Portugal : une nouvelle raclée pour la gauche. Pourquoi ?

07/06/2011 16:48 par rgrs

  • Portugal : une nouvelle raclée pour la gauche. Pourquoi ?

    Portugal : une nouvelle raclée pour la gauche. Pourquoi ?

    07/06/2011 16:48 par rgrs

Les partis de droite ont nettement remporté les élections législatives, prenant la tête du pays pour la première fois depuis la chute de Salazar. Cette nouvelle défaite de la gauche devrait interpeler les dirigeants socialistes européens dont la crédibilité ne cesse de s'affaiblir depuis la crise de 2008.

Les peuples préfèreraient-ils l’austérité de droite à celle de gauche ? En tout cas, la victoire de la droite portugaise est sans appel, avec 129 élus sur 230 députés. Certes, ont peut penser que les socialistes portugais sont victimes de la loi de l'alternance. Sauf que celle-ci ne fonctionne pas toujours dans les pays où la droite est au pouvoir. D'autres peuvent se rassurer en pensant que l'importante abstention - 41% - affaiblit la portée du scrutin. Ils ont tort : si la montée de l'abstention s'opère surtout parmi les électeurs de gauche, le vote constitue une défaite de la gauche et non du suffrage universel... La crise a durement frappé le pays : le plan d'austérité adopté pour limiter la dette du pays (160 milliards d'euros fin 2010) a provoqué une récession et une montée du chômage à plus de 11%.

Cette défaite du PS portugais conclut quatorze années de reculs de la gauche dans toute l’Europe. En 1997, treize des quinze gouvernements de l’Union européenne étaient à gauche et l’arrivée de Lionel Jospin au pouvoir résonnait comme le symbole d’un véritable printemps de la gauche. Lorsque survient la crise financière en 2008, la gauche est encore au pouvoir au Royaume-Uni, en Allemagne, en Irlande, en Espagne, en Lituanie, en Bulgarie, en Hongrie, au Portugal et en Grèce. Trois ans après, l’Espagne et la Grèce apparaissent comme les derniers bastions de la gauche. Pour combien de temps ? 

Les manifestants athéniens s’opposent frontalement au gouvernement du Pasok contraint d’obéir aux injonctions des agences de notation, et à Madrid les centaines de jeunes « indignados » ont campé à la Puerta del Sol avant même les élections locales qui ont vu la gauche perdre son fief de Barcelone, bastion de la lutte anti-franquiste.  Gérard Filoche (PS) n’a pas tort de dire que le PSOE s’est suicidé le 10 mai 2010, en imposant un plan d’austérité provoquant notamment une baisse de salaire des fonctionnaires : « Moins 15 points dans les sondages en un quart d’heure. » Le même gouvernement grec est si peu légitime qu’il a songé un moment à consulter le peuple sur le nouveau plan d’austérité, tandis que Zapatero a, lui renoncé à se présenter.

La crise de 1929 avait engendré Roosevelt, le Front populaire en France et en Espagne (mais aussi la relance par le parti nazi en Allemagne). Depuis 2008, c’est le contraire qui s’est produit : loin de sortir de la crise en conduisant des politiques keynésiennes, la gauche semble amarrer son destin à un système qui a prouvé son impéritie : tandis que Barack Obama défend sa politique de relance contre les républicains, les leaders des partis socialistes européens apparaissent au contraire comme les toutous de la fameuse « Troïka » FMI-BCE-Union européenne. Celle-ci apparaît de fait, au fur et à mesure que s’approfondit le rebond de la crise des dettes souveraines, comme le véritable gouvernement économique des pays européens, lui-même tributaire de quelques dizaines de jeunes analystes des agences de notation.

Dans ces conditions, pourquoi les électeurs continueraient-ils à plébisciter des partis de gauche qui ne cherchent plus à les défendre ? Pourquoi les électeurs portugais devraient-ils voter à gauche dès lors que, comme le pointe le correspondant portugais du Monde, « il n'y a pas une feuille de papier à cigarette » entre les programmes de gauche et de droite ?  Tant qu’à se résoudre à l’individualisme, autant le faire avec une droite traditionnellement championne des libertés économiques : pour baisser les impôts, Sarkozy est plus crédible qu’Hollande ou Aubry, et il en va sans doute de même dans les autres pays d’Europe.

En fait le magistère de Lionel Jospin risque de n’avoir été qu’une parenthèse : voilà déjà deux décennies au moins que les dirigeants socialistes européens ne voient pas qu’en croyant promouvoir le capitalisme redistributif des années 1970, ils plébiscitaient le néolibéralisme des années 1990, le chômage de masse et une formidable montée des inégalités. Aujourd’hui, le réalisme électoral consisterait, pour la gauche, à abandonner le social-libéralisme et à donner la priorité à la ré-industrialisation de l’Europe sans laquelle le progrès social devient une œuvre de charité. Mais à part en Belgique et en Islande, et dans la tendance Montebourg, cette idée n’est pas à la mode à gauche.

Philippe Cohen - Marianne

Photo : Pedro Passos Coelho, le chef du PSD (European People's Party, Flickr - cc)

http://www.marianne2.fr/Portugal-une-nouvelle-raclee-pour-la-gauche-Pourquoi_a207081.html



ISF : faire payer les riches, c’est un crime ?

07/06/2011 16:44 par rgrs

  • ISF : faire payer les riches, c’est un crime ?

    ISF : faire payer les riches, c’est un crime ?

    07/06/2011 16:44 par rgrs

Les députés étudient depuis le 6 juin la possibilité d'intégrer les œuvres d'art dans l'ISF, que la gauche avait exclus de l'assiette. Pour Jack Dion, les arguments attendus, relatifs notamment à la fuite des capitaux, ne tiennent pas debout.

A-t-on le droit de faire payer les riches ? La question peut paraître superfétatoire, ou déplacée. Spontanément, chacun dira que bien sûr, on a le droit, au nom de la juste répartition des efforts et de l’égalité fiscale. Dans la réalité, si l’on en juge par les cris d’orfraie déclenchés par la simple possibilité d’intégrer les œuvres d’art dans l’assiette de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), c’est un peu plus compliqué.

On notera au passage que la suggestion n’est pas venue d’un groupe de gauchistes manipulés par des taupes envoyées par Hugo Chavez, mais de quelques députés Ump emmenés par Marc Le Fur, vice-président de l’Assemblée nationale. Ces derniers font remarquer, non sans quelque logique, qu’il n’y aucune raison d’extraire les œuvres d’art du patrimoine des familles, comme l’avait pourtant décidé la gauche, en 1981, lors de la création de cet l’ISF (qui s’appelait alors impôt sur les grandes fortunes). D’ailleurs, c’est ce que demande depuis longtemps la Cour des comptes, qui ne passe pas elle non plus pour un modèle de subversion intellectuelle. Partisan de cette mesure, Jean-Louis Borloo, ancien ministre, envisage même d’aller plus loin en taxant les plus-values sur les œuvres d’art au même titre que les autres.
 
Pourtant, de partout, montent des voix pour expliquer qu’une éventuelle intégration des œuvres d’art dans le calcul de l’ISF ne rapporterait presque rien, qu’il s’agirait d’un crime contre l’esprit aboutissant inéluctablement à la fuite des capitaux et à la mort du marché de l’art. De toutes façons, nous dit-on, les contrôles seraient impossibles.

On remarquera tout d’abord que si une telle initiative doit rapporter très peu, il n’y a pas de raison de crier au loup. On ajoutera que les contrôles ne paraissent pas plus difficiles en ce domaine que dans d’autres et que l’on ne voit pas pourquoi on ne ferait pas confiance aux contribuables, quand bien même possèderaient-ils des toiles de maîtres ou des bijoux de grande valeur.
 
Quant à l’argument de la fuite des capitaux, il est systématiquement mis en avant dès qu’il s’agit de mettre les riches à contribution (fiscale), comme s’ils étaient tous des exilés fiscaux en puissance, ou des gens prêts à quitter le pays avec leur fortune à la semelle de leurs souliers. A les décrire ainsi, ne friserait-on pas le racisme privilégiés, ou le délit de sale gueule riche ?

Il suffit que l’on propose d’augmenter les impôts sur les plus fortunés pour que revienne en boucle la petite musique : les capitaux vont fuir la France. A ce compte-là, on se demande pourquoi les entreprises étrangères continuent à venir s’installer dans l’hexagone, nonobstant les pleurnicheries sur un pays suspecté en permanence de demander trop d’efforts aux riches. Si tel était le cas, cela se saurait.
En vérité, le chantage à la fuite des capitaux est une vaste fumisterie doublée d’un affront à l’esprit même de la République. Avec un tel raisonnement, les exilés fiscaux auraient dû pousser comme champignons après la pluie. Or rien de tel n’a été constaté. De plus, le propos est moralement irrecevable. On ne peut rappeler quotidiennement les citoyens au respect des droits et des devoirs, pointer un doigt accusateur sur les « bénéficiaires » du RSA ou sur les familles touchant des allocations familiales, et accepter qu’une infime minorité refuse de payer ce qu’elle devrait payer.

On peut parfaitement critiquer l’ISF et juger son efficacité douteuse. Il est avéré que cet impôt frappe plus les couches moyennes supérieures que le gratin de la fortune, qui a tous les moyens légaux d’y échapper. On peut même, comme Marianne le suggère depuis longtemps, proposer de le supprimer l’ISF et de le remplacer par un impôt frappant toutes les formes de revenus, avec des barèmes de l’impôt revus en conséquence. Cela doit pouvoir se discuter sans tabou ni a priori idéologique. En revanche, il est insupportable de voir les rois de la fortune monter au créneau pour défendre leur château fort à la manière des seigneurs du Moyen Âge.
 
En vérité, si la fiscalité actuelle est déficiente, ce n’est pas parce qu’elle frappe trop les riches, mais parce qu’elle ne les frappe pas assez. Tout le reste n’est que comptine pour petits enfants.

Jack Dion - Marianne 

http://www.marianne2.fr/ISF-faire-payer-les-riches-c-est-un-crime_a207091.html 

Affaire DSK : grand-messe médiatique et cacophonie socialiste

07/06/2011 16:39 par rgrs

  • Affaire DSK : grand-messe médiatique et cacophonie socialiste

    Affaire DSK : grand-messe médiatique et cacophonie socialiste

    07/06/2011 16:39 par rgrs

Le grand rendez vous médiatique du 6 juin a crevé comme une bulle de savon. Comme prévu l'ex-patron du FMI plaide non coupable. Comme prévu sa prochaine audience est fixée au 18 juillet. Seuls imprévus de cette grand-messe, la manif des femmes de ménage et la cacophonie persistante au PS...

Ils sont venus, ils sont tous là. Les médias américains certes, mais aussi ceux du monde entier. Quand on songe que même l'Union de Reims a dépêché un envoyé spécial à New York, on imagine la concentration de journalistes devant le tribunal de la ville de New York. Tout ça pour savoir, à la micro-seconde près, ce qui est déjà martelé en boucle sur toutes les chaînes du monde depuis ce week-end : DSK persiste à plaider non coupable. La séquence n'a duré qu'une poignée de minutes. Qu'importe, les chaînes savent depuis longtemps broder autour d'un non-évènement : on interroge des spécialistes de la spécialité, on décline à l'infini la tenue vestimentaire au procès de l'accusé et de ses soutiens, on répète que pour le juge américain, le procès n'est que l'un des 100 000 traités chaque année à New York.... Bref, la saison 2 inventée par Nicolas Demorand dans son éditorial de Libération, devra attendre le 18 juillet, date de la prochaine audience.

Et puis il y a l'ambiance, l'arrivée de Dominique Strauss-Kahn sous les huées d'une centaine de femmes de chambre (« Shame on you! »). Malheureusement pour nous, malgré tous les correspondants présents, on ne sait toujours pas, en écoutant France 2 ou la plupart des autres médias qui font du direct, qui a organisé la manifestation. Il s'agit en réalité d'un syndicat des femmes de ménage, une organisation hyper-structurée, The
New York Hotel Workers Union.

La confrontation entre les avocats de la plaignante et ceux de la défense ont été aussi peu développés que les débats du Tribunal. D'un côté l'avocat de la femme de chambre a déclaré que sa cliente était « une femme digne et respectable »; de l'autre, les avocats de DSK ont déclaré qu'il n'existait « pas d'élément fort montrant qu'il y a eu contrainte ».

Il ne nous restait plus qu'à retourner à nos petites affaires franco-françaises. Pour constater qu'au sein du parti socialiste, le traitement de l'affaire DSK est moins homogène que dans les médias. Elisabeth Guigou, sans doute passablement agacée, a déclaré à l'AFP qu'elle avait«  autre chose à faire » qu'à regarder l'audience DSK à la télévision. De son côté, Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère proche de DSK, a également estimé sur France-Culture que « le problème de Dominique Strauss-Kahn aujourd'hui est une difficulté personnelle, il est dans une sphère privée ». Enfin, lors du point de presse du PS, Benoït Hamon a indiqué qu'il s'agissait « évidemment une journée particulière pour les socialistes ». Bon, mais qui fera la synthèse ?

Philippe Cohen - Marianne

Dessin : Louison

http://www.marianne2.fr/Affaire-DSK-grand-messe-mediatique-et-cacophonie-socialiste_a207084.html

Dominique de Villepin : « Je veux être candidat »

07/06/2011 12:01 par rgrs

  • Dominique de Villepin : « Je veux être candidat »

    Dominique de Villepin : « Je veux être candidat »

    07/06/2011 12:01 par rgrs

Dominique de Villepin était l’invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, ce dimanche en fin d’après-midi.

Il a qualifié de « sages » les propos tenus par le président du Parti radical Jean-Louis Borloo l’appelant à « réfléchir ensemble à l’avenir du pays ».

« Les propos tels que les a formulés Jean-Louis Borloo me paraissent très sages. Oui il faut dialoguer », a déclaré l’ancien premier ministre de Jacques Chirac.

Dominique de Villepin a également rappelé sa volonté de concourir lors du scrutin présidentiel de 2012: « Ma détermination reste entière. Elle est intacte. C’est pourtant clair. Je veux être candidat ».

2012 : Villepin «veut être candidat»

Un échange de courtoisies. Et plus si affinités. Dans un entretien dans Le Parisien paru dimanche, Jean-Louis Borloo avait loué les qualités de Dominique de Villepin. «J’ai été ministre de l’Emploi dans son gouvernement. Nous avons mené cette bataille ensemble. On peut se parler, on se connaît et on s’estime. Il a une dimension internationale et son discours à l’ONU a marqué», expliquait le patron des radicaux.

Au «Grand Jury-RTL-LCI-Le Figaro», dimanche soir, l’ancien premier ministre lui a rendu la politesse: «Il a été un très bon ministre dans mon gouvernement. Il a fait avancer les choses en matière de rénovation urbaine, d’emploi. Il a un véritable sens public», a souligné Villepin. Et quand Borloo envisage de «réfléchir ensemble à l’avenir du pays», Villepin trouve l’idée «très sage». «Oui, il faut dialoguer, se parler», lui répond le président de République solidaire.

Mais ne parlez pas de «ralliement» à Dominique de Villepin. «Pourquoi toujours poser les questions en termes d’hommes?» fait-il mine de s’interroger. «La question, c’est de savoir si des passerelles entre les différents responsables politiques peuvent être bâties, explique Villepin. Droite et gauche, centre compris.»

Villepin ne voit pas dans cette possible collaboration un obstacle à sa candidature à la présidentielle: «Ma détermination reste entière. Elle est intacte. C’est pourtant clair. Je veux être candidat.» Mais le moment n’est pas venu pour lui de se déclarer «parce que nous ne sommes pas dans le temps présidentiel et que les Français ne se posent pas encore la question de qui va incarner les cinq prochaines années. Ce quinquennat n’est pas fini dans les têtes», estime-t-il.

D’ici là, Villepin connaîtra le 14 septembre la décision de la cour d’appel, dans le cadre du second procès Clearstream. L’ancien premier ministre n’est pas inquiet. «J’ai l’impression d’être soucieux?, demande-t-il à ses interlocuteurs. Il y a eu un premier procès, j’ai été innocenté. Je ne peux que souhaiter que le deuxième m’apporte le même résultat.»

Pour autant, il voit toujours dans ce procès un «acharnement» contre lui. «C’est l’évidence, mais saurait-on le reprocher au ministère public?» interroge-t-il en décrivant une chaîne de responsabilités qui remonte à l’Élysée. «Suivez mon regard», invite-t-il en précisant que ses accusations à l’encontre de Nicolas Sarkozy relèvent de la poésie: «Je suis un tout petit peu poète à mes heures creuses et la poésie c’est nommer les choses», s’amuse-t-il.

Source: Le Figaro

http://www.gaullisme.fr/2011/06/06/dominique-de-villepin-candidat/

Prime aux salariés : Députés et Sénateurs vont-ils donner satisfaction au Medef ?

07/06/2011 11:56 par rgrs

  • Prime aux salariés : Députés et Sénateurs vont-ils donner satisfaction au Medef ?

    Prime aux salariés : Députés et Sénateurs vont-ils donner satisfaction au Medef ?

    07/06/2011 11:56 par rgrs

Le projet de loi du gouvernement instituant la prime aux salariés doit passer par l'Assemblée Nationale le 14 juin. Le Medef a annoncé une action immédiate de lobbying auprès des parlementaires pour réduire son champ d'application !


Un nouveau bras de fer entre Laurence Parisot et Nicolas Sarkozy vient de commencer. Même si elle sait que son opposition farouche à la prime aux salariés, voulue par le Président de la République, ne peut qu'exacerber les tensions entre employeurs et employés, elle se battra jusqu'au bout pour faire modifier le texte et supprimer la prime à certains salariés.

Comment compte t-elle s'y prendre ?

« On va expliquer aux députés, aux sénateurs » a t-elle
déclaré. Plus simplement, l'organisation patronale va effectuer, une vaste opération de lobbying auprès des parlementaires. C'est donc, entre autre, le représentant du Medef auprès de l'Assemblée et du Sénat qui pèse : 80 branches professionnelles 148 unions patronales territorialisées 750 000 entreprises qui va avoir la charge de leur transmettre le message de l'organisation patronale.

Et ça va marcher ?

Lorsqu'on se souvient de l'épisode du dialogue social dans les TPE, il y a tout lieu de penser que Laurence Parisot est assez sereine sur le résultat.

En effet, en 2009 et 2010 : « (...) Le MEDEF et la CGPME voulaient la peau des commissions paritaires territoriales. Après un très fort lobbying allant (...) jusqu'à : menacer les députés UMP de voter à l'extrême droite : (...) les élus UMP, ont peur de la sanction électorale que pourraient leur infliger les petits patrons lors des prochaines élections, présidentielle et législatives, si jamais ils votaient ce texte. Beaucoup ont été très explicites sur ce point, confirme un député (...) » Les parlementaires UMP s'étaient donc mobilisés à la demande de Xavier Bertrand et de Jean-François Copé pour les faire disparaître et vider de tout son sens cette partie du projet de loi ! -
Slovar

Or, vous avouerez qu'à quelques mois de la présidentielle, et surtout des législatives, les députés de la majorité vont être à nouveau ... sensibles à ce genre d'arguments !

Que va expliquer le Medef aux députés et sénateurs ?

Tout en affirmant que : « L'association de tous à la richesse créée par l'entreprise et la garantie d'un juste équilibre de la répartition de la valeur ajoutée, entreprise par entreprise, sont deux objectifs que le Medef poursuit depuis longtemps (...) » Le Medef par la voix de Laurence Parisot affirme que : « (...) Le projet présenté le 25 mai en Conseil des ministres fait courir aux entreprises et aux salariés plusieurs risques (...) » Les parlementaires sont donc priés de modifier : le seuil (à partir de laquelle la prime est prévue) de 50 à 500 salariés. Et de privilégier l'improbable : « négociation interprofessionnelle actuelle qui a pour objectif d'établir un nouveau Tableau de Bord de la Valeur Ajoutée »

Et pour ceux qui hésiteraient encore, Laurence Parisot
leur précise qu'il en va de : « l'avenir du capitalisme familial dans notre pays »

En clair, laissez les entreprises servir leurs actionnaires tranquillement. Pour le partage de la valeur ajoutée, on s'en occupe directement avec les syndicats de salariés !

Et de quelle façon ?

Le
28 mai dernier : « (...) A l'issue d'une séance de près de quatre heures, le patronat (Medef, CGPME, UPA) et les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) sont parvenus à définir une méthode pour améliorer le dialogue social (...) Le texte (...) entend améliorer l'information-consultation des instances représentatives du personnel (Comité d'entreprise) sur la richesse créée par l'entreprise (...) »

Ce qui a fait dire à Patrick Bernasconi du Medef : « Il y a une volonté d'avancer »

Volonté d'avancer ?

Pour l'instant, comme l'indique la CFTC : « (...) On va parler de consultation sur le partage de la valeur ajoutée, alors que les salariés ont besoin d'augmentations de salaires (...) »

Quoi qu'il en soit, c'est bien mal engagé pour les salariés. Néanmoins, ces salariés/électeurs, ne devraient pas attendre longtemps pour connaître les noms et l'orientation politique des parlementaires qui, sur recommandation du Medef, lutteront pour assurer la survie et : « l'avenir du capitalisme familial dans notre pays ».

SLOVAR


Crédit photo :
Public Affairs Council

http://slovar.blogspot.com/

"Le PS a embrassé très tôt la doxa néolibérale"

07/06/2011 11:48 par rgrs

  • "Le PS a embrassé très tôt la doxa néolibérale"

    07/06/2011 11:48 par rgrs

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au magazine l'Expansion, propos recueillis par Bernard Poulet, 6 juin 2011

"Le PS a embrassé très tôt la doxa néolibérale"
 
Pourquoi les socialistes se sont-ils convertis au néolibéralisme peu après être arrivés au pouvoir, en 1981, se demande Jean-Pierre Chevènement dans son dernier livre, La France est-elle finie ? (Fayard, 315 pages, 19 euros). A l'approche de la présidentielle, l'ancien ministre socialiste explique pour L'Expansion les raisons de ce tournant dont ses anciens camarades ne sont jamais revenus. Au passage, il en étrille quelques-uns.

L'Expansion : Pourquoi pensez-vous que la gauche doit réévaluer l'histoire du tournant économique du début des années 80 ?

Jean-Pierre Chevènement : A chaque étape, la gauche n'est repartie qu'en se mettant au clair avec elle-même. Or, en 1981, à l'instar de Christophe Colomb, la gauche française a cru découvrir les Indes - le socialisme -, et elle doit réaliser qu'elle a trouvé l'Amérique - le néolibéralisme. Même si l'environnement international n'était pas favorable, rien n'obligeait les socialistes français à opérer ce tournant néolibéral, ni à aller aussi loin : l'Acte unique européen, négocié par Roland Dumas, et la libération totale des mouvements de capitaux, y compris vis-à-vis de pays tiers, ou l'abandon de la clause d'harmonisation fiscale préalable qui figurait dans le traité de Luxembourg. Ou encore le Matif [Marché à terme international de France], créé en 1984, et la loi de libéralisation financière, en 1985. Tout cela était une manière de mettre Margaret Thatcher au coeur de la construction européenne, d'accepter d'abandonner l'Europe, pieds et poings liés, au capitalisme financier. En critiquant ces choix, je n'ignore pas l'existence du monde extérieur, mais on n'était pas obligé d'appliquer toutes les règles de la doxa néolibérale. On aurait pu maintenir quelque chose ressemblant à une économie mixte. L'Etat pouvait garder la maîtrise de quelques mécanismes de régulation essentiels. L'idéologie néolibérale a fait admettre comme vérité d'évangile que, grâce à la désintermédiation bancaire, les entreprises s'alimenteraient à plus faible coût sur les marchés financiers.

L'entrée dans une mécanique irréversible en souscrivant à toutes les dérégulations prévues par l'Acte unique, la libéralisation des mouvements de capitaux, l'interdiction des politiques industrielles et des aides d'Etat, l'introduction de la concurrence dans les services publics, tout cela, personne ne nous le demandait vraiment.

Quels ont été les motifs des architectes de cette politique ?
Robert Lion et Jean Peyrelevade, qui dirigeaient alors le cabinet du Premier ministre Pierre Mauroy, Philippe Lagayette, qui était aux manettes de celui de Jacques Delors aux Finances, comme tous les hiérarques du ministère de l'Economie et des Finances, Michel Camdessus, directeur du Trésor, Renaud de La Genière, gouverneur de la Banque de France, et plus tard Jean-Claude Trichet, lui aussi à la tête du Trésor, ou Pascal Lamy, directeur de cabinet du président de la Commission européenne (1), tous croyaient fermement à la théorie de l'efficience des marchés. Ils étaient convaincus que tout ce qui était réglementation devait disparaître pour sortir de ce qu'ils appelaient l'"eurosclérose" et libérer l'économie des contraintes bureaucratiques qui l'empêchaient de se développer. Comment tant d'hommes dont je ne puis suspecter l'honnêteté ont-ils pu opérer pareille conversion ? Cette énigme doit être résolue.

C'étaient des représentants de la haute fonction publique...
Haute fonction publique qui avait, pour l'essentiel, sa carte au Parti socialiste, où, il est vrai, elle était plutôt orientée "deuxième gauche". Personne parmi eux n'était résolu à mener une politique un tant soit peu volontariste. Tout s'est passé comme s'il leur fallait user la gauche au pouvoir et l'amener au "tournant libéral" que la technocratie bien-pensante avait, déjà avant 1981, imaginé pour elle. On les appelait "les rocardiens" ; en fait, ils étaient partout, et Rocard n'y était pour rien !

Tout cela a été conçu par des gens qui savaient où ils allaient et qui étaient décidés à se faire un allié de la puissance des marchés. Jacques Delors était cohérent. Il a passé consciemment un pacte avec ce qu'il appelle "les vents dominants" de la mondialisation. Très peu de gens dans l'administration, en dehors de ceux qui étaient avec moi à l'Industrie, s'opposaient à ce courant dominant, et la plupart de ceux qui avaient la charge d'appliquer le programme sur lequel François Mitterrand avait été élu, en 1981, n'y croyaient tout simplement pas. Il y avait une sorte de frénésie idéologique qui voulait que plus on libéralisait, plus on était "moderne".

Mais où était le Parti socialiste ?
Le Parti socialiste était presque absent sur les questions industrielles, monétaires et de régulation, qui lui paraissaient très techniques. Il estimait qu'il s'agissait d'une parenthèse qui ne changeait pas les orientations fondamentales, à commencer par le souci prioritaire de l'emploi. Le premier secrétaire du PS d'alors, Lionel Jospin, s'est porté garant de cette continuité politique et de l'absence de tournant réel, d'autant que François Mitterrand affirmait haut et fort ne pas avoir changé d'orientation. Le Parti communiste n'intervient pas non plus en 1983. Car il ne veut pas apparaître comme le parti de la dévaluation. L'affaire ne se joue finalement qu'entre un très petit nombre d'hommes.

C'est donc Jacques Delors qui a joué le rôle clé ?
Il était lié à François Mitterrand depuis les années 60. C'était un militant chrétien social, l'homme du dialogue social au cabinet de Jacques Chaban-Delmas. Je le reconnais comme un maître en idéologie. Il a toujours agi avec une bonne conscience inaltérable. Son discours pieux déconnectait parfaitement l'économique et le social, et, avec son disciple Pascal Lamy, il était sans doute convaincu que l'autorégulation des marchés tendait à favoriser la croissance. J'aime ces deux-là. Leur dogmatisme libéral sans peur et sans reproche, tout enrobé de bonne conscience chrétienne moralisante, fait plaisir à voir !

Delors jouait dans les médias le rôle de saint Sébastien, criblé de flèches par ses camarades de parti, alors qu'il organisait le désengagement de l'Etat et la désintermédiation bancaire. Mystification conceptuelle qui conduisit en fait à l'explosion des revenus financiers. Mais je ne crois pas qu'il ait bien vu monter le capitalisme financier à l'horizon de la société. A l'époque, très peu de gens avaient compris qu'on avait tourné la page de l'ère du New Deal et du keynésianisme. Ne mesurant sans doute pas ce qu'il faisait, c'est lui qui a mis en place la dérégulation sur le continent. Il a fait la politique que Margaret Thatcher et Ronald Reagan appliquaient en Angleterre et aux Etats-Unis.

Mitterrand n'y comprenait pas grand-chose, mais il souhaitait un accord européen, car il ne voulait pas que la France soit "isolée". Il raisonnait comme si elle était toujours le n° 1 en Europe. Quand il poussera à l'adoption de la monnaie unique, il ne verra pas non plus que la réunification allait faire de l'Allemagne le pays central, gouvernant l'euro comme un "mark bis".

Depuis, la conversion au néolibéralisme ne s'est plus démentie, puisque c'est Dominique Strauss-Kahn, ministre des Finances de Jospin, qui autorisera le rachat d'actions par les entreprises. Comment l'expliquer ?
Dominique Strauss-Kahn a théorisé la non-intervention de l'Etat dans l'économie lors d'un séminaire tenu à Rambouillet en septembre 1999. Je fus alors le seul, avec Martine Aubry, à le contredire. Deux semaines plus tard, Lionel Jospin dira que "l'Etat ne peut pas tout faire". Ce qui se jouait, c'était l'idée que l'Etat n'avait plus rien à faire dans l'organisation de l'économie et que les décisions de structures devaient être laissées à des autorités indépendantes. Dominique Strauss-Kahn en fut le théoricien, ce qui l'amena, par exemple, à liquider les dernières participations de l'Etat dans Usinor.

Si vous lisez son rapport à Romano Prodi en 2004, il est à mes yeux proprement confondant d'irréalisme. Il propose littéralement de former une nation européenne, de faire des listes plurinationales aux élections, de créer des médias transnationaux. On y sent à l'oeuvre la volonté de gommer la nation et d'en faire disparaître les repères. Comme chez Jean Monnet, qui est quand même, dès 1943, le grand inspirateur de cette construction d'une Europe par le marché. Vision purement économiciste, où la souveraineté populaire disparaît, happée par celle de l'empire (en l'occurrence américain).

Mitterrand ne s'est-il pas servi de la construction européenne comme d'un prétexte pour cacher ses abandons ?
Un prétexte, peut-être, mais aussi, chez lui, une conviction sincère. Je n'arrive d'ailleurs pas à rejeter sa vision, au moins quant à l'objectif final. L'idée que les peuples d'Europe doivent se rapprocher toujours plus me semble juste, surtout quand on est coincé comme aujourd'hui entre la Chine et les Etats-Unis. Le problème, ce sont les modalités de la construction européenne. Je ne crois pas que celle-ci impliquait un ralliement aussi complet au néolibéralisme. Pour construire une Europe "européenne", il ne fallait pas faire l'impasse sur les peuples, qui sont du ressort de la démocratie.

Pour vous, le socialisme n'a plus de sens aujourd'hui...
Je n'ai jamais beaucoup cru à l'autogestion. Mais je crois en la citoyenneté. Le socialisme, aujourd'hui, ça veut dire la perfection de la république, bref, la république sociale, comme l'avait pressenti Jean Jaurès. Le socialisme comme modèle de société toute faite dans laquelle on entrerait comme on enfile ses chaussures ne me séduit pas. Je n'aime pas me gargariser de formules dont je ne comprends pas le sens. Je suis viscéralement hostile à tout millénarisme et ne me range pas dans la catégorie des socialistes utopistes. "Aller à l'idéal, oui, mais comprendre le réel", disait Jean Jaurès.

Pourquoi les socialistes n'ont-ils pas refait cette histoire ?
Sans doute parce qu'ils restent prisonniers d'une confusion entre l'idée européenne et le logiciel néolibéral présent dans les traités qu'ils ont signés. Ils sont du parti du "Bien". Ils se veulent avant tout de "bons européens". L'Europe les sanctifie. Ils ne se rendent pas compte que l'Europe telle qu'ils l'ont façonnée est régie par des règles essentiellement néolibérales.

Ils ne sont pas idiots, quand même ?
Non, ils ne sont pas idiots, mais ils n'osent pas penser. Et puis leur ciment, c'est leur attachement au pouvoir. Etre "européen", c'est ce qui fait leur crédibilité vis-à-vis de gens qui ne pensent pas comme eux. François Mitterrand l'avait compris d'emblée en 1972 : je fais le Programme commun, disait-il, mais je suis européen, alors vous pouvez quand même me faire confiance.

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(1) Jacques Delors à partir de 1984.

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Source : Lexpansion.lexpress.fr

Interchangeables !

07/06/2011 11:40 par rgrs

  • Interchangeables !

    Interchangeables !

    07/06/2011 11:40 par rgrs

Après l’épisode DSK, sa succession au FMI est ouverte. La France et les européens ne voulant pas perdre la tête de cette institution si stratégique dans les troubles actuels de la zone Euro, le candidat magique est sorti du chapeau : Christine Lagarde. Il faut que l’actuel ministre de l’Economie présente le CV idéal comme le disent les médias : anglais parfait, amour des États-Unis, connaissance des rouages des négociations monétaires ainsi que tous les grands dirigeants de ce monde, soutien de tous les pays européens et pas d’hostilité américaine. Lagarde est la nouvelle chouchoute du système.

D’ailleurs sa lettre de motivation est très claire. Enfin pas tant que ça pour le commun des mortels. Mais derrière tout le langage technique, Lagarde annonce qu’elle accepte la doctrine du FMI, qu’elle sera une bonne garante du système financier mondial à bout de souffle et de ses intérêts. Elle s’engage dans la continuité de son prédécesseur à appliquer les dogmes de l’institution : politiques néolibérales de développement, politique d’austérité pour la zone Euro sans restructuration de la dette, stabilisation des monnaies (au détriment de la zone Euro et  au plus grand profit des Chinois et des Américains), acceptation des diktats bancaires et financiers (dont la dernière mouture est la privatisation express et à vil prix en Grèce) sans entrave de nouvelle réglementation…

Face à une telle candidature, M.Aubry a déclaré que « si l’Europe peut avoir ce poste et si une Française peut l’obtenir, je crois que cela serait une très bonne chose pour notre pays et pour l’Europe ». Et les autres socialistes lui ont emboité le pas sans se rendre compte qu’en échangeant DSK contre Lagarde, le PS vient tout simplement d’adouber la politique économique de Sarkozy depuis le début du quinquennat et annonce par la même occasion qu’il aurait fait la même politique et qu’il fera la même politique après 2012. Après la note de Terra Nova indiquant que le PS devrait abandonner le peuple, les socialistes ne s’y seraient pas pris autrement s’ils avaient voulu dire clairement qu’il n’y a pas l’espace d’une feuille à papier entre le social-libéralisme du PS et l’ordo-libéralisme de l’UMP. Juste quelques différences mineures mais sur l’essentiel, les 2 sont interchangeables. Et après ils vont essayer de faire campagne en critiquant le bilan de Sarkozy et en proposant un programme différent ? Vaste blague.

Quant à la théorie du FMI-de-gauche-qui-a-changé-grâce-à-DSK qui nous a été vendu pendant 4 ans, elle ne tient plus du tout. Les socialistes ne veulent plus rien changer du tout (sauf le peuple), ils veulent simplement se répartir les places d’accompagnateur du système. Cela fait longtemps, depuis la parenthèse libérale, qu’ils ont abandonnée l’idée même d’exercer le pouvoir pour changer la réalité. Comme Sarkozy a abandonné progressivement la politique volontariste promise pendant la campagne avec comme conclusion finale la soumission au pacte de compétitivité de Merkel. La future nomination de C.Lagarde comme successeur de DSK scelle l’entente symbolique des élites de droite et de gauche dans un système mondialisé contre les intérêts du peuple.

Alors certes les pays émergeants se manifestent pour remettre en cause la règle non-inscrite qui fait que le FMI revient à un européen quand la Banque Mondiale est réservée à un américain mais sans trop y croire et simplement pour prendre date. Ils auraient d’ailleurs bien tort de vouloir remplacer un français à la tête du FMI car comme le dit si bien Christopher Soames “dans une organisation internationale, il faut toujours mettre un Français à la tête, car les Français sont les seuls à ne jamais y défendre les intérêts de leur pays“. Lagarde comme DSK ne fera pas quelque chose de différent en abandonnant l’Europe et la France aux dogmes de cette institution.

D’ailleurs dans la même logique, la BCE dirigé par Herr Trichet réfléchit à une prochaine hausse des taux. En effet, les grands banquiers centraux estiment « que la tendance à la reprise économique va se poursuivre. Aussi, pour cette raison, une politique accommodante des points de vue monétaire et fiscal est moins nécessaire ». Ils doivent surement parler de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de la France où la croissance atteint des sommets…Il est grand temps de ramener le pouvoir dans les mains des Français et d’offrir une alternative à notre pays, pas une de ces fausses alternances dont notre pays souffre depuis trente ans…

Nicolas Calbrix, DLJ Val d’Oise

http://debout-les-jeunes.fr/blog/05/2011/2149/interchangeables/

Décidément, Attac n'est vraiment plus dangereuse...

07/06/2011 11:37 par rgrs

  • Décidément, Attac n'est vraiment plus dangereuse...

    Décidément, Attac n'est vraiment plus dangereuse...

    07/06/2011 11:37 par rgrs

Waouh, chance : vous aussi vous allez pouvoir lire  le papier écrit par quelques 9 membres de Conseil Scientifique d'Attac dont trois co-présidents ou ex-co-prés... C'est que c'est publié dans la partie Club de Médiapart,  et c'est ...

Il fut un temps où Attac a été un mouvement dangereux pour les tenants de l'ordre économique comme il va... et ce n'est sans doute pas un hasard si, après le rôle déterminant qu'il a joué dans l'agitation d'idées autour du référendum sur le TCE en 2005, il a pour ainsi dire explosé en plein vol... mais bon....  Mais alors là, les tenants de l'ordre économique tel qu'il va peuvent définitivement dormir sur leurs deux oreilles : Attac est morte, bien morte - ou si elle vit encore, c'est devenue une vieille gâteuse débile ( au sens de dénuée de forces).

Grand et tragique moment que celui de la lecture de ce papier... Yaka, faucon, et quand tous les travailleurs du monde se donneront la mains, alors, etc.... Confusion intellectuelle à tous les étages, attaques sournoises par assimilation au FN de tous ceux qui penseraient que l'échelon national peut éventuellement être un échelon pertinent de la décision politique et de la lutte contre la mondialisation libérale...

Mais le pire de tout, c'est que si on avait le temps de faire une analyse fine des propos, on pourrait les mettre en regard de ceux qu'utilisent les néolibéraux pour soutenir l'ordre économique du monde tel qu'il est. Attac était une arme de guerre parce qu'elle donnait à nouveau capacité à penser le monde grâce à son formidable travail d'éducation populaire ( tâche à laquelle partis politiques et même syndicats avaient renoncé..); elle est là l'alliée objective du système...

Pourquoi? Parce qu'in fine la question est toujours là : pourquoi des esprits brillants comme ceux qui  écrivent là peuvent-ils à ce point perdre de vue la réalité des rapports de force qui traversent le monde actuel ? On le voit en filigrane dans ce texte : prime toujours et avant tout dans la réflexion le conchiement de la nation... Pourquoi? Parce qu'elle est vue comme ferment de guerres ou élément qui permettrait d'occulter le fait que l'opposition fondamentale est d'abord l'opposition de classes ( la lutte des classes en somme)...

Tragique retard dans la perception des choses, incapacité radicale de sortir des conceptions liées au monde des années 60 et aux luttes qui ont traversé cette décennie et la suivante...

Ce texte a un petit côté pathétique du coup....Oui, si tous les gars du monde se donnaient la main, ce serait drôlement bien....Autour d'un feu de camp, après plusieurs ti'punch, quand on refait le monde dans la chaleur de l'été en regardant le ciel qui est si vaste et si piqueté de lumières lointaines..., je peux comprendre -  mais là,  à vous que j'ai interviewés pour la moitié d'entre vous ( parce que j'estimais la qualité de vos propos), je vous le dis : ce n'est pas sérieux. Pas sérieux du tout....

Et ç'en est triste...

Pascale Fourier

http://j-ai-du-louper-un-episode.hautetfort.com/

Biographie : Caroline Fourest et Fiammetta Venner versus Marine le Pen

07/06/2011 11:32 par rgrs

  • Biographie : Caroline Fourest et Fiammetta Venner versus Marine le Pen

    Biographie : Caroline Fourest et Fiammetta Venner versus Marine le Pen

    07/06/2011 11:32 par rgrs

Le moment était bien choisi. Entre l’accession de Marine le Pen à la présidence du Front national, une élection qui la verra briguer la présidence de la République et une panoplie de sondages qui lui promettent un score étincelant, il semblait nécessaire de décortiquer la stratégie de l’héritière. C’est le défi que se sont lancées Caroline Fourest et Fiammetta Venner, observatrices de longue date du Front national, dans un ouvrage paru le 1er juin, Marine le Pen.
Plus qu’une biographie, ce livre dense de 400 pages se veut une mise à nu de ce qu’il est convenu d’appeler « le processus de dédiabolisation ». En se plongeant dans l’histoire personnelle de la patronne frontiste, en auscultant ses réseaux de sympathie et les nouveaux aspects de son discours, les auteures tâchent de mettre à jour la réalité de ce Front national new look, dont les nouveaux thèmes de prédilection et la modernité affichée ne cessent de nous surprendre.
De fait, le livre parvient globalement à convaincre. Mais davantage par la continuité qu’il révèle dans l’histoire du FN que par la mise en défaut de sa nouvelle doxa. En insistant sur le lien indéfectible entre « Marine » et son père, en s’attardant sur le pedigree de  ses amis actuels, Fourest et Venner pointent du doigt la rémanence de la dangerosité du FN, et son inextinguible ancrage à l’extrême droite. Hélas, un parti pris très « deuxième gauche » et une lecture volontiers sociétaliste du corpus mariniste nuit à la démonstration. Les raisons de l’irrésistible succès de Marine le Pen, notamment auprès des couches populaires, sont quant à elles passées sous silence. La conclusion de ce long ouvrage quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de l’électorat du FN se révèle quant à elle presque surréaliste.

Rupture ou continuité ?
« Fille de, et victime », tel est l’intitulé fort à propos de la première partie. Très narratif, ce début est en grande partie tiré d’une analyse du livre autobiographique de Marine le Pen, A contre flots[1], texte tantôt sincère et touchant, tantôt franchement lacrymal. Sans nier la dureté de certains évènements vécus par la famille le Pen, tel l’attentat de la rue Poirier en 1976, les auteures dénoncent la posture volontiers auto-victimaire adoptée par Marine le Pen. En expliquant comment elle fut sans cesse « discriminée » en raison de son nom, cette dernière parvient en effet à se présenter comme l’éternel bouc émissaire d’un « système » inique, et tente de retourner à son profit ces réflexes anti-discriminatoires qui sont habituellement l’apanage de l’antiracisme.
Vient ensuite l’analyse des rapports avec le patriarche. Marine le Pen dévoile un attachement très fort de la part d’une fille cadette demeurée sans ciller du côté de son père quelles que soient les épreuves, notamment lors de la scission du FN sous l’impulsion des mégrétistes. Il en demeure un véritable « contrat moral » entre le père et la fille, et la volonté farouche de la seconde de réhabiliter le nom du premier, quitte à réécrire en partie l’histoire du FN. Quoiqu’elle s’en défende, Marine le Pen a hérité d’un parti politique à l’organisation clanique comme d’autres héritent de l’entreprise familiale. Se devant de faire prospérer le fond de commerce de ce « front familial », elle s’interdit toute rupture véritable.
L’étude du noyau dur et des amitiés marinistes, enfin, ne laisse guère d’illusion sur l’ancrage à l’extrême droite du FN relooké. Moins portée que son père aux synthèses acrobatiques, Marine le Pen n’hésite pas utiliser l’acrimonie et la défiance qu’elle inspire aux branches traditionalistes et intégristes du parti, et profite du départ de certains caciques comme Bernard Antony ou Karl Lang pour donner l’image d’un Front « dépoussiéré ». Las, ceux dont elle s’entoure aujourd’hui appartiennent à la frange nationale-radicale[2] de l’extrême-droite. Qu’ils soient anciens « gudards » ou nationaux-révolutionnaires, ils ne sont pas les moins virulents.

Le hold-up pseudo laïc
Vient ensuite l’analyse du discours mariniste, notamment de « l’OPA sur la République et la laïcité ». En militantes laïques de longue date, Fourest et Venner connaissent bien ces questions. Elles montrent comment la référence réitérée à la laïcité, dont Marine le Pen se fait désormais la porte-parole inconditionnelle, est inhabituelle au sein d’un FN qui se prononça en 2004, contre la loi interdisant les signes religieux ostentatoires à l’école publique.
Surtout, les enquêtrices révèlent la duplicité et l’opportunisme de la leader frontiste en ces domaines, montrant comment celle-ci défend une « laïcité à tête chercheuse visant uniquement l’islam ». Comme une sorte de réponse d’extrême droite à la montée d’un islam politique concurrent de l’intégrisme catholique, le Front national aurait découvert sur le tard une laïcité visant à combattre « l’islamisation », terme préféré à « islamisme », puisqu’il suggère une invasion, voire une nouvelle forme d’« occupation ».
Les diverses polémiques générées par Marine le Pen à ce sujet auraient d’ailleurs comme conséquence directe de réactiver les réflexes anti-laïques. Par exemple, sa saillie remarquée contre les prières de rue auraient remis en selle les tenants de la « laïcité positive ». Pour ces derniers, la solution à ce phénomène passe par la promotion du financement de mosquées sur les deniers publics, au mépris de la loi de séparation de 1905.
Sur ces thématiques, l’ouvrage montre bien équilibrisme auquel Marine le Pen est contrainte, tiraillée entre ses intégristes catholiques de l’intérieur, et les ultra-laïques et autres Identitaires de l’extérieur, tentant de dépasser le FN sur sa droite via l’organisation d’« apéros saucisson pinard » ou d’ « assises sur l’islamisation ».
Sur la bonne volonté des partis politiques « républicains », en revanche, Fourest et Venner pêchent par optimisme. Tout en reconnaissant l’effectivité du phénomène des prières de rue et la nécessité d’y porter remède, elles hésitent à dénoncer l’immobilisme et la complaisance d’autorités ayant laissé s’installer cette situation. Elles considèrent qu’« au fond, c’est le jeu démocratique. Le FN crie au loup, les autres partis cherchent des solutions. Mais parfois, le fait que le FN crie au loup de façon excessive (…) suscite un tel rejet que tous les partis avançant vers des solutions se figent ». Or les « autres partis à la recherche de solutions » étaient figés bien avant la mue laïco-lepéniste, et l’on peut s’interroger sur les raisons de ces réticences de longue date à régler un problème qui ne concerne même pas la laïcité stricto sensu, mais bien plus le maintien de l’ordre public.

La critique du discours « attrape-tout »
Mais la principale faiblesse du livre réside dans l’analyse d’autres pans de la doxa mariniste. Elle est pourtant passée en revue sans rien omettre : programme économique, choix sociétaux, conception de l’école…Le caractère « attrape tout » du programme est parfaitement mis en exergue. Toutefois, en cédant à leur propre tropisme sociétaliste, les auteures nuisent à l’acuité de leur démonstration. Ainsi, la dénonciation de l’homophobie du Front national est davantage développée que la proposition d’une sortie de l’Euro, les biographes s’étonnant que le Front national ne soit pas favorable au mariage homosexuel. Pire, elles le soupçonnent d’être « nataliste » (ce qui semble à leurs yeux le comble de l’horreur) et de ne pas souhaiter « repeupler la Nation française en autorisant les homosexuels à adopter ou des couples à avoir recours à la gestation pour autrui ». Un discours « modernisant » assez peu efficace si l’objectif est de révéler un ancrage à l’extrême droite. Car ces thématiques sont plus à même de séduire les bourgeois libertariens proche de Terra Nova que de « responsabiliser les électeurs du FN », comme les deux journalistes l’appellent pourtant de leurs vœux.
Autre faiblesse du livre, la déconstruction du discours économique. Pour contrer le caractère gauchisant de l’économisme mariniste, Fourest et Venner ne trouvent pas meilleurs arguments que la panoplie complète utilisée par les sociaux-libéraux pour expliquer sans cesse qu’il n’y a « pas d’autre politique possible » : la sortie de l’Euro serait la preuve d’un repli nationaliste, elle ferait exploser le coût de la vie et gonflerait la dette. La mise en place d’un « protectionnisme hors sol » serait impossible, et de toute façon, il faut arrêter avec ces vieilles lunes puisque « l’époque de la dynamique industrielle et du plein emploi est révolue ». Caroline Fourest et Fiammetta Venner nous expliquent-elle là qu’il convient de s’accommoder d’une désindustrialisation que finira par faire de la France un « pays du Club Med » et se consoler d’un chômage de masse désormais structurel ?
Il faut dire que les tenants d’une « autre politique » ne recueillent guère la sympathie des deux journalistes, qui semblent voir des « souverainistes » à l’œuvre partout. Certes, elles concèdent qu’il ne faut pas « tout mélanger, les nationalistes xénophobes et les souverainistes ». Pour autant, leur présentation de l’entourage officieux de « Marine » conduit à se demander combien de « chevènementistes repentis » s’y retrouvent. Paul-Marie Coûteaux, par exemple, est présenté comme l’un d’entre eux. Mais elles oublient de préciser qu’après avoir effectivement soutenu la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2002, il fut exclu du Pôle républicain pour n’avoir pas appelé à voter Chirac au second tour. De même, s’appuyant tour à tour sur un article de Marianne[3] puis du Parisien[4], elles notent la présence de deux énarques et « ex-chevènementistes » désireux de devenir à terme directeurs de cabinet de Marine le Pen…sans envisager que le « Bernard » de Marianne et « l’Adrien » du Parisien puissent éventuellement être le même homme…

Une conclusion de style « sophia-aramiste »
Outre ces imprécisions, que l’on ne saurait imputer à une quelconque mauvaise foi mais qui nous rappellent combien le biographe, même en faisant un effort sincère d’objectivité, demeure lui aussi prisonnier de sa propre idéologie, c’est sa conclusion que l’on reprochera à l’ouvrage.
Caroline Fourest et Fiammetta Venner ont choisi de ne pas s’appesantir sur les raisons profondes du succès du Front national. Dans un épilogue intitulé « comment résister au nouveau FN », elles proposent une sorte de rééducation des électeurs frontistes, qu’il ne faut en aucun cas « déculpabiliser ». Sans aller jusqu’à à les traiter de « gros cons » façon Sophia Aram, elles leur trouvent « une pointe d’infantilisme dans le cœur », et proposent : « ceux qui veulent envoyer un message n’ont qu’à militer dans des associations ».
On se désole que cet ouvrage pourtant passionnant du point de vue factuel, et sans doute nécessaire sans être suffisant s’achève sur une cette fausse note, à la limite du surréalisme. Et l’on souhaite vivement aux auteures de découvrir sans délai les thèses du sociologue Alain Mergier. Car celui-ci affirme très justement : « l’intention de vote (pour le FN) n’est plus aujourd’hui motivée en terme de vote-sanction, de vote de colère (…) ce vote est devenu un vote positif ».
« Marine le Pen est dans nos vies pour quelques décennies » se désolent les enquêtrices. C’est probable en effet. Le temps est peut-être venu de se demander pourquoi. L'abandon respectif de la Nation et du peuple par le droite de gouvernement et la gauche d'accompagnement constitue le début d'une réponse.

Coralie Delaume
[1] Marine le Pen, A contre flots, Grancher, 2006
[2] La catégorie des nationaux-radicaux est l’une de celles choisies par Fiammetta Venner pour classifier les différentes obédiences de l’extrême droite dans Extrême France, Grasset, 2006.
[3] P. Cohen et L. Dupont, « A Montretout, les réunions du cabinet secret de Marine le Pen », Marianne 12-18 mars 2011
[4] O. Beaumont, « Adrien, haut fonctionnaire à Bercy et conseiller de Marine le Pen », Le Parisien, 8 avril 2011.

Les simplistes d'ATTAC

07/06/2011 11:22 par rgrs

  • Les simplistes d'ATTAC

    Les simplistes d'ATTAC

    07/06/2011 11:22 par rgrs

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Qu'ils sont beaux nos altermondialistes de gauche à toujours vouloir changer le monde dans sa totalité. Il faut tout changer ou ne rien changer, telle est la devise de certains. C'est en lisant cet article au titre évocateur "La démondialisation un concept superficiel" sur Mediapart que j'ai eu l'envie soudaine d'une réaction épidermique. Vouloir la démondialisation serait simpliste. Pourquoi? Ne cherchait pas, il n'y a pas de réponse à cela, juste un amoncellement de concepts vaseux pas vraiment ancrés dans les faits. Nos pauvres représentants d'ATTAC semblent atteints par le syndrome du postnationalisme. Il  a déjà probablement rongé la majorité des neurones de ces intellectuels vestige dépassés du temps glorieux de la Revolución. On comprend mieux en lisant ce texte pourquoi ATTAC a explosé. Et pourquoi certains de ses membres, probablement plus rationnels que ces caricatures de communistes, ont décidé de faire bande à part. Un peu à l'image du fondateur du M'PEP Jacques Nikonoff . Oui parce que les gens sérieux en général essaient d'amener leurs idées dans les contraintes du réel, une pratique que les idéologues d'extrême gauche n'ont  pas. Et pour cause, on se demande si ces gens cherchent réellement à améliorer le sort de leurs compatriotes, ou si, comme beaucoup à gauche, ils ne cherchent simplement pas à se donner bonne conscience à peu de frais. Les grands discours de gauche humanistes sans cohérence permettant de mettre en place un véritable commerce rentable à l'image du commerce "équitable". C'est que ça rapporte la révolution, surtout en ce moment avec les « révolutions » arabes, dont le temps seul dira si ce mouvement n'était pas qu'un attrape couillions historique.

 

Le vrai simplisme consiste à croire qu'il y aurait une solution mondiale

 

    Il faut dire que le texte en question est vraiment faible comparé aux travaux d'un Jacques Sapir par exemple. Les arguments de ces énergumènes donnent en plus à penser qu'ils cherchent en fait à donner des arguments pour que rien ne change. En effet comme le dit si bien Frédéric Lordon vouloir une solution globale revient en pratique à ne pas donner de solution du tout, chose que ces personnes n'ont apparemment pas envie de comprendre. Mais ce n'est pas la première fois que l'on entend cette gauche parler ainsi de la déconstruction de la mondialisation. Parce que ce qui motive le plus clairement ces intellectuels ce n'est pas le social ou le développement économique des peuples, c'est la réalisation de leur fantasme postnational. On voit ici très clairement la proximité intellectuelle entre les libéraux et les marxistes même si ces derniers s'en défendent. En pratique, les uns justifient moralement le choix des autres, les libéraux et les marxistes formant les deux visant du Janus de la modernité sans frontière. Je connais bien deux des signataires de ce texte lamentable entre autres Michel Husson et Jean-Marie Harribey. Je me souviens d'ailleurs des discussions que l'on avait eu sur le blog horizon, à propos des critiques du libre-échange version Husson. Une critique qui passait son temps à nier l'importance des délocalisations, quantité négligeable selon lui.

 

Mais si les marxistes sont autant attachés au libre échange, c'est avant tout parce qu'ils pensent que c'est fondamentalement mauvais pour le capitalisme. Ces gens se réjouissent du malheur du monde du présent parce qu'ils pensent que c'est le meilleur moyen pour atteindre leur rêve de perfection post-capitaliste. On a affaire à des religieux qui ne s'intéressent pas aux gens qui crèvent aujourd'hui, et non dans dix ans.  Il suffit de lire quelques extraits pour voir toute l'impossibilité pratique de leurs hypothèses:

 

"D'un côté, il faut évidemment réduire les flux de marchandises et de capitaux, et relocaliser les systèmes productifs."Et comment fait-on en pratique sans protection douanière et sans frontière?  

 

"Ce n'est pas «la mondialisation» que nous rejetons, mais la mondialisation néolibérale et capitaliste, telle qu'elle est organisée par les intérêts des firmes multinationales, les «marchés» et les grandes puissances."En réalité, c'est la suppression des frontières qui produit le grand bordel mondial. Dans une situation non capitaliste, le monde serait tout autant  dans le chaos comme je l'avais expliqué ici. Comment donc concilier les intérêts divergents de tous les peuples dont on augmente sans arrêt les interdépendances? Comment concilier des niveaux de vie différents, des modes de consommations différents sans frontières, sans mécanismes de contrôle et de limite? La réponse est simple, on ne peut pas. Croire que l'on va construire un monde merveilleux où la générosité "naturelle" des peuples les fera s'entendre les uns avec les autres. Dès lors que l'on aura chassé les grands méchants blancs du pouvoir, pardon les grands méchants Occidentaux, relève d'un raisonnement puéril. Mais quel âge ont-ils pour croire à ce genre de fable ? Chassaient donc les Occidentaux et vous aurez les Chinois pas plus sympathiques et probablement pires d'ailleurs eux n'ayant pas quelques restes de christianisme pour leur donner mauvaise conscience. La réalité est un rapport de force non seulement entre classe sociale, mais aussi entre peuples et nations. Un pauvre chinois se sentira toujours plus proche d'un riche chinois que d'un pauvre français. Le jour où nos zigotos d'extrême gauche auront compris ce béabat, nous pourrons peut-être avancer.

 

"Le retour à des régulations essentiellement nationales ne résoudrait aucun des problèmes qui se posent aujourd'hui à nous." A bon et pourquoi? Il n'y a pas la réponse dans le texte, mais s'ils le disent c'est surement vrai...

 

"La crise sociale? Le chômage incompressible, la précarité généralisée, la destruction progressive du droit du travail, de la protection sociale et des services publics au sein des pays développés, ne sont pas d'abord imputables aux pays émergents mais aux politiques systématiques amorcées à la fin des années 1970 lorsque les classes dominantes ont entrepris de rétablir la rentabilité des capitaux." Oui est alors? Cela n'empêche pas le fait que les pays émergents en profitent pour se développer gratuitement, c'est à dire sans inflation à coup d'excédents commerciaux à notre détriment. La Chine n'a plus besoin des entreprises occidentales d'ailleurs pour nous détruire, elle les rachète de toute manière. Les propos tenus ici reviendraient à dire qu'en fait les Occidentaux n'étaient pas responsables de l'esclavage triangulaire puisqu'ils n'ont fait souvent qu'acheter des esclaves vendus par les Africains eux-mêmes. En réalité, les deux sont coupables, il en va de même pour la Chine et d'autres nations qui tirent les marrons du feu de la mondialisation. Quant à cette dernière, elle n'hésite pas à corrompre certains passés d'Afrique pour y écouler ses marchandises. Le "mal" n'est pas une exclusivité occidentale quoiqu'en pensent nos amis d'extrême gauche. Et critiquer les politiques d'externalisation occidentales ne dédouane pas les nouveaux pays industrialisés de leur culpabilité en matière de politiques mercantilistes. Ce ne sont pas les entreprises occidentales qui poussent la Chine à sous-évaluer son Yuan.  

 

"Une monnaie nationale ne protège ni du néolibéralisme, ni de la spéculation, ni du productivisme: a-t-on vu quelque gouvernement britannique s'opposer au néolibéralisme du fait qu'il disposait de la livre sterling?"Est-ce qu'avoir un couteau vous conduit automatiquement à poignarder votre voisin? Non, ce n'est qu'un outil. Et son usage va dépendre de vos intentions, il en va de même pour la monnaie. Une monnaie on peut en faire un bon ou un mauvais usage. Je constate au passage que nos amis citent la GB, on pourrait citer l'Islande ou la Suède qui ne sont pas membre de l'euro et qui se portent très bien. La Suède tourne à 6% de croissance cette année et son système social va très bien aussi. Tout cela sent la mauvaise foi.  

 

Au final, on voit bien que ces intellectuels restent bloqués sur la question de la nation. Ils restent persuadés que le meilleur des mondes est un monde sans frontière alors que l'on constate tous les jours le contraire. La négation des frontières conduit à ramener la guerre y compris en Europe puisque l'on voit maintenant des affiches en Grèce associant l'UE au nazisme. Les économistes d'ATTAC se discréditent chaque jour un peu plus. Et ils montrent la réalité de leur fausse opposition, à l'image de ce pauvre Besancenot dont Dupont Aignan avait bien montré dans un débat télévisuel qu'il était la caution morale du Medef. Leur mondialisation ne peut que favoriser les populations les plus avantagées de chaque peuple. Les interdépendances excessives rendent ingérables les politiques macroéconomiques. Rien qu'à l'échelle européenne on n’y arrive pas, car l'intérêt de l'Allemagne ce n'est pas l'intérêt de la Grèce ou de la France. L'unification mondiale au forceps conduit à la misère les perdants et à une explosion des inégalités à l'échelle planétaire. Les capitalistes le savent très bien eux. Au moins ils ne font pas semblant de pleurer sur la misère du monde. Nos économistes d'ATTAC chérissent les causes des problèmes qu'ils désignent. Et font semblant de ne pas voir que le cadre actuel est impossible à gérer. La démondialisation c'est vouloir rendre aux politiques le cadre de leur possibilité pratique. Continuer à gesticuler verbalement en donnant des solutions impraticables ne nous mènera à rien si ce n'est à rendre impossible une véritable alternance, je n'ose imaginer que ce soit là le véritable but des gens d'ATTAC.

 

Yann

http://lebondosage.over-blog.fr/article-les-simplistes-d-attac-75891412.html