Immigration : le grand mythe de la substitution

15/04/2011 08:06 par rgrs

  • Immigration : le grand mythe de la substitution

    Immigration : le grand mythe de la substitution

    15/04/2011 08:06 par rgrs

C’est une petite musique traditionnellement véhiculée  par le Front National et le MPF de Philippe de Villiers et plus dernièrement par Claude Guéant : l’identité de la France serait menacée par l’immigration musulmane. Un fantasme qui ne résiste pas une seconde à l’analyse.

Le fantasme des identitaires

Certaines personnes pensent sincèrement que notre pays est littéralement envahi par des immigrés qui vont finir par se substituer à la population d’origine. Mais cela vient souvent d’un problème de comptage. Ils raisonnent souvent comme si tous les immigrés étaient d’origine africaine et y ajoutent les personnes naturalisées (déjà comptées). Pire, ils maîtrisent mal l’évaluation des flux, comptant 200 000 immigrés de plus tous les ans alors que le solde net est 2 à 3 fois inférieur.

Bref, de multiples erreurs de raisonnement cumulatives les poussent à avoir une vision déformée des flux migratoires et à imaginer une substitution qui est un pur fantasme quand on examine froidement les chiffres, même ceux de Michèle Tribalat. Pour leur défense, la proportion de personnes de couleur en France est sans doute supérieure à celle de l’immigration, du fait de notre histoire et leur concentration géographique accentue les choses, mais cela ne change rien au niveau limité des flux.

L’immigration d’origine africaine

Aujourd’hui, si on part des chiffres de l’INED (nettement supérieur à ceux de l’INSEE), et que l’on estime que 60% des immigrés sont d’origine africaine (entre les chiffres de l’INSEE et ceux de Tribalat / Gourévitch), cela représente 4 millions de personnes sur une population de 65 millions. Mais la particularité de notre pays est d’avoir un solde naturel très positif, de l’ordre de 300 000 personnes par an. Déjà, cela tord le cou au fantasme de substitution, puisque notre population croît fortement.

En effet, il ne pourrait y avoir substitution que s’il y avait remplacement de la population d’origine par des immigrés, ce qui n’est absolument pas le cas puisque la population de notre pays augmente encore fortement et principalement par la forte fécondité plutôt que par l’immigration (qui ne représente que 20 à 25% de notre croissance démographique). Ici, les identitaires rétorquent volontiers que notre forte fécondité vient de notre population immigrée.

Pourtant, l’Allemagne ou l’Espagne, qui accueillent proportionnellement plus d’immigrés que nous (selon l’INED) ont une fécondité beaucoup plus faible, ce qui montre que notre démographie doit plus à notre politique familiale et à notre culture. Le modèle familial Français est différent de celui de nos grands voisins : la norme est d’avoir deux enfants (et autant de familles ont un ou trois enfants) alors que la norme Italienne, Espagnole ou Allemande est de un à deux enfants.

Projections pour le futur

Si on projette les chiffres actuels pour les cinquante années à venir, la vague d’immigration n’est pas prête de changer la nature de la France. Avec un solde net de 40 000 à 60 000 immigrés d’origine africaine par an, on atteint le chiffre de 2 à 3 millions de personnes de plus d’ici à  2060, (soit un total de 6 à 7 millions sur une population de 80 millions d’habitants). Il est évident que de tels chiffres ne changeront pas la face de notre pays, même si les flux étaient doublés.

Bien sûr, les populations d’origine africaine font plus d’enfants. Néanmoins, dès la deuxième génération, les immigrés font autant d’enfants que la moyenne. Mieux, la transition démographique accélérée de l’Afrique a considérablement rapproché nos comportements : l’indice de fécondité en Algérie n’est plus que de 2,4. En clair, même en poussant tous les curseurs au maximum, nous sommes extrêmement loin du phénomène de substitution agité par les milieux d’extrême-droite.

Bref, on peut prendre les chiffres par tous les bouts. Même en considérant les hypothèses les plus extrêmes, la France n’est pas du tout sur la pente d’un phénomène de substitution par des immigrés d’origine africaine. Il ne s’agit que d’un fantasme agité par Marine Le Pen et consorts.

Laurent Pinsolle

Photo : ABC news

Jean Sarkozy : Spécialiste de l'économie sociale et solidaire ?

15/04/2011 07:59 par rgrs

  • Jean Sarkozy : Spécialiste de l'économie sociale et solidaire ?

    Jean Sarkozy : Spécialiste de l'économie sociale et solidaire ?

    15/04/2011 07:59 par rgrs

Le titre de cet article peut faire sourire ou surprendre. Et pourtant Jean Sarkozy est bien le Vice Président, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de l'Insertion par l'économie du CG des Hauts de Seine


A la lecture du site Neuilly journal du 12 avril on découvrait l'information suivante : : « Patrick Devedjian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, vient d'attribuer les délégations de fonctions aux 13 vice-présidents de la nouvelle Assemblée départementale. Jean Sarkozy, 7e vice-président et conseiller général de Neuilly Sud est chargé de l'Economie sociale et solidaire et de l'Insertion par l'économie (...) »

Les mauvaises langues feront remarquer que les problèmes d'insertion sont assez rares à Neuilly sud, néanmoins, notre Vice président l'affirme sur
son blog : L'économie sociale et solidaire, c'est son truc !

Il en parle d'ailleurs avec passion dans deux billets publiés en janvier 2011

Ainsi
il écrit le 17 janvier 2011, suite à un commentaire d'internaute : « (....) même si l’économie sociale existe depuis le 19ème siècle, elle incarne aujourd’hui les aspirations de beaucoup de nos concitoyens : un meilleur équilibre entre capital et travail. Ce que le général de Gaulle avait imaginé en défendant le principe de « participation » (dont l’économie traditionnelle s’est timidement emparée) (...) » Avant de conclure par : « (...) Il est grand temps que les Hauts-de-Seine renouent avec ce qui a fait sa renommée : une politique économique à visage humain »

Le
19 janvier 2011, à une autre question d'un internaute : « Les épiceries solidaires et sociales devraient vous intéresser. Elles apportent une aide alimentaire à des personnes fragiles et exclues »

Il répond : « Dès que je le pourrai, je prendrai contact avec vous pour faire une réunion de travail là-dessus. Ce genre de démarche correspond tout à fait à l’engagement du comité départemental, je crois vraiment que les Hauts-de-Seine ont des initiatives à prendre dans ce domaine »

Et à un incrédule qui écrit : « Si les gens de droite se mettent enfin à comprendre ce que vivent leurs voisins, où va-t-on ? J’aimerais tellement pouvoir vous faire confiance ! Mais j’y crois pas »

Il écrit : « Je ne sais pas de quelle génération vous êtes pour croire encore que la droite ne se préoccupe pas des questions sociales… Moi je crois que les lignes de partage entre les courants politiques ont bougé. A droite comme à gauche, il y a ceux qui pensent que le développement économique ne sert que des intérêts financiers et ceux qui pensent qu’il est le meilleur moyen d’accroître le bien être social de ceux qui la font marcher… c’est pour ça que la question du travail et de l’emploi est essentielle dans notre pays (...) »

Quelle audace. Et dire, que ce garçon n'est que : Vice Président du Département !

Un bémol toutefois dans le combat qu'il mène pour : une politique économique à visage humain

Les élus de l'opposition
font remarquer que : « (...) En contradiction flagrante avec la démarche de l’ESS, une commission d’appel d’offre a attribué, mi février, 70% d’une prestation d’insertion à destination des bénéficiaires du RSA à la société CLAF accompagnement.

Le groupe CLAF, société cotée en bourse, vient de se voir suspendre ses activités avec la direction régionale Poitou Charentes du Pôle emploi car cette dernière attend qu’elle « fournisse la preuve de sa capacité à répondre normalement à toutes les exigences des cahiers des charges ». Ici, dans les Hauts-de-Seine on vient de lui confier 20 000 personnes. Les services de la commission d’appel d’offre du conseil général constataient d’ailleurs eux-mêmes une insuffisante du dossier d’un point de vu qualitatif mais seul le prix de la prestation a compté dans la décision (...) » lire aussi
la lettre de Patrice Leclerc, conseiller général, adressée à Jean Sarkozy

Mais ne faisons pas la fine bouche. En effet, un Sarkozy qui envisage de mettre à l'ordre du jour : les épiceries solidaires et sociales, dans les Hauts de Seine, ce n'est pas rien ! C'est d'autant plus méritoire qu'il n'existe pas, de
point d'aide alimentaire, des restos du coeur à Neuilly sur Seine !

Slovar

Crédit Photo : Le Monde
http://slovar.blogspot.com/



Dominique de Villepin est-il pour la préférence nationale?

15/04/2011 07:56 par rgrs

  • Dominique de Villepin est-il pour la préférence nationale?

    Dominique de Villepin est-il pour la préférence nationale?

    15/04/2011 07:56 par rgrs

J'ai assisté ce matin à la présentation par Dominique de Villepin de son projet "pour une société de dignité" (article demain dans La Croix).

Une interrogation mérite toutefois d'être soulevée. La proposition phare de l'ancien premier ministre chiraquien est l'instauration d'un "revenu citoyen de 850€ pour les personnes sans ressources et dégressif pour les personnes aux revenus inférieurs à 1.500€", qui se substituerait aux allocations sociales existantes (revenu de solidarité active, allocation de solidarité spécifique, prime pour l'emploi, allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation personnalisée d'autonomie, allocation de rentrée scolaire, etc.).

Or, ce "revenu citoyen" serait réservé aux "citoyens français majeurs". Ce qui signifie que les étrangers en situation régulière, qui perçoivent actuellement les allocations sociales, s'en trouveraient de fait exclus à travers une sorte de "préférence nationale" non assumée.

À moins que des droits sociaux équivalents ne fassent partie du "titre de séjour unique et progressif comportant des devoirs et des droits". Mais, pour l'instant, le projet villepiniste ne le dit pas.

Laurent de Boissieu

http://www.ipolitique.fr/

Japon: les « intouchables » de Fukushima

15/04/2011 07:53 par rgrs

  • Japon: les « intouchables » de Fukushima

    Japon: les « intouchables » de Fukushima

    15/04/2011 07:53 par rgrs

Considérée au temps du japon féodal comme une minorité d'intouchables employés dans les métiers impurs, la communauté burakumin compte près de 3 millions de personnes. Si toute discrimination officielle a disparu, des discriminations sociales, familiales ou professionnelles subsistent. Les sous-traitants de l'industrie nucléaire ont largement employé des burakumin pour les tâches les plus exposées à la radio-activité. Une pratique qui semble perdurer à Fukushima.

Ce sont les héros irradiés de Fukushima baptisés les « Fukushima 50 » par la presse internationale. Les 50 liquidateurs kamikazes restés sur le site le 15 mars 2011, le jour où l’incendie dans l’unité 4 a forcé à l’évacuation des travailleurs de la centrale.

Ils sont en fait plus de 700,
selon des révélations récentes du Asahi Shimbun, le plus grand quotidien japonais, engagés dans une bataille quotidienne contre un « ennemi invisible ».
« Immédiatement après le séisme du 11 mars, le nombre d’employés de Tepco et de ses sous-traitants, Toshiba et Hitachi sur le site de Fukushima s’est élevé à plus de 700 personnes » travaillant dans des groupes de « secours », « information », « service médical » et « sécurité ». Ils se relaient par groupe de 50 travaillant sur le site pendant 2 jours avant d'aller subir des tests à l'Institut de radiologie de Tokyo. Combien sont ils vraiment ? Sont ils protégés ? Payés ?
D'après un recoupement disponible sur wikipedia, plus de 1800 personnes (fourchette basse) auraient travaillé sur le site depuis le 15 mars, si l'on compte toutes les filiales, sous-traitants, pompiers et techniciens etc. 

Derrière les louanges à ces intrépides, une autre réalité, la face cachée de la société japonaise :
les burakumin, assimilables aux « intouchables » en Inde, des marginaux, condamnés depuis la nuit des temps à exercer des métiers dégradants.
Et à Fukushima, les agences de travail temporaire avouent avoir de plus en plus de peine à recruter des ouvriers qui acceptent d’aller travailler dans la centrale nucléaire.

Trop dangereux, trop exposé. Résultat, des travailleurs sans formation, itinérants réalisent l’essentiel des travaux dangereux –mais essentiels- dans les centrales. « C’est la face cachée de l’industrie nucléaire » déclare au New-York Times, un militant de l’amélioration des conditions de travail dans ce secteur d’activités. Parmi eux, des burakumins.  
Associés à la misère, au chômage, et à la criminalité, ils exécutent les tâches que personne ne souhaite faire.

Les hiérarchies sociales: une vérité refoulée

Une subsistance du système des castes : « la discrimination a commencé au 9ème siècle. Les burakumin étaient ceux qui touchaient le sang notamment les gens qui préparaient la nourriture pour les faucons, car la chasse au faucon était la grande distraction à l’époque. Tous les métiers liés au sang, au traitement des peaux et à la mort des animaux se sont trouvés marginalisés notamment en raison des préjugés shintô et bouddhiques de l’époque » explique Jean-François Sabouret chercheur au CNRS, spécialiste du Japon et auteur d’une thèse et d’un ouvrage sur les burakumin (l’autre Japon les Burakumin, éditions de la Découverte).

De là s’est forgée toute une hiérarchie sociale : les samourais (shi), les paysans (no), les artisans (ko) et les marchands -les plus méprisables (sho). 

Mais également des hors-castes: les  habitants des hameaux discriminés (hisabetsu burakumin), un statut héréditaire jadis, objet de nombreuses discriminations qui perdurent encore hélas pour beaucoup de nos jours. Il y avait  les eta (littéralement les « plein de souillure » -êtres souillés-  ceux dont le métier touche au sang et à la mort des animaux, au traitement des peaux ou au métier de bourreau) et les hinin ( non humains) considérés comme des « non-humains », souvent des criminels, mais qui avaient l’infime espoir de « réintégrer » la « bonne » société après avoir purgé leur peine dans les bas fonds.

Au nombre de 2 à 3 millions de personnes, il est quasiment interdit d’en parler dans les médias et en public.

Les petites mains de l'industrie nucléaire

En 1995, la chaine anglaise Channel Four diffusera une enquête de 30 minutes sur les conditions de travail dans l’industrie nucléaire japonaise, montrant notamment les effets de la dérégulation du marché japonais, l’absence de respect des normes de sécurité et l’irresponsabilité des industriels, notamment chez les sous –traitants de l’industrie nucléaire. Plus vous avez de sous-traitants, moins les normes de sécurité sont respectées.

Des travailleurs forcés à travailler au plus près du cœur des réacteurs à des chaleurs supérieurs à 40°c, obligés à se rendre sur les lieux au moment des accidents, contraints à éponger l’eau radioactive avec des serviettes, condamnés à effectuer des travaux de nettoyage, sans protections ni conscience des risques. Le documentaire soulignera que beaucoup d’entre eux sont issus de la caste des burakumin, sortis des ghettos de Tokyo et Osaka.   

« Il est terrible de constater que le seul pays qui ait connu une attaque nucléaire puisse produire de telles souffrances avec ses propres centrales »
témoigne l’un d’eux dans le documentaire.

Après la seconde guerre mondiale, les habitants des quartiers irradiés d’Hiroshima sont également l’objet de nombreuses discriminations avec une hiérarchie parmi les victimes. Parmi eux, les burakumin étaient soumis au « régime » le plus dur, contraints à rester dans leur quartier de misère à l’intérieur de la ville d’Hiroshima.

« Mais il n’y eut jamais d’enquête et le nombre exact des morts des différents ghettos d’Hiroshima reste inconnu. Sans famille à l’extérieur de la ville, les survivants durent rester dans la zone radioactive et vécurent pendant des années » écrit Philippe Pons,
le correspondant du Monde à Tokyo en 1995, « absence de soins, épidémies, tuberculose : ils survivaient avec leurs plaies infectées dans les gravats, ramassaient des ferrailles ou abattaient chez eux des animaux dont ils vendaient la viande au marché noir, raconte Masamori Konishi, membre de l’Union de libération des buraku de la préfecture de Hiroshima… ».

Ruse tragique de l’histoire, à l’époque le quartier-ghetto des burakumin d’Hiroshima s’appelait…Fukushima.

 

Burakumin: la face cachée du Japon

Selon Jean-François Sabouret, spécialiste du Japon et dont le dernier ouvrage est Japon, la fabrique des futurs (CNRS-Editions), la discrimination des ancêtres des Burakumin est « presque aussi ancienne que l'histoire du Japon et de ses croyances locales».
En 1868 arrive l’empereur meiji, et ses premières lois égalitaires qui mettent fin à toute discrimination. Les quatre classes officielles sont abolies, les japonais deviennent des sujets mais ils ne se passent rien pendant 4 ans pour les burakumin : « on leur crée un statut spécial de « nouveau citoyen ». Les gens du spectacle naguère discriminés durant l’époque d’Edo (sumo, kabuki, geisha…) sont libérés mais pas ceux des métiers liés à l’abattage des animaux et au traitement des peaux ».

En 1922, est créée la ligue des nivelleurs (suiheisha)  ancêtre de la ligue de libération des burakumin créée la même année que le PC japoanais. Malgré les luttes, les discriminations persistent notamment dans certaines grandes entreprises, les recruteurs ont des consignes pour veiller à ne pas recruter des burakumin : « Ils avaient des annuaires qui fournissaient la liste et le lieu des ghettos. En 1976, la ligue de libération des burakumin a fait interdire ces annuaires. Mais, dans les faits, il y a encore des familles qui, au moment d’un mariage, font appel à des détectives pour savoir si leur fille n’est pas en train de s’amouracher d’un Burakumin. Cela coûte cher (environ 2500 euros), mais ce n’est rien à côté de s’apercevoir trop tard que l’époux de votre fils ou vos petits-enfants sont issus des descendants de la caste discriminée…»  explique Jean-François Sabouret.

Malgré la ligue de libération, la lutte des Burakumin et les efforts des divers gouvernements japonais, notamment financiers alloués à l'amélioration de la situation matérielle des ghettos, la discrimination des Burakumin perdure aujourd'hui. Certaines personnes issues de cette minorité tentent d'effacer les traces de leurs origines, et de s'intégrer à la société normale, mais dans les faits, ils sont souvent les remiers à subir les conséquences sociales de la crise. Largement discriminés, des Burakumin se retrouvent aussi, comme certains descendants de Coréens dans les rangs de la pègre (les yakuza). Au Japon, cette persistance de  pratiques féodales reste un sujet largement tabou.
Régis Soubrouillard - Marianne
 



Villepin candidat : et si c'était la fin ?

15/04/2011 07:46 par rgrs

  • Villepin candidat : et si c'était la fin ?

    Villepin candidat : et si c'était la fin ?

    15/04/2011 07:46 par rgrs

Contraint de présenter son projet « Pour une société de dignité » devant des soutiens qui se réduisent comme peau de chagrin, Dominique de Villepin a délivré un discours qui laisse assez peu deviner une candidature.


Une minuscule rangée. Ce jeudi matin, au Press Club de France, Dominique de Villepin pouvait compter ses soutiens sur les doigts d’une main amputée. Seuls Brigitte Girardin, secrétaire générale de République solidaire, Jacques Le Guen, Jean-Pierre Grand et Marc Bernier occupaient les places du premier rang. «Nous avons aussi quinze présidents de fédération qui sont venus à leurs frais !», insistait fièrement le service de presse. Mais malgré la bonne volonté de quelques adhérents ayant accepté de se déplacer pour venir garnir les rangs clairsemés de l’assistance villepiniste, le président de République solidaire semblait très isolé. 

Et pour cause. Mardi, son porte-parole, Daniel Garrigue, lui adressait sa lettre de démission, regrettant de n’avoir pas été associé à l’élaboration du projet présenté ce jeudi matin. Quelques mois plus tôt Marie-Anne Montchamp n’avait pas hésité à quitter le navire pour rejoindre les rives plus accueillantes du gouvernement. 
Enfin, Pascale Tournier dans un article publié ce jour dans France-Soir laisse entendre que d’autres élus seraient « en partance ». Pourrait-il s’agir de François Goulard qui n’hésite plus à plaider pour une prise de contact entre Jean-Louis Borloo, François Bayrou et Dominique de Villepin ? Peu probable, le député du Morbihan viendrait d’obtenir sa place aux sénatoriales, inutile dans ces conditions de rompre avec République solidaire. « Il est déjà un pont entre deux rives, observe un ex conseiller du mouvement villepiniste. Il est président UMP du Conseil général du Morbihan, il n’a pas besoin de quitter Villepin pour obtenir quelque chose de l’UMP. »

Mais Goulard n’a pas pour autant sa langue dans sa poche. Contacté par Marianne2 suite à la décision de Jean-Louis Borloo de rompre avec le parti présidentiel, il s’est exclamé : « Ce n’est pas bon de quitter l’UMP, on laisse l’appareil à quelques-uns avec un risque de rapprochement UMP/FN. » Villepin qui n’a pas renouvelé sa carte au parti majoritaire appréciera. 

D’autres députés villepinistes se font plus discrets. Michel Raison, Guy Geoffroy, Jean Ueberschlag adhèrent-ils toujours au mouvement ? « Ils y adhèrent comme on adhère à un club comme Le Chêne ou autre, murmure un ancien proche de Villepin. Mais l’avantage c’est qu’ils ne sont pas suffisamment impliqués pour le quitter. De toute façon, Villepin n’a pas envie de se présenter, il n’a pas besoin de soutiens. » 

Effectivement, son projet « pour une société de dignité », présenté à demi-mot comme un concept de campagne électorale, sonnait davantage comme un discours de politique générale ... de premier ministre. Construite autour d'idées floues telles que la « dignité du citoyen », la « refondation républicaine », la « transformation de notre modèle économique », et le souci de « donner à notre pays une ambition mondiale », la tirade de l’ex ministre chiraquien ne ressemble guère au programme d’un candidat à la présidentielle. « Il ne sait plus comment se retirer, souffle-t-on du côté de ses anciens compagnons de route. Peut-être qu’il présente ce projet pour pouvoir passer à autre chose. » 
Laureline Dupont - Marianne
 

Immigration : la réalité chiffrée

13/04/2011 17:29 par rgrs

  • Immigration : la réalité chiffrée

    Immigration : la réalité chiffrée

    13/04/2011 17:29 par rgrs

Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a une forte crispation de la société Française sur les questions d’immigration. Si elle est attisée par des faits divers, le discours de l’UMP et du FN n’arrange rien. Mais quelle est la réalité chiffrée ? Y-a-t-il une menace pour notre identité ?

Ecarts statistiques

Il n’est pas si facile de trouver des chiffres complets sur l’immigration. Aussi, j’ai croisé plusieurs sources : INSEE, INED mais aussi les chiffres de Michèle Tribalat. Il y a de vraies différences. Selon l’INSEE, il y aurait 3,51 millions d’étrangers en France en 2004 (2,96 millions nés à l’étranger et 550 000 nés de parents étrangers). Et il y aurait 4,93 millions d’immigrés (les 2,96 millions nés à l’étranger et 1,97 millions de Français par acquisitions nés à l’étranger).

Il est donc important de comprendre qu’au sein des immigrés, il y a les Français naturalisés nés à l’étranger. Mais une étude internationale publiée par l’INED estime ce nombre à 6,7 millions en 2010, soit environ 11% de la population. Michèle Tribalat et Jean-Paul Gourévitch estiment le total à 7,7 millions, soit 12% de la population mais ils incluent les enfants d’immigrés nés en France – exclus des autres statistiques – et les clandestins. Du coup, leurs chiffres confirment ceux de l’INED.

Sur la composition de la population immigrée, selon l’INSEE, 40% viennent d’Europe, 45% d’Afrique et 15% d’Asie et d’Amérique. Les chiffres avancés par les trublions de la statistique sont très différents puisqu’ils attribuent 75% à l’Afrique et seulement 10 à 15% pour l’Europe. Mais les statistiques longues montrent tout de même une forte présence de l’immigration italienne, espagnole et portugaise en France, qui semble extrêmement sous-évaluée par le duo.

La France, pays de faible immigration relative

Récemment, la présidente du Front National a affirmé que la France est « championne d’Europe de l’immigration ». Mais la réalité des chiffres montre qu’elle ment ou qu’elle ne maîtrise pas son sujet. En effet,  selon les statistiques officielles, nous sommes le pays le plus fermé des grands pays européens depuis l’an 2000 avec un solde migratoire annuel de 1 pour 1000 contre 2,1 en Italie, 2,3 au Royaume Uni, 2,5 en Allemagne et 9,7 pour l’Espagne (2,6 pour l’UE).

Et même si l’on prend en compte les chiffres de Michèle Tribalat et Jean-Paul Gourévitch, le solde migratoire de notre pays resterait dans le bas du tableau. En outre, si on suit les chiffres avancés par l’INED, alors, la France aurait même un solde encore plus bas puisque le nombre d’immigrés n’aurait progressé que de 400 000 en 10 ans, soit un solde d’à peine 0,7 pour 1000 par an. Enfin, le duo Tribalat / Gourévitch semble arrondir les chiffres vers le haut sans le justifier.

En effet, ils évoquent  215 000 entrées par an alors que les dernières statistiques officielles du ministère font état de 190 000 entrées (chiffre avancé par Marine Le Pen lors de sa conférence de presse). Le nombre de départ est sujet à débat, entre les 120 000 évoqués dans les chiffres officiels et les 90 000 qu’avance le duo Tribalat –Gourévitch. On peut donc raisonnablement estimer que le solde migratoire annuel est compris entre 70 000 et 100 000 par an.

Sur les 192 000 immigrés rentrés en France en 2010, 31 000 l’étaient pour des raisons professionnelles (en forte progression), 84 000 pour des raisons familiales (en légère baisse), 66 000 étudiants et 10 000 en vertu du droit d’asile (en baisse, où la France est peu accueillante). La famille représente donc plus de 40% des motifs d’immigration en France, et les études plus de 30%. En effet, la France est une des premières destinations étudiantes au monde, ce  qui nous apporte argent et influence.

D’ors et déjà, contrairement aux dires de Marine Le Pen, on peut soutenir que la France n’est pas du tout championne de l’immigration en Europe, mais au contraire, un des pays qui a les frontières les moins ouvertes par comparaison avec nos voisins, quelles que soient les sources, y compris frontistes.

Laurent Pinsolle

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

Fukushima : aussi grave que Tchernobyl...

13/04/2011 17:25 par rgrs

  • Fukushima : aussi grave que Tchernobyl...

    Fukushima : aussi grave que Tchernobyl...

    13/04/2011 17:25 par rgrs

Et finalement même, plus grave que Tchernobyl. On a dit que Tchernobyl était le prototype de l'erreur humaine seule, mais le Japon a commis bien plus d'erreurs humaines : construire à des endroits menacés, c'est bien l'archétype de l'erreur humaine.
Prévoir un Tsunami de 5, 6, 7 mètres, à l'endroit où il y en avait eu de 20 mètres, c'est bien de l'erreur humaine aussi, sous traiter la maintenance, c'est bien de l'erreur humaine aussi. 
Et le soir du Tsunami et du tremblement de terre, c'était 7 centrales qui étaient en coquetterie avec la sécurité, dont une seule à Fukushima.
 
A Fukushima, c'est désormais 6 centrales merdiques, contre une seule à Tchernobyl, dont 3 sont des casses-têtes, nonobstant qu'un nouveau Tsunami peut toujours arriver sur ces côtes. 
Si Tchernobyl est au niveau 7, selon la terminologie actuelle, Fukushima est à 7 +++++++.
Et, s'il y avait des enceintes de confinement, certaines n'ont pas tenues (même en l'absence d'explosion, ou avec des explosions "faibles", avec des réacteurs arrêtés...
Sans compter les équipements défaillants, en qualité et en nombre pour le personnel...
 
On dit qu'une trentaine de centrales seraient menacées dans le monde, du fait de l'incident de Fukushima, et en France aussi, on ne manque pas de centrales vétustes, mal gérées, et même la France sera sans doute contrainte de fermer quelques unités, se couper une main, pour garder le reste.
On dit que Tchernobyl a eu lieu dans un état totalitaire, sans régles de sécurité. Le totalitarisme occidental est dans la rentabilité et la distribution de dividendes. C'est encore plus totalitaire.
 
5 sites représentant 16 centrales en France (+ Phénix et Cadarache) sont construits sur des zones sismiques limites, avec des risques d'inondations importants, soit naturels, soit suite à des ruptures de barrages.
On peut ajouter les risques politiques (Nogent, trop près de Paris, Cattenom, Gravelines, Chooz, trop près de la frontière), et les mal gérés.
 
En bref, politiquement, ils vont être obligés de fermer quelques centrales, mais ces fermetures risquent d'être le signe de la débandade la plus complète...
Par Patrick REYMOND

Medef : 20 propositions pour privatiser la dépendance !

13/04/2011 17:22 par rgrs

  • Medef : 20 propositions pour privatiser la dépendance !

    Medef : 20 propositions pour privatiser la dépendance !

    13/04/2011 17:22 par rgrs

Le Medef vient de publier ses propositions sur le financement de la dépendance. S'il écarte toute contribution, même minime, des entreprises, son intention est bel et bien de récupérer la majeure partie du magot !

Slovar les Nouvelles a consacré plusieurs articles sur le financement de la dépendance que notre Président a décidé de mettre en place avant la fin de son mandat.
L'UMP envisage d'offrir le magot de la « dépendance" aux assureurs ! et : Financement de la dépendance : Les jeux sont (déja) faits. Vous payerez !

Si nous sommes très loin, de la création d'un cinquième risque, promis par le candidat Sarkozy, force est de constater que, mois après mois, le recours à une solution d'assurances privées fait son chemin, pour le plus grand bonheur de la FFSA, une des principales fédérations contributrice du Medef.

Et c'est justement le Medef qui vient de livrer le 12 avril, lors d'un conférence de presse ses solutions : Réforme de la prise en charge de la dépendance - 20 propositions du Medef pour concilier solidarité, innovation et responsabilité - Pour un partenariat public-privé global
publié par Les Echos

Que propose le Medef ?

Tout en citant abondamment le rapport Vesselle-Marini publié sur le site «
5 eme risque » le Medef affirme son opposition virulente à la création d'un cinquième risque : au nom de la compétitivité des entreprises et de l'emploi et de l'état des finances publiques !

En revanche, le Medef propose un système à deux niveaux, dont un socle public de couverture des plus démunis. Tout en précisant qu'il « (...) écarte tout nouveau financement par les entreprises indiquant que le financement de cette couverture relève d'une optimisation des dépenses (...) » et éventuellement en cas de recours à la solidarité nationale de créer un impôts à assiette large de type CSG

A noter au passage que le Medef rejette l'idée d'instaurer une deuxième journée de solidarité. « Outre les difficultés pratiques de mise en œuvre pour les entreprises, cette proposition conduirait à faire peser à nouveau le financement de la protection sociale sur les revenus du travail et en particulier sur les salariés » (Page 10 du document)

En outre afin de forcer les gens n'appartenant pas à la catégorie des plus démunis, à souscrire une assurance privée, de préférence obligatoire, le Medef propose de réserver
l'APA (allocation personnalisé d'autonomie) aux plus modestes, en la liant à des conditions de ressources (Page 16 du document)

Mais tout ceci n'est qu'un verbiage habituel du Medef destiné à masquer ses vraies propositions qui consistent ... à mettre la main sur le marché de la dépendance et son magot !

Exemples

Faire interdire les subventions dont disposent les associations, évoluant sur le marché des services à la personne ! Arguant, ce qui est faux, que le marché des services à la personne est verrouillé et que les entreprises ne peuvent pas faire jouer la libre concurrence : Le Medef demande à l'état de libéraliser le marché, dans le cadre d'une « économie régulée » ( Page 14 et 22 du document)

Ouvrir aux assureurs privés et aux représentants des entreprises de services à la personne, le conseil de la
CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées ) qui est un établissement, pour l'instant, public.

Et le gros morceau : Restructurer à la baisse les moyens de l'hôpital public. Tout d'abord en supprimant des lits dans les CHU au profit des
Ehpad qui, s'il peuvent être public ou associatif, peuvent surtout être ... privés à but lucratif.

Pour ce faire, le Medef propose de : « (...) conduire un plan volontaire de réduction des capacités hospitalières publiques dans un soucis d'optimisation de l'offre de soins (...) » (Page 19 du document) Et donc, de transférer les remboursements de la sécurité sociale vers les cliniques ou hôpitaux privées !

Ce qui signifie, si les parlementaires de l'UMP donnaient satisfaction au Medef, avant l'élection de 2012, sur ses propositions, cela permettrait une formidable main mise du privé sur le marché, formidablement juteux, de la dépendance !

Mais comme le dit le Medef, en page 4 de son document : « (...) Le marché de la dépendance est le deuxième au monde après les Etats Unis avec 5 millions de souscripteurs, plus de 500 millions d'€ collectés (...) » Il est clair qu'avec un coup de main des pouvoirs publics et des élus de la majorité, le titre de champion du monde est à la portée des adhérents du Medef : assureurs, hôpitaux et cliniques privées ou sociétés de services !

Slovar

Crédit et copyright photo : LCI TF1
http://slovar.blogspot.com/

Nicolas Hulot : candidat de l'extrême

13/04/2011 17:16 par rgrs

  • Nicolas Hulot : candidat de l'extrême

    Nicolas Hulot : candidat de l'extrême

    13/04/2011 17:16 par rgrs

Ca y est, Nicolas Hulot est candidat. Mon iPhone vient de me hurler l'information. Et le Figaro en a même fait une alerte.

Nicolas Hulot candidat... Apparemment, il jouera la primaire interne avec Europe - Ecologie. Un
piège pour certains. Je ne sais pas...
Je me demande juste, maintenant que Nicolas Hulot est officiellement un homme politique, quelle sera sa position politique sur l'échiquier. Voudra t'il ou acceptera t'il de gouverner avec le parti socialiste, partenaire privilégié d'Europe Ecologie ? Est il un "homme de droite" comme certains le pensent ?

Enfin, pour le plaisir, un peu d'Ushuaia historique... Quoiqu'on en dise, cela reste une émission culte, non ?

Falcon Hill

http://falconhill.blogspot.com/

Sarko et ses frères : on ne nous dit pas tout…

13/04/2011 17:09 par rgrs

  • Sarko et ses frères : on ne nous dit pas tout…

    Sarko et ses frères : on ne nous dit pas tout…

    13/04/2011 17:09 par rgrs

Le déficit chronique de la Sécurité Sociale se traduit toujours par plus de frais restant à la charge des assurés sociaux : franchises diverses (boîtes de médicaments, actes para-médicaux, transports sanitaires), forfaits de toute sorte (frais de séjour et actes médicaux en milieu hospitalier), médicaments non remboursés, taux de remboursement moindre pour ceux encore à la nomenclature, etc.

Si ces mesures frappent en priorité les personnes modestes, déjà touchées durement par une fiscalité indirecte qui dépasse l’entendement (plus de 80% des recettes budgétaires de l’Etat), le secteur de la santé fait aussi le bonheur de certaines personnes…

Le Pôle Emploi, fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC, une des rares idées de Nicolas Sarkozy plutôt positive, en tout cas dans son principe, qui permet aux demandeurs d'emploi d'avoir un seul interlocuteur, compte environ 50.000 employés. L’ensemble des branches de la Sécurité Sociale (Assurance Maladie, Assurance Vieillesse, Allocations Familiales et URSSAF) comptait 160 000 agents au 31 décembre 2009.

Tous ces organismes ont été concernés par une réforme récente concernant les "complémentaires santé", c'est-à-dire les mutuelles du personnel de ces organismes.

Depuis le 1er janvier 2009 en effet, tous les agents ont été contraints de résilier leurs contrats avec leurs mutuelles pour adhérer à une "mutuelle employeur obligatoire". Ceux qui ont des enfants ont également été obligés d’inscrire ces derniers sur le nouveau contrat (sauf exception). C'est une conséquence de la loi Fillon de 2003.

Le grand frère entre en lice : Guillaume Sarkozy

C'est le même organisme, le groupe Malakoff-Médéric qui a remporté les deux marchés en obtenant ainsi 210 000 adhérents supplémentaires ! En ajoutant à cela les 800.000 salariés du secteur café-hôtellerie-restauration (CHR) qui sont en train de rentrer dans le dispositif depuis janvier 2011, cette compagnie d’assurance et de prévoyance est devenue sur le marché français :

n°1 des groupes paritaires de protection sociale

n°2 de la retraite complémentaire

n°3 en santé collective (classement Argus de l’Assurance)

Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric le 30 juin 2008, 6 mois avant la mise en place du dispositif "mutuelle obligatoire employeur" pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi…Le président de Médéric a cédé alors sa place au président de Malakoff : Guillaume Sarkozy qui a été par ailleurs vice-président du MEDEF entre 2000 et 2006 et de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) de 2004 à 2005.

Malakoff Médéric est un groupe mutualiste, paritaire mais pas sa filiale Sevriena qui va devenir un groupe privé majeur dans un autre secteur, celui de l’épargne retraite. Guillaume Sarkozy a créé Sevriena avec un poids lourd de la catégorie, CNP Assurances, dont les actionnaires principaux sont la Caisse des dépôts (40 %) et la holding Sopassure (Banque postale et BPCE, 35,48 %).

Si l’on examine de près le conseil d’administration de CNP Assurances, on y découvre notamment : François Pérol, président du directoire de BPCE (Banque populaire Caisses d’épargne), ex secrétaire général adjoint de l’Elysée et Henri Proglio, PDG d’EDF qui doit sa place à… Nicolas Sarkozy.

CNP Assurances est aussi un groupe international qui, le 15 janvier 2009, a annoncé dans un communiqué avoir payé un montant de 145 millions d’euros l’acquisition de 50,1 % de Marfin Insurance Holdings qui détient 100 % de Laiki Cyprialife (assurance vie à Chypre), Laiki Insurance (assurance dommages à Chypre), Marfin Life (assurance vie en Grèce) et Marfin Brokers (courtier assurance dommages en Grèce).

Un heureux hasard a fait que parallèlement à la création de Sevriena, l’Elysée poussait à l’adoption du projet de loi réformant les retraites, dont le texte définitif contient les « mesures relatives à l’épargne retraite »...

Le frérot se pointe : François Sarkozy

Pédiatre de formation, il a abandonné la pratique pour l’industrie pharmaceutique depuis 2001. Il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et devient le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement.

François Sarkozy a lancé une chaîne de télévision spécialisée dans l’Internet, financée par le laboratoire Sanofi. Il a des relations avec le groupe Paris Biotech Santé, l’un des protagonistes de l’affaire de l’Arche de Zoé (1). Il fait partie aujourd'hui des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique.

D’ailleurs le grand plan Alzheimer lancé par le gouvernement est un joli cadeau de quelques centaines de millions d’euros et une aubaine pour le secteur dont il défend les intérêts. La structure scientifique (Fondation Alzheimer) mise en place ainsi que les dispositifs de partenariat public-privé bénéficient directement à l'industrie pharmaceutique, en particulier à Sanofi-Aventis et à ses sous-traitants et collaborateurs, parmi lesquels François Sarkozy.

A venir aussi le plan "Dépendance des Seniors" avant la prochaine élection présidentielle...

Le troisième larron est toujours aux manettes : Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa…

Trois frères donc : l’un à la tête d'un des plus gros groupes d’assurance santé-retraite, un autre qui sert les intérêts des laboratoires pharmaceutiques et le troisième qui chapeaute le tout en ayant la charge de l’exécutif : c’est le Président de la République.

On comprend mieux aujourd’hui sa "bienveillance" vis-à-vis de son ancienne ministre de la santé, Roselyne Bachelot, de mai 2007 à novembre 2010, lorsqu'elle a fait prospérer les grands laboratoires pharmaceutiques en leur achetant 95 millions de doses de vaccin pour lutter contre la grippe A...inutiles mais financièrement juteux !

Et on peut légitimement nourrir des inquiétudes sur l’avenir de notre système de santé. Les réformes engagées depuis 2004 ne font que confirmer sa détérioration et même son démantèlement total d’ici quelques années, si un coup d’arrêt n’est pas apporté à cette politique au profit exclusif d'intérêts privés.

Il ne faut pas s’étonner non plus de l'acharnement de Nicolas Sarkozy à réformer le financement des retraites qui va fatalement s'orienter vers un système par capitalisation, vu l'allongement de la durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein et les montants de retraite de plus en plus faibles servies par le Régime Général des salariés.

Rares sont les pays du monde occidental où l’on assiste à de telles dérives de la part d’un Président de la République d’autant que personne n’a oublié l’affaire du « fiston » pour occuper le poste de président de l'Epad alors que Jean Sarkozy, à 23 ans, n’avait même pas encore terminé ses études, redoublant sa deuxième année de droit après avoir redoublé la première !

Dans l'Europe protestante du Nord, il y a longtemps qu'un tel président serait sur la touche, notamment après avoir annoncé, en janvier 2009, que les enquêtes judiciaires seront désormais toutes dirigées par le Parquet, soumis au pouvoir politique…

 par Albert Ricchi

 

(1) Des membres de l’association française L’Arche de Zoé ont été arrêtés le 25 octobre 2007 par les autorités tchadiennes avec 103 enfants qu’ils voulaient emmener illégalement en France afin de les faire adopter. Il s’est révélé que, contrairement à ce que prétendait l’association, la plupart de ces enfants n’étaient ni orphelins ni soudanais. Cette affaire a entraîné la colère de l’opinion publique tchadienne et déclenché une crise diplomatique entre la France et le Tchad.


Photo Flickr-cc : Les Pieds Nickelés par tintincai (http://www.flickr.com/photos/tintincai/3050062128/)
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