Comment le gaz de schiste incarne la menace du néocolonialisme

28/04/2011 09:23 par rgrs

  • Comment le gaz de schiste incarne la menace du néocolonialisme

    Comment le gaz de schiste incarne la menace du néocolonialisme

    28/04/2011 09:23 par rgrs

Nant, Saint-Jean du Bruel, Sauclières… qui aurait dit que ces villages de l’Aveyron, entre Causses et Cévennes, feraient la une de journaux télévisés et seraient cités dans les colonnes du Wall Street Journal ou du Financial Times ? C’est qu’on y vit bien, dans ces villages nichés au creux de la vallée de la Dourbie, au pied du Saint-Guiral, d’autant bien et d’autant mieux que le monde s’arrête, quelque part du côté de Millau et du fameux viaduc, à l’ouest, ou bien de la plaine à vignes des grandes migrations du travail ou du soleil, là-bas, vers Montpellier ou Béziers. C’est qu’on y vit d’autant mieux que, depuis les guerres de religion qui ont dévasté la région, les grands tumultes du monde ont pour l’essentiel épargné la zone, malgré les coupes sombres dont témoignent les monuments aux morts de 14-18.

Nant, Saint-Jean-du-Bruel ou Sauclières se retrouvent, sans l’avoir voulu, aux avant-postes du combat qui vient, et qui n’épargnera pas un pays comme la France, des régions comme le Midi-Pyrénées, les Causses ou les Cévennes. Les permis d’exploration de gisements de gaz de schistes, accordés à des sociétés pétrolières, dont Total, suscitent d’abord l’inquiétude de populations ni consultées, ni informées, et qu’effraient les images de ces Montagnes Rocheuses éventrées par l’exploitation de gisements analogues. Ils suscitent ensuite le combat de ceux qui n’entendent pas laisser coloniser leurs Causses par les géants pétroliers, les fonds d’investissements et la logique du marché mondial. Et ils provoquent surtout cette prise de conscience ; nous aussi sommes concernés par la nouvelle colonisation du monde, nous aussi sommes des indigènes en lutte pour leurs terres, leurs mœurs et leur liberté d’être et de demeurer.

Ce combat annonce un affrontement planétaire, celui qui va opposer, partout dans le monde, les colons et les indigènes. Nous n’en sommes qu’au début. Pensez-y un instant ! Chaque année, c’est l’équivalent de la surface agricole utile de la France qui est achetée par des fonds d’investissements ou des industriels de l’agro-alimentaire étrangers au pays où ils investissent. Ce combat est celui qui oppose les droits de l’exploitant, au nom de la valorisation économique, et les droits de l’occupant, au nom de ses racines, de ses liens, et de son bien-être. Nous n’en avons pas fini avec la quête d’autonomie des sociétés humaines, une quête d’autonomie qui est le moteur des révolutions arabes actuelles, une quête d’autonomie qui ne se tourne plus contre le missionnaire ou le soldat, mais contre cette forme moderne de colonisation qu’est le marché international des droits de propriété, d’exploitation et de vente. Et ce combat est ce qui oppose une économie de marché dont l’extension aux hommes et à la terre promet des bouleversements géoéconomiques et des affrontements géopolitiques violents, à des sociétés qui savent ce qu’elles se doivent, qui se préfèrent à la croissance et à l’argent, et qui n’entendent pas céder à la loi du rendement maximal et de l’actionnaire tout puissant. Bandung, c’est pour demain, l’insurrection des peuples libres contre la colonisation interne du taux de rendement et du retour sur investissement. Car liberté s’appelle gratuité, frontières, et séparation.

Le débat vient de loin. La terre appartient à ceux qui l’exploitent ; l’égoïsme des uns ne peut entraver le progrès des autres ; les peuples primitifs doivent céder à la loi du colonisateur venu leur apporter la civilisation, la morale et l’efficacité… En Ethiopie, voici deux mois, j’entendais des représentants de fonds d’investissement justifier ainsi le déplacement de quelques 60 000 membres de tribus du Sud pour construire un barrage… Il faut bien éclairer les tours que construisent les Chinois, et fournir du courant aux ordinateurs ! Ce n’est pas d’aujourd’hui que s’affrontent des logiques, des raisons et des principes. Mais cet affrontement prend un tour différent. C’est que, pour la première fois avec cette violence, ce sont des terres de France, parmi les plus emblématiques de la France de toujours, à moutons et bergers, à jambon et à Roquefort, qui sont touchées. C’est que, dorénavant, c’est la France et c’est l’Europe qui se sentent frappées par le choc en retour des chiens de l’universel qu’elles ont lancés sur le monde. C’est qu’il s’agit de fouiller les entrailles de la terre, de faire exploser des montagnes et d’ouvrir la terre pour y trouver des sources d’énergie, cette énergie dont l’abus manifeste par ailleurs détruit la vie. C’est qu’il s’agit de concéder à des sociétés privées quelques uns des derniers espaces de gratuité, de liberté et de beauté français.

La raison est simple. La course aux matières premières, à la terre, à l’eau, à l’énergie, à l’espace, ne fait que commencer. La seule phrase qu’il faut retenir en ce début d’année est celle de Bruno Lemaire, prévenant les Français que la baguette de pain, le kilog de riz ou de pâtes vont coûter plus cher, beaucoup plus cher dans les années à venir. Se chauffer, s’éclairer, se nourrir, va redevenir un problème pour une partie de la France et pour des Français qui n’échapperont pas à la tiers-mondisation que produit le libre-échange. Et le mouvement est rendu irrésistible par l’abaissement des frontières, des limites et des priorités qu’une Nation pouvait opposer aux prédateurs étrangers, aux envahisseurs affamés ou aux pillards financiers. Ce ne sont pas les Safer et ce ne sont pas les baux ruraux qui préserveront la terre de France des fonds d’investissement, ce ne sont pas les coopératives qui maintiendront le revenu de l’agriculteur et le pouvoir d’achat des Français, comme ce ne sont pas les conseils généraux ou les fonctionnaires chargés des territoires qui bloqueront l’accès aux pétroliers texans ou aux gaziers chinois. Nous nous sommes gorgés depuis trois siècles des bénéfices du trafic colonial, du monopole de la détention du capital et de l’emploi du travail gratuit en Chine et ailleurs, nous allons être confrontés aux retours d’une mondialisation qui a changé de sens, et qui fait de nous une cible, de nos systèmes publics une proie convoitée et de nos territoires des ressources à exploiter.

Serons-nous, dans nos vallées du Tarn et de la Dourbie, sur nos Causses et nos Cévennes, ces Indiens déportés en masse, parqués et enfermés dans des réserves pour laisser le colon exploiter leurs terres, détruire toute la diversité qui s’y trouvait, pour assurer le meilleur rendement au capital investi ? L’image est tentante, mais attention ! Le débat est moins simple qu’il n’y paraît. Car la quête de l’autonomie, le retour de la souveraineté, passent par une indépendance énergétique et par un accès à la puissance industrielle dont l’exploitation de gaz de schistes pourrait bien être l’un des moyens. Car l’opposition entre colon et indigène est bien vite dépassée, quand ce sont les indigènes dont l’intérêt sonnant et trébuchant les conduit à concéder leur terre aux plus offrants, ou à rêver de transformer leurs champs en lotissements ; quel paysan proche de la retraite n’a pas cédé à la tentation !

Car il se pourrait bien que le débat soit plus fondamental. Le sacrilège symbolique est au fond de la rébellion ; on n’a pas le droit de faire ça ! Pas le droit d’éventrer les montagnes pour faire rouler des voitures, pas le droit de détruire des paysages pour que plus d’avions transportent plus de voyageurs qui ne vont nulle part, puisque tout sera bientôt pareil, dans les endroits où se posent les avions. Pas le droit de toucher ce qui est plus que l’homme, plus que les vies humaines qui se succèdent, et qui se nomme le sacré d’un lieu, d’une terre, d’un lien. Un pays n’est pas une marchandise ; une société humaine ne s’achète pas au prix du marché ; et ce qui n’a pas de prix est au-dessus de ce que les prédateurs apatrides et les marchands coloniaux peuvent toucher. Et voilà ce qui pourrait bien être la clé d’une identité de projet et d’une nouvelle civilisation. Ce qui fait aujourd’hui l’identité d’un Cévenol, d’un Caussenard, ce n’est pas la naissance, ce n’est pas même l’accent, c’est la volonté de se battre et d’agir pour que Cévennes et Causses ne soient pas seulement une marchandise, un calcul de rendement, une ressource promise à qui l’exploitera au mieux.

Hervé Juvin

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Hervé Juvin recommande une visite du site CAP21, qui porte devant le Conseil d’Etat une demande de révision du code minier à propos des permis d’exploration pour le gaz de schiste.

 

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/comment-le-gaz-de-schiste-incarne-92934

Et si Ségolène Royal gagne la primaire PS ...

28/04/2011 09:17 par rgrs

  • Et si Ségolène Royal gagne la primaire PS ...

    Et si Ségolène Royal gagne la primaire PS ...

    28/04/2011 09:17 par rgrs

Aucun sondage ne peut actuellement prévoir avec fiabilité le résultat de la primaire PS pour une raison technique simple mais fondamentale : le corps électoral concerné n'est pas sondé à ce jour faute de fichiers dédiés à savoir les adhérents du PS. D'où la détermination légitime d'une candidate comme Ségolène Royal.

Pourquoi s'emballer sur des sondages qui n'interviennent pas sur la cible techniquement concernée ?
C'est la question élémentaire que beaucoup d'observateurs devraient poser actuellement.
C'est comme si un collège de citoyens de l'Union Européenne était l'assiette d'un sondage pour le vote du Président français ... chacun verrait alors l'immense relativité des informations données.

C'est pareil pour le PS.

L'opinion ne votera pas. Les sympathisants PS probablement pas davantage. Le vote concernera exclusivement les adhérents du PS anciens ou ponctuels.
A ce jour, aucune enquête n'est intervenue auprès des seuls adhérents du PS ; ce qui supposerait préalablement la transmission du fichier en question par l'appareil du PS à un institut de sondage et la détermination préalable d'un échantillon techniquement représentatif ; ce qui ne serait probablement pas juridiquement possible et techniquement très délicat à réaliser.

Par conséquent, tout est ouvert, très ouvert.

Parce que le mécanisme même des primaires est une réelle révolution. Le dispositif, directement inspiré des mécanismes américains, entraîne en effet des modifications majeures et multiples dans le temps.

Photo : Libération http://www.liberation.fr/medias/0101322098-segolene-royal-attaque-paris-match

http://exprimeo.fr/article/6741/et-si-segolene-royal-gagne-la-primaire-ps.htm

François Hollande et la course à la sympathie

28/04/2011 09:12 par rgrs

  • François Hollande et la course à la sympathie

    François Hollande et la course à la sympathie

    28/04/2011 09:12 par rgrs

La campagne canadienne avec la percée de Layton, le lancement de la primaire américaine sont marquées par des points communs : l'opinion publique veut de la sympathie.
Et si les courses présidentielles 2012 étaient d'abord la course au plus "sympa" ?
Que reste-t-il à des leaders qui peinent à sortir les pays de la crise ? Au moins à ne pas afficher l'arrogance de tout savoir sans rien pouvoir mais à témoigner de ... la proximité sympathique.
C'est la "cool attitude" ou plus précisément le "style copain" de celui qui est proche, pas prisonnier de la "pompe du pouvoir".

François Hollande avec son axe du "Président ordinaire" est le seul présidentiable 2012 à occuper ce créneau pour l'instant. Il a débuté avec des moqueries dans un pays marqué par l'histoire des "hommes providentiels". Pas sûr que ce ne soit pas la vague 2012 que la prime à la sympathie ... ?

Obama veut revenir à cet axe qui en 2007 avait assuré son lancement puis son succès. C'est sa véritable priorité actuelle. S'éloigner des apparences du pouvoir pour redevenir le "candidat citoyen" qui goûte aux joies simples et collectives de la vie.

http://exprimeo.fr/article/6740/francois-hollande-et-la-course-a-la-sympathie.hm

 

Bourlanges préfère Hollande à DSK. Pourquoi ?

28/04/2011 09:08 par rgrs

  • Bourlanges préfère Hollande à DSK. Pourquoi ?

    Bourlanges préfère Hollande à DSK. Pourquoi ?

    28/04/2011 09:08 par rgrs

Ce matin, France Inter recevait le président de l'Institut du centre, Jean-Louis Bourlanges. Lequel s'est illustré par un centrisme bien plus lisible que les discours de ses camarades candidats pour 2012 : européen assumé, sans être béat. Reste une chiffonnade : pourquoi diantre le roi du centrisme intelligent préfère-t-il Hollande à DSK et Bayrou ?

Ambiance détendue ce matin à Inter : le président de l'Institut du Centre et ancien vice-président de l'UDF Jean-Louis Bourlanges a donné à ses camarades politiques une leçon de centrisme. Non sans un certain humour et une rondeur qui rappelle Raymond Barre, le conseiller maître à la Cour des comptes a exposé un projet clair et qui a le mérite de la cohérence. L'interview de Patrick Cohen se situe en cela dans la continuité de l'entretien donné par Bourlanges au Monde daté du dimanche 24-lundi 25 avril.
Sujet chaud : la crise franco-italienne des flux migratoires tunisiens, qui appelle pour l'ancien député européen deux réponses :

- celle de l'aide au développement de la Tunisie, à laquelle selon lui, Alain Juppé a apporté un début de réponse à Tunis en emportant dans ses valises la promesse d'une aide de 350 millions d'euros. Il souligne à juste titre que nous devons aider à la stabilisation du pays émancipé du régime de Ben Ali. Les dirigeants européens s'étant félicités du vent de liberté et de démocratie qui soufflait sur le pays depuis la chute du dictateur, n'est-il pas désormais souhaitable que l'Europe se mette d'accord pour impulser une reprise économique qui limiterait les départs de migrants ? Mais dans les faits, les Européens sont encore frileux sur l’aide à apporter à Tunis.

- pour Jean-Louis Bourlanges, il est nécessaire de renouer avec une unité européenne fragmentée, qu'elle concerne les décisions sur le co-développement ou la gestion des flux migratoires. En cause : la réticence allemande à créer un outil bancaire commun de développement en Méditerranée, notamment par extension de la
Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, ou la Banque Européenne d'Investissement ). Car le cafouillage sur l'aide au développement n'arrange pas le problème de l'arrivée de flux de migrants dans l'espace Schengen, dévoyé par le « chacun pour soi » : pour Bourlanges, Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord fracture l'unité européenne en voulant « vider la baignoire », soit « permettre aux Tunisiens de traverser la péninsule et d'arriver en France ». L’Italie a en effet octroyé des papiers aux Tunisiens venus de Lampedusa, leur permettant ainsi de venir légalement en France selon les accords de Schengen.

Évidemment, l'ancien député européen cadre les limites de la
convention de Schengen. Au discours ambiant actuel qui pointe du doigt la convention comme la passoire non maîtrisée de la circulation des hommes, il renvoie dos à dos « laxisme » et « égoïsmes nationaux », et redéfinit Schengen comme un outil de contrôle européen des flux migratoires. D'où sa conclusion : ni laissez-passer, ni repli « protectionniste » terme un peu curieux s'agissant de la circulation des hommes : aucun pays n'existe sans règle d'accès au territoire et à la citoyenneté) en termes humains ou économiques, mais une maîtrise à l'échelle européenne.

Parallèlement, Jean-Louis Bourlanges critique à juste titre l'incohérence de Jean-Luc Mélenchon à vouloir réguler les capitaux et les marchandises sans  remettre en question la libre circulation des personnes. Malheureusement, pas un mot critique sur le libre-échange. Au contraire, Bourlanges s'en prend vivement au protectionnisme, même à l'échelle européenne, sans pour autant nous expliquer comment, en régime de libre-échange intégral tel qu'il le prône, les états de l'Union européenne peuvent enrayer le processus massif de désindustrialisation qu'ils subissent depuis des années. Si l'on veut apporter des solutions à la crise que traverse l'Europe, il parait donc essentiel de se demander aussi pourquoi l'Europe ne protège plus ses économies.
une profession de foi centriste

Bourlanges dénonce les tentations extrémistes de droite comme de gauche qui ont le vent en poupe et embarrassent l'UMP et le PS, qui ne savent comment les traiter. Le diagnostic est assez juste. Mais il interroge sur le positionnement des centristes. Répondant à une question d'auditeur, Bourlanges donne sa version de leur destin électoral : constituer une force d'appoint pour la droite ou pour la gauche, en fonction des situations politiques. Cela rappelle le François Bayrou de 2007, qu'il brocarde pourtant comme étant « au milieu de nulle part », ne croyant pas à son idée que le centre peut être une « force indépendante de la droite et de la gauche ». Dès lors, Bourlanges, peu avare de bonnes formules, n'hésite pas à se déclarer proche de François Hollande tout en critiquant DSK, le « superman du FMI » qui lorsqu'il « atterrira », « opérera sa jonction avec le clergé socialiste ».

Lui en tout cas est clair : il y a une double crise des nations et de l'Europe, à laquelle il faut apporter une réponse européenne. Car « si l'Europe persistait à être en crise, ce serait le signe d'une très grande désespérance pour tous les peuples européens ». Ce qui ne l'empêche pas de faire rire dans le studio lorsqu'il pointe du doigt en souriant
José Manuel Barroso, « l'homme qui ne dit rien en cinq langues ». Ambiance débonnaire.

les angles morts des européistes

On le devine : lorsque Jean-Louis Bourlanges critique la probable candidature encore désincarnée de Dominique Strauss-Kahn, il le fait plus sur la forme que sur le fond. Car malgré cette pique goguenarde, le président de l'Institut du Centre serait-il si éloigné idéologiquement d'une candidature DSK ? Strauss-Kahn n'est-il pas le plus pro-européen des candidats aux primaires socialistes ? Or, pour Jean-Louis Bourlanges, le seul projet valable aujourd'hui serait « clairement européen », et consiste en « l'alliance entre un certain libéralisme et la régulation ». Une bonne définition du strauss-kahnisme qui rend incompréhensible l'empathie, manifestée envers François Hollande. A moins qu'il ne s'agisse de « dégager la voie » pour Nicolas Sarkozy, comme l'estiment certains « centrologues ».


Maxime Bellec - Marianne

Sondage: Borloo menace plus la gauche que Sarkozy

28/04/2011 09:02 par rgrs

  • Sondage: Borloo menace plus la gauche que Sarkozy

    Sondage: Borloo menace plus la gauche que Sarkozy

    28/04/2011 09:02 par rgrs

Un récent sondage IFOP montrerait que Nicolas Sarkozy serait battu en 2012 par n’importe lequel des candidats PS. Mais il montre en réalité la faiblesse d'un PS et de toute une gauche qui reste abandonnée par le peuple.

C'était l’information retenue par la plupart des médias. En 2012, Nicolas Sarkozy serait battu au second tour quel que soit le candidat PS. C’est la leçon d’un sondage IFOP pour Paris Match et Europe1. En effet, face à DSK, il n’obtiendrait que 20% au premier tour contre 27% pour le socialiste, au second, il subirait une lourde défaite par 61% contre 39% au profit du patron du FMI. Contre Hollande, on obtient une égalité au 1er tour avec 21% mais au second, le chef de l’Etat serait battu avec seulement 44% des voix. Face à Martine Aubry, il arrive en tête avec 21,5% des voix contre 20% pour la socialiste (qui arrive ainsi à égalité avec Marine le Pen) mais est battu en obtenant 45% des voix au second tour. Nicolas Sarkozy bat aussi Ségolène Royal au premier tour par 21% contre 16%, l’ex-candidate arrivant en 3ème position derrière les 20% de Marine Le Pen. La Présidente du FN est d’ailleurs la seule candidate qui serait battue au second tour par le chef de l’Etat par 73 contre 27%.

Pour autant, les socialistes ne doivent pas voir la vie en rose, même si leur champion DSK se présente. Ils ont en effet de la concurrence non pas à leur gauche mais à leur droite. En fait, l’enjeu est la participation de candidats centristes, ou du moins, n’étant ni aux extrêmes, ni dans la gauche ou la droite de gouvernement. Et L’ensemble des candidats de cette mouvance obtient des scores très honnêtes et notamment pour Jean-Louis Borloo. Pour exemple, si DSK arrive en tête au premier tour, Borloo obtient 7,5%. Idem avec Hollande, Borloo monte à 8,5% , contre Aubry, son score passe à 9,5% et Royal permet à l’ex-ministre de l’Ecologie de monter à 11%. Et si Eva Joly se présente, elle obtient 5,5% au premier tour et fait perdre deux points à DSK qui tombe ainsi à 25%, Borloo obtient lui 8%.
Où est le peuple de gauche ?
On peut donc conclure qu'une partie de l’électorat de DSK est composé de proche du centre-droit de Borloo, qui préfèreront voter pour l’ex-ministre si le patron du FMI ne se présente pas. Dommage pour les concurrents de DSK qui seront beaucoup plus vulnérables à une montée de l’hypothèse Borloo. De même lorsque Borloo et même Villepin ne sont pas testés, les voix de centre-droit vont autant voire un peu plus à DSK qu’à Nicolas Sarkozy. Le socialiste passe ainsi à 30% et le chef de l’Etat à 22,5%. On en conclut donc qu’il n’y a pas que l’UMP qui a intérêt à ce que Borloo ne se présente pas, la gauche y perdrait aussi des voix.

D'ailleurs, les voix de gauche (PS, écolos, PCF et trotskistes) restent faible. Même avec l'hypothèse DSK, on obtient un total de 43,5%, 39% avec Hollande en supposant que Hulot soit classable à gauche. DSK fait certes largement mieux que Ségolène Royal en 2007 (36,44%) mais à peine plus... que Jospin en 2002 (42,89%) et un léger mieux par rapport à 1995 (40,84%). Les autres candidats PS restent dans les choux et baissent encore plus les scores de la gauche. Il est donc prématuré de parler de renouveau du PS, car lorsque que le PS gagne, cela se voit dès le premier tour, en 1988, elle totalisait 49,12% des voix.

Ce sondage dévoile au final la composition particulière de l’électorat du candidat PS qui se boboïse de plus en plus. En effet, en vue du second tour, le socialiste devra plus compter sur les voix du centre que celle de la gauche de la gauche. Car, si DSK se présente, Mélenchon obtient 5%, Besancenot 4% et Arthaud 0,5%. Il y a donc une certaine fragilité de l’électorat de gauche. Ce sondage montre bien qu'il existe tout un peuple, un électorat populaire qui a quitté le sillage des candidats socialistes, communistes ou trotskiste. Ces électeurs sont sans doute à chercher parmi les abstentionnistes ou
les 20% de Marine Le Pen.
Tefy Andriamanana - Marianne

 

Turquie : une sculpture menacée par le parti islamiste

28/04/2011 08:56 par rgrs

  • Turquie : une sculpture menacée par le parti islamiste

    Turquie : une sculpture menacée par le parti islamiste

    28/04/2011 08:56 par rgrs

En Turquie, une œuvre prônant l'amitié arméno-turque, le « Monument à l'Humanité », menace d'être détruite, selon le souhait du Premier ministre, du parti islamiste, l'AKP. Après un meeting réunissant les partisans de la sculpture, un peintre turc et son assistante ont été poignardés.

Lundi dernier, à Istanbul, un meeting dont personne n’a parlé. Il réunissait des Hommes qui s’opposent depuis plusieurs mois à la destruction du  « Monument à l’humanité ». Située à Kars dans l’est de la Turquie, cette statue de 30 mètres a été érigée en l’honneur de l’amitié et de la paix arméno-turque. Elle est menacée depuis que le Premier ministre, R.T. Erdogan l’a déclarée « monstrueuse ». Le maire de la ville, membre lui aussi du Parti de la justice et du développement (AKP) entend transformer ce symbole en parc.
L’ombre du génocide arménien
Cette statue commandée par l’ancien maire de Kars à l’artiste turc Mehmet Aksoy en 2006 avait, déjà à l’époque, provoqué une polémique. Kars est une ville de l’actuelle Turquie orientale et de l’ancienne Arménie occidentale, et elle abrite de nombreux vestiges islamiques du Xème siècle. C’est à cause de ces derniers qu’Erdogan a souhaité la destruction de la sculpture ; selon lui, cette « monstruosité » ne saurait côtoyer de « réelles œuvres d’art ». Et pourtant, le but de cette commande était bien de réunir culture arménienne et culture turque. Depuis le génocide arménien, dont on commémorait ce week-end les 96 ans, les rapports entre Ankara et Erevan sont extrêmement complexes. Le point de désaccord est la reconnaissance par l’état turc du génocide arménien. Si l’Union Européenne et nombre de pays l’ont officialisé, ce n’est pas le cas du gouvernement turc. « On ne peut pas parler d’un génocide contre les Arméniens » a encore déclaré le Premier ministre Erdogan, dans une interview publiée fin mars dans « Der Spiegel ». Ces propos ont déclenché un véritable tollé dans la presse turque.

Dans ce contexte, l’artiste Mehmet Askoy, estime qu’il est impossible que son œuvre soit déplacée. « Nous, les Turcs et Arméniens, sommes frères et sœurs. Il est enfin temps pour nous d’ouvrir nos cœurs les uns aux autres et de guérir nos traumatismes ». Il accuse l’AKP de ne pas supporter d’autres religions que l’islam et compare la destruction de l’édifice au « massacre » par les talibans des statues de Bouddha de la vallée de Bâmiyân en Afghanistan.
Résister jusqu’à la mort
Bedri Baykam, peintre turc de premier plan, est un des hommes qui voit dans cette destruction les dérives du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. A 53 ans celui qui est surnommé « l’Andy Warhol Turc » est connu pour ses prises de position en faveur de la laïcité et de la démocratie. Menacé de mort à plusieurs reprises, il continue pourtant de qualifier la politique de l’AKP d’islamisante.

Lundi, au meeting dont personne n’a parlé, il était là. Et alors qu’il en sortait, lui et son assistante ont été poignardés. Violemment. Ses jours ne sont plus en danger. La police a indiqué qu’il s’agissait certainement de l’acte d’un fanatique. On s’en doute. Bedry Baykam vient d’annoncer qu’il continuera son combat. Quoi qu’il lui en coûte. Parlons en.
Pauline Leduc - Marianne

Un banquier de Goldman Sachs à la tête de la BCE?

28/04/2011 08:52 par rgrs

  • Un banquier de Goldman Sachs à la tête de la BCE?

    Un banquier de Goldman Sachs à la tête de la BCE?

    28/04/2011 08:52 par rgrs

Nicolas Sarkozy soutient l'italien Mario Draghi pour le poste de président de la Bnaque centrale européenne, en remplacement de Jean-Claude Trichet. Mais Draghi porte un sacré boulet depuis son passage à la banque Goldman Sachs dans les années 2000.

Mario Draghi, actuel gouverneur de la banque d’Italie, passe pour être le candidat favori de l’Allemagne et de la France pour succéder en novembre prochain à Jean-Claude Trichet au poste stratégique de président de la Banque centrale européenne (BCE). Toujours prompt à trouver tout ce qui touche à la BCE admirable, Le Monde affirme même que « l’envergure internationale de M. Draghi en fait le seul candidat possible pour le poste ». Si l’on suit le « grand quotidien du soir », le match serait gagné avant d’être joué. 
Il est vrai que la visite de Nicolas Sarkozy a Rome avait tout du voyage d’intronisation. Le président français assure « nous ne le soutenons pas parce qu’il est Italien, mais parce que c’est un homme de qualité ». Mon œil. Sarkozy a donné un os à ronger à Berlusconi afin d’éteindre la polémique naissante outre-monts à propos de l’OPA hostile du groupe français Lactalis sur l’italien Parmalat, avec le soutien ostensible du gouvernement français, et surtout du ministre de l’Agriculture Bruno Lemaire.
Le choix initial de Paris, c’était l’Allemand Axel Weber. Pas pour ses qualités intrinsèques, puisque ce père la rigueur germanique est un épouvantail de ce côté-ci du Rhin. Mais pour donner un gage à la chancelière Angela Merkel qui engageait l’Allemagne dans le Fonds européen de stabilité financière. Le gros Axel, hostile au sauvetage de la Grèce, n’ayant pas voulu marcher dans la combine, Paris a alors poussé Christian Noyer, actuel gouverneur de la Banque de France. Mais un Français qui succède à Trichet, c’est un peu dur à faire avaler aux autres européens. Reste donc Mario Draghi… Un « Européen du Sud » (autant dire du « club Med ») accéderait enfin à un fauteuil réservé jusqu’ici aux Néerlandais, Allemands ou Français. Pour faire bonne figure, Mario Draghi multiplie depuis quelques mois les discours sur la nécessité des « réformes structurelles » et de « la lutte contre l’inflation » (inexistante…). Des propos très politiques mais qui lui correspondent : ceux qui le connaissent disent de lui qu’il est comme Axel Weber avec des kilos en moins…
Le beau Mario, qui a été directeur du Trésor, et enseignât à la Banque mondiale, a néanmoins une sale tâche sur son CV. De 2001 à 2005 il fut vice-président en Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs, qui aidé en 2001 et 2002, la Grèce à dissimuler plusieurs dizaines de milliards d’euros d’emprunts d’Etat. Mario Draghi assure qu’il n’était pas au courant. Une réponse qui laisse perplexe : soit il ment, et c’est grave pour la BCE. Soit il est incompétent, et c’est dangereux pour les finances européennes. Il peut tout aussi bien être menteur et incompétent ! On attend avec impatience ses explications devant le Parlement européen, où siègent les Grecs assez remontés contre la banque d’affaires américaine, puisque ces opérations menées en complicité avec le parti de droite au pouvoir à l'époque a conduit la Grèce tout droit dans la nasse actuelle et son cortège de chômage et de privations. Mais l’avis du Parlement Européen n’est hélas que consultatif…
En cas de nomination, la BCE aurait à sa tête un homme qui a travaillé dans une banque privée, voire même un homme des banques. Ce serait une première. Jean-Claude Trichet et son prédécesseur le Néerlandais Wim Duisenberg étaient certes proches des milieux financiers, mais ils avaient fait toute leur carrière soit à l’université, soit dans la haute fonction publique soit dans les institutions internationales (FMI pour Duisenberg) où ils étaient réputés au service de l’intérêt général. Mais comme dit Le Monde, « sa connaissance des marchés en fait le meilleur candidat pour la BCE » aux yeux de « la communauté financière » !
Adoubé donc par les banquiers, Mario Draghi pourrait être désigné officiellement lors d’un conseil européen en juin prochain. Reste à savoir ce qu’en pense réellement Angela Merkel, qui, prudente, ne s’est toujours pas prononcée. Et c’est elle seule qui détient les clés de Francfort…
Hervé Nathan - Marianne

http://www.marianne2.fr/Un-banquier-de-Goldman-Sachs-a-la-tete-de-la-BCE_a205535.html


Affaire Gabriac: Marine Le Pen face au FN canal historique

27/04/2011 14:08 par rgrs

  • Affaire Gabriac: Marine Le Pen face au FN canal historique

    Affaire Gabriac: Marine Le Pen face au FN canal historique

    27/04/2011 14:08 par rgrs

A peine Marine a-t-elle le dos tourné que son géniteur manifeste ses désaccords dans les médias. Signe que rien ne change au Front ? Et si c'était plutôt le signe d'une guerre feutrée mais profonde que se livrent père et fille ?

Quand la présidente n’est pas là, le président d’honneur danse ? Le Pen père semble en tout cas avoir profité de l’absence de sa fille pour s’offrir quelques minutes de « gloire » la semaine passée. Pendant que Marine admirait les paysages thaïlandais, Jean-Marie renouait avec ses vieux travers de trublion en accumulant critiques à peine dissimulées de l’action de sa progéniture et petites phrases. Petites certes, mais suffisamment acides pour faire les choux gras de certains observateurs à l’affût du moindre signe d’un « Front national canal historique ». Le fondateur du FN se répand en déclarations dissonantes ? Voilà la preuve que le Front reste ce parti marginal, extrême et peu fréquentable. Circulez, y a rien à voir. Analyse commode certes, mais un tantinet simpliste.
Jean-Marie Le Pen a toujours aimé les provocations, qui lui permettaient de crever le plafond de verre médiatique. Apparemment, son nouveau statut de Président d'honneur ne l'a pas inhibé. Quelques heures après avoir cédé sa place à sa fille au Congrès de Tours, l’ex-président du Front a décroché une pichenette d'un goût plus que douteux, sur l'origine juive du journaliste de France 24, refoulé du dîner de gala  : « Cela ne se voyait ni sur sa carte d'identité ni, si j'ose dire, sur son nez. »
Dernière provocation en date : sa réponse à la question « Condamnez-vous le communautarisme ? »
posée par France-Soir le 18 avril. Pour une fois qu’on lui tend le micro, Jean-Marie Le Pen semble bien décidé à s’en saisir : « Savez-vous qu'il y a des villes en France qui sont déjà majoritairement étrangères ? Roubaix, 60 % d'immigrés maghrébins ! Si vous attendez le jour où ça brûle pour en prendre conscience, il sera un peu tard. Vous avez vu les foules en Egypte, en Tunisie, en Syrie ? Le jour où vous avez une foule comme ça qui descendra les Champs-Elysées ! Ce n'est rien, pour eux, à la limite, d'avoir 300.000 personnes. Qui les arrêtera ? Et s'ils descendent les Champs-Elysées, ce ne sera pas pour faire joujou. Par exemple, ils veulent sodomiser le Président. Ils se donnent ça comme objectif : arriver jusqu'à la grille du Coq, l'enfoncer, et ensuite « le » sabrer ? Je répète : qui les arrêtera ? » 
Dépêché sur RTL pour éteindre l’incendie en l’absence de la patronne, Wallerand de Saint-Just jure une main sur le cœur que « Jean-Marie Le Pen fait référence à un épisode qui est présent à son esprit à lui. Ce qui est arrivé au consul général de France à Alger le 17 juillet 1962, qui a été sodomisé publiquement sur la plage de Sidi Ferruch »
Même si le vieux lion assure « respecter Marine », ses sorties de route sont autant de petits cailloux soigneusement dispersés au fond de l’escarpin de sa présidente de fille. « Tant que Jean-Marie Le Pen n’a pas disparu de la surface du FN, il y aura un problème pour Marine Le Pen, assure Lorrain de Saint-Affrique, ex-conseiller en com’ du leader frontiste. Il ne supporte pas la situation et vit très mal les sondages, il reste sur sa ligne à lui. » Pendant que la nouvelle cheftaine du Front exclut un élu pris en flagrant délit de salut nazi, tandis qu’elle s’évertue à écrire aux préfets pour fustiger l’amoindrissement de l’Etat, tout se passe comme si son paternel effectuait un minutieux travail de sape de l’œuvre mariniste. Jean-Marie Le Pen a qualifié de « réaction rapide » la décision de Marine Le Pen d’exclure Alexandre Gabriac du parti. « Quelque chose se cache derrière ces propos, souffle Saint-Affrique. C’est un rappel à l’ordre : soit elle a négligé de lui faire part de sa décision, soit il veut lui rappeler qu’elle ne peut pas s’affranchir. » De son côté, Wallerand de Saint-Just, joint par Marianne2, soutient contre toute évidence que : « Jean-Marie Le Pen n’a pas montré de réelle opposition à sa fille. » Silence dans les rangs, au FN, les relations père/fille sont un sujet tabou. 
A peine revenue de son lieu de villégiature, la présidente du Front a été invitée à réagir au micro de Jean-Michel Aphatie. Confirmant sans ciller sa décision, elle n’a pas laissé à l’intervieweur de RTL le temps d’approfondir la question de ses rapports avec Le Pen père. Un sujet qu’elle préfère évacuer ? Marine Le Pen a beau feindre l’entente parfaite et harmonieuse avec son géniteur, sa réaction impétueuse trahit une blessure sans doute profonde et facile à imaginer : pourquoi Le Pen la contredit publiquement au moment où elle pèse comme jamais sur la situation politique française ? Il faut dire que l’ombre tutélaire de Jean-Marie Le Pen la suit sans s’estomper. Il continue à alimenter son journal de bord, laissant apparaître deux visions, deux discours. Faut-il croire Saint Affrique pour lequel Le Pen souhaite lui faire comprendre 
 « qu’elle reste un ayant droit, une héritière ». En tout cas, les éventuelles bourdes du fondateur planent comme une menace sur le Front mariniste. 
Du coup, chacun développe sa propre stratégie de domination. Pour tenir son père à distance, Marine Le Pen compartimente. Elle monte ses propres équipes, souvent composées de nouveaux arrivants comme Laurent Ozon ou David Mascré. Avec eux, aucun danger de voir le contenu des réunions rapporté au président d’honneur. Jean-Marie Le Pen ne sait plus ce qui se passe dans son propre parti. On comprend son désarroi.
Du coup, Jean-Marie Le Pen manifeste son accord avec l'adversaire numéro 1 de sa fille, Bruno Gollnisch. Le rival malheureux de « Marine » n’a pas hésité à faire part de sa surprise suite à l’exclusion d’Alexandre Gabriac. « Je suis extrêmement étonné que la présidente ait pu prendre cette décision alors qu'elle se (trouvait) à 10 000 km de là, en vacances en Thaïlande. » Des propos jugés « inamicaux » par la présidente du Front. Comme pour décrédibiliser l’entreprise de dédiabolisation de sa concurrente, Gollnisch assure pourtant ne pas constater de divergences entre Jean-Marie et Marine. Avant d’ajouter : « Je n’ai jamais compris en quoi consistait cette stratégie de dédiabolisation. Je ne crois pas être le diable. La diabolisation est une arme de guerre psychologique opposée à tout mouvement qui veut défendre l’identité nationale. Elle s’atténue aujourd’hui parce que l’opinion prend conscience que les analyses des mouvements nationaux sont exactes. » Marine Le Pen n’aurait donc rien fait pour dédiaboliser le FN. Gollnisch dirait-il tout haut ce que pense Le Pen père ? 
 
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Marine Le Pen, présidente du Front National : Le... par rtl-fr
 
Laureline Dupont - Marianne

Rama Yade, ange ou démon ?

27/04/2011 14:00 par rgrs

  • Rama Yade, ange ou démon ?

    Rama Yade, ange ou démon ?

    27/04/2011 14:00 par rgrs

Alors que l’on peine à se souvenir du nom des secrétaires d’Etat, elle est aujourd’hui une des personnalités politiques les plus populaires et les plus invités (elle était de nouveau invitée au Grand Journal de Canal Plus la semaine dernière). Que se cache-t-il derrière cette star de la politique ?

Jeune, jolie, et rebelle…

A priori, Rama Yade a tout pour plaire. C’est une belle femme issue des minorités visibles qui a démontré une vraie force de caractère depuis le voyage très controversé de Muhammad Kadhafi en France, où elle avait exprimé des réserves qui prennent aujourd’hui un sens particulier. N’a-t-elle pas eu raison, a posteriori, de marquer sa différence ? Et en quatre ans, elle a gagné un solide aplomb qui lui donne maintenant un certain charisme quand elle s’exprime.

Il est sûr que par rapport aux soutiens inconditionnels du président de la République comme Nadine Morano et Frédéric Lefebvre, elle apporte une liberté de penser a priori rafraîchissante. Si elle sait parfaitement pratiquer la langue de bois, elle n’hésite pas à souligner ses points de désaccord avec le président de la République. Et il est vrai qu’étant donné l’impopularité record de Nicolas Sarkozy, une position critique vis-à-vis de son action est un bon gage de succès.

Mais aussi perso…

Et c’est justement tout le problème. En fait, Rama Yade fait à Nicolas Sarkozy ce que ce dernier avait fait à Jacques Chirac. Elle exprime de manière transparente tous ses désaccords, au mépris de la plus élémentaire solidarité gouvernementale ou majoritaire. Bien sûr, un homme politique n’est pas forcément sensé reprendre mot pour mot et en toute circonstance tout ce que son chef dit. Mais entre la soumission servile et la rébellion permanente, il y a des nuances.

Et Rama Yade ne s’en est pas beaucoup embarrassé. Elle n’a pas hésité à exposer ses désaccords avec ses ministres de tutelle. Malheureusement, le président, en ayant montré le mauvais exemple de 2002 à 2007, puis en ayant trop longtemps laissé faire, a encouragé un tel comportement. Est-il vraiment étonnant qu’un bébé Sarkozy la joue perso en politique ? En outre, il est difficile de ne pas y voir des postures, comme lors de la polémique sur le prix de l’hôtel des bleus.

Et suffisante

Rama Yade, après s’être rapproché de Jean-François Copé, a finalement décidé de suivre Jean-Louis Borloo dans son aventure, officiellement parce que le parti majoritaire ne lui permettrait pas de travailler sur les sujets sur lesquels elle souhaite travailler… Pourtant, au Grand Journal, elle a été bien incapable d’avancer la moindre proposition sur ces sujets dont elle dit qu’ils lui tiennent tant à cœur. En fait, l’ambitieuse n’avait pas eu le poste qu’elle attendait il y a quatre mois...

En clair, la direction actuelle de l’UMP n’était pas prête à lui confier des responsabilités à la hauteur de la grande idée qu’elle se fait déjà d’elle-même. Et aux rumeurs sur son limogeage de sa mission d’ambassadrice pour l’UNESCO, du fait de ses prises de parole intempestives étant donnée la fonction qu’elle est sensée occuper, elle ose répondre « j’existais avant, j’existerai après », comme si elle existait avant 2007… Bref, le bébé Sarkozy a pris la grosse tête.

Bien sûr, sa popularité est une belle réussite. Mais pour l’instant, elle n’a fait que répliquer les méthodes de son chef et bénéficie de son éloignement alors qu’il est devenu très impopulaire. Rama Yade a encore du chemin à faire pour démontrer qu’outre une grand idée d’elle-même, elle a du fond.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/


Présidentielle 2012 : Dépenser plus pour ... faire oublier l'austérité ?

27/04/2011 09:48 par rgrs

  • Présidentielle 2012 : Dépenser plus pour ... faire oublier l'austérité ?

    Présidentielle 2012 : Dépenser plus pour ... faire oublier l'austérité ?

    27/04/2011 09:48 par rgrs

En 2012, au premier tour, chaque candidat pourra dépenser pour sa campagne jusqu'à 16,851 millions d'euros. Ce qui représente par rapport à 2007 une augmentation de ... 23%. Le tout, sur fond de restrictions budgétaires !


C'est par une récente annonce publiée au Journal Officiel que la Commission nationale des comptes de campagne, vient de fixer plafond des dépenses pour la campagne présidentielle.
Si les montants semblent élevés pour beaucoup de français, on remarquera surtout que le « coût de la démocratie » augmentera de ... 23% par rapport à 2007, alors que,
fait remarquer Le Figaro : « (...) l'inflation l'inflation cumulée de janvier 2007 à aujourd'hui atteint 7,9% (...) »

Quels seront les plafonds autorisés ?

D'après
Les Echos, au premier tour il sera de : « (...) 16.851 millions d'euros (...) » Au deuxième, de : 22.509 millions »

Et combien cela pourrait il coûter au total ?

En se référant à 2007, on apprend que : « Le montant total des dépenses des douze candidats de la campagne de 2007 a dépassé les 75 millions d'euros, dont 44 ont été remboursés par l'État en vertu des règles de financement de la vie politique. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal (...) ont dépensé à eux seuls 44,5 millions et s'étaient vu rembourser la quasi-intégralité de leurs frais (...) » -
Le Figaro.
Dans le détail, nous dit le Nouvel Obs, en se basant sur les 4 candidats les plus significatifs en 2007 : « Nicolas Sarkozy 21.175.141 euros, Ségolène Royal 20.815.003 euros, François Bayrou 9.745.197 euros et Jean-Marie Le Pen 9.630.932 euros (...) »
Or, en 2007, la crise financière devenue économique, avec son cortège de faillites, licenciements, et rigueur budgétaire n'existait pas ! Il aurait été logique, dans le contexte économique actuel, que nos dirigeants s'appliquent un train de rigueur, identique à celui imposé, à ceux qui financent à longueur d'élections les partis et formations politiques !
Cette réflexion prend toute son ampleur,
lorsqu'on sait, que : La France (par la voix de Christine Lagarde) s'est engagée à « ramener son déficit public à 5,7% cette année, puis 3% en 2013 » au prix de lourds sacrifices pour les français !

Ainsi, en ce qui concerne la
Sécu : « Diminution des effectifs, dossiers en souffrance, fermetures de centres, dégradation du service rendu aux assurés... Rien ne va plus dans les caisses primaires d’assurance maladie »
Ou la dégradation permanente (dénoncée par le médiateur de la République) des services publics et
validée par Georges Tron : « Dans les deux ou trois prochaines années, on peut encore réduire le nombre de fonctionnaires de l'Etat (...) Je suis pour les suppressions de postes en 2012 et 2013 mais si nécessaire, on ajustera", a-t-il dit au sujet de l'Education Nationale (...) »
En clair : Une politique budgétaire rigoureuse qui n'autorise plus d'écarts. Sauf pour financer à la hausse ... les ambitions politiques de quelques uns !

Même si, argueront les défenseur du « coût de la démocratie », les sommes qui seront dépensées, seront « dérisoires » par rapport au budget de la nation, les français auraient apprécié que la « pédagogie » du «
faire mieux avec moins » ressassée par le gouvernement, trouve sa stricte application ... pour la campagne de 2012 !
Mais, c'est décidé, les candidats pourront dépenser plus ! Probablement, pour expliquer, à la manière d'un Coluche : « Dites nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer » Belle leçon de démocratie exemplaire et de solidarité avec les français, électeurs et contribuables !

Slovar

Crédit photo : Présidence de la République