Comment Nicolas Sarkozy jette 90 milliards par la fenêtre
25/07/2011 08:12 par rgrs
-
Comment Nicolas Sarkozy jette 90 milliards par la fenêtre
25/07/2011 08:12 par rgrs
Il y a peu, les dirigeants européens ont concocté un plan de près de 160 milliards d’euros pour sauver les créanciers de la Grèce. Un plan illusoire qui ne règle en rien les problèmes d’Athènes et qui va coûter dramatiquement cher aux ménages européens.
L’austérité pour payer les créanciers
Comme le rappelle très clairement Nicolas Dupont-Aignan dans une tribune publiée dans le Monde (version longue sur le site de Debout la République), ces plans ne résolvent rien. Certes, les banques privées sont impliquées (ce qui est positif, car il aurait été immoral que seuls les contribuables paient), mais ils ne règlent en aucun les problèmes de la Grèce. Dans trois ans, le PIB grec aura encore baissé, la dette monté et le pays sera donc encore moins en position de payer.
En fait, les pays européens vont fournir l’argent pour assurer les échéances des trois prochaines années, mais rien n’est fait pour que la Grèce retrouve la croissance. Rendez-vous donc dans trois ans pour un bilan qui sera forcément mauvais. En revanche, les créanciers privés auront pu réduire leurs engagements (certes, pas autant qu’ils l’espéraient) et la dette grecque sera alors détenue à plus de 50% par des institutions publiques, qui devront alors assumer le probable défaut.
En outre, comme le montre Moral El Hattab dans une tribune publiée sur Agoravox, les dirigeants européens ont aussi sauvé de nombreuses institutions financières du dénouement de CDS sur la dette grecque. En fait, même si les banques devront contribuer à hauteur de 50 milliards au plan (220 pour les Etats au cumul des deux plans), ce sont bien pour elles que s’impose cette austérité sauvage dans tous les pays européens. Les contribuables paient encore pour sauver les banques.
Irresponsabilité financière
On a beaucoup glosé sur les 15 milliards qu’engage la France dans ce nouveau plan grec. Le problème est qu’il faut y ajouter notre contribution au premier plan grec (17 milliards) ainsi que celle aux plans irlandais et portugais. En clair, notre pays a engagé près de 60 milliards, qui servent uniquement à rembourser les créanciers de ces trois pays. 60 milliards, 3% du PIB, la moitié du déficit public prévu cette année, une augmentation d’environ 4% de notre dette publique !
Pire, il ne faut pas oublier que la France va emprunter ces 60 milliards et que nous allons devoir payer des intérêts aux marchés financiers puisque nous ne pouvons pas monétiser. Notre pays devra donc payer environ 2 milliards d’euros d’intérêt pendant quinze ans (puisque les prêts accordés par le fonds européen courent sur cette durée). En clair, on peut estimer que sur cette période, la France va donc payer 30 milliards d’euros d’intérêts. Au total, la facture atteint 90 milliards !
Bien sûr, si la Grèce remboursait cette somme et payait les intérêts, alors, ce serait relativement neutre pour nous (sauf que c’est nous qui avançons la somme). Mais le problème est qu’il est totalement illusoire de croire que nous retrouverons cette somme car la Grèce sera encore moins en position de rembourser dans trois ans qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il est donc fort probable que l’argent que nous prêtons aujourd’hui ne sera pas récupérée, au alors, seulement de manière partielle.
Bref, il est totalement irresponsable d’engager de telles sommes. Mais le pire est que beaucoup de fédéralistes sont prêts à signer des chèques beaucoup plus importants. Jacques Attali évoque un fonds européen de 2000 milliards d’euros, soit 400 milliards pour la France. Ils ont vraiment perdu la tête !
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
L’Europe plutôt que l’euro !
22/07/2011 19:21 par rgrs
-
L’Europe plutôt que l’euro !
22/07/2011 19:21 par rgrs
DLR vous propose la version longue de la tribune publiée dans l’édition du Monde du samedi 23 juillet.
Sauver l’Europe plutôt que l’euro !
Bien que la crise de l’euro s’aggrave, force reste au dogme qui paralyse les esprits depuis 20 ans. Hélas, car l’adoration de la monnaie unique charrie deux mensonges qu’il faudrait pourtant surmonter pour qu’enfin émerge une solution crédible à la crise.
Le premier mensonge est de faire croire que l’euro n’a aucune responsabilité dans la crise de la dette des pays du Sud et de la France.
La crise de la dette proviendrait d’un excès de dépenses lié à la légèreté des dirigeants et des peuples. Il suffirait donc d’imposer l’austérité pour en sortir. C’est loin d’être aussi simple ! Si les gouvernants grecs ont manqué de sérieux, n’oublions pas que les Espagnols et les Irlandais étaient cités en exemple par la Commission de Bruxelles pour leur budget en équilibre.
En vérité, c’est l’application d’un taux d’intérêt unique à des économies au taux d’inflation différent qui a suscité des bulles gigantesques d’endettement en Espagne ou en Grèce. Les bons docteurs de l’euro ne l’avouent pas, mais jamais de tels niveaux d’endettement auraient pu voir je jour du temps des anciennes monnaies nationales. Tout simplement parce que les prêteurs internationaux n’auraient pas accordé un niveau pareil de crédit - de surcroît au tarif bon-marché pratiqué à la solide Allemagne - à des pays aussi fragiles. A cet égard, l’euro a été aux dettes souveraines européennes ce que la vente libre d’armes à feu est au nombre considérable d’homicides aux Etats-Unis : un pousse-au-crime !
La crise de la dette provient aussi des déficits extérieurs des pays du Sud et de la France qui n’ont pas supporté la force de l’euro cher. Les exportations diminuent, les importations augmentent, les déficits extérieurs explosent, les entreprises délocalisent et l’investissement productif diminue. Il suffit de regarder les chiffres. La France a ainsi un déficit commercial en 1 mois de 7 milliards d’euros (mai 2011) égal à celui d’une année en 2004 !
C’est encore pire ailleurs. Au même moment, l’excédent commercial allemand augmente toujours plus. A ceux qui s’étonnent, c’est exactement ce qui arrive quand on impose une monnaie unique à des économies différentes. Les plus compétitives concentrent encore plus les richesses, les moins compétitives s’appauvrissent.
Auparavant cet écart de compétitivité était régulièrement effacé par les ajustements monétaires : le mark était réévalué, la lire était dévaluée, les importations étaient freinées, les exportations dopées, les balances commerciales se rééquilibraient, le pays retrouvait ses emplois. Pire des systèmes me rétorquera-t-on ! Oui, de même que la démocratie, qui est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres…
En interdisant cet ajustement salutaire, l’euro accroît les déséquilibres. Le chômage et la dette servent de variable d’ajustement au déficit de croissance.
Le second mensonge répandu dans les médias survient alors. Il suffirait de mener une politique unique pour mettre fin à ces déséquilibres. Imposons un gouvernement économique européen et tout s’arrangera !
Malheureusement aucun gouvernement aussi puissant soit-il ne pourra corriger les déficits de compétitivité des uns et freiner l’avance des autres. Comment un Ministre des Finances européen ferait-il en sorte que la Grèce baisse ses prix de 40%, pourrait-il uniformiser des pays aux structures sociales, politiques, culturelles aussi différentes que la Grèce et l’Autriche et égaliser les démographies française et allemande ?
La seule solution serait alors de prendre acte de la concentration des emplois dans l’Europe du Nord et d’effectuer des transferts financiers gigantesques vers le Sud. En un mot, doubler les impôts des Allemands pour financer des allocations dans le reste de l’Europe.
Quel gouvernement du Sud pourrait-il accepter de voir ses concitoyens devenir des assistés, soumis à la loi du payeur ? Quel gouvernement du Nord pourrait-il accepter de voir ses habitants taxés sans garantie d’aucune efficacité ? L’exemple de l’Allemagne de l’Est montre bien 20 ans après que l’exercice est difficile même pour un pays à la langue et à l’histoire commune, artificiellement divisé en deux par les vicissitudes de la géopolitique.
Et puis, comment procéder à ce « bond fédéral » ? Par référendum ? Après les « non » français et néerlandais de 2005, bafoués en catimini quelques années plus tard par des votes parlementaires, il est impossible aux gouvernants européen de se frotter de nouveau à la démocratie directe, pourtant seule capable de conférer à l’opération la légitimité populaire nécessaire. Les voilà rattrapés par l’addition de leur mauvais tour de passe-passe, qu’ils s’imaginaient avoir pu perpétré à bon compte !
On le voit donc bien, l’idée d’un gouvernement européen est un mythe qui ne vise qu’à perpétuer une logique d’endettement sans s’attaquer aux causes de la dette : l’économie réelle des pays.
Cette fuite en avant dans le mensonge n’a qu’un but : sauver l’euro, une construction dogmatique contraire aux lois de l’économie les plus élémentaires. Mais en voulant sauver l’euro, les dirigeants aveugles sont en train de détruire l’Europe. Car, l’Europe n’a de sens que si elle permet à chaque peuple de prospérer davantage avec les autres que seul isolément. L’Europe n’a de sens que si elle s’appuie sur des nations épanouies qui coopèrent entre elles. Or là, c’est tout l’inverse, des peuples sont appauvris et humiliés.
Les européens sincères et lucides devraient donc avoir le courage de préférer l’Europe à l’euro.
La question n’est donc plus de savoir si la zone euro explosera, mais quand et comment.
Le plus tôt serait le mieux. Car il n’y a aucun intérêt à surendetter ceux qui s’en sortent aujourd’hui pour remplir une baignoire dont la bonde est ouverte. Comment ?
Il est possible de garder le seul avantage de l’euro (une monnaie de réserve à terme) tout en enlevant ses inconvénients en transformant la monnaie unique en monnaie commune.
En réalité le plan B existe : il faut permettre aux pays dont l’économie n’est pas adaptée à l’euro conçu et géré pour l’Allemagne, de quitter la monnaie unique de manière ordonnée. La France aussi serait concernée par ce départ, à la suite duquel une monnaie commune européenne et non plus unique serait fondée à partir de l’euro et des autres monnaies nationales restaurées. Ce nouveau système permettrait de changer une fois l’an les parités entre les différentes monnaies européennes, afin d’assurer à chaque pays une compétitivité monétaire raisonnable à l’intérieur de l’UE et ce, tout en continuant à avoir face aux autres grandes devises mondiales une devise européenne unifiée.
Afin de ne pas augmenter leur dette libellée en euro les pays devant sortir de la monnaie unique, l’annonce officielle de sa disparition prochaine devrait permettre de faire sensiblement baisser l’euro face au dollar, et rendre ainsi soutenable les dettes souveraines des candidats au retour de la monnaie nationale.
Une fois disparu le verrou de l’euro, chaque pays pourrait retrouver les moyens de rétablir sa compétitivité, restructurer sa dette souveraine si elle est trop importante, relancer ses exportations vers les pays de l’euro-mark, etc.
Bien entendu, les Etats apporteraient alors leur garantie à leurs épargnants pour empêcher qu’ils fassent les frais des pertes essuyées par leur banque. Ce serait d’ailleurs l’occasion de reprendre en main le système financier en séparant banque de détail et banque d’investissement. Enfin, une grande politique de relance industrielle à l’échelle européenne, couplée avec des mesures protectionnistes contre les produits déloyaux des pays émergents, pourrait permettre à l’Europe de prendre un nouveau départ, à tout le moins d’espérer à nouveau en des lendemains plus cléments.
Cette sortie par le haut de la crise des dettes souveraines constituerait un désaveu profond pour l’Europe intégrée bâtie depuis 20 ans et les dirigeants qui ont construit leur carrière sur elle. Mais ne serait-ce pas peu cher payé, en comparaison de ce qui nous attend si nous laissons ces mêmes dirigeants nous conduire à la catastrophe pour sauver leur chimère ?
Nicolas Dupont-Aignan – Député de l’Essonne – Président de Debout la République
http://www.debout-la-republique.fr/L-Europe-plutot-que-l-euro.html
L’accord de Bruxelles ? Une rustine de plus...
22/07/2011 19:17 par rgrs
-
L’accord de Bruxelles ? Une rustine de plus...
22/07/2011 19:17 par rgrs
COMMUNIQUE DE PRESSE
Euro : les pyromanes jouent les pompiers
Les pyromanes qui depuis 10 ans conduisent l’Europe dans le mur de la dette et de la pauvreté de masse ont joué toute la journée aux pompiers pour tenter d’abuser encore les opinions publiques.
Mais cet accord « grosse rustine » qui va endetter un peu plus les Français, sans aider les Grecs, ne règle en rien la cause de l’effondrement des économies du sud et de la France : l’euro trop cher.
Dans quelques mois la même crise se reproduira pour le Portugal, l’Espagne, l’Italie ou même la France, pour la simple raison que l’économie de ces pays est asphyxiée par une monnaie unique taillée pour la compétitivité allemande.
L’euro est aujourd’hui comme un vêtement à taille unique que chacun devrait se débrouiller d’enfiler, quels que soient son poids et sa taille ! Il faut au contraire une monnaie commune à tailles multiples, qui constitue une seule devise européenne face au dollar ou au yuan, tout en permettant des ajustements monétaires entre les nouvelles monnaies nationales qui doivent désormais la composer (euro-franc, euro-mark, euro-drachme,…) et dont les parités entre elles seraient revues une fois l’an en fonction des fondamentaux économiques de chaque pays.
Il y urgence à ce que les peuples se réveillent pour mettre fin aux folies de dirigeants incompétents. L’Europe mérite mieux que cet euro qui appauvrit et divise les nations. Une autre politique est possible.
Nicolas DUPONT-AIGNAN - Député de l’Essonne - Président de Debout la République
http://www.debout-la-republique.fr/L-accord-de-Bruxelles-Une-rustine.html
Plan grec : la victoire de l’Allemagne et la défaite des fédéralistes
22/07/2011 19:13 par rgrs
-
Plan grec : la victoire de l’Allemagne et la défaite des fédéralistes
22/07/2011 19:13 par rgrs
Ca y est, l’Europe a fini par se mettre d’accord sur un nouveau plan de financement pour les créanciers de la Grèce, qui devrait sauver l’euro pour quelques temps. La ligne allemande, qui consistait à faire contribuer les banques l’a complètement emporté sur la ligne fédéraliste.
L’Allemagne, victorieuse par KO
L’Allemagne semblait isolée dans son refus des euro obligations, d’augmentation des moyens du fonds européen, sa volonté de faire contribuer le secteur privé au nouveau plan. Mais l’inflexible Angela Merkel a obtenu satisfaction sur tous les points qui étaient importants pour elle. Elle a même réussi à repousser l’idée d’une taxe sur les banques, émise par la France, et qui a réussi à faire l’unanimité contre elle. La BCE et Nicolas Sarkozy avalent leur chapeau.
Bien sûr, l’accord sera présenté comme un compromis. Pourtant, ce n’en est pas un. Le gouvernement allemand a réussi à limiter sa contribution supplémentaire et impose de facto une restructuration de la dette grecque malgré l’avis des agences, qui va concerner les créanciers privés comme le fonds européen. Fort heureusement, la ligne allemande l’a emporté sur toute la ligne. Et les rachats de dettes par le fonds européen nécessitent un accord unanime des pays.
La fausse solution fédéraliste
Avant-hier, le Monde présentait un « débat » sur la crise européenne : un banquier appelle à « réaliser l’intégration économique et politique européenne », un enseignant à Sciences Po fait du « fédéralisme économique une question de survie pour l’Europe », un financier se pose la question de « que reste-t-il quand l’Allemagne fait défaut », un banquier y voit « une chance unique pour l’Europe », et deux dirigeants d’Attac en appellent à une « Europe solidaire et libérée du joug des marchés ».
Si la tribune signée par les dirigeants d’Attac pose beaucoup de bonnes questions, elle manque de réponses. Le papier de François Vigne est assez équilibré, présentant l’option du défaut et de la sortie de la zone euro et signalant que « l’intégration (…) ne suffirait pas à corriger les écarts de compétitivité entre les Etats ». Mais les autres papiers rappellent les hiérarques communistes qui attribuaient leur échec au fait de n’être pas assez loin dans le communisme…
Raoul Salomon propose plus d’intégration sans expliquer clairement les avantages ou les inconvénients. Thomas Guénolé préconise un grand saut fédéraliste (15% du PIB de budget européen) totalement illusoire et dont on se demande bien en quoi il règlerait le problème de croissance de l’Europe. Son alternative méditerranéenne, en revanche, est intéressante. Enfin, Edouard Tréteau critique les dirigeants politiques européens, qui ne seraient pas à la hauteur.
Vers la fin de la monnaie unique
Il est tout de même regrettable de ne pas avoir ouvert les colonnes à un Jacques Sapir qui a tellement écrit sur la question et qui aurait apporté une contradiction bienvenue. Car, tout d’abord, ce qui est gênant, c’est que plus de fédéralisme ne résoudrait pas grand chose. Par delà le côté illusoire d’une telle proposition (qui revient à demander à l’Allemagne un chèque en blanc de plusieurs centaines de milliards d’euros), les problèmes sont plus profonds, comme le souligne NDA.
Des euro obligations pourraient calmer temporairement la crise financière, mais elles ne résoudraient pas le problème de compétitivité des PIIGS. Pour rembourser leur dette, ces pays ont surtout besoin de retrouver de la croissance, ce que ne donnerait pas une intégration économique et politique. C’est bien une dévaluation (couplée à une restructuration) qui le permettrait, et donc une sortie de l’euro, qui devra encore attendre quelques mois ou quelques années.
Car il faut être clair, comme le souligne avec verve Hervé Nathan, ce nouveau plan ne fait que traiter le problème grec (certes, pour assez longtemps a priori). Les dirigeants européens ont de nouveau acheté du temps sans rien résoudre sur le long terme. Si la crise reprend sur le front espagnol et italien, il faudra un nouveau sommet car rien n’est prévu pour dans l’accord d’hier…
Merci à l’Allemagne d’avoir refusé toute dérive fédéraliste et imposé une participation au secteur privé. C’est sans doute la moins mauvaise solution en attendant celle qui finira par s’imposer, le retour à des monnaies nationales distinctes adaptées à des réalités économiques différentes.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
On se Fitch de nous !
22/07/2011 16:11 par rgrs
-
On se Fitch de nous !
22/07/2011 16:11 par rgrs
Faut-il dégrader la note des socialistes ?
Il paraît que par la grâce de nos gouvernants, l’euro, l’Europe ainsi que leur farandole de bienfaits induits (croissance, prospérité, paix, beau temps) vont être sauvés. J’en suis fort aise. Tout à leur soulagement, peu de gens auront tiqué, comme moi, sur une dépêche publiée la veille par Reuters, qui valait pourtant son poids d’olives grecques. Son premier paragraphe nous expliquait que la note « triple A » de la France était probablement sauvée, parce que « les principaux prétendants à l’Elysée » se sont accordés « sur la nécessité d’assainir les comptes publics dans un contexte de très forte tension sur les marchés financiers. »
Reprenons, le « triple A » est le classement donné par les agences de notation financière aux emprunts et obligations émis sur les marchés par les Etats pour assurer leurs fins de mois. Ne serait-ce qu’une légère dégradation de cette note et c’est le plongeon des finances publiques vers le chaos, voire le KO, comme on a pu le voir pour la Grèce et comme on l’envisage pour le Portugal, l’Italie ou l’Irlande. Autant dire que le « triple A » aujourd’hui vaut mieux qu’un bon sondage dans le Figaro, ou même une baisse vertigineuse du chômage. La note est par ailleurs donnée par trois agences, à capitaux privés qui font ce qu’elles veulent et facilitent le travail des spéculateurs sur les dettes nationales, mais comme visiblement la quasi-totalité des politiques s’en foutent…
Il semble donc que la France ait sauvé sa peau in extremis, grâce à un accord des principaux prétendants à l’Elysée pour « assainir les comptes publics », ce qui en bon français veut dire se serrer grave la ceinture. Reuters nous apprend ainsi qu’après « une période d’incertitude », les deux favoris à la primaire du PS se sont finalement engagés à « ramener le déficit à 3% du PIB en 2013. » Autant dire qu’il va falloir soit trouver la recette miracle de la croissance à la chinoise, soit imposer au pays une cure Dukan d’austérité, qu’à côté, celle de 1983 semblera de la rigolade. On rappellera au passage que le déficit public de la France atteignait les 7,1% du PIB fin 2010. Bien plus élevé que celui des autres « triple A » de la zone euro (l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas), gare à la punition !
Car la France est le cancre de l’Union. « Quand on regarde la France dans l’univers plus large des triple A, elle se démarque clairement comme un des pays ayant les chiffres les moins solides en matière de finances publiques », déclare à Reuters la première analyste de Fitch sur la France, Maria Malas-Mroueh. Autant dire que la grande prêtresse de la notation n’a pas vraiment l’air d’accorder un gros crédit aux promesses électorales des socialistes redevenus subitement sérieux et responsables. Mais somme toute, c’est son boulot.
Il convient plutôt de s’interroger sur le boulot des candidats socialistes à la présidentielle. Croire en la promesse de Nicolas Sarkozy fait bien rire. Après tout, si la dette et les déficits publics se sont alourdis, on le sait, c’est à cause de la crise de 2008 (qui a touché le monde entier, y compris des pays qui n’ont pas plombé leur dette.) Mais si les chiffres sont aussi mauvais, c’est sans doute parce que la politique fiscale (économique n’en parlons pas) a été menée en dépit du bon sens, et au moins en dépit des circonstances qui auraient sans doute exigé qu’on l’adaptât. À l’Assemblée, la droite chouine chaque année quand il faut reconduire depuis l’allègement de la TVA sur la restauration qui, depuis son instauration en 2007, coûte bon an mal an 4,5 milliards d’euros au budget. Au delà, il suffit d’observer l’effondrement en dix ans des recettes générées par l’impôt sur le revenu, passées de 80 milliards à 37 milliards l’an passé à cause de la multiplication des niches fiscales en tout genre. Autant de broutilles qui ajoutées les unes aux autres, plombent les comptes publics. Or, s’agissant de ces choix et de bien d’autres, les politiques ont clairement la main.
Revenons à Aubry et Hollande qui, donc, pour faire sérieux et présidentiables, un peu comme au bon vieux temps du oui obligatoire au référendum sur le TCE, s’engagent, s’ils sont élus à faire ce que la droite elle-même n’a pas su – ou voulu – faire. Des candidats qui se refusent à discuter le dogme des 3% quand tout le monde sait qu’il est irréalisable, sauf au prix de sacrifices pires que le mal. Difficile en effet d’imaginer que la chasse aux niches fiscales sera suffisante, ou même que le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux permettra de tenir une « trajectoire de finances publiques » (comme on dit en argot X-Mines) raisonnable conduisant aux 3% magiques. Les candidats socialistes montrent, là encore, qu’ils aiment adorer des dieux qui ne sont pas les leurs – ou ne devraient pas l’être.
D’un côté, ils refusent de voter la règle d’or sarkozo-merkelienne qui bloque toute possibilité d’évolution et d’initiative sur le pilotage du budget national. De l’autre, ils donnent des gages à Fitch pour assurer notre hypothétique « triple A ». Mais qui peut jurer que madame Maria Malas-Mroueh, la première analyste de Fitch sur la France, ne leur demandera pas plus d’ici 15 jours ?
Admettons que la dette est l’ennemie de la politique, du peuple aussi. Mais si ça se trouve, il serait peut-être temps de faire preuve aussi d’inventivité, d’initiative, d’un discours un peu nouveau. On aurait pu d’ailleurs croire que la primaire allait servir à ça.
Moyennant quoi, nous venons d’apprendre que si la gauche gagne la présidentielle, elle ne fera rien d’autre que ce qui s’est fait jusque-là. Ou elle fera pire en matière économique, quitte à pénaliser ceux qui, n’en déplaise à Terra Nova, semblaient constituer son socle électoral naturel, les classes populaires. Frappées par la crise, le chômage, l’inflation et la rigueur donc. Je propose donc d’annuler la primaire, et pendant qu’on y est, la présidentielle aussi. Et de nommer directement Madame Malas-Mroueh à la tête de l’Etat français. On économisera des frais d’organisation des élections, ce sera toujours ça de gagné pour les 3 % et le « triple A ».
Muriel Gremillet
http://www.causeur.fr/on-se-fitch-de-nous,10683
Statistiques ethniques : un éternel et hypocrite débat
22/07/2011 16:06 par rgrs
-
Statistiques ethniques : un éternel et hypocrite débat
22/07/2011 16:06 par rgrs
Encore une fois le débat sur les statistiques ethniques revient dans l’actualité. Pourtant, des chiffres existent déjà, y compris dans les domaines les plus polémiques. Le tout est de savoir ce qu'on en fait.
n plein été, le feuilleton DSK ne remplit pas à lui seul les colonnes des journaux. Il reste alors à ressortir un bon vieux débat jamais tranché : celui sur les statistiques ethniques, par exemple. Des élus locaux, réunis sous la bannière de l’Association nationale des élus locaux de la diversité, ont relancé cette proposition, suite à un voyage aux USA.
« On n’a pas d’autres alternatives », justifie Leïla Leghmara, élue Nouveau Centre de Colombes et membre de l’association. Pour elle, la France doit « s’inspirer » du modèle américain où « on est passé du ‘I have a dream’ à ‘Yes, we can' ». Depuis l’élection d’Obama, le modèle américain fascine de nombreux élus « issus de la diversité » en quête de reconnaissance. De même, on essaie souvent de voir dans chaque politique non gaulois un tant soit peu médiatisé, un « Obama à la française » qu'il s'agisse d’Alain Dolium (tête de liste Modem en Île-de-France lors des Régionales) ou de Christine Taubira.
Dans cette optique, Leïla Leghmara souhaite établir des statistiques ethniques comme « postulat ce départ » afin de faire « un état des lieux et corriger les discriminations ». Mais l’association n’a pas encore proposé de modalités de mesure (auto-déclaration, par le nom de famille ou l'origine des parents…) : « La porte est ouverte ».
Mesurer les failles de l'intégration ?
Car le débat est houleux. Que ce soit à travers les rapports Veil, Sabeg ou Héran, l’idée de statistiques sur des critères ethno-raciaux n’a jamais pris en France contrairement aux pays anglo-saxons où il existe des catégories diverses et variées pour classer les populations, 130 aux USA, 29 au Royaume-Uni.
Mais en mettant en place un classement statistique, cela veut-il dire qu’on instaurera au final des quotas ? Leïla Leghmara écarte cette idée : « Aux USA, on ne parle plus de quotas mais d’objectifs ». Pour autant, elle admet que ses statistiques vont permettre de désigner différentes catégories de Français. « Aux USA, on est Afro-américain, Juif américain (…) mais il y a toujours un patriotisme qui existe », estime l’élue. Pour elle, « il faut arrêter avec l’assimilation (…) on peut être français et d’origine étrangère, c’est un patrimoine, une richesse qu’il faut respecter ».
C’est l’éternel dilemme sur les statistiques ethniques. Pour certains, les statistiques ethniques ne feront que renforcer le communautarisme en découpant la société en petits groupes. D’autres, comme Michèle Tribalat, signalent à l'inverse, qu’elles permettront de mettre à jour les failles du modèle social. « Si par exemple on devait s’apercevoir que beaucoup de Rmistes sont des jeunes d'origine étrangère, cela ne serait pas à mettre forcément sur le compte de leur mauvaise volonté mais sur leurs problèmes de formation », disait la démographe à Marianne2 en mars 2009.
Les chiffres sont déjà là
Sur ce point, c'est la mesure des liens entre immigration, échec scolaire et délinquance qui ont fait et font polémique. Les erreurs statistiques de Guéant et la condamnation de Zemmour n’ont rien fait pour apaiser le débat. Pour autant, s’il est permis de se demander combien il y a de Noirs à l’Assemblée sans risquer une plainte de SOS racisme, pourquoi ne pourrait-on pas faire de même pour la population de Fleury-Mérogis ? Pour Leïla Leghmara, « c’est un faux débat », ce genre d’études « se fait, il y a des chiffres sur les écoles ghettos ». En effet, sans le dire, les statistiques sur les liens entre délinquance et immigration circulent déjà et pas que sur des sites obscurs d’extrême-droite.
Par exemple, un rapport datant de 2002 issu d’une commission d'enquête du Sénat pointait une « surdélinquance des jeunes issus de l'immigration » se basant sur les travaux du sociologue Sébastian Roché. Ce dernier montrait que 22,3% des jeunes ayant deux parents de nationalité d'un pays du Maghreb avaient déjà commis plus de dix actes peu graves de délinquance contre 13,1% des enfants de Français.
A l’époque, Malek Boutih, alors président de... Sos Racisme, avait témoigné devant cette commission et noté qu'« il y a plus de "bronzés" que de blancs dans les centres de jeunes détenus ». Il avait également déclaré : « Dans les familles d'immigrés, les enfants prennent très vite le pouvoir. Déjà, d'une manière générale en France, le rapport au savoir a tendance à s'inverser en raison des modifications technologiques, des nouveaux rapports urbains, et les jeunes générations ont parfois une meilleure connaissance que leurs parents de la société. Alors, chez les immigrés, imaginez ! »
Bref, des méthodes de comptage sur les minorités existent déjà. L'Insee relève déjà les pays et nationalités de naissance des parents. Reste à savoir comment s'en servir. Les statistiques ethniques doivent-elles simplement mesurer les discriminations au travail ou en politique ? Ou alors peuvent-elle se pencher sur les liens entre immigration et problèmes sociaux ? En résumé, faut-il enfermer les minorités dans une position d’éternelles victimes ou faut-il s’interroger clairement sur les failles du modèle d’intégration français ? Avant donc de se demander dans quelle catégorie faut-il compter les métis ou les Juifs, c’est plutôt ce débat là qu’il faudrait trancher. Et de préférence noir sur blanc.
Tefy Andriamanana - Marianne
http://www.marianne2.fr/Statistiques-ethniques-un-eternel-et-hypocrite-debat_a208678.htmly Andriamanana - Marianne
Claude Bourguignon : "Il faut commencer par cultiver"
20/07/2011 22:01 par rgrs
-
Claude Bourguignon : "Il faut commencer par cultiver"
20/07/2011 22:01 par rgrs
Victimes des ravages d’un productivisme débridé, la terre et les bêtes se sont appauvries. Avec elles, c’est l’Homme qui s’est tout simplement abandonné. En oubliant d’entretenir un rapport harmonieux à la nature, il tourne le dos à un véritable développement durable. C’est ce que nous explique Claude Bourguignon dans une vidéo percutante pour le site Baraka !
Claude Bourguignon, ingénieur agronome, ancien collaborateur de l’INRA et spécialiste de la microbiologie des sols, nous livre son analyse sur les errements de notre agriculture, victime d’une compétition mondiale forcenée.
Ecoutez le en cliquant sur le lien qui suit :
Discussion avec Claude Bourguignon par ASSOCIATION_BARAKA
http://www.debout-la-republique.fr/Claude-Bourguignon-Il-faut.html
Le grand mythe de l’euro protecteur bouge encore
20/07/2011 21:53 par rgrs
-
Le grand mythe de l’euro protecteur bouge encore
20/07/2011 21:53 par rgrs
Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ? Le Monde titrait la semaine dernière : « Ne l’oublions pas, l’euro est un atout » et publiait deux autres tribunes pour défendre la très malmenée monnaie unique avec des arguments souvent tirés par les cheveux et contredits par l’actualité.
L’euro, veau d’or de la pensée unique
Arnaud Clément a fait un sort à ce papier, mais il est trop caricatural pour ne pas revenir dessus. L’éditorial du Monde avance ainsi que « l’euro est un atout (…) il est l’un des éléments qui font que l’Europe a un avenir dans le monde de demain », sans préciser pourquoi. Il ne serait « pour rien dans l’état désastreux des finances publiques grecques, dans l’endettement bancaire irlandais, ni dans celui des comptes publics du Portugal », alors qu’il est la raison des taux d’intérêt trop faibles.
En fait, Le Monde essaie de faire croire qu’il s’agit seulement d’une crise de la dette. Mais du coup, on se demande pourquoi les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou le Japon ne sont pas touchés. Mieux, il affirme sans rire qu’il a été « un bouclier contre les chocs financiers de l’époque » : l’auteur oublie sans doute l’automne 2008 ou la crise permanente dans laquelle nous sommes depuis le printemps 2010. Evoquer les « taux d’intérêt historiquement bas » est ridicule aujourd’hui.
Mieux, le quotidien vespéral évoque les « précieux points de croissance que nous n’aurions pas eus sans la monnaie unique ». Comment se fait-ce que la zone euro ait eu une croissance si faible dans les années 2000, que la récession y ait été plus forte qu’aux Etats-Unis ou que les pays européens comparables hors zone euro s’en soient mieux sortis ? Je préfère renvoyer à ce très bon papier du Guardian qui dénonce le caractère antisocial de cette monnaie unique.
Alain Frachon évoque une Allemagne « repliée sur elle-même, d’abord attachée à la défense de ses intérêts nationaux ». On nage en pleine schizophrénie avec ces journalistes qui évoquent à la fois la nécessaire rigueur budgétaire tout en intimant à Berlin de lâcher quelques centaines de milliards pour sauver l’édifice baroque et croulant qu’est l’euro. Enfin, Jacques Delors a signé un papier très contradictoire à mille lieues de la « vision claire » qu’il prétend proposer.
L’euro, le château de cartes qui va s’écrouler
Il faut reconnaître un certain panache à Denis Clerc qui affirme dans Alternatives Economiques « Il faut que l’Allemagne paie. Et la France aussi ». Mais par-delà le fait que cette injonction est totalement irréaliste, il y a beaucoup d’angles morts dans son raisonnement. Tout d’abord, il n’est pas du tout évident que « l’Union est infiniment plus forte que chacun des pays qui la composent ». L’Allemagne seule est aujourd’hui plus forte que cette UE tellement hétérogène et dysfonctionnelle.
D’ailleurs, le Monde a ouvert ses colonnes à un économiste allemand, Hans-Werner Sinn, qui préconise une sortie de la Grèce de l’euro. Il souligne que le problème de la Grèce est double : surendettement et manque de compétitivité et que la sortie de l’euro et une dévaluation sont indispensables, ainsi que la restructuration de la dette. Il refuse absolument une « union de transferts », la seule solution pour faire tenir la monnaie unique, après le précédent de l’Allemagne de l’Est.
Plus globalement, l’Allemagne apparaît aujourd’hui comme le point bloquant. Si Berlin jetait tout le poids de son crédit financier, l’euro pourrait sans doute fonctionner pendant quelques années, mais l’opinion refuse de se porter caution à hauteur de plusieurs centaines de milliards après avoir fait tant de sacrifices pour la compétitivité du pays et l’intégration de sa partie orientale. Mieux, la Cour Constitutionnelle pourrait remettre en cause la participation du pays aux plans européens.
Il faut reconnaître aux fédéralistes de l’énergie dans la création de mécanismes de sauvetage de l’euro ou dans leur argumentation surréaliste sur les bienfaits de la monnaie unique européenne. C’est sans doute parce qu’il s’agit de l’énergie du désespoir.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Les pompiers pyromanes se réunissent de nouveau à Bruxelles...
20/07/2011 21:50 par rgrs
-
Les pompiers pyromanes se réunissent de nouveau à Bruxelles...
20/07/2011 21:50 par rgrs
Alors que les dirigeants européens et les technocrates non-élus de Bruxelles se réunissent à nouveau demain, je tenais à réagir sur mon blog à la tragicomédie qui est en train de se jouer sous nos yeux...
En effet, ce sont les mêmes dirigeants et les mêmes technocrates hors-sol qui ont complètement échoué économiquement depuis 10 ans, les mêmes qui ont dilapidé des dizaines de milliards d’euros du contribuable européen pour sauver un système destructeur d’emplois, les mêmes qui ont refusé à l’Europe le droit pourtant élémentaire de se protéger, les mêmes qui ont été désavoués par référendum, qui prétendent aujourd’hui sauver l’Europe...
Cela serait une vaste farce si n’en dépendait pas la liberté des citoyens grecs, le sort de millions d’emplois en Europe et la concorde entre les nations européennes.
Les pyromanes prétendent aujourd’hui endosser des habits de sapeurs-pompiers pour sauver l’euro ! En réalité, il y a fort à craindre qu’ils ne continuent simplement d’alimenter un incendie qui menace de s’embraser. Car ce n’est pas en ruinant un peu plus les contribuables européens (43 milliards déjà de prêt pour les Français !) que l’on aidera la Grèce aujourd’hui, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la France demain, à s’en sortir.
Accorder 100 milliards d’aides supplémentaires à Athènes ne traitera pas la cause du déficit extérieur grec, fruit de l’euro cher. Les économistes sérieux le savent d'ailleurs bien : seule une sortie de l’euro assortie d’une restructuration de sa dette peut permettre à ce pays de dévaluer sa monnaie pour retrouver sa compétitivité, relancer ses exportations, relocaliser ses emplois, rembourser sa dette.
Les dirigeants font croire qu’ils sauvent l’Europe en sauvant l’euro. En vérité, c’est l’inverse. En voulant à tout prix sauver l’euro, ils mettent en danger l’Europe. Ils servent les intérêts des banques qui ont pris des risques inconsidérés, ils restreignent toujours plus la liberté et l’indépendance des peuples endettés, ils détruisent en mille morceaux la belle idée européenne.
Une autre voie est bien sûr possible, celle d’une Europe des Nations libres et prospères qui coopèrent autour de projets concrets. Mais pour cela, bien sûr, il faut oser reconnaître l’échec de la monnaie unique totalement inadaptée à des économies différentes.
Il faut préparer dans le calme un nouveau système monétaire européen rétablissant les monnaies nationales ordonnées autour d’un euro monnaie commune et non unique. L’euro-Mark, l’euro-Franc, l’euro-Lire, l’euro-Drachme, donneraient de la souplesse au système, permettant aux économies de s’équilibrer.
Mais, bien sûr, cela serait reconnaître l’échec de leur manœuvre et abandonner toutes leurs illusions fédéralistes. Car, dès le départ, ils savaient que l’euro ne pouvait pas marcher mais qu’il serait le levier de leur rêve supranational. En URSS, on imposait le fédéralisme par la violence. Dans l'Union Européenne de Barroso, c'est par la terreur économique qu'on tente de mater les peuples.
Mais depuis le référendum, le masque est tombé. Les peuples ont compris la supercherie et refuse cette construction antidémocratique. Ils savent bien que ce n’est pas en imposant un gouvernement européen autoritaire sans légitimité démocratique que l’on pourra corriger les déséquilibres entre les pays qui profitent de l’euro et ceux qui le subissent.
L'enjeu de la décennie pour les peuples européens est donc de parvenir à retrouver leur indépendance et leur liberté, sans pour autant tomber dans le piège des haines tendu par l'Union Européenne.
Je crains que les résultats du sommet de demain n'aillent pas dans ce sens. Je crains davantage que ce soit la France qui défende le triste et insoutenable projet fédéraliste alors que les allemands défendront avec raison leur souveraineté.
Nicolas Dupont Aignan
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Les-pompiers-pyromanes-se-r%C3%A9unissent-de-nouveau-%C3%A0-Bruxelles...
« En triant les Français selon leurs origines, le FN divise les classes populaires et protège l’oligarchie financière »
20/07/2011 21:43 par rgrs
-
« En triant les Français selon leurs origines, le FN divise les classes populaires et protège l’oligarchie financière »
20/07/2011 21:43 par rgrs

Interview d’Emmanuel Todd par Eric Aeschimann – Titre original : « Le Front national est un front antinational »
L’historien répond à Marine Le Pen qui avait déclaré partager certaines de ses thèses et estime que le FN, en stigmatisant les Français musulmans, porte atteinte à la cohésion de la nation.
Démographe et historien, partisan d’un «protectionnisme européen», Emmanuel Todd a été cité comme une référence par Marine Le Pen en début de semaine. Il répond aux questions de Libération.
Voilà que Marine Le Pen se réfère à vos analyses. Comment réagissez-vous?
Cela m’amuse et m’intéresse, car, dans le débat public français, je suis celui qui a défendu avec le plus de constance, depuis vingt ans, la place des immigrés et de leurs enfants dans la société française. D’ailleurs, au moment même où Marine Le Pen me faisait ces appels du pied, j’ai donné un entretien au site Oumma.com (1), qui a été un énorme succès d’audience. Non pas que je défende un point de vue qui soit très acceptable pour les organisations islamiques, puisque je pointe par exemple la faible pratique religieuse des musulmans de France, ce qui les rapproche des catholiques. Mais ma démonstration consiste justement à souligner que, précisément parce qu’ils se comportent comme des catholiques et qu’ils sont profondément laïcisés, les musulmans de France sont des Français ordinaires. Et, dès lors que les musulmans ne posent pas de problème spécifique à la société française, leur désignation, explicite ou implicite, comme non Français doit être considérée comme une attaque contre la cohésion de la communauté nationale. Le Front national est un front antinational : voilà ce que j’affirme, y compris sur Oumma.com, ce qui rend tout de même assez cocasses les références de Marine Le Pen à mes travaux.
Selon la présidente du Front national, ce qui vous rapproche d’elle, c’est le plaidoyer en faveur de mesures protectionnistes…
C’est qu’elle fait semblant de ne rien comprendre à ma démarche. Il ne s’agit nullement d’un protectionnisme français, mais bien d’instaurer au niveau européen des instruments de régulation des échanges commerciaux, ce qui, par définition, dépasse le cadre national. Protectionnisme européen et défense d’une nation qui intègre sa population musulmane, voilà deux axes radicalement antixénophobes, qui définissent un projet à l’opposé de celui du FN.
Il n’empêche qu’elle vous a cité. N’est-il pas de la responsabilité d’un intellectuel de veiller à ne pas être récupéré par le Front national?
Pour moi, la vraie question est plutôt : pourquoi Marine Le Pen cherche-t-elle à se revendiquer de moi, alors que je suis en situation de choc frontal avec elle ? Je crois qu’il ne s’agit pas de récupération, mais de neutralisation. On assiste actuellement à l’émergence d’une gauche, autour d’Arnaud Montebourg autant que de Jean-Luc Mélenchon, opérant la synthèse entre le projet économique protectionniste et l’idéal républicain compris dans son véritable sens, c’est-à-dire intégrant les immigrés et leurs enfants à la nation. Fin juin, l’Association pour un débat sur le libre-échange, à laquelle j’appartiens, a fait réaliser par l’Ifop, à ses frais, un sondage qui montre que 80% des Français sont favorables à un protectionnisme européen et 57% à un protectionnisme national si les autres pays européens ne font rien. Cela nous a valu les plus vives critiques de la part des libre-échangistes. On nous a fait passer pour des crétins protectionnistes en nous assimilant au FN. Aujourd’hui, c’est Marine Le Pen qui prend le relais. Pourquoi ? Parce que le FN, qui se targue, à tort, de défendre des intérêts de la classe ouvrière, se sent menacé par l’apparition de cette nouvelle gauche. Ce qui se dévoile par cet épisode, c’est combien FN et libre-échangistes forment un système où chacun a besoin de l’autre.
Un protectionnisme européen vous semble-t-il possible?
L’accélération de la crise des dettes souveraines nous indique que nous n’aurons pas le temps de mettre en place le protectionnisme européen avant l’explosion de l’euro. Je le regrette, car j’avais voté pour le traité constitutionnel européen et je continue de croire que c’est à l’échelle européenne que nous devons construire des protections. Accepter la sortie de l’euro, ça n’est pas être antieuropéen, c’est seulement faire cesser l’acharnement thérapeutique sur une monnaie dont la classe dirigeante sait qu’elle est condamnée. Sur ce point, je donne raison à l’économiste Jacques Sapir, qui estime depuis plusieurs mois que la France doit désormais agir seule (2). Cela n’obère nullement la perspective d’un protectionnisme européen, au contraire. Car la sortie de l’euro contraindra l’Allemagne à changer d’attitude, et tout le monde constatera que le seul horizon, c’est d’instaurer des mesures communes de régulation des importations. Tel serait pour moi le contenu d’une véritable Europe. Et l’on pourra alors, si l’on veut, reconstruire une vraie monnaie unique, qui ne soit plus sous souveraineté allemande, comme aujourd’hui, mais un véritable bien commun.
Le FN est-il en train d’évoluer vers une droite républicaine un peu musclée, comme le disent certains commentaires?
Je crois que l’on assiste à la tendance exactement inverse. Le FN version Jean-Marie Le Pen avait quelque chose de folklorique, puisque son programme alliait la stigmatisation des immigrés et le libéralisme économique (dénonciation du «fiscalisme», des fonctionnaires, etc.). A partir du moment où il associe xénophobie et étatisme, il se rapproche des fascismes d’avant-guerre. Il était national et libéral, le voici national et social, et c’est pour ça que, lors de la présentation du sondage sur le protectionnisme, j’ai spontanément établi une comparaison entre le FN et le nazisme. Cela dit, il y a des choses qui bougent et, en tant qu’historien du présent, j’essaie de comprendre ce qui se passe, sans partir du principe que je comprends tout ce qui se passe - ce qui me distingue de certains. Je constate que, d’un côté, le FN est dans le système, mais que, de l’autre, il possède une potentialité «hors système» qui peut être très dangereuse - d’autant plus dangereuse qu’elle converge avec des tendances fascisantes à l’intérieur même de l’UMP. En 1932, le parti nazi était de la même façon hors et dans le système. Nous n’en sommes pas là, mais il faut agir avec à l’esprit tous les scénarios, dont celui du pire.
Des tendances fascisantes à l’UMP?
Pour moi, aujourd’hui, le danger vient moins du FN que de l’émergence, dans la droite dite classique, de tendances protofascistes, comme les historiens parlent de proto-industrie. Depuis quatre ans, l’impulsion des campagnes anti-immigrés, antiRoms et anti-islam a été donnée par le gouvernement. Les thématiques ethnique et autoritaire, c’est bien le sarkozysme qui les a portées. La stratégie, si caractéristique du fascisme, consistant à dire une chose et son contraire - par exemple, à se dire de gauche et de droite à la fois, ou à mélanger le social et le national - existe certes au FN, mais encore plus dans les discours écrits par Henri Guaino, où Nicolas Sarkozy en appelle aux figures historiques de la gauche au moment même où il confère des avantages fiscaux aux plus riches. Aujourd’hui, il délègue à Claude Guéant la charge de faire des «clins d’œil» à l’électorat frontiste. Pourquoi soupçonner toujours les gens de cynisme ? Peut-être est-il sincère, peut-être est-il d’extrême droite.
Le PS est-il en mesure d’éviter que la campagne de 2012 ne se focalise à nouveau sur la triade sécurité-identité nationale-immigration?
Le Parti socialiste représente la vieille culture raisonnable de la France. Ce sont des gens polis, qui continuent de penser que, si l’on ne fait pas trop de vagues, «ça va passer». L’idée de la présidence normale est symptomatique : au fond, il suffirait de gérer les affaires de l’Etat de façon raisonnable pour se poser en alternative à la montée de folie et de violence qui caractérise les droites. J’aimerais que cela soit vrai, et les sondages d’opinion, où Sarkozy apparaît comme profondément méprisé par les Français, semblent indiquer que cela peut suffire. Mais quand bien même l’Elysée reviendrait à François Hollande ou Martine Aubry, une présidence normale n’est pas ce dont la France a besoin pour une période anormale. Il lui faut une gauche capable d’affronter un capitalisme de plus en plus inégalitaire et de plus en plus violent. Une gauche qui rende coup pour coup, qui ne fasse pas comme si tout était normal, justement. Qui désigne les adversaires de classe : les ultrariches. La gauche ne doit pas avoir peur de les taxer, de mettre en place un protectionnisme européenne, de prendre le contrôle de la gestion des banques. Elle doit parler en maître à la nouvelle aristocratie financière - le mot est de Lionel Jospin, je vous le rappelle. Et c’est là que l’escroquerie de Marine Le Pen sera dévoilée. Le FN fait semblant d’avoir deux adversaires : les immigrés et l’establishment, mais la réalité est que la dénonciation des immigrés lui permet de garder le plus grand flou sur ce fameux establishment qu’elle prétend combattre. Si je devais résumer d’une seule formule ma pensée, je dirais ceci : en triant les Français selon leurs origines, le Front national divise les classes populaires et protège l’oligarchie financière.
(1) Site internet sur l’islam en France.
(2) Auteur de «la Démondialisation», Seuil.
Photo Bruno Charoy