Rapport Ciotti : naïveté ou cynisme

08/06/2011 14:10 par rgrs

  • Rapport Ciotti : naïveté ou cynisme

    Rapport Ciotti : naïveté ou cynisme

    08/06/2011 14:10 par rgrs

A la veille des élections, les parlementaires UMP découvrent soudain que leur politique pénale, mise en œuvre depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, ne fonctionne pas.

La loi de février 2009, que j’avais combattue et qui supprimait l’incarcération pour les condamnés à 2 ans de prison et moins, est désormais dans le collimateur du rapport du Député Eric Ciotti sur l‘exécution des peines.

A la lecture de ce rapport qui reprend d’ailleurs ma proposition de loi sur la réduction des aménagements de peine, on a l’impression que l’UMP est dans l’opposition, et que Nicolas Sarkozy n’a jamais gouverné.

Le problème c’est que depuis 2002, il est en charge de manière directe ou indirecte de la sécurité des Français.

Alors oui, bien sûr, comme j’ai été l’un des premiers à le demander, il faut augmenter le nombre de places de prison. Oui bien sûr, il faut supprimer les aménagements de peine. Oui, il faut appliquer avec fermeté les 100 000 peines de prison ferme non exécutées à ce jour.

Mais la question centrale est ailleurs.

Pourquoi ceux qui depuis 10 ans font semblant d’agir, seraient-ils capables demain de prendre les bonnes décisions ?

Car au moment où le rapport Ciotti est présenté à grands renforts de tambours et trompettes, dans la discrétion et pour obéir à Bruxelles et à la Banque Centrale européenne, le gouvernement continue de supprimer des postes de policiers et de gendarmes, réduit l’investissement public notamment dans les prisons et laisse le laxisme régner dans le système judiciaire.

Soit Eric Ciotti est naïf, soit il est cynique. Dans les deux cas malheureusement il trompe les Français.

Comme disait Einstein : « N’attendez pas de ceux qui ont créé les problèmes qu’ils soient capables de les résoudre » !

Nicolas Dupont Aignan

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Rapport-Ciotti-%3A-na%C3%AFvet%C3%A9-ou-cynisme

Jacques Généreux conte la grande régression de nos sociétés

08/06/2011 14:06 par rgrs

  • Jacques Généreux conte la grande régression de nos sociétés

    Jacques Généreux conte la grande régression de nos sociétés

    08/06/2011 14:06 par rgrs

Outre une synthèse utile de la grande régression économique qui touche nos pays dits développés, Jacques Généreux développe également une analyse plus sociétale et politique de cette crise, en proposant une synthèse actualisée de sa thèse de « La dissociété ».

La guerre des idées

Jacques Généreux avait déjà beaucoup développé la question idéologique dans « La dissociété », expliquant la montée du néolibéralisme au tournant du siècle dernier. Il revient sur ce paradoxe qui veut que « tandis qu’une minorité semble profiter outrageusement d’une dynamique destructrice pour la vie du plus grand nombre, aucune force politique majoritaire n’émerge pour imposer une autre voie ». Pour lui, la société néolibérale secrète les ferments de son maintien.

Tout d’abord, elle parvient à faire passer l’idée qu’il n’y a pas d’autres politiques possibles. Ensuite, il faut déplacer le débat. Pour lui « plus on entend livrer une société à la libre compétition des intérêts privés, plus on doit se préparer à contenir les conflits et la violence par des normes sociales et des institutions répressives ». Et donc, pour Jacques Généreux, cela conduit à une poussée identitaire et conservatrice, puis un rejet de l’autre et notamment de l’étranger.

La guerre sociétale

Mais l’auteur complète son analyse en montrant que le libertarisme économique s’appuie sur une poussée libertaire plus générale. Il souligne « qu’à la fin des années 1970, hormis quelques philosophes et écologistes, personne n’a la hantise d’une société trop libérale ou d’un excès d’individualisme ». Pour lui, « la grande régression pousse d’abord à leurs limites les traits libertaires de la modernité pour n’instaurer, finalement qu’une nouvelle aliénation ».

Jacques Généreux en profite pour revenir à sa théorie d’organisation des sociétés, cœur de « La dissociété » qui distingue « dissociété individualiste », « dissociété communautariste », « hypersociété » et « société de progrès humain » en fonction des liens intra et intercommunautaires. Il y voit une cause de la permissivité et du manque d’éducation des enfants, du délitement de l’école républicaine et de la violence. Pour lui, le néolibéralisme ignore la nature profonde de l’homme, être social.

Le combat politique

Il conteste fermement le « mythe des marges de manœuvres disparues » car pour lui, « la mise en œuvre des réformes néolibérales ne manifeste aucune défaite du politique, mais bien au contraire, la victoire durable d’une politique ». Il utilise une image assez spectaculaire : « on voudrait nous suggérer que nous n’avons plus de bras, jusqu’à nous faire oublier la scie qui est en train de nous amputer » et critique fortement l’Europe, parlant même de « soft fascisme » au sujet du TCE.

Pour lui « la fonction politique fondamentale d’une extension globale et d’une intensification locale de la compétition : contourner et finalement abolir le débat démocratique en instituant des conduites à sens unique imposées par une nécessité artificielle de survivre à la compétition ». En 5 ans, Jacques Généreux est devenu plus critique vis-à-vis de ses anciens camarades socialistes, « pseudo-progressistes » qui « dénoncent des symptômes mais pas la maladie ».

Il dénonce une gauche qui « cherche d’abord à gagner des élections », qui « est devenue la championne de l’inconsistance idéologique et a perdu la confiance des classes populaires ». En revanche, quand il soutient que la doxa néolibérale a perdu de sa vigueur à la fin des années 1990, il omet le débat sur « l’autre politique », porté par Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement, les éclaireurs politiques de la pensée politique alternative dont il fait partie.

Malgré quelques petits bémols, ce livre est une bonne synthèse, très différente de celle de Jacques Sapir, plus sociétale et psychologisante. En outre, il permet d’accéder dans une version simplifiée et plus grand public à la pensée très intéressante de Jacques Généreux.

Source : Jacques Généreux, « La grande régression », Seuil

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

La véritable origine du bon bilan de Lionel Jospin

08/06/2011 14:02 par rgrs

  • La véritable origine du bon bilan de Lionel Jospin

    La véritable origine du bon bilan de Lionel Jospin

    08/06/2011 14:02 par rgrs

Dans un papier du Nouvelobs j'apprends qu'une tribune sur Médiapart a  lancé l'idée d'un retour de Lionel Jospin, notre ancien premier ministre ayant fini sa carrière sur un "bon bilan" et un effondrement électorale qui a permis au FN en 2002 d'aller au second tour de l'élection présidentielle. Il faut vraiment qu'une partie des socialistes soit complètement désespérée pour croire que, monsieur, "bon bilan" puisse sauver le PS de la débandade actuelle. Car la débandade en question n'est pas entièrement due à la disparition de DSK l'homme providentiel qui devait gagner la prochaine élection et permettre au libéralisme rose de réformer cette vieille France rancie. Le coeur du problème c'est l'impossibilité pratique qu'il y a à réconcilier des intérêts divergents des différentes composantes qui font le parti socialiste. Comment en effet réconcilier ceux qui veulent encore réduire les inégalités et lutter contre le chômage, y compris en utilisant le protectionnisme ou la dévaluation ? Et en même temps protéger les intérêts d'une classe sociale des centres-ville aisés qui lit le NouvelObs et qui constitue une vaste partie des 20% de la population pour qui la mondialisation c'est formidable. C'est cette schizophrénie, qui conduit le PS à faire soit des programmes sans queue ni tête pour contenter tous les électorats sans trop les brusquer, soit à se diviser au cours de luttes intestines qui le condamne à l'échec électoral. Sans parler de la capacité phénoménale des gens de gauche à se crisper sur quelques divergences idéologiques même extrêmement mineures. Comme je l'avais dit dans un autre texte la gauche a supprimé les frontières nationales, mais les a remplacés par des frontières idéologiques beaucoup plus insurmontables

 

Retour sur les années fastes du socialisme 1997-2002 

 

Le bilan de Lionel Jospin s'est d'ailleurs construit sur un mensonge ou plutôt sur une transformation de la réalité par nos dirigeants. La croissance de cette période ou la baisse du chômage momentanée qu'a connu le pays ne fut pas le fruit des 35heures, ou des diverses réformes gouvernementales d'alors. Mais le résultat du passage d'une politique monétaire à une autre. En réalité, la relance de la croissance d'alors est une véritable démonstration de la puissance de la monnaie sur la dynamique économique d'un pays, mais nos dirigeants de l'époque se sont bien gardés d'expliquer pourquoi la croissance française est passée à plus de 3% par an et à vue la création de plus d'un million d'emplois sur une si courte période.

 

 Franccontre dollar

Il fallait conserver la légende de la croissance fruit des politiques menées par le gouvernement de l'époque. En réalité il s'agit plus d'un storytelling, comme disent les Américains, que d'une explication valable. Il y avait en fait deux causes prépondérantes à la reprise de l'époque, la première était l'effet de la bulle internet américaine, l'ère Clinton étant une période de croissance relativement forte même si celle-ci était en grande partie liée à la surconsommation locale. Le déficit commercial US étant déjà important à l'époque sans atteindre les niveaux actuels. Le premier pilier de la demande mondiale tournait à plein régime attirant une grosse quantité de capitaux du reste de la planète. Le deuxième facteur prépondérant est l'abandon momentané du franc fort qui prévalait depuis le début des années 90, et comme on peut le voir sur le graphique précédent. À partir de 1996 le franc commence à se dévaluer face au dollar. Entre 96 et 97, il passe de 5 francs pour un dollar à  plus de 6 francs soit une dévaluation de près de 20%. En 1999, l'euro apparait avec un taux de change à 1.2€ pour un dollar, ou encore 0.83$ pour 1 €, ce qui traduit en franc nous donne 5.46 francs pour un dollar. Comme vous pouvez le voir, ce taux de 1999 est déjà très élevé pour notre monnaie si l'on se fit à l'évolution depuis 1980. On avait même atteint un taux de 9 francs pour un dollar en 1985 soit en euro un pauvre  0.73€ pour un dollar suivant le taux de conversion du franc en euro, c'était très loin des taux actuels.

 

EuroDollarECB.png

 Evolution du taux de change de l'euro en dollars depuis 1999  

 

  Aujourd'hui avec un euro égal à 1.5€ cela nous fait un  joli 4.37 francs pour un dollar soit le taux le plus haut que la France ait connu depuis 1980. Quoi qu'il en soit la période 1997-2002 est une période de dévaluation monétaire, l'euro va d'ailleurs rapidement perdre de sa valeur puisqu’entre 1999 et 2001 il passe de 1.2 $ pour un euro à 0.9$ pour un euro ce qui nous fait un taux de  7.28 francs pour un dollar. Ce passage monétaire permet à la France de profiter au maximum de la bulle US et de sa croissance, les USA étant le seul pays du monde développé à faire régulièrement des politiques de relance depuis les années 70 à l'exception de l'épisode français 81-83. On voit directement la corrélation entre la croissance française, l'excédent extérieur, et la bulle internet US sur les graphiques ci-dessous:

 

croissance-francaise.png

 

croissance-us962002.png

balance-commerciale-francaise-1995-2002.png  

 

C'est donc la collusion de la croissance US et de la dévaluation momentanée qui ont accéléré la croissance française à une période ou la concurrence des pays asiatiques n'était pas encore à son niveau actuel. Ce fut en quelque sorte le dernier moment de croissance avant l'arrêt complet puisque nous faisons du surplace depuis avec en plus cette récession exportée par la dépression américaine liée à ses contradictions internes dont nous avons déjà parlé longuement. Il n'y a pas eu de miracle des 35heures ni même par la suite de catastrophe des 35heures. Ces dernières n'ont probablement eu aucun effet réel sur l'économie française, mais les politiques aiment bien donner des causes sur lesquelles ils peuvent agir plutôt que de parler des causes sur lesquelles ils ne veulent pas agir. En l'occurrence, les 35heures sont de la même manière utilisées par la droite et la gauche, pour masquer le fait que la monnaie,  les politiques macroéconomiques et l'évolution du commerce expliquent bien mieux ces changements de taux de croissance. Cela nous a évité de parler du projet de l'euro en l'occurrence. Il reste cependant une question. Pourquoi l'euro s'est-il dévalué de 1999 à 2001? La réponse à cela est simple. L'Allemagne n'avait pas encore absorbé ses difficultés avec l'ex-RDA et ce pays connaissait des déficits commerciaux. C'est ce hasard historique qui  a rendu possible l'unification monétaire. Ces déficits entrainant le Mark à la baisse les autres monnaies européennes, qui était déjà collé à lui pour permettre l'unification monétaire, baissaient avec lui. C’est ce qui explique la baisse du franc à partir de 1996. Et la croissance US a fait le reste. La forte croissance des USA permettant des taux de croissance forts en Europe provoquée par des excédents importants en France et en Italie. Dans ce court laps de temps historique, nos économies ont convergé et l'euro a pu se faire pour notre plus grand malheur, nous le savons aujourd'hui.

 

Et aujourd'hui alors? 

Comme nous l'avons vu le taux de change de l'euro est aujourd'hui très fort pour la France, mais à cela s'ajoute la morosité du moteur de la demande mondiale les USA. La reprise étant déjà fini il faut s'attendre à une dégradation de la demande extérieure alors que nous avons déjà d'importants déficits commerciaux. Ce qu'il faut bien comprendre en revanche c'est que la monnaie seule n'explique pas totalement les variations de la croissance. La période de 97-2001 nous montre, par exemple, qu'on ne pas expliquer uniquement par la dévaluation cette reprise. Et il n'est pas sûr qu'une dévaluation simple puisse aujourd'hui relancer la croissance française comme à l'époque. Notre pays n'est plus en retard par rapport à la locomotive américaine, il en va de même pour les autres pays d'Europe. Nous ne pouvons plus attendre de la relance de nos exportations qu'elle fasse croitre suffisamment nos économies pour employer tous nos jeunes. Et malgré ses énormes excédents, l'Allemagne n'a pas une croissance si énorme que cela cette année. Les dévaluations ne doivent donc plus être envisagées uniquement comme un moyen de tirer sa croissance par ses exportations. Elles doivent surtout être considérées comme un moyen d'éviter que la demande intérieure ne parte à l'étranger. La France a besoin d'une relance de sa demande intérieurs couplée à une dévaluation et à des mesures protectionnistes. Pour ce qui est de la période Jospin, elle montre combien la monnaie est un outil important dans la gestion de la croissance économique du pays. Elle nous montre combien également nos dirigeants peinent à comprendre ces idées relativement simples. La gauche ayant préféré expliquer sa réussite de l'époque par ses propres politiques, elle est passée à côté de l'essentiel. Et elle ne comprend toujours pas la situation actuelle en partie à cause de ses conclusions erronées de l'époque. C'est ainsi que des discours de bonne gestion ont pris place à la réflexion sur la monnaie, le libre-échange ou les politiques de relance. Faire un bilan de cette période et montrer ce qui s'est réellement passé pourra, peut-être je l'espère, débloquer certains esprits sur ces questions.

 

YANN

http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-veritable-origine-du-bon-bilan-de-lionel-jospin-76000199.html

 

Retour de la récession : double L

08/06/2011 13:56 par rgrs

  • Retour de la récession : double L

    Retour de la récession : double L

    08/06/2011 13:56 par rgrs

Le double L se confirme, et cela va remettre pas mal de points sur les I. On peut citer les "vertueux" et les libertariens.

Volontiers donneurs de leçons, on nous dit qu'il faut rééquilibrer les déficits, pour ne pas laisser aux zenfans et pitizenfans.

En réalité, le monde est bâti autour de 2 pôles, le pôle des déficits et le pôle des excédents.

Tous les pays en déficits extérieurs, ou presque, ont réduits l'importance de ceux-ci, provoquant un recul important des "vertueux".  

En réalité, les vertueux ne le sont pas. Ils ont éteints totalement la demande intérieure (Allemagne et Japon), ou s'ils l'ont maintenus, c'est intenable, comme dans le cas de la Chine. La demande extérieure s'est effondrée, elle a été remplacé par de l'investissement intérieur, mais pas par de la consommation.  

La logique, pour la Chine, c'est que ces investissements sans débouchés subissent un déclin express : directement du neuf à la ferraille.  

Alors, les fanas de la réduction des déficits sont en fait, des fanas du déclenchement de la révolution.

Quand la base de départ est une misère sociale égale à celle de la grande dépression, vouloir "faire des économies" est explosif.

Explosif à l'intérieur, mais aussi explosif au niveau mondial. Même la Chine n'est pas en mesure de faire face à un effondrement extérieur supplémentaire.  

La recherche de débouchés extérieurs évitait de se poser la question de la consommation interne, ou plutôt, permettait de se livrer à une guerre des classes et à une chasse au prolo réjouissante.  

Le revenu, défaillant, avait été remplacé par de l'endettement. Mais le pékin de base n'en peut plus, et le simple encadrement du crédit un peu plus poussé, contrarie le jeu.

Et puis, il vient de redécouvrir le vieux proverbe, issu de la banqueroute de Law "qui paie ses dettes s'enrichit". 

Le moteur américain de l'économie mondiale souffre d'un problème simple : il est désormais trop petit, et il s'éteint, comme s'éteignent les moteurs secondaires, Britanniques, Espagnols, français.  

L'empire se délite et se disloque très simplement : le centre n'y croit plus, et la périphérie, qui y croit encore, est paniquée, totalement.

C'est un schéma absolument classique, et qu'on peut voir caricatural dans le cas de l'empire britannique : il a cessé d'exister partout, sauf en Irlande du nord.

L'empire, c'est Detroit, et Detroit, c'est un donut. quelque chose autour, mais au milieu, du vide, et de plus en plus de vide.  

Non pas que les autorités du centre cessent d'être égales à elles mêmes. Ils font ce qu'ils ont toujours fait depuis 1913 : du quantitative easing.

Mais cette fois, ça ne fonctionne plus.  

Les autorités des autres pays ont aussi essayé de "sauver", la mise. Mais ça ne fonctionne pas, non plus.  

Dans la crise de 2008, c'est la fin du commencement, et c'est le commencement de la fin. Les vannes ouvertes des banques centrales et les pays ont permis de consolider une situation, sans pouvoir la relancer.

Aujourd'hui, la classe dirigeante à le goût du suicide. Le pays le plus avancé, le Japon, donne le là.

Il est arrivé au bout du rouleau et au bout de son modèle.

Fukushima, comme Tchernobyl, n'est pas la cause de la crise, c'est son symptôme.

Ce n'est pas dans les palais qu'on sauvera la situation, c'est la tenue des ménages et de l'économie réelle. Hors, celle-là a été trop maltraité dans les pays OCDE, et les libertariens veulent encore plus malmener celle-là.
 

Sans doute, si on voulait sauver le système, il faudrait que les excellences mangent leur idéologie, mais c'est simple :

- des secours d'urgences à la population, sans la cantonner aux plus affaiblis, 

- des augmentations de salaires,

- une gestion nationale de l'économie.

 

Sur la vraisemblance de l'évolution, sans doute certains pays vont évoluer dans cette voie, mais certains évolueront dans la voie beaucoup plus simple de la guerre, des massacres et du bain de sang.

Les pays arabes, ont choisis...

Par Patrick REYMOND

Dominique de Villepin: "L'UMP ressemble de plus en plus" au Front National

08/06/2011 13:50 par rgrs

  • Dominique de Villepin:

    Dominique de Villepin: "L'UMP ressemble de plus en plus" au Front National

    08/06/2011 13:50 par rgrs

Le président de République solidaire, Dominique de Villepin, a jugé mardi à propos du RSA que "l'UMP ressemble de plus en plus à ce parti dont on pouvait dire qu'il pose les bonnes questions mais qu'il apporte les fausses solutions", une allusion au FN.

Dans un billet paru sur son blog et titré "Salauds de pauvres", l'ancien premier ministre se réjouit que le "débat soit lancé" sur les aides sociales.

"Mais l'UMP ressemble de plus en plus à ce parti dont on pouvait dire qu'il pose les bonnes questions mais qu'il apporte les fausses solutions", ajoute-t-il, en reprenant une ancienne formule de Laurent Fabius sur le FN.

"La ficelle est un peu grosse quand on s'évertue à monter les petits contre plus petits qu'eux pour éviter les embrasements", ajoute-t-il.

Après la polémique déclenchée par le ministre Laurent Wauquiez sur le RSA, l'UMP veut proposer demain un contrat unique d'insertion (CUI), d'utilité sociale, qui prévoirait 5 heures de travaux par semaine, rémunérées sur la base du Smic horaire.

Un dispositif contraignant, puisqu'en cas de refus, les bénéficiaires éligibles verraient le versement de leur RSA diminuer progressivement.

"Le travail forcé est-il une solution? Non, parce que la réalité de la plupart des allocataires, ce n'est pas l'oisiveté volontaire", dénonce M. de Villepin.

Le président de République solidaire en profite pour défendre à nouveau son projet de "revenu citoyen", une allocation de 850 euros par mois qui serait, elle aussi, conditionnée à "un service citoyen" ("travailler pour une association, pour une commune ou pour des missions de proximité des services publics").

"Qu'est-ce que cela change par rapport à une augmentation des minima sociaux? Cela change tout. Parce que c'est un choix volontaire, pas une activité forcée", insiste-t-il.

"Ceux qui refuseront de s'engager dans une telle activité doivent en rester libres, mais alors ils ne percevront pas le revenu citoyen, mais un minimum de solidarité au niveau des minima actuels", ajoute-t-il.

Source: Agence France Presse

Retrouvez ce billet sur le blog officiel de Dominique de Villepin: “Salauds de pauvres” (Coluche)

http://2villepin.free.fr/index.php/2011/06/08/1928-dominique-de-villepin-l-ump-ressemble-de-plus-en-plus-au-front-national

Mon permis ? Venez le chercher !

08/06/2011 13:42 par rgrs

  • Mon permis ? Venez le chercher !

    Mon permis ? Venez le chercher !

    08/06/2011 13:42 par rgrs

Couillon fait de la résistance

Je suis peut être injuste et ingrat mais j’appartiens aujourd’hui à cette espèce de Français qu’on appelle les déçus du sarkozisme. J’avais pourtant, dès le début du quinquennat, modéré mes espérances. Je le sais bien, nous ne vivons jamais qu’en démocratie, la prudence règne et si un principe de précaution politique qui a multiplié les contre-pouvoirs à l’infini nous protège d’une éventuelle dictature liberticide, il semble que nos institutions empêchent un despote au bonapartisme éclairé et éclatant d’œuvrer au redressement dont la France a besoin. L’exercice d’un pouvoir aussi relatif que soumis, qui ne va pas pisser sans demander à l’Europe, assure l’inertie des mammouths impotents et coûteux de la fonction publique et protège la sécurité des délinquants et des clandestins ne contribue pas à écrire des pages glorieuses du roman national. Mais il paraît que le peuple y tient, à ses contre-pouvoirs. Il faut donc faire contre mauvaise fortune bon cœur et quand le pays, entravé et submergé, sombre dans le déclin, Mediapart, le Conseil constitutionnel et le Syndicat de la Magistrature peuvent brailler en paix contre ce qui lui reste de défenses. On appelle ça le progrès.

Même s’il m’arrivait d’en rêver plus ou moins secrètement, je n’attendais pas que le président préside sans entraves, et pour tenir des promesses de campagne si alléchantes, j’osais à peine espérer qu’il exauce mes vœux en nous débarrassant de la racaille, en choisissant l’immigration, en couvrant les flics qui usent de légitime violence et les ministres qui blaguent, en placardisant ces journalistes qui insultent ses électeurs, en exilant les juges gauchistes et laxistes, en purgeant la fonction publique de ses parasites, en ignorant ceux qui contestent les bienfaits de la colonisation ou l’enseignement de notre passé héroïque, de Charles Martel à Napoléon, en gouvernant avec la droite dure plutôt qu’avec le centre mou et en boutant hors des frontières ceux qui crachent sur mon pays, ma culture et ma civilisation en toute impunité. Je sais bien qu’on ne fait pas de politique avec ses utopies mais entre ce que je n’espérais même pas et ce qui reste après quatre ans, il y a un monde et je n’aime pas trop l’habiter.

J’avais placé tant d’espoir dans la répression à venir et que j’attends encore que je m’étais soumis de bonne grâce à celle qui s’abattait sur moi. Après une vingtaine d’années de conduite routière sans alcool et sans pépins, je fus convoqué à la gendarmerie pour rendre mon permis qui n’avait plus un seul de ses douze points. Je plaide coupable, j’avais roulé entre la forêt et ma maison avec ma vieille Honda XLS 125 mais sans casque, oublié d’attacher ma ceinture au volant de mon camion, avant d’être flashé à 58 km/h là où on ne doit pas dépasser 50 et à 87 km/h sur l’une de ces interminables lignes droites de la RN20, deux fois deux voies séparées par un muret central, mais limitée à 70 quand elle traverse une agglomération.

Je m’accorde une suspension provisoire de civisme

En bon citoyen, je me soumettais à la loi des hommes et même à celle des femmes qui président ces nouvelles ligues de vertu rebaptisées « machin contre la violence routière » (et peut-être un jour si on les laisse faire « truc contre le harcèlement des règlementations et le viol des limitations »). J’acceptais, civiquement responsable, ce monde de la route taillé sur-mesure pour les mères de famille, les retraités de la fonction publique et les démocrates-chrétiens. Je rendis mon permis, cet ami de vingt ans, aux gendarmes et après six mois de pénitence, regagnai le droit de le repasser. Je commençai par réapprendre le code au milieu de lycéens puis me soumis à des tests psychotechniques où une gamine sortie de je ne sais quelle école me fit jouer avec des cubes pour évaluer mon aptitude à reprendre un volant et me demanda si j’estimais méritée la peine qu’on m’infligeait, car la rééducation ne serait complète qu’avec mon autocritique. Un peu excédé, je conclus ma réponse en lançant à l’examinatrice « psychotechnique ta mère !», mais ce petit débordement ne suffit pas à me déclarer inapte. Aussi, après avoir pissé dans un flacon et rempli une paperasse épaisse selon les demandes pointilleuses d’employées préfectorales qui jubilaient de plaisir à tenir un mâle indépendant et pressé quand on est une femelle bureaucratique et fonctionnaire, je recouvris le droit de conduire pour gagner ma vie et payer des taxes, car en plus de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille, il me fallait reprendre le collier pour payer en impôts les salaires de tous ces bons à rien qui ne tolèrent les paiements en retard que majorés et que cette pantalonnade avait mobilisé.

Même de mauvaise grâce, j’avais joué le jeu en me consolant avec l’idée que j’étais le premier d’une longue liste à tâter d’une autorité de l’État qui ne manquerait pas de frapper aussi implacablement les clandestins indésirables, délinquants et criminels. À 50 km /h sur les quais de la Seine, j’avais renoncé à me sentir vivant au volant puisque ça fait baisser le nombre de morts sur la route, mais j’attendais qu’au moins, le tout-répressif ne discrimine personne. Si le voleur condamné retourne vaquer à ses occupations louches pendant que le gendarme me traque sur le bas-côté, il y a un truc qui cloche. J’ai fini par me sentir dindon au cœur d’une farce française où 80.000 peines de prisons prononcées ne sont pas effectuées et où l’État semble aussi incapable de fermer le robinet migratoire qu’impuissant à endiguer la violence qui frappe les jeunes, les femmes et les vieux. J’en suis conscient, il ne suffit pas d’un claquement de doigts et même le plus volontariste des dirigeants doit composer avec les Commissaires européens, la magistrature, Marianne et les députés centristes, mais je n’en peux plus de ce pouvoir qui gouverne l’œil sur le braillomètre comme on conduit l’œil sur le compteur. Il faudrait un sacré coup de barre vers un peu de bon sens avant 2012 pour que je continue à voter raisonnable. En attendant, j’ai décidé de m’accorder une suspension provisoire de civisme.

La semaine dernière, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres une de ces funestes convocations qui, il y a trois ans, m’avait condamné à l’inconduite. Pour trois dépassements de vitesse mineurs, car mon permis restitué ne possédait que six points, je l’ai reperdu. Je me suis donc rendu chez les gendarmes, mais sans le papier rose si chèrement regagné, pour déclarer que cette fois, je ne le rendrai pas. Ma déposition a été transmise à la Préfecture qui a fait suivre mon insoumission au Parquet. On m’a prévenu que je risquais des poursuites judiciaires. Je les attends et j’en rendrai compte dans Causeur sous la forme d’un feuilleton intitulé « Couillon fait de la résistance » ou « Le cave se rebiffe ». Je finirai peut-être, comme dans un film de Capra, par plaider ma cause dans un tribunal dont je sortirai, soit libre avec les excuses d’un juge piteux et sous les vivats de l’assistance, soit condamné. Ça ne m’inquiète en rien. Il faut dire qu’après la disparition des panneaux annonçant les radars, on va être un paquet à perdre notre permis. À en juger par le nombre de condamnés en liberté, je ne serai pas le premier que la menace du glaive de la justice fera marrer.

Cyril Bennasar

http://www.causeur.fr/mon-permis-venez-le-chercher,10167

Banderille n°368 : Le vilain petit Canard

08/06/2011 13:30 par rgrs

  • Banderille n°368 : Le vilain petit Canard

    Banderille n°368 : Le vilain petit Canard

    08/06/2011 13:30 par rgrs

Je lis dans 20 minutes.fr que Luc Ferry est éclaboussé par un scandale : il aurait perçu une confortable rémunération mensuelle pendant l'année 2010-2011 mais n'aurait pas en échange délivré les cours qu'on attendait de lui. Visiblement, il bénéficiait d'une dispense spéciale du Ministre qui a cessé d'être en septembre 2010. Le Canard enchaîné publiera l'affaire demain.

Deux remarques me viennent spontanément à l'esprit :

- Il est quand même très très curieux que ce "scandale" sorte moins d'une semaine après que l'ancien Ministre a rué dans les brancards. En plus, c'est un scandale très opportun : en substance, Ferry expliquait sur l'affaire Tron-DSK que les moralistes n'étaient pas tous blancs-blancs et retournait l'arme du jugement moral contre les censeurs. On vient de lui rendre la monnaie de sa pièce en attaquant un ancien ministre de l'éducation sur son fond de commerce à lui, c'est à dire sa probité académique.

- L'affaire traîne depuis septembre. Elle a fait l'objet de 3 courriers du Président de Paris 7… et plaf, elle sort pile-poil en semaine 23. Au passage, ils sont quand même gentils les piou-piou de Paris 7, mais ils auraient peut-être pu arrêter de payer un absentéiste pendant 9 mois en suspendant les versements, plutôt que de tout verser et d'exiger le remboursement en fin d'année. Le bon sens n'est visiblement pas partagé par tous.

Bref, je ne veux pas paraître paranoïaque - sur le fond, Ferry doit rembourser d'ailleurs – mais il y a dans l'heureux ordonnancement des évènements un arrière-goût de soupçon qui déteint sur ma langue. Visiblement, le Canard n'est pas aussi indépendant qu'il le prétend.

Toreador

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L’Allemagne et la question du nucléaire

08/06/2011 13:24 par rgrs

  • L’Allemagne et la question du nucléaire

    L’Allemagne et la question du nucléaire

    08/06/2011 13:24 par rgrs

Cette annonce récente de la chancelière allemande, Angela Merkel, a résonné comme un coup de semonce. A savoir cette décision de fermer toutes les centrales nucléaires allemandes, en 2022. Le sujet a été largement évoqué dans la presse et notamment dans la dernière chronique matinale, réunissant Eric Zemmour et Vincent Parizot, qui me sert souvent de fil-conducteur, dans la rédaction de mes billets. Il a été expliqué que cela créerait des emplois et comme l'affirmait récemment à Washington, l'ambassadeur d'Allemagne à son homologue français, Berlin espérant convaincre aussi le reste du monde. L'ambassadeur de France rétorquant lui, que les relations Paris - Berlin en restaient au beau fixe, mais que la France ne comptait nullement remettre en cause son programme nucléaire, mais travailler àl'optimisation des normes de sécurité, et ajoutant avec tact, que les questions d'ordre énergétique relèvent du pré-carré national.

Pour la petite histoire dans l'histoire, on raconte également qu'à la suite de la catastrophe de Fukushima, à l'occasion d'un sommet, apprenant la nouvelle, Angela Merkel avait pris à part Nicolas Sarkozy, lui annonçant que l'Allemagne sortirait du nucléaire. Ce qui lui avait valu les moqueries du président français. On prédit les risques de déstabilisation liées à cette décision, dans l'Europe de l'énergie, poussant les Allemands à se fournir en gaz russe et à acheter notre électricité, provenant à 85 % du nucléaire. Et qui est aussi la moins chère en Europe, la hausse des tarifs de l'électricité n'étant pas à chercher dans la réflexion de nos vieilles centrales, mais plutôt dans la politique de concurrence énergétique, obstinément poursuivie par Bruxelles. Mais Angela n'en a cure, et se moque des sarcasmes, elle ne suit que ce qu'elle croit être les intérêts de l'Allemagne, du peuple allemand, et accessoirement ses intérêts électoraux. Sa majorité est fortement fragilisée, comme partout en Europe, d'ailleurs. Ses intérêts et prises de position, peuvent ensuite être bien ou mal compris. L'Allemagne compte sept centrales nucléaires sur son sol, dont deux dans le Bade-Wurtemberg, ce Länder allemand - fief industriel de Daimler et de Porsche, où le parti écologiste allemand a opéré récemment, cette fameuse percée électorale. Mais la problématique de fond, va même au-delà, outre-passant l'épineuse question énergétique. C'est encore une fois, “la théorie du passager clandestin“, théorisée et mise en application déjà par le chancelier Schroeder, quelques années plus tôt, à propos de la question monétaire.

Le plan de rigueur salarial, d'il y a dix ans, relevait de la même stratégie Outre-Rhin. L'industrie allemande exportait à tout va, profitant de la consommation élevée chez ses voisins, et freinant la consommation par la rigueur salariale, limitant fortement les importations. L'Allemagne répond ainsi, de plus en plus à ses intérêts en matière budgétaire, monétaire, énergétique, diplomatique. Vingt-deux ans après la chute du mur de Berlin, en 1989, elle se forge peu à peu, une nouvelle souveraineté. Nous l'avons déjà vu, lorsque les Allemands refusaient à la mi-mars, de s'associer aux Français et aux Anglais en Lybie, les scandalisant au passage. Dans un étonnant chassé-croisé historique, en 2005, la cour constitutionnelle de Karlsruhe décidait de la modification de toute disposition européenne, contraire à la constitution allemande. Dans le même temps, les Français modifiaient leur texte suprême, pour l'adapter au traité européen. Nous poursuivons la chimère et l'utopie, d'une Europe géante de demain, dans cette théorisation du monde multipolaire. Tandis que l'Allemagne, elle, la met en pratique, à son échelle, obsédée uniquement par sa place dans la mondialisation, en tant que grande puissance exportatrice, parmi les géants de demain : Chine, Inde, Brésil…

Et l'Allemagne a soumis l'Europe à son modèle : qui paye, commande, telle est sa devise. Aujourd'hui, elle paye pour sauver les Grecs et les Irlandais, parce que la mort de l'euro, l'amènerait à un mark surévalué, enrayant sa formidable machine exportatrice. Mais jusqu'à quand ?


 JD

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Quand la juge Eva Joly enterrait une plainte écologique

08/06/2011 13:16 par rgrs

  • Quand la juge Eva Joly enterrait une plainte écologique

    Quand la juge Eva Joly enterrait une plainte écologique

    08/06/2011 13:16 par rgrs

Les primaires d’Europe écologie – Les Verts viennent tout juste de commencer que déjà l’ambiance se tend. Après la pseudo-boulette de Nicolas Hulot sur Jean-Louis Borloo, c’est au tour d’Eva Joly de glisser sur une peau de banane. Une histoire de plainte portée par des militants Verts et qu’Eva Joly, alors juge d’instruction, avait dignement enterrée est en train de refaire surface…

Trop à droite Nicolas Hulot ? Depuis le congrès d’Europe écologie – Les Verts, le week-end dernier à La Rochelle, l’ancien animateur d’Ushuaïa a droit à un procès pour cause de boorloïtude trop aiguë. Mais les militants pro-Hulot en ont autant sous la semelle au sujet d’Eva Joly. Ce n’est pas qu’elle serait trop à droite ou trop à gauche à leur goût. À leurs yeux, c’est même pire : elle ne serait tout bonnement pas assez écologiste ! Une affaire remontant au milieu des années 1990 et qui n'avait, pour l'heure, fait l'objet que d'une micro-brève dans Le JDD en août 2010, commence d’ailleurs à refaire surface et à circuler dans leurs rangs. Une histoire prouvant qu’elle serait bien cette « écologiste née de la dernière pluie » qu’ils dénoncent. Une histoire confirmant qu’« on ne naît pas écologiste, mais on le devient », préfèreront certainement dire ses supporters. Mais surtout une histoire démontrant que les primaires écolos qui viennent tout juste de débuter s'annoncent comme une joyeuse partie de tontons (et de tatas) flingueurs… 
 
Quand la juge Eva Joly enterrait une plainte écologique

À la fin de l’année 1994, Pierre-François Divier, avocat et militant Vert depuis alors près de dix ans, dépose une plainte  « contre X avec constitution de partie civile pour mise en danger de la personne humaine » au nom d’une autre militante Verte, Danièle Graignic. L’objet de cette plainte ? Les risques sanitaires que les gaz d’échappement automobile font courir aux Parisiens. À en croire Pierre-François Divier, qui dans un ouvrage paru début 2011 fait le récit détaillé de cet épisode (1), cette action en justice bénéficie alors du soutien des Verts locaux. Elle s’appuie notamment, écrit-il dans la plainte qu’il dépose au Tribunal de grande instance de Paris, sur une étude de l’Observatoire régional de la santé réalisée « à la demande du groupe Verts du Conseil régional d’Île-de-France » et baptisée « Erpurs » (Evaluation des risques de la pollution urbaine sur la santé).

Un nom de baptême peu approprié puisque cette étude « conclut que la mortalité pour causes cardio-vasculaires augmente de 6% avec les fumées noires et de près de 10% avec le SO2 (dioxyde de soufre, ndlr). Les hospitalisations pour asthme progressent de 14% chez les enfants avec l’augmentation du SO2, de 17% à tous les âges avec le NO2 (dioxyde d'azote, ndlr), et de 19% chez les personnes âgées, avec l’accroissement de l’ozone ». Selon Danièle Graignic et son avocat, cette étude prouve en tout cas que les mesures qui viennent alors d’être prises par le Préfet de police de Paris ne sont pas suffisantes, et notamment  le système d’alerte à la pollution atmosphérique adopté au cours de l’année 1994. Les militants écologistes considèrent que les seuils prévus pour le déclenchement des alertes sont beaucoup « trop élevés » pour être efficaces. Par ailleurs, ils regrettent qu’il ne soit prévu « aucune mesure coercitive à l’égard de la circulation automobile », comme la diminution de la vitesse des véhicules que nous connaissons parfois aujourd’hui en cas de pic d’ozone.

« Elle a eu une attitude non-écologique »

Quand la juge Eva Joly enterrait une plainte écologique
 

Mais cette plainte qui atterrit entre les mains de la « pas-encore-candidate-écologiste-mais-alors-juge-d’instruction-Eva-Joly » ne débouchera sur rien. Elle dormira d’abord pendant de très longues semaines dans son bureau. Au point que Pierre-François Divier est obligé de se rappeler au bon souvenir d’Eva Joly par huissier de justice interposé en avril 1995  (voir ci-contre). Entre temps, le procureur de la République aura, lui, très rapidement donné son avis. C’est « niet » : « Les faits dénoncés, écrit-il dès janvier 1995,  ne peuvent donner lieu à une poursuite ». Des réquisitions si bien troussées qu’Eva Joly, lorsqu’elle finit enfin par faire connaître sa décision le 17 mai 1995, s’en inspire très très largement : « Eva Joly allait se contenter, explique Pierre-François Divier dans son livre, [de] recopier purement et simplement les réquisitions du parquet ». Il est vrai qu’entre la décision du procureur et celle de la magistrate que s'est procuré Marianne, les différences sont plus que minimes…


Mais si dans son livre, Pierre-François Divier reconnaît qu’Eva Joly était à l’époque « un juge surchargé », « débordé par l’affaire Elf », il se montre aujourd’hui beaucoup moins compréhensif : « Elle n’a donné aucune suite à cette plainte, explique-t-il à Marianne, Elle n’a même pas voulu enquêter. Elle a eu une attitude non-écologique ».

Contactés, Eva Joly et son entourage n'ont, pour l'heure, pas donné suite à nos demandes de réaction...

Gérald Andrieu - Marianne

 

Quand la juge Eva Joly enterrait une plainte écologique


(1) Toute la vérité sur l’origine du procès Jacques Chirac. Pierre-François Divier. Ed. Pascal Galodé. Février 2011. 304 pages.
 
 


Villepin, caution antisarkozyste de Borloo ?

08/06/2011 13:06 par rgrs

  • Villepin, caution antisarkozyste de Borloo ?

    Villepin, caution antisarkozyste de Borloo ?

    08/06/2011 13:06 par rgrs

Le temps est à la discussion, à la main tendue, au grand rassemblement. Ce week-end, Nicolas Hulot a évoqué l’idée d’une alliance avec son ami Jean-Louis Borloo. Levée de boucliers chez les écolos : plutôt ne pas trier ses déchets que de pactiser avec un ancien ministre sarkozyste. Le lendemain, au tour de Jean-Louis Borloo de proposer à Dominique de Villepin de « réfléchir ensemble à l’avenir ». Après la boulette de Hulot, la boulette de Borloo ?

Vous, les journalistes, vous êtes incroyables ! Pendant des mois, vous nous dites qu’il y a trop de candidats sur le même espace et quand ils se rassemblent, vous nous demandez pourquoi. » Dominique Paillé feint l’agacement et l’incompréhension avec talent. Mais, en bon franc-tireur, il ne peut s’empêcher d’ajouter : « Dominique de Villepin n’est pas un candidat centriste mais gaulliste. » Alors, pourquoi Jean-Louis Borloo, centriste revendiqué, a-t-il déclaré « pouvoir réfléchir à l’avenir » avec l’ex-Premier ministre, dans un entretien accordé au Parisien le 5 juin ? Restée en suspens, la question agite nombre de participants à la future confédération des centres. 

Désaccords de fond
En septembre 2010, Hervé Morin répond à l’appel au rassemblement lancé par Dominique de Villepin en fustigeant les « attelages d’ambitions personnelles ». Quelques mois plus tard, le président du Nouveau centre ironise : « Si Villepin est centriste, moi je suis le pape ! »  
Que pense aujourd’hui l’ancien ministre de la Défense de cette main tendue incongrue au président de République solidaire ? « C’est bien qu’on discute avec tout le monde, qu’on ait le rassemblement le plus large possible, assure-t-il prudemment. Mais notre projet alternatif repose sur une alliance des idées pas des personnes. » Sous-titre pour mal-comprenants : Villepin a beau être une personnalité politique de premier plan, cela ne suffit pas à justifier un rapprochement. De son côté, le député valoisien Jean Leonetti remarque : « J’ai souvent vu Villepin classé chez les centristes, c’est une vision large du centre. » Et de conclure : « Hulot puis Villepin, ça fait beaucoup dans le même week-end ! Les Français ne s’y retrouvent plus. »

Héritier du chiraquisme et défenseur autoproclamé du gaullisme, le pire ennemi de Sarkozy ne partage pas le corpus idéologique commun aux Radicaux valoisiens et aux membres du Nouveau centre. Parfaite illustration de leurs divergences : la privatisation des autoroutes orchestrée par Villepin en 2005 pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat et ainsi réduire le déficit. 
Dès l’annonce faite par le Premier ministre, François Bayrou, à l’époque chef de file de l’UDF, fustige une décision qui « porte atteinte à l’intérêt national » Hervé Morin, alors patron du groupe UDF à l’Assemblée, et quinze autres députés centristes lui emboîtent le pas en refusant, en octobre 2005, de voter le budget présenté lors de l’examen du volet « recettes » de la loi de finances 2006. 
Cet épisode reste depuis gravé dans les mémoires de nombreux députés du Nouveau centre. « Je vois plus Villepin comme un Jacobin que comme un Girondin décentralisateur », confie un membre du NC, inquiet de la main tendue par Jean-Louis Borloo au leader gaullo-chiraquien.

En mai 2006, enfin, en pleine affaire Clearstream, onze des trente députés UDF, dont l’actuel patron du NC, votent la motion de censure déposée par le Parti socialiste contre le gouvernement Villepin. 
Après de tels accrochages, difficile d’imaginer les centristes s’allier avec un homme auquel ils se sont tant opposés. « Jean-Louis Borloo n’a rien dit d’autre que : je peux discuter avec Dominique de Villepin », tempère Dominique Paillé. 
 

Avantages stratégiques ?

Au-delà des mésententes idéologiques, surgit la question des intérêts tacticiens. Au Parti radical, certains s’interrogent sur les bénéfices à tirer d’un partenariat avec l’ancien Premier ministre. « C’est peut-être un moyen de siphonner le mouvement de Villepin, souffle un proche de Borloo. Mais ce dernier n’a pas de troupes et ne représente rien dans les sondages donc c’est inutile. » « J’ai des difficultés à apprécier ce que pèse Dominique de Villepin », murmure pudiquement Leonetti. Alors pourquoi suggérer ce rapprochement risqué ?
A la différence d’un Morin qui n’hésite pas à publier un livre –Arrêtez de mépriser les Français !, aux éditions Flammarion - pour lancer de puissantes charges contre le chef de l’Etat, Borloo, de son côté, refuse de critiquer le président. Le leader valoisien qui, en octobre dernier, espérait encore devenir Premier ministre, se voit souvent reprocher son passé de ministre de l’Ecologie de Sarkozy mais peine à répondre à ces attaques. « Il est empêtré dans une stratégie complexe, observe un membre du PR. A la fois, il affirme de rien avoir à reprocher à Sarkozy mais veut malgré tout se déclarer candidat contre lui. Les députés attendent une clarification. » Et si Borloo voyait en Villepin LA solution ? Depuis l’affaire Clearstream, le rival du chef de l’Etat fait figure de caution antisarkozyste. 

Mais que les centristes inquiets se rassurent. Le futur positionnement annoncé de Jean-Louis Borloo pour Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle de 2012 annule d'emblée toute possibilité de rapprochement entre les deux hommes. A moins que l'un et l'autre n'aient décidé de se tenir la main pour se retirer ensemble le moment venu.


Laureline Dupont - Marianne

Photos : (J.-L. Borloo et D. de Villepin - Wikimedia commons- JL.Aubert - Georges Seguin)