La fin de l'euro n'est pas la fin de l'Europe

18/07/2011 21:55 par rgrs

  • La fin de l'euro n'est pas la fin de l'Europe

    La fin de l'euro n'est pas la fin de l'Europe

    18/07/2011 21:55 par rgrs

Pour l'économiste américain Mark Weisbrot, alors que l'existence même de l'euro est remise en question, il existe une différence fondamentale entre la monnaie unique et l'Union européenne : la première est le fruit d'une politique très à droite, la seconde émane d'un projet profondément solidaire

L'euro atteint des tréfonds face au franc suisse. Quant aux taux d’intérêt sur les emprunts italiens et espagnols, ils ont crevé le plafond. Ce dernier épisode en date dans la crise de la zone euro s’explique par la peur de voir l’Italie touchée à son tour. Avec une économie de 2 000 milliards de dollars [1400 milliards d'euros] et 2 450 milliards de dollars de dette [1700 milliards d'euros], l’Italie est trop puissante pour qu’on la laisse mordre la poussière. D’où l’inquiétude des autorités européennes.
Aujourd’hui, rien ne justifie que l’on redoute une hausse des taux d’intérêts de l’Italie au point de mettre en danger sa solvabilité. Cela n’empêche pas les marchés financiers de réagir de façon irrationnelle et d’attiser ces craintes : à force de prophétiser le pire, on finira par le provoquer. Sachant que les autorités européennes ne parviennent même pas à s’entendre sur les moyens de gérer la dette grecque — une économie six fois moins importante que l’Italie —, il n’y a guère de raison d’avoir confiance dans leur capacité à répondre à une crise plus grave.

L'UE peut prospérer sans l'euro

Les économies plus fragiles de la zone euro, la Grèce, le Portugal, l’Irlande et l’Espagne, sont déjà confrontées à des années de châtiment économique, en particulier un niveau de chômage extrêmement élevé (16 %, 12 %, 14 % et 21 % respectivement). Puisque tous ces malheurs que nous nous infligeons n’ont d’autre objectif que de sauver l’euro, on est en droit de se demander si la monnaie unique mérite d’être sauvée.

Tout comme on est en droit de se poser cette question du point de vue de la majorité des Européens qui travaillent pour assurer leur subsistance — autrement dit, d’un point de vue de gauche.

On entend souvent que l’union monétaire, qui englobe aujourd’hui 17 pays, doit être maintenue au nom du projet européen. Et de citer des idéaux dignes d’intérêt comme la solidarité européenne, le besoin de mettre en place des critères communs dans le domaine des droits de l’homme et de la cohésion sociale, de rejeter le nationalisme d’extrême droite et, bien sûr, l’intégration économique et politique indissociable d’une telle évolution.

Mais ce serait confondre l’union monétaire, ou la zone euro, avec l’Union Européenne elle-même. Ainsi, le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni sont membres de l’UE, mais ils ne font pas partie de l’union monétaire. Il n’y a aucune raison pour que le projet européen ne puisse se poursuivre, et l’UE prospérer, sans l’euro.

Un projet ouvertement de droite

Et tout porte à espérer que cela pourrait se produire. Le problème, c’est que l’union monétaire, contrairement à l’UE elle-même, est un projet ouvertement de droite. Cela n’était peut-être pas évident à son lancement, mais ça l’est aujourd’hui, douloureusement de surcroît, alors que les économies moins robustes de la zone euro se voient infliger une punition jusqu’à alors réservée aux pays à faibles et moyens revenus tombés entre les griffes du Fonds monétaire international et de ses gouverneurs issus du G7.

Au lieu de tenter de sortir de la récession à l’aide de stimuli fiscaux et/ou monétaires, comme l’ont fait la plupart des gouvernements de la planète en 2009, ces Etats sont contraints de faire le contraire, et le coût social en est terrible.

Les humiliations se succèdent : les privatisations en Grèce ou la "réforme du marché du travail" en Espagne ; les effets régressifs des mesures prises sur la répartition des revenus et des richesses ; et la diminution et l’affaiblissement de l’Etat-providence, tandis que les banques sont renflouées aux frais du contribuable — autant de mesures qui trahissent sans ambiguïté le programme de droite des autorités européennes, et qui prouvent qu’elles tentent de tirer parti de la crise pour imposer une orientation à droite de la politique.

La nature de droite de l’union monétaire a été institutionnalisée dès son lancement. Les règles limitant la dette publique à 60 % du PIB et les déficits budgétaires annuels à 3 % du PIB, bien que violées dans la pratique, sont inutilement contraignantes en période de récession et de fort taux de chômage.

Autre indicateur sinistre, le mandat de la Banque Centrale Européenne, qui est censé ne se charger que de l’inflation et absolument pas de l’emploi. La Réserve fédérale américaine, par exemple, est une institution conservatrice, mais au moins, la loi exige d’elle qu’elle se préoccupe de l’emploi autant que de l’inflation.

Et la Fed, en dépit de l’incompétence dont elle a fait preuve puisqu’elle n’a pas su identifier une bulle immobilière de 8 000 milliards de dollars [5600 milliards d'euros], laquelle a fait plonger l’économie américaine, s’est avérée plus souple face à la récession et à une reprise faible, créant plus de 2 000 milliards de dollars [1400 milliards d'euros] dans le cadre d’une politique monétaire expansionniste. En comparaison, les extrémistes aux commandes de la Banque Centrale Européenne ont relevé les taux d’intérêt depuis avril, en dépit d’un chômage digne d’une dépression dans les économies les moins solides de la zone euro.

A en croire certains économistes et observateurs politiques, ce dont a besoin la zone euro, pour fonctionner, c’est d’une union fiscale, avec davantage de coordination au niveau des politiques budgétaires. Mais la politique fiscale de droite est contre-productive, on le voit bien, et le resterait même si elle était mieux coordonnée. D’autres économistes, dont l’auteur de ces lignes, soutiennent que les grandes différences entre Etats-membres en termes de productivité constituent un obstacle majeur à une union monétaire. Mais même si l’on parvenait à surmonter ces problèmes, tant que la zone euro serait un projet de droite, elle ne mériterait pas que l’on se donne du mal pour elle.

Quiconque s'oppose à cette politique est "réactionnaire"

Avant son avènement, l’intégration économique européenne était d’une autre nature. L’Union Européenne s’efforçait somme toute de tirer les économies les moins puissantes vers le haut tout en protégeant les pays vulnérables. Mais les autorités européennes se sont avérées impitoyables au sein de leur union monétaire.

L’idée qu’il faille sauver l’euro au nom de la solidarité européenne joue également sur la vision simpliste que l’on a de la résistance des contribuables, dans des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, face à la nécessité de "renflouer" la Grèce. S’il est indéniable que cette résistance repose en partie sur des préjugés nationalistes — souvent attisés par les médias —, elle ne se résume pas à cela. Beaucoup d’Européens n’apprécient pas de payer l’addition pour renflouer des banques européennes qui ont consenti des prêts toxiques.

Et les autorités de l’UE ne sont pas en train "d’aider" la Grèce, pas plus que les Etats-Unis et l’Otan "n’aident" l’Afghanistan, pour évoquer un débat comparable, où quiconque s’oppose à une politique destructrice est traité de "réactionnaire" et "d’isolationniste".

Manifestement, une grande partie de la gauche européenne n’est pas consciente de la nature conservatrice des institutions, des autorités, et surtout des politiques macro-économiques, auxquelles elle fait face dans la zone euro.

Cela s’inscrit dans un problème plus général, lié au fait que dans le monde entier, le public ne comprend pas la politique macro-économique. Ce qui a permis à des banques centrales de droite de mettre en œuvre des politiques destructrices, parfois même sous des gouvernements de gauche. Cette incompréhension, à laquelle s’ajoute l’absence d’intervention démocratique, peut contribuer à expliquer le paradoxe qui fait que l’Europe aujourd’hui applique une politique macro-économique plus à droite que les Etats-Unis, bien que disposant de syndicats beaucoup plus puissants et d’autres bases institutionnelles favorables à une politique économique plus orientée à gauche.

Mark Weisbrot - économiste

The Guardian Londres

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/773711-l-euro-la-fin-dun-reve-neoliberal

http://www.marianne2.fr/La-fin-de-l-euro-n-est-pas-la-fin-de-l-Europe_a208461.html



Le Gardasil, vaccin anti-cancer, nouveau scandale sanitaire ?

18/07/2011 21:47 par rgrs

  • Le Gardasil, vaccin anti-cancer, nouveau scandale sanitaire ?

    Le Gardasil, vaccin anti-cancer, nouveau scandale sanitaire ?

    18/07/2011 21:47 par rgrs

Depuis sa commercialisation en 2006, le Gardasil du laboratoire Sanofi-Pasteur MSD fait polémique. Deux jeunes femmes se disent victimes d’effets secondaires graves liés à ce vaccin. Elles ont déposé une demande d’indemnisation.

Après le Mediator, le Gardasil ? Arrivé sur le marché en novembre 2006, le vaccin destiné à lutter contre le cancer du col de l’utérus se retrouve une nouvelle fois sur la sellette. Deux jeunes filles de 16 et 20 ans estiment que ce médicament a provoqué chez elles de redoutables effets indésirables. Elles ont d’ailleurs déposé une demande d’indemnisation auprès de la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Lyon la semaine passée.
Le Gardasil a-t-il effectivement provoqué les crises de paralysie intempestives, les maux de tête et les douleurs au ventre dont se plaignent les jeunes femmes ? « Il n’est pas exclu que le vaccin soit responsable de ces effets secondaires », note Jean-Pierre Spinosa, gynécologue-obstétricien en Suisse, co-auteur de « La piqûre de trop ? »*.

Comme souvent dans le domaine du médicament, le lien de cause à effet est difficile à prouver. Reste que depuis sa mise sur le marché, le Gardasil ne cesse d’être remis en cause. Début juillet, Philippe de Chazournes, médecin à Saint-Denis-de-La-Réunion et président de
l’association de médecins Med’Océan, s’interrogeait dans une lettre ouverte au ministre de la Santé, Xavier Bertrand : « L’efficacité du vaccin Gardasil est-elle démontrée ? Le vaccin Gardasil est-il véritablement sans danger ? La balance bénéfice/risque est-elle suffisante pour maintenir son remboursement ? »


Le Gardasil, vaccin anti-cancer, nouveau scandale sanitaire ?
Un questionnement d’autant plus important qu’en l’espace de 5 ans, près d’1,5 million de jeunes femmes âgées de 13 à 26 ans ont reçu au moins une dose de ce vaccin, remboursé à hauteur de 65% par la Sécurité sociale… alors même que la preuve de son efficacité n’a toujours pas été donnée. « Les études cliniques du Gardasil n’ont pas été réalisées dans les règles de l’art », assure le docteur Spinosa. « Normalement, pour évaluer son innocuité, on compare un traitement à un placebo. Or, dans le cas de ce vaccin et dans la très grande majorité des études, le « placebo » utilisé n’était pas autre chose que l’adjuvant du vaccin ». L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a inscrit le Gardasil sur sa liste des médicaments sous surveillance post-crise du Mediator. Près de 1.700 notifications d’effets secondaires ont été recueillis par les autorités sanitaires concernant ce vaccin « contre le cancer du col de l’utérus ».

« Parler de vaccin contre le cancer du col de l’utérus, c’est un abus de langage », rappelle Philippe de Chazournes. « Il s’agit d’un vaccin contre certains papillomavirus humains pouvant être à l’origine de cancer ». Reste qu’en terme de communication, vaccin contre le cancer, c’est beaucoup plus efficace. Le labo l’a bien compris. Il y a encore peu, des campagnes de promotion de la vaccination envahissaient les écrans télé et les pages des magazines. « Si vous êtes parents d’une adolescente, vous savez sans doute que l’année de ses 14 ans est un rendez-vous important : celui de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus », vante une publicité sur papier glacé. « J’ai fait vacciner mes enfants contre la polio, la coqueluche, la tuberculose, le tétanos… sans me poser de question : ce sont des mesures de prévention nécessaires… La vaccination contre le cancer du col de l’utérus en fait partie », témoigne, sur la réclame, un certain Christophe, 40 ans, père d’une ado de 14 ans.
Plus haut, c’est une autre maman qui se réjouit : « pouvoir se protéger contre ce cancer est une chance ». Un peu plus bas, et en plus petits caractères, la même maman rappelle qu’il faut bien sûr faire des frottis de dépistage régulièrement… « Le danger, c’est que les jeunes femmes vaccinées ne voudront peut-être plus aller faire ces frottis », s’inquiète Philippe de Chazournes. Depuis les années 1980, le nombre de nouveaux cas et la mortalité liée au cancer du col de l’utérus est en baisse continue. « La seule et unique mesure de prévention associée à cette baisse régulière est le dépistage régulier par un frottis cervico-utérin », rappelle le médecin. La méthode demeure la plus sûre pour traquer les cellules cancéreuses. Mais elle fait sans doute moins les affaires de Sanofi-Pasteur MSD : chaque dose de Gardasil est vendue plus de 120 euros. Sachant qu’il est recommandé d’en recevoir au moins 2 ou 3, le calcul est vite fait. Un bon business qui pourrait devenir encore plus important : la firme tenterait d’étendre la vaccination… aux garçons.

Clotilde Cadu - Marianne

* Catherine Riva, Jean-Pierre Spinosa « La piqûre de trop ? Pourquoi vaccine-t-on les jeunes filles contre le cancer du col de l’utérus ? », éditions Xenia


Fillon sauve l'Union de la gauche

18/07/2011 21:43 par rgrs

  • Fillon sauve l'Union de la gauche

    Fillon sauve l'Union de la gauche

    18/07/2011 21:43 par rgrs

On n'est pas là pour voir le défilé, a chanté Eva Joly, provoquant une attaque dérisoire du Premier ministre. Dont le principal effet est d'avoir ressoudé une gauche que les propos de la candidate écologique avaient gêné au plus haut point...

ls étaient bien embêtés, les Aubry, Hollande, et même Mélenchon après la sortie d'Eva Joly sur le 14 juillet. Sans parler de Ségolène Royal, qui avait proposé de mobiliser l'armée à des fins d'éducation ou de rééducation... Zapper le défilé au lendemain de la mort de 7 soldats français, comparer l'armée française à celle de la Corée du Nord, voilà qui était quelque peu gênant pour ceux qui se préparent à exhumer l'union de la gauche. La proposition était non seulement incongrue dans le contexte des conflits en Afghanistan et en Lybie (qu'Eva Joly a soutenus ). On en était là, à naviguer entre les silences gênés et les réserves d'usage, lorsque François Fillon a saisi la ball(trapp ?) au bond avec sa saillie sur « cette dame (qui, ndlr) n’a pas une culture très ancienne de la tradition française, de l’Histoire française et des valeurs françaises ».

Très logiquement, l'ensemble des chefs de la gauche a embrayé et les réserves ou les moues gênées se sont transformées vite fait en une solidarité sans failles. Et Boby Lapointe (On n'est pas là pour se faire engueuler, on est là pour voir le défilé) s'efface devant le poète enterré à Sète. Là haut sur son petit nuage, Georges Brassens, qui ne pouvait deviner l'existence de Dieu, doit avoir chaud au coeur : le 14 juillet 2011 a été l'occasion d'un hommage inattendu à
l'une de ses chansons les plus connues...

Les propos du Premier ministre ont immédiatement été mis en rapport avec la binationalité d'Eva Joly. Pire, le Premier ministre a donné l'impression - même si ce n'est pas forcément ce qu'il a voulu dire - qu'il consacrait l'existence, en quelque sorte, de deux catégories de Français, les plus anciens capables de transmettre son histoire et les plus récents qui la comprendraient mal. Or, on trouve évidemment des Français dits « de souche » insensibles à l'histoire de France autant que des étrangers pénétrés de notre sensibilité nationale.

En tout cas, cette passe d'armes nous a replongés illico dans le fameux débat foireux sur l'identité nationale dont chacun a été pourtant bien content de se débarrasser, à droite comme à gauche. Gardons-nous bien d'y revenir sur le fond : l'identité nationale est un vrai sujet, car la France de 2011 n'est pas celle de 1960, et cette évolution comporte de nombreuses conséquences dont il faudrait discuter. Mais pas dans les termes où elle a été
posé par Nicolas Sarkozy voici dix-huit mois, pas davantage que dans le climat recréé par la polémique actuelle.

Si nous évitons donc un débat de fond, que restera-t-il de la polémique enclenchée par l'intervention du premier ministre à part de donner le sentiment que nous vivons une campagne présidentielle dans laquelle les « torrents de merde » succèdent aux boules puantes, ainsi que le titre Marianne cette semaine ? Une magnifique courte-échelle à l'Union de la gauche et à la campagne d'Eva Joly. D'abord parce que François Fillon dispense le PS et le Front de gauche de s'expliquer sur ce qui les distingue d'Eva Joly et des courants pacifistes qui constituent le fond de sauce d'Europe Ecologie-Les Verts. Ensuite parce que la saillie de Fillon installe la candidate écologique à la une des médias pour en faire à la fois la victime et la principale bénéficiaire de l'opération. Je suis sûr que, de son Fort de Brégançon, le Président doit fulminer contre un Premier ministre auquel il ne peut cependant rien dire : n'est-ce pas lui qui, à Grenoble voici un an commencé à gratter les allumettes de la grande discorde ?

Philippe Cohen - Marianne

http://www.marianne2.fr/Fillon-sauve-l-Union-de-la-gauche_a208627.html

La proposition de Madame Joly est une insulte

17/07/2011 19:43 par rgrs

  • La proposition de Madame Joly est une insulte

    La proposition de Madame Joly est une insulte

    17/07/2011 19:43 par rgrs

La proposition de Madame Joly de remplacer le défilé militaire du 14 Juillet par une « grande parade » est une insulte à notre pays, à ceux qui se battent pour lui, à ceux qui lui ont donné leur vie.

Chaque jour, nos soldats se battent, non pas par instinct guerrier, mais pour défendre les valeurs de la Liberté, protéger les Français, affirmer la place de la France dans le monde. Ils le font au péril de leur vie. La mort tragique de 6 militaires en Afghanistan cette semaine nous le rappelle cruellement.

L’armée, pilier de notre République, contribue à préserver l’indépendance nationale, à maintenir l’équilibre du monde, à le rendre plus juste contre les dérives extrémistes et la loi du plus fort.

Le 14 Juillet est un rendez-vous incontournable pour que la Nation lui exprime son soutien, sa gratitude et sa reconnaissance.

http://www.bourguignat.fr/2011/07/15/la-proposition-de-madame-joly-est-une-insulte/

 

Sainte Josette

17/07/2011 19:31 par rgrs

  • Sainte Josette

    Sainte Josette

    17/07/2011 19:31 par rgrs

Qui veut encore se faire prof ? Peu de monde, malgré le caractère attractif du salaire (1350 euros net en débutant à Bac + 5), le caractère reposant du métier, la considération universelle qu'il inspire, à une époque où, comme chacun sait, l'être l'emporte toujours sur l'avoir et la Bibliothèque de France sur le Fouquet's…

Cette année, la carence de candidats a amené à l’oral, dans certaines matières, moins de postulants qu’il n’y avait de postes. Aucune raison que ces survivants-là fussent globalement meilleurs que ceux des années précédentes. Il a donc fallu des tours de passe-passe, des notes relevées à la louche, l’indulgence des jurys et parfois une cécité volontaire pour qualifier les nouveaux Certifiés — en dehors de ceux qui le méritaient vraiment.

Du coup, bon nombre de jurys ont refusé de remplir la totalité des postes mis au concours (1). Au total, un petit millier sont laissés en jachère. La gabegie, oui, la chienlit, non.

Résultat, certains des refusés menacent de porter plainte, oubliant qu’aucun règlement n’a jamais stipulé que les jurys devaient affecter tous les postes mis au concours. Dans les années 60-70, la défense du niveau amenait souvent les jurys à qualifier moins d’entrants que de postes. Mais ce sont sans doute les mêmes qui prônent 100% de réussite au Bac, et qui trouvent que 86% est une infamie hyper-sélective. Egalitarisme bien compris commence par soi-même.

Le SNES, jamais en retard d’une démagogie, proteste hautement (2) et voudrait que l’on fasse profs des malheureux dépourvus de toute compétence — chair à canon pour le recrutement syndical, probablement. Au lieu de s’indigner, comme le fait par ailleurs le SNALC (3), du double bind, la double contrainte des jurys : accepter le plus grand nombre, quitte à descendre le niveau de recrutement plus bas que les pâquerettes, ou refuser cette mascarade, et autoriser du coup le ministère à nommer à la rentrée aux postes non pourvus des vacataires exfiltrés de Pôle Emploi, compétents par inadvertance, mais lâchés comme les autres dans la cage aux fauves. Avec en poche une Licence qui ne vaut pas tripette — grâces soient rendues aux universitaires qui persistent, sous prétexte qu’ils font de la Recherche, à ne pas former décemment les étudiants qui voudraient exercer le plus beau métier du monde… Oui, honte à eux, qui n’ont pas voulu comprendre, depuis quinze ans, que la perte de substance au collège et au lycée, qui est le fait de programmes irréalistes et d’une idéologie pédagogique mortifère, leur promettait des générations d’étudiants en échec permanent. Et que la perte de substance dans les trois premières années de fac, qui est cette fois de leur fait exclusif, nous garantit, à nous, et à nos enfants, une pleine génération de frustrés, que l’on aura menés au bord de l’eau sans les laisser boire, titulaires de diplômes dont la reconnaissance sera aléatoire, et des enseignants qui, sauf miracle individuel, seront à la peine ou à la ramasse…

Il n’en fallait pas plus pour que Josette Théophile (4), Directrice des Ressources Humaines des deux ministères de l’Education et de l’Enseignement Supérieur, pavoise. Et avoue, avec la naïveté et l’arrogance qui sont, depuis quelques années, l’apanage des grandes incompétences de la rue de Grenelle, que tout va très bien, Madame la Marquise. Le nombre de postes, dit-elle, excédait les besoins : « Nous avions anticipé les choses et surcalibré le nombre de postes offerts : sur les 978, environ 300 ne correspondent pas à des besoins des académies ». Admirable prévoyance ! Avec 16 000 suppressions de postes par an depuis trois ans et une architecture du « nouveau lycée » qui sacrifie hardiment les savoirs sur l’autel de la rigueur budgétaire, je veux bien croire qu’on ait de moins en moins besoin de profs — contre toute logique, et toute évidence. En tout état de cause on compensera les manques avec des vacataires, qui ont une Licence attribuée par les universitaires (voir plus haut…) et sont donc en mesure d’enseigner : à cette aune, qu’avons-nous encore besoin de concours ?

D’ailleurs, c’est prévu. Le CAPES interne n’est déjà plus disciplinaire, c’est une Validation des Acquis de l’Expérience. Vous avez été Gentil Animateur au Club Med ? Qualifié comme prof de maths — ou de Lettres, au choix. L’agrégation est une survivance d’un passé discriminant — supprimons-la, nous ferons plaisir au SGEN et aux comptables, pseudo-libertaires et vrais libéraux main dans la main — ou pire. Les concours nationaux sont impossibles à gérer — d’ailleurs, les incidents se multiplient, par pur hasard bien sûr, depuis quelques années : autant les supprimer, comme le suggère le rapport Grosperrin (5), et permettre aux chefs d’établissement, bons juges en toutes matières, de recruter eux-mêmes leurs enseignants sur des « postes à profil »… Il ne sera plus nécessaire d’être compétent dans une quelconque discipline, mais on aura le petit doigt sur la couture du pantalon pédagogique. L’ignorance, c’est la force, et l’enseignement de l’ignorance, ça ne date pas d’hier, comme disaient Orwell, Jean-Claude Michéa — et ma pomme.

La Poste ne marche plus : en vingt ans de libéralisation forcée, on a détruit un outil performant qu’on avait mis cinq siècles — depuis François Ier — à mettre au point. L’hôpital prend l’eau — nous avions le meilleur système de santé du monde, nous serons bientôt aussi mal en point que les Américains. L’Ecole était une réussite, et permettait à de nombreux enfants déshérités de devenir à leur tour héritiers : elle a été vidée de son contenu, mise à l’encan, livrée dans un premier temps aux pédagos, qui ont été les soutiers des bouchers libéraux — mais les uns et les autres mettront leurs enfants dans les quelques établissements, privés ou publics, que l’on gardera comme fabriques d’élites auto-reproduites. Nous nous sommes battus contre tous ceux, de droite et de gauche, qui sous les prétextes les plus divers ont ruiné le système français. Un combat perdu (6), sauf si nous arrivons à faire comprendre aux candidats crédibles à la future élection que leur avenir électoral passe par une remise en forme d’un Etat centralisé, seul capable de s’opposer aux forces centrifuges qui aujourd’hui épuisent les forces de la France — et sa patience.

Jean-Paul Brighelli

 

(1) http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/07/12/des-cent...

(2) http://www.snes.edu/petitions/?petition=22

(3) http://www.snalc.fr/affiche_article.php?actu=1&id=626...

(4) Voir son portrait par Natacha Polony il y a deux ans, lors de sa nomination : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/12/15/01016-... La même dame a ouvert le chantier de l'évaluation et de la réorientation des enseignants malheureux dans leur fonction, et a traité 44 demandes sur les 80 000 qui se sont manifestées. (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/02/08...). Bravo. Elle a en outre permis au ministère de dépenser 6,02 millions d’euros en communication en 2010, dont 350 000 pour la conférence sur les rythmes scolaires, et 120 000 pour les « états généraux » sur la sécurité à l’Ecole. Des frais indispensables en cette époque de vaches maigres. Encore bravo.

(5) http://www.vousnousils.fr/2011/06/29/une-mission-parlemen... Bien sûr, ledit rapport a été immédiatement récusé par le ministère. Et les enseignants, tout contents d’avoir — sans batailler — remporté une telle victoire, accepteront plus facilement une refonte complète des concours, dans le sens d’une évaluation des capacités pédagogiques et lèche-cultistes, si essentielles dans l’Ecole de demain mise en place aujourd’hui.

(6) Ce que constatent conjointement Sauver les Lettres et Reconstruire l’école, en montrant la continuité d’une même pensée, de la loi Haby aux réformes Chatel : http://www.sauv.net/tractdecent.php

Réponse à une rumeur. Jean-Pierre Chevènement

17/07/2011 19:22 par rgrs

  • Réponse à une rumeur. Jean-Pierre Chevènement

    Réponse à une rumeur. Jean-Pierre Chevènement

    17/07/2011 19:22 par rgrs

Plusieurs personnes s’inquiètent de mon absence de réponse aux allégations reprises dans la presse en juin dernier concernant mes conditions de logement à Paris. En l’absence, à la mi-juillet, de toute réponse du Président de la RIVP à la lettre que je lui ai adressée le 29 juin, j’ai décidé de publier celle-ci. En voici le texte.

Lettre à M. Pierre Aidenbaum en date du 29 juin 2011 :


"Monsieur le Président,

Comment peut-on qualifier le comportement d’un bailleur qui, en 2009, propose une augmentation de loyer de 50 % à son locataire, qui l’accepte sans discuter, et qui, deux ans plus tard, en 2011, alimente une campagne médiatique contre ce même locataire, sur la base d’informations fausses, au prétexte que, parlementaire, il manquerait à son « devoir d’exemplarité » ? Hypocrite est le premier mot qui vient à l’esprit.

Vous invoquez « la transparence, l’équité, le respect du droit ».

Transparence ? Mon loyer doit être porté à 1 942 euros par mois charges non comprises, selon votre proposition du 28 décembre 2009. Je n’acquitte pas 1 271 euros, comme vous l’indiquez faussement dans les colonnes « du Parisien » du 22 juin 2011.

Equité ? Vous me mettez en cause en tant que parlementaire. Vous n’êtes pas sans savoir que l’indemnité parlementaire (5 700 euros par mois) a été instituée pour mettre les élus de la nation à l’abri des pressions de l’Argent. Vous devriez donc laisser ce genre de campagne antiparlementaire à l’extrême droite.

Respect du droit ? Vous savez fort bien que, locataire depuis août 1983 d’un logement ILN (immeuble à loyer normal), et non pas HLM, dont le loyer est donc fixé par le bailleur, je me trouve, comme je l’ai toujours été, dans une situation parfaitement légale. Et c’est bien parce que la loi ne vous donne aucun droit contre moi que vous utilisez la rumeur, au nom d’une mission de « nettoyage » que vous vous êtes donnée à vous-même. Cette politique à mon égard est une diversion. Elle est d’autant plus inacceptable qu’elle est menée par des responsables dont la mission devrait être de résoudre les graves problèmes de logement qui se posent à nos concitoyens.

Je n’imagine pas que vous ayez pris seul l’initiative d’une telle campagne. Vous êtes d’ailleurs le quatrième adjoint ou collaborateur de Monsieur le Maire de Paris après M. Mano, Mme Hidalgo et votre prédécesseur à la tête de la RIVP, à avoir jeté mon nom en pâture à la presse depuis trois ans ou en vue de porter atteinte à ma réputation d’honnêteté.

Je ne m’interrogerai donc pas pour savoir qui est tellement gêné par ma présence dans le paysage politique, en ce moment, avec les convictions qui sont les miennes. Un homme politique n’a pas d’autre vrai capital que sa réputation. Votre campagne est diffamatoire. Je me réserve de le faire valoir par tous les moyens de droit dont je dispose.

J’adresse une copie de ma lettre à Monsieur le Maire de Paris, et vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de mes sentiments distingués.

Jean-Pierre Chevènement
"

http://blogrepublicain.hautetfort.com/

 

Polémique Joly : valse de carabistouilles en trois temps

17/07/2011 19:16 par rgrs

  • Polémique Joly : valse de carabistouilles en trois temps

    Polémique Joly : valse de carabistouilles en trois temps

    17/07/2011 19:16 par rgrs

Et ce n’est peut-être pas fini

par David Desgouilles

Nous assistons, il faut bien le dire, à un déluge de bêtise depuis le 14 juillet et les déclarations d’Eva Joly. La bêtise, c’est souvent distrayant mais il faut reconnaître que, même avec l’esprit rieur, le fait que figurent, parmi les protagonistes de la polémique, le Premier ministre et une candidate à l’élection présidentielle prête moins à la gaudriole.

1er temps : Eva Joly annonce son souhaite de voir disparaître le défilé militaire du 14 juillet auquel elle ne voit plus beaucoup de sens1. Proposition très classique, finalement, au pays des écolos français dont le pacifisme, le rejet des symboles nationaux, le sans-frontièrisme exacerbé ne sont tout de même pas inconnus des observateurs politiques2. Sur ce, elle propose -et c’est là qu’on a le droit de s’esclaffer- une espèce de parade ridicule dont Nathalie Krikorian-Duronsoy a fait un sort présentant l’affaire comme « quelque chose à mi-chemin entre la gaypride et le Salon de l’Auto ».

2ème temps : Les chevau-légers (pas toujours légers, d’ailleurs) de l’UMP s’en donnent à coeur joie et, au lieu d’ignorer ou d’ironiser simplement sur les futures dissensions entre Ecologistes et Socialistes, pilonnent Eva Joly sur le thème : « Qu’elle retourne dans les Fjords, elle ne connaît rien à la France ». Finalement, c’est même le Premier ministre qui reprend cet argumentaire à son compte fustigeant la méconnaissance des traditions françaises de la candidate écolo et faisant donc explicitement référence à la double-nationalité d’Eva Joly. On avait connu François Fillon plus prudent sur ce terrain-là notamment lorsqu’il se précipitait pour faire savoir combien il se démarquait de ce qu’il considèrait comme des excès de la part de certains députés de sa majorité, par exemple ceux du collectif « Droite Populaire » très en pointe sur le dossier de la binationalité. En réalité, même si l’accent3 d’Eva Joly donnait effectivement un effet bœuf à ces déclarations, il n’y a pas plus française que cette sortie antimilitariste qui rappelle à bien des égards les polémiques franco-françaises sur les paroles de la Marseillaise. José Bové, qui représente à l’international -ou plutôt à l’altermondial- le Français moustachu attaché à son roquefort, a défendu hier sur Europe1 les mêmes positions que sa candidate, quelques dizaines d’années après le combat du Larzac qui l’avait amené pour la première fois sur le devant de la scène médiatique. Au passage, on rappelle aux écolos-pacifistes que le défilé militaire du 14 juillet constitue le symbole de la soumission de l’Armée au pouvoir civil représenté par le Président de la République. Lorsque ce sont des écoliers ou des étudiants qui défilent devant un parterre d’officiers médaillés, cela donne un signe beaucoup moins encourageant pour les libertés publiques mais aussi pour la paix. C’est cela que François Fillon aurait dû rappeler à Madame Joly, en évitant d’utiliser des références sordides et imbéciles sur les origines d’Eva Joly.

3ème temps : Eva Joly répond à François Fillon. Je dois à la vérité d’écrire que j’ai fort apprécié la formule : « Je ne descends pas de mon Drakkar », fort bien ajustée, et contenant un humour de bon aloi. Mais dans un second temps, elle croit bon de se défendre de tout antimilitarisme en avouant qu’elle a des amis militaires. On se pince. Décrocherai-je un point Godwin si je rappelle ceux qui se défendaient naguère -certains le font même encore !- d’antisémitisme en déballant leur ami juif ? Et Jean-Marie Le Pen qui, interrogé par Patrick Sébastien, déclarait que le sketch « Casser du noir » avait bien fait rire ses domestiques de la même couleur ? Ou même le personnage Adolphe-Bénito Glandu, créé par Thierry le Luron : « Chui pas raciste, mon chien est noir » ? Dans le genre « je m’enfonce », Eva Joly ne fait pas dans le détail.

Pour tout dire, on n’attend pas -mais alors pas du tout- de réponse du Premier ministre ou d’un représentant de l’UMP. On pourrait grimper encore dans les sommets de la connerie.

 

  1. Pourtant, c’est toujours le même : dans celui de la descente.
  2. Encore faut-il nuancer le propos sur le pacifisme puisque, ces dernières années, Daniel Cohn-Bendit, notamment a apporté une touche un peu BHL ou kouchnérienne -au choix- à la mouvance écolo. On l’a encore vu récemment à propos de la Libye, sujet sur lequel il a été rejoint par… Eva Joly, comme l’a fort bien rappelé Tefy Andriamanana sur Marianne2.
  3. On relira à ce sujet l’excellent article de Luc Rosenzweig.

http://david.desgouilles.fr/

Le régime Juncker contre la mauvaise Grèce

17/07/2011 19:12 par rgrs

  • Le régime Juncker contre la mauvaise Grèce

    Le régime Juncker contre la mauvaise Grèce

    17/07/2011 19:12 par rgrs

Il aura vraiment fallu les rebondissements à tiroirs de l’affaire DSK pour que la déclaration de Jean-Claude Juncker sur la Grèce soit passée inaperçue.

Voilà ce qu’a déclaré le président de l’Eurogroupe au magazine allemand Focus : « La souveraineté de la Grèce sera énormément restreinte », avant de comparer le pays de naissance de notre civilisation à l’Allemagne de l’Est après la réunification.

"La souveraineté de la Grèce sera énormément restreinte "

Il est dommage, d’ailleurs, que personne, ou presque, n’ait pu voir monsieur Juncker au moment où son masque tombait. Une certaine parole européiste se libère avec un mélange d’arrogance et de cynisme, décidément caractéristique, sauf pour ceux qui ne veulent pas voir, de la façon dont l’Union, depuis le traité de Rome et surtout depuis l’Acte unique de 1990, s’est construite non pas à l’écart des peuples mais contre eux, au nom d’un fédéralisme fantasmé qui devait nous faire sortir de l’Histoire pour mille ans de bonheur dans la concurrence libre et non-faussée, quitte à nous mettre à la remorque des Etats-Unis sur le plan géopolitique.

La construction européenne aurait, nous dit-on, l’immense vertu d’avoir durablement préservé la paix sur le Continent. Les Serbes ont dû apprécier, en 1999, quand ils ont été bombardés par l’OTAN avec la bénédiction de l’Union qui avait ainsi déjà ainsi montré comment elle respectait la souveraineté d’un Etat indépendant. Elle était intervenue, nous dira-t-on, pour la bonne cause. La fameuse ingérence humanitaire du bon docteur Kouchner, dont on a vu depuis qu’elle était souvent un faux-nez permettant de légitimer de banales opérations de guerre visant à s’assurer de nouveaux marchés et un approvisionnement sans risque en matières premières. Dans le temps, on appelait ça l’impérialisme mais c’est un mot tellement démodé que plus personne n’ose le prononcer.

"Dans le temps, on appelait ça l’impérialisme"

D’ailleurs, les Serbes sont aujourd’hui normalisés. Ils ont attendu que leur principal criminel de guerre, Mladic, soit mourant pour en faire cadeau au TPI. Comme ça, le déshonneur est sauf pour tout le monde et la Serbie sera bientôt membre du club. Ainsi une commission de technocrates parviendra-t-elle, en cinq ans, à faire ce que ni les Turcs, ni les Autrichiens, ni les Allemands n’avaient pu réaliser au cours des siècles : en finir avec une indépendance ombrageuse.

Ce désir européen, junckerien, d’en finir avec les nations passe habituellement par des moyens plus doux. Il suffit d’écrire à intervalles réguliers des traités ratifiés en catimini. Parfois, un chef d’Etat se rappelle qu’il est chef d’Etat et demande directement, par référendum, l’avis aux premiers concernés, c’est-à-dire à ses concitoyens.

Sont-ils d’accord pour être gouvernés par des textes qui inscrivent dans le marbre qu’une seule politique économique est possible, exploit que seule la défunte URSS avait réussi ? Si par hasard, le peuple dit non, ce n’est pas grave. On vote, on revote, on rerevote comme en Irlande ou au Danemark. En France, on se contente de refaire passer un texte refusé à 55% devant un Congrès à la botte et l’affaire est dans le sac.

"Tout cela se faisait avec une hypocrisie et un sens certain de la manipulation"

Mais enfin, tout cela se faisait avec une hypocrisie et un sens certain de la manipulation. Là, monsieur Juncker, peut-être paniqué par la fin programmée de l’euro qui sanctionnera définitivement l’échec de cet Europe-là, a perdu son surmoi de haut fonctionnaire bruxellois et accessoirement de premier ministre du Luxembourg. On rappellera au passage que son pays est un paradis fiscal au cœur de l’Europe où l’on blanchit en toute impunité l’argent de la drogue, du commerce des armes et autres joyeusetés dont on aura du mal à faire croire que ce sont des activités moins immorales et moins mortifères que ce qui est reproché aux Grecs actuellement saignés à blanc et vivant un climat constant d’émeutes où le désespoir le dispute à l’humiliation.

Mais répétons-nous encore la phrase de Jean-Claude Junker pour en mesurer l’énormité : « La souveraineté de la Grèce sera considérablement restreinte ». On a presque l’impression d’entendre Mac Arthur parlant du Japon, les Alliés de l’Allemagne de 45, voire Paul Bremer de l’Irak en 2003. Restreindre la souveraineté d’un Etat, en général, la communauté internationale se le permet quand celui-ci a perdu une guerre dans laquelle il a commis des atrocités.

Elles consistent en quoi les atrocités grecques ? Avoir trafiqué des comptes et masqué des déficits ? Avoir laissé la fraude fiscale s’instaurer comme un sport national ? Avoir financé un Etat-providence alors que le pays n’en avait pas les moyens, tout au moins dans une logique libérale puisque d’autres économistes estiment que les dépenses de santé, d’éducation, de police, de défense ne devraient pas être prises en compte dans le calcul du déficit ?

C’est tout ? Vraiment ? Pas la moindre épuration ethnique d’une minorité, pas de déclaration de guerre unilatérale à la Turquie, pas de prisonniers politiques torturés comme au temps de la dictature des Colonels ?

Les événements historiques passent souvent inaperçus au moment où ils se produisent. La déclaration de Junker en fait partie. On découvrira plus tard ses implications. Ce jour apparaîtra comme celui où, pour la première fois, un haut responsable aura affirmé clairement que le pouvoir politique ne pesait plus rien devant les exigences de la finance mondialisée, que le banquier avait plus de pouvoir que le ministre et une place boursière qu’un parlement élu. On s’en doutait un peu mais là, c’est merveilleusement explicite.

On pourrait conseiller à Juncker de relire Byron, de regarder les tableaux de Delacroix ou encore de se faire raconter, dans les bureaux climatisés de son grand-duché, l’histoire de Manolis Gleizos qui, une nuit de mai 1941, se faufilant avec quelques camarades communistes au milieu des sentinelles, descendit le drapeau à croix gammée qui flottait sur l’Acropole pour le remplacer par le drapeau national que tous les Athéniens virent pour quelques minutes flotter dans le soleil du matin.

Gleizos vit toujours, il est de toutes les manifestations de la place Syntagma. Et, paradoxe du combattant internationaliste, lui sait ce qu’est la souveraineté.

Apparemment, monsieur Juncker et l’Eurogroupe l’ont oublié comme ils ont oublié ce que signifie ce principe fondateur de la liberté : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Alors, avec Hugo, je déclare à la face de monsieur Juncker :

« En Grèce ! En Grèce ! Adieu, vous tous ! Il faut partir ! Qu’enfin, après le sang de ce peuple martyr, Le sang vil des bourreaux ruisselle ! En Grèce, ah mes amis ! Vengeance ! Liberté ! »

Jérome Leroy, journaliste à Causeur

http://www.debout-la-republique.fr/Le-regime-Juncker-contre-la.html

Les fous de la corbeille

17/07/2011 19:09 par rgrs

  • Les fous de la corbeille

    Les fous de la corbeille

    17/07/2011 19:09 par rgrs

Il y a dix jours, sur RTL, Jean-Pierre Raffarin a osé mettre sur le même plan l’avis des électeurs et l’avis des prêteurs. Gérald Andrieu, de Marianne, a signé un beau papier dénonçant cette prise de position. Malheureusement, il y a d’autres fous de la corbeille, comme le prouve ce papier de Pascal Salin.

L’adoubement de la corbeille

Il fallait avoir le cœur bien accroché pour écouter l’ancien Premier Ministre jeudi dernier : « au fond, dans le passé, l’élection présidentielle dépendait d’un seul facteur : l’avis des électeurs. Maintenant, l’élection présidentielle dépend de deux facteurs : l’avis des électeurs, mais aussi l’avis des prêteurs ». L’UMP semble vouloir indiquer que voter socialiste pourrait remettre en question le crédit de la France sur les marchés financiers et pour les agences de notation.

Ce faisant, ils ne se rendent même pas compte de la schizophrénie de leur discours, puisqu’ils critiquent les agences tout en évoquant leur jugement pour déconsidérer leurs adversaires. Mais le plus hallucinant est clairement le fait de mettre sur le même plan les électeurs et les prêteurs. S’il ne s’agit pas de faire n’importe quoi avec ces derniers, les mettre sur le même plan est extrêmement choquant d’un point de vue démocratique ce qu’un ancien Premier Ministre aurait du voir.

L’ayatollah néolibéral

C’est un commentateur de mon blog qui m’a signalé ce papier proprement incroyable de Pascal Salin, professeur d’économie à Dauphine. Il est toujours intéressant de savoir comment ses adversaires pensent, mais là, j’avoue que cela dépasse complètement tout ce que je pouvais imaginer. Il affirme ainsi que « supprimer la progressivité de l'Impôt sur le Revenu et augmenter un peu la TVA serait donc justifié, mais relever la TVA sans autre contrepartie serait de la pure folie ».

Cette interview a au moins le mérite de dévoiler le fond d’un certain courant de pensée, qui ne recule devant aucun mensonge pour défendre ses idées. L’impôt sur le revenu ne représente que 2.5% du PIB, moitié moins qu’il y a vingt ans. Ensuite, évoquer des taux d’imposition de 80 à 90% est quand même totalement ridicule quand on sait qu’il y a un bouclier fiscal à 50% ou si on suit les travaux de Landais et Piketty qui ont démontré la dégressivité de notre imposition passé un certain seuil.

Malgré tout, on peut remercier Jean-Pierre Raffarin et Pascal Salin de leur franchise : cela permet de comprendre le fond de la pensée néolibérale, sa vision de la démocratie ainsi qu’un certain rapport aux inégalités et à l’impôt.

Laurent Pinsolle

 http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Les arbres qui cachent la forêt

17/07/2011 13:25 par rgrs

  • Les arbres qui cachent la forêt

    Les arbres qui cachent la forêt

    17/07/2011 13:25 par rgrs

Nous savons bien, nous , que les tapages médiatiques sont d’opportuns fumigènes

Et pourtant !
Pour la troisième fois , R.T.Erdogan a remporté les élections législatives le 12 juin , et va pouvoir ainsi élaborer la nouvelle constitution dont le principe avait été accepté au referendum du 12 septembre 2010 à 58 %, grâce au vote des anatoliens .Ce qui implique la fin de l’esprit kemaliste , cependant que les pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’U.E. se poursuivent , son pavillon à Bruxelles étant déja sorti de terre .
Silence , Kate et William se marient à Londres

Et pourtant !
La guerre supposée « éclair « en Lybie se poursuit , achevant de grossir notre dette et d’user le matériel militaire à disposition de nos soldats malgré les avertissements des responsables; coût pour la France : 87 millions d’ € en trois mois , tout cela pour ne probablement pas empêcher une scission Tripolitaine -Cyrénaïque , la Lybie n’étant qu’un artifice de l’impéritie occidentale .
Silence , Albert épouse à Monaco une charmante Zélandaise

Et pourtant !
Passé inaperçu en ce soir de bals non plus musette mais « techno » , un bref communiqué a fait état d’une » réflexion sur l’impôt » dans les prochains jours : serait on à la recherche d’un nouveau Joseph Caillaux , radical et inventeur de l’impôt sur le revenu ? Ou du célèbre petit pistolet de son épouse ?
Antique Athéna , que ne nous réclamera t on pas en ton noble nom ?
Silence , le tour de France occupe les écrans….
Non , cette cette fois le feu de Bengale a pris l’eau.
Soixante dix ! Soixante dix morts ‘pour la Patrie », comme certains osent le dire ? Non , soixante dix soldats français morts à la place d’américains , en supplétifs pour zones à haut risque, si ce n’est en distributeurs de tapis de prière ou de la bonne parole . Apres la parade présidentelle filmée de la veille , la tardive concertation ministerielle sur leur sécurité , les figures inquiètes : l’Afghanistan tue proportionnellement plus que la guerre d’Algére , où il fallait protégér un million de Français et de vrais enjeux économiques . Avec quel résultat ?
A l’évidence , on perd à partir sans avoir vaincu , plus qu’à rester sans vraiment vaincre .C’est le piège où il ne fallait pas tomber.
Mais il n’y a pas loin du Capitole à la Roche tarpéienne….
ALCESTE , 14 juillet 2011