Guerriers et boutiquiers
20/07/2011 20:44 par rgrs
Un monde sans armes est un monde sans âme
Georges Kaplan concluait son dernier article en citant Bastiat : « si les marchandises ne traversent pas les frontières, les soldats le feront ». Cette allégation imbécile renferme un chantage implicite qui sous-entend : « si vous ne voulez pas jouer le jeu du grand marché mondial, on viendra mitrailler vos familles ». Voilà qui vous pose un pacifiste.
On peut lui objecter que le chantage, la terreur sournoise et l’injonction autoritaire indirecte sont typiques du langage marchand. Les publicités omniprésentes nous disent en substance : « si vous n’achetez pas le dernier Smartphone, vous demeurerez une merde insignifiante ». Fort de ce constat, on vous propose la camelote dernier cri pour que vous puissiez consommer au nom de la sacrosainte « liberté ».
Il est frappant d’observer que les apôtres de la déesse Marchandise produisent une rhétorique, des réflexes et des valeurs de pisseuse. Tout cela donne la nostalgie des confrontations franches d’autrefois. Il fut en effet un temps où la guerre était à la fois considérée comme la pire calamité possible et comme la mère de toutes les vertus. Quel paradoxe ! Mais toute vérité profonde n’est-elle pas paradoxale ?
L’ethos consumériste ne déteste pas tant la guerre que les vertus militaires
A contrario, la paix marchande qui, pour paraphraser Clausewitz, n’est que la guerre poursuivie par des moyens économiques, se révèle mère de tous les vices. Car la guerre économique en cours repose sur la capacité de chaque individu à se faire acheter. Cet éthos consumériste ne déteste pas tant la guerre classique, qui peut tout aussi bien interrompre les flux commerciaux qu’ouvrir de nouveaux marchés, que les vertus militaires : honneur, sacrifice de soi et fidélités supérieures. Ce triptyque de valeurs forge des types d’hommes peu maniables, sinon réfractaires à la marchandisation.
Or, la marchandise n’a pas besoin d’hommes prêts à mourir – d’ailleurs, qui mourrait pour elle ?- mais de femelles prêtes à se coucher. Lorsque plus personne ne sera en mesure de prendre les armes pour défendre une souveraineté, donc une liberté concrète, lorsque tout aura été pris en charge par l’alliance du Droit et du Marché1, la marchandise pourra pleinement étendre son empire.
Ce jour-là, le Droit totalitaire aura triomphé, permettant la poursuite incessante de la guerre économique mondiale. Un Droit totalitaire dont Eva Joly aimerait exalter le triomphe par des « défilés citoyens » dont l’exemplarité morale désignerait fatalement tous ceux qui ne savent pas suffisamment « vivre-ensemble » et autres sociaux-traîtres présumés.
Les conséquences monstrueuses de cette guerre économique étant indénombrables, ne mentionnons que ses ravages les plus visibles : inégalités comme aucune époque n’en a jamais connues, esclavage industriel dans des proportions inouïes, millions de déportés économiques qui migrent (il)légalement pour occuper des franges sinistrées des territoires autochtones avec le ressentiment et le désespoir des vaincus, colonisations culturelles nivelant par le bas la diversité des créations humaines et minant les plus anciennes et les plus hautes civilisations, etc.
Quand les hommes ont des mentalités de pisseuses
Avec désormais en ligne de mire la possible destruction de la planète elle-même, la marchandise poursuit sa course effrénée. Pour quelque idéal inatteignable brandi comme un étendard au-dessus du monde en souffrance ? Pour la gloire de quelque civilisation supérieure ? Pour le rayonnement d’un mot sacré ? Non, rien de tout cela.
Ce processus qui s’autoalimente ne vise qu’à dorer les chiottes du yacht privé de quelque boutiquier milliardaire, ou autres joyeusetés frivoles.
Alors, contrairement à la phrase imbécile de Bastiat prétendant nous préserver de grands maux grâce à un déversement massif de camelote, le 14 juillet, tandis que la circulation automobile avait en grande partie cessé et que le ciel se voyait fendu d’escadrilles, je pensais à la Justice, à la Paix et à l’Honneur de l’Homme.
Je me disais que pour préserver ces mots trop grands et trop fragiles, il nous faudrait moins d’hommes aux mentalités de pisseuses. Moins d’individus convaincus d’exister le dernier Smartphone en poche et davantage d’hommes fiers, libres, intransigeants à la mentalité de soldats. Non pas davantage de soldats mais plus d’hommes capables, pour défendre un peuple et une liberté, de partir exploser en plein ciel aux commandes d’un Rafale.
http://www.causeur.fr/guerriers-et-boutiquiers,10666
Le Parlement britannique a voté lundi en faveur du développement de l’énergie nucléaire. Une décision à contre-courant de la psychose post-Fukushima (qui a conduit l’Allemagne à sortir du nucléaire) et qui préfigure la construction de nouvelles centrales outre-manche.
« No panic ! » Le flegme britannique aura eu raison du vent de peurs anti-nucléaires qui s’était levé en Europe depuis l’annonce par la chancelière Merkel de l’abandon du nucléaire dans la première puissance européenne.
Flegme britannique et raisons structurelles
Si les militants écologistes et anti-nucléaires rêvaient à un « grand-soir de l’atome » après la catastrophe de Fukushima, la Grande Bretagne a non seulement confirmé son programme nucléaire (comme l’a à plusieurs reprises le gouvernement français), mais a fait un choix beaucoup plus radical.
Le National Policy Statement for Nuclear, voté lundi par le Parlement britannique prévoit la poursuite de l’exploitation des installations nucléaires en activité, mais annonce également la construction de nouvelles centrales nucléaires à travers le pays (sans en préciser le nombre).
De la fin du nucléaire civil à son retour en grâce, le retour de balancier aura été plus rapide qu’escompté, mais est finalement logique dans le contexte anglais au regard de données structurelles à long-terme.
Les réserves pétrolières de la mer du Nord n’étant pas éternelles (et montrant déjà des signes de faiblesse), le Royaume-Uni est (à l’image de la France) une puissance économique et industrielle pauvre en ressources naturelles pour alimenter son économie.
Angela Merkel : un choix politicien ?
Et comme l’économie anglaise est gloutonne en énergie, que les contraintes environnementales et de lutte contre le réchauffement climatique ne favorisent pas l’utilisation d’énergies fossiles pour produire de l’électricité… les alternatives ne sont pas légions.
Si le retrait allemand avait été un signal fort de l’évolution des mentalités outre-rhin et avaient fait pensé à une nouvelle donne nucléaire en Europe, le choix du développement fait par les Britanniques semble démontrer que les puissances européennes (et mondiales) se dirigent plutôt vers le statu-quo.
Au point de se demander quelles raisons ont poussé Angela Merkel a faire un choix aussi radical dans l’urgence et l’émotion d’une situation exceptionnelle. Le gouvernement allemand a-t-il obéi à des logiques politiques (ou politiciennes) en revenant sur le choix de l’atome sous la pression d’une opinion populaire choquée par le drame de Fukushima.
La candidate à la primaire PS souhaite une large alliance allant de l’extrême-gauche à « la droite gaulliste ». Une façon de dire que les clivages ne sont pas forcément là où on le croit.
En plein mois de juillet, on n’y croyait plus. Quelqu’un a réussi à émettre une idée dans cette campagne pré-présidentielle. Une idée, certes peu originale, mais qui reste plus profonde que le régime de Hollande ou les lunettes d'Eva Joly. Dimanche, Ségolène Royal a déclaré vouloir rassembler « d'abord les socialistes, ensuite les écologistes, l'extrême gauche, les centristes humanistes, mais aussi la droite gaulliste ». En 2007, elle avait déjà tendu la main au Modem de Bayrou.
Alors que Barack Obama tente de trouver un compromis politique pour échapper au défaut de payement, Myret Zaki, du magazine économique Bilan, explique comment les Etats-Unis en sont arrivés là.
Marianne2 : Le président Barak Obama tente de trouver un accord politique avec l’opposition républicaine à propos du niveau de la dette publique. Est-ce que ces négociations vous semblent à la mesure du problème que pose les Etats-Unis ?
Myret Zaki : Non, bien sûr. Le président Obama cherche à obtenir une solution avant le 2 août. Il est fort possible qu’il obtienne un accord limité, concédant aux Républicains une baisse des dépenses de 4000 milliards de dollars sur 10 ans. En échange de quoi l’Etat fédéral pourrait ajouter 2300 milliards de dollars aux 14300 milliards de dettes déjà constituées. Mais ce n’est pas du tout au niveau du problème : il faudrait, pour endiguer l’endettement phénoménal des Etats-Unis, opérer des coupes de l’ordre de 2000 milliards de dollars par an !
En fait si les pouvoirs politiques ne le font pas, c’est parce que emprunter de l’argent aux Etats-Unis est extrêmement peu coûteux, grâce au privilège du dollar, réputé monnaie de réserve du monde. Mais si l’Amérique perd sa notation « triple A », les taux d’intérêt s’envoleront !
Justement, la surprise, c’est que les agences de notation osent s’attaquer aux emprunts d’Etat américains, jusqu’à présent réputés les plus sûrs du monde ?
Les agences de notation financières, qui ont toutes leur siège à New York se sont enfin aperçues qu’elles attribuaient la note « AAA », la meilleure, à un pays qui était en risque de défaut. Elles auraient pu et dû le faire depuis au minimum 2008, lorsque la crise a révélé la fragilité de l’économie américaine. A continuer ainsi contre l’évidence, elles risquaient, elles, de perdre tout crédit, et que les investisseurs se tournent vers d’autres agences, comme la chinoise Da Gong, qui note les Etats-Unis « AA », un cran en dessous.
Pendant des années, les agences américaines ont décuplé le risque systémique qui menace l’économie mondiale. Pour prendre une comparaison : on dit que la dette en dollar est « liquide » (on peut la vendre et l’acheter très facilement, ndlr). Comme l’eau, elle irrigue l’économie en drainant les capitaux. Si cette eau devient soudainement illiquide, se transforme en glace, on irait vers un blocage mondial!
Et pour quelles raisons a-t-on pris un risque pareil ?
Pour que le prix de l’argent aux Etats-Unis soit le moins cher possible. Depuis deux ans on présente la dette européenne comme pourrie, et l’Europe comme un continent en perdition. Les agences de notation suivent curieusement un mouvement initié par les spéculateurs contre l’euro, qui ont fait des paris et mis beaucoup d’argent sur des scénarios de défaut des Etats de l’Union européenne. Des conseillers, des personnalités, des économistes en vue propagent le même discours : « vendez l’Europe et l’euro, achetez l’Amérique et le dollar ». Cela a pour effet de faire venir d’Europe vers les Etats-Unis, ou vers la Suisse, des masses considérables de capitaux, qui cherchent la sécurité. Or les Etats-Unis sont le pays le plus endettés du monde, où les états fédérés sont aussi au bord de la faillite, ainsi que les municipalités et les comtés. Et c’est le pays qui n’a programmé aucun plan de rigueur, à la différence des Etats de l’UE. Il n’y a plus de fonds propres en Amérique : tout le monde vit à crédit : le gouvernement central, les ménages, et même la banque centrale. Ce pays est une bulle spéculative.
Propos recueillis par Hervé Nathan - Marianne
Myret Zaki est rédactrice en chef adjointe du magazine économique suisse Bilan et auteur de « La Fin du dollar », (éditions Favre).
Photo : (Barack Obama - Wikimedia - Pete Souza)
http://www.marianne2.fr/L-Amerique-est-une-bulle-speculative_a208657.html
Le Monde du 15 juillet est revenu sur les résultats dramatiques du Capes 2011. Un nouveau signe du désarroi général de l’éducation nationale en France, ainsi qu’une menace majeure pour le niveau de l’enseignement dans les décennies à venir.
La grande désaffection du Capes
Les chiffres rapportés par le Monde font froid dans le dos. En 1997, il y avait plus de quinze mille candidats aux Capes de mathématiques et lettres modernes pour plus de deux mille cinq cent postes, ce qui assurait une forte sélectivité pour ce concours et donc un niveau élevé pour les professeurs. En 2011, 2800 candidats se sont présentés (une baisse de plus de 80% en 14 ans), pour 1750 postes. Du coup, il n’y a eu qu’un peu plus de 1200 postes pourvus.
La crise des vocations est spectaculaire et extrêmement inquiétante. Une vision optimiste des choses consisterait à dire que seuls les plus motivés continuent à se présenter, garantissant un maintien du niveau. Mais il ne faut malheureusement pas être naïf : la baisse de plus de 80% des candidats au Capes depuis 14 ans est doublement inquiétante. Tout d’abord, cela révèle que les inconvénients du métier apparaissent plus importants que les avantages, pourtant non négligeables.
Ensuite, se pose clairement la question de la sélection des enseignants des prochaines décennies. Le niveau des professeurs est un paramètre fondamental pour le succès d’un système éducatif, comme le soulignent de nombreuses études internationales. C’est pourquoi il est particulièrement inquiétant de voir baisser aussi radicalement la sélectivité du Capes. Nous pourrions bien payer pendant quarante ans le fait de n’avoir pas su traiter cette crise aigüe des vocations.
Des professeurs abandonnés
Comme le souligne Jean-Paul Brighelli, il s’agit d’un « indice de la faillite de notre système éducatif » dont les racines remontent malheureusement à des décennies avec un refus de la sélection qui aboutit à un abaissement généralisé du niveau, comme l’illustre tristement la cuvée 2011 du baccalauréat qui a vu un nouveau record dans le taux d’admission, avec 86% et même plus de 89% pour la filière S marquée à jamais par la gestion calamiteuse d’une fuite par le gouvernement.
Plus globalement, il est urgent d’améliorer les conditions de travail des professeurs. Car ce beau métier, essentiel pour l’avenir de la nation, est aujourd’hui boudé par une génération pour qui les vacances, la stabilité de l’emploi et le prestige sont aujourd’hui plus que contrebalancés par la démission de l’école devant la dureté des élèves, le rythme de travail, plus éprouvant qu’on veut le croire, les problèmes de reconnaissance et le sentiment d’être abandonné par l’Etat.
A ce titre, le mandat de Nicolas Sarkozy aura encore aggravé la situation sans rien résoudre. La réduction des effectifs accroît encore la tension dans les établissements, d’autant plus que toutes les réformes du gouvernement semblent dictées par des purs objectifs comptables, quels que soient les conséquences pour les professeurs, accentuant encore la crise des vocations. C’est pourquoi il est urgent de remettre dans les priorités absolues la réforme de l’éducation nationale.
Ici aussi, le bilan du mandat de Nicolas Sarkozy est très mauvais, comme l’indique clairement l’effondrement du nombre de candidats au Capes. S’il n’est pas le seul responsable, loin de là, il n’a pas su redresser la situation. Pire, il l’a encore aggravée.
Laurent Pinsolle
Sur France 2, en deuxième partie du journal de 20 heures de Laurent Delahousse, Ségolène Royale qui se présente aux primaires socialistes dit vouloir, si elle est choisie par les sympathisants de « la gauche », rassembler, au 2ème tour de l’élection présidentielle, les socialistes (en est-elle capable ?), l’extrême gauche (slogan éternel : « Elections, pièges à cons »), les humanistes ( !?), les écologistes d’Eva Joly (C’est quoi la France ?) et … les gaullistes de droite.
Et de faire référence au général de gaulle !
« Comme le disait le général de Gaulle, la politique, c’est se tenir droit et regarder en avant« . C’est bien Ségolène Royal qui puise ainsi dans les morceaux choisis du premier président de la cinquième République.
Vouloir représenter, simultanément, l’extrême gauche, les socialistes de tendances diverses (Aubry, Hollande, et même Strauss Kahn),et les gaullistes dits de droite est une vue de l’esprit d’une candidate qui n’a plus rien d’intéressant à dire.
Mais pour ce qui concerne les gaullistes, je m’autorise à penser qu’elle n’est pas la plus habilitée à évoquer ce qu’elle a toujours combattu (comme son mentor François Mitterrand) : le gaullisme.
Il convient néanmoins de lui rappeler que le gaullisme est un tout. Il n’existe pas, hormis pour les slogans racoleurs notamment en périodes électorales, de gaullistes de droite, ou de gauche, ou social, ou souverainiste, ou humaniste, ou…
Mais rendons grâce à Ségolène de rappeler qu’il existe encore des gaullistes. Cependant, ils ne pourront lui être d’aucun secours. Un gaulliste ne fera pas un choix entre Sarkozy et celle (ou celui) qui représentera le PS. Un gaulliste de conviction rejettera l’UMPS. Bonnet blanc et blanc bonnet!
Et puisque Ségolène aime à citer le Général, en voilà une qui est tout un programme : << Ce n’est pas la gauche, la France ! Ce n’est pas la droite, la France ! Naturellement, les Français, comme de tout temps, ressentent en eux des courants. Il y a l’éternel courant du mouvement qui va aux réformes, qui va aux changements, qui est naturellement nécessaire, et puis, il y a aussi un courant de l’ordre, de la règle, de la tradition, qui, lui aussi, est nécessaire. C’est avec tout cela qu’on fait la France. Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, c’est une erreur nationale impardonnable. >>
Alain KERHERVE
http://www.gaullisme.fr/2011/07/19/segolne-royale-de_gaulle/
La Norvège a deux grandes traditions : les Vikings et l'omelette. Nous, nous avons Eva Joly qui veut supprimer le 14 juillet pour le remplacer par un défilé citoyen. Foutre bleu ! C'est quoi un défilé citoyen ? Ben c'est un défilé de citoyens exemplaires par leur courage, par exemple. Afin que ce défilé ne sombre pas dans le grand n'importe quoi, nos citoyens marcheraient aux pas avec de la musique entrainante et rythmée. Des paroles simples, pour tout le monde, genre "tiens voilà du boudin pour les alsaciens, les suisses, les norvégiens.....". Et puis, par groupe, ils seraient habillés de la même façon. Il y aurait des responsables pour chacun, des encadrants, des sortes d'éducateurs, d'instructeurs. Pour que ces groupes sachent se défendre contre les hordes phassistes, ils seraient même armés. Et puis, pour ne pas trop s'ennuyer, il y aurait des avions dans le ciel et même une sorte de patrouille aérienne qui ferait des cabrioles avec leurs avions. Je crois que voilà une bien bonne idée à creuser. Tentons le coup ! On ne fait pas de jolie omelette sans se crever les yeux !
pierre_robes_roule
Au secours, le social-libéralisme revient !
Dans la campagne des primaires socialistes, François Hollande a trouvé son créneau : il sera le « socialiste responsable », s’alignant sur les objectifs les plus ambitieux de réduction du déficit, également favorable à une plus grande intégration européenne.
Les marchés contre le peuple
On peut se demander à quel point de dégénérescence mentale peut arriver un responsable « socialiste » pour prendre de telles positions. L’ancien Premier Secrétaire du PS ne cherche pourtant pas l’absolution d’un parti libéral professant sa foi absolue dans le marché, mais bien l’investiture « socialiste ». Or, le député de Corrèze veut tellement faire la course au centre qu’il finit par dépasser DSK sur sa droite. Un comble !
Il n’hésite pas à contredire le programme socialiste en avançant d’un an l’objectif du retour à un déficit de 3% du PIB et s’aligne ainsi sur les objectifs peu réalistes du gouvernement. Certes, certains aspects de son projet de grande réforme fiscale, partiellement inspiré par les propositions de Thomas Piketty et Camille Landais, sont intéressants. Il n’empêche : qu’un dirigeant « socialiste » privilégie la réduction des déficits sur la lutte contre le chômage reste incompréhensible.
En fait, tout cela n’est pas très surprenant. En refusant d’imiter les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui injectent des liquidités sur les marchés financiers, François Hollande se fait le digne représentant de la « grande purge libérale » du PS si bien décrite par le blogueur Yann.
On aurait pu croire Martine Aubry plus originale que son prédécesseur. Mais le choix du social-libéral Daniel Cohen comme conseiller économique démontre que l’actuelle première secrétaire ne sera pas plus ouverte que l’ancien aux idées économiques hétérodoxes.
L’Europe ? Irresponsable
Non content de se couler dans le moule de la plus stricte orthodoxie budgétaire, François Hollande prétend vouloir « sauver la zone euro ». A ce titre, il pourfend les atermoiements des dirigeants européens. Pour contrer leur prétendu immobilisme, il propose même d’approfondir l’intégration dans l’Union Européenne, en fusionnant le poste de président du Conseil avec celui de président de la Commission.
Last but not least, Hollande souhaite mettre en place des euro obligations dans un système de « fédéralisme budgétaire et fiscal ». Adieu la souveraineté, dont le premier fondement consiste à voter le budget suivant l’intérêt général déterminé par le peuple, seul décideur légitime en démocratie.
En plus de mettre notre budget sous tutelle européenne, le possible futur candidat du PS entend ainsi développer le mécanisme irresponsable des obligations européennes, qui consiste à égaliser les conditions de crédit à l’intérieur de la zone euro. De cette manière, les Etats les moins bien évalués bénéficient des mêmes conditions d’emprunt obligataire que les pays les mieux notés. Ceci conduit ni plus ni moins à pénaliser les élèves les plus sérieux de la zone tout en favorisant les Etats les moins regardants vis-à-vis de l’argent public. Une prime au vice !
Croire que ce faux mécanisme d’entraide résoudra la crise de l’euro relève du raisonnement par l’absurde. En effet, on reproduit là l’attitude irresponsable des marchés lors de la création de l’euro, qui a abouti à l’actuelle crise des dettes souveraines. Heureusement, l’Allemagne freine des quatre fers la fédéralisation des politiques budgétaires et fiscales. N’en déplaise à Hollande, Berlin sait encore ce que démocratie et souveraineté veulent dire !
En fin de compte, si François Hollande est peut-être aujourd’hui le représentant le plus crédible du PS, c’est qu’il incarne mieux que quiconque sa dérive antisociale et démocratique. Sous couvert d’européisme, sa victoire aux primaires de la gauche confirmerait la mainmise des partisans du « laisser-faire » libéral sur un Parti « Socialiste » dont il n’y a plus rien à espérer.
Laurent Pinsolle
http://www.causeur.fr/hollande-candidat-aux-normes-europeennes,10649
photo : Philippe Grangeaud
Le premier coup de canif au cumul des mandats n'aura duré que quelques jours. En effet, les élus de la majorité ont rétablit l'écrêtement, cette technique permettant à un élu de reverser, à sa guise, le surplus de ses indemnités, au delà de de 8300 euros.
Nous ne le répéterons jamais assez : De plus en plus de citoyens sont excédés par cette manie politique bien française du cumul des mandats.
Au delà du fait qu'elle paralyse la démocratie française, elle est source de petits arrangements légaux comme l'écrêtement qui est une source potentielle de : « collusion et de corruption » par le fait qu'un élu peut distribuer : « (...) à son entière discrétion le trop perçu à des collaborateurs, affidés (...) » comme l'expliquait Anticor dans sa : charte éthique des collectivités locales
Le 7 juillet dernier, nous écrivions : « L'écrêtement, cette technique permettant à un élu de reverser, à sa guise, le surplus de ses indemnités, au delà de de 8300 euros, vient d'être abrogé. Premier coup de canif significatif au cumul des mandats ? »
L'abrogation de ce système d'un autre temps, était due à René Dosières, le député spécialiste de la lutte contre les gaspillages, en tous genre, de l'argent public. Son amendement, adopté, à l'unanimité indiquait que : « La part écrêtée est reversée au budget de la personne publique au sein de laquelle le conseiller territorial exerce le plus récemment un mandat ou une fonction »
Or, c'était sans compter sur les sénateurs et députés de l'UMP et du centre qui ont immédiatement réagit, comme l'expliquait la Gazette des Communes : « (...) L'Assemblée a, mardi 12 juillet 2011 - après le Sénat la veille - supprimé deux dispositions obligeant d'une part un élu qui dépasse le plafond légal d'indemnités perçues au titre de ses différents mandats à reverser le surplus à la collectivité où il a été élu le plus récemment (...) »
Cette réaction aurait semble t-il été concertée avec le gouvernement comme l'affirme René Dosières : « On » serait donc intervenu en haut lieu pour supprimer ces dispositions « pourtant votées à la quasi-unanimité par la commission mixte paritaire puisqu’il y a eu onze voix pour et une voix contre » et de préciser : « Ce lundi matin 11 juillet, au Sénat, lors de l’examen des conclusions de la Commission Mixte Paritaire, le Gouvernement a donné son accord à un amendement commun au Président du groupe UMP (JC Gaudin) et au Président du groupe centriste (F. Zocchetto) qui supprime les deux dispositions de vertu républicaine (...) »
Donc, on prend les mêmes méthodes et ... on continue à encourager le cumul des mandats !
Qu'en dit René Dosières ?
Il exprime amertume et colère sur son blog où il écrit : « (...) en maintenant la possibilité offerte aux cumulards percevant 8300 euros mensuels d’attribuer à leurs amis le supplément d’indemnité qu’ils ne peuvent toucher, la majorité sénatoriale et le gouvernement ont choisi une posture qui ne peut que renforcer la suspicion envers les élus du peuple. La démocratie a un coût qu’il est légitime de défendre. Encore faut-il que l’argent public soit dépensé dans la transparence et la clarté. Sinon c’est la prime offerte au populisme et aux extrêmes »
Ce qui fait dire à Jacques Pélissard, le président de l’Association des maires de France (AMF) que : « (...) des améliorations et des ajustements sont souhaitables (...) »
Cette phrase peut faire sourire ceux qui savent que : « (...) Les mandats intercommunaux (délégué dans un syndicat de communes, conseiller communautaire, président ou vice-président de communauté de communes) ne font pas partie du dispositif anti-cumul. Un maire peut ainsi librement cumuler sa fonction avec un mandat de conseiller général et de président de communauté de communes (...) » - Edile.fr
Ce qui permet, de bien belles combinaisons comme le montrait l'enquête de 2009 du magazine Capital : Les revenus de 1250 élus, région par région. Et de redistribuer au titre de l'écrêtement de bien jolies sommes !
Mais pour l'instant, il semble qu'à l'UMP et chez les élus centristes on a surtout envie de continuer ... à jouer aux potentats locaux en toute sérénité. Et de ce fait, faire perdurer un système qui : « ne peut que renforcer la suspicion envers les élus du peuple »
Crédit photo : Julie70
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/les-elus-cumulards-remercient-les-97793
Les huit mois qui ont précédé les élections présidentielles de 1981 la presse était débordante de l'affaire dite des diamants qui a participé pour une part à la défaite de Giscard. Il s'agissait d'une plaquette d'environ 6 000 € je crois. Là, nous parlons du président actuel et d'une somme de 350 millions d'euros et la presse se tait toute ou à peu près. On se demande comment tant de scandales à un tel niveau du pouvoir et d'une telle hauteur ne met pas ce même pouvoir à terre.
Nous avons découvert l'intermédiaire sulfureux Takieddine, proche de Hortefeux, Copé et autre Sarkozy par l'affaire Karachi et ses rétro-pots-de vin. En mars dernier il fut arrêté avec 1,5 millions d'euros en liquide revenant de Libye y ayant emmené dans son jet des journalistes du JDD pour interroger Kadhafi. De puis Médiapart s'est lancé dans une série d'articles le concernant. Nous avons alors appris que, malgré un patrimoine de 40 millions d'euros il ne payait pas un euro d'impôts en France. Ce qui n'a pas inquiété les ministres Copé, qui s'est fait offrir ses vacances par Takieddine, ou Hortefeux quand ils ont été invités dans sa villa de la Côte d'Azur. Du reste le pouvoir ne répond pas aux interrogations de Mediapart sur ce protégé fiscal (Médiapart) : Ami proche du premier cercle sarkozyste et marchand d'armes, l'homme d'affaires millionnaire Ziad Takieddine ne paie pas d'impôt en France. Interrogée par Mediapart depuis dix jours, interpellée par le PS lundi, Valérie Pécresse, ministre du budget, se refuse à toute explication. Après le scandale de la fraude fiscale des Bettencourt en 2010, voilà le pouvoir de nouveau menacé en son cœur.
Hormis Le Monde qui en a parlé une fois dans cet article et du contrat Miska dans un autre, aucun des principaux journaux ne semblent s'intéresser à cet homme et ses activités, ses rapports intimes avec le pouvoir, l'affaire Karachi, que ce soit Le Nouvel Obs, Libé ou Le Point, évidemment Le Figaro.
Tout ce silence est ahurissant devant des informations d'une très grande gravité. Médiapart révèle qu'après l'affaire Karachi dans laquelle Takiéddine est cité comme un intermédiaire imposé par le ministère de la défense dans le contrat des sous-marins pour le Pakistan, pour lequel Sarkozy a donné son autorisation ministérielle afin que la société Heine au Luxembourg puisse encaisser des commissions venant de la DCNI, après SAWARI II avec l'Arabie saoudite, que ce même Takieddiné a servi d'intermédiaire pour un contrat de 7 milliards d'euros du nom MISKA (dont a parlé déjà Le Monde) avec des commissions prévues de 350 millions d'euros pour ce même Takieddine.
Dans son article Médiapart veut démontrer que les proches et Sarkozy lui-même seraient impliqués dans la volonté de faire signer un contrat avec l'Arabie saoudite par l'intermédiaire de Takiéddine. Il s'agit de l'un des secrets les mieux gardés du clan Sarkozy. L'homme d'affaires Ziad Takieddine, principal suspect dans le volet financier de l'affaire Karachi, devait toucher en 2003 des commissions occultes d'un montant de 350 millions d'euros dans le cadre d'un marché d'armement avec l'Arabie saoudite. Les fonds devaient être versés, sous l'autorité de Nicolas Sarkozy, via une société contrôlée par le ministère de l'intérieur. Documents et témoignages exclusifs.
Cela se passe en 2003. Ce qui est tout à fait étrange c'est que ce n'est ni le ministère de l'industrie, ni celui de la défense, ni celui des affaires étrangères, ni les services tant du Premier Ministre que du Président de la République qui se sont occupés de cet énorme contrat de 7 milliards ! C'est le ministère de l'intérieur. Les noms d'Hortefeux (futur ministre de l'intérieur), Claude Guéant (futur ministre de l'intérieur), Sarkozy (ministre de l'intérieur à l'époque) sont cités comme les responsables des négociations. Dans l'article (payant) on découvre tout le secret qui entoure ces négociations. Secret vis-à-vis des autorités saoudiennes et évidemment françaises. Ce qu'il paraît évident c'est que le ministère de l'intérieur n'avait aucune compétence tant juridique que technique pour se lancer et poursuivre les négociations d'un contrat militaire.
Chirac pensant que ce contrat avait un objectif secondaire : financer la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 a fait arrêter ces négociations.
Il reste donc que le contribuable Takiéddine qui possède un patrimoine de 40 millions d'euros ne paye pas un euro d'impôts, un intermédiaire qui paye les vacances de Copé quand ce dernier est ministre (une habitude avec ce pouvoir), un intermédiaire qui a commencé à devenir très riche avec les sous-marins pakistanais, qui est proche des Guéant, Hortefeux, Copé et Sarkozy ehntre autres et qui devait toucher 350 Millions d'euros de comissions sans que cela n'intéresse la grande presse. Pourquoi ?
Il nous reste un peu plus de neuf mois pour nous débarrasser de ce pouvoir. Faisons notre Révolution du jasmin.
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