Les documents Takieddine : le financier secret qui met en danger le clan Sarkozy
15/07/2011 19:12 par rgrs
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Les documents Takieddine : le financier secret qui met en danger le clan Sarkozy
15/07/2011 19:12 par rgrs
Brice Hortefeux et Ziad Takieddine. © Photo Mediapart

Z. Takieddine© dr

Ziad Takieddine en compagnie de Brice Hortefeux et Jean-François Copé et leurs épouses. Août 2003. © Photo Mediapart

Jean-François Copé dans la piscine de la villa de Ziad Takieddine.© Photo Mediapart

Ziad Takieddine et Jean-François Copé au Liban. © Photo Mediapart

Ziad Takieddine, Jean-François Copé et l’ambassadeur Lecourtier. © Photo Mediapart

Ziad Takieddine, Thierry Gaubert (au premier plan) et Dominique Desseigne © Photo Mediapart
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Cet homme est une bombe à retardement pour le clan Sarkozy. Connu pour être le principal suspect dans le volet financier de l’affaire Karachi, Ziad Takieddine est bien plus que cela. Mediapart est en mesure d’affirmer qu’il est devenu à partir de 2002 un conseiller occulte et un financier de l’ombre au cœur du sarkozysme, de la conquête du pouvoir jusqu’à aujourd’hui, selon de nombreux documents exclusifs que nous nous sommes procurés. Dans ce premier volet d’une série d’articles que nous allons consacrer à Ziad Takieddine, Mediapart dévoile plusieurs photos inédites qui attestent de liens jusqu’ici insoupçonnés, pour certains cachés, de l’homme d’affaires franco-libanais avec le premier cercle du chef de l’État. Sont concernés: l’ancien ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, l’ancien conseiller de Sarkozy Thierry Gaubert, l’actuel secrétaire général de l’UMP et ex-ministre du budget Jean-François Copé, et Dominique Desseigne, le patron du Fouquet’s, où Nicolas Sarkozy a célébré sa victoire à l’élection présidentielle en mai 2007. De nombreuses notes font également état de relations suivies avec Claude Guéant, proche de toujours de Nicolas Sarkozy et aujourd’hui ministre de l’intérieur. D’autres encore concernent très directement la politique libyenne de réconciliation spectaculaire avec le régime Kadhafi, sur fond de grands contrats, alors que le Parlement doit se prononcer mardi sur la guerre aujourd’hui menée. Mediapart peut également révéler que M. Takieddine a reçu, entre 1997 et 1998, 91 millions d’euros pour la vente de frégates à l’Arabie Saoudite, validée en novembre 1994 par Nicolas Sarkozy en tant que ministre du budget. Et ce n’est pas tout: à partir de l’année 2003, Ziad Takieddine aurait par ailleurs consacré 11,8 millions d’euros à ce qui est décrit comme des «paiements secrets» en provenance de comptes offshore, selon des documents à notre disposition. À l’évidence, Ziad Takieddine est l’homme qui sait tout et donc trop! En mars dernier, submergé par la colère, il a ainsi menacé de «faire sauter le gouvernement» lors d’une conversation téléphonique avec son ami Thierry Gaubert, qui est aussi un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy (lire notre enquête sur sa mise en cause dans une affaire de 1% logement en cliquant ici et ici). Des douaniers venaient d’interpeller M. Takieddine à l’aéroport du Bourget, porteur d’1,5 million d’euros en espèces alors qu’il revenait de Libye. L’homme d’affaires de 61 ans raccompagnait ce jour-là en jet privé des journalistes du Journal du Dimanche partis interviewer le colonel Kadhafi. Placé en garde à vue comme un vulgaire “porteur de valises”, Ziad Takieddine avait expliqué, sans convaincre, que ces fonds correspondaient à «un transfert entre sociétés commerciales». La justice a ouvert une enquête préliminaire pour «manquements aux obligations déclaratives» et «suspicion de blanchiment», dont on est sans nouvelles depuis lors. Mais jeudi 7 juillet, c’est au domicile du même Thierry Gaubert que des policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF) ont mené une perquisition. Pour, encore une fois, suivre la piste de Takieddine. De nombreux témoins entendus par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, chargés du volet financier de l’affaire Karachi, l’ont en effet désigné comme l’intermédiaire imposé par le pouvoir balladurien: il s’agissait de s’assurer de substantielles «rétrocommisssions» sur les marchés d’armement signés peu avant la présidentielle de 1995. Rétrocommissions que les juges soupçonnent d’avoir alimenté le financement de la campagne électorale d’Édouard Balladur. Ziad Takieddine a effectivement rencontré Thierry Gaubert lors de la campagne de Balladur. M. Gaubert avait suivi Nicolas Sarkozy de la mairie de Neuilly au ministère du budget – dans de petites fonctions de communication. Dans le même temps, Takieddine s’était également rapproché du couple Léotard qui venait skier dans la station Isola 2000 (Alpes-Maritimes), station qu’il avait gérée jusqu’en 1992. Les deux hommes avaient partagé bien des secrets de cette campagne électorale. L’élection perdue, M. Takieddine a néanmoins multiplié par 100 sa surface financière grâce aux marchés d’armement signés en 1994 par le gouvernement Balladur − François Léotard était alors le ministre de la défense.
Le yacht, le marchand d’armes et les ministres
Ziad Takieddine est l’homme d’un clan, qu’il aime réunir pour les grandes occasions. Ainsi, ce 27 juin 2002, il célèbre lors d’un fastueux dîner la victoire de la droite à la présidentielle et aux législatives, qui marque le retour en grâce − et au gouvernement − des ex-balladuriens.
Parmi les invités, Renaud Donnedieu de Vabres, ancien membre de l’équipe de campagne de Balladur, ex-ministre aux affaires européennes et futur ministre de la culture; Jean-François Copé, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement − qui avait soutenu Chirac en 1995 sans retrouver de place dans le gouvernement Juppé; Brice Hortefeux, alors membre du cabinet du ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy; Christian Estrosi, alors député; et… Thierry Gaubert, placardisé depuis sa mise en cause dans des affaires immobilières des Hauts-de-Seine. Étienne Mougeotte, alors vice-président de TF1, et Thierry Dassault, l’un des fils du célèbre avionneur, sont aussi invités.
Cet aréopage sarkozyste se retrouve régulièrement dans la propriété de Takieddine au cap d’Antibes. En août 2003, Jean-François Copé et Brice Hortefeux et leurs épouses partent ainsi en mer sur La Diva, le yacht de l’homme d’affaires. Voici, ci-dessous, une des photos de cette journée:
«Je ne suis allé qu’une fois ou deux chez lui, explique Brice Hortefeux contacté par Mediapart, et je n’étais pas au gouvernement. Il avait invité tout le monde à un grand dîner. Je suis peut-être sorti en bateau, mais je n’ai pas fait de croisière avec lui.» Certains, comme Jean-François Copé, séjournent longuement dans sa villa du cap d’Antibes, comme en témoigne cette photo ci-dessous datée du 13 août 2003:
Questionné par Mediapart sur ces vacances mais aussi sur d’autres déplacements à Londres, à Venise et à Beyrouth − dont Mediapart a retrouvé la trace −, Jean-François Copé a confirmé que dans le cadre de «relations strictement amicales», «sans aucun lien» avec ses «activités électives ou ministérielles», il avait été à plusieurs reprises «invité» par Ziad Takieddine.
Selon nos informations, l’homme d’affaires a effectivement pris en charge, via la société Translebanon, les voyages de Jean-François Copé et de son épouse à Londres puis à Venise, en octobre 2004. Et encore une fois à Londres, en octobre 2005. En octobre 2003, il fait aussi visiter le Liban à celui qui est alors secrétaire d’État des relations avec le Parlement, comme en témoigne une photo ci-dessous:
Lors de ce voyage, l’intermédiaire des frégates saoudiennes et des sous-marins pakistanais dîne d’ailleurs avec le ministre dans la résidence de l’ambassadeur de France. «Ce voyage comportait en effet une partie officielle et une partie amicale», indiquait-on, dimanche 10 juillet, dans l’entourage du patron de l’UMP.
À l’époque de ces escapades, Jean-François Copé est ministre et porte-parole du gouvernement. En mars 2004, il devient ministre délégué à l’intérieur, puis en novembre 2004, il obtient le portefeuille du budget. Les documents obtenus par Mediapart font apparaître à la date du 7 avril 2004, un «avoir de la famille Copé» s’élevant à 19.050 euros dans les comptes de l’intermédiaire.
L’équipe de M. Copé n’a pas donné d’explication à Mediapart sur ce point. En particulier, il n’a pas indiqué si cet «avoir» correspondait à un remboursement finalement opéré par le ministre. «On ne voit pas de quoi il s’agit», précise-t-on du côté de l’UMP.
11,8 millions d’euros de «paiements secrets»…
Ces deux marchés ont ceci de particulier qu’ils ont connu la même destinée une fois Jacques Chirac élu président de la République en 1995. Suspectant les balladuriens de financement occulte via ces contrats, le nouveau chef de l’État a interrompu, à l’été 1996, le versement des commissions restant dues au réseau d’intermédiaires au centre des soupçons. Ce fut une très mauvaise nouvelle pour Ziad Takieddine.
Mais selon des documents inédits auxquels Mediapart a eu accès, l’homme d’affaires franco-libanais a finalement obtenu une partie non négligeable des commissions qu’il attendait de la vente de frégates. Après avoir engagé un processus arbitral, fin 1996, il a pu ainsi obtenir, en trois versements, 130 millions de dollars sur le «compte secret» n° 3585 ouvert à la banque de la Méditerranée à Beyrouth: 75 millions le 7 avril 1997, 25 millions le 31 décembre 1997 et 30 millions le 31 mai 1998.
Ces fonds sont aussitôt répartis sur d’autres offshore, notamment la Estar Ltd, bénéficiaire de plusieurs contrats de “consultants” signés en 1995 avec la Sofresa, un office d’armement appartenant à l’État français. Ziad Takieddine assure aujourd’hui que l’intervention de Rafic Hariri auprès de Jacques Chirac en sa faveur aurait débloqué les paiements.
Cliquez sur le document ci-dessous pour le lire en plein écran:
 © Mediapart
De fait, ces arrivées de fonds vont permettre à Ziad Takieddine d’opérer la plupart des achats immobiliers somptueux réalisés à partir de 1998: hôtel particulier à Paris, maison à Londres, villa au cap d’Antibes…
Mais ce n’est pas tout. Un tableau analytique de ses dépenses fait aussi apparaître une rubrique qui est ainsi baptisée: «Paiements secrets». Ces paiements secrets s’élèvent à 11,8 millions d’euros entre 2003 et 2008!
Cliquez sur l’image pour l’agrandir.
 © Mediapart
Interrogé, dimanche, par Mediapart sur ces versements secrets et les voyages offerts à des personnalités, Ziad Takieddine a refusé de répondre à nos questions. «Qu’est-ce que vous voulez? Vous voulez abattre un président de la République? Eh bien faites-le, à votre manière, a-t-il commenté. Je n’ai rien à vous dire, sauf vous attaquer.»
«Allez donc voir ce que Villepin a touché», a-t-il rétorqué, sans en dire plus. «Je suis un homme propre et vous êtes sale. Vous êtes une des saletés les plus performantes dans la saleté.»
Le clan Sarkozy au grand complet
Sur le même relevé de comptes obtenu par Mediapart, apparaît le nom de Pierre Charon, alors conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur. Une somme tellement modeste qu’on s’étonne qu’elle y figure: 110,13 euros. Un voyage en train? Un taxi? Pierre Charon ne s’en souvient pas, même s’il admet lui aussi avoir rencontré «deux ou trois fois» l’intermédiaire, dont «une fois sur la côte». «C’était une relation commune d’amis autour de Brice», explique-t-il à Mediapart.
Une autre promenade en mer sur La Diva réunit Thierry Gaubert et Dominique Desseigne, héritier des casinos Barrière et patron du Fouquet’s, où Nicolas Sarkozy a fêté son élection à la présidence de la République en mai 2007. Dans les années 1980, M. Desseigne avait épousé l’ex-femme de Thierry Gaubert, Diane Barrière, décédée en 2001 des suites d’un grave accident. Voici une photo de cette journée en mer:
Précision utile: à l’heure de ces invitations, Ziad Takieddine s’emploie à décrocher − moyennant des contrats secrets de commissions − des marchés d’État au ministère de l’intérieur, alors dirigé par M. Sarkozy.
Le projet le plus important concerne à ce moment-là la protection des frontières de l’Arabie Saoudite, le “Saudi Border Guards Development Program”. Nom de code: Miksa. Le marché est estimé à 7 milliards d’euros! Seulement voilà, en décembre 2003, l’Élysée intervient pour stopper le ministère de l’intérieur dans ses négociations. Jacques Chirac va même jusqu’à interdire un déplacement préparatoire en Arabie Saoudite et finalement retire le dossier au ministère de l’intérieur.
Or, au sein du ministère, le contrat Miksa était géré en direct par deux hommes: Brice Hortefeux et Claude Guéant, en relation étroite avec Ziad Takieddine. «J’ai été en contact avec lui pour cette seule affaire Miksa, qui finalement ne s’est pas faite», assure Brice Hortefeux, qui admet avoir effectué l’un des voyages de négociations en Arabie Saoudite. «Ziad Takieddine avait des contacts avec les autorités, se rappelle l’ancien ministre. Est-ce qu’il a été utile au pays? Peut-être bien…»
Le fait est que l’Arabie Saoudite a, dans le passé, porté chance et fortune à Ziad Takieddine. Ainsi, dans l’entrelacs des circuits de commissions occultes mis en place entre 1993 et 1995 sur deux importants marchés d’armement, l’un avec le Pakistan, l’autre avec l’Arabie Saoudite, Ziad Takieddine a joué un rôle crucial.
http://www.gaullisme.fr/2011/07/15/les-documents-takieddine-le-financier-secret-qui-met-en-danger-le-clan-sarkozy/
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Violences urbaines : la guerre de sécession fait rage dans les banlieues
15/07/2011 19:02 par rgrs
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Violences urbaines : la guerre de sécession fait rage dans les banlieues
15/07/2011 19:02 par rgrs
Grenoble, 30 juillet 2010 : « C’est une guerre que nous avons décidé d’engager contre les délinquants et les trafiquants ». Fort de ces propos musclés, Nicolas Sarkozy posait crânement, voici un an, les bases d’une politique volontariste en matière de sécurité intérieure et d’immigration, quinze jours après les graves violences urbaines survenues dans le quartier populaire de la Villeneuve. A l’aune de ces buts de guerre, qu’en est-il des résultats tangibles enregistrés depuis lors par le chef de l’Etat dans la lutte contre toutes les formes de criminalité ? D’un point de vue empirique, le bilan est assurément calamiteux, singulièrement dans les banlieues qui focalisent largement en la matière les légitimes inquiétudes de nos compatriotes. Revue de détail de quelques faits divers qui ont frappé, ces dernières semaines, l’attention de l’opinion publique française, sans doute en raison du caractère inédit de nombre d’entre eux.
Devant l’impuissance des forces de police à enrayer le développement dans sa ville des trafics de stupéfiants, Stéphane Gatignon, maire de Sevran, en est réduit, le 2 juin, à faire appel à l’armée pour assurer la sécurité des écoles de sa commune devant la multiplication des règlements de comptes entre gangs qui se disputent, l’arme au poing, la maîtrise des quartiers de cette ville déshéritée de Seine-Saint-Denis.
Le samedi 4 juin, des échauffourées éclatent dans le Val-d’Oise, dans un quartier situé près de la gare des villes d’Arnouville et de Villiers-le-Bel, à la suite de deux interpellations policières de membres de la communauté kurde. Les arrestations dégénèrent rapidement : des voitures de police subissent des caillassages, des poubelles sont incendiées, les magasins baissent le rideau. Cet accès de violence nécessitera, plusieurs jours durant, le déploiement d’un important dispositif de sécurité.
Le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, est le théâtre habituel d’incidents violents : c’est dans cette cité que des policiers avaient été victimes, en août 2010, de jets de pierre et de coups de marteau ; plus récemment, fin mai 2011, un membre appartenant aux CRS a été blessé au visage. Les 5 et 6 juin 2011, une trentaine de jeunes encapuchonnés exhibent des armes à feu et s’en prennent, cocktails Molotov en mains, aux policiers venus sécuriser le quartier à la suite d’incidents survenus quelques jours plus tôt. Des journalistes sont également molestés.
Le 28 juin au matin, à l’entrée d’une cité des quartiers Est de Marseille, un camion de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône est bloqué par des poubelles remplies de sable, avant d’être fouillé méthodiquement par une bande de jeunes ; à l’abri de ces barrières d’octroi d’un nouveau genre, ces douaniers improvisés souhaitent s’assurer, entre les bidons de lait, de la présence hypothétique de policiers qui se seraient dissimulés à l’intérieur du véhicule.
Dans la nuit du 29 au 30 juin, à Castres, un groupe d’une trentaine d’individus, très agités, attaquent la caserne militaire du 8e RPIMA, sans mobile apparent : tirs au pistolet à grenailles, gaz lacrymogènes et matraques télescopiques sont employés avec rage par de redoutables assaillants qui demeurent pour l’heure activement recherchés par les forces de l’ordre.
Durant les nuits des 2 et 3 juillet, le commissariat de Champigny-sur-Marne est l’objet d’un siège en règle : munis de mortiers confectionnés à partir de fusées de feu d’artifice, de barres de fer et de divers projectiles, une vingtaine de voyous entendait ainsi protester contre le déploiement récent d’une Brigade Spécialisée de Terrain dépêchée sur place pour quadriller le quartier et mettre fin aux trafics qui accablent cette petite ville du Val de Marne.
Le 8 juillet, un train de marchandises est la cible d’une attaque sans précédent dans les quartiers Nord de Marseille. Le convoi ferroviaire, qui assurait la liaison Marseille-Miramas, est bloqué par une vingtaine d’individus encagoulés à l’aide de chariots de supermarchés et de poutrelles métalliques ; après avoir forcé plusieurs wagons pour y dérober des marchandises, les assaillants sont parvenus à s’enfuir en emportant leur butin, avant l’arrivée des forces de la police.
un sentiment d’impunité règne partout dans les cités
Glanés parmi tant d’autres évènements récents, ces quelques faits crapuleux attestent pareillement de l’enracinement dramatique dans les banlieues françaises d’une criminalité organisée et décomplexée, qui se caractérise désormais par l’audace et la radicalité des comportements de leurs auteurs, que n’intimident à vrai dire ni la présence des forces de l’ordre, ni la crainte qu’inspiraient jadis les foudres de la Justice.
Sans l’ombre d’un doute, un sentiment d’impunité règne partout dans les cités. Des razzias régulièrement pratiquées dans les supermarchés aux rackets de personnes, bien souvent vulnérables, des rixes entre gangs aux agressions physiques gratuites, aux abords des établissements scolaires comme dans les transports ferroviaires, des attaques de commissariats ou de bâtiments représentant les institutions publiques aux pillages de biens privés, des injures verbales aux provocations gestuelles, tous ces comportements délictueux, qui n’ont plus guère à voir avec les habituelles incivilités du passé, tendent à se multiplier aujourd’hui, au point sans doute de faire de cette délinquance endémique le fléau le plus redouté des Français.
Dans le traitement de ces actes délictueux, qui sombrent malheureusement dans une triste banalité quotidienne, chacun mesure ici l’inanité des vertus abusivement prêtées ces dernières années aux politiques de régulation sociale. En ce domaine, plus personne ne conteste l’échec patent des coûteuses politiques, dites de la Ville, menées sans grand succès depuis plus de vingt ans par des gouvernements de droite comme de gauche, à grands renforts de dotations publiques. Une fois rénovés, les équipements et espaces collectifs ne sont-ils pas aussitôt saccagés et abandonnés, pour l’infortune de ses usagers, à l’arbitraire et à la fureur des bandes ? Toutefois, avec l’essor inédit des polices municipales et le formidable développement de la vidéo-surveillance, une prise de conscience du niveau pertinent de réponse à apporter à ces actes de violence chronique semble émerger peu à peu, parmi ceux des élus qui sont en prise directe avec ce mal des temps modernes. La politique sécuritaire prend ainsi partout le pas sur la gestion strictement préventive des faits délictueux : d’une certaine façon, les couvre-feu mis en place à Asnières et Gennevilliers, en mars 2011, ou le vote en commission, le 7 juillet 2011, par la Région Ile-de-France d’une subvention de 147.000 euros pour sécuriser neuf lycées franciliens vulnérables, signent l’acte de décès d’une perception angélique des problèmes de sécurité qui dominait quelque peu les esprits, jusqu’au début des années 2000.
Reste que les pouvoirs publics demeurent globalement impuissants à juguler le phénomène de l’insécurité, partout dans les banlieues, alors que l’exercice paraît pourtant ne pas être hors d’atteinte. Selon un rapport confidentiel du Ministère de l’Intérieur, dévoilé par la presse en mars 2009, 222 bandes, rassemblées de manières structurées ou informelles, regroupant 2.500 individus, des deux sexes, continuaient à défier la loi dans les banlieues. Si peu, serait-on tenté de dire !
Mais pour mettre ces groupes, en nombre grandissant, hors d’état de nuire et pacifier durablement les banlieues, les pouvoirs publics auraient dû revoir sérieusement leur copie, en corrigeant rapidement les ratés habituels de la politique répressive de notre pays, auxquels concourent à coup sûr l’insuffisance coutumière des moyens humains et des matériels dévolus aux forces de l’ordre mais aussi la relative inefficience d’une réponse judiciaire qui s’explique autant par le dénuement qui frappe l’institution judiciaire que par le manque de lisibilité d’un Code pénal devenu, au fil des réformes législatives, inutilement bavard. Comment ne pas craindre, au surplus, les effets prévisibles des mutations structurelles en cours de cette même institution judiciaire, imposées au forceps sous l’effet des oukases européennes, de la réforme actuelle du régime des gardes à vue à la transformation annoncée du statut du Parquet, qui toutes ne manqueront pas de désorganiser davantage l’outil répressif français ? Selon le Figaro (6 juillet 2011), le nombre de gardes à vue, concernant pour l’essentiel la petite délinquance, a ainsi diminué de 26 % en juin 2011, au regard des statistiques de l’année passée, ce que confirme le Ministère de l’Intérieur, lequel avoue ouvertement de son côté une baisse sensible du taux d’élucidation des enquêtes de 2,4 %…
Rapportées au bilan présidentiel, les violences urbaines dressent chaque jour le constat d’échec de la politique répressive conduite par Nicolas Sarkozy depuis dix ans, de la place Beauvau à l’Elysée, ce à quoi nous rappelle opportunément la Cour des comptes qui, dans son dernier rapport, critique sans détours la mauvaise gestion des forces de l’ordre depuis 2002.
les jeunes de banlieues ne méritent-ils pas de bénéficier d’un authentique projet culturel
En vérité, la gravité de la situation présente impose de porter lucidement sur ces questions un regard sans complaisance, qui soit débarrassé des traditionnelles interprétations idéologiques, si réductrices. Loin d’être exclusivement le produit d’un mal-être social qui gangrène également les cités, la violence urbaine est aussi l’expression, pour ceux qui en sont les acteurs directs, d’une volonté de rupture radicale avec l’ordre établi et, plus profondément, d’une intense hostilité à l’égard de la France et des valeurs cultivées par notre pays. Depuis les travaux du sociologue Hugues Lagrange (Le déni des cultures, Paris, Seuil, 2010) ou de ceux du journaliste Luc Bronner (La loi du ghetto. Enquête dans les banlieues françaises, Paris, Calmann-Lévy, 2010), l’analyse de la crise des banlieues et du phénomène de la violence urbaine n’échappe plus, fort heureusement, à une interprétation culturelle de ses causes, qui fait désormais la part belle aux ressorts ethniques ou religieux qui déterminent, dans bien des cas, les comportement transgressifs des habitants des cités. En discernant les traits saillants de l’actualité, tous les observateurs demeurent frappés, de surcroît, par la détermination sans faille des délinquants à conquérir et conserver par la force le territoire de leurs cités, en s’appropriant obstinément la maîtrise d’un espace public qu’ils entendent d’autant moins abandonner aux forces de l’ordre que celui-ci demeure le théâtre privilégié de trafics de tout sorte, qui alimentent depuis trop longtemps une économie parallèle florissante, à bien des égards de nature mafieuse. Dans les deux cas, en restant farouchement maîtres de leurs territoires, ces minorités agissantes n’entendent-elles pas, en réalité, faire clairement sécession d’avec la France, aussi bien dans les esprits que dans l’espace géographique, pour mieux imposer, à l’intérieur de ces nouvelles limes, un ordre souverain, fondé sur la force et la brutalité, qui soit radicalement étranger aux lois de la République ?
Alors qu’elle mesure chaque jour la gravité de ce constat, la France peut-elle encore, dans un sursaut vital, enrayer cette spirale séparatiste et conserver intacte, à l’épreuve de tant de velléités sécessionnistes, l’intégrité intangible de son territoire ? Dans la lutte implacable contre les violences urbaines, notre pays doit désormais penser et agir avec discernement, en intensifiant résolument la traditionnelle action répressive des pouvoirs publics, tout en élargissant simultanément sa réponse à la dimension culturelle du phénomène. En ce domaine, il lui faut certainement ne plus flatter, ni soutenir financièrement la sous-culture urbaine, du hip-hop au rap, en passant par le tag, qui constituent autant de pratiques ‘‘culturelles’’ contestataires, aux accents trop souvent mercantiles, dégradants ou machistes, à la faveur desquelles les violences urbaines ne cessent de prospérer. A l’égal de tous, les jeunes de banlieues ne méritent-ils pas de bénéficier d’un authentique projet culturel, dont le dessein serait d’une toute autre noblesse ? Plus largement, la France doit s’appliquer à chaque instant à valoriser avec énergie le socle de son identité multiséculaire et transmettre son héritage fécond de telle sorte que la jeunesse de notre pays, dans les banlieues comme partout, puisse pleinement s’y reconnaître pour mieux se détacher du poids d’une culture anglo-saxonne indigente, toujours largement dominante, mais aussi du carcan des solidarités religieuses, ethniques ou tribales, bien peu émancipatrices. En d’autres termes, les communautarismes de tous poils doivent partout céder le pas au Bien commun, ce lien civique qui, au fond, est le seul à pouvoir transcender, sans les abolir forcément, les particularismes dévastateurs de l’unité française. En matière de lutte contre la délinquance urbaine, un plan Marshall s’impose donc à coup sûr, mais suivant une approche radicalement rénovée qui suppose en définitive, après que notre pays ait recouvré les instruments indispensables de sa souveraineté, d’agir durablement, à la tête de l’Etat, aussi bien dans la conduite déterminée d’un programme culturel et d’éducation fondateur que dans la maîtrise résolue du peuplement de la France, pour mieux garantir l’homogénéité des traits culturels de sa population, notamment par un strict contrôle d’une immigration menaçante, aujourd’hui en pleine expansion.
Epuisé politiquement, éreinté économiquement, éprouvé culturellement, notre pays dispose-t-il toujours, en son for intérieur, des forces qui lui permettraient d’affronter pareils défis ? A cette interrogation vitale, la France se doit demain d’y répondre nécessairement par l’affirmative car sous les traits de la guerre de sécession qui menace partout les banlieues françaises, c’est bien la guerre civile qui guette aujourd’hui notre pays.
Karim Ouchikh
http://www.gaullisme.fr/2011/07/15/violences-urbaines/
Amis protectionnistes, TOTAL vous souhaite de bonnes vacances...
15/07/2011 18:59 par rgrs
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Amis protectionnistes, TOTAL vous souhaite de bonnes vacances...
15/07/2011 18:59 par rgrs
Il est loin le temps où TOTAL C.F.P. (Compagnie française des Pétroles) était le sujet des quolibets de ceux qui la surnommaient "Can’t Find Petroleum". Aujourd’hui, la multinationale règne sur le monde aux côtés des autres supermajors du secteur comme ExxonMobil ou Shell.
L’un des mes bons amis travaille pour une entreprise, une multinationale française elle aussi, qui conçoit et construit les installations industrielles, à terre comme en mer, permettant aux pétroliers de pomper et de traiter l’or noir. Et, le moins que l’on puisse dire c’est que, si quelque part TOTAL le fait vivre, il ne porte pas son client dans son cœur. Car celui-ci s’est fait une spécialité, chaque année, de lui gâcher ses vacances. Et cette année n’a pas dérogé à la règle.
C’est le 13 juillet, veille de la fête nationale et d’un week-end prolongé, que le dossier d'appel d'offres a été transmis par TOTAL aux différentes entreprises qui ambitionnent de construire une raffinerie flottante qui sera ancrée au large du Nigeria. C’est un projet gigantesque qui se chiffre en milliards de dollars et qui voit une entreprise française en concurrence avec des entreprises coréennes et chinoises. Et ces dernières, contrairement à la société qui emploie mon ami, n’ont aucun problème pour soumettre leur offre commerciale pour la mi-septembre comme demandé par TOTAL: les coréens comme les chinois prennent très peu de vacances contrairement à ces feignasses de français qui disparaissent tous pendant les deux mois d’été. Y compris d’ailleurs les employés français de TOTAL ! Alors que le protectionnisme semble devenir un sujet qui pourrait enfin être mis à l’agenda des élections présidentielles, la 2e entreprise Française en termes de chiffre d'affaires pratique donc une sorte de protectionnisme inversé qui pénalise les entreprises françaises et favorise clairement les entreprises asiatiques. Et cela ne lui pose aucun problème ! La suffisance, la morgue et l’arrogance– maîtrise de ces attitudes exigées à l’embauche parait-il – des responsables français de TOTAL sont proprement incroyables. Quand le sujet est poliment soulevé, à en croire les propos de celui qui m’a raconté cette histoire, ils se contentent de sourires ironiques en lui recommandant de prendre toutes dispositions nécessaires … et partent en vacances, la conscience tranquille tandis que mon ami, lui, annule les siennes et celles de tous ceux, nombreux, qui devront bosser sur le dossier !
Amis protectionnistes, TOTAL vousenc souhaite de bonnes vacances …!!!
Nicolas Dupont-Aignan propose, si il est élu, de nationaliser TOTAL. Je suis entièrement d’accord et propose de mon côté que, pour marquer le coup, en plus des banquiers et autres parasites, on inclut quelques représentants de TOTAL dans la liste des invités, le jour où nous sortirons le goudron et les plumes pour célébrer dignement la reprise du pouvoir par le bon peuple de France.
http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post/Amis-protectionnistes%2C-TOTAL-vous-souhaite-de-bonnes-vacances-%E2%80%A6
Des présidentielles entre clarifications et complications
15/07/2011 18:53 par rgrs
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Des présidentielles entre clarifications et complications
15/07/2011 18:53 par rgrs
Avec l’élimination définitive de DSK et l’élection d’Eva Joly comme candidate pour les Verts, la situation semble se simplifier. Cependant, les incertitudes des primaires socialistes et de sondages très contradictoires compliquent encore l’analyse de la situation.
Sondages et complications
Coup sur coup, deux sondages ont été publiés et si certaines données sont cohérentes, ce n’est pas le cas d’autres points où les différences peuvent même sembler totalement aberrantes. En effet, les deux sondages (LH2 pour Yahoo et Ipsos pour France Télévisions) indiquent une remontée de Nicolas Sarkozy entre 21 et 24% selon les scénarios. De même, ils confirment l’avance des candidats socialistes sur le président sortant au premier comme au second tour.
Pourtant, pour Ipsos, les deux favoris des primaires socialistes font le même score (29%) alors que LH2 accorde 3 points de moins à la première secrétaire. Mais les deux s’accordent pour un second tour entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen en cas de candidature de Ségolène Royal, ce qui devrait définitivement plomber sa seconde tentative. Bizarrement, Ipsos voit Marine Le Pen stable entre 17 et 18% quand LH2 la voit en baisse de 2 à 5 points, entre 15 et 13%.
Pire, les deux sondages présentent des configurations contradictoires pour le centre. Pour LH2, François Bayrou prend les devants avec 10 à 11% (et même 13% avec Ségolène Royal) en gagnant 3 à 4 points, dépassant Jean-Louis Borloo alors qu’Ipsos affirme l’exact inverse, à savoir un essoufflement du président du Modem, à seulement 5% contre 7% pour Eva Joly et 8% pour l’ancien ministre de l’environnement. Les deux s’accordent sur la baisse de Villepin.
D’incertaines conclusions provisoires
Même si Nicolas Sarkozy remonte, ses scores demeurent extrêmement faibles car il est littéralement écrabouillé au second tour par les candidats socialistes et c’est bien lui qui reste menacé pour la présence au second tour. En outre, on ne voit pas bien comment il pourrait renverser la vapeur. Il n’est pas inintéressant de constater le plafonnement ou la baisse de Marine Le Pen, qui ne parvient clairement pas à dépasser l’étiage haut du Front National.
Toute la question réside dans la capacité d’émergence d’un quatrième homme, qui pourrait devenir le troisième, voir même le second. Si l’on croît LH2, François Bayrou pourrait espérer. En effet, il ne faut pas oublier qu’il était parti à 3/4 % en 2007 avant d’atteindre plus de 18% au premier tour. En outre, avec plus de 20% dispersé sur quatre candidats au centre, cet électorat pourrait se cristalliser sur un seul de manière à jouer la qualification pour le second tour.
A moins que la surprise ne vienne d’ailleurs. NDA et Jean-Pierre Chevènement restent faibles, mais c’est totalement logique étant donnée leur faible présence médiatique. Pourtant, leurs idées sont aujourd’hui de plus en plus populaires, comme l’a montré le sondage sur le protectionnisme ou le référendum sur le TCE. Du coup, ils pourraient bien être les surprises de cette élection. Et la jeunesse du président de Debout la République pourrait bien en faire la révélation de 2012.
Si le rejet de Nicolas Sarkozy est confirmé, le maintien du Front National à la périphérie de notre vie politique semble bien confirmé malgré tous les efforts de Marine Le Pen. La surprise viendra-t-elle alors du centre et de son unification ou d’un candidat alternatif ? Le contexte exige théoriquement le second…
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Alerte à la bulle immobilière en France
15/07/2011 09:19 par rgrs
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Alerte à la bulle immobilière en France
15/07/2011 09:19 par rgrs
Même si les prix ont continué d’augmenter à Paris, le marché de l’immobilier commence à donner des signes de retournement en France. Toute la question est : y a-t-il un risque de krach, comme nous en avons connu de 1991 à 1998 ?
La France, championne d’Europe de la bulle immobilière
The Economist vient en effet de publier son indice trimestriel des prix immobiliers, où il ressort que la France affiche la troisième plus forte progression avec une hausse des prix de 8.7%, devancée seulement par Hong Kong et Singapour. La hausse des prix a considérablement ralenti en Chine, à 3.9%, sous l’effet des nombreuses mesures prises par les autorités de Pékin. Beaucoup de marchés européens (Grande-Bretagne, Italie, Espagne) sont orientés à la baisse.
Mais le plus inquiétant reste l’indicateur d’évaluation des prix par rapport aux loyers. Il ressort de cet indice que la France est le troisième marché le plus surévalué au monde derrière Hong Kong et l’Australie. Les prix seraient ainsi 48% supérieurs au ratio de long terme avec les loyers. Le marché chinois ne serait surévalué que de 14%, l’Espagne et la Grande-Bretagne de 39 et 28% encore, les Etats-Unis ayant atteint un certain équilibre après une baisse des prix de plus de 30%.
Faut-il craindre un krach immobilier ?
Le marché immobilier parisien présente des caractéristiques inquiétantes : les prix du mètre carré ont pris la bagatelle de mille euros en six mois, pour atteindre un nouveau sommet 235% plus élevé qu’en 1998 ! Pire, entre temps, les taux sont remontés d’à peine plus de 3% à près de 4%, renchérissant plus encore le coût complet d’achat. Enfin, le niveau des transactions a diminué, signe classique d’un retournement de marché. Bref, tous les indicateurs passent au rouge.
D’ailleurs, les prix sont repartis à la baisse dans certaines régions et même le Centre d’Analyse Stratégique, qui dépend de Matignon, affirme : « les encours totaux de crédit (…) ont doublé entre 1999 et 2010. (…) Il semble aujourd'hui probable que les anticipations à la hausse des prix immobiliers créent une bulle sur le marché immobilier français ». Si les taux longs continuent à progresser, alors le marché immobilier pourrait bien se retourner de manière assez violente.
Plus que jamais, la situation économique semble instable. Les marchés immobiliers présentent de gros risques. En fait, il est malheureux d’avoir créer autant de déductions fiscales qui ne font qu’alimenter des bulles et donc monter les prix, réduisant à néant les aides étatiques.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Afghanistan : pour un retrait sans attendre l’Oncle Sam
13/07/2011 19:51 par rgrs
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Afghanistan : pour un retrait sans attendre l’Oncle Sam
13/07/2011 19:51 par rgrs
COMMUNIQUE DE PRESSE
On ne gagne jamais une mauvaise guerre !
J’ai appris avec une profonde tristesse la mort de cinq de nos soldats en Afghanistan. Je tiens à leur rendre hommage et m’associe à la douleur de leur famille, ainsi qu’à la vive inquiétude des proches des quatre autres soldats blessés.
Hélas, ces soldats et leurs camarades auraient dû depuis longtemps être rappelés d’Afghanistan, ainsi que je l’ai réclamé dès 2008, au moment où le président de la République avait annoncé contre ses promesses électorales l’envoi d’un corps combattant.
La vaillance de l’armée française, le courage, l’abnégation et le professionnalisme de ses troupes, ne sont bien évidemment pas en cause. Mais comment oublier qu’on ne gagne jamais une mauvaise guerre ?
Le bilan de l’intervention otanienne en Afghanistan, à mesure qu’elle dure, ne cesse d’empirer, renforçant chaque jour une insurrection qui bénéficie du soutien de la population face à ce qui est vu, à tort ou à raison, comme une occupation étrangère.
Preuve en est, le nombre des pertes militaires occidentales s’alourdit de plus en plus à mesure qu’on s’approche pourtant du retrait de la coalition. Un retrait qui doit donc être accéléré, sans plus s’aligner comme c’est le cas aujourd’hui sur le propre calendrier des Etats-Unis.
Nicolas DUPONT-AIGNAN - Député de l’Essonne - Président de Debout la République
http://www.debout-la-republique.fr/Afghanistan-pour-un-retrait-sans.html
Quelques leçons de cette nouvelle crise de l’euro
13/07/2011 19:43 par rgrs
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Quelques leçons de cette nouvelle crise de l’euro
13/07/2011 19:43 par rgrs
Nous ne savons pas encore si cette nouvelle crise sera la crise terminale. Le contexte estival devrait la limiter à une grave poussée de fièvre car il serait surprenant que le système explose en plein mois de juillet. En revanche, ce nouvel épisode offre des leçons intéressantes.
La monnaie unique est une monstruosité
Même si les euro-béats continuent jusqu’à l’absurde de claironner que l’euro nous protège, les faits démentent tous les jours un peu plus cette vision des choses. Alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne empruntent tranquillement à un peu plus de 3% à 10 ans malgré des déficits publics supérieurs à celui de la Grèce (et oui !!!), les pays de la zone euro sont embourbés dans une crise des dettes souveraines qui dure depuis un an et demi.
C’est ainsi que l’Espagne (6.8% de déficit contre 9% en Grande-Bretagne, une dette publique inférieure), se retrouve à devoir emprunter deux fois cher que Londres. Comme l’avaient expliqué Martin Wolff et Paul Krugman, l’incapacité de Madrid à dévaluer présente un gros risque pour la croissance ibérique, ce qui justifie pour les marchés une énorme prime de risque. L’euro ne procure même plus des taux plus bas, au contraire, il provoque un renchérissement du crédit.
L’irresponsabilité des eurocrates
En outre, les investisseurs n’ont plus la moindre confiance dans la « gouvernance » de cette zone euro, totalement incapable de gérer la crise. Ils ne font que la prolonger, à grands coûts pour les citoyens qui doivent à la fois subir une austérité sauvage et voir la dette qu’ils devront assumer s’envoler. La zone euro est beaucoup trop grosse et diverse pour être gérée avec une seule monnaie. Une coordination de politiques nationales serait bien plus efficace.
Pire, alors que les eurocrates ne cessent de dénoncer le laxisme de certains Etats, comment qualifier leur comportement incroyablement léger à l’égard de l’argent public ? La BCE vient de demander une rallonge de 750 milliards d’euros pour le fond européen. Autant elle questionne avec vigueur chaque centime d’aide sociale, autant elle est toujours prête à ouvrir le porte-monnaie des peuples européens pour sauver le système financier et l’euro…
Les marchés sont dangereux
Keynes avait bien raison quand il évoquait les « esprits animaux » des marchés. Il y a une semaine, l’Italie empruntait à moins de 5% à 10 ans et l’Espagne autour de 5.5%. En moins d’une semaine, les taux italiens ont pris plus d’un point ! Bien sûr, le contexte est compliqué entre les difficultés du ministre des finances italien, le désaccord permanent de l’Europe sur le nouveau plan pour la Grèce ou la hausse des taux de la BCE (encore que la décision était attendue de longue date).
Voilà, mais les sautes d’humeur de la corbeille sont imprévisibles. Pire, si elle persistait et envoyait les taux longs au-delà de 7%, c’est bien l’ensemble du système financier qui pourrait s’effondrer. Pourquoi faire reposer l’économie mondiale sur des marchés aussi coutumiers d’exubérance irrationnelle ? Cela amène aussi à se poser la question du financement des dettes publiques, dont il devient chaque jour plus évident qu’il ne peut pas être laissé aux seuls marchés.
Même si cette crise n’est pas la crise terminale de l’euro, elle est l’occasion d’exposer au grand jour les immenses carences de cette construction baroque et artificielle qu’est la monnaie unique. Puissions-nous nous en souvenir quand nous devrons tout reconstruire.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Alerte: les hedges funds se goinfrent sur la Grèce et l'Italie!
13/07/2011 19:30 par rgrs
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Alerte: les hedges funds se goinfrent sur la Grèce et l'Italie!
13/07/2011 19:30 par rgrs
La crise de la dette dans la zone euro se déporte sur l'Italie. Avec 1900 milliards d'euros, le plus grand marché de la dette libellée dans la monnaie unique semblait à l'abris des spéculateurs. Les tergiversations sur la sauvetage de la Grèce leur ont ouvert la porte. Depuis la semaine dernière, certains hedges funds s'en donnent à coeur joie.
Emprunter à 2,65% pour un Etat, un rêve ? Non, une réalité. La crise de la dette européenne n’est pas une mauvaise affaire pour tout le monde. L’Allemagne, mais aussi les Pays-Bas, l’Autriche ou encore la Finlande voient les conditions de leur financement s’apprécier au fur et à mesure que chaque jour leurs partenaires de la zone euro voient au contraire les leurs se déprécier. A 2,65%, contre 3,5% fin mars, pour un bund, le taux à 10 ans de la dette allemande s'est, par ricochet, relativement décroché de celui de la dette française. Depuis 10 ans, jamais l’écart, le spread, entre les conditions d’emprunt de nos deux pays n’ont été aussi élevées : 0,7 % de plus pour la France! Mais la situation de l’hexagone fait figure de paradis par rapport au purgatoire où l’Italie (3,34 % de plus que l’Allemagne) a rejoint l’Espagne, et l’enfer dans lequel est plongée la Grèce (+10% par rapport à l’Allemagne) est depuis maintenant 6 mois. Incapable de s’entendre sur le sauvetage de la République hellénique, les Européens ont une fois de plus donné à voir leurs hésitations. Du pain béni pour les spéculateurs qui donnent désormais le là sur les marchés, et entrainant avec eux l’ensemble des investisseurs.
La situation de l’Italie est à cet égard exemplaire. Depuis une semaine, notre voisin fait l’objet d’attaques spéculatives comme jamais. « Nous avons identifié 4 comptes actifs qui attaquaient notre dette durant la semaine. Vendredi, seulement un seul d’entre continuaient avec des moyens gigantesque », analysait un haut responsable du Trésor Italien, selon nos informations. Pourtant, la dette italienne avec presque 1 900 milliards d’euros en circulation est si large (on dit profonde en finance) que les spéculateurs sont contraints de mobiliser d’énormes ressources pour tenter de faire bouger les prix. C’est cependant ce qu’ils ont réussi à faire, forts des immenses liquidités qu’ils ont déjà récupérées sur les papiers grecs.
Avec une double stratégie. La dégradation des conditions de financement de l’Etat italien a pour conséquence de dévaloriser la valeur des titres. On encaisse donc une prime en jouant à la baisse. Pire, la dette italienne étant détenue grosso modo à 75% par les banques de la péninsule, celles-ci sont à leur tour fragilisées, et leurs actions en bourse décrochent. Et beaucoup plus rapidement que les obligations de l’Etat. D’où un second magot en « shortant » les titres bancaires italiens : -8% pour Unicredit pour la seule journée de vendredi. C’est ce qu’on fait toute la semaine de nombreux Hedge Funds. De sorte que le régulateur Italien a strictement limité les ventes à découvert, principal levier actionné par les Hedge Funds dans ce genre de stratégie.
Restructuration inévitable
Dans le maelström général, ce sont toutes les banques de la zone qui, disposant de papiers grecs, italiens, portugais, espagnoles sont fragilisées, et avec elles l’ensemble du système financier de la zone euro. Lundi, les banques françaises ont perdu entre 6 et 8 % en une seule journée au CAC 40 ! Autre signe de cette tempête qui couve, le taux interbancaire a eu une poussée de fièvre. Ce taux traduit la confiance que les banques ont les unes vis-à-vis des autres, et comme ce fut le cas lors de la crise de 2008, plus il est haut, moins la confiance règne.
La situation semble inextricable. Ou bien, première solution, on se dirige vers un « défaut organisé, maitrisé » de la Grèce et, avec elle, éventuellement de certains autres états européens, défaut caché sous le terme de restructuration. Auquel cas les banques souffriront et devront essuyer de grosses pertes avec le risque pour les états d’assumer un nouveau plan de soutien, eux qui ont déjà payé de 20 points de PIB d’endettement supplémentaire la crise précédente. Ou bien, seconde solution, rien n’est fait : on laisse les spéculateurs s’engraisser et un jour ou l’autre on revient à la solution 1, dans un contexte dégradé.
Voilà qui tombe mal. Vendredi 15 juillet, seront publiés les stress tests censés mesurer la solidité des banques européennes. Ce rendez-vous devait en théorie redonner confiance sur leurs capacités à absorber des chocs comme celui de la faillite de Lehman Brothers ou ceux fondés sur des scénarii proches de celui qui se déroule sous nos yeux. A la différence que, comme toujours, l’imagination des banquiers est toujours très limitée. Dans leur scenarii, la dangerosité des situations et surtout leur enchainement ressemblent davantage aux romans à l'eau de rose façon Barbara Cartland qu'aux romans noirs alcoolisés à la Bukowsky.
Emmanuel Lévy - Marianne
(dessin Louison)
http://www.marianne2.fr/Alerte-les-hedges-funds-se-goinfrent-sur-la-Grece-et-l-Italie_a208424.html
Quand Touati scénarise la fin de l'euro
12/07/2011 20:24 par rgrs
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Quand Touati scénarise la fin de l'euro
12/07/2011 20:24 par rgrs
L'économiste Marc Touati n'a jamais fait partie des pourfendeurs de l'euro. Le directeur des études économiques d’Assya Compagnie Financière imagine aujourd'hui un scénario de fin de l'euro pour 2012.
Paris, le 12 novembre 2012. Le sommet franco-allemand, présenté comme celui de la dernière chance, s’est soldé par un nouvel échec. La Chancelière allemande Angela Merkel vient de claquer la porte, refusant les propositions de la Présidente française Martine Aubry. Il faut dire qu’après avoir battu Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles en obtenant seulement 58 % des voix, le nouveau Chef de l’Etat français a effectué un fort virage à gauche, pensant par là même apaiser le malaise social qui s’est imposé dans l’Hexagone depuis quinze mois.
Tout a effectivement commencé le 12 septembre 2011 avec la sortie de la Grèce de la zone euro. A l’époque, les Grecs étaient exagérément montrés du doigt par l’ensemble des dirigeants politiques et monétaires eurolandais qui refusaient coûte que coûte toute restructuration de la dette publique hellène. Face à cette obstination tenace et devant la grogne sociale qui commençait à se traduire par des émeutes de plus en plus violentes, le gouvernement Papandréou devait alors démissionner, laissant la place à un gouvernement élu sur un programme radical : « sortons de la zone euro ».
La mise en place de ce plan fut évidemment très douloureuse pour la Grèce et surtout pour ses créanciers. En remplaçant l’euro par la « nouvelle drachme », qui fut dévaluée de 50 % par rapport à son niveau d’entrée dans l’UEM, l’Etat grec décida également d’engager un moratoire sur sa dette publique. Après avoir tant refusé le moindre rééchelonnement de cette dernière, les grandes banques de la zone euro durent alors boire le calice jusqu’à la lie. Comme en 2008, au lendemain de la faillite de Lehman Brothers et de la panique financière qui s’en suivit, les Etats européens durent venir à la rescousse, mais, cette fois-ci, en demandant le soutien d’autres puissances et notamment de la Chine. Bien entendu, face à cette ingérence économique chinoise, les Etats-Unis ne restèrent pas de marbre et décidèrent d’engager des mesures de rétorsion en matières de barrières douanières et de transferts financiers vers et en provenance de la zone euro. D’économique, la crise devint alors politique.
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Les dirigeants européens n’étaient cependant pas au bout de leur peine. Et pour cause : le 9 octobre 2011, face à une nouvelle vague d’augmentation des taux d’intérêt de leurs obligations d’Etat, le Portugal et l’Irlande décidèrent d’engager un programme de sortie de la zone euro. Leur incitation à engager une telle politique était d’autant plus forte qu’en dépit de taux d’intérêt obligataires toujours très élevés, les émeutes grecques s’étaient calmées. Mieux, la patrie d’Aristote commençait à sortir la tête de l’eau et à retrouver une certaine dose d’espoir, montrant par là même à ses anciens partenaires que la sortie de la zone euro n’était pas forcément le pire des maux, surtout lorsque la crise sociale était déjà présente.
L’Allemagne encaissait difficilement le coup, mais la contagion ne faisait que commencer. Mis de nouveau en minorité, le gouvernement Berlusconi devait même démissionner et ouvrir la porte à une vague europhobe sans précédent au sein de la Péninsule transalpine. Tous ces désordres donnèrent des ailes au Front National en France, dont la Présidente arriva seconde au premier tour des élections présidentielles, avec 23 % des voix, juste derrière Martine Aubry, avec 24 % et loin devant Nicolas Sarkozy (19 %), Jean-Louis Borloo (10 %) et Dominique de Villepin (7 %).
En dépit de ce cataclysme, Angela Merkel espérait néanmoins que son homologue français mènerait une politique « à l’allemande » de réduction des dépenses et de la dette publiques. Elle fut malheureusement déçue, dans la mesure où, face à la pression de la rue, Martine Aubry dût engager une politique budgétaire laxiste. Pour essayer de réduire la facture, elle décida d’augmenter massivement les impôts, notamment sur le patrimoine, ce qui n’a évidemment pas suffi à compenser l’augmentation des dépenses publiques. Et ce d’autant qu’en annonçant une telle hausse de la pression fiscale, un mouvement de fuite des investisseurs français à l’étranger s’est enclenché. Les agences de notation n’ont alors pas manqué de dégrader la note de la France de AAA à BBB, provoquant une très forte hausse des taux d’intérêt obligataires et replongeant l’Hexagone dans la récession.
En ce lendemain du 94ème anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale, un point de non-retour a donc été franchi, puisque l’Allemagne a décidé de créer une zone euro à cinq, avec, pour seuls partenaires, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Quant à la France, si l’on commence seulement à chiffrer les coûts exorbitants du retour au franc, les tensions sociales se font de plus en plus fortes, en particulier depuis les émeutes du 11 septembre 2012 sur les Champs-Elysées qui se sont soldées par une vingtaine de morts et l’incendie de nombreux haut-lieux touristiques de la célèbre avenue, à commencer par le Fouquet’s et la boutique Louis Vuitton...
C’est alors que le réveil se met à sonner. Il est 6h50. Nous sommes le 11 juillet 2011. Ouf ! Tout cela n’était qu’un affreux cauchemar. Mais attention, la réalité dépasse parfois la fiction. Qui aurait cru par exemple il y a encore quatre ans que la note de la dette grecque serait CCC et que la viabilité de la zone euro serait remise en question ? Nous-mêmes, lorsque nous écrivions début 2009 que cette dernière était en danger existentiel, nous étions loin d’imaginer que ce risque se matérialiserait aussi vite.
Par conséquent, pour éviter que le pire devienne réalité, les dirigeants eurolandais doivent agir vite et bien. Ils doivent notamment accepter un rééchelonnement de la dette grecque avant qu’il ne soit trop tard. Il leur faudra également restaurer une croissance plus forte au sein de l’UEM, principalement grâce à un euro plus faible et à une politique budgétaire eurolandaise efficace. Enfin, ils devront aussi instaurer une zone monétaire optimale, en harmonisant les conditions fiscales et réglementaires, en établissant un marché du travail et en créant un budget fédéral conséquent. S’ils n’y parviennent pas, nous sommes au regret d’annoncer que l’explosion de la zone euro et le scénario catastrophe que nous venons de décrire nous apparaissent inévitables. Avouons que cela serait vraiment dommage...
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L'apéro «saucisson-vin rouge» en version Droite pop
12/07/2011 20:18 par rgrs
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L'apéro «saucisson-vin rouge» en version Droite pop
12/07/2011 20:18 par rgrs
Histoire de faire un coup, les durs de l’UMP organiseront un apéro « saucisson-vin rouge » le 12 juillet. Mais, contrairement à l’apéro de la Goutte d’Or en 2010, la gauche ne tient pas à faire annuler l’événement.
Joli coup médiatique. Mardi 12 juillet, le collectif de la Droite populaire mené par les députés UMP Philippe Meunier, Lionnel Luca et Jean-Paul Garraud organise une conférence de presse ainsi qu'un « apéritif saucisson-vin rouge »(cf illustration) pour la Fête nationale et le premier anniversaire de leur groupe. Tout cela se passera dans une salle appartenant à l’Assemblée nationale.
Les termes choisis pour cette sauterie évoquent bien sûr « l’apéro saucission-pinard »organisé par Riposte Laïque et le Bloc identitaire le 18 juin 2010 dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris contre « l’islamisation » du quartier. Cet apéro avait finalement été interdit par la Préfecture de police face aux menaces de troubles. Une contre-manifestation de la gauche et des anti-racistes avait également été prévue.
Malgré cette connotation politique, pour Philippe Meunier, le choix d’un tel apéritif en 2011 n’a rien de scandaleux : « Jean-Paul Garraud vient de Bordeaux, il amène le vin. Je suis de Lyon, j’amène le saucisson ». Le député UMP estime que « le sens politique » à voir dans cet événement est « le sens populaire ». « Je ne vais pas me faire instrumentaliser par l’extrême-droite ou l’extrême-gauche », précise-t-il. Et si, par malheur, des personnes protestaient contre l’apéro de la Droite populaire, Philippe Meunier est prêt à riposter. « Si quelqu’un veut s’amuser à ça, nous allons en tirer toutes les conséquences », tonne-t-il.
Pas de demande d'annulation
Mais pour l’heure, il semble avoir peu d’opposants, ou du moins des opposants peu vindicatifs. En effet, personne n'a demandé l'annulation de l'évènement. Après le torrent de protestations au moment de l'apéro de la Goutte d'Or, la gauche et les anti-racistes semblent avoir changé de stratégie.
Et si personne ou presque ne veut faire obstacle à la tenue de l'apéro, c'est pour ne pas donner une occasion aux députés de la Droite populaire de jouer les victimes. « On n’est pas dans leur cirque symbolique, c'est leur donner trop d'importance », nous dit-on au groupe PS. Chez SOS Racisme, si on trouve l’initiative « déguelasse », mais on a d’autres chats à fouetter : « On ne demande pas son interdiction, on est débordé par notre 14 juillet, on parlera de tout ça à ce moment là ». Le 14 juillet, l’association organise en effet son « concert pour l’égalité » avec Yannick Noah notamment.
Seul le MJS montre un peu les crocs. Dans un communiqué, sa présidente Laurianne Deniaud : « demande à ce que le Président de l’Assemblée Nationale et le Président de la République – garant de la constitution – dénoncent avec la plus grande fermeté ces pratiques contraires à la laïcité ». Drôle de communiqué : le vin rouge deviendrait-il une atteinte à la laïcité ? Sans toutefois réclamer explicitement l'annulation de l'évènement. Un fin choix des mots pour éviter que les durs de l'UMP crient à la censure dans tous les médias.
Changement de stratégie
L’ambiance était beaucoup plus offensive, il y a un an lors de l’apéro de la Goutte d’Or. Et face à des groupes qui ne pèsent sûrement pas plus que de députés du parti majoritaire en France. Bertrand Delanoë, maire de Paris, avait demandé l’interdiction de la manifestation à la Préfecture de Police. Il avait dénoncé un événement « visiblement inspiré par des mouvements d'extrême droite », ajoutant que « l'expression du racisme et de l'intolérance n'a pas sa place à Paris ». Les élus parisiens du Parti de Gauche avaient eu la même position : « Ni populaire, ni festif, ni laïque et républicain, ce rassemblement s'annonce comme haineux, violent et raciste. Il ne doit pas être toléré ». SOS Racisme avait aussi demandé l’interdiction du rassemblement citant une jurisprudence du Conseil d’Etat.
Rien de tout cela cette année. Les anti-racistes ont sans doute compris que jouer les censeurs sans discernement peut être contre-productif en permettant à leurs adversaires de se faire passer pour des martyrs. En 2011, il était temps d'évoluer.
Tefy Andriamanana - Marianne
Photo : (Invitation de la Droite populaire)