Egypte: de la crise interconfessionnelle à la guerre civile ?
12/05/2011 17:24 par rgrs
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Egypte: de la crise interconfessionnelle à la guerre civile ?
12/05/2011 17:24 par rgrs
Les affrontements tant redoutés entre coptes et salafistes disent l'ampleur du conflit qui sépare musulmans et chrétiens. La gestion de ces affrontements par l'armée est critiquée et certaines voix réclament même la démission des dirigeants. Derrière ces flambées de violence interreligieuse, certains chercheurs évoquent l'hypothèse d'une guerre civile.
Douze personnes tuées et 232 blessées, c’est le bilan officiel des heurts qui se sont produits autour d'une église, attaquée vendredi 6 mai par des salafistes estimant qu'une chrétienne convertie à l'Islam était retenue dans une église.
Deux églises et des maisons voisines ont été incendiées, et il a fallu quelques heures pour que les services d'urgence et l'armée aient la situation sous contrôle. 190 personnes liées à ces violences ont été arrêtées. Trois policiers au total, contrôlaient l’entrée de la cathédrale Saint-Marc, au Caire, siège du Patriarcat copte. Et encore, depuis la révolution, les mesures de sécurité ont été renforcées. Depuis les rumeurs de prises d'otages du même type ne cessent de se répandre, prétextes à de violents affrontements et destructions d'églises.
Dimanche, au lendemain de cette nouvelle flambée de violence interreligieuse, le gouvernement égyptien a tenu une réunion d’urgence et promis qu'il agirait d’une main de fer pour défendre la sécurité du pays et protéger les lieux de culte de toute attaque. Les coptes ont maintenant commencé à créer des groupes d'autodéfense. Ces chrétiens d'Egypte représentent 8 à 10% de la population. Lundi, ils étaient plusieurs centaines de coptes rassemblés dans un sit-in devant le siège de la télévision publique, dans le centre du Caire. Une manifestation pacifique mais une situation toujours très tendue selon Al Jazeera.
« Le ministère de l'intérieur a arrêté le cerveau des violences entre musulmans et chrétiens à Imbaba », quartier populaire de la capitale, indiquait mardi un communiqué sans préciser l'identité de la personne.
En Tunisie, comme en Egypte, l’événement dit le caractère chaotique de la situation. Depuis la chute de Hosni Moubarak, les salafistes sont beaucoup plus actifs sur la scène politique. En Egypte, la reprise en main des affaires publiques par l’armée, dont les généraux se comportent en véritables seigneurs de guerre a néanmoins permis le maintien fragile d'un certain équilibre institutionnel. Mais dans la rue, l’heure est à l’insécurité. Le tout sur fond d’un conflit entre musulmans -salafistes- et chrétiens -coptes- qui risque de porter un sérieux coup à l’unité nationale. Et c'est toute la question de la montée des extrémismes religieux et de la nature de l'Etat égyptien en reconstruction qui se pose.
L'Egypte dans une situation critique
La presse égyptienne rapporte quotidiennement des informations sur la perte de contrôle de la situation sécuritaire (tentatives d’évasion collective de postes de police et de prisons, actes de brigandage, de rixes à l’arme à feu et blanches…). Les forces de sécurité sont ainsi régulièrement la cible de critiques. Le quotidien Al-Ahram a dénoncé leur « absence » face « à la menace des courants religieux qui mettent en danger la sécurité ».
La Coalition des jeunes de la révolution, qui a contribué à la chute de Moubarak, évoque une « catastrophe sécuritaire » en Egypte. Elle a critiqué le pouvoir militaire qui n'a pas agi face à « l'absence » policière.
Pour la presse nationale et les autorités, les violences interconfessionnelles sont manipulées par des « contre-révolutionnaires » et des « extrémistes » fidèles à l'ancien président Moubarak. Ces violences sont « porteuses de risques de division pour la société égyptienne et posent un problème grave dans un contexte de transition politique qui nécessite l'unité de la nation », s'inquiétait aussi le ministère français des Affaires étrangères. Le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amer Moussa, a lancé un appel au dialogue, réclamant, pour calmer les esprits, l'organisation d'une...conférence : « C’est une situation très critique qui peut faire exploser l’Égypte. Je demande au Haut conseil militaire et au gouvernement égyptien d’organiser une conférence qui rassemblerait à la fois des scientifiques, des intellectuels égyptiens et tous ceux qui comprennent ce qu’il se passe actuellement et qui peuvent sortir l’Égypte de cette situation critique ».
Dans cette période de transition, par nature instable, certains politologues craignaient de nouvelles violences : « Si les salafistes et les coptes s’affrontent ce vendredi, une guerre civile peut éclater en Égypte », avertissait le chercheur Emad Gad, interrogé par le site d’information Al-Ahram On Line avant la manifestation du 6 mai. Les affrontements ont eu lieu au delà de toutes les prévisions. Quid de l’hypothèse de la guerre civile ?
Régis Soubrouillard - Marianne
L’arnaque de la dette
11/05/2011 14:56 par rgrs
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L’arnaque de la dette
11/05/2011 14:56 par rgrs
Jusqu’en 1973, lorsque l’État avait besoin de trésorerie, il demandait à la Banque de France de le financer, de la même manière que procède toute entreprise ou ménage envers sa banque commerciale : en lui signant une « reconnaissance de dette ».
L’exception européenne C’est à Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des finances, que nous devons la loi du 3 janvier 1973 dont l’article 25 précisait "Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France", interdisant donc le financement direct de l’État par la Banque de France. Cette loi a été confirmée par l’article 104 du Traité de Maastricht - devenu 123 du Traité de Lisbonne. Cette interdiction, n’est, dans aucune autre zone monétaire, gravée ainsi dans le marbre d’un Traité !
En clair la France (de même que les pays de la zone euro) est obligée d’emprunter sur les marchés financiers, en payant des intérêts, les besoins monétaires qu’elle ne peut couvrir par des recettes budgétaires. Pourtant, des pays tels les USA, la Grande Bretagne ou le Japon, n’hésitent pas à se servir de la possibilité de monétisation directe par leur Banque Centrale lorsque les besoins de leur économie le nécessitent. Chez nous, les banques peuvent emprunter à 1% à la BCE et prêter aux États à 3, 5 ou 7% et parfois plus.
L’augmentation annuelle de cette dette publique de 1980 à fin 2009 correspond, bon an mal an, aux intérêts de la dette, dans un effet boule de neige. En euros constants la dette est passée de 239 milliards d’euros (21% du PIB) fin 1979 à 1489 milliards d’euros (78% du PIB) fin 2009, soit une augmentation de 1250 milliards d’euros. Sur la même période, nous avons payé environ 1340 milliards d’euros d’intérêts aux différents prêteurs privés (banques et établissements de crédits, fonds de pension, assurances-vie…).
Mais direz vous, nous sommes bien obligés de payer des intérêts à nos prêteurs ! Oui, et justement puisque nous devons, dans le système actuel, emprunter chaque année sensiblement l’équivalent de ces intérêts qu’il faut payer, non seulement nous ne pourrons jamais rembourser, mais en plus la dette continuera à croitre alors que nous avons une obligation d’honnêteté envers les épargnants qui ont fait confiance à la signature de la France.
Pourtant, nous pourrions imposer à la Banque de France de monétiser chaque année une somme raisonnable pour alléger le poids de cette dette dont le paiement des intérêts pèse aujourd’hui sur les services publics essentiels de notre nation (éducation nationale, sécurité sociale, sécurité…) .
Ah, je vous entends « mais c’est la planche à billet, c’est l’inflation assurée… » Tout d’abord, il faut noter qu’aujourd’hui, ce sont les banques privées qui ont la responsabilité de la création de la monnaie et qui ont provoqué une immense inflation du prix des actifs pendant les années 2000, qui a mené à la pire crise économique depuis 80 ans. En effet, la masse monétaire a progressé de près de 10% par an dans la zone euro jusqu’à la crise.
Aujourd’hui, la quantité de monnaie en circulation en France est d’environ 1900 milliards d’euros (agrégat M3). La BCE considère qu’une augmentation annuelle de plus ou moins 5% n’est pas inflationniste. C’est donc une centaine de milliards de monnaie nouvelle qui peuvent être émis chaque année sans effet inflationniste.
Comment pourrons-nous rembourser ces épargnants qui détiennent cette « dette de la France » sans les léser, qu’ils soient français ou étranger, qu’ils aient placés leur épargne au sein de fonds de pensions ou d’obligations détenues par des assurances vies ?
Bien que la vente par les administrations publiques des actifs monétaires qu’elles détiennent permettrait instantanément la réduction de plus de 700 milliards d’euros de la dette, restons dans l’hypothèse d’une nécessité de remboursement de la dette brute "au sens de Maastricht" estimée au début de cette année 2011 à 1600 milliards d’euros.
En fait la solution est simple et ne nécessite que la volonté politique Prenons les hypothèses d’un budget global dont le solde primaire est équilibré (recettes – dépenses hors charges d’intérêts) et d’un taux d’intérêt moyen sur les obligations d’État de 3%.
Si nous décidions de monétiser chaque année 100 milliards d’euros, la première année, 48 milliards d’euros serviront au paiement des intérêts et il resterait 52 milliards en remboursement du capital de la dette. Le solde résiduel deviendrait donc 1548 milliards d’euros. L’année suivante, c’est 46 milliards d’euros d’intérêts, 54 milliards de remboursement du capital et une dette ramenée à 1494 milliards d’euros. Et ainsi de suite.
En 22 ans la dette serait totalement remboursée aux actuels détenteurs, sans en léser aucun ni sur le capital investi, ni sur les intérêts attendus chaque année. La dette et les intérêts payés pendant cette période de remboursement seront simplement transférés sous forme de nouvelles obligations à l’actif du bilan de la Banque de France. Il est à noter qu’il faudrait 39 ans avec une monétisation annuelle de 70 milliards d’euros.
D’ailleurs, Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie affirmait que : « La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création de monnaie bancaire ». Cette création monétaire, bien public, actuellement confiée à des banques privées auxquelles il est pourtant difficile de faire confiance doit revenir dans le giron de la collectivité. C’est aussi ce qui permettra d’honorer la dette sans asphyxier notre économie.
André-Jacques Holbecq
Economiste et auteur de :
Argent, dettes et banques, éditions Yves Michel, 2010
La dette publique, une affaire rentable, en collaboration avec Philippe Derudder (préface d’Étienne Chouard) - éditions Yves Michel 2008
http://www.debout-la-republique.fr/L-arnaque-de-la-dette.html
Quotas dans le football : beaucoup de bruit pour rien
11/05/2011 14:53 par rgrs
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Quotas dans le football : beaucoup de bruit pour rien
11/05/2011 14:53 par rgrs
Hier, la montagne de polémiques a accouché d’une souris : il n’y aura ni sanction, ni saisie de la justice au sujet des quotas de footballeurs binationaux. Cet épisode restera malheureusement comme un cas d’école de polémique stérile et trop souvent caricaturale.
Faut-il des quotas de binationaux ?
Par-delà l’aspect très contestable du fait de juger des personnes en fonction de discussions privées qui n’avaient absolument pas vocation à être rendues publiques, il faut revenir sur le cœur du débat : est-il légitime ou non d’instaurer des quotas de binationaux dans les centres de formation Français ? Devant l’ampleur du phénomène (près de 40% des jeunes formés actuellement pourraient choisir de défendre d’autres couleurs), la question mérite d’être posée.
En effet, Didier Drogba, un des meilleurs joueurs de la planète, a finalement choisi de ne pas défendre les couleurs du pays qui l’a en partie formé. N’est-il pas légitime que la France se pose alors la question de l’utilité de cette dépense ? En effet, il est tout de même gênant que des personnes formées gratuitement chez nous puissent finalement défendre d’autres pays. Une remarquable enquête du Monde montre qu’il ne s’agit pas d’un détail mais d’un phénomène important.
Bien sûr, les meilleurs choisissent en général l’équipe de France mais ce n’est pas toujours vrai. En outre, ces nombreux départs créent des manques pour la sélection nationale en réduisant le nombre de joueurs disponibles. Point important : le fait que les quotas concernent les binationaux contredit le procès en racisme. Enfin, que dire de l’image de mercenaires que cela donne une nouvelle fois des footballeurs, modèles incertains d’une époque incertaine ?
La mauvaise foi en action
Et cela démontre malheureusement la mauvaise foi de beaucoup de protagonistes de cette affaire. Médiapart l’a clairement été en parlant de « quotas de noirs et d’arabes ». J’ai beaucoup aimé quand Edwy Plenel quand il n’hésitait pas à révéler les parts d’ombre de François Mitterrand, ou même quand il a récemment démonté les estimations vaseuses des syndicats sur le nombre de manifestants opposés à la réforme des retraites l’automne dernier.
Malheureusement, ici, ses équipes et lui ne font pas honneur à leur métier en utilisant de tels amalgames. Cela est d’autant plus dommage qu’ils ont sans doute fait du mal à la cause qu’ils défendent en attaquant des personnes qui n’avaient pas à être attaquées. Ce faisant, au lieu de les combattre, ils pourraient bien contribuer à pousser les idées racistes en sous-entendant que Laurent Blanc le serait, en lui volant des propos tenus dans une réunion privée puis étalés hors contexte.
Mais il faut également adresser un carton rouge au PS, naturellement monté sur ses grands chevaux sur la question et au gouvernement. Chantal Jouanno a eu une attitude déplorable pendant toute cette affaire. David Desgouilles a réglé son sort de bien jolie manière sur son blog en soulignant les contradictions majeures de son discours. Elle n’a fait que surfer sur l’événement, en veillant à ne pas heurter certains médias dont la bien-pensance a étouffé la raison.
Certains médias (RTL, TF1…) ont conservé un traitement assez neutre quand certains sont tombés dans un procès caricatural et malhonnête. Heureusement, malgré le battage médiatique absolument insensé autour de cette polémique, les Français semblent avoir gardé la tête froide, comme le montre ce sondage indiquant que seulement 7% des Français souhaitaient la démission de Laurent Blanc. Et Zinedine Zidane a montré beaucoup de bon sens ce week-end.
En fait, l’hystérie qui a parfois accompagné ce débat semble s’être nourrie des questions que se pose notre pays sur son vivre ensemble. Et il faut dire le a bien compliqué les choses, entre un hypocrite et mal conçu débat sur l’identité nationale, ses multiples dérapages et les ratés de Chantal Jouanno.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Il y a 30 ans, il changeait sa vie pour le meilleur, et la nôtre pour le pire
11/05/2011 14:50 par rgrs
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Il y a 30 ans, il changeait sa vie pour le meilleur, et la nôtre pour le pire
11/05/2011 14:50 par rgrs
Aujourd’hui est la date anniversaire de l’accession de François Mitterrand à la présidence de la République. L’occasion de revenir sur le parcours d’un homme qui a beaucoup compté dans ma construction politique…
Un machiavel égotique
En politique, je crois que l’on se construit autant par adhésion que par rejet. Si quelques personnalités ont beaucoup compté dans ma formation, m’influençant par leurs idées ou leur manière d’être, d’autres l’ont fait par opposition résolue à ce qu’ils représentaient : cela a été le cas de François Mitterrand (outre Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy). Je me suis littéralement construit par réaction à ce qu’il était, tant d’un point de vue des idées que de la personne.
Pour moi, il restera cet homme politique capable de mentir avec gourmandise à un Jacques Chirac bien naïf lors du débat d’entre deux tours de l’élection présidentielle de 1988, un homme sans foi ni loi, pour qui seule l’histoire personnelle qu’il essayait de conter aux Français comptait. Il restera celui qui nomme un adversaire politique à Matignon pour le détruire, ne se souciant pas des conséquences pour le pays, prêt à donner un ministère à Bernard Tapie à l’occasion.
C’est un homme prêt à tout pour gagner, créant le Front National médiatiquement pour affaiblir ses adversaires. C’est un homme qui a sali la fonction présidentielle par des scandales (liens avec René Bousquet et d’autres affairistes, favoritisme, écoutes téléphoniques…) indignes mais qu’annonçait malheureusement l’incroyable faux attentat de l’Observatoire… François Mitterrand était un aventurier de la politique, et pas au sens noble.
Quand l’obscur domine
Bien sûr, ses doubles mandats ont été l’occasion de plusieurs réformes positives, la suppression de la peine de mort ou la libéralisation des médias. Mais au global, le bilan a été désastreux. Car c’est le bien le paradoxe que soulignent beaucoup de critiques de gauche (F Lordon, J Sapir, J-C Michéa) : il a été un des principaux promoteurs de cette libéralisation économique qui maintient ce chômage de masse dont nous ne parvenons pas à nous défaire.
En effet, nous devons au terrible duo Lamy-Delors la libéralisation des mouvements de capitaux. Le PS a également soutenu l’indépendance de la banque centrale avec pour seule mission de veiller sur l’inflation, et pas sur la croissance ou l’emploi comme même la Fed le fait aux Etats-Unis. Les socialistes ont également laissé aux investisseurs le soin fixer le cours des monnaies tout en lâchant la bride aux marchés financiers, avec les conséquences que l’on sait.
En outre, c’est également le PS de François Mitterrand qui a accompagné une libéralisation mortifère du commerce, au grand dam de la croissance, de l’emploi et de notre industrie, lessivée dans le processus. Bref, c’est son parti socialiste qui a mené un des agendas les plus antisociaux qui soient et donc on voit bien les conséquences aujourd’hui en matière de croissance des inégalités, de maintien d’un chômage de masse, le tout avec un endettement paralysant pour l’Etat.
En outre, pensant y gagner une dimension historique glorifiante pour lui, François Mitterrand a été un des principaux architectes de cette Europe supranationale et anti-démocratique qui fonctionne tellement mal aujourd’hui et qui porte une part de responsabilité majeure dans la langueur économique de ces dix dernières années. C’est lui qui a poussé ces traités qui ont tant d’influence sur le cours de notre vie : l’Acte Unique et le traité de Maastricht.
Bref, la présidence de François Mitterrand a grandement contribué à la dégradation de l’image de nos dirigeants, tant d’un point de vue du comportement personnel que de l’écart colossal entre les discours et les actes. En cela, il peut représenter un véritable contre-modèle de ce que devrait être la politique.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Peuple de gauche, es-tu là ?
11/05/2011 14:46 par rgrs
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Peuple de gauche, es-tu là ?
11/05/2011 14:46 par rgrs
« Peuple du gauche, es-tu là ? ». C’est la question que se pose Téléréma n° 3199, sorti dans les kiosques. Aussitôt, le « degauche » éprouve un vif désir de se ruer sur ce numéro. D’une part, pour reluquer rapidement si le dernier Woody Allen, featuring Carla Bruni bénéficie d’une dithyrambe accompagnée d’un « bonhomme Télérama » hilare, ou s’il écope simplement d’une brève nonchalante flanquée d’un bonhomme circonspect. D’autre part, et surtout, pour découvrir enfin à qui et comment le peuple de gauche doit se signaler, puisqu’il semble désormais acquis que quelqu’un s’en préoccupe.
Il convient dans un premier temps de ne pas confondre le « peuple de gauche », et le « peuple des primaires ». Le « peuple des primaires », c’est cette étrange tribu qui, après avoir organisé un "battle citoyen" et proposé aux candidats de la gauche morcelée un « pacte générationnel(S) », a commis, pour réunir tous les impétrants derrière une candidature unique, un « appel du 21-Avril » rageur visant à « fracasser le prêt-à-penser habituel » et menaçant : « ils n’auront pas nos voix sans nos idées ! ».
Le « peuple de gauche » en revanche, c’est celui que d’aucuns quêtent « désespérément » et parfois depuis quelques années déjà. Dans Recherche le peuple désespérément, Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin donnaient d’ailleurs quelques indices sur l’endroit où il pouvait se cacher : loin des centres-villes, dans les zones péri-urbaines ou rurales, poussé là par l’inflation immobilière, notamment.
Le « peuple de gauche », c’est celui que les leaders de gauche semblent en effet avoir perdu. Il paraît hermétique au « jeunisme » d’un François Hollande partagé entre sa passion pour Zaz et la réussite fulgurante de son régime minceur. Il ne prend même plus la peine de « buzzer » l’affaire de la Porsche de DSK, soit que le « bling-bling » ne le surprenne même plus, soit qu’il considère qu’il est de bonne guerre que ce concept vaseux, inventé par les adversaires de Nicolas Sarkozy pour discréditer celui-ci sans avoir à le combattre sur le terrain politique, se retourne aujourd’hui contre ses créateurs.
Le « peuple de gauche », enfin, c’est celui que le Front de gauche a cru pouvoir séduire, en se dotant d’un leader confondant « vociférer » et « parler vrai ». Succès a priori en deçà des espérances originelles, car c’est Marine le Pen qui se révèle aujourd’hui la candidate favorite des ouvriers. Et Jean-Luc Mélenchon aura beau tempêter, il n’y pourra rien changer s’il demeure arc bouté sur un discours économique et social certes louable, mais insuffisant. Il est temps, en effet, que la gauche prenne enfin à bras le corps sans pudeur mal placée les problématiques liées à la Nation d’une part, et à l’identité d’autre part. Il est absurde de les offrir sans combattre au seul Front national, qui les traite par facilité en termes exclusifs d’immigration, quand la « maladie identitaire » du peuple français semble davantage liée à ce sentiment d’inexorable dilution dans la grande Suisse illisible et impalpable qu’est devenue l’Europe.
A cet égard, peut-être le « peuple de gauche » est-il prêt, désormais, à entendre la petite musique qu’essaya jadis d’entonner le « pôle républicain », sans doute un peu trop tôt, peut-être pas assez bien ? Au lieu d’une tactique qui finira, comme toujours, par agréger le Front de gauche à un parti Socialiste dominant moyennant la promesse de quelques maroquins ministériels, peut-être faut-il oser retenter l’aventure d’un vaste « rassemblement républicain » qui, faisant provisoirement fi des clivages habituels, réunirait tous ceux qui, de la gauche républicaine à la droite gaulliste, souhaitent rétablir l'autorité de l’État et réorienter la construction européenne ?
Quant à ceux qui se prennent brutalement à regretter François Mitterrand, et à se demander ce qui est advenu de « l’euphorie du 10 mai 1981 », nous serions tentés de leur répondre « leaders de gauche, où êtes vous ? » et surtout « la parenthèse libérale de mars 1983, on la referme quand ? »
Coralie Delaume
Hervé Morin : au centre, le vide
11/05/2011 14:35 par rgrs
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Hervé Morin : au centre, le vide
11/05/2011 14:35 par rgrs
Il n’en vendra sans doute pas beaucoup, mais le président du Nouveau Centre a trouvé le moyen d’exister médiatiquement : sortir un livre très critique à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Le seul moyen de donner un peu de contenu à son hypothétique candidature.
Indécence et copyright
Hervé Morin s’était déjà illustré par un grand manque d’élégance républicaine lors du remaniement en annonçant lui-même et avant l’annonce officielle son départ du gouvernement. Il fait une nouvelle muflerie aujourd’hui en publiant un livre très critique à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Il est difficile d’y voir autre chose qu’un moyen d’exister pour un candidat très creux. Il est assez indécent qu’un ancien ministre descende aussi rapidement la main qui le nourrissait il y a peu.
Il devrait apprendre auprès de Jean-Louis Borloo ce qu’est le comportement normal d’un ancien ministre de la République. En outre, il est difficile de ne pas voir le côté extrêmement réchauffé de sa critique du président de la République. Nous avons droit à un gloubiboulga indigeste et déjà-vu des critiques exprimées depuis près de cinq ans (en prenant en compte la campagne présidentielle). Naturellement, Hervé Morin n’apporte rien de nouveau sur le sujet.
Le candidat inutile et invisible
Ce bébé Sarkozy (car, après tout, il n’existe que parce que le président a voulu faire monter un centriste qui avait trahi François Bayrou pour concurrencer le Modem) est un nouvel exemple du vide absolu du sarkozysme. Car si Hervé Morin veut être candidat à l’élection présidentielle, il n’a toujours pas réussi à expliquer clairement pourquoi il le fait, à part pour exprimer sa volonté d’exister politiquement et être cohérent avec la grande idée qu’il semble avoir de lui-même.
Mais le centriste est parfois couard. C’est pourquoi Hervé Morin aimerait bien que Jean-Louis Borloo y aille car il ne semble pas convaincu de faire un grand score étant donné le vide sidéral de son discours et de sa personne. Son parcours depuis quatre ans parle contre lui : une trahison, un passage totalement transparent dans un grand ministère où il n’a laissé aucun souvenir, des vœux totalement ridicules et maintenant un livre qui ne fait que reprendre ce qui était dit il y a longtemps.
On retient aussi d’un président les personnes qu’il a fait émerger politiquement. Le vide sidéral de certains bébés Sarkozy, souvent couplé à une très haute idée d’eux-mêmes trouve un nouvel exemple dans la personne d’Hervé Morin. Qu’il se présente, on rira bien.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Les référendums, bêtes noires de Bruxelles
11/05/2011 14:32 par rgrs
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Les référendums, bêtes noires de Bruxelles
11/05/2011 14:32 par rgrs
Bruxelles, chez les membres de la Commission et les fonctionnaires, on déteste les référendums : d’abord parce qu’ils sont organisés dans le cadre national, donc en porte-à-faux avec la logique supranationale de la construction européenne, et ensuite parce qu’ils sont une expression directe de la souveraineté populaire, sans le filtre des institutions de la démocratie représentative avec lesquelles beaucoup d’accommodements sont possibles. Ils rappellent – qu’on le déplore ou que l’on s’en réjouisse – que les peuples continuent à exister sur le Vieux Continent. Du moins pour l’avenir prévisible, la notion de « peuple européen » reste encore largement une fiction.
L’Union européenne (UE) a donc un sérieux problème avec certains des peuples qui la composent. Non pas parce que ces derniers seraient par principe hostiles à l’idée d’Europe, mais parce qu’ils rejettent le carcan des politiques menées par les institutions qui agissent en son nom. Quand l’occasion se présente de donner leur sentiment lors d’un référendum, ils ne s’en privent pas. C’est ainsi que, en 1972, la Norvège refusa d’adhérer à ce qui était encore la Communauté économique européenne (CEE) ; que, en 1992, le Danemark rejeta le traité de Maastricht ; que, en 2005, la France et les Pays-Bas dirent « non » au traité constitutionnel européen ; que, en 2001, l’Irlande vota contre le traité de Nice et, en 2008, contre le traité de Lisbonne. Chaque fois, sauf pour la Norvège, un tour de passe-passe permit ultérieurement de transformer les « non » en « oui ».
Un nouveau cas d’école du respect ou du non respect de la souveraineté populaire en Europe se présente avec le refus des Islandais, exprimé par 60 % d’entre eux lors du référendum du 9 avril dernier, de faire payer par l’ensemble des citoyens le coût des ravages provoqués par leurs banquiers [1]. Une des banques de l’île, Icesave, privatisée en 2003, avait attiré des épargnants en leur proposant des rendements de l’ordre de 7 %, c’est-à-dire très au-dessus des taux du marché. En fait, il s’agissait d’une escroquerie du type des « pyramides de Ponzi », dont Bernard Madoff fut un des plus éminents praticiens : les intérêts des placements anciens sont payés par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Jusqu’à ce que le système s’écroule… Ce qui fut le cas en 2008.
A cette date, 400 000 comptes avaient été ouverts chez Icesave, pour la plupart d’entre eux par des Britanniques et des Néerlandais. Pour ne pas précipiter une panique bancaire les gouvernements de Londres et de La Haye s’engagèrent à indemniser leurs ressortissants concernés (pour des montants respectifs de 2,6 milliards et de 1,2 milliard d’euros) et, avec la bénédiction de la Commission européenne et du Fonds monétaire international, ils envoyèrent la facture aux autorités de Reykjavik ! Cette transformation caricaturale d’une dette privée en une dette publique, acceptée par le gouvernement et le Parlement islandais, fut rejetée une première fois par 93 % des électeurs lors du référendum organisé en mars 2010, avant de l’être à nouveau en avril 2011.
L’Islande n’est pas membre de l’UE, mais le gouvernement a officiellement déposé sa candidature pour y adhérer en juillet 2009. A moins d’être désavoué lors des élections législatives anticipées prévues le 9 mai prochain, il est prêt montrer sa respectabilité « européenne » en versant, d’une manière ou d’une autre, les 3,8 milliards d’euros que lui réclament le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Indépendamment du veto que ces deux pays peuvent opposer à l’adhésion de l’Islande, on peut se demander si beaucoup d’autres Etats membres de l’UE souhaiteront qu’elle s’élargisse à un peuple qui ne craint pas de voter et de revoter « non » à un référendum…
Bernard Cassen, président d’honneur d’Attac
http://www.debout-la-republique.fr/Les-referendums-betes-noires-de.html
1981-2011 Le temps des conséquences
11/05/2011 14:27 par rgrs
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1981-2011 Le temps des conséquences
11/05/2011 14:27 par rgrs
Je ne ferai pas un long texte ce soir, fatigue oblige, mais je voudrai quand même souligner, en ce jour anniversaire de l'élection de François Mitterrand, le côté absurde qu'il y a à fêter cet évènement. C'est d'autant plus absurde que ces célébrations proviennent généralement des membres politiques de la gauche, la même gauche qui a était définitivement détruite par les politiques mis en œuvre par monsieur Mitterrand . En réalité, les seules qui devraient fêter l'élection de François Mitterrand sont les libéraux et tous ceux qui croient au libre marché ou dans les délires de l'euro. L'euro justement nous en voyons aujourd'hui les conséquences comme tout le reste. Je fais partie de la génération qui n'a vécu que sous la crise économique et le chômage de masse. En mai 1981 j'avais 3ans et c'est notre génération et les plus jeunes qui voient aujourd'hui les conséquences désastreuses des décisions prises à cette époque. Voir ainsi des politiques fêter l'évènement me révulse au plus haut point. Comment fêter un homme qui a tout démoli. Il a détruit les structures de l'état. Il a éliminé les contrôles des capitaux et privatisé le système bancaire français. Il a enlevé l'indexation des salaires sur l'inflation. Il a favorisé une dérégulation des frontières commerciales et humaines. Et enfin il a mis la France sous la tutelle monétaire de l'Allemagne. Souvenez-vous du franc fort et de ses conséquences sur l'emploi. Mitterrand fut l'homme du renoncement à la souveraineté nationale, loin d'avoir était en rupture avec le clown qui l'a précédé, il a au contraire accéléré la démolition du pays. Cet ancien collabo a gardé ses bonnes vieilles habitudes une fois au pouvoir ne gardant qu'admiration et crainte vis-à-vis de la puissance allemande. Ce faisant ses politiques furent incohérentes. Il a voulu empêcher la réunification et a cru bêtement que la France pourrait contrôler l'Allemagne en l'enfermant dans une monnaie unique. Le résultat fut l'inverse, c'est la France qui a fini ligotée au sein de la construction européenne. Le bilan des multiples politiques de cette époque nous l'avons aujourd'hui sous les yeux et le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est guère brillant.
Et je ne parlerai pas de son passé sulfureux et de sa manie de faire de la politique par des coups bas. Comme le dit mon collègue Laurent Pinsolle, Mitterrand c'est l'exemple parfait de tout ce qui rend la politique odieuse. J'aurais préféré que la gauche profite de cet anniversaire pour faire un inventaire des erreurs de cette époque plutôt que de se lancer dans un mouvement nostalgique. Si la gauche n'arrive plus à gagner, c'est en grande partie parce qu'elle refuse de rompre avec l'héritage catastrophique de Mitterrand.
François Mitterrand c'est l'homme de droite qui a fait croire à la gauche qu'elle avait gagné en 81.
Dans cette vidéo Jacques Cheminade dont je ne partage pas toujours les points de vue, donne ici un réquisitoire assez exemplaire sur la période Mitterrand. Je pense franchement qu'il a amplement raison.
De l'impuissance Mitterrandolâtre / J. Cheminade par Cheminade2012
YANN
http://lebondosage.over-blog.fr/article-1981-2011-le-temps-des-consequences-73559739.html
Sarkozy c’est fini
11/05/2011 14:23 par rgrs
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Sarkozy c’est fini
11/05/2011 14:23 par rgrs
En ce jour anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le Premier ministre et son gouvernement s’enfoncent dans le déni de réalité.
Il est toujours étonnant de voir des gens intelligents refuser l’évidence, au risque de se suicider collectivement. Sans doute par sentiment de supériorité, croient-ils les Français idiots ? !
Heureusement notre peuple, pétri d’une histoire millénaire, a une grande lucidité politique. Les Français au fond d’eux-mêmes ont tout à fait compris l’ampleur de la supercherie, pour ne pas dire de l’escroquerie sarkoziste. Il y a tout simplement tromperie, gigantesque tromperie sur la marchandise.
Au-delà du style de l’homme, de ses excès, nos concitoyens reprochent tout simplement au Président l’absence de résultats concrets, fatale conséquence du manque de cohérence de son action publique. Car le cœur du problème est bien là. Ces 4 dernières années se résument en un décalage saisissant entre les discours et les décisions, entre les annonces et les actes. Cette schizophrénie permanente a décrédibilisé la fonction présidentielle et ruiné la parole publique de Nicolas Sarkozy.
Ce qui explique tout naturellement qu’il peut dire des choses très justes sans pour autant reconquérir, en aucune façon, une opinion qui n’a plus confiance tant elle a été trompée, qui n’écoute même plus tant elle a été habituée à un verbe présidentiel sans aucune valeur. Deux exemples parmi tant d’autres.
Dans le domaine économique, d’un côté un discours permanent sur la compétitivité, l’adaptation à la mondialisation, la relance de l’emploi, la lutte contre les délocalisations, de l’autre une politique suicidaire par arrimage à l’euro fort et par soumission au libre échange intégral qui asphyxient nos entreprises, essorent l’emploi industriel, désertifient nos campagnes. A-t-on déjà vu un coureur cycliste grimper un col avec les freins serrés ? Tout le reste n’est que littérature.
Dans le domaine de la sécurité, qui était pourtant la marque de fabrique de l’ancien ministre de l’Intérieur avec, il faut bien le dire, une certaine réussite, l’incohérence est depuis 4 ans à son comble. D’un côté des discours martiaux, des lois à répétition, des visites éclair tous azimuts, d’un autre la suppression de 10 000 postes de policiers et gendarmes et un laxisme judiciaire - conséquence directe de l’extrême dénuement de la Justice - qui ne cesse d’empirer et que masquent de moins en moins les lois d’affichage annoncées tambour battant par le président lui-même.
Alors, bien sûr, la majorité peut s’enorgueillir de quelques réformes. Je pense notamment à l’autonomie des universités ou au service minimum. Mais la réalité est là, crue. Toute cette agitation au cours des 4 dernières années n’a pas permis d’obtenir des résultats car il manquait l’essentiel : la reconquête de la souveraineté de la France, c'est-à-dire une véritable marge de manœuvre institutionnelle et politique. En imposant aux Français malgré le référendum de 2005 le Traité de Lisbonne, en se soumettant à l’oligarchie financière, le Président ne pouvait pas obtenir le moindre résultat sur les deux fronts essentiels qu’il avait choisi dans sa campagne : le pouvoir d’achat et la sécurité.
Voilà pourquoi, d’ailleurs, les Français sont dubitatifs sur les projets de ses concurrents socialistes ou centristes en 2012, car eux aussi refusant de s’attaquer à un cadre qui empêche tout pouvoir d’agir en profondeur, risquent bel et bien, à leur tour, de se condamner à une vaine agitation à la surface des choses.
Dans une France qui se vide de ses emplois, qui se paupérise et qui se divise, il va de soi qu’une simple alternance ne résoudra rien et que les Français attendent une vraie alternative. Une alternative qui consiste à remettre le pouvoir au service des Français.
Remettre le pouvoir au service des Français, c’est s’affranchir de la tutelle extérieure, mondialiste (sortie de l’euro, protectionnisme raisonnable, rétablissement des frontières nationales) mais aussi se libérer de la tutelle intérieure exercée par les nouvelles féodalités, ces oligopoles privés de la banque, de la finance, de l’énergie, ou de la grande distribution…
S’affranchir de ces tutelles non pas pour se refermer sur soi mais tout au contraire, dans l’esprit du Conseil National de la Résistance, pour mettre en œuvre une politique offensive de reconquête économique et sociale, une politique de redressement de la France et de la République, dont le Pacte fondateur doit être d’urgence relégitimé.
Ce sera tous le sens de mon projet pour 2012 dont je présenterai, thème par thème, le détail au fil des prochains mois.
Nicolas Dupont Aignan
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Sarkozy-c%E2%80%99est-fini
A-t-on vraiment besoin d'une monnaie mondiale?
11/05/2011 14:20 par rgrs
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A-t-on vraiment besoin d'une monnaie mondiale?
11/05/2011 14:20 par rgrs
On voit de plus en plus d'économistes ou d'intellectuels défendre l'idée d'un remplacement de la devise américaine en tant que devise internationale. Ce n'est d'ailleurs pas sur ce blog que vous trouverez une défense du système monétaire mondial actuel. Une bonne part des anomalies et des crises que rencontre le monde provenant de cette curiosité qui consiste à faire de la monnaie d'une nation une devise à caractère mondiale, à l'image de l'or autrefois. Les Américains n'ont fait qu'abuser de leur privilège, mais soyons honnête, n'importe quelle nation ayant ce type d'avantage l'aurait également utilisé. Les USA sont d'ailleurs pris à leur propre piège puisque cet avantage à court terme a un prix absolument considérable sur le long terme, celui de la désindustrialisation totale du pays. En effet puisqu'il est "gratuit" d'importer, pourquoi donc produire encore des biens? Il est donc clair que si les USA avec les avantages et l'avance qu'ils avaient au lendemain de la Seconde Guerre mondiale n'ont pu se maintenir à long terme avec une monnaie d'essence mondiale, alors aucune nation ou zone monétaire ne le pourra à l'avenir. Le système monétaire mondial actuel est mauvais, mais pour le remplacer il ne suffira pas de remplacer le dollar par une autre monnaie que ce soit l'euro ou le yuan. Nous conviendrons donc facilement qu'il faut trouver autre chose comme mécanisme monétaire.
C'est là que les économistes vont chercher la vieille idée keynésienne de Bancor. Un intervenant du blog de Paul jorion vient d'ailleurs de rappeler les principes de ce système monétaire. Mais à la place du Bancor on utiliserait les droits de tirage spéciaux, les fameux DTS du FMI. On pourrait facilement objecter à cette proposition que l'on ne ferait en fait ici que reporter le problème. Au lieu d'avoir un état irresponsable déversant toujours plus de monnaie dans le système monde, nous aurions une bureaucratie totalement libre puisque sans responsabilité démocratique. Ce qui en définitive serait peut-être beaucoup plus dangereux pour la planète, on le voit avec l'euro et la BCE. Si je suis un grand admirateur de Keynes je connais aussi les limites de certains de ses raisonnements. Ainsi chez Keynes la raison doit l'emporter chez les dirigeants pour que son système fonctionne, le problème c'est que généralement l'expérience montre que c'est rarement la raison qui sert de guide aux politiques. C'est d'autant plus vrai si le pouvoir est très éloigné des préoccupations des citoyens et des contraintes électorales qui peuvent les ramener sur terre. Même en supposant que la fameuse devise internationale soit un panier monétaire, il sera en pratique difficile de limiter un tel pouvoir comme il a été impossible à l'Amérique de se retenir d'user de son exception monétaire. Qui plus est, tous les problèmes de monnaie ne proviennent pas uniquement du système monétaire en lui même. Ce que beaucoup oublient des théories keynésiennes, c'est que Keynes était pour une régulation du commerce et pas uniquement par des politiques monétaires dont il connaissait les limites.
Si l'on régulait le commerce avec autre chose que les variations monétaires, nous aurions peut-être un système plus stable que celui actuellement en vigueur. Mais les dogmes présents ont fait qu'il est accepté de dévaluer, mais pas de taxer ou de limiter les importations. Or comme nous l'avions vu dans un autre texte, la régulation du commerce uniquement par des variations de la monnaie rend le système monétaire totalement instable. C'est d'autant plus vrai que les valeurs des monnaies nationales ne reflètent que rarement la situation commerciale d'un pays. On a des pays avec de forts excédents dont la monnaie reste faible, alors qu'elle devrait s'apprécier. Et d'autres avec des déficits commerciaux, dont les monnaies, restent fortes alors qu'elle devrait se dévaluer. La liberté de circulation des capitaux où tout le monde peut acheter tout et n'importe quoi sur la planète n'est pas pour rien dans cette situation. Mais je constate que le volé protectionniste et la volonté d'user des frontières nationales pour limiter les aberrations commerciales, monétaires, ou financières sont rarement évoqués lorsque l'on parle de Keynes et de son Bancor. Pourtant Keynes avait été très clair dans certains de ces propos sur la régulation du commerce. Il disait lui même:
« J’ai de la sympathie pour ceux qui veulent minimiser plutôt que maximiser l’imbrication économique entre les nations. Les idées, la connaissance, l’art, l’hospitalité, les voyages : autant de choses qui sont, par nature, internationales. Mais que les marchandises soient de fabrication nationale chaque fois que c’est possible et commode . » (vir « La pauvreté dans l’abondance » aux éditions Tel Gallimard)
Cet oubli ne serait-il pas volontaire de la part de certains ? Vouloir réguler l'économie mondiale uniquement par la création d'un système monétaire moins idiot relève plus de l'escroquerie intellectuelle qu'autre chose. En réalité, nous pourrions même garder le système actuel de l'étalon dollar, aussi stupide soit-il, tout en le rend fonctionnel avec une bonne dose de régulation commerciale par douane et quota. Mais pour cela, il faut sortir les gros mots internationaux comme protectionnisme ou nation. Ensuite, prôner comme le font certains une monnaie mondiale en faisant l'éloge du Bancor de Keynes c'est oublier que lorsqu'il a fait cette proposition il y avait des conditions politiques internationales très particulières. Pour la première fois dans l'histoire, une nation a pu pratiquement seule décider du sort du monde, enfin d'une grande partie du monde, celle qui formera le camp occidental après guerre. C'est parce qu'il y a eu la Seconde Guerre mondiale et la présence de la superpuissance américaine que l'on a pu construire un système mondial monétaire relativement cohérent, avec le dollar comme clef de voute. Et même dans ces conditions exceptionnelles, Keynes n'a pu imposer son idée, les USA préférant alors l'intérêt à court terme que leur apportait le dollar comme devise internationale alors que montait la pression de la future guerre froide avec l'URSS. C'est le plan de Harry Dexter qui fut mis en œuvre à la place du Bancor, et cela non parce que Keynes avait tort, mais parce que les Américains étaient les plus forts. Dans le monde actuel, aucune nation ne représente plus de 50% du PIB de la planète. Aucun pays au monde ne pèse comme a pu peser l'Amérique à l'époque. Donc personne ne peut imposer un système international comme cela fut fait alors. Un système monétaire international dans les conditions actuelles ne pourrait être que la résultante d'accord, mais il n'y aucune chance pour que le monde trouve un terrain d'entente sur cette question tant les intérêts à court terme divergent. Il n'y aura donc vraisemblablement que des accords locaux, pour des monnaies régionales au maximum. Et c'est probablement une très bonne chose comme nous le verrons par la suite.
Une vision du monde complètement dépassée
On voit donc que pour Keynes le commerce international n'était pas un but, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de défenseurs de la monnaie mondiale du Bancor au DTS. Le système de monnaie mondiale tel que nous l'avons connu depuis la Seconde Guerre mondiale est dû à un accident historique. Il n'est pas certain que dans cent ans le monde sera toujours en train de commercer en échangeant sur toute la planète. Une monnaie mondiale est nécessaire à partir du moment où vous importez des produits et des matières premières de la planète entière. Mais n'est-ce pas ce commerce justement qui produit les catastrophes que nous connaissons à l'heure actuelle? En effet, c'est bien parce que tout le monde peut acheter ce qu'il veut partout que les hommes se sont mis à gaspiller des ressources qu'ils n'avaient pas localement. C'est bien parce que nous avons rendu planétaire notre mode de consommation que nous nous retrouvions avec un dilemme sur le pétrole ou sur d'autres matières premières. La monnaie planétaire est quelque part responsable du mur qui se trouve aujourd'hui devant nous et que la génération de l'époque de Keynes n'avait pas imaginé, elle qui était un peu éberluée par le progrès technique à court terme et dont on pensait qu'il résoudrait tous les problèmes
Vouloir une monnaie mondiale c'est penser résoudre les problèmes du monde d'aujourd'hui avec les outils du monde d'hier. L'abondance est terminée, nous le savons. Et une bonne part de l'épuisement est lié à l'uniformisation des modes de vie et des façons de consommer et de vivre sur toute la planète. L'unification monétaire du monde sous l'égide du dollar a engendré une unification des comportements de consommation. Là où il y avait des modes de consommation bien adaptés aux possibilités physiques locales, on a installé l'American way of life, engendrant des déséquilibres et des déformations dans la consommation. Les humains ont oublié qu'une bonne part de leurs comportements culturels n'étaient pas que le fruit de l'histoire et des habitudes, mais aussi des possibilités de production locale. Ce n'est pas un hasard si les Français mangent beaucoup de pain et les Japonais beaucoup de riz. C'est que la géographie avait dicté ces comportements culinaires pour prendre cet exemple simple. La mondialisation a permis à des peuples qui n'avaient pas de pétrole d'en user alors qu'ils auraient peut-être trouvé d'autres formes de production énergétique pour leurs besoins de déplacement. Vouloir une monnaie mondiale c'est donc quelque part vouloir maintenir un système dont on sait qu'il n'est pas viable et qu'il gaspille l'énergie et les matières premières. La Chine a d'ailleurs considérablement accéléré le processus de déclin de ce modèle. Il n'y aura pas assez de matière première sur terre pour faire vivre les Chinois comme des Américains.
Le monde de demain sera au contraire un monde local, un monde beaucoup plus petit dans l'échange. Cette réalité sera subie si nous ne faisons rien pour prévenir cette évolution inéluctable. Mais nous pouvons l'anticiper en relocalisant les activités et en réduisant les besoins en déplacements des hommes, des biens et des matières premières. Il va falloir réapprendre à vivre avec ce que l'on a, que ce soit pour les matières premières ou pour les marchandises. Dans ce sens, ce n'est pas vers plus d'échanges mondiaux qu'il faut aller, mais vers plus d'échanges locaux. Plutôt que de faire d'immenses zones monétaires, il faudrait au contraire les réduire. On voit ici le caractère totalement anachronique de l'euro et de sa conception. Il faut favoriser les consommations locales en matières en hommes et en biens. La fameuse démondialisation c'est cela, et c'est inévitable. Le débat sur une monnaie mondiale est donc en retard de deux générations. C'est un débat que l'on pouvait encore avoir en 1950, mais qui est complètement suranné maintenant. La vraie question d'aujourd'hui c'est comment mettre au point des systèmes économiques qui permettent de minimiser les gaspillages et non ne maximiser les échanges sur toute la planète. C'est très exactement ce que disait Keynes dans la phrase que j'ai cité même si dans son esprit il s'agissait surtout de défendre les politiques de plein emploi. Aujourd'hui, nous devons mettre en place des systèmes économiques et sociaux permettant l'adaptation des besoins aux conditions locales de production, le contraire de ce que l'on a fait depuis 50ans en fait.
YANN
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