- (1) Un revenu citoyen de 850 euros pour les personnes sans ressources et dégressif pour les personnes aux revenus inférieurs à 1500 euros, pour garantir la dignité de chaque citoyen.
Comment sortir de l'euro? Version FN
18/04/2011 07:51 par rgrs
Mon collègue Malakine vient de faire une critique du programme économique du FN et de sa stratégie en matière de sortie de la zone euro. Il défend en grande partie les orientations du FN qu'il juge être sur la bonne voie. Il est vrai aussi que le FN est à l'heure actuelle le seul parti d'une taille raisonnable à prendre en compte ces réalités économiques du pays. A savoir que la France connaît une situation qui dans les conditions actuelles est inextricable. En réalité, si la France reste dans la zone euro et dans une situation de libre-échange intégrale, le seul chemin que nous pourrons prendre est celui du déclin économique et de la misère généralisée, soit par la banqueroute de notre système économique, soit par sa déconstruction volontaire sous l'effet des contraintes de plus en plus délirantes de l'endettement public et de la concurrence étrangère. La vraie démagogie consiste en fait à dire que l'on peut améliorer la situation des français sans s'attaquer à au moins l'une des contraintes qui ruinent notre l'économie, le libre-échange, l'euro, ou l'émission monétaire privatisée.
Or dans son programme, le FN fait face à ces questions de premier ordre quand d'autres partis les nient comme l'UMP ou les esquivent autant qu'il le peut à coup d'euphémismes comme le PS. On peut critiquer les orientations du FN sur divers sujets ou même sur ses choix de stratégie économique qu'il emploie pour répondre à ces contraintes. Maisle fait est qu'il essaie d'avoir un programme cohérent. Cependant si l'on regarde bien les propos tenus dans les quelques textes que l'on peut trouver sur le site du Fn, on se rend compte que la stratégie n'est pas si claire que cela. On trouve également des restes des visions libertariennes de l'économie qui ont longtemps été le fer de lance du programme économique du FN. Quoiqu'il en soit je profite de la publication de la stratégie du FN sur la sortie de l'euro pour essayer d'en faire une critique rapide.
La stratégie de sortie du FN
Avant d'entamer la question du programme de sortie de l'euro du FN une remarque sur la conclusion du document. C'est un document qui est librement téléchargeable sur le site du FN. Le document sur la sortie de l'euro en 12 points finit avec une phrase disant: "Avec la dislocation de la zone euro, la monnaie d’occupation est morte, alors vive le Franc !" cela ne fait pas très sérieux. J'ai toujours fortement critiqué l'euro, mais jamais je n'aurais écrit une telle chose. C'est absurde, l'euro est une monnaie idiote et mal conçue, mais les français et leurs élites ont largement participé à sa conception ridicule. Parler ici de monnaie d'occupation semble vouloir exonérer notre élite et nos citoyens de leurs erreurs, il y a quand même eu une majorité de français pour voter "Oui" en 1992 que je sache. Alors on peut dire qu'ils étaient mal renseignés ou manipulés, mais ils ont dit oui à cette triste aventure. A l'heure actuelle tout ce que l'on peut dire c'est que l'euro fut plus une erreur qu'autre chose. A la rigueur peut-on parler d'une monnaie faite uniquement pour les actionnaires et les rentiers de toutes sortes, mais certainement pas d'une monnaie imposée par des puissances étrangères comme semble le suggérer cette phrase. Il est vrai cependant l'on retrouve là une des obsessions du FN le complot étranger.
Sur le programme de sortie en lui même que vous pouvez lire sur ce lien, il y a plusieurs remarques à faire. C'est un texte assez synthétique il n'y a pas vraiment d'explication sur le pourquoi de telle ou telle décision. Il faut manifestement avoir réfléchi à ces questions pour comprendre l'aspect judicieux ou non de ces stratégies. Ce n'est pas gênant pour les lecteurs de ce blog qui connaissent bien ces questions
. Cependant l'on peut se demander si les arguments purement rationnels auront l'effet escompté sur le grand public qui aujourd'hui croit malheureusement que la dévaluation est une catastrophe et que l'inflation est l'ennemie de l'humanité. Il faut compter avec trente ans de propagande libérale. Le programme se résume à 12 étapes je ne parlerai que des étapes sujettes à discussion pour moi. Première remarque préalable le FN ne pense pas la possibilité d'un changement en interne de la zone euro, c'est pourtant l'une des stratégies évoquées par Jacques Sapir qui est quand même cité dans le texte. En même temps, il est vrai que le texte à pour but d'expliquer une sortie de l'euro il est donc normal que cette hypothèse ne soit pas étudiée dans ce texte. Mais comme il n'y a aucune référence à une stratégie autre que la sortie pure et simple de l'euro, on peut supposé que le FN ne pense pas à un tel stratagème. Je dis cela alors que personnellement je suis plutôt favorable à une rupture volontaire et claire plutôt qu'à une stratégie du fait accomplit comme l'est la stratégie qui la préférence de Jacques Sapir ou de Jacques Généreux, l'économiste du Front de Gauche. Je rappelle que Sapir à proposer de faire des politiques de financement direct auprès de la banque de France ou des politiques protectionnistes en violation avec les accords européens. Cette politique du fait accompli poussant nos partenaires, surtout allemand, soit à revoir leur copie sur l'euro et le protectionnisme, soit à quitter l'euro. L'avantage de cette stratégie étant que la France ne serait pas directement responsable de l'explosion de la zone euro, l'autre avantage c'est que l'on agirait directement sur les variables les plus problématiques de l'économie française.
Un autre point qui est pour moi problématique ou du moins qui pose quelques questions est le point numéro 4 qui stipule que "Restaurer la Banque de France dans ses prérogatives d’institution monétaire (mais elle conservera son autonomie vis-à-vis de l’Etat !)". On voit ici poindre la question qui fâche. Il faut quand même limiter les possibilités pour l'état d'emprunter parce que sinon, sous les effets du populisme, il pourrait être tenté par des dépenses abusives non couvertes par l'impôt. La peur de la planche à billets, voila le motif de cette mesure. C'est une vraie question que celle-ci et on trouvera chez les alternatifs des gens qui sont contre cette idée et d'autres qui sont pour. Même un économiste comme Lordon n'est pas du genre à vouloir redonner entièrement la planche à billets à l'état. Mais il faut bien comprendre ce que cela signifie, cela veut dire que nous n'avons pas confiance dans les gens qui nous gouvernent. Notre système démocratique est assez responsable pour qu'on lui donne l'arme nucléaire ou la gestion de l'éducation de nos enfants, mais pas la monnaie? Qu'il faille une séparation des pouvoirs d'accord, mais dès lors pourquoi ne pas par exemple préconiser que le futur président de la banque centrale et le comité de direction soit élues ou quelque chose du genre? En tout cas cette indépendance de la banque centrale est une idée libérale il faut en avoir conscience elle peut avoir de nombreux effets pervers. D'ailleurs, l'indépendance de la FED aux USA n'a pas empêché des politique monétaires absurdes par le passé, celle-ci se fixant sur tel ou tel chiffre pour faire sa politique et pas forcement sur l'intérêt du pays dans son ensemble.
Sur le point 5 du projet : "Abroger la loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’Etat d’emprunter à la Banque de France et qui l’oblige à se financer de façon onéreuse auprès des banques privées et des marchés financiers internationaux;" Il aurait fallu plus d'éclaicissements ici. Je crois que quelqu'un qui n'a pas étudié la question de l'emprunt public ne risque pas de comprendre l'importance de la chose. On l'a vu récemment avec la réaction ridicule de Francois Hollande lorsque quelqu'un lui a posé cette question. Le fait est que les gens pensent dans leur majorité qu'il est normal qu'un état emprunte sur les marchés financiers. Si le dogme libéral s'est aussi bien répandu c'est parce qu'il s'appuie en général sur les expériences individuelles. Les gens empruntent à la banques alors pourquoi n'en serait-il pas ainsi de l'état? C'est pouruoi le fait que l'état emprunt sur les marchés est self-evident comme disent les anglo-saxons. Evidemment quand on y réfléchit c'est absurde. L'état ne doit emprunter que s'il a besoin de denrées que le pays ne produit pas et que le pays avec qui il échange ne veut rien de ce que nous produisons. En bref, on a besoin d'emprunter à l'étranger que si on a un déficit commercial. Autrement il suffit de créer la monnaie nécessaire aux investissements locaux et çà la banque de France peut très bien le faire toute seule. Il aurait donc fallu à mon sens une petite explication sur cette question pour clarifier les idées. Il faut toujours partir du principe que ceux qui lisent un programme ne sont pas forcement des économistes ou des gens éclairés sur ces questions.
Autre remarque le point six nous dit que l'euro perdra instantanément sa crédibilité sur les marchés financiers avec l'annonce de la sortie de la France de la zone euro. Ce n'est pas si sûr que çà. Personnellement je ne m'avancerai pas vis-à-vis de l'action des marchés, ces derniers sont en fait imprévisibles. Suivant les orientations des premiers temps après l'annonce, nous aurons une bifurcation sur la valeur de l'euro,c'est sûr, mais bien malin celui qui pourra dire dans quel sens cela ira. Les marchés pourraient tout aussi bien se dire à court terme que l'euro deviendrait un nouveau Mark et sa valeur exploserait d'un coup. Il faut voir qu'une fois un choix fait, le marché par effet d'anticipation moutonnière, ne va faire que suivre cette première orientation. On aura alors un effet d'emballement soit un effondrement de la monnaie unique, soit comme je l'ai dit une explosion de sa valeur. La seule chose qui soit peu probable c'est un maintient du cours de l'euro à sa valeur précédente.
8. Etablir de façon temporaire un contrôle des changes, levé, une fois la situation financière stabilisée ; Une question, mais pourquoi ne pas maintenir le contrôle des changes plus longtemps? Et d'ailleurs, quitte a avoir une vraie rupture pourquoi diable, continuer de laisser le marché décider de la valeur du franc? Les chinois ne laissent pas flotter leur monnaie et cela leur réussit plutôt bien. De plus, contrôler les changes est un moyen pratique de contrôler aussi l'entrée et la sortie des capitaux...
Le point numéro 11 pose aussi un problème intellectuel. Il affirme que le franc pourrait se réévaluer par rapport à certaines monnaies, car ces dernières sont les monnaies de pays en grosses difficultés. On en conviendra pour les PIGS dont nous avons longuement parlé ici. Mais face au dollar il y a peu de chance que cela arrive. Et ce serait à l'heure actuelle extrêmement dommageable pour l'économie française. Non pas à cause de la production américaine en elle même, mais parce que les monnaies asiatiques sont collées au dollar. Si le Franc s'apprécie face au dollars, il prendra automatiquement du poids face au Yuan ou au Won coréen, ce qui n'est pas vraiment une bonne chose pour nous connaissant notre déficit commercial avec la Chine ou la Corée du Sud. Une chose est sûr il est certains que nous dévalureons face au futur Mark. Autre chose qui me chiffonne dans le raisonnement c'est cette phrase:"Cette dévaluation prévisible de l’ordre de 20 à 25 % du Franc aurait plus d’avantages que d’inconvénients. Elle augmenterait certes de 20% la dette extérieure, souscrite en Euros (à condition que l’Euro existe encore !), soit 67% de la dette." " Il est en effet curieux de voir que notre dette serait toujours libellé en euro alors que d'après le scénario nous sommes sorties de la zone en question. Les quelques propos suivants semblent supputer qu'il y aurait un euro commun, mais si tel était le cas j'ose espérer que notre dette serait quand même convertie en franc. Après tout lors du passage inverse notre dette n'est pas restée en franc, et pourtant vue l'évolution de la monnaie unique cela aurait réduit considérablement la dette publique française si nous l'avions fait. Ce morceau du texte semble effectivement montrer que les analyses a été écrites un peu trop rapidement, les incohérences le montrent.
Enfin, il ne faut pas oublier le problème des dévaluations compétitives que le texte n'aborde pas, c'est le même problème chez DLR au passage. Une monnaie stable n'est pas une mauvaise chose en soi, au contraire même. Cependant si vous habitez la seule zone monétaire qui est stable alors que le reste des pays de la planète ne cessent de jouer sur leurs monnaies, vous êtes le dindon de la farce monétaire. En ce sens l'Europe avec la monnaie unique a perdu l'occasion de reconstruire un système monétaire stable tel qu'il a existé pendant l'application des accords de Bretton-Woods de 1945 à 1971. Car la fameuse période des trente glorieuse c'était aussi une époque où le dollars était convertible en Or, et où les monnaies avaient des valeurs stables et fixées, non pas par les marchés, mais par les états, suivant les conditions des équilibres commerciaux. A cela s'ajoutaient des politiques protectionnistes comme en Europe avec la préférence communautaire. On ne dévaluait que rarement et suivant des conditions particulières comme celles de 1958 en France. Les monnaies ne variaient pas tout les jours suivant des envies erratiques du marché. La folie d'une construction européenne inspiré par des fédéralistes américano-centriques nous aura donc fait perdre de vue le seul intérêt de l'Europe, celui d'être un outil au service de l'indépendance des pays membres et non de leur coercition. Nous aurions dû faire une monnaie commune et introduire en Europe les règles d'équilibre que les américains ont brisé en 1971. Il aurait fallu faire de l'Europe un système de Bretton-Woods en plus petit. Il serait donc bon de proposer, en plus de la sortie de l'euro, une perspective à l'image d'une union méditerranéenne comme je l'avais présenté sur ce blog. Cela aurait en plus un caractère fortement déstabilisant pour ceux qui présentent le FN comme un parti raciste. Si ses membres proposent une union avec les pays du Maghreb dans le but de créer, non pas un stupide super-état fédéral, mais juste une zone de stabilité commerciale et monétaire, les accusations tomberont à l'eau. De plus une telle politique de développement de l'Afrique du Nord serait un bon moyen de lutter contre l'immigration de masse. Et un bon moyen de mettre fin aux nombreuses dissensions que l'histoire a pu produire entre les deux rives de la méditerranée.
Le cas échéant et en fonction de l’évolution future du SMI, le Franc pourrait être adossé ultérieurement à un étalon monétaire polymétallique constitué d’un panier de monnaies et de métaux précieux (Or, argent platine, platinum..). Le fantôme de Jacques Rueff aurait-il prit possession des économistes du FN? Si Rueff était pour l'or, c'était surtout parce qu'il permettait l'échange international sans avoir besoin d'une monnaie mondiale qui appartienne à une nation en particulier en l'occurrence le dollar. Mais un système monétaire international la France ne peut pas l'instaurer seule dans son coin. Vouloir adosser notre monnaie le futur franc à des matières premières voila bien le retour des politiques suicidaires des années 30. La France d'alors, Keynes l'avait qualifié de pays de vieux paysans assis sur leur tas d'or. Cela provoquerait une surévaluation grotesque de notre monnaie et un effondrement instantané de l'économie nationale. Pour trouver un système monétaire stable, il faudra comme je l'ai dit précédemment faire une nouvelle Europe et construire avec nos futurs partenaires un système monétaire prenant en compte le besoin d'équilibrer les balances commerciales en permanence. Les économistes du FN seraient bien inspiré de lire les propositions de la charte de la Havane par exemple qui était allée vraiment dans le bon sens mais qui ne fut jamais appliquée, faute de volonté des USA. Pour trouver un bon système monétaire international pas besoin de ressortir la relique barbare.
Yann
http://lebondosage.over-blog.fr/article-comment-sortir-de-l-euro-71921901.html
Les 20 propositions du projet présidentiel de Dominique de Villepin...
Ce projet propose une méthode pour sortir le pays de l’impuissance et de la dépression actuelle.
En premier lieu, il faut recréer un projet collectif autour du citoyen.
Ainsi, nous pourrons nous donner les outils politiques par une refondation politique.
Nous pourrons, par une refondation sociale, affronter les conséquences de la mondialisation chez nous :
Nous pourrons ainsi, par une refondation économique, devenir une économie pionnière de l’environnement et de l’innovation dans la mondialisation.
Enfin nous pourrons, par une refondation de notre regard sur le monde, nous doter d’une ambition du rayonnement et de l’indépendance
INTRODUCTION
Je me propose d'analyser avec vous une idée, claire en apparence, mais qui prête aux plus dangereux malentendus. Les formes de la société humaine sont des plus variées. Les grandes agglomérations d'hommes à la façon de la Chine, de l'Égypte, de la plus ancienne Babylonie ; - la tribu à la façon des Hébreux, des Arabes ; - la cité à la façon d'Athènes et de Sparte ; - les réunions de pays divers à la manière de l'Empire carlovingien ; - les communautés sans patrie, maintenues par le lien religieux, comme sont celles des israélites, des parsis ; - les nations comme la France, l'Angleterre et la plupart des modernes autonomies européennes ; - les confédérations à la façon de la Suisse, de l'Amérique ; - des parentés comme celles que la race, ou plutôt la langue, établit entre les différentes branches de Germains, les différentes branches de Slaves ; - voilà des modes de groupements qui tous existent, ou bien ont existé, et qu'on ne saurait confondre les uns avec les autres sans les plus sérieux inconvénients. À l'époque de la Révolution française, on croyait que les institutions de petites villes indépendantes, telles que Sparte et Rome, pouvaient s'appliquer à nos grandes nations de trente à quarante millions d'âmes. De nos jours, on commet une erreur plus grave : on confond la race avec la nation, et l'on attribue à des groupes ethnographiques ou plutôt linguistiques une souveraineté analogue à celle des peuples réellement existants. Tâchons d'arriver à quelque précision en ces questions difficiles, où la moindre confusion sur le sens des mots, à l'origine du raisonnement, peut produire à la fin les plus funestes erreurs. Ce que nous allons faire est délicat ; c'est presque de la vivisection ; nous allons traiter les vivants comme d'ordinaire on traite les morts. Nous y mettrons la froideur, l'impartialité la plus absolue.
CHAPITRE 1
Depuis la fin de l'Empire romain, ou, mieux, depuis la dislocation de l'Empire de Charlemagne, l'Europe occidentale nous apparaît divisée en nations, dont quelques-unes, à certaines époques, ont cherché à exercer une hégémonie sur les autres, sans jamais y réussir d'une manière durable. Ce que n'ont pu Charles-Quint, Louis XIV, Napoléon Ier, personne probablement ne le pourra dans l'avenir. L'établissement d'un nouvel Empire romain ou d'un nouvel Empire de Charlemagne est devenu une impossibilité. La division de l'Europe est trop grande pour qu'une tentative de domination universelle ne provoque pas très vite une coalition qui fasse rentrer la nation ambitieuse dans ses bornes naturelles. Une sorte d'équilibre est établi pour longtemps. La France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie seront encore, dans des centaines d'années, et malgré les aventures qu'elles auront courues, des individualités historiques, les pièces essentielles d'un damier, dont les cases varient sans cesse d'importance et de grandeur, mais ne se confondent jamais tout à fait.
Les nations, entendues de cette manière, sont quelque chose d'assez nouveau dans l'histoire. L'antiquité ne les connut pas ; l'Égypte, la Chine, l'antique Chaldée ne furent à aucun degré des nations. C'étaient des troupeaux menés par un fils du Soleil, ou un fils du Ciel. Il n'y eut pas de citoyens égyptiens, pas plus qu'il n'y a de citoyens chinois. L'antiquité classique eut des républiques et des royautés municipales, des confédérations de républiques locales, des empires ; elle n'eut guère la nation au sens où nous la comprenons. Athènes, Sparte, Sidon, Tyr sont de petits centres d'admirable patriotisme ; mais ce sont des cités avec un territoire relativement restreint. La Gaule, l'Espagne, l'Italie, avant leur absorption dans l'Empire romain, étaient des ensembles de peuplades, souvent liguées entre elles, mais sans institutions centrales, sans dynasties. L'Empire assyrien, l'Empire persan, l'Empire d'Alexandre ne furent pas non plus des patries. Il n'y eut jamais de patriotes assyriens ; l'Empire persan fut une vaste féodalité. Pas une nation ne rattache ses origines à la colossale aventure d'Alexandre, qui fut cependant si riche en conséquences pour l'histoire générale de la civilisation.
L'Empire romain fut bien plus près d'être une patrie. En retour de l'immense bienfait de la cessation des guerres, la domination romaine, d'abord si dure, fut bien vite aimée. Ce fut une grande association, synonyme d'ordre, de paix et de civilisation. Dans les derniers temps de l'Empire, il y eut, chez les âmes élevées, chez les évêques éclairés, chez les lettrés, un vrai sentiment de «la paix romaine», opposée au chaos menaçant de la barbarie. Mais un empire, douze fois grand comme la France actuelle, ne saurait former un État dans l'acception moderne. La scission de l'Orient et de l'Occident était inévitable. Les essais d'un empire gaulois, au IIIe siècle, ne réussirent pas. C'est l'invasion germanique qui introduisit dans le monde le principe qui, plus tard, a servi de base à l'existence des nationalités.
Que firent les peuples germaniques, en effet, depuis leurs grandes invasions du Ve siècle jusqu'aux dernières conquêtes normandes au Xe ? Ils changèrent peu le fond des races ; mais ils imposèrent des dynasties et une aristocratie militaire à des parties plus ou moins considérables de l'ancien Empire d'Occident, lesquelles prirent le nom de leurs envahisseurs. De là une France, une Burgondie, une Lombardie ; plus tard, une Normandie. La rapide prépondérance que prit l'empire franc refait un moment l'unité de l'Occident ; mais cet empire se brise irrémédiablement vers le milieu du IXe siècle ; le traité de Verdun trace des divisions immuables en principe, et dès lors la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne s'acheminent, par des voies souvent détournées et à travers mille aventures, à leur pleine existence nationale, telle que nous la voyons s'épanouir aujourd'hui.
Ernest Renan - Qu'est-ce qu'une nation : Conférence faite en Sorbonne, le 11 mars 1882
L'évènement de la fin mars - début avril, chez nous, c'était les cantonales. Mais en Allemagne, c'était les élections régionales, qui ont été marquées par la percée éclatante du parti écologiste, dans le Bade-Wurtemberg. Pour la première fois dans l'histoire politique allemande, les “Grünen”, les Verts allemands, vont présider un Land, infligeant une défaite historique aux chrétiens-démocraties d'Angela Merkel, au pouvoir dans cette région depuis plus de cinquante ans. Ils se sont imposés au sein d'une coalition de gauche, et un ministre-président issu des verts devrait donc, pour la toute première fois dirigée ce land allemand, très riche. Qui l'eut crû ? C’est dans ce fief industriel d’Hammler et de Porsche, le fameux Land de Bade-Wurtemberg, que les verts allemands ont été élus. Pour une victoire électorale Outre-Rhin - remontant à une dizaine de jours -, qui mériterait, en tout cas, toute l'attention du courant écolo hexagonal…
Il est vrai, jusqu’à présent, ils avaient l’habitude à l’instar de leurs amis français, d’être cantonnés sur la banquette arrière, indispensable pour donner un peu de fraicheur juvénile, mais qui devaient se taire, dès que les grandes personnes parlaient. On imagine toujours les verts, en pataugas, pull-over en grosse laine, fumeur de pétard et cheveux longs. Une caricature qui date de leur jeunesse post-soixante-huitarde (même si leurs positionnements sociétaux actuels, remontent en France, essentiellement au début des années 1990). Mais ce qui ne correspond pas vraiment au profil de Wilfried Kretschmann, le nouveau président vert du Land. D'ailleurs, le président vert allemand élu, ne cache pas une foi catholique vibrante et se déclare sans fard, très conservateur. On est loin du mariage homosexuel, cher à Noël Mamère, et du combat pour les sans-papiers, cher à Dominique Voynet. Certes, ils sont quand même verts allemands et ils ont gagné ces élections dans le Bade-Wurtemberg. Le débat nucléaire a été certainement fondamental, dans ce Land abritant quatre des dix-sept centrales nucléaires allemandes. Mais au-delà des causes conjucturelles de cette victoire électorale - accident nucléaire japonais ou lutte contre la construction d’une grande gare à Stuggart -, les verts allemands n’ont remporté leur combat politique, que parce qu’ils ont renoncé à leur anticapitalisme des origines et à leurs combats sociétaux les plus subversifs.
Paradoxalement, les verts allemands reviennent aux sources de l’écologie, qui naquit d'abord sur les rives d'une droite réactionnaire, qui refusaient depuis le XIXe siècle, les certitudes progressistes et scientistes de la gauche. En France, c'est sous la présidence de Pompidou, que la nébuleuse écologiste a vécu sa période de plus intense développement, bien déterminée à manifester sa vitalité dans sa première élection de 1974. L'écologie politique est alors plus recentrée sur ses problématiques initiales. On envisage d'abord une candidature de Philippe de Saint-Marc, qui préfére entreprendre un rapprochement avec Valéry Giscard d'Estaing. C'est finalement René Dumont, un agronome renommé retraité de soixante-dix ans, qui porte les couleurs de l'écologie. Sa campagne iconoclaste est alors très remarquée, le candidat se distinguant par son fameux pull rouge, ses formules qui détonent avec le discours politique traditionnel (”La voiture, ça pue, ça pollue et ça rend con…“), ses coups médiatiques préparés par son équipe de campagne, venant avec un verre d'eau à la télévision, pour le boire devant les téléspectateurs. En France, les verts font toujours semblant d’être du côté des rebelles, leurs positionnements actuels s'inscrivant dans une évolution tacticienne, remontant au début des années 1990. Le courant écologiste français en est devenu essentiellement, un mouvement transfuge d'extrême-gauche, associant post soixante-huitards reconvertis à quelques écolos avérés. Mais en Allemagne, on constate qu'ils s’allient aux grands patrons de l’industrie automobile, pour inventer “le fameux new deal vert”. “Ils acceptent leur réalité de meilleurs défenseurs du système capitalise mondialisé“. Et ils ont toutes les qualités pour remplacer dans ce rôle-là, les socio-démocrates, affaiblis par le recul des syndicats et la désagrégation de la classe ouvrière. Les verts allemands sont en train de réaliser le rêve des verts français, remplacer les socialistes. “Ils accomplissent la mission que leur a accordé, Daniel Cohn-Bendit, devenir le grand parti réformiste libéral de gauche, avec bien-sûr, une forte dose environnementale“. Les Français tergiversent encore devant ce reniement, qui leur ouvrirait les portes du pouvoir et de l’assemblée. Mais faute de mieux, certainement y viendront-ils. J.D.

C’est le dernier volet des craintes agités par les identitaires : pour eux il y aurait un risque que la charia finisse par s’imposer à la loi de la République, menaçant alors l’identité de la France. Mais là encore, s’il ne faut pas ignorer les dérives, la menace est surestimée.
La place de la religion musulmane en France
Tout d’abord, il faut considérer deux facteurs importants. En premier lieu, tous les immigrés d’origine africaine ne sont pas musulmans. Beaucoup sont athées ou chrétiens. En effet, l’INED estime qu’il y a aujourd’hui en France 2,1 millions de musulmans de 18 à 50 ans, soit environ 4 millions au total, ce qui corrobore les chiffres de Michèle Tribalat, qui estimait leur nombre à 3,7 millions en 2003. D’autres estimations évaluent ce chiffre à 5 millions ou plus.
Mais ce chiffre est encore très trompeur. En effet, seulement 20 à 30% sont pratiquants. Mieux, tous les pratiquants sont loin d’être des extrémistes souhaitant que la charia prenne le pas sur les lois de la République. Il faut donc fortement nuancer les craintes exprimées par certains. Comme pour la religion catholique, il y a quelques extrémistes, mais la grande majorité reste modérée. Et de toutes les façons, numériquement, la menace est plus que limitée.
Le modèle d’intégration Français
En outre, la tradition laïque de notre pays fait que l’intégration est plus forte qu’ailleurs. Emmanuel Todd a toujours mis en avant le taux de mariage mixte beaucoup plus important de notre pays par rapport aux pays anglo-saxons où chaque communauté a tendance à rester dans son coin. Même s’il fonctionne sans doute moins bien qu’avant, notre modèle intégrateur n’a pas été complètement désintégré par la crise économique et les remises en cause de ses fondements.
En effet, les anglo-saxons ont été stupéfaits par l’unanimité de notre classe politique pour adopter une loi interdisant la burqa, tolérée chez eux. De même, ils avaient été surpris de constater que les émeutes de 2005 étaient avant tout sociales et non ethniques, signe paradoxal, pour eux, de la réussite du modèle intégrateur Français. Bref, si notre modèle est attaqué, les points de repère de la société Française restent fondamentalement laïcs et hostiles à l’intégrisme religieux.
En outre, la France est aussi un pays métissé qui a intégré de nombreuses vagues d’immigration (d’Europe de l’Est, puis d’Europe du Sud et enfin du Maghreb), à un moment où notre malthusianisme démographique le rendait bien nécessaire. La France a intégré beaucoup d’étrangers, qui ont beaucoup donné à notre pays et les tensions actuelles ne doivent pas faire oublier l’acceptation grandissante de la population, du moment que les principes de notre République sont intégrés.
Les fissures de notre modèle républicain
Cependant, il ne faut pas être naïf. Il y a bien des activistes religieux qui cherchent à remettre en cause certains fondements de notre République. Hier, ils étaient principalement catholiques, comme à Saint Nicolas du Chardonnay (où Marine Le Pen a fait baptiser ses enfants). Aujourd’hui, s’y ajoutent des activistes islamistes qui essaient de promouvoir burqa, prières de rue, séparation des hommes et des femmes dans les piscines ou dans les hôpitaux…
Bref, même s’il ne faut pas sous-estimer la colère de certains de nos compatriotes devant les excès parfois trop tolérés de certains activistes islamistes, il faut encore répéter qu’il ne s’agit que d’une petite minorité et éviter toute généralisation. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille être complaisant à leur égard. Bien au contraire, il faut être extrêmement ferme contre tous ces dérapages. Les lois de la République ne sauraient être remises en cause par des activistes religieux.
Entre la stigmatisation sans nuance et volontiers xénophobe et un communautarisme qui remettrait en cause les fondements de notre République, il existe une autre voie : celle d’une fermeté sur nos principes tout en rejetant les amalgames injustes comme Coralie Delaume le rappelle.
Laurent Pinsolle
On voit l'évolution depuis l'avant crise. Grâce a un effort phénoménal de déficit des finances publiques, la somme cumulée des déficits n'atteint plus que 800 Milliards de USD. Et certaines baisses sont phénoménales. L'Espagne n'apparaît même plus (elle était à 120 milliards), les USA ont baissé de moitié (de 800 à 400), la Grande Bretagne a réduit son déficit des 2/3 (de 120 milliards à 48...).
On voit donc les résultats de plusieurs choses : la réduction de l'endettement (privé) et la fin de la bulle immobilière aux USA, en GB et en Espagne.
En France, Naboléon Solo a sauvé -provisoirement- l'endettement, la bulle et l'Allemagne, mais il est clair que France et Italie ont aussi besoin de dévaluer, chose faite aux USA et en GB, mais de manière insuffisante.
Si BB est critiqué, en réalité, il n'a guère le choix. Les USA ont besoin de dévaluer encore plus, ainsi que la Grande Bretagne.
Mais, globalement, la situation est tout aussi explosive et intenable à terme. Des pays ont besoin de banqueroute. C'est l'ensemble des pays OCDE, mais la banqueroute est menaçante pour les classes dirigeantes, qui détiennent l'argent.
En conséquence, si elle est inévitable, elle sera subi, et non pas voulue. Ce qui permet de mesurer l'ampleur des rois de France, spécialisés dans l'affaire, notamment de Louis XV.
Le "mieux" économique observé ranime les déficits, mais ce phénomène n'est pas tenable, non plus. On a besoin de tirer la chasse et de regarder partir le libre-échange.
Slovar
Le mensuel "Regards"(1) dans sa dernière livraison d'avril 2011 propose à ces lecteurs dans le cadre d'un dossier "Révolution : mode d'emploi", une rencontre-échange entre Olivier Besancenot, l'un des Portes-parole du NPA et Jean-Luc Mélenchon, Coprésident du PG et candidat à la candidature présidentielle au titre du Front de Gauche.
"Révolutions" arabes : révolution or not révolution ?
Révolution par la rue ou Révolution par les urnes
Pourquoi la crise du Capitalisme n'amène pas la révolution ?!
Une Révolution qui ne rompt ni avec le capitalisme ni avec l'Europe libérale et surpranationale est-ce bien une révolution ?
Deux grands absents : l'Etat-Nation et la République.
Ces absences sont compréhensibles et habituelles chez Besancenot mais fort surprenantes voire inquiétantes chez Mélenchon.
Pour deux responsables politiques qui parlent révolution et veulent la faire c'est un peu inquiétant mais somme toute normal dans le discours idéologique convenu bien pensant et dominant dans la gauche radicale qui pensent que la République et l'Etat-nation sont les expressions réactionnaires ou passéistes de notre pays ou de la gauche.
Je ne saurais rappeler à ces deux éminents révolutionnaires que la France révolutionnaire de 1789 çà fonder l’État nation souverain et la république démocratique et sociale une et indivisible. Que la grande révolution française soit fort peu signalée ou rappelée par Jean-Luc Mélenchon est le résultat de la dérive du bonhomme vers un gauchisme libertarien anti républicain. Que Besancenot ne l'aborde point cela ne me surprend pas. Il n'aborde même plus la révolution Russe de 1917 ! Il effleure un peu le souvenir de la Commune de Paris en y juxtaposant une argumentation nihiliste et basique franchement irréel et sans aucune chance d'attirer les classes populaires qui s'abstiennent ou votent Front National qui eux veulent le retour de l'Etat-Nation, de la France puissance, souveraineté, protectrice et créatrice d'emplois et de pouvoirs d'achats.
Un petit rappel sur ce qu'est l'Etat-Nation.
Tout d'abord, trois éléments doivent être réunis pour existe un Etat. Le Territoire, la Nation et le Pouvoir politique.
Le Territoire :
Le Territoire ce sont les frontières qui délimitent le territoire d'un État. Tout le territoire qui est à l'intérieur des frontières d'un État relève de son autorité, c'est à dire, de sa souveraineté. Il n'y a pas d’État sans territoire, mais il peut exister des territoires sans État !
La Nation :
La Nation est, selon la célèbre définition d'Ernest Renan(2) :" un peuple ayant à la fois un héritage commun et une volonté de vivre ensemble. L'appartenance à la nation suppose donc d'avoir en commun un certain nombre de pratiques sociales, culturelles, comme la langue".
Le pouvoir politique :
Dans un état, il est d'usage de mettre en évidence trois pouvoirs censés être indépendants les uns des autres. C'est le principe de la séparation des pouvoirs.
En France nous avons deux pouvoirs : le Législatif qui fait les lois et l'Exécutif qui fait appliquer et respecter les lois tout en administrant le territoire de la République.
Il n'y pas à proprement parlé de pouvoir judiciaire mais plutôt d'autorité judiciaire.
Le pouvoir politique dispose de l'administration, du monopôle de la violence légitime c'est à dire qu' il est le seul à pouvoir user de la force publique (Police, Armée).
On distingue le pouvoir légal, qui est exercé selon les formes prescrites par l'ordre constitutionnel et le pouvoir légitime qui œuvre pour la réalisation du bien commun.
La République est intrinsèquement révolutionnaire !
Cette révolution va vite se sentir orpheline et sans avenir !
Je ne saurais trop conseiller à Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon de lire ou relire les œuvres complètes de Robespierre (3) et de Jean-Jaurès et tout particulièrement pour ce dernier sa magistrale œuvre : L’histoire Socialiste de le Révolution Française (4).
Pour terminer je dirais que vouloir ou souhaiter une révolution est une chose, la réussir en est une autre et aussi faire en sorte que la Révolution soit pleinement révolution c'est à dire qu'elle soit l'expression de volonté populaire, l'expression du plus grand nombre clairement affichée et affirmée œuvrant pour le bien commun, l'intérêt général, la communauté légale et nationale d'un destin commun et partagé. Bref, que la Révolution soit républicaine, démocratique, sociale, jacobine, laïque, souveraine et universaliste et quelle transforme radicalement l'ordre établi comme en 1789 et surtout 1793, lorsque la Révolution prenait un cours social. La révolution républicaine et jacobine doit amener la pleine émancipation de la personne humaine par la souveraineté, la citoyenneté et l'égalité des droits.
"Citoyens, vouliez-vous une Révolution sans révolution ?" Robespierre.
Salut et Fraternité.
Darthé -Payan.
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