La nullité des élites
12/05/2011 19:45 par rgrs
C'est une des grandes marottes de notre démographe préféré Emmanuel Todd, déclarer la nullité des élites. Il vient de réitérer ses propos en face de Valérie Pécresse membre du gouvernement et personnage particulièrement représentative de cette nullité. Si l'on ne peut que constater la dégradation constante de la qualité des dirigeants aux seuls résultats des politiques économiques sociales ou même géopolitiques qu'ils mènent, il est par contre relativement difficile de bien cerner l'origine de cette nullité apparente. Tout ce que l'on peut faire c'est éventuellement citer les multiples causes potentielles de cette nullité sur le plan collectif des élites de la nation. C'est ce que je vais faire dans ce petit texte, un compte rendu des hypothèses expliquant la paralysie mentale des élites du pays. On peut en effet produire différentes hypothèses, mais il est malheureusement en pratique bien difficile de mesurer qu'elles en sont les plus probables. Tout ce que nous pouvons dire c'est que la rupture ne va faire que s'aggraver jusqu'au moment où il finira forcément par y avoir une rupture. Celle-ci sera d'autant plus violente que les élites auront laissé pourrir la situation.
Certains voient dans Marine Le Pen cette claque qui pourrait bousculer le système, avec un FN jouant le rôle d'une révolution par les urnes. Pourquoi pas ? Il est aussi possible que le FN soit en fait le dernier mécanisme qui permette au système de fonctionner comme nous l'avions vue dans un autre texte. Le rôle du FN étant, à l'insu de sa propre volonté, de stériliser des votes qui auraient pu ailleurs nourrir une vraie alternative crédible. Mais nous pourrions assister aussi à des mouvements de violence et d'instabilité. Les élites s'enfermant de plus en plus dans leur groupe social, avec au final le rétablissement possible de régimes non démocratiques en Europe. Nous n'en sommes d'ailleurs déjà pas loin quand on connait un peu les mécanismes de fonctionnement des démocraties européennes actuelles. Nous sommes peut-être en train d'assister à la naissance de nouveau régime dictatorial en Europe prenant des formes du type corporatiste et oligarchique.
Les hypothèses :
1-Elles ne sont pas nulles, mais mal intentionnées
Première hypothèse, celle qui motive en grande partie les mouvements conspirationnistes est celle qui consiste à penser que nos élites ne sont pas nulles au sens toddien du terme. Elles n'ont juste aucun intérêt à défendre le pays. Nos élites seraient devenues apatrides et peu intéressées au devenir de leur propre peuple. L'intellectuel le plus représentatif de cela étant un type comme Jacques Attali pour qui la France n'est rien qu'un hôtel. Dans cette hypothèse, nous devons imaginer que le corps social de nos élites s'est fondu dans celui des élites internationales, un peu à l'image des anciennes aristocraties européennes qui n'avaient pas vraiment de nationalités. On ne se mélangeait qu'entre gens d'un même milieu social, même si cela signifiait ne pas prendre comme conjoint quelqu'un de la même nationalité. La mondialisation néolibérale alliée à la colonisation culturelle américaine dont a été victime l'Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale a peut-être créé un tel phénomène. Un dirigeant français élevé à Neuilly se sentant plus proche d'un riche américain ou allemand que d'un pauvre de la banlieue parisienne. De ce fait, cette situation a créé un phénomène de lutte des classes internationale inversé, car ce ne sont pas les travailleurs qui se sont unis, mais les riches de tout l'occident contre leurs pauvres respectifs. C'est le milliardaire américain Warren Buffet qui a le mieux expliqué cette hypothèse en une phrase "Bien sûr que c'est une lutte des classes, et ma classe est en train de gagner". Cette hypothèse d'une trahison des élites n'est pas dénuée d'arguments et peu tout à fait expliquer certains comportements de nos élites à l'image de notre pauvre président, dont la première action fut de faire un dîner au Fouquet's.
2-Elles sont achetées par des puissances étrangères
La deuxième hypothèse rejoint la première, mais sous une autre forme. Car dans cette hypothèse la trahison ne serait pas directement volontaire, mais plutôt le fruit de la corruption. Ici nous penserons directement à l'influence corruptrice des grands groupes financiers du secteur privé, mais aussi aux influences de puissances étrangères. On sait d'ailleurs que la construction européenne, qui a beaucoup fait pour couper les élites de nos nations de leurs populations respectives, est en grande partie le bébé de l'oncle Sam. Les USA ne se sont d'ailleurs jamais cachés lorsqu'il fallait corrompre les nations d'Amérique du Sud et soutenir des dictateurs allant dans le sens de leurs intérêts. On se souvient par exemple des récentes révolutions orange dans les pays de l'Est qui furent en grande partie des manipulations américaines. Il faudrait être un peu naïf pour croire qu'ils n'en ont pas fait de même en Europe de l'Ouest. Bien évidemment, ces pays étant plus puissants, il fallait prendre des chemins détournés, mais il y a fort à parier qu'ils ont largement participé à la montée d'une élite favorable à leurs intérêts et non à ceux des Français ou des Allemands. Ne disait-on pas de Sarkozy qu'il était un américain à passeport français par exemple ? Les USA ont soutenu et soutiennent encore des politiciens favorables à leurs intérêts à l'image de DSK par exemple. Ils avaient d'ailleurs tout fait pour se débarrasser de l'emmerdeur De Gaule en soutenant tous ceux qui pouvaient lui nuire. Si l'influence américaine n'explique pas tout, elle a probablement une part non négligeable dans les situations actuelles des pays européens pour ne citer qu'eux.
3-Nos élites ne sont pas la vraie élite du pays
Une autre hypothèse que l'on peut formuler est simplement que les élites actuelles qui dirigent le pays ne sont pas vraiment l'élite politique du pays. Il s'agit d'une hypothèse qui s'attaque directement à notre organisation démocratique et sociale. Car admettre cette hypothèse c'est admettre que notre système de sélection des élites est mauvais voir catastrophique. Par exemple, on peut affirmer que le fonctionnement des partis politiques ne permet en aucun cas de sélectionner les hommes les plus aptes à diriger le pays. En effet, les partis sélectionnent avant tout les personnes les plus aptes à prendre le pouvoir au sein du parti, ce n'est pas du tout la même chose. Tout se passe comme si notre système électoral sélectionne des gens sur des critères qui n'ont rien avoir avec les compétences nécessaires pour réellement diriger le pays. De sorte qu'en fait notre système démocratique garde les mauvais et élimine les bons, il fait donc l'inverse de ce qu'il faudrait faire. On sélectionne ainsi des gens qui ont une ambition personnelle et un égo démesuré, là où il faudrait au contraire des gens à l'ambition collective et au caractère humble.
J'écarte ici évidemment les critères purement scolaires qui n'ont rien à faire là, on en parlera dans une autre hypothèse. Le système électoral actuel semble favoriser les bonimenteurs et les escrocs du verbe, et défavoriser les honnêtes gens. On peut y voir probablement aussi l'effet non de l'évolution des mentalités, mais du système médiatique qui donne à l'image et à l'émotion un poids démesuré par rapport aux critères de rationalité. Enfin, on notera que dans le système électoral les élus passent plus de temps à défendre leur réélection qu'à défendre réellement l'intérêt de la collectivité. La nullité des élites serait donc simplement le fruit de la démocratie représentative basé sur l'élection des représentants comme nous en avions parlé avec ce texte sur la stochocratie.
4-Baisse générale du sens collectif dans nos sociétés
Autre hypothèse celle qui est le cœur de l'analyse de Todd c'est celle de l'explosion de l'individualisme comme moteur de la dissociation entre les individus et la société en générale. Dans son débat avec Pécresse il met en avant la révolte des Français face aux élites, mais on sait que Todd pense que la dislocation de l'esprit collectif ne touche pas que les élites. Elle est le fruit d'un mouvement général produit par la hausse moyenne du niveau d'instruction de la population qui d'après Todd produit une poussée de l'individualisme et donc un affaiblissement naturel de la croyance collective. Si vous ne pensez plus qu'à vous même la notion même d'intérêt général disparaît et les élites ne remplissent donc plus leur rôle d'organisateur de la société. Elles ne sont plus que des individus comme les autres qui cherchent à optimiser leur propre niveau de vie au détriment souvent de l'intérêt de la société dans laquelle ils vivent. Dans cette hypothèse les élites ne seraient que le symptôme apparent d'une maladie plus large qui touche toute la société. On remarquera que cette hypothèse facilite aussi l'acceptation de l'hypothèse 2, des individus qui ne pensent qu'à eux sont plus facilement corruptibles puisqu'ils n'agissent que pour eux. Cette hypothèse peut rendre très pessimiste pour l'avenir, puisqu'il s'agirait d'un mouvement social de fond difficilement réversible. Nous serions ici condamné à assisté à la monté indéfinie des inégalités et de l'oligarchie à l'échelle planétaire.
5-Baisse réelle du niveau intellectuel du pays
Une hypothèse qui contredit la précédente puisqu'ici au contraire d'un effet de la hausse du niveau scolaire générale qui induit une vision inégalitaire et individualiste de la société, c'est plutôt la baisse du niveau culturel des élites qui produirait un effet de baisse général de leur qualification. Nous serions mal dirigés parce que les élites ne seraient tout simplement plus à la hauteur de leur métier. Personnellement, je ne suis pas vraiment convaincu de la baisse du niveau scolaire, surtout chez les élites du pays. Par contre, il est certain que nous sommes confrontés à une surspécialisation de l'enseignement. Nos élites ont peut-être des formations trop cloisonnées, et une culture pas assez généraliste pour pouvoir faire correctement leur travail. On voit très peu de dirigeants ayant par exemple des connaissances scientifiques, ce qui a notre époque est assez dommageable. En matière d'économie, on entend des idioties proférées par nos hommes politiques qui ne font généralement que répéter un discours que d'autres leur ont inculqué. Ils sont souvent incapables de démontrer leur propos et leurs politiques économiques et ne font que reprendre à leur compte les émanations intellectuelles d'autres corps de la société. On est très vulnérable et influençable lorsque l'on ne maîtrise pas un sujet et c'est particulièrement vrai pour l'économie. On a peut-être aussi trop concentré les lieux de recrutement des élites l'ENA, science PO, ou le droit comme seule source de dirigeants, c'est trop limité. Il faudrait peut-être augmenter la variété de formation chez nos hommes politiques. Plus que le niveau scolaire c'est surtout le manque de variété des compétences qui fait crise. Dans les domaines essentiels de l'économie ou de la science et techniques, nos énarques se font balader par des lobbys et des groupes d'influence.
6-Hypothèse du phénomène dit "d’escalade d’engagement"
Cette hypothèse c'est mon collègue blogueur RST qui m'en a appris l'existence dans ce texte. Il s'agit ici de s'appuyer sur des phénomènes liés à la psychologie de masse et à la contrainte qui s'exerce sur les individus. Il s'agit d'un principe psychologique simple lié à la peur d'être isolé. Un individu qui a participé à une action en groupe, une action qui a échoué ou qui s'est mal finie, préfèrera s'obstiner dans l'erreur avec le groupe, même s’il est conscient d'être dans l'erreur. Parce qu'il a peur d'être isolé du groupe, et qu'il ne peut s'attacher à un autre groupe. Ainsi nos élites s'enfonceraient dans l'erreur pour éviter de se retrouver seules face à leurs responsabilités et au reste de la population. Étrangement c'est le même type de comportement que l'on peut trouver dans des groupes violent et des bandes. Dans les petits groupes violents, vous avez souvent un meneur et d'autres qui savent pertinemment que ce qu'ils font est mal ou que cela se finira d'une mauvaise manière. Mais ces personnalités faibles et dominées préfèrent généralement couler et faire le mal avec le groupe plutôt que de changer et de se retrouver seule. Avec en plus dans ce cas la peur des conséquences potentielles sur la sécurité de leur propre personne. En fait cela caractérise surtout un manque de courage individuel, et cette hypothèse intéressante montre une fois de plus que l'être humain est tout sauf rationnel. Ce comportement des politiques est ici similaire à ceux des individus sur les marchés financiers dont Keynes disait qu'il valait mieux avoir tort avec eux que raison contre. Le phénomène moutonnier est un processus constant dans les sociétés humaines et il explique autant les réussites que les catastrophes. Nous avons peut-être tout simplement en face de nous un phénomène de ce type.
Conclusion
Il est probable que la situation réelle soit un mélange de toutes ces hypothèses. Nous subissons aussi le contre coup des changements trop rapides qu'ont connu nos sociétés en l'espace d'un demi-siècle. L'accumulation de changement a rendu impossible le raisonnement par causalité directe, nous sommes face à un nœud de fils impossible à défaire. Il est dur de trancher entre les différentes hypothèses, car les causes qui ont pu les provoquer se sont cumulées et se sont produites simultanément. La forte hausse du niveau scolaire, l'influence américaine où l'arrivée des masses média se sont produites simultanément sur le plan historique, il est donc difficile de distinguer historiquement une cause première. Cela peut paraître pessimiste ce que je dis, mais en même temps cela nous laisse un espoir. Rien n'interdit de penser que la situation ne pourrait pas se transformer pour des raisons obscures et chaotiques liées à cet imbroglio de causalités multiples. Emmanuel Todd espère tirer les élites vers la raison et le bon sens de l'intérêt général. Qui sait peut-être que l'effondrement de la puissance US et la sortie de l'euro de quelques pays pourraient réveiller les élites ou les libérer du carcan dans lesquelles elles sont prisonnières. Nous pourrions aussi avoir une explosion révolutionnaire produite par les vraies élites avec l'aide d'un prolétariat fortement agacer par la situation actuelle. En fait, rien n'est écrit, la page du futur est encore blanche, tout ne va donc pas si mal.
CSOJ : Emmanuel Todd vs Valérie Pecresse sur les... par 54fiorentino54
Yann
(La peinture qui sert d'image de support à ce texte représente l'arrestation de Louis XVI à Varenne, tout un symbole de la situation présente de nos élites. C'est un mélange de trahison, de couardise et d'incompétence qui mène à une catastrophe)
http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-nullite-des-elites-73624578.html

Un lecteur a soutenu que l'empire américain n'existait pas, en réalité, c'est bien un empire, avec des traits particuliers.
- Un empire traite aussi mal, ou aussi bien les allogénes que ses citoyens. C'est le phénomène de fusion des deux statuts sous l'empire romain, que l'on connait aujourd'hui sous la forme de "politique" d'immigration, Indigénes et nouveaux venus sont destinés, en fin de compte, au statut de trou-du-cul, le système affirme sa bienfaisance à l'égard des nouveaux venus, en leur permettant d'accéder au statut de joueur de l'équipe de fouteballe national, basket aux USA...
- Le clivage se fait entre une oligarchie, et une masse de pauvre, La distribution de pain, ou RMI, ou RSA, c'est la même chose, sous une forme différente. On achéte la paix sociale, et les bouffonneries des uns ou des autres ne peuvent le cacher.
- La balance commerciale s'effondre, ce qui explique l'effondrement de la monnaie romaine pendant 2 siècles. Comme je l'ai déjà dit, les progrès de la sidérurgie romaine ont consisté pendant cette période à faire remonter l'argent métal sur le dessus de la piéce en cuivre, pendant que le progrès de la sidérurgie germanique a consisté à forger des armes totalement en acier.
Comme les romains aimaient aussi le faux dans les armes, les leurs étaient en acier aussi, mais seulement en surface. Le reste était insuffisamment forgé.
Les germains utilisaient des martinets et des moulins pour ce faire, les autres des bras de leurs esclaves.
- Comparativement aux autres empires, l'armée US est relativement faible. Elle utilise la méthode carthaginoise des mercenaires et supplétifs, sans que cela lui réussisse vraiment.
Les 1 800 000 hommes de l'armée sud vietnamienne n'ont pas servi à grand chose. Les adversaires achetés en Irak ne sont fidèles que de manière aléatoire et tant qu'ils sont payés, et en Afghanistan, la coutume s'est instaurée de payer pour que les convois puissent passer.
En outre, on peut remarquer que même à l'origine, chez les carthaginois, cette méthode était peu efficace. Elle a permis de construire des empires (la Nouvelle-Carthage en Espagne), tout aussi vite perdus que vite constitués.
- La ligne de force, toute relative de l'empire US, c'est la maîtrise des océans (Thalassocratie), encore qu'avec 12 porte-avions, elle soit toute relative.
- La plus grande ligne de force, c'est l'idéologie. Elle permet de contrôler un pays, par ses propres élites. Mais quand le pouvoir politique des pays contrôlé estime pouvoir être autonome, il est très rapidement rappelé à l'ordre, soit éliminé.
- Pour ce faire, il dispose de deux courroies de transmission que sont la Banque Mondiale et le FMI.
- Un empire s'effondre d'abord par son centre, et la périphérie vient en dernier. En effet, les agents locaux ont tellement collaboré qu'il est presque évident qu'ils seront éliminés au moment du collapsus. Ils se prolongent, c'est tout.
Quand l'empire allemand s'effondre en 1944, il y eut épuration, quand l'empire romain est mis en liquidation judiciaire, il ne coexiste que deux autorités, celle reposant sur la force des rois barbares, et celle, démocratique, des évêques. En effet, à l'époque, c'est le mode de l'élection qui prévaut. Ce qui fait la force de la monarchie franque, c'est de s'appuyer sur ce pouvoir local, par le sacre des évêques, le roi devient l'un d'eux.
L'évolution de l'église, par la suite, sera classique, l'élection étant considérée comme bien, mais sans le peuple.
Les autres royaumes, s'ils sont effectivement d'une grande force militaire, s'effondrent à la moindre défaite.
- Ils finissent tous de la même manière. Ne disposant pas véritablement d'ennemis à leur mesure, ils multiplient les expéditions trop loin.
En outre, le coût de ses guerres devient disproportionné, et si les premières sont rentables, elles deviennent des gouffres sans fond. La différence de coût entre un taliban Afghan, un combattant irakien et un soldat US est phénoménale.
- L'empire américain extrait son tribut sur le monde par l'intermédiaire de son déficit extérieur, comblé à coup de dollars. Bien entendu, tous ceux qui me lisent savent mon opinion sur la question : lesdits dollars sont destinés à finir aux chiottes. Ils n'ont aucun pouvoir d'achat réel.
- Le nombre (indéterminé) de bases US dans le monde est en constante augmentation, sans jamais de recul. L'emprise physique, donc, est bel et bien là.
Il ne s'agit pas d'une politique voulue, mais de la tendance d'une bureaucratie à grossir sans fin. Le pentagone, les lobbys, doivent justifier leur existence. Sans peine, les USA pourraient réduire des 3/4 leur budget militaire et augmenter la puissance de leur armée.
Elle dispose de beaucoup trop de gestionnaires en tous genres de multitudes de budgets et situations. Telle la fable de l'apprenti sorcier c'est un mouvement doté de sa propre dynamique. Le corps de bataille, lui s'étiole et ne représente que 10 % des effectifs, et on a vu, en Afghanistan comme en Irak, une superpuissance incapable de déployer des effectifs.
En 1914, 70 % des mobilisés européens étaient affectés à des unités de combats. En 1940, c'était encore 50 %.
- Les armées impériales bien que sanguinaires sont incapables de mener des combats jusqu'au bout. Verdun ou Stalingrad sont des impossibilités pour elles.
A un moment, la chute la teneur en argent et or des monnaies romaines amenérent les fournisseurs indiens et chinois à les refuser. On y est presque pour le $.
Un homme politique qui vise la présidence de la République était hier en Côte-d’Or : Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout la République (DLR) a lancé sa campagne de recherche des parrainages dans le département en allant à la rencontre de six maires du Val-de-Saône. « L’enjeu n’est pas d’être candidat pour être candidat. L’enjeu, c’est d’offrir une alternative gaulliste et de tout miser sur la relocalisation des emplois », a expliqué Nicolas Dupont-Aignan. « Les alternances UMP/PS ne portent aucun résultat, tout simplement parce que les dirigeants politiques ont abandonné tous les pouvoirs à Bruxelles. » Le député de l’Essonne a ajouté : « Il faut une vraie ligne politique à droite. »
Après la présidentielle, ce seront les législatives. Le président de DLR annonce d’ores et déjà « des candidats dans toutes les circonscriptions de Côte-d’Or. Nous sommes prêts et ça va surprendre ! ». En 2007, alors qu’il avait manqué de peu les 500 signatures nécessaires, huit élus de Côte-d’Or lui avaient apporté leur soutien.
Photo : Nicolas Dupont-Aignan (à droite), en compagnie de Pascal Moriou, président départemental de DLR.
Qui à part Christian Estrosi, l'éphémère ministre de l'industrie ou quelques initiés, se souviennent de : « l’Observatoire du Fabriqué en France » ? En septembre 2010, le blogueur Eugène repris par Marianne2 en faisait état lors de son lancement, rappelant que : « (...) les indicateurs du premier tableau de bord du Fabriqué en France, dévoilé le 31 août par Christian Estrosi, étaient dans le rouge »
Jean-Pierre Chevènement était l'invité du Talk Orange Le Figaro, mercredi 11 mai 2011. Il répondait aux questions de Judith Waintraub.
Verbatim express :
Jusqu’en 1973, lorsque l’État avait besoin de trésorerie, il demandait à la Banque de France de le financer, de la même manière que procède toute entreprise ou ménage envers sa banque commerciale : en lui signant une « reconnaissance de dette ».
L’exception européenne
C’est à Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des finances, que nous devons la loi du 3 janvier 1973 dont l’article 25 précisait « Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France », interdisant donc le financement direct de l’État par la Banque de France. Cette loi a été confirmée par l’article 104 du Traité de Maastricht – devenu 123 du Traité de Lisbonne. Cette interdiction, n’est, dans aucune autre zone monétaire, gravée ainsi dans le marbre d’un Traité !
En clair la France (de même que les pays de la zone euro) est obligée d’emprunter sur les marchés financiers, en payant des intérêts, les besoins monétaires qu’elle ne peut couvrir par des recettes budgétaires. Pourtant, des pays tels les USA, la Grande Bretagne ou le Japon, n’hésitent pas à se servir de la possibilité de monétisation directe par leur Banque Centrale lorsque les besoins de leur économie le nécessitent. Chez nous, les banques peuvent emprunter à 1% à la BCE et prêter aux États à 3, 5 ou 7% et parfois plus.
L’augmentation annuelle de cette dette publique de 1980 à fin 2009 correspond, bon an mal an, aux intérêts de la dette, dans un effet boule de neige. En euros constants la dette est passée de 239 milliards d’euros (21% du PIB) fin 1979 à 1489 milliards d’euros (78% du PIB) fin 2009, soit une augmentation de 1250 milliards d’euros. Sur la même période, nous avons payé environ 1340 milliards d’euros d’intérêts aux différents prêteurs privés (banques et établissements de crédits, fonds de pension, assurances-vie…).
Mais direz vous, nous sommes bien obligés de payer des intérêts à nos prêteurs !
Oui, et justement puisque nous devons, dans le système actuel, emprunter chaque année sensiblement l’équivalent de ces intérêts qu’il faut payer, non seulement nous ne pourrons jamais rembourser, mais en plus la dette continuera à croitre alors que nous avons une obligation d’honnêteté envers les épargnants qui ont fait confiance à la signature de la France.
Pourtant, nous pourrions imposer à la Banque de France de monétiser chaque année une somme raisonnable pour alléger le poids de cette dette dont le paiement des intérêts pèse aujourd’hui sur les services publics essentiels de notre nation (éducation nationale, sécurité sociale, sécurité…) .
Ah, je vous entends « mais c’est la planche à billet, c’est l’inflation assurée… »
Tout d’abord, il faut noter qu’aujourd’hui, ce sont les banques privées qui ont la responsabilité de la création de la monnaie et qui ont provoqué une immense inflation du prix des actifs pendant les années 2000, qui a mené à la pire crise économique depuis 80 ans. En effet, la masse monétaire a progressé de près de 10% par an dans la zone euro jusqu’à la crise.
Aujourd’hui, la quantité de monnaie en circulation en France est d’environ 1900 milliards d’euros (agrégat M3). La BCE considère qu’une augmentation annuelle de plus ou moins 5% n’est pas inflationniste. C’est donc une centaine de milliards de monnaie nouvelle qui peuvent être émis chaque année sans effet inflationniste.
Comment pourrons-nous rembourser ces épargnants qui détiennent cette « dette de la France » sans les léser, qu’ils soient français ou étranger, qu’ils aient placés leur épargne au sein de fonds de pensions ou d’obligations détenues par des assurances vies ?
Bien que la vente par les administrations publiques des actifs monétaires qu’elles détiennent permettrait instantanément la réduction de plus de 700 milliards d’euros de la dette, restons dans l’hypothèse d’une nécessité de remboursement de la dette brute « au sens de Maastricht » estimée au début de cette année 2011 à 1600 milliards d’euros.
En fait la solution est simple et ne nécessite que la volonté politique
Prenons les hypothèses d’un budget global dont le solde primaire est équilibré (recettes – dépenses hors charges d’intérêts) et d’un taux d’intérêt moyen sur les obligations d’État de 3%.
Si nous décidions de monétiser chaque année 100 milliards d’euros, la première année, 48 milliards d’euros serviront au paiement des intérêts et il resterait 52 milliards en remboursement du capital de la dette. Le solde résiduel deviendrait donc 1548 milliards d’euros. L’année suivante, c’est 46 milliards d’euros d’intérêts, 54 milliards de remboursement du capital et une dette ramenée à 1494 milliards d’euros. Et ainsi de suite.
En 22 ans la dette serait totalement remboursée aux actuels détenteurs, sans en léser aucun ni sur le capital investi, ni sur les intérêts attendus chaque année. La dette et les intérêts payés pendant cette période de remboursement seront simplement transférés sous forme de nouvelles obligations à l’actif du bilan de la Banque de France. Il est à noter qu’il faudrait 39 ans avec une monétisation annuelle de 70 milliards d’euros.
D’ailleurs, Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie affirmait que : « La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création de monnaie bancaire ».
Cette création monétaire, bien public, actuellement confiée à des banques privées auxquelles il est pourtant difficile de faire confiance doit revenir dans le giron de la collectivité. C’est aussi ce qui permettra d’honorer la dette sans asphyxier notre économie.
André-Jacques Holbecq
Economiste et auteur de :
Argent, dettes et banques, éditions Yves Michel, 2010
La dette publique, une affaire rentable, en collaboration avec Philippe Derudder
(préface d’Étienne Chouard) – éditions Yves Michel 2008
A las cinco de la manana…
Les propos de Laurent Wauquiez sur la sortie de l'assistanat et la réforme du RSA sont bien évidemment une faute sur la forme : la cacophonie gouvernementale ne peut que s'auto-entretenir si chacun se mêle des affaires de ses collègues. Reste que sur le fond, je trouve que la vivacité des réactions à de quoi interpeller l'honnête homme.
Roselyne Bachelot a par exemple parlé de "beaufitude". La beaufitude serait donc de considérer qu'il n'y a rien de gratuit dans la société, à part pour les indigents ? Qu'il n'est pas normal que la différence de rémunération entre un travailleur pauvre au SMIC et un allocataire du RSA soit seulement de 600 euros brut, soit en net beaucoup moins compte-tenu des frais liés à l'exercice d'un emploi ?
Au-delà des invectives, il s'agit de réfléchir un peu sur l'origine de la charité d'Etat. Les aides sociales que nous dispensons aujourd'hui ne sont en effet que la laïcisation des oeuvres religieuses de bienfaisance qui opéraient au XIXème siècle. Avec la sécularisation des modes d'intervention, cependant, les repères se sont brouillés quant à la cible du public à aider.
Au XIXème siècle, c'étaient aux "pauvres" qu'on donnait de l'argent, par charité chrétienne et parce qu'ils auraient été bien en mal de travailler : vieillards, clochards, infirmes, et retardés. Le XXème siècle a voulu être plus généreux et on a donc mis en place des aides pour des gens qui auraient pu travailler mais qui n'y arrivaient pas. Je citerai les chômeurs par exemple. On a ainsi élargi le spectre : les retraités plutôt que les vieillards. Les handicapés plutôt que les infirmes. Les exclus autant que les pauvres. Les mal-diplômés plutôt que les retardés.
En plus de ceci, on a considéré que l'allocation ne devait plus seulement permettre de survivre mais de vivre, sous entendu quasiment normalement, comme si l'allocataire devait le moins subir les contre-coups de son extrême pauvreté.
La différence entre les deux publics étaient dans le modus operandi : si la première catégorie a toujours relevé, même au XXème siècle, de l'aide sociale, la seconde catégorie relevait de systèmes assurantiels. L'argent reçu par les chômeurs avait pour contre-partie des cotisations. Idem pour l'Assurance-maladie, voire même la retraite.
Là où le système s'est grippé philosophiquement, c'est quand l'Etat a commencé à interférer budgétairement avec les systèmes assurantiels pour les renflouer et assurer leur pérennité. A partir du moment où la somme versée n'est plus la contre-partie d'un travail (via la cotisation) préalable, mais directement prélevé du budget de la communauté, se pose la question de la contre-partie.
Voilà pourquoi je suis favorable à ce que cette contre-partie soit un service rendu à la collectivité qui est à l'origine de l'aide. S'il est vrai que le travail est socialisant, je suis persuadée que ce travail d'intérêt général sera un vecteur de-socialisation, voire de professionalisation. Un beauf de plus au con-toir ?
Toreador
Le processus d’adoption de la nouvelle « gouvernance économique » fait son chemin. Du côté du Conseil, le « Pacte pour l’euro » engage les gouvernements sur la voie de politiques d’austérité renforcées. Le Parlement européen devra quant à lui se prononcer début juin sur le paquet de « gouvernance économique » qui comprend les principales mesures du nouveau dispositif.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi le feuilleton, la « gouvernance économique », en deux mots, c’est cet ensemble de mesures qui renforcent la surveillance et les contraintes sur les dépenses et l’endettement publics (voir : l’UE-topie des marchés, par le Corporate Europe Observatory).
Concrètement, ce renforcement de l’« orthodoxie » budgétaire devrait s’accompagner mécaniquement de son lot de mesures d’austérité dans tous les pays de l’UE : réduction de l’emploi public, avec éventuellement blocage des salaires, coupes dans les services publics et privatisations, réductions des pensions et financiarisation des retraites, réformes du droit du travail pour faciliter les licenciements, mise en place d’une fiscalité « business friendly »…
Mais si les plans d’austérité font le malheur des populations, ils ont tendance à faire rougir de plaisir les marchés financiers. Or que ne ferait-on pas pour ces pauvres banquiers et investisseurs, scandaleusement présentés comme les responsables de la crise, et jetés à la vindicte populaire ? Heureusement, les instigateurs de la nouvelle gouvernance économique, Commission et gouvernements européens, n’ont pas cédé pas au populisme ; car d’aucuns voulaient les mettre à contribution, et que leurs pratiques - certes parfois audacieuses - soient sévèrement encadrées. Voire, que leurs créances soient restructurées.
Non ; les dirigeants européens, dans leur sagesse jean-monnesque, ont bien saisi les causes de la crise de la dette : salaires trop élevés, services publics sur-subventionnés et inefficaces, systèmes de protection sociale trop « archaïques » et droit du travail pas assez « flexible ». Du coup histoire d’être sûr que ces salauds de fonctionnaires, de syndicalistes et d’assistés ne nous fassent pas replonger une seconde fois dans la crise, ils ont prévu des sanctions pour les gouvernements qui ne se plieraient pas à la « discipline » de la nouvelle gouvernance économique.
La question qui restait en suspens, c’était de savoir dans quelle mesure serait partagée cette conclusion certes audacieuse, mais pas forcément à la portée du péquin moyen. Fort heureusement depuis Bruxelles, il est toujours plus facile de la mettre à l’envers, en loucedé, aux salauds de fonctionnaires, d’assistés et de syndicalistes, toujours prompts à dégainer leurs mouvements sociaux sur la scène nationale. La jouer discrète, et exit les fâcheux, donc.
Restent les parlementaires européens. Ceux-là ne sont pas farouches. Et si les belles expertises, et toute la conviction des lobbyistes (incrustés au Parlement européen comme des moules sur un rocher), ne suffisent pas à se les mettre tous dans la poche, il reste que la majorité du Parlement européen penche vers la droite ; or par coïncidence de ce côté là de l’échiquier politique, on ne voit pas du tout d’un mauvais œil qu’on fiche quelques coups de pieds au cul bien placés à l’Europe d’en bas.
De fait, les amendements aux propositions de la Commission qui ont été votés le 19 avril par le comité des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont même renforcé certaines dispositions contraignantes de surveillance des budgets, tout en laissant délibérément de côté la question de la régulation financière. Au point que les Verts et le Parti socialiste européen, au risque de rompre avec le « consensus » cher aux institutions européennes (ce qui est très sale et malpoli, vous en conviendrez), se sont finalement opposés à l’adoption des rapports d’amendement.
De leur côté, au Conseil européen du 24 mars, les gouvernements se sont mis d’accord sur un « Pacte pour l’euro ». Celui-ci définit les grandes lignes de la future « gouvernance économique », qui devrait principalement viser à [1] :
S’assurer d’une diminution du coût unitaire de la main d’œuvre (ça s’appelle la « compétitivité » chez les gens bien élevés, la « nique aux salariés » chez les autres)
Réformer le droit du travail et le marché du travail pour plus de flexibilité et réduire les charges fiscales sur l’emploi (grosso modo : moins d’impôt pour les riches, plus de pression au travail sur les pauvres)
Assainir les finances publiques (saisis : les riches paient moins d’impôts, donc il faut trouver de l’argent ailleurs... juste un petit coup de canif dans ton assurance maladie et ta retraite)
Assurer la stabilité financière (non, non tu t’égares. On va pas surveiller les banquiers et les marchés financiers. On va surveiller les dépenses publiques... qui sont responsables de la crise, quoi ! Faut suivre, un peu)
En attendant la mise en œuvre des dispositions de gouvernance économique, en cours de ratification, les gouvernements se sont livrés au cours du sommet à une sorte de braderie des droits sociaux, chacun étant sommé d’apporter sur la table les mesures d’austérité qu’il a d’ores et déjà pris et qu’il pourrait prendre à court terme dans son pays. Côté français, Sarkozy n’a pas été en reste, il a notamment proposé l’inscription dans la Constitution du principe d’équilibre des budgets publics, et l’application de la réforme des retraites votée fin 2010 [2]. Ce à quoi il aurait pu ajouter la suppression 31000 postes de fonctionnaires en 2011 (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux), et la non-indexation des salaires des fonctionnaires [3].
Désormais, la balle est du côté du Parlement européen. Celui-ci devrait se prononcer en session plénière, du 6 au 9 juin à Strasbourg, sur le paquet de « gouvernance économique », dans des conditions assez exceptionnelles : le principe d’une procédure accélérée d’adoption ayant été actée au forceps par la majorité de droite au sein du comité ECON, les représentants des partis européens vont négocier avec le Conseil - de manière tout à fait opaque - un texte qui pourra être adopté en plénière.
Il y a fort à parier, vu la composition du Parlement européen, que le texte sera bel et bien adopté en plénière début juin, même sans le soutien des sociaux-démocrates et des verts. Ceux-ci se retrouvent cependant au pied du mur, devant deux options : d’une, épouser délibérément et explicitement les contours d’un néolibéralisme le plus brutal et le plus accompli. De l’autre, s’engager sur la voie d’une rupture qui remette en question certains réflexes automatiques vis-à-vis de la construction européenne.
Un autre enjeu concerne l’émergence d’une véritable mobilisation populaire dans les pays européens, face à ce que le président de la Commission appelle lui-même une « révolution silencieuse [4] ». Face à cette révolution, il est essentiel d’allumer des contre-feux. Et d’organiser, au plus tôt, une véritable contre-offensive coordonnée à l’échelle européenne.
PS : Le Corporate Europe Observatory et le réseau des Attac d’Europe organisent une pétition à destination des députés européens pour les enjoindre à voter contre la nouvelle « gouvernance économique » européenne. Ça se passe ici : http://www.france.attac.org/non-au-...
[1] Cf. Engagements politiques concrets et suivi, Conclusion du sommet de la Zone Euro du 11 mars 2011, http://www.consilium.europa.eu/uedo...
[2] http://bruxelles.blogs.liberation.f...
[3] http://dessousdebruxelles.ellynn.fr...
[4] Le Président de la Commission européenne, Barroso, à l’European University Institute, Juin 2010, cité par le Corporate Europe Observatory
http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/grande-braderie-sur-les-droits-93768
Il est désormais probable que le processus de déconstruction de l’euro commencera à Athènes. Une réunion qui devait rester secrète s’est tenue au Luxembourg entre grands argentiers de l’Europe pour trouver des solutions à la situation inextricable de la Grèce, après le plan Portugais.
Une situation qui pourrit
Les déclarations de l’Allemagne il y a quelques semaines laissaient présager une telle issue. En l’absence (heureuse) d’euro-obligations, il faut trouver une solution au problème épineux posé par la Grèce. Malgré des plans d’austérité extrêmement sévère, le pays n’est parvenu qu’à réduire marginalement son déficit budgétaire en 2010 (10% du PIB environ contre 12% en 2009, contre un objectif affiché de 8%). Bref, les plans ne donnent pas les résultats escomptés.
Et cela était prévisible (même si, de manière prévisible également, la population ne se révolte pas encore contre les potions amères imposées par le FMI et l’Europe). En effet, il était évident qu’une telle austérité allait prolonger la récession de l’économie grecque, et, se faisant, diminuer les recettes fiscales et augmenter les dépenses, contrariant les plans d’austérité. Résultat, l’assainissement des finances est très lent, détériorant une situation financière qui n’en a pas besoin.
Comme l’a très bien noté Yann, avec l’euro, qui interdit les dévaluations, l’ajustement se fait par le chômage. La Grèce est rentrée dans une spirale infernale du surendettement, en partie du fait qu’elle a trop dépensé, mais aussi à cause de l’euro qui lui a offert pendant quelques années des taux d’intérêt trop bas, qui ont favorisé un comportement trop laxiste. Résultat, on se trouve dans une situation où l’enveloppe prévue il y a un an sera insuffisante pour tenir jusqu’en 2013…
Une perte de temps et d’argent
C’est bien ce que sera ce nouveau plan. Plus nous attendons, plus le problème grossit et sera difficile à résoudre. Il a un an, la dette du pays dépassait 110% du PIB. Au rythme où vont les choses, elle sera de 160% en 2013… La Grèce, qui se retrouve dans une situation proche de celle de l’Argentine en 2001, aurait besoin de deux choses : une restructuration de sa dette, trop lourde à rembourser, et une dévaluation, pour regagner en compétitivité et équilibrer ses échanges.
Car sans dévaluation, la restructuration serait insuffisante puisqu’il faut aussi que le pays équilibre son commerce pour équilibrer sa balance des paiements. Mais l’Europe refuse une telle issue car il est évident que si la Grèce sort de l’euro, la spéculation se déchainera et le processus de décomposition de la monnaie unique sera enclenché. Pire, parallèlement, devant leurs engagements ainsi que ceux de leurs banques, les Etats freinent la restructuration.
Pourtant, les taux à dix ans indiquent que les marchés anticipent in fine un abandon de 40% des créances aujourd’hui ! Seule une décision radicale permettrait peut-être de calmer la situation mais personne n’est prêt politiquement à permettre une telle restructuration, signe des vices de forme de cette construction artificielle et mal conçue. Du coup, les créances pourraient n’être qu’étaler, ce qui, encore une fois, ne fera que repousser le problème, en le faisant grossir.
J’en profite pour vous signaler une analyse dénichée par Edgar. Paul Krugman a qualifié de « folie » la hausse récente des taux de la BCE qui fait monter l’euro. Mais surtout, en pointant que l’Espagne emprunte nettement plus cher que la Grande-Bretagne alors qu’elle est moins endettée et que son déficit est beaucoup plus bas, il en conclut que faire partie de l’euro entraine une prime de risque sur les dettes du fait de l’impossibilité de dévaluer sa monnaie.
Passé un moment, le peuple ou le gouvernement de la Grèce finiront par comprendre que l’euro fait partie du problème et non de la solution. Ils en sortiront, dévalueront et restructureront leur dette. Il n’y a pas d’autres solutions. La question n’est pas de savoir si cela arrivera mais quand.
Laurent Pinsolle
http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/grece-la-sortie-de-l-euro-fait-un-93814
Les déclarations pour le moins indécentes du ministricule ne doivent pas faire oublier le flots d'argent que l’État, donc également celui des contribuables pauvres assujettis à la CRDS et à la CSG, a distribué aux banques pour qu'elles se refassent une santé après leurs opérations nuisibles à l'économie de la France, ni les amis du Fouquet's TOUS servis grassement, très grassement (*), ni le bouclier fiscal, ni la refonte de l'ISF.
Le paradoxe de la déclaration serait que Wauquiez n'est pas le dernier de la classe mais spécialisé dans le droit public (ENA promotion Mandela) et qu'il a travaillé avec Martin Hirsch. Donc, il maîtrise totalement le sujet.
Donc la posture du ministre est purement idéologique ! Elle préfigure le reclassement futur de la Droite dure dont il est, malgré ses airs de 1er communiant, l'idéologue breveté.
Puisque le ministre semble accroire qu'il y aurait détournements des fonds affectés au RSA par des allocataires indélicats, il est intéressant de rappeler qu'en 2008, il crée son propre parti politique, Nouvel oxygène. Cette formation est mise en lumière, en juillet 2010, lorsque les médias font état d'une rencontre à Londres, le 28 juin 2010, au cours de laquelle Laurent Wauquiez aurait sollicité des fonds pour son micro-parti auprès d'investisseurs français.
En percevant des revenus de 15 000 euros mensuels, le ministre pourrait aussi montrer l'exemple et consacrer (sic!) 5 heures hebdomadaires à l'entretien des parvis de la cathédrale du Puy en Velay dont il est l'évêque !
Par Voltaire République
(*) Les cent jours de Nicolas Fouquet'S. Simon Archipenko. Ed. La Plume de poids. 424 pages. Avril 2011.