François Fillon et la réussite de l'étape du bilan
11/05/2011 11:09 par rgrs
A ce rythme, Nicolas Sarkozy est en passe de réussir l'étape du bilan dans des conditions probablement inattendues il y a encore quelques semaines car ses "contradicteurs potentiels" sont ailleurs.
Le PS s'occupe de ses primaires. Le Centre s'occupe de sa recomposition éventuelle. Marine le Pen veille à ne pas commettre la gaffe qui compromettrait ses scores. Dominique de Villepin se défend dans le procès Clearstream et Mélenchon cherche à rassembler la gauche de la gauche.
Bref, chacun étant d'abord occupé par ses "propres affaires", Nicolas Sarkozy et François Fillon traversent avec calme l'étape du bilan.
Nicolas Sarkozy devance Jacques Chirac sur le podium des Présidents qui ont marqué la Vème République. Pompidou et VGE sont à des scores marginaux (sondage Ifop pour Sud Ouest ce week-end).
Les mots clefs qui reviennent le plus souvent pour NS sont : réformes, action, courage. Il y a pire comme socle de départ (Louis Harris Interactive / Le Parisien).
Quant à François Fillon, ses mots clefs aux yeux de l'opinion sont : confiance, sérieux, calme.
La majorité présidentielle est en passe de réussir la dernière séquence temps avant la coupure d'été ; ce qui au lendemain des cantonales de mars semblait hors de portée.
La présidentielle 2012 s'annonce bien considérablement plus ouverte quand la focalisation sera mieux répartie ... ; ce qu'attestent les résultats actuels des enquêtes.
http://exprimeo.fr/article/6787/francois-fillon-et-la-reussite-de-l-etape-du-bilan.htm
François Bayrou reste le symbole du Centre pour 37 % des Français. Mais il voit s'approcher Jean Louis Borloo qui réalise une percée notoire avec 33 %.
Si Hervé Morin rejoint Jean Louis Borloo, le Centre aura une composante capable d'équilibrer le poids historique de François Bayrou.
Hervé Morin ne parvient pas à démarrer dans l'opinion. Il incarne le Centre pour ... 6 % de l'opinion (sondage Ifop pour France Soir). Il est même devancé par Dominique de Villepin dont l'ancrage historique n'est pourtant pas l'UDF ou le Centre.
La surprise réside dans la percée de JL Borloo qui se rapproche de François Bayrou et impose à ce second une érosion notoire.
Borloo passe de 24 % en novembre 2010 à 33 % en avril 2011 dans cette reconnaissance à incarner le Centre, à 4 points derrière Bayrou.
L'émiettement actuel du Centre est la chance de Nicolas Sarkozy.
Au coude à coude avec la droite de la droite, il ne manquerait plus que surgisse un coude à coude avec le "centre" ...
Il faudra probablement attendre la fin 2011 pour que la situation du Centre s'éclaircisse car dans l'engagement de campagne chaque candidat semble actuellement d'abord souhaiter le ... "surplace".
http://exprimeo.fr/article/6786/jean-louis-borloo-et-la-percee-notoire.htm
Dans le concert bruyant de la pré-présidentielle, François Bayrou cultive le calme dissonant. C'est risqué mais peut-être efficace à terme ?
L'espace politique du centre semble exister dans une logique du ni-Sarkozy ni le PS.
Il peut même être estimé dans les sondages à près de 15 % ; ce qui est un socle de qualité au moment où la barre qualificative pour le second tour semble être celle des 20 %.
Bayrou cultive une conviction tranquille à tous égards.
1) Il sera de la présidentielle 2012. C'est tellement acquis qu'il n'est plus nécessaire d'en parler.
2) Il sera le garant du "parler vrai" en ne négligeant pas la dette publique.
3) Il sera le défenseur des territoires des régions qu'il se présente comme le meilleur connaissance.
C'est un positionnement à l'écart de toute agitation.
Il semble d'une autre "nature" que les actuels autres candidats. C'est peut-être la différenciation la plus "valorisante" à terme ?
http://exprimeo.fr/article/6785/francois-bayrou-et-la-conviction-tranquille.htm
http://exprimeo.fr/article/6788/segolene-royal-et-le-rythme-des-disgraces.htm
Voici en exclusivité les documents fondateurs de la confédération de centre-droit qui doit réunir notamment le Nouveau centre d'Hervé Morin et le Parti radical de Jean-Louis Borloo:
- statuts
Deux remarques rapides:
1) Le siège de la confédération est fixé au 1 bis, place de Valois à Paris (75001).
Celui du Parti radical est au 1, place de Valois, tandis que cette adresse est notamment celle du restaurant Le Royal Valois.
2) La charte se réfère aux "valeurs radicales, démocrates-chrétiennes, sociales et écologiques".
Or, l'oubli (?) des valeurs libérales est étonnant (même si le mot "liberté" est martelé dans la charte) vu que:
- Hervé Morin (président du Nouveau Centre) ou encore François Sauvadet (président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée nationale) sont issus de la composante libérale de l'UDF (Parti républicain).
- la dénomination juridique du Nouveau centre est "ASSOCIATION PSLE - NOUVEAU CENTRE", PSLE signifiant "Parti Social Libéral Européen".
- lorsque le Nouveau centre hésitait à changer de nom, celui envisagé était parti "Social Libéral Démocrate" (SoLiD).
- le parti Alternative libérale est depuis le 18 janvier dernier un mouvement associé du Nouveau centre.
(lire également la note où j'évoque le libéralisme d'Hervé Morin)
Hervé Morin aurait-il le libéralisme honteux?
Laurent de Boissieu
Donc les sarkozystes ont - enfin - trouvé un motif de réjouissance. Une affaire. Quelle affaire ? Dominique Strauss-Kahn et « sa » Porsche, plus précieusement celle d'un communiquant qui travaille avec le directeur général du FMI et qui, la semaine dernière, a mis le véhicule quelques heures à sa disposition sous l'objectif des paparazzis. L'épisode peut sembler sans intérêt ni importance. Dérisoire même. Mais voilà les sarkozystes insistent et ricanent: la Porsche, ce sera le Fouquet's de Dominique Strauss-Kahn, de ce sparadrap-là, il ne se débarrassera jamais, la gauche « profonde » n'étant plus en mesure de le reconnaître pour chef. Chef politique; mais aussi chef moral, quasi spirituel, le type de chef dont la gauche a toujours eu besoin...
Alors les sarkozystes ont-ils raison? DSK a-t-il fourni un motif pour se débarrasser de... DSK? Ces interrogations ne sont pas absurdes, hors de propos.
Cela fait quelques mois déjà que les principaux communiquants de Dominique Strauss-Kahn, tous issus de l'agence Euro-RSCG, inquiètent de nombreux socialistes et les quelques journalistes qui suivent à la trace l'ex-maire de Sarcelles. Que leur reproche-t-on à ces communiquants? D'avoir un style, une allure, un rapport au plaisir, à l'argent et à la jouissance très... sarkozystes. L'apparition furtive - et tellement exploitée, jusqu’à l'écœurement d'ailleurs - de la Porsche est venue confirmée toutes ces craintes.
Comment d'ailleurs ont-ils pu commettre pareil impair, ces communiquants? Comment ont-ils pu négliger que partout des photographes traquent DSK, notamment au pied de son immeuble parisien, place des Vosges? Comment n'ont-ils pas anticiper les effets dévastateurs d'une pareille image? Comment se sont-ils laissés aller à une telle erreur professionnelle car c'est bien de cela dont il s'agit? Réponses? L'arrogance des nouveaux riches; l'impunité des pubards; leur insensibilité aux souffrances des Français exprimée il y a quelques mois par leur maître a tous, Jacques Séguéla, auteur de cette saillie aussi inoubliable que stupide : « à 50 ans, si on n'a pas une montre Rolex, c'est qu'on a raté sa vie »... La Rolex, la Porsche: même cause, même effet.
En conséquence de quoi, Dominique Strauss-Kahn ne va-t-il pas se débarrasser de ses communiquants Euro-RSCG? En réalité, n'y est-il pas désormais contraint ?
Parce qu'il existe une légende Strauss-Kahn en grande partie erronée comme toute légende. Mais DSK, en cas de candidature, devra faire avec et contre elle. Que dit-elle, cette légende? Que Dominique Strauss-Kahn est riche - faux, c'est son épouse, Anne Sinclair, qui a récemment profite d'un important héritage; qu'il s'intéresse à l'argent - faux encore, professeur d'université, député, maire, ministre, il n'a pas fait de l'enrichissement un choix de vie, au contraire; qu'il est un homme à femmes - les Français attachent-ils la moindre importance a cet aspect-là ? Mais c'est avec ce fardeau-là que Strauss-Kahn devra conduire une éventuelle campagne présidentielle. L'épisode Porsche prouve déjà que, jusque-là, il n'entendait pas en tenir compte. Est-ce seulement raisonnable ?
Si l'on considère que Nicolas Sarkozy a perdu le contact avec les Français notamment en raison de failles dans son comportement, notamment parce qu'il a librement interprète les règles imposées par l'éthique républicaine, notamment parce que son image ne s'est jamais dégagée du bling-bling initial, alors Dominique Strauss-Kahn a le devoir de faire attention, très attention, de se résoudre à la discrétion, à la retenue, à la modestie, à une forme de jansénisme politique. Rien de plus bling bling en effet que cette grosse berline Porsche, la voiture conçue et pensée pour le parvenu. Tout cela, DSK aurait du le savoir, le comprendre à l'instinct. Un (très) mauvais présagé pour la suite.
Maurice Szafran - Marianne
Marianne : A moins d’un mois du congrès d’Europe écologie – Les Verts (EÉLV), vous publiez sur votre blog un billet féroce à l’encontre de la direction actuelle et de sa motion baptisée « Maintenant ». Quels sont exactement vos griefs ?
Alain Lipietz : Il y a deux griefs qui sont finalement portés par les trois motions critiquant la direction sortante. D’une part, il y a la question du frein que la direction met à l’élargissement d’EÉLV, à la naissance de ce que nous appelons la « coopérative ». Et il y a la question de la démocratie. Ce ne sont pas des griefs nouveaux. Il y avait déjà eu de sérieuses inquiétudes après les législatives partielles dans les Yvelines, au moment de la constitution des listes d’EÉLV pour les élections régionales. Sur ces deux sujets, il y a des résistances de l’appareil des Vert, d’énormes coups de frein donnés par la direction.
Sur la question de l’élargissement, souhaitons-nous qu’Europe écologie – Les Verts soit seulement les Verts en plus grand, un peu comme le NPA avec la LCR ? Ou bien voulons-nous, avec EÉLV, marquer une rupture avec le modèle traditionnel du parti politique que nous connaissons depuis la Charte d’Amiens de 1906, et faire en sorte que ce soit une formation capable d’élaboration, d’action et de décision commune à des militants associatifs ou syndicaux, des citoyens actifs mais réticents envers les partis ? Car le constat est simple : les gens votent pour Europe écologie – Les Verts, mais ils n’y entrent pas…
Par ailleurs, la direction sortante (Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé et leurs amis) a mis en place une structure oligarchique. Ils ont évidé la démocratie ou, plutôt, ils l’ont suspendue au prétexte des négociations « complexes » pour la constitution des listes régionales, puis de la direction de Europe Ecologie - Les Verts.
EÉLV qui affirmait vouloir « faire de la politique autrement » semble, lorsqu’on vous lit et vous écoute, faire de la politique tout ce qui a de plus à l’ancienne ?
Très à l’ancienne même ! Avec la direction sortante, nous connaissons clairement un retour à des pratiques que l’on croyait n’exister qu’à l’UMP ou au PCF, avec un chantage exercé sur les cadres et salariés du parti : ou avec nous, ou sans vous.
Vous reprochez à la direction d’être à l’origine de « tirs de barrages » contre Daniel Cohn-Bendit, notamment sur le fait qu’il ne puise pas conduire sa motion étant donné qu’il n’était pas à jour de cotisations. Pourtant, le Conseil statutaire d’EÉLV a fait des observations contre plusieurs listes et pas seulement celle que mène Cohn-Bendit et à laquelle vous appartenez ?
Ça me fait rire ! Il y a effectivement tentative d’invalidation de notre motion par le biais de son principal animateur qu’est Dany, tentatives aussi infondées qu’acharnées. Ceux qui ont lancé cette campagne n’ont pas conscience des effets désastreux que cela peut avoir. Ils font passer leur intérêt personnel au sein d’Europe écologie avant l’intérêt de l’écologie politique. C’est dans la nature humaine après tout… Mais cette tentation de tirer contre son propre camp est en train de susciter des réactions à l’intérieur même du courant de la majorité sortante. Beaucoup n’oublient pas que Daniel Cohn-Bendit a permis le succès d’EÉLV.
Ces déchirements internes ne rendent en tout cas pas service au futur candidat écologiste à la présidentielle, quel qu’il soit. Vous en avez d’ailleurs vous même fait l’expérience lorsque vous avez été candidat à la présidentielle de 2002 ?
Oui, j’ai connu une éviction par des méthodes de lâcher de rumeurs assez similaires en 2001. Je peux en témoigner, cela nuit durablement… au mouvement ! Tous ces déchirements ralentissent en effet le vote et l’adhésion à l’écologie. Les gens ont pourtant besoin d’un parti-coopérative, d’un grande organisation collective pour répondre à la crise écologique et sociale à laquelle nous sommes confrontés.
Un autre débat agite plus discrètement les écologistes : le fait que les dépenses de campagne des primaires ne soient pas plafonnées. C’est notamment ce que certains reprochent à Nicolas Hulot ?
Les Verts ont décidé très tôt de ne pas accepter l’argent des entreprises, même actives dans l’environnement, pour garder leur liberté. Je me souviens qu’à la fin des années 80 la Compagnie générale des eaux avait envoyé un très gros chèque aux Verts. Nous ne savions qu’en faire ! Et puis il y a eu la révolution en Roumanie. Cet argent de la CGE a finalement servi à aider le mouvement écologiste roumain. Aujourd’hui, Nicolas Hulot, lui, arrive avec une autre tradition…
Hulot a dit qu’il s’interrogerait le moment venu. Cohn-Bendit et Bové, vos camarades de motion, également. Croyez-vous, comme eux, qu’il faudra se demander s'il est opportun de présenter un candidat écologiste à la présidentielle si Marine Le Pen est toujours aussi haut dans les enquêtes d’opinion ?
Il faut s’interroger tout de suite, mais ne pas prendre de décision trop tôt. Jadis, la présidentielle reposait sur une idée simple : au premier tour, on choisit, au deuxième, on élimine. Cette logique a été rompue par la probabilité de voir le FN au second tour : désormais, faut-il éliminer dès le premier tour ? Mais le succès de Marine Le Pen repose sur l’incapacité de la gauche à présenter un programme « exaltant », or il le sera d’autant plus que sa composante écologiste sera forte. Je ne suis pas de ceux qui prennent pour acquis que le FN a réussi à capter durablement le vote ouvrier. Et l’on ne peut pas compter sur la pure tactique quant au nombre de candidats à gauche pour faire baisser le FN. Néanmoins, nous ne pouvons écarter l’éventualité, au dernier trimestre 2011, de changer notre tactique et passer un accord avec le PS sur la présidentielle et les législatives. Un accord qui ne portera pas sur 15 circonscriptions, mais 60 gagnables. Car, du fait de l’inversion du calendrier, si l’écologie disparaît des écrans radar pendant les six mois de la campagne présidentielle, elle risque de ne plus exister aux législatives, et qui alors pèsera pour une transition vers une sortie « verte » de la crise ? Si nous sacrifions la campagne présidentielle, le PS devra consentir à une très grosse compensation législative…
Propos recueillis par Gérald Andrieu - Marianne
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