Terra Nova pour l’enfant unique à la française ?
19/07/2011 19:35 par rgrs
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Terra Nova pour l’enfant unique à la française ?
19/07/2011 19:35 par rgrs
Le think tank veut s’attaquer à la politique familiale à la française. Sous couvert d’égalitarisme social, la fondation met à mal les mesures visant à développer la natalité, qui est pourtant l'une des conditions de la croissance.
On savait déjà que Terra Nova soupçonnait les ouvriers d'être devenus réactionnaires. Au vu de leur nouvelle étude, on peut se demander s’ils aiment les enfants. Dans ce rapport, le « Think tank de l’année» propose une série de mesures sur la famille. Dans une première partie, la fondation propose notamment de créer un « service public de la petite enfance », idée déjà présente dans le programme de Royal en 2007 afin de s’occuper des enfants en moins de trois ans. Il propose aussi de créer un « congé jeune enfant, un congé plus court, mieux rémunéré et partagé entre père et mère » remplaçant, entre autres, le congé maternité post-natal et le congé paternité.
C’est dans les mesures relatives à la fiscalité et à la redistribution que ça se corse. En effet, Terra Nova y propose de remettre en cause le fondement de la politique familiale à la française. Cette dernière, n’a pas seulement pour objectif de réduire les inégalités entre riches et pauvres mais aussi et même surtout d’inciter les gens à faire des enfants, pour faire face au vieillissement de la population. C’est pour cette raison que les allocations familiales ne sont soumises à aucune condition de ressources. Qu’on soit riche ou pauvre, le pouvoir d’achat doit être maintenu malgré l’agrandissement de la famille.
Premier écueil, Terra Nova souhaite mettre fin au quotient familal (qui permet d’ajouter des parts et de faire diminuer son revenu imposable en fonction du nombre d’enfants à charge) pour le remplacer par un crédit ou une réduction d’impôt. Certes, cette mesure bénéficiera désormais aux ménages non imposables et l’avantage sera augmenté à partir de trois enfants. Mais la fondation reconnaît noir sur blanc que « touchant beaucoup plus de ménages, (la mesure) conduit, pour un même montant global, à distribuer un montant par enfant bien plus faible qu’une réduction d’impôt » (page 58). Bref, on transforme une mesure à visée nataliste en un nivellement social par le bas.
Plus de retraite majorée pour les parents de trois enfants
Pire, le rapport propose carrément de remettre en cause les majorations de pensions pour les parents de plus de trois enfants, les jugeant « particulièrement critiquables » (page 65). Le rapport en rajoute et dit que ces majorations « relèvent plus d’une logique de récompense que de compensation des charges ou d’incitation ». Pour lutter contre cette infâmie, le rapport propose donc la suppression progressive de ces majorations pour les nouveaux retraités ainsi que le gel et la prise en compte de ces dernières dans le calcul de l’impôt sur le revenu des actuels retraités.
Il n’est jamais venu à l’idée du rapporteur qu’élever une famille nombreuse représente non seulement un coût financier lorsque les enfants sont encore à charge mais aussi un obstacle dans la carrière (congés maternité, difficultés à rester tard au travail...), donc pour le niveau du salaire et in fine de la retraite. Sans compter que l'on peut considérer qu'élever une grande famille représente un véritable travail autrement plus usant que pondre des notes fumeuses. Un phénomène qui frappe encore plus les femmes bien évidemment.
La fondation publié quand même une remarque pertinente : les charges pour un enfant de 14 ans sont plus élevées que pour un enfant de trois ans, ne serait-ce que pour la scolarité. Pour remédier à cela, Terra nova proposer une « prestation complémentaire » pour ces enfants mais « sous conditions de ressources » ou bien une hausse « significative » de l’ARS, déjà versée sous conditions de ressources.
Anti-natalisme
La visée anti-nataliste des propositions est confirmée page 60 et 61. Et là, on se demande si le rapport vient de Terra Nova ou du ministère chinois de la Famille des années 70. En effet, la fondation précise que l’aide apportée aux familles face au « coût » d’un enfant « ne signifie pas que l’État encourage la constitution de familles nombreuses. Les fratries nombreuses semblent avoir un effet assez défavorable sur la scolarité des enfants et leur trajectoire sociale, particulièrement en ce qui concerne les filles » (page 60).
Mieux, le rapport dit encore : « Il incombe évidemment aux parents de décider le nombre d’enfants qu’ils désirent. La puissance publique, à travers les services départementaux de protection maternelle et infantile (PMI) notamment, intervient pour aider les femmes qui subissent des grossesses non désirées. On pourrait également imaginer que les PMI aient une action de sensibilisation auprès des parents sur les difficultés en terme d’éducation et des vies professionnelles des mères que peut provoquer le choix d’avoir un 4ème enfant ou davantage » (page 61).
Est-ce une façon implicite de dire que les mères attendant volontairement un quatrième enfant seront incitées à avorter ? Que les autorités fassent tout pour que les femmes puissent librement exercer leur droit à l'avortement est une chose, mettre en place une politique publique d'incitation à l'IVG en est une autre. Ce qui relevait auparavant du libre choix des femmes à disposer de leur corps devient donc un instrument politique pour éviter d’avoir à gérer des familles de cancres et de cas sociaux... On laissera les têtes pensantes de Terra Nova réfléchir à la portée philosophique de cette idée.
Terra Nova abandonne donc l’idée que la croissance et le progrès social 'un pays est en lien avec le niveau de la natalité. Certes, l’indice de fécondité en France est un des plus élevées d’Europe (2,01 enfants par femme ) mais reste bas face aux défis à relever : financement des retraites, de la dépendance… Et l’apport de l’immigration est loin d’être une solution miracle. Par souci d’égalitarisme, la fondation attaque donc un atout majeur du pays. Le prix à payer est un peu élevé pour le gain, non négligeable pour un quinquagénaire non remarié, de voyager en silence dans le TGV....
Tefy Andriamanana - Marianne
Hollande et Aubry tombent dans le piège de la rigueur
19/07/2011 19:28 par rgrs
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Hollande et Aubry tombent dans le piège de la rigueur
19/07/2011 19:28 par rgrs
Les deux principaux candidats PS ont fait leur l'objectif de déficit de 3% en 2013. Reprenant à leur compte, l'engagement du gouvernement, les deux candidats se lient les mains en assumant plus de 40 milliards d'euros de réduction des dépenses publiques entre 2012 et 2013.
Le piège de Nicolas Sarkozy s’est donc refermé sur le parti socialiste. Ce week-end, l’un après l’autre, les deux candidats à la primaire ont adopté l’objectif de ramener le déficit public sous la barre des 3% dés 2013. Objectif qui est précisément celui du gouvernement, quand le projet du PS évoquait l’horizon 2014, sans pour autant trop s’y attarder.
Cette mise au point des socialistes n’a rien d’anodin. Si, la crise grecque constitue l’arrière fond de leur déclaration, comme François Hollande puis Martine Aubry l’ont chacun souligné, le théâtre de notre politique nationale n’est pas loin. Depuis le printemps, ce ne sont pas moins de trois textes encapsulant cet objectif de déficits à moins de 3% en 2013, le chiffre d’or embarqué dans le traité de Maastricht, sur lesquels les parlementaires ont été amené à s’exprimer. Successivement présentés par le gouvernement, tous ont été adoptés sans les voix des députés socialistes qui comme François Hollande ont voté contre.
Point d’orgue de ce tir en batterie : le texte modifiant la constitution pour mettre en place des « lois-cadres d'équilibre des finances publiques », qui comme le rappel l'exposé des motifs, « programmeront l'évolution de l'ensemble des finances publiques ».
Malgré le peu d’entrain des parlementaires de la majorité, il a été finalement adopté en termes conformes par les deux Assemblées le 13 juillet dernier. Ne reste plus au chef de l’Etat qu’à convoquer le Congrès à Versailles. Lequel, « compte tenu de l'aggravation de la situation des marchés financiers », pourrait se réunir à l'automne, comme l’a estimé François Fillon sur Europe 1. C’est précisément sur ce texte que Nicolas Sarkozy a fondé son piège à plusieurs coups. « C’est l’épreuve du feu pour les socialistes, on verra parmi eux, ceux qui sont responsables et qui voteront ce texte, et les autres », se félicitait un parlementaire UMP. « Ce n’est pas un piège. C’est en votant pour que les socialistes l’éviteront », se délecte le sénateur maire de Compiègne Philippe Marini.
En faisant la course à l’échalote sur l'air « de plus-rigoureux-que-moi-tu-meurs », les deux candidats socialistes semblent pourtant bel et bien être tombés dans le piège. Comment désormais expliquer leur opposition à un texte qui, non seulement prône cette rigueur, mais l’impose constitutionnellement ? « C’est la parole de la France qui s’est engagée auprès de ses partenaires que nous devons honorer. Cela ne nous empêchera pas de voter « non » au Congrès, si Congrès il y a », défend le député du Lot et Garonne Jérôme Cahuzac. « L’équilibre des finances publiques est davantage une question de volonté politique que de règle. En la matière, Nicolas Sarkozy n’a de leçon à donner à personne. Non seulement, il a bafoué par trois fois les rares règles qui existaient, mais sous son quinquennat la dette de la France a doublé passant de 900 milliards d’euros à 1800 milliards », poursuit, le président PS de la commission des finances, par ailleurs soutien de François Hollande.
Voilà pour l’imperium. Quid des modalités ? Sur le papier envoyé à Bruxelles le gouvernement mise sur une trajectoire de déficit partant de 5,7% fin 2011 à 4,6% en 2012 puis 3% en 2013 et enfin 2% en 2014. Mais, comme dans le tour de France, à chacun des cols l’effort est plus intense. D’autant qu’il manque déjà 6 à 10 milliards d’euros pour l’objectif 2012, portant la réalité du déficit cette année là de 4,6% à 5%, selon les documents de Philippe Marini. Pour passer à 3%, l’effort est proche de 2% de PIB : 40 milliards d’euros que le gouvernement au pouvoir en 2012, quelque soit sa couleur, devra mettre en musique budgétaire. Pour en apprécier l’intensité, 40 milliards d’euros équivalent à une année pleine de recette de l’impôt sur les sociétés (IS) !!!!
Qu’importe, les socialistes misent eux sur une vaste réforme fiscale. « Il faut impérativement stopper l’hémorragie fiscale. Nous devons remettre de l’ordre sur lIS. Comme l’a montré le rapport de Gilles Carrez, les 36 sociétés privées du CAC ne payent que 2 milliards d’impôt sur les sociétés. Cela doit changer », explique Jérôme Cahuzac. Pas de quoi cependant atteindre les 40 milliards Il faudra donc trouver des marges via des coupes dans les dépenses, alors même que la croissance reste incertaine.
Une situation qui n’a pas échappé à Thomas Piketty. Auteur lui aussi d’une proposition de réforme fiscale, proche de Martine Aubry, l’économiste s’inquiète de la tournure du débat : « Jouer à plus rigoureux que moi tu meures n’a aucun sens. Est-ce vraiment une bonne idée d’ouvrir la question du retour à l’objectif des 3% en 2013 ? C’est une décision qu’il faudra prendre en automne 2012, quand nous connaitrons la réalité de la conjoncture. Mieux vaut se concentrer sur la question de la future réforme de la fiscalité. Qui paye et combien ! »
Si le mot rigueur n'est pas prononcé, il est cependant dans tous les esprits. Ce lundi matin Benoit Hamon a tenté de l'exorciser sur RTL. Le porte-parole du PS, soutien de Martine Aubry et tenant de «l'aile gauche du parti », a ainsi effectué une ultime pirouette : « Nous disons que ces règles, dès lors que la France s'est engagée, nous les prenons, mais nous mettrons tout en œuvre pour les changer (…) il faut sortir l'investissement du calcul des déficits.» En gros, il s’agit de ne pas comptabiliser les dépenses en recherche et développements, comme celles dans l'éducation ou la formation. Des dizaines de milliards, rien que ça qui viderait justement de sa vocation de rigueur l'engagement français. Les promoteurs du nombre magique de 3 % n'en veulent pas, et personne rue de Solférino ne l'ignore.
La rigueur n'est pas seulement un piège sarkozyste, c'est aussi celui de l'Europe : voilà trois ans que les plans de rigueur grecs, portugais, italiens et anglais, loin de redresser les finances de ces pays, plombent leur croissance. Le travail des socialistes n'est-il pas de proposer une alternative sérieuse à un politique économique qui nous emmène droit dans le mur ?
Emmanuel Lévy - Marianne
A Montmorillon, Minute déclenche la chasse aux conseillers «gaullistes»
19/07/2011 19:23 par rgrs
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A Montmorillon, Minute déclenche la chasse aux conseillers «gaullistes»
19/07/2011 19:23 par rgrs
A la suite d'un article de Minute mal informé, le Maire de la ville finit par limoger son dircab que l'hebdomadaire accusait de collaborer à la confection des discours de Marine Le Pen.
La politique n’est pas toujours un milieu de « planqués » que croient deviner un certain nombre d’électeurs. A 25 ans, après déjà sept ans de carrière, Gaël Nofri, qui vient d’être brutalement limogé de son poste de directeur de cabinet à Montmorillon, une petite commune de 7500 âmes située dans la Vienne, prépare déjà sa reconversion. Pour lui, une chose est claire : si l’on a des idées en politique il convient d’abord de ne pas en vivre.
La politique, Gaël Nofri est tombé dedans tout jeune. Il milite dès 16 ans au RPF (Rassemblement pour la France) de Charles Pasqua. A 19 ans, le voici candidat tête de liste des Alpes Maritimes des listes RPF qui tentent un baroud d’honneur aux élections régionales de 2004. En face, son épouse est sur la liste Front national, qu'elle quittera ensuite.
Nofri adhère ensuite au petit parti de Paul-Marie Couteaux, le RIF (Rassemblement pour l’indépendance de la France). Remarqué par Jacques Peyrat, il entre à son cabinet jusqu’en 2008, date de la chute du Maire de Nice. A la suite d’un contact établi par un cabinet de recrutement, il déménage alors à Montmorillon, où il devient directeur de cabinet du maire, Yves Bouloux, un notable centriste sans appartenance politique. Gaël Nofri sépare sa réflexion politique –passionné d’histoire il publie un livre sur Napoléon III – de sa vie professionnelle, au service de son maire. Il réanime le Salon du Livre local, créé » vingt plus tôt par Régine Desforges, développe, avec son épouse un festival de musique classique.
Bref, tout baigne, jusqu’à la publication de cet entrefilet dans l’hebdomadaire Minute le 25 mai 2011 :

Mais Minute, qui n'a pas souhaité répondre à nos questions, repart à l'attaque par un article à charge encore plus long sur Nofri :Gaël Nofri tombe des nues. Il est certes, gaulliste dans l'âme depuis qu'il pense politique. Mais jamais, jure-t-il, il n'aurait pu travailler pour le Front National en parallèle avec sa mission auprès du maire de Montmorillon. Apprenant la publication de cette brève avant même la parution de l'hebdomadaire - des gens l'ont fait circuler sur des blogs d'extrême droite - son avocat somme Minute de supprimer de son édition cette information fausse. Avant d'exiger un droit de réponse.
Dans un premier temps, le Maire défend son dircab : « Ses opinions politiques ne sont pas les miennes. Mais elles sont respectables. Jusqu'à preuve du contraire, ces rumeurs sont calomnieuses. ». Le 15 juin, il réitère son soutien à Nofri, toujours dans La Nouvelle République : « Je n'ignorais pas que Gaël Nofri se réclamait d'un gaullisme « souverainiste » avec des amitiés politiques allant de Charles Pasqua à Max Gallo en passant par Dominique de Villepin. Je ne partage pas certaines de leurs positions, notamment sur l'Europe, mais cela ne m'a jamais gêné dans mon action. »
La polémique prend mauvaise tournure pour le dircab. Les médias locaux s'en mêlent, à la faveur du salon du livre local.

Le 9 juin quand il arrive à son bureau, Gaël Nofri a des messages de Radio France et la Nouvelle République. Si bien que le Maire finit par virer l'impétrant. Voilà comment un maire centriste se débarrasse d'un collaborateur sur la base d'une source plus qu'improbable : il est bien entendu totalement improbable, voire impossible que Marine Le Pen - qui affirme n'avoir croisé l'impétrant qu'une seule fois dans sa vie - attende les lumières d'un jeune homme de 25 ans pour écrire ses discours...
Bien sûr, ce n'est pas l'affaire du siècle, et d'aucuns diront que Gaël Nofri n'est pas si loin de Marine Le Pen qu'il faille plaindre son sort. Mais le déroulé de l'histoire ne plaide pas en faveur de son employeur. Après avoir défendu son dircab, Yves Bouloux finit en effet par céder aux pressions en déclarant que ses opinions n'étaient pas compatibles avec sa fonction. Si Gaël Nofri comprend parfaitement ce que les informations publiées sur son compte et les prolongements qu'elles ont connus localement peuvent gêner le Maire, il n'accepte pas que ce dernier change d'avis aussi vite et reprenne contre lui les charges de ses adversaires et les ragots d'un journal qui ne semble pas vérifier ses sources. Nofri envisage d'ailleurs de porter l'affaire devant le Tribunal administratif. Yves Bouloux, qui n'a pas souhaité répondre à Marianne, n'a pas fait honneur au concept de la ville, « la Cité de l'écrit ». Il est vrai que l'écrit n'est pas toujours un rempart contre l'hypocrisie sociale...
Philippe Cohen - Marianne
La fausse conscience des élites
18/07/2011 22:50 par rgrs
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La fausse conscience des élites
18/07/2011 22:50 par rgrs
"Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux" (Jean-Jacques ROUSSEAU, Ém. I)
C'est, je crois, la phrase qui décrit le mieux ce que l'on peut ressentir en écoutant parler une certaine gauche. C'est ce que l'on peut déduire en tous cas des comportements et des propos multiples qui sont tenus par la gauche officielle et institutionnelle. D'Eva Joly qui ne trouve rien de mieux à proposer que de supprimer les derniers marqueurs identitaires la nation française en éliminant le défilé du 14 juillet. Comme s'il n'y avait pas réforme plus urgente et nettement plus dans les préoccupations des Français moyens que la question du défilé militaire. C'est curieux de proposer la suppression du défilé du 14 juillet au moment même où l'on parle de l'éclatement éventuel de l'euro d'ailleurs. Au propos de François Hollande qui part en guerre contre l'économie française en se déclarant plus libéral encore que les libéraux,et à droite de DSK pour le situer économiquement. Pour l'occasion le site fdesouche (dont je suis loin de partager les fantasmes, mais qui a au moins le mérite d'avoir de la mémoire) vient de remettre en ligne une vidéo où l'on voyait ce même François Hollande déclarer, devant Emmanuel Todd, qu'il n'était pas là pour défendre ses (con)citoyens... Une affirmation pour le moins curieuse pour quelqu'un qui est un élu de la république, mais qui à mon avis traduisait malheureusement une véritable sincérité. Rappelons tout de même à ce bon François que les Indiens ou les Chinois ont déjà des élites pour les représenter et que si personne ne défend les intérêts des Français en France, il y a peu de chance pour que les élites d'autres nations s'en préoccupent.
Cependant Hollande, par ses propos, a dit tout haut ce que finalement la majorité de nos élites institutionnelles pensent tout bas. La France on s'en fout tant qu'on a l'ivresse que nous octroie notre statut social. Bien évidemment le Hollande, qui n'est pas si idiot, se défend en prétendant vouloir défendre le prolétariat indien, mais comme le sous-entend la phrase de Rousseau qui peut donc croire un instant qu'un homme incapable de solidarité avec ses proches ou ses voisins, pourra en faire preuve avec des inconnus lointains. Il est évident ici que cet esprit contradictoire est le fruit d'une fausse conscience au sens de Marx. On prétend faire de la solidarité avec le lointain pour en réalité justifier son égoïsme local. Et les différentes propositions de François Hollande et plus généralement d'une grande partie de la gauche comme de la droite ne font que confirmer cette intuition. L'aide au plus démuni du lointain est une excuse de plus en plus ridicule justifiant les plus immondes saloperies pratiquées sur notre propre territoire. De l'inégalité des richesses en pleine explosion, aux avantages multiples ou aux dérogations de droit pour certains Français bien nés. La France ne compte plus les multiplications d'injustices que la génération Hollande (et je mets notre cher président dans le lot) a produit. Toutes les plus grandes horreurs se sont faites au nom du progrès, de la solidarité internationale, de la morale, ou de la liberté. On détruit tout au nom de principes creux, qui ont le plus souvent été largement détournés de leur définition de base à fin de soutenir les plus bas instincts d'une élite en perdition. On a justifié la destruction de l'état providence au nom de sa sauvegarde, on a détruit l'instruction publique au nom de son amélioration. Et l'on a soutenu la destruction de l'industrie française et la mise au chômage d'une grande partie de notre population au nom de la solidarité internationale et de la liberté de chacun. On a présenté l'euro comme une chance pour la France et aujourd'hui que le chaos s'installe dans cette zone monétaire l'on déclare que la catastrophe s'abattrait sur la nation qui oserait rompre avec la monnaie inique.
La démolition de la solidarité nationale par la destruction de la nation, justifiée par des considérations simplistes d'aide supposée à l'étranger. Voilà bien la fourberie la plus grande qui soit. La France avait naguère le christianisme pour endormir les imbéciles, elle a aujourd'hui le socialisme qui est bien devenu le nouvel opium du peuple. On peut critiquer Sarkozy, il a au moins le mérite de ne pas faire semblant de s'intéresser aux plus pauvres. De plus comme je l'ai expliqué à de multiples reprises sur ce blog le malheur des ouvriers français ne fait pas le bonheur des ouvriers chinois, il fait surtout le bonheur des multinationales et des intermédiaires. Mais on fait fi du réel et l'on invente des effets qui n'existent pas pour donner de bons sentiments à ceux qui bénéficient de la mise au rebut d'une part croissante de nos concitoyens. Il détourne le revenu du travail de ceux qui produisent les richesses vers ceux qui détiennent le capital pour reprendre une terminologie que nos amis socialistes utilisent souvent sans vraiment comprendre le sens des termes qu'ils emploient. De la même manière que les considérations du futur et des prévisions les plus fantasmagoriques sur notre avenir lointain servent bien souvent à justifier des injustices exprimées au présent. Les œuvres de solidarité avec le tiers-monde ne servent le plus souvent qu'à justifier un égoïsme de classe qui a de plus en plus de mal à se cacher, malgré ses multiples sophismes verbeux.
François Hollande, un irresponsable en costume trois-pièces
L'habit ne fait décidément pas le moine et dans le cas de François Hollande on atteint les limites de la contradiction. Le pauvre François pense ainsi que la priorité pour la France est certainement de sauvegarder sa sacro-sainte note triple A auprès des investisseurs internationaux. Il faut dire aussi que le François, il considère que le fait que l'état emprunte sur les marchés est une bonne chose pour empêcher la méchante inflation de manger le panier de la ménagère Africaine. Oui Africaine parce que la ménagère Française de base çà ne l'intéresse pas même si elle est encore largement majoritaire dans le pays. Dire que l'on s'intéresse à la ménagère de base blanche et française çà fait trop TF1. Et puis cela permet au passage de justifier la défense des sans-papiers et de motiver les troupes à défendre un sous-prolétariat armé de réserve pour le capitalisme, permettant la baisse constante des salaires pour les emplois non délocalisables.
Donc on le voit bien le Hollande, il est tout à fait constant dans son analyse. Il est contre le protectionnisme, officiellement parce qu'il est solidaire des esclaves chinois qui fabriquent les iPhone de ses gosses. Il est contre l'emprunt public officiellement parce que ça limite l'inflation, ce qu'il oublie de dire c'est que l'inflation n'est pas forcement mauvais pour les salariés. Donc très logiquement il nous annonce aujourd'hui qu'il est pour la rigueur. Mais sans préciser que c'est surtout pour les autres parce que la rigueur lui il ne connait pas. C'est bien évidemment pour le commun des mortels français que sa rigueur rédemptrice sera. Et bien sûr pour François Hollande l'euro c'est formidable et en sortir serait une folie.
Le plus grave dans tout cela c'est que finalement Hollande pense sérieusement que toute proposition en dehors de ces contraintes libérales serait une pure folie démagogique. C'est bel et bien un effet de fausse conscience, car en réalité c'est bien au contraire ces solutions dites "raisonnables" qui ne le sont pas. Car la vraie démagogie consiste à donner de fausses solutions qui ne résolvent pas les problèmes tout en mettant en avant leur propre inéluctabilité. Les solutions de contraintes telles que ce que propose François Hollande sont incapables de résoudre la crise que nous traversons. C'est d'autant plus vrai que tous les pays d'Europe font les mêmes politiques créant ainsi un cycle infernal de contraction de la demande continentale avec l'aveugle Allemagne pour guide. La démagogie est de faire croire que la contrition est toujours plus sérieuse que la dépense, que le libre-échange c'est toujours mieux pour tous le monde parce que l'on achète des produits moins cher. La démagogie à l'heure actuelle cela consiste surtout à vendre une politique qui défend des intérêts particuliers, ceux de la rente sous toutes ses formes, en prétendant qu'elle défend l'intérêt général. Car c'est très exactement ce que fait François Hollande.
La chimérique solution européenne
Mais le comble de la démagogie est surtout dans le fait d'affirmer l'existence d'une possible solution politique européenne alors même que les divergences atteignent des sommets en Europe. De plus, je rappelle que la proposition de François Hollande, faire racheter les titres de dette grecque et autres par la BCE, ne résoudra pas le problème des déficits commerciaux. Or ce sont ces problèmes qui sont à la base du gonflement de la dette des nations. Ces nations qui sont aujourd'hui attaquées par les marchés financiers après avoir sauvé les systèmes bancaires de la faillite. Le fait est qu'il n'y a pas dans la boite à outils du petit François Hollande de mécanisme capable de résoudre le problème des déséquilibres commerciaux. Si ce n'est le fait de faire payer ad vitam æternam les pays en excédent les déficits des pays plus faibles. Or ce type de solution Hollande, à moins d'un fieffé crétin, sait pertinemment que les pays en excédent ne l'accepteront jamais. Il fait donc bien de la démagogie en prétendant pouvoir résoudre les problèmes des déséquilibres européens par ce tour de passe-passe comptable consistant à effacer les dettes et à les enterrer sous un platane à Francfort.
L'effacement de la dette et son rachat aurait un sens, si le problème de base des déficits commerciaux courants était résolu. Il n'en sera rien avec les solutions de Hollande. Ce faisant, les pays en déficit se retrouveraient donc rapidement avec un seul prêteur, la BCE, les acteurs privés ne voulant prendre aucun risque à long terme. Mais peut-être est-ce là le vrai objectif d'Hollande, utiliser la crise pour définitivement démembrer les nations européennes et leurs peuples avec. On le voit déjà préparer le terrain à la mise sous tutelle de la nation française. Grâce à la dette et à son remboursement, la BCE aura tous les droits sur le peuple français du moins jusqu'à ce que ce dernier comprenne enfin que la légitime violence est sienne et que rien ne nous interdit véritablement la violence face à ce type de politique. Avec François Hollande à la tête du pays nous pourrions finir par l'avoir notre révolution, car elle serait la seule solution face au dogmatisme démagogique d'un PS en perdition. Ce que je viens d'écrire aurait pu l'être également pour la plupart des candidats dominants qui sont potentiellement les futurs représentants de la gauche aux prochaines élections présidentielles.
Par Yann
Les Verts n'ont jamais aimé le kaki
18/07/2011 22:31 par rgrs
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Les Verts n'ont jamais aimé le kaki
18/07/2011 22:31 par rgrs
L’affaire Joly-Fillon a sans doute été l’un des derniers "buzz" avant la traditionnelle atonie estivale. De fait, il a fort bien rempli son office en animant le week-end prolongé du 14 juillet, habituellement trop calme. Chacun s’y est tenu à sa juste place. Dans le rôle de la gauchiste libérale-libertaire à la limite de l’irresponsabilité militarophobe, la verte Eva Joly proposa d’abord la suppression du défilé militaire du 14 juillet. Faisant fi de toute décence, elle vilipenda la "France guerrière" à l’heure même où nous déplorions six morts en Afghanistan. Dans le rôle du "dedroite" tendance "France moisie" et congédiant toute prudence, François Fillon mit immédiatement en cause la bi-nationalité de la pasionaria franco-norvégienne, en émettant des doutes sur l’authenticité de sa "francité". Enième épisode de notre saga nationale préférée: Superdupont contre l’Anti-France.
Mais il est une autre séquence dont curieusement, on a peu reparlé. Car en remontant le temps de 365 jours, on s’aperçoit que les écolos n’en sont pas à leur coup d’essai. Certes, nul candidat à la magistrature suprême n’était impliqué à l’époque. Néanmoins, les élus Verts de Paris s’étaient fait remarquer à la veille du 14 juillet 2010 en faisant parvenir au président de la République le "vœu" d’une suppression du défilé militaire, jugé trop coûteux et trop…polluant. Eva Joly a eu le bon goût de nous épargner au moins cela, mais les écolos parisiens n’avaient pas craint d’oser le ridicule en affirmant: "(le défilé) n’est pas seulement un gaspillage financier, c’est également une aberration écologique. La quantité de produits polluants, de CO2 et de décibels relâchés dans l’atmosphère est en effet considérable".
Les décibels lâchés à l’époque pour riposter contre cette inénarrable billevesée étaient essentiellement venus de petites formations politiques. Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) avait dénoncé une "bobo écologie verte". L’ancien ministre Georges Sarre du Mouvement républicain et citoyen (MRC), avait renchéri@: "cette part de la "gauche", qui n’en a que le nom(…) vise, une fois de plus, la Nation, à travers ce qui n’est, bien sûr, que l’un de ses symboles".
Loin d’être un stigmate de la "norvégité", une tare propre à l’âme nordique ou un travers réservé aux binationaux, il semble bien que la défiance envers l’idée de Nation citoyenne et le mépris pour ce que la révision générale des politiques publiques (RGPP) nous a laissé des "ors de la République", soit plutôt une constante de l’ADN écolo. Tenons-nous le pour dit.
Coralie Delaume
Lire et relire:Fête nationale, la gravité au centre CLICK
Qu’ils s’en aillent tous… en vacances !
18/07/2011 22:25 par rgrs
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Qu’ils s’en aillent tous… en vacances !
18/07/2011 22:25 par rgrs
Alors que la trêve estivale approche, tandis que la France et l’Europe vivent des heures historiques sur le front de l’euro (où la censure fait rage comme jamais, à mesure qu’approche le coup final du destin), la petite politique politicienne bat son plein.
Tout d’abord, la France stupéfaite a été gratifiée d’une invraisemblable (et tellement urgente) proposition de la candidate des Verts à l’élection présidentielle : supprimer le défilé militaire du 14 juillet ! On connaissait l’étrange capacité des Verts au suicide politique collectif, voilà que leur candidate, aussitôt investie, se sent dans l’obligation de se carboniser individuellement ! Car enfin, comment admettre cette proposition ubuesque et, disons-le franchement, insultante pour la République et ses symboles, qui fleure bon l’antimilitarisme et le pacifisme de principe d’une toute petite minorité d’extrême-gauche ?
Les Verts ignoreraient-ils que ce défilé, loin de symboliser un bellicisme martial, pour le coup totalement fantasmé, incarne tout simplement le lien positif entre la nation et son armée, en ce jour de célébration de la prise de la Bastille et de la Fête de la Fédération ? Oui, le mythe révolutionnaire de la Nation armée, de l’armée au service de la Nation, est au cœur de la République. Et lorsque ce ne fut pas le cas au cours de notre histoire, de lourds malentendus aux conséquences tragiques ont pu s’insinuer, comme par exemple l’impréparation de l’armée à la veille de la guerre de 1870, ou le défaitisme désastreux de l’esprit munichois après septembre 1938. Oui encore, cette armée française, cette armée de la nation et à son service, mérite qu’il lui soit rendu hommage ce jour-là, surtout après les pertes cruelles essuyées en Afghanistan.
La façon ras des pâquerettes dont droite et gauche ont mis la main sur cette polémique, n’a pas été davantage glorieuse : au « retourne en Norvège » de quelques uns à l’UMP, a répondu les cris d’orfraie d’un PS ravi qu’on lui offre cette porte de sortie providentielle, cette occasion inespérée de se rabibocher avec son allié vert après avoir été obligé de critiquer en traînant les pieds la proposition absurde de sa candidate.
Décidément, rien ne tourne plus rond dans notre vie politique, dont on finit par croire que ses principaux acteurs font tout pour l’enfoncer à des profondeurs inédites ! Dernier exemple en date, Ségolène Royal qui se pose en candidate de rassemblement de la droite gaulliste en sus de la gauche. Pathétique de la part d’une ex-candidate à la présidentielle qui n’avait cessé, pour tout nouveau traité européen, de promettre un référendum au printemps mais avait retourné sa veste, ni une ni deux, dès l’automne venu en appelant les parlementaires socialistes à voter pour le traité de Lisbonne au Congrès ! Ségolène championne des gaullistes, de qui se moque-t-elle au juste ? !
Mais, là encore, la réponse de l’UMP a été aussi minable que d’habitude. Xavier Bertrand a cru fin de l’accuser de récupération électorale en mettant « son aspirateur en marche », élégant sous-entendu à la figure de la ménagère. Car, bien sûr, derrière chaque femme politique, il y a une ménagère qui s’ignore, n’est-ce pas Xavier Bertrand ?
Décidément, il est plus que temps que nos animaux politiques prennent quelque repos et nous avec. Qu’ils s’en aillent tous… en vacances, et vite !
Nicolas Dupont Aignan
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Qu%E2%80%99ils-s%E2%80%99en-aillent-tous%E2%80%A6-en-vacances-%21
François Hollande, « socialiste » antisocial et irresponsable
18/07/2011 22:22 par rgrs
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François Hollande, « socialiste » antisocial et irresponsable
18/07/2011 22:22 par rgrs
L’ancien premier secrétaire du PS a trouvé son créneau : il sera le « socialiste responsable », qui s’aligne sur les objectifs les plus ambitieux de réduction du déficit, également favorable à une plus grande intégration européenne. Un condensé de pensée unique.
Le choix des marchés contre le peuple
A quel point de dégénérescence mentale peut arriver un responsable « socialiste » pour prendre de telles positions ? François Hollande ne cherche pourtant pas à être le candidat d’un parti libéral professant sa foi absolue dans le marché, mais bien d’un parti dit « socialiste ». Mais le député-maire de Corrèze veut tellement faire la course au centre qu’il finit par dépasser DSK sur sa droite. Ainsi il calque soigneusement ses positions sur la pensée dominante.
C’est ainsi qu’il contredit le programme socialiste pour lequel il faut décaler d’un an le retour à un déficit de 3% du PIB et s’aligne sur les objectifs du gouvernement (qui ne seront pas faciles à atteindre). Il prévoit une grande réforme fiscale, dont certains principes (inspirés par les propositions de Thomas Piketty et Camille Landais) sont intéressants. Mais il est assez incompréhensible qu’un dirigeant « socialiste » priorise ainsi la réduction des déficits sur la lutte contre le chômage.
En fait, tout cela n’est pas surprenant. Yann parlait de « grande purge libérale » au sujet du PS et dénonçait la prise de position de François Hollande sur la monétisation, qui refuse de faire ce que même les Etats-Unis et la Grande-Bretagne font ! Et le choix par Martine Aubry de Daniel Cohen comme conseiller sur l’économie démontre que l’actuelle première secrétaire ne sera pas plus ouverte que l’ancien aux idées alternatives, comme le rapporte Bertrand Rothé.
L’irresponsabilité européenne
En complément à ce discours d’une orthodoxie relativement stricte sur les questions budgétaires, François Hollande a également pris position pour « sauver la zone euro », dénonçant les atermoiements des dirigeants européens, et proposant d’aller plus loin dans l’intégration de l’Union Européenne, en fusionnant le poste de président du Conseil et de président de la Commission, et en mettant en place des euro obligations et un « fédéralisme budgétaire et fiscal ».
Pourtant, les euro obligations sont un mécanisme profondément irresponsable puisqu’il s’agit de permettre aux pays les moins bien évalués de bénéficier des mêmes conditions de crédit que les pays les mieux évalués : en clair, on pénalise les plus sérieux et on favorise les moins regardant vis-à-vis de l’argent public. C’est exactement ce que les marchés ont fait à la création de l’euro, aboutissant aux excès qui ont contribué à nous amener à la crise des dettes souveraines.
Car le système que François Hollande nous propose est extrêmement dangereux dans la mesure où il pénalise les comportements vertueux et favorise les comportements irresponsables. Du coup, il y aurait fort à parier qu’il faudrait alors mettre sous une tutelle stricte les budgets nationaux pour éviter tout dérapage : c’est sans doute ce qu’il appelle « fédéralisme budgétaire et fiscale ». Heureusement que l’Allemagne freine de toutes ses forces sur ces questions…
L’Europe et la conversion au « laisser-faire » ont fait du PS un parti antisocial et antidémocratique, que François Hollande représente bien. En ce sens, sa victoire aurait le mérite de clarifier la situation et de bien montrer aux Français qu’il n’y a rien à espérer de ce pari « socialiste ».
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Le capitalisme fait de nous des mercenaires
18/07/2011 22:11 par rgrs
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Le capitalisme fait de nous des mercenaires
18/07/2011 22:11 par rgrs
Il est temps d’élargir les débats. Les analystes et la presse ne cessent en effet de se torturer les méninges afin de savoir si la reprise économique – supposée avoir démarré en 2010 – est aujourd’hui sérieusement compromise. Les réponses manquent à l’évidence. Mais les questions posées sont également les mauvaises. Les statistiques macro économiques interpellent – et fascinent – certes les spécialistes mais il devient jour après jour impératif de réorienter ces questionnements. D’autant plus que la population – le citoyen moyen comme l’on dit avec condescendance – n’aura nullement profité de cette brève parenthèse de croissance ayant tout au plus duré une année…
Pour la première fois depuis le milieu des années 70, la population américaine (pour ne citer qu’elle) doit affronter un chômage élevé sans nulle perspective d’amélioration à court ou même à moyen terme puisque l’activité économique semble condamnée à y tourner à (très) bas régime dans un contexte politique qui, en outre, se révèle extrêmement tendu. Cela donne à réfléchir, cela force à toutes les remises en question. L’exubérance irrationnelle des années précédentes était aussi complètement … artificielle ! D’autant plus que cette prospérité – présentée comme résultante d’un capitalisme triomphant et de marchés devenus rois – était prétexte à tous sortes de comportements prédateurs de la part d’individus et d’entités ayant ruiné le système, non sans la bénédiction de nos autorités politiques.
Il nous avait ainsi été expliqué que le seul horizon devait être le profit, qu’il était légitime que cette seule finalité – digne de respect- sous tende et alimente notre énergie et notre soif de réussite. Nous constatons aujourd’hui que cette quête du profit détruit et nos vies et notre planète. Pire encore : elle menace les libertés individuelles ! La consécration du modèle de société anglo-saxon ayant stimulé le commerce à outrance et la consolidation de tous types d’entreprises en conglomérats gigantesques s’est avérée un échec pour la croissance à long terme tout en étant nocive pour la société. Cette philosophie a fait de nous des psychotiques (“sociopaths” pour reprendre l’expression de Taleb) qui rivalisent d’imagination pour détruire de la valeur et – plus grave encore – des valeurs.
Cet acharnement au « laisser faire » érigé au rang de dogme s’est aujourd’hui soldé en tyrannie alors qu’il est tellement plus sain de faire participer le plus grand nombre à la conduite des affaires et des entreprises. Les marchés ont accéléré l’avènement du macro management – c’est-à-dire de l’oligarchie – alors que seul le micro management aboutit à la stabilité et à la réalisation des individus. Le monde académique, celui des affaires come nos autorités économiques partent tous du principe qu’il convient de favoriser les organisations et les banques de taille importantes quand (et même si) celles-ci sont connues pour avoir perdu quasiment tout sens de l’innovation tout en contribuant activement à détruire de la valeur, en tout cas pour la collectivité… Ce faisant, ces cartels et concentrations de pouvoirs – qui installent un air vicié sur l’ensemble de l’activité économique – tuent à petit feu l’initiative privée tout en comprimant nos droits individuels.
C’est pourquoi il ne sert à rien de croire aujourd’hui aux illusions de celles et ceux qui font mine de « réinventer » le capitalisme car – et c’est Marx en personne qui le reconnaissait – le capitalisme se réinvente continuellement. En effet, en constante mutation, il est éternellement en quête de nouveaux artifices, de nouvelles techniques et de sophistication parfois extrême dans le seul but d’optimiser ses profits et de satisfaire à l’instinct d’accumulation. Ce faisant, chaque facette de sa métamorphose fut inévitablement jalonnée de corruption et d’exploitations outrancières se logeant au cœur même de ce système. A bien des égards, l’âme du capitalisme est elle-même foncièrement prédatrice.
Plutôt que de réinventer le capitalisme qui n’a pas besoin de nous pour tout le temps se renouveler, tentons de redéfinir le concept de « croissance » et d’en fixer clairement les priorités comme les limites. C’est peut-être ainsi que l’on pourra enfin couper l’herbe sous les pieds de comportements, ravageurs pour la société, mais qui sont indissociables du capitalisme.
par Michel Santi
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-capitalisme-fait-de-nous-des-97680
Joly-Fillon : rafales de bêtises sur le 14 juillet
18/07/2011 22:03 par rgrs
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Joly-Fillon : rafales de bêtises sur le 14 juillet
18/07/2011 22:03 par rgrs
La sortie d'Eva Joly sur le défilé du 14 juillet a enclenché la machine à polémiques... Les déclarations de François Fillon ont fait le reste. Antidote revient sur cette valse de carabistouilles à trois temps !
Nous assistons, il faut bien le dire, à un déluge de bêtise depuis le 14 juillet et les déclarations d’Eva Joly. La bêtise, c’est souvent distrayant mais il faut reconnaître que, même avec l’esprit rieur, le fait que figurent, parmi les protagonistes de la polémique, le Premier ministre et une candidate à l’élection présidentielle prête moins à la gaudriole.
1er temps : Eva Joly annonce son souhait de voir disparaître le défilé militaire du 14 juillet auquel elle ne voit plus beaucoup de sens (1). Proposition très classique, finalement, au pays des écolos français dont le pacifisme, le rejet des symboles nationaux, le sans-frontièrisme exacerbé ne sont tout de même pas inconnus des observateurs politiques (2). Sur ce, elle propose -et c’est là qu’on a le droit de s’esclaffer- une espèce de parade ridicule dont Nathalie Krikorian-Duronsoy a fait un sort présentant l’affaire comme « quelque chose à mi-chemin entre la gaypride et le Salon de l’Auto ».
2ème temps : Les chevau-légers (pas toujours légers, d’ailleurs) de l’UMP s’en donnent à coeur joie et, au lieu d’ignorer ou d’ironiser simplement sur les futures dissensions entre Ecologistes et Socialistes, pilonnent Eva Joly sur le thème : « Qu’elle retourne dans les Fjords, elle ne connaît rien à la France ». Finalement, c’est même le Premier ministre qui reprend cet argumentaire à son compte fustigeant la méconnaissance des traditions françaises de la candidate écolo et faisant donc explicitement référence à la double-nationalité d’Eva Joly.
On avait connu François Fillon plus prudent sur ce terrain-là notamment lorsqu’il se précipitait pour faire savoir combien il se démarquait de ce qu’il considèrait comme des excès de la part de certains députés de sa majorité, par exemple ceux du collectif « Droite Populaire » très en pointe sur le dossier de la binationalité.
En réalité, même si l’accent (3) d’Eva Joly donnait effectivement un effet bœuf à ces déclarations, il n’y a pas plus française que cette sortie antimilitariste qui rappelle à bien des égards les polémiques franco-françaises sur les paroles de la Marseillaise. José Bové, qui représente à l’international -ou plutôt à l’altermondial- le Français moustachu attaché à son roquefort, a défendu hier sur Europe1 les mêmes positions que sa candidate, quelques dizaines d’années après le combat du Larzac qui l’avait amené pour la première fois sur le devant de la scène médiatique. Au passage, on rappelle aux écolos-pacifistes que le défilé militaire du 14 juillet constitue le symbole de la soumission de l’Armée au pouvoir civil représenté par le Président de la République. Lorsque ce sont des écoliers ou des étudiants qui défilent devant un parterre d’officiers médaillés, cela donne un signe beaucoup moins encourageant pour les libertés publiques mais aussi pour la paix. C’est cela que François Fillon aurait dû rappeler à Madame Joly, en évitant d’utiliser des références sordides et imbéciles sur les origines d’Eva Joly.
3ème temps : Eva Joly répond à François Fillon. Je dois à la vérité d’écrire que j’ai fort apprécié la formule : « Je ne descends pas de mon Drakkar », fort bien ajustée, et contenant un humour de bon aloi. Mais dans un second temps, elle croit bon de se défendre de tout antimilitarisme en avouant qu’elle a des amis militaires. On se pince. Décrocherai-je un point Godwin si je rappelle ceux qui se défendaient naguère - certains le font même encore ! - d’antisémitisme en déballant leur ami juif ? Et Jean-Marie Le Pen qui, interrogé par Patrick Sébastien, déclarait que le sketch « Casser du noir » avait bien fait rire ses domestiques de la même couleur ? Ou même le personnage Adolphe-Bénito Glandu, créé par Thierry le Luron : « Chui pas raciste, mon chien est noir » ? Dans le genre « je m’enfonce », Eva Joly ne fait pas dans le détail.
Pour tout dire, on n’attend pas - mais alors pas du tout - de réponse du Premier ministre ou d’un représentant de l’UMP. On pourrait grimper encore dans les sommets de la connerie.
David Desgouille
(1) Pourtant, c’est toujours le même : dans celui de la descente.
(2) Encore faut-il nuancer le propos sur le pacifisme puisque, ces dernières années, Daniel Cohn-Bendit, notamment a apporté une touche un peu BHL ou kouchnérienne -au choix- à la mouvance écolo. On l’a encore vu récemment à propos de la Libye, sujet sur lequel il a été rejoint par… Eva Joly, comme l’a fort bien rappelé Tefy Andriamanana sur Marianne2.
(3) On relira à ce sujet l’excellent article de Luc Rosenzweig.
Mieux que l'affaire DSK, les bleues au service de la cause des femmes
18/07/2011 21:59 par rgrs
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Mieux que l'affaire DSK, les bleues au service de la cause des femmes
18/07/2011 21:59 par rgrs
Selon Philippe Bilger, l'état d'esprit de l'équipe de France de foot, qui tranche avec le cinéma et les caprices des professionnels masculins, milite en faveur des femmes dont le rapport au sport est singulier.
J' aime ces femmes
L'affaire DSK a suscité un débat intense et contrasté sur la condition des femmes. Le féminisme militant s'en est donné à cœur joie et, en face, toutes sortes de réactions se sont manifestées qui allaient de la virilité la plus bête à la compréhension la plus fine.
Je ne suis pas sûr toutefois que l'effervescence politique et médiatique de ces dernières semaines ait fait avancer d'un pouce la cause des femmes dans ce que celle-ci mérite d'adhésion évidente et d'équité légitime.
J'ai scrupule à le dire mais la coupe du monde du football féminin a sans doute plus fait, pour ce combat nécessaire, que les mille colloques, réflexions, polémiques, banalités et ratiocinations qui nous inondent chaque jour sur ce thème et sont parfois de nature à nous détourner par saturation de ce dont on voudrait nous faire prendre conscience sans répit.
L'équipe de France féminine a été formidable. Au-delà de la découverte que le football féminin, comme le tennis d'ailleurs, offre un spectacle à la fois impressionnant et agréable comme si moins de force et de vigueur apparentes entraînaient plus de qualité et d'élégance dans le jeu, on a perçu à quel point le comportement de ces sportives de haut niveau nous changeait d'une manière radicale de celui des joueurs masculins (JDD).
Très peu de brutalités inutiles et donc de coups francs. Aucune contestation de l'arbitrage pourtant discutable, notamment lors du match de la France contre la Suède. Très peu de palabres sur le terrain. Une énergie de tous les instants. Aucune comédie, aucune de ces scènes grotesques où de grands gaillards même pas touchés se roulent par terre en feignant une douleur extrême. Une concentration sur l'essentiel. Aucune attitude arrogante ou de prestance ridicule. La mise en pièces radicale, à chaque seconde, du cliché qui vise à ranger ces femmes dans la catégorie des hommes comme si, physiquement gracieuses ou non, elles avaient perdu, en jouant au football, toute féminité. Reproche bêtement « machiste », à les voir évoluer, qu'il s'agisse des Françaises ou par exemple des Américaines.
Il y a un rapport au sport collectif qui est donc spécifiquement féminin. Les joueuses accomplissent les mêmes gestes que les hommes, s'adonnent au même jeu mais elles le font autrement. Il me semble qu'il est possible de généraliser et que par exemple, dans le domaine politique, certaines femmes ont su répudier les défauts virils pour s'attacher à une conception du pouvoir et de l'action singulière et, je l'espère, porteuse d'avenir.
J'aime ces onze femmes françaises et leur entraîneur qui, homme, a su si parfaitement appréhender ce que leur sexe apportait de nouveau et de salutaire dans un jeu vieux comme le monde.
Le féminisme, grâce au ballon rond, a fait un pas de géant.
Philippe Bilger
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