Nicolas Dupont-Aignan sur les terres de Bruno Le Maire, le faux cul de l’agriculture française

07/06/2011 20:49 par rgrs

  • Nicolas Dupont-Aignan sur les terres de Bruno Le Maire, le faux cul de l’agriculture française

    Nicolas Dupont-Aignan sur les terres de Bruno Le Maire, le faux cul de l’agriculture française

    07/06/2011 20:49 par rgrs

Nicolas Dupont-Aignan sur les terres de Bruno Le Maire, le faux cul de l’agriculture française

Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et président de Debout la République, a rendu visite ce matin à un éleveur de Bézu-la-Forêt dans l’Eure - département de Bruno Le Maire - afin de dénoncer le double langage du ministre de l’agriculture, soumis et impuissant à Bruxelles mais qui fait mine de défendre les agriculteurs à Paris !

En effet, manquant de fourrage à cause de la sécheresse, les éleveurs sont aujourd’hui contraints soit d’acheter à des prix exorbitants des aliments pour leur bétail, soit d’abattre leur cheptel et de perdre ainsi tout leur capital. Or, face à ce désastre, les annonces du ministre de l’agriculture ne sont pour Nicolas Dupont-Aignan qu’une grossière manipulation pour faire croire aux agriculteurs qu’il les défend alors qu’il les a laissé tomber :

- tout d’abord, le fonds national de garantie des calamités agricoles ne disposera pas des sommes suffisantes : à peine 100 millions d’euros pour venir en aide aux agriculteurs ;

- ensuite, les prêts de trésorerie du Crédit Agricole ne sont absolument pas à la hauteur de l’urgence de la situation, et ne vont de toute façon que contribuer à endetter encore plus nos agriculteurs ;

- enfin, le fameux "paiement anticipé" de l’aide de Bruxelles ne se fera qu’en octobre au lieu de décembre, soit bien trop tard pour des éleveurs qui ont dès aujourd’hui le couteau sous la gorge.

Or, il existe pourtant des mesures d’urgence que le gouvernement pourrait rapidement mettre en oeuvre s’il avait réellement la volonté de sauver les agriculteurs plutôt que de toujours favoriser les banques :

- tout d’abord, il faudrait débloquer au moins 500 millions d’euros pour le fonds de garantie des calamités agricoles, ce qui est raisonnable quand on sait que la France a su déjà débloquer 9 milliards d’euros pour sauver les banques grecques ;

- alléger les charges de trésorerie, par exemple au moyen d’un report des annuités de prêts ou d’un rallongement des découverts bancaires ;

- mettre en place une aide financière au transport de la paille et du fourrage ;

- garantir un prix raisonnable pour la paille en sortie de champ ;

- réquisitionner les sous-produits industriels de l’industrie agro-alimentaire pour faire l’apport énergétique de l’aliment sécheresse et pour enrayer toute spéculation ;

- baisser la TIPP sur le prix des carburants agricoles ;

- baisser les charges sociales pour les salariés agricoles, comme je l’ai voté à l’Assemblée Nationale malgré l’opposition du gouvernement, de l’UMP et du Parti Socialiste ;

Au-delà de la crise et des mesures d’urgence, il faudra ensuite rétablir unilatéralement un prix garanti du lait supérieur au prix de revient, ce qui est le seul moyen capable de permettre la reconnaissance du travail des agriculteurs à son juste prix.

Aujourd’hui, le prix de revient d’un litre de lait est en effet entre 32 et 35 centimes au minimum alors que le prix de vente est quant à lui d’environ 28 centimes, au profit exclusif des industriels et de la grande distribution qui étranglent toujours plus les éleveurs.

Il faudra ensuite effacer le remboursement demandé par Bruxelles aux agriculteurs pour les aides perçues dans le cadre des "plans de campagnes", qu’ils avaient pourtant contribué à cofinancer et dont ils ne sont absolument pas responsables de l’illégalité.

Enfin, il faudra renégocier la PAC pour mettre en oeuvre un véritable protectionnisme agricole à l’échelle européenne.

Photo : http://www.lexpress.fr/actualite/economie/il-faut-augmenter-les-revenus-des-agriculteurs_964103.html

http://www.debout-la-republique.fr/Nicolas-Dupont-Aignan-sur-les.html

Programme UMP : Le COPE/collé des organisations patronales ?

07/06/2011 20:42 par rgrs

  • Programme UMP : Le COPE/collé des organisations patronales ?

    Programme UMP : Le COPE/collé des organisations patronales ?

    07/06/2011 20:42 par rgrs

Jean-François Copé vient de confirmer une partie des propositions économiques et sociales de l'UMP pour les élections de 2012. Enfin du moins la version « politique » des demandes des organisations d'employeurs !

Jean-François Copé vient dans une interview au Journal des Entreprises, de donner la vision de son mouvement, sur les réformes économiques et sociales que celui-ci proposera pour les élections de 2012. Or, au mot près, celle-ci correspond aux demandes exprimées par le Medef et la CGPME. Commençons ce petit jeu des ressemblances et ce que ces « réformes » impliqueraient pour les salariés.

Journal des Entreprises : Dans quelques jours, l'UMP tient une convention sur la justice sociale, qui fera écho au débat sur l'assistanat lancé par Laurent Wauquiez. Quels sont les enjeux de ce rendez-vous?

Jean-François Copé : « Avec le Revenu de solidarité active (RSA), nous avons posé les bases d'une société qui ne confond pas solidarité et assistanat (...) »

UIMM (Medef)
le 23/05/2011 : (...) l'UIMM a mis ses propositions sur la table. Au-delà de mesures d'économies de gestion, le groupe de travail présidé par l'universitaire Jacques Bichot suggère (...) de faciliter le maintien ou la remise au travail des assurés sociaux plutôt que de privilégier le subventionnement de leur inactivité »

Journal des Entreprises : Où en est-on au sein de l'UMP sur les 35heures?

Jean-François Copé : « En juillet il y aura une convention sur ce sujet, mais aussi sur la refondation sociale. La question du temps de travail doit être abordée par branche et par entreprise (...) »

Medef
le 5/01/2011 : « Le concept d'une durée légale qui serait la même pour tout le monde et tout le temps est obsolète. Il convient de faire confiance aux partenaires sociaux et de leur permettre de déterminer ensemble la durée optimum par branche ou par entreprise »

Journal des Entreprises : Le coût du travail est souvent vu comme un frein par les chefs d'entreprise. Que pouvez-vous leur proposer ?

Jean-François Copé : « (...) un nouveau contrat social étendant le champ de la négociation au temps de travail, par branche, doit être imaginé pour redonner de la souplesse aux entreprises (...) »

UIMM (Medef) : « (...) l'UIMM propose que des accords collectifs permettent « d'ajuster », à la hausse comme à la baisse, temps de travail et salaire (...) »

Implication pour les salariés ?

Très importante, comme
le montrait Intox2007, citant un article des Echos : « (...) Si le Medef estime que le chantier n'est pas assez mûr pour une négociation avec les syndicats, il a fixé hier deux pistes à « travailler sérieusement » : passer à une durée du travail conventionnelle plutôt que légale. Il reviendrait ainsi à la négociation, au sein de la branche ou de l'entreprise, de fixer un « optimum » de temps de travail pour les salariés. Deuxième piste, changer la durée de référence : au lieu de se caler sur une durée hebdomadaire du travail, qui déclenche les heures supplémentaires mieux rémunérées, la durée de référence pourrait être « mensuelle, trimestrielle ou annuelle ». Le Medef regarde avec envie les entreprises allemandes, où des accords se nouent autour du triptyque durée du travail-salaire-emploi, y compris pour aboutir parfois à des baisses de salaire (...) »

Jean-François Copé : « (...) C'est pourquoi doit être aussi envisagé un transfert des cotisations sociales sur la TVA pour alléger les charges pesant sur les entreprises et les salariés et éviter ainsi les délocalisations (...) »

Medef le
5/01/2011 : « (...) La question du coût du travail ne saurait être sérieusement abordée sans une réflexion approfondie sur la protection sociale, sa gestion et son mode de financement (...) »

Journal des Entreprises : Quels sont les enjeux fiscaux du prochain quinquennat selon l'UMP ?

Jean-François Copé : « Outre la TVA anti délocalisation pour améliorer le financement de la Sécurité sociale, je suis assez favorable à une fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG (...) »

UIMM (Medef) : « Le groupe de travail suggère par ailleurs de fusionner l'impôt sur le revenu (IR) et la CSG, et de l'affecter au financement de la protection sociale (...) »

Journal des Entreprises : Que faut-il faire pour aider les entreprises à grandir ?

Jean-François Copé : « Cela doit s'inscrire dans une stratégie économique. La priorité est de faire du prochain quinquennat celui des PME conquérantes (...) Il faut donc déverrouiller tous les obstacles qui empêchent les petites entreprises de grossir en revoyant les seuils sociaux et les contraintes administratives (...) »

Vieille
demande de la CGPME, qu'elle réclame notamment, depuis 2007 : « Jean-François ROUBAUD regrette cependant que (...) Grandir devrait être la tendance naturelle et ne pas être une difficulté comme ça l’est aujourd’hui. Cela conforte une des demandes portées par la CGPME, celle d’atténuer les contraintes administratives et financières liées aux seuils sociaux. Ce sont des freins à l’embauche et à la croissance »

Implication pour les salariés

Peu sensible sur les entreprises de moins de 20 salariés (ce qui représente environ 97% des entreprises françaises) elle pourrait toutefois, remettre en cause
l'obligation de l'élection de délégués du personnel. Par contre, en ce qui concerne les entreprises de 50 salariés, le réveil des salariés pourrait être douloureux : Quid du comité d'entreprise, des délégués syndicaux, des modalités de licenciement, de l'obligation d'un plan senior, de la prévention de la pénibilité au travail , des accords collectif sur l’égalité professionnelle , ... auxquels sont actuellement tenues ces entreprises, au cas où, elles ne seraient plus applicables qu'à partir de 250 salariés ?

En fin de compte, il ne reste plus à l'UMP que proposer la liquidation des prud'hommes qui, selon Laurence Parisot « insécurisent les employeurs » déjà mise en route par Eric Woerth , comme
nous l'expliquait Gérard Filoche, pour redécouvrir : les conditions du salariat du début du XXeme siècle pour parfaire ce COPE/collé !

SLOVAR

Crédit photo :
L'Express
 

Manger ou conduire, il va falloir choisir

07/06/2011 20:29 par rgrs

  • Manger ou conduire, il va falloir choisir

    Manger ou conduire, il va falloir choisir

    07/06/2011 20:29 par rgrs

Nous assistons depuis juillet 2010 à une nouvelle crise sur les marchés des produits agricoles. Les prix des céréales ont pratiquement doublé par rapport à la même période de l’année dernière. L’indice des prix des produits alimentaires a battu son record historique en mars dernier. A peine trois ans après la crise de 2007-2008, on assiste donc à une nouvelle crise. La précédente avait entraîné de nombreuses émeutes et fait progresser de 150 millions de personnes la population en état de sous-nutrition dans le monde. Celle-ci vient d’accroître le mécontentement en Tunisie, en Egypte et dans de nombreux pays trop dépendants du marché mondial pour leur approvisionnement alimentaire.

Quelle est la raison de ces crises agricoles récurrentes ? Il y a d’abord comme pour le pétrole une trop longue période de prix anormalement bas. Depuis le début des années 80, l’Union Européenne a réussi à devenir autosuffisante en céréales alors qu’elle ne disposait que de trois fois moins de terres arables que les Etats-Unis. C’était pourtant la preuve pour l’ensemble du monde qu’une bonne politique agricole permettait de nourrir une population nombreuse avec peu de terres disponibles. Au lieu de tirer parti de cet exemple, l’Europe et les Etats-Unis se sont livrés à une guerre absurde pour la conquête de nouveaux marchés en utilisant d’abord des subventions à l’exportation puis des aides directes au revenu des producteurs. Résultat, les prix ont baissé durablement créant le sentiment d’une abondance globale. « Le Brésil peut nourrir le monde ! », disait-on. Pourquoi s’inquiéter ? La Banque Mondiale pouvait diminuer ses aides aux investissements dans le secteur agricole. Les pays riches pouvaient diminuer leurs stocks et utiliser les aides aux agriculteurs pour d’autres objectifs que l’alimentation.

La production mondiale ne s’est pas effondrée pour autant en particulier parce que les pays d’Asie n’ont jamais cédé aux sirènes du libéralisme ambiant et se sont toujours préoccupés de leur sécurité alimentaire. Contrairement à la situation antérieure, depuis le début des années 80, l'augmentation de la production n’a pas dépassé la progression de la population. La crise a éclaté en 2007-2008. On en a attribué la cause à la faible récolte observée en Australie. La faiblesse des stocks a grandement facilité la tâche des spéculateurs. Mais comme les récoltes ont brusquement augmenté les deux années suivantes, les prix se sont à nouveau effondrés en juillet 2009.

Dans ces conditions comment expliquer la nouvelle hausse de cette année ? La récolte est certes un peu plus faible que les deux années précédentes mais de si peu ! La baisse n’est que de 3,5 %. Pour comprendre la situation actuelle, il faut observer un élément nouveau qui n’est pas très visible dans les statistiques habituelles, la transformation d’une part croissante de la récolte en énergie.

L’exemple le plus flagrant concerne la production d’éthanol aux États-Unis. Ce pays a radicalement changé de politique depuis le 11 septembre 2001. Auparavant, l’éthanol concernait moins de 5 % de la production de maïs. En 2003, la proportion dépassait 10 %, en 2007, 20 % et désormais le chiffre de 40 % est dépassé.

Au total, le Centre International des céréales estime que les usages industriels des céréales portent sur 293 millions de tonnes soit très exactement 16,7 % de la production mondiale !

Résumons-nous. Le monde peut se nourrir. L’Europe de l’après-guerre, la Chine et l’Inde maintenant en sont la preuve. Encore faut-il ne pas faire n’importe quoi. Le maintien durable de prix bas, la suppression des stocks et la transformation subventionnée d’une partie croissante de la production en énergie risquent de créer des crises graves. La situation actuelle est exemplaire. Le prix des céréales a doublé malgré une récolte record ! Qu’en serait-il demain si la sécheresse actuelle se traduisait par une forte baisse de production. Manger ou conduire, il va falloir choisir. Sinon la responsabilité de l’aggravation de la crise alimentaire de la planète en incombera une fois de plus aux pays les plus riches !

Par Lucien Bourgeois, économiste, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica.

http://www.fondation-res-publica.org/Manger-ou-conduire-il-va-falloir-choisir_a567.html

Les socialistes et le séisme de Lisbonne

07/06/2011 20:24 par rgrs

  • Les socialistes et le séisme de Lisbonne

    Les socialistes et le séisme de Lisbonne

    07/06/2011 20:24 par rgrs

Quand l’Europe « de gauche » pense à droite

Après sa voisine espagnole, la gauche portugaise a essuyé une nette défaite lors des élections législatives de dimanche. Fort de six ans de réformes sociale-libérales menées au pas de charge, le Premier ministre José Socrates cèdera la place à son rival de droite Pedro Passos Coelho. Certains observateurs avisés soulignent, non sans mauvais esprit, que la droite lusitanienne est dominée par le Parti Social-démocrate de Coelho tandis que le Parti Socialiste est censé incarner l’aile gauche du spectre politique portugais. Ce qui incite à relativiser le positionnement politique des uns et des autres. Ainsi, l’essentiel de la campagne législative s’est polarisée sur les économies nécessaires au désendettement du pays. Le prêt de 78 milliards d’euros accordé à Lisbonne par le FMI et l’Union Européenne a en effet eu comme contrepartie la promesse de coupes substantielles dans les dépenses politiques.
En pleine crise de l’euro, dont la surévaluation pénalise l’économie portugaise, aucun des deux grands partis n’a osé contester la nécessité des sacrifices. Les divergences ont porté sur le degré, et pas sur la nature des coupes budgétaires. Grande gagnante du scrutin, la droite locale s’est cependant distinguée par son zèle à satisfaire les exigences comptables de l’UE et du FMI.

Conséquence prévisible de l’évanescence du clivage droite/gauche, le record atteint par l’abstention – 41 % – conduit à nuancer le succès de la droite, qui s’annonce déjà comme la grande continuatrice des politiques de dérégulation du « socialiste » Socrates. Les Portugais n’ont pas choisi un camp contre un autre et encore moins une doctrine contre une autre, ils appliqué la bonne vieille technique de l’essuie-glace : un coup à gauche, un coup à droite, l’essentiel étant de renvoyer les élites dans les cordes.

Des gauches « dextristes » ?

Le scrutin portugais n’en confirme pas moins la mauvaise tenue des gauches européennes. Partout sur le Vieux Continent, soit la gauche perd les élections nationales, soit, lorsqu’elle accède au pouvoir, elle est incapable de proposer une réelle alternative aux politiques menées par la droite libérale. Zapatero, Papandreou et Socrates, qui ont adopté le mantra de la « seule politique possible », qu’elle soit appliquée par un chef de gouvernement (post) socialiste ou ses adversaires conservateurs, illustrent parfaitement ce malaise existentiel. En face, Berlusconi, Sarkozy et Merkel affichent des fortunes différentes. Toutes proportions gardées, on peut penser que les deux premiers tentent de corriger leurs erreurs alors que la Chancelière poursuit son petit bonhomme de chemin, balisé par les règles de l’orthodoxie économique, quelques excentricités empruntées aux Grünen faisant office de supplément d’âme.
Mais aucun de ces trois dirigeants ne subit d’offensive idéologique sérieuse, leurs principaux contestataires se recrutant dans leur propre camp, sur leurs flancs droit et gauche.

Gaël Brustier, auteur de Voyage au bout de la droite (Mille et Une Nuits), expliquerait l’impuissance des gauches européennes par leur « imaginaire dextriste »1. Incapables de produire une vision du monde qui leur serait propre, les gauches se contenteraient d’utiliser la boîte à outils conceptuelle fournie clés en mains par leurs adversaires. En conséquence, les droites néo-conservatrices exercent le pouvoir même lorsqu’elles ne l’occupent pas. De fait, le Portugal de Socrates confirme clairement cette analyse. Interviewé par L’Express en pleine gloire, celui que la presse présentait alors comme l’une des figures de proue de la gauche « pragmatique » se défendait de toute idéologie : «Je me sens proche de tous ceux qui ressentent le besoin de réformer, et plus proche encore de ceux pour qui la réalité est plus pressante que l’idéologie. Le pragmatisme, dont je me réclame, signifie agir dans la culture du résultat», expliquait Socrates.

Si elle ne brille pas par son originalité, cette profession de foi incolore et inodore correspond trait pour trait à la doxa modernisatrice dont la seule loi est la réduction des déficits2. Le « dextrisme » incarné, notamment, par José Socrates, serait en quelque sorte le milieu idéologique commun aux eaux stagnantes du marais politique qui, de Sarkozy à François Hollande, n’a d’autre horizon à proposer que le désendettement, la cure d’amaigrissement et la soumission aux injonctions réformatrices des agences de notation.

Il est vrai que le discours économique traditionnel de la droite l’a emporté. Pour autant, la notion de « droitisation » n’est pas très opérante dès lors que les clivages politiques n’épousent plus les lignes de fracture idéologiques – ce qui se traduit par des affrontements à front renversé, pour faire simple conservateurs-sécuritaires3 contre socialistes-libertaires. L’analyse « dextriste » présente surtout l’inconvénient majeur d’essentialiser la droite, donc de la réduire la droite à sa seule composante entrant dans l’épure. C’est oublier ou ignorer qu’elle n’a pas toujours été et n’est pas exclusivement libérale, affairiste et moderne. Epouvantail idéal pour les romantiques de l’autre rive, cette vision binaire n’est pas d’une grande aide pour penser le spectacle politique.

La gauche ne retrouvera pas sa virginité perdue

En hussard de l’autre gauche, Jean-Luc Mélenchon tirera sans doute de l’échec portugais la conclusion que la gauche n’est jamais aussi bien-portante que lorsqu’elle assume son identité socialiste. On l’entend déjà, expliquant avec ironie que les débâcles « socialistes » prouvent bien que le peuple préfère l’original à la copie, et appelant avec éloquence et passion la gauche à retrouver sa « vérité » ontologique. Mélenchon voit sans doute juste sur de nombreux points. Seulement, la nostalgie de « l’âge d’or », ces années 1981/83 où « la gauche essayait »4, n’inversera pas le cours du Temps. On peut invoquer les jours héroïques de la Commune et du Front Populaire, la gauche ne retrouvera pas la virginité perdue dans l’excitation de l’aggiornamento libéral. Il n’y a pas de vérité enfouie. Il n’y pas de trésor perdu.

Il y a en revanche un socialisme à (réi)nventer, et peut m’importe d’être accusé de passéisme. Au lieu de se lamenter sur la destruction des droits acquis et le démantèlement de l’Etat, il serait plus utile d’imaginer de nouveaux modèles d’économie mixte ou de protection sociale, y compris en repensant l’articulation entre les régions, la nation et l’Europe. Mais le plus urgent est de doter la gauche d’une éthique et d’une politique permettant de reconnecter social et économique. Ce qui suppose non pas un retour aux sources glorieuses mais une sérieuse rénovation doctrinale. La tentative d’Edgar Morin n’incite guère à l’optimiste. Aussi sympathique soit-elle, « sa » gauche a plus à voir avec son idiosyncrasie personnelle et ses tendances hesseliennes qu’avec une théorie politique.

Rue de Solferino, la sidération née de l’affaire DSK se dissipe et on recommence à parler de victoire. En quête de la martingale secrète pour attirer l’électeur, les gardes rapprochées des pré-candidats socialistes n’ont rien trouvé de plus flamboyant que de brandir le drapeau de la sainte Gauche, dont l’esprit se déploiera dans les « primaires élargies » (… à qui ?). Les votants devront verser leur écot, probablement un euro mais on espère que le fidèle sera plus généreux qu’à la messe, et jurer – par écrit – qu’il adhère aux éternelles valeurs de la gauche, tolérante, généreuse et ouverte. N’ayons crainte, ce sera du solferinien de la plus belle eau.

Une fois encore, on évitera de se demander ce qui peut bien rassembler les adeptes du multiculturalisme qui pétitionnent pour la « non-discrimination » des mères de famille voilées et les républicains qui refusent d’abandonner définitivement à Déat le tryptique « Ordre, autorité, nation », ou comment José Socrates, Mélenchon et François Hollande peuvent tous brandir le drapeau de la « gauche ». On dirait qu’à psalmodier le mot, on a renoncé à la chose. Il est vrai que la politique ne peut se passer de mythes fondateurs. Mais elle ne peut certainement pas se réduire à eux.

Daoud Boughezala 

  1. Jean-Philippe Huelin et Gaël Brustier utilisent le concept « dextrisme » pour pointer le rôle des élites issues de la gauche dans l’hégémonie culturelle des droites contemporaines
  2. Loin de rompre avec le legs libéral et atlantiste de Barroso, le Parti Socialiste portugais a d’ailleurs réformé la fonction publique et les aides sociales à une cadence qui ferait pâlir d’envie l’aile la plus dérégulationniste de l’UMP
  3. En rupture totale avec l’esprit de conservation et de réaction des « anciennes » droites traditionnelles
  4. Serge Halimi, Quand la gauche essayait

http://www.causeur.fr/les-socialistes-et-le-seisme-de-lisbonne,10160

Une justice de classes. Lettre de Juin

07/06/2011 20:17 par rgrs

  • Une justice de classes. Lettre de Juin

    Une justice de classes. Lettre de Juin

    07/06/2011 20:17 par rgrs

Mes chers camarades et compagnons, excusez-moi s’il vous plaît du retard de la diffusion de ma lettre mensuelle !
On nous a bassiné avec l’affaire Dominique Strauss-Kahn – encore que moi j’opte très peu pour la télévision comme moyen d’information – donc je ne voudrais pas ajouter une couche trop épaisse.

Je tiens à souligner ce que j’appelle la justice de classes qui existe aussi bien aux Etats-Unis qu’en France ! Justice de classes dont la logique et la culture sont répandues parmi nos élites mais aussi que nous retrouvons parfois dans les décisions même des tribunaux français !

DSK N'EST PAS DREYFUS

Les élites françaises ne sont pas populaires, morales et patriotiques mais oligarchiques, capitalistes et apatrides. Beaucoup de représentants soi-disant de gauche ont d’abord défendu Strauss-Kahn qui « n’a pas pu commettre un viol » puisqu’ils le connaissent si bien… Même Jean-Pierre Chevènement a comparé l’affaire DSK à celle du capitaine Alfred Dreyfus. Comparaison que je considère très malvenue puisque, contrairement à DSK, Dreyfus était un patriote français ! Et si c’était simplement pour rappeler le respect de la présomption d’innocence, alors nous pouvons également rappeler que la femme de chambre qui a déposé plainte est quant à elle présumée victime ! Mais passons sur cette remarque qu’on pourrait toutefois intituler : Quand Chevènement fait du Bernard Henri-Lévy.
Prenons du recul sur l’affaire DSK et mesurons l’existence de la justice de classes quand il existe aux Etats-Unis comme en France des prisons dorées, quand, dès que nous sommes aisés financièrement, nous pouvons faire taire des témoignages ou en acheter. Ce genre de choses qui ont toujours plus ou moins existé. Et un certain nombre de simple militants PS avec qui j’ai pu discuter arrivaient à voir en DSK un meneur socialiste, républicain, défendant l’intérêt de la Nation. Ou, lorsqu’ils étaient beaucoup moins naïfs, ils disaient qu’ils l’aimaient juste parce que c’est lui qui avait le plus de chance de faire gagner « la gauche » en 2012. Mais pour faire quoi à terme ? La même politique que la droite mais en plus hypocrite ? L’étiquette « de gauche » peut recouvrir un poison tout aussi violent qu’un poison venant de la droite. Mais cette étiquette rassure toujours un peu plus

DSK : UNE HONTE POUR LA FRANCE ?

En ce qui me concerne, j’ai très franchement d’abord raisonné en terme de lutte des classes. Car encore une fois, l’existence de la justice de classes valide celle du conflit des classes. Je ne vais pas me cacher pour dire que j’ai raisonné « riches contre pauvres ». Parce que les premiers auront toujours certains pouvoirs que les seconds n’ont pas. Et concernant le rapport à la Patrie, un pauvre est souvent plus enraciné qu’un riche qui place son argent ailleurs, part vivre ailleurs etc. Si certains d’entre vous trouveront que je suis dans le cliché, tant pis… Mon avis est modeste et d’abord uniquement celui d’un homme du peuple. Car le Peuple a des ressentis, des émotions. Ils constituent sa vérité. Et celle-ci ne vaut pas moins que celle de nos représentants qui en réalité ne le représente plus, ce peuple. Car ces représentants ne sont pas le peuple. Ils sont une élite mais pas une élite populaire étant donné l’écrasement de la souveraineté populaire et donc de la démocratie, cette démocratie qui forcerait la classe dirigeante à retrouver une morale, un bon sens et un véritable amour des siens à travers celui de leur patrie. Sur le même moment, madame la ministre Christine Lagarde s’empresse d’être candidate au remplacement de Strauss-Kahn à la tête du Fond monétaire international. Pourquoi ne démissionne-t-elle pas directement ? Pourquoi ne devrait-elle pas être obligée de démissionner automatiquement dès lors que l’on postule pour une autre fonction d’une telle importance ? Pensez-vous qu’elle défendra les intérêts de la France à travers cette organisation dans laquelle un seul pays, les Etats-Unis, a un droit de veto sur ses décisions ? Plus simplement, n’est-il pas mieux qu’un homme ou une femme se consacre à une fonction exclusivement lorsqu’il s’agit de celle de ministre de notre République ? Du bon sens encore oui… élémentaire, tellement élémentaire qu’il peut être négligé par ces élites puisqu’elles ne sont pas populaires. Nous retombons toujours là-dessus.

PATRIOTISME ET CONSCIENCE SCRUPULEUSE DU CONFLIT DE CLASSES

Je finirai en disant qu’une pensée politique raisonnable s’articule sur essentiellement deux concepts qui sont quelquefois difficiles à combiner, à croiser :
- la conscience de l’existence du conflit de classes et à partir de là d’une solidarité qui prime par essence sur celle des autres qui est celle entre sujets issus d’une même classe sociale (vérifiable au quotidien) ;
- le respect des patries et des patriotismes et, au-dessus de cela, des humains qui les font vivre car le patriotisme est un bon moyen de transcendance de lutte des classes dans le sens où il invite l’individu à penser solidaire au-delà de sa classe sociale.
Concrètement, la République en politique – voire son dépassement par un socialisme innovant mais totalement respectueux de certains fondements propres entre autres à la notion d’égalité, d’équité – et l’Association en économie – totalement compatible avec l’idée précédente – sont les réponses les plus fiables à la pensée évoquée au-dessus avec ses deux caractéristiques.
Pour ma part, je continuerai dans cette démarche analytique qui me paraît la plus juste et la plus élévatrice pour l’Homme.

Anthony Michel

http://blogrepublicain.hautetfort.com/

Dictionnaire de la laïcité

07/06/2011 20:07 par rgrs

  • Dictionnaire de la laïcité

    Dictionnaire de la laïcité

    07/06/2011 20:07 par rgrs

Le Dictionnaire de la laïcité est paru fin mai chez Armand Colin

Sous la direction de Martine Cerf et Marc Horwitz, il comprend 240 entrées, fruit du travail d'une cinquantaine de chercheurs, précédées d'articles de réflexion philosophique (Qu'est-ce que la laïcité ? Peut-on la qualifier ?), politique (Quelles menaces pèsent sur elle ? Faut-il financer les lieux de culte ?), historique (des Lumières à aujourd'hui en passant par la loi de 1905), le tout accompagné comme il se doit de renvois et de références tant bibliographiques qu'en ligne.

Très maniable (350 pages sous couverture cartonnée), il est disponible aussi en format numérique.

Crise de l’euro : les peuples saignés, les Etats menacés

07/06/2011 20:01 par rgrs

  • Crise de l’euro : les peuples saignés, les Etats menacés

    Crise de l’euro : les peuples saignés, les Etats menacés

    07/06/2011 20:01 par rgrs

Dans un contexte de désintégration rampante du marché mondial, la crise de l'euro ne cesse de multiplier ses ravages terrifiants : de la Grèce à l'Irlande, du Portugal à la Slovénie, le seul mot d'ordre des gouvernements de toutes couleurs politiques est : austérité sans cesse accrue pour les peuples afin de payer les dettes spéculatives de plus en plus colossales.

Aucun politique au pouvoir en Europe ne parle plus d'augmentation du niveau de vie, de bien-être social amélioré, de prospérité collective assurée, de développement général recherché. Le langage politique se résume dorénavant en Europe à quelques « bases » simples : baisser salaires et retraites, privatiser toujours plus, réduire sans cesse les services de l'Etat et des collectivités, payer à tout prix les dettes, rassurer les marchés, réduire les droits des salariés et, but ultime, leur coût pour les employeurs !

Du paradis merveilleux promis en 1992 quand les politiques vantaient la future Union européenne et l'euro qui naîtraient des critères de convergence imposés par le Traité de Maastricht, on est passé à la réalité cauchemardesque quotidienne pour l'immense majorité des citoyens de la zone euro, et, partant, de toute l'UE, voire en-dehors...

Il importe donc, face à ce constat, de faire le point exact de la crise de l'euro et de dresser les perspectives existantes.

La marche à la catastrophe : une direction commune multicolore courant au néant

Il fut un temps en Europe, et ailleurs, où les forces politiques institutionnelles annonçaient des programmes politiques, économiques et sociaux différents, où leurs divergences étaient proclamées partout..

En 2011, la règle est l'unanimité politique totale, la mode à l'unicité de pensée absolue : partis de gauche et de droite en zone euro ont un programme commun limpide : il faut sauver l'euro. P tenter d'atteindre ce but impossible, tous expliquent ensemble qu'il faut rembourser les dettes publiques, ce qui implique l'austérité, voire la misère pour les peuples.

Au passage, on remarquera que les voix qui s'élevèrent voici peu contre les agences de notation et leurs méfaits dénoncés se sont tues. Quant aux dirigeants politiques qui affirmaient bien haut naguère qu'ils allaient terrasser la spéculation, mettre fin au système actuel, libérer les peuples des spéculateurs féroces, ils sont aphones sur le sujet, mais prolixes sur la nécessité « moderne », à leurs yeux, de se soumettre pleinement aux nécessités du système, en clair aux besoins du Moloch spéculatif !

Quel est le résultat concret de cette union multicolore pour une même politique en ce qui concerne les peuples ?

En Grèce, au Portugal, en Irlande, en Italie, et bientôt en Espagne, force est de constater que les dettes, loin de diminuer, augmentent chaque jour. En parallèle, chômage, précarité, baisse des revenus et liquidation progressive des Etats par pans entiers sont les faits majeurs.

Tout cela ne résout rien et aggrave les problèmes existants : la crise de l'euro continue à s'aggraver, les dettes de s'accroître, et les économies nationales de s'effondrer, notamment par la chute continue du pouvoir d'achat populaire.

Ce constat des faits, par delà et contre les mensonges évidents alignés depuis près de 20 ans, est partagé, peu ou prou, par tous les analystes et observateurs un tant soit peu sérieux et honnêtes :

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-nuages-s-accumulent-sur-la-croissance-mondiale_256574.html

L'inflation, dont l'euro était sensé protéger les pays de sa zone économique, monte sans relâche. Par contre, l'économie de la zone, prise dans sa globalité, est au plus mal. La reprise annoncée maintes fois, comme les antiques sorciers répétaient par atavisme des formules magiques inopérantes, semble un mirage qui recule dès lors que d'aucuns croient la voir.

Il est annoncé que la Grèce, Etat le plus malade de la zone euro au regard des préceptes de la pensée économique unique européenne, va recevoir près de 100 milliards d'euros d'aide jusqu'en 2014. Mais, en échange, son gouvernement, qui plonge dans les abimes de l'impopularité, devrait encore appauvrir massivement ses citoyens et leur dénier tout avenir quelque peu meilleur.....Cet article résume bien la situation de course accélérée au désastre pour le peuple grec (et les autres peuples de la zone), sans pour autant sauver l'euro :

http://www.lepoint.fr/economie/vers-une-nouvelle-aide-europeenne-a-la-grece-06-06-2011-1338997_28.php

Pendant ce temps, le Portugal est en voie de revenir à une situation sociale qui tend à rappeler la fin du régime Salazar, avec cependant en prime un Etat exsangue et des services publics amoindris par rapport au temps de la dictature, un comble ! Là aussi, tout un peuple souffre, mais l'euro n'en est nullement sauvé et aucune lueur d'espoir en une situation améliorée ne brille à l'horizon.

En résumé, les Etats de la zone euro sont menacés dans leurs fondements mêmes, tandis que les peuples sont saignés pour payer les profits des spéculateurs. C'est une situation sans autre issue que son arrêt brusque et définitif.

La crise de l'euro engendre des crises politiques et sociales qui le frappent en retour

En ce début juin 2011, rien ne sert de se cacher la réalité essentielle : la crise de l'euro s'est bel et bien transformée en une gigantesque crise politique et sociale à l'échelle de tout un continent, minant tant les Etats de la zone euro que, par ricochet, ceux qui sont restés à l'extérieur.

Les Etats vont de crise en crise, chaque fois plus forte et plus destructrice : les gouvernements au pouvoir n'ont plus de majorité populaire stable qui les soutient, l'abstention atteint des records, les votes protestataires, radicaux en un mot, explosent, le doute et la colère contre les dirigeants sont des phénomènes de masse incontestables, la violence sociale exprime cette situation globale d'impasse qui embrasse toutes les sociétés européennes.

L'Union européenne va elle-même à vau l'eau : le Traité de Schengen, une de ses bases fondatrices, est remis en question par ceux-là mêmes qui l'ont voulu et signé, la Belgique est sans gouvernement depuis tant de temps qu'on l'oublie, la Hongrie couve une crise d'ampleur inégalée, l'Espagne est confrontée à un malaise social grandissant, la Slovénie, la Suisse des Balkans, plonge aussi dans l'austérité déstabilisatrice, la France flotte entre deux eaux, atone et épuisée, l'Allemagne annone sa sortie du nucléaire et pèse ainsi pleinement contre les visées industrielles de certains de ses partenaires dans ce secteur, l'Italie va de scandale en choc politique, etc......

Dans toute la zone euro et au sein de l'UE, le spectacle offert montre désarroi, révoltes, crises, scandales, montée des mouvements radicaux de contestation, en un mot, une rupture de plus en plus nette entre les peuples et ceux qui affirment encore les représenter alors que sans majorité véritable et, plus grave, sans vision de sortie de crise.

En retour, ces crises sociales et politiques nourrissent la crise de l'euro et alimentent la marche à la dislocation de l'UE, mais aussi, derrière, du marché mondial.

La grande aberration économique et illogique

Il est impossible de conclure sur le point actuel atteint par la crise de l'euro et de l'Union européenne sans dire un mot de l'aberration économique formidable qui règne dans les sphères politiques dirigeantes.

En effet, le capitalisme, surtout à l'époque actuelle, ne peut se survivre qu'en maintenant et développant le taux de profit qui est son moteur essentiel ainsi que sa raison d'être.

Or, la baisse tendancielle permanente de la capacité de consommation populaire- via les mesures sans cesse renouvelées d'austérité- sape directement, par essence, toute possibilité de fonctionnement régulier de ce « moteur ». Les « marchés » potentiels se réduisent globalement alors que la reproduction des capitaux investis a besoin de marchés en développement constant et rapide, comme un poisson d'eau vive pour vivre et survivre.

Il s'ensuit que les politiques d'austérité menées conduisent à étrangler la consommation, donc toute possibilité de reprise économique globale, et à pousser les capitaux à se tourner vers la spéculation brute.

Ainsi, les mesures sensées stopper la crise systémique actuelle ne font en réalité que l'alimenter et l'aiguiser. L'économie de la zone euro est donc dans un cercle vicieux autodestructeur.

Tout individu pensant peut constater cela. Le problème politique central aujourd'hui est que ceux qui dirigent les Etats refusent ce constat d'évidence, car liés de tous côtés au maintien de ce système malade, fut-ce au prix de terribles souffrances pour les peuples.

Mais, cela n'empêche rien : ni les crises d'empirer chaque jour, ni le rejet par les peuples de ces dirigeants de s'amplifier, ni l'économie de s'enfoncer dans un gouffre sans fond visible pour l'heure.

On peut ainsi résumer la ligne générale des évènements : la crise de l'euro s'accroît avec chaque euro qui est injecté pour l'arrêter.

Ce faisant, les dirigeants de l'UE et de la zone euro poussent les peuples à une révolte massive, générale et inévitable.

Philippe Vassé

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/crise-de-l-euro-les-peuples-95537

Europe Ecologie - les Verts : Duflot écarte Cohn-Bendit

07/06/2011 19:52 par rgrs

  • Europe Ecologie - les Verts : Duflot écarte Cohn-Bendit

    Europe Ecologie - les Verts : Duflot écarte Cohn-Bendit

    07/06/2011 19:52 par rgrs

Cécile Duflot est assurée d'être réellue, secrétaire nationale d'Europe Ecologie - les verts. Lors du dernier congrès du mouvement, à la Rochelle, le vote des militants s'est porté très nettement, en sa faveur, arrivant loin devant Cohn-Bendit. Un meurtre politique du patriarche, qui relève de la symbolique forte chez les verts. Stratégiquement parlant, ce fut un modèle dans le genre, la tactique ayant été bien rôdée. Mais pour un mouvement, qui n'a pas de candidats crédibles.

Ce vote fut effectivement un modèle du genre, ce que Daniel Cohn-Bendit a pu apprécier en connaisseur, avec une vraie-fausse ouverture à tous ceux qui n'étaient pas encartés, modèle de verrouillage. Paradoxal également, dans un parti positionné à gauche, où la tradition partisane est pourtant la plus ancienne. Mais cela accomplit plutôt dans une approche freudienne, les dernières volontés du défunt. Cohn-Bendit était le dirigeant légitime du mouvement. Grâce à lui, les verts avaient fait jeu égal avec les socialistes et la majorité, aux dernières européennes. Daniel Cohn-Bendit était le “sauveur venu d'Allemagne“, auréolé de son aura mythifiée de héros générationnel de mai 68. Mais seulement, “Dani le Rouge” se refuse à toute compromission, alors qu'il est le seul à incarner une symbolique forte, une idéologie, qui a au moins le mérite d'être claire. Dans une approche sociologico-politique, il était à même d'incarner cet électorat d'urbains, diplômés, travaillant dans les services, nés de la génération de mai 68 et baptisés les bo-bos. C'est lui, qui aura poussé les verts à s'élargir, à s'ouvrir. Mais cet éternel adolescent a refusé son rôle historique, par fuite des responsabilités, pétri de principes marxistes et par rejet épidermique de l'image de père.

D'ailleurs, Cohn-Bendit qui est réellement à l'origine de ce mouvement d'Europe - Ecologie, ne voulait pas d'un candidat vert aux élections présidentielles. Mais il voulait une liste commune avec les socialistes, conduite par Dominique Strauss-Kahn, avec qui il partage nombre de points communs. Ils sont tous deux des hommes de gauche, libéraux libertaires, intelligents, partisans de la mondialisation heureuse et l'Europe est leur patrie. Mais la sortie fracassante et la chute de DSK, a tué ce projet. Les verts n'ont plus de candidats, à proprement parler. La presse écrite et les médias en tous genres (radio / tv), nous ont rabbatu les oreilles, ces deux derniers mois, avec leurs percées éclatantes dans les sondages qui ne résolvent rien, conjurant le reste provisoirement. Que ce soit les déstabilisations liées aux piètres prestations publiques, les maladresses, l'absence réelle de programme. Il n'y a sinon que l'ancienne juge d'instruction, Eva Joly, mi-norvégienne / mi-française, à l'accent charmant ou horipilant selon les moments, incarnant sublimement ce dépassement des nations, cher à cette tendance écologiste. Et à côté d'elle, l'ancien présentateur d'Ushuaïa, Nicolas Hulot, reconverti politiquement dans la défense de la cause environnementale. Mais les militants n'aiment ni Eva Joly, ni Nicolas Hulot. L'une parce qu'elle n'est pas environnementaliste, et qu'elle s'est ralliée à eux par opportunisme, donnant l'impression de réciter une leçon apprise par coeur, lorsqu'elle parle du nucléaire ; elle était au début, plutôt séduite par Bayrou. L'autre parce qu'il n'est ni de gauche, ni vert, que c'est un ancien présentateur, qui a gagné beaucoup d'argent à la télévision, et qu'il n'a jamais milité pour la régularisation des sans-papiers, chère à Dominique Voynet, et le mariage homosexuel, cher à Noël Mamère.

Les verts sont ainsi empêtrés dans leurs contradictions idéologiques, leur absence de “leadership“, leurs querelles intestines. D'ailleurs, au travers de leurs précédentes candidatures aux présidentielles, leurs candidats que ce soit Voynet ou un(e) autre, ne sont jamais parvenus à passer la barre fatidique des 5 %. Les verts ne sont pas une force politique, qui compte réellement dans le paysage politique hexagonal, contrairement à Outre-Rhin, où ils ont opéré leur mue sociologico-politique et sont retournés à leurs fondamentaux. “Le mouton à cinq pattes n'existe pas” (Zemmour), ou plutôt si, il s'appelait Daniel Cohn-Bendit.

JD

http://llanterne.unblog.fr/

Martine Aubry et le scenario catastrophe

07/06/2011 19:45 par rgrs

  • Martine Aubry et le scenario catastrophe

    Martine Aubry et le scenario catastrophe

    07/06/2011 19:45 par rgrs

Le calendrier judiciaire de l'affaire DSK risque d'impacter fortement la présidentielle 2012 a fortiori si un scenario catastrophe venait à se confirmer.

Le scenario catastrophe réside dans l'hypothèse suivante.

Dans la dernière ligne droite avant le procès, DSK évolue vers le plaider coupable. Il est condamné à une peine de prison "modérée" mais immédiatement transféré en France par des accords gouvernementaux initiés par Nicolas Sarkozy. Une fois en France, l'incarcération est alors conduite selon des mesures moins "exposées" comparativement à l'univers carcéral américain.

Nicolas Sarkozy témoigne alors de sa "grandeur d'âme" face au chouchou des militants du PS dans la période pré-présidentielle ...

Difficile dans ces conditions pour Martine Aubry de mener une présidentielle très offensive contre Nicolas Sarkozy...

http://exprimeo.fr/article/6897/martine-aubry-et-le-scenario-catastrophe.htm

Jean Louis Borloo et la nouvelle donne

07/06/2011 16:51 par rgrs

  • Jean Louis Borloo et la nouvelle donne

    Jean Louis Borloo et la nouvelle donne

    07/06/2011 16:51 par rgrs

La polémique engagée sur son possible directeur de campagne montre la nouvelle donne installée pour 2012 suite à l'affaire DSK. Le "derrière la scène" va occuper une place nouvelle.

Quand l'information est malade, les libertés sont menacées. Comment exercer ses droits de citoyens dans le mensonge ou dans l'ignorance ?

Mais jusqu'où doit aller l'information ?

Ce à quoi nous assistons actuellement c'est la fin de la culture "entre gens du milieu".

Tout d'abord, cette situation va mettre fin à la sélectivité excessive de l'information. Si la vie privée est scénarisée, ce doit être toute la vie privée sans exception.

Hier, DSK ouvrait la cuisine dans le reportage de Canal + (terriblement décalé à ce jour) mais fermait les chambres à coucher. Un tel reportage sera difficile demain, sinon impossible.

Ensuite, la "conscience de communauté" est fragilisée. La "conscience de communauté" est celle qui croit pouvoir échapper à la loi de tous. Très répandue en politique, cette conscience est le lit des excès, des abus puisque, par définition, elle considère qu'elle peut échapper à la règle commune. Elle consiste à fermer les yeux quand des yeux à moitié ouverts sanctionneraient déjà un comportement.

Enfin, c'est une exigence nouvelle de clairvoyance pour chaque citoyen. Choux et navets ne s'additionnent pas. Les citoyens doivent hiérarchiser leurs attentes, leurs priorités. Il n'y a pas de candidat sans vice paré de toutes les vertus. Mais il existe une hiérarchie des vices et certains d'entre eux devraient disqualifier sans attendre des excès du pénal. Tant que la citoyenneté s'appellera intermittence de la clairvoyance, ces excès resteront possibles.

Mais de là à scrupter y compris les parcours professionnels des individus, il y a des étapes nouvelles. La polémique ouverte sur l'éventuel futur directeur de campagne de Jean Louis Borloo annonce une campagne 2012 très particulière parce que l'opinion veut combler rapidement le retard qu'elle juge installé en la matière.

http://exprimeo.fr/article/6895/jean-louis-borloo-et-la-nouvelle-donne.htm