DSK, Tron, Ferry : affaires, morale et politique

06/06/2011 17:21 par rgrs

  • DSK, Tron, Ferry : affaires, morale et politique

    DSK, Tron, Ferry : affaires, morale et politique

    06/06/2011 17:21 par rgrs

C’est triste à dire mais ces trois dernières semaines, l’actualité politique a été largement dominée par des affaires de mœurs. Bien sûr, il était difficile de ne pas en parler du tout et certains débats sont justifiés, mais certains médias n’auraient-ils pas pu mieux hiérarchiser l’information ?

Les points positifs

Il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain. Il était tout de même naturel d’accorder du temps à ces affaires, aussi sinistres soient-elles car elles représentent de vrais évènements. En outre, au global, la couverture de l’affaire DSK a plutôt été équilibrée (à quelques dérapages près), quand on compare avec la presse anglo-saxonne. En outre, il semble qu’il n’y ait pas de véritable remise en cause du principe très français de préservation de la vie privée.

En effet, si la réputation de DSK était de notoriété publique (les humoristes se chargeant de rappeler presque tous les jours ce point de sa personnalité au grand public avant l’affaire), les journalistes n’ont pas tort de dire que c’est une chose de préserver le libertinage d’une personne, cela en est une autre de protéger des comportements criminels. Et il semblerait que la plupart de la classe médiatique ait agi de bonne foi en ne parlant pas de la vie privée de DSK.

Cette affaire a également un point positif (expliquant peut-être les plaintes contre Georges Tron) : les victimes vont peut-être davantage oser porter plainte, voyant l’exemple de la femme de ménage et du patron du FMI. Tout ceci pourrait finalement aboutir à une meilleure protection des victimes et une moindre impunité des coupables, ce qui naturellement extrêmement positif.

Les points négatifs

Malgré tout, voir l’actualité politique dominée depuis trois semaines par des affaires de mœurs est assez navrant, d’autant plus que ce ne sont pas les sujets de fond qui manquent (Grèce, printemps arabe,…). Je suis également partagé devant l’utilisation par les humoristes de ces affaires. Peut-on vraiment rire de tout ? Ne faut-il pas penser aux enfants ou aux proches des personnes mis en cause aussi souvent ? N’y a-t-il pas une forme de curée de la part d’humoristes qui exploitent ces évènements ? Pourtant, il me semble impensable de pratiquer une quelconque censure.

Mais le comble de l’absurde a été atteint avec Luc Ferry lundi dernier sur le plateau du Grand Journal, évoquant une affaire que tout le monde connaîtrait, racontant certains détails avant de refuser de donner le nom au prétexte qu’il pourrait être poursuivi. Bref, l’ancien ministre aurait mieux fait de se taire. Il s’est cru dans un dîner mondain et a cherché à faire l’intéressant. Mais soit il y a une vraie affaire, et il fallait aller parler à la police au lieu de le faire sur le plateau du Grand Journal. Soit il s’agit d’une rumeur (ce qui est possible), et dans ce cas, son comportement est assez minable.

La police a eu parfaitement raison d’avoir convoqué l’ancien ministre. En tout cas, il semble essentiel d’essayer de retrouver son calme, d’éviter les propositions à l’emporte-pièces (comme celle, de Christophe Barbier, de réserver 50% des circonscriptions à des femmes) et de prendre le temps de réfléchir avant de tirer des conséquences définitives de cette séquence assez désolante. S’il faut combattre certains comportements, ne tombons pas dans d’autres excès.

Malheureusement, demain va commencer le procès DSK, ce qui devrait encore encombrer l’actualité politique de détails sordides. Même s’il ne s’agit pas de tout oublier ou de fermer les yeux, tâchons d’essayer de ne pas accorder une place excessive à ces faits divers…

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Jacques Généreux conte la grande régression économique

06/06/2011 17:16 par rgrs

  • Jacques Généreux conte la grande régression économique

    Jacques Généreux conte la grande régression économique

    06/06/2011 17:16 par rgrs

L’économiste du Parti de Gauche, qui a longtemps officié au Parti Socialiste, a publié il y a quelques mois « la Grande Régression », une synthèse abordable de sa pensée et des nombreux ouvrages qu’il a pu publier (et notamment « La dissociété », dont j’avais écrit une revue en trois parties).

Le procès de la libéralisation

Comme avec Jacques Sapir, l’intérêt de l’analyse de Jacques Généreux est qu’elle est systémique, prenant en compte la libéralisation du commerce et de la finance. Mais si le premier y ajoute une dimension plus historique, le second y ajoute une analyse plus psychologique et philosophique, sur laquelle je reviendrai demain. Au global, les analyses des deux auteurs sont extrêmement proches. Ils mettent tous les deux en cause la libéralisation généralisée de l’économie depuis les années 1970.

Pour lui, les pays du Nord « ont placé leurs propres travailleurs en état de guerre économique (…) ; ils ont restauré les pleins pouvoirs du capital en déréglementant les transactions financières et en étendant le principe du libre-échange ». « En instituant une libre concurrence entre des pays où les standards de rémunération, de droits sociaux, de sécurité sociale et d’imposition des revenus sont très différents, la généralisation du libre-échange ne peut avoir d’autre effet ni d’autre but que de miner la compétitivité de ceux qui ont les standards les plus élevés ».

Il critique la libéralisation des mouvements de capitaux, et souligne « qu’un marché où la compétition est sans limites n’institue pas un doux commerce profitable à tous les hommes, mais une guerre impitoyable où les gagnants accumulent toujours plus de moyens pour renforcer leur domination ». Il critique un système où l’on oppose « les poids mouches aux super-welters ». Pour lui, « ce que le capitaliste revendique en réalité, dans son appel au marché libre, c’est la liberté d’agir à sa guise pour dominer tous ses concurrents au sens large, c’est à dire tous ceux qui se mettent en travers de sa course au profit ». En fait, « la libre concurrence susceptible de menacer les profits est en même temps l’outil nécessaire à l’élimination de la concurrence, car elle n’est au fond que la loi du plus fort qui élimine les plus faibles ».

Il dénonce également les inégalités entre une Bourse « sangsue qui pompe bien plus de revenus aux entreprises qu’elle ne leur fournit de capitaux propres » mais aussi les inégalités de revenus en soulignant qu’à un certain niveau, elles ont un effet démobilisateur  pour la majorité de la population. Il critique vertement le modèle étasunien, sa violence, sa pauvreté et souligne qu’au contraire, ce sont nos services publics qui font que la France attire toujours autant de capitaux.

Un processus historique

Jacques Généreux synthétise les mouvements de l’histoire ainsi : « la phase précédant la Grande Régression avait enclenché une dialectique positive dans laquelle le capitalisme s’adaptait aux exigences de la société. La contre-révolution néolibérale des années 1980 a mis ce moteur dialectique en marche arrière, contraignant désormais la société à s’adapter continuellement aux exigences toujours plus hautes du capital ». Puis il s’attarde un peu plus longuement sur la crise que nous traversons.

Il souligne justement que les attaques contre quelques capitalistes (Madoff, Kerviel ) sont surtout un moyen « d’épargner le capitalisme ». Il montre que plus qu’une régulation de la finance, c’est à une « régulation des Etats conforme aux attentes des marchés financiers » que l’on assiste. Il note que « la capacité de notre société à survivre à une crise mondiale de la finance affaiblit la contestation du système fauteur de crise », indiquant la victoire de la lecture néolibérale de la crise.

Il souligne les dangers de la couverture des risques, qui distord les intérêts des banques : « imaginez que vous puissiez vous assurer contre le risque d’incendie non seulement chez vous, mais aussi chez n’importe qui : voilà de quoi susciter des vocations de pyromanes ! ». Il rappelle que la baisse du pouvoir d’achat a été compensée par l’endettement des ménages. Enfin, il attaque le plan européen « d’aide » à la Grèce en disant qu’il revient à « pratiquer une saignée sur un patient en pleine hémorragie ».

Ce nouveau livre de Jacques Généreux a l’intérêt de représenter une synthèse extrêmement bien balancée des carences de notre système actuel. Demain, j’étudierai son volet sociétal.

Source : Jacques Généreux, « La grande régression », Seuil

Laurent Pinsolle

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La énième fausse solution à Athènes

05/06/2011 01:36 par rgrs

  • La énième fausse solution à Athènes

    La énième fausse solution à Athènes

    05/06/2011 01:36 par rgrs

La situation continue à se compliquer en Grèce. Bien sûr, un accord a été trouvé avec la troïka FMI, la BCE et la Commission Européenne, ce qui va libérer une tranche de financement de 12 milliards du plan initial de 110 milliards, qui sera complété par une soixantaine de milliards. Mais rien n’est réglé.

Un énième plan d’austérité

C’est un nouveau plan d’austérité de 6,4 milliards d’euros (environ 2,5% du PIB, l’équivalent de 50 milliards d’euros pour la France), qui a été décidé. Cela devrait permettre d’atteindre l’objectif d’un déficit public de 7.5% du PIB cette année, après l’échec de 2010, où l’objectif de 8.1% du PIB avait été largement dépassé (10.5% en réalité). Du coup, la nouvelle tranche de financement du FMI et de l’Union Européenne va bien être accordée à la Grèce.

La troïka a également mis en place un financement complémentaire de 60 à 65 milliards, dont 20 milliards seront pris en charge par l’Union Européenne, 10 par le FMI, 15 par la Grèce. Fait nouveau, les banques devront contribuer à hauteur de 15 à 20 milliards à savoir qu’elles devront prolonger d’ici à 2014 pour 15 à 20 milliards d’euros de prêts accordés à la Grèce quand ils arriveront à échéance. A priori, les besoins de financement de la Grèce sont couverts pour 3 ans.

Pour l’instant, nous restons donc sur les mêmes solutions que depuis un an. L’Allemagne, qui poussait à une restructuration de la dette qui ferait porter une partie du poids sur les institutions financières, a perdu devant l’opposition conjointe de la France, de la BCE et de la Commission Européenne. L’Europe continue d’acheter du temps, sans rien résoudre, et continuant à transférer le risque des institutions financières privées sur les contribuables européens…

Une situation qui reste intenable

Car si ce nouveau plan achète à nouveau du temps, il ne résout rien à la situation du pays. Tout d’abord, rien dans ce qui a été décidé ne va permettre à la Grèce de sortir de la violente récession dans laquelle le pays est plongé depuis trois ans. Et ce n’est pas en serrant plus encore la vis budgétaire que la situation va s’améliorer. Nous devrions donc avoir bientôt un deuxième pays européen, après l’Espagne avec un taux de chômage supérieur à 20%.

Et puis, il est évident que ces plans ne font qu’acheter du temps. Il est probable que dans un ou deux ans, quand une bonne partie des nouveaux crédits auront été utilisés, que le pays sera toujours en récession, que le poids de sa dette aura alors dépassé les 160% du PIB, il sera toujours impossible à la Grèce de se financer sur les marchés. Que fera-t-on alors ? L’Europe demande aux Etats de jeter de l’argent dans un puits sans fond alors même qu’elle leur demande plus de rigueur…

D’ailleurs, il y a un fait très inquiétant pour la suite : les Grecs retirent de l’argent de leurs banques pour se protéger d’une éventuelle faillite ou d’une dévaluation. Les dépôts, continuent à baisser : les Grecs ont retiré pour 1,5 milliard d’euros en une seule journée. Cette fuite des capitaux pourrait provoquer l’effondrement du système bancaire dans un mouvement auto réalisateur des marchés. Il y a fort à parier que le gouvernement va être contraint d’agir pour sauver ses banques…

Bref, l’ensemble des faits montre aujourd’hui que la Grèce est définitivement sur le chemin de l’Argentine, comme Martin Wolff l’a souligné une fois de plus. Les « solutions » mises en place ne règlent que le problème de trésorerie sans rien régler aux problèmes de croissance et de solvabilité.

Laurent Pinsolle

Nouveau plan d’aide à la Grèce : une saignée dangereuse

05/06/2011 01:30 par rgrs

  • Nouveau plan d’aide à la Grèce : une saignée dangereuse

    Nouveau plan d’aide à la Grèce : une saignée dangereuse

    05/06/2011 01:30 par rgrs

Le titre du Figaro d’aujourd’hui « 60 milliards de plus pour sauver la Grèce » révèle la fuite en avant des dirigeants européens pour sauver un système qui n’est pas sauvable.

Après les 110 milliards déjà consentis l’an dernier, l’annonce de M. Jean-Claude Juncker avec sa langue de bois habituelle « Un financement supplémentaire de la Grèce en échange de conditions strictes » me fait penser aux célèbres médecins de Molière qui avec leur air docte imposaient à des malades épuisés de nouvelles saignées.

Bien entendu, ce nouveau plan ne servira à rien sinon permettre aux banques de récupérer leurs billes avant la restructuration de la dette grecque et la sortie de l’euro de ce pays. Les contribuables européens et le peuple grec seront bien sûr les dindons de la farce.

Yannis Panagopoulos, leader syndical, résume d’une phrase la situation « On vend le patrimoine du pays et on saigne le peuple, c’est un crime. Et ceci n’est que le début. Les conséquences seront terribles ».

Les dirigeants européens font croire qu’il n’y a pas d’autre politique possible et qu’ils incarnent la « raison ».

Or la vraie folie, nous l'avons désormais tous compris, c’est de continuer leur politique au service des banques et contre les peuples.

Etre raisonnable aujourd’hui, c’est au contraire préparer dans le calme la sortie de l’euro de la Grèce, seul moyen de relancer la croissance et l’emploi dans ce pays exsangue et révolté.

Seul moyen surtout de redonner sa liberté et sa dignité à un peuple placé aujourd'hui sous tutelle.


Nicolas Dupont Aignan

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Nouveau-plan-d%E2%80%99aide-%C3%A0-la-Gr%C3%A8ce-%3A-une-saign%C3%A9e-dangereuse


Programme DDV : Politique du logement

04/06/2011 13:22 par rgrs

  • Programme DDV : Politique du logement

    Programme DDV : Politique du logement

    04/06/2011 13:22 par rgrs

Le logement fait partie des préoccupations quotidiennes de la plupart des Français. Il manque un million de logements sociaux pour satisfaire la demande de logements sociaux, au même moment où l'Etat dépense des fortunes pour loger en urgence les familles les plus défavorisées dans des hôtels.

Il existe des zones en tension permanente connaissant une flambée des prix immobiliers et une forte augmentation des loyers, chassant des centres-villes les ménages des classes moyennes, et notamment les jeunes ménages avec enfant qui sont pourtant source de dynamisme économique pour les villes.

Le thème de la France des propriétaires développé lors de l'élection présidentielle de 2007 a montré ses limites au cours du quinquennat.

Ce n'est pas le statut du logement qui importe, c'est la sécurité du logement qui doit être au coeur des politiques publiques du logement.

Le Préambule de la Constitution garantit un droit au logement pour chacun. Cela implique une triple sécurité:

  • Sécurité face aux risques, en garantissant des normes de salubrité et de protection des personnes (incendies, ascenseurs...)
  • Sécurité dans la durée, en permettant à chacun de pouvoir se maintenir dans un logement dans un contexte de hausse des prix
  • Sécurité dans les relations entre bailleurs et locataires, en offrant aux deux parties des garanties concrètes.

Le logement est un enjeu d'intérêt général qui détermine la cohésion sociale, le dynamisme économique et la sécurité du patrimoine de nombreux Français. C'est pourquoi il est nécessaire face aux dysfonctionnements actuels de créer un Service Public du Logement.

Ce service public du logement sera assuré par la régulation, le contrôle et la contractualisation au moyen d'une agence publique sous l'autorité du Ministère des Affaires Sociales.

Il pourra assumer diverses fonctions :

La contractualisation d'engagements de service public

Ce service public du logement créera un secteur locatif privé à vocation sociale, grâce à des garanties apportées aux bailleurs concernant les impayés et la remise en état des logements. L'incitation se fera par la réorientation d'une partie de l'avantage Scellier. Les bailleurs propriétaires de nombreux logements (plus de 10) seront tenus de consacrer un cinquième de leurs logements au secteur social privé.

Il créera également un secteur locatif privé à destination des classes moyennes créant un bail longue durée spécifique, un dispositif labellisé fixant un cadre de loyers en fonction des revenus des familles de classes moyennes et du nombre d'enfants. D'autre part, les hausses de loyers seront limitées dans le cadre de ce dispositif au moment du renouvellement du bail. Le choix par les bailleurs de ce dispositif sera volontaire et favorisé par incitation fiscale.

La sanction contre les abus

Il s’agit de lutter contre des abus inacceptables en veillant à l’exécution stricte des lois : logements insalubres ou inadaptés, "marchands de sommeil".

La régulation pour un meilleur accès au logement

Cette agence aura vocation à être le premier recours du droit au logement opposable. Elle pourra également recourir à des dispositions contraignantes pour remédier à des situations particulières, notamment des réquisitions, dans le cadre de la règlementation actuelle. Elle veillera à l'application des lois existantes : loi SRU fixant un taux de logements sociaux par commune et loi sur le Droit Opposable au Logement, mise en place par mon gouvernement.

La médiation des relations entre bailleurs et locataires

En cas de désaccord majeur, le service public du logement pourra être appelé par l’une ou l’autre partie pour faciliter une solution, notamment concernant les garanties au moment du bail, les impayés ou les renouvellements du bail.

L'information sur l'offre et la demande de logement

Un observatoire national du logement doit être en mesure d’indiquer, de manière accessible à tous, les prix moyens dans le secteur privé par bassin de vie, le stock et la disponibilité de logement social. Les demandeurs de logement social auront un numéro unique national pour éviter les demandes multiples qui engorgent les services municipaux, notamment dans les plus grandes villes.

Réponses aux objections

Qu'est-ce que cela changera pour moi?

Si j’habite dans une zone sous tension, je pourrai savoir si le logement que je choisis à la location entre dans un dispositif d’encadrement adapté à mes revenus. Dans ce cas, le loyer ne pourra varier que dans une marge limitée.

Si je ne peux pas apporter les garanties nécessaires à la location d’un logement, par exemple à Paris, je pourrai m’adresser à la médiation du service public du logement, capable de se porter quand c’est nécessaire, caution.

Cela va créer une nouvelle administration et alourdir l’Etat.

Il s’agit essentiellement de fédérer les initiatives existantes et de créer une instance de pilotage commune. Au contraire, certains doublonnements de missions pourront être simplifiés.

Source: République Solidaire

Photo : http://www.sebastienlucas.com/images/archi_choiseul/1-logement_sociaux_paris_atelier_choiseul_vue_generale.jpg

http://2villepin.free.fr/index.php/2011/06/02/1923-dominique-de-villepin-pour-un-service-public-du-logement

La sécheresse, nouveau drame des agriculteurs

04/06/2011 13:00 par rgrs

  • La sécheresse, nouveau drame des agriculteurs

    La sécheresse, nouveau drame des agriculteurs

    04/06/2011 13:00 par rgrs

Le gouvernement a fini par annoncer un certain nombre de mesures pour aider les éleveurs, qui sont les premières victimes de la sècheresse que traverse le pays cette année et qui bouleverse notre production agricole. Une réponse nécessaire mais insuffisante.

Le drame de la sécheresse

La sècheresse en cours est inédite depuis 1976. Non seulement l’hiver et le printemps ont été les plus chauds depuis plus d’un siècle, mais en outre, il pleut également beaucoup moins que la moyenne. On ne sait pas encore si nous arriverons jusqu’aux extrémités 1976 puisque l’été y avait été également très chaud et sec. Dans ce cas, les conséquences seraient très fortes, sachant que plus de la moitié des départements sont déjà en restriction d’eau.

Cette sécheresse devrait réduire les rendements de la plupart des cultures. Cela ne sera pas trop grave pour les céréaliers qui bénéficient de cours extrêmement élevés, ce qui devrait compenser la baisse de rendement. En revanche, c’est une calamité pour les éleveurs, qui sont pris à un triple piège : ils manquent de fourrage (gratuit) pour leurs bêtes et doivent donc acheter plus de céréales, et ils se retrouvent contraints à abattre davantage de bêtes, ce qui déprime les cours de la viande.

Du coup, ils se retrouvent coincés entre une augmentation des dépenses et une baisse du prix au kilo de la viande. Mais, des mécanismes de solidarité sont mis en place : ils récupèrent exceptionnellement les fourrages des champs en jachère ou de terrains publics, ce qui permet de contenir les coûts. Et le gouvernement vient de débloquer un fonds de garantie pour indemniser les éleveurs, ce qui devrait limiter les conséquences de cette sècheresse.

L’agriculture n’est pas un pas un secteur économique comme les autres

Si ces actions sont utiles et nécessaires pour soutenir les éleveurs, cela amène à se poser à nouveau la question de la manière de gérer l’agriculture. L’agriculture n’est pas un secteur comme les autres pour de multiples raisons. Tout d’abord, il s’agit d’une activité vitale pour l’homme. Que la production de téléviseurs diminue de 10% n’est pas un drame pour l’humanité. En revanche, que la production de céréales baisse de 10% et nous aurons des famines.

En outre, l’activité agricole est une activité beaucoup plus instable que les autres activités économiques. Elle est dépendante du temps, qui peut provoquer une forte hausse ou une forte baisse des rendements d’une année sur l’autre. Les coûts peuvent également fortement varier d’une année sur l’autre. Enfin, les prix, fixés sur les marchés, sont beaucoup plus fluctuants que ceux de la plupart des autres activités économiques. Résultat, les revenus font un yo-yo impressionnant.

Il y a donc une aberration complète à abandonner un secteur aussi vital à l’instabilité des marchés, faisant peser une forte menace sur l’alimentation de l’humanité. C’est pourquoi il devrait y avoir une exception agricole, une reconnaissance du droit de chaque pays à être relativement auto-suffisant et un encadrement des mécanismes de marché (prix minimums). Cela permettrait aux agriculteurs de vivre de leur métier et non de dépendre de plus en plus des aides étatiques.

Il est absolument nécessaire d’aider les éleveurs dans la passe très difficile qu’ils traversent. Mais cette énième crise devrait précipiter une réflexion plus globale sur le traitement d’un secteur économique vital que nous avons abandonné aux mécanismes les plus brutaux du marché.

Laurent Pinsolle

Photo : http://4.bp.blogspot.com/-hzVKwweMBME/Tc1joYSg1zI/AAAAAAAAI2Q/m_OMnwgRJ8E/s1600/secheresse+france+meteo+france+mai+BLOGPARFAIT.jpg

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Quand Attac combat le pacte pour l’euro

04/06/2011 12:50 par rgrs

  • Quand Attac combat le pacte pour l’euro

    Quand Attac combat le pacte pour l’euro

    04/06/2011 12:50 par rgrs

Hier soir, j’ai participé comme simple spectateur à une réunion organisée par Attac dans le 18ème arrondissement sur le pacte de l’euro avec Frédéric Viale, membre du conseil d’administration de l’association et auteur de « l’horreur européenne ». Une réunion passionnante.

Un coup de force anti-démocratique et antisocial

Le 11 mars 2011, les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en Conseil Européen se sont entendus sur un pacte pour l’euro qui met les budgets nationaux sous la coupe des institutions européennes et qui impose aux Etats de les soumettre à l’Europe avant même les parlements nationaux ! C’est ainsi qu’en avril, les budgets devront être présentés avant qu’en juin ou juillet, le conseil européen ne donne son avis sur les propositions faites par les Etats !

Mais ce n’est pas tout, le 8 juin devrait être votées le « six pack » de manière à graver dans le marbre ces nouvelles procédures. Il y a là tout un arsenal législatif aussi antidémocratique qu’antisocial. Les objectifs sont la compétitivité, l’emploi (par la baisse des salaires), la viabilité des finances publiques et la stabilité financière. Ce pacte prévoit de réduire un contrôle des dépenses publiques quel que soit le contexte, une réduction obligatoire du niveau de la dette.

Pire, il prévoit des sanctions (simple dépôt, mais pouvant aller jusqu’à l’amende), comprises entre 0.1 et 0.5% du PIB (entre 2 et 10 milliards pour la France). De manière révoltante, ce sera la Commission, cet aréopage de technocrates apatrides, qui proposera la sanction et seule une majorité qualifiée de deux tiers des Etats pourra s’y opposer. En clair, si 60% des Etats s’opposent aux sanctions, elles passeront quand même ! Elle est belle la démocratie européenne !

Le remarquable travail d’Attac

Je vous invite à vous rendre sur le site d’Attac pour trouver des documents extrêmement bien faits qui expliquent parfaitement ce qui se trame aujourd’hui. L’association, qui avait été en pointe dans le combat contre le Traité Constitutionnel Européen propose une quantité colossale de documents concernant de nombreux sujets essentiels, notamment sur les questions européennes. Il s’agit donc d’un site absolument essentiel pour tous les alter européens ou économiques.

Je peux également témoigner de la très grande qualité de la conférence donnée par Frédéric Vialle et du débat qui a suivi. Il est extrêmement réjouissant de voir à quel point des citoyens peuvent s’investir sur de tels sujets pour avoir des débats et des échanges aussi riches. En outre, j’ai été très bien accueilli par les militants, et j’ai pu constater que, même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, sur les questions économiques, nous sommes proches.

En fait, Attac semble se poser aujourd’hui des questions sur l’euro. Il est bien évident que l’association ne peut que combattre la grande régression sociale que provoque aujourd’hui la monnaie unique. Mais au sein d’Attac, certains se demandent si ce n’est pas seulement la gestion de l’euro qui provoque cela, et donc, si une modification de sa gouvernance ne permettrait pas des politiques plus progressistes. Mais d’autres, comme moi, pensent que c’est fondamentalement lié à l’euro.

En tout cas, j’ai passé un très bon moment et cela m’a aussi permis de me rendre compte que le site d’Attac est un site qu’il faut absolument visiter pour trouver des informations et des dossiers importants. Merci à Charles pour m’avoir signalé la réunion.

Laurent Pinsolle

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Athènes outragé ! Athènes dépecé! Athènes martyrisé ! A quand Athènes libéré ?

01/06/2011 15:41 par rgrs

  • Athènes outragé ! Athènes dépecé! Athènes martyrisé ! A quand Athènes libéré ?

    Athènes outragé ! Athènes dépecé! Athènes martyrisé ! A quand Athènes libéré ?

    01/06/2011 15:41 par rgrs

50 milliards : voilà le programme de privatisations massif que la Grèce se voit imposer par le FMI, la BCE et la Commission Européenne en contrepartie du plan « d’aide ». Pour donner un ordre de grandeur, cela revient à 400 milliards à l’échelle de la France.

Le grand dépeçage de la Grèce

Je me permets de reprendre le titre du papier de Nicolas Dupont-Aignan, invité avant-hier soir à l’émission de Pierre-Louis Basse sur Europe 1. Car comment qualifier autrement le programme qui est imposé aujourd’hui au peuple grec ? A-t-on vraiment conscience de ce l’immense régression que traverse le peuple grec ? Certes, le pays a trop emprunté et a trafiqué ses comptes (avec l’aide de Goldman Sachs), mais les mesures actuelles sont aussi dures qu’inutiles.

Car quelle sera la situation du pays dans deux ans ? Un pays qui aura une dette de 160% du PIB, une grande partie de ses actifs vendus à des entreprises étrangères, un PIB qui aura reculé de 10 à 15%, un taux de chômage de plus de 20% et sans doute toujours un déséquilibre important de sa balance des paiements, et donc toujours un besoin de financement étranger. Bref, quoique l’on fasse, la Grèce finira par restructurer sa dette. Nous ne faisons que repousser le problème.

Le besoin de se libérer de la monnaie unique

Patrick Artus, économiste à Natixis, a fait un papier sur les pays périphériques de la zone euro. Bizarrement, il affirme que « l’ajustement demandé à ces pays est de l’ordre de celui réalisé par l’Allemagne ». Pourtant, il montre qu’ils ont besoin d’une baisse des coûts salariaux de 20 à 35% et une baisse de la demande intérieure de 13 à 27 points du PIB ! A partir de là, comment la Grèce pourrait bien faire 3% de croissance par an comme il le prévoit pour étayer ses prévisions ?

Car si les salaires baissent d’autant, il est bien évident qu’il n’y aura pas de croissance. En fait, le problème de compétitivité des pays de la périphérie de la zone euro est assez simple : soit il est traité par une baisse sauvage des salaires, aux effets dépressifs catastrophiques, soit il est réglé par une dévaluation (et donc une sortie de l’euro). Et comme le besoin d’ajustement des coûts salariaux est aujourd’hui trop important pour être réalisé par les salaires, il faut passer par la deuxième solution.

Les plans actuels sont d’autant plus choquants qu’ils sont aussi cruels qu’inutiles. Ils ne font que repousser la résolution du problème, en le faisant grossir. Résultat : les peuples souffrent absolument pour rien, la dette sera restructurée et l’ajustement sera encore plus brutal.

Politique extérieure de la France.

31/05/2011 15:41 par rgrs

  • Politique extérieure de la France.

    Politique extérieure de la France.

    31/05/2011 15:41 par rgrs

La politique extérieure d’un pays, bien plus que sa politique intérieure, comporte nécessairement une certaine continuité que lui imposent les données géographiques et historiques. Il n’est donc pas question, ici, de prendre systématiquement le contre-pied des positions qu’exprime M. Sarkozy dans une interview ( l’Express, 4 mai 2011)d’une telle exceptionnelle longueur, qu’on ne peut qu’y voir les prémices de la campagne présidentielle. M.Sarkozy, lui-même, ne crée pas ex nihilo la politique extérieure de la France et d’autres, avant lui avaient assumé, avec plus ou moins de bonheur, cette nécessaire et séculaire continuité.

Mais M. Sarkozy, comme tous ses prédécesseurs, y ajoute ses mots et, surtout, des silences.

Les mots de Nicolas Sarkozy

1/- Les mots qu’ajoute M. Sarkozy à notre tradition diplomatique peuvent entraîner parfois l’adhésion. Il n’est pas question, en effet, de tout critiquer par principe, surtout lorsque les mots sont adaptés aux situations événementielles de l’instant. Si M. Mitterrand avait mal évalué la portée des événements dénommés « chute du mur de Berlin », et mal géré ceux du Rwanda, M. Chirac, incapable de refuser la dramatisation voulue par Mme Albright de la crise post- yougoslave, ou les hypothèques du traité de Nice, M. Sarkozy - en dépit du grotesque épisode Alliot-Marie ,- se tire plutôt bien du « printemps arabe ». Les peuples arabes n’ont, finalement, de khalifat en mameloukat, d’Empire ottoman en colonisation, puis en régimes autoritaires, jamais connu de régime équivalent à nos républiques européennes. Aussi, les mots de M. Sarkozy, historiquement importants pour cette raison, doivent être approuvés lorsqu’il déclare qu’il faut combattre le terrorisme de manière frontale. Mais les actes ne sont pas au rendez-vous : la France est trop absente des luttes que mènent, au Sahel francophone, la Mauritanie, le Mali, le Niger contre les assassins d’AQMI, réfugiés dans l’Adrar d’où ils lancent leurs raids criminels contre les citoyens français et autres victimes innocentes Les mots de M. Sarkozy sont également excellents lorsqu’il indique qu’ « il faut soutenir de toutes nos forces l’émergence de la démocratie dans les pays arabes. » Mais les actes ont démenti longtemps ces trop nouvelles bonnes résolutions, tant la France a accordé les honneurs aux Assad, Moubarak, Ben Ali, Kadhafi ; sans oublier Boumédienne et Bouteflika. Les mots de M. Sarkozy sur les résolutions du Conseil de sécurité relatives à la Libye seraient sans nul doute à porter au crédit de la France si l’on ne se souvenait ni des victimes- dont des bébés français- du vol UTA 772 ni de la tente plantée par un chef de rezzou sur notre sol français. Que de lâchetés misérables et humiliantes avant la posture guerrière...

Et que penser de cette phrase cynique « tant que les peuples [arabes] ne se manifestaient pas, nous ne pouvions le faire à leur place » ? La France doit-elle attendre les massacres de masse de civils pour agir ? Pendant les enlèvements, tortures, assassinats les affaires doivent-elles continuer ?

Quant à la Syrie, là encore, les mots sont au rendez-vous : « ... le comportement du régime est inacceptable... » « choquant ... ». Mais les actes ? Non, M. Sarkozy ne regrette pas d’avoir tendu la main à la Syrie (traduire : le rejeton de la dynastie assassine El. Assad) « car il suffit de regarder une carte pour voir que la Syrie est un acteur majeur du Proche-Orient... ». S’il est exact que cette « real politik », a conduit à une amélioration de la situation au Liban, une fois de plus les actes trahissent les mots : « la main tendue se referme »... « Nous n’accepterons pas »... aussitôt tempérés par : « l’intervention militaire restera l’exception »... Voilà Assad informé qu’il peut faire couler des fleuves de sang, torturer, enlever, emprisonner et que la seule réaction de la France et de l’Occident sera que « nous allons agir pour l’adoption des sanctions les plus sévères. » ! Et c’est tout. Comment justifier l’intervention militaire en Libye et la passivité en Syrie ? Y aurait-il des massacres plus tolérables que d’autres ? Ou bien serait-ce que notre pays n’aurait plus une capacité militaire suffisante ? Ou que la Syrie n’a pas de pétrole ? Serait-ce que l’engagement imprudent en Afghanistan, sans aucune justification stratégique, a fait atteindre son plafond opérationnel à notre armée ? Fallait-il confier un rôle diplomatique à M. Lévy ? Quelle est la lisibilité de cette diplomatie-people : après Cecilia, Bernard-Henri... Parfois Jack, bientôt Zinedine ? Nagui ? Précision dérisoire et surréaliste : M. Lévy « n’est pas mon porte-parole et je me suis pas le sien ». On ne sait pas laquelle de ces précisions nous rassure le moins...

Et le conflit interminable Israël-Palestine ? Là encore beaucoup de mots. Trop de mots ? Des mots qui s’entrechoquent : « la France est sans ambiguïté contre la colonisation [des territoires] » mais « ...cela n’a pas de sens de mettre son arrêt comme préalable à toute discussion » et encore « la question des frontières entre les deux (futurs) états est donc fondamentale ». Comprenne qui pourra. Si les mots sont télescopés, les actes ne le sont pas moins : Israël n’a guère confiance en la France. Mais faisons, pour l’instant, crédit à M. Sarkozy : chacun pourra vérifier en septembre 2011 si la France vote ou non, à l’ONU, la résolution reconnaissant un état palestinien.

Les silences de Nicolas Sarkozy

2/- Si les mots de M. Sarkozy sont démentis par ses actes, ses silences, eux, sont contredits par les faits et par la raison, notamment lorsqu’il aborde les questions européennes et l’économie internationale. « Plus le temps passe, plus je me sens engagé dans l’idéal européen ». « ... La pérennité de notre modèle de société passe par le renforcement de l’Europe. » Tout est dit, et l’accélération de la machinerie qui détruit la France et l’Europe, programmée sur le mode « mais on ne change pas une formule qui perd ». Pourtant, la question européenne est abordée, au début du passage qui la concerne, de manière équilibrée. D’une part, il faudra intégrer un état en partie musulman (M. Sarkozy vise la Bosnie, mais il oublie le Kosovo, chef-d’œuvre des fautes de M. Kouchner, et l’Albanie).D’autre part « l’élargissement à la Turquie serait un contresens historique et géographique » ; on ne peut qu’approuver, mais avec une certaine appréhension, tant le mandat de M. Sarkozy aura, toujours et en tous domaines démontré le décalage entre les mots et les actes. Car il s’agit sans doute d’apprivoiser le lecteur pour lui administrer ce qui suit et qui constitue l’essentiel de notre irrémédiable et totale opposition à la politique menée depuis quatre ans (et, au-delà, depuis vingt ans) : l’Euro, Schengen, l’austérité.

2.1« Il faut poursuivre l’intégration économique de la zone euro. » La seule ‘’ raison ‘’ imaginable à cet absurde et coupable entêtement c’est que la droite (et la gauche, aussi d’ailleurs) ne veut pas admettre s’être lourdement trompée sur un sujet scientifique et technique majeur. Peut-être, aussi, M. Sarkozy n’a-t-il ni la compétence ou /ni le courage de poser la question : si nous ne ramenons pas l’euro à un niveau cambiaire proche du dollar (1=1), il faut en sortir et reconstruire avec l’Ecu une monnaie commune correspondant à la réalité et aux besoins de nos économies ; un Ecu qui serait perfectionné pour faciliter les échanges dans toute l’Europe des 27 et serait stabilisé grâce au Système monétaire européen (SME,et son système de ‘’cours pivots’’). De toute façon, en attendant la réplique inévitable (les mêmes causes, que le G20 ne veut pas changer, produiront les mêmes effets), de la crise de septembre 2008, les mouvements sociaux, puis politiques, qui affectent, et affecteront de plus en plus, la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande etc.), chasseront les dirigeants (souvent socialistes) complices des souffrances infligées stupidement et inutilement à leurs peuples. La seule question, dès lors, est de savoir : quel pays sera le premier, quand, et combien le suivront, qui mettra fin à une chimère (l’Euro) dont les plus grands économistes (aussi différents que Friedman et Allais) dénonçaient, dès sa création,l’aberration et le danger, et dont, aujourd’hui, la quasi-totalité des économistes (indépendants) annoncent la fin prochaine ?

2.2 Schengen « Je crois en Schengen mais... » Le discours est flou : M. Sarkozy y croit, mais il ne veut pas « accepter tout le monde », « il faudra des règles d’immigration concertées » (mais nous les avons déjà !). Et un « développement économique partagé » (qu’est-ce à dire ?) et « si un pays européen ne peut garder ses frontières, la question de la suspension provisoire de Schengen doit être posée sans tabou ». C’est flou et c’est mou. De plus le Danemark vient de le faire (12/05/11) unilatéralement, privant M. Sarkozy de son effet. Une fois de plus les incantations ... Sur une question aussi sérieuse que celle des mouvements de populations seule la sortie de Schengen et le retour des visas pour les non européens pourrait rétablir la confiance du peuple français. Et que l’on ne nous dise pas que c’est impossible. Au-dessus de tout traité, de toute règle de droit, il y a la souveraineté du peuple, un acquis des premières républiques. Les droits qui feraient échec au Droit doivent être corrigés. Ne reculons pas face aux prétendus anathèmes de « populisme » : le populisme, sauf s’il s’accompagnait de violence, d’injustice ou d’intolérance, n’est que le mot creux et méprisant inventé par les castes au pouvoir pour disqualifier ceux qui voudraient contester leurs erreurs. D’ailleurs, il suffit de savoir de qui (Alain Minc) vient la critique pour être fondé à l’ignorer. Selon ce personnage (lire sa biographie est édifiant) la limitation de l’immigration [même] légale serait un « thème dont l’inconscient rime avec protectionnisme, corporatisme, malthusianisme, le tout nimbé d’une once de xénophobie ». Sur ce point M. Sarkozy a, une fois de plus, des mots qui peuvent faire illusion : chômage des Français (15 % si l’on cumule les catégories A, B, C), chômage de 23 % pour les étrangers non communautaires « nous devons nous poser la question de l’immigration légale : c’est du bon sens ». Mais « se poser la question » est-ce y répondre avec courage, en ignorant le MEDEF, Minc, et le PS ? Au passage, après avoir cité, à bon escient, Lévi Strauss (« L’identité n’est pas une patho- logie »), M. Sarkozy se veut aussi, tout à la fois historien, sociologue, biologiste : « je n’ai jamais été pour l’immigration zéro, car les civilisations s’effondrent par la consanguinité et non par le melting-pot »... Mais M. Sarkozy confond : l’apport, l’échange culturel (et, pour Lévi Strauss, l’exogamie) sont indispensables ou fertiles ; la dilution anomique impériale, elle, provoque l’effondrement des civilisations. Ce fut le cas pour Rome, l’Autriche Hongrie, Attila, Gengis Khan, les Aztèques et les Incas, les Perses, les Omeyyades, la Sublime Porte, l’URSS... Alors que les peuples culturellement et socialement soudés (Arménie, Finlande, Grèce, Irlande, Israël, Lituanie, Pologne...) ont survécu. L’hétérogénéité excessive des Empires c’est la confusion, l’inefficacité, puis la disparition dans la poussière des siècles

2.3 C’est le silence, ou plus précisément l’omission, que M. Sarkozy utilise pour traiter du sujet financier et économique : l’austérité. Et c’est pour nous dire : « Je n’aime pas le mot austérité »... M. Sarkozy n’aime que certains mots, ceux qu’il manipule, mieux que ses actes.

Au lieu et place d’actes, il se contente d’accepter purement et simplement le diktat de la Commission européenne, du F.M.I, des agences de notation, et de Mme Merkel. Que la France soit surendettée, personne n’en doute. Que cela soit dangereux, non plus. Que les déficits budgétaires répétés soient à éviter, tout le monde le sait. Mais ce que ne sait pas M. Sarkozy et son aréopage, c’est qu’il y a deux façons de rétablir l’équilibre d’un budget : – La première, utilisée en 1930, avec les résultats que l’on sait, et que Keynes avait dénoncée, qui consiste à réduire les salaires du secteur public, le nombre de ses serviteurs, les pensions, les dépenses des services publics. C’est cette méthode, stupide et dangereuse, que l’on recommence à pratiquer : elle aggrave la crise économique et la transforme en drame social, puis politique : – La seconde façon consisterait à augmenter la production et l’emploi et donc par un effet mécanique, la masse imposable ; et, ainsi, à réduire rapidement les déficits et la dette. Seulement, pour mettre en œuvre cette méthode (la seule) il faudrait du courage politique et pas seulement des coups de menton : déprécier l’Euro ou le quitter s’il ne baisse pas, taxer ou contingenter à la marge les importations extra-communautaires lorsqu’elles menacent de faire disparaître des secteurs essentiels Et toute l’Europe suivrait. On voit bien, dès lors, que la politique économique est tributaire de la politique extérieure. Quant aux critères de Maastricht (critères de convergence avant l’entrée dans l’Euro, pacte de stabilité après,), ils sont stupides si on les applique comme un dogme comptable annuel. Toutes les politiques de relance supposent un déficit accepté, mais cantonné à quelques exercices, une inflation maîtrisée, et un retour à l’équilibre ultérieur, voire à l’excédent permettant de réduire les impôts, lorsque l’augmentation du PIB regonfle les caisses de l’état. Ni le G8 ni le G20 ne pourront rien y changer. Ces « clubs », issus de la mécanique perverse des institutions de Bretton Woods (B.M., F.M.I, O.M.C.), coupés du réel et de la raison, ne peuvent parvenir à des résultats vertueux. L’objectif est de faire croire que l’on va changer, améliorer le système tout en maintenant sa perversion absolue : le capitalisme spéculatif financier international. C’est une pathologie du libéralisme qui est, en fait, une vaste activité de fabrication de fausse monnaie qui se couvre du manteau d’un légalisme de circonstance. Il ne faut pas le corriger mais y mettre fin pour rémunérer, à nouveau, le travail de l’homme, et le capital placé dans la production utile au rendement sociétal.

* * *

Des inactions qui contredisent les paroles, répandues à tous vents. Les faits, la réalité, qui dénoncent les silences implicites et complices. Inactions, silences, escamotages, tout est imposé dans une démarche qui offense la raison et la connaissance : la démarche fédérale européenne qui prive les peuples de leur droit de choisir, la démarche mondialiste qui ruine l’économie et la solidarité nationale, la démarche atlantiste qui aligne la France sur les intérêts américains au détriment de l’intérêt national et de l’intérêt de nos amis et alliés, notamment en Afrique.

Car c’est, étonnamment, la première fois dans l’histoire de France que c’est ailleurs, et par d’autres que nous, que le bonheur ou le malheur de nos familles est décidé. C’est dire l’importance de la politique extérieure de la France, et de l’abîme qui se creuse entre notre peuple et ses dirigeants à cause de leur aveuglement sur les causes des terribles effets néfastes que nous endurons.

Henri Temple

Avocat et Délégué National DLR à la politique extérieure

http://www.debout-la-republique.fr/Politique-exterieure-de-la-France.html

L’élite échange Lagarde contre DSK au FMI

31/05/2011 15:35 par rgrs

  • L’élite échange Lagarde contre DSK au FMI

    L’élite échange Lagarde contre DSK au FMI

    31/05/2011 15:35 par rgrs

Un échange de politesse des plus émouvants est en train de s’effectuer sous nos yeux. En 2007, Nicolas Sarkozy avait parrainé avec enthousiasme la nomination de Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur du Fonds Monétaire Internationale (FMI). Aujourd’hui, les hiérarques du PS cautionnent la candidature de Christine Lagarde pour lui succéder d’ici quelques semaines.

Martine Aubry, François Hollande et Bertrand Delanoë y sont allés de leur appui plus ou moins voilé à la ministre de l’Economie, en évoquant à peine quelques réserves. La première secrétaire du PS a même déclaré, sur France 2 : « Si l’Europe peut avoir ce poste et si une Française peut l’obtenir, je crois que cela serait une très bonne chose pour notre pays et pour l’Europe ». Seul Benoît Hamon a semblé se rappeler que le PS, d’ordinaire, clouait la « Française » en question au pilori.

Mais comment peut-on critiquer une ministre et trouver souhaitable qu’elle aille occuper un poste capital en ces temps de crise ? Voilà qui en dit long sur la collusion de fait entre gens apparemment opposés au quotidien.

Passons sur le fait que Christine Lagarde est sous la menace d’une épée de Damoclès politico-judiciaire dans l’affaire du Crédit Lyonnais qui a permis à Bernard Tapie de toucher le jackpot. Oublions que ce sont les parlementaires socialistes qui ont lancé la procédure en cours et qu’ils peuvent une fois de plus manger leur chapeau. Constatons à nouveau que les élites de droite et de gauche savent laisser les couteaux au vestiaire dès lors qu’il s’agit d’occuper des postes stratégiques pour les institutions internationales.

Cela sonne comme un aveu. Justifier que l’on puisse passer sans coup férir de DSK à Christine Lagarde, c’est un peu comme si les dirigeants socialistes se réjouissaient de l’entrée imminente au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, président de leur groupe parlementaire, au sein du gouvernement Fillon.

On dira que le FMI n’est pas le gouvernement du monde. Certes, mais nul n’ignore le rôle que joue une telle institution dans le désordre mondial, aux côtés de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), dirigée par l’ineffable Pascal Lamy, lui aussi membre du PS.

Il faut beaucoup d’imagination, et une dose avérée de mauvaise foi, pour repeindre en rose le rôle joué par DSK à la tête de cet organisme. Sans aller jusqu’à mettre des pays à genoux, comme dans le passé, force est de constater que le FMI, secondé par l’Union Européenne, applique en Grèce et ailleurs des programmes d’une rare orthodoxie néolibérale, conditionnant l’octroi de prêts à une austérité à sens unique et à des programmes de privatisations sans équivalent depuis l’ère Thatcher.

Jusqu’ici, DSK était à la manoeuvre pour convaincre de la validité de ces plans qui sont à l’économie ce que les docteurs Diafoirus de Molière sont à la santé. Demain, au nom du changement dans la continuité, Christine Lagarde prendra peut-être le relais. D’ailleurs, la ministre a d’ores et déjà fait savoir à la Grèce que sans accélération de son programme de privatisation, il n’était pas question de lui accorder une éventuelle aide supplémentaire.

Au nom des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker est même allé plus loin en sommant Athènes de mettre en place une structure chargée de surveiller le programme de privatisation indépendante du gouvernement. Cette nouvelle police économique, selon lui, devrait être composée pour l’essentiel d’ « experts » internationaux. Et pourquoi pas dissoudre les institutions grecques pour les remplacer par des technocrates du FMI ?

Reste que de tels choix sont avalisés aussi bien par le PS que par l’UMP. C’est ce qui a fait le succès de la candidature DSK au sein d’une élite aveuglée par la connivence idéologique et la consanguinité sociale. Dans ce petit monde médiatico-politique, chacun rêvait d’une confrontation DSK/Sarkozy qui se serait réduit à un match entre le champion de la rigueur austère et celui de l’austérité rigoureuse. Comme le dit avec une certaine naïveté l’économiste Daniel Cohen dans Le Monde, « Les gens attendaient le choc de deux géants, DSK et Sarkzoy ». Les « gens » ou les clercs du « Cercle de la raison » – ceux-là même qui avaient décrété avec la même suffisance intellectuelle que le « Oui » devait l’emporter en 2005 lors du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen ?

On comprend mieux pourquoi le peuple, instinctivement, ne se retrouve pas plus dans ce genre de match que les jeunes espagnols ne se retrouvent dans leurs propres élites.

Jack Dion

Journaliste à Marianne

http://www.debout-la-republique.fr/L-elite-echange-Lagarde-contre-DSK.html