Les députés villepinistes à Laurent Wauquiez: "Rompre avec l'assistanat plutôt que mettre en accusation les assistés"

11/05/2011 13:21 par rgrs

  • Les députés villepinistes à Laurent Wauquiez:

    Les députés villepinistes à Laurent Wauquiez: "Rompre avec l'assistanat plutôt que mettre en accusation les assistés"

    11/05/2011 13:21 par rgrs

Les députés UMP proches de Dominique de Villepin ont rejeté lundi les propositions de Laurent Wauquiez sur les contreparties au versement du RSA, estimant que l'ancien Premier ministre avait, lui, un projet "socialement novateur" avec son Revenu citoyen.

"Aujourd'hui, il y a clairement un problème de lisibilité de notre protection sociale avec la constitution, au fil des ans, d'un millefeuille d'allocations diverses et variées incompréhensible, dans lequel on peut s'imaginer que certains sachent en tirer profit mieux que d'autres. Il faut y mettre fin", ont réagi auprès de l'AFP Marc Bernier, Jean-Pierre Grand et Jacques Le Guen.

D'où la proposition de M. de Villepin d'instaurer "le Revenu citoyen de 850 euros par mois pour tous les Français sans ressources, avec, ce qui est nouveau, la contrepartie d'un engagement au service de l'intérêt général".

"A l'inverse de la proposition de Laurent Wauquiez, le Revenu citoyen est d'autant plus socialement novateur qu'il est élargi aux travailleurs ayant un revenu inférieur à 1.500 euros net par mois", ajoutent-ils.

"Il est normal que l'Etat vienne en aide aux personnes aujourd'hui sans ressources, mais il est indispensable que la solidarité nationale soit aussi dirigée vers les travailleurs pauvres et les salariés les plus modestes", soulignent les trois députés qui déposeront, "d'ici fin mai", une proposition de loi sur la création du Revenu citoyen.

Le ministre des Affaires Européennes "improvise aujourd'hui trois propositions sur le RSA, qui ne font que renforcer la stigmatisation à l'égard des personnes recevant des aides de l'Etat et diviser la société entre les travailleurs et les assistés", souligne dans un communiqué République solidaire, le parti de M. de Villepin.

"La réponse qu'il apporte n'est ni juste, ni efficace. Dire qu'il faut plafonner les aides sociales, c'est dire crument qu'il faut baisser les minima sociaux", qui sont "faibles dans la comparaison européenne". Et "dire qu'il faut une obligation de 5 ou 10 heures de travail obligatoire, c'est faire du travail une punition de l'oisiveté, pas une chance d'insertion", conclut RS.

Source: Agence France Presse


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Communiqué de République Solidaire suite aux propositions du ministre des Affaires Européennes

Le ministre des Affaires Européennes semble avoir pris conscience du débat nécessaire sur les minima sociaux qu’a contribué à lancer notre projet de revenu citoyen. Cependant il improvise aujourd’hui trois propositions sur le RSA, qui ne font que renforcer la stigmatisation à l’égard des personnes recevant des aides de l’Etat et diviser la société entre les travailleurs et les assistés.

La réponse qu’il apporte n’est ni juste, ni efficace.

Dire qu’il faut plafonner les aides sociales, c’est dire crûment qu’il faut baisser les minima sociaux. Il faut rappeler que ces minima sont faibles dans la comparaison européenne et qu’on ne vit pas bien à deux avec un RSA couple et des allocations logement. C’est à peine si on a de quoi survivre. Dire qu’il faut une obligation de 5 ou 10 heures de travail obligatoire, c’est faire du travail une punition de l’oisiveté, pas une chance d’insertion.

La philosophie du Revenu Citoyen proposé par Dominique de VILLEPIN et République Solidaire est à l’opposé de telles mesures, car il s’agit de rompre avec une logique d’assistanat et non de mettre en accusation ceux qui sont assistés :

Il s’agit de rompre avec l’assistanat en tendant la main à ceux qui sont prêts à choisir volontairement une activité au service du bien commun dans le cadre du Service Citoyen. En contrepartie de cet engagement ils recevraient un Revenu Citoyen permettant une vie digne, 850 euros par mois. Pour ceux qui refuseraient un tel engagement, ils demeureraient dans le cadre d’une allocation sociale.

Il s’agit de rompre avec l’assistanat en unifiant l’ensemble des allocations en un dispositif unique. Aujourd’hui, il y a clairement un problème de lisibilité de notre protection sociale avec la constitution, au fil des ans, d’un mille-feuille d’allocations diverses et variées incompréhensible dans lequel on peut s’imaginer que certains sachent en tirer profit mieux que d’autres. Il faut y mettre fin.

Il s’agit de rompre avec l’assistanat en récompensant le choix du travail. Ce Revenu Citoyen est d’autant plus novateur qu’il est élargi aux travailleurs ayant un revenu inférieur à 1500 euros nets par mois. Nous voulons valoriser le travail des salariés les plus modestes dans un souci de justice et d’incitation au travail. Ainsi une personne au SMIC toucherait un complément de 130 euros par mois, soit une augmentation nette de 12%. Il est normal que l’Etat vienne en aide aux personnes aujourd’hui sans ressources, mais il est indispensable que la solidarité nationale soit aussi dirigée vers les salariés les plus modestes qui ont de plus en plus de mal à faire face aux dépenses courantes de leur famille.

Le problème n’est pas aussi simple que ce qu’il pense et nous attendons des responsables politiques qu’ils apportent des solutions claires, globales et visionnaires à des situations complexes.

Les effets d’annonce sans fondements (rappelons nous la prime de 1000€ pour les travailleurs déjà les mieux lotis), ne peuvent que donner le sentiment que le gouvernement perd pied face aux défis du chômage, de l’exclusion et du pouvoir d’achat. Sortir de ce genre de polémique simpliste et stigmatisante suppose aujourd’hui qu’un vrai débat républicain puisse se tenir dans la sérénité, sur le terrain des idées et de la volonté de changement. Un débat au cours duquel nous voulons apporter une réponse aux difficultés de notre pays par un projet citoyen novateur.

Source: République Solidaire

http://2villepin.free.fr/index.php/2011/05/10/1898-les-deputes-villepinistes-a-laurent-wauquiez-rompre-avec-l-assistanat-plutot-que-mettre-en-accusation-les-assistes

Dominique de Villepin à Estoril: "L'Europe n'est pas à la hauteur de ses idéaux"

11/05/2011 13:16 par rgrs

  • Dominique de Villepin à Estoril:

    Dominique de Villepin à Estoril: "L'Europe n'est pas à la hauteur de ses idéaux"

    11/05/2011 13:16 par rgrs

"Il faut refondre la construction européenne", a déclaré Dominique de Villepin ce vendredi, en marge de sa participation aux Conférences d'Estoril au Portugal.

Pour l'ancien Premier Ministre français, l'Europe doit faire face à de nombreux défis, en particulier dans les domaines économiques et financiers, "à un moment où la croissance économique est très faible (2% dans la meilleure des hypothèses) par rapport à d'autres régions du monde, notamment les pays émergents qui ont des croissances de l'ordre de 8, 10, 12%.

L'Europe doit également faire face à des défis dans son rappport au monde, étant donné qu'elle "a des difficultés à faire entendre sa voix", a-t-il indiqué.

"Nous avons pu le constater avec ses divisions concernant le printemps arabe, la révolution tunisienne, la révolution égyptienne", a affirmé Dominique de Villepin, en rappelant que s'agissant de la crise libyenne, la France et l'Allemagne s'étaient opposées lors du vote à l'ONU de la résolution 1973 qui avait donné le "feu vert" à l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne sur le territoire libyen.

"L'Europe n'a pas, dans le monde, le poids qui devrait être le sien", a-t-il considéré, en donnant comme exemple la position européenne dans le conflit israélo-arabe ou en Afghanistan.

En Afghanistan, "l'Europe devrait être la première à tirer les leçons d'une présence militaire longue de 10 ans qui n'a pas permis de résoudre la crise", a affirmé Dominique de Villepin, se disant convaincu que s'agissant des questions internationales, l'Europe n'a pas été, face aux Etats-Unis, un interlocuteur capable "d'équilibrer le monde".

"L'Europe n'est pas à la hauteur de ses idéaux. Nous le voyons dans le sentiment de peur qui assaille aujourd'hui les Européens, dans le populisme qui se manifeste dans des pays comme la Finlande, la Hongrie, l'Italie ou la France. Un populisme qui est basé sur la peur: peur de l'immigration, peur des autres, peur de l'Islam. Ceci n'est pas conforme à la vocation de l'Europe", a-t-il ajouté.

Dominique de Villepin a réaffirmé sa conviction que l'Europe doit défendre son modèle social et doit surtout "sortir de l'impuissance et de l'immobilisme" où elle se trouve.

Source: Sabado

http://2villepin.free.fr/index.php/2011/05/08/1897-dominique-de-villepin-a-estoril-l-europe-n-est-pas-a-la-hauteur-de-ses-ideaux

Chronologie de la 5e République sous Charles de Gaulle (5)

11/05/2011 13:12 par rgrs

  • Chronologie de la 5e République sous Charles de Gaulle (5)

    Chronologie de la 5e République sous Charles de Gaulle (5)

    11/05/2011 13:12 par rgrs

Gaullisme.fr vous propose en plusieurs épisodes « la chronologie de la Ve république sous Charles de Gaulle ». Les principales dates vous sont proposées accompagnées de commentaires succincts ou plus détaillées (Liens sur Gaullisme.fr). Gaullisme.fr éditera 2 épisodes par mois jusqu’au décès du général de Gaulle, le 9 novembre 1970.

Janvier à Juin 1960

1er janvier : Le Cameroun accède à l’indépendance.
3 janvier : Promulgation de la loi d’aide à l’enseignement privé.
4-11 janvier : Séjour privé du général de Gaulle à l’hôtellerie de La Celle près de Brignoles dans le Var.
18 janvier : Entretiens du général de Gaulle à l’Élysée avec MM. Modibo Keita, président du Mali, Mamadou Dia, Premier ministre du Sénégal, et Léopold Senghor, président de l’Assemblée fédérale du Mali.
22 janvier : L’affaire Massu.
Convoqué à Paris à la suite d’une interview à un journal munichois critiquant la politique algérienne du général de Gaulle et mettant en doute l’obéissance de l’armée au gouvernement français, le général Massu, malgré un démenti de certains propos qui lui ont été prêtés, est démis de ses fonctions à la tête du corps d’armée d’Alger. Entretien du général de Gaulle à l’Élysée avec M. Mamadou Dia, Premier ministre du Sénégal.
24 janvier : À la suite du départ du général Massu, des civils en armes dressent des barricades à Alger et s’enferment dans un réduit.
25 janvier : Allocution radiodiffusée à l’Élysée du général de Gaulle pour condamner l’émeute. Les musulmans refusent généralement de s’associer aux manifestations des Européens.
28 janvier : Visite du général de Gaulle au Conseil d’Etat.
29 janvier : Allocution radiotélévisée à l’Élysée du général de Gaulle pour expliquer au pays sa politique algérienne et donner l’ordre à l’armée d’intervenir.
2 février : Reddition du « camp retranché » d’Alger.
3 février : Le Parlement vote des pouvoirs spéciaux au gouvernement de M. Debré pour l’Algérie.
5 février : MM. Jacques Soustelle et Bernard Cornut-Gentille sont démis de leurs fonctions ministérielles.
10-15 février : Entretiens du général de Gaulle à l’Élysée avec MM. Houphouët-Boigny, président du Conseil de l’Entente, Tsiranana, président de la République malgache, Léopold Senghor, président de l’Assemblée fédérale du Mali, Lisette, vice-président du gouvernement du Tchad, Kreiski, ministre autrichien des Affaires étrangères.
11-18 février : Voyage de M. Khrouchtchev en Inde, en Indonésie et à Cuba auxquels l’URSS accorde des crédits importants.
12 février : Message du général de Gaulle à M. Segni, président du Conseil italien, sur les questions européennes.
13 février : Explosion de la première bombe atomique française à Reggane (Sahara).
15-18 février : Voyage officiel en France de M. Prado, président de la république du Pérou.
18-23 février : Entretiens du général de Gaulle à l’Élysée avec MM. Tsiranana, président de la République malgache, Moktar Ould Daddah, Premier ministre de Mauritanie, Houphouët-Boigny, président du Conseil de l’Entente, Hamani Diori, Premier ministre du Niger, Hubert Maga, Premier ministre du Dahomey, et Maurice Yaméogo, Premier ministre de Haute-Volta.
22-23 février : Voyage du général Eisenhower en Amérique latine.
25-28 février : Visite du général de Gaulle à Albi dans le Tarn ; à Carcassonne et Narbonne dans l’Aude ; à Alès, Nîmes et Le Vigan dans le Gard ; à Lodève, Béziers, Sète et Montpellier dans l’Hérault ; à l’École de l’Air de Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône.
3-7 mars : Tournée du général de Gaulle en Algérie au poste de commandement d’Hadjer-Mafrouch, à Catinat et Redjar, à Aumale et Batna, au poste des Aziz dans l’Algérois et aux postes de commandement du bled durant les deux derniers jours. Il prend position pour une « Algérie algérienne ».
12-13 mars : Entretiens du général de Gaulle à Rambouillet avec M. Macmillan, Premier ministre britannique.
15 mars : Entretiens du général de Gaulle à l’Élysée avec les présidents des États de la Communauté.
18 mars : Après avoir reçu les présidents des groupes de l’Assemblée nationale, le Général les informe qu’il ne prendra pas de décret pour une convocation anticipée du Parlement sur les problèmes agricoles.
21-30 mars : Violences entre communautés noires et émeutes contre l’apartheid en Afrique du Sud.
21 mars-4 avril : Le général de Gaulle préside à l’Élysée la septième session du Conseil exécutif de la Communauté à laquelle participent lei douze chefs de gouvernement des Républiques africaines et malgache. Signature de divers accords portant sur l’indépendance de ces États et la coopération avec eux. Débats sur les mesures économiques et financières envers la Guinée. Nomination de M. Jacques Foccart à la fonction de secrétaire général de la Communauté.
23 mars-3 avril : Visite officielle en France de M. Nikita Khrouchtchev. Président du Conseil de l’Union des républiques socialistes soviétiques.
1er avril : Seconde explosion nucléaire française à Reggane (Sahara).
5-8 avril : Voyage du général de Gaulle en Grande-Bretagne au cours duquel il remet à S.M. la reine Élisabeth II la croix de la Libération attribuée à son père le roi George VI. Visite à S M la reine mère à Clarence House et à sir Winston et lady Churchill au 28 Hyde Park Gate. Réceptions du London Country Council et du Westminster Council à Saint-James’Palace, du Lord Maire de Londres au Guildhall, de l’Association des Français libres à Canton Gardens, de la Franco-British Society et de l’Alliance française à Lancaster House. Discours à Westminster Hall et réception de S M la Reine et de S A R le duc d’Édimbourg à l’ambassade de France.
12 avril : Entretien du général de Gaulle à l’Élysée avec M. Mac Cone, président de la Commission de l’Énergie atomique des États-Unis.
13 avril : Courrier à Harold Macmillan concernant le marché commun
15 avril : Entretien du général de Gaulle à l’Élysée avec M. Nash, Premier ministre de Nouvelle-Zélande.
27 avril : Le Togo accède à l’indépendance.
8 mai : Le général de Gaulle préside à l’Arc de Triomphe la cérémonie commémorative de la victoire de 1945 et s’entretient à l’Élysée avec le pandit Nehru, Premier ministre de l’Inde.
11 mai : le général de Gaulle préside à Saint-Nazaire le lancement du paquebot France.
14-15 mai : Entretiens du général de Gaulle à l’Élysée avec MM. Khrouchtchev, le chancelier Adenauer, le général Eisenhower et M. Macmillan.
16-17 mai : Ouverture de la conférence au sommet à Paris. M. Khrouchtchev quitte la conférence après s’être exprimé en termes violents sur l’affaire d’un avion d’observation américain U2 tombé en territoire soviétique probablement quinze jours auparavant. Les quatre Occidentaux publient un communiqué commun constatant que la conférence se sépare sans avoir pu commencer.
18-21 mai : Entretiens du général de Gaulle à l’Élysée avec MM. Khrouchtchev, Adenauer, Eisenhower et avec M. Spaak, secrétaire général de l’OTAN.
24 mai : Promulgation d’un décret relatif à l’intéressement des travailleurs à l’entreprise.
27 mai : L’armée prend le pouvoir en Turquie.
31 mai : Allocution radiotélévisée du général de Gaulle à l’Élysée sur la situation internationale après l’échec de la conférence au sommet.
1er – 4 juin : Entretiens du général de Gaulle avec les chefs des États africains et malgache qui, au Sénat de la Communauté, demandent leur indépendance par modification de l’article 12 de la Constitution. Le général de Gaulle déclare que la Communauté prendra une forme nouvelle après l’accession à l’indépendance des États de l’Entente (Côte-d’Ivoire, Dahomey, Haute-Volta, Niger).
7 juin : Entretien du général de Gaulle avec le prince Abdul Rahman, Premier ministre de Malaisie.
12-21 juin : Le général Eisenhower se rend en visite aux Philippines, à Formose et en Corée du Sud. Il renonce à aller au Japon où éclatent des émeutes antiaméricaines.
14 juin : Allocution radiotélévisée du général de Gaulle à l’Élysée consacrée aux questions économiques, à l’Algérie et à la Communauté.
17 juin : Entretien du général de Gaulle à l’Élysée avec M. Ben Gourion, chef du gouvernement israélien
18 juin : À l’occasion de la commémoration de l’appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle inaugure le mémorial de la France combattante au Mont-Valérien.
20 juin : Entretien du général de Gaulle à l’Élysée avec S M le roi du Népal. Accession de la Fédération du Mali à l’indépendance.
22-24 juin : Voyage officiel en France de M. Frondizi, président de la République argentine.
24 juin : Le général de Gaulle reçoit à l’Élysée les dirigeants du Conseil de l’Entente (Côte-d’Ivoire, Dahomey, Haute-Volta et Niger).
25-29 juin : Entretiens sans résultat à Melun entre les représentants du gouvernement français et de la rébellion algérienne.
26 juin : Accession de Madagascar à l’indépendance.
30 juin : Le général de Gaulle adresse à N. Khrouchtchev une lettre relative aux relations entre la France et l’URSS

Grèce : l’Europe à nouveau dos au mur

11/05/2011 13:02 par rgrs

  • Grèce : l’Europe à nouveau dos au mur

    Grèce : l’Europe à nouveau dos au mur

    11/05/2011 13:02 par rgrs

jeanclaudetrichet En janvier 2010, Nouriel Roubini avait fait scandale à Davos. Alors que tous se félicitaient de la sortie de la crise financière, l’économiste américain avait joué les Cassandre. «Dès cette année ou d’ici deux ans à partir de maintenant, nous pourrions avoir une rupture de l’union monétaire. C’est un risque croissant (…) La zone euro pourrait essentiellement faire face à une bifurcation, avec un centre fort et une périphérie plus faible. Finalement, certains pays pourraient sortir de l’union monétaire», avait-il prévenu, en citant nommément la Grèce et l’Espagne. L’économiste s’était attiré les foudres du président de la BCE: «Une hypothèse absurde», avait alors jugé Jean-Claude Trichet.

Dix-huit mois plus tard, alors que le plan européen de sauvetage de la Grèce, laborieusement mis au point il y a un an, est dans l’impasse,  «l’hypothèse absurde» revient sur le tapis. Vendredi, le site du Spiegel a révélé la tenue d’une réunion secrète au Luxembourg entre les principaux responsables européens pour examiner le cas de la Grèce et éviter sa sortie de la zone euro. Un scénario envisagé parmi d’autres par le gouvernement grec, totalement dos au mur. L’information à peine révélée, les dirigeants européens se sont tous récriés: le propos était totalement «fantaisiste». Il n’a jamais été question d’une sortie de la Grèce de l’union monétaire. «De tels articles constituent une provocation, sapent l’effort de la Grèce et de l’euro, et servent des jeux spéculatifs», a réagi le ministère des finances dans un communiqué, démentant tout projet de sortie.

Après avoir été jusqu’à démentir la réunion secrète du Luxembourg vendredi dans la soirée, il a bien fallu reconnaître son existence. Christine Lagarde (France), Wolfgang Schäuble (Allemagne), Giulio Tremonti (Italie), Elena Salgado (Espagne), Jean-Claude Juncker (Luxembourg), Olli Rehn (Commission européenne) et Jean-Claude Trichet (BCE) se sont tous retrouvés avec Georges Papaconstantinou pour examiner les chances de la Grèce de respecter les objectifs du programme d’aide de 110 milliards d’euros octroyé à ce pays il y a un an par les Européens et le FMI.

Le seul fait de se retrouver en catimini donne l’ampleur de l’inquiétude des dirigeants européens. Mais bien évidemment, le scénario cauchemar a été exclu. «Nous n’avons pas discuté de la sortie de la Grèce de la zone euro. C’est une idée stupide, pas question. Nous ne voulons pas être confrontés à une explosion de la zone euro sans raison», a affirmé Jean-Claude Juncker, ministre luxembourgeois des finances et président de l’eurogroupe.

Malgré les dénégations des uns et des autres, il semble bien pourtant que certains aient étudié le sujet de près. Dans un entretien à La Stampa, le ministre grec des finances, Georges Papaconstantinou, soulignait récemment que l’abandon de l’euro aurait des «conséquences catastrophiques». La monnaie grecque devrait dévaluer de 50% au moins par rapport à la monnaie européenne, la dette publique doublerait, le système bancaire risquerait de s’effondrer, la consommation serait anéantie et le pays sombrerait dans une économie de guerre. Voilà qui est assez précis pour un scénario jamais envisagé.

De même, le Spiegel détaille, dans son article, une longue note qui semble produite par le ministère allemand des finances. «Un changement monétaire entraînerait une fuite des capitaux. Et la Grèce pourrait être obligée d’établir un contrôle sur les transferts de capitaux pour éviter la fuite des fonds hors du pays. Cela ne serait pas compatible avec les libertés fondamentales instaurées dans le marché unique européen», souligne la note citée. De plus, est-il ajouté,  le retrait du pays de l’union monétaire «endommagerait la confiance dans le fonctionnement de la monnaie unique. Cela pourrait créer une contagion dans la zone euro».

L’option de la restructuration est exclue

De même qu’ils n’ont pas parlé d’une sortie de la Grèce de l’euro, ils n’ont pas parlé non plus d’une restructuration de la dette. «Nous avons exclu l’option d’une restructuration qui est activement discutée par les marchés financiers», a soutenu Jean-Claude Juncker. Au vu de la sortie de route économique de la Grèce, le sujet est pourtant brûlant. L’économie grecque entre dans sa troisième année de récession, le chômage dépasse les 18%. Le déficit public, qui était antérieurement annoncé à 9,5% du PIB, a été révisé à la hausse et atteint 10,5% en 2010. La dette publique s’élèvera à 340 milliards d’euros, soit plus de 150% du PIB d’ici à la fin de l’année. Les taux obligataires sur la dette à deux ans dépassent les 25,2%. Autant dire que le projet que la Grèce puisse se refinancer à nouveau directement sur les marchés à partir de 2012, comme le prévoyait le plan de sauvetage européen, est mort. 

«Un abandon partiel ou une restructuration de la dette ne serait pas un désastre», a reconnu pourtant récemment Werner Hoyer, membre du parti libéral allemand. «Si les créanciers de la Grèce l’acceptaient, cette discussion faciliterait grandement une restructuration de la dette et, bien sûr, nous la soutiendrions.» Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a lui aussi évoqué une nécessaire restructuration de la dette grecque. Mais l’Allemagne est la seule à demander que les financiers prennent leur part dans la crise financière. Pour les autres, les mesures de redressement «pénibles et justes», ainsi que les autorités européennes ont défini le plan du Portugal, passent sans demander la moindre contribution aux banques.

Faute d’accord sur un changement de paradigme, les responsables européens se sont donc retrouvés sur le plus petit commun dénominateur, celui rabâché depuis un an: «La Grèce doit accentuer ses efforts et a besoin d’un programme d’ajustement supplémentaire», selon Jean-Claude Juncker. Poursuite de la réforme du marché du travail, poursuite de la lutte contre la fraude fiscale, accélération des privatisations, sont les priorités de ce nouveau menu. De la même manière que l’Irlande a puisé dans son fonds de pension garanti par l’Etat et vendu pour 5 milliards d’euros d’actifs pour renflouer ses banques, de même que certains suggèrent au Portugal de vendre son or pour participer à son plan de sauvetage, la Grèce est priée de liquider vite fait ses bijoux de famille. Le gouvernement, qui a prévu de réaliser 50 milliards de privatisation en cinq ans, dont deux milliards en 2012, est ainsi requis d’en faire au moins 20 à 25 milliards dès l’an prochain. Dans le même temps, l’austérité doit être renforcée. Après avoir taillé dans les salaires publics, la question des salaires privés risque d’arriver très vite sur la table,  puisque l’Europe n’envisage que la dévaluation sociale comme remède à la crise des dettes publiques.

Parallèlement, les Européens se disent prêts à remettre la main à la poche pour aider la Grèce. Une façon indirecte de reconnaître que le plan de sauvetage lancé il y a un an a échoué. Les pays européens, selon Les Echos, pourraient accorder une rallonge de 20 à 25 milliards d’euros à Athènes pour l’aider à passer l’année 2012. D’après la presse grecque, d’autres scénarios d’aide ont été évoqués. Certains ont parlé de reporter le versement des intérêts pendant deux ans, d’autres de rallonger la durée des obligations venant à échéance dans les deux prochaines années. L’ensemble du dispositif devrait être discuté et adopté lors de la prochaine réunion le 16 mai.

Mais les marchés leur en laisseront-ils le temps? Car dès l’annonce par le Spiegel d’un scénario de sortie de la Grèce de l’euro, la spéculation a rebondi sur les marchés des changes. La monnaie européenne, qui frisait encore les 1,50 dollar en début de semaine, a perdu 1,3% en quelques heures pour tomber à 1,43 dollar. Cela laisse anticiper ce qu’il va se passer en début de semaine. Les résultats de la réunion des principaux responsables européens vendredi sont si faibles et si peu à la hauteur des enjeux que la spéculation risque de se déchaîner sur les marchés financiers.

Tout récemment, Nouriel Roubini lançait un nouvel avertissement. «La restructuration de la dette grecque est inévitable. Le tout est de savoir si elle se fait de façon ordonnée comme au Mexique, ou si l’on va vers l’explosion comme en Argentine.» Compte tenu de la paralysie européenne, de son incapacité à sortir de ses schémas, bien que la démonstration ait été faite qu’ils emmenaient tout le monde dans l’impasse, les risques d’une explosion de l’économie grecque ne sont plus une vue de l’esprit.

Par Martine Orange

http://www.gaullisme.fr/2011/05/08/grece-leurope-a-nouveau-dos-au-mur/

Affaire des quotas : Pas de poursuites judiciaires

11/05/2011 12:57 par rgrs

  • Affaire des quotas : Pas de poursuites judiciaires

    Affaire des quotas : Pas de poursuites judiciaires

    11/05/2011 12:57 par rgrs

jouanno Il n’y aura pas de poursuites judiciaires dans l’affaire des quotas du football français, a déclaré ce matin la ministre des Sports. Lors d’une conférence de presse, Chantal Jouanno estime qu’ »il n’y a pas lieu de saisir la justice sur ce dossier ». De son côté, l’enquête interne de la Fédération française de football, qui sera dévoilée cet après-midi indique qu’il n’y a « pas eu de tentative de mise en place de système de quotas » mais pointe des « dysfonctionnements internes » à la FFF.

La ministre des sports Chantal Jouanno a estimé ce matin qu’il n’y avait pas d’“éléments ou de faisceau d’indices qui permettrait de dire qu’il y a atteinte à la loi de 2001 sur les discrimination” dans l’affaire des quotas.

Même si selon la ministre,“ les discussions ont été très souvent à la limite de la dérive raciste ”, “Il n’y a pas lieu de saisir la justice”, a indiqué Mme Jouanno lors de la présentation à la presse des conclusions de la mission d’inspection menée par des inspecteurs du ministère des sports.

Concernant le sélectionneur de l’équipe de France, Chantal Jouanno estime qu’“aucun fait ne permet de dire que Laurent Blanc cautionnerait des pratiques discriminatoires”. “Laurent Blanc assistait à ce type de réunion pour la première fois. Il n’en était ni organisateur ni pilote. Les auditions montrent qu’il découvrait le débat et qu’il n’avait aucun projet ni avis arrêté”, a encore déclaré la ministre.

http://www.gaullisme.fr/2011/05/10/affaire-des-quotas-pas-de-poursuites-judiciaires/

Nos amis les Pakistanais - Des terroristes d’Etat ont déjà la bombe A

11/05/2011 12:54 par rgrs

  • Nos amis les Pakistanais - Des terroristes d’Etat ont déjà la bombe A

    Nos amis les Pakistanais - Des terroristes d’Etat ont déjà la bombe A

    11/05/2011 12:54 par rgrs

Il y a des formules maladroites et des contretemps fâcheux. Alors qu’il avait entamé son mandat en dénonçant de façon tonitruante (et à Delhi, camouflet suprême), « l’exportation de la terreur » par le Pakistan, David Cameron célébrait il y a un mois à peine le « partenariat incassable » et les liens d’amitié indéfectibles entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie, tandis que John Savers, directeur du SIS, le « Secret intelligence Service », rencontrait ses homologues locaux, eux-même reçus à Londres la semaine dernière…
On imagine la belle qualité des informations échangées.

Depuis dix ans, avec une très honorable constance, le Pakistan localise Oussama Ben Laden tantôt dans une grotte perdue à la frontière afghane, tantôt dans un village glauque au confort spartiate de la région tribale du Nord-Waziristan, et clame, attentat après attentat, être victime du terrorisme islamique au même titre que les puissances occidentales. Ce discours bien rôdé va devoir être légèrement révisé.

La duplicité des services secrets et de l’état-major pakistanais, voire leur complicité avec les djihadistes semble désormais établie et l’alerte anti-terroriste au Royaume-Uni a été relevée à son niveau maximum. Personne n’a oublié ici que les attentats de Londres avaient été conçus et préparés du côté de Karachi.

Il est inconcevable que les plus hautes autorités de l’Etat pakistanais n’aient pas eu connaissance de l’endroit où se terrait le chef d’Al Qaïda. Imaginez une luxueuse propriété à un million de dollars, érigée tranquillement en plein centre d’une grande ville où se trouvent quelques-unes des meilleures écoles privées du pays et l’académie militaire de Kakul, protégée par une enceinte de béton de 5 mètres de haut et surmontée de barbelés. Construite en 2005 et occupée depuis par une seule et même personne et sa petite famille.

Sans oublier les gracieux Mollah Omar et autres talibans que l’armée protège directement. La quetta shura, organe de décision des talibans afghans dirigée par le borgne motocyclé s’est installée à… Quetta, capitale de la province du Baloutchistan. Les bons dépliants touristiques vous apprendront que cette bourgade abrite le 12ème corps d’armée du Pakistan, le QG régional de l’ISI (les services secrets), le corps frontalier du Baloutchistan, un centre de recrutement, la base aérienne de Samungli et une prestigieuse école de formation militaire, le « command and staff college ». Bref, même les cancrelats y sont enregistrés. Et les militaires ne savent pas où est le mollah Omar ?

Et les membres du réseau Haqqani composé de talibans afghans actifs dans les zones tribales qui circulent librement aux abords d’Islamabad, Rawalpini et Peshawar, ils sont transparents ?
Fort embarrassée, l’armée pakistanaise a admis des « insuffisances dans sa quête du renseignement ». On imagine que tout l’état-major a pris « doux euphémisme » en option à l’examen de sortie. Ou foutage de gueule.

Le souci, c’est que le Pakistan dispose de l’arme nucléaire. La menace que représente potentiellement un pays qui pratique depuis des années le double langage et l’ambiguïté morale, donc sur lequel on peut difficilement compter, représente aujourd’hui une menace majeure pour la communauté internationale. Qui veut traiter avec le Pakistan ?

Et si nous leur posions la question qui tue, celle qui est sur toutes les lèvres à Londres… Vous faisiez quoi au juste le 11 septembre 2001 ? Et si nous parlions tranquillement de votre alibi ?
En novembre 2008, pendant qu’à Bombay on massacrait allègrement dans les rues, quels conseils de guerre
teniez-vous avec votre invité très spécial à Abbottabad ? D’après Salman Rushdie, depuis bien longtemps, toutes les routes mondiales du terrorisme mènent au Pakistan.

L’Iran semble subitement moins prioritaire. L’alibi libyen presque dérisoire.
Pour l’Irak, il est déjà un peu tard… So what ?

 

Agnes Wickfield

 

Photo : Général Kayani, chef d'état-major des armées pakistanaises (photo : MQM)

« La démondialisation », pour penser le monde autrement

11/05/2011 12:50 par rgrs

  • « La démondialisation », pour penser le monde autrement

    « La démondialisation », pour penser le monde autrement

    11/05/2011 12:50 par rgrs

Face à la crise globale du capitalisme, on voit désormais le FMI, des gouvernements ou des économistes célèbres brûler ce qu’ils ont adoré - le marché - et réhabiliter l’État qu’ils honnissaient". Selon l'économiste Jacques Sapir, "nous vivons en fait l’amorce d’une « démondialisation ». L’histoire, la politique et les nations reprennent leurs droits avec le retour des États, que l’on disait naguère impuissants, et le recul des marchés, que l’on prétendait omniscients. Ce mouvement réveille de vieilles peurs. Et si cette démondialisation annonçait le retour au temps des guerres ? Ces peurs ne sont que l’autre face d’un mensonge qui fut propagé par ignorance et par intérêt. Non, la mondialisation ne fut pas, ne fut jamais « heureuse ». Le mythe du « doux commerce » venant se substituer aux conflits guerriers a été trop propagé pour ne pas laisser quelques traces… Mais, à la vérité, ce n’est qu’un mythe. Les puissances dominantes ont en permanence usé de leur force pour s’ouvrir des marchés et modifier comme il leur convenait les termes de l’échange. Dans ce fétichisme de la mondialisation, il y eut beaucoup de calculs et de mensonges. Il faut donc établir le vrai bilan de cette mondialisation - de ces apports et de ces méfaits - pour penser rigoureusement la phase suivante qui s’ouvre. Son livre propose précisément les voies d’une démondialisation pensée et ordonnée par une nouvelle organisation du commerce et des relations financières internationales."


« La démondialisation » : la bible économique alternative de Jacques Sapir

C’est par hasard que j’ai appris la sortie du dernier livre de Jacques Sapir, « La démondialisation », le mois dernier. Passées les premières pages, qui ne surprendront pas les amateurs de l’auteur, sa lecture révèle un essai indispensable pour la pensée économique alternative.

Un livre aux multiples facettes

Que pouvait encore apporter Jacques Sapir à la réflexion pour la construction d’un nouveau monde économique ? En effet, tant de livres ont été écrits depuis quelques années qu’il pouvait sembler difficile de trouver une vraie valeur ajoutée à une telle entreprise. Et pourtant, il y parvient brillamment. Tout d’abord, il est sans doute le premier à faire une analyse globale des travers de la mondialisation.

En effet, Jacques Sapir mêle analyse de la monnaie, du commerce et de la finance dans un même ouvrage, ce qui est finalement assez rare. La « démondialisation » qu’il appelle de ses vœux est aussi globale que le monde économique dans lequel nous vivons. Et ce point est fondamental, alors que la plupart des auteurs privilégient soit une analyse financière (Frédéric Lordon, Paul Jorion), soit une analyse du libre-échange (Emmanuel Todd). L’anarchie néolibérale est bien globale.

En outre, ce livre présente d’autres atouts. L’auteur revient sur l’histoire de la construction de notre système économique actuel depuis la Seconde Guerre Mondiale dans une synthèse saisissante et passionnante des soixante-dix dernières années. Ces passages se lisent comme un roman et remettent en perspective tout ce qui se passe aujourd’hui. Ils permettent de comprendre bien plus en profondeur le débat économique entre Keynes et les Etats-Unis dans les années 1940.

Mieux, outre le fait de permettre d’enrichir ses connaissances historiques, ce livre présente une double lecture. Ses 250 pages en font un livre d’économie accessible, une synthèse utile des problématiques de la mondialisation et des solutions qu’il faut y apporter. Car, plutôt que de faire un livre de 500 pages qui aurait pu en rebuter certains, Jacques Sapir a pris le soin d’indiquer de très nombreux liens qui permettent de compléter ses analyses et d’aller plus loin.

Une histoire de la mondialisation
 

La partie sur le commerce est plus courte car la charte de la Havane fut rejetée par les Etats-Unis. Elle contenait pourtant de nombreux aspects intéressants, comme la priorité donnée à l’emploi, la possibilité de mesures protectionnistes, une volonté d’équilibre des balances des paiements. Globalement, cette charte reflétait assez fidèlement les idées de Keynes. Mais le GATT et plus encore l’OMC à partir des années 1990 sont partis dans une direction opposée.

Dans le domaine financier, il revient sur les propositions de Keynes, qui s’opposait à l’étalon-or, qui risquait de limiter les liquidités et était donc partisan d’une monnaie internationale (le bancor). Favorable au libre-échange à l’origine, il s’était ouvert au protectionnisme et surtout à l’équilibre des balances des paiements (souhaitant pénaliser déficit comme excédent). Enfin, si la coordination entre Etats est essentielle, il était très attaché à la souveraineté nationale et donc au contrôle des mouvements de capitaux. 
 

Malheureusement, les Etats-Unis ont imposé leur système, à l’exception de l’UEP (Union Européenne des Paiements) de 1950 à 1958, pour équilibrer les balances des paiements. A partir de 1958, la France s’efforça de réformer le système dans un sens très keynésien, s’opposant à la libéralisation des capitaux, puis poussant le successeur du bancor, le DTS en 1967, et enfin cherchant à en donner l’accès aux pays en voie de développement (ce que refusaient les Etats-Unis). 

Les tentatives de réforme ayant échoué, la France se retire du « pool de l’or » et échange ses dollars, contribuant à l’effondrement d’un système miné par les déficits étasuniens résultant de la guerre du Vietnam. En 1971, la convertibilité du dollar est suspendue (après avoir été limitée dès 1968) et en 1973, la conférence de Jamaïque consacre le flottement généralisé des monnaies, le prélude à la déréglementation généralisée de l’économie dans les années à venir. 

C’est le cœur du nouveau livre de Jacques Sapir : produire une analyse critique systémique de la mondialisation, recoupant commerce, monnaie et finance, afin de proposer une alternative complète.

Les ravages de la globalisation marchande

L’économiste commence par une analyse des limites de la libéralisation commerciale. Il tord le cou à plusieurs mythes, soulignant que « c’est au contraire la croissance dans les principaux pays qui tire le commerce », comme l’a montré a contrario 2009. Il note aussi qu’il y a beaucoup d’effets d’optique, entre la montée considérable du prix des matières premières, ou la spécialisation qui fait progresser commerce et PIB sans forcément faire progresser le bien - être.

En évoquant les pays asiatiques, il souligne que « la globalisation marchande ne donne des résultats que dans la mesure où l’on ne joue pas son jeu mais où d’autres acceptent de le jouer ». Il montre également que les modèles qui chiffrent les bénéfices de la libéralisation aboutissent à des estimations limitées, et ne bénéficiant qu’à la Chine (d’où l’éche de Doha)

En outre, la libéralisation de l’agriculture aboutit à une instabilité qui se révèle dévastatrice.

Il dénonce « les mesures destinées à faire baisser la part des salaires (qui passent) pour une sorte de loi de la nature ». Il en souligne tous les méfaits : effondrement de la part des salaires dans le PIB (10 points depuis 30 ans), hausse du chômage, explosion des inégalités : les salaires stagnent, à part en haut de la pyramide, où ils explosent (plus de 20% des revenus pour 1% de la population contre 9% il y a trente ans aux Etats-Unis, la France restant plus égalitaire).

Il insiste sur le décrochage entre gains de productivité et hausses de salaire et le fait que la hausse du salaire moyen (12% de 1996 à 2006) camoufle la stagnation du salaire médian (+4%).

Enfin, il distingue deux types de délocalisations, les directes et les indirectes (quand on produit un nouveau modèle ailleurs), qui ont permis de transférer 30% de la production automobile Française. En y ajoutant l’effet dépressif induit, il estime qu’on peut leur attribuer au moins 50% du niveau du chômage.

Les ravages de la globalisation financière

Puis, Jacques Sapir analyse la globalisation financière. Il dénonce la part grandissante des profits financiers, passés de 10% dans les années 1950 à près de 40% aujourd’hui, et même 50% en prenant la part des profits financiers réalisés par les entreprises non financières (automobile, General Electric). Il souligne l’explosion des produits dérivés, passés de 1 500 milliards en 2002 à 46 000 milliards en 2007 et l’opacité du système dont seul le système financier profite véritablement.

Il souligne le rôle de la libéralisation des mouvements de capitaux dans les crises des pays émergents des années 1990 puisque leur entrée désordonnée fait monter le cours de la monnaie, créant un déficit commercial, poussant alors les capitaux à fuir. Le problème est que le FMI a alors imposé des politiques extrêmement dures, poussant les pays asiatiques à accumuler des réserves de change colossales pour se protéger du FMI, et donc à développer les exportations.

L’auteur revient également assez longuement sur l’euro, qui contribue à l’atonie économique de l’Europe. Pour lui, « parce qu’elle est unique, la politique monétaire ne peut plus prendre en compte la diversité des situations » et explique les bulles Espagnoles et Irlandaises. Pour lui, les plans actuels ne font que faire durer la situation car rien « ne peut remédier aux déficiences structurelles d’une monnaie unique sur une zone dont l’hétérogénéité économique ne fait que croître ».

Pour mettre en place la démondialisation, il reconnaît que « l’Europe est d’ailleurs moins une solution qu’une partie du problème ». Il plaide pour une action unilatérale de la France, et évoque l’article 16, tout en utilisant la concertation avec nos partenaires européens pour démultiplier « les effets de l’action unilatérale ». Pour lui, « la globalisation financière établit bien un pouvoir supérieur aux Etats qui leur impose leurs politiques, mais il n’en est ainsi que parce que ces mêmes Etats le veulent bien ».

Ce livre présente sans doute la meilleure analyse d’ensemble en faveur d’une démondialisation systémique et d’un plus grand dirigisme afin que le progrès économique profite à tous et pas seulement à quelques uns. En ce sens, il est parfaitement indispensable.

Laurent Pinsolle

Son blog Gaulliste Libre

« La démondialisation », Jacques Sapir, collection « Economie humaine », Seui

 

http://www.observatoiredeleurope.com/La-demondialisation--pour-penser-le-monde-autrement_a1493.htmll

Chevènement, seul candidat crédible contre l'Europe libérale?

11/05/2011 12:32 par rgrs

  • Chevènement, seul candidat crédible contre l'Europe libérale?

    Chevènement, seul candidat crédible contre l'Europe libérale?

    11/05/2011 12:32 par rgrs

Dans cette tribune, Elie Arié prend le parti de Chevènement qui est, selon lui, le seul à s'être battu depuis toujours contre la construction libérale de l'Europe. Il est donc crédible sur ces thématiques et a déjà d'ailleurs tracé le chemin de la sortie de l'Europe dans son livre « La France est-elle finie ? », que détaille Elie Arié.

Quelle différence, entre la candidature de Chevènement, et celles de tous les autres candidats du PS (Aubry, DSK, Royal, Hollande, Moscovici, Montebourg), des souverainistes de gauche (Mélenchon) ou de droite (la boutique Le Pen) ?

De tous ceux-là, Chevènement fut le seul à combattre, dès le début, les différentes étapes par lesquelles s’est construite l’Europe fédérale et néolibérale, à savoir, successivement : traités de Luxembourg (Acte Unique Européen), de Maastricht (démission du gouvernement et du PS), de Nice, d’Amsterdam ; protocole de Barcelone ; tentative avortée du TCE ; ratification parlementaire du traité de Lisbonne ; et, aujourd’hui, « pacte de compétitivité » entre la France et l’ Allemagne, vouant l’ Union Européenne à la politique de rigueur, et  sur lequel les candidats du PS sont bien silencieux, ce qui en dit long... « qui ne dit mot consent ».

Mais, contrairement à certains, Chevènement sait qu’on n’agit, en politique, qu’en partant de la réalité du moment, et ne croit pas naïvement qu’il suffit d’un « yaka » pour tout effacer d’un coup et repartir à zéro ; Montebourg est bien gentil de prôner soudain la « démondialisation » (mieux vaut tard que jamais), mais enfin, si un Président de la République Française annonçait demain aux dirigeants chinois, américains, indiens, brésiliens, etc., que la France a décidé que « la mondialisation, c’est fini », il n’est pas absolument certain qu’ils s’inclineraient devant le fait accompli.

En réalité, ce qui a été édifié pas à pas pendant de longues années ne peut être détricoté qu’en empruntant à l’envers, pas à pas, le même chemin, dans un monde qui a beaucoup changé ; comme l’écrit Chevènement  dans son dernier ouvrage « La France est-elle finie ? », à propos de la construction européenne : oui, l’avion est pourri, il n’a pas de pilote, il va se crasher, mais sauter sans parachute par le hublot n’est pas une bonne solution ; mieux vaut s’emparer des commandes et tenter un atterrissage en douceur pour en sortir alors en meilleur état.

« Sauter sans parachute par le hublot », c’est le programme simpliste et démagogique du Front National : un abandon soudain et unilatéral de l’ Euro par la France entraînerait une dévaluation massive et immédiate du Franc et une hyper-inflation dont les victimes seraient ceux qui n’ont d’autres revenus que ceux de leur travail (salariés et retraités) ; une hyper-inflation constitue toujours, certes, une « euthanasie des rentiers », mais aussi  un transfert de richesses des revenus du travail vers ceux du patrimoine.

Alors, comment faire ?

Pour Chevènement, la première étape sera, comme souvent, la plus difficile ; sachant que le seul vrai moteur de l’Europe est l’axe franco-allemand, il faut commencer par convaincre l’Allemagne d’abandonner son modèle actuel de rigueur budgétaire ; tâche ardue, à l’opposé de son orientation actuelle ; mais tâche non impossible, car, à long terme, c’est l’intérêt même de l’Allemagne : sa prospérité est essentiellement fondée sur ses exportations, dont 60 % se font vers les pays de l’Union Européenne, et si ceux-ci adoptaient tous des politiques de rigueur, limitant leurs importations, son économie serait la première à en souffrir ; en réalité, la politique de rigueur de l'Allemagne ne lui assure sa prospérité actuelle que grâce au laxisme des autres pays de l’Union Européenne : peut-on parler d’un « modèle » lorsque celui-ci s’effondrerait si les autres l’imitaient ?

L’étape ultérieure consistera à modifier les missions de la Banque Centrale Européenne (BCE), aujourd’hui limitées à la lutte contre l’inflation et les déficits budgétaires, en les remplaçant, comme pour la FED américaine (également indépendante), par celles de favoriser en priorité la croissance et l’emploi .

Il faudra ensuite mettre fin à cette indépendance de la BCE, imposée par Köhl à Mitterrand, lors des négociations du traité de Maastricht, sur le modèle de sa Bundesbank, en la mettant sous tutelle d’un pouvoir politique.

Les étapes suivantes seront alors plus faciles à mettre en œuvre : imposition effective de la « préférence européenne », création d’une monnaie commune européenne remplaçant la monnaie unique qu’est l’Euro, avec, au besoin, un serpent monétaire.

Pourquoi Chevènement plutôt qu’un autre ? Parce qu’il est quasi-impossible , pour ceux qui ont mis en place ce système (en particulier les leaders du PS déjà cités : Aubry, DSK, Royal, Hollande, Moscovici, Montebourg, et même Mélenchon), d’être crédibles s’ils venaient à annoncer qu’ils ont décidé de le démanteler sans y être contraints par le poids de celui qui, élu ou pas, l’a combattu dès ses origines.

D’où l’importance de cette candidature pour peser sur ceux qui, sans elle, ne renieront jamais spontanément leur long passé.

Elie Arié - Tribune

 

 

Le PS doit-il dire (définitivement) adieu aux ouvriers et employés?

11/05/2011 12:28 par rgrs

  • Le PS doit-il dire (définitivement) adieu aux ouvriers et employés?

    Le PS doit-il dire (définitivement) adieu aux ouvriers et employés?

    11/05/2011 12:28 par rgrs

Terra Nova a écrit une note ravageuse intitulée « gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », qui dresse un constat de divorce entre la classe ouvrière et la social-démocratie. Le think tank imagine une nouvelle coalition centrée sur « les valeurs », rassemblant femmes, jeunes, minorités, diplômés.


(Flickr - Clémentine Gallot - cc)

C’est sans doute la note la plus sensible que le think tank socialiste Terra Nova ait jamais produite. Si sensible que selon nos informations, elle a failli rester dans un tiroir. Que dit ce texte de 88 pages ? Tout simplement que la gauche sociale-démocrate a définitivement divorcé avec les catégories populaires, et particulièrement la classe ouvrière. Qu’elle n’a plus aucune chance de les rattraper dans un combat électoral. Qu’elle tenterait quand même de le faire, elle perdrait son âme. Rien de moins.

Ce n’est pas tant le divorce entre le constat du divorce ouvriers et employés d’une part et les socialistes de l’autre qui est nouveau, mais bien la théorisation du phénomène, sa traduction en actes politiques et programmatiques. Pour aller vite, selon Terra Nova la classe ouvrière a définitivement basculé à droite, voire davantage. Elle ne partage plus les mêmes valeurs que la gauche. Et le nouveau noyau de la gauche est constitué des jeunes, des femmes, les « minorités », les diplômés.

Ce constat n’est pas que français. Lors d’un colloque réunissant les think tanks de gauche européens et américains en avril en Espagne, les têtes d’œufs de Terra Nova, Olivier Ferrand en tête, se sont aperçues que leurs homologues étrangers partagent peu ou prou leurs préoccupations.
Oliver Ferrand, directeur de Terra Nova nie absolument abandonner les catégories populaires: "le coeur de la coalition, explique-t-il à Mariianne,ce sont les quartiers populaires. Ce sont les jeunes" Ce que nous abandonnons c'est l'idée du front de classe. Tout simplement parce que les classes sociales, dont la classe ouvrière, ont explosé. Cela se voit dans les votes, qui sont devenus illisibles si l'on réfléchit en terme de classes.  Nous n'avons pas changé" de valeur: elles sont toujours la justice sociale et la solidarité envers les plus démunis. "

Le plus désespérant c’est que la nouvelle coalition qu’imagine Terra Nova pour remplacer l’ancienne, centrée sur les ouvriers et qui avait porté François Mitterrand à l’Elysée il y a tout juste 30 ans, est loin d’être majoritaire. Baptisée « France de demain », elle comprend de plus des catégories peu dynamiques démographiquement (les jeunes) et/ou peu civiques (les minorités, en particulier immigrées votent peu). Le seul élément à la fois stable et massif serait le vote féminin, autrefois conservateur, aujourd’hui de plus en plus acquis aux « progressistes ». Cette coalition serait mobilisable sur « les valeurs » de gauche comme « l’émancipation », au détriment de la défense des intérêts des classes populaires.  "Ce sont les catégories qu'on appelle "outsiders", celles qui ne sont pas incluses dans le système. Femme, immigrés, jeunes, etc, elles  ont toutes besoin de l'Etat pour, justement, permettre leur inclusion", explique Olivier Ferrand

Sans caricaturer outre mesure, on peut plagier Brecht et résumer la philosophie du rapport:  puisque le peuple de gauche s'enfuit, inventons un nouveau peuple de gauche. Les socio-démocrates, souvent issus de la « deuxième gauche », qui animent Terra Nova (son conseil scientifique est présidé par Michel Rocard) théorisent donc ce que le PS n'ose pas avouer: à force de ne pas s'opposer au capitalisme, dont la forme actuelle est la mondialisation et la financiarisation, ils ont perdu le contact avec le peuple sociologique. Ils ne peuvent donc espérer gagner l'élection que par la division des bataillons électoraux de l'adversaire, la droite et l'extrême-droite.

Terra Nova a donc longuement hésité avant de révéler sa note, dont les résultats sont on le voit assez déstabilisants pour la gauche.  Il a fallu attendre la fin de l'après-midi pour qu'elle apparaisse enfin sur le site mardi 10 mai www.tnova.fr. La note a été adressée aux principaux leaders de la gauche française, y compris ceux ne résidant pas actuellement en France... On verra ce qu'ils en feront..


Hervé Nathan - Marianne

Wauquiez sponsorise le match de l’année: RSA contre SMIC

11/05/2011 12:22 par rgrs

  • Wauquiez sponsorise le match de l’année: RSA contre SMIC

    Wauquiez sponsorise le match de l’année: RSA contre SMIC

    11/05/2011 12:22 par rgrs

Les propositions de Laurent Wauquiez, lundi, contre le « cancer de l'assistanat » ont rapidement déclenché un tollé dans l'opposition. Pourquoi Laurent Wauquiez s'offusque-t-il du RSA quand le salaire d'un Pdg ne semble pas le heurter ? Jack Dion revient sur ces propos.

C' est le match de l’année, celui qui devrait nous tenir en haleine jusqu’à l’élection de 2012. Son thème ? « Les dérives de l’assistanat », comme le dit Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes, un homme très bien puisqu’il est également animateur de « la droite sociale ». D’après lui, c’est le « cancer de la société française », bref l’équivalent du Médiator pour le débat public.

Pour que chacun puisse prendre la mesure du scandale, Laurent Wauquiez a pris l’exemple suivant : « Un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux peut gagner plus qu’un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au smic ».. Et le ministre de conclure, un rien grandiloquent : « Ca, c’est la société française qui tourne à l’envers ». Tel que.

Résumons. Quand un Pdg gagne en un mois ce que gagnerait un Smicard ayant commencé à travailler sous Vercingétorix sans n’avoir connu aucun arrêt maladie, Laurent Wauquiez trouve que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quand des banquiers sont drogués aux bonus comme certains sportifs à l’EPO, Laurent Wauquiez pointe aux abonnés absents. Quand des Pdg se goinfrent aux stock options et aux retraites chapeaux, Laurent Wauquiez détourne le regard. Quand des riches touchent un chèque du fisc grâce au bouclier fiscal, il ne vient pas à l’esprit de Laurent Wauquiez l’idée de dénoncer cette « assistanat » de classe. Quand Total annonce 10 milliards de profits sur la balance pour 2010 mais ne paie pas un centime d’impôt sur les sociétés, Laurent Wauquiez n’a rien à dire. Quand des groupes géants ayant pignon sur rue de la délocalisation encaissent des fonds publics et vont installer des filiales sous des cieux plus cléments (fiscalement parlant), Laurent Wauquiez ne s’offusque pas. Quand certains de ces mêmes groupes, malgré des résultats financiers en or massif, refusent de rembourser tout ou partie de leurs dettes à la sécurité sociale, personne n’entend Laurent Wauquiez.

A ses yeux, tous les exemples précités sont le témoignage enthousiasmant d’une « société qui tourne à l’endroit » pour s’inspirer de sa formule. En revanche, un couple sans enfant qui touche 700 euros par mois au titre du RSA, voilà qui le révulse.

Au passage, on précisera que le ministre raconte n’importe quoi.  Un couple avec un RSA touche toujours moins qu’un couple avec un Smic, puisque celui-ci est 1070 euros net. Même avec des enfants, un couple de smicards gagne plus qu’un couple de Rsastes. Et puis, si le « scandale » dénoncé par Laurent Wauquiez était vrai, il aurait pu proposer de remonter le taux du Smic. Mais le ministre s’en est bien gardé. Ce serait trop demander aux entreprises étouffés par le « coût du travail », comme on dit chez ces gens-là, et jamais par celui du capital (voir plus haut).

Laurent Wauquiez a proposé deux réformes possible : plafonner l’ensemble des minima sociaux à 75% du smic, et obliger les « bénéficiaires » du RSA à effectuer 5 heures hebdomadaires de travaux de « service social ». La première formule permettrait d’amputer ce que perçoit un couple avec enfant touchant le RSA, autrement dit de rajouter de la misère à la misère. Quant à la seconde, elle accrédite l’idée que les allocataires du RSA sont des fainéants vivant aux crochets de la société alors que ce système prévoit un parcours d’insertion obligatoire sous peine de suppression des allocations.

En opposant les pauvres aux moins pauvres, Laurent Wauquiez donne le ton d’une thématique qui est un cadeau (un de plus) à la compagnie Le Pen. Que l’on nous comprenne bien. L’assistanat, fortement encouragé lors du passage de la gauche aux affaires, n’est pas un faux problème. Il faut l’aborder en face, sans faux fuyant ni œillères. Mais c’est une question trop sérieuse pour qu’on la laisse aux mains des apprentis sorciers.

On craignait que la future campagne présidentielle ne finisse par déraper. A train où elle démarre, elle peut même finir par s’enliser.

Jack Dion - Marianne

http://www.marianne2.fr/Wauquiez-sponsorise-le-match-de-l-annee-RSA-contre-SMIC_a206029.html