celle qu'on se complaît à décrire dans les livres; non pas celle qu'une imagination fertile aurait tendance à dessiner mais celle qui existe vraiment, faite de la chair et de la misère de millions d'hommes travaillant, s'épuisant, mourant pour que d'autres jouissent et se reposent.

Ah ! comme la « neutralité » dans laquelle certains voudraient enfermer le concept « laïcité » hurle et vibre sous la bourrasque de ces vérités sociales pudiquement dissimulées..."

L'Eglise et l'Ecole - Marceau Pivert - instituteur, syndicaliste et militant socialiste français, principal fondateur du courant révolutionnaire de la SFIO dans les années 1930

http://blogrepublicain.hautetfort.com/

Michèle Alliot-Marie dans Le Figaro : "Relancer l'ascenseur social" (Tribune)

09/06/2011 17:31 par rgrs

  • Michèle Alliot-Marie dans Le Figaro :

    Michèle Alliot-Marie dans Le Figaro : "Relancer l'ascenseur social" (Tribune)

    09/06/2011 17:31 par rgrs

Les classes moyennes ont initié les révolutions qui ont construit la France moderne. ¾ des Français estiment aujourd'hui y appartenir ou y aspirent. Ils partagent aussi le sentiment de s'appauvrir, de perdre leur influence et leurs droits.

En 1996, dans La grande peur des classes moyennes (Éd. de la Table Ronde) je décrivais leur rôle structurant, leurs valeurs, leurs aspirations, mais aussi leur peur du déclassement.

De la peur on est passé à l'exaspération devant un pouvoir d'achat estimé insuffisant, la mise en cause de leur système de valeurs, un ascenseur social grippé, un système technocratique jugé lent, arrogant et autiste.

Leur pouvoir d'achat, malgré son augmentation incontestable, leur paraît insuffisant devant la hausse des prix des biens indispensables. Même un emploi ne garantit plus de pouvoir faire face.

Leurs valeurs d'effort, de justice sont, à leurs yeux, bafouées par les salaires extravagants de traders ou de patrons qui utilisent les capitaux des autres sans prendre eux-mêmes de risques, et inversement par les fraudes de certains qui abusent des systèmes de protection.

L'ascenseur social leur semble en panne. Les avancements à l'ancienneté, les statuts de la fonction publique, figent les espoirs de promotion professionnelle et sociale.

Ils jugent les pouvoirs publics autistes, inconséquents, arrogants. Ils ne supportent plus d’être promené de service en service, parfois d'un département à l'autre, pour récupérer un papier, d’être menacé de saisie pour des contraventions déjà payées, de voir une entreprise mise en péril par l'application absurde d'un règlement ou la lenteur d'un service public.

Sous-estimer le fossé qui se creuse entre les classes moyennes et l’Etat serait ignorer les risques économiques et politiques d'une véritable révolte.

La France a de meilleurs résultats que la plupart de ses voisins, en matière de croissance, de baisse du chômage, d'augmentation des investissements... Elle a de nombreux atouts. Pour les valoriser, elle doit replacer les classes moyennes au cœur du dynamisme économique en leur offrant la perspective d'améliorer leur sort par leurs efforts et leurs initiatives.

Améliorer leur pouvoir d'achat  implique d'abord de l'emploi. Un parent ou un enfant au chômage, ce sont des revenus en moins et des dépenses en plus.

L'emploi exige croissance et compétitivité, notamment des PME. L'une et l'autre dépendent largement de la motivation des salariés des classes moyennes, cadres ou ouvriers spécialisés. La valorisation de leur rôle, la participation,  l'intéressement aux résultats doivent mis au coeur du fonctionnement de l'entreprise.

Recréer un sentiment de justice implique d'inventer la méritocratie républicaine du XXIème siècle. La promotion sociale, comme le montrent les armées, se construit par la formation permanente recentrée sur le métier, sur des statuts du secteur public garantissant réellement la possibilité de progresser de la base au sommet.

Refonder la confiance en l'Etat suppose de réconcilier les classes moyennes et la politique.

Le monde politique est essentiellement issu des classes moyennes. Paradoxalement, le divorce est aujourd'hui profond.

Dire la vérité sur la nécessité des réformes, éviter les effets d'annonce,  privilégier l'intérêt général au court terme électoral, renvoyer l'ascenseur sont les bases de la crédibilité politique.

Les classes moyennes jugent qu’on leur demande toujours plus sans jamais rien en retour. L'effort est accepté s'il est récompensé. Là, tout est à inventer.

Quand l'Etat a aidé les banques lors de la crise, il a prêté l'argent et en a perçu les intérêts. Inventons un tel retour pour le contribuable soumis à taxe exceptionnelle lorsque le bénéficiaire refait des profits, pour l'assuré quand le nombre de vols diminue, pour le client de banques qui s'enrichissent avec l'argent de son compte courant.

L'Etat c'est aussi la technostructure. Les classes moyennes en attendent compétence, écoute, respect.

Moins de textes, plus clairs, mieux appliqués et contrôlés sur le terrain par leurs rapporteurs parlementaires : c'est une exigence de crédibilité et de confiance. Trop souvent des administrations convaincues d'incarner l'intérêt général, des organismes plus préoccupés d'eux-mêmes que des citoyens, bloquent l'application des lois.

Chaque membre des classes moyennes entend être respecté. Il refuse que d'autres décident pour lui, qu'ils soient élites économiques internationalisées ou technocrates imbus de schémas théoriques. Il attend, en retour de ses impôts, la qualité du service rendu.

Loin d'ignorer ou d'étouffer l'expression des classes moyennes, il faut comprendre ce qui les révolte, écouter leurs aspirations, leur donner l'oxygène qu'elles espèrent pour être le poumon d'une France qui avance.

Michèle Alliot-Marie
Présidente du Chêne

http://www.lechene.org/actualite-mam/686-tribune-de-michele-alliot-marie-dans-le-figaro-qrelancer-lascenseur-socialq.html

Le jeunisme, faux nez de la défense ultra catégorielle d'une élite!

09/06/2011 17:26 par rgrs

  • Le jeunisme, faux nez de la défense ultra catégorielle d'une élite!

    Le jeunisme, faux nez de la défense ultra catégorielle d'une élite!

    09/06/2011 17:26 par rgrs

Sous le titre apparemment protestataire, "Réforme du code électoral: à bas le rajeunissement !", paru sur Marianne2 en ligne, portant sur les conditions d'inéligibilité d'une certaine catégorie de citoyens, M. Timour Veyri et Maître Bluteau posent un cas qui ne pourrait appeler que protestations et, allons y puisque Stéphane Hessel a mis le mot à la mode, indignation.


"Désormais, les membres de cabinet des maires des communes de plus de 20 000 habitants, sont inéligibles (aux législatives), s'ils exercent leur fonction depuis moins d'un an à la date du scrutin. Philippe Bluteau, avocat à la Cour et Timour Veyri, enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris, et conseiller du maire d’Evreux, déplorent cette mesure qui empêcherait le renouvellement de l'Assemblée nationale, et son rajeunissement.(...)"


C'est sous le prisme haro contre le rajeunissement des assemblées que l'un des auteurs, 47 ans quand même, a choisi son plaidoyer pro domo. Il est strictement véridique que notre parlement n'est que têtes chenues, n'en déplaise à Olivier Dussopt (33 ans, benjamin de l'Assemblée Nationale qui en deviendra certainement un jour le doyen),  et qu'une transformation s'impose. Pierre Méhaignerie en est l'un des exemples les plus frappants(1).


La solution quant à cet aspect particulier des choses est autre: il suffirait d'interdire le cumul des mandats, maladie propre à la France, sur la position 1 élu = 1 mandat. Secondo il faut limiter dans le temps ceux des élus qui se complaisent dans un carriérisme ravageur pour un renouvellement souhaité par tous et non un rajeunissement, la jeunesse n'étant pas un statut mais un marqueur sur une fiche d'Etat civil.


La lecture de cet article m'interpelle surtout quant aux plus grands absents, frappés d'inéligibilité depuis des décennies au sein des deux assemblées; je veux parler des classes populaires et classes moyennes(2). A cet égard, l'article dont il est question prend une toute autre tournure quant à la défense des élites de la nation, fussent-elles républicaines.


Le plus étrange, toutes choses égales par ailleurs, est que ces mêmes défenseurs tribuniciens des droits du citoyen lésé, se targuent d'être les contempteurs de la reproduction consanguine des élites libérales et énarchiques. Je ne vise pas ici les auteurs de l'article dont il est question, puisque j'assiste encore à mon grand âge à des colloques, universités d'été et autres forums de la vie de la Cité, quand bien même mon mandat unique de maire-adjoint est loin derrière moi.

La conclusion de l'article me laisse pantois:


"Or, aujourd’hui, concrètement, les cabinets locaux sont le lieu privilégié qu’ont choisi nombre de jeunes femmes et hommes pour parfaire leur apprentissage de la vie politique. Cette réforme verrouille leur envol. A qui profite le crime ? "


Il fut un temps, si peu éloigné de nous, où l'apprentissage se faisait dans les sections, seaux de colle à la main, actes militans sur les marchés, tracts à la main, dans les cages d'escaliers. Le syndicalisme, vous savez ce lieu où s'exerce la démocratie sociale et où se formait une élite ouvrière dans les Ecoles Normales éponymes?, et le milieu associatif, autre vivier, servaient à forger un futur 1er ministre, un président de l'Assemblée Nationale ou  un président du Sénat. Il arrivait même, mais c'était ailleurs, sur une autre planète, qu'un peuple élût un syndicaliste électricien comme président.


Pauvre France qui verra un jour des égoïsmes remplacer ceux d'aujourd'hui! Oui à qui profite le crime?

Simon ARCHIPENKO
Président de Voltaire République

http://voltaire.republique.over-blog.com/

Au secours, les vieux ne veulent pas lâcher l'affaire!

09/06/2011 17:16 par rgrs

  • Au secours, les vieux ne veulent pas lâcher l'affaire!

    Au secours, les vieux ne veulent pas lâcher l'affaire!

    09/06/2011 17:16 par rgrs

Maurice Lévy, le préfet Lambert, Jean-Claude Trichet... Depuis quelques semaines, chez nos chères élites, les tours de passe-passe se multiplient avec toujours le même objectif : conserver leurs jolis postes bien au-delà des limites d’âge pourtant fixées…

Surchauffe du cortex. Bouillonnement du cervelet. Et bientôt évaporation du liquide céphalo-rachidien. La grogne monte, mais « ils » ne se rendent pas compte. « Ils » s’en foutent après tout. « Ils » ont déjà largement fait leur temps, mais veulent quand même le prolonger. Et qu’importe le message qu’« ils » envoient à cet être étrange qu’est « LE jeune ». « Ils » en ont été de cette espèce-là, mais c’était il y a une éternité et « ils » ont oublié. « Ils », ce sont ceux qui depuis quelques semaines mettent tout en œuvre pour conserver leur joli poste bien au-delà de la limite d’âge pourtant fixée. Chez « ces gens-là », il ne s’agit pas de grappiller les deux-trois annuités manquantes pour décrocher enfin une retraite décente. Ça fait belle lurette qu’« ils » auraient pu arrêter de travailler sans avoir à se serrer la ceinture Hermès. La preuve par trois exemples :


- Le 26 mai dernier, comme le relevait Marianne dans son numéro 736, les parlementaires adoptaient un projet de loi pour permettre à certains hauts fonctionnaires (préfets, ambassadeurs, etc) de travailler jusqu’à 67 ans. Deux ans de rab par rapport aux dispositions précédentes. Deux ans de rab pour… « 600 personnes environ en charge de l’application stricte de la politique du gouvernement, toutes ou presque désignées par la droite depuis 2002  », notait Hervé Nathan. Parmi eux : un certain Christian Lambert, préfet de Seine-Saint-Denis et proche de Nicolas Sarkozy…

- À Bruxelles aussi, on se rêve éternel. Ce grand humaniste qu’est le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, « zieuterait » sur un nouveau job. Soixante-huit  ans au compteur, Trichet voit en effet son mandat s’achever d’ici à la fin de l’année. Récemment, notre homme a tracé les contours d’un poste qu’il souhaiterait voir créer : ministre des Finances de l’Union européenne. Un emploi-retraite en or massif pour lui… Même si toutes les prérogatives qui vont avec ce futur poste, Trichet les a toujours farouchement combattues au prétexte que « cela risquait d'amoindrir le pouvoir de la BCE ». Mais les idées, chez « ces gens-là »...

- Le privé a également ses soiffards de l’élixir de jouvence. Les pages saumon du Figaro de ce mercredi nous apprennent qu’à Publicis, « les actionnaires, réunis en assemblée générale, avec la bénédiction de la présidente du conseil de surveillance, Elisabeth Badinter, première actionnaire avec 10,5% du capital et 17,2% des droits de vote » ont décidé de relever « la limite d’âge des membres du directoire » de 70 à 75 ans. C’est Maurice Lévy… 69 ans et président du directoire de Publicis Groupe qui va être content. Mais Le Figaro nous explique que Maurice Lévy a donc « cinq ans de plus »… pour « préparer sa succession » ! Il va donc finir, un jour, par passer la main ? Ouf… On craignait de voir l’ascenseur social — déjà bloqué au 3e (ét)âge — atteindre le 4e (ét)âge !


Gérald Andrieu - Marianne

Photo : L'ascenseur social est bloqué au 3e (ét)âge (Photo : Jepoirrier - Flickr - cc)

http://www.marianne2.fr/Au-secours-les-vieux-ne-veulent-pas-lacher-l-affaire_a207112.html

Quinzaine anti-sexiste et vertus de l'exemplarité

09/06/2011 13:17 par rgrs

  • Quinzaine anti-sexiste et vertus de l'exemplarité

    Quinzaine anti-sexiste et vertus de l'exemplarité

    09/06/2011 13:17 par rgrs

La Une de certains quotidiens et magazines, ces derniers jours, avait quelque chose de consternant. Comme ces innombrables débats pour savoir ce qu’allait changer l’« affaire DSK ». On vit fleurir les poncifs sur la « parole qui se libère », et la « peur » de tous ces mâles qui avait trop longtemps cru en une divine impunité.

C’est que les médias, dans notre belle société du spectacle, fonctionnent par séquence. La première, depuis le désormais célèbre 14 mai, fut celle de la sidération et des interventions délirantes. Entre les théories complotistes et les atténuations douteuses, la barrière du ridicule fut allègrement franchie. Mais cette première séquence enclencha la deuxième, censée apporter la rédemption : la séquence du renouveau féministe et de la mise au ban des immondes machos qui, jusque là, opprimaient la moitié de la France. De ce point de vue, la lecture du Nouvel Observateur, et de son dossier spécial « la France est un pays abominable » avait quelque chose d’édifiant.
Entendons-nous bien. : l’auteur de ces lignes fut la première effarée par les déclarations des amis du grand homme, et de tous ceux qui n’y voyaient que les excès d’un « séducteur » un peu imprudent. Rappelons à ces sympathiques commentateurs que séduire, du latin « se ducere » attirer à soi, implique que l’on s’intéresse un minimum à l’autre, puisque le jeu consiste à susciter son intérêt par la puissance du verbe ou des regards, par l’interaction des attitudes. Bref, un jeu qui se joue à deux et n’a strictement rien à voir avec les propositions plus ou moins pressantes de celui pour qui toute porteuse de deux chromosomes X en vaut une autre, du moment qu’il s’agit d’assouvir une pulsion.
La confusion volontairement entretenue par les premiers commentateurs de l’affaire n’avait pour but que de dédouaner l’ami de trente ans, mais plus encore de faire oublier que tous avaient fermé les yeux sur ses travers les plus gênants pour sauver son image de messie de la gauche en particulier et de la France en général. Car les diverses remarques émanant de ses amis politiques, mais aussi de nombreux éditorialistes, n’avaient sans doute pas le caractère atrocement sexiste qu’ont voulu y voir les associations féministes revigorées ; ou du moins, cela ne constituait qu’un dommage collatéral. Il s’agissait avant tout d’un réflexe de caste, d’une réaction de déni face à l’effondrement du scenario qui les faisait tous rêver : l’élection sans combat du « plus brillant » d’entre nous. Et la consternation qui se lisait sur les visages ce lundi 16 mai au matin racontait l’histoire de cette année à venir, telle qu’elle avait d’ores et déjà été écrite par la coalition bancale des admirateurs de l’homme « à la stature internationale » et des adeptes du « tout sauf Sarkozy ».
On eut également droit à la variante « défense de la vie privée contre cette abominable entreprise de transparence totalitaire », de la part de gens qui, bien souvent, avaient trouvé la transparence tellement moderne et démocratique quand il s’était agi de dévoiler sur un site internet les secrets des Etats et de leur diplomatie. Et rassurons ces adeptes du journalisme d’investigation à géométrie variable : il n'était nullement question d’étaler la vie privée de qui que ce soit (encore que ce qui tombe sous le coup de la loi ne relève justement pas de la vie privée) mais de montrer un tout petit peu plus de circonspection devant le supposé homme providentiel.
Qui aura lu dans Marianne le récit par Denis Jeambar d’une rencontre entre la direction de ce journal et ledit grand homme (récit publié après la mort médiatique de DSK, bien sûr) comprendra que le respect de l’exercice démocratique (vis-à-vis des médias ou de ses adversaires aux primaires socialistes) n’était pas sa préoccupation première. Alors, pourquoi tant d’indulgence ? Il y avait là matière à passionnante réflexion.
Mais toute analyse du système politico-médiatique français, ou même des rapports de pouvoir sous-jacent, fut éclipsée par la formidable entreprise de remise à flot du féminisme mal en point. Et face à ceux qui tentaient pathétiquement de faire passer pour de la « séduction » ce qui relève évidemment du harcèlement, tout ce que la France compte d’associations et de consciences féministes se mit à dénoncer un harcèlement généralisé contre les femmes. Et de crier haro sur le mâle français, ce résidu archaïque du patriarcat triomphant. On vit même certaines se réjouir de la « peur » qui allait désormais étouffer toute velléité de manifestation virile.
Autant le dire tout de suite, si l’avenir que nous prépare l’affaire DSK est un monde où les hommes n’osent plus dire à une femme qu’elle est charmante, ou tenter un badinage complice, on va s’ennuyer ferme. Or, c’est exactement l’objet du dossier du Nouvel Observateur, qui dresse liste et typologie des coupables (le macho-beauf, le macho-réac…), photos à l’appui, en convoquant au tribunal les Liaisons dangereuses (dont le propos – mais qui le sait encore – était authentiquement féministe) ou la galanterie à la française.
Hélas, au Nouvel Observateur comme dans les associations féministes, on ne lit pas les ouvrages de Mona Ozouf ou de Claude Habib, et l’on ne comprend pas grand chose à la « galanterie », cette invention largement française, qui reposait sur l’intelligence et le beau langage, et constitue la forme la plus aboutie d’un rapport harmonieux entre les sexes. On préfère s’insurger contre les remarques pathétiques de quelques vieux kroumirs du monde politique, plutôt que de s’intéresser aux moyens politiques et économiques d’en finir avec les inégalités hommes-femmes, du développement de modes de garde abordables à la limitation du cumul des mandats. Et ne parlons pas des moyens culturels, comme une véritable réflexion sur l’éducation des filles et le rôle de la télévision, en une époque où Kate Moss et Britney Spears leur sont proposées en modèles.
Un jeune confrère me faisait part hier de son effarement devant les réactions de certaines femmes après ce grand lavage du linge machiste. Il se demandait même quand un intellectuel ou un philosophe lancerait une pétition de soutien à ces 90% de mâles français qui ne sont ni des harceleurs, ni des violeurs, qui font les courses et s’occupent de leurs enfants, et aiment de temps en temps faire un compliment respectueux à une jolie femme. Que les hommes se rassurent, il est également beaucoup de femmes qui apprécient les hommages, et qui seraient fort marries de n’être pas plus regardées qu’une table ou une chaise.
Mais les uns et les autres gagneraient à ce que l’analyse de cette curieuse séquence médiatique mette en lumière les errements d’un système un peu trop enclin à se protéger. Il ne s’agit nullement, comme on l’entend depuis la tonitruante déclaration de Luc Ferry (qui ne faisait que dédouaner la presse en expliquant que, sans preuve, on ne peut accuser personne, et qui, pour cela, s’est fait clouer au pilori par cette même presse), de laisser libre cours à nos bas instincts voyeuristes, mais de nous souvenir que l’exemplarité des puissants est nécessaire à un régime républicain. L’exigence d’un minimum de vertu, n’en déplaise aux adeptes de l’entre soi, ne nous fait pas sombrer dans une nouvelle Inquisition, mais rappelle à ceux qui gouvernent que leur vocation est de servir, et non de se servir.
Natacha Polony
 

Demain Christine Lagarde sera peut-être à Bilderberg ? Parce qu’elle le vaut bien...

09/06/2011 13:06 par rgrs

  • Demain Christine Lagarde sera peut-être à Bilderberg ? Parce qu’elle le vaut bien...

    Demain Christine Lagarde sera peut-être à Bilderberg ? Parce qu’elle le vaut bien...

    09/06/2011 13:06 par rgrs

J’aimerais vous reparler cette semaine du Bilderberg, cette conférence qui réunit chaque année dans un lieu tenu secret - et à chaque fois différent - l’élite transatlantique des affaires, de la Politique et des media. Je vous en parle parce que la prochaine édition devrait avoir lieu de jeudi à samedi au Grand Hotel Kempiski de Saint Moritz en Suisse. Devrait car l’information n’est pas publique, le Bilderberg entretenant depuis son origine en 1954 le plus grand secret sur ce qui se dit, se passe ou se décide durant ces 3 jours de discussion à huis clos.

PDG, ministres en fonction, têtes couronnées, banquiers centraux, patrons de presse et militaires débattent dans un palace interdit au public et verrouillé par un service d’ordre impressionnant. Terrorisme, monnaie, climat, épidémie, conflits, tout y passe. Pourtant rien ne filtre. Malgré l’importance des personnalités impliquées (de Rockefeller à Angela Merckel, de Llyod Blankfein, le patron de Goldman Sachs à Tim Geithner, de Jean-Claude Trichet à Tony Blair qui y ont toutes participé, à des années souvent différentes*) malgré l’importance des personnalités donc et des sujets débattus, à ce jour, aucun des invités – même journaliste - n’a raconté son expérience ni permis d’évaluer l’influence réelle de ce groupe.

La blogosphère fourmille de rumeurs sur le sujet : création de l’Euro, ascension au pouvoir de Bill Clinton ou de Tony Blair, le Bilderberg tirerait les ficelles d’un jeu politique qui ne serait plus que mascarade. J’utilise le conditionnel à dessin Marc car le Bilderberg n’a pas fait l’objet d’enquête digne de ce nom dans la presse traditionnelle. Mais pourquoi ce black out médiatique au juste ? S’agit-il de collusion, de censure ? Le Bilderberg est-il un non sujet ou alors avons-nous peur ? Parler du Bilderberg c’est un peu comme jouer avec des allumettes. 

Pour comprendre un peu mieux, je me suis rendue l’an dernier à Sitges près de Barcelone, là où se tenait l’édition 2010 du Bilderberg. Et je n’ai rien vu d’autre qu’un hôtel bunker, protégé des regards et des quelques manifestants par un golf, des hélicoptères et des agents déguisés en altermondialistes. Je suis repartie bredouille, frustrée de n’avoir rien vu et peut être encore plus de n’avoir trouvé qu’une poignée de personnes devant les barricades de la police espagnole. Un peu bêtement, la faiblesse de l’opposition m’avait alors presque convaincue qu’effectivement, il n’y avait peut être rien à voir.

Il y a quelques jours j’ai rencontré dans son bureau, à Bruxelles, le Président du Bilderberg. La facilité à décrocher l’interview m’a paru suspecte et de fait, Etienne Davignon, vieux briscard de la politique et des affaires belges, ne m’a rien dit. Pour mémoire, Etienne Davignon, pardon le Vicomte Etienne Davignon a été très impliqué dans la construction de l’Union Européenne mais aussi la politique économique et les affaires étrangères de son pays, la Belgique. Passé à l’entreprise (il a été fondateur de Brussels Airlines, Président de la société générale de Belgique, puis de Suez Tractebel), c’est un as de l’influence, notamment au sein de la Table ronde des industriels européens, l’un des lobbies les plus influents sur l’Europe. Et d’ailleurs, j’ai eu en face de moi un homme gonflé de sa puissance. Une heure durant, il m’a servi la soupe d’une organisation boyscout, oeuvrant pour, je cite « la paix, la justice dans le monde, la meilleure entente entre les peuples ». J’ai ressenti toute cette culture du « too big to fail », du « trop gros pour sombrer », à l’œuvre chez une bonne partie de ce qu’il est encore convenu mais franchement, je ne sais plus pourquoi, l’élite.

J’étais rentrée de Sitges déçue de n’avoir rien vu. Je suis rentrée de Bruxelles furieuse de n’avoir rien entendu. L’édition 2011 du Bilderberg démarre donc ce jeudi. Au programme sans aucun doute, la Grèce, de l’Euro, de la Libye à « sauver », le cours des matières premières et de l’Internet à contrôler, et le FMI. D’après Etienne Davignon lui-même, Christine Lagarde, en campagne pour sa nomination, ferait un saut à Saint Moritz. Pour prendre le thé probablement.

Flore Vasseur

Liens :

- Les thèmes et les participants de l’édition 2011 seront annoncés via le site officiel du Bilderberg (sur lequel figurent également les thèmes et participants des trois éditions précédentes).

- Retour sur l'édition 2010 : Bilan de ma "visite" à Bilderberg...

- Chronique audio sur France Culture

- Blog de Flore Vasseur

Ségolène Royal et le défi du neuf

09/06/2011 13:00 par rgrs

  • Ségolène Royal et le défi du neuf

    Ségolène Royal et le défi du neuf

    09/06/2011 13:00 par rgrs

Les participants importants de la campagne 2007 sont tous confrontés actuellement à un défi commun : comment faire neuf en 2012 ? De façon surprenante, ils peinent actuellement à trouver de nouveaux ressorts. C'est le cas pour Ségolène Royal mais pas exclusivement.

L'année 2012 sera d'autant plus intéressante que deux élections présidentielles vont intervenir à six mois de distance, en France puis aux Etats-Unis.

Dans les deux cas, les sortants seront candidats. A ce jour, tout différencie la stratégie de Nicolas Sarkozy face à celle de Barack Obama pour préparer 2012.

Nicolas Sarkozy semble vouloir revenir sur les bases de 2007 : sécurité, énergie, choc frontal avec la gauche.

Cette logique de "droite décomplexée" qui avait remarquablement réussi en 2007 peut-elle fonctionner de nouveau pour 2012 ? Il y a matière à en douter non seulement par l'impact d'un bilan mais surtout par l'impact de la crise économique de fin 2008.

La France de 2011 ressemble peu à celle de 2006 notamment dans son rapport à la réforme. L'actuel débat sur "l'assistanat" en est une illustration. En 2006, la mode était "à la France qui se lève tôt et au travailler plus pour gagner plus". En 2011, le climat est au "travail sécurisé" avant même de penser à "gagner plus". C'est de protection et de justice (donc d'une forme d'égalité) face à la crise dont l'opinion a besoin. "La chasse aux assistés" inquiète maintenant parce que qui peut désormais dire qu'il n'aura pas besoin demain d'un filet de protection ?

De même sur le calendrier d'engagement de la campagne, Nicolas Sarkozy fait campagne au pouvoir, dans l'exercice même du pouvoir. En 2006, il était le "rebelle de l'intérieur" face au pouvoir présenté comme "endormi". Le bilan était alors pour partie le sien mais l'opinion pensait que demain serait différent une fois que NS détiendrait entièrement le pouvoir. Là, il est détenteur de tout le pouvoir. Comment laisser penser que demain puisse alors être si différent d'hier ?

Du côté d'Obama, les choses sont très différentes :
1) il a déjà installé officiellement son équipe de campagne distincte de celle de la Maison Blanche pour un vote qui intervient pourtant six mois plus tard qu'en France,
2) tout est préparé, construit, assumé autour d'un thème explicite : 2012 ne sera pas 2008 !
3) sur le plan de la logistique, de nombreuses approches changent dans sa préparation :
- en 2008, c'était Internet pour accélérer le message entre un émetteur et un très grand nombre de récepteurs. En 2012, c'est Internet pour une foultitude de campagnes quasi-individuelles partagées dans une logique de one-to-one,
- c'est un recours permanent à Twitter pour faire partager l'info en live et non plus pour signaler un contenu sur un site,
- c'est le recours à de nouvelles techniques pour accélérer la géo-localisation,
- ...
Sans le moindre parti pris partisan, le constat technique dégage deux approches très différentes pour une même question : comment garder un temps d'avance pour deux campagnes qui avaient été remarquablement réussies lors de la première conquête du pouvoir ?
Cette différenciation est-elle provisoire ou demeurera-t-elle ?

Cette même course au neuf est le point de passage pour d'autres prétendants.

Ségolène Royal semble toujours scotchée à la démocratie participative mais pour quel contenu en 2011 ?

François Bayrou est pour le moment réfugié dans le silence. Mais que fera-t-il de différent quand il quittera cette posture ?

C'est surprenant de constater que la course à l'avance et au changement qui avait été le socle des révélations 2007 n'a pas de comparable à ce jour. Pendant longtemps encore ?

http://exprimeo.fr/article/6898/segolene-royal-et-le-defi-du-neuf.htm

Terra Nova, le Temple solaire de la gauche ?

09/06/2011 12:57 par rgrs

  • Terra Nova, le Temple solaire de la gauche ?

    Terra Nova, le Temple solaire de la gauche ?

    09/06/2011 12:57 par rgrs

Pour Terra Nova, think tank proche du Parti socialiste, la victoire de la gauche en 2012 dépendra de sa capacité à séduire un électorat qui sera susceptible de voter en sa faveur sans pour autant adhérer à ses valeurs. André Grjebine, directeur de recherche à Sciences Po, considère que cette stratégie clientéliste est risquée.


Les politiques d’austérité infligées à un nombre croissant de pays européens créent un climat propice à la montée de mouvements populistes. L’opinion qu’aucune politique ne parviendra à juguler la crise économique et ses conséquences politiques se répand. Dans ce contexte, des voix se font entendre, proposant des stratégies populistes ou clientélistes. A droite, mais également sur bien des points à l’extrême-gauche, c’est la surenchère populiste par rapport au Front national qui tend à prévaloir et conforte ainsi ses positions. A gauche, certains en viennent à prôner une stratégie clientéliste. Il ne s’agit plus de convaincre un maximum d’électeurs de la validité du projet proposé, mais d’esquisser les contours d’une nouvelle coalition électorale susceptible d’apporter ses suffrages à la gauche et d’adapter son discours en conséquence. Les deux stratégies risquent de se révéler contre-productives dans la mesure où elles renforcent le sentiment que seul le Front national est à même d’affronter les problèmes de l’heure.

Le rapport rédigé sous la direction d’Olivier Ferrand et Bruno Jeanbart, récemment rendu public par Terra Nova, think tank proche du PS, « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », illustre très clairement la stratégie clientéliste. Il a le mérite de proposer un constat inquiétant de l’état de la gauche. Reste à savoir quel serait l’avenir de la gauche si elle devait s’inspirait de la stratégie que les auteurs en déduisent.

Le rapport part de l’observation que la coalition électorale qui supportait historiquement la gauche est en déclin. La population ouvrière, qui en constituait l’ossature, diminue depuis les années 1970. Mais surtout, la montée du chômage, la précarisation, la perte d’une identité collective susciteraient dans les classes populaires des « réactions de repli sur soi : contre les immigrés, contre les assistés, contre la perte de valeurs morales et les désordres de la société contemporaine. » (p.8) Ce qui expliquerait que les ouvriers, mais également les employés, soient moins enclins à voter pour la gauche et davantage séduits par le Front national. Dès lors, « la volonté pour la gauche de mettre en œuvre une stratégie de classe autour de la classe ouvrière, et plus globalement des classes populaires, nécessiterait de renoncer à ses valeurs culturelles, c’est-à-dire de rompre avec la social-démocratie. » (p.13). D’où la proposition d’asseoir la stratégie électorale sur une nouvelle coalition : « la France de demain », formée par les jeunes, les minorités, les femmes, les diplômés solidaires des exclus par conviction. Selon Terra Nova, cette France en construction a toutes les qualités : « elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive. » (p.54) ! Ce qui tranche agréablement avec les ouvriers, décrits par le rapport, qui, désormais, « se positionnent en priorité en fonction de leurs valeurs culturelles – et ces valeurs sont profondément ancrées à droite » (p.26).

Légitimement enthousiasmé par des perspectives aussi prometteuses, le lecteur imagine déjà le rassemblement qui pourrait en sortir. Le problème, c’est que l’« électorat disponible », c’est-à-dire l’électorat qui pourrait potentiellement voter pour la gauche mais n’est pas sûr de le faire, est à la fois composite et fortement enclin à l’abstention. Toute la question est donc de le séduire et de le fidéliser. Les auteurs affirment opter pour une stratégie centrée sur les valeurs. Mais, un électorat composite appelle la mise en avant de valeurs composites, sinon contradictoires. D’où l’énumération de valeurs dans lesquelles chacun choisira celles qui lui conviennent : « la tolérance, l’ouverture aux différences, une attitude favorable aux immigrés, à l’islam, à l’homosexualité, la solidarité avec les plus démunis » (p.7).
 
La référence à l’islam paraît à cet égard particulièrement problématique. Compte tenu de la laïcité traditionnellement revendiquée par la gauche, n’est-il pas étrange de considérer une attitude favorable à une religion comme une incarnation des valeurs de gauche ? Les auteurs notent eux-mêmes que « la religion reste, aujourd’hui comme par le passé, un marqueur invariant de positionnement politique » à droite (p.41). Le fait même  de classer parmi les valeurs de la gauche « une attitude favorable à l’islam », sans demander à ceux qui s’en réclament la même tolérance à l’égard par exemple des incroyants, des homosexuels ou de ceux qui se sont détachés de l’islam ou entendent le faire suggère que les valeurs mentionnées par Terra Nova sont loin d’être partagées dans leur ensemble par ceux qui sont censés constituer l’électorat de la gauche. Plus précisément, l’ouverture à l’égard de l’islam mesure la tolérance des fidèles d’autres religions ou des incroyants, sans qu’on attende apparemment des musulmans qu’ils fassent preuve d’un quelconque attachement aux valeurs déclarées comme étant de gauche.

En réalité, pour les auteurs, ce qui définit, semble-t-il, l’appartenance à la gauche, c’est moins l’adhésion à ses valeurs que la probabilité d’un vote en sa faveur indépendamment des valeurs. Qu’importe les préférences des musulmans. Ils votent en grande majorité pour la gauche et cela suffit. Comme l’observe Claude Dargent, leur vote de gauche « n’est pas la conséquence d’un libéralisme sur les questions de mœurs et de société puisqu’ils témoignent au contraire de positions très rigides sur ce sujet.* »  Ce n’est donc pas au niveau des valeurs que la rencontre entre les personnes de culture musulmane et la gauche peut se faire principalement.
 
Les uns attendent que la gauche mette en pratique son souci d’ouverture pour réserver un accueil plus favorable aux immigrés et à leurs descendants, quels que soient par ailleurs leurs options et éventuellement leurs comportements. La gauche escompte « en échange », sans que le terme soit jamais prononcé, un vote en sa faveur. A la limite, on peut même envisager que cet échange de bons procédés se perpétue, la gauche se montrant d’autant plus favorable à la poursuite de l’immigration qu’elle verra en elle la promesse de nouveaux électeurs. Dans cette stratégie,  l’afflux permanent de nouveaux immigrants originaires de pays musulmans paraît d’autant plus nécessaire qu’on peut espérer qu’au fur et à mesure de leur distanciation avec l’acte d’immigration, les orientations des descendants d’immigrés tendront à se normaliser et à se répartir dans l’ensemble de l’échiquier politique français.

Cette stratégie paraît à la fois problématique et à courte vue. Elle risque de se révéler doublement suicidaire. Tout d’abord, elle pousse les ouvriers et les employés dans les bras du Front national. Ceux-ci représentent près de la moitié de la population, et bien davantage si l’on tient compte des retraités plus nombreux dans ces catégories sociales. Les partis traditionnels, de droite ou de gauche, se sont avérés incapables de faire face à la montée des insécurités sociale, immobilière, culturelle que les couches populaires – c’est-à-dire principalement les ouvriers et les employés - ressentent. Or, non seulement la gauche prend de moins en moins en charge leurs revendications, mais, en outre, elle stigmatise leurs « réactions de repli » comme le fait le rapport analysé. Quoi d'étonnant si Marine Le Pen ne cesse de gagner des voix dans cet électorat, en prenant la défense de ces catégories sociales, même si les remèdes qu'elle propose sont en général populistes et inapplicables ? Selon un sondage Ifop-France-Soir du 17/2/2011, 37 % des ouvriers et 32 % des employés  avaient l’intention de voter pour Marine Le Pen en cas de candidature de Martine Aubry, qui n’obtiendrait respectivement que 17 % et 20 % de leurs voix.
 

(André Grjebine)
(André Grjebine)
 
En même temps, cette stratégie incite des électeurs qui ne partagent pas toujours les valeurs de la gauche à voter pour elle. Elle accepte ainsi d’être l’instrument permettant à des revendications communautaristes, contraires aux valeurs qu’elle affiche, de progresser dans la société française, pourvu que ces revendications soient exprimées par ses électeurs potentiels. Encore faut-il éviter que certains au sein de cet électorat potentiel n’en viennent à s’interroger sur l’adéquation de leur vote avec les valeurs opposées aux leurs, traditionnellement promues par la gauche. La note, quelque peu provocante, publiée en mars dernier par Terra Nova, plaidant en faveur de « l’émergence d’une puissante citoyenneté musulmane », s’inscrivait, sans doute, dans cette logique. Qu’arrivera-t-il lorsque les différentes composantes de son électorat prendront conscience de l’incompatibilité des valeurs qu’elles défendent ? La gauche risque alors de connaître une hémorragie comparable à celle qui l’a privée de son électorat populaire, mais touchant cette fois les classes moyennes.
André Grjebine - Tribune

(*) C.Dargent, « Musulmans versus catholiques : un nouveau clivage culturel et politique ? », Congrès de l’AFSP, Grenoble, septembre 2009.


André Grjebine est directeur de recherche à Sciences Po, Centre d’études et de recherches internationales.