Dominique Strauss-Kahn ou la "gauche Porsche"
04/05/2011 09:39 par rgrs
A ce rythme et avec de tels symboles, l'électorat populaire risque de perdre ses repères quand l'un des prétendants de gauche passe de la rose à ... la Porsche. Dominique Strauss Kahn s'est déplacé dans Paris ces derniers jours pour visiter des locaux ou des "amis" selon les versions en utilisant une Porsche dont le prix de base est de 105 880 € (photo parue dans Le Parisien du 3 mai 2011). Ce sont des références qui devraient "parler" à la "base" du PS lors de la primaire. Reste-t-il encore une "base" au PS français qui est devenu d'abord le parti des notables ?
Photo : http://www.europe1.fr/Politique/DSK-semble-avoir-pris-sa-decision-452087/ http://exprimeo.fr/article/6766/dominique-strauss-kahn-ou-la-gauche-porsche.htm
Gérald Andrieu - Marianne
Je ne crois pas appartenir à la cohorte des « pleureurs professionnels » dont parle Philippe Bilger à propos de ceux (assez rares, reconnaissons-le) qui s’interrogent sur les conditions de l’élimination de Ben Laden. Comme lui, je me réjouis que la planète soit débarrassée de ce tueur en série. Comme lui, je m’associe au soulagement des Américains et, plus généralement, de tous ceux qui ont eu à souffrir de la folie Al-Quaïda. Mais je me garderai bien d’en conclure, comme lui, que « Justice a été faite ».
Jusqu’à preuve du contraire, la justice, c’est autre chose que l’attentat ciblé. La justice, c’est autre chose que l’exécution du méchant à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions.
Certes, personne ne regrettera que l’ancien ennemi public numéro 1 soit passé de vie à trépas, lui qui a tant de morts sur la conscience, la plupart d’entre eux, d’ailleurs, se situant dans des pays musulmans dont il se prétendait le héraut. Mais sauf à réhabiliter le lynchage et la vengeance, nul ne devrait considérer l’acte de guerre mené par les Etats-Unis pour tuer Ben Laden comme un modèle de justice applicable par tous, en toutes circonstances et en tous lieux.
Pour ce que l’on en sait, le commando américain qui est venu opérer au Pakistan (au mépris de la notion de souveraineté nationale) n’avait qu’une mission : assassiner Ben Laden. Il a fallu un certain laps de temps pour que la Maison Blanche avance la thèse d’une tentative d’arrestation ayant mal tournée. Des officiels américains ont même évoqué l’hypothèse, aussitôt démentie, d’un combat au cours duquel l’ex leader d’Al-Quaïda aurait utilisé une femme présente sur les lieux comme « bouclier humain ».
Au demeurant, la rapidité avec laquelle a été inhumé en pleine mer le cadavre de Ben Laden, en expliquant au passage que l’opération avait pour but de respecter le rite musulman prouve deux choses : 1) que les rites musulmans sont de l’hébreu pour la plupart des commentateurs 2) qu’il fallait surtout faire disparaître le cadavre du tueur en série, afin que l’on ne sache jamais comment il avait été tué, et que sa tombe ne devienne pas un lieu de pèlerinage. Or, dans tout pays civilisé, il est de tradition de rendre le corps d’un mort à sa famille, quand bien même s’agit-il du pire des salauds.
En fait, comme l’ont dit les Israéliens, habitués à ce genre d’opération, les Etats-Unis ont réussi « une opération de liquidation ciblée par excellence ». Celle-ci peut éventuellement se justifier au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais dans ce cas, il faut le dire comme tel, et ne pas se réfugier derrière un discours évoquant la justice immanente.
On ne voit pas au nom de quoi un pays se targuant de défendre l’Etat de droit et les valeurs universelles peut se permettre de tuer un barbare avec des méthodes barbares. Certes, toutes les victimes du World Trade center et des attentats meurtriers d’Al Qaeda doivent ressentir un soulagement. Mais ceci justifie-t-il cela ? Que je sache, on est dans la vraie vie, pas dans un film de western où il suffit de ramener le coupable présumé « Dead or alive » (mort ou vif) pour empocher la prime.
François Bayrou a été l’un des seuls responsables politiques à tenir ce propos empreint de bon sens et d’humanité : « On ne fait pas la fête pour la mort de quelqu’un, fût-il le plus horrible ». En France, la plupart des responsables publics ont repris le raisonnement de Philippe Bilger : « Justice est faite ». Assimiler la justice à un assassinat, c’est une sorte de victoire posthume pour Ben Laden.
Jack Dion - Tribune
Retrouvez l'article de Philippe Bilger sur la mort de Ben Laden sur Marianne2.
L'Afghanistan, le Pakistan, les révolutions arabes, Al-Qaïda, le sort des otages français, voire annoncer une rupture dans l'équilibre des forces. Sur bien des points, les experts rivalisent d'audace pour évaluer les conséquences de la mort de Ben Laden. Sous nos yeux, c'est un marché de l'expertise qui se constitue. Petit tour du monde «post Ben Laden» avant saturation.
Révolutions arabes, les Frères musulmans à l’affût
En ce qui concerne les pays arabes en crise, il n'y a pas (et il n'y aura pas) de « gouvernements révolutionnaires ». Ceux qui sont en train d'empocher les bénéfices sont partout les Frères Musulmans avec la bénédiction de l'Amérique qui y voit un gage de stabilité et de l'Arabie Séoudite pour qui ils constituent un rempart. Ils n'ont aucun intérêt pour l'instant à faire jouer leur branche violente (les Jamaa Islamiyyah dont al-Qaïda n'était que l'une des nombreuses émanations), puisque les Occidentaux sont en train de tirer les marrons du feu à leur profit. Pour eux aussi la mort de Ben Laden est bienvenue puisqu'elle permet d'occulter leur stratégie violente des années 90-2000 et qu'elle remet les compteurs à zéro.
Afghanistan, les Talibans de retour à la table des négociations
« La mort du chef d'al-Qaida aura sans aucun doute des conséquences sur la guerre... en Afghanistan. Toute la question que doivent gérer à la fois le gouvernement honni d'Hamid Karzai et l'Otan, qui a dépêché plus de 130 000 hommes sur place, consiste à préparer l'inéluctable retour des talibans dans le jeu politique. Or, pour tout le monde, il faut lever l'hypothèque al-Qaida, de toute évidence protégée par des factions des services secrets pakistanais. De ce point de vue, la mort de Ben Laden arrive à point nommé. En levant aujourd'hui l'hypothèque d'un retour des "Afghans arabes" en cas de retour au pouvoir des Talibans, la mort de Ben Laden ouvre la voie à une forme de règlement de la situation afghane. S'il n'y a plus le risque de voir revenir des « terroristes internationaux » dans le sillage des Talibans, rien n'interdit plus de les inviter à la table des négociations. C'est ce que souhaitent les Pakistanais qui ne veulent pas perdre la carte du contrôle pachtoun en Afghanistan » expliquait à Marianne2 un expert du renseignement.
Pakistan, le dindon de la farce
Au Pakistan, les réactions au raid mené par les Américains à l'insu d'Islamabad, sont mitigées. Embarrassée, l'ISI a d'abord affirmé avoir participé à l'opération, ramenant par la suite sa contribution à «des renseignements efficaces». L'ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis a annoncé lundi qu'Islamabad lancerait une «enquête complète» sur les ratés de ses services de renseignement dans leur traque d'Oussama Ben Laden.
Cela suffira-t-il à désamorcer la grogne populaire? Lundi, plusieurs centaines de manifestants s’étaient déjà regroupés scandant des slogans anti—américains et s’interrogeant sur la capacité de leurs dirigeants à faire respecter la souveraineté de leur pays. Quant au TTP (le mouvement des Talibans du pakistan), il a déjà promis «une vague d'attentats contre les Pakistanais et les Américains». Le correspondant pakistanais du Asia Times Online affirmait récemment que ben Laden préparait sa succession et que sa mort inaugure un changement de stratégie : « nos échanges avec de hauts dirigeants d'Al-Qaida nous permettent d'affirmer sans guère de doute que l'Opération Oussama ben Laden inaugure un déplacement des principales actions de guerre de l'Afghanistan vers le Pakistan : tous les efforts faits jusqu'à présent pour réconcilier les insurgés pakistanais et les autorités d'Islamabad sont très certainement anéantis, et les rebelles auront désormais pour principale cible les hautes instances de l'armée pakistanaise ».
Otages Français, l’inconnue
La mort d’Oussama ben Laden pourrait être lourde de conséquences pour les otages français détenus au Sahel. En novembre dernier, deux mois après le rapt des Français à Arlit, au Niger, le chef d'Aqmi, Abdelmalek Droukdel, avait indiqué que « toute forme de négociation sur les otages à l'avenir sera conduite avec personne d'autre" que Ben Laden et "selon ses conditions ».
Aqmi orphelin de son icône symbolique pourrait se venger.
En revanche, d’autres experts avancent que la branche maghrébine d’Al-Qaïda ne risque pas de toucher à un cheveu des quatre salariés d’Areva, trop précieux pour faire monter les enchères dans la négociation avec les puissances occidentales. Invité hier soir du journal de France 2, François Fillon s’est montré très prudent sur la question des otages, refusant de s’exprimer. Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé qu’elle pourrait jouer « positivement » pour certains, notamment les journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, otages depuis plus d’un an en Afghanistan
Etats-Unis, Obama en roue libre pour un deuxième mandat
Pour Obama, c'est à la fois un succès symbolique fort et la porte ouverte à un désengagement d'Afghanistan : « qu'ils se débrouillent entre eux maintenant que le risque international est "jugulé" » pour le dire crûment. Autant d’atouts majeurs pour l’équipe démocrate à six mois du début de la campagne des élections présidentielles américaines de 2012, qui semblent d’ores et déjà pliées !
L ‘opération Ben Laden vient récompenser là un véritable changement stratégique : dès son arrivée au pouvoir, Obama a fait de la traque d’Oussama ben Laden une priorité alors que contrairement aux effets d’annonces l'administration Bush a toujours tout fait pour qu'on se « hâte lentement » dans la traque à Ben Laden, considéré comme très utile dans son rôle d’épouvantail international. Obama a fait la démonstration de l'inefficacité de l'intervention militaire au sol dans la lutte anti-terroriste. Le retrait des forces américaines sera long mais son annonce indispensable à un an des présidentielles.
L’Arabie Saoudite débarrassée de son fils indigne
Les Emirats arabes unis et Bahreïn se sont félicités aujourd'hui de l'élimination d'Oussama Ben Laden.
L'Arabie saoudite a également fait savoir qu’il espèrait que la mort d'Oussama ben Laden, un ex-citoyen saoudien, favorisera "les efforts internationaux dans la lutte contre le terrorisme", selon un communiqué officiel diffusé lundi par l'agence de presse saoudienne SPA
C’est peu dire que la famille royale séoudienne "respire". Ben Laden était un pur produit de leur élevage de poulains wahhabites. Une fois mort, le risque sera moins grand d’aller le voir raconter comment il a été élevé et propulsé sur la scène internationale par les services séoudiens dans les années 70-80 avant de se retourner pour leur mordre la main quand ils l'ont abandonné en 1992.
Fils d'une grande famille saoudienne, Ben Laden avait été déchu de sa nationalité après avoir critiqué les relations de la famille royale avec les Etats-Unis après l'invasion du Koweït par l'Irak.
Ben Laden, l’homme qui valait 6000 milliards de dollars
Le Guide est mort mais en 10 ans, Ben Laden aura, avec l’appui des politiques et médias occidentaux, su s’imposer comme le centre de gravité des angoisses sécuritaires de toutes les superpuissances occidentales, embarquant la première puissance mondiale et ses alliés dans deux guerres interminables et coûteuses. On disait de Ben Laden qu'il était l'inventeur du « terrorisme côté en bourse », essentiellement pour sa capacité à financer les opérations meurtrières. C'était méconnaître à quel point sa figure mythique allait faire exploser les cordons des bourses occidentales.
La seule guerre menée en Afghanistan par Washington pour neutraliser le chef terroriste a déjà coûté 444 milliards de dollars, souligne La Tribune. Le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz estimait le coût de la guerre en Irak à…3.000 milliards de dollars de dollars pour l’économie américaine, autant pour le reste du monde! Et les coûts indirects sur l'économie américaine qui s'ajoutent sont difficiles à chiffrer : hausses des cours du pétrole (conséquence indirecte de la guerre en irak), des pensions d’invalidité pour 1,5 millions de soldats, mesures de sécurité dans les aéroports etc. En ce sens, la facture que Ben Laden présente au monde au soir de sa vie est salée !
Al Qaïda, attendre et voir
Sur son blog, François Bernard Huyghe, résume l'équation et ses inconnues: « sur le moyen terme, un Ben Laden mort et martyr, ne va sans doute pas produire des dizaines supplémentaires de "Jihad Jane" et autres "homegrown terrorists" ni leur donner la compétence pour réaliser leurs fantasmes. Ceux qui passeront à l'acte n'en étaient pas loin psychologiquement. En revanche, il existe des organisations actives dont les plus emblématiques sont AQMI et le TTP (Terik e Taliban Pakistan) : pratiquant un terrorisme "hybride" proche de la grande criminalité pour le premier, la guérilla montagnarde à grande échelle pour le second. Ils perdent dans cette affaire un lien de franchise avec un chef sans vraie prise sur le réel, mais entourés d'une aura mythique ».
Une rupture historique ?
Décréter que la mort de Ben Laden annonce une nouvelle ère reviendrait à reconnaître le fait que les attentats 11 septembre constituaient déjà « une rupture historique » ou un avènement annonciateur d'un nouveau monde alors qu'ils ne faisaient qu'exprimer des processus à l'oeuvre depuis longtemps : « Outre le fait avéré que l'Administration américaine avait décidé de provoquer la chute de Saddam Hussein bien avant que ne s'effondrent les Twin Towers, les vraies ruptures ont déjà eu lieu », écrivait Richard Labévière, rédacteur en chef de Défense, la revue des auditeurs de l'IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale) et auteur du livre Les dollars de la terreur, une enquête sur les liens entre les américains et les islamistes parue en...1999.
Après le 11 septembre, l'auteur reprochera aux américains de profiter de l'ampleur du drame pour ériger la lutte contre le terrorisme en « idéologie totale, dominante », dans le but d'étendre leur hégémonie sur le monde comme l'unique superpuissance.« La guerre comme prolongement de l'absence de politique par d'autres moyens » disait Baudrillard dans L'esprit du terrorisme un texte polémique publié peu après le 11 septembre. Les Etats-Unis ont rompu avec cette logique avant la mort d'Oussama Ben Laden.
Régis Soubrouillard - Marianne
http://www.marianne2.fr/Petit-tour-du-monde-post-Ben-laden_a205788.html
Xavier Bertrand en est convaincu : il y a des fainéants qui refusent des jobs de serveur ou de plongeur payés entre 1 500 et 2 100 euros net par mois ! Pourtant, après un examen attentif du site de Pôle Emploi, il s'avère que les postes proposés ne sont pas si bien payés que ça...
J'ai vu sur la côte atlantique ou à Aix-les-Bains des postes de plongeur à 1 500 euros net par mois ou de serveur à 2 100 euros pour lesquels aucun candidat ne se présentait. Pour ceux qui ont le profil et qui refusent ces postes, il faut appliquer la loi : suspendre les allocations dès qu'un chômeur refuse deux offres d'emploi raisonnable. »
Par ces déclarations tonitruantes, Xavier Bertrand le ministre du travail de l'emploi et de la santé, sonnait le tocsin samedi, dans les colonnes du Figaro, de la reprise en mains de Pôle Emploi à la tête duquel il nommer prochainement un nouveau directeur. Accessoirement, l'ancien secrétaire général de l'UMP cherchait également à clouer le bec aux adversaires de la baisse de TVA accordée en 2009 aux restaurateurs. Un cadeau fiscal de 3 milliards d'euros par an dont les contreparties (hausses des salaires, créations d'emplois) ne sont pas au rendez-vous comme le démontre notre confrère Nord Eclair.
Prenant le ministre au mot, Marianne2 s'est astreint à éplucher toutes les offres d'emplois de serveur recensées par ce service public dans la belle cité savoyarde. Et là, grosse déception. Pas trace du « super job » à 2100 euros nets garanti pour un barman !
Derrière les thermes, seul le Manoir, un restaurant trois étoiles prisé de 100 couverts, propose une rémunération brute de 1800 à 2000 euros, soit 1300 euros net, une fois les frais de bouche acquittés. Mais pour ce salaire, les recrues devront travailler 39 heures par semaine, weekend-end compris. Elles embaucheront dès 8 heures, seront en pause de 14 à 18 heures et ne quitteront l'établissement qu'une fois le restaurant fermé, vers 23 heures...
La trentaine d'offres restante, pour moitié saisonnière, est bien moins attractive. A l'Auberge du Pont Rouge, à la Brasserie 2 comme au Relax, les candidats devront négocier sur la base d'un SMIC basique de 9 euros brut de l'heure. Leurs horaires varieront de 20 à 39 heures, incluant jusqu'à 4 heures trente de coupure au Terminus !
Rivalisant de pingrerie, L'Ecuelle et la Villa Marlioz offrent des CDD de 4 à 12 mois respectivement à 1400 et 1538 euros net pour 39 heures samedi et dimanche inclus. Toutes propositions inférieures au SMIC horaire de ...2006 ! Consciente sans doute de la modicité des gages qu'elle propose, 1300 euros nets, la Brasserie de Lille vante dans son annonce, sa situation pittoresque au bord du lac...
Las, même le casino d'Aix les Bains ne promet qu'un petit 1400 euros bruts à ses candidats. Tout en leur faisant miroiter il est vrai, des primes d'intéressement et des pourboires. Plus généreux qu'ailleurs? Attention Aix les Bains n'est pas Monte-Carlo ! Espérons toutefois qu'après des déclarations aussi optimistes, Xavier Bertrand n'oubliera pas lui, de gratifier généreusement le petit personnel des établissements qu'il fréquente. C'est le moins !
Mais si « l’homme de Tulle » a décidé de ne pas se montrer très discret pour rattraper son retard sur « l’homme de Washington », ses soutiens, eux, devraient chercher à le rester. Du moins, les parlementaires socialistes qui lui sont favorables ne lanceront aucun appel de soutien à sa candidature comme ont pu le faire, en février dernier, de façon un peu déguisée, une cinquantaine de députés pro-Aubry. C’est en tout cas ce que jurent la main sur le cœur ses lieutenants. « On n’est pas dans un congrès du PS, explique l’ancien Ministre de l’Economie Michel Sapin, Il ne s’agit pas de désigner notre Premier secrétaire, mais un candidat à la présidentielle. Ce n’est pas la peine de cliver notre propre camp ». Le député de Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux, lui en revanche, se fait moins diplomate et beaucoup plus… « clivant » : « Cinquante députés sur près de deux cents, très franchement, ça n’est pas sérieux. C’est puéril et ça n’a pas de sens ».
Mais au moins dans les rangs hollandistes sait-on faire preuve d’honnêteté. Si demain, un appel des députés pro-Hollande venait à être lancé, on reconnaît sans détour qu’il réunirait autant sinon pas beaucoup plus de signatures que celui auquel avait eu droit Aubry. Et que DSK, s’empresse-t-on bien sûr d’ajouter…
Gérald Andrieu - Marianne
Lire aussi l'article « La mode Hollande » et l'interview qu'il a accordée à Marianne dans le numéro 732 toujours en vente kiosque et au format numérique.
Ben Laden tué à Abbottabad au Pakistan par BFMTV
Si elle pose de nombreuses questions, comporte d’importantes zones d’ombres et d’incertitudes, la mort d’Oussama ouvre aussi de nouvelles perspectives :
- Un règlement de la question afghane: « En levant aujourd'hui l'hypothèque d'un retour des "Afghans arabes" en cas de retour au pouvoir des Talibans, la mort de Ben Laden ouvre la voie à une forme de règlement de la situation afghane. S'il n'y a plus le risque de voir revenir des « terroristes internationaux » dans le sillage des Talibans, rien n'interdit plus de les inviter à la table des négociations. C'est ce que souhaitent les Pakistanais qui ne veulent pas perdre la carte du contrôle pachtoun en Afghanistan » nous expliquait un expert du renseignement.
- Pour Obama, c'est à la fois un succès symbolique fort et la porte ouverte à un désengagement d'Afghanistan : « qu'ils se débrouillent entre eux maintenant que le risque international est "jugulé" » pour le dire crûment. Autant d’atouts majeurs pour l’équipe démocrate à six mois du début de la campagne des élections présidentielles américaines de 2012, qui semblent d’ores et déjà pliées !
- L ‘opération Ben Laden vient également récompenser un véritable changement stratégique : en désignant Al Qaïda comme l'ennemi permanent contre lequel il faut mener une croisade militaire, Bush n'a fait qu'alimenter « le vivier des volontaires », embarquant son pays dans des guerres interminables. Dès son arrivée au pouvoir, Obama a fait de la traque d’Oussama ben Laden une priorité alors que contrairement aux effets d’annonces, l'administration Bush a toujours tout fait pour qu'on se « hâte lentement » dans la traque à Ben Laden. Le terroriste était considéré comme très utile dans son rôle d’épouvantail international, alibi propice au déclenchement de tous les conflits.
En fait, Ben Laden est mort parce qu’il ne servait plus personne. Il a largement servi le Pakistan depuis les années 80 dans sa volonté de contrôler, maîtriser et rentabiliser les territoires afghans.
« Ben Laden les a servis en cela dans les années 80 et 90. Après 2001, ils ont revendu la Qaïda par appartements aux Américains. En revanche, aujourd'hui Ben Laden ne leur sert plus à rien dans la reconfiguration afghane et il est même devenu un obstacle. Donc, vendu aussi » analyse un expert du terrorisme.
Bref, la mort de Ben Laden surviendrait au moment où elle arrange tout le monde.
Faut-il s'en étonner ?
http://www.marianne2.fr/Ben-Laden-est-mort-Al-Qaida-bouge-encore_a205770.html
Le 3 mai 2011 marquera une date importante dans l'histoire de notre pays, le commencement du coup d'Etat le plus grave et le plus silencieux jamais organisé.
Le 3 mai s'ouvre donc à l'Assemblée Nationale le débat sur la réforme constitutionnelle visant à intégrer dans la Constitution rien de moins que la pure et simple interdiction des déficits publics.
Au début de l’année 2011, le président de la République a annoncé son intention de réformer la Constitution. Il s’agit d’y introduire l’obligation « d’équilibre des finances publiques », c’est-à-dire l’instauration permanente de la rigueur au nom de la réduction des déficits publics. Cette réforme s’inscrit dans le « pacte de compétitivité » que Sarkozy et Merkel ont fait adopter par l’Union européenne. Si elle était adoptée, cette réforme de la Constitution marquerait :
- un nouveau pas dans la subordination à l’Union européenne, donc aux exigences du capital financier ;
- la remise en cause du peu de souveraineté (du Parlement et de la nation) subsistant après les coups déjà portés par les institutions de laVe République et l’Union européenne ;
- la remise en cause de la possibilité pour les organisations syndicales de négocier sur la base des revendications des salariés, qui pourraient être décrétées « anticonstitutionnelles ».
Déjà, depuis l’adoption du traité de Maastricht (1992), en application des décisions de l’Union européenne, tous les gouvernements successifs ont organisé toutes les destructions : services publics, dés industrialisation, démantèlement de l’agriculture, déréglementation des droits du travail. Tous les budgets, à tous les niveaux, de l'État aux communes, se sont vu opposer les critères de Maastricht. Le principe de la « concurrence libre et non faussée » a imposé les privatisations.
Demain, si cette réforme de la Constitution était adoptée, un gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, serait « contraint » — sous peine de non-respect de la Constitution — d’appliquer toutes ces exigences dictatoriales de l’Union européenne.
Ce serait une nouvelle arme pour le Medef dans son offensive pour la destruction de tous les droits collectifs des travailleurs.
Demain, la Constitution pourrait ainsi être opposée aux droits des organisations syndicales à représenter les intérêts de la classe ouvrière et à négocier sur la base de ses revendications. Ce serait donc une atteinte d’une gravité exceptionnelle contre la démocratie.
Pour mieux comprendre ce qui est en cause, voyons ce qui se passe au Portugal ou la même politique est mise en chantier :
« Les Portugais éliront une nouvelle majorité le 5 juin, mais ils n’auront pas le choix du programme de droite ou de gauche, le vainqueur devra imposer l’austérité jusqu’en 2014 au moins.Trois semaines plus tôt, chaque grand parti s’y sera engagé individuellement auprès de l’Union européenne et du FMI. Cette perte de contrôle politique est le prix à payer pour un plan (...) décidé hier dans ses grandes lignes par la zone euro, les 27 pays de l’UE et la Banque centrale européenne. » Ce plan, précise Le Figaro (9 avril) d’où ces lignes sont extraites, « vise à mettre l'État portugais au régime sec, à lancer un “ambitieux programme” de privatisation pour réduire la dette publique et, enfin, à assouplir le marché du travail ». Et Le Figaro de citer la déclaration du 8 avril : « La préparation (du plan d’austérité) devra commencer immédiatement, en vue d’un accord entre les partis à la mi-mai, et permettre la mise en œuvre sans délai du programme d’ajustement dès la formation du nouveau gouvernement. »
Dans de telles conditions, y a-t-il encore un enjeu à ces élections ? Le Figaro répond : « Pour éviter toute contestation issue des urnes, les Vingt-Sept ne concrétiseront leur aide qu’une fois acquis “le soutien des principaux partis politiques”, indique la déclaration finale. Le futur chef de gouvernement ne pourra qu’appliquer scrupuleusement le remède auquel il aura lui-même souscrit. » En France, un rapport de l’OCDE (1) félicite le gouvernement et l’encourage à amplifier les mesures anti-ouvrières — en matière de salaires, Sécurité sociale, hôpitaux, marché du travail, etc. — destinées à revenir aux critères de Maastricht. Le rapport précise : « La France aurait intérêt à se doter d’un cadre budgétaire renforcé et à valeur constitutionnelle. Ce cadre inclurait une règle de déficit structurel, une programmation budgétaire pluriannuelle détaillée et un conseil budgétaire indépendant. »
Certes, la France n’est pas le Portugal... Mais peut-on ignorer que le 3 mai, l’Assemblée nationale entame le débat sur la réforme constitutionnelle qui prétend graver dans le marbre l’interdiction des déficits publics ? Peut-on ignorer que le projet du PS pour 2012 prévoit l’adoption, au lendemain de la présidentielle, d’une « loi de finances publiques quinquennale » fixant les mesures « de maîtrise des déficits et de réduction de la dette » ? Peut-on ignorer que, d’une manière ou d’une autre, tous les candidats institutionnels sacrifient à la nécessité de « réduire les déficits »
Le plus surprenant, le plus scandaleux, la pire offense faite à nôtre peuple est le silence total, lourd et pesant qui entoure toute cette affaire.
Vous pouvez fouiller de fond en comble le blog de Jean luc Mélenchon, ou de n'importe quel candidat, les articles et les communiqués de tous les partis qui se réclament de la gauche, pas un mot, pas une allusion, alors qu'une telle infamie mériterait pour le moins un soulèvement, devrait être au centre de toute campagne contre Sarkozy et sa politiques.
Le « débat » a pourtant déjà commencé dans les commissions de l'Assemblée nationale. Consciencieusement, les députés du Parti socialiste amendent le projet de réforme constitutionnelle, qui veut graver dans le marbre la rigueur dictée par l’Union européenne, se présentant comme les plus capables de « réduire à la fois les déficits, la dette publique et les prélèvements obligatoires » Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, est tout aussi « responsable » et décrète « indispensable (…) la maîtrise des budgets et la réduction des déficits publics » pourvu que soient préservés « les capacités d’investissement et les budgets sociaux » (sans doute prévoit-il la distribution de sandwichs et de couvertures aux plus nécessiteux
Ainsi, si cette politique devait être menée à son terme, nous devrions « choisir » en 2012 entre l'inspirateur de cette politique et son plus fidèle exécutant, entre DSK ou Sarkozy, ainsi quel que soit le candidat élu son programme est déjà écrit à Bruxelles ou Washington.
Ainsi serait mené à son terme le projet dictatorial inscrit dans les traités de l'Union européenne, priver les peuples de tous les attributs de la souveraineté, les plier par la contrainte à toutes les exigences du Capital, poursuivre jusqu'à son terme la destruction de tous les acquis ouvriers.
Ainsi, ils en ont parvenu à un tel niveau d'abaissement moral qu'ils s'imaginent que les peuples vont se soumettre et ramper comme peuvent le faire les Papandréou ou Zapatero et leurs amis de la « gauche européenne ».
Non à la réforme constitutionnelle !
par
l'UMP vient de publier ses 42 propositions pour l'emploi en vue de 2012. Si le « big bang social » promis en janvier, n'y figure pas, le reste ressemble beaucoup, à un catalogue de banalité. A l'exception de quelques gourmandises offertes ... aux organisations patronales !
« (...) Après la simplification des normes, règlements et lois, après l’application des peines, après la laïcité et la liberté religieuse, l’UMP débat, dans une nouvelle convention ce mardi 3 mai, de l’emploi et plus particulièrement des mesures à mettre en place en faveur de la croissance des PME et de l’emploi (...) » peut-on lire sur le site de l'UMP.
Comme précédemment, ce sont les réformateurs du très libéral Hervé Novelli, qui sont à la manoeuvre.
Rappelons aux lecteurs que c'est le même Novelli qui s'était illustré, en janvier dernier, en appelant de ses voeux à un big bang social : « (...) Au-delà de la durée légale du travail qu’il souhaite faire sauter, Hervé Novelli prône une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail, par exemple les seuils sociaux (...) La flexibilité jouerait sur tous les plans (...) En contrepartie de la flexibilité sur le temps de travail et les contrats de travail, les entreprises perdraient progressivement, sur une période de cinq ans, une partie des allègements de charges correspondant à la facture des 35 heures pour l’Etat (...) Les exonérations fiscales et sociales des heures supplémentaires (près de 4 milliards d’euros) s’éteindraient également (...) »
Or, on ne trouve plus trace dans les 42 propositions d'avril 2011 : de la durée légale du travail, de la reforme des contrats de travail, des 35H00 ou des heures supplémentaires !
Cette absence des 35H00 dans les propositions de l'UMP est probablement due à l'affrontement entre Xavier Bertrand et ses troupes avec le duo Copé Novelli. Ainsi, hier, Nathalie Kosciusko-Morizet estimait que : « (...) revenir sur les 35 heures (...) reviendrait à abandonner un acquis très important du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les heures supplémentaires défiscalisées. Ne rouvrons pas ce dossier qui épuiserait notre énergie sans donner le coup de fouet dont a besoin notre économie! (...) »
Pour en revenir aux propositions de l'UMP : Ce qui surprend le plus en lisant les constats et propositions, c'est qu'on se demande si ses élus et responsables ne sont pas dans l'opposition depuis 2007.
En effet, qu'est ce qui a empêché l'UMP, majoritaire dans les deux assemblées, de faire voter certaines des mesures qu'elle prétend appliquer dans le cadre d'un deuxième mandat présidentiel et législatif ?
Constat de l'UMP
« En France, sur 2 700 000 entreprises, à peine 5 000 ont plus de 250 salariés. 95 % de nos entreprises ont moins de 20 salariés. 920 000 comptent moins de 10 salariés. Quand l’Allemagne compte 65 000 PME et grandes entreprises entre 50 et 999 employés. Pour faire du prochain quinquennat celui des PME conquérantes, il est nécessaire de réfléchir aux moyens de renforcer la compétitivité de nos PME » page 4
Proposition de l'UMP : Si l'UMP reconnaît sa responsabilité dans le fait que : « Le dispositif ISF/PME (...) ne cible pas les secteurs les plus porteurs – en termes de création d’emploi ou de valeur ajoutée – ou alors est détourné par des intermédiaires » elle souhaite le maintenir sans autre forme de contrôle !
« (...) Les PME, en particulier en phase de lancement, manquent cruellement de fonds, et de ce fait, ont souvent des difficultés à accéder aux prêts bancaires. Le faible niveau de capital-risque en France par rapport à la moyenne de l’Union européenne explique également en partie les difficultés de développement des PME (...) »
Et l'UMP de proposer cette idée qu'elle n'a semble t-il pas eu jusqu'à présent : Faire d’Oséo la banque publique des PME. Oséo qui selon l'UMP, va tout faire puisqu'elle va : dynamiser le micro crédit des TPE, faciliter l'accès aux marchés financiers des PME ou Regrouper les aides à l’export pour les PME dans un instrument unique - pages 16, 17 et 22
Constat de l'UMP
« Fin 2008, 58 % des 16 millions de salariés du secteur marchand non agricole, soit 9,3 millions de salariés, étaient couverts par au moins un dispositif de participation, d’intéressement ou d’épargne salariale (plan d’épargne entreprise ou plan d’épargne retraite collectif) (...) ces dispositifs restent concentrés dans les grandes entreprises : seuls 16 % des salariés des entreprises de moins de 50 salariés sont couverts par un accord de participation, d’intéressement ou d’épargne salariale. En revanche, 92% des salariés des entreprises de plus de 500 salariés, sont couverts par au moins un dispositif » page 12
Lorsqu'on voit le franc succès de la prime de 1000 € ... devenue aléatoire, et dont le nombre potentiel de bénéficiaire diminue de jour en jour, on est impatient de découvrir les propositions de l'UMP dans les domaines : participation, d’intéressement ou épargne salariale !
Et l'UMP de brandir son « arme fatale » : « redistribution des fruits de la croissance : Mettre en place une loi d’application générale qui fasse que tous les salariés puissent prétendre à une prime versée sous forme de chèque vacances. Cette prime serait versée quelle que soit la taille de l’entreprise (...) » page 33
Autre nouveauté participative : la prime individuelle au mérite !
« (...) Un employeur, satisfait d’un salarié, devrait pouvoir donner une prime nette de charges salariales et patronales, avec un plafond annuel par salarié. S’il souhaitait, par exemple, donner une prime de 50 euros, cela rapporterait 50 euros au salarié et cela coûterait 50 euros à l’employeur. On pourrait plafonner cette prime à 500 euros maximum par an. Cette prime au mérite serait inscrite sur le bulletin de paie, ajoutée au salaire net. Elle ne serait donc pas forcément distribuée à tous les salariés de l’entreprise, mais concernerait bien les salariés de toutes les entreprises (...) » - page 34
Sinon, on retrouve quelques demandes récurrentes des organisations patronales, comme :
« Supprimer les effets de seuil : (...) Nous plaidons pour un doublement des effets des seuils (10 à 20, 50 à 100). Les obligations ne seraient pas applicables dès l’embauche du 20ème ou du 100ème salarié mais après un lissage (100 salariés sur les 3 dernières années…) »
« Fusionner les différentes instances de représentation du personnel : Pour une fusion des différents organes de représentation des personnels (CHSCT, comité d’entreprise, représentants du personnel) au sein d’un seul conseil d’entreprise » réclamée par le rapport Attali et plébiscité par le Medef et qui lui permettrait de court-circuiter les syndicats de salariés.
Enfin, ne pas oublier, ces passages sur l'apprentissage, cheval de bataille de Nadine Morano, porteurs de dérives et qui concerneraient si l'on en croît l'UMP des ados à partir de 14 ans !
Si l'UMP affirme qu'il : « (...) paraît nécessaire de revaloriser le statut de l’apprenti, notamment en améliorant ses conditions de vie » - page 23 - Elle propose certains aménagements qu'on ne peut qualifier de ... revalorisation !
« Abaisser l’âge minimum d’entrée en apprentissage en étendant le dispositif d’initiation aux métiers de l’alternance (DIMA) aux jeunes de 14 ans, au lieu de 15 ans actuellement, qui souhaiteraient apprendre un métier » - page 25
ou, plus insidieux, la mise en place d'un : décompte mensuel du travail pour les apprentis. C'est à dire ?
Constat de l'UMP : « Actuellement, l’apprenti de 15 ans bénéficie d’un repos quotidien de 14 heures consécutives. Le travail de nuit lui est interdit entre 20 heures et 6 heures du matin (...) »
Proposition : « Pour permettre aux maîtres d’apprentissage, en particulier les artisans, de ne pas avoir à arrêter une tâche en cours avec leur apprenti au motif que le décompte horaire journalier est épuisé, nous proposons de mettre en place un décompte mensuel du travail pour les apprentis » - page 26
Alors, entre mesures qui auraient pu être mises en place depuis longtemps et petits cadeaux délicats au patronat, rien de très révolutionnaire ! Néanmoins, ceux qui auraient la naïveté de croire que le tandem Copé Novelli a abandonné toutes vélléités sur le big bang social promis se rassurent, car comme l'expliquent Les Echos : « (...) les propositions sur les 35 heures - et corrélativement la suppression des allégements de charges - ainsi que sur le financement de la protection sociale - avec la TVA sociale - seront abordées fin juin-début juillet, à l'occasion d'une convention sur la compétitivité (...) »
En clair, le pire, reste à venir !
Slovar
Crédit photo : UMP
Alors que, sous l’impulsion des révélations de Médiapart, l’intelligentsia parisienne et la bien-pensance se déchaînent sur Laurent Blanc et la Fédération Française de Football pour ses projets soi-disant racistes, différentes voix, comme celle d’Eric Zemmour ou de Nicolas Dupont-Aignan, se sont fait entendre pour mettre en lumière le véritable scandale que représente ce procès d’intention aux arrière-goûts d’inquisition.
Le procès
On reproche à Laurent Blanc et au DTN François Blaquard de vouloir « plus de blancs » en équipe nationale. Les bons esprits s’indignent, sauf que le sujet est bien plus complexe que cela. Comme le rappelle Eric Zemmour, la FFF, qui avait dans les années 90 privilégié les qualités physiques au détriment des qualités techniques, a simplement choisi de revenir sur ce choix. Oui, la France veut redevenir le paradis des « petits dribbleurs inspirés », et plus uniquement celui des gros costaux puissants.
Et « comme le dit Laurent Blanc avec une désarmante sincérité : qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costaux, puissants ? Les blacks ». Evidemment, même si le chroniqueur de RTL rappelle qu’ « un stéréotype n'est pas forcément faux même s'il est simplificateur », le joug du politiquement correct empêche toute affirmation allant dans ce sens. Pourtant, même située bien en dehors de la pensée unique, telle est la réalité objective.
Robert Ménard l’a par ailleurs également rappelé à la Ministre des sports sur son plateau d’I>Télé. « Quand je vois les finales de 100 mètres, il y a beaucoup de Noirs » a-t-il constaté avant d’affirmer qu’il y avait un lien « de fait » entre les caractéristiques raciales et physiques. « Vous et moi on peut être vite gênés par ce raisonnement là, mais en même temps il existe » a-t-il expliqué à Chantal Jouanno, qui a elle-même admis l’évidence en rappelant toutefois que cela n’avait pas sa place dans le sport : « pour avoir fait un marathon je peux vous dire que manifestement ils courent beaucoup mieux ».
Même si ces affirmations font probablement l’unanimité dans l’esprit de chacun, il existe pourtant une terrible pression autobloquante autour de ce genre de sujet. Un pas de trop sur ce terrain miné vous vaudra immédiatement les foudres de la bien-pensance professionnelle et de l’antiracisme organisé. « L'antiracisme militant est devenu la quête obsessionnelle et perpétuelle du racisme, même et surtout s'il est imaginaire » souligne Eric Zemmour.
Deux poids, deux mesures
Au vu des faits, il devrait donc logiquement être difficile, à première vue, d’imaginer la tenue décomplexée d’un discours similaire, mais dans l’autre sens cette fois. Et bien non ! « Il y a quotas et quotas ! Les interdits et les autorisés :
- Quand Martine Aubry exige 20% de socialistes venus de la diversité à la direction du parti
- Quand Sciences Po réserve des places à des jeunes venus de banlieues qui entrent sans concours
- Quand la présidente d'Areva promet qu'elle n'embauchera plus dans son état-major des "mâles blancs"
- Quand la présidente du MEDEF fait campagne pour les quotas de femmes dans les conseils d'administration
- Quand le CRAN réclame à cor et à cri plus de diversité à la télévision
Des quotas ?! Quel vilain mot, non. De la discrimination positive ! »
A l’instar d’Eric Zemmour, il est du devoir de tous de prendre conscience de cette mascarade antiraciste à deux vitesses. C’est bien connu, le racisme ne fonctionne que dans un sens aux yeux des inquisiteurs. A croire qu’il y est plus rentable…
Le problème des double-nationaux
Demeure aussi la question toute aussi révoltante des joueurs ayant la double-nationalité. Un bon nombre de ces derniers font toute leur formation en France, puis, à l’âge de leur éclosion, choisissent leur pays d’origine pour débuter leur carrière. Un souci majeur pour la France qui se retrouve alors à former des joueurs pour les clubs étrangers. Une fois de plus, soulever cette question essentielle est formellement interdit. Laurent Blanc et François Blaquard en ont fait les frais.
Pourtant, « est-ce un crime que de s'inquiéter de la dépense publique ? » s’interroge le journaliste du Figaro. D’autant que, cette fois, il s’agit de « critères nationaux d'abord ».
NDA soutient Blanc et la DTN
Comme Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan est lui-aussi parti au secours des deux prévenus. Pour lui, François Blaquard « a tout bonnement été sacrifié sur l’autel de la bien-pensance. Voilà la dernière victime d’une nouvelle inquisition prompte à crier à tort et à travers au racisme alors même que toute l’histoire du football français est un modèle d’intégration ».
« Où est la discrimination raciale ? Où est le scandale ? (...) Est-ce vraiment anormal qu’ils servent d’abord à former des jeunes joueurs qui pourront un jour jouer sous le maillot français ? Le vrai scandale est d’investir du temps et de l’argent dans des joueurs qui une fois arrivés à maturité vont faire les beaux jours d’autres sélections » a-t-il estimé dans un communiqué publié sur le site de son parti politique, Débout la République.
A travers ce procès stalinien, on ne peut que constater les conséquences de 30 ans de matraquage idéologique antiraciste. Comme en conclut brillement le député de l’Essonne : « Nous sommes devenus un pays qui a peur de défendre ses propres intérêts. Cet épisode est symptomatique de notre faiblesse dans tous les domaines (économique, culturel ou sportif) dès qu’il s’agit de faire passer l’intérêt supérieur de la France avant les intérêts particuliers ou étrangers ». Rien à ajouter.
Christopher Lings ( Le bréviaire des patriotes )
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/fff-affaire-des-quotas-des-voix-s-93285