Retour du peuple... ou peur du peuple ?
21/04/2011 07:36 par rgrs
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Retour du peuple... ou peur du peuple ?
21/04/2011 07:36 par rgrs
En cette veille de 21 avril, 9 ans après le traumatisme qui vit Jean-Marie Le Pen accéder au deuxième tour, le peuple est à l'honneur. Un peuple que la gauche peine toujours à reconquérir, et que Philippe Petit examine amoureusement sous tous ses angles.
Au cours de notre histoire récente le mot « peuple » a subi deux inflexions : tantôt il a joué positivement contre ces réalités repoussoirs que sont la plèbe, la canaille, la populace ; tantôt il fut scindé – à partir du XIX siècle – entre une conception libérale, nationale, voire nationaliste – le peuple français – et une conception révolutionnaire, socialiste et communiste : le peuple c’est l’ensemble des exploités, des humiliés et des offensés. A une conception unitaire du peuple s’est donc opposé une conception polémique, exclusive. Où en sommes nous aujourd’hui eu égard à cette division du peuple ?
A la fin de son beau livre consacré aux Fractures françaises, le géographe Christophe Guilluy parie pour le retour des classes populaires. Mais il prend soin d’en préciser le contexte. « Ce retour, écrit-il, ne sera pas le fruit du messianisme révolutionnaire mais d’abord la conséquence d’une instabilité sociale et culturelle que le système ne peut plus occulter sous peine d’ébranlement de la société toute entière. Or, l’attachement des couches populaires françaises ou immigrées à une forme d’autochtonie, source de liens sociaux, sans oublier une défense viscérale du principe d’égalité sociale, souligne, ô combien, une contestation radicale du processus de mondialisation. C’est pourquoi, qu’on le veuille ou non, le peuple détient les clefs de l’avenir. » Achevé en septembre 2010, ce livre s’inscrit dans le sillage d’une série d’études consacrées au séparatisme social et culturel qui travaille la société française au point de nourrir la peur d’un nouveau 21 avril dans les rangs de la gauche comme de la droite. Que le peuple détienne les clefs de l’avenir est une vérité que chacun peut partager.
Mais il ne suffit pas de lancer de simples appels au peuple pour instaurer la démocratie. Il faudrait d’abord prendre la mesure de tous les manquements et dévoiements de l’idéal démocratique dans une époque qui s’en gargarise à outrance. Il faudrait ensuite se demander ce qu’on entend au juste par le mot de peuple. « Après l’étape du "parlementarisme" ou la République des notables, après l’étape de la "démocratie des partis" où les représentants étaient choisis parmi les militants des partis de masse, nous connaissons aujourd’hui la démocratie du "public" ou la "démocratie continue" », remarque la sociologue Dominique Schnapper dans son livre La démocratie providentielle. Cette citation illustre assez bien le dilemme qui est le nôtre aujourd’hui. Nous vivons en Europe dans le monde de l’après. Celui de l’après-guerre froide, mais nous ne cessons de nous référer sur un mode incantatoire ou vertueux au monde d’avant : celui de l’émancipation démocratique du XIXe siècle ou celui de la lutte contre les totalitarismes. Nous croyons nous adresser au peuple souverain, nous parlons en réalité à des publics. Et ce qui vaut pour l’Europe en général vaut pour la France en particulier. L’incapacité de la gauche à reconquérir les classes populaires n’a d’égal que la tentation de la droite de s’aligner sur les thèses de Marine Le Pen.
Nous avons un peu vite oublié la leçon de 2002. Car la honte effacée et le désordre électoral oublié, « le deuil national proclamé le 21 avril (…) laissa place au triomphe de la République, au sursaut, à la fierté retrouvée des résultats du second tour », écrivait Éric Conan en 2004 dans son livre La gauche sans le peuple qui n’est pas sans ressembler à l’ouvrage plus récent de Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, Recherche le peuple désespérément paru en 2009. Quelle histoire ! Quant le peuple disparaît, il n’est pas très loin. S’il n’est pas chez Martine, il est chez Marine, et s’il n’est pas chez Nicolas, il est encore chez Marine. Dans la commune de Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, les quartiers les plus pauvres n’ont pas plébiscité la gauche ou l’extrême gauche mais le Front National. En 2009, au premier tour des élections municipales, il a obtenu 40% des voix contre 4% pour le NPA. En 2011, au deuxième tour des cantonales il approchait les 45%. Cherchez l’erreur. Le printemps des peuples arabes n’a pas encore contaminé le Pas-de-Calais. Et au séparatisme social vient s’ajouter le séparatisme entre communautés, source de nouveaux conflits, et de récupérations en tous genres. Or lorsque le peuple fait sécession, il cesse de s’identifier au tout de la communauté, il devient introuvable et pour tout dire infréquentable.
En attendant le retour des classes populaires… après le déluge… cet ébranlement du système dont parle Guilluy qui aura mis fin espérons-le à ce que Pasolini appelait l’antifascisme facile…
Philippe Petit
http://www.marianne2.fr/philippepetit/Retour-du-peuple-ou-peur-du-peuple_a166.html
Quand Laurent Wauquiez confond aides sociales et bénitier !
21/04/2011 07:31 par rgrs
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Quand Laurent Wauquiez confond aides sociales et bénitier !
21/04/2011 07:31 par rgrs
La Droite Sociale, créée par Laurent Wauquiez a semble t-il trouvé une bonne idée : expliquer que la baisse du pouvoir d'achat de ceux qui travaillent est due aux titulaires d'aides sociales ! Version moderne du « Que celui qui ne travaille pas mange pas » ?
Quatre ans après son élection, le Président du pouvoir d'achat est de retour. Problème : cette fois-ci les Français ont pu le voir, lui, son gouvernement et sa majorité à l'œuvre. Si les déclarations sont moins flamboyantes pour causes de caisses vides, la stigmatisation d'une partie de la population fait partie du nouveau message social ! Témoin, les brillantes idées de la Droite sociale de Laurent Wauquiez.
La Droite sociale ?
Créée par Laurent Wauquiez elle se définit comme un « cercle de réflexion chargée de donner plus de visibilité à l’action sociale de la majorité et à proposer un nouveau pacte social à droite (...) » Son histoire est disponible sur le site Web de Pierre Morel A L'huissier, autoproclamé « Avocat de la ruralité » : « (...) Historiquement la Droite a toujours eu un côté social, au début de la constitution du clivage droite-gauche avec le catholicisme social du XIXème siècle (...) »
Est ce au nom de ce catholicisme social que Laurent Wauquiez vient de déclarer : « Les classes moyennes ont le sentiment d’être les "vaches à lait" du système : de contribuer à la solidarité nationale en travaillant et en payant des impôts, mais de ne rien recevoir en retour, avec un système d’aides qui s’arrête à leur porte à quelques dizaines d’euros près (effets de seuils) et un travail de moins en moins bien considéré et valorisé. »
Et de proposer : « S’il est impératif que les revenus du travail demeurent supérieurs aux revenus de l’assistance, et que l’assistance légitime que l’Etat apporte à ceux de nos concitoyens qui sont le plus en difficulté (par exemple les titulaires du RSA) s’accompagne d’une contrepartie que l’individu peut réaliser sous la forme d’un service social dans le cadre d’une collectivité locale par exemple. Il ne s’agit nullement d’une sanction, mais d’une manière de remettre le pied à l’étrier et de maintenir les bénéficiaires de ces prestations dans l’activité. C’est fondamental pour le retour à l’emploi ensuite. »
Notre ministre spécialiste du « social »... vu de la droite ne serait-il pas en train de confondre aide sociale et... bénitier ?
En effet, celui qui a organisé dans son fief de Haute-Loire, la visite du Président, sur le thème des « racines chrétiennes de la France » nous refait le coup de la Bible dans laquelle on peut lire : « Nous n'avons mangé gratuitement le pain de personne ; mais, dans le labeur et dans la peine, nous avons travaillé nuit et jour pour n'être à charge à aucun de vous. » Paul, Verset 8 En clair, de réhabiliter cette partie de nos racines chrétiennes indiquant : « Que celui qui ne travaille pas ne mange pas. »
Et hop là ! Envolées les promesses de son Président, en 2007, qui annonçait vouloir réduire la pauvreté :
« (...) J'ai voulu prendre un risque : fixer un objectif de réduction de la pauvreté (...) J'ai en effet fixé au gouvernement l'objectif de réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays (...) J'ai voulu nous mettre dos au mur pour rendre des comptes aux Français (...) Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre (...) » - TF1 LCI Oui mais répondra t-on à l'UMP, c'était avant la crise économique. A présent, il faut faire preuve de réalisme et se ressourcer dans des valeurs essentielles... du goupillon. Du moins, pour les pauvres !
SLOVAR
Crédit photo : FlickR CC -
Fondapol
Les jeunes centristes rejouent «Génial, mes parents divorcent»!
21/04/2011 07:27 par rgrs
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Les jeunes centristes rejouent «Génial, mes parents divorcent»!
21/04/2011 07:27 par rgrs
Alors que les multiples leaders centristes semblent incapables de s’unir au sein d’une seule et même formation, leurs homologues juniors s’apprêtent à se réunir mercredi 20 avril pour lancer leur premier débat commun et réfléchir au « destin politique » de la famille centriste. Le rassemblement du centre pourrait-il se concrétiser grâce aux jeunes ?
Hervé Morin refuse tout dialogue avec François Bayrou, certains, au Nouveau centre, le désapprouvent. Pendant ce temps, les Jeunes centristes organisent un débat commun avec les jeunes démocrates et les Jeunes radicaux sur le thème « Famille politique à la recherche de son destin ».
Les juniors du centre réussiraient-ils mieux que les seniors à unir leurs forces ?
Un débat commun qui réunirait autour de la table François Bayrou, Hervé Morin et Jean-Louis Borloo ? L’idée a tout du scénario de politique-fiction. Lassés du manque, voire de l’absence, de dialogue et de concertation de leurs aînés, Daniel Leca, président des Jeunes radicaux, Jérémy Coste, chef de file des Jeunes centristes, et François-Xavier Pénicaud, responsable des Jeunes démocrates ont décidé de se réunir pour échanger et « faire émerger une nouvelle génération de centristes », selon les mots de Coste. « Il faut que notre famille politique se rassemble pour pouvoir peser et être un jour majoritaire. » Et tant pis si leurs parents politiques ont choisi de faire éclater la cellule familiale UDF quelques années plus tôt ; eux, prétendent vouloir recoller les morceaux.
Vierges de tout contentieux, les trois leaders des mouvements jeunes acceptent volontiers de se parler et affirment mettre un point d’honneur à « garder le contact ». « On écrit sur une page griffonnée par nos aînés, reconnaît Daniel Leca. Mais nous les jeunes, on discute, on accentue le débat. » Un avis partagé par son homologue du Nouveau centre : « Entre nous, il n’y a pas de problématique d’ego et de mandat. Si nos aînés refusent de se parler c’est parce qu’ils ne sont pas d’accord sur la stratégie à suivre pour 2012, mais il ne s’agit pas de désaccords idéologiques. Nous, on veut mettre en lien toutes les familles du centre. »
Première étape en 2008. Les présidents de l’époque officialisent leur dialogue en participant ensemble à un débat sur l’Europe réunissant les jeunes militants des trois formations. « En l’absence total des aînés », précise-t-on côté jeunes. Comprendre : les centristes juniors oeuvrent au rassemblement pendant que les seniors se tirent dans les pattes. Réalité ou posture ?
Comme pour crédibiliser leur volonté d’unité, Leca, Coste et Pénicaud ont décidé de lancer les « débats de la confluence ». Le premier a lieu ce mercredi 20 avril, sous le parrainage de Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen et vice-président de l’UDF.
Le thème ? Une question d’actualité (centriste) : « Famille politique à la recherche de son destin ». De quoi animer la soirée. Et pour le responsable des Jeunes centristes, le centre n’a qu’un seul destin : « Se rassembler pour peser et être, un jour, majoritaire. On a réussi à transformer l’essai en 1974 avec l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, il faut réitérer. » « C’est l’occasion pour nos militants de se rencontrer, souligne de son côté le chef des Jeunes radicaux. On ne va pas rester cloisonner alors qu’on se rejoint sur le fond, ça n’a pas de sens. »
A les entendre donc, il semblerait que les jeunes du centre soient en passe de réussir l’impensable : rassembler leurs parents désunis. Mais à peine érigée, la façade si lisse de la maison centriste version junior se craquelle déjà. « Pour les démocrates, il est difficile de travailler avec les radicaux valoisiens », admet Jérémy Coste. Et vice versa. A tel point que les Jeunes radicaux et les Jeunes centristes s’apprêtent à lancer, début juin, leur propre confédération des centres, à l’instar de leurs aînés. Les jeunes de l’Alliance centriste et de la Gauche moderne devraient également y participer. Et les Jeunes démocrates ? « Ils veulent soutenir François Bayrou et on les respecte, assure Coste. Mais je dois reconnaître que je suis déçu qu’ils ne prennent pas part à ce mouvement. » Chef de fil des jeunes du Modem, François-Xavier Pénicaud, quant à lui, dit « regretter qu’ils aient voulu montrer leur zèle à Morin et Borloo en les imitant ».
Les conflits des grands rejaillissent inévitablement sur les petits. « Si ils envoient le message fort qu’ils ne soutiendront pas le candidat de l’UMP au second tour, nous pourrions nous réunir, mais vous savez bien qu’ils ne sont pas prêts à le faire », ajoute le président de Jeunes démocrates. Malgré sa bonne volonté affichée, la jeunesse centriste bute sur les mêmes difficultés et les mêmes désaccords que ses aînés. Du président des Jeunes radicaux, en passant par celui des Jeunes centristes ou des Jeunes démocrates, chacun refuse de prendre le risque de se désolidariser de son leader. Une place de choix dans un parti ne s'obtient pas en désavouant l'action de son chef...
Seul espoir : l'après 2012. « Le vrai enjeu est l’après présidentielle, il faudra rebattre un certain nombre de cartes », assure Daniel Leca. La reconfiguration du centre pourrait-elle s'accompagner de la création d'un seul mouvement de jeunes centristes ? « Après 2012, mon souhait est qu’on arrive à travailler avec les jeunes démocrates, affirme Coste. Il s’agira de reconstruire, d’exister, mon souhait le plus profond est qu’on arrive à rassembler toute cette famille. » Et justement : « Mercredi, on pose les premières fondations pour l'après 2012 », jubile le patron du Nouveau centre jeunesse. Un enthousiasme aussitôt relativisé par son collègue du Modem : « On organise un débat ce soir, je ne sais pas s'il y en aura d'autre. »
Laureline Dupont - Marianne
Face à Le Pen et Sarkozy : nos priorités
21/04/2011 07:22 par rgrs
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Face à Le Pen et Sarkozy : nos priorités
21/04/2011 07:22 par rgrs
Maurice Szafran répond, une bonne fois pour toutes, aux attaques essuyées par Marianne quant à son traitement médiatique du Front national : effectivement, le journal considère que la radicalisation de l'UMP et la paralysie socialiste sont de bien plus grands dangers pour la France que les poussées momentanées du Front national.
Dans une récente émission de télévision (« Mots Croisés » d’Yves Calvi sur France 2), notre consœur du Nouvel Observateur, Ariane Chemin, s'en est une nouvelle fois prise à Marianne - ce qui est parfaitement son droit, la polémique politique, idéologique ou culturelle étant plutôt a notre goût. Mais, plus précisément, que nous que nous reprochait ce jour-là l'excellente Mlle Chemin? Ceci : nous serions plus durs, plus sévères, plus impitoyables envers Nicolas Sarkozy qu'à l'encontre de... Marine Le Pen !
Alors, voyons voir.
D'abord, et même avant tout, nous n'avons pas de compte à rendre - hormis à nos lecteurs, et certainement pas à des confrères seraient-ils du Nouvel Observateur et, à ce seul titre, détenteurs d'une partie de la morale publique, du moins s'en sont-ils eux-mêmes convaincus... L'extrême droite, qu'elle soit incarnée en France par Jean-Marie, puis par Marine Le Pen, ça ne change rien à l'affaire, est un ennemi irréductible. Non pas un adversaire ; un ennemi. Inutile d'ailleurs d'en rajouter : seuls des esprits malades (ou inquiets, et nous privilégions d'ailleurs cette seconde hypothèse) peuvent nous soupçonner. De quoi d'ailleurs? De ménager le FN ? Ridicule, simplement ridicule. Aucune réponse ni explication à fournir, certainement pas.
Depuis les premiers jours de la République, l'extrême droite incarne une tradition et une force politiques ; plus ou moins importantes, plus ou moins influentes. Aux origines de la Ve République, l'extrême droite - le Front National en l'occurrence - fut longtemps marginalisée. Influence réduite. Mais comment faire, dès les années 80, avec le lepénisme renaissant ? Cette interrogation-là est plus nécessaire que jamais. Mais elle concerne avant tout les républicains, la droite et la gauche, leurs insuffisances, leurs silences et leurs lâchetés. C'est en cela que Jean-Marie puis Marine Le Pen et le Front National en tant que tels ne nous intéressent guère. Ils incarnent l'ennemi - nous le savons et eux aussi.
Ce qui importe, ce qui nous concerne au premier chef ? Nos propres faiblesses, celles du camp républicain, ses reniements. Parfois, tant sur son flanc droit que sur son aile gauche. En 2007, nous nous étions réjouis que Nicolas Sarkozy parvienne à ramener de nombreux électeurs lepénistes parmi les républicains. Quatre ans plus tard, l'alignement du chef de l'Etat sur certaines thèses frontistes pourrait changer la nature même de la droite républicaine. Cela nous perturbe davantage que, par exemple, les élucubrations économiques de Mme Le Pen.
Ce n'est d'ailleurs pas tout à fait exact...
Si une (bonne) partie de l'électorat dit populaire est sensible aux thèses (absurdes) notamment économiques, financières et sociales, du FN, c'est précisément en raison de l'incapacité de la gauche, de la social-démocratie d'assumer le défi social. Alors répétons-le à Ariane Chemin et aux autres : oui, la dérive de Sarkozy et les blocages du PS nous perturbent davantage que les coups de menton du FN.
Maurice Szafran - Marianne
http://www.marianne2.fr/Face-a-Le-Pen-et-Sarkozy-nos-priorites_a205264.html
Bettencourt: les facéties fiscales continuent
21/04/2011 07:18 par rgrs
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Bettencourt: les facéties fiscales continuent
21/04/2011 07:18 par rgrs
Pour Nicolas Sarkozy, les jongleries fiscales des Bettencourt sont devenues un cauchemar. Le rachat par leur propre société d'un petit paquet de 380 000 actions qu'elles possédaient est l'occasion pour Liliane, la mère, de celler sa réconciliation avec Françoise, la fille, avec un petit présent de 300 millions d'euros. Dans les meilleures conditions fiscales.
Dans la famille Bettencourt, comme finalement on s’aime, on se fait des cadeaux. Pour fêter leur réconciliation de décembre dernier, la mère et la fille n’ont donc pas tardé à se témoigner leur affection retrouvée grâce à une petite manœuvre assez classique au sein du capital de la société Théthys SAS qui porte l’essentiel de la fortune familiale (18 % de l’Oréal, 10 milliards d’euros au bas mot). La société a racheté à Liliane et à sa fille Françoise, ses actionnaires, 380 000 actions payées respectivement 300 millions d’euros à la fille et 41 à la mère. Non sans une forte dose d’optimisation fiscale, comme l'a révélé le JDD.
Voilà, le cauchemar Bettencourt à nouveau réactivé pour Nicolas Sarkozy, enlisé qu’il est, dans sa proposition de prime à 1000 euros.
L’affaire Woerth-Bettencourt avait illustré jusqu’à la caricature, la porosité entre intérêt général et fortunes privées, sous l’empire Sarkozy. Elle avait surtout dévoilé la perversité du bouclier fiscal à 50%, son enfant naturel. Le chèque de 30 millions d’euros reçu par Liliane fut le clou sur la bière de la mesure phare du candidat victorieux en 2007.
Ne pas désespérer Bettencourt avait déjà couté cher au chef de l’Etat. Les nouvelles jongleries fiscales de la famille, détaillant les pratiques des super riches pour échapper à l’impôt, risque d’alourdir la facture.
Avant d’opérer le rachat des actions, Françoise Bettencourt a été nommée présidente du conseil de surveillance de la société Thètys. Elle peut désormais exclure de sa déclaration de l’impôt sur la fortune la valeur des actions Thétys, qui lui restent et qui valent, elles, quelques milliards d’euros. Premier avantage fiscal. Mais en fait , il n’y a pas eu endettement de la société pour payer les Bettencourt. La famille dément ce point de détail, histoire de semer le doute sur le reste. Il ne s’agit, en réalité, que d’un simple jeu d’écriture. Le PV du conseil d’administration confirme le démenti. Les comptes associés de Liliane et Françoise dans Téthys ont été simplement crédités de la valeur des actions, en tout, 341 millions, rémunérés à 2%. Bref, elles se sont «prêtées» de l’argent à elle-même via la société. Mais le flux d'argent est, lui, bien réel.
Jeux d'écriture
Extrait du PV de l'assemblée général de Tethys du 25/02/2011
Françoise Bettencourt dispose donc d’une créance de 300 millions d’euros sur la société, autant dire du cash, pactole qui si il avait du être cédé en donation aurait eu à supporter de lourds prélèvements. Second avantage fiscal.
Désormais réconcilié, le clan Bettencourt va pouvoir se livrer à son jeu favori : la chasse à l’impôt, qu’il a en partage avec ces 100 français les plus riches qui ont déclaré ensemble, en 2008, 3 milliards d’euros.
En attendant, Nicolas Sarkozy qui va devoir mettre un voile pudique sur la prime de 1 000 euros, a de nouveau fait un cadeau aux plus riches. Selon les calculs de Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, la réforme de l’ISF conjuguée à la disparition du bouclier fiscal ne va pas être désagréable pour tout le monde. Pour 1 900 foyers du haut de l’échelle, cela se traduit même par une petite économie de 160 000 euros en moyenne. Cent soixante primes de 1 000 euros chacun. Et ca, c'est du sûr et certain, en l'état du projet de loi. A moins que les parlementaires ne voient rouge, et ne rejettent la mouture gouvernementale si favorable aux gros patrimoines (supérieurs à 16 millions d'euros).
Si en plus le boulot des avocats fiscalistes est prémaché…
Emmanuel Lévy - Marianne
http://www.marianne2.fr/Bettencourt-les-faceties-fiscales-continuent_a205282.html
Tunisie: Boris Boillon tient bon, Juppé en renfort
20/04/2011 12:05 par rgrs
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Tunisie: Boris Boillon tient bon, Juppé en renfort
20/04/2011 12:05 par rgrs
Donné « grillé » après des débuts laborieux, Boris Boillon, l'ambassadeur de France en Tunisie, dont le nom du remplaçant commençait à circuler a finalement conservé son poste. Attendu à Tunis le 20 avril, Alain Juppé aura fort à faire pour clore définitivement une séquence marquée par le flou diplomatique et relancer des relations franco-tunisiennes tendues.
Beaucoup ne donnaient pas cher de sa peau. « Boris Boillon, un petit tour en Tunise et puis s’en va ? » titrait Mediapart le 8 avril 2011.
C’est peu dire que dans les médias et les milieux diplomatiques, ces derniers temps, la cote du Sarkoboy n’était pas très élevée.
L’ambassadeur ne s’était pas facilité la tâche, multipliant les bourdes dès son arrivée à Tunis. Le nom de son successeur circulait avec insistance dans les couloirs du quai d’Orsay et sur certains sites: Yves Marek, enfant de la résistance tunisienne, secrétaire général adjoint de la conférence des ambassadeurs, diplomate de formation. Une simple rumeur diffusée par des oiseaux de mauvaise augure selon l’ambassadeur en place.
Certes depuis la chute de l’ancien régime, les ministres défilent. Six au total: Dominique Lagarde, Laurent Wauquiez, Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Lellouche, Eric Besson et Frédéric Mitterrand.
Mais pas de « poids lourds » à l’horizon. Ni Sarko, Ni Fillon, ni Juppé n’ont foulé le sol tunisien depuis le renversement de Ben Ali. Et surtout les pâles promesses d'aides au pays déçoivent.
Pourtant la France a de quoi se faire pardonner après sa gestion calamiteuse de la révolution de jasmin. Le manque d’empressement affiché par le nouveau Ministre des affaires étrangères à faire le déplacement de Tunis commençait même à susciter quelques soupçons. Attendu avant le 9 avril, Alain Juppé aurait reporté sa visite suite au coup de froid créé par l’ambassadeur Boris Boillon dans la capitale tunisienne et en raison des crises libyenne et ivoirienne.
Le 22 mars, lors d’une audition du ministre des affaires étrangères sur la Libye, des sénateurs représentants les français de l’étranger auraient encore demandé la révocation de l’Ambassadeur à Alain Juppé. Invité par l’Ecole de journalisme de Lille, Bernard Valero, le porte parole du quai d’Orsay réaffirmait pourtant le 8 avril qu’en Tunisie, la France rattrapait le temps perdu. Et d’ajouter : « l'ambassadeur en place garde toute la confiance du ministère pour coordonner ce plan ».
« La Tunisie n'est pas abandonnée »
Après ses débuts « en fanfare », Boris Boillon s’est fait plus discret. Celui qui se disait le « premier ambassadeur twitter » n’a plus posté un tweet depuis le 20 février. Et la photo du diplomate chippendale’s a disparu du site copains d’avant.com au grand dam de ses admiratrices…
Contacté par Marianne2 quelques jours après la parution de l’article de Médiapart, l’Ambassadeur ne se montrait guère inquiet quant à son éventuel « déplacement », reconnaissant des erreurs de communication à son arrivée. Sur un plan plus technique, la demande d’agrément au ministère des affaires étrangères tunisien n’a jamais était effectuée comme le veut la tradition diplomatique. « Il n’y a là rien d’anormal. En Tunisie, cela n’a lieu qu’une fois par an et il y a d’autres ambassades où cette cérémonie des lettres de créance n’a pas eu lieu » estimait Boris Boillon.
Pas très loquace et fidèle au poste, Boillon continuait sa mission diplomatique en bon soldat, poursuivant son tour de la Tunisie et notamment des villes touristique pour s’assurer de la possibilité de lever –sans risques- les restrictions qui pesaient alors sur le pays. Pierre angulaire de l'économie tunisienne, c’est par le tourisme que la Tunisie espère se relancer.
Intronisé le 1er mars, Alain Juppé aura donc attendu le mercredi 20 avril pour aller à Tunis, où il restera deux jours. Au menu : rencontre avec les président et Premier ministre par intérim, Foued Mebazaa et Béji Caïd Essebsi, avec son homologue Meldi Kéfi.
France-Tunisie: des dossiers explosifs
Plusieurs sujets sur la table. Le premier concerne les moyens que mettra la France à la disposition des tunisiens pour les aider dans leur transition démocratique. Lors d’un colloque sur le « printemps arabe » organisé le 16 avril à l’Institut du monde arabe, Alain Juppé s'est engagé pour une aide économique rapide avant d’ajouter : « La Tunisie n'est pas du tout abandonnée. Nous faisons beaucoup d'efforts pour l'aider ».
Au programme également, l'éventualité d'une relance de l'Union pour la Mediterranée. La question a été abrodée lors d'une réunion au quai d'Orsay des ambassadeurs en poste dans des pays arabes. Le 12 avril dernier, Serge Telle, l’ambassadeur de l’UpM recevait discrètement à l’Elysée Ghazi Mabrouk, coordinateur de l’Alliance Economique Européenne, un lobby international dont il est vice-président. Son interlocuteur français lui a réitéré la détermination de la France à démentir les pronostics de disparition de l’UpM.
La question la plus délicate concerne la gestion de l’immigration tunisienne. La presse tunisienne n’est pas tendre avec la France sur la question des émigrés tunisiens: « En ces temps durs où la diplomatie tunisienne a tiré son épingle du jeu, la réaction française n’est pas à la hauteur de son image, et j’avoue que Silvio m’a agréablement surpris, bien que je considère que tout ce qui se passe soit malheureux, car quitter son pays dans ces conditions à bord d’une felouque, on ne le souhaite à personne » écrit l’éditorialiste du journal économique WMC après les dérapages du gouvernement français de MAM et l'interdiction par le France de traverser ses frontières aux immigrants tunisiens de Lampedusa, et ce malgré l’autorisation de se déplacer librement dans tout l’espace Schengen.
Juppé tentera probablement de « calmer le jeu » comme il en a fait la démonstration à l'Institut du Monde arabe: « parlons ensemble de ce qu’est la laïcité, pour vous, pour nous, peut-être pourrons-nous nous retrouver sur un terrain commun. La France dispose d’un formidable outil diplomatique pour y parvenir et je voudrais saluer nos ambassadeurs de la région Afrique du Nord – Moyen-Orient dont j’ai dit qu’ils s’étaient réunis hier à Paris et qui ont assisté avec beaucoup d’assiduité à ce colloque. Nous devons simplement réorienter nos instruments en ce sens, qu’ils soient politiques, économiques ou culturels. Aujourd’hui, c’est toute notre politique à l’égard du monde arabe que nous devons repenser».
Un voyage diplomatique dont la portée politique interne pourrait également se révéler déterminante selon le chercheur Pascal Boniface : « Alain Juppé a su remettre au centre du dispositif la diplomatie française qui a souffert du passage de ministres contestés et qui ne s’étaient pas affirmés politiquement.
Depuis sa nomination, il a beaucoup fait pour réparer les erreurs de ses prédécesseurs. Mais pour pleinement réussir son action extérieure, il doit également l’emporter sur le ministre de l’Intérieur. La France ne pourra pas être en phase avec le printemps arabe si son discours sur l’immigration fait plus de bruit que celui de sa compréhension politique des évènements ».
Régis Soubrouillard - Marianne
Loi organique sur l’élection des députés et des sénateurs : la mise en place d'une nouvelle féodalité
20/04/2011 11:59 par rgrs
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Loi organique sur l’élection des députés et des sénateurs : la mise en place d'une nouvelle féodalité
20/04/2011 11:59 par rgrs
Il est évident que dans quelques décennies, les historiens marqueront la date du 19 avril 2011 comme une date importante dans la déconstruction de la République par les élites françaises. C'est en effet le jour où a été publiée au J.O. la Loi organique n° 2011-410 du 14 avril 2011 relative à l'élection des députés et sénateurs qui n'a pour l'instant soulevé aucune difficulté particulière, à l'exception d'un débat légitime sur les sanctions des députés et sénateurs fraudant sur leurs déclarations , qui sont désormais exemptés de toute peine de prison (article 2 de la Loi).
Cette Loi a d'ailleurs passé avec succès le contrôle de constitutionnalité du Conseil constitutionnel, qui dans une décision n°628DC du 12 avril 2011.
Pourtant il y aura beaucoup à redire sur cette Loi organique et sur sur trois points :
1/ La mise en place d'un régime dérogatoire de sanctions allégées pour les députés et les sénateurs fraudant sciemment leurs déclarations :
Cette mesure, adoptée par la Majorité UMP à l'instigation de Jean-François Copé, contre l'opposition d'un certain nombre de parlementaires de tous bords (dont certains ont voté contre au Sénat) est justifiée par ses promoteurs comme une "simple remise à niveau technique" du régime des sanctions des parlementaires nationaux avec ceux des autres élus locaux.
De quoi s'agit-il ? Il s'agit de créer une incrimination spcéifique à l'encontre du parlementaire qui aurait sciemment omis ou faussé ses déclarations de patrimoine obligatoire à la Commission pour la transparence financière de la vie politique (dont le caractère transparent n'est que dans le nom vu que ses travaux sont secrets).
En commission des Lois, les parlementaires avaient conclu à une incrimination (pour une fraude volontaire) serait punie d'amendes (30.000 €), d'inéligibilité et de prison (2 ans d'emprisonnement).
Or, MM. Copé et Jacob ont modifié ce texte et fait adopté un amendement supprimant l'incrimination (amendement voté aussi par le Nouveau Centre qui réaffirme pourtant son opposition à toute modification du travail de la Commission...).
Il faut ajouter à cela la possibilité instaurée pour le Conseil constitutionnel de ne pas prononcer l'inéligibilité d'un candidat aux élections dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit sauf si le motif de rejet fait apparaître une volonté de fraude ou de manquement d'une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales (article 5 de la Loi).
Ces deux tempérament à une rigueur qui est pourtant par ailleurs appliquée avec sévérité vis à vis des citoyens qui auraient commis des fausses déclarations (rappelons que pour un citoyen produisant un faux, la peine est de trois ans de prison et de 45.000 € d'amendes - article 441-1 du code pénal). La fausse déclaration à la CAF ou au Pôle Emploi est donc plus durement punie que celle d'un élu du peuple au niveau national !
Comme si trouble public et le préjudice subi par les Institutions du fait d'une fraude d'un élu n'étaient pas plus graves !
Citons pour le plaisir la justification donnée par le rapporteur de ce texte défendant les amendements supprimant les peines de prison : " Nous devons en effet trouver une voie étroite, un chemin de crête, pourrais-je dire, entre deux exigences. Parce que les élus doivent être exemplaires, il n’est pas possible d’admettre qu’une loi, la loi du 11 mars 1988 sur la transparence financière de la vie politique, puisse être contournée ou tenue en échec (« Très juste ! » sur divers bancs), mais nous ne devons pas céder aux sirènes du politiquement correct, à la tentation de l’autoflagellation, qui ne fait paradoxalement que nourrir le soupçon et alimenter les discours populistes." (Débatsà l'assemblée nationale du 20 décembre 2010).
Les citoyens qui doivent se serrer la ceinture chaque mois, ceux qui devront travailler plus pour financer des retraites qu'ils ne percevront pas, les mères de famille de plus de 3 enfants devant travailler autant que les autres.... apprécieront le sens du "chemin de crête" de leurs élus entre exemplarité et anti-populisme.
2/ Mise en place d'un vote dérogatoire pour les français vivant à l'étranger :
Alors que l'on serait en droit de s'interroger sur la légitimité du droit de vote de français choisissant de vivre à l'étranger (je ne vise donc pas ceux affectés au titre de missions de service publique civil ou militaire à l'étranger), de de ne pas payer leurs impôts en France et de ne pas participer à la vie collective du pays, l'UMP met en place les moyens de profiter de leur soutien, chèrement payé grâce à la gratuité des frais de scolarité accordée aux expatriés par le Président dès sa première année de mandat.
Les modifications sont donc multiples et contestables sur leur principe : différence de conditions d'éligibilité en écartant le droit commun pour les candidats aux mandats de députés des français de l'étranger (article LO 132 ne s'applique pas et est remplacé par LO 329). En clair une personne inéligible en France du fait de ses fonctions pourra l'être par les français de l'étranger : citons des exemples au hasard : les grands fonctionnaires (Préfet, directeurs d'administration) à l'exception de ceux des services diplomatiques, magistrats, recteurs et responsables de la Banque de France....
Tous ces hauts fonctionnaires sont donc inéligibles en France mais éligibles par les français vivant à l'étranger à la même assemblée. On cherche encore le fondement et la légitimité d'une telle différence de traitement, alors mêem que la Loi a pour principale explication la volonté de restaurer "l'égalité" entre les élécteurs français résidant en France et ceux résidant à l'étranger (rappelons pour bien apprécier la bonne marche de nos on reste encore dans l'attente de la justificationd 'une différence de règles validée par le Conseil constitutionnel).
On notera également que pour ces français, le vote par correspondance et électronique est assoupli, qu'ils disposent de la possibilité de voter en France s'ils le souhaitent (mais payent-ils l'impôt sur le revenu en France ?), et enfin, pour l'élection présidentielle, le nombre de procuration est plafonné à 3 par personne (au lieu de 2 pour un électeur votant en France).
La porte est ouverte à une maximisation abusive de l'influence sur le résultat des prochaines élections d'électeurs dont le soutien est considéré comme acquis par le pouvoir en place.
3/ La route vers la transmission héréditaire des fiefs électoraux :
C'est le point le plus grave contenu dans cette Loi, l(abaissement de l'âge légal pour être élu.
Désormais, tout citoyen âgé de 18 ans peut être élu à l'Assemblée nationale (au lieu de 24), cet âge étant de 24 ans pour le Sénat (au lieu de 30).
L'histoire nous a enseigné que l'instauration de la féodalité s'est faite par la conjonction d'une perte de puissance du pouvoir central et d'une transmission héréditaire des fiefs. C'est d'ailleurs la condition sine qua non de la perpétuation d'une caste oligarchique, que l'on dénonce partout (y compris en son sein), mais que nous voyons à cet instant se déployer.
Posons le problème sous deux angles éclairants :
D'abord au 25 août 2009 date du dépôt de ce projet de Loi , n'y avait-il pas d'autres urgences que celle d'abaisser l'âge de l'éligibilité à l'assemblée nationale ?
Etait-ce une mesure désirée ardemment par la population ? Etait-ce essentiel pour sortir de la crise économique et politique dans laquelle s'enfonce notre pays ?
Soyons sérieux, rien n'exige d'adopter une telle disposition.
J'attire tout de même l'attention sur la date du dépôt de ce projet, afinde révéler sa vraie logique, août 2009, c'est deux mois avant que le projet de nommer Jean Sarközy de Nagy-Bocsa à la tête de l'EPAD ne devienne public. La loi promulguée en avril 2011 est donc la suite logique d'un état d'esprit d'instaurer une emprise héréditaire et oligarchique sur la République.
Une étape de plus dans sa déconstruction.
Car finalement, et pour redevenir concret, qu'est-ce que cette mesure apporte de plus au bon fonctionnement des institutions républicaines ? Peut-on une seule seconde s'imaginer un jeune de 18 ans élu à l'assemblée nationale sans appui ? Sans filiation ou référence forte ?
Le simple examen du fonctionnement dévoyé de notre République montre que cette Loi est un jalon important dans la modification des institutions pour permettre la pérennité d'une élite, à l'aune du Traité d'Andelot (587) qui annonce la transmission héréditaire des fiefs établie officiellement par le Capitulaire de Quierzy (877), à l'issue d'une évolution qui aura vu des nobles faire élire évèque ou comte leurs enfants à peine nés pour asseoir leur possession.
Ceci devait être dénoncé ici, dans le cadre de l'examen des étapes de la déconstruction républicaine.
Par Verdun
Les gadgets du gouvernement
20/04/2011 11:50 par rgrs
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Les gadgets du gouvernement
20/04/2011 11:50 par rgrs
Le candidat Nicolas Sarkozy perce de plus en plus sous le président. Pour essayer de muscler un bilan désastreux (à défaut de lui donner une cohérence, ce qui est mission impossible), le gouvernement bombarde la France de mesures plus gadgets les unes que les autres.
Communiquer au lieu de gouverner
Des postures pathétiques
Les annonces récentes pour essayer de donner du contenu à son bilan sur le pouvoir d’achat sont pathétiques et montrent surtout qu’il a échoué sur cette question. C’est tout le paradoxe de cette agitation, qui ne fait que souligner plus durement encore la minceur du bilan de cette présidence. Nicolas Sarkozy pointe le doigt là où cela fait mal sans y apporter de réponses crédibles. Résultat, les sondages restent en berne, et le Front National rafle la mise.
Les prochains mois risquent de ne pas être tristes. Le président sortant, et probablement sorti dans un an, va s’agiter pour essayer de faire en douze mois ce qu’il n’a pas fait en quatre ans. Mais la superficialité de ces gadgets rappellera à des Français qui n’y croient plus qu’il ne s’agit que de postures.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Nicolas Sarkozy comme un récidiviste sur les lieux de son crime
20/04/2011 09:09 par rgrs
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Nicolas Sarkozy comme un récidiviste sur les lieux de son crime
20/04/2011 09:09 par rgrs
En se rendant ce matin là où il avait promis aux ouvriers de ne pas les trahir, Nicolas Sarkozy se met dans la peau d’un récidiviste qui retourne sur les lieux de son crime. Il ajoute ainsi l’indécence à la trahison.
En effet, lors de sa campagne électorale, le candidat Sarkozy avait fait naître un véritable espoir parmi les classes populaires. Il s’était adressé aux travailleurs pauvres et leur avait juré de mettre fin aux délocalisations, de mieux les protéger dans une compétition mondiale inhumaine et de leur rendre leur dignité.
Or, le président Sarkozy aura été - une fois élu - le meilleur artisan du système qu’il avait si violemment critiqué à des fins électoralistes. Plus que tout autre, il a conforté le système mondialiste qui dépèce nos industries pour mieux faire travailler esclaves chinois et prolétaires indiens. Plus que tout autre, il a sanctuarisé l’euro, instrument de domination de la finance sur l’économie réelle et véritable machine à délocaliser en masse.
Mais le plus inquiétant, c’est encore que Nicolas Sarkozy, de nouveau en campagne, juge les Français suffisamment stupides pour tomber deux fois dans le même piège !
C’est pourquoi plus que jamais un véritable programme alternatif est nécessaire à droite pour redonner confiance au peuple qui a aujourd’hui toutes les raisons de ne plus croire dans la classe politique qui les gouverne.
Nicolas Dupont-Aignan,
Député de l’Essonne et président de Debout la République.
La politique de l’autruche
20/04/2011 09:05 par rgrs
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La politique de l’autruche
20/04/2011 09:05 par rgrs
Une fillette de 5 ans est victime vendredi dernier d’un viol. On apprend ce matin que le suspect est un récidiviste déjà condamné à deux reprises en 1996 et en 2009. A chaque fois, bien sûr, il n’a pas effectué la totalité de sa peine…
Le Ministre de l’Intérieur fait bloquer un train entre l’Italie et la France pour éviter l’entrée de réfugiés tunisiens à qui l’Italie a accordé des titres de séjours provisoires. Mais ce même ministre se refuse à remettre cause l’espace Schengen qui supprime les frontières nationales !
Le Ministre du Travail Xavier BERTRAND évoque l’idée de réduire la liste des métiers autorisant le recours à la main d’œuvre étrangère en raison des difficultés de recrutement. Madame PARISOT, Présidente du MEDEF, veille au grain et rappelle que c’est Mme LAGARDE qui avait signé l’arrêté en 2008.
Le cours des actions des banques françaises chute en bourse car on apprend que l’idée d’une restructuration de la dette grecque (terme élégant pour dire que ce pays ne pourra pas rembourser ce qu’il doit) fait son chemin. On m’avait traité de pessimiste quand j’avais dit il y a un an que le plan de sauvetage européen était voué à l’échec car plongeant la Grèce dans une récession cumulative sans issue. Pour autant, la seule solution possible pour ce pays : la sortie de l’euro est toujours rejetée comme un tabou.
Ces quatre informations de la journée ont un point commun, le refus des dirigeants politiques français de regarder la réalité en face et leur incapacité à prendre les mesures qui s’imposent. Le remplacement des actes par des discours et des attitudes volontairement provocatrices mais sans aucun effet. Et pourtant on sait très bien ce qu’il faudrait faire pour enfin résoudre les problèmes de notre pays.
Pour éviter les crimes atroces, il serait temps d’appliquer les peines de prison !
Pour empêcher les flux migratoires, il y a urgence à rétablir les contrôles aux frontières.
Pour favoriser l’embauche des jeunes qui dans nos cités cherchent du boulot ou des séniors en fin de droit, il serait temps de rappeler à l’ordre le MEDEF.
Pour relancer la croissance en Europe et sauver les pays du Sud et la France, il faut sortir de l’Euro et rebâtir une vraie coopération entre les nations.
Une chose est sûre, en entendant à la radio ou à la télévision les évènements se succéder en se répétant les déclarations jamais suivies d’actes concrets autres que symboliques, nos concitoyens comprennent que pour sortir de l’impuissance publique qui gangrène notre pays il faut une vraie alternative.
Nicolas Dupont Aignan