Dominique de Villepin pour une refondation des pouvoirs en France
27/04/2011 09:43 par rgrs
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Dominique de Villepin pour une refondation des pouvoirs en France
27/04/2011 09:43 par rgrs
Nous sommes aujourd’hui dépourvus de moyens d’action concrète, dans le cadre de l’Europe, de la mondialisation et de la crise budgétaire et morale de l’Etat. Cela suppose six politiques de refondation préalables à la libération des énergies collectives aujourd’hui bridées.
Une refondation des pouvoirs
Des pouvoirs renforcés et séparés
- Une justice indépendante grâce à un pouvoir judiciaire constitutionnalisé et la désignation d’un Procureur Général de la Nation nommé par le CSM et investi par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes pour un mandat de sept ans (non renouvelable). Il aura une autorité hiérarchique et un pouvoir de nomination sur les procureurs généraux et les procureurs de la République, eux-mêmes indépendants du pouvoir politique. Le Garde des Sceaux gèrera le budget et définira la politique pénale, mais ne pourra plus intervenir dans les dossiers, ni dans les nominations. Le CSM doit aussi avoir la tutelle sur l’Ecole Nationale de la Magistrature et sur l’Inspection Générale des services judiciaires.
- Un Parlement plus efficace par une réduction du nombre de sièges (400 à l’assemblée, 200 au Sénat), par une interdiction du cumul des mandats et des fonctions et par la création d‘une dose de proportionnelle. Un statut de l’élu permettrait de favoriser le renouvellement de la classe politique et son ouverture sur la société civile.
- Un exécutif resserré et renforcé autour d’une dizaine de ministères au périmètre stabilisé par loi organique.
Une République allant au bout de la décentralisation
- Un redécoupage territorial autour de huit à dix grandes régions métropolitaines aux compétences renforcées.
- Des présidents de région élus au suffrage universel direct pour une plus grande visibilité régionale et internationale.
- Les présidents de région seront réunis tous les quinze jours autour du président de la République en un Conseil Territorial chargé des questions de cohésion nationale, d’aménagement du territoire et de stratégie économique.
- Il est nécessaire de créer une nouvelle Collectivité Territoriale, du niveau du département, et regroupant tous les territoires d’un même espace urbain pour les quinze ou vingt plus grandes agglomérations françaises, la métropole. Ces métropoles auraient des compétences notamment en matière de politique de la ville et de politique de sécurité.
- En ce qui concerne les collectivités d’Outre-mer, pour tenir compte à la fois de leur ancrage dans la République et de la prise en compte de leurs particularités, il est proposé de tenir plusieurs fois par an un Conseil de l’Outre-mer présidé par le chef de l’Etat réunissant les 11 présidents de régions et collectivités et qu’au moins une fois par an, ce conseil de l’Outre-mer se réunisse en même temps que le Conseil territorial des régions métropolitaines. Cela favorisera notamment les partenariats économiques ou universitaires à développer avec les grandes régions de métropole.
Des garanties pour l’exercice de la citoyenneté
- Des référendums d’initiative populaire et des référendums à l’échelle locale rendus légaux.
- Des référendums nationaux réguliers, notamment sur la réforme institutionnelle, sur la politique énergétique française, sur une grande réforme fiscale.
Source: République Solidaire
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/04/27/1884-dominique-de-villepin-pour-une-refondation-des-pouvoirs-en-france
Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger
27/04/2011 09:36 par rgrs
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Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger
27/04/2011 09:36 par rgrs
Tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, Slate.fr, mardi 26 avril 2011.
Pour de nombreux économistes, journalistes économiques mais aussi responsables politiques, une antienne voudrait qu’une innovation plus soutenue permette à l’économie française de faire face à la concurrence des pays émergents. Ce raisonnement, pourtant, ne résiste pas à l’analyse.
Les partisans du libre-échange tel qu’il est pensent en effet qu’un effort supplémentaire d’innovation par la recherche et développement serait de nature non seulement de nous protéger de la concurrence étrangère mais aussi de redévelopper l’emploi industriel dans les prochaines années. On reconnaît là un argument issu de la théorie des avantages comparatifs de Ricardo: pour bénéficier du libre-échange, il est nécessaire de se spécialiser, et de préférence sur les secteurs à plus forte valeur ajoutée.
A ce stade du raisonnement, il faut d’abord signaler que les partisans du libre-échange font de la sorte aveu de leur excessif optimisme passé. Si le rétablissement d’un avantage concurrentiel de l’économie française et européenne passe en effet par un surcroît d’innovation, c’est bien qu’il y a eu rattrapage des pays émergents sur l’ensemble de la chaîne de valeur, c’est-à-dire y compris sur des secteurs à forte valeur ajoutée.
La position habituelle des libre-échangistes schématisant une répartition des activités économiques entre le high tech pour les pays anciennement industrialisés et l’industrie manufacturière pour les pays émergents s’est donc bien révélée erronée. Les pays émergents, loin de se spécialiser sur une fonction d’atelier du monde, ont pris les occidentaux à leur propre piège : ils seront l’atelier du monde et le laboratoire du monde.
Les historiens nous diront peut-être ultérieurement ce que cet aveuglement devait au complexe de supériorité des anciens colonisateurs et au cynisme du management de certaines multinationales…
Mais prenons au mot les libre-échangistes. Imaginons que la France et l’Europe redressent significativement leur effort de recherche et développement (par exemple à plus de 3% de son PIB) et se donnent pour impératif catégorique l’innovation. Le rétablissement d’un avantage concurrentiel sur les pays émergents par ce seul levier supposerait que l’effort de recherche de ces derniers demeure inférieur à terme. Or, que font les pays émergents, si ce n’est de se doter patiemment d’un appareil éducatif, scientifique et technologique de haut niveau, le tout sur des bases le plus souvent strictement nationales (la souveraineté n’étant pas encore un gros mot sur la majeure partie du globe…) ?
La Chine abrite d’ores et déjà la plus grande concentration d’ingénieurs de haut niveau de l’histoire, et la poursuite de son rattrapage éducatif ne peut qu’amplifier à terme cette réalité prosaïque. De plus, les pays émergents ont un très relatif respect de la propriété intellectuelle et pas seulement dans les ateliers clandestins de contrefaçon (voir la plainte d’Apple conte Samsung). On le voit, l’hypothèse d’une recherche plus efficace ici que là-bas nécessiterait des acrobaties théoriques dont nous aimerions être instruits.
Mais supposons encore, pour les besoins de la démonstration, que notre futur effort de recherche soit plus puissant et efficace que dans les pays émergents. La France solidement appuyée sur une recherche dynamique flirtant avec les 3% du PIB pourrait alors se réindustraliser à toute allure, à l’abri d’une protection invisible et désormais seule à être tolérée, celle de l’intelligence. Nous pourrions nous doter des futurs « Apple » et héberger les futures marques plébiscitées par les consommateurs du monde entier… Malheureusement, ce scénario ne tient pas. Aux Etats-Unis, les sociétés qui ont le plus innové (comme Apple) se sont spécialisées à l’excès sur la recherche et développement et le marketing, et ont sous-traité massivement leur production (cf. le cas emblématique de Foxconn en Chine).
On se souvient que l’été dernier, l’ancien PDG d’Intel, Andy Grove, avait créé un véritable électrochoc dans la Silicon Valley, estimant dans une tribune qu’une industrie high tech solide devait également maîtriser la production manufacturière sous peine de ne plus être capable d’innover. Le point essentiel de la démonstration semble effectivement échapper aux esprits les plus brillants de l’économie « en chambre ». L’innovation repose en réalité pour une part essentielle sur la dialectique et la dynamique qui existe entre conception et production et établir une frontière étanche entre les deux n’est pas soutenable à terme.
On le voit, à mesure que la désindustrialisation de l’économie française atteint des proportions dramatiques, un sujet autrefois tabou chez les « croyants » du libre-échange généralisé devient délicat à contourner. L’impact de la concurrence des pays émergents, à bas coûts salariaux et désormais à forte maîtrise technologique, sur les pertes d’emplois industriels devient une évidence trop éclatante pour que subsiste encore le discours classique de la dénégation « savante ».
L’érection d’empires industriels en Asie et de solides compétiteurs en Europe de l’Est au moment même où l’Europe détruit à allure soutenue (Allemagne exceptée) son tissu industriel n’est pas une pure concomitance. La surévaluation structurelle de l’euro, la disparition des protections extérieures du marché commun européen et l’abandon de toute politique industrielle ont été et demeurent les facteurs explicatifs essentiels de cette chute. L’appétit et le rattrapage éducatif et technologique des pays émergents, en particulier d’Asie, font le reste.
L’industrie française ne représente désormais plus que 13% de son PIB. Depuis 2000, plus de 530.000 emplois industriels ont été détruits, et rien ne permet aujourd’hui de penser qu’il sera mis un terme à cette pente vertigineuse.
Si l’innovation seule ne permet pas de nous protéger des pays émergents, ni de faire repartir l’emploi industriel, c’est que dans un univers libre-échangiste, où les pays émergents cumulent armée industrielle de réserve de travailleurs à bas coûts et progression exponentielle de leurs capacités technologiques, les économies anciennement industrialisées n’ont tout simplement plus les moyens de riposter.
Cette réalité, paradoxalement comprise intuitivement par les salariés et les entrepreneurs soumis à la concurrence internationale, est refusée en bloc par ceux qui en demeurent (pour le moment) protégés. L’appel à l’innovation (sans régulation du libre-échange) ne serait-il que le discours que des « croyants » toujours moins nombreux opposeraient à des « pratiquants » du libre-échange toujours plus tentés par l’hérésie? Il permet du moins de justifier à bon compte la casse sociale que constitue la disparition des industries manufacturières, prétendument inutiles, et la société inégalitaire qui va avec.
Ce «sacrifice nécessaire» dessine une économie partagée entre des emplois bien payés pour les ingénieurs et les as du marketing, et des aides sociales et des emplois sous payés pour les autres: est-ce bien cela que l’on appelle l’économie de l’innovation? Il est permis d’en douter.
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source : Slate.fr
Dominique de Villepin pour une refondation de l'autorité de l'Etat
27/04/2011 09:28 par rgrs
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Dominique de Villepin pour une refondation de l'autorité de l'Etat
27/04/2011 09:28 par rgrs
Deuxième partie des propositions de Dominique de Villepin pour une refondation de la République: la refondation de l'autorité de l'Etat en matière de sécurité et d'exécution des peines.
Une refondation de l’autorité de l’Etat
Restaurer cette autorité de l’Etat que tous ressentent perdue. Cela passe par un respect des sanctions et une plus grande cohérence de la chaîne pénale :
- Aujourd’hui, un grand nombre de peines restent inexécutées, notamment l’emprisonnement de moins de deux ans. L’exécution des décisions et des peines, notamment à travers l’augmentation de l’offre de peines alternatives pour les courtes peines, doit donc être garantie.
- La réponse à toutes les incivilités, au moyen d’une médiation de proximité ou de juges de paix, avec une graduation de la sanction.
C’est également assurer la tranquillité publique. Il faut pour cela nouer avec les citoyens une nouvelle relation, qui ne soit ni la militarisation de l’action policière véhiculée par la droite, ni le malaise de la gauche.
- Il faut un partage des tâches clair entre une police nationale, d’Etat, assurant les missions de répression judiciaire et de maintien de l’ordre et une police municipale complètement réorganisée, avec un recrutement national sur concours et une harmonisation des effectifs policiers entre villes riches et villes pauvres. Des séances de compte-rendu de l’action policière à l’échelon local, se tiendront en partenariat avec les autorités municipales ou métropolitaines.
- Il faut une police présente sur tout le territoire, sept jours sur sept, nuit et jour. Cela passe par l’établissement dans chaque quartier difficile d’une permanence de police, notamment dans le cadre d’une maison des services publics associant différents services de l’Etat et des collectivités territoriales. Ces effectifs dépendront du commissariat le plus proche et resteront en contact permanent avec lui. Les locaux seront mis à disposition par les municipalités. Tous les moyens techniques et humains doivent être employés, comme la vidéosurveillance.
L’enjeu aujourd’hui, c’est de répondre à toutes les formes de délinquance au bon niveau.
- Cela passe par la constitution d’une chaîne d’intervention, depuis des Groupements d’Intervention Européens, jusqu’aux Groupements d’Intervention Régionaux en passant par un Groupement d’Intervention National interservices, afin de mener une lutte acharnée contre le grand banditisme et les mafias.
- Il faut fixer des priorités claires à l’action de la police en ciblant la délinquance générale qui est la plus pénible au quotidien. Le travail est pollué aujourd’hui par des activités inefficaces – les procédures pour possession limitée de haschich, le traitement des arrestations d’immigrés illégaux. L’essentiel du travail de la police doit pouvoir se tourner vers la délinquance générale qui est source d’inquiétude.
Source: République Solidaire
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/04/26/1885-dominique-de-villepin-pour-une-refondation-de-l-autorite-de-l-etat
Le développement durable, nouvelle rhétorique universelle
27/04/2011 09:21 par rgrs
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Le développement durable, nouvelle rhétorique universelle
27/04/2011 09:21 par rgrs
Par Marie-Françoise Bechtel, vice-présidente de la Fondation Res Publica. En ce début du XXIème siècle, le « développement durable » fait florès. Devenu aujourd’hui l’impératif catégorique, au moins la feuille de route, non seulement dans le cadre national pour des pays de plus en plus nombreux -Chine comprise- mais aussi à l’échelle de la communauté des nations, il revient rituellement dans les textes issus de l’ONU. Sa présence est également persistante, dans les medias, le discours d’entreprise, voire l’école… Que penser d’un tel succès ?
Première constatation : c’est une véritable flambée conceptuelle qui impose le « développement durable » dans sa dimension universelle au tournant des années 2000.
Certes, la création du concept remonte à 1987 : à l’initiative de l’ONU une commission consacrée « au développement et à l’environnement » débouche sur le rapport Bruntland. Un débat s’ensuit d’ailleurs quant à l’adjectif le plus approprié à retenir. Finalement ce sera « sustainable » en anglais et « durable » en français à l’exception remarquable du Québec qui préfère la traduction « soutenable ». Le débat n’est pas si futile : on le verra par la suite, la sémantique est pour beaucoup dans l’acclimatation générale de ce nouveau concept.
Mais ce sont les sommets de Rio (1992) et surtout de Johannesburg (2002) qui consacrent définitivement « le développement durable ». L’Europe adopte alors une « stratégie européenne de développement durable » comportant des objectifs que devraient s’approprier les pays de l’Union. En France, une « stratégie nationale de développement durable » (SNDD) est adoptée en 2010 à la suite du Grenelle de l’environnement, avec des objectifs précis et une batterie d’indicateurs.
Deuxième constatation : ce succès européen est explicable car le lien entre le développement et l’interrogation sur le maintien de ses conditions actuelles est une problématique imposée par la vague verte qui peu à peu s’installe dans le paysage politique de nombreux pays, dont la France. On croit discerner que le « développement durable » veut intégrer cette double dimension dans une synthèse en forme d’espoir pour le futur.
Mais les choses sont loin d’être aussi claires. En même temps, en effet, le développement durable, tout aussi bien dans sa version européenne que dans sa version « onusienne », comporte, à y regarder de près plus de thèmes liés au développement humain qu’à l’environnement. Sur les « neuf défis clés » relevés par le Grenelle de l’environnement, quatre ont trait au second : changement climatique et énergies, biodiversité, production et consommation durables, transport durable. Mais cinq se situent sur un tout autre registre : santé publique, démographie/immigration et inclusion sociale, pauvreté dans le monde, société de la connaissance et gouvernance. Surtout aucun lien n’est fait entre ces derniers objectifs et les objectifs proprement environnementaux.
C’est la troisième constatation : le développement durable se fonde sur une ambiguïté ou, peut-être une dualité sous l’unité apparente du concept.
Cette dualité apparaît très clairement dans la « SNDD » qui, à la suite du rapport Stiglitz commandé en 2009 par le Président de la République définit ainsi le « développement durable » : « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » (1).
De même, le sommet de Johannesburg s’exprime ainsi : « Pour assurer le développement durable, il faut améliorer la qualité de vie de l'ensemble de la population mondiale sans accroître l'utilisation des ressources naturelles au-delà de ce que peut supporter la planète ».
Faut-il penser qu’il y a là la juxtaposition de deux objectifs souhaitables ? L’espoir qu’à terme ils se rejoindront ? Faut-il plutôt croire que le « développement durable » résout la contradiction entre une éradication de la pauvreté qui ne peut être trop regardante sur la dégradation de l’environnement et les impératifs propres à rendre celui-ci « durable » et si oui, par quelle alchimie ?
La question n’a pu être évitée lors du denier sommet par lequel en septembre 2010 à New York, l’ONU a fait le bilan des 10 premières années du siècle en ce qui concerne les « objectifs du Millénaire » (2). Comme le soulignait l’économiste Esther Duflo (3), la réduction de l’extrême pauvreté semble engagée d’un point de vue purement quantitatif. Mais, ajoutait-elle, cet objectif en lui-même n’empêche pas d’une part que la croissance de l’éducation et de la santé qui sont la clé du développement humain restent très insuffisantes, d’autre part que « les progrès sont dus essentiellement aux excellentes performances de la Chine et de l’Inde » lesquelles n’ont pas été acquises dans un souci de préservation de l’environnement.
Manteau de Noé couvrant une dualité d’objectifs dont la synthèse n’a pas encore été trouvée sauf à titre invocatoire, tel est peut-être en ce début de XXIème siècle le « développement durable ». On peut en tirer d’ailleurs des conclusions opposées.
On peut ainsi penser qu’il n’est pas si mauvais de disposer d’un terme permettant à toutes les nations du monde de se projeter dans l’avenir par une rhétorique qui est peut-être nécessaire à l’esprit d’universalité. Toutefois, il ne faut pas non plus se cacher que l’invocation d’un « concept attrape-tout » comme disait Roland Barthes peut conduire à une paresse de l’esprit. Il peut aussi servir d’enseigne à bien des choix qui n’ont à voir ni avec le développement … ni avec la durabilité, comme le montre plus d’une publicité commerciale. Il peut surtout cacher sous le voile d’un consensus universel des désaccords fondamentaux qui gagnent à ne pas apparaître : l’échec du sommet de Copenhague l’a bien montré.
Une autre approche, plus critique, est également légitime. Ne serait-il pas moins hypocrite ou du moins plus approprié, de parler de « développement humain » en gardant à l’esprit que ce développement qui passe en premier par l’éradication de la pauvreté, du déficit de santé et d’éducation -n’en déplaise aux pays riches- inclut aussi la capacité humaine à donner des réponses aux défis créés par ce même développement : démographie, épuisement des ressources naturelles, maîtrise de l’énergie, conscience de la nature publique des biens tels que l’eau ? Ce serait là reconnaître le caractère fondamental des besoins de l’ « homme » dont la « planète » est en fait la créature que ce soit pour la piller ou pour inventer les solutions de demain.
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1) SNDD adoptée sous forme d’avis du CESE le 10 janvier 2010
2) Le sommet du Millénaire qui s’est tenu en septembre 2000 a débouché sur une « déclaration du Millénaire » signée par la quasi-totalité des Etats membres de l’ONU et définissant des objectifs quantitatifs d’éradication de la pauvreté dans le monde.
3) «L’extrême pauvreté peut être endiguée», entretien d'Esther Duflo avec Libération, 21 septembre 2010
Dominique de Villepin pour une refondation de la justice et de la presse
27/04/2011 09:09 par rgrs
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Dominique de Villepin pour une refondation de la justice et de la presse
27/04/2011 09:09 par rgrs
Suite des propositions de Dominique de Villepin pour une refondation de la République: la refondation de la justice, la garantie de l'indépendance des médias et la liberté d’information.
Une refondation de la justice
Il s’agit également de refonder le pouvoir judiciaire autour de trois demandes :
La proximité
- Elle doit être plus proche dans les attentes. Une simplification des juridictions est nécessaire en rapprochant et unifiant juridiction administrative et judiciaire.
- Elle doit être plus proche dans l’espace. L’ensemble des affaires les plus simples qui engorgent les tribunaux correctionnels et de grande instance doivent être remises à un traitement de proximité dans le cadre d’une justice de paix, partout sur le territoire et notamment à l’échelle d’un quartier sensible ou d’un bourg rural.
- L’éducation juridique au collège et au lycée et l’effort de clarification du langage judiciaire lorsqu’il s’adresse aux justiciables doivent permettre une meilleure compréhension de la justice.
La responsabilité
- Responsabilité du citoyen, en développant la médiation, la conciliation, l’arbitrage et en faisant du tribunal le dernier recours après une phase pré-contentieuse obligatoire.
- Responsabilité de la chaîne pénale, en renforçant la continuité, notamment par le placement de la police judiciaire dans la continuité judiciaire, sous l’autorité de la justice, de même qu’en renforçant les services d’insertion et de probation.
La sérénité
- En mettant en œuvre une pause législative en matière pénale.
- En formant mieux les personnels judicIaires à travers la transformation de l’ENM en une grande école des professions judiciaires. Juger, c’est une affaire d’expérience, de parcours humain, pas seulement de compétences techniques. Il faut une entrée plus tardive après des études de juriste, à l’image de la spécialisation des médecins dans le cadre de l’internat. De même, il faut développer les passerelles avec les autres professions de justice.
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Une refondation de la presse et des médias
La première nécessité est de garantir l’indépendance des médias et la liberté d’information.
- Une loi pour garantir la liberté des médias en interdisant tout contrôle d’un média par un groupe industriel dépendant de la commande ou de la régulation publiques et en renforçant la protection des sources.
- En matière d’égalité des citoyens devant l’information publique, il faut une loi sur le libre accès à l’information.
- Le service public audiovisuel doit recevoir des garanties d’indépendance par l’investiture du président de France Télévisions sur proposition du CSA, soumis à un vote aux 3/5e du Parlement.
- Une Charte des Droits et Devoirs des journalistes et citoyens doit trouver la juste régulation de l’expression publique.
Deuxième nécessité, il faut garantir la pérennité des vecteurs d’information dans le cadre de leurs missions de service public d’information.
- Les aides directes à la presse devront être supprimées graduellement en ne les accordant que dans le cadre d’un projet pluriannuel viable.
- Ces aides doivent être transformées en une baisse de la TVA pesant sur les médias de la presse d’information générale.
Source: République Solidaire
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/04/26/1886-dominique-de-villepin-pour-une-refondation-de-la-justice-et-de-la-presse
Paso Doble n°201 : François et la Chocolaterie
27/04/2011 08:57 par rgrs
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Paso Doble n°201 : François et la Chocolaterie
27/04/2011 08:57 par rgrs
Marianne à tout prix
Bon nombre de mes confrères sont obsédés par la défaite annoncée de Nicolas Sarkozy, quel que soit l'identité du candidat en face. Foutaises que tout cela : et pourquoi pas investir une chèvre dans ce cas ? Méfiez-vous : lorsqu'un sondage vous dit que n'importe qui peut battre Sarkozy, c'est dans les faits qu'il n'y a personne véritablement qui se distingue à Gauche, que tous les candidats se valent pourvu que ce ne soit pas Sarkozy. Bref, que la Gauche peut espérer gagner par défaut, et non par adhésion.
Cette situation ne peut qu'empoisonner les primaires socialistes car elle donne de l'espoir à beaucoup de marins du dimanche après-midi qui, si la mer était moins d'huile, seraient restés à la maison faire la sieste. Les appétits se réveillent : si tout le monde peut gagner, cela enlève à DSK son argument massue, celui de Champion auto-proclamé de la cause anti-sarkozyste (ce qui à mon sens, repose sur du vent).Voilà qui ne fait pas l'affaire de Doumé, qui à mon avis veut bien être élu pourvu qu'on lui assure le minimum de risques. En d'autres termes : quitter le FMI pour affronter Sarkozy, oui. Quitter le FMI pour recommencer une primaire qui l'a déjà mis au tapis en 2007, non.
Hollande et DSK, c'est la tortue et le lapin. La tortue a perdu 10 kilos, elle est partie de loin, elle ira jusqu'au bout. François Hollande a choisi d'imiter Chirac – la Corrèze et la pomme du terroir – et Mitterrand. Pourquoi croyez-vous qu'il a quitté le poste de Premier secrétaire du PS ? Il ne cèdera pas son ticket dans la chocolaterie pour un strapontin dans un gouvernement.
Fran-Fran la Tulipe
Depuis 1958, celui qui s'impose est celui qui est prêt à tout faire pour aller jusqu'au bout. C'est ainsi que des Chirac, Giscard, Mitterrand, Sarkozy, Royal ou Bayrou ont réussi à se hisser en finale. C'est pour la même raison que les Delors, Balladur, Barre, Fabius, ont été emportés par le vent de l'Histoire.
J'en fais le pari – et je me risque à la prédiction météorologique : Hollande ira jusqu'au bout, et comme Martine ne pourra promettre à DSK la couronne, celui-ci, qui tente de faire reculer Hollande, risquera de se dégonfler (Valls nous assure du contraire). surtout si Hollande arrive avant fin Juin à se hisser à 20% d'intentions de vote.
Une seule personnalité ne supportera pas psychologiquement une investiture sans frais de l'ancien Premier Secrétaire : Ségolène Royal. Je verrais donc bien un duel Royal/Hollande remporté haut-la-main par le Merlin de Tulle. Ce sera Tout Sauf Royal, et cette perspective suffira à investir François Hollande, malgré tout le ressentiment de ses petits camarades, comme candidat du PS. Peut-être parce qu'il aura été le seul à faire campagne.
Si Hollande est le candidat du PS, ce sera une catastrophe pour Sarkozy, l'obligeant à venir batailler au centre, pour rallier les 18% d'électeurs qui lui avaient préféré Bayrou et qui pencheront plus en faveur d'un socialo mou que d'un crypto-autocrate. Déjà, sous nos yeux qui se décillent, le Président a largué ses leurres. Guéant et Copé sont partis déguisés en lapins. La meute anti-fasciste les poursuit, fusil au poing, ce qui laisse à Nicolas Sarkozy un peu d'oxygène pour prendre de la hauteur… et se recentrer. Vite, vite avant que Bayrou ne se réveille et ne flingue Borloo.
Toréador
http://www.toreador.fr/
Paquet fiscal : encore un effort…
27/04/2011 08:50 par rgrs
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Paquet fiscal : encore un effort…
27/04/2011 08:50 par rgrs
Dans sa chronique sur Radio Nova, Guillaume Duval revient sur le détricotage du paquet fiscal de 2007, qui se poursuit avec la fin du bouclier fiscal. Il ne reste plus en vigueur que la mesure la plus coûteuse et destructrice d'emploi : le subventionnement des heures supplémentaires.
La semaine dernière Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il allait supprimer le bouclier fiscal sans pour autant supprimer l'Impôt de solidarité sur la fortune comme il l'avait prévu.
Oui. En octobre dernier, Nicolas Sarkozy avait indiqué qu'il voulait supprimer à la fois l'ISF et le bouclier fiscal. Le bouclier avait été mis en place par Dominique de Villepin en 2006. En 2007 avec le « paquet fiscal », Nicolas Sarkozy l'avait rendu encore plus généreux pour les très riches. Mais depuis, ce bouclier était devenu un véritable boulet pour la majorité : en 2010, les 1169 bénéficiaires les plus aisés qui possédaient chacun plus de 16 millions d'euros de patrimoines, avaient reçu en moyenne 362 126 euros du fisc… Il y avait de quoi attraper une attaque pour la plupart des Français, surtout en période de crise. A l'approche des présidentielles de 2012, il devenait urgent de mettre fin à un tel scandale.
Oui, mais Nicolas Sarkozy voulait supprimer en même temps l'Impôt de solidarité sur la fortune…
En effet, mais il y avait un hic : le bouclier fiscal a coûté 679 millions d'euros aux finances publiques l'an dernier, alors que l'ISF leur a rapporté plus de 4 milliards d'euros. Dans le contexte actuel, il fallait trouver d'autres recettes.
Mais personne n'a trouvé la solution miracle et l'ISF sera finalement maintenu…
Et c'est une bonne chose parce que l'ISF est un bon impôt : il est utile en effet de taxer non seulement les revenus du capital, comme voulait le faire Nicolas Sarkozy, mais aussi le stock de capital. C'est un moyen d'inciter ceux qui valorisent mal ce capital, et n'en tirent donc que de faibles revenus, à le céder pour que d'autres en fassent un meilleur usage. Malheureusement, les multiples exonérations - œuvres d'art, biens professionnels - qui vidaient largement l'ISF de sens ne seront pas supprimées. Les plus grandes fortunes du pays les Bernard Arnault, les Pinault et autres resteront donc largement épargnées par cet impôt.
Il s'agit quand même d'une nouvelle remise en cause du paquet fiscal
En effet. Après l'abandon de l'exonération très coûteuse sur les intérêts d'emprunts pour l'achat d'un logement, c'est un nouveau recul sur une mesure phare du paquet fiscal. L'abandon du bouclier fiscal devrait d'ailleurs s'accompagner d'un autre recul : les possibilités de donations sans droits de succession devraient être limitées et les droits de succession relevés sur les successions les plus importantes. Cela n'annule cependant pas encore complètement les dispositions du paquet fiscal en la matière qui étaient particulièrement iniques, favorisant une société d'héritiers et de rentiers.
Il ne reste plus grand-chose des mesures de 2007…
La réforme annoncée de l'ISF allège cependant beaucoup le poids de cet impôt sur les plus aisés sans que le barème de l'impôt sur le revenu ne devienne plus progressif et sans que les revenus du capital ne soient taxés de la même façon que les revenus du travail : ils bénéficient toujours d'un régime très favorable. De plus une des mesures les plus stupides du « paquet fiscal » reste encore en vigueur : l'Etat dépense toujours 4 milliards d'euros par an pour inciter les entreprises à faire faire des heures supplémentaires plutôt qu'à embaucher des jeunes ou des chômeurs. Les 181 millions d'heures sup subventionnées réalisées au quatrième trimestre 2010 représentent l'équivalent de 370 000 emplois à temps plein… C'est totalement absurde au moment où 4,6 millions de personnes, un actif sur six, sont inscrits à Pôle emploi.
Guillaume Duval
L’étrange retour à contre-emploi du « Front républicain »
27/04/2011 08:46 par rgrs
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L’étrange retour à contre-emploi du « Front républicain »
27/04/2011 08:46 par rgrs
Pour Jean-Pierre Alliot, il a suffit que ce qu’il nomme un chiffon bleu-blanc-rouge soit agité aux dernières élections cantonales pour que surgisse un slogan de 1955 : celui du « Front républicain ». Un contresens à contretemps.
Un retour magique du « Front républicain » a enfumé l’échec général des partis institutionnels aux dernières élections cantonales. Les drapeaux ternis de 1955-1956, les caciques de l’UMP et du PS les ont sortis de la naphtaline pour masquer la route que trace leur politique.
L’abstention massive de mars dernier a montré, une fois de plus, la faillite d’un système : pourquoi voter pour des partis qui, après l’élection, font le contraire de la volonté de leurs électeurs ? Le non au référendum du 29 mai 2005 n’est pas oublié, ni la forfaiture du parlement. En imposant le traité refusé par le peuple, après changement de nom et de la place de quelques virgules, l’UMP et le PS ont franchi un Rubicon. Cela reste dans les mémoires.
Quant à la mémoire des chefs des partis du système, elle défaille autant qu’ils déraillent.
L’expression « Front républicain » est chargée de symboles bien différents de ceux qu’elle montre au premier abord. Elle fait référence à un fiasco politique retentissant, celui qui a marqué la fin de la Quatrième République et donné naissance à la Cinquième et à son « coup d’État permanent ».
Le terme, en effet, a été inventé par Jean-Jacques Servan-Schreiber, patron de L’Express, en décembre 1955, pour préparer les législatives du 2 janvier 1956. Il désigne une alliance électorale formée autour de Pierre Mendès-France, de Guy Mollet, de François Mitterrand et de Jacques Chaban-Delmas, un fidèle du général De Gaulle, alors à l’écart du pouvoir. Le Parti communiste, lui, est absent de ce front.
Deux objectifs avaient été mis en avant. D’abord régler la question algérienne sur la base de négociations, en écartant donc la guerre à outrance voulue par les activistes de l’Algérie française. Ensuite, faire face aux poujadistes. C’est ce mouvement, où M. Le Pen tenait déjà son rôle, qui, en s’attaquant à l’État, visait la République elle-même, ses administrations, ses déficits publics déjà jugés excessifs, etc. C’est donc aussi le mouvement qui semble avoir remporté un succès posthume et avoir convaincu tous les responsables des pouvoirs publics actuels. On se demande ce qui, dans les critères de Maastricht de réduction autoritaire des déficits publics dans les privatisations préconisées par l’Union européenne peut réellement déplaire aux mânes de Pierre Poujade. Et à Mme Le Pen.
Retour à 1956. Avec environ 30% des voix et 185 sièges à l'Assemblée nationale, les listes du « Front républicain » gagnent les élections, ce qui permettra à Guy Mollet de prendre la présidence du Conseil, qui, alors, est le véritable lieu du pouvoir.
Le mois suivant, il se rend à Alger pour y présenter le programme de paix négociée sur lequel il a été élu. Les manifestations des partisans de l’Algérie Française l’émeuvent. Dès mars, il fait voter, avec notamment les voix du PCF, les pouvoirs spéciaux pour mener la guerre contre l’indépendance de l’Algérie. Les réservistes sont rappelés pour « maintenir l’ordre » et le service militaire est allongé de 18 à 27 mois. On connaît le résultat.
En appeler, en 2011, au « Front républicain », c’est, pour le PS, oublier le destin tragique de cette combinaison politique où leur parti, la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), puisque tel était son nom, s’est discrédité pour de très longues années.
En appeler au refus du Front républicain, c’est, pour le chef de l’État, oublier que, deux ans après les brillants succès de Guy Mollet, le général de Gaulle arrivait au pouvoir et instaurait le régime antiparlementaire* qui lui permet aujourd’hui d’exercer un pouvoir sans limite pratique. Sans autres limites, du moins, que les diktats qu’il négocie avec ses collègues de l’Union Européenne et qu’il présente ensuite au peuple comme la garantie supérieure de la démocratie.
Enfin, en évoquant systématiquement la République dès qu’il est question du Front National, les partis du système jouent un jeu bien trouble. Alors que leur pratique détruit progressivement les fondements mêmes de la République, ils donnent un relief particulier aux slogans nouveaux du Front National. Car ce parti adopte une rhétorique républicaine située à l’exact opposé de son programme réel. C’est peut-être, pour le PS et l’UMP, une manière de le faire entrer dans le jeu institutionnel. C’est surtout la marque du peu de crédit qu’ils attribuent aux valeurs républicaines dont ils se réclament. Et cela signe une aptitude au double langage digne du Janus Bifrons de l’Antiquité romaine. La clairvoyance en moins.
Jean-Pierre Alliot - Tribune
Cet article a été publié dans le n° 48 de « République ! ». Vous pouvez retrouvez d’autres articles en suivant ce lien.
* Il va de soit que ce jugement à l'emporte pièce n'engage que Mr Alliot. Au RGRS, nous pensons au contraire que De Gaulle a, à l'inverse des leaders politiques de l'époque, sauvé la République en la refondant sur un régime plus sain qui limite les outrances du parlementarisme partisan.
http://www.marianne2.fr/L-etrange-retour-a-contre-emploi-du-Front-republicain_a205517.html
Les conflits d’intérêts: la vertu républicaine plus que par la transparence.
26/04/2011 19:11 par rgrs
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Les conflits d’intérêts: la vertu républicaine plus que par la transparence.
26/04/2011 19:11 par rgrs
Jean-François Copé cumule sa fonction de député et celle d’avocat d’affaire. Eric Woerth contrôle les impôts de Liliane Bettencourt en tant que ministre du Budget et les dons de celle-ci à l’UMP en tant que trésorier du parti majoritaire, sans que François Fillon ne trouve de conflits d’intérêts à cette situation. Michèle Alliot-Marie en pleine révolution du peuple tunisien pour sa liberté part en vacances dans le jet privé d’un proche de Ben Ali. Tels sont les derniers soubresauts qui ont poussés le gouvernement à demander aux ministres une « déclaration de transparence ». Un projet de loi réaffirmant « les principes déontologiques » de l’action publique devrait même être présenté en juin en Conseil des Ministres !
Intention ô combien louable. Les Français, confrontés tous les jours aux difficultés sociales et économiques ne peuvent que se sentir trahis de voir certains de leurs dirigeants profiter de leur fonction pour leur situation personnelle. Debout la République avait à ce titre déposé une proposition de loi constitutionnelle interdisant le cumul d’une fonction ministérielle avec celle de trésorier d’un parti.
Pourtant, ce Gouvernement est le roi des intentions louables, inconséquentes, et sans conséquence. Car la règle ne remplace pas plus la vertu que le règlement la pratique. Trop animées par le goût de la réussite professionnelle, certaines élites ont oubliées la différence entre l’exercice d’un « job » et l’exercice d’une fonction au sein de la République. Oublié que si un emploi peut servir à vivre, la fonction politique consiste à être au service de ses concitoyens. Servir plutôt que se servir !
La fonction ministérielle nécessite un dévouement, mais aussi une liberté, une indépendance absolue tant matérielle qu’intellectuelle. Préalable trop souvent mis de côté par des dirigeants habitués à abdiquer la souveraineté et la liberté du peuple français plus vite que leurs ombres pour ne pas abdiquer la leur face à des intérêts privés.
Ces mesures de bon sens du gouvernement, ne seront utiles que si certains de nos dirigeants retrouvent le sens de l’Etat, du service public, et de la République, qui font la grandeur de la France.
Charles Baldini, adhérent DLJ de Paris.
http://debout-les-jeunes.fr/blog/04/2011/2101/les-conflits-d%e2%80%99interets-la-vertu-republicaine-plus-que-par-la-transparence/
Quand un CRS boit, la police trinque
26/04/2011 19:02 par rgrs
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Quand un CRS boit, la police trinque
26/04/2011 19:02 par rgrs
Je me demande si un pacte n’aurait pas été signé entre le ministère de l’Intérieur et les syndicats de police, lesquels se seraient mutuellement promis de faire passer la police nationale pour une bande de types irrémédiablement infréquentables.
Quoi qu’ils disent ou qu’ils fassent, aussi bien les uns que les autres, ils engagent ceux qu’ils représentent ou dirigent. Ils engagent leur image, le sens de leur métier et leur crédibilité, à tous collectivement. Sans se soucier des conséquences, l’important étant d’occuper l’espace médiatique. La police devient plus qu’à toute autre occasion - et au-delà des expériences personnelles qu’on a d’elle - un énorme singulier - LA police - qui endossera le costard mal taillé du dernier qui aura parlé.
Cette parole publique prise au nom d’une institution qui, statutairement et réglementairement, a le devoir de se taire, participe très activement à l’élaboration de l’opinion publique qui n’est déjà pas très bien disposée vis-à-vis de la police.
Le fonctionnaire de police, lui, ne dit rien, ou presque, ou au risque d’être sanctionné, parce qu’il est soumis à l’obligation de réserve, la discrétion professionnelle, protection du secret professionnel et du secret de l'enquête, et tout un tas de petites entraves légales à la liberté d’expression. Même la liberté d’opinion se doit d’être manipulée avec une infinie précaution, le devoir de réserve ayant, intentionnellement, des limites assez floues.
Je n’ai rien contre le devoir de réserve au sens strict. Logiquement, il tient bien davantage de la retenue et de la discrétion, de la modération et du respect, que de la censure et du camouflage. Mais le pli est pris, et dans le doute cette construction jurisprudentielle se traduit le plus souvent par un silence prudent.
Les syndicalistes savent que la parole policière est frileuse, sévèrement encadrée, et de fait ils en ont donc le monopole. Mais ils ne se définissent pas pour autant porte-parole… pas plus qu’ils ne le sont d’ailleurs, et ça leur est souvent reproché. Le mandat syndical, c’est à dire la faculté de formuler et faire remonter les revendications professionnelles vers le sommet de la hiérarchie, celle qui décide, est une infime partie de leur fonction. Auparavant, il faut s’occuper du déroulement de carrière des uns et des autres (mais surtout des autres s’ils sont permanents syndicaux), des mouvements de mutations, participer à des mesurettes de surface pour justifier le coût des cotisations syndicales, et surtout énormément se plaindre des réformes importantes (RGPP, réforme de la garde à vue, LOPPSI 2, etc) qu’on aura regardé se faire et se voter sans moufter - ou si peu - histoire de garder de l’énergie pour pondre à un rythme diarrhéique des tracts de lamentations, mondieustaffreux et pauvre France…
Mais jamais ô grand jamais s’aventurer sur la voie de la contestation, ou mieux de l’action. Celle qui mettrait l’administration au pied du mur, chatouillerait les médias pour la bonne cause, et ferait des problèmes rencontrés par la police quelque chose d’audible, compréhensible et bien accueilli par la population. Ce serait un lien police-population comme un autre après tout, celui des difficultés partagées. Quelque chose qui n’entraverait pas le service public. Qui ne mettrait pas la sécurité en péril. Quelque chose de simple. Soit dit en passant, et ce ne sont pas les idées qui manquent…
Donc, par défaut - et à défaut d’autres interlocuteurs - les syndicats représentent la police, ils ont un mandat via des élections, et donc la légitimité d’organisations bavardes, hargneuses, mais peu efficaces.
Quant au(x) ministre(s) de l’Intérieur, ils ont la légitimité de la toute-puissance exécutive, ils n’ont pas d’obligation de réserve identifiable et, de plus en plus, se plaisent à distiller aux médias qui en sont très friands, leurs opinions personnelles, blagues, gaffes et fausses gaffes, et qu’importe qu’elles aient l’air de beaufouilleries de comptoir. Qu’importent aussi les effets secondaires de ces tirades sur les effectifs de police en terme d’impact médiatique et d’impopularité.
À force, de ce coté là, le fardeau finit par être lourd. Par procuration, il faut trimballer dans une besace de flic : un Kärcher à dégommer la "racaille", un "prototype d’Arabe mais pas un de plus parce que quand il y en a beaucoup il y a des problèmes", une" immigration incontrôlée et plein de gens qui ne se sentent plus chez eux", la solidarité à des policiers ripoux, l’indulgence ministérielle pour ceux qui ont manifesté en uniforme devant un tribunal, le mode d’emploi de la laïcité catholique et française, de la pédagogie à faire tomber les niqabs, et toutes sortes d’héritages d’états d’esprit et d’états d’âme dont on se passe très bien pour faire de la vraie police.
Pourtant, émergeant de la grande partouze médiatique, le dernier gag surréaliste est arrivé cette semaine par voie syndicale.
On en a été abreuvés – c’est le cas de le dire – par la presse : c’est l’histoire du soutien inconditionnel au quart de rouge et à la binouze du CRS.
L'origine de ce drame figure dans les archives de Backchich.info qui n’a que ça à foutre de prendre en photo des CRS se désaltérant à l’heure du casse-croûte, une canette à la main, autour de leur car. C’est certain que c’est moins risqué qu’un vrai reportage en maintien de l’ordre. Bref, la direction émet un rappel à l’ordre via une note de service. Ça aurait pu en rester là, charge aux CRS de faire appliquer cette note ou de se planquer pour boire leur mousse.
Mais non, il a fallu en faire un combat syndical, menacer de conflit ouvert, c’est dire à quel point la profession se porte bien s’il ne restait que cet "acquis" à défendre !
Comme le sujet n’est professionnellement pas très vendeur, on parle de traditions, de convivialité, on tente un peu d’humour "On veut faire de nous des curés, mais sans le vin de messe", mais ça tombe à plat.
Et de façon tout à fait prévisible, c'est toute la police - et les CRS en particulier - qui est la risée de l’opinion.
Elle était déjà présumée raciste, brute, idiote, cette police nationale, eh bien la voilà, intervention syndicale en renfort et médiatisation à l’appui, portée sur la bibine. N’en jetez plus, merci. Comment pouvait-on imaginer que tout ce pataquès puisse être traduit autrement par une vox populi par nature défavorable et soupçonneuse ?
De quel œil ceux qui estiment opportun de défendre cet usage verraient un verre de vin sur le bureau d’un médecin, ou une canette de bière dans la main d’un conducteur de bus scolaire ?
Comment peut-on ne pas se figurer qu’il vaut mieux sacrifier une habitude, aussi anodine soit-elle, à l’image d’une profession, et que ça ne devrait même pas être négociable ?
Grâce à ce combat cache-misère, ce plaidoyer bidon pour le quart de rouge en CRS, c’est chaque flic qui s’expose aux sous-entendus et railleries sur la voie publique. Comme s’il fallait encore en rajouter…
Il n’était pourtant question ni d’alcoolisme, ni d’ivresse. Simplement d’image. De priorité et de cohérence avec le port de l’uniforme et de l’arme. Et de respect
bénédicte desforges
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-un-crs-boit-la-police-92855