Le mauvais procès fait à Laurent Blanc

03/05/2011 16:00 par rgrs

  • Le mauvais procès fait à Laurent Blanc

    Le mauvais procès fait à Laurent Blanc

    03/05/2011 16:00 par rgrs

C’est peu de dire que les révélations du site Médiapart ont créé un emballement médiatique assez incroyable aboutissant à la suspension d’un dirigeant de la FFF et aux excuses du sélectionneur national. Mais cette polémique a été l’occasion de nombreux abus.

Les deux questions posées par la FFF

Lors de cette réunion de novembre 2010, deux questions semblent avoir attiré l’attention des dirigeants du football Français. La première est celle des binationaux formés par la FFF qui choisissent de défendre d’autre pays comme Didier Drogba ou Ludovic Obraniak. Pour le coup, il semble parfaitement légitime que la FFF se pose des questions sur les moyens de limiter le nombre de joueurs formés en France qui peuvent aller jouer à l’étranger et donc des quotas ou toute autre mesure.

La deuxième question qui semble avoir fait l’objet d’un débat est celle du profil physique des joueurs sélectionnés. Il semblerait que les critères actuels favorisent les jeunes les plus athlétiques, au contraire d’une filière espagnole, qui valorise la technique et l’agilité, avec le succès que l’on sait. Certains dirigeants auraient évoqué le fait que les premiers critères favorisaient les joueurs noirs.

Un traitement médiatique très différencié

Cette affaire constitue un cas d’école dans le traitement de l’information. Certains, comme le Monde ou Libération, ont évoqué des quotas raciaux, mélangeant les deux discussions pour dénoncer le racisme supposé des dirigeants du football Français. En revanche, TF1, dimanche soir, a évoqué la problématique des binationaux de manière équilibrée, rappelant ceux qui avaient choisi la France (Trézéguet) et ceux qui avaient choisi un autre pays (Drogba, …).

Pour le coup, il est profondément malhonnête de la part de certains journalistes de mélanger les deux discussions pour parler de quotas ethniques alors que la discussion sur les quotas ne concernait que les binationaux. En outre, les extraits (partiels) des conversations démontent les gros titres faits par Médiapart, comme le note RTL. Il est difficile de ne pas y voir une volonté de créer un bon gros scandale pour faire du bruit, comme le soutient justement Romain Pigenel.

Il est atterrant de voir la réaction de Chantal Jouanno qui parle de « propos graves » et soutient qu’il y aurait d’autres solutions pour régler le problème des binationaux tout en parlant de manière totalement contradictoire « d’exporter notre savoir-faire ». Pour elle, il n’est sans doute pas grave que la France paie en partie la formation de joueurs qui vont briller dans d’autres sélections et que cela limite également le nombre de joueurs formés pour notre sélection nationale… Martine Aubry a cédé bien facilement à la polémique en jugeant « inacceptable, terrifiant et imbécile » la question des quotas. Rien que cela !

Beaucoup trop de bruit pour rien

En fait, dans les extraits rapportés par Médiapart, Laurent Blanc précise bien qu’il n’y a aucune connotation raciste dans ses propos mais qu’il trouve anormal que la France forme des joueurs qui jouent après pour d’autres pays, ce qui semble être du simple bon sens. Il semble franchement abusif de lui faire un procès en racisme, comme le souligne David Desgouilles.

Enfin, il faut rappeler qu’il s’agissait d’une discussion privée, qui n’avait pas lieu d’être révélée ainsi au grand public. Si certains propos ont été maladroits et ont pu heurter certaines personnes, il faut rappeler qu’ils n’étaient pas tenus en public, mais dans le cadre d’une réunion de travail, ce qui est forcément l’occasion de simplifications et de propos un peu moins policés que devant les médias.

Bref, cette polémique est tout à fait ridicule. Les antiracistes peu précautionneux ont contribué à affaiblir leur cause en montant sur leurs grands chevaux pour des propos qui ne méritaient pas tout le foin qui a été fait. Oui, il faut lutter contre le racisme. Mais, si certaines de ces discussions privées (et qui n’avaient donc pas à être étalées de la sorte) peuvent sembler maladroites prises hors de leur contexte, elles ne sont pas condamnables.

Et face au déluge de réactions aberrantes de la part du Parti Socialiste comme du gouvernement, il faut remercier Nicolas Dupont-Aignan, le seul homme politique à avoir justement apporté son soutien à Laurent Blanc, en dépit de la vendetta irrationnelle d’une partie des médias.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Sarkozy se croit descendant en ligne directe de Clovis !

03/05/2011 15:55 par rgrs

  • Sarkozy se croit descendant en ligne directe de Clovis !

    Sarkozy se croit descendant en ligne directe de Clovis !

    03/05/2011 15:55 par rgrs

La France, « fille ainée de l'Eglise » a donc été représentée par François Fillon à la cérémonie de béatification de Jean Paul II. Jack Dion, qui considère plutôt la France comme « grande dame de la laïcité », revient sur le mythe d'un baptême de Clovis à l'origine des racines chrétiennes de la France.

Sur décision du Président de la République, François Fillon a représenté la France à la cérémonie de béatification du pape Jean-Paul II, rompant avec la tradition laïque respectée jusqu’ici par tous les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy. Comble du ridicule, le Premier ministre était accompagné du ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé, et du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.
 
A en croire le porte-parole du gouvernement, François Baroin, il n’y a là rien de surprenant puisque « La France est la fille ainée de l’Eglise ». C’est l’expression favorite de tous les bigots depuis le baptême de Clovis par l’évêque Saint Rémi autour de … 496. Sans nier les relations (parfois tumultueuses) entre la chrétienté et l’histoire nationale, on peut aussi rappeler que depuis 1905, date de la séparation de l’Etat et de l’Eglise, la France est surtout la grande dame de la laïcité.

Lorsqu’il avait été consacré avec ostentation chanoine d’honneur à la basilique de Saint-Jean de Latran, en 2007, au lendemain de son élection, le chef de l’Etat avait déjà cru bon de reprendre la vieille lune cléricaliste sur « les racines chrétiennes de la France ». Il avait même précisé au passage: « C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l’Eglise. Les faits sont là ».
 
Pourtant, le baptême de Clovis s’apparente davantage à une opération de marketing politique qu’à un acte attestant de la christianisation d’une France qui, à l’époque, n’existait pas encore. Les seules sources sont deux documents incertains, dont le récit de l’évêque Grégoire de Tours, né après l’événement, ardent défenseur de la doctrine chrétienne, et qui décrit le baptême sur le modèle de la conversion de Constantin, l’empereur romain d’Orient.
 
En ce temps-là, Clovis, roi des Francs saliens depuis 481, régnait sur la Gaule du Nord, après avoir défait les Francs ripuaires, les Thuringiens et les Alamans. Son mariage avec la princesse Clotilde lui permit de recevoir le soutien du roi Burgonde, son père, qui contrôlait la vallée du Rhin, et qui était adepte du christianisme arien. Cette doctrine, qui ne reconnaissait pas le statut de Dieu à Jésus, sera condamnée pour « hérésie » au concile de Nicée (325).
 
Par sa conversion, Clovis s’assura donc, avant tout, le soutien du clergé catholique et des élites gallo-romaines, d’obédience chrétienne. Ainsi réussit-il à unifier non la France, mais la Gaule, laquelle ne sera christianisée que plusieurs siècles après. Quelques dizaines d’années plus tard, Grégoire de Tours y verra la « preuve » que Clovis était un nouveau David, un nouveau Constantin, autrement dit un homme désigné par Dieu pour protéger les chrétiens et christianiser les païens à la pointe de l’épée. C’est la thèse catholico-monarchiste, remise au goût du jour, en ce début de XXIè siècle, par la plus haute autorité de l’Etat.
 
Dans un livre en forme d’apostrophe à Nicolas Sarkozy, l’historien Jean Baubérot écrit : « Effectivement, le baptême de Clovis marque un tournant dans la lutte entre chrétiens ariens et chrétiens nicéens. Mais il est complètement faux (d’un point de vue historique) de prétendre que Clovis fut le « premier souverain chrétien ». Sans parler des empereurs romains qui avaient été chrétiens bien avant lui, ni des rois d’Arménie (le premier pays officiellement chrétien vers 295). En tout état de cause, et pour s’en tenir à l’Occident de la fin du Ve siècle, s’exprimer comme vous le faites, c’est adopter un point de vue ecclésiastique, clérical, déniant le titre de « chrétiens » aux hérétiques. C’est ériger un dogme chrétien en vérité d’Etat. »
  
Cette apologie de la religiosité en général, et du « dogme chrétien » en particulier, est une constance de la vulgate sarkozyenne. Il en résulte une approche révisionniste de la laïcité qui fait du chef de l’Etat un enfant spirituel de Benoît XVI. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que les ministres précités soient allés à Rome comme d’autres, naguère, étaient allés à Canossa.


Jack Dion - Marianne

http://www.marianne2.fr/Sarkozy-se-croit-descendant-en-ligne-directe-de-Clovis-_a205777.html

Ben Laden est mort, et alors?

03/05/2011 10:33 par rgrs

  • Ben Laden est mort, et alors?

    Ben Laden est mort, et alors?

    03/05/2011 10:33 par rgrs

C'est vrai, le grand méchant international est officiellement mort, même si apparemment il n'y a ni cadavre, ni preuve, nous devrions croire les autorités concernées sur la foi de photos apparemment truquées. Mais de toute façon ce n'est pas Ben Laden qui est mort, c'est l'objet de son existence médiatique. Ce terroriste islamiste fut le symbole d'une époque folle, celle qui commença avec l'effondrement de la bulle internet au début des années 2000 et l'effondrement des deux tours jumelles le 11 septembre 2001. Dix ans plus tard, on constate que l'économie US est dans un état bien pire qu'à l'époque et que l'argument militariste qui avait permis de cacher la catastrophe macro-économique américaine par quelques années de conflits militaires n'est plus possible aujourd'hui. La mort officielle de Ben Laden clôt donc cette curieuse époque, celle où une nation et une région du monde en déclin accéléré ont cru qu'elles étaient encore en ascension, se permettant des aventures délirantes sur le plan militaire. Aventures dont on a pas encore mesuré toute l'étendue des effets néfastes pour l'occident comme pour le reste de la planète.

 

Du micromilitarisme, au microréformisme économique théâtral
 
  Je ne parlerai pas ici des multiples thèses sur l'effondrement des tours jumelles, personnellement je n'ai guère de doute sur le fait qu'il s'agissait bien d'un attentat et non d'un complot ourdi par une obscure organisation américaine. Cependant, l'usage de la situation qu'en on fait les autorités américaines rend compréhensible ce doute. Car le 11 septembre a bien été utilisé à des fins géostratégiques et non pour faire la guerre au terrorisme comme dans les discours de ce pauvre Bush. Cependant avec le recul et la vitesse d'effondrement de l'empire américain, qui peut encore croire que les dirigeants de ce pays sont capables de tels complots. Eux dont les politiques extérieures n'ont fait que fragiliser encore plus la position américaine dans le monde. La situation des USA n'a en effet jamais été aussi fragile depuis dix ans. Les bulles qui ont été fabriquées pour maintenir la consommation américaine n'ont plus d'effet et l'Amérique n'a pas réussi à refaire son tour de passe-passe de l'ère Clinton qui avait, il est vrai, coïncidé avec l'apparition des nouveaux médias comme internet pouvant alors faire croire à une nouvelle révolution industrielle. La suite n'a pas vraiment donné raison à cette thèse, la révolution informatique n'ayant pas produit la progression de la productivité escomptée avant l'explosion de la bulle internet. Le fait est que les politiques économiques de la décennie qui s'est écoulée furent, comme Ben Laden, des produits virtuels, fantasmatiques, n'ayant que peu de lien avec le réel, mais ayant pourtant largement orienté les efforts publics des puissances occidentales. On a fait la guerre à un terrorisme mondialiste totalement virtuel. Comme on a englouti des sommes délirantes dans les multiples produits financiers tous plus pourris les uns que les autres comme la montré la suite de l'histoire. Dans les deux cas, c'est le fantasme et l'idée que se firent les Occidentaux de la réalité du monde à travers leurs médias et leurs visions des choses, qui enfantèrent ces crises monstrueuses. Crises qui aujourd'hui emportent tout sur leur passage.
 
  Le caractère anecdotique de la mort du leader virtuel de l'intégrisme islamiste révèle les changements et la rupture qui s'est produite depuis le début de la crise économique américaine de 2008. L'illusion ne marche plus, ou de moins en moins. Le toc des discours virtuels se montre sous son vrai jour, c'est un simple échappatoire à la réalité que l'on ose plus affronter en occident. Le système médiatique occidental est lui-même emporté dans la tourmente. Le réel montrant toutes les affabulations économiques ou politiques à répétition dont ce système s'est rendu coupable. Je dis occident parce que malheureusement l'Europe est dans le même état. Son virtualisme à elle,  pour reprendre le terme de Philippe Grasset, c'est l'euro et l'UE. Mais ce fantasme aussi se fracasse sur le mur du réel. De la même manière que la mort de Ben Laden n'influera en rien sur les conflits moyen-orientaux déclenchés par la folie occidentale de ces années délirantes. Les guerres officiellement déclencher pour arrêter ce terroriste perdureront, alors que ce dernier est mort. Guerres qui continueront à affaiblir des puissances occidentales aussi orgueilleuses qu'impuissantes. Emmanuel Todd avait qualifié à juste titre le comportement américain de micromilitarisme théâtrale, mais dans la situation actuelle même ce micromilitarisme devient hors de porté. Les USA dont la monnaie ne tient plus qu'à un fil ne peuvent plus accroître leurs déficits qu'ils soient commerciaux ou budgétaires. La mécanique est définitivement enrayée, comme on a pu le voir récemment en analysant une nouvelle fois la situation économique des USA. Rien n'a vraiment changé depuis que Todd a écrit son bestseller "Après l'empire", les déficits commerciaux sont toujours là, mais les relances de la demande intérieure par de multiples endettements, même protubérants, n'ont plus aucun effet sur la croissance du pays. Ils ne font en fait qu'alimenter la croissance de la puissance montante chinoise accélérant le déclin de la puissance nord-américaine. La seule chose que n'avait pas prévu Todd c'est le spectaculaire affaissement des puissances européennes. Il a manifestement sous-estimé les effets de l'euro sur les sociétés d'Europe occidentale. On ne voit d'ailleurs guère aujourd'hui comment l'Europe actuelle pourrait survivre à l'effondrement de sa puissance de tutelle, à moins de tomber sous la coupe d'une nouvelle tutelle, chinoise cette fois-ci.

Les USA comme l'Europe ne pouvant plus changer leur situation en restant dans les règles qu'elles ont elles-mêmes mises en place, ne leur reste que la démonstration verbeuse. Dans le cas des USA le micromilitarisme théâtral n'est plus possible, on le sait en coulisse. Même si on évite de le dire en public. Un pays qui voit certaines de ses villes licencier tous ses profs d'un coup, comme dans le Wisconsin, aurait bien du mal à justifier de nouvelles dépenses militaires. L'occasion était pourtant belle avec ces « révolutions »  arabes dont on ne sait pas d'ailleurs si l'Oncle Sam y est totalement étranger, mais les limites de l'empire sont atteintes. D'autant que les multiples défaites pour des coûts astronomiques ont rendu le contribuable américain nettement plus regardant en la matière. Le patriotisme américain s'arrête souvent au niveau du portefeuille, c'est d'autant plus vrai lorsque ce dernier se vide très vite. Après tout les USA n'ont il pas était fondé sur une simple affaire de taxe. Alors que faire quand vous allez dans le mur, que vous dirigez les USA et que vous ne pouvez en aucun cas violer les principes qui officiellement ont fait votre prospérité comme le libre-échange? La cartouche militaire n'étant plus viable on se rabat sur des microréformes financières et économiques, à l'image de la souris dont ont accouché les autorités américaines sur la réforme du système financier qui a pourtant provoqué la plus grande crise depuis 1929. L'impuissance actuelle de l'occident n'est pas uniquement liée à l'idéologie qui habite nos élites, elle est en grande partie liée à la communication et aux images que le système a données de lui-même.

Comment donc les USA pourraient-ils rompre avec le système qu'ils ont mis en place ? D'autant que la situation du dollar les contraint à ne rien faire à court terme pour inquiéter leurs principales sources de financement asiatiques. Car n'en doutons pas, si les USA se mettent à se protéger de la chine commercialement, le dollar plongera instantanément. En Europe la situation est assez similaire, la construction européenne est une bureaucratie incapable de s'adapter aux contraintes changeantes. Elle ne peut que répéter son logiciel fondateur néolibéral. Ce qui est étonnant c'est qu'en définitive les contraintes extérieures sur l'Europe sont beaucoup moins fortes que sur les USA. La zone ne dépend pas encore des finances chinoises, la paralysie est entièrement due à l'organisation de l'Europe elle même. Pire, ce qui pose problème au continent est également ce qui justifie l'existence même des instances européennes, l'abolition des frontières et des nations. De sorte que seul l'effondrement de la construction européenne pourrait en réalité sortir l'Europe de sa léthargie économique et de son impuissance congénitale. Dès lors, on comprend pourquoi les discours fantasmatiques ont remplacé les discours rationnels. Puisqu’il est rationnellement impossible de s'en sortir en restant dans le cadre du système, alors autant détourner l'attention de la population sur d'autres préoccupations. Mais l'histoire s'accélère, et la mort de Ben Laden rappel au système que diriger par les mensonges ne peut avoir qu'un temps. Un jour ou l'autre, le réel nous rattrape.
 
Yann
 

A propos de la mort de Ben Laden: "Pour Barack Obama c'est formidable, cela va lui permettre de se retirer d'Afghanistan sans perdre la face"

03/05/2011 10:22 par rgrs

  • A propos de la mort de Ben Laden:

    A propos de la mort de Ben Laden: "Pour Barack Obama c'est formidable, cela va lui permettre de se retirer d'Afghanistan sans perdre la face"

    03/05/2011 10:22 par rgrs

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Sonia Mabrouk dans le "22h" sur Public Sénat, lundi 2 mai 2011.

"Ecoutez, personne ne peut pleurer la mort de Ben Laden. J'ai trouvé que les mots d'Obama ont été très justes : Justice a été faite. Ben Laden a sur la conscience des milliers de morts. Il s'est passé ce qui devait arriver".

"Il s'est passé ce qu'il devait arriver. Et le deuxième point que je souhaitais souligner : Pour Barack Obama, c'est formidable. Parce que cela va lui permettre de se retirer d'Afghanistan sans perdre la face. Cela va permettre aux américains de sortir d'Afghanistan où il n'est quand même pas possible d'instaurer une démocratie à la Jefferson ou sur le modèle de Tocqueville ou de Montesquieu. L'entreprise était absurde et maintenant que les choses pourront être cassées entre Al-Qaïda et les talibans. J'avoue qu'aujourd'hui, Monsieur Karzaï a demandé la suspension des opérations de l'OTAN en Afghanistan, puisque, dit-il, cela se joue au Pakistan. Donc on voit très bien que le rapprochement se fait entre les talibans pachtouns des deux côtés de la frontière. Je pense que l'issue est, je ne dit pas proche, mais envisageable".

Source :
Public Sénat

Ségolène Royal et la participation à la primaire PS

03/05/2011 10:09 par rgrs

  • Ségolène Royal et la participation à la primaire PS

    Ségolène Royal et la participation à la primaire PS

    03/05/2011 10:09 par rgrs

Le sondage IFOP pour le JDD d'hier est passé inaperçu pour cause de 1er mai. Mais le chiffre de 29 % d'intention de participation au vote changerait totalement la donne de la primaire PS.
Le PS est-il en train d'inventer le 1er tour de qualification quand un français se trois se déclarerait PS pour participer à une primaire ?
C'est le chiffre donné par l'enquête IFOP pour le JDD du 1er mai.
Certes de la "bonne intention" civique manifestée 30 secondes au téléphone lors d'un sondage à la réalité de l'acte, la nuance est grande.
Mais, si le candidat PS était choisi par près de 30 % du corps électoral, inutile d'insister sur la dynamique considérable qui serait ainsi créée.

Il faut se méfier de l'atonie actuelle.

Les français se mobilisent vite. La primaire peut être pour le PS le meilleur comme le pire.
Ce que démontre ce chiffre, c'est que la primaire n'est pas condamnée comme inutile par l'opinion à ce jour. C'est déjà un acquis important.

Les débats, lors d'une primaire éventuellement ainsi suivie, vont égaliser les chances. Ségolène Royal peut disposer là d'une fenêtre de tir nouvelle à ne pas sous-estimer.

Ben Laden : pas de cadavre, pas de crime?

03/05/2011 10:04 par rgrs

  • Ben Laden : pas de cadavre, pas de crime?

    Ben Laden : pas de cadavre, pas de crime?

    03/05/2011 10:04 par rgrs

Ben Laden est mort, et tout le monde salue cette information à travers le monde. Mais les circonstances de ce décès ouvrent une nouvelle voie aux conspirationnistes de tout poil pour s'en donner à coeur joie. Bénédicte Charles décrypte avec ironie toutes les infos sur l’effroyable complot destiné à nous faire croire que la mort de Ben Laden est une effroyable imposture (à cause du complot américain du 11 septembre).

La nouvelle est tombée avec fracas avant de rebondir sur un scepticisme renforcé par dix années de vrais faux avis de décès : Oussama Ben Laden aurait été descendu par les forces spéciales américaines. Mouais. Depuis 2001, on nous a déjà fait le coup huit fois.

Sauf qu’aujourd’hui, c’est un peu différent puisque Obama lui-même le confirme : Oussama, l’homme à la Casio F-91W, est mort à 54 ans (même s’il faisait plus, preuve que la barbe vieillit) sans savoir ce que c’était que d’avoir réussi sa vie (la Casio étant à la Rolex ce que la Renault Clio est à l’Aston Martin).

Aussitôt, les complotistes du monde entier s’en sont donné à cœur joie : « Comment ça, on a tué Ben Laden ? Et pourquoi ne pas l’avoir capturé, hein, pourquoi ? Certainement parce que ce Monsieur devait avoir des choses à dire sur l’implication des Etats-Unis dans les attentats du 11 septembre » etc.

Mais très vite, nos amis conspirationnistes ont changé de tactique : désormais, c’est sûr, Ben Laden est vivant. De nombreux éléments permettent sinon de l’affirmer, du moins de ne pas l’infirmer. Et ça, pour un complotiste, c’est une preuve.

Tout d’abord, le fait que l’info ait été publiée en premier sur Internet, via le réseau social Twitter. Exactement
comme les rumeurs sur le couple Sarkozy-Bruni en avril 2010. C’est dire sa fiabilité.

Ensuite, la nouvelle n’a pas été annoncée par la Maison Blanche,
mais par Keith Urbahn, assistant de Donald Rumsfeld, l'ancien secrétaire à la Défense de George W. Bush. Rumsfeld, souvenez-vous, c’est le mec qui «connaissait à l’avance les plans du 11 septembre» (1) Bref, l’affaire était mal partie.

La seule preuve tangible de la mort de Ben Laden qu’on pouvait se mettre sous la dent, c’était cette photo nous montrant un Oussama qui avait tout l’air de s’être écrasé sur le pentagone, lui : boîte crânienne défoncée, sang coagulé à gogo.

Las ! Quelques heures après sa diffusion par tous les médias du globe, on apprenait que cette image était un faux grossier. Un montage réalisé à partir d’une vieille photo de Ben Laden, et qu’on nous avait déjà servi il y a deux ans. L’unité des forces spéciales américaines chargée de l’opération, la Dev Gru , a beau jurer qu’elle dispose de photos du corps, on les attend toujours.

Restait le cadavre. Ça, c’est du sûr. Seulement voilà : les forces spéciales — encore elles — se sont débarrassées du corps en le balançant à la flotte après l’avoir lesté, comme n’importe quelle bande de mafieux !

Résumons : la mort de Ben Laden a été annoncée en tout premier par un proche de l’homme politique américain le plus impliqué dans le complot du 11 septembre. Puis une photo truquée du cadavre a circulé. Puis la DevGru s’est révélée incapable de diffuser une photo pas truquée. Et en plus, le cadavre du chef d’Al Qaïda gît on ne sait où dans l’océan.

Qu’en conclure ? Qu’il existe un effroyable complot destiné à nous faire croire que la mort de Ben Laden est une effroyable imposture. Les conspirationnistes ont encore de beaux jours devant eux.

Bénédicte Charles - Marianne 
 
(1) selon le site du Réseau Voltaire (dirigé par l’auteur de l’Effroyable imposture, Thierry Meyssan).

Violence à l’école primaire: Luc Chatel en fait-il trop?

03/05/2011 10:00 par rgrs

  • Violence à l’école primaire: Luc Chatel en fait-il trop?

    Violence à l’école primaire: Luc Chatel en fait-il trop?

    03/05/2011 10:00 par rgrs

Luc Chatel inaugurait lundi les toutes premières assises nationales sur les phénomènes de violence et de harcèlement à l'école primaire... Paradoxalement, il s'appuie sur un rapport qui souligne le fait que les petits Français aiment l'école malgré tout !
Luc Chatel, le ministre de l’Education Nationale, a inauguré ce lundi les toutes premières assises nationales sur les phénomènes de violence et de harcèlement à l’école primaire. Deux jours de colloques aux accents dramatiques qui font suite à la publication, mi-avril, d’une grande enquête pilotée par le sociologue Eric Debarbieux. Pensez donc, on y apprenait que 10 % des écoliers seraient victimes de harcèlement de la part de leurs camarades : de là à imaginer une cour de récréation transformée en champ de bataille, il n’y a qu’un pas… que certains franchissent aisément. Pourtant, quand on y regarde de plus près, on se rend compte qu’il y a bien longtemps que l’on n’avait pas lu une étude aussi positive sur l’école de la République !

Ainsi, 88,7% des enfants scolarisés dans le primaire s’estiment heureux à l’école. Parmi eux, 52% s’y sentent même « très bien ». Ils sont 83,5% à apprécier leurs camarades de classe. Même enthousiasme quand on les interroge sur leurs relations avec leurs instituteurs : 89% d’entre eux les jugent « bonnes ». Quant à la qualité de l’enseignement qui leur est dispensé, il récolte 95 % d’opinion positives. Même les punitions sont acceptées : 75% des élèves les considérant comme « justes ». Au final, 73,3% des écoliers disent aimer aller à l’école et 90% n’ont pas spécialement peur d’y aller. On est loin des enquêtes PISA qui placent systématiquement la France en tête du peloton des pays où l’école terrorise les enfants !

Reste que 10 % des élèves de CE2, CM1 et CM2 sont victimes de brimades, moqueries, violences et mises à l’écart. « Et s’il n’y en avait qu’un sur mille, il faudrait agir pour lui », rappelle. Eric Debarbieux. Il a parfaitement raison sur ce point. Il rendra d’ailleurs une liste de propositions concrètes à Luc Chatel, le ministre de l’Education Nationale, pour qu’il puisse y mettre un terme.  Mais il est excessif de parler de fléau, comme l’ont fait bon nombre de commentateurs. Plutôt que de toujours voir le verre à moite vide, on pourrait aussi bien se réjouir du fait qu’un phénomène en pleine expansion chez nos voisins européens ne prospère pas tant que ça chez nous. Mais pour cela, il faudrait que l’on abandonne notre tendance naturelle à la flagellation qui resurgit à chaque fois qu’en France, on parle de l’école…
Anna Topaloff - Marianne
 

Premier mai: Marine Le Pen ne remue pas les foules

03/05/2011 09:55 par rgrs

  • Premier mai: Marine Le Pen ne remue pas les foules

    Premier mai: Marine Le Pen ne remue pas les foules

    03/05/2011 09:55 par rgrs

La nouvelle présidente du FN a-t-elle réussi son test du premier mai ? Si son discours axé sur les libertés a séduit son entourage, la participation modeste et l'accueil mitigé réservé par la foule à son allocution prouvent que les intentions de vote ne se transforment pas encore en ferveur populaire.

Créditée de 19 à 20 % d’intentions de vote dans les sondages, Marine Le Pen séduirait bien au-delà de l’électorat frontiste habituel. Enquête d’opinion après enquête d’opinion, la nouvelle présidente du Front gagne des points. La semaine passée, une étude Ifop pour le JDD nous apprenait que 36% des ouvriers glisseraient un bulletin FN dans l’urne au premier tour de la présidentielle. 
Mais ses bons résultats sondagiers obtenus par la patronne du FN bénéficient-ils d’une traduction concrète ? Le premier discours officiel prononcé dimanche 1er mai par Marine Le Pen depuis sa prise de fonction à Tours paraissait constituer un bon test, permettant de prendre la température du succès rencontré. Résultat des courses, à la question : « La réussite de Marine Le Pen était-elle palpable ? », difficile de répondre par l’affirmative. 

Modeste participation
Dimanche 1er mai, devant la statue de Jeanne d’Arc, la cheftaine du Front national a déclaré vouloir « briser les chaînes des millions de Français qui se tournent vers le FN ». Mais ces millions de Français justement, étaient-ils présents en ce jour de fête nationale place des Pyramides ?
L’an dernier, la police avait compté 2 000 participants, contre 8 000 selon le FN. Une différence de taille qui paraît presque minime à côté de celle séparant, cette année, les chiffres du ministère de l’Intérieur de ceux donnés par le parti. Alors que la police a dénombré 3 200 personnes (soit 60 % de plus que l’an dernier), le Front national de son côté, affirme avoir enregistré 20 000 quidams (soit 150 % de plus que l’an dernier). « Les gens allaient jusqu’à l’entrée du tunnel, du jamais vu », assure Wallerand de Saint-Just.
Raison d’une telle exagération numérique ? La crainte qu’une faible affluence soit interprétée comme la preuve des difficultés de Marine Le Pen à susciter un réel engouement ? En tout cas, au Front, le discours est parfaitement rodé et les explications toutes trouvées. « Pour la première année, nous avons installé un écran géant donc le public était mieux réparti, moins tassé, affirme le trésorier du parti et membre du bureau exécutif. Puis, en 2011, on n’a pas pu subventionner les cars comme on le faisait avant. » De son côté, Louis Aliot, vice-président du FN, préfère souligner la présence de « nombreux jeunes ».

Enthousiasme relatif
A la controverse sur l’ampleur toute relative de la participation s’ajoute la question de l’accueil réservé par l’auditoire au discours de la nouvelle présidente. « C’est mou », murmure Laurent Ozon, conseiller politique de Marine Le Pen, venu écouter le discours au milieu de la foule. Et en effet, comme à Tours, le public ne semble pas emballé par l'allocution de la présidente et future candidate.
La liberté, axe central du discours décliné sous toutes ses formes par Le Pen fille, a laissé de marbre une bonne partie des sympathisants, apparemment plus enclins à applaudir les hommages rendus à Jean-Marie Le Pen et les critiques des traités européens. « C’était un discours de candidate à la présidentielle, pas un discours de tribun pour haranguer les foules, estime Saint-Just. Tous les mots ont été pesés, c’est un discours sérieux pour l’avenir et les médias, plus qu’un discours destiné à faire réagir le public. »
Clairement, au Front national, électeurs potentiels et intentions de vote ne riment pas -encore ?- avec militants capables de faire le déplacement pour acclamer leur leader. Si, pour l'instant, les cadres du parti refusent de constater et donc de s'alarmer du manque de vivacité du militantisme frontiste, ils devront pourtant, dans l'avenir, trouver des solutions pour attirer davantage et redonner une vie militante au FN version Marine, nécessaire pour une campagne électorale réussie.
Laureline Dupont - Marianne

Burkina Faso: «Cela fait bien longtemps qu’on sentait venir la crise»

03/05/2011 09:49 par rgrs

  • Burkina Faso: «Cela fait bien longtemps qu’on sentait venir la crise»

    Burkina Faso: «Cela fait bien longtemps qu’on sentait venir la crise»

    03/05/2011 09:49 par rgrs

Depuis le 22 février, le Burkina Faso traverse une grave crise sociale. Ce week-end, les leaders de l’opposition ont appelé une nouvelle fois au départ du président Blaise Compaoré, tandis que les organisations syndicales ont profité de la fête du 1er mai pour faire savoir au gouvernement que la mobilisation est loin d’être terminée. Le point sur la situation avec Bassolma Bazié, secrétaire général adjoint à la CGT-B.


Blaise dégage », « Blaise = Ben Ali », « Non au président pyromane »… Ce week-end encore, les appels à la démission de Blaise Compaoré, président du Burkina Faso depuis 24 ans, se sont multipliés. Depuis plus de 2 mois, le pays est en proie à de violentes manifestations. La jeunesse est sortie dans les rues dès la fin du mois de février pour protester contre l’impunité. Les militaires, les commerçants, les boulangers, les magistrats, les agriculteurs et plus récemment les CRS leur ont très vite emboité le pas. Face à la colère grandissante, le président du Burkina Faso a procédé, mi-avril, à un remaniement ministériel. Le nouveau Premier ministre, Luc-Adolphe Tiao, a promis des mesures, notamment pour résoudre le problème de la vie chère. Des annonces qui n’ont pas convaincu les centrales syndicales, pour qui les racines du mal qui rongent le pays sont bien plus profondes. Les organisations syndicales ont d’ailleurs profité de la fête du 1er mai pour faire part au gouvernement de toutes leurs doléances, tant en matière de libertés démocratiques, qu’en matière d’accès aux soins et à l’éducation. Pour Bassolma Bazié, secrétaire général adjoint à la CGT-Burkina, c’est tout un système qu’il est grand temps de réformer.

Marianne : Depuis près de trois mois, le Burkina Faso traverse une des crises sociales les plus graves de son histoire. D’où vient le malaise de la population ?

Bassolma Bazié : On le sentait venir depuis bien longtemps. Bien avant que les étudiants de Koudougou manifestent après la mort d’un des leurs, Justin Zongo, dans des conditions obscures. Il y a un problème de gestion dans ce pays, qui a pour conséquence la misère.  Les responsables de l’Etat ne sont pas nommés par compétence mais par complaisance. L’intérêt privé de quelques-uns passe avant l’intérêt général. On sait par exemple que beaucoup de ministres, de militaires haut placés possèdent des entreprises, ont la haute main sur les affaires du pays. L’affaire Justin Zongo a été le déclic pour le reste de la population. Les gens vivent difficilement, payent énormément de taxes, et se rendent compte que ceux qui sont des amis du président, qui font parti du clan sont mieux lotis. Ils ont des monopoles, les ministres conservent leur salaire pendant six mois quand ils sont virés du gouvernement… Le peuple n’a plus confiance dans le comportement du gouvernement.
 
L’autre question fondamentale, c’est celle de l’impunité. Nous vivons dans un système d’injustices, de développement différentiel, de chaos. La situation est explosive et je crois que le gouvernement n’est pas capable de répondre aux préoccupations du peuple.


(Photo : Clotilde Cadu)
(Photo : Clotilde Cadu)
Marianne : La démission de Blaise Compaoré est-elle la solution ?

Bassolma Bazié : Je crois plutôt que c’est tout un système qu’il faut réformer. Le  régime peut renouveler tous les gouvernements qu’il veut, ça ne changera rien. Blaise peut démissionner, mais qu’est-ce qui nous garantit que celui qui prendra sa suite ne fera pas pire ? Changeons le système !

Marianne : Lors des mobilisations, le 8 avril contre la vie chère, samedi dernier pendant le meeting de l’opposition, des Burkinabés brandissent des pancartes où est inscrit « Blaise dégage ». Peut-on comparer la situation actuelle du Burkina et celle de la Tunisie, juste avant le départ de Ben Ali ?

Bassolma Bazié : Oui. Il y a de vraies similitudes. Comme l’implication anormale de la famille du président sur toutes les affaires de l’Etat. Le petit frère de Blaise Compaoré, François, est conseiller économique à la présidence. La Première dame, Chantal Compaoré, est impliquée dans plein de choses, tout comme la belle-mère de François Compaoré. On leur a donné des monopoles, comme celui des transports de cuirs et de peaux, des entreprises de BTP... Les proches du président ont la haute main sur les affaires du pays, c’est vraiment à la Ben Ali ! Et comme en Tunisie, ce qui a mis le feu aux poudres, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la mort d’un jeune homme. Justin Zongo ici, Mohamed Bouazizi là-bas…
 
Clotilde Cadu, envoyée spéciale de Marianne
 

Moussa Koussa a été exfiltré à Londres

03/05/2011 09:44 par rgrs

  • Moussa Koussa a été exfiltré à Londres

    Moussa Koussa a été exfiltré à Londres

    03/05/2011 09:44 par rgrs

En pleine révolution libyenne, le Ministre des affaires étrangères de Kadhafi a fui le pays pour Londres. Après enquête, il semble bien que la France ne soit pas étrangère à cette exfiltration.

Fin du mois de mars 2011. Nous sommes en plein conflit avec la Libye. Le 30 mars, une dépêche nous apprend que le Ministre des Affaires étrangères de Kadhafi, Moussa Koussa a quitté son pays pour Londres. Pourquoi Londres ? Les journalistes informés, comme on dit, ont une explication, qui leur a sans doute été délivrée de bonne source, autrement dit off : ancien patron des renseignements libyens, Moussa Koussa aurait, en quelque sorte profité de ses bonnes relations avec les services de renseignements de Sa Majesté pour faire ses valises quand la situation libyenne a commencé à sentir sérieusement le roussi.

Ce scénario, assez crédible a surtout un mérite essentiel : celui d'éviter de révéler les très étroites relations existant entre l'ex-ministre libyen et la France. Artisan du rapprochement entre la Libye et les Etats Unis dans les années 2000, lorsque Kadhafi, effrayé par le sort réservé à Saddam Hussein, opère un virage à 180° de sa diplomatie en négociant le renoncement à l'armement nucléaire et une « autocritique » sur son soutien au terrorisme international, Moussa Koussa, qui développait auparavant des relations avec l'IRA ou le groupe Abou Nidal, est aux avant-postes. C'est lui que Kadhafi envoie négocier avec les émissaires américains. Il noue aussi, semble-t-il, une relation qui va devenir de confiance avec les services français, sans doute un peu plus qu'un « honorable correspondant ».

Au point que lorsque Moussa Koussa demande à bénéficier du statut de résident français, l'Elysée, via Claude Guéant, lui procure une adresse et une carte de résident pour dix ans (du 10 juin 2008 au 9 juin 2018, document délivré par la Préfecture de Nanterre). Le cabinet de Claude Guéant a refusé de confirmer cette information. Il semble que ce genre de privilège ne soit pas distribué à la légère : ainsi la demande de bénéficier du même genre de traitement par Bachir Saleh, directeur de cabinet du Guide, lui a été refusée. 

Comme officier traitant de Moussa Koussa, on retrouve Boris Boillon, l'un des rares conseillers à parler arabe au sein de la Sarkozie, qui était au cabinet du Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy en 2007. Boillon a notamment négocié, ensuite, la libération des infirmières bulgares. Il est devenu injoignable depuis ses aventures tunisiennes. Mais il semble bien qu'il se soit également occupé d'exfiltrer Moussa Koussa de Lybie, l'opération ayant été menée à bien par les services français. Allié principal de la Grande Bretagne dans l'aventure libyenne, il n'était pas difficile aux Français de négocier un passage par Londres pour celui qui, entre temps, est devenu ministre des affaires étrangères de Kadhafi. Au demeurant, cette nomination, en 2009, ne semble pas correspondre à une promotion. Sur la fin de son parcours, les relations de Moussa Koussa avec le Guide se seraient dégradées. De source diplomatique, on indique que sa proximité avec un homme d'affaires libanais, notamment, a nourri quelques soupçons alimentés par l'un des fils Kadhafi. Moussa Koussa avait donc deux raisons de quitter la nacelle Kadhafi avant « l'atterrissage » de la révolution libyenne : le peu de chance du Guide d'aménager une issue positive à ses hommes et son image médiocre auprès du Guide. Et une troisième : l'existence pour lui d'un point de chute en France. Du côté de Neuilly...

Philippe Cohen - Marianne

http://www.marianne2.fr/Libye-comment-et-pourquoi-Moussa-Koussa-a-ete-exfiltre-a-Londres_a205574.html